‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 59 sur 76 · V L OE · texte numérisé non relu

V L OE

FLEZ. rois. r. FiET.

FLIN. MIN. Même cliose que Marcassite. F. ce mot.

FLINDERSIE. Flindersia. noT. R. Brown a (îtabli ce genre d'après un arbre observé à la Nouvelle-Hollande. Il ne s'élève qu'à une hauteur médiocre, porte des feuilles alternes, composées d'une à trois paires de folioles terminées par une impaire, allongées, ovales, entières, parsemées de points transparents. Les fleurs, disposées en jianicules terminales bien fournies et accompagnées de petites bractées subulées, sont petites et de couleur blanche. Leur calice est court, quiiiquéfide, persistant. Cinq pétales sessiles, couverts ainsi que le calice en dehors d'un court duvet, s'insèrent ù la base d'un disque qui porte un peu au-dessous de son sommet dix étauiines, dont cinq stériles opposées aux pétales; cinq fertiles alternant entre eux. L'ovaire, entouré mais non embrassé par le disque staminifère, est libre, sessile, tuberculeux à sa surface, surmonté d'un style simple, que termine un stigmate pelté, divisé profondément en cinq lobes. Le fruit est une capsule allongée, dont l'enveloppe ligneuse, hérissée de toutes parts de prolongements coniques , se sépare à la maturité en cinq segments, qui restent quelque temps attachés par leur base à un axe central, court, puis finissent par tomber et le laisser libre. Le placenta central se partage profondément en cinq lobes qui forment autant de cloisons; ces cloisons, qui se détachent à l'époque de la déhiscence, portent de chaque côté deux graines dressées, surmontées d'une aile membraneuse et renfermant un embryon dicolylédoné, dépourvu de périsperme.R. Brown plaça ce genre dans sa famille des Cédrélées. section des Wéliacées de Jussieu ; mais il avoue qu'elle en diffère par l'insertion de ses graines et la déhiscence de sa capsule, irrégularité qui peut au reste être expliquée sans beaucoup de difficulté. Il a joint une belle figure à la description comjilète de ce genre, qui se trouve à la suite de ses Remarques sur la botanique de la Nouvelle-Hollande (General Remarks on the Dotanx of Terra Australis, p. 01, tab. 1).

FLIONS. iioLi. L'un des noms vulgaires des Tellines sur quelques côtes maritimes de France.

FLOCCARIE. Floccaria. bot. Genre de Champignons hyphomicètes, établi par Greville (Scot., t. 301), et que Link a réuni à son genre Pénicillium.

FLOCON. /'Voce M«. DOT., Min., ïooL. Petite touffe formée par la réunion de brins de coton, de laine, de soie, ou par l'agglomération de cristaux très-déliés, ainsi qu'on le voit dans la neige, dans les précipitations chimiques occasionnées par la présence de certains réactifs.

FLOCONNEUX. Floccosus. bot., min. Corps qui se détachent sous forme de petites masses arrondies et d'apparence légère ou friable.

FLOCONS D'OR. bot. L'un des noms vulgaires du Potcnlilla verna et du Chrysocoma Coma aurca.

FLCERKÉE. Flœrkea. bot. Genre de l'Hexandrie Monogynie, L., établi par Willdenow (Act. Soc. nat. Cirr. Berol., t. m, 1 801), et adopté parNuttall [Gen. ofNortli Amer. Plants., t. i, p. 228) qui l'a ainsi caractérisé : calice triphylle; corolle à trois pétales plus courts que le calice; style bifide. Le fruit se compose de deux ou

rarement trois sortes d'utricnles rondes, papilleiises. membraneuses, et chacune contenant une graine qui lui est adhérente. Ces graines, ainsi recouvertes par un tégument péricarpique, semblent divisibles en deux lobes elliptiques, convexes, charnus, ayant un goût acre; mais la singulière disposition de l'embryon renfermé dans une petite cavité à la base de ces lobes, ainsi que ses cotylédons peltés, sont des circonstances qui laissent des doutes sur la divisibilité réelle des utricules. Telle est la substance d'une note que Nultall ajoute sur ce genre très-peu connu, qu'il place avec doute dans la famille des Portiilacées.

Une seule espèce le compose : c'est le Flœrkea proserpinacoides, dont Persoon et Nuttall ont changé le nom spécifique en celui de lacustris. Cette plante, qui croit en Pensylvanie , aux environs de Philadelphie , dans les terrains où l'eau a séjourné, mais qui y est rare, est herbacée, grasse, annuelle, à feuilles alternes, trifides et pinnatifides. Pursh a donné pour synonyme à son Ncctris pinnata, le Flœrkea proserpinacoides, Muhlenb., Mss. Mais cette plante n'a, selon Nuttall {Flor. Amer. Seplentr., t. i, p. 239), aucun rapport avec le genre Flœrkea et n'est peut-être qu'une variété du Nectris peltala, Pursh, ou Cabomba aquatica, Aublet. F. Cabomba.

Un autre genre Flœrkea a été formé par Sprengel, aux dépens des Campanules; mais ni le nom du genre, ni le genre lui-même n'ont encore reçu la sanction des botanistes.

FLONDUE DE RIVIÈRE, pois. Syn. de Fletvers l'embouchure de la Seine. Ce mot paraît d'origine normande, puisque le même Poisson se nomme Flœndej' en Korwège et en Prusse. F. Pieuronecte.

FLOOUIiT. ois. (Saleroe.) Synonyme vulgaire du Tarier. F. Traquet.

FLORAISON. BOT. Ensemble des phénomènes qui accompagnent l'épanouissement des fleurs. Il en a été traité avec quelques détails à l'article Antiièse. F. ce mot.

FLORALE, bot. Cette épithète s'api)lique à toutes les parties des végétaux qui appartiennent à la fleur ou lui sont unies par quelque point. Ainsi on nomme bulbilles Florales celles qui tiennent lieu des fleurs, c'est-à-dire se développent à la place des fleurs dans plusieurs espèces d'Ail ; glandes Florales, les corps glanduleux, qui naissent sur différentes parties de la fleur : elles forment généralement ce qu'on désigne sous le nom de disque; feuilles Florales, celles qui sont très-rapprochées des fleurs, etc.

FLORE. BOT. On appelle ainsi en botanique un ouvrage destiné à faire connaître les plantes d'un pays. Linné, jjarmi les noms poétiques qu'il introduisit en grand nombre dans la science, a inventé celui-ci et l'a consacré par un excellent modèle, sa Flore de Laponie. Avant lui, des ouvrages du même genre avaient reçu des noms difïérenls; ainsi les végétaux recueillis dans l'île d'Amboine par Rumph avaient été décrits sous celui d'Herbariiim Aiiiboinense; ceux du Malabar par Rhéede, sous celui A'Hortus Malabaricus, et Vaillant avait intitulé Botanicon Parisiense sa belle histoire des plantes des environs de Paris. Même depuis, les auteurs ne se sont pas toujours astreints à ce litre. Il suffit pour

exemple de citer les Piaules de la Guiaiie par Aublel , les Plantes de l'Anicriquc éqiiinoxiale recueillies dans le voyage de Humboldt et Bonpland, mises en ordre et décrites parKunth, etc. Si l'on devait attacher beaucoup d'importance aux titres, on pourrait dire que ces derniers conviennent peut-être mieux aux ouvrages qui font connaître les plantes exotiques rapportées par les voyageurs. Car la Flore d'un pays suppose la connaissance presque complète de ses végétaux, connaissance qui ne peut être acquise que par un séjour Irès-prolongé. Si l'on passe à l'examen de l'ordre et du plan suivis par les auteurs des Flores, eu comprenant sous ce titre des ouvrages mêmes qui ne le portent pas, mais auxquels peut s'appliquer la définition qui précède, c'est-à-dire qui font connaître les plantes d'un pays, on trouvera que , sous ce même nom , se trouvent réunis les ouvrages les plus différents par leur forme, leur nature, leur mérite. C'est un résultat nécessaire de la diversité des pays et des auteurs, puisqu'une foule de contrées, sous presque toutes les latitudes, depuis les États les plus vastes jusqu'aux cantons les plus resserrés, ont eu leurs Flores, et qu'elles ont été composées par des botanistes de tous les degrés, depuis les plus illustres jusqu'aux plus novices. Les uns n'ont suivi aucun ordre; tels sonlplusieurs voyageurs qui décrivirent les plantes à mesure qu'elles s'offrirent à eux, et les présentèrent au lecteur dans une sorte de journal. On peut encore citer pour exemple un bon ouvrage, la Flore de Danemark, où cbaque fascicule de plancbe, accompagné d'un texte court, exi)licatif, réunit des plantes de toutes sortes, phanérogames et cryptogames, et où non-seulement les genres se trouvent ainsi éloignés des genres voisins, mais les espèces de leurs congénères, sans qu'on puisse les rapprocher, à cause des numéros qui fixent les gravures dans leur ordre de publication. La grande majorité des tloristes a adoi)té le système linnéen.plus répandu, plus commode surtout par sa simplicité et le nombre considérable d'ouvrages antérieurs où tout le travail des auteurs commençants se bornait presque à copier, en excluant ce qui n'entrait pas dans leur domaine. Mais il est peu de systèmes et de modifications de systèmes qui n'aient eu leur application dans quelque Flore; car leurs inventeurs cherchaient à en faire ainsi l'essai eux-mêmes, ou bien ils trouvaient des partisans au moins parmi leurs élèves et leurs compatriotes. Jusqu'à présent la méthode des familles naturelles n'a été suivie que dans un petit nombre de Flores; mais ce sont des ouvrages capitaux, la Flore française, le Prodrome de la Flore de la Nouvelle- Hollande par R. Brown, les Kova Gênera de Humboldt et Kunth. Si l'on en juge d'après la direclion habituelle de la botanique et la nuirche actuelle de l'esprit humain, il est à croire que les familles naturelles reçues peu à peu avec plus ou moins de modifications, dans les divers pays où l'on s'occupe d'études scientifiques, seront adoptées d'abord par les chefs de la science ; que ceux-ci trouveront d'heureux imitateurs, et qu'alors la foule, se jetant dans la même route, fera ou refera les Floreslocalessuivant la méthodelriomphante. En ce moment, Auguste de Saint-Hilaire, dans la publication des nombreuses richesses botaniques qu'il a recueillies au

Biésil durant un séjour de phisicursannées, suit un ordre différent de tous ses prédécesseurs. C'est dans une série de mémoires sur les usages ou les propriétés des plantes, sur des points intéressants soit de classification, soit de physiologie végétale, qu'il fait connaître les genres et les espèces qui doivent les éclaircir. Leurs descriptions, l'élude de leurs aflSnilés amènent des discussions quelquefois étrangères aux titres, mais toujours instructives pour le lecteur. Quelques Flores sont de simples catalogues présentant une suite de noms. Dans un grand nombre, à chaque plante est jointe la phrase liiinéenne qui doit la distinguer, mais celte phrase, par les progrès de la botanique , est devenue insuffisante dans la plupart des cas, et d'ailleurs se trouve quelquefois mal appliquée. De là, une confusion dans la synonymie, funeste à la science et rebulante pour ceux qui l'éludicnt. 11 serait facile de multiplier les citations d'ouvrages qui présenteraient des exemples de ces défauts, mais il vaut bien mieux présenter des modèles en signalant ceux qui ont su les éviter. Telle est, entre autres, la Flore Atlantique de Desfontaines où la synonymie est rigoureusement établie, où les plantes déjà connues sont accompagnées de phrases sagement choisies, et les nouvelles de descriptions élégantes et plus détaillées. Une Flore vaste où non seulement les espèces se trouvent soit décrites dans tous leurs détails, soit plus brièvement déterminées par des phrases vraies et comparatives, mais aussi où les caractères de familles et de genres sont tracés d'après des éludes étendues et approfondies,devicntun ouvrage général aussi utile au botaniste qui s'occupe de l'ensemble des végétaux qu'à celui qui étudie ou recherche spécialement ceux du pays objet de cette Flore. On aime à montrer comme de tels modèles les ouvrages déjà citésde R. Brown et de Kunth. II resterait, en tenant compte des avantages et des inconvieuts, des qualités et des défauts signalés dans les diverses Flores, à déduire les règles qui paraissent devoir diriger la rédaction de ces ouvrages. De Candolle les a sagement tracées dans sa Théorie élémentaire de la botanique. 11 pense qu'une bonne Flore doit contenir d'abord un exposé général de la nature physique du pays dont on veut parler et l'histoire générale de sa végétation, dont on indique ensuite les rapports avec celle des pays voisins ou même avec l'ensemble de la végétation connue du globe. Dans le choix d'une méthode, il se prononce pour les familles naturelles. 11 réduit avec raison la synonymie à celle du botaniste dont ou adopte la nomenclature, de celui qui adonnéde l'espèce la meilleure figure et des auteurs qui ont écrit sur le même pays que celui dont on s'occupe; mais à CCS noms techniques il convient de joindre les noms vulgaires que porte la plante dans le pays. A la suite, doit venir la description de l'espèce, rédigée autant que possible d'après son inspection : ne faudrail-il pas étendre encore celte sage règle, et demander que, quand il se peut, l'auteur ait, en décrivant, plusieurs échantillons sous les yeux, de peur qu'il ne fasse connaître un individu au lieu de l'espèce. On doit y joindre enfin une indication détaillée des variétés que la plante présente, non pas en général, mais dans le pays ; l'énuméralion des stations et des lieux divers où elle a été

li'oiivf^e; les usages locaux auxquels elle est employée. DeCandoUe lermine en insistant sur la nécessité de ne pas omettre les végétaux introduits par l'agriculture et qui jouent en général un rôle si important dans la végétation d'un pays. Ami Boue, dans une thèse soutenue en 1817 à Edimbourg : De Melhodo Floram cujusdam regioiiis conducendi, a reproduit quelquesunes des règles que nous venons d'indiquer, et en a ajouté quelques autres. Parmi ces vues utiles, il y en a qui paraissent devoir être négligées, comme exigeant des observations trop minutieuses, trop longues, étrangères à la botanique, ou comme peu intéressantes. Telle est l'indication des maladies des plantes, de leur composition chimique, de la manière de les conserver en herbier.

Que l'on suppose toutes les Flores rédigées avec soin et conscience, d'après les principes qui viennent d'être indiqués; celte d'un pays borné, à laquelle on donne quelquefois le nom de Chloris, fournirait au commençant un guide sur dans l'étude des plantes qui l'entourent, et au botaniste qui s'occuperait d'une Flore plus étendue, une source 0(1 il puiserait avec confiance des matériaux qui lui épargneraient de longues recherches. Celle-ci apporterait à son tour au savant qui généralise des documents plus nombreux et plus certains. Cette division de travail rendrait le résultat général plus facile, plus prorapt, plus parfait. Une branche nouvelle et importante de la science, la géographie botanique, en profiterait surtout, et pourrait alors seulement, s'appuyant sur des faits assez sûrs et assez nombreux, former un corps de doctrine et conduire à de grandes conséquences. La synonymie s'éclaircirait au lieu d'aller en s'obscurcissant; les descriptions une fois complètes n'auraient plus besoin d'être modifiées sans cesse; chaque point arrêterait un peu plus longtemps , mais serait désormais fixé, et l'on suivrait, en un mot, la marche qui conduit au vrai, on irait du connu à l'inconnu.

FLORÉE D'ACIDE, bot. Fécule de Pastel, Jsalis tinctoria.

FLORENTITE. géol. Synonyme de Marbre de Florence. V. Mardre.

FLORESTINE. Floreslina. bot. Genre de la famille des Synanthérées (Corymbifères de Jussieu), et de la Syngénésie égale, L., établi par H. Cassini (Bulletin de la Société Philomat., octobre 1813, et Journal de Physique, 1810, n» 1-15), qui le caractérise ainsi : calalhide globuleuse , composée de fleurons égaux, nombreux, lubuleux et hermaphrodites; involucre formé d'écaillés disposées sur un seul rang, pres(|ue égales, appliquées, ohlongues et obtuses; léceptacle très -petit, plan et nu; ovaires oblongs . tétragones, couronnés par une aigrette composée de dix ou douze petites écailles falciformes, orbiculaires et denticulées. Ce genre a été placé par son auteur dans la tribu des Uélianlhées, section des Héléniées, entre les genres Schkuhria de Roth, et Ilymenopappus de l'Héritier. Kunth {Nov. Gêner, et Spec. Plant, œquin., t. iv, page 261 ) n'admet pas le genre Floreslina, et, ainsi que l'avait déjà fait Lagasca, il le réunit à VHymenopappus de l'Héritier. H. Cassini a de nouveau réclamé contre cette décision.

prétendant que son genre diffère assez de VHymeno pappus par son involucre simple et non pas en deux rangées d'écaillés; que si on n'admet pas leur séparation, il ne faudrait pas séparer non plus le Floreslina du Schicuhria qui n'en diffère (|ue par une des Heurs de sa calathide en languette et femelle, et par les petites écailles de son aigrette qui sont lancéolées; enfin que le Floreslina peut être considéré simplement comme un sous-genre d'un groupe qui comprendrait tous les genres ci-dessus mentionnés.

La Florestine pédalée, Floreslina pédala, dy., avait été placée dans le genre Stevia par Cavanilles (t. IV, p. ôô, tah. 350). Elle croît dans l'île de Cuba, et au Mexi(|ue, près de Saint-Jean-del-Rio et de Zelaya, d'où elle a été rapportée par les célèbres voyageurs Humboldt et Bonpland. C'est une plante herbacée, à rameaux et à feuilles alternes, pinnatifides et incisées, à calathides terminales en corymhe, et blanchûtres, avec des points noirs qui sont formés par les anthères.

FLORICEPS. Floriceps. int. Genre de l'ordre des Vésiculaires dans la classe des Vers intestinaux, ayant pour caractères : une vésicule extérieure, dure, élastique, enveloppant une seconde et souvent une troisième à parois molles et minces, qui contient un animal solitaire, à corps allongé, adhérent par son extrémité postéiieure à la vésicule qui le renferme; sa tète, munie de deux ou quatre fossettes, est armée de quatre trompes rétractiles, garnies de crochets. Ce genre, proposé d'abord par G. Cuvier, étudié ensuite par Rudolphi qui l'a nommé Antocéphale, ne renferme encore qu'un petit nombre de Vers d'un aspect et d'une organisation fort extraordinaires. Quoique voisins des Tétrarliynques par la forme de leur tête, ils appartiennent cependant aux Vers vésiculaires par la vésicule dans laquelle l'animal se trouve enveloppé et qui adhère à l'extrémité postérieure de son corps. Ce dernier caractère manque à une espèce. Les Floriceps sont enveloppés dans une première vessie ou kyste, d'une substance ferme, élastique, tenace, blanchâtre ou brunâtre, placée sous le péritoine, et adhérant aux organes d'une manière plus ou moins intime. Sa forme et sa grosseur varient suivant les espèces et l'âge des individus. Elle renferme une seconde vésicule, à parois molles et minces, en général allongée et dont la forme n'est pas toujours correspondante à celle de la vésicule extérieure, à laquelle elle n'adhère jamais. Quelquefois elle se contracte et se dilate. L'intérieur de la vésicule est rempli d'une liqueur transparente et visqueuse dans toutes les espèces, excepté dans le Floriceps granule, où l'on voit des corpuscules arrondis, dans une liqueur blanchâtre, trouble et visqueuse. La tête de ces Vers consiste en un petit renflement polymorphe, offrant de chaque coté une ou deux fossettes très-mobiles. De son extrémité sortent quatre trompes rétractiles, garnies d'un grand nombre de crochets; elles sont continues avec quatre filaments transparents, que l'on voit au travers du cou. Celui-ci, plus étroit que la tête, est continu avec le corps presque toujours plus renflé, allongé et rétréci en arrière dans le point par lequel il adhère à la vésicule. Ces animaux se rencontrent sous le péritoine et dans l'épaisseur des divers organes renfermés dans la cavité

abdominale de quelques Poissons. Rudolphi ne fait uienlion que de cinq espèces, en général assez rares.

FLORIDÉES. Florideœ. bot. (Hydrophytes.) Deuxième ordre de la classe des Ilydropliyles ou Piaules marines, que Lamouroux a proposé dans son Essai sur les genres de la famille des Thalassiophyles non articulées, ayant pour caractères une organisation corolloïde, et les couleurs pourpres ou rougeâtres devenant brillantes à l'air. Toutes les plantes de cette famille, lorsqu'elles ont été exposées à l'action de l'air et de la lumière, présentent des couleurs brillantes; mais fraîches et vivantes, elles n'ont rien d'éclatant; elles sont d'un rouge purpurin plus ou moins fonci^, mêlé souvent d'une légère teinte de vert; elles ne développent ces belles nuances qui ornent les fleurs de nos jardins, qu'après avoir été en contact immédiat avec les fluides atmosphériques qui excitent dans ces plantes un commencement de fermentation à l'aide de l'humidité qui y est contenue; il faut encore qu'elles soient privées de la vie pour que l'influence de l'air, de la lumière, etc., s'exerce sur elles, car l'énergie de la force vitale s'oppose à l'action de ces fluides. L'organisation des Floridées est la même dans toutes, mais les modifications que l'on y observe variant, ainsi que la forme de leurs fructifications, Lamouroux a cru devoir employer ces différences à faire des genres pour aider à la détermination des espèces : des sections, comme dans les Fucus, n'auraient peut-être pas suffi. Elle est moins compliquée que celle des Fucacées : les premières n'ont point de canal médullaire; on observe dans la substance de ces plantes un épiderme, un tissu cellulaire à cellules trèspetites et égales, entourant la partie la plus considérable, formée d'un tissu cellulaire très-grand, à cellules souvent si allongées qu'elles ressemblent à de grandes lacunes. Au centre, on trouve quelquefois une lacune qui se prolonge dans toute la longueur de la tige. Dans les feuilles , on n'observe que l'épiderme qui couvre un tissu cellulaire d'une seule forme et sans lacune centrale, excepté dans les nervures dont l'organisation approche de celle des tiges.

Un grand nombre de Floridées offrent deux modes de fructification sur lesquels on n'a encore rien de précis. Les deux botanistes les plus savants dans la connaissance des plantes marines, Dawson-Turner et Mertens , sont d'un avis différent. Le premier mode de fructification se trouve dans la très grande majorité des Floridées; c'est un tubercule mucilagineux , de formes variées. A l'époque de la maturité des graines, la substance mucilagineusc disparaît presque entièrement, le tubercule se déchire, les capsules se dispersent, s'ouvrent presque aussitôt, et les graines deviennent le jouet des vagues, jusqu'à ce qu'elles rencontrent un corps qui leur convienne; alors elles s'y fixent, et produisent une nouvelle plante semblable à la première. A'ous n'entrerons ici dans aucune discussion sur la nature de ces graines, très-difficiles à voir, même avec un bon microscope. Les uns les considèrent comme des gemmes ou des si)orules, d'autres comme des bourgeons, etc. Nous leur donnons provisoirement le nom de Granules jusqu'à ce que ces corpuscules reproductifs soient parfaitement connus. Le second mode de fruclificalion est

plus rare : ce sont des capsules d'une forme différente de celle des tubercules, divisées presque toujours en trois parties et visibles à l'œil nu , placées sous l'épiderme, situées souvent à la place du tubercule; elles occupent un espace plus étendu ; d'abord plongées dans la substance même de la plante, elles forment peu à peu une petite élévation qui se déchire pour les laisser passer. Mertens prétend que cette petite élévation se change en tubercule; Gaillon partage la même opinion. Lamouroux n'a jamais vu ce changement, et, d'après ses observations, il le croit impossible. Dawson-Turner décrit encore, dans les Floridées, des fructifications en grappe que Mertens regarde avec raison comme des productions parasites végétales ou animales. Le botaniste anglais pense que le second mode de fruclificalion est le résultat du premier; d'après son opinion, les tubercules se détruisent, les capsules tombent sur la surface de la plante cl y restent adhérentes jusqu'à ce qu'elles en soient enlevées par une cause quelconque. Mertens observe que les capsules étant situées sous l'épiderme et non dessus, ne peuvent provenir de la destruction du tubercule ; il les regarde au contraire comme les premiers rudiments de la fructification; il croit qu'il se forme dans le tissu lâche de ces plantes des graines et des capsules isolées, impropres, dans cet état, à la reproduction de l'espèce. Il faut un mélange de ces capsules pour qu'elles acquièrent la propriété reproductive; Lamouroux ignore si elles sont d'un sexe différent. Bientôt la partie où se réunissent les capsules se gonfle, et forme un tubercule pédicellé ou sessile. Dans cet état les capsules semblent parfaites, d'une couleur foncée et d'une forme constante, tandis que lorsqu'elles étaient répandues dans le tissu cellulaire de la plante, leur couleur était plus faible et leur forme variable. Si cette description était exacte , ce qui se passe dans les Floridées présenterait quelqu'analogie avec ce que Corréa de Serra a observé dans la formation de la fructification du Fucusvesiculosus. Gaillon, qui a suivi l'opinion de Mertens, nomme fruclificalion conceptaculaire, celle que Lamouroux désigne sous le nom de tuberculeuse, et anlhospermique celle qu'il appelle capsulaire. Il définit la première : granules plongées dans une substance mucilagineuse, ni cellulcuse ni fibreuse, renfermées dans un conceptacle, et la deuxième : une ou plusieurs capsules renfermant deux ou trois granules dans chaque cellule du tissu cellulaire, rarement éparses sur toute la feuille, situées ordinairement dans le voisinage des nervures ou sur les divisions des rameaux dans les Uydrophytes cylindriques et aphilles. Si l'on adopte l'hypothèse de Mertens et Gaillon, il faut que les capsules granulaires de la fructification anthospermique brisent les parois des cellules qui les renferment, ou bien passent par les pores de ces parois membraneuses , s'ils existent, pour se réunir dans une seule cavité qui se gonfle et forme un conceptacle. Cette marche des cajisules est tellement impossible, elle suppose un concours de phénomènes si extraordinaires, qu'il semble inutile de la discuter. Lamouroux pense plutôt que les deux modes de fructification des Floridées sont produits par le plus ou moins d'énergie vitale dans ces plantes dont le tissu a

(aiil lie rappoils avec celui des corolles des Plianiiogames. Si cette éiiersie vitale manque par une cause quelconque , les germes disséminés dans le tissu cellulaire prennent un commencement de développement autour de la place où le conceptacle se serait formé , se réunissent deux ou trois dans une petite capsule cl deviennent visibles; ces capsules présentent une forme particulière différente de celle des conceptacles ofi les granules sont quelquefois nus, cl nagent dans la substance mifcilagineuse dont ils sont remplis. Plus les l'Ioridées ont de feuilles garnies de nervures, plus les capsules sont situées régulièrement dans le voisinage des nervures ou à leurs extrémités. Dans les Floridées Ulvacées les capsules sont en général disséminées dans toute la plante, comme les granules des Ulvacées. Oa doit ajouter :

1° Que l'on ne voit la double fructification que sur les Floridées.

2" Que la double fructification ne s'observe presque jamais sur le même individu , et que, dans ce cas, le nombre des deux fructifications n'est jamais égal; que l'une des deux est toujours en beaucoup plus grande quantité que l'autre.

ô" Que la fructification antbospcrmique est en général stérile.

4" Que la même espèce offre des fructifications conceptacuIaires,lorsqu'ellecroitdans des eaux profondes, et qu'elle est rarement exposée à l'action de l'air et de la lumière; et que ces fructifications sont anthospermiques dans les individus que les marées couvrent et découvrent cbaque jour.

5» La double fructification est d'une rareté extrême sur les Floridées des mers sans marées et des régions équatoriales, oi"! les marées sont peu sensibles.

CoQue la fructification antbospcrmique ou capsulaire doit être regardée comme une fructification avortée, et non comme le premier âge, le premier état, le commencement de la fructification.

Si la fructification antbospermique devenait conceplaculaire,elle se rapprocberait, sous quelques rapports, de celle des Fucacées ; mais on ne pourrait expliquer sa formation comme celle du Chêne, du Cbâtaignier, etc., dans lesquels il y a plusieurs ovaires, plusieurs germes, et qui cependant ne portent jamais qu'un seul fruit. Dans les Fucacées, les granules sont contenus dans des capsules qui se réunissent dans des conceptacles en nombre plus ou moins considérable. Il n'y a jamais d'avortemenl dans cette grande famille ; il n'en est pas de même des Floridées dont le tissu est beaucoup plus délicat. Les germes des granules semblent répandus dans la masse entière de ces jolies plantes. La plupart restent inertes; d'autres, placés autour des nervures, éprouvent un commencement de croissance ; plusieurs ressentent à la fois les mêmes influences; ils se gênent réciproquement ; ils ne peuvent tous se développer, soit par une égalité trop générale de nourriture, soit par défaut d'aliment. Il y a donc avortement et non cbangement; la plante croit toujours, parcourt toutes les périodes de sa courte existence, et meurt sans se reproduire. La marche est différente dans la formation du conceptacle. A peine la plante est-elle parvenue à la

moitié de sa croissance, que l'énergie vitale se porte tout entière sur un seul groupe de capsules; la turgescence , la tuméfaction , sont rapides; le tubercule se remplit de matière mucilagineuse, qui semble faire les fonctions d'organe mâle; les capsules nagent, grossissent et mûrissent au milieu de ce fluide ; toutes les autres, répandues dans le tissu des feuilles, avortent, disparaissent; c'est le fruit unique, reste des germes nombreux que la même fleur renfermait. Les faiseurs d'hypothèses pourraient peut-être encore considérer les Floridées comme des plantes dioïques; les Fucacées et lesDictyolées, comme des hermaphrodites; les Ulvacées, comme des Agames, etc. Observons la nature, réunissons le plus grand nombre de faits possibles, et la connaissance des causes qui les régissent en sera le résultat.

Les feuilles des Floridées sont différentes de celles des Phanérogames et de celles des Fucacées : ce sont des expansions planes, quelquefois très-grandes, divisées plutôt que rameuses, et toujours produites par une tige ordinairement cylindrique, simple ou ramifiée, plus ou moins longue, fixée aux corps marins par un empâtement plus bombé et moins étendu que celui des Fucacées. Ces feuilles ne sont quelquefois qu'un épanouissement, une continuation de la tige; souvent elles se confondent tellement ensemble, qu'il est diflîcilc d'assigner leur point de séparation. Pour éviter les diflScultés, on peut appeler Feuille toutes les parties planes du végétal, et Tige et Rameau, toutes les parties cylindriques ou légèrement comprimées. Il y a de ces feuilles qui sont ornées de nervures d'une couleur plus foncée, simples ou rameuses; l'âge détruit la membrane qui les réunit, mais leurs parties latérales, en produisent quelquefois une nouvelle, et donnent naissance à une nouvelle feuille, plus petite, plus délicate, et d'une forme semblable à la première. Ces nervures, quelquefois très-rameuses et saillantes des deux côtés, sont ou simples, uniques, et longitudinales ou pinnées; d'autres sont ondulées, divisées, et partent plusieurs ensemble de la base de la feuille ; beaucoup de ces nervures se prolongent jusqu'aubord, d'autres se fondent dans la substance même de ces expansions, avant de parvenir à la marge. Tous ces caractères constituent de véritables feuilles, et non des frondes, comme l'ont dit quelques auteurs. Les fructifications sont situées sur les nervures ou à leurs extrémités. Dans les feuilles sans nervures, ces changements n'ont pas lieu, et les fructifications sont éparses sur leur surface.

Les Floridées ne sont jamais d'une grandeur considérable; il est douteux qu'il y en ait de plus d'un mètre de hauteur; quelques-unes ont à peine un milimètrc. En général, leur grandeur varie entre deux et quatre décimètres. Les rapports d'organisation qui existent entre les Floridées et les corolles des Phanérogames, se retrouvent encore dans leur durée. Les fleurs qui résistent une année entière ou davantage, à l'action du temps, sont prodigieusement rares; il en est de même des Floridées : pareilles aux fleurs, elles cessent de vivre, •se fanent et se décomposent lorsqu'elles ont accompli le mystère de la reproduction, et pourvu à la conservation de la race. Chaque saison a des espèces qui lui sont propres. Dans nos climats elles sont plus

raies en hiver, un peu moins au printemps; c'est à la lin (le l'été, que la plupart se présentent chargées de fruetificalions ; et les vents de l'automne les jettent sur le rivage, les arrachent des rochers qui restent nus et découverts jusqu'au retour de la helle saison. Dans la Méditerranée ainsi que dans les pays chauds, c'est à la lin de l'hiver, au printemps ou au commencement de l'été , que ces Hydrophytes se trouvent en plus grande quantité.

Considérées sous le rapport de leur distribution géographique, les Floridées semblent particulières aux régions tempérées des deux mondes, quoique l'on en trouve dans toutes les mers. Dans l'hémisphère boréal, c'est vers le trente-cinquième degré de latitude que l'on commence à voir les espèces se multiplier. Le nombre augmente jusqu'au quarante-huitième; ensuite il diminue jusqu'aux glaces polaires; il en est de même dans l'hémisphère austral, où des latitudes analogues produisent des formes végétales analogues, dans la mer comme sur la terre.

Quant aux usages des Floridées, ils varient suivant les espèces et les genres, et ne peuvent être l'objet d'un article particulier. On divise les Floridées en deux sections : la première, à feuilles planes, renferme les genres Claudée, Delesserie, Odoiithalie, Delisée, Vidalie, Dawsonie, Halyménie, Volubilarie , Éréninacée et Chondre; la seconde, à feuilles comprimées, ou nulles, se compose des genres Gélidie, Laurenlie, Hypnée, Acanthophore, Dumontie, Gigartine, Plocamie et Champie. F. ces mots.

Les Floridées articulées se réunissent aux premières sous une foule de rapports généraux. Leur division en genres a déjà été proposée par Agardh, Lyngbye, Gaillon et Bonnemaison ; mais elle n'est pas encore ou connue ou généralement adoptée par les naturalistes qui s'occupent de la description des Hydrophytes.

FLORIFÈRE. BOT. Qui porte les fleurs. Ainsi les feuilles des XylopUylla , la racine de quelques plantes parasites sont Florifères. On nomme bourgeons Florifères ceux qui renferment les fleurs, par opposition à ceux qui ne contiennent que des feuilles, et que pour cette raison on appelle foliitères.

FLORIFORME. poltp. Dicquemare a donné ce nom à la Tubulaire entière, Tubiilaria indivisa, très-commune sur les cotes de France, principalement dans la Blanche.

FLORILE. Florilus. moli. Genre de Coquilles multiloculaires, établi par Montfort pour le Nautilits aslerizans, petite Coquille microscopique décrite et figurée par Von Fichtel et Von Moll, t. ni, f, e, h. ^. Nautile.

FLORILÈGES. iNS. F. Anthopiiiles.

FLORIPARE. Ftoiipanis. bot. Èpithète donnée au bourgeon qui ne produit que des fleurs.

FLORIPONDIO. BOT. Nom vulgaire du Datura en arbre. F. Datera.

FLORISUCA. OIS. Synonyme de l'Oiseau-Mouche de Cayenne. r. Colibri.

FLORKÉE. Fiorkea. bot. Genre de la famille des Campanulacées, de l'Hexandrie Monogynie de Linné, formé par Sprengel aux dépens du genre Campanule. Caractères : calice à trois divisions; trois pétales obtus ,

insérés au calice; six étamines entourées à leur hase par des glandules; style à deux divisions; deux utricules monospermes.

Florkée des marais. Fiorkea palnstris; Fiorkea nlif/inosa, Muhl; Nectris pinnata, Pursh. Toute la plante est tendre, presque succulente; feuilles pinnatifides, glabres, à découpures lineari-lancéolées ; fleurs solitaires , pédonculées et blanchâtres.

FLORULE. Flonila. bot. Fleur isolée d'une calathide, d'un cépbalanthe, d'un épi, etc.

FLOS. BOT. r. Fleur.

FLOSCOPE. Floscopa. bot. Loureiro (Flor. Coch., éd. Willd., t. I, p. 238) a établi sous ce nom un genre de l'Hexandrie Monogynie, L., qui appartient ceitainement à la classe des Monocolylédones, quoique possédant une double enveloppe florale, selon son auteur, mais dont les caractères , mal exprimés peut être, ne sont pas en harmonie avec ceux d'aucune famille connue jusqu'à ce jour. Voici en quoi ils consistent ; périanthe infundibuliforme, infère, velu, coloré, persistant, dont le limbe offre trois divisions ovales, courbes et étalées ; à l'intérieur de celles ci, trois pétales ovales, dressés, égaux aux divisions du calice; six étamines dont les filets sont subulés, plus longs que la corolle, et les anthères didymes et arrondies; ovaire comprimé, ové, supère, surmonté d'un style subulé, infléchi, plus long que les étamines, et d'un stigmate un peu épais; capsule presque ovée, à deux lobes, à deux loges monospermes ; semences comprimées, ovées, cornées et marquées de sillons rayonnes. Existe-l-il réellement dans ce genre une double enveloiipe florale, ou bien la fleur du Floscopa est-elle analogue à celle du genre Tratlescantia près duquel Loureiro l'a placé, c'est-à-dire formée d'un périgone dont les divisions intérieures sont tout à fait corolloïdes ? La capsule n'est-elle pas biloculaire seulement par suite de l'avortement d'une loge ? Et comment une capsule biloculaiie serait-elle monosperme, à moins qu'une des loges ne fût vide par suite de l'oblitération de cette loge elle-même? Telles sont les questions que fait naître la description précédente, et qui ne pourront être résolues que par l'inspection de la plante même décrite par Loureiro. Une seule espèce compose le genre Floscope ; elle a pour patrie les montagnes de la Cochinchine, et elle a reçu le nom de Floscopa scandens. C'est une plante dont la tige est grimpante, inerme, très-longue; les feuilles lancéolées, alternes, très-entières, engainantes, à plusieurs nervures, et ciliées à la base. Ses fleurs sont petites, d'un violet clair, disposées en épis fascicules, qui ont la forme générale d'un balai (scopa)-., d'où est venu le nom générique.

FLOSCULE. Flosculus. bot. F. Fleuroh.

FLOSCULEUSES. BOT. Tournefort nommait ainsi l'une des trois grandes sections de la famille des Synanthérées, qui comprend tous les genres dont les capitules sont formés de fleurons. Cette classification est à la vérité très-simple et très-commode, et elle séduit infailliblement au premier coup d'oeil ; mais elle n'est pas sans difficulté dans son application, et surtout elle est fort peu conforme à l'ordre naturel, qui ne reconnaît que le groupe des semi-flosculeuses, fondé sur la struc-

Une de la Heur proprement dilc, cl correspondant à la Iribu des Lactiicées de Cassini. Le groupe artificiel des Flosculeuses, fondé sur la composition de la calalliide, comprend toutes les Synanlliérées à calalliide dile/losculeitse. Les botanistes confondent sous celte dénomination decalathide flosculeuse, deux sortes de compositions bien distinctes : 1" celle qui constitue ce que Cassini nomme la calalliide incouronnée , équaliQore, comme dans le Chardon, l'Eupatoire; 2» celle qui constitue ce qu'il appelle la calalliide discoïde, comme dans VJrtemisla, le Carpesium. La plupart des botanistes assimilent aussi à leur calalliide flosculeuse, la calatbide vraiment radiée du Bluet et de beaucoup d'autres Centaiiriées. Enfin la calalliide radiatiforme des Nassauviées , quoique tout ù fait analogue à la calatbide dite semi-flosculeuse des Laclucées, est rapportée par les uns à la calathide flosculeuse, et par les autres à la calathide radiée. Ce sont là les principaux niolifs qui ont empêché Cassini de conserver, dans sa nouvelle terminologie, la dénomination de calathide flosculeuse, qui est d'ailleurs insignifiante dans le sens distinclif qu'on lui attribue, puisqu'elle exprime une calathide composée de petites fleurs, ce qui s'applique à toutes les calathides quelconques. Si le mot de floscuteuse est entendu par opposition à celui de semiflosculeuse, il est très-impropre : car il se réfère alors à la distinction des fleurons et des demi -fleurons, qui est inadmissible pour tout botaniste jaloux de conformer le langage de la science à la nature des choses. Les calathides ne sont composées ni de fleurons, ni de demi-fleurons, mais de petites fleurs, dont la corolle affecte des formes diverses. Le nom de demi-fleurons doit surtout être repoussé, parce qu'il confond deux natures de fleurs très-différentes : en effet, si ce nom est tolérable jusqu'à un certain point, quand on ne l'applique qu'aux fleurs extérieures des calathides radiées, dont la corolle est ligulée, c'est-à-dire avortée d'un côté et luxuriante du côté opposé, il est tout à fait intolérable ((uand on l'applique aux Heurs des Laclucées ou Chicoracées, dont la corolle est fendue, mais trèscomplète et dans un état naturel. Le nom de fleurons confond aussi 1res- mal à propos les fleurs à corolle régulière , et les fleurs à corolle tubuleuse , demiavortée, qui composent la couronne des calathides discoïdes, et qui mériteraient peut-être , mieux que toute autre, le nom de demi-fleurons, y. Stnapudérées.

FLOS FEllUI. MIN. Variété de l'Arragonite. y. ce mot.

FLOS HOKARIUS. eot. Rumph a donné ce nom à VJIibiscus miitabills, dont la corolle, blanche le matin, se colore d'un rose pâle à raidi, d'un rose vif le soir et repasse au blanc pour se colorer de nouveau le lendemain et continuer le phénomène jusqu'à ce qu'elle soit flétrie. A propos de ce phénomène, llaspail fait remarquer que la coloration des pétales est aussi fugitive, aussi passagère, aussi délicate que leur existence; la grande lumière ternit l'éclat des brillantes corolles et l'âge le détruit; la moindre vapeur d'acide fait passer au rouge le pétale bleu, tandis que celle de l'ammoniaque fait prendre la nuance bleue au pétale rouge. On a cherché, ajoutet-il, à refuser la blancheur pure aux

fleurs incolores en se fondant sur ce que leurs pétales , déposés sur du papier blanc , prennent toujours une teinte jaune-grisâtre. On a confondu en ceci les effets de la réflexion avec ceux de la réfraction. Par réflexion, les corolles blanches peuvent être du blanc le plus pur ; mais par réfraction, elles altèrent leur éclat, parce que leurs cellules diaphanes agissent comme des lentilles sur la lumière, et la décomposent plus ou moins, selon leur forme et le pouvoir réfringent de leurs sucs. 11 n'en est pas de même du papier sec, qui ne transmet , en cet état, les rayons lumineux que par réflexion ; il parait blanc de neige, mais une goutte d'eau suflît pour altérer la pureté de sa teinte, parce qu'en pénétrant dans son tissu, elle le rend substance diaphane et susceptible de réfraction. Si donc on place du papier mouillé, et à plus forte raison un pétale blanc, sur un corps blanc, opaque, celui-ci fera office de miroir par rapport à ceuxlà ; il réfléchira le rayon blanc , qui se décomposera en traversant les autres. On observe, en effet, que les substances blanches, diaphanes, prennent diverses teintes par réfraction : le bleu, le jaune, le rougeàtre. Ainsi la fécule de Pomme de terre se colore en bleu, comme par l'action d'une faible quantité d'iode, quand on l'observe à l'œil nu, par transmission de la lumière, pourvu qu'on la tienne appliquée par une simple adhérence contre les parois d'un flacon rempli d'eau ou d'une li(|ueur jaune.

FLOS-SOLIS. BOT. Synonyme de diverses plantes, telles que Helianlhus tuberosus, Helianthus anguslifolius, Inula helenium, Cistus helianthemum.

FLOT. INS. Espèce du genre Noctuelle.

FLOT oc FLUX. géol. F. Mer.

FLOTOVIE. Flotovia. bot. Genre de la famille des Synanlbérées, tribu des Mutisiacées, établi par Sprengel aux dépens du genre Chuquiraga et pour quelques espèces nouvelles, recueillies au Brésil. Caractères : capitule composé de fleurs égales, homogames et discoïdes; involucre campanulato turbiné, à écailles coriaces, multinervurées : les extérieures ovales et mucronées , les intérieures linéaires , puis réfléchies; réceptacle iiilosofimbrillifère; corolle subcoriace, à dix nervures, palmée ou inégalement et profondément quinquéfide; anthères incluses, courteraentappendiculées; style glabre, exserte, allongé, terminé par deux petits lobes ; akène cylindrique, privé de bec et velu; aigrette persistante, paléacée et plumeuse. Ces plantes sont des arbrisseaux à rameaux arrondis, à aiguillonsstipuliformes géminés, à feuilles alternes, pétiolées et serrées; à capitules pédoncules et ra rement solitaires. On place parmi ce genre les Chuquiraga latifolia, Don; C. hispkta, Don; C.vepreculata, Don; C. paniculata, Don, etc., etc.

FLOURENSIE. Ftourensia. bot. Genre de la famille des Synanlbérées, tribu des Sénécionides, établi par De Candolle qui lui donne pour caractères : capitule multiflore; fleurons du rayon ligules, stériles, neutres ou portant des organes femelles rudimentaires; fleurons du disque hermaphrodites et à cinq dents; involucie composé de deux ou trois rangs d'écaillés oblongues , presque égales; récci)lacle presque convexe, à paillettes compliciuées, décidues, plus courtes que les fleurs; orifice de la corolle du disque à peine plus large que le tube; styles rameux, exsertes, allongés, presque

linguiformes, oblus extérieurement et faiblement liispides; akènes comprimés, atténués à leur base, trèsvelus, pourvus (l'une à quatre arêtes membraneuses, lineari-subulées,ciliato-fîmbriées, d'inégale longueur. Les Flourensies sont des arbrisseaux ou sous -arbrisseaux de l'Amérique, très-glabres, souvent glutineux, à feuilles alternes, sessiles, oblongneslancéolées, coriaces, réticulées. Les pédoncules sont axillaires ou terminaux; les fleurs sont jaunes. De Candolle en décrit quatre espèces qu'il a nommées timrifera, corymbosa, Imtrifolia et cerniia.

FLOUVE. Anthoxanthum. rot. Genre de la famille des Graminées, et de la Diandrie Digynie, qui offre pour caractères : des fleurs disposées en une panicule resserrée et spiciforme; des épillets incomplets, triflores, ayant la léplcène formée de deux valves membraneuses, plus longues que les fleurs; les deux fleurettes latérales consistent simplement cbacune en une paillette aristée, l'une à son sommet, l'antre vers son milieu. La fleur centrale est hermaphrodite; sa glume se compose de deux paillettes beaucoup plus courtes que celle des fleurs neutres, obtuses, membraneuses et mutiques. L'ovaire est surmonté d'un style simple à sa base, et de deux stigmates plumeux et très-longs. Les étamines sont généralement au nombre de deux. Le fruit est sillonné et nu.

Ce genre se compose d'un petit nombre d'espèces, dont la plus commune est la Flotve odorante, Ànthoxanthum odoratum, L., petite Graminée vivace, qui croît dans les prés un peu secs, et dont le chaume, haut d'environ un pied, se termine par un épi rameux. C'est un excellent fourrage, qui, lorsqu'il est sec, répand une odeur extrêmement agréable.

Plusieurs espèces, d'abord rapportées à ce genre, en ont été successivement retirées. Telles sont : 1V«thoxanihum cnnitum de Linné, qui fait partie du genre Apera ; V AnDwxanthum giganteum de Walter, réuni au genre Erianthus; VAnthoxanthvtn Indicum de Burmann, qui est le Perotis latifolia, etc.

FLOYERIE./'/o>-ena. bot. Quelques £'jroCM»M de la Guiane , décrits par Aublet , ont reçu ce nom générique de Necker (£/emen<a Botan., 1. 1", p. 388) qui lui assignait pour caractères principaux : une corolle staminifère, infundibuliforme, dont le tube est évasé au sommet, et le limbe à quatre divisions peu profondes; des étamines didynames; un stigmate à deux lamelles, et une capsule biloculaire polysperme.

FLL'CERIKE. Mis. Même chose que Cérium Huaté.

FLDDER. OIS. Syn. de l'imbrim, L. K. Plongeof!.

FLUELLITE. MIN. Substance blanche, transparente, cristallisée en octaèdres ou en prismes rhomboïdaux dont les angles sont de 109», 82 et 144°, trouvé par Levy, accompagnant la Wavellite, dans le comté de Cornouailles. Wollastou l'a analysé et y a reconnu l'Alumine combinée à l'Acide fluorique.

FLliGGEA. BOT. Deux genres ont été établis sous ce nom : l'un par Willdenow (Species Plant.) en 1803; l'autre par le professeur Richard (in Schrail. Journ.) en 1807. On voit, d'après cela, qu'en suivant la loi de l'antériorité, le genre de Willdenow est le seul qui doive conserver le nom de Fhiggea. Le genre du professeur

Richard avait été établi pour le Conrallaria Japonica, L., qui diffère du genre Conrallaria par un ovaire infèie et un stigmate profondément trilobé.

FLUGGEA. BOT. Genre de la famille des Euphorbiacées, établi par Willdenow. Ses fleurs dioïques ont un calice quinquéparti. On observe, dans les mâles, cini| étamines à filets saillants et à anthères extrorses, insérées sous un rudiment central de pistil qui se divise en deux portions bifides, et alternant avec cinq petites glandes; les fleurs femelles ont un ovaire surmonté de deux ou trois stigmates presque sessiles , bifides ou bipartis , et entouré à sa base d'un disque membraneux; il est à deux ou trois loges, dont chacune renferme deux ovules, et devient une capsule quelquefois légèrement charnue à l'extérieur, dans chaque loge de laquelle une seule graine vient ordinairement à maturité.

On en a décrit une espèce, le Ftiiggea Lencopyrus, originaire de Coromandel. Mais les herbiers en contiennent en outre deux ou trois autres inédites de la même contrée. Ce sont de petits arbrisseaux rameux, dont les branches alternes se terminent en épine. Les feuilles sont alternes, glabres et petites, et les fleurs disposées à leur aisselle en faisceaux qu'accompagnent de nombreuses bractées.

FLUIDA. BOT. Synonyme de Sumac. A', ce mot.

FLUIDES. Dénomination générale par laquelle on dislingue les corps dont les molécules intégrantes sont si faiblement unies entre elles qu'elles se meuvent facilement les unes sur les autres, et qu'elles se séparent, quand elles sont abandonnées à elles-mêmes, par les seules forces qui les régissent. Les Fluides sont ou liquides ou aériformes, et pour ceux-ci on ajoute ordinairement au mot Fluide l'épithète élastique, qui n'est plus rigoureusement caractéristique depuis que l'on démontre la compressibilité de l'eau.

FLULUTOIKE. ois. L'un des noms vulgaires du Cujelier ou de la Farlouse. f^. Pipi.

FLOOR. MIN. Nom du radical de l'Acide fluorique, que l'on a remplacé ou proposé de remplacer par celui de Phtore. On appelait autrefois Alkali fluor, la solution aqueuse de l'Ammoniaque.

FLDORINE. MIN. Même chose que Chaux fluatée.

FLUORIQUE. MIN. F. Acide.

FLUOR -SPATHIQUE. min. Synonyme de la Chaux fluatée. /^. ce mot.

FLUORURES. MIN. Nom donné aux Sels résultant de la combinaison de l'Acide fluorique avec les bases salifiables. La nature ne nous olîre qu'un très-petit nombre de ces Sels; ce sont : la Chaux fluatée, l'Alumine fluatée et la Silice fluatée alumineuse (Topaze et Pycnite), que l'on doit appeler Flcorcre de Calcum, Fluorcre d'Aluminium, Fliordre de Siiicicm et d'Alcminiiim.

FLUSTRE. Flustra. polyp. Genre de l'ordre des Flustrées, dans la division des Polypiers flexibles ou non entièrement pierreux, à cellules non irritables et membrano- crétacées, offrant pour caractères : un Polypier encroûtant ou foliacé, composé de cellules tubulées, courtes, accolées les unes aux autres dans toute leur longueur ou creusées dans l'expansion qui les supporte, et séparées les unes des autres, quelquefois paraissant imbriquées. Ce genre a d'abord été établi par Pallas sous

F L If

le nom d'Eschrua, mais renfermant des Polypiers qui n'avaient aucun rapport entre eux , Linné le réforma , et lui donna le nom de Flustia que tous les auteurs ont adopté, a l'exception de Druguière qui crut devoir conserver le nom (VEschara proposé par Pallas.

Dans son ouvrage sur les Polypiers flexibles, Lamouroux a divisé les Flustres de Linné en plusieurs genres; et comme la quantité des espèces connues augmente rapidement par les travaux et les recherches des naturalistes, il n'est point douteux que bientôt on ne soit forcé de faire des genres particuliers de chacune des sections de ce genre nombreux. Les Flustres diffèrent des Phèruses par la forme des cellules et la substance du Polypier; des Elzérines, par la ramification : leurs rameaux étant dichotomes et cylindriques; des Électres, par la forme des cellules verticillées ; et des Bérénices , par la situation rayonnante et la forme de la demeure des Polypes. D'après ces caractères, que l'on n'observe jamais dans les Flustres , les Zoophytes , appartenant dans ce moment à ce genre, doivenlavoir une expansion plane ou frondescente, formée par la réunion des cellules en général quinconciales plutôt que rayonna ntes.Lamouroux ne parle point de la forme des cellules ni des autres caractères qu'elles possèdent; et il eut pu faire concourir ces caractères à l'établissement d'un assez grand nombre de genres qui eussent facilité l'étude de ces êtres encore si peu connus. Du reste le genre Flustre tel qu'il a été caractéiisé par Lamouroux, quoique variant pour ainsi dire dans chaipie espèce, quoique présentant des moyens de faire des sections dans ce groupe nombreux, se distingue facilement de tous les autres genres établis par ce savant naturaliste que la mort a surpris au milieu de ses plus importants travaux.

FLUSTRÉES. Flustreœ. tolyp. Ordre de Polypiers flexibles ou non entièrement pierreux , et dont les Polypes habitent des cellules non irritables et comme cornées. Les caractères de cette grande division sont : Polypiers membrano-calcaires , quelquefois encroûtants, souvent phytoïdes; à cellules sériales plus ou moins anguleuses, accolées dans presque toute leur étendue, mais sans communication apparente entre elles, et disposées sur un ou deux plans. Dans son premier ouvrage sur les Zoophytes, Lamouroux avait réuni les Cellépores aux Flustrées à cause de \euTS faciès qui semblent les rapprocher; mais aussitôt qu'il a eu bien observé ces Polypiers, il a reconnu la nécessité de les séparer et d'en faire deux groupes distincts. En effet le caractère essentiel des Celléporées est d'avoir les cellules isolées dans plus de la moitié de leur longueur au moins, et d'avoir une position perpendiculaire sur le plan qui les supporte; dans les Flustrées , au contraire , les cellules ne dépassent que bien rarement la lame qu'elles forment par leur réunion; quelquefois leur extrémité est un peu saillante, ou bien le corps de la cellule forme une légère protubérance sur l'expansion lamelleuse qui constitue le Polypier. Il est donc impossible de confondre les Celléporées avec les Flustrées. Ces dernières, nommées Eschares par Pallas et Bruguière, varient beaucoup dans leur forme. Les unes offrent l'aspect de simples membranes étendues sur des Fucus; les autres s'élèvent en touffes et se divisent eu

feuilles planes, entières ou lobées, ijuelquefois en rameaux verticillés. Les cellules toujours contigul's, hexagones et polygones, ont leurs cloisons perpendiculaires au plan sur lequel elles sont établies; la partie supérieure, ordinairement convexe ou hémisphérique, est formée d'une substance membraneuse, ou calcaréoraembraneuse, plus mince et plus transparente que les parois latérales, et qui s'affaisse ou qui disparait par la dessiccation; souvent elle se détruit peu d'instants après la mort de l'animalcule, ce qui porte à croire qu'elle adhère au corps du Polype; peut-être en fait-elle partie ? Quelques auteurs l'ont regardée à tort comme un ovaire renfermant les germes de nouveaux individus.

Jussieu, Lœffling, Ellis, etc., ont décrit les Polypes constructeurs des Flustres : ils les comparent en général à des Hydres d'eau douce. Cette comparaison, d'après les observations que Spallanzani parait avoir faites avec le plus grand soin , n'est pas exacte. Dans son Voyage des Deux-Siciles, il a décrit et figuré une nouvelle espèce de Flustre, sa croissance et l'animal qui l'habite. Cet auteur célèbre aurait dû peut-être s'occuper davantage de l'organisation des Polypes dont il parle ; mais le peu qu'il en dit prouve que ces animaux offrent des organes bien plus nombreux (|ue les Hydres d'eau douce ; ses observations nous ont donné la certitude que ces êtres microscopiques et peu connus sous le rapport de l'anatomie , avaient entre eux une trèsgrande différence. Muller a flguié plusieurs de ces Polypiers : il y en a qui paraissent de simples variétés les uns des autres, à en juger par quelques individus qui réunissent bien certainement les caractères de plusieurs espèces publiées dans la Zoolor/ia Danica de cet auteur. Les Polypes des Flustres n'ont pas une vie commune comme ceux des Sertulariées, et chacun de ces petits animaux vit isolé dans sa cellule, tandis que ceux des Sertulariées sont tous attachés à une matière gélatineuse et sensible, placée dans une tige fisluleusc. Lorsque l'animalcule des Flustres a acquis toute sa croissance, il jette par l'ouverture qu'il habite un petit corps globuleux qui s'attache près de cette ouverture, augmente de volume, et prend bientôt la forme d'une nouvelle cellule ; elle est encore fermée, mais à travers la membrane transparente de la surface, on aperçoit les mouvements du Polype qui ne tarde pas à percer les parois de sa petite habitation; jouissant alors delà vie dans toute sa plénitude, il en exerce les fonctions, et imprimant à l'eau un mouvement de rotation au moyen des douze tentacules qui en tourent sa bouche, il entraîne dans le centre de ce petit tourbillon les molécules animées dont il fait sa nourriture. Ces caractères réunis ù ceux que nous présentent le faciès, la forme des cellules et des ovaires, et, autant que nous avons pu l'apercevoir, l'organisation des Polypes, nous portent à croire que ces animaux sont beaucoup plus compliqués dans leur composition qu'on ne le pense généralement. A la vérité le sac alimentaire n'a qu'une seule ouverture, mais la variété des parties qu'offrent ces petits êtres est telle, qu'on y découvrira en les étudiant des organes destinés à diverses fonctions vitales subordonnées à l'organisation générale. Ces différences doivent influer sur la manière dont les Polypiers de ce groupe crois-

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