LUM
ces derniers à une seconde réfraction, Us restent simples, tandis que la même opération décompose dans ses élémens le vert formé par la réunion du bleu et du jaune , comme toutes les autres couleurs produites par le mélange des rayons.
La Lumière émauée d'un point lumineux , diverge en rayons rectilignes , qui occupent un espace de plus en plus grand à mesure qu'ils s'éloignent de leur foyer. Un corps opaque placé dans cet espace déieimine une ombre par laquelle les objets , situés au-delà et sur une même ligne droite que le corps opaque et le corps lumineux , sont piivés de Lumière.
La vitesse avec laquelle se meut la Lumière est tellement extraordinaire , que rien ne peut lui être comparé sous ce rappoit. Elle parcourt, en buit minutes treize secondes sexagésimales , la distance moyenne du soleil à la terre, c'est-à-dire plus de quinze millions de myriamètres.
Ce fait a élé reconnu en 1675 par Rœmer , et confirmé en 17^8 par Braillcy, d'une manière qui ne laisse aucun doule sur la précision du calcul. Lorsque les rayons lumineux tombent sur une surface polie, ils sont renvoyés ou réjlèchis, en faisant avec celte surface un augle égal à celui qu'il faisait de l'autre côté en y arrivant. Celle loi que l'on énonce en disant que l'angle de réflexion est égal à l'angle a1' incidence, est la base de la tbéorie des miroirs ou de la catoptrique. En traversant les corps diaphanes, les rayons lumineux son.
souvent détournés de leur route par l'action de ces coips. On donne le nom de réfraction au changement de direction qu'ils éprouvent alors et qui les fait paraître comme brisés.
Ce phénomène se présente toutes les fois que les rayons passent d'un corps ou milieu dans un autre de densité différente et qu'ils en rencontrent la surface extérieure dans une direction oblique. Ainsi , pour n'en citer qu'un exemple dont 1 observation est tièsvulgaire, lorsqu'on plonge obliquement et en partie un bâton dans
l'eau, il paraît brisé à l'endroit où il y entre. C'est sur cette propriété de la Lumière qu'est fondée la dioptrique. En se servant de verres dont la densité est plus ou moins forte, et dont les surlaces offrent des courbures en divers sens , on modifie à volonté la divergence ou la convergence des rayons lumineux , de sorte qu'ils se réunissent à un point plus ou moins rapproché que l'on désigne par le mot de fover. Ainsi la forme convexe des verres rend convergens les rayons incidens qui sont parallèles, tandis que la forme concave les rend diveigens. C'est à la réfraction de la Lumière qu'il faut attribuer le phénomène du crépuscule ; quand le soleil n'est pas encore descendu beaucoup au--d<ssous de l'horizon , ses rayons rencontrant la couche supérieure de l 'atmosphère sous de petits angles , eti sont réfléchis vers la surlàce de la terre, et produisent une faible Lumière. Un phénomène qui a frappé de tous temps les voyageurs et que les marins connaissent sous le nom de Mirage, est encore dû à la réfraction de la Lumière , laquelle réfraction se convertit en réflexion , pnree que les rayons passent d'un milieu plus dense dans un autre qui est plus rare. Lors de la fameuse expédition des Français en Egypte, il fit plusieurs fois illusion aux soldats altérés qui avaient sous leurs yeux la perspective désespérante d'un lac immense fuyant devant eux à mesure qu'ils s'avançaient au travers des plaines sablonneuses de l'Afrique.
L'illustre Monge a décrit ce phénomène et en a donné une théorie trèssatisfaisante. L'air qui repose sur le sol brûlant de ces contrées, se dilate et forme une couche peu considérable, paive que ce fluide n'est pas bon conducteur du calorique. Au-dessus, de cette couche est l'air atmosphérique non dilaté et conséqucniment plus dense; alors les rayons solaires, qui l'ont traversé, se réfléchissent à, son contact avec la piemièrc , se relèvent et présentent à l'œil l'image
du ciel en dérobant la vue du terrain. D'un autre côté les villages placés sur les monticules et tous les objets qui s'élèvent au-dessus de la couche d'air dilaté , envoient des rayons réflécltis à la jonction des deux couches et y peignent des images renversées. L'illusion est alors complète , l'observateur ne voit plus qu'un grand espace bleuâtre formé par la réflexion du ciel, parsemé de villages et d'Arbres aux pieds des quels paraît leur image renversée.
Mais à mesure qu'il s'approche de ces îles apparentes , l'inclinaison des rayons émanés du sol augmente assez pour arriver à son œil , les bords de la fausse inondation se reculent, et le mirage va plus loin se reproduire.
II est encore un autre ordre de phénomènes de la Lumière qui ne se développent que dans certaines substances , et qui tienneut à des circonstances délicates qu'il est quelquefois assez difficile de faire naître ou d'apercevoir. Nous voulons parler de la double réfraction et de la polarisation que présente avec le plus d'évidence la variété de carbonate calcaire, connue sous le uom de Spath d'Islande; mais qui peut aussi s'observer clans plusieurs autres Minéraux cristallisés, tels que le Quartz, la Baryte sulfatée, le Soufre, etc. Le premier de ces phénomènes étant lié à l'étude de la minéralogie sera Iraité dans un article à part. V.
Réfraction double. Quant au second, son examen fort intéressant pour les physicieus , ne peut être utile au naturaliste , et conséquemment ne doit pas être développé dans cet ouvrage. Nous en dirons autant de l'inflexion ou diffraction de la Lumière, des couleurs accidentelles et des ombres colorées.
La Lumière exerce une véritable action chimique sur divers composés dont elle désunit les principes; dans d'autres cas elle détermine la combinaison des corps simples, et elle fait subir une forte altération à centaines surfaces colorées. Son influence est souvent égale à celle
d'une haute température; ainsi le plus léger rayon du soleil opère la combinaison intime d'un mélange de Chlore et d'Hydrogène, avec détonation et production d'Acide hydrochlorique. Le chlorure d'Argent passe du blanc au noir , et subit une décomposition complète , avec une promptitude qui dépend de l'espèce de rayons auxquels ce corps est soumis , car le rayon violet est celui dont l'action décomposante estla plus énergique. Cette faculté décroît ensuite à partir du rayon violet; ce qui est l'inverse de la faculté calorifique, et qui tendrait à faire distinguer les rayons lumineux en chimiques et en calorifiques. De plus on a reconnu que les facultés chimiques s'étendent un peu au-delà du rayon violet dans un espace obscur.
C'est encore à une action chimique que l'influence de la Lumière sur les êtres organisés a été assimdée.
Nous ne voulons pas ici parler de la manière dont elle se comporte dans l'œil des Animaux, ou des phénomènes de la vision; un article particulier sera consacré dans la suite à l'exposition de cette importante fonction physiologique; mais nous fixerons eu ce moment notre attention sur les effets que la Lumière produit principalement sur les Végétaux. Cet agent physique paraît être la cause de la coloration des parties vertes dans les corps organisés. C'est lui qui détermine la décomposition de l'Acide carbonique continuellement versé daus l'atmosphère par la combustion et la respiration des Animaux, qui favorise ainsi l'émission de l'Oxigène et fixe dans les Plantes le carbone, base de la couleur verte.
Lorsqu'on place une Plante verte et vivante dans de l'eau chargée d'Acide carbonique cl qu'on fait intervenir les rayons du soleil, l'Acide carbonique est décomposé, son Oxigène se dégage , et la Plante augmente en carbone dans une proportion précisément semblable à celleque contenait l'Acide carbonique avant sa décomposition. C'est ce qui résulte de