‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource]Chapitre 173 sur 232 · LETTE. (D..II · texte numérisé non relu

LETTE. (D..II

LIMNITJS. ins. Nom donné par

LIM

Illiger à un genre de Coléoptère que Latreille avait déjà établi. K . Elmis.

* LIMNOBIE. Limnobia. ins. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Némocères , tribu des Tipulaires , éla • bli par Meigen et ayant pour caractères : trompe fort courie , avec deux grandes lèvres.; point de petits yeux lisses; pâtes longues - dernier article des palpes guère plus long que le précédent , sans divisions articulaires apparentes; antennes sétacécs, simplement velues , entièrement moniliibrmes depuis le troisième ou le quatrième article ; le premier de ces articles très- sensiblement plus long que le suivant ; surface des ailes glabre; longueur des quatre premiers pieds peu 'différente. Meigen, dans ses premiers ouviages, avait donné à ce genre le nom de l.imonia , et Latreille l'avait employé dans son Gênera , le Dictionnaire d'Histoire Naturelle et dans tous ses autres ouvrages. Ce n'est que dans ces derniers temps (Fam. Natur. du llègn, Anim.) qu'il l'a ebangé à l'exemple de Meigen. Cet auteur ayant plutôt égard à la forme des antennes qu'à celle des palpes , a rapporté à sou genre Limnobiahi Tipula rUosa de Linné , que Degéer figure et qui est placée par Latreille avec son genre 1Jedicia {V.

ce mot). Nous pensons , avec ce dernier, qu'il faut en séparer cette espèce et celles qui lui sont analogues, et restreindre le genre Limnobic aux espèces qui ont les palpes terminés par un article simple. En adoptaut les genres lirioplera et Trichocera de Meîgen que Latreille réunissait ( Dict.

d'Hist. Nat.Jau genre Limonie en en faisant des divisions, nous laisserons donc dans le genre Limnobie les espèces qui composent sa première division et nous traiterons des deux autres genres à leur lettre ou au supplément.

Les Limnobics se distinguent des genres Cténopbore , Pédicie , Tipule et Néplirotome par les palpes qui sont terminés par un article grand et compose de nœuds ou de petits arti-

LIM 4a3

cles, tandis qu'il est simple dans les premiers; elles s'éloignent des Trichocères et autres genres voisins par les antennes qui n'ont pas plus de dix articles dans ceux-ci , et par d'autres caractères tirés des pâtes , des ailes, etc. Ce sont des Diptères qui ont les formes générales des Tipules et qui vivent comme elles dans les lieux bumides etombiagés. Degéer a donné des détails fort curieux sur les mœurs d'une espèce de ce genre {Limnobia replicata). Sa larve vit de feuilles de Mousse qui se trouvent dans l'eau , et ressemble à une chenille épineuse; son corps est long d'environ un pouce et large d'une ligne et demie; il est cylindrique et sans pâtes, et composé de onze anneaux; la tête est très-petite ; elle offre deux antennes et deux yeux noirs ou taches qui les représentent.

Les mandibules sont dentelées , et la lèvre inférieure porte deux petits palpes. Quand on l'inquiète, elle roule son corps en cercle. Elle se fixe sur les Plantes au moyen de quatre crochets écailleux placés dans une cavité du dernier anneau du corps; et quand elle veut changer déplace, elle s'accroche par les dents et ensuite par ces crochets, et avance ainsi en pliant son corps comme le ferait une chenille serpentante. La nymphe flotte à la surface de l'eau ; elle est allongée, presque cylindrique, d'un brun tirant un peu sur le vert; plus pâle en dessous; parsemée de petits points noirs avec des bandes plus obscures. Cette nymphe porte au-devant de son corselet deux cornes allonges , tubulaircs, qui sont les organes e la respiration; elle a toujours soin de tenir leurs extrémités hors de ï'eau, afin de respirer, et si on la retourne, et que ses cornes ne soient plus placées ainsi , elle se démène et se courbe de diverses manières jusqu'à ce qu'elle ait repris sa première position. Le dernier anneau de l'abdomen et même plusieurs autres présentent des crochets qui servent à cette nymphe pour s'accrocher aux tiges des Mousses et autres Plantes

4s4 LIM

aquatiques. L'Insecte parfait éclot six jours après que la larve a passé à l'état de nymphe. Il sort par une, fente qui se fait au-devant du corselet sur la tête et sur une portion de la poitrine. Les Limnobies sont trèscommunes au printemps dans les prés et au bord des fossés et des rivières. On en trouve beaucoup aux environs de Paris. La plus commune «St :

La Limnobie peinte , Limnolia picta , Meig. ; Tipula picla , Fabr. , Schell. (Dipt., t 58, fig. i). Antennes noires, avec le dernier article fauve; corselet cendré; abdomen jaunâtre, avec trois lignes noirâtres ; ailes cendrées avec des lignes annulaires dans leur milieu et des taches marginales noirâtres.

La Limnobie a ailes pliées , Li/nnobia replicata, dont nous avons parlé plus haut, est décrite par L^nné et Fabricius. Degéer l'a figurée dans son Histoire des Insectes , T. vi, p\. 20. K. , pour les autres espèces , Fabricius et surtout Meigen.

LIMNOBION. Limnobium. bot.

pu an. Genre de la famille destlydrocharidées, établi par le professeur Richard , dans son travail sur cette famille (Mém. Inst. Se. Phys. 1811, p.

72), pour VHydrocharis Spongia de Bosc. Ce genre offre les caractères suivans : les fleurs sont dioïques, réunies dans une spathe pédonculée, diphylle et multiflore. Le cahee est à six divisions très-profondes et étalées ; les trois intérieures sont pétaioïdes , plus longues et plus étroites. Dans les fleurs mâles , les étamines , au nombre de neuf, sont monadelphes et à anthères linéaires ; dans les fleurs femelles on trouve trois appendices courts, placés chacun en face des divisions intérieures; les stigmates, au nombre de six , sont bipartis.

Le fruit est une péponide ovoïde, polysperme , renfermant des graines obovoïdes à tégument couvert de fibrilles.

Ce genre se compose d'une seule «spèce, J imnobium Basai, Rich. ,

LIM

/oc. cit., t. 8 ; Hydrocharis Spongia, Bosc , Ann. Mus. , 9 , p. 396 , t. 3o. C'est une Plante aquatique originaire des lieux tourbeux de la Caroline inférieure. Ses feuillus sont pétiolées , radicales, subcordiformes , entières, marquées de cinq nervures longitudinales. Les feuilles inférieures sont remarquables par le grand développement du tissu cellulaire de leur lace inférieure qui forme une sorte de coussinet spongieux propre à soutenir ces feuilles à la surface de l'eau.

LIMNOCHARE. Limnocharis.

abachn. Genre de l'ordre des Trachéennes , famille des Hydrachnelles, établi par Latreille aux dépens du genre Hydrachna de Millier. Ce genre se distingue de celui d'Hydrachne par ses palpes qui sont simples , tandis qu'ils ont un appendice mobile dans ce dernier genre. Tous les autres caractères sont les mêmes dans ces deux genres, et leurs mœurs sont parfaitement semblables aussi.

L'espèce qui sert de type à ce genre est 1! Acarus aquaticus, L.; Acarus aquaticus holosericeus , Deg. (Ins., 7, ix, i5, 20) j Trombidium aquaticurn, Hermann(Mém. Apt.,i, 11)./^. Hy-

DBACHNE et HYDRACHNELLES. (g.)

LIMNOCH ARIDE. Limnocharis.

bot. phan. Genre établi par Humboldt et Bonpland (Pl. Aiquin.) , adopté par le professeur Richard qui l'a placé dans sa nouvelle famille des Butomées. Ses fleurs ^ont hermaphrodites, pédonculées, disposées en sertule ou ombelle simple et enveloppées dans une spathe polyphylle. Le calice est à six divisions très - profondes ; trois extérieures vertes minces , et trois intérieures colorées, pétaloïdes et plus grandes. Les étamines sont au nombre d'une vingtaine, entourées d'un grand nombre de fila— mens stériles. Les pistils varient de six à vingt réunis au centre de la fleur. Ils sont dressés, allongés, terminés en pointe recourbée au sommet, uniloculaires , contenant un grand nombre d'ovules attachés à un

LIM

réseau vasculaire , qui tapisse la paroi interne de l'ovaire. Le fruit est également allongé , sec , indéhiscent , contenant îles graines recourbées en forme de fer à cheval et recouvertes d'un tégument propre strié transversalement. L'embryon a également la forme d'un fer à cheval.

Cegenre se compose de deux espèces originaires de l'Amérique méridionale CesontdeuxPlantes aquatiques, vivaces , ayant les feuilles radicales et engainantes; des fleurs blanches ou jaunâtres , disposées en sertulc ou ombelle simple au sommet d'une hampe. L'une , Limnoc/iaris Plumierii , Rich. , loc. cit. , t. ao et 19 , n. a , est le Limnoc/iaris emarginata , Humb. etBonpl., Pl. yEqî, t. 34, ou sllisma flava , L., déjà mentionné dans le Catalogue de Plumier sous le nom de Darnasonium maximum Plantaginis folio , t. nf). Elle croît à St.- Domingue et sur le continent de l'Améiiquc méridionale. L'autre , Limnoc/iaris, Humboldtii , Rich., loc.

cit. , t. 19 , f. 1, est le Stratiotes nymphoides , Willd. , Sp , 4, p. 821. lia clé trouvé par Humholdt et BonpLmd aux enviions de Caracas. (a. r.)

LIMNOPEUCE. bot. phan. (Vaillant.) V. Hippunis.

LIMNOPHILE. Limnophila. bot.

Fiian. Genre de la famille des Scrophularinées et de la Didynamie Angio-permie, L., établi parR. Brown (Prodr. 77. Nov.-Holl. , 44a ) pour l'Holtonia indica, L., et auquel il donne les caractères suivans : calice tubuleux , à cinq divisions égales; corolle infundibùliforme; limbe à cinq lobes égaux; étamines didynames incluses ; anthères rapprochées et réuuies par paires; style terminé par un stigmate dilaté et oblique; capsule biloculaire, à deux valves biparties, la cloison étant formée par les bords rentrans des valves. La Limnophila gratioloides , l\. Brown , loc. cit., est une Plante qui croît dans les lieux aquatiques. Ses feuilles sont opposées, profondément incisées, souvent triparlites et semblant en quel-

LIM 4*5

que sorte verticillées. Ses fleurs sont axillaires , pédonculées et accompagnées de deuv bractées. Elle croît non-seulement dans l'Inde , mais à la Nouvelle-Hollande. (a. r.)

LIMNORIE. Limnoria. cnusT.

Genre de l'ordre des Isopodes , section des Aquatiques, famille des Cymothoadées (Latr.,Fam. Nat.), établi par Leach , réuni aux Cymothoas de Fabric:usparLatreillc(Règn. Anim.) et adopté par ce dernier ( Fam. Nat., etc.) avec ces caractères : corps cy lindro-linéaire : yeux grenus et formés de petits yeux lisses (ocelles), rapprochés. Les quatre antennes insérées sur la même ligne, de la longueur, au plus , de la tête , de quatre articles; tous les pieds simplement propres à la marche; dernier segment abdominal grand , suboi biculaire. Ce genre se distingue du genre Cymothoa proprement dit par la tête qui est plus étroite que le premier segment dans ce dernier cl par ses yeux qui sont peu apparens. La seule espèce connue de ce genre est :

La LlMNOHlE TÉRÉBRANTE, L. te-

relrans, Leach. Elle est longue d'environ une ligne à une ligne et demie du pied anglais. Son corps est cendré, avec les yeux d'un noir tirant un peu sur la couleur de poix. On la trouve en quelques parties des côtes d'Angleterre, ou elle se loge dans les trous qu'elle fait. V. Cymothoa et Cymotuoades. (g.)

L I M O D O R E . Lirnodorum . bot.

phan. Orchidées , Juss. , Gynandrie Monandrie, L. Ce genre , établi par Tournefort et adopté par la plupart des botanistes , renferme un trèsgrand nombre d'espèces qui , d'après les -travaux des auteurs modernes, doivent aujourd'hui cire réparties en plusieurs genres distincts. Le type de ce genre et l'espèce qui a servi à son établissement e^t le Lirnodorum abortiuum; c'est donc surtout d'après cette espèce que doil être tracé le caractère de ce genre. Toutes celles qui

Jr ont été réunies et qui n'offrent pas es mêmes signes caractéristiques de-

4aG LIM

vront être portées dans d'autres genres. Or voici ces caractères tirés de 1 espèce que nous avons nommée tout à 1 heure. L'ovaire n'est pas tordu en spirale. Les trois divisions externes du calice sont semblables , dressées et presque conniventes ; les deux intérieures et latérales sontplus étroites ; le lahelle est sessile , di essé , entier, terminé à sa base par un éperon plus ou moins allongé. Le gynostème est très - long , semi -cylindrique , c'est-à-dire plane sur son côté antérieur et convexe postérieurement ; l'anthère est terminale, operculiforme, contenant deux masses polliniques, piillacées , agglutinées entre elles du côté interne. Le stigmate est placé immédiatement au-dessous de l'anthère.

Tels sont les caractères des véritables Limodores. Ils ne conviennent qu'à un très-petit nombre de celles qui y ont été placées. Ainsi plusieurs doivent être mises parmi les Blelia. V. ce mot. D'autres ont formé le genre Geodorum de Jackson. Quelques autres ont servi à l'établissement des genres Calypso , Calapogon , etc. Ainsi, parmi les espèces du genre Bletia , on a placé les Limodorum Taidervillœ , L. ; L. altum, L.purpureum , L. Dans le genre Geodorum , on trouve les Limodorum 7iutans , L. recuruurn. Le Limodorum bulbosurn forme le genre Calypso , et dans le genre Calapogon , R. Brovvn a placé le Limodorum tuberosum et quelques autres espèces analogues.

Tue Limodorum abortiuum , Willd., Sp. , Orchis abortiva , L., qui forme le type du genre , est une grande Plante vivace qui croît dans les forêts ombragées et montueuses ; sa racine se compose de grosses fibres cylindriques et charnues; sa tige, haute de deux à trois pieds , porte des feuilles très - courtes , embrassantes et presque semblables à des écailles.

Les tleurs sont d'un pourpre obscur , formant en petit nombre un épi à la partie supérieure de la tige.

Dans le Prodrome de la Flore du Napaul , Don a décrit sous le nom de

LIM

Limodorum roseum une espèce nou- |"

velle qui a beaucoup de rapports avec 1

l'espèce précédente. (a. r.) '

LIMON, bot. I'han. Fruit du Li- \

monier. V. ce mot. (b.) j

LIMON, oéol. P\ Matière et « Terrain.

LIMONELLIER. bot. phan. Pour

Limonie. F~. ce mot. (b.) ^

* LIMONH. ois. (Flacourt.) Les \ Tourterelles et les Pigeons à Mada- j g&scar. (B-; ?

LIMONIA. iNs. etBOT./^. Limonie. ii

LIMON IASTRUM. bot. phan. 1

(Heister.) Syn. de Statice monopetala. I

fB.) F

* LIMONIATIS. min. Il est im- I possible de reconnaître quelle Pierre, 0 semblable à son Smaragdus, le com- ^ pilateur Pline entendit désigner sous 1 ce nom. (B.) o

LIMONIE. Limo/iia. ins. Nom

donné par Meigen et par La treille li

aux Diptères qu'ils ont nommés de- j puis Limnobie. V. ce mol. (g.)

LIMOiNIE. Limonia. bot. phan. ^ Ce genre, établi par Linné, fait partie de la famille des Auranliées. Dans ) son travail sur cette famille , Correa S de Serra a retiré plusieurs des espèces o qui y avaient été rapportées pour en t faire des genres nouveaux qui ont été d généralement adoptés. Ainsi le Li- ij monia monophylla forme le genre ; Atalantia, le Limonia penlaphylla B et L. arborea le genre Glycosmis, et |, le Limonia trifoliata le genre Tripha- ,, sia. Les espèces qui forment aujour- f: d'hui le véritable genre Limonia of- p fient les caractères suivans : le cali- ^ ce est à quatre ou cinq divisions pro- j, fondes ; la corolle se compose de E quatre ou cinq pétales sessiles; les élimines sont libres et distinctes, f rarement au nombre de quatre à (| cinq , plus souvent en nombre dou- l ble des pétales. Le fruil est une baie pulpeuse à quatre ou cinq lo- < ges monospermes. De Candolle , clans le premier volume de son Prod/vmus systernaiis , rapporte à ce

LIM

; genre onze espèces , la plupart origiinaires de l'Inde et de la Chine. Ce .'soutdes Arbres ou des Arbrisseaux .•souvent munis d'épines, ayant des t feuilles simples, trifoliées ou pinnées, ides fleurs blanches ou roses, exhalant une odeur suave analogue à celle des i autres Arbres de la même famille.

Parmi ces espèces nous ciieions la .Limonia acirfissima , L., Lamk. , III., it. 353, f. i, originaire de l'Inde, ;mais qu'on cultive également en . Améiique. C'est un Arbrisseau élé- : gant et toujours vert , dont les feuil- 1 les sont impai ipinnées et les fleurs ' blanches disposées en panicules courtes et axillaircs. Ses fruits , qui sont : jaunes et globuleux, répandent une i odeur très-suave qui approche beaucoup de celle de l'An is. Leur pulpe i est très-acide et très-agréable. On en ! fait des boissons rafraîchissantes , ou i on les confit au sucre. (a. n.)

LIMONIER, bot. phan. On appelle ainsi une division du genre Oran- ; ger , que l'on désigne plus commui néinent sous le nom de Citronnier. P'. 1 Ouangeh. (a. n.)

* LIMONITE. min. (Hausmann , Manuel de Minéralogie, t. i, p. a85.) Substance noiie, opaque, à cassure

i conchoïdale , ayant l'éclat de la cire et donnant une poussière d'un jaune

>d'ocre ; médiocrement dure : pesant spécifiquement 2,6o3. Au chalumeau, sa couleur n'éprouve aucun changement remarquable; par un feu prolongé , elle fond sur les bords en une scorie noirâtre. Par la calcination, elle donne une poussière rouge. Elle paraît être une combinaison ou tttu mélange de Fer limoneux et de Fer phosphaté représenté par les proportions suivantes : hydrate de Fer , 74,009; phosphate de Fer, 24,870; oxide de Manganèse, i,5; total , 100.679. On la trouve avec le Fer limoneux commun ( Thoneisenstein) en petites masses ou en lits très-min- ■ces dans les terrains d'alliivion.

(g. del.)

LIMONIUM. bot. i'iian. On a beaucoup disserté pour savoir quelle

LIM 427

était la Plante ainsi nommée par Dioscoride. Les uns ont voulu que ce fût la' Pyrole [Pyrola roluntlifulia, L.) , d'autres le liela sylvestris ; quelques-uns le Senecio Doria. Mais la plupart des botanistes s'accordent pour le Statice Lirnonium, L , dont Tournefort avait fait un genre sous le nom de Limunium. V. Statice.

LIMOSA. ois. (Brisson.) Syn. de Barge. V. ce mot. (u-)

LIMOSEELE. Liniosella. bot.

piian. Ce genre , de la Didyrramie Angiospermie , L. , avait été désigné par Vaillant sous le nom de Vlantaginclla. Jussieu l'avait placé parmi les Primulacées, mais il a été rapporté aux Scrophularinécs par De Candolle et R. Brown qui en ont ainsi exprimé les caractères : caliceàcinq divisions peu profondes , égales; corolle campanulée , à tube court et à cinq petites divisions égales; quatre étamines presque égales, quelquefois réduites au nombre de deux ; stigmate capité ; capsule à deux valves séparées par une cloison parallèle et imcomplète. Ce genre renferme des Plantes herbacées , très-petites , ram-

fiau les et qui croissent dans les locaités marécageuses. Leurs feuilles sont fasciculées , à pétioles dilatés et presque engaînans à la base. Les fleurs sont solitaires et portées par des hampes. On n'en connaît qu'un trèspetit nombre d'espèces, dont la plus remarquable, Limoielta aquatica , L. , croît dans les lieux inondés de l'Europe. On la trouve fréquemment aux environs de Paris et surtout à Bondy. (g..N.)

LIMULE. Limulus. crcst. Genre de l'ordre desXyphosuresdeLatreille (Fam. Nat du Règne Anim.), que cet auteur rangeait (Règne Anim par Cu- ■vier) dans son ordre des Branchiopodes, section des Pœcilopes; ce genre a été établi par Millier; il a pour caractères, suivant Latreille : pointdesiphon; la base des pieds (ceux du céphalothoraxou de la division antérieure du corps) qui, les deux derniers exceptés,

4a8 LI1VI

servent à la locomotion et à la préhension, est hérissée de petites épines et fait l'office de mâchoires. Test dur, divisé en deux boucliers offrant en dessus deux sillons longitudinaux , et recouvrant tout le corps, qui se termine postérieurement par une pièce très-dure, ensiforme et mobile.

Le corps des Lunules est divisé en deux parties : la première ou l'antérieure, que La treille nomme céphalothorax , est recouverte par un bouclier lunulé débordant , et portant deux yeux très-écarlés l'un de l'autre, entre lesquels Cuvier a observé trois petits yeux lisses rapprochés ; au-dessous de la carapace dont nous venons de parler , sont insérés , sur une saillie conique , en forme de bec ou de labre, deux corps semblables à deux petites serres de Crabe , didactyles ou monodactyles, selon les sexes, composées de deux articles que Latreille considère comme les antennes et que Savigny assimile à la seconde paire de pieds-mâchoires des Crustacés , ainsi qu'aux mandibules des Arachnides , et auxquels il donne le nom de mandibules succédanées , ou fausses mandibules. A la suite de ces antennes se trouvent six paii es de pieds , dont les deux derniers réunis formeut un grand feuillet portant les organes sexuels, et dont les dix autres libres , et tous , à l'exception des deux premiers, didactyles. Ces pieds sont composés de six articles : le radical , ou la hanche , est hérissé de piquans ou épines dont le nombre est très-considérable aux deux ou trois premières

flaires de pieds. Ces articles tiennent ieu de mâchoires ; l'article suivant , ou le premier de la cuisse , offre aussi quelques épines. La dixième paire de pieds diffère des autres par divers caractères , et surtout par les hanches , qui ne sont point maxillaires, et par l'extrémité antérieure du dernier article de la jambe, qui se termine par quatre petites lames mobiles , droites, allongées , pointues , égales et rapprochées en un faisceau longitudinal; la partie extérieure de cette même extrémité de la jambe donne attache

LIM

au dernier article , qui est terminé , comme les autres, par deux doigts mobiles qui diffèrent un peu des précédons. Le pharynx débouche entre les hanches de toutes ces pâtes ; l'œsophage se dirige en avant , l'estomac des Limules étant situé, comme dans les Crustacés décapodes , vers le bord antérieur du test. La seconde partie du corps des Limules , ou la postérieure , est recouverte par un bouclier qui a , en dessus , la forme d'un trapézoïdeéchancré postérieurement, avec les bords latéraux armés il'épines mobiles et alternantes; en dessous et dans un creux en forme de boîte presque carrée, sont cinq paires de feuillets ou de larges pieds natatoires , dont la face postérieure est garnie de branchies. L'anus est placé à la racine de la pointe qui termine le corps cette pointe est cornée , très-dure droite , trigone, très-pointue et souvent armée, sur le dos, de petites dentelures ; elle s'insère dans une cavité , au milieu de l 'échancrure postérieure de la seconde pièce du test , et elle est articulée avec elle par le moyen d'une tête dont les deux côtés sont dilatés et appuyés sur deux saillies de celle pièce. Le cœur, comme dans les Slommapodes , est un gros vaisseau garni , en dedans , de colonnes charnues régnant le long du dos et donnant des branches des deux côtés; un œsophage ridé, remontant en avant, conduit dans un gésier trèscharnu , garni intérieurement d'une veloutée cai lilagineuse toute hérissée de tubercules, et suivi d'un intestin large et droit. Le foie verse la bile .dans l'intestin par deux canaux de chaque côté. Une grande partie du test est remplie par l'ovaire dans les femelles , et par les testicules dans les mâles.

L'Ecluse et Bontius sont les premiers naturalistes qui aient mentionné et figuré des Limules; Millier les confond avec les Jpus; Fabricius les en a distingués, mais il les a placés dans son ordre des Kleistagnathes ou Décapodes brachiures de Latreille; enfin Lamarck, ayant

LIM

conservé le nom de Limule au genre Jpus , appelle Polyphème le genre dont nous traitons. Ces Animaux vivent dans les mers des pays cliamls; pendant l'été ils viennent le soir,

J presque toujours par couples , sur es plages .sablonneuses ou marécageuses. La femelle, qui est plus grosse, porte sur son dos le mâle , sans que celui-ci y soit en état d'accouplement ni violemment attaché : leurs mouvemens sont fort lents et trè -ciiconscrits, ci lorsqu'ils marchent, on ne voit aucune des pales ; dès qu'on les touche , ils s'anêtent et relèvent leur queue pour se défendre. Ils restent toute la nuit à moitié bois de l'eau , et ne cherchent à se sauver que quand ils sèment que le danger commence à être imminent. Leur queue est trèsredoutéedans l'Inde et en Caroline, parce qu'on est dans l'opinion que la piqûre est venimeuse; les sauvages se servent de cette pointe en guise de fer de flèche. La chair des Limules est bonne à manger , et leurs œufs ■sont très-rléliea's ; on sert sur les tables , à la Chine et au Japon , l'espèce qui lui est propre , et qui arrive , avec l'âge, à une longueur de deux pieds. Ces Animaux se trouvent dans les mers des deux Indes , depuis l'équateur jusqu'au quarantième degré de latitude ; ils sont communs dans le golfe du Mexique , sur les côtes de Caroline , aux Moluqups et dans les mers du Japon et de la Chine. Les Américains appellent ces Ci ustacés Kitig- Krab ; les nègres des bonis de la mer se servent du te.>t vide pour puiser de l'eau ou pour d'autres usages domestiques. On connaît quatre .ou cinq espèces de ce genre ; nous citerons :

Le Limule Poltphème, L. Poljphemus , Fabr. , Linn ; Limulus Cyc/ops , F.ibr. (jeune) ; Jllonucnlus Po~ lyp/iemus, Linn.; Limulus Suwerbii, Leach (Zool. Miscell., pl. 84). Il varie, selon l'âge, pour la taille et la couleur. Les vieux sont d'un brun noirâtre, et les jeunes d'un jaunâtre qui tire sur le brun. L'arête du milieu du dos a, sur chaque pièce du test,

LIN 4ag

trois épines ; le stylet , formant la queue , est à peu près de la longueur du coips. Cette espèce se trouve sur les côtes sablonneuses d'uue grande partie de l'Améiique.

Les Limules sont rares à l'état fossile; jusqu'à présent on n'en a trouvé que dans certaines couches d'une antiquité moyenne , à Solenhofen et Pappenheim. La seule espèce connue et à laquelle Desmaresl a donné le nom île Limule ue Walcii , Limulus Walchiï , dans son Histoiie Naturelle des Crustacés fossiles, p. 109, tab. 11, fig. 6 et 7 , e^t le Cancer perversus de Knorr et Walch (Monum. du déluge, T. 1 , p. 1 56 , pl. i4). Elle ne diffère des espèces vivantes que par le rebord de la première pièce de la carapace , qui est arrondi, au lieu de former un angle aigu devant la bouche , et par d'autres caractères tirés de la forme et des épines du test. (g.)

LIN. Linum. bot. phan. Genre de la Penlandi ie Pentngynie , L. , d'abord placé dans la famille des Caryoplr. liées , mais qui forme aujourd'hui le type d'un ordre naturel nouveau nommé Linac^es. V. ce mot. Le genre Lin se compose d'un très-grand nombre d'espèces. Ce sont des Plantes herbacées , ou de petits Arbustes à feuilles alternes, très-rarement opposées , entières ; leurs fleurs , terminales et diversement disposées , sont jaunes , bleues ou blanches; leur calice est régulier, formé de cinq sépales incombans : leur corolle est comme campanulée, composée de cinq pétales onguiculés entiers, d'aboi d incombans et tordus en spirale avant leur épanouissement ; les étamines , au nombre de cinq, sont monadelphes tout-à-fait par leur base , et offrent entre chacune d'elles un petit appendice filiforme , qui semble êire un filament d etamine avortée ; l'ovaire est légèrement stipité , globuleux , à six ou dix loges quelquefois incomplètes, c'est-à dire communiquant ensemble deux par deux, à cause de l'imperfection de trois ou de cinq des cloisons : chaque loge,

45o LIN

conlienl un seul ovule attaché à la partie supérieure de la loge et renversé. Les styles sont au nombre de trois à cinq , terminés chacun par un stigmate allongé; le fruit est une capsule globuleuse, à six ou dix loges complètes ou incomplètes et monospermes , s'ouvrant en trois ou ciuq valves qui se séparent presque toujours en deux; les graines sont généralement ovoïdes , comprimées , lisses, composées d'un tégument propre , d'un endospenne généralementmince et d'un embryon ayant la même direction que la graine.

Les espèces de ce genre sont assez nombreuses: De Gandolle, dans le premier volume de son Prodrornus systematis, en étiumère cinquante-six.

Ces espèces croissent, pour la plupart, sur les bords du bassin méditerranéen; plusieurs se trouvent dans l'Amérique méridionale et l'Amérique septentrionale , et quelques-unes en Afrique et au cap de Bonne-Espérance. Ce genre est surtout fort intéressant à cause d'une de ses espèces , le Lin usuel , dout nous allons parler ici avec quelques détails.

Ltn usukl , Lïnum usitaiissimum, L. C'est une Plante annuelle, originaire du plateau de la Haute-Asie, mais abondamment cultivée, depuis un temps presque immémorial , dans les diverses contrées de l'Europe, où elle est devenue indigène. Sa racine est grêle , pivotante , poussant une tige simple, cylindrique, d'un, de deux ou de trois pieds de hauteur, seulement rameuse vers son sommet , et tout-à-fait glabre , aiusi que les autres partiesdela Plante. Les feuilles sont éparses, sessiles, lancéolées, aiguës , très-entières , marquées de trois nervures longitudinales, et d'un vert glauque ; les fleurs sont d'un bleu tendre , terminales au sommet des ramifications de la tige; les étamines et les stigmates sont au nombre de cinq , et le fruit est une capsule globuleuse, environnée à sa base par le calice et contenant des graines ovoïdes, comprimées, lisses et luisantes. Cette Plante offre un très-

LIN

grand intérêt et est l'objet d'une culture extrêmement soignée , à cause des fibres de sa tige, avec lesquelles on fait les tissus de fil les plus fins et les dentelles les plus précieuses. Ou cultive cette Plante dans deux internions , ou pour obtenir ses graines

3ui sont employées en médecine et ans les ails, ou pour obtenir la filasse de ses liges. Dans le premier cas , les soins du cultivateur doivent tendre à choisir les variétés qui produisent le plus grand nombre de capsules, et, dans le second , celles dont les tiges sont les plus longues.

On distingue un assez grand nombre de variétés de Lin dans les pays où ce Végétal est culiivé ; les principales sont les suivantes : i°. Le Lin froid ou grand Lin est celui dont les tiges acquièrent la plus grande hauteur et qui donne un très-petit nombre de capsules. C'est la variété la plus précieuse et celle que l'on préfère dans plusieurs contrées de la Flandre , de la Belgique , et niême^ aux environs de Lille , où la récolte d'un hectare planté de cette espèce se vend quelquefois jusqu'à 6,000 et 7,000 francs.

20. Le Lin chaud ou Têtard , beaucoup moins élevé que le précédent.

Sa tige est rameuse et porte un grand nombre de capsules; aussi doit-on le préférer quand on a pour but principal la récolte des graines.

5°. Enfin on nomme Lin moyen une variété qui tient le milieu entre les deux premières , c'est-à-dire qu'elle s'élève un peu moins que le grand Lin et donne Un peu moins de capsules que le Têtard. Cette variété est su ' tout cultivée dans les provinces méridionales.

En général , la culture du Lin est assez chanceuse et demande de grandes précautions. 11 lui faut un terrain substantiel et feitile , frais, mais non trop humide ; les engrais doivent y être aboudans et renouvelés à chaque récolte. Il faut préparer le terrain

Iiar des labours fréquens. On sème e Lin à deux époques différentes , comme on fait pour le Blé , c'est-à-

LIN

dire avant el après l'hiver ; ce qui ! forme le Lin d'hiver et le Lin d'été : i il n'est pas indifférent de choisir l'une i ou l'autre de ces deux époques. Ainsi, • dans un pays chaud et dans un terrain un peu sec et sablonneux , on fera bien de semer le Lin avant l'hiver , afin que les pluies de l'automne soient profitables au développement de la semence; au contraire, dans les pays un peu froids et dans les terrains ErèS-substantiels, on pourra, sans inconvénient , attendre la fin de l'hiver. Le choix de la semence est une chose fort importante; les agronomes s'accordent généralement à reconnaître qu'elle dégénère lorsqu'on la sème plusieurs années de suite dans le même terrain : on doit donc la renouveler chaque année- , et la tirer des pays oii l'on sait qu'elle est la meilleure pour le terrain où on la doit cultiver et pour le but qu'on se propos'*. Celle qui vient du nord de l'Europe est généralement la plus estimée; cependant il est des^culiivateurs qui ne renouvellent pas leur semence , et qui néanmoins obtiennent , chaque année, de belles récoltes. Mais, pour arriver à ce résultat, il faut avoir le soin de choisir, dans chaque variété que l'on cultive , les graines les plus grosses et les plus saines : par ce moyen , on peut se dispenser de changer de semence; ce qui est une économie pour le cultivateur. Il faut noter ici que , comme la graine de Lin est très-huileuse , elle s'altère êt se rancit rapidement, et ne peut être conservée plus d'une année lorsqu'on veut la faire servir de semence. Le Lin se sème comme le Blé, c'est-à-dire à la volée. Le terrain doit avoir été disposé par planches un peu bombées. La quantité moyenne de semence est d'environ vingt-cinq livres pour dix mille pieds carrés de terrain. On brise les mottes et on herse de même que dans la culture des Céréales.

Lorsque le jeune plant commence à pousser, il faut le sarcler avec soin et fréquemment , parce que , sans cette précaution , il serait bientôt

LIN 45t

étouffé par les mauvaises herbes , qui poussent avec plus de rapidité. Dans les temps de sécheresse et dans les localiiésoùcelaest possible, il n'est rien de plus avantageux que de pou voir arroser le Lin par le moyen des irrigations. Lorsque le Lin est parvenu à sa maturité, époque variable suivant les localités et le temps où a été fait le semis, et que l'on reconnaît au dessèchement des tiges et des feuilles et à l'ouverture spontanée des capsules , il faut commencer la récolle : celle-ci se fait en arrachant à la main et par poignées les tiges de Lin , dont on fait de petites boites qu'on laisse quelque temps sur le terrain , en avant soin de les placer debout ; mais il ne faut pas les y laisser trop long-temps, pour ne pas perdre la graine qui tombe des capsules enlr'ouvertes. Il faut battre ces tiges sur de grands draps; les graines se détachent trèsfacilement. Quelquefois on bat le sommet des tiges sur un banc, avec un maillet de bois , qui brise les capsules et met les graines à nu. Celte graine doit être ensuite vannée et c; iblée , pour la débarrasser de tous les fragmens de capsules qui y sont mélangés.

Les tiges du Lin doivent ê're rouies et préparées comme celles du Chanvre; on les fait ensuite sécher, et on les peigne pour obtenir la filasse.

Les graines de Lin sont fort usitées en médecine. Outre l'huile grasse qu'elles contiennent en abondance , ces graines renferment aussi un mucilage extrêmement visqueux et épais : leur décoction est éminemment émollicnte; elle convient dans tous les cas d'irritation interne et externe. On fait, avec ces graines réduites en farine, des cataplasmes émollicns très- fréquemment usités.

Pour extraire l'huile des graines, il faut d'abord attendre trois ou quatre mois , parce qu'on a remarqué qu'elle y était plus abondante au bout de ce temps qu'au moment où elles viennent d'être récollées ; on les passe ensuite à un moulin qui en extrait l'huile. Celle-ci est employée à dif-

43a LIN

férens usages ; ainsi , on peut s'en servir pour 1 éclairage. On l'emploie beaucoup dans la peinture à l'huile , parce qu'elle jouit de la propriété de se sécher assez rapidement.

Une autre espèce de Lin encore intéressante, c'est le Lin vivace ou Lin de Sibérie , Linutn perenne , L. Il ressemble beaucoup au précédent ; mais ses racines sont vivaces , et la partie inférieure de ses liges finit par devenir ligneuse. Celte espèce , originaire de la Sibérie , est cultivée , dit-on , en Suède et dans quelques parties de l'Allemagne ; mais , en France, on ne la. voit guère que dans les jardins. Cependant sa culture pourrait offrir de grands avantages ; car elle réussit tiès-bien dans les terres maigres et sablonneuses : Lullin de Châteauvieux l'a cullivée avec succès aux environs de Genève. Selon Bosc , la méthode la plus avantageuse serait de la placer par lignes et d'éloigner les touffes d'environ trois pieds les unes des autres. On pourrait planter entre chacune d'elles des Choux , desNavets, oud'aulres Légumes. On a remarqué que, lorsque le Lin végète à l'ombre , sa filasse est pl us fine ; néanmoins on prétend qu'elle ne vaut pas celle du Lin annuel. Quelques auteurs ont dit que le Lin de Sibérie ne dure que trois ans ; nous pouvons assurer qu'il en existait autrefois plusieurs pieds dans le jardin de la Faculté de médecine de Paris , qui ont duré plus de dix ans. ?

Il croît en France un assez grand nombre d'espèces de Lin , qui quel-

3 uefois offrent des fleurs très-grandes, 'une belle couleur jaune ou bleue :

tels sont , par exemple , le Lin campanule et le Lin de Narbonne. On cultive quelquefois dans les jardins une très-belle espèce , Linum trigynum, Bonpl. , Pl. rar. de Mal m. , 38 , t. 17. C'est un Arbuste assez élevé, originaire des Indes-Orientales. Sa tige est dressée, rameuse, ligneuse dans sa partie inférieure ; ses feuilles sont elliptiques et mucronées au sommet; ses fleurs sont jaunes, trèsgrandes , groupées à l'aisselle des

LIN

feuilles. Celte espèce se cultive dans la serre.

A l'exemple de Gmelin , les botanistes modernes fout un genre distinct du Linum Radiola, L. , sous le nom de Radiola. V. ce mot. (a.r.)

On a quelquefois étendu le nom de Lin à des Plantes qui n'appartiennent pas à ce genre, et même à des êtres qui ne sont pas du domaine de la Botanique ; ainsi l'on a appelé :

Lin d'Amérique , V Agave americana , L.

Lin étoile, le Lysimachia Stella ta , L.

Lin incombustible , l'Asbeste ou Amianthe.

Lin de Lierre ou maudit , la Cuscute.

Lin de Marais ou de Prés , les L inaigrettes.

Lin maritime ou de Mer, des Fucus et des Confei ves.

Lin sauvage, M Anthininum Pelisserianuiç. (b.)

LIN DE LA NOUVELLE-ZÉ- LANDE, bot. ehan. Nom vulgaire du Phormium tenax. V. Phormion.

LINACÉES. Linaceœ. bot. pean.

Petite famille de Plantes qui s e compose du seul genre Linum de Linné, auparavant placé dans la famille des Caryophyllées. Ce petit groupe se distingue par les caractères suivans :

son calice est persistant , à trois , quatre ou ciuq divisions profondes , imbriquées latéralement. La corolle se compose de quatre à cinq pétales onguiculés à leur base , tordus en spirale avant l'épanouissement de la fleur. Les étamines , au nombre de quatre à cinq, sont monadelphes à la base de leurs filets , entre chacun desquels on trouve assez souvent un petit appendice subulé , qui semble être un filet d'étamine avortée. Les anthères sont a deux loges introrses, s'ouvrant par une suture longitudinale , el attachées presque par leur base. L'ovaire est globuleux, sessile, à six , huit ou dix loges , dont

LIN

la moitié sont séparées par des cloisons incomplètes partant de l'axe central , mais n'atteignant pas jusqu'aux parois: chaque loge contient un seul ovule suspendu. Le fruit est une capsule globuleuse , souvent terminée par une petite pointe formée par la base du style : celte capsule offre autant de loges monospermes que l'ovaire ; elle s'ouvre , par son sommet , en quatre ou cinq valves ,

3ui se partagent ensuite chacune en eux. Les graines sont, en général , lisses et luisantes ; leur tégument pioprc est légèrement charnu à. sa face interne, et recouvre un embryon avant la même direct ion que la graine, c est-à-dire dont la radicule correspond au hile.

Les Linacées , qui sont des Plantes herbacées , annuelles ou vivaces, ou de petits Arbustes a feuilles alternes , excepté dans une seule espèce {Ijinum catharticurn , L.) , se distinguent surtout des Caryophyilées , qui ont les feuilles opposées, par la structure de leur ovaire et de leur capsule , cl par leurs graines dépourvues d'endosperme. Celte petite famille forme eu i quelque sorte le passage entre les < Caryophy liées , les iMalvacées et les i Géraniacées. (a. n.)

LINAGROSÏIS. rot. phan. Syn.

d'Eriophore. A', ce mot. (B.)

LINAIGRETTE bot. ru an. Quelques botanistes français ont employé iiie nom pour désigner le genre Ëfïd- Iphore. V. ce mot. (b.)

LIN .VIRE. Linaria. bot. m an.

(Ce génie de la famille des Scrophullariuées et de la Didynamie Angiojspermie, L. , fut établi par Tourne- Ifort, et léuni par Linné aux slntirir/iinurn. Con.-tilué de nouveau par Hous les botanistes modernes , il présente les caractères suivans : calice lirrégulier , à cinq divisions; corolle tpersonnéc, munie d'un éperon à la lbase; limbe bilabié, la lèvre supéirieuic bifide, lélléchie, l'inférieure itrilide; la gorge fermée par le palais (partie moyenne de la lèvre supérieure); quatre élamines didy naines,

Page 1