‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource]Chapitre 156 sur 232 · TO.ME IX · texte numérisé non relu

TO.ME IX

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les chercher des femelles avec lesquelles ils puissent s'unir, et l'on i encontre souvent sur les Plantes ou eu l'air deux Libellules, dont l'une qui est le mâle vole la première, et a 1 extrémité de son corps posé sur le cou de la suivante qui est la femelle. Quand un mâle veut se joindre à une femelle , il vole autour d'elle et tente toujours de se trouver- au-dessus de sa tête; dès qu'il en est assez près , il la saisit avec ses pales et s'y cramponne fortement, il contourne en même temps son corps pour en amener le bout sur le cou de la femelle , cl il l'y attache de manière qu'elle ne puisse plus se détacher de lui, au moyen des pièces qu'il porte au bout du dernier anneau, et que Vander Linden nomme appendices anales. Quand ces Animaux sont ainsi joints, ils vont se poser sur une branche , et quand la femelle, excitée par les préludes dont nous venons de parler , se décide à céder, elle contourne son corps , le porte sous le ventre du mâle et approche l'extrémité de son abdomen où.

sont placés les organes générateurs du deuxième anneau du mâle, et alors la jonction s'opère. Pendant tout le temps que dure l'accouplement, le mâle tient toujours sa femelle par le cou et ils cherchent, dans cette position , la solitude. Quelquefois il arrive qu'un mâle jaloux vient les troubler et cherche à débusquer celui qui est attaché à la femelle ; alors le couple importuné parb-s coups de dents de ce mâle , est obligé de quitter la place, et d'aller, sans se séparer, se poser sur une autre branche. Quand il fait très-chaud , l'accouplement est plus long et ils restent bien plus longtemps ensemble que quanu l'atmosphère est froid. Ils restent toujours unis plusieurs heures de suite , et quand ils sont dérangés, ils s'accouplent de nouveau quelques minutes après. i

C'est dans l'eau qùe les femelles vont déposer leurs œufs qu'elles ne gardent pas long-temps après avoir été fécondées; ils soi lent de leur corps par l'ouverture où s'est inlro-

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duit l'organe du mâle , et qui est située près de l'anus; ces œufs sont réunis et forment une espèce de grappe. Les larves et les nymphes vivent dans l'eau jusqu'à ce qu'elles aient

f>ris tout leur accroissement et qu'eles soient prêtes h. se changer. Elles sont assez semblables aux Insectes parfaits, aux ailes près. Les larves, qui ne diffèrent pas beaucoup des nymphes , parviennent à cet état loi squ'clles sont encore jeunes, et l'on n'aperçoit dans celles-ci que quatre petits corps plais et oblongs au plus ; ce sont les fourreaux des ailes. Leur lête, sur laquelle on ne découvre pas encore les yeux lisses , estremarquable par la forme singulière de la piècequi remplace la lèvre inférieure, c'est une espèce de masque recouvrant les mandibules , les mâchoires, et presque tout le dessus de la tête ; il est com-

fosé d'une pièce principale, trianguaire, tantôt voûtée, tantôt plate, et que Réaumur nomme mentonnière.

Celte pièce s'articule, par une charnière , avec un pédicule ou sorte de manche annexé à la tête. Aux angles latéraux et supérieurs de cette pièce principale, sont insérées deux autres pièces transversales, mobiles à leur base , soit en forme de lames assez larges et dentelées , soit sous la figure de crochets ou de serres. Réaumur a donné le nom de volets à ces différentes pièces. C'est au moyen de cet appareil que les larves et les nymphes attrapent leur proie; elles sont très-carnassières et se tiennent continuellement à l'affût; pour ne pas être découvertes , elles se tiennent cachées à moitié dans la boue , et leur corps en est presque toujours sali.

Aperçoivent-elles un Insecte à leur portée , elles déploient leur menton d'une manière très-preste etsaisissent leur proie avec les tenailles de son extrémité postérieure. Les volets varient selon les espèces auxquelles appartiennent les nymphes et les larves ; ils servent à distinguer celles des Libellules de celles des jEshnes.

Outre ce masque, qui recouvre toute la lête des larves et des nymphes ,

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leur bouche présente quatre dents' qui sont analogues aux mandibules et aux mâchoires de l'Insecte parfait; l'intérieur de leur bouche offre, comme dans ceux-ci, un avancement arrondi , presque membraneux, situé sous les dents, qui est le palais, et que Réaumur appelle langue. Leur corps est plus ou moins court , quelquefois large et déprimé, d'autres fois allongé et cylindrique, l'extrémité postérieure de leur abdomen présente tantôt cinq appendices en forme de feuillets , de grandeur inégale, pouvant s'écarter ou se rapprocher, et composant alors une queue pyramidale; tantôt trois lames allongées et velues , ou des espèces de nageoires. Ces Insectes les épanouissent à chaque instant , ouvrent leur rectum , le remplissent d'eau , puis le ferment, et éjaculent bientôt après, avec force , une espèce de fusée de cette eau mêlée de grosses bulles d'air. C'est par ce jeu que ces Animaux favorisent leurs mouvemens.

Le tube digestif va en ligne droite depuis la bouche jusqu'à l'anus , mais il a trois l enflemens que Réaumur regarde comme trois estomacs L'intérieur du rectum présente, suivant Cuvier, douze rangées longi tudinales de petites taches noires, rapprochées par paires , semblables aux feuilles ailées des botanistes. Vues au microscope, chacune de ces ta ches est un composé de petits tubes r, coniques ayant la structure des trachées, et d'où partent de petits rameaux qui vont se rendre dans six jh grands troncs de trachées principales parcourant toute la longueur du corps. Les nymphes des Libellulines in vivent dans l'eau pendant dix ou onze It mois; elles changent de peau plu sieurs fois pendant cet intervalle. Les nymphes qui sont prêtes à changer j| de forme sont reconnaissables à la \ figure des fourreaux des ailes qui se «; détachent l'un de l'autre, et qui, dans quelques espèces, changent d{ position. C'est depuis le milieu du printemps jusqu'au commencement cîc l'automne que leur dernière meta-

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Iviorphose a lieu ; elles sortent alors lee l'eau , restent quelque temps à |aair pour se sécher, ensuite elles loont se placer sur une branche d' Arkrre ou une lige de jonc , où elles se iramponnent avec leurs pales en se il laçant toujours la tête en haut.

h|uelques-unes se mélainorphosent ;uelqucs heures après être sorties de Veau , d'autres restent un jour entier want de commencer. Les inouvemens aar lesquels elles préparent leur ransformation sont intérieurs, et le rremier effet sensible qu'ils produi- ;cnt est de faire fendre le fourreau sur

corselet. C'est par-là que la Libellée fait sortir la létc et les pales , et cour achever de les tirer de l'envcipppc , elle se renverse la tète en bas I. n'est soutenue dans cette attitude une par ses derniers anneaux qui nnt restés eugagés dans leur anémie couverture et forment une escèce de crochet qui empêche l'Insecte eî tomber. Quand l'Insecte est resté •ssez long-temps dans cette posture, ssc retourne , saisit avec les ciochets m ses pales la partie antérieure de >»n fourreau , s'y cramponne et achè-

d'en tirer l'extrémité de sou corps, aans cet état , les ailes sont étroites , caisses , plissées comme une feuille Arbre prête à se développer; ce cesl que deux heures après qu'elles innt assez solides et développées pour me l'Animal puisse s'en servir et voir. C'est alors qu'on voit ce joli Iuocte s'élever dans les airs avec grâce

légèreté, faire ceul tours et démis sans se reposer, et se livrer eentôt après à l'amour.

1 Linné avait formé, comme nous iivons dit. plus haut , le genre Libel- I le avec les Insectes qui composent

famille dont nous traitons ; dans

Méthode de Fabricius , cette falille forme l'ordre des Odoualcs Libelles), qu'il divise en trois ■enres. Réaumur avait senti la néx'ssilé de diviser le grand genre ùibellule, et il l'avait partagé en •ois divisions; Degéer en fait deux "milles : l'une comprend les Libellées et les jEshncs , et l'autre les

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Agrions de Fabricius. Latrcille n'a rien changé aux coupes établies par Fabricius, et il partage cette famille en trois genres comme l'a fait cet auteur. Vandcr Liuden , médecin à Bruxelles , vient de publier une Monographie des Libellulines d'Europe dans laquelle il suit exactement la classification de Latreille. Nous devons à l'amitié de ce dernier savant , la communication de ce petit ouvrage qui est fort rare à Paris. L'auteur se sertd'unemanière secondaire de deux caractères qu'il a découverts dans ces Insectes : i°. Les mâles des Libellules et des iEshnes ont trois pièces saillantes à l'extrémité de l'abdomen, qui leur servent à saisir les femelles; ces pièces sont au nombre de quatre dans les Agrions. Vander Linden leur donne le nom d'appendices de l'anus {appendice'! anales) comme nous l'avons dit plus haut. 2°. Le bord interne des ailes a, dans plusieurs espèces, une membrane mince, quelquefois colorée el qui n'a jamais de nervures; il la nomme membrauule accessoire {membranula accessoria).

L'existence et la couleur de celte membrauule accessoire lui sert de caractère pour distinguer les espèces.

Il divise eu outre les genres en coupes basées sur la forme des yeux et sur la forme et la couleurdes ailes. Presque en même temps que l'auteur dont nous venons de parler, Toussaint de Charpenlier(//o/ïe enlorn., etc., Wratislaviœ , i825j a publié une Monographie des Libellulines d'Europe , dans laquelle il s'est servi aussi des appendices de la queue pour caractéiiser les espèces; il a figuré ces appendices dans une planche assez bien gravée. T'. Libellule , iEsiiNE et AcmoN. (g.)

LIBELLE1 LOIDES. Libelluloides.

jns. Link et Lecharting donnent ce nom aux Insectes de l'ordre des Névroptères. V. ce mot et Libelles.

LIBER ou LIVRET, bot. puan.

C est la partie la plus intérieure de l'écorce. Le Liber, ainsi nommé par-

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ce qu'il se compose de plusieurs feuillels superposes , que l'on a compares à ceux d'un livre , est placé entre les couches corticales et les couches ligneuses. Ces feuillets ou laines du Liber se composent d'un réseau vasculaire,dont les aréoles allongées sont remplies d'un tissu cellulaire. Il arrive fréquemment que les diverses couches du Liber sont intimement soudées les unes avec les autres, et qu'elles ne peuvent se séparer. Mais on parvient presque constamment à les isoler en faisant macérer le Liber dans l'eau , qui finit par détruire le tissu cellulaire qui unissait ensemble les lames minces qui le composent. Le Liber est la partie vivante de l'écorce , mais on lui a attribué un rôle qu'il ne joue pas dans l'accroissement des tiges.

On a dit que c'était Lui qui chaque année se changeait, en bois, de manière qu'à chaque printemps il s'en l'orme une couche nouvelle, à mesure que la couche de l'année précédente s'endurcit et devient ligneuse. Li plupart des physiologistes s'appuient sur une expérience de Duhamel, qui paraît inexacte , puisqu 'aucun expérimentateur n'a pu , en la répétant , arriver au même résultat. Duhamel avait dit que, lorsque l'on passait une anse de fil d'argent dans la couche de Liber, et qu'on ramenait les deux bouts sur l'écorce , le fil d'argent finissait, au bout d'un ou deuxans , par se trouver dans le bois , d'où, l'on tirait la conséquence que ce Liber s'était li ansformé en Aubier. Mais celte observation est inexacte, car toutes les fois que l'on a réellement engagé le lil d'argent dans le Liber, on l'y a toujours retrouvé à quelqu'époque que l'on en ait lait iWanjen. Ce n'est pas le Liber qui forme le bois , ainsi qu'on l'a généralement dit jusqu'à présent. Mais voici comment a lieu ce phénomène. Chaque année au moment oh la végétation recommence, il se forme entre la (ace interne de l'écorce et la face externe du bois un fluide visqueux et organise que l'on a nommé Cambiurn; c'est ce fluide qui est en quel-

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que sorte un tissu cellulaire liquide-, qui forme à la fois chaque année une nouvelle couche ligneuse et une nouvelle lame de Liber. Le Liber se renouvelle et se répare. Ainsi lorsqu'on en a enlevé une plaque sur un Arbre en pleine végétation , et que l'on ga rantit. la plaie du contact cle l'air , on voit suinter des diverses parties mises à nu , le fluide visqueux nommé Cambi.um qui s'organise petit à petit et finit par remplacer la plaque d'écorce. V. aux mois Accroissement des Végétaux, Camjuum, quelques autres détails sur cet objet. (a. h.)

* LIBERTIE. Liberlia. bot. phan Deux genres ont été établis sous ce nom , en l'honneur de mademoiselle Libert de Malmédy , femme véritable mentsa vante et modeste, à qui la Flore

H l'On^HCO /ici l'rtrlotT'lKln 1 1 rt I «ï rl/î/.nn.

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Française est redevable de la décoa verte d'un grand nombre d'espèces intéressantes ou nouvelles. L'un de ces genres a été fondé par Dnmortier (Observa/. Botanicœ, Tournay , 1825), pour quelques espèces d'Heme/vcal- % lis, telles que H. cœrulea , sindrewsii , Japun'tca , corda/a , dont Trattinnick a fait le genre Hosla , et Sprengel le genre 1 unkia. Le se cond genre est, celui que Lejeune botaniste distingué, auteur de la Flore de Spa , vient de proposer lc' dans le douzième volume des Noua Acla de l'Académie des Curieux de f la nature de Bonn. Ce genre appar- ' tient à la famille des Graminées , e Ll l'auteur que nous venons de citer lu ;t attribue les caractères suivans : fleuri ^ disposées en panieule simple et pen- s- ' chée; épillets ovoïdes acuminés, com .:' posés de huit à dix Heurs écartées r' Iépicène bivalve , à valves inégales I' glume à deux écailles , l'extérieui t j" ovale lancéolée , terminée par troi:

soies à son sommet, et offrant sui son bord , de chaque côté, une pelili oreillette membraneuse; écaille su J», périeure ovale, obtuse, ciliée; pa ' '> léolesdc laglumelle oblongues et spa M thulées. Le fruit est allongé et pro fondcinent marqué d'un sillon. C genre se compose d'une seule espèce

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libertia ./frducnriensis , Lejeunc, lue.

l.t.} t. 65. Elle croît dnns le.-; inoisrns , aux environs de Spa. Si l'on :iâmine avec soin le caractère de ce Binre et la ligure que Lejeunc a don- :Je de sa Plante, on verra qu'elle a wsolumeut le port d'un Brome, et n'elle s'en rapproche aussi beauluup par ses caractères. En effet le xnre Libertia ne nous semble être ji'unc espèce de Brome , oit par accient l'arête dorsale a avorté, ce qui i déterminé l'allongement des trois rsrvurcs principales au-delà du soinieet de la paillette et la formation de obis soies. Il serait important, avant aadopler le nouveau genre , de savoir la Plante a élé de nouveau re trou ice ou si elle n'est qu'une variélé ac- Jdentelle. (a.R.)

'» LIBIBALTE. rois. On ne conaàît plus le Poisson désigné sous ce )0m dans Aihéuée comme se troulint dans le Bosphore. (b.)

ILIBIDIBI. bot. phan. Un Cœsalr.nia sert , sous ce nom , à tanner le nir dans quelques cantons de la cerre-Ferme en Amérique. (b.)

'* LIBINIA. Libinia. chust. Genre :î l'ordre des Décapodes , établi pat ceach et réuni par Latrcillc au genre Uaia. Le Crustacé qui sert de type à :! genre est le JUaia lunutata, Latr., lisso (Grust., pag. 4g, lab. i,fig. 4). ". Mata. (g.)

LIBISTICUM. bot . piian. (Fuchs.) \yn. de Livcche. V. ce mot. (b.)

LIBOT. ]MOLL. Lamarcka eu bien misou de ne rapporter qu'avec doute • '. Libot d'Adanson(Voyag. a-uSénég., ïag. Q7 , pl. 2) au Patella umbetla oe Linné. Il existe des différences noilibles, si l'on compare la description uu Libot à celle de l'espèce que nous menons de citer; l'une est bleue eu dedans , d'un noir grisâtre en dehors, mndis que l'autre est constamment jdsc. Ce qui a pu produire l'erreur, t'est que, dans sa Synonymie, Adan- Jon cite la fig. ai de la pl. 558 de uister , qui est douteuse , et que les JUleurs rapportent généralement au

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Patella umbclla. Le Libot d'Adanson est donc une espèce qui n'a point encore élé reconnue. (n..n.)

LIBYCE. bot. pn\N. V. Libanjon.

LIBYTIIÉE. Libythea. ins. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes, tribu des Papillonides nacrés, élabli par Fabricius aux dépens du grand genre Papilio de Linné, et dont les caractères sont : antennes terminées en bouton allongé, presque en forme de massue; palpes supérieurs très-avancés, en forme de bec ; pâtes antérieures très-courtes et repliées en palatine dans les mâles, ces pales semblables aux suivantes et pareillement ambulatoires dans les femelles. Ces Papillcms ont les ailes anguleuses, comme dans les Vanesses; ils tiennent beaucoup des Nymphales par leurs ailes inférieures qui sont, comme dans ces derniers, courbées sous l'abdomen pour lui former un canal dans lequel il se loge; ils s'en rapprochent encore par la manière dont leurs chrysalides sont suspendues ; mais tous leurs pieds sont piopres au mouvement dans les femelles, c! leurs palpes supérieurs fort remarquables par leur longueur. La chenille de l'espèce de Francc(/>. Cellis), est , après les premières mues, verte avec le dos plus coloré et marqué d'une ligne blanche longitudinale, sur les côtes de laquelle sont de petites taches noires , distribuées par couples sur les anneaux ; chaque côté du ventre a , eu outre , une ligne semblable , surmonlée parfois d'une raie incarnalc , également longiludinale ; la lèle est jaunâtre; les pâtes antérieures et membraneuses sont noires ; le corps est légèrement velu ; celle chenille a du rapport avec celles des genres Pieris et Salyrus , elle vit sur le Micocoulier commun {Celtis attstralis) , et quelquefois sur le Cerisier. Elle est sujette à être piquée par Y Ic/ineumon compunctor.

La chrysalide est ovalc-obluse , presque sans éminenecs angulaires , verte avec quelques traits blancs ; elle se suspend perpendiculairement et par

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la queue au bord des feuilles. Ce genre renferme huit espèces dont six sont nouvelles et ont été décrites pour la première fois dans l'Encyclopédie Méthodique, par Godard. La plus connue et celle qui vit en France est: LaLiiiYTHÉE du Micocoulier , L, Cellis, God., Latr.yFabr.; Papilio N.

Celtis, Fabr., Esper (paît. 1 , p. 168, tab. 87, cent. 37, lîg. 2 et 5 ) ; l'Echancré, Engram. (Pap. d'Eur., t.

1, p. 5 1 3, pl. 1, 5e Suppl. , figi 5 af-bis). Les ailes supérieures ont le bord postérieur très-anguleux, avec une échaucrure très-marquée. Leurs deux faces , ainsi que la supérieure des secondes ailes , sont d'un brun foncé avec des taches d'un jaune orangé ou fauve. On voit près de la côte des premières ailes , et tant en dessus qu'en dessous , une tache blanche ; le dessous des secondes est roussâtre , leurs bords sont arrondis.

Elle habile le Tyrol , l'Italie et le midi de la France. (g.)

LICAMA. mam. On ne sait quelle est l'Antilope désignée par ce nom cafte par quelques voyageurs; on a cru y reconnaître le Bubale. (b.)

LICA1NIE. Licania. bot. phan.

Vulgairement Caligni. Ce genre de la Pcntandric Monogynie, établi par Aublet(Guian., I, p. 119, t. 45), a été placé dans la famille des Rosacées, tribu des Chrysobalanées. Schreber en a changé le nom en celui de IJedychrea, et cette substitution inutile a été adoplée par plusieurs auteurs.

Voici ses caractères essentiels : calice muni extérieurement de deux petites bractées, et ayant un limbe quinquéfide ; corolle nulle ; cinq élamines opposées aux lobes du calice ou trois seulement par suite d'avortement, selon Richard , insérées sur l'entrée du tube calicinal ; un seul ovaire dans le fond du calice, surmonté d'un style courbé latéral? Le fruit est une drupe en forme d'olive, charnue, contenant un noyau monosperme.

Une seule espèce, Licania incana, Aubl. , constitue ce genre. C'est un Arbuste indigène de la Guiane , à

feuilles oblongues, acuminées, blanchâtres en dessous , à petites fleurs disposées en épis terminaux. (q..N.)

LICAPtIA. bot. phan. Un Arbre de la Guiane a été mentionné sous le nom de Licaria guianensis par Aublet(Guian., p. 3i3, t. 121) qui n'en a pas vu les organes de la fructification. Cet Arbre s'élève à plus de vingt mètres; son écorce est ridée et roussâtre; ses feuilles sont alternes , ovales , acuminées, entières , glabres et pétiolées. Le bois est peu compacte, ja unâtre, et exhale une odeur de rose. Lamarck présume que c'est une espèce de Laurier, (g. .M.)

LICATI. bot. phan. Pour Licaria.

y. ce mot.

LICCA et LICEA. pois. L'un des noms vulgaires du Lyzan sur la côte de INice. V. Gastérostée. (b.)

LICE. MAM. La Chienne dédiasse qui porte et nourrit des petits (b.)

LICEA. pois. V. Licca.

LICE \. bot. CT\YPT.(C/iamp/g/ions.) Genre formé par Schiadcr, composé de petites Plantes fugaces, que l'on trouve sur le bois mort et les murs des caves. On les caractérise :

fongosités à péridium membraneux fragile; poussière séminale privée de lilamens , s'ouvrant irrégulièrement en sommet. Deux espèces seulement sont décrites dans la Flore des environs de Paris ; mais onze figurent dans les diverses mycologies. Celle qui a servi de type est le Licea circumeissa , Pers., S vu.

169, Sphœrocarpus sessilis de Bulliard, Champ., p. i32, t. 4i7, fig. 5. Celte petite Plante est friable; elle naît sur le bois mort , d'abord arrondie , jaune, puis brune en dehors, jaune doré en dedans et s'ouvrant en boîte à savonnette , caractère qui lui a valu son nom. Elle se trouve vers la fin de l'automne ; 20 Licée des cônes, Liceaslrobilina,A\b. et Schwn" 3o3, I. 6, fig. 3. Péridiums roux puis bruns, serrés les uns contre les autres , arrondis - oblongs ; ils

il;

■'ouvrent irrégulièrement. La pousjuère est jaune sale, quelquefois blanchâtre. La base des péridiums persiste i[près l'éruption des poussières et ressemble à uu petit guêpier. Cette espèce croît à la surface des écailles des rneux cônes de Sapins. Le genre Licea :ist très-voisin des Tubulina clLyco- ;<fa/a; il appartientà l'ordredesClniin- Wguons angiocarpesde l'ersoon, gasrroinyciens de Link. (a. F.)

LICHAÏNOTUS. mam. (Illigcr. ) iîyn. d'Indri. V. ce mot. (b.)

LICHE. Lic/u'a. rois. Sous-genre die Gaslérostée. V. ce mot. Il ne faut oas le confondre avec Leicbe , Scymnus , qui est un sous-genre de Squates. (b.)

LICHEN, bot. crypt. Genre Linaaéen devenu la nombreuse 'famille- Iles Lichens. F. ce mot. (u.)

*LICHEN-AGARICUS. bot.

RYPT. [Flypoxy Ions .)^\\chc\\.a donné cce nom à des Plantes qu'il jugeait

îlre intermédiaires entre les Lichens est les Champignons. De Candolle a

ndopté le Lichen-Agaric , sous le nnom de Sj.hœria. y. ce mot etXYLA-

RRI A. (A. F.)

LICH EN ASÏRUM . bot. crypt.

Hépatiques.) -Michel i et Linné ont naommé Jungermannia ( V. ce mot }

e genre que Uillen, dans son Histoire dJes Mousses, avait appelé Lichenastrirum. V. HÉPATIQUES. (a. F.)

" LICHEN ÉES ou LIKENEES. jns.

Ce nom a été donné à quelques chciinilles de Noctuelles ( JV. l'iaxini , SSponsa , jSapia, P/omissa, etc. ), par- L'ce qu'elles se iiouirissent de Lichen. (Celle du JSoctua Sponsa, Phalène Likkenée rouge de Gcofiioy , porte le nnom de Lichenée du Chêne. P. Noc- 1TUEI.LE. (g.)

LICHENOIDES. bot. crypt. {Lichens.) Dillen, dans son llistoria jVuscorum , avait placé sous ce nom tous ■les Lichens crustacés ou à expansions îmembraneuscs , planes ou rameuses.

III réunissait ainsi la presque totalisé des genres connus , moins les es-

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pèces fruticulcuscs et filamenteuses.

Micheli a aussi un genre Lichenoides qui comprend les V errucariaet autres genres voisins des modernes. Enfin Hoffmann a employé le même mot pour les Lichens à expansions lactniées ; ainsi les Kainalinées desauteurs sont pour lui des Lichenoides. Son Lichenuides flammeum est le Dufourea flammeum d'Acharius qui rentre dans notre genre Pycnolhelia, lequel fait partie des Cénomycées. (a. F.)

* LICHÉNOPORÈ. Lichenopora.

polyp. Genre de Polypier proposé par Defrance, dans le Dictionnaire des Sciences Naturelles , pour de petits corps qu'il n'a connus qu'à l'état fo>sile , et que nous avons découverts à l'état vivant sur les masses madréporiques de la Méditerranée. Ce petit genre e.-t suffisamment caractérisé, et nous ne do tions pas qu'il ne soit adopté par le plus grand nombre des zoologistes. Defrance assigne les caractères suivans à ce genre : Pol\ pier pierreux , fixé, orbiculairc, avec ou sans pédicule, poreux à la surface supérieure où se trouvent des crêtes ou des rangées rayonnantes de tubes. Ces pelils Polypiers se rencontrent principalement dans les sables coquiflieis de Hauleville et d'Orglande, déparlement de la Manche, ainsi qu'aux environs de Paris, à Parues , à Mouchy-le-Chàtel , à Cliauniont, etc. Ils sont petits, orhieulaires , souvent bordés par une marge lisse, relevée cl très-mince, ce qui leur donne de la ressemblance avec un petit plat; en dessous, ils sont presque lisses cl olfren! constamment des traces de leur adhérence ; l'espèce vivante est constamment fixée par son centre, quelquefois par toute la face inférieure; elle est souvent isolée, d'autres fois groupée, de manière cependant que chaque individu puisse se séparer et se distinguer facilement; nous nommerons l'espèce vivante, LlCUÉNOPOREDE LAMOUROUX,

Lichenopora Lamourouxii nous la consacrons à la mémoire du savant professeur de Caen , que la mort r,

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trop tôt enlevé aux Sciences Naturelles qu'il a illustrées clans plusieurs de leurs parties les plus difficiles. Cetle espèce qui a les plus grands rapports avec celle que Defrance a nommée Lichénoporc crépu , est adhérente par presque toute sa base à l'exception du bord qui se relevant est libre; il est d'un blanc violâlre , surtout au centre où sont placés les pores Lu— buleux qui sont disposés les uns à côté des autres de manière à former des rayons assez réguliers qui se diligent vers le centre; l'intervalle des rangées de tubes est criblé de pores ovales ou arrondis. Ce Polypier n'acquiert pas plus de deux lignes de diamètre. Ljchénoporb crépu, Liçhenopora crispa, Def. , Dict. Scienc.

Nat. T. xxvi, pag. 257. Celle-ci ne se trouve qu'à l'état fossile , aussi bien dans les falunières de Valognes que dans celles des envii ons de Paris, et notamment à Parhes, à Chaumont et à Mouchy-le-Cnâlel ; elle a les mêmes dimensions que la précédente; comme elle, elle est marginée, mais les pores s'étendent jusque sur le bord, ce qui n'a pas lieu dans les Lichénopoi es de Lamouioux ; elle est plus aplatie , les tubes forment un plus grand nombre de rayons , ils sont moins prolongés, l'intervalle des crêtes est plus étroit et ne présente point de pores. Les deux autres espèces qui appartiennent à ce genre sont: le Liciiénopork turbiné, Lic/ienopura luiblnata, Def. , qui est pédiculé , et le Liciiénopore des craies, Liichenopora cretacca , Def'., qui se trouve sur les Oursins de Meudon , et d'autres corps de la craie. Il est dépourvu de tubes. (d..h.)

LICHENS. bot. crypt. Les Lichens sont , après les Champignons , les Plantes les plus communes de la Cryptogamie. Ou les trouve sur presque toutes les parois ; les troncs d'arbres, les pierres, les vieux bois, la tei re humide , se couvrent de ces parasites qui, se fixant sur le marbre le plus dur et souvent même sur le 1er, y laissent des traces éternelles

d'une existence passa gère. Toutes sont terrestres; un seul genre, très-rap- f pi oché des Hépatiques, l'Endocarpon vit quelquefois sur des roches qui se trouvent dans un état continuel d'irrigation. Les feuilles de plusieurs espèces de Plantes vivaces des climats voisins des tropiques se chargent souvent aussi de Lichens qui les rendent très-remarquables. ( V". Squamma-

R1ÉES.)

Uien n'est plus varié que la forme de ces singuliers Végétaux; tantôt ce sont des croûtes imperceptibles , des lignes fugaces; tantôt des folioles élégamment disposées, des expansions arborescentes ou des filamens d'une dimension considérable. Les organes auxquels les botanistes ont donné le nom de fruit , sout aussi de forme très-diversifiée ; ou en voit de sessiles et de stipités , de linéaires et d'arrondis , de globuleux et d'aplatis. Ils sont simples ou composés , immergés dans leur support ou superficiels, etc. La couleur que le thalle allecte, est fort rarement la couleur verte; le jaunâtre j Je gris cen ciré, le gris paille, sont les nuances les plus communes. La nature a mis plus de luxe dans les couleurs dont elle a embelli les apothécious; plusieurs d'entre eux sont rouges pourpres ; l'orangé , le jaune , le rose les décorent souvent; placés sur un fond assez ordinairement pâle , ils ressortent 'agréablement et donnent quelquefois à ces petites Plantes une véritable élégance.

Les Lichens sont des Plantes polymorphes , avides d'humidité qui foace leur couleur , d'une consistance jamais charnue, sans racines véritables , n'adhérant aux corps que pour y chercher un support , ne tirant leur nourriture que de l'air, pourvues de parties regardées comme fruits (apothécions) "presque toujours sessiles" , toujours arrondies , ne s'ouvrant à aucune époque de la vie de la Plante, ayant unedurée bcaucouppluslougue que celle des Champignons et même que celle des Hypoxylons , douées de la propriété de végéter aussitôt que le

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ichermomètie est au-dessus de zéro, et [)jue l'air est humide, quelle que soit ilî'ailleurs la saison où ces conditions client lieu.

De ces diveis caractères un seul east absolu , c'i'St la présence d'un llhalle; si quelques espèces en sont pprivées , et ce fait est très-rare , on djoit le regarder comme un véritabble avortement ou bien penser que izetorgaue est d'une telle ténuité que iinos yeux ne peuvent le voir.

En considérant la famille dis Liccheus dans son ensemble et avec uunc scrupuleuse attention, on s'asssure bientôt qu'elle est sans limites, cet que ses genres, et même ses espècces, sont assez difficiles à trancher:

dde-là l'embarras d'établir une mélhodde sans anomalies. Il esta rcmaïquer qque les fimillcs qui semblent être les (plus naturelles , sont aussi celles nui «semblent se fondre davantage avec les ifamilles voisines ; il faut excepter de ccelte règle les glandes tribus phanérrogainiques, telles que les Crucifères, Ues Synanthérées et quelques autres.

l,Quant aux Cryptogames et aux Agaunes , l'échelle n'est point intenomrpue et les transitions sont ménagées; Lies Fougères , par exemple , touchent aaux Hépatiques par Yllymcnophylaux Palmiers et aux Cycadécspar Iles Fougères en arbre; les Mousses se (fondent avec les Jongerniannes pailles A mirai a ; les Hépatiques ont des «espèces lichénoïdes et des espèces nmuscoïdes; les Algues offrent les Nositochs qui sont des ( ollema imparfaits, rat certaines Corniculaires sont assez woisinesdes Coul'ervées.

Les botanistes français , d'après De (Candolle , ont long-temps rejeté de la l'famille des Lichens la division des lliypoxylées , connue sous le nom ikl'llypoxylons lichénoïdes , qu'Achairius et les botanistes allemands ont l toujours regardés comme étant de véiritahles Lichens, et cel'e opinion, trèsi répandue aujourd'hui , est devenue la tmôlre; en effet on doune comme cauactère essentiel des Uypoxylons li- ■chénoïdes de laisser échapper une ;>pulpe séminifèic qui reste aussi dans

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le conceptacle ; quel caractère est plus vague ? Et lois même qu'il serait constant que celte pulpe s'échappe dans toutes les espèces , outre la difficulté de s'en assurer sur des Plantes au*si petites que les Verrucaires et les Opcgraphcs , serait-il possible d'adopter une définition qui devrait rigoureusement faire rejeter de la famille des Lichens le genre Sphœrophoron , et quelques autres véritables Lichenées dont les apolhécions se comportent comme les conceptaclcs d'une Hypoxylée? Nous regardons cette question comme jugée, et nous croyons inutile de la discuter plus au long.

Ce n'est guère que vers la fin du siècle passé, et plus particulièrement de nos jours , que l'on a commencé à étudier l'organisation des Lichens; voici en peu de mots ce qu'un examen attentif a démontré de plus positif.

Ou reconnaît à la première vue dans un Lichen deux parties distinctes, dont l'une n'est qu'une modification de l'autre , et qui toutes deux paraissent jouer le même rôle dans la reproduction de la Plante. La plus appareute est le thalle ou fi onde composé de deux parties nommées corticale cl médullaire ; la première est la couche supérieure, la deuxième la couche inférieure. Dans les Lichens crustacés uniformes cette dernière manque; dans les Collema elle est à peine distincte. Ces deux substances constituent à elles seules le thalle que l'on regarde comme le réceptacle univeisel des Lichens.

Quelques formes qu'affecte le thalle, qu'il soit plane ou redressé, on ne peut jamais le considérer comme une vraie tige, lledwig a vainement essayé de le prouver. Le thalle est une espèce de réceptacle général des gongyies ou des apolhécions, ayant la forme d'une croûte ou d'une lige sans qu'on puisse raisonnablement les y comparer. Les apothécions sont des réceptacles partiels de gongjes, et paraissent remplir le rôle que les cou» ceplacles remplissent dans les Fuca-

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cées. Ces organes varient beaucoup leurs formes , ils sont carpomorphes, mais il est prouvé qUe ce ne sont point des fruits. On les divise en apothécions vrais et en apolhécions secondaires. Les apolhécions vrais sont au nombre de quinze. F~. plus loin le tableau que nous en donnons, et qui fait connaître les princi-

I)aux caractères qui les différencient ; es apolhécions secondaires ou accessoires sont les cyphelles situés à la partie inférieure du thalle des Stictes, V. ce mot; les pulvinules, espèce de ramifications ou de végétations parasites qui se fixent à la surface supérieure du thalle de quelques Gyrophores et du genre Ëiioderme ; les soredies , petits tas de poussière , composés de gongyles nus. Acharius comptait parmi eux les Céphalodes dont nous croyons devoir faire un apolhécion véritable.

Quoique l'organe carpomorphe des Lichens ( l'apolhéciou ) ne joue pas le rôle que le fruit joue dans les Phanérogames , il est cependant d'une structure plus compliquée que celle du thalle et doit être, suivant nous, considéré comme une ébauche imparfaite d'un réceptacle séminifère.

La partie la plus importante de cet organe est la lame proligère ; nous avons émis une opinion nouvelle à l'égard du rôle qu'elle est destinée à remplir, W ". Lame proligère; elle paraît former le disque dans les Lichens scutellés, et le nucléum dans les espèces à apothécions globuleux , etc. Vient ensuite le périlhécium qui se présente sous la forme d'une enveloppe crustacée cartilagineuse, diaphane dans les genres Porina et Endocarpon. Lorsqu'un apothécion est pourvu lout à la fois de nucléum et de périlhécium, il est appelé Thalamus. Enfin on désigne par le nom de Spora ou TAeca les vaisseaux transparens qui se trouvent entre la lame et le noyau ; on ne peut les découvrir qu'à l'aide du microscope ; ces organes ont fourni au docteur Eschweiler, par les différences de formes qu'ils présentent, l'un des carac-

tères distinctifs de ses genres. Il est probable que la reproduction des Lichens s'opère par les gongyles : ce sont des corps globuleux, opaques, épars dans les différentes parties du thalle et du Lichen , surtout dans la partie corticale et la lame proligère.

On leur a refusé le nom de séminules , parce que ces noms supposent toujours la fécondation sevuelle. Hedwig a cru voir des sexes dans les Lichens ; il nomme spennatocystidie les gongyles qui deviennent transparens

f>arïa macération , et croit qu'ils renerment des organes mâles Pkopauules). Les gongyles qui restent opaques sont, suivant cet auteur, des capsules vides et flétries. Ce système n'a plus de sectateurs aujourd'hui.

Il vient de paraître à Francfort ( Naturgeschei/Ue der Flechten , par W. Wallroth , un vol. gros in-8°, j824 ) une histoire naturelle des Lichens. Cet ouvrage de plus de 700 pages ne traite encore que du thalle, de sorte que nous n'osons rien dire de l'ensemble de la théorie qu'il pro-

Fose. Il nous semble pourtant que auteur est trop minutieux dans ses détails et qu'il a créé un trop grand nombre de termes nouveaux, tous fort difficiles à retenir. Que deviendra la science si pour connaître une seule famille du Règne Végétal, il faut étudier i5oo pages de petit texte, et se familiariser avec une terminologie barbare? Quoiqu'il ne soit pas dans notre usage de citer des phrases latines , nous croyons ne pou-voir nous dispenser de transcrire la phrase suivante : elle mettra le lecteur à même de porter un jugement aussi certain que si le livre entier lui était connu ; il verra quels sont les dangers qui menacent la langue botanique, si de telles innovations pouvaient être admises.

ce Paleliaria fusco-lutea. Lecidea , Ach. , Syn., p. 42. Blastemate acoly- /o verrucoso chlorogonimicio tephrvpheeno, facile in massant chlorophœnaiit fatiscente; cjmatiis plano-convexiusculis marginem excludcntibus ,

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ttX speirematum ubertate varia , nunc iiilute fuscescentibus , nunc /iuidis Ùltusque melanophœnis. »

Les anciens n'ont fait connaître ilans leurs écrits que deux ou trois [Lichens. On les trouve parmi les espèces foliacées et filamenteuses. Ce ne l'ut que fort long-temps après la renaissance des lettres que les Bauliin •ît leurs contemporains ont décrit plusieurs espèces qui, devenues aswez nombreuses , ont été séparées een genres et en sous- genres par COilleu et Micheli- Dillen a quatre genres : 1. Trernclla ( Collema et Wostoc/i des auteurs); 2. Usnea; 3.

iCoralloides ( Cenomyce , Sp/iœrophorron , Stereocaulon , etc.); 4. Lichenoiiies ( Lecanora , Parmelia , Sticta , (Gy/vphora , etc. ). Son genre Lichen appartient aux Hépatiques; ce sont Mes Marchantes. Micheli n'a que des ■lious-genres au nombre de trentehhuit ; mais ils sont si bien établis que ■a plupart ont servi plus lard à HoffîTrann et à Acharius pour la création die leurs genres.

Adanson , Ventenat , et avant lui IHoffmann dont les travaux sont si justement appréciés des naturalistes , (Ont formé des genres qui ont été plus DOU moins bien reçus des botanistes; itl serait intéressant, mais peut-être tirop long d'analyser leurs travaux ; mous allons arriver de suite à Acharrius,qui est regardé comme le premier ddc tous les lienénogi aphes. Personne unieux que lui n'a connu l'organisa- Uion des Lichens à l'élude desquels il aa voué sa vie entière. On lui a reprocché d'avoir lui-même détruit les înétthodes qu'il avait élevées, mais en eexaminant ses ouvrages, on s'aperrçoit que ce reproche n'est pas eulièrremenl mérité , car son idée primitive m'a changé que dans les détails et ppoint dans le ibnd. Nous ne parlerons [point du Prodromus qui ne doit être [considéré que comme un essai. Sa méthode de Lichens a commencé une icéputalion a laquelle la Lichénograpphie universelle a mis le sceau. On titrouvc çà et là quelques mutations iqui prouvent la veisatilité des opi-

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nions de l'auteur ; ce qui d'abord avait é:é établi sous-genre dans un ouvrage est devenu un genre dans un autre ouvrage du même auteur, et vice versa ; mais rien n'est mieux circonscrit que les genres qu'il a créés. Son système est entièrement basé sur les considérations suivantes : les Lichens ont des apothécious non formés par leur thalle (Idiothalames), formés par le thalle (Homothnlames), en partie seulement formés par le thalle ( Cœnothalames ) ; ils n'ont point d'apothécions (Athalames), ils sont homogènes , hétérogènes et hypérogènes (Composés); enfin leurs formes sont différenciées :

de-là les dénominations de Phymatodes , Discoïdes , Céphaloïdes , Scutcllés, Pelles, etc.; de-là les classes et les ordres suivaus :

Classe Irc. — Idiothalames.

Ordre Ier : Homogènes.

Spiloma (Coniocarpon, D. C. , Flor.

Fr.); Artkonia; Soluiina; Gyalecta; Lecidea; Calyciurn (subdivisé plus tard en quatre genres par Acharius ) ; Gyrophura ; Opigrapha.

Ordre 11 : Hétérogènes.

Grap/iis; P'eirucaria; Endocarpon.

Ordre 111 : Hypérogènes.

Try pet hélium; Glyphis; Cliiodeclon.

Classe II. CoENOTH ALAM ES .

Ordre 1er : Phymatodes.

Porina; T/ielotrema ; Py tenu la; Variolana; Sagedia; Polyslroma.

Ordre 11 : Discoïdes.

Urceolaria; Lecanora; Pannelia; Borrera ; Cetraria ; Sticta ; Peltidea ; Isephroma ; Roccelta; Eve/nia; Du- Jburea.

Ordre m : Céphaloïdes.

Cenomyce ; Bœumyces ; Isidium ; Stereocaulon ; Sphœrophoron ; likizo. morp/ia.

Classe HI. — Homothalames.

Ordre 1er : Scutellés.

Alecloria; Ramalina; Colle/uQ.

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Ordre n : Peltés.

Cornicularia; Usnea.

Classe IV. — Athalames.

Lepraria.

Le seul reproche important que l'on puisse adresser à cette sayanle me'thode est de détruire les affinités naturelles.

Depuis quelques années , et postérieurement à Acharius , il a paru plusieurs ouvrages sur les Lichens; presque tous sont dus aux Allemands, dont aucun n'a adopté sans modifications le système d'Acharius.

Nous allons parler des principaux.

Fries , dans les Actes de l'Académie de Stockholm, année 1821 , proposa une méthode entièrement basée sur le thalle; cette méthode , qui n'est point irréprochable, groupe cependant assez bien quelques genres , mais en omet un grand nombre de très-impoi tans. En voici un extrait :

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