LUM
Descartes, a été admise, saut' quelques modifications, par des hommes du plus grand mérite , tels que Huygens etEuler, Young etFresnel.Ils pensent que la Lumière est un fluide extrêmement subtil , un Ether répandu dans l'espace universel, éprouvant de la part des corps que l'on considère comme des sources de Lumière, une action qui lui imprime uu mouvement d'ondulation semblable à celui de l'air agité par le son ou à celui de l'eau, lorsqu'on y laisse tomber des corps pesans. Ce mouvement est oscillatoire, de telle sorte qu'à partir du point ou commence l'agitation , les molécules du fluide éprouvent d'abord une répulsion qui les éloigne de ce point; ensuite la réaction produite par leur élasticité et celle des molécules sur lesquelles elles s'appuient, les fait rétrograder au-delà de leur première position , et les alternatives se répètent absolument de même que dans la vibration du pendule. L'autre théorie , dont les partisans ont été bien plus nombreux que ceux du Système ondulatoire , reconnaît pour auteur Newlon, et a été nommée théorie de l'émission.
On suppose, en effet, que la Lumière, partie essentielle des corps lumineux, est lancée par filets de molécules très - déliées , lesquelles soit directement , soit par la réflexion des corps opaques , viennent exercer sur le fond de l'œil une impulsion constituant la sensation de la Lumière. L'une et l'autre des hypothèses ingénieuses que nous venons d'exposer, expliquent assez bien le plus grand nombre des phénomènes observés jusqu'ici , mais chacune est sujette à des objections si graves que l'on ne peut se prononcer exclusivement pour l'une d'elles et la regarder comme l'expression de vérités démontrées.
Comme la plupart des sources de la Lumière sont aussi celles du calorique, on a pensé que le premier de ces fluides impondérables n'était qu'une modification du second. Cependant plusieurs corps sont lu-
mineux sans produire la moindre chaleur appréciable; telles sont les substances phosphorescentes. La Lumière de la lune , des planètes et des étoiles , concentrée au moyen de miroirs concaves , n'indique aucunement qu'elle soit accompagnée du calorique ; il y a donc quelque chose de bien distinct entre la Lumière et le calorique ; mais leurs phénomènes sont le plus souvent simultanés, et leur étude ne peut être séparée. Aussi avons-nous eu déjà occasion d'en exposer les principaux, dans les articles Electricité , Feu et Flamme. P^. ces mots.
Newton, à l'aide du prisme, décomposa le premier la Lumière en sept rayons diversement colorés , qui se nuancent entre eux et reproduisent artificiellement les phénomènes naturels de l'arc-en-ciel. Ces sept rayons primitifs sont les suivans : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé et rouge. Le rayon violet est celui qui est susceptible de la plus grande réfrangibilité , et le rouge de la plus petile. En réunissant tous les rayons en un seid faisceau au foyer d'une lentille, l'illustre physicien repro- • duisit la Lumière blanche. Cependant le uombre des rayons lumineux primitifs a été réduit par quelques savans à trois, savoir : le "bleu, le jaune et le rouge, suivant les uns, et le rouge, le vert et le violet suivant les autres; enfin d'après Wollaston à quatie, qui sont le rouge, le vert-jaunâtre, le bleu et le violet. Ces modifications au système de Newton sur la décomposition de la Lumière , ne sont pas universellement admises. En effet, quoique la combinaison variée des trois ou quatre rayons principaux que nous venons de désigner produise les autres couleurs , comme par exemple le jaune et le bleu qui donnent naissance au vert, cependant ces rayons colorés obtenus par la combinaison; offrent assez de différences avec ceux qui sont le résultat de la décomposition du trait primitif. Si l'on soumet