‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 58 sur 76 · RlESEMBRYAnTHEUDM PAPtJLOSA. EspèceS SOUS-frU · texte numérisé non relu

RlESEMBRYAnTHEUDM PAPtJLOSA. EspèceS SOUS-frU

tcscentes annuelles, bisannuelles ou vivaces, dont les feuilles sont presque toujours plus ou moins couvertes de glandes utriculaircs (Pupuli).

Tel est l'ordre adopté par Haworlli pour classer les

trois cent dix espèces de Ficoïdes qu'il a décrites, et qui fleurissent pour la plupart dans les jardins des amateurs. Un grand nombre d'entre elles ont des Heurs extrêmement belles, parmi lesquelles nous citerons celles des Mesembryanthemum splendens, Mesembryanthemum bicolontm , Mesembryanlhemum clelloi- (les, etc. Dans l'embarras du choix, nous sommes forcés d'en supprimer les descriptions. D'après le plan adopté dans ce Dictionnaire, il convient, en effet, de parler seulement des espèces dont l'importance et l'intérêt se mesurent en raison de leurs usages , et parce qu'elles habitent au milieu de nous. C'est pour un motif à peu près semblable à celui-ci que nous dirons uii mot des deux espèces suivantes.

La FicoÏDECRisTAiiiisE, Mesetiibryantliemum cfistallinum, L., a reçu le nom vulgaire de Glaciale, parce que toutes ses paities sont couvertes de vésicules brillantes, ressemblant à de petits glaçons d'autant plus nombreux que la température de l'atmosphère est plus élevée. Elle croît naturellement dans l'archipel grec et en Asie.

La FicoÏDE NODTFioRE, Mesembiyantliemum nodiflorum, L., est la seule espèce fiançaise; encore n'y a-t-il qu'un petit nombre d'années qu'on l'a découverte dans le département de la Corse. Elle est herbacée , à tiges rameuses, diffuses, garnies de feuilles alternes, obtuseset un peu cylindriques; ses Heurs sont blanches, solitaires et axillaires. Elle croit assez abondamment en Egypte, en Sicile et en Grèce. Bory de Saint-Vincent l'a trouvée fort commune dans les environs de Cadix, particulièrement au Trocadéro. Aiiparlenant à un genre confiné dans un coin éloigné du globe, cette plante, ainsi que la précédente, ressemble à un soldat égaré et isolé de sou bataillon.

On multiplie facilement les Ficoïdes, soit de graines semées sur couche au printemps, soit de boutures qu'on laisse flétrir à l'air pendant plusieurs jours avant de les planter, car la quantité d'eau que retiennent leurs parties succulentes est très-considérable, et serait capable de les faire pourrir avant que les fibres n'aient acquis le degré d'activité nécessaiie à la végétation. On les élève dans des vases remplis de terre franche mêlée avec du terreau, et on a soin de les mettre à l'abri du froid, et surtout de l'humidité qu'elles redoutent extrêmement.

FICOIDÉES. Ficoideœ. bot. Famille de plantes Dicotylédones, polypétales, à étamines périgynes, ayant pour type le genre Mesembryanthemum , qui en français porte le nom de Ficoïde. Voici les caractères qui distinguent cette famille : le calice est monosépale, ordinairement campanule et persistant, adhérent, dans quelques genres, par sa partie inférieure, avec la base du calice; il a son limbe divisé en quatre ou cinq lobes qui sont parfois colorés et comme pétaloïdes par leur face interne. La corolle se compose de pétales dont le nombre est parfois défini, mais plus fréquemment indéfini, quel<|uefois soudés ensemble par leur base , de manière à former une corolle monopétale, ainsi qu'on le voit dans quelques espèces de Ficoïdes, et en particulier dans le Mesembryanthemum cristallinum. Ces pétales sont insérés, ainsi que les étamines, à la base

ili's !(ibes du calice; dans (lUcltiues seiircs ils nianque'il eiilièreraent ; les étamines sont en général en assez grand nombre ; on en compte constamment plus de douze qui ont leurs filets libres et distincts; leurs anthères inlrorses, à deux loges s'ouvrant par un sillon longitudinal ; l'ovaire est tantôt entièrement libre, tantôt adhérent par sa base avec la partie inférieure du calice; cet ovaire présente trois ou cinq loges contenant chacune plusieurs ovules attachés à autant de trophospennes saillants à l'angle interne. On compte autant de styles et de stigmates qu'il y a de loges à l'ovaire; le fruit est tantôt une capsule, tantôt une baie environnée par le calice, à trois ou cinq loges polyspermes; les graines renferment un embryon roulé autour d'un endosperme farineux.

Les Ficoïdées sont des plantes herbacées ou frutescentes, souvent grasses et charnues ; leurs feuilles sont alternes ou opposées; leurs fleurs, qui souvent sont trèsgrandes et d'un aspect agréable, sont axillaires ou terminales.

On peut diviser les genres peu nombreux de cette famille en deux sections ; la première que l'on appelle Sésuviées comprend les genres dont l'ovaire est tout à fait libre et non adhérent avec le calice; la seconde ou Mésembryanthémées, ceux (jui sont adhérents avec le calice. Chacune d'elles se subdivise suivant qu'il y a une corolle, ou que cet organe manque.

l'" Section. — Sésbviées, Rich.

«. Genres munis d'une corolle.

Reaumuria,h.; Nilraria, Pall. ; Glimis, L.; Otygala, Forsk.

^. Point de corolle.

Sesuviuvi, L.; Aizoon, L.

11= Section. — Mésembryanthémées, Rich.

a. Point de corolle.

Tetragonia, L.

;3. Genre muni d'une corolle.

Mesembryanlhemiim, L.

La famille dus Ficoïdées vient naturellement se placer entre les Portulacées et les Onagraires. Elle se distingue surtout de l'une et de l'autre par la position de son embryon roulé autour d'un endosperme farineux. Ventenat pense qu'il faut réunir les Ficoïdées aux Portulacées.

FICOITE. POLTP. FOSS. f^. FiCOÏDE.

FICOPHAGE. OIS. Syn. du Malimbe. V. Tisserii».

FICUS. BOT. Synonyme latin de Figuier.

FIDICULA. BOT. ( Dodœns.) Synonyme lï Asplenium Trichomanes.

FIDONIE. Fidonia. ins. Lépidoptères nocturnes; genre de la famille des Phalénites,instituéparTrcitschka qui lui a reconnu pour caractères dislinctifs : antennes pectinées dans les niàles et simples dans les femelles; bord terminal des ailes simple et entier; corselet étroit, écailleux; les quatre ailes parsemées d'atomes ou de points plus ou moins gros, et formant souvent par leur réunion, des raies plus ou moins distinctes ; palpes plus ou moins courtes et garnies de longs poils ; trompe quelquefois nulle. Chenilles à corps cylindrique et allongé, à tête ronde. On distingue en Europe vingt -six espèces dans ce genre qui en comporte un nombre

beaucoup plus grand. Nous adoptons avec la plupart des entomologistes, comme type, la Fidonie a. plomet, Fidonia plumistaria, Tr.; Phalœna pltimislaria, 01. Ailes supérieures jaunes, traversées par quatre bandes de gros points noirs, agglomérés, entre lesquels sont épars çà et là d'autres points noirs plus petits; la frange est noire, précédée d'une rangée de petites taches carrées d'un jaune souci, avec une série de petits points noirs à leur extrémité, et plusieurs taches également noires le long de la côte, correspondant aux bandes du dessus; les ailes inférieures sont en dessus d'un jaune souci, avec une raie noire, arquée et ondulée, et une rangée de points noirs; la frange est noire. Taille, dix-huit lignes. Midi de la France.

FIEL. îooi. F. Bile.

FIEL DE TERRE. BOT. Nom vulgaire, indistinctement donné au Fuinaha offlcinalis et au Gentiana Centaurium, L. y. Flmeterre et Erythrée.

FIELA. POIS. On nomme ainsi le Myre sur les côtes de Provence et dans les marchés de Marseille, y. Murène.

FIELDIE. Fieldia. bot. Genre de la famille des Orchidées, de la Gynandrie Monandrie de Linné, établi par Gaudichaud, dans la botanique du Voyage de l'Dranie, p. 4'2i. Caractères : les cinq divisions du périanthe. étalées, les deux internes, faisant office de pétales, un peu plus étroites; labelle très-court, libre, élréci, canaliculé, dilaté vers sa base, recourbé en une sorte de bec au sommet; gynostème court et point dilaté en ailes sur les côtés; anthère terminale, operculée, déciduc et biloculaire; deux masses polliniques céreuses, subelliptiques, unies par un prolongement spatule, auquel adhèrent aussi deux glandules soudées avec l'extrémité du stigmate. Les Fieldies sont des herbes parasites, un peu frutescentes à leur base, à feuilles longues, linéaires, planes, coriaces et émarginées; leurs tiges sont assez longues et simples, portant au sommet des épis de fleurs sessiles.

FiELDiE LissocBiioïDE, Fieldia lissochiloides. Sa tige est couchée, longue de six à vingt pouces, articulée, émettant inférieurement des racines alternes, rameuses, très-longues et de la grosseur du doigt; les hampes sont longues de deux à trois pieds, garnies d'écaillés; ses feuilles sont épaisses, échancrées au sommet et articulées avec la gaine dont elles se détachent facilement; les fleurs sont jaunes, tachetées de pourpre.

FIELRIPA. OIS. Synonyme de Ptarmigan. r. Tétras.

FIERASFER. pois. Sous genre d'Ophidie. y. ce mot.

FIFI. OIS. Nom donné vulgairement, dans le midi de la Fiance, 5 plusieurs espèces du genre Sylvie, y. ce mot.

FIGITE. Figites. iws. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, famille des Pupivores, tribu des Gallicoles, établi par Lalreille. Ses caractères dislinctifs sont : antennes grenues, un peu plus grosses vers leur extrémité, et composées de quatorze articles dans les mâles et de treize dans les femelles ; une cellule radiale, anguleuse, très-éloignée du bout de l'aile, et deux cellules cubitales, dont la première presque carrée, et la seconde, très-grande, atteignant le bout de l'aile; abdomen ovoïdo-conique sans troncature à sun sommet ; tarière paraissant formée de trois pièces.

Les Figites ressemblent beaucoup aux Cyiiips , avec lesquels on les a longtemps confondues. Elles s'en distinguent toutefois par leurs antennes, par la disposition des nervures des ailes, par la petitesse de celles-ci, relativement à celles des Cynips, et par la forme de leur abdon^^n qui, au lieu d'être tronqué ol)Iiquemenl ù son extrémité, présente le dernier segment inférieur de niveau, ou même dépassant le segment supérieur et terminal de l'abdomen.

11 résulte de celte disposition que la tarière semble partir directement de l'ouverture anale. Au reste, le corps des Figites est comprimé, oblong, à peu près glabre, et généralement noir; la tête est inclinée ù la partie inférieure; elle supporte de petits yeux ovales et entiers; des antennes moniliformes, composées différemment dans la femelle et dans le mâle (celui-ci aurait quinze articles, suivant Jurine), et une bouche dans laquelle on distingue de larges mandibules légèrement tridentées; leur thorax est élevé; l'écusson est ordinairement assez apparent, et l'on voit près de lui des cavités assez profondes, qui n'existent pas dans les Cynips; les pattes sont longues; elles présentent des hanches fortes et des tarses assez menus, avec de petits crochets sans division sensible. Les Figites, de même que les Chalcidites, se rencontrent sur les vieux murs et sur les fleurs; on les trouve aussi, quoique rarement, sur les excréments humains. Lalreille désigne comme type du genre :

La FiciTE sctTEiLAiRE, Figites scutellaris , Lalr., ou le Cynips sculellaris de Rossi {Fauna Etrusca, Mant. 2, App., p. 106). Elle est commune en France. On peut y rapporter, suivant Jurine (Class. des Hyniénopt., p. 288), le Cynips Eitioyaster de Panzer, et VOphion abbieviatoidu même auteur.

FIGOULEIROU. bot. Synonyme vulgaire de Gouet Pied-de-Veau, Arum vulgare, L.

FIGUE. zooL. Nom vulgaire et marchand d'une Coquille, Pj'rula Ficus, dont il y a trois variétés : la violette, la blanche réticulée et la blanche en treillis. C'est aussi une espèce d'Alcyon, dont on trouve souvent des traces fossiles.

FIGUE. BOT. Fruit du Figuier. F. ce mot.

FIGUE-BACOVE. bot. Nom vulgaire d'une variété de Banane. On nomme aussi les plus petits, les plus jaunes et les plus savoureux des fruits du Bananier, Figue Banane.

FIGUE-CAQUE, bot. Nom que l'on donne vulgairement aux fruits du Plaqueminier Kaki , Diospyros Kaki, qui sont tiès- recherchés dans le midi de l'Europe, y. Plaqdeminier.

FlGUE-GlRliOLE. bot. Espèce du genre Agaric, suivant Paulet.

FIGUE-MARINE on DE MER. zooL. bot. Ce nom est aussi improprement donné à VJlcfonium Ficus, qu'à une espèce de Mésembryanthème, dont les Hottentots mangent le fruit, et que, pour cette raison, on nomme aussi Figuier des Hottentots.

FIGUE-POIRE. BOT. Grosse variété de la Figue commune.

FIGUE DE SURINAM, bot. Nom vulgaire du fruit du Cecropiapellata.

FIGUIER. OIS. Espèce du genre Soui-Manga. F. ce mot. Cette espèce est devenue le type d'une assez grande section de ce genre, dont quelques ornithologistes ont même fait une division générique.

FIGUIER. Ficus, bot. Genre très-intéressant, appartenant à la famille naturelle des Urticées, et à la Polygamie Diœcie, L., composé en général d'arbres ou d'arbrisseaux lactescents, ayant les feuilles alternes, simples, entières ou plus ou moins profondément lobées, accompagnées à leur base d'une longue stipule roulée autour de la feuille avant son développement; les fleurs sont réunies dans des sortes de réceptacles charnus, globuleux ou pyriformes, munis à leur base de quelques bractées écailleuses, percés dans leur partie supérieure d'une ouverture fermée en grande partie par plusieurs petites écailles en forme de dents. La face interne de ce réceptacle est couverte de fleurs mâles et de fleurs femelles. Les premières sont placées près de l'ouverture supérieure; elles se composent d'un calice à trois divisions profondes et de trois étamines ; les fleurs femelles, beaucoup plus nombreuses que les mâles, occupent presque toute la paroi interne du réceptacle. Leur calice est à cinq divisions profondes. Leur ovaire, légèrement stipité, contient un seul ovule renversé et se termine à son sommet par un style que surmontent deux stigmates filiformes. Le fruit se compose du réceptacle dont les parois se sont épaissies, et d'un très -grand nombre de petits drupes charnus, pédiccUés , renfermant une petite graine crustacée. Celle-ci contient un embryon légèrement recourbé dans un endosperme charnu.

Les espèces de Figuier sont fort nombreuses ; on en compte environ cent cinquante qui se trouvent dans presque toutes les contrées chaudes du globe.

L'espèce de ce genre la plus intéressante, est, sans contredit, le Figuier cosimcn, Ficus Carica, L., originaire du midi de l'Europe, de l'Afrique et de l'Asie septentrionale, et qui, depuis des siècles , est natura- I lise, et forme un arbre fruitier dans tous les jardins de PEurope tempérée. Dans l'état sauvage, le Figuier que l'on désigne vulgairement sous le nom de Caprifiguier est un arbrisseau tortueux de six à dix pieds d'élévation. Mais en Orient, en Barbarie, et même dans l'Europe méridionale, il forme un arbre d'une hauteur de vingt-cinq à trente pieds. Son tronc acquiert quelquefois un diamètre d'un à deux pieds ; supérieurement il se divise en un grand nombre de branches étalées, qui forment une vaste tête et lui donnent assez de ressemblance avec nos Pommiers. Dans le nord de l'Europe, et même sous le climat de Paris, c'est un arbrisseau rameux dès sa base, et ayant environ dix à douze pieds de hauteur. Les feuilles du Figuier sont alternes, pétiolées, très grandes, échancrées à leur base et découpées, dans leur contour, en cinq ou sept lobes plus ou moins profonds. Ces feuilles sont d'un vert foncé et couvertes d'un duvet très-court et très-rude. Elles sont enveloppées, avant leur déroulement, dans une longue stipule membraneuse et caduque qui leur sert de bourgeon. Les réceptacles sont généralement pyriformes, légèrement pédicellés et placés à l'aisselle des feuilles. A l'époque de leur maturité, leur forme, leur grosseur

el leur couleur piésenlent tant de différences, qu'elles constituent un nombre immense de variétés. Ainsi on trouve des Figues pyriformes, et d'autres globuleuses; les unes sont grosses comme le pouce, et d'autres ont le volume du poing. Leur couleur est tantôt verte, tantôt blanche, tantôt d'un rouge vineux plus ou moins intense.

La culture du Figuier et de ses nombreuses variétés est un objet de la plus baule importance dans plusieurs contrées méridionales de l'Europe, et spécialement en Provence où on en voit d'immenses plantations. Nous citerons ici les variétés les plus remarquables. Les Figuiers donnent en général deu.x récoltes par année. L'une se fait en Provence depuis la tin de juin jusqu'à la lîn de juillet. Les Figues que l'on récolte alors sont plus grosses et moins savoureuses. Elles naissent sur les rameaux de l'année précédente et portent le nom de I^'ig lies -Fleurs et de Figues d'été. L'autre récolte se fait pendant les mois de septembre et d'octobre; elle est plus abondante que la précédente. Les fruits en sont généralement moins gros , mais plus sucrés et plus estimés. Ce sont les seuls que l'on fasse sécher pour les conserver.

On distingue deux races principales dans les diverses variétés de Figues. Dans l'une les fruits sont verts, jaunâtres ou blancs, dans la seconde d'une couleur violette plus ou moins intense.

§ l"'"'. Fruits verts, jaunâtres ou blancs.

FiGDE ELANCBE OU GROSSE BLANCHE UONDE. Elle CSt

pyriforme, arrondie, ayant environ deux pouces de diamètre. Sa peau est lisse, d'un jaune pâle et comme blanchâtre; sa chair est douce et agréable. C'est presque la seule que l'on cultive en grand, aux environs de Paris, et particulièrement au village d'Argenteuil sur les bords de la Seine. Il est rare que l'on puisse en faire la récolte d'automne. Les Figues- Fleurs sont les seules qui parviennent à une maturité parfaite.

FiGi'E DE Sai.erjie. Elle est globuleuse, blanche, un peu moins grosse que la précédente, hâtive, très-sucrée el excellente pour faire sécher. Elle réussit surtout dans les terrains élevés et pierreux.

FiGCE marseillaise. C'est la plus exquise de toutes les variétés connues en France, soit qu'on la mange fraîche, soit qu'on la fasse sécher. Elle est globuleuse, de la grosseur d'une grosse Prune de Reine -Claude, blanche, ayant la peau mince et lisse. Sa pulpe, quand elle est parvenue à sa maturité parfaite, est un véritable sirop. On la cultive abondamment aux environs de Marseille. Elle craint le froid.

Figue de Lipaui ou Petite Blanche sonde. C'est la plus petite de toutes les variétés connues en France ; sa grosseur n'excède pas celle d'une Prune de Damas. Elle est presque globuleuse, blanche et d'une saveur trèsagréable.

Figue Coccodrelie bianche ou Melitte. Elle est moyenne en grosseur, blanche, relevée de lignes longitudinales saillantes. Il faut qu'elle soit bien mûre; elle est alors fort agréable. En général, il vient trois ou quatre fruits à l'aisselle d'une même feuille.

Grosse jacive ou Abdique blanche. C'est la plus grosse (lue l'on connaisse. Elle égale le volume du

poing. Elle est ovale, d'abord blanche, puis jaune lorsqu'elle est parfaitement mûre. Sa chair est rougeâtre et Irès-agréable.

Figue royale ou de Versailles. Elle est presque ronde, blanche, fournit beaucoup, mais elle n'est bonne que ([iiand elle a été séchée.

Figue verte ou Figue de Ccers. Elle est longuement pédonculée à sa base, verte extérieurement, rouge en dedans. C'est une des meilleures espèces qu'on cultive en Provence; elle demande un terrain gras et humide.

Figue longue Marseillaise ou Grosse Blanche longue. Elle est blanche, allongée, striée, et quelquefois ponctuée de blanc. Sa chair est rouge. Elle est d'une moyenne grosseur et assez agréable.

Figue Barnisotte blanche. Elle est vcrdàtre extérieurement, rouge en dedans, un peu déprimée ù son sommet, d'une grosseur moyenne. C'est une excellente espèce, mais peu répandue.

Figue Grassane. Elle est blanche, arrondie , déprimée au sommet. Sa pulpe est peu sucrée. Cette espèce est très-hâtive.

Figue de Cotignac. Elle est oblongue, blanche, déprimée et jaune vers le sommet; sa chair est rose. C'est une excellente espèce, soit qu'on la mange fraîche ou sèche. Elle réussit mieux dans les terrains un peu secs.

Figue Peronas. Elle est oblongue, blanche et velue en dehors, rouge intérieurement. Elle produit beaucoup, mais sa peau est épaisse; on ne la inange guère que sèche.

§ II. Fruits violets, rouges ou noirâtres.

Figue violette. L'arbre a les feuilles très-petites, presque rondes, profondément découpées. Ses fruits sont globuleux, assez gros, striés, d'un violet foncé, d'un rouge vineux intérieurement et fort agréable.

Grosse Violette longue ou Figue Abdique noire. Elle est allongée, très-grosse, d'un violet obscur extérieurement. Sa chair est rouge et médiocrement sucrée; elle se fend assez souvent à l'époque de sa maturité. On la cultive en Provence où elle est généralement peu estimée.

Figue Poire ou de Bordeaux. Celte espèce, qui porte aussi le nom de Petite Aubique noire, est pyriforme, allongée, moins grosse que la précédente ; elle est violette foncée, excepté à sa base qui reste constamment verte. Sa chair est d'un fauve rougeâtre. On la cultive aux environs de Paris.

Figue verte brbne. Elle a la grosseur d'une Prune de Monsieur, verte en dehors, excepté vers son sommet qui est d'un brun foncé; sa chair est d'un beau rouge, et excellente.

Figue Coccourelle drune. Elle est allongée, d'une grosseur moyenne , brunâtre en dehors. Elle est trèsproductive et cultivée abondamment en Provence.

Figue grosse Bobrjassote ou Barnissote. Elle est arrondie, déprimée, d'une teinte rouge foncé, saupoudrée d'une poussière blanchâtre. Sa peau est épaisse et dure, mais sa chair est très-agréable. Elle est très-tardive et demande un terrain gras et un peu humide. Petite Bobrjassote. Plus petite que la précédente;

J'uii rouge noir en dehors et pourpre en dedans; plus dé|irimée. Sa peau est également dure. Elle demande beaucoup de chaleur pour mûrir.

FiGGE MomssoNE. Elle est encore plus petite ; sa peau est plus noire, mais excessivement mince; c'est la plus délicate des violettes hâtives; on en fait deux récoltes.

FiGEE Belio:»e. Est grosse, violette, marquée de côtes, déprimée vers son sommet. Elle est excellente, et fournit deux récoltes abondantes. Elle demande à être arrosée.

Figue Négro>e. Petite, d'un rouge brun à l'extérieur, d'un rouge vif intérieurement. Elle est un peu délicate.

Figue Blavette. Oblongue, violette en dehors, rouge en dedans. Elle est excellente, mais sujette à couler.

Nous venons d'indiquer quelques-unes des variétés les plus remarquables du Figuier cultivé. Mais le nombre de ces variétés est pres(iue infini, et en Provence, par exemple, on en compte plusieurs centaines , mais dont les différences sont si peu tranchées qu'elles sont en quelque sorte inappréciables.

Les Figues fraîches sont un aliment extrêmement agréable et sain. Elles ne sont pas très-nourrissantes, mais bien mûres, elles sont très-faciles à digérer. Dans la Provence et les autres contrées de l'Europe méridionale, où les Figuiers sont cultivés en grand, elles entrent pour beaucoup dans la nourriture des gens de la campagne. Ce sont surtout les Figues d'automne que l'on préfère, parce qu'elles sont jilus sucrées et plus savoureuses. Ce sont aussi celles que l'on fait sécher de préférence, pour les conserver pendant l'hiver. Pour cela on les laisse sur l'arbre jus(|u'à ce qu'elles soient complètement mûres et même qu'elles commencent à se rider; on les cueille alors, et on les étend sur des claies en bois que l'on expose au soleil jusqu'à ce qu'elles soient complètement sèches. On recherche surtout celles qui ont la peau mince. La petite Marseillaise est, ainsi que nous l'avons dit, la meilleure de toutes. Dans cet état, les Figues sont plus nourrissantes que lorsqu'elles sont fraîches. Autrefois les athlètes se nourrissaient presque exclusivement de Figues et pensaient ainsi augmenter leur vigueur et leur agilité, et aujourd'hui encore en Provence, en Grèce, et sur les côtes de l'Asie-Mineure, les Figues sèches forment la base de l'alimentation du peuple pendant une partie de l'année. Les Figues sèches sont aussi très -recherchées pour les desserts d'hiver dans la plus grande partie de l'Europe. Elles sont également employées en médecine. On en fait des tisanes adoucissantes, d'un goût agréable, en coupant trois ou quatre Figues par quartier et les faisant bouillir dans une pinte d'eau. Ordinairement on les unit aux autres fruits béchiques, tels que les Jujubes, les Dattes et les Raisins secs. On prépare encore avec les Figues fraîches ou sèches des cataplasmes émollients que l'on applique sur les tumeurs douloureuses et enflammées.

Le Figuier se multiplie facilement, et sa culture n'exige que peu de soins. Il s'accommode assez bien de toutes les qualités de terrain , mais il faut néanmoins choisir et approprier les variétés que l'on veut cultiver, aux diverses expositions. Ainsi , comme nous l'avons fait remarquer en indiquant les principales variétés, les unes se plaisent davantage dans les lieux abrités et

gias, les autres dans les lieux secs et découverts, mais toutes généralement exigent un terrain qui ait du fond. Aux environs de Paris, la culture du Figuier demande des soins particuliers. Là il doit être abrité des vents et du froid. Pour remplir cet objet, on le placera près d'un mur ou d'un coteau bien exposé au midi , et on l'empaillera pendant l'hiver, afin de le préserver de la gelée. Le Figuier est un des arbres qui se prêtent le moins à la taille. En général, on le laisse pousser en liberté, et l'on ne retranche que les branches mortes ou celles qui poussent trop de bois.

On multiplie le Figuier par rejetons, marcottes ou boutures; très-rarement par racines ou par semences. Le premier moyen, c'est-à-dire la multiplication par rejetons, est le plus facile et celui qu'on emploie le plus souvent. On lève ces rejetons quand ils ont deux ou trois ans, et on les plante en terre, à environ un pied de profondeur, en ayant soin de les coucher un peu. On l'empêche de porter fruit pendant les deux ou trois premières années, afin que l'arbre prenne plus de force. Quelquefois on greffe les Figuiers quand on veut changer de variété. On préfère, en général, la greffe en flûte; la greffe en écusson réussit ([uelquefois, mais 11 arrive trop souvent que l'œil est noué par l'abondance des sucs propres qui s'écoulent de la plaie.

On emploie plusieurs moyens pour hâter la maturation des Figues; ainsi, dans les années tardives, on peut piquer avec une épingle trempée dans l'huile la tête de la Figue pour hâter sa maturité. Quelques cullivaleurs, quand les fruits sont au tiers de leur grosseur, cernent avec la pointe de la serpette ou du greffoir l'extrémité supérieure du fruit où sont placées les fleurs mâles, et l'enlèvent. Le suc propre recouvre bientôt la plaie, et le fruit mûrit dans un temps moitié plus court, sans rien perdre de ses dimensions. Ce procédé a été imité des Égyptiens qui le mettent en usage sur le Figuier Sycomore pour bâter la maturité de ses fruits.

Mais de tous ces moyens le plus célèbre est sans contredit celui que l'on désigne sous le nom de caprification et que l'on met surtout en pratique dans les diverses contrées de l'Orient. 11 consiste à placer sur les Figuiers cultivés, des branches de Figuiers sauvages, que l'on désigne sous les noms de Capritiguiers ou de Figuiers mâles. Les fruits de ces derniers sont, en général, remplis des œufs d'une espèce de Cynips, qui, lorsqu'ils éclosent, se répandent sur les autres fruits, les piquent, s'y introduisent et en hâtent la maturité. Néanmoins on commence à négliger cette pratique qui n'est pas sans quelques inconvénients.

On cultive dans les serres chaudes un grand nombre d'espèces de Figuiers exotiques ; tels sont le Figuier des p.\GODES, Ficus religiosa, L., espèce originaire de l'Inde, où elle forme un très- grand arbre que les Indiens révèrent et plantent autour de leurs pagodes; le Figuier Sycomore, Ficus Sycomorus , L., qui croit abondamment en Egypte. Ses fruits sont de la grosseur de nos Figues, mais presque fades; le Figuier .\ FEtiLtES DE NÉ:ycPHAR, Ficus iix'iiphœifolius, originaire de l'Amérique méridionale; le Figuier élastiqoe. Ficus elastica, Fune des espèces les plus belles par son feuillage et la rapidité avec laquelle il s'accroît. Il

sus

est originaire du Népaul et ou le cultive aujouid'liui dans toutes les serres.

On a, d'après quelques ressemblances plus ou moins (Sloignécs, étendu le nom de Figuier à divers arbres. Ainsi Ton a appelé :

Figuier u'Adam, le Bananier.

Figuier d' Amérique ou admirable, le Cacte raquette.

Figuier dc Cap ou des Hottei^tots, qui est la même chose que la Figue marine, le Meseinbijantliemum pugioiti/'onne.

Figuier d'Egypte (Tliéophraste), le Caroubier.

Figuier d'Inde , un Cacte dont les fruits sont fort bons et qu'on appelle Tiinas en Espagne.

Figuier iivferival, le Ricin commun.

Figuier des Iles, le Papayer ordinaire.

Figuier maudit, le Ficus Indica à l'Ile-de-France.

Figuier maudit marron, le Clusia rosea à Saint- Domingue.

Figuier de Pharaon, le Sycomore.

FIGULE./'/^!«/!<i. INS. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Lamellicornes, tribu des Lucanides, institué par Mac Leay qui lui assigne pour caractères principau.K : antennes coudées, avec la massue composée de quatre articles; yeux divisés; parties internes des mâchoires crustacées; palpes labiales n'étant point cachées par le menton ; point de dent externe aux mandibules; écusson linéaire; corps oblong, étroit, parallèle et presque cylindrique. Les Figules sont encore fort rares dans les collections.

FIGULUS. ois. Synonyme de Fournier. F. Opdie.

FIL. REPT. Espèce du genre Couleuvre.

FIL D'ARAIGNÉE, bot. Espèce de Joubarbe, Sempervicum arachnoideum, L.

FIL D'EAU ou DE SERPENT. ANNÉL.? L'un des noms vulgaires du Dragonneau. f^. Fiiaiee.

FIL DE MER. polyp. EUis (Coial., p. 37) donne ce nom au Serlulaiia dicholoma, L., Laoïuedea diclioloina, N.

FIL DE MEU. BOT. {Hydiophytes. ) Boccone et Petiver ont donné ce nom au Fucus Filum de Linné , Chondrus Filum, N. Sur les côtes de la Manche, du Calvados, etc., les pécheurs et les marins ont conservé à celte plante le même nom. ^. Chondue.

FIL NOTRE-DAME ou FIL DE LA VIERGE, arachn. On appelle ainsi des filaments d'une extrême ténuité et d'une blancheur éclatante, que l'on voit souvent en été voltiger dans l'atmosphère sous la forme de flocons légers. On en attribue généralement la formation à de petits Cirons qu'Herinann fils nommait Trombidium telarium. Cuvier, au contraire, pense qu'ils proviennent du travail de jeunes Araignées.

FILAGE. Filago. bot. Genre de la famille des Synanthérées, voisin des Gnaphalium avec lesquels il a été réuni par Scopoli cl Lamarck, mais dont il diffère néanmoins par des caractères assez tranchés. Son involucre est formé d'écaillés imbriquées, dressées, qui lui donnent une forme ovoïde et pointue. Le réceptacle est oblong, presque cylindrique, garni d'un très-grand nombre d'écaillés concaves, terminées en pointe aiguC à leur sommet, recouvrant ù leur base interne une fleur

I femelle, excepté au sommet du réceptacle qui est occupé par un petit nombre de fleurs hermaphrodites dépourvues d'écaillés. Les fleurs femelles ont un ovaire ovoïde - allongé ; une corolle tubuleuse , grêle, sans limbe; un style terminé par un stigmate à deux branches longues et grêles, glanduleuses sur les bords. Les Heurs hermaphrodites sont terminales; on en trouve parfois quelques-unes qui sont mâles. Leur corolle est tubuleuse. légèrement évasée dans son tiers supérieur pour former un limbe à quatre dents; les étamines sont au nombre de quatre. Les fruits, surtout ceux du centre, sont couronnés par une aigrette plumeuse et sessile.

Ce genre se compose d'une douz.iine d'espèces : ce sont généralement de petites plantes herbacées annuelles, croissant presque toutes en France, et dont la tige et les feuilles sont blanches et cotonneuses.

H. Cassini, dans un Mémoire inséré dans le Bulletin de la Société Philomathique, septembre 1819, a formé des sept espèces de ce genre mentionnées par Linné, cinq genres. Nous renvoyons à ce travail ceux qui auraient la curiosité de savoir jusqu'à quel point on peut pousser l'esprit de division.

FILAGRANE. BOT. Nom vulgaire de la Jacinthe à toupet, Ilyaciiithus comosus. y. Muscari.

FlLAlRE. Filaria. ikt. Genre de l'ordre des Nématoïdes, ayant pour caractères : un corps cylindrique, élastique, fragile, égal, allongé, à bouche orbiculaire avec des sexes séparés sur des individus différents; l'organe génital mâle est extérieur et double. Ce genre, proposé par MuUer, adopté par Rudolphi et par les naturalistes modernes, et dont les espèces ont été classées dans les Gordius par Linné, dans les Ascarides par Pallas, dans les Cunillaires, les Hamulaires, les Tentaculaires, les Linguatules et les Capsulaires par d'autres auteurs, présente des espèces très-disi)arates et dont on pourrait former plusieurs groupes. Eud. Deslongchamps forme deux genres des Pilaires de Rudolphi : le premier renferme les animaux auxquels s'applique la définition que nous avons donnée; il nomme la deuxième Filocapsulaire, et la compose des Capsulaires de Zéder dont il a étudié l'organisation d'une manière particulière. Les Filaires ont le corps filiforme, cylindrique, très-long, peu ou point atténué aux extrémités, mou, peu élastique, se cassant facilement; la peau est transparente, blanche ou incolore; les intestins, de couleur foncée, se distinguent facilement des organes génitaux d'une couleur lactée. Lorsque ces Verssont morts, si on les met dans l'eau, ils absorbent ce liquide avec la plus grande rapidité; ils se déroulent, se gonflent, se roidissenl; la peau se déchire et laisse échapper l'intestin ainsi que les organes génitaux. Leur organisation parait compliquée; la peau est mince, transparente, diaphane, poreuse, finement striée circulairement; elle recouvre deux plans de muscles : l'un transversal, et l'autre longitudinal; ce dernier formé seulement de deux bandelettes. La bouche est une petite ouverture ronde, simple ou papilleuse, située à l'extrémité du corps ; l'œsophage, long de quelques lignes, varie en diamètre suivant les espèces, et se dislingue des intestins par un fort étrangUnient. Ces

derniers se prolongent sans aucune circonvolution jusqu'à l'exlrémité postérieure du corps où se trouve l'anus. Il est ample, rempli de matière colorée et moins volumineux que les ovaires roulés autour de lui dans toute sa longueur. Dans ce genre, les femelles sont plus fréquentes, plus grosses et plus longues que les mâles. Leurs organes génitaux se com|)osent d'une ouverture extérieure ou vulve, d'un utérus et de deux appendices creux et très-longs, que l'on regarde comme les ovaires. Quelques espèces de Pilaires sont ovipares avec des œufs ovales et tachetés de blanc dans leur centre; les autres sont vivipares. Quelle que soit leur manière de multiplier, leur fécondité est prodigieuse. Les organes génitaux des mâles se composent de deux verges et d'un conduit séminal. Si l'on compare l'organisation des Pilaires avec celle des autres Nématoïdes et spécialement des Ascarides, on sera frappé de la grande ressemblance qui se trouve entre ces animaux singuliers. Rudolphi a réuni, dans son Sx'iopsh-, au genre Pilaire, celui que Treutter avait appelé Hamulaiia, et Zeder 7'entaculaiia. Les Pilaires ont été trouvés dans un certain nombre d'animaux vertébrés et dans quelques insectes; en général, ils sont rares et peu nombreux. On ignore leur mode d'accouplement, ainsi que la durée de leur vie; entin les espèces sont très-difficiles à distinguer, et la quantité des douteuses est bien plus considérable que celle des certaines que Rudolplii a divisées en deux groupes; le premier renferme les espèces à bouche simple ou nue, le deuxième les espèces à bouche armée de nodules ou de papilles. Dans le premier se trouve le Pilaire de Médine, connu dès la plus haute antiquité, et dont il nous manque une bonne description tant interne qu'externe, les Pilaires grêle, atténué, à queue obtuse, etc.; dans le deuxième, les Pilaires papilleux, couronné, plissé, etc.

FILAMENT, eot. On emploie ce mot indifféremment avec celui de Filet, pour exprimer la partie de l'étamine qui soutient l'anthère. ^. Filet.

FILAMENT, pois. Espèce de Clupe du sous-genre Mégalope. F. Cldpe.

FILAMENTEUX. On emploie cette épilhète en minéralogie pour désigner quelques substances divisibles en filaments très-minces, ordinairement un peu flexibles.

PILANDIÈRES. AR.'.cn. F. Araignées.

FILANDRE, ini. Les Italiens donnent ce nom au Pilaire des Oiseaux de proie, Filaria atlenuata, Rudolphi. A'. Pilaire.

P1LANGIS. BOT. Nom proposé par Du Petit-Thouars (Hist. des Orchidées des îles australes d'Afrique) pour une plante de la section des Épidcndres et du groupe nommé Angorchis par ce savant. Cette espèce, remarquable par la longueur excessive de l'éperon, devrait porter, selon la nomenclature linnéenne, le nom d.'Angrœcum filicornu. Elle croit aux iles de Madagascar et de l\Iascareigne, et Du Petit-Thouars l'a figurée, loc. cit., tab. 32.

FILAO. BOT. F. Cascarine.

FILARIA. Phyllirea. bot. Genre de la famille des Jasminées et de la Diandrie Monogynie, L., qui se compose d'une dizaine d'arbrisseaux, dont les feuilles sont

opposées, entières, coriaces, persistantes; les fleurs très petites , jaunâtres , réunies à l'aisselle des feuilles. Ces arbrisseaux croissent, en général, dans le raidi de l'Europe, l'Orient, etc. On les cultive dans les jardins. Leurs caractères distinctifs sont : un calice campanule, court, dressé, à quatre dents; une corolle monopéfale, presque rotacée , régulière , à quatre lobes réfléchis ; deux étamines dressées, à filaments courts, à anthères cordiformes, biloculaires, extrorses. L'ovaiie est libre et globuleux, à deux loges contenant chacune deux ovules suspendus ; le style est court, épais , terminé pa r un stigmate à deux lobes rapprochés. Le fruit est une baie uniloculaire et monosperme.

Cet avorlement constant d'une des loges et de trois des ovules, est un caractère qui se remarque dans presque tous les genres de la famille des Jasminées, et montre combien il est important d'étudier la structure de l'ovaire, quand on veut connaître le type d'organisation du fruit.

Deux espèces de ce genre croissent naturellement dans le midi de la France. Ce sont les deux suivantes : Filaria a fecilles larges, PhfUirca latifolia, Lamk., Dict., 2, p. 502. Cette espèce, dans laquelle viennent se confondre comme de simples variétés les Phyllirea média, L., Plifllirea lœeis et obliqua d'Alton, et Phyllirea spinosa et ligiistrifolia de MuUer, est un grand arbrisseau, toujours vert, très branchu, ayant des feuilles opposées, courtement pétiolées, obovales, obtuses, dentées, très-glabres. Ses fleurs, qui sont trèspetites et d'une couleur jaunâtre , sont groupées en grand nombre à l'aisselle des feuilles. Il leur succède des baies pisiformes. On trouve ce petit arbre dans les provinces méridionales de la France; il remonte même jusqu'aux environs de Nantes.

Filaria a fecilles étroites. Phyllirea anguslifolia, L., Sp., Lamk., III., t. viii, f. 3. Cette espèce, qui croit absolument dans les mêmes localités que la précédente, s'en distingue surtout par sa tige moins élevée, ses feuilles très-allongées, lancéolées, aiguës et très entières.

FILASSE DE MONTAGNE, mw. L'un des noms vulgaires de l'Asbeste. F. ce mot.

FILASSIER. OIS. L'un des synonymes de la Marouelte. F. Galliivijle.

FILET. Filamentum. bot. On appelle ainsi la partie inférieure de l'élamine, celle qui, portant l'anthère, est généralement sous la forme d'un appendice subulé et filamenteux. Cet organe n'est pas tellement essentiel, qu'il ne manque assez souvent, sans que pour cette raison l'étamine en soit moins propre à opérer la fécondation. Dans ce cas, on dit de l'anthère qu'elle est sessile. Quoique le plus souvent le Pilet soit grêle et allongé, cependant il est quelquefois plan, dilalé et même pétaloïde , ainsi qu'on peut le remarquer dans un grand nombre de plantes de la famille des Amomées. On concevra facilement cette forme particulière du Pilet, quand on saura qu'il offre absolument la même structure que les pétales : aussi les voit-on fréquemment dans les plantes où ils sont naturellement grêles , devenir plans, se dilater et se changer en véritables pétales. C'est ce qu'on observe, par exemple, dans les

plantes cullivées dont les fleurs doublent. Le grand nombre de pétales qu'elles présentent est dû à la transformation des étainines.

Les Filets peuvent être libres et distincts les uns des autres, ou bien ils peuvent contracter entre eux une adhérence plus ou moins intime et se souder en un , en deux ou en plusieurs faisceaux qui prennent alors le nom d'androphore; et les étamines sont alors appelées monadelplies, diadelphes, polyadeiphes. ^. Étauines,

AKDROPnORE.

FILET A RÉSEAUX, bot. (Coiifenées.)On a quelquefois donné ce nom à V HydioUyction utrictilatum. y. Hydrodyctie.

FILEUSE 00 FILIÈRE, boll. Nom marchand du foluta figiiliim, qui était un Cône selon Linné.

FILEISES. ARACuiy. Dénomination assignée par Latreille (Règne Anim. de Cuv.) à la première famille des Arachnides pulmonaires, et comprenant la grande division des Aranéides de Walckenaer ou le grand genre Araignée de Linné, r. Aranécdes.

FILICASTRUM. BOT. Synonyme de Strulhioptciis Germanica, L. F. Strutbioptëride.

FILICAULE. Filicaulis. bot. Qui a la tige extrêmement déliée et menue.

FILICITES. bot. foss. Quelques auteurs, particulièrement Schlotlieim, désignaient sous ce nom les Fougères dont on trouve les empreintes dans certaines houillères. A. Brongniart.dans son excellent travail sur les végétaux fossiles, a formé des Filitites le deuxième genre de sa troisième classe, au(iuel il donne pour caractères : frondes disposées sur un même plan, symétriques; nervures secondaires, simples, dicholomes ou rarement anastomosées. 11 le divise en cinq sections ou sous-genres, fondés sur la disposition des nervures et la forme des pinnules ; 1" Glossopteris , pi. 11, f. 4, dans lequel nous ne trouvons aucun rapport avec quelque espèce vivante que ce soit ; 2» Sphekopteris, pi. 11, f. 2, dont l'espèce représentée paraît avoir eu de grandes affinités avec les Davallies, et particulièrement avec le Darallia tenuifolia, Willd.; 5" Nevropteris, pi. 11, f. 6, dont l'espèce représentée ressemble aux frondes stériles et variables de certaines Onoclées; ■i" Pecopteris, pi. 11, f. ô, dont l'espèce représentée fut évidemment un Dicksonia; 5» Ouo^tup- TERis,pl. 11, f. 5, dont l'espèce représentée appartenait sans aucun doute à quelque espèce arborescente et non épineuse du genre Cyalhea. Nous pensons que toutes les Filicites pourraient être, par l'inspection des nervures qui s'y trouvent ordinairement en bon état de conservation, rajjportées aux genres actuellement existants, ou du moins intercalées parmi les genres dans une histoire comiilète des Fougères, comme on place aujourd'hui dans les collections bien entendues, les Coquilles fossiles au rang qu'elles doivent occuper entre les Mollusques et les Conchifères vivants.

FILICORNES. irts. Duméril désigne, sous ce nom et sous celui de Némalocèrcs, des Lépidoptères dont les antennes sont en fil ou de la même grosseur dans toute leurlongueur. Celle coupe comprend les genres llépiale, Bombyx et Cossus.

FILICULE. niiciilii. BOT. Les anciens botanistes ap-

pelaient ainsi, avant la fixation de la nomenclature, les petites espèces de Fougères dont l'cxiguité était pour eux une sorte de caractère de famille. Les Polypodinm calcareum, fontanum, vtilgare et fragile ; les Asplcniiim marinum, seplendionale , le Buta muraria, le Pleris crispa, différenles Hyménophylles, et jusqu'au Ceterach maranlœ, étaient anciennement des Filleules.

FILIÈRE, ms. Pores par lesquels les Araignées et les Chenilles font sortir la matière soyeuse dont elles composent leurs toiles et leurs cocons. Ces organes sont placés à la partie postérieure du corps, f^. Arachnides, Araignée, Aranéides et Lépidoptères.

FILIFORME. zooL. bot. Un organe ou une partie est dite Filiforme toutes les fois qu'elle est grêle, allongée et assez semblable à un fil.

FILINE. Filinia. inf. Bory a proposé l'établissement de ce genre dans la famille des Urcéolariées , pour y placer un animal microscopique décrit par MUIlersous le nom de Brachionus passiis. Ce dernier lui attribuait un test capsulaire {Inf., p. 335, t. 49, f. 14-1G); mais on ne peut appeler test un véritable fourreau. Les caractères du genre Filine consistent en une gaine conique, postérieurementatténuée comme en queue non contractile, pointue, antérieurement tronquée et que remplit entièrement un corps dont la tète, quand l'animal l'étend , est obtuse centralement, muni d'un faisceau central de poils rotaloires . et de deux appendices cirrheux fort allongés. La seule espèce de ce genre qui soit encore connue, vit dans les bourbiers les plus malpropres; elle y est rare. Ce genre offre quelques-uns des caractères qui distinguent les Vaginicoles et les Folliculines, r. ces mots.

FILIPÈDE. Filipes. zooi. Pourvus de pieds trèsdéliés, semblables à des fils. Cette épithète n'est guère applicable qu'aux insectes et aux Crustacés.

FILIPENDULE. bot. Espèce du genre Spirée. f^. ce mot. On a appelé Filipendule aquatique une espèce du genre jînanthe.

FILIPEKDULÉE (racise). bot. On donne ce nom à une racine fibreuse, qui présente de distance en distance des sortes de renflements tuberculeux. Telle est celle du Spirœa Filipendula.

FILIPODE. bot. On a quelquefois donné ce nom à la Fougère femelle, Aspidium Filix femina.

FILIROSTRE. Filirostris. zooL. Animal dont le bec ressemble à un fil.

FILISTATE. Filistala. aracon. Genre de l'ordre des Pulmonaires, famille des Pileuses, tribu des Tubitèles (Règne Anim.de Cuv.), fondé parLalreillequi lui donne pour caractères : huit yeux groupés sur une élévation, à l'extrémité antérieure et supérieure du corselet, et inégaux; mâchoires arquées au côté extérieur, formant un cintre autour de la lèvre; filières extérieures presque de la même longueur. Ce genre est très-voisin de celui des Drasses de Walckenaer; il en diffère toutefois par les caractères tirés de la position des yeux. Dans les Filistates, ces yeux sont plus éloignés du bord antérieur du corselet. Les deux latéraux de la première ligne sont plus avancés et beaucoup plus gros que les deux compris cniro eux cl les yeux situés sur la seconde ligue où les

posléi'iciirs sont gioupis par paires. On ne connaîl <|iriine seule espèce propre au genre : la Filistate bicolore, Filistuta bicolor, Lali'. Elle est de moyenne grandeur et d'une couleur fauve p<âle; l'extrémité de ses palpes, ses pattes et son abdomen sont noirâtres. Elle a été trouvée d'abord à Marseille. Léon Dufourl'a observée depuis en Espagne, et, suivant Latrcille, elle est encore originaire du Sénégal.

FILITARSE. Fllilarsis. ws. C'est-à-dire pourvu de tarses allongés et très-minces.

FILIX. BOT. f. FOL'GÈRE.

FILLE DE LA TERRE, bot. On a quelquefois donné ce nom au Kosloc vulgaire.

FILLÉE. Fillœa. bot. Genre de la famille des Légumineuses, institué par Perrottet , qui l'a dédié à Filleau de St.-Hilaire, protecteur zélé de ceu.K qui se livrent à l'étude des sciences naturelles et de la botanique en particulier. Caractères : Heurs hermaphrodites; calice régulier, à cinq divisions; cinq pétales égaux, libres, insérés au-dessus de la base du tube du calice ; dix étaraines; ovaire laineux, bivalve, pédicellé, renfermant sept à huit graines ovalaires, entourées d'une albumine abondante. L'espèce qui constitue ce genre, la Fillée ODORAivTE, Fillœa suareolens (Flore de la Sénégambie, t. 55). est un bel arbre dont Perrottet n'a trouvé qu'un seul individu; ce fut sur les bords de la Gambie, non loin d'Albreda. Son feuillage est très-remarquable parmi les Mimosées; les feuilles sontbipinnées, mais leurs folioles alternes rappellent pour la grandeur, celles de quelques fiiga; les fleurs, d'un blanc rosé, sont très-nombreuses et disposées en une multitude d'épis : leur odeur est extrêmement suave et pénétrante. Le nouveau genre se rapproche des genres Piosopis et Acacia.

FILOCAPSULAIRE. Filocapsularia. int. Genre de Vers intestinaux de l'ordre des Nématoïdes, ayant pour caractères .- le corps cylindrique, allongé, élastique, atténué aux deux extrémités, roulé en disque, et contenu dans une membrane; bouche simple; organes génitaux inconnus.

Ce genre, établi par Deslongchamps aux dépensdes Pilaires de Rudolphi, ne renferme qu'une seule espèce, le Gordius viaxinms de Linné ou Filaria Piscium et Capsularia de Rudolphi. Cet animal ressemble aux Ascarides par sa forme générale, aux Pilaires par la forme de la lÊte et de la bouche, par le lieu qu'il habite. Il diffère des autres Nématoïdes par une organisation interne beaucoup plus simple, et par la membrane dans laquelle il est entièrement enveloppé. Il y est placé roulé sur luimême en spirale et sur un seul plan discoïde , ou plié irrégulièrement. Des Ascarides paraissent offrir quelquefois le même phénomène, mais il est rare; même dans ce cas, les Ascarides ne sont jamais roulés en spirale, et sont placés sous le péritoine au lieu d'être enfermés dans une membrane particulière. Les Filocapsulaires enveloppés de leurboite membraneuse semblent immobiles ; mais si on les dégage et qu'on les place dans l'eau, ils exercent des mouvements rapides et semblables à ceux des Ascarides ; on peut les conserver dans Peau pendant plus de huit jours.

La longueur de ces Vers dépasse rarement trois eenlimèlres, et le maximum de leur grosseur est d'un demi- ■'i nicT. hf.s sriF,\r.Es n\t.

millimètre. Leur oiganisatlon ne diffère point des autres Nématoïdes; la lèle est un peu aiguë, et se distingue du corps à une légère dépression ; Panus est placé à une petite distance de la queue; il est transversal, très-apparent, et ne diffère point de celui des Ascarides. L'intestin s'étend de la bouche à l'anus, sans aucune circonvolution; il remplit entièrement la cavité intérieure de Panimal ; ses parois sont blanches , très-épaisses, et son canal peu apparent. On en a disséqué plusieurs centaines sans a|)ercevoir aucun vestige d'organes pour la reproduction, et l'on s'est assuré par un grand nombre d'observations que dans tous les états, les Filocapsulaires différaient toujours des Ascarides.

Ces Vers ont été trouvés dans un grand nombre de Poissons appartenant à des espèces très différentes, sous tous les rapports, et n'ont jamais présenté que les mêmes caractères; la longueur seule a un peu varié; ainsi le genre Filocapsulaire n'est encore composé que d'une seule espèce, le Filocapsulaire commun.

FILONS. Mifi. Amas de matières minérales, en forme de grandes plaques ou de coins très-aplatis, qui coupent transversalement les strates des terrains qui les renferment, et dont les substances composantes diffèrent plus ou moins de celles qui constituent la roche environnante. On peut les considérer comme des fentes qui se sont opérées dans les terrains pendant ou après leur formation, et qui ont été remplies postérieurement, en tout ou en partie, de matières pierreuses ou métalliques. Parmi les solutions de continuité qui partagent les couches d'un terrain et qui présentent plus particulièrement la forme de fente remplie ou non remplie, on distingue les feu tes proprement dites, les amas transversaux appelés Failles, et les amas transversaux nommés Filons. Les fentes sont ordinairement remplies de certains Gaz, ou servent à la circulation des eaux souterraines. Les failles ou barrages sont de grandes fissures occasionnées par l'affaissement d'une partie du terrain, et qui sont remplies de débris provenant du terrain luimême. Elles sont très-fréquentes dans les houillères où elles acquièrent quelquefois une puissance considérable. Les Filons (en allemand Gœnge ) traversent en tout sens les terrains stratifiés, comme ceux qui ne le sont pas. Dans le premier cas ils sont presque toujours obliques à la direction des strates; quelquefois cependant ils se montrent parallèles au plan des couches , mais ce parallélisme n'a jamais lieu d'une manière complète, et ne se soutient pas dans une grande étendue. On distingue dans un Filon les deux faces principales de la plaque, nommées Salbandes ; les parois de la fente avec lesquelles elles sont en contact, s'appellent les épontes. Lorsque le Filon est incliné , ce qui est le cas le plus ordinaire, Pinférieure en est le mur ( liegendes ), et la supérieure le toit (hangendes); la partie du Filon qui se montre à la surface du sol en est PalBeurement.

Comme cette espèce particulière de gîtes de minerais renferme la plupart des substances qui sont l'objet des recherches du mineur, on étudie avec beaucoup de soin l'allure d'un Filon , c'est-à-dire la manière dont il se dirige, s'incline et s'étend dans le terrain qu'il traverse. On détermine la position d'un Filon à l'aide de deux lignes droites tracées sur le plan d'une des salbandes.

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Une d'elles, niellée hoiizonlalcmcntjail un certain anclê avec la méridienne ; cet angle donné par la boussole est la direction du Filon. Une seconde ligne, menée sur la salbande perpendiculairement à la première, fait avec l'horizon un angle qui détermine l'inclinaison du Filon. Quand la direction et l'inclinaison sont peu variables dans une grande étendue du Filon, on dit que son allure est régulière ou (|u'il est bien réglé. L'épaisseur ou la puissance des Filons est très-variable , et elle n'a rien de constant dans le même Filon qui éprouve tantôt des renUenients et tantôt des étranglements. L'étendue d'un Filon paraît en général proportionnée a sa puissance. Il y a des Filons de quelques lignes de puissance, dont l'étendue ne surpasse guère quelques mètres. U en est d'autres, au contraire, dont la puissance et l'étendue sont fort considérables. Le plus célèbre de tous est le | Filon argentifère, la veta Madré, de Guanaxualo au | Mexique. Suivant Humboldt, il aurait quarante à qua- ] rantc-cinq mètres de puissance sur une longueur de j douze mille mètres. Les Filons descendent dans le sol | à une très-grande profondeur, en sorte que souvent on | ne rencontre pas le bord oîi ils se terminent. Lorsqu'on atteint les extrémités, on trouve ordinairement qu'elles s'amincissent en forme de coin dont le tranchant présente des sinuosités. Quelquefois le Filon se bifurque et forme différents rameaux qui rejoignent ensuite le tronc ou se perdent dans la roche environnante. Les Filons finissent presque toujours par un affleurement à la surface du sol ; cependant on connaît à la montagne des Clialanches près d'AlIemont, des Filons qui sont terminés par le haut, et dont la tèle est recouverte par le terrain environnant.

La composition des Filons est en général très-variée : tantôt la masse minérale qui les constitue est analogue aux roches des terrains qu'ils traversent; lanlôt elle est formée de conglomérats, de sables, d'argile, et alors on trouve souvent dans le voisinage des assises de semblables matières ; tantôt entîn elle ne présente que des agrégats irréguliers de substances dont quelques-unes sont d'un grand intérêt pour le mineur, car c'est là le gîte habituel de presque tous les minerais que l'on exploite. Dans ce dernier cas, on distingue la matière stérile dominante, de nature pierreuse, et la matière utile ou métallifère; la partie pierreuse du Filon est ce qu'on nomme en France la gangue du minerai : les principaux minéraux qui la composent sont le Quartz, la Baryte sulfatée, le Fer spathique, etc. C'est là surtout que s'observent les plus belles cristallisations. Les parlies métallifères sont disposées dans cette gangue, tantôt en rognons épars ou en grains disséminés, tantôt en zones parallèles, alternant avec la matière pierreuse du Filon, et se répétant de la même manière à partir des épontes. Les Filons sont rarement remplis en totalité. Ils offrent des cavités dont les parois sont tapissées de cristaux réunis en druses ; ce sont ces cavités ([ui portent le nom de fours ou poches a cristaux. On trouve souvent des fragments de la roche environnante au milieu d'un Filon. Ces fragments ont servi de noyaux à la substance métallique qui les a recouverts d'une enveloppe assez mince. Il y a des Filons qui sont entièrement stériles ou dépourvus de parties métalli-

ques. Parmi les Métallifères on distingue ceux qui sont riches et ceux qui sont pauvres en minerai ; les Filons les mieux caractérisés se trouvent ordinairement dans les terrains primordiaux ou dans les premiers terrains secondaires.

Les Filons existent rarement seuls dans le même terrain ; on en trouve ordinairement plusieurs qui tantôt sont parallèles et tantôt se croisent de différentes manières. Lorsque deux Filons se croisent, on remarque qu'ils sont presque toujours de nature différente; l'un des deux traverse l'autre sans éprouver aucune interruption , et celui-ci est coupé en deux parties séparées, qui souvent ne sont plus dans la même direction. Il est clair que le Filon coupant est plus nouveau i|ue le Filon traversé, et (|u'ainsi les observations relatives à l'intersection des Filons peuvent servir à déterminer l'âge relatif de chacun d'eux. C'est ce queWerner a fait pour les Filons de la Saxe qu'il est parvenu à rapporter à huit époques différentes de formations.

On a imaginé beaucoup de théories pour expliquer les Filons; plusieurs ont été démenties par les faits ; d'autres, et celle de Werner est du nombre, paraissent être insuffisantes, parce qu'il est impossible de ramener à une cause unique la production de tous les Filons observés. On s'accorde généralement à reconnaître que les Filons sont des fentes qui se sont opérées par l'ébranlement du sol, et qui ont été remplies après coup de diverses substances ; mais on varie sur la manière dont ce remplissage a eu lieu. Werner pensait que les Filons, ayant été ouverts par leur partie supérieure, avaient tous été remplis par en haut de dépôts provenants d'une dissolution qui recouvrait le sol. Mais il paraît incontestable que des causes de nature bien différente ont concouru à la formation de ces grandes masses minérales. Ainsi les Filons remplis d'agrégats réguliers ou de matières pyrogènes, comme le Basalte, l'ont été probablement par des déjections volcaniques de bas en haut, ou eu sens contraire par des courants de laves; les Filons formés d'agrégats sablonneux ou argileux, et de débris roulés, n'ont pu l'être que par en haut; enfin les Filons remplis d'agrégats irréguliers, de cristaux pierreux et de parties métalliques, doivent peutêtre leur naissance à des causes très -variées, telles que des filtrations latérales ou des sublimations de l'intérieur delà terre. /^., sur l'histoire des Filons en général, la nouvelle Théorie de leur formation par Werner, traduite en français par Daubuisson, Paris, 1822.

FILOU. Epibulus. pois. Espèce de Labre devenu type d'un sous-genre, y. Labre.

FILTIUTION. Action de séparer, au moyen des pores d'un tissu quelconque, les matières hétérogènes, qui altèrent la transparence d'un liquide.

FIMBKIAIRE. Fimbriaria. int. Nouveau genre établi par Frœlich pour placer le Tœnia malleus; il n'a point été adopté par les naturalistes. F. Toema.

FIMBRIAIKE. Fimbriaria. bot. Nées-Esembeeck a séparé du genre Marchantia, famille des Hépatiques, selon la méthode de Jussieu , quelques espèces pour en former un genre nouveau, qu'il a publié dans Horl. pltys. Berol., p. 44 et suiv. Ce genre est essentiellement caractérisé par ses capsules s'ouvranl en deux comme

une lioile à savonnelle, et renfermées cliacunc daus un périclu^ze propre, Irès-enflé, pendant, se déchirant en six ou douze lanii^res cohérentes à leur extrémité. Ce périchèze manque dans le genre que Nées a nommé Duvalia, peut-être le même que Giimalilia de Raddi. Enfin la manière dont la capsule s'ouvre distingue encore le genre Fimbriaire de tous les autres.

FiaiiRiAiRE ODORANTE. Fimbiiaiia frograns, Nées, Lindl.; Marchuntia odorans, Schleid., Schwœgr., DC. Fronde d'un vert jaunâtre, coloré sur les bords et en dessous de brun pourpré, simple ou plus rarement bifurquée ou dichotome, à segments obovales, finement denticulés, émarginés au sommet, un peu carénés, portant sur le même individu des pédoncules rougeàtres assez allongés, insérés au milieu de quelques soies lines et transparentes, soutenant un réceptacle conique, mamelonné, divisé à la base en cinq ou six lobes peu profonds, au-dessous desquels sont nichés , entre les déchirures de la colisule qui sont indifféremment connées ou libres à leur extrémité, cinq ou six sporanges sessiles, en forme de massue, verdâtres, dont la déhiscence se fait par dents. Les réceptacles sont sessiles et tuberculiformes. En Europe.

Fimbriaire margwée. Fhnbriaria marginata. Nées. Fronde simple, petite, entière ou à peine dichotome, glabre, d'un beau vert en dessus, purpuiine en dessous et sur les bords; pédicelles portant les réceptacles munis à la base d'un périchèze ou gainule court, tubuleux, bordé de longs poils blancs; réceptacles femelles obtus, mamelonnés, à quatre lobes uniQores; fleurs munies d'un grand périchèze propre , en forme de sac enflé , blanc, pendant, se déchirant en six à douze lanières qui restent fixées par la pointe. Du cap de Bonne-Espérance.

Les Marchantm elegans ou physocarpa , Bert.; saccala, Wahlenb,; tenella, L., etc., font encore partie du genre Fimbriaria; elles croissent dans les régions les plus chaudes du globe.

FIMBRIÉ. Fimbiiatus. bot. Même chose que Frangé.

FIMBRIE. Fimbiia. sioiL. Ce genre, de la famille des Acéphales leslacés, établi par Megerle, a été réuni par Cuvier à son genre Coibis. V. Corbeille.

FIMBRILLAIRE. Fimbrillaria . bot. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbiféres de Jussieu, et de la Syngénésie nécessaire, L., établi par H. Cassini (Bulletin de la Société philom., février 1818) qui lui a donné les caractères suivants : calathide discoïde, dont les fleurs centrales sont nombreuses, régulières, mâles ou quelquefois hermaphrodites, et celles de la circonférence disposées surplusieurs rangs, tubuleuses et femelles; involuere arrondi, formé d'écaillés irrégulièrement imbriquées, appliquées, linéaires et foliacées; réceptacle plan, couvert de paillettes {fimbrilles, Cass.) charnues, irrégulièies, soudées par leur base; ovaires comprimés, obovales, hérissés, munis d'un bourrelet apiculaire; aigrette composée de poils plumeux. L'auteur a formé ce genre aux dépens du Bacclians, L., dont il difl'ère par son réceptacle paléacé et par ses fleurs mâles et femelles, réunies dans la même calathide. 11 est encore plus voisin, par les caractères, du Dimorphantes, près duquel Cassini l'a placé, dans la tribu des Astérées, puisqu'il ne s'en distingue que par les paillettes de son ré-

ceptacle; mais le genre Dimorphantes se d'espèces de l'ancien continent, autrefois placées parmi les Engeron, et qui ne peuvent être confondues avec les Fimbrillaria.

Le type de ce nouveau genre est le Fimbrillaria Baccharoitles ou Baccharis ivœfolia, L., arbuste d'Amérique, que l'on cultive au Jardin des Plantes de Paris. H. Cassini en a fait connailie une seconde espèce, indigène des iles de France et de Bourbon , ù laquelle il donne le nom de Fimbrillaria tubifera. Elle est remarquable par ses fleurs marginales, dont les corolles sont longuement tubuleuses, colorées et très-apparentes en dehors.

FIMBRILLES. Fimbrillœ. bot. H. Cassini appelle ainsi des appendices du réceptacle des Synanthérées, qui sont en forme de filets membraneux, laminés, linéaires ou subulés, souvent entregreffés inférieureraent, et toujours en nombre plus grand que les fleurs. Ils existent dans toutes les Carduacées et dans quelques genres des Corymbiféres.

FIMBRISTYLIDE. Fimbristylis. bot. Vahl a séparé du genre Scirpus toutes les espèces dépourvues de soies hypogynes et munies d'un style comprimé et renflé à sa base qui est articulée avec le sommet de l'ovaire. A celte division n'appartiennent que des espèces exotiques, telles que Scirpus nutans, Retz, Scirpus pilosus, etc. Robert Brown en a rapporté environ une trentaine de la Nouvelle-Hollande. F. Scirpe.

FINGERHUTHIE. Fingerhutia. Genre de la famille des Graminées, institué par Nées - Esembeeck, qui lui assigne pour caractères : épillets composés de deux à trois fleurs pédicellées': les deux inférieures hermaphrodites, la supérieure neutre ; deux glumes carénées et pourvues de soie ou arête; deux paillettes : l'inférieure carénée, avec sept nervures, le sommet obtus, terminé par une soie courte ; la supérieure plus courte, carénée, binerviirée et obtusément bidentée; trois étamines; ovaire sessile; deux styles allongés, couronnés par des stigmates velus. La fleur neutre n"a qu'une paillette obcordée, complicpiée, avec une soie courte sortant d'un sinus obtus. Les Fingerhulhies ont les chaumes terminés par des épis obloiigs, formés par la réunion d'épillets articulés avec le pédicelle, et décidus. On n'en connaît encore qu'une seule espèce qui a été apportée du cap de Bonne Espérance.

FI^GIIAH. OIS. Espèce du genre Drongo. F. ce mot.

FINNE. Finna. i.nt. Quelques auteurs ont donné ce nom au Cysticerque du tissu cellulaire; il dérive du mot allemand qui désigne la ladrerie du Cochon, maladie qu'on attribue à la présence de ces Vers. f^. Cysticerque.

FIN-OR. BOT. Variété de Poires dont une sous-variélé mûrit en été, et l'autre en septembre.

FIONOUTS. BOT. La plante de Madagascar mentionnée sous ce nom par Flacourt, a ses fleurs jaunes et ses feuilles épaisses ; on la brûle pour employer ses cendres dans la teinture. Nous pensons que c'est peut-être un Kalanchoe. Selon quelques-uns, elle aurait l'odeur du Mélilot.

FIORIN. BOT. L'un des noms vulgaires de l'Agrostitc traçante, Agrostis stoloni fera, lin.

ÎOi

FIORITE. MIS. Oii.irU concnHionnt' du inoiit Fioni en Toscane. F. Qcartz.

FiOUN.i. OIS. Koin que porte dans quelques coutries 1 du Nord le Grèbe-Oreillard. /^. Grèbe.

FIRENZI.i. BOT. Synonyme de Conlia flavescens. F. Sebestier.

FIRMIANA. BOT. Synonyme de Slercularia platanifolia. V . Stercui.ier.

FIKOLE. Ptciotrachen. moll. Forskahl, qui fil le premier connaître les animaux de ce genre, leur avait donné le nom de Pterolracliea, et l'on ne sait pourquoi Bruguière changea ce nom en celui de Firole, Firola, qui a été adopté par les zoologistes français. Ces animaux, que Pérou et Lesueur ont rangés parjni les Ptéropodes à l'époque où celte coupe a été proposée, doivent appartenir indubitablement à un autre ordre bien supérieur en organisation , avec lequel Lamarck termine toute la série des Mollusques, les Hétéropodes (F. ce mot). Plusieurs Mémoires de Pérou et Lesueur, et de Lesueur ensuite . ainsi que de Blainville. sont les principaux el les seuls travaux que l'on puisse consulter en y ajoutant ceux de Forskahl, et c'est d'après eux qu'on peut leur donner les caractères génériques suivants : corps libre, allongé, gélatineux, transparent, terminé postérieurement par une queue, et muni d'une ou plusieurs nageoires; blanchies en forme de panaches, flottant libreinenl en dehors et groupées avec le cœur sous le ventre, vers l'origine de la queue; fête distincte; deux yeux; des mâchoires cornées; point de tentacules. Les Fiioles ont beaucoup de rapports avec les Carinaires dont elles ne dilîèrcnt essentiellement qu'en ce que les branchies el le cœur ne sont point protégés par une coquille. La tête est munie antérieurement d'une trompe à l'intérieur de laquelle se voient de petites mâchoires ré- Iracliles el latérales, à ce que disent Pérou el Lesueur, pourvues à l'intérieur et de chaque côté d'une série de pointes cornées, courbées, pectiniformes, surmontées d'un autre rang de plus petites. Au fond de la cavité buccale ainsi armée , on voit deux sortes de palpes articulées. Quoique l'on n'ait point reconnu de véritables tentacules aux Firoles, Blainville pense pourtant ([ue l'on pourrait considérer comme analogues les tubercules qui se voient en avant des yeux et sur la partie antérieure de la léle. Les yeux sont grands, situés à la réunion du corps et de la trompe; d'après Lesueur, il paraîtrait (ju'ils sont placés à l'extrémilé de pédicules ti ès-eourts. De la cavité buccale part un intestin ou œsophage qui va aboutir à l'estomac qui est lui-même placé dans le uucleus, celte partie saillante entre le pied et la queue qui contient, outre les branchies et l'estomac, le foie cl le cœur; l'intestin, ù ce qu'il parait, se termine à l'extérieur au côté droit de la cavité branchiale. Le corps est allongé, renflé dans le milieu, revêtu d'une peau transparente et gélatineuse. Elle se continue sur le nucleus, mais il paraît qu'elle y prend une autre structure, car elle est irisée très-agréablement lorsque l'animal est plongé dans l'eau. Les organes locomoteurs se composent d'une sorte de pied ou de niasse charnue, mince, comprimée, fixée au corps par un pédicule assez large, vers le milieu de la face abdominale; ce pied forme une véritable nageoire; c'est vers le milieu du bord in-

férieur de cette nageoire que Foiskahl a observé une petite ventouse destinée à fixer l'animal au fond de la mer. H parait que Pérou et Lesueur n'ont point aperçu cette partie essentielle qu'il aurait été nécessaire de constater de nouveau. La partie postérieure ou la queue, qui a son origine au nucleus, est terminée par un aplatissement ou nageoire bifurquée; c'est sans doute de cette nageoire que sort un filament plus ou moins long composé d'une série de tubercules et dont l'usage est inconnu. Due question qu'il aurait été fort intéressant de décider, est celle relative à la position des organes de la génération ; mais il paraît que l'extrême délicatesse de ces organes a empêché jusqu'à présent les habiles observateurs qui se sont occupés des Firoles, d'avoir autre chose que des présomptions qui semblent néanmoins assez bien fondées. Lesueur a observé au côté droit du corps, un appendice vermiculaire. qui semble cire l'organe excitateur mâle. Il paraîtrait, d'après les observations du même naturaliste, que les Firoles ne sont point hermaphrodites, ce que* semblerait confirmer l'existence des oviductcs dans les individus qni n'ont point l'organe vermiculaire des mâles, mais cet oviducle aurait son ouverture au côté gauche, dans une position contraire à celle de l'organe mâle. Voilà les traits principaux de l'organisation des Firoles. Nous ajouterons que les branches sont symétriques, composées de deux faisceaux formés de douze à seize filaments, et nous renvoyons pour le reste au Mémoire de Blainville inséré dans le Bulletin de la Société Philomatique, ainsi qu'à celui de Pérou et Lesueur dans les Annales du Muséum, t. xv, el à celui de Lesueur dans le Journal de l'Académie des Sciences de Philadelphie, 1817. On ne connaît encore qu'un petit nombre d'espèces appartenant à ce genre. Nous allons en citer quelques-unes :

FiRoiE coBROKivÉE. Pterolfacliea coronata, Gmel., p. Ô1.Î7, n" 1 ; Forsk., Faun. yliab., p. 117, et Icon., lab. 34, fig. 4; Encycl., pi. 88, fig. 1. Cette espèce est la plus grande connue. Elle se distingue facilement par sa longue trompe perpendiculaire, cylindrique, et surtout par les dix éminences qui lui couronnent le front. Elle vit dans la Méditerranée. Sa queue est divisée en quatre parties de cha(iue côté ou plutôt en lignes saillantes, chargées de petits tubercules piquants. Elle est longue de cinq à sept pouces.

FiROi.E DYAiiNE. Pteiotraclica hyalina, Forsk., ib., p. 118; et Icon., pi. 34, fig. 6; Gmel., p. 3157, n» 2; Encycl.. pi. 88, fig. 2. La taille de celle-ci, qui est bien plus petite, la distingue déjà des autres espèces. Sa têle est mulique, prolongée; sa nageoire est centrale, arrondie, et ne paraît point avoir de veutouse.

FIROLOIDE. Fiioloiita. moll. Lesueur (.lournal des Sciences nal. de Philadelphie, 1817) a proposé ce genre pour quelques animaux très-voisins des Firoles, comme leur nom l'indique. Ils ne diffèrent en effet de celles-ci que par la queue qui est presque nulle; tous les autres caractères restent les mêmes. Lesueur a observé surdeux individus de ce genre un appendice filiforme, partant de l'extrémité postérieure : il a considéré celle partie comme des oviductes, parce qu'elle était remplie de petits globules. Blainville pense que cet appendice n'est

aiilre chose qu'un chapelet d'œufs, et (|ue coiiséqueinment il doit fournir un Irès-mauvais caractère spécifique. Il y a trois espèces dans ce nouveau genre; elles se confondront probablement jiar la suite avec les antres Firoles.

FIROME. BOT. Kœmpfer a donné ce nom à une Hydrophyte que plusieurs auteurs regardent comme leFKCMS Saccharinus de Linné.

FISANELLE. OIS. Synonyme vulgaire de Grèbe huppé. /^. Grèbe.

FISCAL, ois. Espèce du genre Pie-Grlèche. f^. ce mot.

FISCUERA. BOT. Sprengel (Prodr. UtnbelL, p. 27, fig. 1) nomme ainsi un genre nouveau qu'il établit dans la famille desOrabellifùres, pour quelques espèces A'Jzoiclla décrites par Labillardière, et dont Rugge (Linn. Tians., X, p. 300) avait fait son genre Tracliymetie. y. ce mot. Il ne faut pas confondre le genre Fhchera de Sprengel avec leFischeria de De Candolle. F. Fischérie.

FISCHÉRIE. Fischeria. bot. Genre de la famille des Ai)ocynées, section des Asclépiadées de Brown, établi liar De Candolle (Catalog. Hort. Botan. Monspel., p. 112) en l'honneur du docteur Fischer de Gorenki, actuellement directeur du Jardin Botanique de Saint-Pétersbourg; il est ainsi caractérisé : calice à cinq divisions profondes; corolle rotacée à cinq lobes ondulés et crispés; couronne staminale {stflostegium) monophylle, charnue, tionquée, nullement lobée, ceinte à sa base d'un anneau anthérifère; sommet de l'anthère sim|)le, en forme de bec, replié en dedans; masses polliniques insérées sur la partie moyenne de l'anthère, et penchées vers le stigmate qui est pentagone ; deu.x follicules. Ce genre est placé par son auteur entre le Microslcmma et VHoya de R. Brown. Il se rapproche du premier par sa couronne staminale monophylle, mais il s'en distingue, ainsi que des autres genres voisins, par cette même couronne qui ne se divise pas en plusieurs lobes ou qui n'a point d'appendices connus. La corolle rotacée, profondément quinquépartite, est encore un caractère diEférenliel assez important. Nous ne savons pour quels motifs on a indiqué VUolostemma de Brown comme identique avec le Fischeria; ces genres ii'onl pas des caractères absolument semblables, et d'ailleurs se composent de plantes dont les pairies sont fort différentes, puisque V Holostemma est fondé sur une espèce des Indes-Orientales, figurée par Rhéede, Malah., ix, t. 7.

La seule espèce connue jusqu'à ce jour est le Fischeria scandeits, DC. , originaire de l'Amérique méridionale. Cet arbrisseau est grimpant, toujours vert et lactescent; ses branches sont cylindriques, longues et couvertes d'un duvet mou; elles portent des feuilles opposées, très-entières, cordiformes à la partie inférieure des tiges, ovales-oblongues dans la partie supérieure, algues et pétiolées. Les fleurs, d'un jaune vert, sont disposées en ombelles, et sont solitaires sur des pédicelles qui s'attachent à des pédoncules axillaires. La plante a quelques rapports avec le Cynanchum crispiflorum de Swarlz, et c'est sous ce nom qu'on l'a cultivée en Angleterre; mais elle s'en dislingue suffisamment par sa corolle non tubuleuse et ses organes sexuels différents.

FISCHERINE. Miti. Nom donné par John à une variété de Tilanite brunâtre de Norwège, dont l'analyse a présenté le résultat suivant : Silice, 37; Fer oxydé, 3.5; Chaux, 12; Alumine, 5; Titane oxydé, 9; Manganèse oxydé. 3; ZIrcone, 1.

FISCIIERLIN. OIS. Synonyme vulgaire de petite Hirondelle de mer. F. ce mot.

FlSCHlOSOME.Ffsc/i/osowm.iKT. Genre proposé par Brcra dans son ouvrage sur les Vers de l'Homme et sur les maladies vermineuscs, pour quelques animaux du groupe des Hydalides , ou des Cyslicerques , ou des Distomes. Ce genre n'a pas été adopté par Rudolphi.

FISSIDENS. BOT. {il/oî<s«es.) Quelques espèces du genre Dicramtm, affectant un port particulier, ont été réunies par Hedwig en un genre qu'il a caiactérisé par ses fleurs monoïques, dont les mâles forment des bourgeons axillaires. Bridel (Muscoloyia, t. ii) a fait connaître plus de vingt espèces de Fissidens, et Bachclot Lapilaye, dans une Monographie de ce genre qu'il a nommé Slcxtophylliim (Journal de Botanique, vol. 4, p. 30 et 1Î5), en a décrit vingt et une dont il a figuré plusieurs. A l'exemple de Smith, Swarlz, Weber, Mohr et De Candolle, nous ne considérons le Fissidens que comme une subdivision du genre Dicranum. V. ce mol.

FISSIFLORE. BOT. Cassini nomme ainsi la calathidc quand elle se compose de fleurons à languette fendue; telles sont les espèces de la tribu des Lactacées.

FISSILABRES. Fissilabra. iivs. Section établie par Lalreille (Règne Animal de Cuvier) dans la famille des Brachélylres ou Staphyliniens, et comprenant lesgenres Oxypore, Astrapée. Staphylln, Pinophile et Latrobie. F. ces mots et -Stapbyliniens.

FISSILE, iim. Se dit d'une substance qui tend à se dilater, à se diviser par feuillets.

FISSILIE. Fissitia. bot. Genre de la famille des 01aclnées, réuni même à l'Olax par R. Brown. Le calice est urcéolé. court, entier. La corolle, au premier aspect, parait tubuleuse et régulière, mais examinée plus attentivement , elle présente cinq pélales dont un libre, et les quatre autres soudés inférieurement deux à deux. A chaque paire de pélales soudés s'insère une élamine fertile, accompagnée de chaque côté d'un filet ou appendice stérile; au pétale libre répondent une étaminefeitile et un appendice, tous deux également libres; les anthères, ovoïdes et oscillantes, sont porlées à l'extrémité de filets aplalis; l'ovaire est libre, surmonté d'un slyle unique, que termine un stigmate tronqué ou trigone; il renferme trois loges et Irois graines, cl devient un drupe sec, monosperme, embrassé par le calice cupuliforme, qui persiste et prend de l'accroissement. Ce genre comprend une seule espèce; c'est le Fissilia Psittacoritm, arbre de l'ile de Bourbon où il est connu vulgalTementsouslenomde Bois de Perroquets, à cause du goût que ces Oiseaux ont pour son fruit. Ses feuilles entières et toujours vertes rappellent celles des Lauriers; ses pédoncules sont axillaires et portent un trèspetit nombre de fleurs.

FISSINERVE. bot. Une foliole est Fissinerve quand elle est marquée de trois nervures dont les deux latérales sont bifides.

FISSIPEDES. jiAM. OIS. On a donné ce nom, par opposition à solipède ou monodaclyle, aux Quadrupèdes qui ont le pied divisé en plusieurs doigts. Chez les Oiseaux ce nom indique les genres qui n'ont pas les doigts réunis par une membrane.

FISSIPENNES. Pterophorites. 1RS. Tribu établie par Latreille (Règne .4nim. deCuv.)dansIa famille des Nocturnes, et comprenant des Lépidoptères qui s'éloignent de tous les autres en ce que les quatre ailes, ou deux au moins, sont refendues dans leur longueur en manière de branches ou de doigts, barbues sur leurs bords et ressemblant à des plumes. Cette tribu, comprise par Linné dans sa division i\cs Phalènes J Incites, et nommée par Degéer Phalènes Tipules, correspond à la famille des Pterophorites de Latreille {Gêner. Cnist. et Ins., t. iv, 1). 233), et renferme les genres Ptérophore et Ornéodc. F. ces mots.

FISSIROSTRES. ois. Nom sous lequel Cuvier dislingue une petite famille composée des genres Hirondelle, Martinet, Engoulevent et Podarge. K. ces mots.

FISSULE. Fissula. int. Le genre formé sous ce nom, par Lamarck (.4nim. sans vert., t. m, p. 210), aux dépens des Acarides , avait été proposé par Briiguière, établi par Fischer sous le nom de Cystidicola, et enfin adopté par Rudolphi qui, en rétablissant les caractères sur lesquels il doit définitivement reposer, l'appela Ophiostoma. V. Ophiostojie.

FISSURE. Fissura. Miiv. Séparation dans une roche quelconque qui n'est pour ainsi dire qu'indiquée, les parois ne laissant pas d'écartement entre elles. On nomme Fissures de stratification celles qui séparent les assises d'une même couche ou des couches de même nature.

FISSURELLE. Fissurella. MOLi. Genre de Scutibranches gastéropodes, établi par Bruguière et indiqué depuis très-longtemps par Lister, Bonanni, Guallieri, etc., sous la dénomination de Patelles perforées. Ce caractère saillant est si facile à saisir et met dans un groupe si naturel les espèces qui le présentent, qu'il y a très-peu de conchyliologues qui ne l'aient indiqué : aussi on doit s'étonner que Linné n'en ait point fait un genre distinct ; il s'est contenté de diviser le genre Patelle en plusieurs sections; celle qui renfermait les Patelles perforées est la dernière, et les deux premières espèces sont des Émarginules. F. ce mot. Néanmoins, Bruguière présumant que ce trou de la coquille devait indiquer et entraîner avec lui une organisation différente dans les animaux, forma le genre qui nous occupe. Lamarck l'a adopté dans le Système des Animaux sans vertèbres , et tous les zoologistes l'ont conservé. Voici de quelle manière ce genre peut être caractérisé : animal ayant une tête tronquée antérieurement ; deux tentacules coniques, portant les yeux à leur base extérieure; bouche terminale, simple, sans mâchoires; deux branchies en forme de peigne dans leur partie supérieure, s'élevant de la cavité branchiale et formant une saillie de chaque côté du cou ; manteau très-ample, débordant toujours ou saillant hors de la coquille; pied large, fort épais ; coquille en bouclier ou en cône surbaissé, concave en dessous, perforée à son sommet, sans spire quelconque, à trou ovale ou oblong. Ce fut d'abord

Adanson qui publia quelques notions sur l'animal de la Fissurelle; mais ces notions étaient fort incomplètes. Beudant l'ayant étudié, c'est à lui qu'on doit les bons caractères tirés de l'animal dont on peut maintenant se servir. Cet animal a beaucoup de rapports avec celui del'Émarginule; il a les branchies disposées de la même manière, et ils ne diffèrent que par la fente, qui est supérieure dans les Fissurelles, et marginale dans les Émarginules. La disposition de l'anus est presque la même; quoique les excréments sortent par la fente supérieure dans les uns, et par la fissure dans les autres, il faut dire que c'est à la partie supérieure de la fente. Outre une organisation analogue, ces deux genres se touchent par des intermédiaires fort curieux, qui sont, d'une part, des Fissurelles dont le trou est au-dessous du sommet, et des Émarginules dont la fente est un peu séparée du bord. Les Fissurelles, comme les Émarginules, sont parfaitement symétriques : ce qui les rapproche encore. Les espèces qui appartiennent à ce genre sont nombreuses , généralement couvertes de côtes rayonnantes et enrichies d'assez vives couleurs; il y en a quelques-unes de grandes.

Fissurelle de Magellan. Fissurella picta, Patella picta, Lin., Gmel., p. Ô729, n" 198, pi. 3. fig. 4 a ; Martini, Conchyl., 1. 1, tab. 11, fig. 90. Grande et belle coquille, assez commune dans les collections. Elle est ovale, régulièrement conique, évasée, marquée à l'extérieur de rayons violets, sur un fond blanc-grisâtre ; ces rayons, au nombre de douze ou quatorze, sont euxmêmes composés de plusieurs lignes; elle est parfaitement blanche à l'intérieur; le trou supérieur est allongé et ressemble assez bien à un trou de serrure , d'où le nom vulgaire de Trou de serrure qu'on lui a donné; son nom spécifique indique la contrée où elle vit; elle a quelquefois trois pouces de long et deux pouces de large.

FissDREiiE CANCELiÉE. Fissurello grœca, Patella grœca, L., Gmel.. p. 5728, no 195; le Gival, Adans., Sénég., pi. 2, fig. 7; Lister, Conch., tab. 527, fig. 1, 2; Martini, Conch., t. 11, fig. 98, 99, 100. Mentionnée à l'état fossile par Brocchi, Conch. subapp., l. ii, p. 239, nos, en Italie et en Piémont, et par Deshayes, à Grignon, dans son ouvrage intitulé : Description des Coquilles fossiles des environs de Paris, t. ii, p. 19, pi. 2, fig. 7, 8, 9. Coquille ovale, oblongue, marquée de sept à huit rayons d'un brun fauve sur un fond blanc-grisàtre; des stries élevées se croisent sur toute sa surface ; à chaque intersection, on voit un léger tubercule; le trou est petit, entouré en partie d'une ligne bleuâtre; le bord inférieur est crénelé ; elle est longue de dix-huit lignes. On la trouve dans la Méditerranée et dans l'océan Atlantique.

Fissurelle noueuse. Fissurella nodosa, Patella Jamaicensis, Gmel., p. 5736, n» 200; Patella nodosa, Bornn. Mus., p. 429 ; Lister, Conch., tab. 528, fig. C ; Martini, Conch., 1. 1, tab. 11, fig. 94. Cette Coquille est ovale, convexe, pyramidale, blanche. Les côtes longitudinales sont nombreuses et saillantes, chargées de tubercules assez élevés. Elle est légèrement comprimée sur les côtés; son bord inférieurest crénelé, et l'ouverture supérieure est petite, ovale, rétrécie dans le mi-

lieu. Elle vit dans la mer des Antilles. Le yiand diamètre est d'environ quinze lignes.

FissuRELLE Pdstcie. Fissurella Pustula , Lamk., \u\m. sans vert., t. vi, 2" part., p. H, n" 13; Palella Pustula, L., Gmel., loc. cit., n- 134; Lister, Concli., lai). 328, fig. 3. Petite espèce fort remarquable par sa forme lunulaire, déprimée. Son bord est tronqué antérieurement; toute sa surface extérieure est striée longitudinalement et transversalement, d'une couleur rosée, avec quelques rayons roussâtres; sur quelques individus, le trou supérieur est élargi dans le milieu, rétréci aux extrémités et entouré constamment en dehors, et quelquefois en dedans, d'une ligne d'un beau rouge pourpré. Cette Coquille est assez commune ; elle vit dans l'océan Indien, les mers d'Amérique, etc. Elle a jusqu'à onze lignes de longueur.

Parmi les espèces fossiles des environs de Paris, que Deshayes a décrites, il a signalé deux analogues, l'un avec le Fissurella giœca, et l'autre qu'il a nommé Costaria, qui a également beaucoup de rapports avec une espèce vivante assez commune dans les collections, mais qui parait n'avoir point encore été indiquée dans les catalogues de Gmelin ou de Lamarck.

FisscBELLE A CÔTES. Fissuiella costaria, Uesli., Descript. des Coq. foss. des environs de Paris, t. ii, p. 20, n»2, pl.2, fig. 10, 11,12. Elle est remarquable par ses côtes nombreuses, assez grosses et rayonnantes, et par ses stries plus fines et presque laraelleuses qui les coupent en travers, de manière à couvrir la coquille d'un réseau assez fin. Elle a beaucoup de rapports avec le Fissurella Ilalica de Defrance (Dict. des Se. nat.); mais elle ne lui ressemble point parfaitement. Elle est longue de trente millimètres. C'est une autre es|)èce non moins remarquable que Defrance a indiciuée {loc. cit.) par ces mots : « On trouve avec la Fissurelle labiée, une variété ou une autre espèce beaucoup plus écailleuse. » Defrance n'avait point vu celle Coquille dans tout son développement, ce qui l'a empêché, sans doute, de la caractériser. Deshayes en possède un très-grand et très -bel individu de Grignon, qui a conservé quelques vestiges de ses anciennes couleurs. 11 l'a nommé Fissurelle écailleise, Fissurella sqtiaurinosa, Descriptions des Coq. foss. des environs de Paris, t. ii, p. 21, n» ô, pi. 2, fig. 1, 2, 3. C'est la plus grande espèce fossile que l'on connaisse. Elle est élégamment rayonnée de côtes peu élevées, écailleuses, entre lesquelles il y en a d'une à trois plus petites, oii les écailles lamelleuses se continuent. Sur un fond de couleur liede-vin clair, on aperçoit quatre rayons assez larges de la même couleur, plus foncée. Elle est longue d'un pouce et demi.

FISSURIRE. Fissurina. bot. (Lichens.) Genre établi par Fée dans son groupe des Graphidées (Essai sur la cryptogamic des écorces exotiques ofiicinales, p.5o, tab. 1, fig. 7). Ses caractères sont : un lliallus cartilagineux, adhérent, facile à s'exfolier, étalé, fendillé par des apothécies situées inférieurement, à marge formée par le thallus, disparaissant avec l'âge; à Ihalamium ovoïde, charnu, dilïorme et aplati. Deux espèces, le Fissurina Dumartiana qui croit sur le Quinquina jaune royal, Cinchona longifolia, et sur l'Angusture

vraie, Eonplatulia trifoliata; et [e Fissurina lactea, qui envahit l'écorce de la Cascarille, Croton Cascarilla, constituent, dans l'état actuel de nos connaissances, ce genre très-remarquable.

FIST DE PROVENCE, ois. L'un des synonymes vulgaires du Pipit des buissons. F. Pipit.

FISTULA. poLYP. Genre établi par Ocken, et composé des Éponges en forme de tubes allongés, à tissu feutré et serré. Ce genre n'est pas adopté par les naturalistes modernes.

FISTULAIRE. Fistularia. pois. Genre de Poissons institué par Linné parmi ses Abdominaux, et dont le nom désigne la forme générale; on appelle vulgairement les espèces qui le composent. Flûte de mer. Pipe, Trompette, ou Fil en cul; ce qui prouve combien leur figure est singulière. Il est le type de la septième et dernière famille de l'ordre des Acanlhoptérygiens, dans la méthode ichthyologique de Cuvier. Cette famille, appelée Bouche-en-£lùtes, ne se compose que de deux genres, savoir, de celui qui nous occupe, et du genre Cenlrisque dont on a déjù donné l'histoire. Ses caractères consistent dans la longueur du tube formé audevant du crâne par le prolongement de l'ethmoïde, du vomer, des préopercules, interopercules, ptérygoïdiens et lympaniques, et au bout duquel se trouve la bouche composée comme à l'ordinaire des intermaxillaires, maxillaires, palatins et mandibulaires. L'intestin n'a point de grandes inégalités, ni beaucoup de replis, et les côtes sont courtes ou nulles.

Les Fislulaires, dit Cuvier (Règne Anim., t. ii, p. 348), ont le corps cylindrique, tandis que les Centrisques (A', ce mot) l'ont ovale et comprimé. Ils prennent particulièrement leur nom du long tube commun à toute la famille. Les mâchoires sont au bout, peu fendues et dans une direction presque horizontale. Cette tête, ainsi allongée, fait le tiers ou le quart de la longueur du corps qui est lui-même long et mince; on compte six ou sept rayons aux ouïes; des appendices osseux s'étendent encore en arrière de la tête, sur la partie antérieure du corps qu'ils renfoncent plus ou moins; la dorsale répond â l'anale; l'estomac, en tube charnu, se continue avec un canal droit, sans replis, au commencement duquel adhèrent deux cœcums.

Lacépède avait formé trois genres des trois espèces dont Linné composa son genre Fistularia; conservant à l'un d'eux le nom linnéen, il appela les autres Aulostomeet Solénostome. Ces genres n'ont point été adoptés par Cuvier, si ce u'est le premier comme sous-genre de Fislulaires, et le second comme sous-genre de Syngnathes, f''. ce mot. Quatre espèces formant deux divisions, composent le genre Fistulaire de Cuvier.

t FiSTUiAiRES proprement dites.

N'ayant qu'une dorsale composée en grande partie, ainsi que l'anale , de rayons simples. Les inlermaxillaires et la mâchoire inférieure sont armés de petites dents. D'entre les deux lobes de leur caudale, sort un filament quelquefois aussi long que le corps; le tube du museau est très-long et très-déprimé; la vessie natatoire excessivement petite; les écailles invisibles.

Le Petcbde. Encycl. Pois., p. 171, pi. 71, fig. 28!)

(li'iipi'ès Catesljy et mauvaise), Fistularni tabacaria, L.; CmeI.,^>^s^ A'a<.,xiil, l. i,/;a;s2, p. 1587;Blocli, 1)1. 387, fig. I. Ce Poisson est remarquable par la siiijïularité de sa conformation ; il a la tiHe plus grosse que le corps; son plus grand diamètre transversal est situé vis-à-vis les nageoires pectorales; ensuite, s'amincissant par degrés insensibles, il prend une forme hexagonale à l'endroit où le corps est plus mince. Ce qui le particularise surtout, c'est le prolongement caudal, articulé, et de la nature des fanons de Baleine, qui le termine. Il acquiert une taille assez considérable. On en a vu qui avaient plus de trois pieds de longueur. Sa chair est maigre et médiocre. On le trouve dans l'océan Équinoxial, particuliércmenl dans la mer des Antilles. On le dit aussi des cotes du Japon. C'est le Pelimbuuba de Marcgraafî. d. 14, p. M, v. G, a. 4, q. 12, 15.

Le Fislularia serraia, Bloch, pi. 387, fîg. 2, des mers d'Amérique, et le Fislularia immaculata cité par Cuvier, complètent ce sous-genre.

f-J- AcLOSTOMES. La dorsale est, dans ces Poissons, précédée de plusieurs épines libres, et les mâchoires manquent de dents. Le corps est écailleux, moins gièle <|ue dans les Fistulaires, élargi et comprimé entre la dorsale et l'anale, que suit une queue courte et menue , terminée par une nageoire ordinaire; le tube du museau est aussi plus court, gros et comprimé; la vessie natatoire est très-grande. La seule espèce connue dans ce sous genre est :

L'AiGDULE. Encycl. Pois., p. 174, pi. 71, f. 290, Aulostonia Chinensis, L., Gmel.j^ysi. A'«<.jXiii,/ja;s3, p. 1387. Tout le corps de ce Poisson est couvert de petites écailles dures et placées en recouvrement; le dos est étroit, un peu comprimé et droit dans le sens de la longueur, depuis la télé jusqu'à la nageoire du dos; ensuite il se recourbe en arc dans tout l'espace qui correspond à cette nageoire. La même disposition s'observe inférieurement vers l'anale. La couleur générale de l'animal est brune avec des taches noires. On le pêche dans les mers des Indes, u. 4, d. 20, p. 10, v. 0. 7, A. 94 c. 11.

^ IISTULAIRE. Fislularia. échin. Genre de l'ordre des Échinodermes pédicellés, dans la classe des Échinodermes , ayant pour caractères : le corps libre, cylindiique, mollasse, à peau coriace, très-souvent rude et papilleuse; la bouche terminale est entourée de tentacules dilatés en plateau au sommet, et ce plateau est divisé ou denté ; anus à l'extrémité postérieure. Tels sont les caractères que Lamarok donne à ce genre d'Êchinodermes, que Forskahl paraît avoir proposé le premier, et dont Cuvier ne parle point, quoiqu'il mérite cependant d'être adopté par les naturalistes; il a été établi aux dépens des Holothuries de Linné. Les Fistulaires ne ditfèrent de ces dernières que par la forme particulière des tentacules qui entourent leur bouche; mais cette différence est très-remaïquablc : elles ont en général le corps plus allongé, plus tuberculeux ou papilleux que les Holothuries. D'après Blainville, c'est évidemment le genre auquel Oeken a conservé le nom iV llolothuria. Les Fistulaires connues sont encore peu nombreuses en espèces; nous ne doutons point qu'il n'eu existe beaucoup d'autres qui ont échappé aux na-

turalistes, vu les différences de localité de celles dont parlent les auteurs. Nous citerons comme exemple la Fistulaireélégante,F(S/M/a//« dc<;(i»»s, Lamk.; Holothiiria elegans, MUll., Zool. Dan., t. 1, fig. 1-3; Encycl. Vers., pi. 80, fig. 9-10, qui se trouve dans les mers de Norwège; et Fislularia tubulosa, Lamk.; Holothuria Irentula, Gmel., Encycl. Vers., pi. 86, f. 2. De la mer Rouge.

FISTULANE. F/s/M/ana. moli. C'est à Spengler(i\'0«o Acla Danica, t. ii, p. 177) que l'on doit la création de ce genre sous le nom de Gastrochène. U réunit dans ce groupe toutes les vraies Fislulanes, aussi bien celles qui avaient été observées avec le tube que celles qui avaient paru dépourvues de cette partie. Bruguière a reproduit ce genre, et l'a caractérisé par un tube contenant une coquille bivalve. Lamarck (Syst. des Anini. sans vert., 1801), en conservant le genre de Bruguière, le considéra sous un autre point de vue; il prit à tort le tube pour une grande valve; mais s'apercevant, quelques années après, de l'erreur, il commença à la rectifier dans son Cours de l'an x, et donna enfin ses iilées dernières dans les Annales du Muséum, t. vu, p. 427. On vit ce que l'on devait penser de ce genre peu nombreux alors en espèces, et dans lequel il laissa les éléments de plusieurs autres. Aussi, les caractères n'en sont-ils point très-nets. Plus tard (Extrait du Cours, 1811), le même naturaliste sépara de son genre Fistulane la Clavagelle ( K. ce mot ), et il en rapprocha l'Arrosoir, comme il l'avait fait pressentir dans les Annales. Cuvier (Règne Animal) reproduisit le genre Gastrochène de Spcngler, qu'il sépara des Fislulanes sur le caractère de la non existence du tube, et alors il n'est plus ici dans les conditions que Spengler lui avait imposées, car Spengler comprenait des Coquilles tubicolées dans son genre, et Cuvier les en exclut ; mais toutes les Coquilles du genre Gastrochène de Cuvier ne sont point dépourvues de tube comme ce célèbre zoologiste l'avait cru. Turton, qui a observé le Gastrochène cunéiforme, l'a trouvé dans un tube, mais ce tube revétissail une cavité intérieure creusée dansles corps sous-marins et surtout dans les rochers où il adhérait. U n'est donc point étonnant, d'après cette adhérence, que l'on ait souvent recueilli des coquilles de Gastrochène, sans qu'on ait fait mention du tube. En 1818, Lamarck, dans son grand ouvrage, a démembré encore davantage le genre Fistulane, et, outre la Clavagelle, il en a encore séparé la Térédine. U proposa alors cette famille si naturelle des Tubicolées ( y. ce mot) dans laquelle le genre Fistulane, dépouillé des caractères qui le rendaient défectueux, se trouve compris; mais Lamarck en sépara une autre famille sous le nom de Pholadaire, dans laquelle il réunit les genres Gastrochène et Pholade, et cette séparation, comme dans Cuvier, fut motivée par l'absence du tube. Depuis la publication de tous ces travaux, Dcshayes s'est trouvé à portée d'examiner un assez grand nombre de Fislulanes fossiles (A'. Mémoires de la Soc. d'Hist. nat., l. i, p. 245 et suiv.), et ces Fislulanes étaient incluses, pour la plupart , dans des corps jadis sous-marins. 11 vit que, suivant les circonstances particulières de plus ou moins de dureté de ces corps, ces Coquilles étaient accompa-

,';iiées de lubes plus ou moins complets. C'est ainsi que, dans les corps très-durs, on ne Irouve de trace du tube qu'au passage des siphons, et ce tube se complète à mesure que les corps deviennent moins susceptibles de poli, et finissent enfin par être constamment entiers dans le sable ou les corps très-faciles à désagréger, et ce qu'il y a de très-remarquable, c'est qu'on peut voir la même espèce dans toutes ces circonstances particulières.

La forme des valves de certaines Fistulanes, si semblable à celles des Gaslrochènes, a fait penser à Desliayes, surtout d'après les observations précédentes, que le genre Gastrocbène ne reposait que sur des caractères de peu de valeur, et cette opinion s'est pleinement confirmée, lorsqu'il a trouvé le Gastrocbène cunéiforme dans une masse madréporique, avec un tube adhérent, mais incomplet postérieurement, d'où il a conclu, conduit encore par d'autres analogies, qu'on devait réunir en un seul genre les Fistulanes et les Gastrocbùnes; et pour cela, il est parti d'un principe qui icposesur le caractère du tube, qui ne manque jamais complètement dans toutes les Coquilles dont les valves sont semblables à ce que l'on reconnail dans le Gastrocbène, tandis qu'on trouve des valves semblables ou d'une forme très-analogue aux soi-disant Gaslrochènes dans des tubes de véritables Fistulanes.

Un autre changement que Deshayes a proposé dans le genre Fistulane, c'est d'en retirer le Fislulana gregata des auteurs; alors ce genre sera très-naturel, mais les caractères en seront modifiés, comme on le verra plus lard. Ce changement est motivé sur deux choses essentielles : la première, c'est qu'aucune Fistulane, excepté celle-ci, n'est munie de petites palettes terminales, mais seulement de petits entonnoirs superposés; la seconde, c'est que cette Fistulane est la seule dont les valves en segments aient des cuillerons intérieurs semblables à ceux des Pholades , et qui, comme dans ce genre et les Tarets, soient dépourvues de ligament, car on sait que les valves de ces genres ne sont réunies que parles muscles et des iirolongements charnus recouverts par les pièces accessoires lorsqu'elles existent; elle est enfin également la seule dont le tube ait des renflements irréguliers et des courbures trèsvariables. Tous ces caractères étant ceux des véritables Tarets, Deshayes n'hésite pas à placer cette esi)èce parmi celles de ce genre; mais on pourra dire qu'un des caractères essentiels manque, puisque le tube du Fislulana gregata est constamment fermé par la plus large extrémité, tandis que le Taret est ouvert aux deux bouts. On répond à cette objection, <|u'il sufiit d'ouvrir l'ouvrage d'Adanson (Voy . au Sénégal , p. 264 ) pour se convaincre que le Taret, parvenu à son âge adulte, ferme son tube de la même manière que les Fistulanes, ce qui détruit toutes les objections que l'on pourrait faire contre le changement proposé. Alors les caraclères du genre Fistulane seront les suivants : fourreau lubuleux, le plus souvent testacé, soit libre, et alors toujours complet, soit incrusté dans l'épaisseur des corps sous-marins, et dans ce cas très-souvent non terminé et plus lenflé postérieurement, atténué vers son extrémité antérieure, ouvert à son sommet, con-

tenant une coquille libre et bivalve ; les valves de la coquille égales et très -bâillantes lorsqu'elles sont fermées; ligament extérieur droit; jamais de cuillerons internes sous les crochets. Sous ces caractères on ne réunira que des Coquilles qui ont beaucoup d'analogie entre elles, et les Gaslrochènes y seront nécessairement compris. On voit, par l'article Fistulane du Dictionnaire des Sciences naturelles et par les caractères que Blainville a donnés à ce genre, qu'il n'est point d'accord avec Deshayes, et ceci s'explique assez bien, puisque De Blainville regarde le Fislulana gregata comme type du genre, lorsque Deshayes transporte, au contraire, cette espèce dans les Tarels; aussi les caractères qui viennent d'être tracés conviennent beaucoup mieux à ce dernier genre qu'aux Fistulanes. Il paraît, d'après ce que Lesueur a fait connaître de l'animal, qu'il est pourvu de deux appendices calcaires qu'il fait sortir de son tube et qui sont terminés chacun par cinq à huit godets infundibuliformes, empilés les uns audessus des autres. Lamarck conjecture que ces organes pourraient servir à porter au dehors les branchies; mais cela paraît peu probable. Au reste, l'organisation des Fistulanes est si peu connue, qu'il est difficile de baser à cet égard quelque raisonnement solide, et cela est d'autant plus difficile que l'on ignore quelle est l'espèce observée avec les appendices. Spengler a figuré trois espèces de Gaslrochènes ou de Fistulanes. Adanson en a fait connaître une quatrième sous le nom de Ropan. Ces espèces n'ont point été relevées dans la synonymie de Lamarck. On peut y ajouter toutes les espèces fossiles que Deshayes a décrites dans son ouvrage sur les environs de Paris et que Lamarck n'a point indiquées.

FisTBiANE mjvssce. Fislulana clava, Lamk. , Anim. sans vert., t. v, p. 455, n» 1 j Spengl., Nova Jeta Dan., t. II, p. 174, pi. 2, fig. 1 à G; Encycl., pi. 107, fig. 17 à 22. Le tube libre, droit et papyracé qui renferme les deux valves étroites de cette espèce, la caractérise suffisamment. Les valves sont très-bàillantes antérieurement, rétrécies dans leur milieu; le ligament est droit, extérieur ; il n'y a point de dents à la charnière.

Fistulane corniforme. Fislulana corniformis, Lamarck , Anim. sans vert., t. v, p. 433, n" 2. Il y a erreur de la part de Lamarck, dans la citation de la fig. IG de la planche 167 de l'Encyclopédie. D'après la phrase descriptive de Lamarck lui-même, l'espèce dont il est question serait pourvue de deux tubes terminaux à l'extrémité antérieure, tandis que, dans la figure citée, ce sont deux petites palettes représentées grossies , même planche, fig. 14 et 15 ; mais une chose ù laquelle Lamarck n'a point fait attention en citant la figure 16, c'est qu'il n'indiquait point un tube calcaire, mais bien l'animal du Fislulana gregata; ce qui est facile à prouver. Lamarck elle pour cette dernière espèce les fig. 6 à 14, même planche, sans faire mention de la fig. 15 qui représente le même corps que celui de la fig. 14 ; ainsi il faut admettre pour cette espèce, les fig. 6 à 15. Si l'on retrouve dans la fig. 10 toutes les autres parties figurées depuis 7 jusqu'à 15 , on peut considérer cette erreur prouvée jusqu'à l'évidence; en effet, on voit en B., fig. 16, les deux petites palettes, fig. 14 et 13, et l'on voit également en c. c, les deux valves de la

Coquille leprésenlées grossies et vues sous différents aspects, fig. 11, 12, 13; réunies vues par devant, fig. 10; vues par derrière, Rq. 9 ; enfin les mêmes, de grandeur naturelle, fig. 7; et une valve séparée, également de grandeur naturelle, fig. 8. Ces deux dernières sont seulement au trait. D'après cela, il est facile de penser que l'espèce rapportée par Lesueur, était encore indéterminée, puisque Lamarek la compare à celle ci, et celleci en diffère essentiellement par les calamules; il est au reste évident pour quiconque voudra le voir avec attention , qu'il y a une très-grande différence entre cette Fistulane et les autres espèces du même genre, et un caractère qui est de plus grande valeur que tout autre, est le manque de ligament, ce qui ne s'observe jamais que dans les Tarels el les Pholades, et qui serait, dans tous les cas, un motif d'éloigner les Gaslrochènes des Pholades , si l'on conservait ce genre ( y. Gastrocbène et Puolade); mais c'en est un aussi de replacer parmi les Tarets le Fistulana gregata. Si l'on considère l'analogie des pièces de l'un et de l'autre, on verra que les deux palettes du Fistulana greyata sont les analogues de celles du Taret ; occupant la même place, et ayant sans doute les mêmes fonctions; quant à la coquille, elle présente ime ressemblance, une identité qu'on ne peut contester; il ne faut voir, pour s'en assurer, que les figures 5, 9 et 10 de la planche citée de l'Encyclopédie.

FisTCLANE Lagéndle. Fistulaiia Lagenula, Lamk., Anim. sans vert., t. v, page 430, n" 4; Spengler, Nov. Act. Danic, toc. cit., fig. 12, 13, 14, 15, 16, 17; Encyclopédie, pi. 167, fig. 23. Cette Fistulane a une forme Irès-rcconnaissable, quant au tube qu'elle habile; il paraît même que cette espèce a des habitudes qui lui sont particulières. On ne les a encore renconliées que fixées sur des valves de Peigne ou d'Anomie. Ce tube paraît composé d'une suite de segments globuleux, irréguliers; il contient une coquille très-analogue ù celle du Gastrochène cunéiforme ; elle est seulement plus petite, avec son angle antérieur et supérieur plus allongé, plus en bec ; une légère dépression se fait remarquer vers son milieu , et ses valves sont plus rétrécies par le bas.

Fistulane cunéiforme. Fistulana cuneiformis, Desliaycs; Gastiochœna, Spengler, Nov. Act. Danic, loc. C(7.,fig.8àll;Gastrochène,Cuv.,RègneAnira.,p.490; Gttslrochœna cuneiformis, Lamk., Anim. sans vert., t. V, p. 447, n" 1; Gastrochœna , Turlon, Conchyl. des lies Britanniques, page 17; Pholas hyans, Chemnitz, Conchyl., t. x, page 504, tab. 172, fig. 1678 el 1679, qu'il ne faut pas confondre avec le Pliolas hyans de Brocchi, Conchyl. subapp., t. ii, pi. 11, fig. 14, a. d. 11 est bien constant, par l'observation de Turton, que cette espèce est pourvue d'un tube adhérent, et qui ne doit laisser aucun doute sur la place qu'elle doit occuper. Nous la replaçons donc parmi les Fislulanes dont elle présente, quant à la coquille, tous les caractères. Elle est trèsbàillante, cunéiforme, mince, avec un ligament droit et très-fort ; les crochcls sont presque ù l'extrémité des valves; celles-ci sont striées longitudinalement ; les stries sont fines, sublamelleuses, quelquefois irrégulières. Quelques individus ont quinze à

seize lignes de largeur. On les trouve dans presi|uc toutes les mers. On peut ajouter à ces trois espèces :

La Fistulane bytiloïde, Fistulana myliloides, Desh.; Gastrochœna mytiloiiles, Lamk.

La Fistulane modioline, Fistulana modiolina , Desh., qui est probablement une variété de la Fistulane cunéiforme, Gastrochœna modiolina, Lamk., Anim. sans vert., t. v, page 447, n»3.

Parmi les fossiles , on peut citer la Fistulane ahfdllaire, Fistulana ampullaria, Lamk., Ann. du Mus., t. vu, page 428, qui se trouve à Grignon.

La Fistulane allongée, Fistulana elongata, Desh., Descript. des Coq. foss. des envir. de Paris, t. i, pi. 4, fig. 17, 18, 19.

La Fistulane étroite, Fistulana augusla, Desh., loc. cit., pi. 1, fig. 11 à 13.

Fistulane contournée. Fistulana contorta, Desh., loc. cit., pi. l,fig. 24, 23,27.

La Fistulane de Provigny , Fistulana Provigny, Desh., loc. cit., pi. 1 , fig. 16, 19, 22.

FISTULARIA. POLYP. Donati, dans son Histoire naturelle de la mer Adriatique, p. 40, donne ce nom à un genre de Polypiers à cellules cylindriques, situées ordinairement quatre à quatre, six à six, et même en plus grand nombre, comme un double chalumeau. Il paraît que l'auteur a voulu parler d'une Cellariée, ou peut-élre d'une Amatliie, à cause de la figure des masses de cellules que Donati compare à un chalumeau, sans doute à celui de Pan, composé de plusieurs tubes de différentes longueurs, et réunis ensemble.

FISTULARIA. bot. Syn. de Pedictilaris sylcatica. V. Pédiculaire.

FISTULARIA. bot. (Hydrophytes.) Stackhouse a établi sous ce nom, dans son Nereis Britannica, un genre dont les caractères sont : substance de fronde cartilagineuse, épaisse et très-glabre, à rameaux distiques; des vésicules plus gros que les tigcsy sont innés; fruits inuqueux, ovales, situés à l'extrémité nu sur les côtes des rameaux. Ce genre répond à peu près à VHalydrys de Lyngbye et d'Agardh, qui, parfaitement fondé, l'est néanmoins sur d'autres bases que celui auquel Stackhouse a donné le même nom. Les Fistulaircs sont composées des Fucus nodosus, fibrosus et Macklœi de l'auteur anglais.

FISTULEUX. Fislulosus. bot. Cette expression s'emploie pour désigner les tiges ou les feuilles qui sont allongées et creuses intérieurement. Il est l'opposé de plein ou solide.

FISTULIDES. ÉciiiN. Les Fistulides forment la troisième section de l'ordre second renferraantles Radiaires Échinodermes dans la classification ou distribution des Animaux sans vertèbres de Lamarek. Il leur donne pour caractères : peau molle, mobile et irritable; corps allongé, cylindracé, mollasse, très-contractile. 11 le divise en deux groupes : le premier se compose des Fistulides tenlaculées, tels que les Actinies, les Holothuries et les Fistulaires, et le deuxième des Fistulides nues, tels que les Priapules et les Siponcles. Cuvier n'a pas adopté cette section ; il place les Holothuries cl les Fistulaires dans l'ordre des Échinodermes pédicellés ; les Priapules et les Siponcles dans l'ordre des Échinodermes sans

pieds; elles Actinies dans le premier ordre de sa troisième classe, parmi les Acalùphes fixes. Ayant adopté la distribution de Cuvier plutôt que celle des autres naturalistes, et le groupe des Fistulides ne pouvant exister, vu les différences que présente l'organisation de ces animaux réunis par Lamarclc, nous croyons inutile d'analyser les caractères que présente cette section. f^., pour les caractères des genres, les mots Actinie, Holothurie, Fistblaibe, Priapdle, Siponcle.

FISTULINE. bot. {Champignons.) Genre établi par Bulliard (Champign., p. 514, lab. 74, 464 et 497) qui l'a caractérisé |)ar ses tubes libres et non soudés entre eux. La plupart des auteurs, et enire autres Persoon et De CandoUe, l'ont réuni au genre Boletus dont ils en ont fait une section.

La Fistcline bdgiossoïde, Fistulina biiglossoides , Bull.; Boletus hepaticus , DC, FI. franc., n» 297, est un Champignon d'une couleur rouge-foncé ou sanguine, charuu, mollasse, altacbé par le côté, sessile ou brièvement pédicule. Sa surface supérieure est dans sa jeunesse parsemée de petites protubérances qui, examinées à la loupe, paraissent être des rosettes pédicellées, lesquelles se détachent plus ou moins promptement, et alors sa surface devient lisse. Les tubes isolés de la surface inférieure sont inégaux, grêles , d'abord blancs, puis jaunâtres ou roussàtres. La chair de ce Champignon est zonée de rouge plus ou moins foncé. Paulet prétend qu'elle est agréable et qu'elle serait une ressource au besoin , puisque ce Champignon acquiert quelquefois une telle grosseur, qu'un seul peut fournir amplement de quoi faire un bon repas. Cependant on ne doit le manger que lorsqu'il est très-jeune, et qu'il a encore la forme d'une langue ou d'un foie. Il croit le plus souvent à Heur de terre et à l'ombre des vieux Chênes, ce qui lui a valu le nom d'Njrpodiys de la part de Solenander, médecin du seizième siècle, qui le regardait comme un topique calmant dans les accès de goutte.

FITERT. OIS. Espèce du genre Sylvie. F. ce mot.

FITIS, FITYS. OIS. Synon. du Pouillot. / . Sylvie.

FITORNAS. OIS. Synonyme de Huppe commune , l/piipa epops , L.

FIWA. BOT. Gmelin (Syst. Veget., p. 743), admettant le genre l'omcx de Thunberg, a changé son nom en celui de Fiwa que cet arbre porte au Japon, parce qu'il existe déjà un genre Tomex établi par Forskahl. Le Fiwa ne doit plus subsister depuis qu'il a été reconnu que le Tomex de Thunberg était identique avec le Lilsea de Jussieu. A'. Litsée.

FLABELLA. zooPH. Rumph nommait ainsi les espèces de Gorgones dont les branches s'anastomosent pour former une sorte de feuille. K. Gorgone.

FLABELLAIRE. Flabelluiia. poltp. Genre de Zoophytes proposé parLamarck, dans la section des Polypiers empâtés, composé des Corallines de Linné, à articulations aplaties, poitées sur une tige courte et cylindrique. En 1810, Lamouroux a établi deux genres pour ces Corallines, l'un sous le nom d'Halimeda et l'autre sous le nom à'Udotea. Le genre Flabellaire de Lamarck n'ayant pas été adopté par les naluralistes modernes, il est inutile d'en faire une ana-

lyse critique. A', les mots Corallinées, Halimède et Udotée.

Defrance, dansle Dictionnaire des Sciences naturelles, fait mention de Flabellaires de Lamarck, fossiles, trouvées a Grignon, et qu'il nomme Flabellaria antique : si ce Fossile appartient aux Corallinées, ce qui est douteux, on doit le placer avec les Halimèdes d'après sa description.

FLABELLAIRE. Flabellaria. bot. (Hydrophytes.) Genre de l'ordre des Dictyolées, dans la division des Hydroi)hyles non arliculées, ayant pour caractères : une organisation réticulée et foliacée; les mailles du réseau très -petites, superposées et entremêlées; la couleur verte ne devenant jamais ni rouge ni noire par l'exposition à l'air ou à la lumière. La couleur et l'organisation sont les seuls caractères qui distinguent les Flabellaiies des autres Diclyotées, mais ces caractères sont tellement tranchés qu'il est impossible de confondre ces Uydrophytes avec aucune de celles que nous connaissons.

Le Flabellaria Desfontainii , la seule espèce qui compose ce genre, varie beaucoup dans sa forme, jamais dans sa couleur. Ordinairement elle offre une tige cylindrique de laquelle s'élève une feuille fiabelliforme ou simplement spalulée; le bord supérieur est toujours frangé, et beaucoup plus mince que le reste de la plante.

L'organisation est évidemment réticulée ; les mailles sont très-petites, entrelacées et comme feutrées; les fibres longitudinales, appliquées presque les unes contre les autres, paraissent articulées et transparentes; les fibres transversales sont à peine visibles. On trouve souvent sur les feuilles des stries transversales et concentriques, dans lesquelles la substance est plus mince, ou des zones d'une couleur plus foncée et presque opaque , mais se dégradant et se fondant dans la substance de la plante inférieurement ou supérieurement. Ces stries et ces zones sont-elles produites par les fructifications? nous l'ignorons, n'ayant jamais observé ces plantes vivantes, et tous les auteurs gardant le silence sur les corpuscules reproduclifs, qui pourraient leur appartenir; l'analogie cependant le ferait soupçonner.

Roth, dans ses Cat. bolanica, a donné une mauvaise figure de celte plante sous le nom d'Uloa flabelliformis; il cite le Cryptogamia aquatica de Wulfen dans laquelle celte plante est décrite comme nouvelle. Cependant Desfontaines, dans sa Flora Atlantica , l'avait publiée sous le nom de Conferva flabellifonnis , et il en existe une figure assez bonne dans un ouvrage plus ancien , VOpere poslume de Ginnani que Poiret a cilé le premier dans l'Encyclopédie méthodique. La Flabellaire de Desfonlaines se trouve dans toute la Méditerranée, jusque sur les côtes de France près de Marseille. On la croit bisannuelle. Sous le nom de Flabellaria pinnata, Cavanillcs (Dissert. 9, p. 430, t. 2G4) décrivit un plante Phanérogame qu'il considéra comme formant un genre nouveau. Willdenow n'en fit néanmoins qu'une espèce d'i/(Vœa j genre de la Décandrie Trigynie, L., et de la famille des Malpighiacées. Dans ses Observations sur la botanique du Congo, p. 7, Robert Brown communiqua une note de Dryander sur celle plante, de

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lailuelle il résulte que la fijjuie liuFlabcllaria pinnata, Cav., ou de V Hirwa pinnala, Willd., a été faite d'après deux plantes de genres très -différents, que la feuille pinnée qui l'accompagne appartient à un Pterocarpus inédit, et que la fructification est celle d'{ine espèce iVHiiœa à feuilles simples et opposées. Se conformant à cette rectification, le professeur DeCandolle (Procli: Kegn. Feget., 1. 1, p. 583) n'admet ni le genre de Cavaiiilles, ni l'espèce de Willdenow, et cite le fruit du Flahetlaiia paniculala comme appartenant à VHirœa odorala, Willd., espèce indigène de Guinée, f'. Hi-

KÉE.

FL.^BELLÉ. C'est-à-dire en forme d'éventail. Quelques minéraux , plusieurs animaux des ordres les plus inférieurs, et diverses plantes ont reçu ce nom comme spécifi<|ue et indiquant leur forme générale, particulièrement parmi les Gorgonicns , les Lycopodes, etc.

FLABELLIFOUME. Flubellifoimis. bot. Par cette épithète , Mirbel désigne les feuilles cunéaires , arrondies au sommet, comme celles de la Salisburie à feuilles d'.\splenium.

FLABELLINE. Flabeltina. moll. Cuvier, Règne Animal, 5, p. 33, a institué ce genre, parmi ses Gastéropodes nudihranclies, pour quelques cspècesqu'il a enlevées au genre Doiis, et qui lui ont ofîerl pour caractères dislinctifs : quatre tentacules en dessus et deux aux côtés de la bouche; des branchies composées de filets rayonnants, portés par cinq ou six pédicules de chaque loté. Du reste les Flabellines n'ont nulle coquille ni cavité pulmonaire; elles ont l'anus percé sur la partie postérieure du dos; leur bouche consiste en une petite trompe située sous le bord antéiieur du manteau, et les organes de la génération ont leurs ouvertures rapprochées sous son bord droit. Le type de ce genre est le Doiis affinis de Gmelin.

FLABELLIPÈDES. ois. Nom donné aux Oiseaux dont les <|uatre doigts sont dirigés en avant et liés entre eux par une seule membrane.

FLABELLOGRAPIUS. BOT. Nom proposé par Du Pelit-Thouars (Histoire des Orchidées des îles australes d'Afrique) pour une plante de la section des Épiden- (Ires et du genre qu'il a nommé GrapUorchis. Selon la nomenclature linnéenne , son nom serait Limodorum flabellatum. Cette plante indigène de Madagascar a de grandes fleurs pourpres et jaunes, dont le labelle est à peine proéminent ù la base, et rétréci vers son milieu. Elle est figurée loc. cit., lab. ô9.

FLACON DE PÈLERIN. BOT. Variété du Cncuibila Lagenaria. V . Courge.

FLACOURTIANÉES. Flacoiirtianeœ. bot. Famille de plantes Dicotylédones polypétales, à étamines hypogynes. La formation en a d'abord été indiquée parle professeur Richard (Mém. du iUus., I, p. 566) , et il a été adopté par De Candolle dans le premier volume de son i'rodiomc du Règne Végétal. Voici les caractères de cette famille , tels que les a présentés l'examen atteulif d'un grand nombre de genres qui la composent. Les Heurs sont généralement unisexuées et dioïques; dans quelque genres, néanmoins, elles sont hermaphrodites. Le calice est à trois ou sept divisions extrême-

ment profondes, et (pielquefois à un égal nombre de sépales distincts. La corolle mani|ue entièrement dans quelques genres , ou bien se compose de cinq ou sept pétales alternant avec les lobes du calice. Les étamines sont tantôt en nombre défini , tantôt en nombre indéfini; leurs filets sont libres; leurs anthères à deux loges introrscs, s'ouvranlpar un sillon longitudinal, excepté dans le genre Kigr/ellaria où la déhiscence a lieu par un trou qui se pratique à la partie supérieure de chaque loge. Les étamines sont, ainsi que la corolle, insérées autour d'un dis(|ue hypogyne et annulaire, qui ne parait point exister dans tous les genres de la famille, mais que l'on peut voir d'une manière manifeste dans les genres Flacoiiiiia et Ronmea qui sont les véritables types de cette famille, ainsi que dans le genre Erythrospermum. L'ovaire est sessile ou stipilé, et plus ou moins globuleux, à une seule loge dans tous les genres de la famille, excepté dans le Flacourlia où il en offre de six à neuf. (K. Fiacodrtif, .) Dans le premier cas il renferme en général un assez grand nombre d'ovules attachés à autant de trophospermes linéaires qu'il y a de stigmates ou de lobes au stigmate. Dans le genre Flacourlia, dont l'ovaire est pluriloculaire, chaque loge contient deux ovules attachés ni aux parois ni ù l'axe, mais sur le bord interne de chaque cloison et de manière que les deux ovules d'une même loge sont insérés aux deux cloisons qui en forment les parois latérales , en sorte que chaque cloison porte deux ovules appartenant à deux loges différentes. Le sommet de l'ovaire est surmonté par un ou plusieurs styles; dans le premier cas le stigmate est lobé, dans le second il y a autant de stigmates (|ue de styles.

Le fruit est à une seule loge , excepté dans le Flacourlia où il est pluiiloculaire. Le péricarpe est tantôt charnu, déhiscent ou indéhiscent. Les graines sont attachées aux parois du péricarpe; elles sont tantôt pendantes, tantôt dressées, et offrent souvent ces deux positions dans un même fruit. Quand le péricarpe est déhiscent, elles sont insérées sur le milieu de chacune des valves. En général le tégument propre de la graine est épais et charnu. L'embryon, qui a sa radicule cylindrique tournée vers le hilc , est placé au centre d'un endosperme charnu, quelquefois assez mince. Il est dressé, et ses cotylédons sont plans.

Cette famille se compose d'arbustes ou d'arbrisseaux croissant sous les climat^ équatoriaux. Leurs feuilles sont alternes, simples, entières, souvent coriaces et persistantes, dépourvues de stipules. Les fleurs .sont pédonculées et placées à l'aisselle des feuilles.

Les genres qui doivent entrer dans celte petite famille ne paraissent point encore bien définitivement déterminés. En effet , le caractère essentiel indiqué par le professeur Richard pour la caractériser, savoir : l'adnexion des graines sur des veines ou lignes saillantes sur la paroi interne du péricarpe, n'existe guère que dans les genres Roumea, Flacourlia, et peut-être dans le Kiggcllaria ; mais dans tous les autres, les graines s'attachent à des trophospermes longitudinaux, simples et pariétaux. Il est vrai que l'on peut facilement faire entrer ce mode d'adnexion des semences dans le même ordre (|ue le précédent qui est

beaucoup plus rare. Mais alors il faudra prohableiiieiit réunir aux Flacourlianëes, la nouvelle famille établie récemment par Kunth sous le nom de Bixinées, qui ne paraît pas en différer par aucun caractère de quelque valeur. C'est ce qu'a déjà senti le professeur De Candolle qui en a retiré le genre Palrisia pour le placer parmi les Flacourtianées. On voit, d'après ce qui précède, que ce petit groupe demande à être plus approfondi.

Voici les genres que le professeur De Candolle rapporte à celte famille, et les divisions qu'il y établit :

!"■ tribu. — Patrisiées.

Fleurs bermai)hrodites et apétales; sépales au nombre de cinq, colorés intérieurement et persistants ; étamincs en nombre indéfini; fruit capsulaire ou charnu.

Pyanœa, Vahl, DC; Patiisia, Kunth, DC.

Il" tribu. — Flacoirtiaîiées.

Fleurs dioïques et apétales ; étamines en nombre indéfini; fruit charnu et indéhiscent.

Flacourtia, L'Héritier, DC; lîoumea, Poit., DC; Stigmarota, Lour.

111= tribu. — KlGGELt.ARIÉES.

Fleurs dioïques; corolle de cinq pétales alternant avec les divisions calicinales; étamines en nombre défini; fruit charnu et déhiscent.

Kigrjellaria, L.; Melicytus, Forst.; Hjdnocitipns, (J.Terln.

\\'<- tribu. — Érythrospermées.

Fleurs hermaphrodites; pétales et étamines au nombre de cinq à sept; fruit charnu et indéhiscent.

Erythiospernitim, Lamk.

Le professeur De Candolle place cette famille entre les Capparidées d'une part, les Bixinées et les Cislinées d'une autre part. Mais elle diffère des premières par les graines pourvues d'endosperme et non insérées sur le bord des valves, et des Cistinées, par son endosperme charnu, non farineux, ainsi que par son embryon droit et non contourné.

FLACOUr.TlE. Flacourtia. bot. Ce genre a été établi par L'Héritier (Slirp-, p. 39, tab. 30) pour un arbrisseau originaire de Madagascar, et dont Flacourt avait fait mention sous le nom A'Alamoton. Voici quels sont les caractères de ce genre qui est devenu le type de la nouvelle famille des Flacourtianées. V. ce mot. Les Heurs sont dioïques; leur calice est à cinq divisions très-profondes et persistantes; dans les fleurs mâles, les étamines sont en très-grand nombre, dressées, plus longues que le calice; les filets sont grêles et libres; les anthères presque globuleuses et à deux loges. Dans les fleurs femelles, l'ovaire est globuleux, sessile, appliqué sur un disque hypogyne, dont le rebord saillant est sinueux. Cet ovaire présente un nombre de loges variable de six à neuf. Chaque loge contient deux ovules attachés séparément l'un de l'autre, vers la partie moyenne et interne de chacune des deux cloisons <|ui forment chaque loge; en sorte que chaque cloison porte deux ovules appartenant à deux loges différentes. L'ovaire est surmonté par un stigmate sessile, étoile, discoïde, semblable à celui d'un Pavot, divisé en six ou neuf branches, nombre qui est toujours en rapport avec celui des loges de l'ovaire. Le fruit devient une sorte

I de baie charnue, globuleuse, cérasiforme, onibiliquée { à son sommet, à plusieurs loges, contenant chacune une ou deux graines osseuses , à surface inégale. Ces graines, dont le tégument extérieur est osseux, épais, el dont l'intérieur est mince, contiennent un embryon dressé, au centre d'un endosperme charnu.

Le genre Flacourtie n'a d'abord été composé que d'une seule espèce décrite et figurée par L'Héritier {Slirp., loc.cit.) sous le nom de Flacourlia Rainontclii, el qui, ainsi que nous l'avons dit précédemment, est originaire de Madagascar. Willdenow (Species. Plant., 4, p. 830) en a fait connaître deux espèces non velles. L'une, Flacourtia flavescens, qui est originaire de la Guinée, et Paulre Flacourtia Cataphracta qui vient de l'Inde. Dans sa magnifique Flore deCoromandel, Roxburgh en a décrit trois espèces nouvelles , savoir ; Flacourlia sapiila, Roxb., loc. cit., lab. C9; Flacourtia inertnis, Roxb., loc. cit., lab. G9; el Flacourtia sepiaria, loc. cit., lab. G8. Enfin une dernière espèce a été mentionnée par Burchell (Catal. Afr. Auslr., n» 4012) sous le nom de Flacourtia Bliamtioicles. Toutes ces espèces sont des arbustes ou des arbrisseaux à feuilles alternes, courtement pétiolées, dentées, sans stipules, munies d'épines plus ou moins longues. Les fleurs, qui sont très -petites el dioïques, terminent les ramificalions de la tige où elles sont réunies quelques-unes ensemble.

FLAGELLAIRE. Flagellaria. bot. Ce genre, de THexandrie Trigynie de Linné, fut établi par ce célèbre naturaliste et adopté par Jussieu,quira placé dans la famille des Asparagées en indiquant toutefois sou affinité avec les Joncées. C'est à la suite de celle dernière famille que R. Brown (Prodr. Flor. Nov.-Holland., p. 264) l'a rangé, avec les genres Phylidrum el Burmannia, lui trouvant plus d'affinité avec les Joncées qu'avec les Asparagées , mais convenant que ce rapprochement est encore douteux. Voici ses caractères : périgone infère, à six divisions presque égales, colorées et persistantes; six élam.ines bypogynes ; ovaire à trois loges monospermes; trois stigmates sessiles, filiformes, étalés; fruit drupacé, pisiforme, monosperme par son avortement; embryon lenticulaire, à demi enfoncé dans une fossette placée à la base d'un albumen farineux.

La FLAGELLAIRE DE L'InDE, Flagellaria Indica, L. et Lamk., lllustr., lab. 206, figurée aussi par Rhéede (Hort. Malah., 7, lab. 53) sous le nom de Panavibnralli, a une lige herbacée, ferme dans sa partie inférieure, simple, pliante, sarmenteuse et élevée de plus de deux mètres. Ses feuilles alternes, vaginées à la base, sont surtout remarquables par les vrilles roulées en spirales qui les terminent, à peu près comme dans la Mélbonique de Madagascar. Les fleurs sont disposées en paniculcs terminales, rameuses, plus courtes que les feuilles. Celte piaule croit dans les Indes-Orientales el dans presque toutes les îles de leur archipel. Elle se retrouve aussi aux îles de Madagascar et de Mascareigne où, d'après les notes de l'Herbier de Commerson, elle est appelée Ocirare. C'est probablement la plante que Flacourt a désignée sous ce nom dans sou Histoire de Madagascar, p. 144.

Loureiro {Flor. Cocliincli., 1, p. 2G5 ) a décrit une seconde espèce de Flagellaria sous le nom lie'Flagetlaria rcpens, dont la tige est anguleuse, rameuse, inerme, et s'étend sur les arbres; les feuilles de cette plante sont articulées vers leur milieu. Il a cité comme synonyme la Bgure donnée par Rumph {Jmboin., lib. 9, t. 184, fîg. 1 ), mais les caractères qui se trouvent dans les descriptions qu'en ont laissées ces auteurs, ne méritent pas assez de confiance pour admettre avec certitude cette seconde espèce de Flagellaire.

FLACELLAlilA. BOT. (Hfdrophxtes.) Genre proposé par Stackliouse dans la deuxième édition de sa Néréide Britannique, ayant pour caractères : l'absence d'articulations; une fronde cylindrique, roide, cartilagineuse, tordue, renllée dans sa partie moyenne , remplie d'un mucus celliileux; fructification : tubercules très-petits, nus ou plongés dans les parties supérieures de la fronde. Slackhouse compose ce genre des FMCMs^/MMi, Thryx, flugelliformis et longissimus. Ces espèces appartiennent aux Scytosiplton , aux Chonlaria d'Agardh, et aux Choidaiia, Chorda et Glgartina de Lyngbye. Dans riissai de Lamouroux sur les genres de Thalassiophytes non articulées, les deux premières espèces constituent le génie Cliorde, et les deux autres sont du genre Gigartina. — Que l'on adopte la classification d'Agardh, de Lyngbye ou de Lamouroux, le semé Fiagellaria de Stackliouse ne peut être conservé.

FLAGELLARIACÉES. Flagellariaceœ. bot. Cette famille a été instituée par Dumortier dans son Analyse, aux dépens de celle des Asparaginées de Jussieu. Elle se caractérise par un périgone coroUoïde, un seul style à trois stigmates filiformes, un fruit impartible, sec, sans spatlie visible. Elle prend place dans l'ordre des Exoxyles, plantes chez lesquelles le système ligneux, sans écorce, se trouve conséquemment externe. Ses genres Fiagellaria et Gloriosa, forment deux tribus parce que dans le premier il n'y a point de style et qu'il y en a un allongé dans le second.

FLAGELLIFOUME. FlagelUformis. bot. C'est-à-dire long, délié et souple comme un fouet.

FLAGKUM. z,ooL. Savigny emploie cette expression pour désigner une palpe allongée, ayant la forme d'un fouet muni de sa lanière, et qui se trouve à la hase extérieure de chacune des six mâchoires externes dans les Crustacés du genre Crabe et quelques autres genres voisins.

FLAMANT. OIS. Pour Flammant. y. Phénicoptère.

FLAMliANT. ois. Synonyme vulg. de Phénicoptère. y. ce mot.

FLAMliE. BOT. L'un des noms vulgaires sous lesquels les Iris de nos marais sont le plus généralement connus.

FLAMBÉ. MOLL. Espèce du genre Casque, y. ce mot.

FLAMBÉ. INS. Nom vulgaire du Papilio Podalyriiis.

FLAMBEAU, pois. Espècedu genre Cepola. y. Ruban.

FLAMBEAU DU PÉROU. BOT. Même chose que Cierge du Pérou.

FLAMBERGEANT. OIS. Nom que l'on donne, dans certains cantons, au grand Courlis et à l'Huitrier. y. ces mots.

T FLAMBOYANT, ois. Espèce du genre Gobe-Mouche. y. ce mot.

FLAMBOYANT, boll. Nom vulgaire et marchand du Coniis generalis, espèce fort belle du genre Cône. y. ce mot.

FLAMENCO, ois. Nom donné à une variété du Dur- Bec, y. BocvREDiL. On donne aussi quelquefois ce nom au Flammant. y. Piiénicoptère.

FLAMMANT. ois. Espèce du genre Phénicoptère. y. ce mot.

FLAMME. Lorsque des Gaz ou des corps susceptibles de se volatiliser éprouvent une température capable de les rendre lumineux, comme celle qui résulte de la combinaison de plusieurs d'entre eux, on donne le nom de Flamme.au feu qu'ils dégagent. Cette sorte de feu est caractérisée par des propriétés fort saillantes. Ainsi la Flamme est transparente, douée d'un éclat plus ou moins brillant, d'une température plus ou moins élevée, et colorée de diverses manières.

La transparence des Flammes est en raison inverse de leur éclat. Placez une bougie dont la Flamme soit terne devant une autre qui sera très brillante, et vous apercevrez facilement celle-ci au travers de la première, tandis qu'en regardant la Flamme terne au travers de la Flamme brillante, vous ne pourrez la distinguer. Cette expérience, faite en 1817 parPorrett, est confirmalive de celle que Rumford annonça en 1794. Ce savant avait surtout fait observer que la Flamme d'une chandelle placée entre l'œil et le soleil à midi était invisible, mais qu'on en voyait fort bien la mèche et le suif, à cause de leur opacité.

Les Flammes que produisent certaines substances portées à l'incandescence dans le Gaz oxygène ou le Chlore, et vaporisées, pour ainsi dire, par cette excessive température, brillent d'un éclat qui varie selon la nature de chacune de ces substances, mais qui est d'autant plus vif, que les particules solides de celles-ci sont plus ténues et plus réfléchissantes. L'éclat du Zinc, de l'Arsenic et du Phosphore brûlant dans l'Oxygène, celui du Potassium dans le Chlore, en sont des exemples frappants. Dans la combustion des Gaz hydrogènes carbures, soit qu'on enflamme immédiatement ces Gaz purifiés , soit qu'on produise leur dégagement en brûlant des huiles, de la cire et des graisses, l'éclat de la Flamme dépend de la quantité de Carbone que ces Gaz renferment, et dont les molécules en ignition réfléchissent de toutes parts la plus vive lumière. La Flamme du Gaz hydrogène pur est fort pâle, mais on peut la rendre très-brillante en y plaçant un fil de métal ou tout autre corps solide réflecteur. C'est sur cette propriété des matières métalliques, finement pulvérisées, de produire des étincelles resplendissantes, que les artificiers fondent la plupart de leurs moyens pyrotechniques.

Dans les bougies, les chandelles et les lampes à huile, la Flamme présente quelques circonstances particulières. Elle forme un cône creux intérieurement, et dont l'enveloppe lumineuse est regardée par plusieurs physiciens comme n'ayant point d'épaisseur. Cependant on y considère deux couches, l'une extérieure bleuâtre, plus abondante vers la base du cône, et à peine visible; l'autre intérieure, d'un blanc plus ou moins roux. C'est dans celle-ci que le Carbone est porté à l'incandescence, et qu'il se combine avec l'Oxygène de l'air ambiant ;

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mais, par l'effel de celle combinaison, celle couche garanlit, pour ainsi dire, l'iritérienr du conc de l'accès de l'Oxygène el empêche la combiislion du Carbone el des Gaz qui proviennent de la décomposilion des corps gras par la chaleur, cl qui se renouvellent dans l'intérieur de la Flamme au fur et à mesure que la couche lumineuse se dissipe. On peut s'assurer qu'il n'y a aucune combustion dans l'intérieur du cône, en le tronquant au moyen d'une toile métallique; on voit alors que le pourtour forme un anneau étroit et lumineux, et que la cavité de la coupe au milieu de laquelle se trouve la mèche, est tout ù fait obscure. D'ailleurs le charbon de la mèche et celui qui s'attache aux objets que l'on place dans l'intérieur du cône ne s'allèrent nullement et restent noirs, parce quelaclialeur y est seulement suffisante pour décomposer les corps gras, mais pas assez pour l'incandescence des produits de cette décomposition.

La température des Flammes est toujours supérieure à celle qui porte au rouge blanc les corps solides, mais elle varie suivant la nature de chacun des Gaz inflammables. Un seul d'entre ceux-ci est susceptible de s'enllammer à la température ordinaire, c'est le Gaz hydrogène perphosphoré; et lelleestl'originedecesFlammes errantes, qui se dégagent des cimetières ou de tous autres lieux renfermant des corps organiques en décomposition. Les autres ont besoin, pour leur intlammalion, d'une chaleur beaucoup plus élevée, et qui dépend surtout de la proportion dans laquelle ils sont mélangés entre eux. C'est ainsi que le Gaz hydrogène proto-carburé, mélangé avec l'air dans les proportions les plus favorables, ne s'enflamme ou ne détonne que par l'approche d'un autre corps enflammé, taudis que le mélange de sept parties d'Hydrogène percarhuré et de cent parties d'air prend feu par le fer ou le charbon chauffé au rouge faible. Le célèbre chimiste H. Davy a essayé de mesurer les quantités de chaleur développées pendant la combustion de quelques Gaz inflammables, et il a trouvé que l'Hydrogène percarhuré était celui qui faisait le plus monter le thermomètre placé dans un appareil convenable. En tenant compte des quantités d'Oxygène, absorbées par ces Gaz pendant leur combustion et des élévations de température qu'ils produisent, H. Davy estima que les rapports de la chaleur produite seraient, pour l'Hydrogène, 14,44; pour le Gaz hydrogène percarburé, 5,37 ; pour l'Acide hydro-sulfurique, 5,7; et pour l'Oxyde de Carbone, 5,53. Mais ces rapports ne peuvent être qu'approximatifs, parce que les capacités des Gaz pour le calorique croissent avec leur température, loi soupçonnée par H. Davy et démontrée ensuite par Dulong et Petit.

Mais la température de la Flamme peut être considérablement diminuée par la présence d'un corps solide, dont l'effet est d'absorber la chaleur nécessaire à sa propagation et à sa durée. Ainsi, une toile métallique placée horizontalement au milieu de la Flamme d'une bougie, occasionne un refroidissement assez grand pour empêcher que l'inflammation ne se propage au dehors. C'est d'après ce principe que H. Davy a imaginé sa lampe (le sûreté, instrument si utile aux malheureux mineurs exposés à la détonation de l'Hydrogène percarburé mêlé à l'air atmosphérique. On sait que cet ingénieux instru-

ment consiste en une lampe ordinaire placée dans une cage cylindrique formée d'une toile métallique assez serrée pour que ses mailles refroidissent la Flamme intérieure de manière à empêcher sa communication avec le Gaz explosif. Les ingénieurs des mines de France lui ont donné, en ces derniers temps, toute la perfection nécessaire pour qu'on n'ait plus à redouter les accidents si fréquents autrefois dans les houillères.

H. Davy a fait connaître, dans son excellente Théorie de la Flamme, plusieurs autres causes tendantes à affaiblir la propagation de l'inflammation. Selon ce savant, une moindre pression n'augmente ni ne diminue la température nécessaire à l'inflammation d'un Gaz, de sorte que si la Flamme d'un combustible s'éteint dans un air raréfié, cela ne tient pas à la raréfaction des Gaz en ignition ou à un écartement de ses molécules, mais an défaut de calorique nécessaire pour entretenir la combustion. L'écartement des particules des Gaz, déterminé par la chaleur, en facilite, au contraire, la combustibilité, car tel mélange, dilaté par la chaleur, exige, pour s'enflammer, une température bien moins élevée que si on l'eût pris à la température ordinaire. Lorsqu'à un mélange de Gaz dans les proportions convenables pour leur inflammalion, on ajoute un excès déterminé de l'un de ces Gaz, ou bien d'autres qui ne prennent point part à la combustion, on observe que l'inflammation ne peut avoir lieu, et cela probablement à cause de la faculté refroidissante de leurs particules qui enlèvent aux particules contigués des mélanges inflammables, la chaleur capable de les rendre lumineuses. Les effets de ces causes ont été appréciés à l'aide d'une multitude d'expériences par H. Davy, à l'ouvrage duquel nous renvoyons pour de plus amples détails.

Si quelques Flammes ne sont pas seulement d'un blanc éblouissant , mais si elles offrent des teintes rouges ou verles, elles les doivent à la présence d'Oxydes métalliques, que Davy suppose être décomposés par le Carbone et l'Hydrogène des substances alimentaires des Flammes, réduites à l'état métallique et portées ensuite à l'ignition. C'est ainsi que les sels de Strontiane colorent en rose la Flamme des bougies , que l'Oxyde de Cuivre et l'Acide borique leur impriment une couleur verte, etc. Nous ferons observer cependant que certaines Flammes possèdent des couleurs pour ainsi dire essentielles , et qui ne paraissent nullement tenir à l'addition d'un principe étranger, à moins qu'on ne les considère comme formées simullanémenl par l'incandescence d'un Gaz rougi au blanc, el par celle d'un corps solide vaporisé cl affeclé de la nuance qui caractérise la Flamme. Telle est la flamme rose du Cyanogène, telles sont les Flammes bleuâtres fournies par plusieurs Gaz.

Quant à la durée des Flammes ou à l'espace de temps que les Gaz emploient pour leur combustion, on les a considérées sous deux états divers : les Flammes persislantes et les Flammes instantanées. Mais ces deux étals ne sont au fond que le même phénomène qui, dans le second cas, se produit avec une plus grande rapidité. Les Flammes instantanées ont lieu lorsqu'il y a combinaison ignée d'un mélange de Gaz combustible et de Gaz comburant; alors l'inflaramalion se propage de particule à particule, avec une si grande vitesse que la com-

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buslioii lotalc semble avoii' lieu au mome moment, et (|u'il y a (létonalioii à cause de l'expansion subite que prend le produit de la combustion, et qui fait vibrer fortement l'atmosphère ambiante.

Dans les Flammes persistantes, les particules du Gaz ou de la vapeur inQammable ne peuvent itre en combinaison avec l'atmosphère comburante que successivement; il y a donc un écoulement continuel de Gaz qui remplace celui dont le produit se dissipe dans l'air. 11 arrive souvent qu'une partie des matériaux qui composent la Flamme et qui lui donnent un éclat plus vif, échappent ù la combustion ; c'est ce que l'on voit dans les lampes et les chandelles que l'on néglige de moucher. La perte de lumière est, dans ce cas, fort considérable, et il y a néanmoins une plus forte consommation de combustible. La lampe d'Argand ou à double l'ourant d'air, n'est point sujette à cet inconvénient, puisque la cheminée de verre, qui revêt l'extérieur de la lampe, rassemble dans un même foyer les Gaz et le Carbone, et en complète la combustion.

FLAMME oc FLAMO. pois. Noms vulgaires du Cepola Tœiiia qu'on appelle aussi Flamme de mer. Ce nom ne vient d'aucun rapport que ce Poisson présente avec les corps organiijues, soit par sa couleur ou par sa vélocité, mais de sa forme qui ra|)pelle aux marins ces petits pavillons étroits qu'on place à l'extrémité des mais, et qu'on nomme Flammes. A^. Ruban.

FLAMME, iisp. Espèce du genre Ccrcaire. y. ce mot.

FLAMME. BOT. Ce nom a été quelquefois donné par les jardiniers à des fleurs d'un rouge fort éclatant, particulièrement à des Œillets, à des Tulipes, à des Anémones et à la Coquelourde. Dans l'Inde on nomme Flamme des bois Vlxora cocci/ica, ainsi que \ePavella Indica.

FLAMMES ET FLAMMETTES. sroLl. (Bellonius.) A'. Cahe.

FLAMMET. bot. L'un des noms vulgaires du Pimis Cembro. F. Pm.

FLAMMETTE OD FLAMMULE. bot. Espèce des genres P.enoncule et Clématite. K. ces mots.

FLAMMICEPS. ois. C'est-à-dire qui a la télé couleur de flamme. Synonyme latin du Tangara Oriflamme et du Gobe-Mouche flamboyant. F. Ta?(gara et Gobe

MOCCBE.

FLANCS. Pletcrœ. Chez l'Homme et la plupart des Vertébrés , ce sont les régions latérales du corps, éten- <lues depuis le bord inférieur de la poitrine jusqu'à la crête iliaque. Chez les animaux Articulés Audouin a désigné sous ce nom , dans son travail sur le Thorax (Annal, des Sciences naturelles, 1. 1, p. 122), une partie de l'enveloppe solide, composée de trois pièces : l'épisternum, l'épimère et le paraptère. Les Flancs occupent ordinairement les parties latérales du corps ; mais il ne serait pas exact de dire que ce sont les parties situées sur les côtés du tronc : en effet, il est à remarquer que ces côtés peuvent être formés tantôt parl'épisternum , l'épimère cl le paraptère réunis, tantôt en grande partie par le sternum qui se prolonge latéralement et en haut, d'autres fois enfin par sa partie supérieure qui descend jusqu'auprès de la ligne moyenne et inférieure du corps; les Flancs comprendraient donc,

I dans les divers cas, des pièces fort différentes si on les I définissait par la place (|u'ils occupent. La dénomination de Flancs a pour Audouin un sens précis : chacun d'eux résulte toujours de la réunion de l'épisternum, de l'épimère et du paraptère. Quelque place qu'ils affectent, on ne peut se méprendre sur leur nature; seulement il convient de mentionner les particularités que présentent leurs diverses positions, y. Tdorax.

FLANOCETTE. bot. Nom proposé par Bridel pour désigner/iin genre Plenridiiim. F. ce mot.

FLATE. Fluta. iNS. Genre de l'ordre des Hémiptères, section des Homoptères, famille des Cicadaires, établi par Fabricius, aux dépens du grand genr^Tulgore de Liimé. Ses caractères sont: trois articles distincts aux antenncsdont lesecond est plus grand, plus cylindrique ou ovoïde que globuleux; elles sont insérées immédiatement sous les yeux; léte le plus souvent transverse, et ne se prolongeant point ou ne formant tout au plus qu'une pointe obtuse ; deux petits yeux lisses ; ailes trèslarges ainsi que les élytres qui s'appliquent l'une contre l'autre par leur bord postérieur.

Ces insectes ne diffèrent pas essentiellement des Fulgores quant aux caractères essentiels; cependant ces derniers ont lesantennes composées d'articles pluscourls et plus globuleux, et les différences les plus sensibles qu'elles présentent sont l'allongement considérable de la Icle, et le port des ailes analogue à celui des Cigales, tandis que celui des Fiâtes peut être comparé au port des Phalènes ou mieux des Pyrales. Les femelles recouvrent leurs œufs avec une matière cotonneuse, trèsblanche, et qui forme quelquefois un paquet à l'extrémité postérieure de l'abdomen. Latreille avait formé avec la Cigale à nervures de Fabricius et quelques espèces européennes, dont le corps est plus allongé et les élytres comparativement plus petites et moins dilatées, les genres jC/i^/e el PœhiUoplcre. Laisses de Fabricius et ses Lj-stres , ne diffèrent des Fiâtes que par des caractères du même poids. Germar (Continualion du Magaz. Entom., ô» cahier) emploie d'autres considérations , de sorte que quelques-unes de nos Fulgores rentrent dans ses Fiâtes, et qu'au contraire plusieurs de nos Fiâtes sont pour lui des Fulgores.

Le genre Flate tel que nous le considérons avec Latreille, est composé des Fulgores de Fabricius qui n'ont point la tète prolongée, et dont les ailes et les élytres ressemblent à celles des Pyrales. Elles sont presque toutes propres aux pays chauds de l'Asie et de l'Amérique, et l'on pourrait les diviser en deux coupes; la première comprendrait les Fiâtes dont les élytres et les ailes sont ornées de couleurs variées, souvent fort agréables. N;)us citerons , dans cette division, la Flate phait^oVÙt, Flala phalcnoides, Fab., Degéer, Ins., t. m, pi. 5.3, fig. 0. ou la Cigale phalénoïde de Stoll. (Cic. p. 23, pi. 2, fîg. 9 et f. B. ) Elle se trouve à Cayenne et à Surinam.

La seconde coupe serait composée des Fiâtes dont les ailes et les élytres sont Icansparentes, telles que les Ftata Diaphatiu, fiisiaCa, reticulala, etc., de Fabricius. On ne connaît qu'une seule espèce en Europe qui puisse entrer dans ce genre, tel qu'il est considéré dans cet article. Elle a été trouvée en Dalmatie par le comte

Dpjean qui l'a communiquée à Latreille. Elle apparlien- (liait à notre seconde division.

FLAVÉOLE. OIS. Espèce du genre Sylvie. ^^. ce mot.

FLAVÉRIE. Flareria. bot. Genre établi par Jussieu, dans la famille des Corymbifères, et que Cassini place dans sa tribu des Hélianthées, auprès du Millen'a et du IS'avenburgia. L'involucre, composé de trois ou quatre folioles, renferme d'un à cinq fleurons hermaphrodites, accompagnés quelquefois d'un demi-fleuron femelle, et portés sur un réceptacle nu; les ovaires, dépourvus d'aigrettes, sont oblongs, glabres et striés longitudinalenient. L'unique espèce de ce genre est le Flaieria Contrayena, plante annuelle, qui habite le Pérou et le Chili. Ses feuilles, opposées, ample.xicaules, lancéolées, dentées en scie et glabres , sont marquées sur leur face inférieure de trois nervures saillantes; ses fleurs, trèspetites, sont ramassées en tête et souvent accompagnées à leur base de deux bractées. /^. Cavanilles, Icon. 1, p. 4, t. 4.

FLAVERT. OIS. Espèce du genre Bouvreuil. F. ce mot.

FLAVILEPTIS. bot. Du Petil-Thouars (Histoire des Orchidéesdesîles australes d'Afrique) a proposé ce nom pour une plante de son genre Leplorchis ( MalaxU de Swariz). Cette Orchidée croît aux îles de France et de Bourbon; elle a des fleurs petites, jaunâtres, dont le labelle est entier sur les bords. Son auteur l'a figurée (/oc cit., tab. 25) sous les deux noms de Flavileptis et de Malaris flaiescens.

FLÉAU. BOT. L'un des noms vulgaires du Plileum arvense. F. Phléole.

FLÈCHE. zooL. BOT. La forme de certains animaux ou de quelques parties de diverses plantes leur a mérité ce nom. Ainsi l'on a appelé :

Flèche de mer (Mam.),le Dauphin vulgaire.

Flècde (Pois.), le Callionimiis Sagitta de Pallas.

Flèche (Moll.), une espèce de Calmar. F. ce mot^

Flèche de pierre (Moll. foss.), les Bélemnites.

Flèche d'eau (Bot.) ou Fléchière et Feuclière, le Sigiltaria sagittœfolia. V. Fléchière.

Flèche d'Inde, le Galanga arundinacea.

FLÈCHE. Sagitta. zooph. moll.? Genre dont une seule espèce est jusqu'ici connue, et elle l'est encore trop peu pour que l'on puisse décider dans quel ordre doit être placé le genre qui, du reste, offre pour caractères : animal libre, gélatineux, transparent, cylindrique, trèsallongé; tête renflée; queue horizontale, aplatie; deux nageoires de chaque côté, le long du corps.

Flèche delx points. Sagitta bipiinctala, Quoy et Gaym. Cet animal est long d'environ cinq lignes , trèsexigu, tellement transparent qu'on l'aperçoit à peine dans l'eau qui le contient, d'une agilité remarquable, et toujours en mouvement; sa tête paraît bilobée et se prête difficilement à l'analyse de ses divers organes; un canal central occupe toute la longueur de l'individu; de chaque côté, mais hors de ce canal, aux deux tiers inférieurs , on remarque deux rangées oblongues de points ronds ou d'ovules, et un peu plus bas, dans la même position, deux points noirâtres; la queue, à l'aide de laquelle il se déplace en frappant l'eau à la manière des Cétacés, est élargie, aplatie, faiblement dentelée;

sur les deux côtés du corps sont deux paires de nageoires triangulaires, allongées, séparées l'une de l'autre et tellement ténues qu'on ne les aperçoit pas toujours. Dans la Méditerranée, près de Gibraltar.

FLÈCHE-EN-QUEUE. ois. F. Paille-e:v-qi'EIE.

FLÉCHIÈRE.. Va^rtfan'a. bot. Genre de la famille des Alismacées et de la Diœcie Polyandrie, offrant les caractères suivants : fleurs monoïques; calice à six divisions profondes, dont trois intérieures plus grandes, plus minces, colorées et pétaloïdes; dans les fleurs mâles, les étamines sont en grand nombre, réunies au centre de la fleur, ayant leurs filets courts, plans et élargis à la base ; les anthères sont allongées et à deux loges , s'ouvrant longitudinalement. Dans les fleurs femelles, les pistils sont fort nombreux et petits, réunis en tête au centre de la fleur, sur un gynophore globuleux; chaque pistil est oblique, allongé, terminé par une longue pointe au sommet de laquelle sont quelques glandes saillantes, formant le stigmate; l'ovaire est à une seule loge; il contient un seul ovule partant immédiatement du fond de la loge ; il devient un akène comprimé, terminé à son sommet par une pointe recourbée, et contenant une graine dont l'embryon épispermique est recourbé sur lui-même en forme de fer à cheval.

Ce genre se compose d'une vingtaine d'espèces dont quelques-unes croissent en Europe; les autres, en plus grand nombre, dans l'Amérique et dans l'Inde. Toutes sont des plantes herbacées et vivaces qui se plaisent au milieu des eaux; les feuilles, dans plusieurs espèces, sont en forme de flèche. De là le nom de Sagittaria imposé à ce genre.

La Fléchière coumcne, .SagrtWana sagittœfolia, L., Gsertner, ii, p. 21, t. 84. De sa racine qui est fibreuse, s'élèvent plusieurs tiges simples, d'environ deux pieds de hauteur, et une touffe de feuilles longuement pétiolées, ayant leur lame en forme de fer de flèche; les fleurs qui sont monoïques, forment des verticilles à la partie supérieure de la tige. Ces fleurs sont grandes et blanches.

En Chine et dans l'Amérique septentrionale, on cultive une espèce dont la racine est tubéreuse, charnue et comestible.

FLEMINGIE. Flemingia. bot. Genre delà famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décandrie, établi aux dépensdugenre//e(//s(ï/KW(,L.,par Roxburgh(/'/««<« of Coroiiiand., t. m, p. 45) et adopté en 1812 par Alton (Hort. Kew., S" éd., t. iv, p. 349) avec les caractères suivants : calice à cinq divisions peu profondes; étendard strié; légume sessile , ovale, renflé, bivalve, et contenant deux graines sphériques.

Plusieurs espèces, indigènes des Indes-Orientales, furent indiquées comme appartenant à ce genre, par Roxburghqui en a figuré deux (/oc. cit., tab. 248 et 249), sous les noms de Flemingia stricta et Flemingia sej mialata. !.. is VHortus Kewensis , on leur a réuni I VHeilxsaf m strobiliferum, L. Cette belle espèce doit J même être regardée comme le type du genre. Elle est remarquable par ses feuilles simples et par ses épis auxquels de grandes bractées en cornets et réticulées, donj nent la forme des slrobiles ou fruits des Conifères. On I la cultive comme plante de curiosité dans quelques jar-

(lins (le l>olani(|iie. En 1813, Janine Saint-IIilaire publia (Journal de Bol., t. m, p. 57) une notice sur neuf genres formés aux d(;pens des Hedysarum de Linné, dans les(juels se trouva le Moghania qu'il avait déjà nommé Lourea (Dullel. de la Soc. Pliilom., déc. 1812) el qui est foimé, comme le Fiemingia, de V Hedysarum stiohilifertim. Mais il est évident que la dénomination employée par Roxburgh, et dans VHort. Keiv., a l'antériorité sur celles de Jaunie Saint-IIilaire, et, à plus forte raison , sur rOs</7-0(7j«Hi, autre mot désignant le même genre, proposé par Desvaux quelque temps après. K. Journ. de Bot., t. m, p. 119.

FLÉOLE.BOT. r. PlILÉOLE.

FLESSERA. BOT. Le Nepeta tuberosa, L., a la lèvre supérieure de la corolle entière et les fleurs disposées en épis serrés, munis de bractées larges et colorées; ces caractères avaient paru suffisants à Adanson pour en former le genre Flessera.

FLET, FLÉTAN, FLÉTÈLE , FLÉTON, FLETZ et FLEZ. POIS. Espèce du genre Pleuronecte. ^. ce mot.

FLEUR (animm.). polyp. Ce nom s'applique quelquefois aux Actinies, ainsi que celui d'Anémone de mer, et rend assez bien la physionomie de ces animaux dont les tentacules rappellent les couronnes de certaines Passionnaires ou de belles corolles trèsdoublées, brillantes des plus vives couleurs.

FLEUR. Flos. BOT. On a donné le nom de Fleur, dans les végétaux, à un assemblage de divers organes qui, par l'action mutuelle qu'ils exercent, donnent naissance aux fruits et aux graines , c'est-à-dire à des corps capables de reproduire de nouveaux individus. La Fleur est essentiellement constituée par la présence d'un des deux organes sexuels ou des deux réunis sur un support commun, avec ou sans enveloppes extérieures, destinées à les proléger. Réduite à son dernier degré de simplicité, la Fleur peut donc n'être formée que par un seul organe sexuel, mâle ou femelle, c'est-à-dire par une étamine ou un pistil. Ainsi, dans les Saules dont les Fleurs sont unisexuées, les mâles consistent simplement en une, deux ou trois élamines attachées sur une petite écaille. De même les Fleurs femelles sont formées par un pistil, également accompagné par une simple écaille, sans aucun organe accessoire. Dans ces deux cas, la Fleur est aussi simple que possible, et prend alors les noms de Fleur mâle ou de Fleur femelle, suivant les organes ((ui la composent. La Fleur est, au contraire, hermaphrodite quand elle se compose des deux organes sexuels, réunis sur un même support. Mais ces différentes sortes de Fleurs ne sont pas complètes. En effet, quoique l'essence de la Fleur consiste dans les organes sexuels, pour être parfaite, il faut encore qu'elle présente d'autres organes qui, bien qu'accessoires, ne lui appartiennent pas moins et servent à protéger ses parties les plus essentielles. Ces organes sont les enveloppes florales, c'est-à-dire le calice et la corolle. La Fleur complète sera donc celle qui présentera les deux organes sexuels, entourés d'une corolle et d'un calice. Pour bien distinguer les différentes parties qui forment la Fleur, il est important de connaître leur position respective. Ainsi, en allant du centre à la circonférence, on verra ; 1" le pistil ou organe sexuel femelle

occuper constamment la partie centrale; il se compose de l'ovaire, du style et du stigmate. 2" En dehors et autour du pistil sont les organes mâles ou étamines, qui sont formées d'une anthère et d'un fîlet. 3» A l'extérieur des étamines, se trouve la plus intérieure des deux enveloppes florales , ou la corolle ; elle est . en général, colorée et d'im tissu mince et délicat. A" Enfin la plus extérieure des deux enveloppes florales, (pii forme la par lifexterne de la Fleur, est le calice, qui, par sa nature et sa coloration, se rapproche tout à fait des feuilles. On devra donc, toutes les fois qu'on voudra reconnaître les diverses parties constituantes d'une Fleur, partir du centre comme d'un point tîxe et dénommer les organes suivant la place qu'ils occupent relativement à ce point central. Prenons dans la natiu'e quelques exemples propres à éclairer ce point important. La Giroflée jaune ( Clieianllius Cheiii, L.) va nous servir d'exemple. Nous verrons le centre de la Fleur occupé par un petit corps allongé, un peu comprimé d'avant en arrière, présentant, dans ses deux tiers inférieurs, lorsqu'on le fend suivant sa longueur, une cavité séparée en deux par une lame mince et longitudinale, où sont renfermés les ovules : ce corps est le pistil. En dehors du pistil, nous trouvons six organes de même forme, de même structure, disposés circulaireraent autour de l'organe femelle, composés chacun d'une partie inférieure, filaraentiforme, que surmonte une sorte de petite poche membraneuse, à deux loges remplies d'une poussière jaune. A leur position et à leur structure , nous reconnaitrous dans ces corps les étamines. En examinant ce qui reste en dehors des organes sexuels, nous apercevons huit appendices membraneux , disposés quatre par quatre en deux séries, l'une plus intérieure que l'autre. Les quatre intérieurs plus grands, d'une couleur jaune, parfaitement semblables entre eux, constituent un seul et même organe : c'e*l la corolle, qui, dans ce cas, est composée de quatre pièces distinctes ou de quatre pétales. Il nous sera très-facile maintenant de dénommer les quatre pièces verdàlres, plus petites, situées en dehors de la corolle. En effet, nous savons déjà (|ue la plus externe des deux enveloppes florales est le calice. Dans ce cas, le calice est formé de quatre pièces distinctes qu'on nomme sépales. Telle est la position respective des différents organes qui constituent une Fleur complète. E.xaminons maintenant une autre Fleur hermaphrodite, dans laquelle l'une des deux enveloppes florales manque. Dans la Tulipe , par exemple, nous trouvons au centre de la Fleur le pistil, composé d'un ovaire prismatique à trois faces, dont le sommet est couronné par un corps glanduleux, (lui est le stigmate; il n'y a pas de style. En dehors, nous voyons six étamines dont la structure n'a rien de remarquable. Voilà donc les deux organes sexuels, et par conséquent la Fleur est hermaphrodite. Mais à leur extérieur, nous trouvons six pièces ou segments membraneux parfaitement semblables entre eux, et ne formant évidemment qu'une seule enveloppe. Dans la Tulipe, il manque donc une des deux enveloppes florales. Mais (piclle est celle ((ui manque? Cette question n'est pas résolue de la même manière par tous les botanistes. Les uns, avec Tournefort et Linné, veulent

qu'on la nomme corolle, quand elle est grande et colorée, et calice, quand ell&.cst petite ou verte. Cette distinction, ainsi qu'il est facile de le voir, repose sur des caractères d'une bien faible valeur. Les autres, au contraire, avec le célèbre Jussieu, guidés par les lois de l'analogie, la regardent, avec plus de raison, comme le calice , quelles que soient d'ailleurs et sa couleur et sa consislance (f^. Cauce et Corolle). D'autres, enfin, à la lête desquels est le professeur De Candolle, reculent la difficulté sans la résoudre, et appellent périgone l'enveloppe florale unique, qui entoure les organes sexuels. La Tulipe que nous venons d'examiner a donc un calice formé de six sépales ou un périgone composé de six pièces distinctes.

Une Fleur peut être attachée de différentes manières à la lige ou aux autres organes dont elle naît. Tantôt elle est immédiatement sessile, tantôt elle est portée sur un pédoncule plus ou moins long, simple ou ramifié; dans ce cas, la Fleur est pédonculée. Il arrive fréquemment qu'autour dune ou de plusieurs Fleurs réunies, on trouve un certain nombre de petites feuilles tout à fait différentes des autres par leur couleur, leur forme, leur consislance, etc. On leur a donné le nom de bractées. Oue l'on ne confonde pas les bradées avec les feuilles florales proprement dites. Ces dernières ne diffèrent pas notablement des autres feuilles de la même plante, si ce n'est qu'elles sont plus petites et plus rapprochées des Fleurs. Quand les bractées ou les feuilles florales sont disposées symétriquement autour d'une ou de plusieurs Fleurs, elles forment alors un involucre. F. ce mot. Les Fleurs peuvent être disposées de différentes manières que nous ferons connaître au mot Inflorescence. Quant aux diverses parties de la Fleur, F. Calice, Corolle, Étamines et Pistil.

Le mot de Fleur est encore devenu la racine de divers noms propres dont plusieurs sont passés dans lelangage même de la science. Ainsi l'on a appelé ;

Flecr admirable, d'où Mirabilis, le Nyctage commun. Ce nom lui fut donné lors de son introduction en Europe.

Fleur d'Adonis, les Adonides des botanistes.

Fleer Africaine, le Tagétès Œillet d'Inde, qui fut, dit-on, rapporté en Europe par Charles-Quint au retour de son expédition d'Alger.

Fleur Aiglantine, V^lquilegiavulgaiisouV A.nco\ie.

Fleur ailée, les Orchides insectiformes.

Fledr de l'air, d'où Aéride, nom du genre formé par Swartz pour V Epidendnim Flos aeris, L.

Fleur Araignée, le Nigella Damascena , L.

Fleur aux daues, l'Anémone Pulsatille et l'Héliotrope du Pérou.

Fleur d'amour, la Dauphinelle sauvage.

Fleur d'argent, divers Gnaphaliers et la Renoncule à feuilles d'Aconit, aussi appelée Boulon d'Argent.

Fleur d'Arménie, l'Œillet des poètes.

Fleur d'azur , le Bluet et le Scilla atnœna.

Fleur cardinale, une Lobélie et Vlpoviea Qiiamoclit, L.

Fleur en casque, l'Aconit Napel.

Fleur de chair, le Melampyrum arvense, le Lychnis Flos cueilli, et le Trifolium incarnatum.

Fleur du ciel, le Nostoc vidgaire.

Fleur en clochette, les Campanules, les Ancolies et les Liserons.

Fleur de Constantinople, le Lychnis Chalcedonica, qui, dit-on, fut rapporté par les croisés.

Fleur de Coucou, le Primula veris officinatis, t.

Fleur de Crapaud, le Slapetia variegata.

Fleur du diable , VIris Susiana.

Fi.EUR d'or ou dorée, le Chrysanthème, qui n'en est que la traduction.

Fleur d'eau, ce que Linné avait nommé Byssus Flos aquœ, et que nous avons rapporté au genre Anabainc. f^. ce mot.

Fleur d'écarlate, le Lychnis Chalcedonica etl'^nethiim graveolens.

Fleur d'Écrevisse, Flos Cancri, le Balisier, Canna Indica, L.

Fledr éperonniêre, la Capucine et les Dauphinellcs.

Fleur en feuille, la Salvia Horminiim, L.

Fleur des grains, le Bluet.

Fleur du Grand Seigneur, la Centaurea moschata.

Fleur hépatique, la Parnassia paltistris, L.

Fleur d'hiver, VHelleborus hyemalis, L.

Fleur horaire, V Hibiscus mutabilis.

Fleur boupette, la Jasione et la Jacée.

Fleur immortelle, les Gnaphaliers, les Amaranthes, les Gomphrènes, les Xéranthèmes et les Élichryses.

Fleur desIncas, VAlstrœnieria hirta.

Fleur d'Inde, le Ferraria tmdulata.

Fleur DE jalousie, l'Amaranthe tricolore.

Fleur de Jérusalem, le Lychnis Chalcedonica, L.

Fleur de Saint-Jean, le Gaillet à fleurs jaunes, et VArtemisia vulgaris, L., par allusion à l'époque de l'année où ces plantes fleurissent.

Fleur de Saint-Joseph , le Neriiim Oleander.

Fleur de Sainte-Catherine, diverses Nigelles.

Fleur de Jupiter, un Agrostème.

Fleur de Lis , les Phalangium Liliago et Liliastruni .

Fleur d'un jour, la Tradescante de Virginie et les Hémérocalles fugaces.

Fleur joyeuse, le Mimosa Lebbeck.

Fleur de Manore, le Mogirium Sambach.

Fleur du Mexique ou mexicaine, le Nyctage commun.

Fleur de midi, le Mesembryanthemum pomeridianum qui s'ouvre au moment où le soleil passe au méridien.

Fleur a miel ou miellée, les Mélianthes, particulièrement le pyramidal.

Fleur des morts, le Tagetes erecta.

Fleur a Mouches, l'Asclépiade de Syrie, ainsi que les Orchides insectifères.

Fleur musquée, VHibiscus Abelmoschus , VAdoxa moscalellina , L.

Fleur de Muscade, le Macis. V. ce mot.

Fleur de neige, le Chionanthus virginianus.

Fleur de Noël, l'Hellébore noir.

Fleur d'onze heures. V. Dame d'onze heures.

Fleur d'or, l'Hélianlhe annuel.

Fleur de Paon et de Paradis , le Poinciana pulcherrima, L.

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Fi.EiiR DE Paqdes, la Paquerelle.

Flecr de parfait A9I0CR, l'Éijlanline commune.

FiEOR DU Parnasse, le Paiiiassia pulustiis, L.

FiECR de la Passion, le Passi/lora cœrulea, lors de son introdiiclion en Europe, parce qu'on crut découvrir dans sa corolle ou calice, comme on voudra l'appeler, tous les instruments qui servirent dans la passion de J.-C.

Flecr du Pérou, le Cacte grandiQore.

Fleur pleurétique, le Coquelicot.

Flecr deplcme, le Poleinonium cœnileum , L.

Flecr du Priivce, le Cuiuolrnliis tn'color, t.

Fleur du Printemps ou la Printamère, le Primula officinalis et la Pâquerette annuelle.

Flecr de quatre heures, le Nyclage commun.

Fleur de Rome, le Tageles erecla.

Fleur de rosée, le Nosloc vulgaire.

Fleur royale, le Delphinium Ajacis.

Fleur de Sabate, V Hibiscus roseus.

Fleur de safran, le Cartliame des teinturiers.

Flecr Saint-Jacques, le Senecio Jacobœiis, L.

Flecr de Saint-Loois, V Hibiscus liliflorus.

Fleur de Saint-Thomé, le Guetlarda speciosa.

Fleur de sang, la Capucine vulgaire et la Tulipe du Cap, VHœmanlhus.

Fleur de Scorpion, VEpidenJnim Flos aeiis.

Fleur de Siam et de Tcnquir, le Cynanchum odoratissimum.

Flecr du Soleil, le Cistus Helianihemnni, L.

Flecr de Tan, les Mucors et Réticulaires, qui croissent dans les serres, sur la tannée.

Fleur a teindre, le Genista tinctoria.

Fleur de terre; c'est, dans quelques cantons de la France , le Nosloc commun , et au cap de Bonne-Espérance , l'Hyobanche couleur de sang.

Fleur du Tigre ou tigrée, le Ferraria de Linné fils, dont Lamarck a fait son genre Tigridia.

Fleur de tocs les mois, le Souci commun.

Fleur de tout l'an, VEpidendruiu corymbosum.

Fleur de la Trinité, la Pensée.

Flecr de Tuivqcin. y. Fleur de Siam.

Fleur de veuve, la Scabieuse des jardins, Scabiosa attopuquirea, L.

Fleur de Zacharie, le Bluet.

FLEUR. MIN. Le nom de Fleur a élé appliqué mal à propos à des malières inorganiques, le plus souvent métalliques , nommées aussi efflorescences. Ainsi l'on a appelé :

Fleur de Sel marin, l'efflorescence saline qui recouvre les plantes marines exposées à l'action des rayons solaires, entre deux marées.

Fleurs d'.^ntimoine et Fleurs argentines , la combinaison naturelle de l'Oxygène avec l'Antimoine, que l'on trouve dans quelques mines de ce métal. On peut aussi obtenir artificiellement cette substance dans le traitement des minerais d'Antimoine; ces Fleurs sont ordinairementen aiguilles, d'un blanc jaunâtre.

Fleurs d'Arsenic, le produit pulvérulent de la sublimation du deutoxyde d'Arsenic. On trouve quelquefois des Fleurs d'Arsenic dans le cratère de quelques vol-

Fleurs d'Asie, les efflorescences de Carbonate de Soude, qui paraissent ù Ja surface du sol, dans quelques contrées de l'Orient.

Fleurs de Benjoin, l'Acide benzoïque sublimé.

Fleurs de Bismuth, l'Oxyde de Bismuth sous forme de poussière jaiine-verdàtre, qui recouvre certains minerais de Bismuth.

Fleurs de Cinabre, le Mercure sulfuré pulvérulent.

Fleurs de Cobalt, le Cobalt arséiiialé pulvérulent.

Fleurs de Cuivre, plusieurs minerais de Cuivre, que l'on rencontre naturellement à l'élat pulvérulent : les Fleurs bleues et vertes sont des Carbonates, les Fleurs rouges de l'Oxyde.

Fleurs de Fer, l'Arragonile concrélionnée, coralloïde.

Fleurs d'Hém.atite , une couche très-légère de Manganèse oxydé ar.;entin, qui recouvre la surface de quelques minerais de Fer oxydé. On l'observe fré(iuemment dans la cassure récente de l'Argile colorée, que l'on trouve aux environs de Cologne, et qui porte, dans le commerce, le nom de Terre d'Ombre.

Flecrs de Nickel, le Nickel oxydé.

Fleurs de Sel Ammoniac, l'Hydrochlorate d'Ammoniaque, que l'on trouve quelquefois renfermé sous forme de petites aiguilles, dans les cavités de quelques laves poreuses.

Fleurs de Socfre, le résultat de la sublimation lenle du Soufre. Ces Fleurs se rencontrent naturellement sur les parois des terrains volcanisés. Elles sont aussi quelquefois le produit d'une précipitation qui s'opère spontanément dans les eaux sulfureuses minérales. Ces Fleurs jouissent de toutes les propriétés du Soufre pur.

Fleurs de Zinc, l'Oxyde de ce métal, que l'on trouve quelquefois dans le voisinage des fourneaux d'épuration de la Calamine. On les obtient arlificiellement en projetant du Zinc dans un creuset rouge de feu; elles sont alors d'une légèrelé remarquable.

FLEUR D'EPONGE. POLYP. Nom marchand des Éponges les plus fines, employées dans les usages domestiques, ainsi que d'une espèce rameuse, qui les remplace quelquefois.

FLEURETTE. Flosculus. BOT. On donne fréquemment ce nom à chacune des petites fleurs qui composent le capitule d'une plante de la famille des Synanthérées ou les épillets des Graminées.

FLEURILARDE. ÊcBiN. Dicquemare a donné ce nom à une espèce d'Holothurie, Hololhun'a pentacta, Mtlll. y. Holothurie.

FLEURI NOËL. bot. Nom vulgaire de l'Eupatoire a grandes feuilles.

FLEURON. Flosculus. voT. Dans les plantes de la famille des Synanthérées, la corolle présente deux modifications essentielles ; tantôt elle est déjelée d'un côlé sous forme d'une languetle plane , tantôt elle est tubuleuse, plus ou moins évasée et généralement à cinq lobes. On donne le nom de demi-Fleurons aux petites fleurs qui offrent la première de ces deux modifications de la corolle , et celui de Fleurons aux fleurs qui ont la corolle tubuleuse.

La forme des Fleurons peut beaucoup varier; ainsi ils peuvent être réguliers, infundibiiliformes et à cinq

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lobes; d'autres fois ils sont simplemenl tubuleiix, sans évasemenl, à trois ou à quatre dents; quelquefois leur forme est tout à fait irrégulière ; enfin ils peuvent être hermaphrodites, unisexués ou neutres.

On appelle Flosculeuses les plantes de la famille des Synanlhérées, qui sont uniquement composées de Fleurons, et Radiées, celles qui se composent de Fleurons au centre de chaque capitule, et de demi-Fleurons à la circonférence.

FLEURYE. Fleurra. bot. Genre de la famille des Urlicées, établi par Gaudichaud dans la botanique du Voyage de l'Uranie. Caractères : fleurs monoïques; les mâles ayant un calice à quatre divisions, quatre étamines et le rudiment d'un pistil; les femelles ayant le même calice mais irrégulièrement divisé; un stigmate allongé, filiforme et velu ; un akène obliquement ovale, comprimé, entouré d'une aile très-étroite, avec les côtés tuberculeux et concaves au milieu. Le genre formé aux dépens du genre Urtica des divers auteurs, doit se composer selon Gaudicbaud des espèces suivantes : Urtica divaricata , L.; Urtica interrupta ou corylifoUa , .luss. ; Urtica /Estuans , L.; Urtica racemosa, L.; Urtica ruderalis, Forst. ; outre quatre nouvelles qu'il a observées pendant le cours du voyage.

Flecrye PANicrtÉE. Fleurya paiiiculata, Gaud. Ses feuilles sont ovales-lancéolées, subacuminées. arrondies à leur base, obtusément et grossièrement dentées, glabres ; ses fleurs sont réunies en panicules lâches et terminales. Des ilesMariannes.

FiEKRYE EN ÉPI. Flcurya spicata , Gaud. Feuilles ovato-cordées, acuminées, piesque en cône à leur base, grossièrement dentelées, garnies ainsi que les rameaux de poils piquants; Heurs en grappes axillaires ou en épis presque agglomérés. Des îles Moluques. Le Fleurya fjlome.rata appartient aux mêmes parages, et le Fleurya cordata au Brésil.

FLECVE. GÉOL. Cours d'eau d'une certaine étendue, qui, après avoir arrosé quelques parties d'un continent , se jette dans la mer. Cette détînilion exacte met au rang des Fleuves des cours d'eaux, tels que la Somme, la Charente et l'Hérault en France, le Xuxar ou Jujar, et le Guadalele en Espagne, qu"on avait généralement, mais à tort, rangés parmi les rivières, lesquelles ne sont que les cours d'eaux par lesquels les Fleuves sont alimentés. Les ruisseaux et les torrents sont à leur tour des ramifications des rivières, dont ils ne diffèrent guère que par leur moins d'étendue et le plus petit volume du tribut qu'ils portent dans la circulation. On dislingue aussi la rivière et le ruisseau du torrent, en ce qu'alimentés par quelque source, l'un et l'autre ne tarissent point habituellement, tandis que le torrent impétueux et irrésistible, tant qu'il est alimenté, ne laisse d'autres traces de son existence, dans les temps de sécheresse, que le lit fracassé qu'ilse creuse à travers les rochers des montagnes.

11 n'existe point d'e.xemple de cours d'eaux qui prennent le nom de Fleuves dans les îles, quelle que soit leur étendue; ainsi, la Tamise en .Vnglelerre, le Benjarmassen à Bornéo, le Manangourou à Madagascar, sont réputés rivières. Cet usage n'est point conséquent, mais parait néanmoins tacitement établi. L'importance des

Fleuves est ordinairement en raison des hauteurs qui leur donnent naissance, de l'abondance des rivières qu'ils absorbent, de l'étendue de pays qu'ils parcourent. Ceux d'Europe, à l'exception du Danube qui peut se comparer aux plus grands Fleuves du reste du globe, sont en général les moins considérables : le Guadalquivir, leGuadiana, le Duero et l'Èbre en Espagne; le Tibre et le Pô en Italie; le Rhône, la Garonne, la Loire, la Seine en France; l'Elbe, l'Oder, la Vistule, le Rhin lui-même , qui se jettent dans les mers du Nord , sont bien peu de chose, comparés aux Fleuves de l'Asie septentrionale, à ceux de la Chine, de la presqu'île orientale de l'Inde, au Gange, à l'Indus, au Nil, à l'Orénoque, au Fleuve des Amazones, au S'-Laurent et surtout au Mississipi, qui reçoit des affluents, tels que l'Oliio et le Missouri, beaucoup plus considérables que ne le sont tous nos Fleuves européens, quoique ceux-là soient réputés de simples rivières. — On ne conçoit pas sur quel fondement quelques écrivains ontavancé que la plupart des Fleuves, parallèles aux chaînes de montagnes qui les alimentent , coulaient de l'est à l'ouest. Rien n'est plus faux ; le Rhône, le Nil, l'Obi, le Jenisei, la Lena, prouvent positivement le contraire; les Fleuves, suivant des pentes totalement dépendantes de la conformation générale des pays qu'ils sillonnent, se dirigent dans tous les sens, et l'on a même vu au mot Bassin (géol.) qu'ils semblent se plaire à briser les chaînes de montagnes qu'on supposait autrefois destinées à circonscrire et contenir leur cours. Comme destinés à transporter le sol des montagnes , les Fleuves et leurs affluents dépouillent une partie des lieux qu'ils parcourent, tandis qu'ils en fertilisent ou en agrandissent d'autres, au moyen des dépôts qu'ils y laissent, et qu'on nomme AUuvions ou Alterrissements. F. ces mots. Ce sont ces atterrissements etcesalluvions qui forment à l'embouchure des Fleuves ces espaces proportionnés en étendue à l'importance des courants qui les déposèrent, et entre lesquels le Delta est célèbre par sa fertilité. La plus grande partie de la Belgique, et la Hollande presque en totalité, sont une sorte de Delta formé par le Rhin aux dépens des Alpes. L'embouchure du Rhône présente un phénomène semblable, d'autant plus remarquable que l'augmentation du sol y a lieu avec une singulière rapidité; ce qui fait dire aux gens du pays que la mer se retire des côtes méditerranéennes. La mer ne se retire nulle part dans l'acception rigoureuse du mot, ainsi qu'on le verra à l'article où il sera traité de cette partie du globe; mais les Fleuves qui l'alimentent n'en concourent pas moins puissamment à modifier sa forme.

FLEXUEUX. Flexuosics. bot. îool. Organe qui est courbé en zigzags formant entre eux des angles plus ou inoins ouverts.

FLEXUOSATIS. bot. Dans son Histoire des Orchidées des îles australes d'Afrique, Du Petit-Thouars nomme ainsi une plante de son genre Satorchis. Ce nom dérive de Sutyrium [lexuosum, qui lui conviendrait suivant la nomenclature linnéenne. Le Flexitosatis est une Orchidée de l'Ile-de-France, qui a de petites fleurs purpurines, et dont Du Petit-Thouarsa donné une figure trèspetite (/oc. cil., tab. 7 et 12, fig. 2).

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