COMMUN
KERMÈS, thermes, tss. Genre de l'ordre des Hémiptères, section des Homoptères , famille des Gallinseotes, établi par Geoffroy et réuni par Latreille au genre Cocheuille, dont il ne diffère que par le corps des femelles dont la peau est tellement distendue, qu'elle ne présente pas le moindre vestige d'anneaux, tandis que , dans les Cochenilles proprement dites , on voit toujours des apparences d'articulations qui rappellent l'existence des anneaux. Linné et Geoffroy ont donné ce nom à des Insectes bien différens : le premier désigne ainsi les Hémiptères que Latreille nomme Psylles {V. ce mot), et que Degéer nomme faux Pucerons.
Geoffroy donne ce nom , avec plus de raison, aux Gallinsectes deRéaumitr, parmi lesquels se trouve la Cochenille qu'on connaît vulgairement sous le nom de Graine d'écarlate.
Les mœurs des Kermès , que Geoffroydésigue sous le nom de Gallinsectes, tandis qu'il nomme Progallinsecles les Cochenilles, sont absolument les mêmes que dans ces derniers. Les Insectes de ces deux genres ont les mêmes habitudes , les mêmes caractères, les mêmes différences entre les sexes et les mêmes métamorphoses ; la femelle vit de même sur les Végétaux, s'y fixe, y pond ses œufs et meurt après avoir gonflé son corps
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outre mesure, de manière à recouvrir ses œufs comme le fait la Cochenille. Ces Insectes vivent sur les Arbrissaaux et les Plantes qui passent l'hiver. La durée de leur vie est d'un an; c'est pourquoi elles ne peuvent exister que sur des Végétaux qui vivent au moins ce laps de temps. Arrivés à la dernière période de leur vie , ces Insectes ressemblent à de peliles boules attachées contre une branche et dont la grosseur varie depuis celle d'un grain de poivre jus- î qu'à celle d'un petit pois; mais le \ lus grand nombre ressemble à un j ateau renversé et leurs couleurs sont le assez variées. Ces Animaux attaquent t surtout les Arbres fruitiers , et l'on o. voit quelquefois, au printemps, des g Pêchers tellement couverts de ces j Kermès oblongs et en petits grains , que leurs branches en sont toutes ti galeuses. Ce genre se compose d'une J vingtaine d'espèces; l'une d'elles est ]; employée en teinture pour faire de u l'écarlate, et on en faisait surtout un grand commerce avant la découverte ( de la Cochenille du Nopal ; c'est :
Le Kermès du petit Chêne , Chermes Jlicis , N., Coccus liieis, L., Fabr. Femelle sphérique, d'un rouge ] luisant, légèrement couverte d'une , poussière blanche. Elle se fixe sur les „ tig«s et quelquefois sur les feuilles j d'une petite espèce de Chêne à feuil- (f les épineuses qui croît dans les par— |f lies chaudes de l'Europe médilerranéenne , surtout dans le midi de l'Es- t pagne , ou , selon Bory de Saint-Vin- (. cent , les pentes de la Sierra Morena B en sont couvertes. Beaucoup d'habitans du pays de Murcie n'ont d'autre moyen d'existence que d'y venir ré- J col ter le Kermès. Arrivé à son der- > nier degré d'accroissement, ce Kermès a une couleur rouge brun. Les personnes qui font la récolte de cet Insecte, le considèrent sous trois états différens : dans le premier qui a lieu au commencement du printemps, il est d'un tiès-beau rouge et ? enveloppé d'une espèce de coton qui lui sert de nid, il a la forme d'un I bateau renversé, Dans le second état ,
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J> : Kermès est parvenu à toute sa «'rt'oissance , et le coton qui le confirait s'csl étendu sur son corps sous hi forme d'une poussière grisâtre; iliin6n dans son troisième état qui arjfiive au milieu ou à la fin du printemps de l'année suivante , on trouve jwDus son ventre dix-huit cents à deux jpuille petits grains ronds qui sont les fcjufs. La récolte des Kermès a quelquefois lieu deux fois dans l'année ; fee sont des femmes ordinairement qui koD t les ai radier avec leurs ongles. On li rrose de vinaigre le Kermès destiné I oour la teinture, on ôte la pulpe ou pjoudre rouge renfermée danslegrain, bon lave ensuite ces grains dans du vin , îl't après les avoir fait sécher au soleil, son les lustre en les frottant dans un aac ou on les renferme en les mêlant nvec une quantité de poudre basée sur lté produit de ces grains : leur cher- Itlé dépend du plus ou moins de pouilre qu'ils rendent. Le vinaigre altère Ma couleur du Kermès; mais on en uase pour détruire sa postérité.
Le Kermès obeong du Pécher , (Charmes Persicœ oblongus , Geoll'r. , JHist. des Ins., t. 1, p. 5o6, pl. 10 , ff. 4; C. Persicœ , Fahr. La femelle est l'oblongue, très-convexe, d'un brun iJbncé ; le mâle est d'un rouge foncé , >ses ailes sont blanches , plus longues (|quc le corps , bordées extérieurement cd'un peu de rouge : son abdomen est (terminé par deux filets oblongs entre llesquels est une espèce de queue reccourbéeen dessous. On le trouve en (Europe. Nous renvoyons pour les déttails d'organisation et de métamorphoses, au mot Cochenille.
On appelle aussi Kermès, en queleques cantons, le Chêne (Que/eus cuctei/èra) qui nourrit l'Insecte dont il 'vient d'être question. (g.)
KERN ERE et KERNÉRIE. Kernera. bot. rn.vN. Genre de la famille des Crucifèics, établi par Mé- ■ dik.is ( Jn lut. heu. Ann. 2 , p.
4a) pour le Myagrum sa.xatile de Linné , dont De Candolle , à l'exemple de Lamarck, fait une espèce de Coc/ilearia , employant le nom de
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Ker nera pour celui de la première section de ce genre. V. Cochléahia.
Ce nom de Kernera a également été donné à d'autres Plantes. Ainsi Willdenow avait fait un genre Kernera du Zostera oceanicaàc Linné. îMœnch en avait formé un autre sous le même nom du Bidens pi/osa. (a. r.)
* KÉROBALANE. Kerobalana.
inf. Genre de Microscopiques dont nous proposerons l'établissement dans la famille des Drodiés ou cependant il ne peut guère demeurer qu'artificiellement.. Les formes des espèces qui le composent sont absolument cellesdes Urcéolaiies. Ce sont de véritables godets , de petits sacs vivans, mais absolument dépourvus de cirres ou d'organes vibratiles quelconques. La privation totale de ces parties les rejette conséquemment parmi les Gymnodés , quand on serait tenté , d'après leur forme , de les placer parmi les Urcéolariés. Cet aspect devrait encore les rapprocher des Bursaires, puisque, de même que ces Animaux, ils présentent dans certaines positions la figure de bourses ouvertes; mais outre que leur corps ne s'allonge jamais à la manière do celui des Kolpodes et des autres genres voisins, deux appendices en manière de queue ou de cornes ajoutent à la bizarrerie de leur structure.
Nous connaissons deux espèces de ce genre où l'on pourra peut-être admettre leGland cornu de Joblot, quand ce Microscopique aura été revu et mieux examiné. Ces espèces sont le Kérobalane de Miiller, Kerobalana Mulleri, N. , Voilicella cirraia , Miill., Inf., pl. 37, f. 18, 19; Encycl. , pl. 20 , f. i4, i5 ; et le Kcrobalanc dj Joblot, Kerobalana Job lot i , N. , Bourse ou Pot au-Lait, Jobl. , Micr. , part. 2 , p. 67, pl. 68 , f. 10. La première vit dans les eaux pures, la seconde dans les infusions de paille de Blé ou elle n'est pas fort rare. (b. )
* KÉRODON. Kcrodon. mam.
Genre de Rongeurs ainsi nommé pas Fr. Cuvier dans son ouvrage sur les dents des Mammifères , où il eus
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fait connaître avec détail le système dentaire. Les dénis sont en même nombre que dans le genre Cobaie, dont le Kérodon se rapproche à beaucoup d'égards ; c'est-à-dire qu'il y a quatre molaires de chaque côté et deux incisives à chaque mâchoire ; mais les molaires ont une forme différente. Les supérieures sont toutes semblables entre elles, et sont composées de deux parties triangulaires, réunies du côté externe, et séparées du côté interne de la dent : chacune de ces parties est entourée de son émail propre , et l'angle de leur réunion forme une échancrure en partie remplie par du cément. A la mâchoire inférieure les molaires sont de même forme qu'à la supérieure , mais elles sont retournées , la portion qui fait le côté externe des unes faisant le côté interne des autres. La première molaire est d'ailleurs formée de trois triangles , et non pas , comme les autres, de deuxseulement.
Les doigts sont au nombre de trois au membre postérieur , et de quatre à l'antérieur, de même encore que chez le Cobaie ; mais les jambes sont proportionnellement plus hautes, les doigts plus gros et plus séparés ; et les onglessont larges, courts, assezaplatis , au contraire de ce qui se voit dans ce genre; en sorte, et c'est un fait remarquable, que les dents et les doigts , quoique identiquement les mêmes, quant au nombre , dans deux espèces qui appartiennent à la même famille , soient néanmoins , sous tous les autres rapports , assez dissemblables pour autoriser leur séparation en deux genres distincts.
Du reste,, la tête est conique, trèsallongée , de forme conique, avec le chanfrein presque tout-à-fait droit; les oreilles sont à peu près hémisphériques et présentent en haut une légère éebancrure , mais ressemblent à celles du Cochon d'Inde. Les moustaches, dirigées en arrière, sont d'une longueur si considérable qu'elles dépassentl'occipiit. D'autres poils, très-longs aussi , quoique bien moindres que les moustaches , mais de
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même nature , et dirigés de même , naissent de la partie supérieure et surtout de la partie postérieure de l'orbite de l'œil ; la plante du pied est nue ; on aperçoit seulement quelques poils très-courts sous les premières phalanges desdoigts; la queue est comme chez le Cobaie, nulle, du moins à l'extérieur; car il est trèsprobable qu'il existe, comme dans ce genre, quelques vertèbres coccygiennes.
Le Moco , Kerodon Seiureus. Nous nommerons ainsi l'espèce qui a servi de type au genre, et qui est encore la seule connue ; elle est un peu plus grande que le Cochon d'Inde, et a neuf pouces environ de longueur , et quatre pouces et demi de hauteur.
Son pelage est gris , piqueté de noir et de fauve en dessus , blanc en dessous et à la région interne des membres ; et enfin , roux sur leurs parties externe et antérieure , ainsi quesur les parties latérales de la tête, et la face convexe des oreilles; les moustaches sont entièrement noires. L'Amérique méridionale est la patrie de cette espèce. C'est à Auguste Saint-Hilaire que nous eu devons la connaissance ; on ne possédait en effet avant son voyage dans ces contrées que le crâne seulement. Elle paraît cependant ne pas être très-rare au Brésil , d'où Auguste Saint-Hilaire en a envoyé plusieurs individus au Muséum; il est connu des naturels du pays et a reçu d'eux le nom de Moco , ainsi que nous l'ont appris les notes du savant voyageur. Nous lui avons conservé ce nom en français comme on l'a vu. Celui de Kerodon Sciur-cus se rapporte à la nature et au système de coloration de son pelage qui ressemble d'une manière véritablement remarquable à celui de plusieurs es-
fièces d'Ecureuils, soit pour les coueurs , soit surtout à cause de l'abondance et même de la douceur et du moelleux du poil ; et la ressemblance est telle sous ce dernier rapport ,
3u'cn touchant une peau de Kéroon on croirait véritablement tou-« cher une fourrure d'Ecureuil. On
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it que tous les Animaux de la iéme famille , le Cabiai , le Coicon d'Inde , les Agoutis ont , au miraire, le poil roidc, cassant, dur it toucher et très-peu abondant.