‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 32 sur 76 · Une ou deux gouttières; péristome généralement continu · texte numérisé non relu

Une ou deux gouttières; péristome généralement continu

CocuLODiRE, Cochlodina, il est divisé en Pupoïdes. en Trachéloldes, en Anomales el en Clausilies.

Tel est l'ensemble du système de Férussac pour les Escargots; divisés en quatorze sous- genres, ils sont distribués en quarante et un groupes. On a dû s'apercevoir que dans renonciation des caractères des sousgenres, il y avait quelquefois des choses inutiles ou contradictoires, et c'est surtout dans la sous-division des Inclusœ Folutalœ Helicoides, car il faut nécessairement ces trois mots pour la désigner, que nous avons remarqué cela plus particulièrement pour le quatrième sous-genre des llélicodontes ; les caractères sont : bouche dentée; ombilic couvert ou visible; toutes les Coquilles en général el les Escargots conséquemment qui ont le même mode d'accroissement, ne peuvent être que dans ces deux circonstances, d'un ombilic ouvert ou d'un ombilic fermé ou non existant; si c'est une règle générale, elle ne peut s'appliquer particulièrement à une sous-division d'une manière aussi vague. Il reste donc pour véritable caractère à ce sous-genre d'avoir la bouche dentée. Monlfort a établi aussi plusieurs genres d'après ce seul caractère essentiel; tels sont les Capraires, les Polyodontes, les Cépoles. Nous

avons donc quelque raison de dire que Férussac a employé les mêmes moyens de division que ses prédécesseurs. En voilà déjà un exemple. Dans le sous-genre suivant, nous trouvons pour caractères : coquille carénée, quelquefois conique; ombilic couvert et visil)le. Ce dernier caractère est aussi peu essentiel pour ce sous-genre que pour le précédent, et d'après les mêmes motifs, la véritable distinction du groupe est donc dans ceci : coquille carénée, quelquefois conique. Ces caractères ont été également employés par Monlfort pour son genre Carucolle. Voilà un second exemple de ce <iue nous avons dit précédemment. Passons au sousgenre suivant qui est le sixième, et pour en examiner la plirase caractéristique, nous la rappellerons dans son entier ; ombilic découvert; coquille surbaissée ou aplatie; péristome réfléchi, simple ou bordé; ombilic rarement niasqué ou couvert, mais alors le péristome étant simple ou bordé. Nous trouvons en tète de la phrase ; ombilic découvert, et dans le milieu, ombilic rarement masqué ou couvert, ce qui fait deux membres de phrases en contradiction, car s'il est essentiel au sous genre de renfermer des Coquilles ombiliquées, il lui est donc essentiel aussi d'en contenir qui ne le sont pas ; il aurait été plus simple de dire, ombilic découvert ou rarement couvert; mais on aurait senti plus facilement le vague et l'insuffisance de ce caractère qui, déjà, se trouve aux deux sous-genres précédents; celte même phrase montre encore une partie entièrement iimtile. Nous trouvons : péristome réfléchi, simple ou bordé; et plus bas ; le péristome étant simple ou bordé; il nous semble que la première partie de la phrase contenant la seconde tout entière, celle-ci devenait inutile; en ôlant tout ce qui n'est pas nécessaire à cette phrase, on réduit les caractères à une plus simple expression que voici : ombilic couvert ou découvert ; coquille surbaissée ou aplatie; péristome réfléchi, simple ou bordé. Nous retrouvons à peu près les mêmes caractères pour le genre Zonite de Blonlfort, ou HélJcelle de Lamarck. Deshaies, de qui cet article est emprunté, ne pousse pas plus loin l'examen de ce système, ce qui vient d'élre dit devant suffire pour le faiie apprécier à sa juste valeur, et surtout pour prouver ce qui a été avancé précédemment, que Férussac avait employé les mêmes moyens que ses prédécesseurs pour arriver à des coupes, si ce n'est entièrement semblables, lout au moins fort analogues. Aussi y a-t-il peu de savants, s'occupant de la science pour son avancement, qui adoptent entièrement et de bonne foi celle méthode, après l'avoir soumise à un examen ligoureiix et impartial ; il n'en reste pas moins à l'auleur le mérite d'avoir donné, dans son ouvrage, un grand nombre d'espèces nouvelles, et d'avoir montré des rapports jusque-là inconnus.

Les Escargots que l'on trouve partout autour de soi, ont été les piemiers Mollusques soumis aux recherches des anatomistes. Sévérinus, Murait et Uarderus ont cherché à donner quelques notions sur l'organisation intérieure de ces animaux, mais leurs travaux se ressentent, et de l'imperfection des moyens qu'ils purent mettre en usage, et du peu de connaissances que l'on avait alors en analomie comparée.

liai ajouta quelques notions aux connaissances ac-

quises sur ces Mollusques ; il remarqua surtout le mode de régénération de ces animaux, leur accouplement réciproque, en un mot, leur hermaphroditisme complet; ce mode extraordinaire d'accouplement avait été, à ce qu'il paraît, observé depuis longtemps par les Persans, car le mot Nermadech, employé pour les Escargots, veut dire Homme et Femme, ou, pour mieux dire, exprime que chaque individu porte les deux sexes ( f . la 7<^ livraison des Mollusques terrestres et fluviatiles, par Férussac). Redi mit ce fait hors de doute par les figures qu'il donna des organes de la génération auxquels il en ajouta quelques autres ; mais ces figures incomplètes, et d'ailleurs trop grossières pour donner une idée satisfaisante des parties, ne méritent pas de nous arrêter pour discuter ce qu'elles renferment. Swammerdam, dans son £iblia naturce, publia aussi une analomie des Escargots; il y commit quelques erreurs, mais son travail est bien plus complet que ceux qui l'avaient précédé , et même que celui de Lister qui le suivit. On peut dire qu'avant les travaux de Cuvier et des anatomistes modernes, le travail de Swammerdam était le seul que l'on pût étudier avec fruit. Lister donna, dans son Synopsis conchyliorum, deux planches avec leur explication sur l'anatomie des Escargots; on voit, comme l'observe Cuvier, qu'il prit les glandes salivaires pour un épiploon, la vessie pour un testicule, et la langue pour une trachée-artère.

Cuvier, auquel presque toutes les parties de la zoologie sont redevables d'excellents travaux, donna aussi sur les Mollusques une suite de précieux Mémoires, parmi lesquels il s'en trouve un consacré à l'anatomie de la Limace et du Limaçon. Des procédés analomiques plus parfaits que ceux employés par les anciens, de vastes connaissances en anatomic comparée, mettaient Cuvier à même de faire un travail fondamental; on peut dire qu'il est aussi parfait qu'on peut le désirer, puisqu'il a fait connaître l'organisation des Escargots dans les plus petits détails; aussi ce sera d'après lui et d'après les travaux de Blainville que nous décrirons les parties principales de l'organisation de ces animaux.

Des expériences nombreuses ont été faites sur les Escargots ou Hélices. Les plus curieuses, et qui ont eu les résultats les plus extraordinaires, sont celles des sections totales de plusieurs parties qui se sont reproduites ou régénérées après un certain espace de temps. C'est Spallanzani le premier qui a avancé qu'on pouvait couper la léle aux Escargots et qu'elles en reproduisaient une nouvelle; ce fait annoncé d'une manière positive par un expérimentateur aussi habile, a été contredit par Adanson i|ui répéta ces expériences sur plus de quinze cents individus; il prétendit que cela ne réussissait qu'autant qu'on n'enlevait que les lèvres ou la partie supérieure de la tête. L'opinion d'Adanson fut confirmée par Cotte, dans un article inséré dans le Journal de Physique, 177^, T. m. Ses expériences eurent pour résultat que les Escargots ne reproduisaient pas leur tête tranchée tout entière, et elles servirent à démontrer que ces animaux peuvent rester très -longtemps sans manger. Valmont de Bomare, après plus de cinquante expériences infruclucuses, prétendit, comme Adanson, que la reproduction de la léle ne se faisait

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pas. Cependant Bonnet, un peu plus tard, publia aussi le résultat de ses expériences qui furent plus heureuses et qui ne laissèrent plus le moindre doule sur la véracité de celles de Spallanzani. Ce Mémoire de Bonnet fut publié dans le Journal de Physique, T. x; il l'accompagna de figures qui représentent et les parties amjiutées, et les parties reproduites. On voit par cela seul que, dirigeant son incision d'arrière en avant, il détachait les tentacules, la masse buccale et une petite portion du pied ; il est fort curieux de suivre les progrès de cette reproduction qui se fait par une sorte de végétation, laquelle n'arrive à son terme qu'après un temps plus ou moins long, et surtout lorsque l'animal a été placé dans des circonstances favorables, conditions sur lesipielles Bonnet insiste beaucoup avec raison, car d'elles seules dépend la réussite des expériences.

Un petit traité de Cochliopérie, par George Tarenne, a été publié en 1808. On trouve, dans ce jietit ouvrage, des expériences qui confirment complètement celles de Spallanzani et de Bonnet, et qui sont même plus concluantes, en ce que la partie retranchée esl plus considérable et mieux connue dans son anatoraie. Kous allons les examiner un peu plus en détail. Tarenne, après avoir insisté d'une manière particulière sur l'indication des circonstances favorables où il fallait placer les Escargots mutilés, circonstances qui doivent faciliter la nulrilioji de l'animal, ce que Spallanzani et Bonnet ne disent pas quoiqu'ils aient obtenu des résultais analogues, indique de quelle manière il pratiquait l'excision de la léle; armé de ciseaux bien tranchants, il les plaçait perpendiculairement derrière les grands tentacules et sous le pied, et les fermant subitement, il enlevait d'un même coup les quatre tentacules, la masse buccale tout entière, et ce (|ui est plus étonnant, le ganglion cérébral. Celle opération faite sur deux cents individus, il les plaça dans un lieu ombragé et humide au fond d'un jardin ; toutes celles qu'il retrouva à la fin de la saison avaient reproduit une petite tète, assez semblable, dit-il, à un grain de Café; celte tête avait quatre tentacules fort petits, des lèvres et la mâchoire; l'année suivante il les vit avec la léte entièrement reproduite, aussi grosse qu'elle l'était avant l'anipulation, revêtue cependant d'une peau lisse, évidemment cicatrisée; dans quelques individus, on pouvait facilement voir le lieu de l'excision, qui se trouvait mar(|ué par une ligne enfoncée. Ces expériences , qui confirment celles de Bonnet , et qui sont plus étonnantes encore parla masse considérable de parties enlevées, manquent d'une dernière preuve, l'anatomie des parties reproduites qu'il faudrait faire comparativement avec celle de la tête amputée. On dqit néanmoins être convaincu que la tète des Escargots a l'étonnante propriété de se régénérer tout entière et dans toutes ses parties. Cependant Blainville conserve quelques doutes qu'il expose de la manière suivanle : » Nous concevons difficilement comment il se peut que les filets nerveux, les muscles, les vaisseaux qui ont été coupés dans le milieu de leur longueur, se raccordent avec les portions qui poussent de la léle, devenue une sorte de bourgeon, ou bien, en adnietlant que la régéuéralion partirait

des filets nerveux et musculaires eux-mêmes, comment les filets nerveux, par exemple, pousseraient et donneraient naissance au cerveau? » Il est bien certain qu'on ne peut répondre à ces questions d'une manière satisfaisanle; on ne le fera, comme nous le disions précédemment , qu'en montrant des analoniies bien faites et comparatives des parties.

Nous allons maintenant examiner l'organisalion des Escargots et d'abord en décrire les formes extérieures. Pour s'en faire une idée juste, dit Cuvier dans le Mémoire que nous avons cité, il faut se figurer une Limace dont le manleau a élé fortement distendu et aminci, dont les viscères ont été chassés en partie hors du corps dans cette espèce de sac. et que ce sac est revêtu d'une coquille lurbinée : on aura presque changé la Limace en Escargot.

Dans les Escargots, nous avons trois choses à considérer, la tête et le pied ou ce que l'on nomme le corps, le collier et la masse viscérale ; le corps est demi-cylindrique en dessus, plus épais dans son milieu et antérieurement, plus large et plus aminci postérieurement, où il se termine par un prolongement charnu, en forme de langue; c'est la partie postérieure du pied; en dessous, il est plat partout, essentiellement musculeux, et surtout à sa face inférieure où les fibres, confondues avec la peau, sont destinées à opérer la progression. Le l)lan musculeux a reçu le nom de pied ; il s'étend depuis l'extrémité postérieure jusque sous la têle, dont il est séparé cependant jiar un sillon profoiul; il est lisse en dessous, rugueux en dessus, et surtout à la partie antérieure où l'on voit un grand nombre de tubercules saillants, dont on remarque sur le dos une rangée moyenne; sur les parties latérales du pied, ainsi qu'à sa portion postérieure, ils sont moins saillants; la partie antérieure ou la tête est arrondie, séparée du pied par un sillon, mais confondue avec le col; elle porte quatre tentacules dont les deux supérieurs sont les plus grands; ils ont la propriété d'être complélemenl ré- Iracliles, en quoi ils diffèrent de ceux de beaucoup de Mollusques; ces tentacules sont terminés par un léger renflement arrondi, lequel offre, dans son milieu, un point noir qui est l'œil; les tentacules inférieurs, plus courts et plus grêles ont la même forme, sans avoir le point oculaire. Quelques personnes pensent qu'ils sont destinés à l'organe de l'olfaction. Entre les deux tentacules inférieurs, on voit un enfoncement un peu froncé, sub-triangulaire; il indique l'orifice de la bouche; en dessous et de chaque coté, il y a un appendice aplati, ce sont les appendices buccaux. Ouel(|uefois, à la partie externe de la hase du tentacule droit, on voit, avec assez de facilité, une petite fente indiquée par un léger renllemenl; c'est là que se terminent les appareils de la génération.

La masse des viscères conlenns dans une coquille spirale est spirale elle-même; celte coquille la couvre et la protège, car la peau extrêmement mince qui la recouvre, aurait été insuffisante pour la garantir des chocs extérieurs; un pédicule plus ou moins long, selon les espèces, mais ordinairement assez court, lui sert de supjiort et de lien avec le corps proprement dit; ce pédicule naît vers la partie moyenne el anléricure du

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dos. Ce pédicule est de loule paît ciilouié U'im anneau charnu, dont une partie est intérieure; c'est au milieu de cet anneau qui porte, dans les Escargots, le nom de collier et celui de manteau dans tous les autres Mollusques, que passe le coips, lorsque l'animal veut rentrer dans sa coquille. C'esf aussi ce collier qui borde l'ouverture de la coquille et même qui en fait la sécrétion. C'est dans le collier latéralement et à droite que se trouve l'ouverture pulmonaire, et un peu en arrière de celle-ci, l'orifice extérieur de l'anus qui a la forme d'une fente verticale.

Si, comme Férussac le propose, on réunit dans un seul et même genre, toutes les Coquilles terrestres dont les animaux sont, du moins à ce que l'on pense, absolument semblables ou peu dissemblables, on trouvera dans les coquilles presque toutes les formes des autres Mollusques, depuis la plus surbaissée ou planorbique jusqu'à la plus élancée ou turriculée; mais débarrassés des genres qu'on veut y joindre et tel que nous les considérons, les Escargots présentent des coquilles lilanorbi(iues, plus généralement globuleuses et quelquefois trochiformes, ayant l'ombilic ouvert ou fermé, des dents à la columelle ou sans dents; un péristome bordé ou simple, armé de dents ou de lames, ou lisse dans son contour. L'accroissement des coquilles des Escargots se fait de la même manière que dans tous les Mollusques ; c'est au moyen du manteau que les lames s'ajoutent de dedans en dehors, les unes aux autres, jusqu'à ce que la coquille soit arrivée à son état complet; alors l'animal ne fait plus que l'épaissir. Lorsque l'on a discuté la question du mode d'accroissement des coquilles, il y a eu deux opinions : la plus généralement admise fut celle de Réaumur qui démontra, par une suite d'expériences faites sur les Escargots, que la coquille se formait par su|ierposilion de couches ; l'autre, qui étail celle de Klein, mais qui avait peu de sectateurs, était fondée sur des hypothèses ou sur des rapports fort éloignés entre la coquille et les os des Vertébrés. Dans cette opinion, on croyait que la coquille prenait ses accroissements comme un os, par des vaisseaux qui s'y distribuaient; mais cette opinion est évidemment fausse, tandis que la première, celle de Réaumur, est restée la seule conforme aux faitsetconséquemment à la vérité. Cette opinion de Réaumur est aujourd'hui hors de discussion, et nous ne l'aurions même pas mentionnée, si les Escargots n'avaient servi dans ce temps à argumenter pour et contre. Nous aurons occasion , à l'article Mollusques, de revenir sur cette question.

La peau des Escargots est rugueuse; les tubercules qui la couvrent sont séparés entre eux par des sillons l)lus ou moins profonds, qui probablement sont destinés à répandre à la surface le mucus qui doit la lubrélier. Celte peau, constamment humide, est molle, extrêmement sensible dans toutes les parties qui i)euvent sortir de la coquille, et essentiellement musculeuse comme celle de tous les Mollusques. La peau des tentacules parajt plus sensible encore que celle du reste du corps ; elle est plus fine et reçoit des filets nerveux assez considérables, La paire supérieure, comme nous l'avons dit, porte le point oculaire à leur extrémité. Swamnierdam, qui a fait l'anatomie de ces yeux, prétend y

avoir trouve toutes les parties nécessaires à la vision; cependant on sait que l'animal ne se gare des corps environnants, que quand il les a touchés avec ses tentacules. La démarche des Escargots, la manière dont ils portent leurs tentacules en avant pour explorer les corps environnants , fait penser que s'ils ne sont point aveugles, ils ne reçoivent que' faiblement les impressions de la lumière. Les tentacules inférieurs paraissent plus particulièrement destinés au tact. Blainville pense que ce sont des organes olfactifs ; et il s'appuie, pour rendre cette opinion probable, de ce que les Escargots, aussi bien que les Limaces, sont attirés par l'odeur de certaines plantes qui leur plaisent. On n'a pas la preuve directe que ces parties servent à cette fonction. D'autres personnes ont pensé qu'une peau muqueuse et molle comme celle de ces Mollusques pouvait tout entière servir d'organe de l'odorat, ce qui n'est encore qu'une conjecture. Les Escargots sont insensibles au bruit, ce qui prouve qu'ils n'ont aucun organe destiné à l'audition.

Le système musculaire peut être divisé en général et en spécial; le général est distribué à la peau, il est si intimement confondu avec elle qu'on ne le reconnaît guère qu'à la faculté contractive de cette enveloppe; les fibres du plan locomoteur sont plus nombreuses et plus distinctes; aussi cette partie de la peau est-elle plus épaisse. Les fibres sont distribuées en faisceaux courts et longitudinaux. Les autres muscles, destinés à des mouvements spéciaux, ont pris leur point priucipal d'attache sur l'endroit Kplus solide de la coquille, la columelle. In muscle principal qui retient fortement l'animal à la coquille est le muscle columcllaire; il suit la columelle pendant plusieurs de ses circonvolutions. Il est composé de plusieurs faisceaux charnus; le plus considérable se dirige vers la partie médiane du pied, où il se confond par son extrémité antérieure, avec les fibres du plan locomoteur. 11 est destiné, dans sa contraction, à reployer le pied et à le faire rentrer dans la coquille à travers le manteau. Ce muscle n'agit que quand les tentacules et la tète sont déjà reployés en dedans; une paire de muscles qui partent du columellaire, se dirige le long du col pour s'insérer de cha(|ue côté de la masse buccale; une autre paire de muscles qui ont encore leur origine au columellaire, se dirige vers les tentacules qu'elle tapisse à l'intérieur. Quand l'animal veut rentrer dans sa coquille, ces muscles n'agissent les uns qu'après les autres; ceux des tentacules commencent et font rentrer ces parties en les retournant sur elles-mêmes; ceux de la masse buccale se contractent ensuite et produisent sur la tête le même effet que ceux des tentacules, et c'est lorsque la tète est contractée que le muscle du pied achève d'entraîner toute la masse du cor|)s dans la co(iuille. Cependant ces mouvements peuvent être, jusqu'à un certain point, indépendants les uns des auties. Ce sont surlout ceux des tentacules qui le sont davantage, car la masse buccale ne se contracte pas complètement sans que les tentacules ne le soient eux-mêmes entièrement, et ceci suit une règle inverse lorsque ces parties se déploient; elles ne peuvent le faire (|u'au moyen des fibres circulaires des tentacules ou des autres parties cutanées. Un der-

iiîei- muscle ilislinct est celui qui du collier se dirige vers la verge.

Les organes de la digestion commencent à la bouche; celle-ci , placée comme nous l'avons indiqué précédemment, est ovale et un peu transversale; son bord supérieur est assez régulièrement plissé; il est armé en dedans d'un petR appareil dentaire nommé aussi peigne dentaire, parce qu'il en a assez la forme; il est corné et noirâtre, composé d'un nombre variable de dents, suivant les espèces; dans la cavité buccale et au fond , se trouve un petit bourrelet auquel on a donné le nom de langue, quoique cet organe ne soit point armé de pièces cornées, comme dans un très-grand nombre de Mollusques. Cette cavité reçoit l'action de la mâchoire qui est entraînée en arrière par un muscle particulier dans l'acte de la mastication. L'œsophage est petit et très-mince; il commence à la partie supérieure de la bouche, reçoit un peu après sa sortie de cette partie les vaisseaux salivaires qui sont fournis i)ar deux glandes granuleuses, qui s'appliquent le long de l'estomac; l'œsophage s'élargit bientôt et insensiblement en une capacité longitudinale, assez grande, terminée postérieurement par un cul-de-sac bien prononcé. Cette cavité est considérée comme l'estomac; ce viscère, qui se prolonge jusque vers l'extrémité de la spire, donne naissance latéralement à l'intestin; à l'endroit de la jonction, on voit des fibres circulaires, plus abondantes, qui pourraient être considérées comme un pylore. Cet intestin revient en avant après une circonvolution dans laquelle il est embrassé par le foie, gagne le plancher supérieur de la cavité de la respiration, et se termine dans le collier en arrière de l'orifice aérien. Le foie, divisé en trois ou quatre lobes, dont un remplit avec l'ovaire l'extrémité de la spire, est un organe brun, dont les produits de la sécrétion sont versés directement dans l'estomac par les vaisseaux biliaires qu'il fournit et qui s'y terminent entre le pylore et le cardia, par un canal unique. — L'organe de la respiration se compose d'une grande cavité qui, à elle seule, occupe presque entièrement le dernier tour de la coquille; elle est destinée à recevoir l'air directement, d'où la dénomination de cavité pulmonaire qu'on lui a donnée à tort, car elle ne renferme pas de véritables poumons , d'où encore la dénomination de Mollusques pulmonéspour tous ceux qui, comme les Escargots, respirent l'air en nature. Vers cette cavité, se dirigent toutes les veines qui naissent des différentes parties des viscères et du corps. Elles remplissent les fonctions de vaisseaux absorbants, comme cela a lieu dans tous les Mollusques. Ces veines, réunies en quatre troncs principaux , se voient la première et la plus considérable à côté du rectum dont elle suit la direction ; elle reçoit deux autres veines qui viennent des parties latérales du corps, et enfin une troisième qui passe au-dessous du cœur. Toutes ces veines se subdivisent de nouveau sur la paroi de la cavité de la respiration et remplissent conséquemmenl les fonctions d'artères pulmonaires. De l'extrémité capillaire de ces veines, naissent des vaisseaux qui se réunissent en troncs assez gros et qui forment simultanément un réseau vasculaire fort considérable; ce sont les veines pulmonaires qui, réunies en un gros tronc, se dirigent

vers l'oreillette qui transmet immédiatement le Uuidi' élaboré au cœur. Celui-ci est placé un peu obliquement ù gauche de la cavité respiratrice, et contenu dans une enveloppe particulière, qui est son péricarde. Il est composé de deux parties : une oreillette et un ventricule, qui sont placés bout à bout, séparés par un étranglement qui marque la place de deux petites valvules. L'oreillette est sensiblement moins épaisse que le cœur; ce dernier est épais, charnu, subtriangulaire; de son sommet naît un gros vaisseau aortique, qui se renfle un peu et se divise presque aussitôt en deux branches principales: la première, et la supérieure, est destinée à la masse des viscères, au foie, à l'ovaire, aux intestins, etc.; l'autre se dirige en avant, elle est destinée au corps proprement dit et aux parties qu'il renferme. Il est bien facile, d'après ce que nous avons exposé, de concevoir de quelle manière se fait la circulation qui, en général dans les Mollusques, est réduite à une grande simplicité. Les veines servent de vaisseaux absorbants; elles trouvent, dans les jiroduils de l'assimilation, les matériaux nécessaires pour réparer les pertes des sécrétions et des excrétions. Le Muide absorbé n'a probablement d'autre sanguification que celle qui résulte de son passage dans l'organe de la respiration ; il y arrive directement, et ce système veineux général se change, sans aucun intermédiaire, en système artériel pulmonaire qui se ramifie beaucoup, el donne origine aux veines pulmonaires qui se rendent à l'oreillette qui fournit au cœur le sang vivitié pour repasser dans le système général.

Le système nerveux, fort développé dans les Escargots, se compose d'Un ganglion cérébral ou cerveau, qui donne une assez grande quantité de filets ou de paires nerveuses; ce cerveau est placé sur l'œsophage un peu en arrière de la masse buccale; il parait divisé, dans la ligne médiane , par un léger sillon ; c'est sans doute cette apparence de division quia fait considérer ce ganglion comme composé de deux parties réunies. Des parties latérales naissent un grand nombre de filets nerveux, d'abord une fort petite paire est celle qui se rend aux tentacules inférieurs ; la seconde se dirige vers la masse buccale, une autre plus grosse va aux muscles propres de la masse buccale; le plus gros filet, parmi ceux qui ont leur origine à ce ganglion, est celui qui est destiné aux tentacules supérieurs ; après être entré dans l'étui ou sorte de gaine que forme le tentacule, il se tourne en spirale et se termine au point oculaire; après cette paire un nerf unique croit à droite, il est fort gros el destiné à l'appareil de la génération, auquel il donne un ganglion. Audessousde ce filet, et de chaque côté vers l'angleinféricurdu ganglion, on remarque trois petits filets : le premier se reploie sous l'œsophage, et forme avec son congénère un petit ganglion dont les filets suivent l'œsophage et l'estomac; les deux autres, extrêmement grêles, se rendent aux parties de la peau qui avoisine la bouche ; enfin, l'angle postérieur el inférieur se termine par deux gros cordons qui se dirigent en demi-cercle, au-dessous de l'œsophage, pour rejoindre un gros ganglion qui complète l'aïuieau nerveux qui se rencontre dans tous les Mollusques. Ce ganglion inférieur est spécialement destiné à fournir aux

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muscles, les nerfs nécessaires; c'est ainsi que lie sa face inférieure, il donne (rois gros filets qui se perdent immédialenient dans le pied; d'autres se rendent aux muscles rélracteurs des tentacules et de la bouche; mais un filet impaire qui gagne l'artère du pied, remonte en la suivant jusque vers le cœur, et de là les gros vaisseaux avec lesquels il se distribue surtout à l'estomac et au testicule; plusieurs autres nerfs sont destinés au collier et à la cavité delà respiration.

Pour terminer ce peu de mots sur l'analomie des Escargots ou Hélices, voici l'examen rapide des organes de la génération. Ils se composent très-distinctement de deux sortes d'organes, ceux du sexe mâle et ceux du sexe femelle. Le sexe femelle est composé d'un ovaire, d'un premier miducte, d'une deuxième sorte d'oviducle nommé matrice par les auteurs, et d'une vessie. L'ovaire n'est pas fort grand : composé d'un grand nombre de granulations, il est engagé dans le dernier lobe du foie, et remplit avec lui l'extrémité de la spire; il est pourvu d'un oviducle qui est blanc, mince, replié sur lui-même en zigzag et en différents sens dans toute sa longueur; il rencontre le testicule; il s'y attache et devient si mince qu'on a peine à le distinguer et à le suivre jusqu'à son entrée dans la matrice : on peut même dire qu'on n'a pas encore bien vu son orifice; la matrice ou la seconde partie de l'oviducte est beaucoup plus dilatée; elle forme des boursouflures assez nombreuses, dépendantes, à ce qu'il paraît, de la manière dont le canal déférent y adhère. Cette partie de l'oviducte est destinée à recevoir et à garder les œufs, le temps nécessaire pour les envelopper delà matière gélatineuse, ce qui a fait donner à cette partie le nom de matrice, quoique ce n'en soit véritablement pas une; l'orifice de cette poche se voit dans ce que Blainville nomme le cloaque des organes de la génération ; à côté de l'ouverture de l'oviducte, on trouve aussi celle d'une sorte de vessie , que l'on présume être destinée à recevoir la veige dans l'accouplement, mais sur laquelle on n'a pas les données nécessaires pour en connaître les fonctions. Un organe pair, qui s'ouvre également dans le cloaque, est celui que Cuvier a désigné sous le nom de vésicules multifides. Ces vésicules formées d'un grand nombre de canaux courts, cylindriques, fermés à l'extrémité libre, et aboutissant tous à un canal commun, ne sont point encore bien connues dans leurs usages. Cuvier pense, d'après la dénomination qu'il leur a donnée, que ce sont des vésicules séminales; Blainville croit, au contraire, que ce sont des prostates, parce qu'elles contiennent un liquide très-blanc.

Un testicule, un épididyme,un canal déférent, et une verge ou organe excitateur, sont les organes qui constituent l'appareil générateur mâle. Le testicule est fort grand, plus grand que l'ovaire; il est formé en arrière d'une masse ovale, homogène, blanchâtre et assez molle, que l'on trouve collée à l'oviducte, surtout à commencer dans l'endroit de la jonction des deux parties de l'oviducte. De ce testicule naît un organe variable pour le volume, suivant les époques où on l'examine; il est rugueux ou plissé; Cuvier le considère comme une continuation du testicule; Blainville

pense que ce peut être un épididyme. Cette partie se continue et se termine par un canal unique et lisse, sans pli, qui aboutit dans l'endroit où les deux parlies de la verge se rejoignent : c'est le canal déférent. La verge est fort grande , elle ressemble, dit Cuvier, à un long fouet; quoique non percée à son extrémité, elle est cieuse dans presque toute son étendue; dans l'état de repos elle est flottante dans la cavité viscérale; elle se compose de deux parties, l'une filiforme que nous venons oe mentionner et qui se termine par un trèspetit gonflement, l'autre plus considérable dans son diamètre et beaucoup plus courte que l'autre. La verge reçoit dans son intérieur et à la jonction de ses deux parties, l'orifice du canal déférent, qui y forme un petit mamelon percé d'un trou. Entre ce mamelon et l'entrée de la verge, dans la bourse commune, on voit, d'après Cuvier, deux sortes de valvules ou prépuces» dirigés vers l'entrée du réceptacle commun. Pour que la verge puisse remplir ses fonctions, elle est obligée de se retourner de dedans en dehors comme le font les tentacules ; elle est munie d'un muscle rétracteur propre, qui est destiné à la replacer dans la cavité viscérale pendant son état de repos. Un dernier organe dépendant de ceux de la génération, et que les Escargots possèdent seuls, c'est le dard et la bourse qui le contient. La bourse est une poche musculeuse. arrondie, placée au-dessus des vésicules multifides; dans son fond, il y a un petit mamelon charnu; sa cavité est fort étroite, partagée en quatre angles; ce mamelon et peut-être toutes les parois de cette cavité, sécrètent une matière calcaire, qui forme une pointe fort aiguë et quadrangulaire ; l'orifice de cette poche est placé au-dessus de celui de l'organe femelle, elle aboutit dans le cloaque. Le dard qu'elle conlient peut se remplacer, lorsque celui qui y est vient à tomber ou à être cassé; lorsque l'instant de la copulation approche, ces animaux s'excitent mutuellement, en se lançant ce dard sur le col où il reste quelquefois enfoncé; cette tige calcaire ne se trouve dans les Escargots, que vers la fin du printemps, lorsque le temps de l'accouplement est arrivé; il disparaît au commencement de la ponte.

Les Escargots se trouvent répandus sur toute la surface de la terre, depuis les zones glacées des pôles, jusqu'à l'équateur. Le plus grand nombre des espèces recherchent les lieux bas et humides, les autres s'exposent aux plus grandes ardeurs du soleil, sans paraître en souffrir; dans les climats tempérés, les Escargots en automne cherchent à s'abriter pour le temps de l'hiver, ils s'enfoncent en terre; quelques espèces ferment leur coquille, après y être rentrées, avec un opercule caduque, que l'on nomme épipbragme et qui est sécrété du collier, par couches; il est formé de molécules calcaires réunies par une grande quantité de matière muqueuse.

Tel que nous voulons le considérer ici, le genre Escargot restera comme l'a fait Lamaick dans son dernier ouvrage, en y ajoutant son genre CarocoUe qui n'en est point assez distinct. Il comprendra donc la pluliart des genres que Jlonlfort en avait fait sortir à tort, tels que les Lanisles, les Caprinus, les Ibères, les Cépoles, les Polyodontes, les Acaves et les Zonites. A l'exemple de Draparnaud et de Blainville, nous les grou-

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perons d'après les formes, et d'abord nous pourrons les diviser en deux coupes faciles à rcconnaîlre : celles qui sont carénées et celles qui ne le sont pas. Ces deux groupes se sous-divisent en plusieurs autres, comme nous allons le voir. Nous donnerons pour chacun d'eux des exemples pris parmi les espèces les plus répandues et notamment celles d'Europe.

§ I. Coquille dont la circonférence est constamment carénée ou subcarénée à tout âge.

t Espèces déprimées; carène dans le milieinles tours; ouverture dentée; un ombilic.

Escargot Labyrintoe. Hélix Labyrinthus, Chemnitz,Concbll.,tab.208,lîg. 1048; Lamk., Journ. d'Hist. nat., pi. 42, fig. 4 ; Carocolla Lahjrinlhus, Lamk., Anim. sans vert. T. vr, p. 90, n" 4. Coquille discoïde, orbiculaire, largement ombiliquée, lisse, de couleur brunâtre; son ouverture subquadrilatère est fort singulière par les sinus profonds que forme le périslome. Ces sinus, au nombre de trois, bouchent pre.sque entièrement l'ouverture, ou du moins la cachent en grande partie; les bords sont blancs, marginés et réfléchis. Celte Coquille, très-rare, vient des Grandes-Indes. Elle a un pouce et demi de diamètre.

tt Espèces déprimées, carénées dans le milieu; bouche dentée ; point d'ombilic.

Escargot aigc. Hélix aculissima; Carocolla aciitissiDia, Lamk., Anim. sans vert. T. vi, p. 95, n" 1; Heli.v acula, Encycl., pi. 402, fig. 1, a, b; Hélix Laviarchii, Férussac, Hist. des MoU., pi. 57, fig. 5. Coquille non moins rare que la précédente, discoïde, convexe des deux côtés, mais amincie vers le bord qui se termine par une carène extrêmement aigut;; elle est fauve et n'a point d'ombilic ; elle est couverte de stries très-fines, obliques, très-finement granuleuses; le péristome est réfléchi et inférieurement armé de deux dents. Celle Coquille habile la Jamaïque; d'après Férussac, elle a plus de deux pouces de diamètre.

ttt Espèces à carène médiane, sans dents à l'ouverture; un ombilic.

Escargot Lampe. Hélix lapicida, L., Gmel., p.ôOlô, n" 2; Lisler, Conch., lab. 09, fig. 08; Draparnaud, Moll. terrestr. de France, pi. 7, fig. 35, .30, 37; Carocolla lapicida, Lamk., Anim. sans vert. T. vi, p. 99, no IG. Petite Coquille assez communément répandue en France; elle est large de sept lignes environ, aussi convexe d'un côté que de l'autre ; à ombilic largement ouvert; la carène est assez aiguë; en dessus elle est tachetée de Hammules rougeàlres sur un fond corné cendré; en dessous elle n'a qu'une ligne assez étroite de cette couleur sur le même fond ; celle ligne est placée près du bord ; l'ouverture est blanche, ses bords sont continus ; la partie de la lèvre gauche, qui est ordinairement appliquée contre la Coquille, se relevant et se détachant comme dans les Cyclostomes.

tttt Espèces à carène médiane, sans ombilic et sans dents à l'ouverture.

Escargot Carocolie. Hélix Carocolla, L., Gmel., p. ÔGI9, n» 20; Lister, Conch., tab. 04, fig. 01 ; Chemnitz, Conch. T. ix, tab. 125, fig. lOUO, 1091. Coquille fort commune, discoïde, ayant six lours de spire assez écartés; la spire est un peu plus convexe en dessus

qu'en dessous; elle est d'un brun foncé, légèrement (;t irrégulièrement striée par des accroissements; l'ouverture est subtrigone, simple, blanche, ù bords réfléchis. Férussac la dit des Antilles.

ttttt Espèces à carène supérieure, c'est-à-dire plates en dessus, convexes en dessous.

Escargot scabre. Hélix Gualteriana, L.,Guallieri. Test., lab. 08, fig. e. Férussac, MoU., pi. 02. L'animal et la coquille. Carocolla Gualleriana, Lamk., Anim. sans vert. T. vr, p. 97, n» 7; Iberus Gualterianus, Monlf. Celle espèce, qui se trouve en Espagne, est trèsremarquable par les stries transverses et longitudinales qui se croisent sur toute sa surface, et qui la rendent toute raboteuse ; sa spire est tout à fait aplatie en dessus, en dessous elle est convexe, non ombiliquée ; sa carène est supérieure et saillante ; la lèvre est mince et renversée ; en dedans elle est blanc de lait, en dehors d'un roux cendré; son diamètre est de vingt lignes.

Dans ce groupe doit se ranger VHelix albclla de Draparnaud.

tttttt Espèces trochiformes , à carène inférieure ; c'esl-à-dire plates en dessous, convexes en dessus; ouverture carrée; bords tranchants.

Escargot Éi,ÉGAST.//f/(a:e/c^a«s,L., Gmel., p. 3642, n" 229; Chemnilz, Conch. T. ix, tab. 122, fig. 1045, a, b, c; Draparnaud, Hist. des Mollusques terr. de France, pi. 5, fig. 1, 2. Petite Cotiuille conique, fort semblable à un Trochusombiliqué; ombilic petit; ouverture quadrangulaire, àboids tranchants; carène aiguë, finement striée ; stries obliques et serrées; elle est blanche, avec une large bande brune sur la partie inférieure de chaque tour, immédiatement au-dessus de la carène.

§ 11. Coquilles dont la circonférence n'est point carénée, si ce n'est quelquefois dans le jeune âge.

t Espèces planorbiques, ombiliquées; péristome simple et sans dents.

Escargot Peso!^. Hélix Âlyyra, Lin., Gmel., p. 3615, no 11; Lister, Conchyl., tab. 79, fig. 80; Draparnaud, Hist. des MoUusq. terr. de France, pi. 7, fig. 58,59; Férussac, Hist. des Moll. terr. et fluv., pi. 81, fig. 1; Lamarck, Anim. sans vert. T. vi, p. 70, no 45. Coquille discoïde, fort communément répandue dans le midi de la France, convexe, déprimée, largement ombiliquée, chargée de stries fines et rugueuses supérieurement, lisses inférieurement; son épiderme est verdâtre, avec des nuances de jaunâtre; dépouillée de cette enveloppe, elle est toute blanche : diamètre, dix-neuf lignes.

•ft Espèces discoïdes, à péristome réfléchi ou bordé, avec ou sans dents; un ombilic.

Escargot de Qdimper. Hélix Quiutperiana, Fér., pi. 76, fig. 2. Coquille nouvellement découverte en France, dans les environs de Ouimper en Bretagne: c'est une des espèces qui ressemblent le plus à un Planorbe; elle est discoïde, aplatie ctombilicpiée; son péristome est blanc, mince et réfléchi ; elle est de couleur brune; son diamètre est d'un pouce environ.

Dans celle section doivent se classer les Hélix pyrenaica, zonata, obeoliita, elc.

ttt Espèces coniques, les tours de spire arrondis.

Escargot trocuiforme. f/elix Cool.iaiia, L., Gmel.. p. Ô042, no 2Ô0. Des iles de la mer du Sud.

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tttt Espèces globuleuses, non ombiliquiîes, le périslome épaissi.

Escargot tignero:». Hélix Pomalia, L., Gmel., loc. cit., p. 3027. L'une des plus communes de l'Europe lempérée.

ttttt Espèces ventrues, le dernier lour beaucoup plus grand que tous les autres réunis.

Escargot vésicai. Helije resicalis, Lamk., Anim. sans vert., G, part. 2, p. G5. De Madagascar.

ittttt Espèces demi-globuleuses, non ombiliquées; une dépression de la columelle dans l'endroit de sa jonction avec le bord.

Escargot H^MASToaE.//e/i'a;/iœ»ias/0)«a, L.,Gmel., loc. cit., ÔG49. De Ceylan.

On a trouvé des Escargots fossiles; ils indiquent des terrains d'eau douce. Brongniart en a déterminé sept espèces, dont deux se trouvent aux environs de Paris, et seulement dans les formations supérieures ; on en voit aussi dans les brécbes de Gibraltar et de Cérigo, et l'on y reconnaît particulièrement le Peson.

ESCARGODLE. bot. Du latin esca gulœ. Vieux nom français donne à divers Champignons mangeables, et qui est encore employé en diverses provinces pour désigner VJgaiicus procerus, le Boletus esculentus et le Meruliiis Canfharelliis. Ce dernier a aussi été quelquefois appelé Escaville ou Escarville.

ESCARLA^DE. ois. Syn. vulg. de Cujelicr. r. Pirii.

ESCAROLE ou SCAROLE, bot. r. Laitde.

ESCAT. POIS. Le Squalus Squatina, h. , dans l'ile d'Ivice. F. Squatise.

ESCAVILLE oc ESCARVILLE. bot. r. Escargouie.

ESCAYOLE. BOT. Nom vulgaire sous lequel on désigne, dans le commerce, les graines d'AIpisles. A'. Pha-

LARIS.

ESCHARBOT. BOT. L'un des noms vulgaires du y/opo natans. V. Macre.

ESCHARE. Eschara. poltp. Genre de l'ordre des Escharées, dans la division des Polypiers entièrement pierreux et non flexibles, à cellules foraminées, ayant les caractères suivants : Polypier presque pierreux, non Bexible, à expansions comprimées ou aplaties, lamelliformes, fragiles, simples, rameuses, clatlirées ou en réseau, couvertes sur toutes les faces, de cellules à parois communes, disposées en quinconce, et dont l'ouverture est en général plus petite que le corps. Les anciens naturalistes ont donné le nom à'Eschaia ou Escara à beaucoup de productions marines, principalement à des Polypiers. Linné ne l'adopta point dans son Sj'slema naturœ, et plaça la plupart des Eschares des auteurs qui l'avaient précédé, dans son genre Flustre. Pallas , peu partisan des noms nouveaux , crut devoir con&crver celui d'Escliara pour un genre dans lequel il réunit des Fluslres, des Cellépores, des Eschares et des Millépores. Le baron de MoU adopta en partie le genre -Esc/io/a de Pallas. Solander, dans Ellis, le rejeta ; et Gmelin le rétablit tel que Linné l'avait proposé. Cavolini, ayant observé les polypes de quelques Eschares de Lamarck,les considère comme des Millépores. En 1810, nous avons divisé les Flustres de Linné en plusieurs groupes; en 181G, Lamarck en a définitivement séparé les Eschares. En 1820, Lamouroux non-

seulement a adopté le genre Eschara de Lamarck, mais encore il en a fait le type d'un ordre, celui des Escharées; maintenant les Eschares forment donc un genre particulier adopté par Cuvier et par les naturalistes modernes. Les caractères que Lamouroux lui a attribués ne diffèrent presque point de ceux de Lamarck.

Les Eschares se distinguent des genres qui composent l'ordre des Escharées par leur forme, ainsi que par celle des cellules polypeuses qui les couvrent dans tous les sens. La tige [iresque articulée dans les Adéones, la forme en entonnoir des Rétépores , celle des Discopores, les cellules distantes des Diestopores, la longueur de celles des Obélies et des Celléiioraires, fournissent des caraclères nombreux pour ne pas confondre ces genres avec les Eschares. Ces Polypiers offrent toujours des lames plus ou moins comprimées, celluleuses; les cellules, régulièrement disposées en quinconces sur toutes les faces, sont accolées, à parois communes et séparées par une cloison parallèle aux lames; leur ouverture est presque toujours moins grande que leur intérieur; elle n'est jamais operculée comme dans les Fluslres; les ovaires particuliers aux Polypiers cellulifères n'ont pas encore été observés dans les Eschares ; enfin, ces Polypiers ont une consistance beaucoup plus solide que les flexibles, cependant ils n'ont jamais la dureté des Millépores, ni celle des autres Polypiers entièrement pierreu». Ils semblent se lier avec ces derniers i>ar les Ocellaires et les Krusenstcrnes; les Cellépores, si voisins des Celléporaires, les rapprochent des Polypiers flexibles. Ce genre n'offre-t-il point des affinités encore plus naturelles? Ne serait-il pas plus simple, plus méthodique et plus exact de ne faire qu'un seul ordre des Escharées et des Flustrées, et de lui donner pour caractères ; Polypiers à cellules accolées dans toute leur longueur ou dans une partie seulement, en général avec des parois communes, etc., pour les distinguer d'abord des Milléporées dont les cellules sont creusées, foraminées dans la substance même du Polypier, ensuite des Celléporées à cellules distinctes, isolées dans la plus grande partie de leur longueur et s'élevanten nombre plus ou moins considérable, d'une base commune, sans conserver entre elles aucune régularité dans leur situation? .Uors l'ordre des Escharées n'existerait plus, et beaucoup d'espèces, regardées comme des Eschares, seraient classées les unes parmi les Millépores, les autres parmi les Fluslres, et bien peu resteraient pour le genre Eschara, si même il en existait. Ce n'est qu'une hypothèse que l'observation seule des Polypiers avec les animaux vivants peut confirmer ou détruire ; en attendant, nous conservons l'ordre des Escharées et le genre Eschara, tel que Lamouroux l'a établi dans le tableau de son Exposition méthodique des genres des Polypiers, en grande partie d'après Lamarck.

Les Eschares se trouvent dans toutes les mers, en plus grand nombre dans les zones chaudes ou tempérées; leur grandeur n'est jamais très-considérable. Lamarck en a décrit un grand nombre d'espèces nouvelles; appartiennent-elles toutes à ce genre? Dans le doute, nous croyons devoir les cilcr textuellement, en attendant que l'on puisse les étudier sur la nature elle-

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même. Lamouroux a ajouté aux onze espèces de Laraarck une douzième dans son Exposition méthodique des genres des Polypiers. En voici les principales que nous citerons comme type :

EscB/vRE FOLIACÉ. Escham foHacea, Lamk.; Mille- ]>om foliacea, Gmel., Syst. Nat., p. 3786, n° 15; Ellis, Corail., tab. 30, fig. a, a, b, c. Cet Eschare est gigantesque eu égard aux autres espèces; il acquiert quelquefois jusqu'à un mètre (trois pieds) de grandeur en tout sens. 11 est formé de lames roides, fragiles, minces, Uécliies et réunies dans toutes les directions. Il est commun sur les côtes de France, et ne peut vivre qu'à une profondeur de quatre brasses au moins.

Eschare a bandelettes. Eschara fascialis, Pall., Eleuth., p. 42, n" 9, var. a; Ellis, Corail., p. 87, t. 30, fig. 0. 11 forme des touffes larges, élégantes, très-divisées et subcancellées. Les bandelettes sont comprimées, larges d'un centimètre environ. 11 habite la Méditerranée.

EscnARE LODÉ. Escliora lobata, Lamx., Gen. Polyp., p. 40, tab. 7-2, fig. 9-12. Eschare formant des expansions lamelliformes, simples, à bords ondulés ou lobés, couvertes de cellules subpyriformes, en séries |)resque rayonnantes. Couleur terreuse par la dessiccation, d'un rouge vif et tendre dans l'état de vie. Habite sur des Hydrophytes qui couvrent des rochers sous-maiins à quelques degrés de longitude orientale du bauc de Terre-Neuve.

ESCHARÉES. Eschareœ. poiyp. Ordre de la division des Polypiers entièrement pierreux et non Uexibles, à cellules perforées ou foraminées; ayant pour caractères ; Polypiers lapidescents, polymorphes, sans compacité intérieure; à cellules petites, courtes ou peu profondes, tantôt sériâtes, tantôt infuses. Tels sont les caractères que Laraouroux a donnés à l'ordre des Escharées ou Polypiers à réseau, dans son Exposition méthodique des genres de la classe des Polypiers; on les trouvera un peu vagues, il était impossible d'en donner de plus précis pour un groupe qu'il regarde comme tellement systématique que l'on est tenté à cha- (luc instant d'y faire des modifications et même de l'effacer du tableau pour placer les genres et les espèces qui le composent, les uns parmi les Flustrées, les autres avec les Milléporées. Dans l'état actuel de nos connaissances , l'on peut indiquer ces changements et attendre pour les effectuer de nouvelles observations faites sur les animaux vivants et non sur leur S(|uelette ou le Polyi)ier. Les Escharées renferment une partie seulement des Polypiers à réseau de Lamarck, les autres appartiennent auxCellulifèrcs. Lamonroux a réuni aux Milléporées, les Kétéporites, les Ovulites, les Luniles et les Orbulites que plusieurs naturalistes ont regardés comme des Mollusques, principalement Denys de Montfort. Ce dernier a décrit dans sa Conchyliologie Systématique des êtres dont l'organisation n'est pas encore bien démontrée; tels sont les genres Tiniporus, Sidérolites, Kumulithes, Lycophris, Rotalires, Égéon, Borelis, Milioliles, Clausulus et Discoliles; la plupart appartiennent aux genres déjà cités; les autres s'en rapi)roch('nl beaucoup.

Dans l'Exposition méthodique, l'ordre des Escharées

était composé des genres Adéonc, Eschare, Rétépore, Discopore, Diastopore,Celléporaire, Krnsensternc, Hornère et Tilésie. Dans le tableau des genres, les trois derniers sont classés dans le groupe des Milléporées, parce que leurs cellules ont la forme de trous creusés dans un corps solide, sans parois distinctes, et que ces cellules ne sont pas uniformément répandues sur toute la surface du Polypier. Ainsi l'ordre des Escharées est formé maintenant des genres Adéone, Eschare, Rétépore, Discopore, Diaslopore,ObélieetCelléporairc. f^. ces mots.

ESCHASMÈN'E. bot. Synonyme A- Hettysarum Onobrychis. V. Sairfoin.

ESCHEL. bot. Le Cornouiller sanguin chez les Aral)es. ESCUELETTE. ois. y. Écuelette. ESCUENBACHIA. BOT. Les Heurons marginaux de 1'^rigeron /Egxpliciiin offrent une telle nioditication de leur structure habituelle dans les aulres Érigerons, <iue Mœnch n'a pas hésité d'en séparer cette plante, et de constituer le nouveau genre Eschenbachia ; il lui donnait pour caractère principal, d'avoir les Ucurs marginales sans corolle ; mais cette absence n'est qu'apparente, puisque H. Cassini, qui a établi le même genre sous le nouveau nom de Dimorphantes , décrit ces Heurs comme ayant des corolles tubuleuscs, tridentées et tronquées au sommet. F. Érigerok et Dihorpbantes. ESCIISCHOLTZIE. Esihschoitzia. bot. Genre de la famille des Papavéracées, de la Polyandrie Tétragynic de Linné. Lors de l'expédition du capitaine Vancouver pour déterminer les positions de la côte nord-ouest de l'Amérique, deux botanistes, Menzies et Eschscholtz, furent commissionnés par le gouvernement anglais , pour accompagner le navigateur, et colliger tous les objets d'histoire naturelle qui leur offriraient un intérêt quelconque. Dans une relâche à Monte-Rey, en Californie, ils trouvèrent une plante qui leur parut devoir former le type d'un genre nouveau, et en effet, sur l'inspection de l'herbier, ce genre fut établi par Chamisso, qui le dédia à l'un des deux botanistes que nous venons de citer, et le caractérisa de la manière suivante : calice infère, entier, calyptriforme, décidu; quatre pétales insérés sur un i)édoncule, et formant une sorte de gobelet par leur réunion; étamines nombreuses, insérées à la base des pétales ; quatre stigmates, dont deux opposés, beaucoup plus grêles; péricarpesiliquiforme, uniloculaire, bivalve et polysperme. La création du nouveau genre fut admise par tous les botanistes ; mais l'accord ne fut point aussi unanime quant à la famille dans laquelle on devait le placer; c'est ainsi que De CandoUe crut , d'après l'apparente insertion périgyni(|ue des étamines, devoir considérer l'Eschschollzie comme une Loasée. Enfin, Douglas, dont les voyages ont été si profitables aux progrès des sciences naturelles, se trouvant en 182G aux sources de la rivière Multnomah, put faire une abondante récolte de plantes et de graines de l'Eschschollzie, et son premier soin fut d'en envoyer à la Société d'Horticulture de Londres. Dès lors disparurent les incertitudes dans lesijuelles on flottait relativement à la famille à la- (pielle appartenait la plante que, jusque-là, on n'avait l>u observer à loisir en complète végétation; il fut rc-

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connu qu'elle faisait décidéaieiil pallie des Papavéracées.

Sur les bords du Multnoniab, comme dans tous les Présklios de la Californie , depuis le ôS'- jusqu'au 43= degré de latitude, on trouve l'EschschoItzie formant, dans ces vastes prairies, d'énormes groupes d'un admirable feuillage que relèvent des fleurs d'un jaune doré, éblouissant; elles se succèdent sans interruption depuis le mois de juin jusqu'au retour des frimas. C'est donc réellement à Douglas qu'après trente-quatre ans d'attente, nous sommes redevables de la possession d'un brillant végétal qui paraît devoir se propager rapidement dans nos jardins, et y attirer longtemps notre admiration, car sa transplantation des lieux d'où il est originaire, dans nos climats dont la température n'offre qu'une différence à peine sensible, ne lui a rien fait perdre de ses précieuses qualités : ici, comme sur les rives sauvages du golfe de Certes, l'Eschscboltzie captive les regards par ses buissons annuels d'une magnifique verdure et parla quantité de fleurs que, pendant la plus grande partie de l'été et de l'automne, cbaque jour fait éclore. Ces fleurs sont malheureusement inodores; elles n'ont qu'une durée fort passagère, et souvent la moindre apparence de pluie suflît pour y mettre un terme; les pétales, quoique à peine développés, s'affaissent les uns sur les autres, et la corolle, par trop hygrométrique, ne se rouvre plus.

EscflscBOLTîiE DE LA Caiiforhie. Eschscholtzia Californien. Sa racine est assez épaisse, charnue, divisée; il s'échappe des blessures qu'on lui fait un suc jaune, laiteux et abondant. De son collet s'élèvent plusieurs tiges d'abord penchées, se relevant ensuite et donnant naissance à de nombreux rameaux striés comme elles. Les feuilles sont glauques, triternées, un peu épaisses, profondément découpées eu lanières étroites et obtuses. Les fleurs sont terminales, portées sur de longs pédoncules. Le calice est infère, caduc, en forme de cape ou de cône renversé, membraneux, inséré sur un rebord ou bourrelet charnu et crénelé. Les pétales, au nombre de quatre, sont entiers et taillés en forme de coin ; leur couleur est le jaune doré très-brillant, prenant, vers la base, une couleur orangée qui passe même au rouge très-vif; ils sont insérés sur une sorte de gorge ou de cavité qui termine le pédoncule. On aperçoit à la base de chaque pétale dix ou onze étamines qui y sont attachées sur un quadruple rang ; elles ont leur filament très court; leur anthère, placée par derrière, est sinuée, linéaire, biloculaire et longitudinalement déhiscente. L'ovaire occupe le fond de la cavité du pédoncule; il est cylindrique, maniué de dix stries, uniloculaire, composé de deux trophospermes pariétaux, opposés, polyspermes. Les stigmates sont linéaires, au nombre de quatre dont deux, parfaits, alternent avec les trophospermes, et deux autres, à demi avortés, leur sont opposés. Le péricarpe a la forme d'une silique à deux valves; sur les bords de chacune d'elles sont attachées les semences.

Pendant longtemps le genre Eschschollzic ne se composa que de celte seule espèce; Bentham vient d'y en adjoindre une seconde, qu'il a publiée dans les Transactions de la Société d'Horticulture, et qui, comme on va le voir, diffère bien peu de la première.

ESCHSCHOLTZIE A FLEUBS ORANGÉES. Eschscholtziu

crocea, Bent. C'est une plante herbacée, rustique, à racines épaisses et charnues. Les tiges qui s'en élèvent sont d'abord faibles et penchées ; elles donnent naissance à de nombreux rameaux striés, garnis de feuilles glauques, Iriternées , un peu épaisses, profondément découpées en lanières étroites et obtuses. Les fleurs sont terminales, portées sur de longs pédoncules : le calice est infère, caduc, en forme de cône renversé, membraneux, inséré sur un rebord ou bourrelet charnu et crénelé. Les pétales, au nombre de quatre, sont très-grands, entiers, cunéiformes et d'un rouge orangé très-vif, insérés sur une sorte de gorge ou de cavité qui termine le pédoncule. A la base de chaque pétale sont attachées en grand nombre et sur quatre rangs les étamines dont les filaments, très -courts, soutiennent des anthères linéaires, biloculaires , s'ouvrant longitudinalement. L'ovaire occupe le fond de la cavité du pédoncule; il est cylindrique, marqué de dix stries, uniloculaire. composé de deux trophospermes opposés, polyspermes. Les stigmates sont linéaires, au nombre de quatre, dont deux, parfaits, alternent avec les trophospermes, et deux autres, à demi avortés, leur sont opposés. Le péricarpe est une silique à deux valves, dont les bords sont garnis de graines.

L'EschschoItzie à fleurs orangées, aussi rustique que la précédente, ne craint point la rigueur de nos hivers; elle se plaît dans tous les terrains qui peuvent lui procurer un peu de nourriture; et ses fruits atteignent leur parfaite maturité, ce qui rend la propagation de ces plantes très-facile.

ESCHWEILÈRE. Eschweilera. bot. Genre de la famille des Myrtacées, établi par Marlius qui lui assigne pour caractères : calice à six divisions rétrafléchies et presque appliquées contre le tube; corolle à six pétales insérés sur le disque, ainsi que les étamines dont le nombre est de vingt; ovaire semi-infère, surmonté d'un style conique, terminé par un stigmate obtus. Le fruit consiste en une capsule operculée, déhiscente transversalement, à deux, quatre ou six loges ordinairement monospermes par avortement. L'Eschvveilère a GRANDES TECiLLES, Eschweileia grandifolitt, est un arbrisseau dont les feuilles sont oblongues, lancéolées, obtuses à la base, acuminées au sommet, très-entières, à nervures latérales distinctes en dessus, et relevées en dessous; ce dernier caractère surtout distingue cette espèce de la seconde qui est I'Escbweiière a petites FECiiiES, Eschtceitera parvifolia, Mart. Toutes deux sont du Brésil.

ESCLAVE. OIS. Espèce du genre Troupiale. On a aussi donné le nom d'Esclave à un Tangara de Saint-Domingue, dont Vieillot a fait le type d'un genre distinct. f^. Trobpiale et Tangara.

ESCL.AVE. Terapoii. pois. Sous-genre établi par Cu- Vier parmi les Perches. F. ce mot.

ESCLAVON. OIS. Suivant Latham, ce n'est qu'une variété de la Buse pattue. y. Faccon. C'est aussi le nom d'une espèce de Grèbe d'Europe. P\ Grège.

ESCOBÉDIE. Esvobedia. bot. Genre de la famille desScrophularinées de Brown, ou Pédiculairesde Jussieu, et de la Didynamie Angiospermie , L., établi par

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Ruiz et PavoM, et adopté par Kuiilh {IVoc. Gênera et S/iec. Plant, œqiiin., t. ii, p. 571) qui en a ainsi exposé les caiactèrcs : calice tubuleux, pentagone et à cinq dents ; coiolle ayant un tube beaucoup plus long que le calice, et un limbe plan, à deux lèvres, dont la supérieure offre deux, et l'inférieure trois divisions presque égales; quatre étamines didynaraes incluses, à anthères linéaires, sagittéeset aristées ùla base; sligmate en languette ridée et ondulée; capsule couverte jiar le calice, biloculaire et bivalve. On ne connaît encore qu'une seule espèce de ce genre, Escohcdia scabrifolia, Ruiz et Pavon (■>>■«<. Feg. Flor. Per., p. 139), et Kuntli (loc. cit., t. 174); plante herbacée à feuilles oi)posées et entières; à ûeurs blanches, très-belles, accompagnées de deux bractées, et solitaires au sommet de pédoncules axillaires. Elle croît sur les rochers de la république de Colombie, près de la ville de Mariquita. Les habitants lui donnent le nom A'jlsafran.

ESCOMEL. liOT. Même chose que Coulemelle, y. ce mot.

ESCOMPENO. POIS. Le Scorpœna Porcus est ainsi nommé sur les côtes de Provence, et particulièrement dans les marcliés de Marseille.

ESCOUliAUOE 00 OKEILLÈUE. BOT. Synonyme vulgaire d'yiguriciis aiiriciilata dans l'Orléanais où l'on mange, sans inconvénient, ce Champignon ailleurs réputé suspect.

ESCOLliLLE. OIS. Synonyme vulgaire de Milan, y.

FAUCOiV.

ESCOURGEON, bot. /'. Écobrgeow.

ESCUDES ET ESCUDETS. bot. Vieux noms de IV/fdiocotyle vtilyaris, empruntés de la forme des feuilles de cette plante, et encore emjiloyés pour la désigner dans quelques cantons méridionaux de la France.

ESCULAl'E. REPt. Espèce du genre Couleuvre. A', ce mot.

ESCULUS. bot. Espèce du genre Chêne. V. ce mot. 11 ne faut pas confondre Esculus avec Msculus, qui désigne, dans Linné, l'Hyppocastane.

ESCUMEL. BOT. Même chose que Coulemelle. F. ce mot.

ESENBECKIE. EsenbecUia. bot. Genre de Mousses de la famille des liryacées, établi par Bridel, avec les caractères suivants : coiffe en forme de mitre, presque entière; sporange égal à sa base, avec un opercule planiuscule, à bec, recouvrant l'orifice qui est rebordé; péristome double ; l'extérieur garni de seize dents insérées un peu plus bas que le rebord épaissi de l'orilice du sporange ; l'intérieur composé d'un même nombre de cils très petits, libres, peu distincts, alternants avec les dents du péristome extérieur. On ne connaît encore qu'une seule espèce de ce genre; elle a été apportée de Java.

Endiicher a donné à ce genre le nom de Caramtjila, dans la pensée qu'il existait déjà un genre Esenbccina; en effet, celui produit, sous ce nom, par le docteur Blume comprend aussi une plante de l'ile de Java ; mais cette plante est un arbre de cent vingt pieds d'élévation, et non une humble Mousse. Nous allons, quoiqu'il en puisse être, présenter ici sa description.

ESENBECKIE. Esenbcckia. bot. Genre de la famille

des Tiliacées et de la Polyandrie Monogynie de Linné, établi par Blume qui lui assigne pour caractères ; calice monophylle, coloré intérieurement, turbiné avant l'inflorescence; prenant ensuite la forme d'un vase, entouré d'un iuvolucre à trois divisions et caduc ; cinq pétales; étamines nombreuses , à filaments libres, à anthères géminées; ovaire pentagone, surmonté d'un style court et d'un stigmate capité, à cinq cotes; capsule ligneuse, à cinc] angles, à cinq loges et à cinq valves septifères intérieurement et recouvertes de soies dures et roides ; il y a, dans chaque loge, de trois à six graines attachées à la surface de la cloison. Albumen corné; embryon dressé; cotylédons foliacés. L'Esenbevkia allissima a le port de nos Chênes, les feuilles alternes, rétuses, ovales, très-entières, avec les pédoncules latéraux et multiflores.

Un troisième genre Esenbeckia a été produit par Kunth, et celui-ci ne comprend aussi qu'une seule espèce formant un arbre de moyenne élévation. Son calice est persistant, divisé en cinq parties; la corolle se compose de cinq pétales fort longs, très-ouverts, insérés sous le disque; les cinq étamines ont la même insertion; elles sont plus courtes que les pétales, et alternent avec eux; les filaments sont subulés, glabres, et les anthères cordiformes; l'ovaire est entouré d'un disque épais, en forme de coupe, avec cinq échancrures vers l'insertion des étamines; il est sessile, tubercule, à cinq lobes, et à cinq loges renfermant chacune deux ovules; le style, court, s'élève entre les lobes de l'ovaire; il est terminé par un stigmate capité. La seule espèce qui compose ce genre, porte le nom de Esenbeckia piiocarpoides. C'est aussi un arbre élevé, à feuilles alternes, simples, criblées de points pellucides, pétiolées et très-entières; les fleurs, accompagnées de bractées, sont disposées en grappes terminales.

Pour éviter la confusion que doivent nécessairement produire dans la méthode, trois noms semblables appliqués à trois plantes de genres différents, Sprengel a placé VEsenbeckia allissima dans le genre Thespesia de Corren, et VEsenbeckia piiocarpoides, dans le genre Pilocarpum de Valil.

ESERA. BOT. Synon. de Drosera cisliflora. f'. Dno-

SÈRE.

ESMARKITE. u^^. Synonyme de Chaux boratée siliceuse, y. ce mot.

ÉSOCE. Esox. POIS. Genre de la famille à laquelle il a doruié son nom comme type, dans l'ordre des Malacoptérygiens abdominaux, placé par Duméril parmi ses Siagonotes, division des Abdominaux. Ses caractères sont : une dorsale unique, située vis-à-vis de l'anale; la tète planiuscule supérieurement, comme terminée par un bec, avec les mandibules inégales, munies de fortes dents; la langue libre ; l'ouverture des ouïes fort grande; leurs opercules en partie écailleux, composés ordinairement de deux pièces inégales, de cinq à douze rayons à la membrane branchiostège. Ce genre, assez nombreux en espèces agiles et voraces, a été divisé, par les ichtliyologistes modernes, en plusieurs genres divers. Le Srnodus sous le nom d'Érythrin, y. ce mot; le Spitxrœna et le Lepidosteus, F. Sphyrène et Ltpi- DOSTÉE, ont été seuls adoptés par Cuvier; les autres sont

devenus, dans la Méthode de ce savant, de simples divisions, au nomliie de huit.

f Brochets, Esox. Les caractères particuliers de ce sons-genre consistent, selon l'illustre auteur de l'Histoire du Règne animal, en de très-petits intermaxillaires au milieu de la mâchoire supérieure, hérissés aussi hien que le vomer, les palatins, la langue, les pharyngiens et les arceaux des branchies, de dents en cardes. Sur le côté de la niâclioire inférieure est en outre une série de longues dents pointues, mais les maxillaires n'ont pas de dents; le bec ou plutôt le museau est oblong, obtus, large et déprimé. L'estomac, ample et plissé, se continue avec un intestin mince et sans cœcum, qui se replie deux fois; la vessie est trèsgrande. Deux espèces seulement paraissent former ce sous-genre.

ÉsocE Brocbet. Esox Lueiiis, Linné, Cm., Sj^st. Nat. xiti, 1, -pars. \\\. p. 1591 ; Bloch, pi. 32, Encycl. Pois. , pi. 174, fîg. 292. Trop connu pour que nous en donnions une description détaillée ou la figure, ce Poisson n'eu mérite pas moins que nous présentions une esquisse de son histoire : Requin des eaux douces, dit Lacépède, il y règne en tyran dévastateur; comme le Squale formidable au milieu des mers, insatiable sans appétit, il ravage, avec une promptitude effrayante, les viviers et les étangs; féroce sans discernement, il n'épargne pas même son espèce , et dévore ses propres petits; goulu sans choix, il déchire, il avale, avec une sorte de fureur, jusqu'aux restes des cadavres putréfiés. 11 est peu de Poissons sur lesquels on ait autant écrit, et sur lesquels on ail réuni plus d'observations, dit Bosc. Nous n'omettrons pas de citer le uom de ce savant, ainsi qu'on l'a fait ailleurs, en transcrivant les faits suivants. On sait que la première année le Brochet parvient à la longueur de huit à dix pouces, la seconde à celle de douze ou quatorze, la troisième à celle de dix-huit ou vingt. On en a vu de huit pieds, et ceux de cinq ne sont pas rares dans les grands lacs du nord de l'Europe et dans les grandes rivières du nord de l'Asie , tel que le Volga. Ce ne sont point ici des exagérations, des opinions établies sur des renseignements vagues. Willugby parle d'un Brochet qui pesait quarante-trois livres. Le docteur Brand en prit un dans ses terres, près de Berlin, qui avait sept pieds. Bloch a vu le squelette d'une léte qui avait dix pouces de large, ce qui donnerait au corps une longueur de huit pieds. Mais de tous les faits de cette nature, le plus remarquable et le mieux constaté est le suivant : en 1497, on prit à Kaisersiaulern, dans le Palatinat, un Brochet qui avait dix-neuf pieds de long, et qui pesait trois cent cinquante livres. On l'a représenté dans un tableau qui se conserve au château de Lautern, et l'on a vu longtemps son squelette à Manlieim. Il n'est pas constaté, selon nous, que ce Brochet, auquel les aneiens n'eussent pas manqué de donner le nom de Cétacé, eût été le premier Poisson jeté dans l'étang où il fut pris, par l'empereur Frédéric Barberousse lui-même, le 5 octobre 1262. L'histoire d'un anneau d'or ou doré qui jiouvait s'élargir, où était gravé une sorte d'acte de naissance, et dont on avait orné l'animal, afin qu'il put instruire l'avenir de sa noble origine, nous parait diffi-

cile à croire. Du reste, il semble que ce soit en raison de l'étendue des eaux qu'ils habitent, et conséquemment de la nourriture plus ou moins abondante qu'ils y peuvent trouver, que les Brochets acquièrent des dimensions plus ou moins fortes. Les lagunes des Landes aquitaniques où abondent diverses espèces d'innocents Cyprins, sont aussi rcmi>lies de nombreux Brochets, et les gros y dévorent les petits de leur espèce, ainsi que nous l'avons souvent observé. Kous avons même vu un individu de trois pieds de long dans l'estomac duquel on trouva un autre Brochet de dix pouces, et celui-ci contenait une petite Grenouille avec deux Ables. Cet animal fut péché dans l'étang de la Huco, situé au hameau de Saint-Magne, dans le département de Lot et Garonne. Jonston cite un fait à peu près semblable, mais le Brochet avalé contenait un Rat d'eau au lieu d'Ables et de Grenouille. On rapporte avoir trouvé jusqu'à des Canards entiers dans de gros Brochets, et La Chesnaye-des-Bois y rencontra le fruit armé de fortes épines de la Macrc. Quand la proie du Poisson vorace est d'une taille proportionnée à la grandeur de sa vaste gueule, il l'engloutit, ne se servant de ses dents que pour la saisir et la tuer afin de la pouvoir ensuite avaler sans résistance. Il use de cette précaution, parce que plusieurs de ses victimes, les Perches particulièrement, pourraient le blesser et même lui donner la mort en déchirant de leurs aiguillons les parois de son estomac. C'est ce qui arrive quelquefois aux jeunes Brochets inexpérimentés, lorsqu'ils avalejit des Gastérostées, dont les épines se redressant déchirent des parties essentielles à l'existence.— Sans arguer du Brochet de Kaisersiaulern, qui aurait vécu au moins deux cent soixante-sept ans, pour établir la longévité de l'Esoce dont il est question , il est certain que cet animal acquiert un grand âge lorsque rien ne s'y oppose. — Quand la proie saisie par le Requin des étangs est plus grosse que lui, il n'en avale d'abord que la partie la plus mince, et pendant qu'il en digère l'extrémité parvenue dans son corps, il attend patiemment que la putréfaction lui facilite la déglutition du reste. Cette manière de se nourrir est la même que celle des Boas, auxquels on eût pu comparer le Brochet aussi bien qu'au plus cruel des Sélaciens. Comme l'un et l'autre, courageux et puissant, le Brochet parait peu susceptible de crainte; attentif à observer les mouvements des Poissons qu'il cherche à dévorer, à peine paraît-il connaître le danger en méditant le meurtre, et souvent le pêcheur peut aisément saisir, avec la fouène ou avec la main, le ravisseur guettant ses victimes. Caché dans l'ombre, vivant indifféremment dans les eaux pures ou bourbeuses, il affecte une complète immobilité; on dirait que par le moindre mouvement il craint de se trahir en lançant les reflets d'argent et d'or que projettent les écailles brillantes de son ventre et de ses flancs. Cependant son œil, étincelant comme une pierre précieuse, le fait souvent apercevoir, quand les nuances sombres ou verdàtres de son dos lui permettraient de demeurer obscurément confondu parmi le feuillage aquatique, ou gisant sur le limon gras. La voracité du Brochet est telle, et cet animal se jette avec une si grande violence sur l'objet qu'il prétend saisir, que

souvent , après l'avoir morilii, il ne saurail plus làcliPiprise. Rondelet raconte qu'une Mule buvant dans le lîliône vis-à-vis un Brochet qui, sans doute, était en observation, celui-ci s'attacha si fortement à sa bouche par une morsure piofonde, qu'il n'abandonna la partie mordue qu'assez loin dans les terres où la Mule en l'emportant s'écliappa aussitôt. Le même auteur nous apprend que les Brochets du Rhône descendent souvent dans la mer par l'embouchure de ce Ueuve, et qu'on en trouve jusque dans l'eau salée des étangs de la côte méditerranéenne. C'est par erreur qu'on a prétendu que l'Espagne n'en possédait pas. On en a vu jusque dans le cuivreux Rio-Tinlo en Andalousie; ceux du Guadalquivir paraissent même être assez estimés dans le pays. En général le Brochet se trouve dans toute l'Europe; il se rencontrerait même dans le Kil, suivant Belon. Bosc l'a retrouvé dans r.4mérique septentrionale, et assure qu'il n'y présente pas la moindre différence qui puisse autoriser à l'y regarder même comme une simple variété du nôtre. — On ne doit guère plus ajouter foi aux Brochets du poids de mille livres dont parle sérieusement Pline , qu'aux propriélés merveilleuses qu'on attribua longtemps aux cendres de ses mâchoires ou à sa graisse et à son fiel. Quoique ses œufs passent pour être un purgatif assez violent, on ne fait usage en médecine d'aucune de ses parties. On se borne à permettre l'usage de sa chair aux malades, parce qu'elle est savoureuse, fondante sans être huileuse , et ferme , sans être dure ni indigeste. On l'estime beaucoup et on le sert sur les tables les plus somptueuses. Le foie passe surtout pour délicieux. — On a compté jusqu'à cent quarante-huit mille œufs dans une seule femelle ; le frai commence avec le printemps par la ponte des plus jeunes, fécondes seulement à l'âge de trois ans, et dure toute la saison pour finir par la ponte des plus âgées qu'on appelle communément Crenouillées ou Grenouilleltes, parce qu'elles pondent, dit-on, à peu près en même temps que les Grenouilles. Les œufs, pour éclore, doivent recevoir, à peu de profondeur sous l'eau, l'influence du soleil. On prétend que les Oiseaux, et particulièrement les lierons, ([uand ils en avalent, sont bieulôt purgés, et que rendant, sans avoir eu le temps de les digérer, une partie d'entre eux, c'est ainsi que la progéniture carnassière peut être répandue dans certaines eaux qui n'ont nulle communication entre elles. — On ne sait quelle peut être la source de la ridicule opinion de ceitains pécheurs, qui prétendent trouver l'origine des Anguilles dans le frai du Brochet, ou qui assurent que les œufs parviennent dans les ouïes d'autres Poissons, et qu'arrivé à l'âge où ses forces développées permettraient au Brochelon de dévorer celui qui lui prêta la protection de ses organes respiratoires, le jeune nouriisson lui conserve une recoimaissance éternelle et ne lui fait jamais de mal. C'est encore une de ces traditions absurdes accueillies par des compilateurs ignorants, qui voulant à tout prix se faire une léputation de savant ou d'écrivain, ont rapporté, sans les commenter, des faits auxquels eux seuls pouvaient croire. — Le Brochet passe pour avoir le sens de l'ouïe Irès-développé. Sa chair ne se consomme pas seulement fraîche sur nos

tables. Il est des contrées , particulièrement sur les bords du Jaïk et du Volga, où on la fume en la séchant apiés l'avoir marinée dans une saumure. Pallas rapporte que dans ces contrées, on en pêche une si grande quantité que les réunissant en las énormes, où la gelée qui les durcit les garantit de la putréfaction, on vend les onze livres à raison d'un sou. — Répandu dans toutes les eaux douces des zones tempérées et froides de l'ancien monde, c'est une erreur de croire que le Brochet n'existait pas en Angleterre avant le règne de Henri VIU qui passe pour l'y avoir introduit; dans ce pays, on le soumet assez habituellement à la castration pour rendre sa chair plus savoureuse. Cet animal |)eut endurer de grandes blessures sans mourir. On le transporte aisément et longtemps en vie quand on a soin de le tenir immergé. Sa chair devient phosphorique en se décomposant. Les pêcheurs et les marchands de Poissons nomment vulgairement Lancerons ou Lançons les jeunes Brochets, Poignards les moyens Brochets, Carreaux ou Loups les vieux, Pansars les grosses femelles dont les œufs font saillir le ventre, et Lévriers les mâles les plus allongés. En vieillissant, le dos de ces Poissons devient totalement vert, et la couleur, pénétrant dans les chairs, s'étend quelquefois jusqu'à la colonne vertébrale. On en trouve des individus qui brillent quelquefois des plus belles teintes jaunes, cl donl le corps est parsemé de taches ou de marbrures noires souvent fort tranchées; on appelle communément ceu,x-ci rois des Brochets, mais ils ne constituent même pas une variété dans l'espèce, b. 13, d. 18, 21, p. 11, 15, V. 9, 11, A. 13, 17, c. 19,20.

ÉsocE AaÉRicAiivE. Esox Jmericanus, Lac, Pois., v, 294 et 307. Lucius yî Jmericanus, L., Gmel., loc. cit. Cette espèce est très-rapprocbée de la précédente par ses formes et sa couleur; mais elle est caractérisée par sa mâchoire supérieure proportionnellement beaucoup plus courte que l'inférieure, par l'ensemble de son museau qui est très-aplati, et par l'élévation de cette partie de la tête qui est située entre les yeux et la nuque, laquelle est fort plate chez le Brochet commun. Bosc, qui nous dit avoir trouvé l'une et l'autre espèce dans les rivières, aux États-Unis, et qui a pu conséquemmenl les comparer, mentionne l'Ésoce Américaine comme distincte et non comme une variété, b. 12, D. 15, IG, p. 15, V. 8, A. 14?c.20?

ÉsocE Sloakienne. Esox Stoani ; Esox Sloinias, Sbaw {pars 1, pi. 3). Cette espèce parait être le Poisson figuré par Catesby sous le nom de Ripera marina. Ce Poisson a le corps allongé, plus étroit que la tête sur le sommet de laquelle les yeux sont situés; des teintes du plus beau vert foncé décorent son dos et ses flancs. Sa taille est de quinze pouces selon les auteurs, et deux individus seulement existent dans les collections d'Angleterre. Cependant la Cbauliode n'est pas fort rare dans le détroit de Gibraltar. Nous en avions vu pêcher plusieurs qui atteignaient jusqu'à deux pieds de long, à Chipiona, près de San-Lucar de Barraméda, ainsi qu'entre Velès-Malaga et Malaga, parmi les Anchois que poursuivaient ces Ésoces voraces comme leurs congénères. Ouel<|ues naturalistes prétendus possédés do la manie d'écrire, ont regardé ce Poisson, que les pê-

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