‹ Dictionnaire classique d'histoire naturelle [electronic resource]Chapitre 217 sur 232 · V. Lycoperdacées. (a. F · texte numérisé non relu

V. Lycoperdacées. (a. F

LYCOPERSICDM. bot. phan. Ce genre de la famille des Solanées et de la Pcntnndrie Monogynie , L. .établi par Tourncfort , fut réuni aux Sotanum rjar Linné et Jussieu. Dans sa Monographie des Solarium , Dunal le rétablit , et il a été admis par Kunth avec les caractères suivans : calice à cinq nu six divisions très-profondes; corolle rotacée dont le tube est trèscourt , le limbe à cinq ou six lobes ; cinq étamines à anthères conique* , réunies entre elles au moyen d'une

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mombrane allongée , déhiscentes par une fente longitudinale intérieure; stigmate presque bifide; baie à deux ou trois loges renfermant des graines velues. Ce genre se compose de Plantes herbacées , dépourvues d'aiguillons , et couchées sur la terre; leurs feuilles sont imparipennées ; les pédoncules solitaires, placés hors des aisselles des feuilles , portent plusieurs fleurs de couleur ordinairement jaune. Parmi les nombreuses espèces de ce genre , dont plusieurs croissent dans l'Amérique méridionale , nous citerons seulement comme la plus intéressante , celle que Linné a nommée Solanum Lycopersicum , et qui est appelée vulgairement Tomate. Celte Plante a une tige inerme herbacée, des feuilles pinnées incisées , des fleurs en grarpes , et des fruits glabres, toruleux, très-volumineux et de couleur rouge : elle est originaire des pays chauds de l'Amérique , et on la cultive dans l'Europe méridionale, à cause de ses fruits dont le suc est employé à divers usages culinaires.

LYCOPI1IS. MOLL. (Montforl.) Syn. deLicophre. F", ce mot. ID..H.)

LYCOPHRE. polyp. ^-.Licopiire.

LYCOPHTHALMOS. ariN.La Pierre semblable, selon Pline, à un OEil de Loup , et qu'il mentionne sous ce nom , paraît être une Cornaline. (B.)

LYCOPODE. Lycopodium. rot.

crypt. ( Lycopodiacées. ) Cegeuie, type de la famille des Lycopodiacées, qu'il compose presque à lui spiiI, est, sans aucun doute , l'un des plus singuliers du règne végétal , et un de ceux dont la structure mérite le plus de fixer l'attention des botanistes.

D'abord placé par Linné parmi les Mousses dont il a le port, il fut ensuite rangé par Jussieu parmi les Fougères dont sa fructification le rapproche davantage, et enfin il devint le type d'une famille distincte , établie en premier par Swarlz, et de-

55S LYG puis adoptée par tous les botanistes.

Des différences très -r remarquables dans le port et dans quelques-uns des caractères de la fructification ont engagé plusieurs botanistes à diviser ce genre su plusieurs ; S\var:z le premier en sépara le Lycoporllum nudum de Linné , qui devint le type de son genre Fsiloti/m. Bérnhardi, en 1801, le divisa en deux genres, fondés sur 1'intlorescence axillaire dans les uns, auxquels il donna le nom de Huperzia, etspicifonne dans les autres auxquels il conserva le nom de Lycopodium. En i8o5 , Palisot-Beauvois, combinant l'inflorescence avec la structure des capsules, forma, aux dépens des Lycopodes , six genres , sous les noms de Plananthus , Selaginella , Lepidotis , Gyninogynuin , Diplostachiuni et Stachygynandrum.

De ces six genres , le Gymnogynum est tout-à-fait inconnu aux botanistes, ayant été établi sur une Plante de Saint-Domingue que Palisot-Beauvois lui-même n'avait pas rapportée en France et qui n'a pas été, à ce que nous sachions , observée depuis. Les genres Plananthus et Lepidotis , dans lesquels on n'a encore découvert que îles capsules bivalves, analogues à celles que plusieurs observations font regarder avec beaucoup de prob ibilité comme des organes mâles dans les autres genres, 11e di fièrent que par l'inflorescence axillaire dans le premier et en épis simples ou rameux dans le second.

Dans les genres Selaginella, Diplostachiuni et Stachygynandrum, on a observé, réunies sur le même individu, des coques réniformes , bivalves, renfermant un grand nombre de grains très -fins, libres, analogues aux grains de pollen des flan les phanérogames, et des capsules trivalves , suivant Palisot , à quatre valves suivant Brotero, et renfermant trois à quatre graines. Ces genres ne diffèrent donc qu'en ce que dans le premier les organes mâles et femelles sont mêlés à l'aisselle des feuilles, et ne forment pas d'épis bien distincts , tandis que dans le second les fleurs

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mâles et femelles composent des épis distincts, et qu'il n'existe qu'une seule capsule femelle à la base d'un épi composé de coques mâles. R. Browu, dans son Prod. de la Fl. de la Nonv.- Hol. , n'a pas adopté ces divisions, mais a divisé ce genre en deux sections, l'une renfermant les espèces où on n'a découvert que des capsules d'une seule forme , l'autre comprenant les Lycopodes à capsules de deux sortes (mâles et femelles) , divisions qui mériteraient d'être élevées au rang de genres, si on avait bien prouvé l'absence des capsules à graines peu nombreuses dans la première section. Après avoir indiqué les divisions qu'on a établies dans le genre Lycopode, examinons aveesoin la structure de quelques-unes des espèces qui ont servi de type à ces divisions.

Le Lycopodium denticulatum, parfaitement décrit par Brotero dans les Transactions Linnéenues (vol. v, p. 162), est une des espèces les mieux caractérisées du genre Diplostachiuni de Palisot-Beauvois; elle est commune dans le midi de l'Europe ; les tiges font grêles , rampantes , couvertes de feuilles distiques insérées sur quatre rangs, mais dont les deux rangs supérieurs sont composés de feuilles beaucoup plus petites, ressemblant presque à des stipules. Les fructificaîions forment des épis terminaux, dont la partie supérieure est composée de fleurs mâles et la partie inférieure de fleurs femelles ( selon Brotero qui, avec raison, n'admet pas, comme Palisot-Beauvois, que certains épis soient entièrement mâles et d'autres entièrement femelles).

Les fleurs mâles consistent en coques on anthères à une seule loge, bivalves, réniformes , insérées à l'aisselle des bractées supérieures et plus petites que les capsules; chaque anthère renferme un grand nombre de grains de pollen , trois cents environ suivant Brolcio; ces grains ne se rompent pas par l'action de l'eau , mais s'ouvrent avec élasticité; ils ont la forme d'un tétraèdre lisse à angles

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légèrement arrondis, à surfaces convexes; leur couleur est d'un îouge orangé. Les (leurs femelles, qui sonten moins grand nombre que 1rs (leurs mâles , et placées à la base des mêmes épis, sont formées par des capsules solitaires à l'aisselle des feuilles ou des écailles de la base de l'épi; ces capsules sont ovales , obtuses , triangulaires ou presque quadi ilobées.

Elles présentent des deux côtés et vers leur base deux sillons linéaires , couverts d'une substance onctueuse. Brotcro regarde ces sillons comme des stigmates: les ovules même, Irèsdéveloppés , sont remplis d'un liquide oléagineux qui finit par se conciéter en une sorte de périsperme granuleux. La capsule mûre est quadrilobéc et se divise en quatre valves, dont deux plus petites et deux plus grandes; elle renferme quatre graines qui paraissent adbércr à un placenta central ; leur tégument est mince, dur, réticulé, et présente trois côtes saillantes , très- marquées , parlant d'un même point qui est probablement celui de l'insertion de la graine ets'étendanlen divergeant jusque vers la zone moyenne de cette graine. Lorsqu'on fait germer les graines de cette Plante, la jeune Plante qui en sort est pourvue de deux cotylédons opposés , tout-à-fait semblables à ceux des Plantes dicotylédones (A. la figure donnée parSalisbury , Traits. L'uni- , vol. xu , lab. ig). Plusieurs espèces rangées par PalisoL-Beauvois dans son genre Diplostac/iiuni correspondent parfaitement avec la Plante que nous venons de décrire; tels sont les Lycopodiurn helveticum , apodi.it m, radioans , L.

Tout es ces Plantes diflèi ont du caractère donné par cet auteur au genre DiplosCachiu/n par la réunion des fleurs mâles et des ileurs femelles dans les mêmes épis, et, sous ce raport, ce genre ne diffère nullement u genre Selaginella du même auteur, qui devrait nécessairement lui être réuni , car il ne diffère des espèces citées précédemment que p;ir son port et par son pollen composés de

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grains ordinairement réunis trois par trois et bérissés de papilles trèsnombreuses et très-saillantes; mais ou ne peut donner ejj.ie peu d'importance à ce caractère , car nous avons également obscivé un pollen bérissé sur une Plante qu'on ne peut regarder que comme une variété du Lycopodiurn- denticiilatum ou du Lyc.

helveticum. Du reste le Lyc. selaginoides , qui seul composait le genre Selaginella , présente des capsules lout-à-fait semblables par leur forme et leur organisation à celles du Lyc.

denticiilatum.

Quant ;;u genre Stackygynandriim, plusieurs des espèces que Pal isot-Bca uvois y avaient placées devront probablement être reportées parmi les Lycopodes à coques toutes semblables , et les autres devraient être réunies avec les espèces qui composaient les deux genres que nous venons d'examiner. En elfet ces Plantes présentent de même des épis mâles au sommet et femelles à la base; les capsules femelles sont seulement moins nombreuses et d'une forme un peu différente.

Elles renferment également quatre graines; mais ces graines, au lieu d'être opposées en croix comme dans les autres espèces , sont placées trois au fond de la capsule et une à son sommet, ce qui lui donne la forme d'un tétraèdre arrondi. Les espèces qu'on pourrait regarder comme type de ce geme sont les Lyc. alpinum, jïabellatum , plumosum , etc. , etc.

Les Lycopodes dont Palisol Bcauvois formait les deux genres Vlananthus et Lepidotia , genres qui ne diffèrent que par le port, n'ont offert jusqu'à présent qu'une seule sorte d'organes de fructification; ce sont des coques bivalves, tout-à-fait analogues pour leur foi me extérieure à celles que nous avons regardées comme des organes mâles; ces coques renferment également un grandnombrc de grains très-fins; mais ces grains, au lieu d'affecter comme ceux des coques mâles des Lycopodes à organes doubles une forme presque toujours tri— gone, sont arrondis , spbériques on

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ovales; jamais ils ne sont hérissés Je papilles; mais cependant, de même que les grains de pollen , ils sont parfaitement libres et n'adhèrent par aucun moyen aux parois de la capsule.

Ils sont toujours transparens et incolores. Willdenow assure que celte poussière provenant du Lycopodium clauatum a germé et reproduit la Plante dont elle provenait; cette poussière diffère en outre de celle des Ly.copodium selaginoides , âelueticum, etc. , en ce qu'elle ne se rompt pas dans l'eau, tandis qu'une grande partie des granules du i. selaginoides , en particulier, finissent par s'ouvrir au bout de quelque temps et par laisser échapper lentement, il est vrai , uue .substance granuleuse et oléagineuse, comme on l'observe sur le pollen des Plantes phanérogames.

On voit donc que , malgré l'analogie apparente qui existe entreles organes uniformes des Lycopodes à une seule sorte de capsule et les organes mâles des Lycopodes à sexes distincts, ces organes devraient plutôt être regardés comme des capsules femelles que comme des organes mâles, ainsi que Palisol-Beauvois l'avait fait.

Il nous paraît résulter de celte comparaison de la structure des divers groupes de Lycopodes , qu'on devrait non pas les diviser en cinq ou six genres comme quelques auteurs l'ont fait , mais en deux : l'un auquel on réserverait le nom de Lycopodium renfermerait toutes les espèces qui n'ont qu'un seul génie de capsule , sortes d'invojucres qui probablement reufeiment dans la jeunesse de la Plante les organes mâles et femelles comme les involucres du Marsilea, de laPilulaire, des Prêles; l'autre pour lequel on pourrait adopter le nom de Stachygy nandrum donné par Palisot - Beauvois , conrprendrait toutes les espèces à sexes sépaiés dans des capsules ou involucres différens. Nous ferons observer qu'il est fort probable que dans ces Plantes et dans plusie.urs autres , Cryptogames dont les sexes sont distincts et séparés, et dont cependant

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l'organe femelle ne présente ni stigmate ni aucun point propre à l'absorption du pollen, la fécondation a lieu après la dissémination des graines ou du moins après l'ouverture des capsules, ainsi que Savi l'a annoncé pour le Salvinia. ( V. ce mot

et MAnSILÉACÉES. )

Si après avoir étudié les organes de la reproduction de ce genre curieux , nous jetons un coup-d'œil sur la structure de ses organes végétatifs, nous verrons qu'ils ne diffèrent pas moins de ceux des autres Végétaux ; la tige, souvent rampante, émet des rameaux tantôt plusieurs fois dichotomes comme dans la plupart des vrais Lycopodes, tantôt à rameaux plusieurs foispinnés et disposés en éventail dans uu même plan : tels sont la plupart des Stachygy nandrum. Les feuilles, presque toujours sétacées, aiguës, entières, assez épaisses, sont toujours lisses , elles ont l'aspect de celles des grandes Mousses , ou dans les espèces les plus fortes elles ressemblent aux feuilles des Conifères ; tantôt ellej sont insérées par vérticilles obliques ou en spirale tout autour de la tige; tantôt elles sont disposées sur quatre rangs dont deux plus pelils forment des sortes de stipules qui alternent avec les grandes feuilles : c'est lè cas de la plupart des Stachygy nandrum. Ces feuilles sont quelquefois sans nervures , , mais le plus souvent elles sont parcourues par une seule nervure moyenne ; les pores corticaux sont très-visibles, assez grands , de forme elliptique: ils existent sur les deux faces des feuilles"; la structure intérieure des tiges est trèsuniforme et fort différente de celle de la plupart des autres Végétaux; au centre on observe un faisceau trèsserré de vaisseaux simples, cylindriques , réunis par un peu de tissu cellulaire très-dense; ces vaisseaux n'ont la structure d'aucun des vaisseaux observés dans les IMantcs phanérogames, ils ont été désignés par Thomson {Lectures un Butany, T. 1 , 1 832 ) sous le nom de vaisseaux annelés :

en effet ils paraissent composés

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d'anneaux successifs, parallèles et non en spirale. Thomson attribue ces anneaux à des pores linéaires, transversaux; mais cette opinion ne paraît ni probable ni en rapport avec ce que j'ai observé sur ces Plantes; autour cle ce faisceau central cl e vaisseaux se trouve une couche de tissu cellulaire extrêmement lâche qui se détruit promptement de manière à donner à ces tiges l'aspect fistuleux avec un axe central souvent déjeté sur un des côtés; enfin la circonférence est composée d'une couche

J dus ou inoins épaisse d'un tissu celulaire assez dense , sans vaisseaux , à cellides allongées et presque fusiformes ; la partie extérieure surtout est très-dense et composée de cellules très-petites , elle forme une sorte d'écorce ; ce tissu cellulaire est traversé de distance en distance par des vaisseaux qui de l'axe central se portent dans les feuilles; mais il ne paraît renfermer aucun vaisseau qui lui soit propre.

Les Lvcopodcs n'atteignent pas en général une taille ti ès-considérable; les plus grandes espèces ont deux à trois pieds d'élévation. On en connaît plus de cent vingt ; ils habitent toutes les régions du globe depuis la zône polaire jusqu'à 1 equateur; mais us suivent sous le rapport de leur distribution les mêmes lois que les Fougères avec lesquelles ils ont de grands rapports; ainsi peu nombreux dans le Nord ils sont limités dans ces régions froides à quelques espèces basses et rampantes , telles que \es Lycopodium alpinum , selaginoides , etc.; ils sont rares dans les plaines des régions tempérées; dans les régions équinoxiales au contiaire leur nombre devient beaucoup plus considérable, et ils paraissent de même que les Fougères dominer dans les îles où In végétation est beaucoup plus pauvre en Fiantes phanérogames: ils atteignent aussi dans ces climats féconds une taille beaucoup plus élevée : c'est là que croissent les Lycopodium cernuiitn, flabellalum dont le port rap-

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