‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource]Chapitre 175 sur 232 · LUS · texte numérisé non relu

LUS

à'Etatine, un genre aux dépens des Linaircs , et dont le L. Elatine est le type. Ce genre n'a pas été adopté.

LINARIA ois. Nom scientifique du Sizcrin. V. Gros-Bec. (b.)

* LINCK.IE. Linckia. bot. cryft.

( Chaodinées. ) Le nom de Linckia avait été imposé par Micheli aux Nostochs, quand ce savant sentit qu'on devait les séparer des ïremelles. Mais Vaucher ayant adopté un nom spécifique donné par Linné pour nom générique, celui de Micheli se trouvait sans emploi. Les algologues modernes l'ont appliqué à des Plantes dont les filamens simples, terminés en pointe cilifèrc, partant et divergeant d'un centre commun, sont ou du moins paraissent inarticulés, marqués tout au plus de macules , de forme irrégulière dans leur intérieur, et formant, au milieu du mucus qui les environne, des corps hémisphériques et irréguliers , gélalineux, mais d'une certaine solidité. Les Linckies ont de grands rapports~avec les Chœtophores, et n'en diffèrent que parce que leurs filamens ne sont pas rameux , et que des articulations n'y sont pas distinctes. Peut-être ces caractères ne sont-ils pas réels, et de meilleurs instrumens que ceux que nous possédons pourraient un jour les faire disparaître. De Candolle en faisait des Batrachospermes. Lyngby e, qui est cependant un observateur exact , a , malgré les caractères imposés par lui-même au genre dont il est question , compris parmi les espèces qu'il y admet des Plantes qui ne peuvent y demeurer. Telles sont ses Linckia Zosterœ, ceramicola et puncliformis , trop visiblement articulées pour n'être pas des Chœtophores. V. ce mot.

Nous citerons comme exemple les espèces suivantes : Linckia atra , Lyngb. , Tent. , p. ig5 , t. 67 , d. 1 , 2, 3, 4; Linckia piridis , Lyngb., loc. cit. , t.. 67 , d. 5 , 6 , 7 , toutes deux parasites des Céramiaires dans les eaux de la mer; et le Linckia

LIN

dura , Lyngb. , l0c. cit. , p. 1 97 , t. 67, qui habite les eaux douces.

Les deux Plantes que Lyngbye regarde comme des variétés de" cette dernière sont évidemment des espèces que nous avons examinées et caractérisées, (b.)

LINCONIE. Linconia. bot. phan.

Genre de la Penlandrie Digynie , établi par Linné {Mant. , p. 147), dont la place est encore incertaine dans la série des ordres naturels , mais que De Candolle [Prodr. Syst. 2, p. nb) rapproche de la famille des Bruniacées. Voici ses caractères : l'ovaire est infère , couronné par le limbe du calice qui est à cinq dents obtuses; la corolle se compose de cinq pétales concaves, persislans , insérés au sommet du tube du calice et alternant avec ses dents; les cinq élamines sont persistantes et placées entre les pétales; l'ovaire est à deux loges contenant chacune deux ovules; il est surmonté de deux styles filiformes, divergens, et devient un fruit composé de deux coques membraneuses, monospermes, terminées par les styles persistons , ets'ouvrant par leur côté interne; les graines sont ovoïdes.

Les espèces de ce genre sont peu nombreuses ; ce sont de petits Arbustes, ayant le port des Bruyères, des feuilles roides, subulées et comme verticillées , et des fleurs agrégées.

Ce genre, dont Swartz a le mieux fait connaître l'organisation , se rapproche beaucoup du genre Staavia. Des quatre espèces qui le composent, trois croissent au cap de Bonne-Espérance, savoir : Linconia alopecuroidea, L. ; L. thymifolia , Sw.; et L. cuspidata. Ces deux dernières espèces avaient été placées parmi les Z?ioi/72aparThunberg. La quatrième, Linconia Pcruviana , Lamk. , qui croît au Pérou et dont on ne connaît pas le fruit, n'appartient probablement pas à ce genre. De Candolle présume qu'elle pourrait être une espèce du genre Margyricarpus.

LIN

LLNDÈRE. Lindera. bot. piian.

Thunberg {Flor. Japon., p. i45, 1.

21) a établi ce genre qui appartient à l'iiexandiic iMonogynie , L., mais dont les caractères n'ont pas été assez bien établis pour qu'on ait pu le placer convenablement dans la série des ordres naturels. La seule espèce dont il se compose a été nommée par Thunberg Lindera umbellalal Cest un Arbrisseau dont la tige est garnie de rameaux alternes , (lexueux , glabres , très-étalés ; les feuilles ramassées au sommet des rameaux sont pétiolées, ovales-oblongues, pointues, entières , vertes et glabres en dessus , velues et pâles en dessous. Les fleurs sont petites et disposées en ombelles simples , solitaires et terminales; chacune de ces fleurs est dépourvue de calice ; la corolle est à six pétales obtus et jaunâtres ; les six étarnines ont leurs filets insérés sur l'ovaire et plus courts que la corolle; l'ovaire 1 est supèie , ovale, glabre, surmonté 1 d'un style droit à deux stigmates réflécbis ; le fruit est capsulaire et à • deux loges. Cet Arbrisseau croît au .Japon sur le mont Fukonna , où il : fleurit dans les mois d'avril et mai. Les Japonais le nomment Kuronosji, 1 et fabriquent avec, son bois des bios- :Scs molles pour se nettoyer les dénis.

Adanson avait donné le nom de .Lindera à un genre d'Ombcllifères , 1 formé sur le Myrrhis daucaides de IMorisonou Chœrophyllum colorait/ m (de Linné. (G..N.)

LINDERNIE. Lindernia. bot.

iniAN. Ce genre de la famille des iScropbularinécs , et de la Didynamie : Angiospermie , L. , est ainsi caractterisé : calice à ciu,q divisions pres- ■ qu'égides; corolle tubuleuse, à deux Ucvics, dont la supérieure est trèsrcourtc et échaucrée , l'inférieure tri- Ifide ; quatre étarnines didynames, 'dont les deux inférieures ont le filet 'denté et plus long que l'anthère ; 'Style unique surmonté d'un stigmate ééchancré; capsule biloculaire, à deux tyalves séparées par une cloison parallèle et portant un grand nombre

LIN 45 :i

de graines. Ces caractères , qui ont été tracés par Linné et modifiés par Jussieu , ne conviennent absolument qu'au Lindernia pyxidaria, petite Plante à feuilles opposées et à fleurs axillaires, qui croît dans les localités aquatiques de certaines contrées d' Europe et de l' Améi ique seplcn t rionale. H. Brown ( P/vdr. Fl. Nov.llolland. , p. 44o ) a fait entrer dans ce genre trois espèces de la INouvellellollande qui piésentent quelques différences dans la structure de la corolle, dont la lèvre supérieure est rétuse et l'inférieure bicarenée à la base , et dans les anthères qui sont soudées deux à deux. Il a exclu des Lindernia le L. diantliera de Swartz et le L. japonica de Thunberg. Depuis cette indication, Kunth [Nôv.

Gen. et Sp. Pl. œquin., n. il, p; 369) a réuni la fiante de Swartz au genre Herpestis. f. ce mot. (G..N.)

* LINDLEYE. Lindleya. bot.

PH&N. Genre de la famille des Rosacées , établi par Kuntb ( in Humb.

Nou. Gen., 6, p. i>5c)) et caractérisé ainsi : fleurs hermaphrodites; calice turbiné à la base; limbe à cinq divisions; corolle de cinq pétales insérés à la gorge du calice ; disque annulaire portant 1rs étarnines, également inséré à la gorge du calice ; étarnines au nombre de quinze à vingt, ayant les anthères lancéolées, biloculnifeè , recourbés brusquement à leur base; l'ovaire est libre et à cinq loges contenant chacune deux ovules collatéraux , fixés par un point un peu au-dessous de leur sommet, et pendans; les styles, au nombre de cinq, sont terminés par autant de stigmates renflés en massue; le fruit est une capsule recouverte par le calice, ovoïde, pentagone, ligneuse, à cinq sillons et à cinq loges s'ouvrart en cinq valves , portant chacune une des cloisons sur le milieu de lcitr face interne: chaque loge contient une ou deux graines , membraneuses et comme ailées sur leurs bords.

Ce genre est trè.,-voisin du Vauquelïllfà , autre genre nouveau établi

LIN

par noire savant collaborateur. Il forme en quelque sorte le passage entre les Spiréacées et les Pomacées, et se compose d'une seule espèce , Lindleya JfJespi/oides , Kuutli , /oc.

cit. , 6, p. 207, t. 562 bis. C'est un Arbre qui a le port de notre Pommier et qui est tiès-rameux. Ses feuilles sont épaises , simples , entières, crénelées , accompagnées de stipules péliolaires et géminées ; ses fleurs sont blanches, pédonculées, auxiliaires et solitaires vers le sommet des rameaux. Cet Arbre est très-commun au Mccique. On le trouve à une hauteur de onze cents toises au-dessus du niveau de la mer, et ses fleurs s'épanouissent en mai. (a.r.)

LINDPIDJI. bot. phan. Nom javanais d'une petite espèce de Palmier qui paraît être un /liera ,et qui croît dans quelques forêts de Java , particulièrement au canton presque désert et volcanique appelé Bagnia-Vaugi.

LINDSEE. Lindsœa. bot. crypt.

( l 'ou gères. ) Ce genre établi par Dryander dans le 5e volume des Transactions de la Société Linnéenne de Londres, a été décrit par Smith {in A et. Taurin. 5, p. 4i 3) et par la plupart des botanistes, avec les caractères suivans : sores disposés en une ligne continue et parallèle au bord de la fi onde ; incluse linéaire , continu , attaché du côté du disque , libre extérieurement. Ce genre avait été confondu anciennement avec les Adianlhum, dont les fructifications sont disposées en masses distinctes et sont couvertes /par des membranes lunulaires attachées au bord de la fronde, et qui s'ouvrent du côté du disque. On a décrit un nombre assez considérable d'espèces toutes indigènes des contrées intiatropicaies des deux continens. Plusieurs de celles qui ont servi de type p.our l'établissement du genre ont été publiées sous Je nom générique à! Adianthum , par Aublet, et croissent dans la Guianc ; telles sont les Lindsœa sagittata , falcata et Guiancnsis. Les autres ha-

LIN

bitcntprincipalemenlles Indes-Orientales, les îles de Frauce et de Mascareigne , la Nouvelle-Hollande , etc.

Leurs frondes ont des nervures qui partent de ia base des pinnules , et se bifurquent plusieurs fois , ou , en d'autres termes, qui sont plusieurs fois dichotomes. (g..n.)

LINE. MAM. V. EcUBEUlL COM- MUN. •

* LINÉAIRE, zool. rot. Cet adjectif s'emploie indifféremment en zoologie ou en botanique pour exprimer la figure en forme de ligne de quelque partie d'un Animal ou d'une Plante. On dit conséquemment d'une feuille qu'elle est linéaire. Ce mot est souvent devenu spécifique. (b.)

LINETTE. pois. L'un des noms vulgaires du Trigla Hirundo. V.

Trigle. (c.)

* LING. pois. L'un des noms de pays d'une variété allongée de Morue. V. Gade. (b.)

* LINGALINGAHAN. bot. phan.

(Camelli.) Probablement Y Acalypha spiciflora. (b.)

* LINGHIROUTS VAHON-RA- NOU. bot. ru an. (Flacourt.) Probablement un Agave ou un Aloës dont la racine passe pour un excellent vermifuge à Madagascar. (b.)

*LINGO. bot. phan. (Rochon.) Liane de Madagascar employée dans la teinture des pagnes. C'est probablement le Nauclea citrifolia de Lamarck. (b.)

LÎNGOUM. bot. phan. C'est le nom sous lequel Kumphius {Amb. , 2 , tab. 70 ) décrit le Pterocarpus Draco , Arbre d'oii découle le Sang Dragon, f. Ptérocarfe. (a.r.)

LINGUA CERVINA. bot. phan. bot. crypt. (Fougères.) V. Langue de Cerf. (b.)

LINGUARD et LINGUE, rots.

Nom vulgaire d'une Lotte et du Gade Morue. (b.)

L1NGD ATULE. Linguatula. int.

Genre de Vers intestinaux établi par

LIN

Fraëlich et adopté par Lamarck : il renferme quelques Animaux dont la tête est munie de plusieurs suçoirs.

Zeder, et après lui Rudolphi , oui appelé ce genre Polyslome. ff-, ce mot.

Schrank a également décrit sous le nom de Lingualula quelques Entozoaires que Rudolphi rapporte aux genres Filaire et Trichocéphale. y .

ces mots et Amulaire. (e. n..t.)

LINGUE, fois. y. Linguabd.

- LINGUELLE. Lingueila. moll.

C'est à Blainville que l'on doit rétablissement de ce genre, pour un Mollusque nu de l'ordre des Infér.ibranches, dansun mémoire donlou trouve l'extrait dans le Bulletin de la Société Philomatique , et reproduit en partie à 1'articleLiNGUF.Li.r.du Dictionnaire des Sciences Naturelles. Le seul Animal que Blainvdle ait observé est conservé dans la collection du Mn- , sé u m britannique. Ce sa vanta ca rac térisé ainsi le genre qu'il (orme actuellement : corps nu , ovale, très-déprimé, linguilorme; le manteau débor-

■ fiant le pied de toutes parts, si ce n'est antérieurement, ou la tête est à dé-

■ couvert et pourvue de deux paires de tentacules dont une supérieure et l'autre labiale; les organes de la

: respiration en forme de lamelles obliques, n'occupant que les deux tiers ] postérieurs du manteau ; l'anus inférieur est situé au tiers postérieur «lu

■ côté droit; l'orifice des organes de la (génération dans un même tubercule ;au tiers antérieur du même côté. Ce îgenre ne se compose jusqu'à présent «que d'une seule espèce. Blainville U'a nommée Lincuixle d'Ei.iout, .Lingueila Eljbrtiana ; elle est figurée i dans le douzième cahier des planches <du Dictionnaire des Sciences Naluirelles. Sa longueur est d'un pouce et (demi environ; elle est ovale, trèsi déprimée surtout eu arrière ; le pied «est un grand disque charnu qui oc- «cupe tout le ventre ; le manteau qui • est fort ample le déhorde tout autour ; «c'est sous le bord saillant et libre de c ce manteau que se trouvent les branichies, formées d'une série de lames

LIN 437

très-fines , serrées , obliques, qui ne commencent qu'au tiers antérieur du manteau ; la tète est très-grosse, cour- ' bée en dessus , placée entre le pied et le manteau où elle fait saillie ; elle est limitée en avant par une ligne demicirculaire; le manteau la recouvre en partie, mais il n'y adhère que sur la ligne médiane; de chaque côté de celte adhérence , se voit en avant un tentacule creux à son extrémité, comme pédiculé au-dessous et plus vers la bouche ; on voit de chaque côté un autre tentacule qui est labial ; la boucheovalaire , transverse , offre de gros plis couvergens; au-dessus se voit une lèvre épaisse , bombée dans la ligne médiane, finement denteléect comme festonnée Blainville n'ayant pu disséquer l'Animal , ou ignore s'il est pourvu de mâchoires , et on ne connaît lien de son organisation intérieure; cependant d'après la description ou est à même de fixer les rapports des Linguelles qui , quoique différentes pour plusieurs points des Phillidiens, doivent pourtant se placer non loin d'elles dans le système.

LINGCISDGES. Latreille désigne ainsi (Hist. Natltf. génér. et particulière des Ins. T. 11 , p. 107) une division de ses Insectes édcnlés dont l'exlrémitéde la lèvre inférieure forme une langue distincte. Cette division comprend les Hyménoptères. V. ce mol. (g.)

LliVGULE. Lingula. moi.l. Séba avait figuré depuis long-temps la Lingule complète avec son pédicule , mais il l'avait considérée comme une espèce d'Anatife; ce qui est cause, probablement, du peu d'attention que l'on donna à sa citation , car Linné et Gmelin après lui, n'ayant vu sans doute que des valves séparées de cette Coquille , en firent une Patelle. Rumphius , pai les mêmes motifs que Linné, se trompa également; il pensait que c'était l'osselet de quelque espèce de Limace , ce que Favanne avança aussi d'après lui. Chemnitz, qui vit la Coquille complète , la plaça

458 LLN

parmi les Piniics : il ignorait probablement l'existence du pédicule , sans quoi il n'aurait pas commis une pareille erreur, tiruguière fut le premier qui établit un genre particulier pour celte Coquille qui était restée long-temps incertaine entre des familles et des genres irès-différens.

Bruguièfè avait établi ce genre dans les planches de l'Encyclopédie, mais il ne put le caractériser, la mort l'ayant enlevé aux sciences avant qu'il eût pu achever son ouvrage. Ce fut Lamarck qui , lepremicr, caractérisa ce genre dans le Système des Animaux sans vertèbres. Cuvier , auquel nous empruntons la plupart de ces détails , lit l'anatomic de ces Mollusques , et les trouva si différons des autres Acéphales qu'il fit alors pressentir qu'il serait nécessaire d'en faire un ordre à part avec les Orbicules et le* Térébratulcs , ce que Lamarck ne tarda pas à réaliser dans sa Philosophie Zoologiquc en établissant la famille des Brachiopodes qu'il composa des trois genres que nous venons de mentionner. Félix de Roissy , dans le Buffon de Sonnini, suivit l'idée de Cuvier et de Lamarck, mais il alla plus loiu qu'eux en réunissant aux trois genres des Brachiopodes les Cirrhopodes des auteurs , c'est-à-dire les Anatifes, les Balanes, Coronules, etc., qui, certainement, s'en éloignent d'une manière notable. Lamarck , dans l'Extrait du Cours, laissa la famille des Brachiopodes composée telle qu'elle se trouvait clans la Philosophie Zoologique. Cuvier (Règne Animal) laissa également les Brachiopodes composés des mêmes genres.

Lamarck, dans son dernier ouvrage , n'apporta non plus aucun changement à la famille des Brachiopodes, et le genre Lingule la terminant , se trouve le dernier des Acéphales , et par conséquent sur la limite de ceuxci et des véritables Mollusques. Féj ussac, dans ses Tableaux Systématiques, proposa quelques changernens dans Jcs Brachiopodes ; il les distribua en plusieurs familles parce qu'il y joignit les genres Cranie ,

LIN

Thécidée et Magas; il aurait pu y réunir , ce nous semble , les Spiri-i féres de Sowerby. Blainville , dans son article Mollusque , du Dictionnaire des Sciences Naturelles , fit aussi de grands changemens dans -Celte famille. Outre les trois genres de Lamarck et de. Cuvier , ainsi que ceux admis par Férussac, on y trouve, à litre de divisions des Térébratules, les genres faits à leurs dépens par Sowerby, et, de plus, les genres Strophcmène deRafinesque, Plagiostome, Dianchoreel Podopside. Blainville , dans l'opinion où il est que les Lingules sont fort voisines des Patelles, quant aux points principaux de l'organisation , termine la classe des Céphalés par celles-ci, et commence la classe suivante , les Acéphales , par les Lingules, voulanl ainsi établir un passage presque insensible entre ces deux classes par ce rapprochement qui paraît singulier. La- Ueille , dans ses Familles Naturelles, a divisé les Brachiopodes en deux ordres et en plusieurs familles; dans le premier ordre , les Pédonculés, on trouve une première famille , les Équivalves , ne comprenant qu'un seul genre, qui est celui de la Lingule; la seconde famille , les Inéquivalves, se compose aussi d un seul genre, les Térébratules. Le second ordre , les Sessiles , ne renferme qu'une seule famille établie sous le nom de Fixivalves; elle se compose des genres Orbicule , Cranie , et avec doute , des genres Radiohte et Sphérulite. En examinant la famille des Ostracés du même auteur, on retrouve plusieurs dcsgenrcsqucBlaiuville avait fait entrer dans les Brachiopodes , tels que Producte , Podopside, Dianchore, Plagiostome; cette vacillation fait voir que ces genres ont besoin d'êlre examinés avec tout le soin nécessaire pour décider de leur véritable place. Blainville , qui a eu occasion d'observer l'Animal delà Lingule, au Muséum Britannique, ne se liouvcpas entièrement d'accord avec la description faite par Cuvien Le point le plus capital est ce qui est

LIN

relatif au cœur. Cuvier a reconnu deux de ces organes, et Blaiuville pense que ce que Cuvier a considéré comme deux coeurs, n'était autre chose que deux oreillettes qui aboutissaient à un ventricule médian qui donnait naissance à une artère-aoi te; ceci n'est, nous croyons, qu'une présomption foudée sur une analogie qui peut tromper. Il nous semble , comme le dit Blaiuville lui-même, que le fait est assez important pour avoir besoin d'être vérifié.

Nous ne pouvons entrer ici dans tous les détails anatomiques d'organisation des Lingules. Ces détails sont aujourd'hui connus de tout le monde , depuis la publication de l'excellent Mémoire de Cuvier , dans le premier volume des Annales du Muséum; nous y renvoyons avec toute la confiance que doivent inspirer les travaux d'un aussi célèbre zoologiste. Voici les caraclèrcs que l'on doit donner aujourd'hui à ce genre : coquille subéquivalve , aplatie , ovale , oblonguc , tronquée à son sommet, un peu en pointe à sa base, élevée sur un pédicule charnu , tendineux, fixé aux corps marins; charnière sans dents: Animal déprimé, ovale, un peu allongé , compris entre les deux lobes d'un manteau fendu dans toute sa moitié antérieure ou céphalique, et portant des branchies pectinées , adhérentes à la face interne; bouche simple, ayant de chaque côté un long appendice tentaculaire , cilié dans tout son bord externe, et se rétractant en spirale dans la coquille. On ne connaît encore qu'une seule espèce vivante de ce genre; il est rare de la rencontrer avec son pédicule qui est quelquefois fort long. Sowerby , dans son Minerai Concliology ,a rapporté à ce genre des Coquilles fossiles dont il a fait trois espèces, et qui pourraient bien n'être que des variétés d'une même espèce , comme l'observe très judicieusement Défiance. Il serait aussi possible que ces petites Coquilles, assez mal figurées, appartinssent au genre Moule, et fussent des espèces

LIN

jeunes ou dontJ.cs crochets seraient médians.

LlNGULE AXATINE, Lillgllla À ' HCl-

tina, Lamk. , Anim. fans vertèbres, T. yi, p. a58, n. 1 ; Séba , Mus. T. m, pl. 16, fig. 4; Patella uriguis , L., 1 5e édil. , u. g5 ; Cuvier , Annales du Mus. T. 1, p. 6g ; toute la planche qui est en regard; Éncyclop. Méth. , pl. s5o , fig. 1 , a , b, c.

Les espèces fossiles de Sowerby sont :

Lingule mytiloïoe , Lingula mytiluides. {Minerai Concliology , pl. 19, fig. 1,2.)

Lingule mince , Lingula tenuis , ib. , fig. 5.

Lingule ovale, Lingula oualis , ib. , pl. tu , fig. 4. (D..H.)

LINKIE. Linkia. bot. piian. Ce nom a été donné par Persoon (Enchiiid., 1 , p. 219) au genre Desfuntaiuia de U\ Flore du Pérou. Il existait, en effet, deux genres dédiés au célèbre professeur du Jardin du Roi , et admis sous les noms de J'onlanesia et de Louichea. y. ces mots. Celi.i qui fait le sujet de cet article a été placé dans la famille des Solanées et dans la Pentandrie Monogynie, L. ; on lui assigne les caractères suivans : calice à cinq divisions profondes , linéaires, lancéolées; corolle campanulée dontletubeestpentagone ; cinq étainincs à anthères sagjltées ; ovaire supère surmonté d'un seul style; baie à cinq loges polyspermes. L'espèce qui a servi de type à ce genre est le Linkia spinosa , Pcrs. , Uesjbnlainia spinosa , liuiz et Pavon , qui croît dans les grandes forêts du Pérou.

C'est un Arbrisseau de trois à quatre mètres de hauteur, très-rameux , à feuilles opposées, ovales, dentées, à Ileurs solitaires portées sur des pédoncules axillaires. Leshabitans du Pérou en forment des haies vives ; ses fleurs, d'une belle couleur rouge, lui donnent une certaine élégance.

Ses feuilles ont une saveur amère et teignent le papier en jaune. Une seconde espèce a été décrite et figurée par llumboldt et Bonpland (fiantes

44o LIN

équinoxiales , T. t, p. 1 57 , t. 45) sous le nom de Dcsfotilai/iia splendens.

Elle croît sur les hautes montagnes du Pérou. (o. n.)

LINLIBRtSIN. bot. I'h.vn. Même chose que Julibrisin. F[. cemot. (b.)

LINNEE.Z//«rtœrz. bot. ph an. Genre de Plantes dédié par Gronovius à l'immortel auteur du Syste/na Naturœ. Ce géni e fait partie de la famille des Caprifoliacées et de la Pentandrie Monogynie, L. 11 se compose d'une seule espèce , Lmnœa borealis , L.

C'est une petite mais élégante Plante vivace , ou plutôt un petit Arbuste rampant et étalé sur le sol. Sa tige est très-grêle, cylindrique, rameuse, assez longue, étalée; ses rameaux .•-ont reiiressés , velus, ainsi que la tige , les feuilles , et en général toutes les parties vertes de la Plante. Les feuilles sont opposées , courtement pétiolées, ovales ou elliptiques, dentées seulement vers leur partie supérieure, d'un vert clair. Les fleurs sont placées au sommet des rameaux qui s'allongent et sont nus, dans leurs trois quarts supérieurs; ils se divisent supérieurement en deux pédoncules grêles, terminés chacun par uneseule fleur. A. la base des deux pédoncules on trouve deux petites bractées subulées et opposées, l.e calice est adhérent avec l'ovaire. Son limbe se composi?

de cinq divisions linéaires , dressées.

La corolle est monopétale , en cloche allongée , à cinq lobes oblus ; les étamines , au nombre de quatre, sont incluses et un peu inégales. L'ovaire , qui offre trois loges , contenant chacune deux ovules suspendus , est surmonté d'un stigmate un peu renflé et à trois lobes peu marqués. Le fruit est une petite baie globuleuse, couronnée par le limbe du calice.

Cette petite Plante , d'un port charmant, croît dans toutes les régions boréales de l'Ancien et du Nouveau- Continent. On la trouve dans les Alpes; elle est très- commune en Allemagne; elle vient également dans l'Amérique septentrionale, aux îles Aleutiennes , au Kamtschatka, en

LIN

Sibérie , etc. On la cultive dans les jardins de botanique, mais on l'y conserve difficilement. (a. h..)

LINOCARPUM. bot. than. Miçheli (Gênera, t. 21) donuait ce nom générique à une Plante que Linné réunit aux Linum , mais que les botanistes modernes regardent comme un genre distinct , sous le nom de liadiola , qui lui avait été imposé par Rai. V. Radiole. (g..N.)

LINOÇIERA. bot. rn.AN. Genre de la famille des Jasininées et de la Diandrie Monogynie , L. , établi par Vahl (Enumer., 1 , p. 46) qui l'a ainsi caractérisé : calice à quatre dents ; corolle à quatre pétales ; deux étamines à anthères sessiles ; ovaire supérieur surmonté d'un seul style; baie sèche, à deux loges monospermes. Ce genre a été décrit par Swartz dans sou Frodromus sous le nom de Thouinia , qui ayant été appliqué à d'autres Plantes, n'a pu être conservé pour le genre dont d est ici question. Jussieu et Lamarck le regardent comme congénère du Chionanthus, avec lequel il n'offre qu'une légère différence dans le fruit. lise compose de trois ou quatre espèces indigènes des Antilles et des Indes-Orientales.

Celles qu'on doit considérer comme types sont : i° Linoçiera liguatrina , Vahl, ou Tàoui/iia ligustrina, Swartz, Prodr. C'est un Arbrisseau qui croit dans les lieux arides de la Jamaïque.

On dit que celte espèce a été également trouvée à la Nouvelle-Hollande. 20. Linoçiera latifulia , Vahl et Gaertn. fils, Carpol., l. 216 ; Chiunantkus domingensis , Lamarck. Elle habite l'île de Saint-Domingue.

LINODESMON. bot. fhan. 'Gesner.j Syn. de Cuscute. V. ce mot.

LINODRYS- bot. pfia-n. (Dioscoride. ; C'est-à-dire Lin-Chéne. Une Germandiée qui pourrait bien être le Teucrium Charnœdrys des botanistes modernes. {n.)

LINOIDES. bot. niAN. (Dillen.) Syn. de Lintirn Radiola, L. (b.)

LIN

LINOPHYLLUM. isot. phan. Nom donné par les botanisles anciens à plusieurs Plantes dont les feuilles étroites rappelaient celles de quelques espèces de Lin ; tel est le Thesium Linophyllum , L. , etc. (a. n.)

LINOSOSTIS. bot. ph an. Même chose qu'Hermubotane. V. ce mol.

tu.)

LINOSPARTUM. bot. phan. Ce nom, appliqué par les anciens au Stipa ienacissima , est donné par Adanson au Lygeum Sparlurn , L.

LINOSÏRIS. bot. phan. Espèce du genre Chrysocome. f. ce mot.

LINOTTE, ois. L'une des espèces les pjus communes du genre Gros- Bec , qui s'élève fort bien en domesticité , et dont les chants sont presque aussi agréables que ceux du Serin. V . Gros-Bec. On appelle Linotte plusieurs autres espèces du même genre. (n.)

LINSCOTSIA. bot. phan. (Adanson.) Syn. du genre Limeum de But'— mann et Linné, f. LimÉoLE. (g..N.)

LINSENERZ. min. C'est-à-dire Minerai lenticulaire. Nom donné par Blumenbach au Fer hydraté globuliforme, et par Werncr au Cuivre aiséuiaté en octaèdres obtus, (g. tel.)

LINTERNUM. mot. phan. (Cœsalpin.) Syn. d'Alaterne. f. ce mot.

LINTHURIE. Unthuris. moix.

Montfort, dans la Conchyliologie systématique , T. i , p. a54 , propose sous ce nom un genre de Coquilles cloisonnées dont il a donné la figure à sa manière, c'est-à-dire avec des additions, et qui ne peut raisonnablement se rapporter qu'au genre Cristellairc de Lamarck. F. ce mot.

LINLM. bot. phan. f. Lin.

LINÏPHIE. Linyphia. auachn.

Genre de l'ordre des Pulmonaires , famille des Aranéides, section des Dipneumones , tribu des Orbitèlrs ,

LIN 4ii

établi par Latreille, et ayant pour caractères : mâchoires carrées , droites , presque de la même largeur ; yeux disposés de la manière suivante:

quatre au milieu, formanlun trapèze dont le côté postérieur plus large est occupé par deux yeux beaucoup plus gros et plus écartés ; les quatre autres groupés par paires; une de chaque côté, et dans une direction oblique.

Ces Arachnides diffèrent des P/iolcus par les yeux et par la forme du corps ; elles s'éloignent des Ulobores par les quatre yeux de devant qui sont placés à intervalles égaux dans ces dernières ; enfin, des caractères de la même valeur les distinguent des Tétragnathes et des Epeïres. Les Linyphies vivent sur les buissons , les Genévriers , les Pins ou bien les fenêtres et les coins de murailles; ellss y construisent une toile horizontale pendue entre les branches , si c'est sur un arbre, minre et dont l'étendue varie à raison de la proximité ou de l'éloignement des points d'attache. Pour la maintenir parfaitement horizontale , elles tendent par dessus des fils perpendiculaires et obliques qu'elles fixent aux lieux environnans. L'Animal se tient ordinairement au milieu de sa toile, dans une position renversée, ayant le ventre en haut; un Insecte a-t-il le malheur de se laisser engager dans ce filet , la propriétaireaccourt , le perce avec ses mandibules à travers la toile, et ensuite y fait une déchirure afin de le faire passer et de le sucer , ce qu'elle fait sans l'envelopper de soie , l'Insecte étant mort ou affaibli par l'effet «lu venin. Les mâles ressemblent si peu à leurs femelles qu'on ne les croirait pas de la même espèce ; ils se trouvent toujours placés dans la même toile que les femelles, pendant le mois de septembre; leurs pales sont beaucoup plus grêles et plus allongées; leur abdomen est aussi beaucoup plus long ; leurs palpes sont terminés par uu gros bouton qui se sépare en deux quand on le presse , et présente deux pièces r ullcuses en forme de valves de Coquilles, du mi-

44a LIN

lieu desquelles on voit sortir d'autres pièces; on y remarque surtout des pièces eu forme de crochet et un tuyau court et annelé. Les mâles sont bien plus heureux que ceux des Epeïres et des autres Araignées , puisque , d'après Degéer, ils sont reçus par leurs femelles qui ne font aucun mouvement qui puisse leur donner sujet de craindre potir leurs jours. Les deux sexes, au moment de l'accouplement, sont dans une position renversée, le ventre de l'un vis-à-vis le tliorax de l'autre; ils entrelacent leurs pâtes , et le mâle introduit le bouton de l'extrémité de ses palpes dans l'ouverture sexuelle de la femelle, et l'y laisse une ou deux minutes; puis le relire et recommence le même jeu avec ses deux palpes alternativement. Pendant tout ce temps, son ven tre a un mouvement de vibration. A l'époque de la ponte, le ventre des femelles grossit beaucoup; le cocon dans lequel elles mettent leurs œufs est composée d'une soie lâche; elles le placent auprès de leur toile; les œufs sont d'un rougeâtre tirant sur le jaune; ils ne sont point agglutinés entre eux. Ce genre se compose de plusieurs espèces. La principale et crlle qui a fourni à Degéer les observa lions que nous venons de rapporter , est :

La LlNYPHIE TRIANGULAIRE, Li-

nyphia triangularis , Latr. , Walck.

(Hist. des Aranéides , fasc. 5 , tab. 9 , la femelle); // ranea resupina sylvestris, Degéer. Les yeux sont placés sur des taches noires; le tronc est d'un brun roussâtre clair , avec trois lignes noires; l'abdomen est ovale, court ou presque globuleux, avec une bande brune , marquée de petites taches blanches, découpée sur les bords le long du milieu du dos; elle est longue de six à sept millimètres , et fait son nid dans les bois.

Elle est fort commune à Paris, au bois de Boulogne. (g.)

* LINZA. bot. crypt. (Hydrophytes.) Espèce du genre Ulve. V. ce mot. (E0

* LINZE. polyp. Guettard ( Mém.

T. iv, p. i4o) nous dit que « c'est un genre de corps marins composé de fibres longitudinales qui se ramifient et forment par leurs ramifications des mailles ; qui est membraneux et parsemé de petits trous visibles seulement à la loupe. »-Il n'a pas été adopté par les naturalistes. (e. d..l.)

LION. mam. Espèce du genreChat.

V. ce mot. On a étendu le nom de ce Carnassier , qualifié de roi des Animaux , à un Lézard, à un Crustacé de la Méditerranée du genre Galathœa , au Couguar qu'on appelait Lion d'Amérique, au Miriméléon (Lion des Fourmis), au P/wca julata (Lion marin) , aux larves des Hémérobes (Lion des Pucerons) , etc. (b.)

LIONCEAU, mam. Les jeunes Lions des deux sexes. (b.)

LION DENT. Leontodon. bot.

piian Ce genre , de la famille des Synanthérées , Chicoracées de Jussieu , et de la Syngénésie égale , L. , présente les caractères suivans : involucre campnnulé, composé de folioles inégales, irrégulièrement imbriquées, appliquées , oblongues ou lancéolées; réceptacle marqué de petites fossettes plus ou moins profondes ; calathide formée de demi fleurons en languettes, nombreux et hermaphrodites; akènes oblongs , surmontés d'un bourrplet et d'une aigrette composée de paillettes et de poils soyeux. Linné réunissait à ce genre le Taraxacum , que Tournefort en avait séparé et qui en a été de nouveau démembré par les botanistes modernes.

Le nombre des espèces de Liondents s'élève à plus de quinze , parmi lesquelles nous citerons comme les plus communes en France les Leontodon autumnale , L. hastile et L. hispidum de Linné. Presque toutes sont indigènes de l'Europe et surtout de la région méditerranéenne. (g..n.)

LIONNE, mam. La femelle du Lion. V. ce mot et Chat. (b.)

* LIOPHLÉE. ins. Genre de l'ordre des Coléoptères , tribu des Curcu-

lioniles , établi par Lalrcille (Fani.

Nul. du KègD. Anim.) el dont nous ne connaissons pas les caractères. (G.)

LIORHYNQUE. Liorhynchus. int.

Genre de l'ordre des Némaloïdes. Caractères : corps élastique , cylindrique ; tète dépourvue de tubercules, munie d'une trompe rétraclile et lisse. Ce genre , établi par Rudolplii , ne renferme que trois espèces dont deux sont imparfaitement connues, peut-être même devrait-il cire supprimé ou au moins rétabli avec d'aulres caraclèies. Dans son Synopsis, Rmlolplii ne se dissimule point que ce genre est très-artificiel ; il n'a pas jugé à propos cependant de rien changer à ce qu'il avait institué dans l'Histoire des Entozoaires : la plupart des auteurs l'ont adopté tel qu'il est; nous suivrons son exemple. L'Animal sur lequel ce genre a d'abord élé fondé est un petit Nérnatoïd'e long de deux ou trois lignes el pas plus gros qu'un cheveu ; Rudolphi l'a trouvé une Seule fois et en abondance dans les intestins grêles d'un Blaireau ; personne ne l'a retrouvé depuis. Tout ce qu'il put observer, c'est que cet Animalcule avait un intestin de couleur noirâtre et que sa tête était munie d'une trompe courte et lisse qu'il faisait rentrer et sortir , et au moyen de laquelle il se fixait aux villosités des intestins. lia rapporté à ce genre un autre Ver trouvé dans l'estomac d'un Phoque et décrit avec peu de détails, comme un Ascaride, par Millier et Fabricius. Gmelin etZeder en ont fait un Eehinorhynque. Il est douteux à quel genre il appai tient véritablement. Enfin Rudolphi rapporte encore aux Liorhynqucs un Ver trouvé par Zcder dans l'estomac de l'Anguille. Ce dernier auleur le nomma d'abord Coezia inermis , ensuite Cochlus inermis, et la description qu'il en a donnée est loin d'être exacte.

Celle qu'en a donnée Rudolphi dans le Synopsis (p. 307) est beaucoup meilleure ; il regrette de n'avoir pu observer ce Ver vivant. Nous l'avons trouvé deux fois et en abondance

dans l'estomac d'Anguilles pêcbées dans l'Orne; nous l'avons observé vivant; ayant étudié son organisation autant qu'a pu le permettre la délicatesse de ces Animaux , nous pouvons ainsi ajouter quelques observations à celles de Rudolphi. Les plus grands que nous ayons vus ont un pouce de longueur et leur diamètre égale celui d'un fil de grosseur moyenne ; ils sont blancs , rigides et difficiles à casser; leur grosseur est à peu près égale dans toute leur étendue; ils sont néanmoins un peu atténués à leurs extrémités. La peau est couverte d'anneaux nombreux , très-finement et très -élégamment dcnticulés en arrière ; dans les quatre cinquièmes postérieurs de l'Animal , lesanneaux forment à peine une saillie sur la peau , mais en avant oii ils sont plus écartés et moins nombreux, ils sont beaucoup plus saillans et leurs denliculcs plus évidentes; ils jouissent également d'une plus grande mobilité. Lors des mouvemens de l'Animal, on les voit s'écarter et se rapprocher continuellement. Ils forment des anneaux complets et non des tours de spirale, comme l'a cru Zeder, qui pour cela avait nommé ce Ver Coc/dus. Nous n'avons pu découvrir de fibres musculaires dans l'enveloppe cutanée; mais l'analogie de mouvement et de ressemblance avec les autres iNématoïdes ne permet pas de douter qu'il n'existe deux plans de fibres , un extérieur transversal , l'autre sous-jacent et longitudinal.

Au-devant du premier anneau antérieur se trouve la tête ou si l'on veut la trompe. Elle est de forme conique , tout- à-fait lisse , nue et trèsmobile; on la voit s'allonger en pain de sucre ou se raccourcir et prendre une forme hémisphérique; mais elle ne rentre point dans le corps comme la trompe des Lchinorhynque- ; elle n'est point rétraclile , mais seulement contractile. La bouche , très-petite ouverture arrondie, punctiforme , située à l'extrémité antérieure de la tète, n'a point de lèvres, comme l'a cru Zeder et après lui

Rudolphi. La queue des femelles est droite et terminée par une papille très-aiguë ; celle des mâles est roulée en spirale et son extrémité est plus obtuse. L'inlestin s'étend sans courbures delà bouche à l'anus; il est d'abord très-étroit et dans la partie antérieure de la cavité vésicale que les organes génitaux ne remplissent

fioint; il ne paraît point adhérent; on e voit suivre les mouvemens de la tête; il s'élargitensuileetvient, après s'être rétréci de nouveau, se terminer à l'anus , petileouverture transversale placée à peu de dislance de l'extrémité postérieure. Les înàles sont moins longs que les femelles, et , toutes proportions gardées , beaucoup plus grêles. La verge (apiculum) est unique, courbée, longue, cylindrique , et sort à une très-petite distance de l'extrémité postérieure; nous n'avons pu distinguer si c'est par l'anus ou par une ouverture particulière.

Nous n'avons pu voir non plus les replis de la peau en forme d'ailes que Rudolphi dit exister sur les parlieslatérales de la queue et entre lesquels la verge ferait saillie. Nous n'avons rien aperçu qui pût en faire soupçonner l'existence, et cependant nous avons «xaminé au moins une vingtaine de mâles. L'orgnne génital mâleextéi ieur se compose d'une vésicule séminale peu longue et d'un conduit préparateur plus gros que la vésicule à son origine et qui finit en s'aminci ssant d'une manière insensible. Ces deux parties se distinguent l'une de l'autre par un rétrécissement très-prononcé; réunis, ils ont à peine deux fois la longueur de l'Animal et forment plusieurs replis autour de l'intestin. Les organes génitaux de la femelle sont disposés comme dans tous les Nématoïdes. Nous n'avons pu apercevoir extérieurement de valve ; elle est sans doute cachée par le repli d'un des anneaux, mais en ouvrant l'Animal et en suivant les ovaires, nous les avons vus se réunir pour former l'utérus qui se termine par ùri vagin assez long; ces deux derniers organes spjjt toujours situés dans la partie

antérieure de la cavité viscérale. Nous n'avons pu voir encore à quel point le vagin aboutit intérieurement, car il s'est toujours trouvé détaché dans les manœuvres que nous avons faites pour ouvrir;, au moyen d'uneaiguille éinoussée , la peau qui est fort résistante. Les ovaires sont très - blancs , assez gros , et d'une dimension égale dans les deux tiers de leur étendue , puis ils se rétrécissent subitement et se terminent par un conduit filiforme , excessivement ténu ; leur longueur égale à peu près trois fois celle de l'Animal; ils ne diffèrent point pour la forme des ovaires des Fil aires. Les œufs sont elliptiques , transparens sur leurs bords et marqués d'une grande tache opaque dans leur milieu. Les espèces rapportées à ce genre sont les Liorhy nckus truncatus , gracilescens et denticulatus. (e.d..i..j

LIOU-LÏOU. ins. A Cayenne on donne ce nom à un Insecte de la famille des Cicadaires. (g.J

* LIPALITHE. min. Nom donné parLenz à une variété de (quartz qui se rapproche de la Calcédoine ou du Silex pyromaque (John, Recherches chimiques, T. IV, p. 190). (g.dkl.)

LIPARE. Liparus. ins. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Tétramères, famille des Rhynchophores , tribu des Charansonites de Latreille (Familles Naturelles du Règne Animal), établi par Olivier et ayant pour caractères : massue des antennes de quatre articles commençant au huitième ; menton proportionnellement plus grand que dans les genres Charansou , Brachyrhine , Brachycère , etc. Museau, trompe libre ou non reçue dans un sillon ou enfoncement du présternum ; point de pieds sauteurs: jamais de forts crochets aux jambes ; pénultième article des tarses bilobé ; antennes coudées. Ces Insectes se distinguent des Brachyrhines, des Rhynchènes, etc., par des caractères tirés de la forme des antennes et du nombre d'articles qui forment la massue ; ils s'éloignent des Bronchua et des Vlinthcs en ce

LIP

iquc ceux-ci ont la massue des anfen- ■ ncs composée de trois articles. Les ILipares vivent presque toujours à l terre; leurs mœurs ne sont pas encoire bien connues ; Dejéan ( Cat. des (Col. , p. 88j mentionne neuf espèces ide ce genre aui sont toutes propres à I l'Europe; celle qui est la plus comunune à Paris et qui sert de type au I genre , est :

Le Lipahf. germain, L. germanus,0\\\. (Col. T. v, Û. 83, pl. 3a, : fig. 4g5, et pl. 4 , fig. 43;. Très-noir ; i corselet pointillé, marqué de deux ] points d'un gris fauve, formés par des ! poils; élytres chagrinées, réunies, tantôt sans taches, tantôt mouchetées de roussâtre; cuisses plus ou moins dentées. On le trouve au pied i des murs dans l'herbe. (G.)

* LIPAREA. bot. phan. (Théophraste. ) Syn. de Colutea arborescens , L. V. DAGTJENAUDIER. (B.)

LIPAREiNA. bot. piiAN.fPoitcau.) Syn. de Drypètes. f?» ce mot. (b.)

L IPARI E. Liparia. bot. phan.

Genre de Plantes de la famille des Légumineuses , et de la Diadelphie Décandrie, L. , établi par Linné (Mant., î 56) , mais qui a été modifié par De Candolle (Frodr. , a, p. 121) qui l'a caractérisé de la manière suivante : le calice a son tube court , son limbe à cinq lobes, dont quatre supérieur lancéolés, aigus, presque égaux, et un inférieur très-long, elliptique et pëtaloïde. La corolle est glabre; l'étendard est ovale-oblong; les ailes allongées, l'une recouvrant l'autre avant leur épanouissement ; la carène est droite, aiguë et étroite ; les étamines diadelphes ; l'ovaire sessile est très-court ; le styie filiforme. La gousse est ovoïde et contient un petit nombre de graines.

Ce genre, ainsi caractérisé, ne renferme plus qu'une seule espèce, Liparia sphœrica, L. (Mant., 268), pincée par Lamarck parmi les Boibonia.

C'est un Arbuste originaire du Cap , glabre dans toutes ses parties , à l'exception des pédicelles et de l'ovaire qui sont très-velus. Ses feuilles sont

LIP 445

lancéolées , aiguës et piquantes à leur sommet, très - entières , marquées il'uti grand nombre de nervures et dépouvues de stipules. Ses fleurs, d'un jaune orangé, forment un capitule globuleux.

Les autres espèces placées par Linné dans ce genre n'en oÛïent pas les caractères. Le professeur De Candolle en a fait un genre particulier qu'il a nommé Priestleya. F. ce mot.

LIPARIS. pois. Espèce du genre Cycloplère. V. ce mot. (b.)

LIPARIS. Liparis. ins. Ce nom a été donné par Ochsenheimer à un genre de Lépidoptères qu'il a formé avec les Arctia Monac/ia , dispar, Salicis , C/irysorr/iœa , aurifîua , etc. P '. AncriE. (g.)

* LIPARIS. Liparis. bot. phan.

Genre de la famille des Orchidées et de la Gynandi ie Monandrie , L. , proposé par le professeur Richard dans son travail sur les Orchidées. d'Europe , et adopté par J. Lindley {Bot.

Regist. , 882). Ce genre a été formé aux dépens des Ma/axis, et a pour type le Malaxis Loese/ii de Swailz. Voici ses caractères : le calice est étalé ; le Libelle est supérieur , sessile, entier, un peu creusé en gouttière; le gynostènte est allongé, recourbé, membraneux sur ses bords dans sa partie supérieure ; l'anthère est leiminale , operculée , conieuant deux masses polliniqiies solides , ovoïdes , partagées en deux par un sillon longitudinal. Ce genre diffère surtout du Malaxis par son gynostème allongé et membraneux sur ses bords, et par ses masses polliniques divisées. Outre le Malaxis Loesclii , on doit encore y rapporter les espèces suivantes : Malaxis liliifolia, M. Jlavescens , Du Petit-Thouars; M . purpurascens , Du Petit-Thouars; le CymbWum bituberculalum , Hooker , Exot. Piaf. , 1 1 6 ; le Malaxis dislkha , Du Petit-Thouars ; M. cœspitusa, Du Petit-Thouars, et le Cymbidium rejlexu/n , Brown.

Ces espèces sont généralement de petites Plantes , ayant la tige renflée

446 / LÏP

et bulbiforme à sa base ; des feuilles presque toujours radicales et au nombre de deux , taulôt membraneuses , tantôt charnues ; de petites (leurs jaunâtres. Elles sont terrestres ou parasites, (a., r.)

LIPIN. moll. Dénomination imposée par Adan>on (Voy. au Sénég , p. 125 , pl. 8 , fig. 18) à une Coquille nommée Murex afar par Linné, et placée dans le genre Fuseau , sous le nom de Tusus ajer , par Lamarck.

. (Anim. sans vert. T. vu, p. i5i , n. 29.) (d..h.)

* LIPOCARPHA. bot. piian. Ce nom a été donné par R. Brown [Botany of Congo , p. 4o) au genre qu'il avait nommé Hypœlyptum , d'après "Vahl , dans son Prodromus Florœ Novœ-Hollancliœ. C'est pour éviter qu'on le confonde avec Y Hypœlyptum de Richard , autre géni e trèsvoisin , qu'il a cru nécessaire de proposer ce changement de dénomination. Le genre Lipocaipha appartient à la famille des Cypéracées et à la Triandrie Monogynie. R. Brown le caractérise ainsi : écailles imbriquées , uniflores ; périanihc membraneux , à deux valves presque égales , opposées aux écailles ; point de soies hypogynes; style bilide caduc; akène renfermé dans le périanthe.

Les Plantes de ce genre ont des chaumes sans noeuds, triquèlies, munis de feuilles à la base ; leurs Heurs formeni des épis terminaux , agrégés , capituliformes et entourés par un involucre.

\J Hypœlyptum argenteum de Vahl peut être considéré comme le type de ce genre , et doit prendre le nom de Lipocarpha argentea. Cetie Plante croît' sur la côte ouest d'Afrique , ainsi que dans l'Amérique méridionale. On devra lui réunir {'Hypœlyptum microcephalum de la Nouvelle- Hollande, sous le nom de L. microcephala. (g..n.)

LIPONIZ. ois. (Vieillot.) Syn. de Roucoul. V. ce mol. (dr..z.)

* LIPOÏRICHE. jiOT. piian.

LIP

Genre de la famille des Synanthérées, F

Corymbifères de Jussieu , et de la t.

Syngénésie superflue, L. , établi par \

R. Brown [Oùse/v. on tâe Cotnpositœ , ;i

p. 11S) qui l'a ainsi caractérisé: in- ?!

volucre dont les écailles sont imbri- i"

quées sur deux rangs et presque éga- c

les ; réceptacle convexe , garni de P

paillettes foliacées distinctes ; eapi- '

Iule radié ; fleurons du disque lier- 01

maplirodites, ayant les stigmates mu- 1*

nis d'un appendice aigu ei hispidule ; "

demi -fleurons de la circonférence, 01

sur un seul rang , en languettes , et f

femelles; akènes à peu près unifor- r( mes , turbinés , surmontés d'une aigrette soyeuse et caduque.

Ce genre est voisin du Melanan- I1

thera de Richard et Brown; il ofiie «

aussi de l'affinité avec VEclipta de 4

Linné, \effrecleliaàe. Jacquin etleZh'c- 01

medea de Cassini : ce dernier le place p

dans sa section des Hélianthécs pro- 0

totypes. L'auteur l'a établi sur une c

Plante non décrite, et pour laquelle c

il n'a proposé aucun nom spécifique. c

Elle est indigène de l'Afrique équi- \ noxiale. Ses feuilles sont opposées ,

indivises; ses fleurs sont jaunes et i

portées sur des pédoncides termi- t

naux. (G..N.) )

LIPPIE. Lippia. bot. fhan. Ce

genre , de la famille des Verbénacées ' et de la Didynamie Angiospermie, L.,

fut établi et imparfaitemeut caractéri- I

sé par Linné. Examiné de nouveau 1

par Kunlh {Nov. Gen. etSpec. Plant. I

œquinoct., 2, p. 262), il a été aug- ' menlé de plusieurs Plantes rapportées

à d'autres genres , et caractérisé de la ]

manière suivante : calice à quatre ou ,

cinq dents , se fendant ensuite endeux ( seginens ; corolle dont le tube est évase supérieurement ; le limbe plane

et bilabié ; la lèvre supérieure échan- ,

crée , bilobée , l'inférieure trilide ; |

quatre étamiues didynames non sail- -\

lantes ; stigmate capilé , rarement li- | néaire et latéral ; drupe petite , sèche, couverte par le calice , séparable en deux loges monospermes. Ce genre se compose d'environ vingt espèces indigènes de l'Amérique, et surtout des

LIQ

(contrées me'ridionales ; plusieurs faissaient partie des genres Verbena de ILiuué , Zapania de Limarck , et .Jlloysia d'Ortega. Parmi ces espèces, mous citerons les suivantes : i" Lip- \pia nadiflora , Mich. , ou Verbena tnodijlora , L. , qui croît dans l'Améi rique du Nord et dans l'île i!c Cuba ; : 2° Lippia asperifulia, Rich. cl Kutith, (Ou Verbena glubtilifera de l'Héritier ( (Slirp. i ,t. 1 2); 3e Lippia hirsuta, Kth . , I Mutis cl Liane ; 4° Lippia citrodora , 1 ou Verbena triphylla, l'Hérit. , loc. 1 cit. T. 11. CettedernièrePIante est tresi remarquable par ses jolis thyrses de I fleurs, et par ses feuilles qui répanidcnt une odeur foit agréable île citron loisqu'on les fioisse entre les mains. Les autres espèces sont des Arbrisseaux, des sous- Arbrisseaux • ou des Herbes, à feuilles simples, op- | posées, quelquefois dentées en scie, (OU crénelées. Les fleurs sont bl.in- 1 châtres , accompagnées de bractées, i et disposées en capitules ou en pani- (Cules ordinairement axillaires , quelquefois terminaux.

Le Lippia ouata , L. , Mant. , réuni 1 d'abord aux Se/ago , est devenu le Itype du genre Microdon de Choisy.

,V~. ce mot. (g..n.)

LIPPISTES. Lippistes. moll. Gcnîre proposé par Montfort pour une < Coquille marine que Fiebtel avait ] placée parmi les Argonautes, mais qifi 1 doit bien |>l u tôt appartenir aux Dauiphinules dont elle a les caractères.

Page 1