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La détermination dti diamètre des globules dti Sang offre bien des difBcultés; aussi trouve-l-on des différences très-grandes entre les résultais obtenus par la plupart des micrographes. Le tableau suivant présente l'évaluation de la grosseur des globules du Sang humain, d'après la plupart des observateurs qui se sont occupés de ce sujet.
Paucc. .-.ni;!. miUim.
Jurine 1/3240 1/119
Id., d'après de nouvelles e.\périences. 1/1940 1/71
Tîauer 1/1700 1/02
Young ]/eOOO 1/221
Wollaston 1/3000 1/184
Kater 1/4000 1/147
Id 1/0000 1/221
Prévost et Dumas ont constamment trouvé 1/300 de
millimètre; ils ont examiné une vingtaine de Sangs sains, et une quantité bien plus considérable de Sangs malades, et il leur a toujours élé impossible d'apercevoir la moindre différence due à l'àge, au sexe ou à l'état morbide. Toutes les personnes qui ont eu la curiosité de s'assurer par elles-mêmes de leurs principaux résultats, n'ont point hésité à donner 2 millimètres aux globules du Sang humain, dans les mêmes circonstances où ils les avaient mesurés, c'est-à-dire en les soumettant à un pouvoir amplifiant de trois cents fois le diamètre : l'erreur ne pouvait donc dépendre que du pouvoir amplifiant qu'ils attribuaient à leur microscope. Du reste, celte détermination ne s'éloigne pas beaucoup de celle obtenue, en suivant une autre méthode, par Wollaston, et ne diffère guère de celle obtenue par le capitaine Kater dans la première des deux expériences rapportées plus haut, et faites d'après
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une mélliode analogue à celle employée par Prévost et Dumas. Dans une aulre expérience, Kaler ne trouva que 1/221, et il crut devoir prendre le ternie moyen de ces deux résultats pour mesure définitive; mais il est bien probable que, dans le premier cas, il avait examiné un globule du sang dans son état naturel, tandis que, dans le second, il avait mesuré un de ces globules dépouillé de sa matière colorante ou un des globules albumineux dont l'occasion de parler se présentera tout à riieure, et dont le diamètre est effectivement beaucoup plus petit. Du reste, le capitaine Kater employa un microscope dont le pouvoir amplifiant n'était que de 200 diamètres, ce qui diminue beaucouji les chances d'exactitude dans la mesure d'objets aussi minimes. Les expériences de Bauer ont été faites au moyen du micromètre ordinaire, et l'on peut avancer sans crainte qu'elles-ne sont pas exactes, à cause de la nature même de cet instrument; en effet, le globule que l'on place sur le micromètre, et les divisions de cet instrument, ne peuvent pas être simultanément au foyer de l'objectif. Quant aux observations <le Jurine, elles sont évidemment erronées, et celles du docteur Young ayant été obtenues à l'aide de l'érinomèlre, on ne peut en parler avec connaissance de cause, car cet instrument ne se trouve point dans les cabinets de physique.
La structure des globules du sang a également donné naissance à plusieurs opinions dissidentes; mais ici encore les recherches de Prévost et Dumas ont nonseulement jeté un nouveau jour sur ce sujet, mais ont fait connaître la cause probable de ces différences. Leuwenhoeck, Fontana, Home, etc., ont figuré ces globules comme étant des sphéroïdes portant une tache lumineuse. Dclla Torre et Styles, ayant aperçu un point noir dans leur centre, pensèrent qu'ils avaient une forme annulaire; enfin Hewson les regardait comme étant des vésicules aplaties et renfermant dans leurintérieur un corpuscule central. Prévost et Dumas ont trouvé qu'en observant ces globules avec une lentille très-faible, ils présentent l'aspect d'autant de points noirs, qui, examinés avec un instrument plus puissant, prennent l'apparence d'un cercle blanc, au milieu duquel on voit une tache noire; enfin ce point central, au lieu d'être opaque, devient une tache lumineuse lorsque le pouvoir amplifiant du microscope a atteint ô ou 400.
Il résulte aussi des travaux de ces physiologistes, que les globules du Sang sont composés (comme l'avait pensé Hewson) d'un sac formé par la matière colorante, et d'un corpuscule central, semblable, par son volume, aux globules qu'on trouve dans le lait, le pus, le chyle, etc. Dans l'état ordinaire, cette sorte de vessie est déprimée, de manière que l'assemblage prend la forme d'une pièce de monnaie, avec un |)etit renfienient au milieu. Pour les globules circulaires, ceci paraît clairement prouvé; mais, quant aux particules elliptiques, « il existe, ajoutent ces auteurs, quelques difficultés ; cela tient à ce que la petite sphère est déjà enveloppée d'une aulre substance fixée autour d'elle, et que ce système roule dans la vessie de matière colorante, comme la sphère simple dans les autres cas. »
D'après les figures qui accompagnent ce mémoire, et d'après les dessins qui en font partie, on voit que chez tous les animaux à globules sanguins circulaires, ces corpuscules centraux et incolores sont de la même grandeur, quel que soit le volume de leur enveloppe de matière colorante. Chez le Callilrlche, comme chez la Chèvre, leur diamètre est de 1/300 de millimètre (M. Edwards; Mémoire sur la structure intime des tissus organiques, Ann. des Sciences nat. , t. ix, pi. 50, fig. ô à 8). Chez les animaux dont les globules du Sang sont elliptiques, on n'obtient pas d'abord le même résultai, ù cause de la disposilion dont il a été question plus haut. Le noyau central paraît également ellipti(|ue et d'un volume plus ou moins considérable; mais si, à l'aide d'un acide affaibli, on détermine la dissolution de l'enveloppe extérieure sans détruire le noyau central, on trouve celui-ci circulaire et à peu près semblable à ceux des Mammifères. C'est à sir E. Home que l'on doit la découverte importante de l'identité de ces globules et de ceux qui constituent la fibre musculaire. Prévost et Dimias ont confirmé celte obseivalion, et celles que Milnc Edwards a faites de son côté tendent à démontrer que la même analogie existe entre les globules en question, ceux qui se forment toutes les fois que l'albumine ou la fibrine passent de l'état liquide à l'état solide, et ceux (pii constituent les divers tissus organiques des animaux (f^. Organisation). Quant à la structure intime de l'espèce de sac qui est formé de matière coloranle et qui entoure les globules, on ne sait encore rien de précis. D'après Prévost et Dumas, c'est une sorte de gelée facile à diviser, et insoluble dans l'eau; enfin, s'il était pei mis de se guider seulement d'après l'analogie, on pourrait croire que ce sac est formé à son tour de corpuscules globuleux. En effet, l'examen de la matière colorante des Mélanoses et de celle du Sang séparée des globules fibrineux, a montré que celle substance affecte aussi une forme primitive globulaire, mais que ses corpuscules sont beaucoup plus petits que ceux de l'albumine, de la fibrine, etc. Cela expliquerait l'observation de Hewson, (|Ui trouva que lorsque le Sang commence à se putréfier, la surface externe de ces vésicules prend une apparence framboisée; fait dont l'exactitude a été reconnue dernièrement par Hodgkin et Lister, deux médecins qui se sont occupés de l'étude microscopique du Sang et des tissus, mais qui, en général, ne sont pas arrivés aux mêmes résultats que Hooke, Leuwenhoeck, Swammerdam, Stuart, Prochaska, W'enzcl, Home, Prévost et Dumas, Dulrochet, etc.
Lorsque le Sang, soumis à l'examen microscopique, est encore renfermé dans les vaisseaux d'un animal vivant, les globules n'ont d'autre mouvement que celui qui leur est imprimé par le liquide dans lequel ils nagent; mais lorsqu'on en extrait quelques gouttes, et qu'on les place sur un porte-objet, ces particules paraissent s'agiter vivement. Peu d'instants après que le Sang a cessé de circuler, il perd sa fluidité et se transforme en une masse molle. L'attraction qui maintenait la substance rouge autour des globules blancs ayant cessé, ceux-ci tendent à se réunir en manière de chapelet, et à former ainsi un réseau dans les mailles du-
«luel se Irouvtnt renfermées la malière colorante libre et une grande quanlilé de parlicnles échappées à celle décomposition spontanée. Peu à peu la majeure partie du liquide dans lequel nagent les globules, s'échappe de celle masse, et le Sang se sépare ainsi en deux parties distinctes : l'une liquide, jaunâtre et transparente, qui est le sérum; l'autre solide, molle, gélatineuse, opaque et d'un rouge foncé, qui porte le nom de caillot. Les proportions relatives de ces deux éléments du
Sang peuvent varier dans le même animal suivant les circonstances où il est placé; mais elles varient aussi d'un animal à un autre, et, chose digne de remarque, il existe presque toujours un certain rapport entre la quanlilé des globules et la chaleur développée par l'animal. C'est ce qu'on peut voir par le tableau suivant, dans lequel Prévost et Dumas ont rapporté le résultat des expériences qu'ils ont faites à ce sujet.