SCIENCES RAT
FOU. Sula. OIS. Genre de l'ordre des Palmipèdes. Calactèies ; bec robuste, allongé, ronii|ue, très-gros ù sa base, comprimé veis la pointe qui est faiblement courbée, fendu jusque derrière les yeux; boids des deux mandibules dentelés; face et gorge nues; narines placées près de la base du bec, linéaires, oblitérées et se prolongeant de cha(|ue côté en un sillon qui semble diviser la mandibule en trois parties; piedscourts, forts, retirés dans l'abdomen; trois doigts devant et un derrière s'arliciilant intérieurement; tous quatre réunis par une seule membrane; l'ongle du doigt intermédiaire dentelé en scie; ailes longues, la première rémige la plus longue ou d'égale longueur avec la deuxième; douze lectrices.
Il est peu d'Oiseaux sur lesquels on ait jeté plus de ridicule, et le nom qu'on leur a imposé paraît être une conséquence de ce ridicule, plutôt que des mœurs et des habitudes de l'espèce principale. Une narration du voyageur Danipier, dont la véracité est parfois un peu suspecte, parait avoir été la source des particularités les plus remarquables qui ont été débitées relativement aux Fous. « Il trouva, dit-il, tant de stupidité dans tes Oiseaux qui étaient réunisen quantités innombrables sur des côtes visitées pour la première fois, (|u'il ne savait quels moyens employer pour les faire fuir et abandonner certains passages qu'ils obstruaient; ils se laissaient assommer sous les coups de bâton , plutôt que de se déterminer à céder le terrain. » Si l'on réfléchit à la sécurité naturelle que témoignent assez généralement tous les animaux au premier aspect de l'homme , on ne pourra guère cire étonné que les Fous soient restés tranquilles à l'approche de Dampier et de son équipage; que l'on ajoute à ces réflexions les difficultés que ces Oiseaux ont à prendre leur vol, à cause de la brièveté et de l'organisation de leurs jambes, de la dimension extrême de leurs ailes, on sera forcé d'avouer que c'est injustement, et sur une observation superficielle que l'on a qualifié de Fous des Oiseaux qui, dans l'imraensilédes airs comme à la surface des ondes, déploient la plus grande agilité, et font naître l'idée d'un instinct perfectionné lorsqu'on les voit chercher et surprendre le Poisson qu'ils ne peuvent, comme beaucoup d'aulres Oiseaux, poursuivre et saisir en se submergeant, en plongeant. Sur tout ce qui a élé dit de la prétendue pusillanimité de ces Oiseaux, Calesby, bon observateur d'ailleurs, mais à qui l'on doit souvent reprocher un peu trop de crédulité, est venu renchérir par une description de la tyrannie exercée par les Frégates sur les Fous qu'ils considéraient comme des instruments de pêche, et qu'ils forçaient à devenir leurs pourvoyeurs. Tout porte à croire que les Frégates n'en agissent ainsi avec les Fous que comme avec tous les Oiseaux pêcheurs, et que ne pouvant elles-mêmes subvenir à leur excessive voracité, elles emploient la force pour enlever à des Oiseaux plus faibles et plus adroits qu'elles à la pêche, une proie qu'ils ne peuvent leur disputer, mais que cependani ils savent par la ruse soustraire ù leur vue perçante.
Les Fous habitent toutes les rives escarpées des mers du Nord, qu'ils sont susceptibles de parcourir à des distances énormes; c'est sur les plateaux les moins
arides des rocliers qu'ils établissent leurs nids ordinairement très-rapprocliés les uns des autres, au milieu (les broussailles les plus épaisses; ces nids, composés assez négligemment, reçoivent chacun deux ou trois œufs que la femelle couve avec une grande assiduité. La rétraction des jambes dans une i)artie de l'abdomen rend les Fous peu propres à la marche, exercice auquel ils ne se livrent qu'avec beaucoup de diflîculté ; elle les oblige aussi ù une altitude pres(|ue verticale, et ils seraient exposés à des culbutes continuelles , s'ils n'avaient, pour augmenter leur point d'appui, les secours d'une queue longue, forte et Irès-élastique. De la pointe d'un rocher trés-élevé , comme du haut des airs, ils distinguent aisément le Poisson qui vient imprudemment nager trop près de la surface de l'eau ; aussitôt ils s'élancent, paraissent se laisser tomber perpendiculairement et enlèvent la victime imprudente sans presque toucher à son habitation, qui, quelques pieds plus bas, eût été inviolable de la part des Fous ; le Poisson , quoique d'un volume plus grand que le diamètre apparent du cou, est aussitôt introduit dans l'estomac par une prodigieuse dilatation de la peau qui n'est point adhérente aux muscles et qui n'y tient que par quelques fibres disposées très-inégalement.
Foc DE B\ss\!v. Pelecanus Bassanus, L.; Monts Bassamis, Vieill., Buff., pi. enl.,278. Tout le plumage d'un blanc mat, à l'exception du sommet de la tête et de l'occiput qui sont d'un jaune sale; grandes rémiges noires; bec bleuâtre à sa base, blanchâtre vers la pointe ; membranes nues de la face et de la gorge bleues; iris jaune; tectrices disposées en cône allongé; partie supérieure des doigts et devant du tarse, rayés longitudinalement de vert clair; fond des membranes noirâtre ; ongles blancs. Taille, trente à trente-quatre l)ouces. Les jeunes, jusqu'à l'âge d'un an, ont les parties supérieures d'un brun noirâtre uniforme, les inférieures d'un brun varié de cendré, et la queue arrondie. D'un à deux ans, la couleur des parties supérieures se charge d'une foule de taches blanches lancéolées ; ces taches sont plus rapprochées et jilus petites sur la tète, le cou et la poitrine; les parties inférieures sont blanchâtres, variées de brun et de cendré. Les rémiges et les rec- Irices sont brunes : ces dernières sont disposées en cône, et ont leurs tiges blanches; bec brun, blanchâtre â la pointe; parties nues de la face brunâtres; raies du tarse et des doigts blanchâtres.
FOD A BEC ROSE. f^. FoU BLANC.
Foc Bi.\yc. Pelecanus ijiscalor,L.; Moruspiscalor, Vieill. Tout le plumage blanc, à l'exception de quelques rémiges et d'une partie des tectrices alaires qui sont brunes; membranes de la face, bec et pieds rougeâtres. Taille, trente-quatre à trente-cinq pouces. Des côtes de l'Amérique méridionale, etc.
FoD BouBiE. F. FoD deCayenne.
FoD DU Brésil. Parties supérieures brunes, irisées, les inférieures blanches ; bec très-allongé , bleuâtre, ainsi que les pieds. Taille, dix- huit à vingt pouces. Espèce douteuse.
Fol breî» de Cayeivse. A'. Cormoran rigacd, jeune.
Fou de Cayenne. Pelecanus parvus, L. ; Morus pavcus, Vieill. Parties supérieures noirâtres, les infé-
rieures ainsi que la gorge blanches. Taille, dix- huit pouces. Espèce douteuse.
Fou commun, y. Fou de Bassan , adulte.
Grand Fou. /'. Fou de Hassan, SiiIh major, Briss., de l'âge d'un à deux ans.
Petit Foc eron. Pelecanus fiber. Lath. , BulT., pi. enl.. 974. y. Cormoran nigaud, jeune.
Petit Fou de Cayenne. y. Fou deCayenne.
Foc mancde de velours. Sula dactylatra , Les., Zool. du Voy. de la Coq., 2, 404. Plumage blanc, à l'exception des ailes et de la queue qui sont noires; bec corné; tarses jaunes; base du bec entourée d'une peau nue, qui s'étend sur la gorge en forme de demicercle.
Foc tacbeté. Pelecanus maculatus, Lin., Buff.. pi. enl., 980. y. Fou de Bassan, de l'âge d'un à deux ans.
FOU. OIS. Espèce du genre Bruant, y. ce mot.
FOUAH. BOT. Synonyme vulgaire de Garance.
FOUCAULT. OIS. Synonyme vulgaire de petite Bécassine, y. Bécassine.
FOUCQUE. OIS. L'un des noms vulgaires de la Macroule. y. Foulque.
FOUDI. OIS. Esjièce du genre Gros-Bec. y. ce mot.
FOUDRE, moll. \om vulgaire et marchand des yoitita yespeiiilio et Scaplia, dont les variétés sont appelées Foudre allongée. Foudre fasciée. Foudre rongée, etc.
FOUDRE, y. ÉLECTRICITÉ ET FeC.
FOUENE. BOT. Synonyme de Fène. y. ce mot.
FOUET DE L'AILE, ois. Nom que l'on donne vulgairement à l'articulation extérieure de l'aile des Oiseaux.
FOUET DE NEPTUNE, bot. (Hfilrophxtes.) Plusieurs Laminaires, entre autres la Digitée, Fucus digilatus , sont ainsi nommées par les marins et les voyageurs, à cause de leur ressemblance avec les fouets composés de plusieurs lanières, y . Laminaire.
FOUET ÉPINEUX, bot. Paulet donne ce nom à un Hydne de sa famille des Chevrettes.
FOGETTE-QUEUE. Cautli-yerbera. RWT. Sous-genre deStellions. /'. ce mot.
FOUETTEUX, FOUETTE-MERLE, ois. Synonymes vulgaires de l'Émerillon. y. Faucon.
FOUGE. BOT. y. Afoctu.
FOUGÈRES. Filices. bot. Grande série de végétaux, l'une des plus intéressantes par la singularité de l'organisation, le nombre, l'élégance et la variété déformes des espèces qui la composent. Tournefort en avait fait la première section de sa troisième classe . et Linné le premier ordre de sa Cryptogamie. Ce grand naturaliste, dans ses fragments d'une Méthode naturelle, constitua les Fougères en famille , sous le n» 04, immédiatement après les Mousses où il renvoyait les Lycopodes, et, toujours conséquent, les genres Prêle, Marsilée et Isoete, qu'il comprenait parmi les Fougères dans le Système sexuel, il les en éloignait dans la Méthode, de même ((ue le Cycas qu'il reportait aux Palmiers. Bernard de Jussieu en forma sa sixième famille qu'il éloignait déjà du reste de la Cryptogamie pour la placer entre les Aristoloches et les Orchidées. Son neveu en fait, dans le Gen.
Plant., un cinquième ordre qui répond exaclenient au premier ordre de la cryplogamie linnéenne, et renferme les genres Ophioglossum, Onoclea, Osmunda,Acrostichum,PolXPOilitim,Asplenium, Hemionilis,Blechnmn, Lonchitis , Pteris, Myriotheca , Jdiantlmm, Darea, Tiichomanes , Zamia, Cfcas , Pilularia, Levina (Marsilea, L.), Salvinia, Isoetes et Eqnisettiin ; ces genres étaient ceux de Linné, au Myriolheca près qui ne lui était pas connu. Celui-ci avait le premier circonscrit les Fougères dans des groupes caractérisés par la disposition de leurs organes fructifîcateurs. Jusqu'alors ces groupes avaient été arbitrairement établis d'après les rapports éloignés que présente la figure générale des plantes qui nous occupent, et l'on ne pouvait conserver ceux qu'avaient établis Plumier et Tourneforl. Le premier de ces botanistes avait publié un bel ouvrage sur les Fougères où se trouvent figurées les plus belles espèces qui croissent aux Antilles, et c'est de l'époque de sa publicalion que date l'intérêt qu'inspire cette belle famille. Plukenet, dans son Almageste, en avait aussi fait graver un grand nombre, mais ces figures incomplètes et faites sur des fragments, ne peuvent pas toujours suffire pour faire reconnaître les objets représentés. Schkubr, plus récemment, a également publié un grand nombre de figures de Fougères dans l'bistoire qu'il a donnée de cette intéressante partie de la botanique, ouvrage estimable dans lequel l'auteur malheureusement confiné dans une petite ville d'Allemagne où trop de ressources lui manquaient, a été réduit à composer ses descriptions et ses dessins sur des échantillons mutilés, incomplets et mal choisis.
On n'avait, jusqu'à la fin du siècle dernier, considéré qu'assez superficiellement les Fougères; c'est à Smith qu'on doit d'avoir recherché, dans leur organisation même, les bases de la formation des genres et de leur classification. Celte organisation est particulière; elle consiste dans des fructifications portées, soit sur des frondes parfaitement développées , soit sur des frondes avortées et transformées en une panicule plus ou moins rameuse , 'mais qui conserve le même mode de division que les frondes véritables. Ces fructifications (capsules de la plupart des auteurs, sporanges d'Uedwig) ont de très petits follicules ordinairement uniloculaires, et qui, se rompant d'ordinaire transversalementen deuxvalves, sont, dans beaucoup de genres, entourés d'un anneau élastique (annnlus de Beanvois, gyrus de Swartz). De nombreuses séminules (spores) remplissent les capsules. Celles-ci, quand elles ne sont pas réunies en panicules ou grappes terminant des frondes parliculières, sont disposées en paquets ou lignes sur le revers des frondes ordinaires, dans le sinus de leurs découpures ou sur leur marge. Ces paquets (sores)ioni nus ou munis d'une membrane qui les protège (incluses de la plupart des botanistes, involucres de Swartz) et qui, pour mettre à découvert les capsules des sores, se rompt de différentes manières, toutes très-propres à bien caractériser les genres.
Les Fougères sont herbacées ou ligneuses; il en est d'arborescentes; leurs tiges et le stipe de leurs frondes, en général simples, tendent à se fourcher, et la disposition dichotome des Mertensies n'est qu'une consé-
quence de cette disposition. Il n'en est positivement pas de rameuses , mais beaucoup sont pinnées, et plusieurs des plus entières indiquent une tendance à le devenir. Les frondes, qui varient prodigieusement depuis la simplicité complète jusqu'à la décomposition, se déroulent en crosse dans leur croissance. Cette parlicularité ne se remarque cependant point dans les sentes Bolrychiiini et Ophioglossum.
La nature semble s'être plu à varier les formes des Fougères à l'infini, en disposant sur des formes pareilles des organes fructificaleurs fort différents. Ainsi l'on voit des espèces qui présentent le même aspect, appartenir à des genres fort éloignés. Pour surmouler la difficulté qui peut résulter d'une grande ressemblance entre les espèces de Fougères, on trouvera des caractères excellents dans la coupe des stipes.
La couleur des Fougères est généralement le vert foncé ; leur consistance est membraneuse, assez solide, cependant il en est dont le tissu est fort mou, d'autres qui ressemblent à de la gaze, et plusieurs sont couvertes d'une poussière qui leur donne les plusbrillantes teintes de l'or et de l'argent. La plupart, surtout dans leur jeunesse, sont couvertes (les stipes surtout) d'écaillés membraneuses. Elles donnent beaucoup de Potasse par l'incinération, peuvent servir à la nourriture des bestiaux et offrent même à l'homme un aliment dans quelques cantons du globe ; en Norwège par exemple on en mange de jeunes pousses. Plusieurs espèces sont employées en médecine contre le tœnia , comme purgatives, ou comme pectorales et béchiques. Le plus grand nombre se plaît dans les bois sombres, sur le vieil humus, ou sur les troncs pourris des arbres souffrants; d'autres croissent dans les fentes des rochers, quelques unes préfèrent les lieux marécageux ou sont entièrement aquatiques. C'est entre les tropiques qu'on en trouve le plus et que, pour l'ornement des forêts, s'élèvent celles qui présentent les plus grandes dimensions et le port des Palmiers. Le nombre des Fougères diminue à mesure qu'on s'élève vers le Nord, au point que la Flore suédoise, par exemple, n'en possède guère que vingt-cinq espèces, tandis que le quarante-cinquième degré de latitude nord en offre déjà plus de cent cinquante, et celle de l'équateur probablement, cinq à six cents.
Linné n'avait guère décrit que deux cents espèces de Fougères, nombre porté à plus du double parGmelin. Smith, vers la fin du dernier siècle, commença à mieux éludier les Fougères, et, dans les Acles de Turin, basa les genres sur des caractères tirés de l'organisalion intime de la fructification.
Enfin Swartz, en 1806, publia sous le titre de Synopsis Filicum, un excellent ouvrage, où, sans compter les Fougères douteuses soigneusement recommandées aux recherches des naturalistes, plus de sept cents espèces sont décrites et vingt-trois figurées. Ces espèces sont comprises dans trente-trois genres répartis ainsi qu'il suit dans trois grandes sections.
t Fougères qui ont un anneau élastique parfaitement caractérisé.
a. Dépourvues d'intluses.
Genres: Acrostichum, Meniscium, Hemionilis , Grammitis, Tœnilis et Polypodium.
/3. Munies (l'iixlitsBS.
Genres : Aspidium, Asptenium, Cœnopteris, Scolopenihium, Dip/azium, Lomhitis, Plen's, f^iltaria, Onoclca, DIechnnm, Jf^ooiltcardia, Liiitlsœa, Âdiantlium, Clieilanlhes, Damilia, Dkksonia, Cyalhea, Tiichomanes et Hymenophylliim.
tt Foujîi-res dont l'anneau élastique esl imparfait. Celte section contient les genres Schizea, Lygodium, Molli ia, Anémia, Osmunda , Todœa, Meiiensia, Gleichenia et Angiopleris.
■\-\-\ Fougères totalement dépourvues d'anneau élastique. Les genres Maialtia, Vcinœa, Bolijchium et Ophiofjtossum.
On voit que Swartz, qui a compris dans son ouvrage les Lycopodes, sans les confondre cependant avec les Fougères, en a totalement éloigné les Prèles et les Rhizospermes. dont il n'a même pas parlé.
Willdenow, dans le dernier volume de son Species, mentionne plus de raille espèces de Fougères, renfermées dans cinquante-trois genres. Il faut avouer que cet auteur a fait quehiues doubles emplois ; mais d'un autre côté, ayant confondu plusieurs espèces en une seule, il y a compensation d'erreur relativement au nombre total. Pour lui, les Fougères ne font plus le premier ordie de la Cryplogamie; mais cet ordre est divisé en six sections «[u'il a nommées ; Gonoptéiides,Stachxopté rides, Poroplérides , Se hisnalopté rides, Fougères cl Ilydroplérides.
Les Gonoptérides se composent du genre Prêle, et répondent à la famille des Éqtiisélacées.
Les Slacliyoptérides renferment les Lycopodes qui doivent former une famille distincte ; plus le genre Dufoiirea ( F. ce mot ) , que les observations récentes d'Auguste Saint-Hilaire transportent irrévocablement parmi les Nayades, et les genres Tmesipleris el Bernliardia, qui sont encore des Lycopodiacées, Ophioglossuni et Botrychium, qui avec l'addition du genre Helminllwslaeliis de Koulf, forment une petite famille correspondant aux Opbioglosses de Brown.
Les Poroplérides sont composées des genres Maratlia ( Myriolkeca de Jussieu) et Danœa.
Les Schisnatoptérides sont formées des genres Angiopleris, Gleichenia, Merlensia, Todea, Mohria, llydroglossum (Lygodium de Swariz), Schizea, Anémia et Osmunda.
Les Fougères, toujours les plus nombreuses, renferment les genres suivants : Polybolrya, Acrostichum, Hemionilis, Meniscium, Tœnitis, Ceterach, Grammitis, Polypodium, Pleopeltis, Aspidium, Onoclea, Strulhiopleris, Lomaria, Darea ( Cœnopteris de Jussieu el de Swariz), Asplenium, Scolopendrium, Diplazium (Callipteris), Pten's, f^itlaria, Blechnum, H'oodwardia, Lindsœa, Adianthum, Clieilanlhes, Lonchitis , Davallia, Dicksonia, Cyalhea, Trichomanes et Hymenophyllum.
Les llydroplérides sont composées des genres /soe/es, Piliilaria, Salvinia, Marsilea (Lemna de Jussieu) et Azolla.
Robert Brown, dans son Prodrome d'une Flore de la Nouvelle-Hollande, a, sous d'autres noms et à peu près dans le même ordre, suivi la méthode établie par Will-
denow, en ajoutant au travail de celui-ci les genres formés récemment par divers botanistes ou ceux qui ne font pas partie de la Flore des contrées explorées par le naturaliste anglais.
On peut disposer le tableau des Fougères actuellement connues, de la manière suivante :
•j- PoiYPODiACÉES. Capsules libres, se rompant irrégulièrement, entourées d'un anneau élastique, étroit et saillant, qui se termine en un pédicelle plus ou moins long. Fronde roulée en rro.sse. •
Ce sont les genres Polybolria, Hnmb. — Acrostichum, L.— Hemionilis, Sw.— Meniscium, Svi.—Tœnilis, Sw. — Kolholœna, R. Brw. — Ce/e/ocA, Willd.
— Grammilis, Sw. — Polypodium, L. — Pleopeltis, Ilumb. — Aspidium, Sw. — Nephrodium, Ricb.— Cislopleris, Desv.— AIhyriiim, Rotli. —Asplenium, h. [Darea, Juss. ) — Scolopendrium , Sw. — Diplazium, Sw. — Doodia, R. Br. — IFoodwardia, Smith.
— Blechnum, L. — Lomaria, Willd. — SIegania , R. Br. — Cryplogramma, R. Dr. -Strulhiopleris, Wobr. — Onoclea, L. — Pleris, L. — Lonchitis, L.— Adianihum, L. — Cbcilanlhes, Sw. — Fillaria, Sw.
— Lindsea, Sw. — Davallia, Smith. — Trichomanes, L. — Hymenophyllum, Sw. — Dydymoglossum , Desv. — Dicksonia, SmilU. — Allanlodia , R. Br. — Alsophila, R. Br. — Hemilelia, R. Br. — Cyalhea, R Bi'. — Uoodsia, R. Br.
tt Gleicuenièes. Capsules libres, sessiles, disposées régulièiement par groupes peu nombreux, enlouiées dans leur milieu d'un anneau élastique, large et plat, s'ouvrant par une fente transversale. Fronde roulée en crosse avant son développement.
Genres : Ceralopleris , Ad. Brougn. (Teleozoma, R. Br.; in Francklin itin.) —Plalizoma, R. Br. — Gleichenia, Sw. — Merlensia.
tttOssiDMDACÉES. Capsules libres, sessiles, ou portées sur un court pédicelle, s'ouvrant par une fente longitudinale ou en deux valves; anneau élastique nul ou remplacé par une sorte de calotte striée. Fronde roulée en ciosse dans sa jeunesse.
* Capsule présentant un anneau élastique, en forme d'opercule terminal, et s'ouvranl par une fente longitudinale.
Genres : Anémia, Sw. — Schizea, Sw. (Lophidium, Rich.; Ripidium, Bcrnb.) — Lygodium, Sw. (Ugena, Cavan.; Hydroglossum, Willd.; Cteisium, Rich., in Mich. ) — Mohria, Swariz.
** Capsules sans aucun anneau élastique.
Genres : Todea, Sw. — Osmunda, Sw. — Angiopleris, lloffm.
tttt Marattiées. Capsules sessiles, réunies cl soudées, et représentant une capsule multiloculaire; point d'anneau élastique. Fronde roulée en crosse avant son développement.
Genres : Danœa, Smith. — Maratlia, Smith.
ttttt Ophioglossées. Capsules libres, en partie plongées dans la fronde, sans anneau élastique, s'ouvrant par une fente transversale.
Genres : Boirychium , Sw. — Helminthostachys, Koulf. — Ophioglossum, L.
Celte dernière tribu peut, sous quelques rapports,
FOU
flre regardée comme inlermt'diaire à la famille des Fougèreselàcelledes Lycopodiacées; comme dans ces dernières, les frondes ne sont poinl roulées en crosse, et ses capsules ont une structure assez semblable; mais la forme et l'organisation des feuilles , ainsi que leur port, sont beaucoup plus analogues à ceux des Fougères.
Après les vériiablfs Fougères dont il vient ri'èlre (|uestion, Brown place les Lycopodinées, qui contiennent les seines Psi/oliim (Deritliardia deV/'iMenow) et Lycopodium , et lesMarsiléacées qui sont composées des genres AzoUa et Marsilea. On peut y ajouter \e Salcinia; mais on convient généralement aujourd'hui que VIsoeles doit encore être isolé de ces genres ; cependant, pour ne pas niulliplier à l'infini le nombre de familles qu'il y aurait abus de réduire à un seul genre d'une ou deux espèces, on pourrait conserver la division des Rhizospermes où toutes ces fausses Fougères viendraient se réfugier.
Deux points de l'organisation des Fougères restent encore à décider ; ces végétaux sont-ils privés d'organes mâles, et, s'ils en sont doués, sous quelle forme ces organes se présenlenl-ils? Leurs embryons sont-ils véritablement acotylédones ou monocolylédones? Ouant à la première question , il faut convenir qu'aucun des organes auxquels on a attribué les fonctions des étamines dans ces plantes, ne parait susceptible de les remplir. Ainsi ce ne sont ni les téguments qui recouvrent les capsules dans quelques genres, ni les poils glanduleux qu'on voit sur les jeunes frondes d'autres espèces qu'on peut regarder comme analogues aux étamines. Admetlra-t-on, avec quelques auteurs, que les organes mâles et femelles sont réunis dans les capsules ? Aucune observation n'a démontré l'existence de deux sortes d'organes dans ces capsules, et leur structure parait tout à fait contraire à celte supposition; rien jusqu'à présent ne parait donc annoncer l'excellence d'organes fécondants parmi ces végélaux.
Si l'on examine la germination de ces mêmes plantes, on verra que des observations nombreuses ont piouvé qu'il naissait d'al)ord des semences une sorte d'écaillé unilatérale, irrégulière, que «luelques botanistes ont regardée comme un cotylédon, mais qui diffère extrêmement de cet organe, et particulièrement du cotylédon des végélaux monocolylédones. Dans les véiitables Monocolylédones, le cotylédon existe déjà dans l'embryon avant la germination, et il forme une sorte de gaine qui enveloppe complètement la plumule et qui est percée par elle lors de la germination. Dans les Fougères, la ténuilé des semences ne permet pas d'examiner la structure de l'embryon avant son développement, et par conséquent de s'assurera cette époque de l'existence et de la forme du cotylédon; mais lors de la germination, la petite feuille ou écaille qu'on a regardée comme un cotylédon ne présente aucune analogie avec le cotylédon des plantes Phanérogames monocotylédones. Elle paraît plutôt n'être qu'une feuille primonliale peu développée.
C'est donc bien plus d'après la structure des tiges, et l'ensemble de la végétation, que d'après l'organisation de la semence, que R. Brown ainsi que De Candolle ont
placé celte famille parmi les Monocolylédones, opinion qui parait encore loin d'être prouvée, car les Fougères semblent liées par beaucoup plus de caractères aux Mousses et à quelques autres familles Acotylédones, qu'aux Monocolylédones phanérogames.
Le nom de Fougère (qui parait dériver de celui de Feuchière employé dans le vieux français, plutôt que du mot latin Filix), accompagné de quebpie épilhèle distinctive,a été vulgairement imposé, comme spécifique, à diverses plantes de la classe dont il est question. Ainsi l'on a a|)pelé :
FocGÈRE AQDATiQDE OU rLECRiE, VOsmiiiula lefjalt's. FoEGÈRE EN ARBRE, les Polypodes, les Cyalhea et autres Fougères dont la tige ligneuse et le port rappellent les Palmiers.
FocGERE coMMCi^E, le Pteris aquilina, L. Fougère femelle, l'Aspidie la plus commune de nos foréls et les espèces que leur ressemblance fait confondre avec elle.
FoïGÈRE impériale, le Pteris aquilina dont la coupe présente la figure de l'Aigle à deux tèles.
Fougère mâle , l'espèce communément employée contre le Vers solitaire, et l'une de celles qui, dans nos contrées, acquièrent les plus grandes dimensions, est encore remarquable par la grosseur et la belle couleur jaunâtre ou bleuàlre de ses paquets de fruclitication.
Un Cerfeuil, CerefoUuiii moschatum, remarquable par son odeur, a aussi reçu improprement le nom de Fougère musquée.
FOUGERIE. Foiifjeria. r.0T. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie nécessaire, L., établi par Mœnch, et adopté par Cassini qui l'a placé dans la tribu des Hélianlhées, auprès du genre Ballimom. Mœnch a ainsi tracé ses caractères ; calalhide dont le disque est formé de cinq fleurons réguliers, mâles, et dont les fleurons extérieurs sont aussi au nombre de cinq, en languette ovale, large, à deux ou trois dents, et femelles; involucre composé d'écaillés ovales, lancéolées, foliacées, et disposées sur deux rangs dont l'intérieur en a cinq; réceptacle plan, garni de paillettes aussi longues que les fleurs, linéaires, dentées et colorées; ovaires triquèires, surmontés d'un rebord coroniforme qui tient lieu d'aigrette.
Ce genre, dédié à la mémoire de Fougeroux, botaniste français qui a établi le genre Galaidia, ne renferme que deux espèces, le Fougeria recta ou tetrogona, dont Mœnch n'indique pas la patrie, et le Fougeria alba , De Cand. Ces plantes sont annuelles et herbacées, à liges tétragones, à feuilles opposées, ovales, larges, aiguës et dentées en scie, à fleurs jaunes, portées sur des pédoncules axillaires.
FODGEROLE. bot. On donne vulgairement ce nom aux petites espèces de Fougères, telles que VJspidium fragile, le Trictio mânes, VJdianthum nigrum, etc. , F00GEROUXlE.Fo«5fe/0Ma;(a. EOT.Mème chose que Fougerie. F. ce mol.
FOUINE. M\a. Espèce du genre Marte. F. ce mot.
On a étendu ce nom à divers animaux qui ne sont pas
des Martes. Ainsi l'on a appelé le Grisou Foutue de la
I Guiane, de même que le Caoti, et Fouine de Mada-
' gascar, le Viverra Cafra.
FOIJILLET.OTS. Syn.vulgairedePouillot. y. Sylvie.
FOUISSEURS. Effoilientia. mam. Neuvième ordre des Mammifères, dans la Mélhode d'illiger. 11 répond aux ÉdenU's ordinaires de Ouvier, el renferme les Tatous, les Orycléropes , les Fourmiliers el les Pangolins, y. tous ces mois.
FOUISSEURS ou GUÊPES ICHNEUMONS. Fosso/-es. ijis. Seconde famille de l'ordre des Hyménoptères, section des Porte - Aiguillons, établie par Latreille ( Règne Animal de Cuvier), et correspondant au grand genre Siihex de Linné. Elle comprend les Hyménoptères à aiguillon , dont tous les individus sont ailés, de deux sortes, et vivant solitairement; leurs pieds servent exclusivement à marcher, et dans plusieurs sont propres à fouir; les ailes sont toujours étendues. Les insectes de cette famille sont ordinairement très-agiles; ils vivent sur les fleurs et en pompent les sucs, à l'aide de leurs mâchoires et de leur lèvre allongées en forme de trompe dans plusieurs. La plupart des femelles dél)osent à côté de leurs œufs, dans les nids qu'elles ont préparés pour leurs petits et le plus souvent dans la terre ou dans le bois, divers insectes encore larves ou à l'état parfait; quelquefois aussi, des Arachnides qu'elles ont préalablement percées de leur aiguillon. Tous ces animaux sont la pâture de leurs petits qui, privés de pattes, ne pourraient aller à leur recherche. Quand ils s'en sont convenablement nourris, ils se filent une coque, se métamorphosent en nymphe dans son intérieur, et en rompent les parois pour en sortir à l'état parfait. Latreille distribue les genres de cette famille en six coupes de la manière suivante :
I" Section. — Les Scoliètes, Scolietœ. Prolhorax tantôt en forme d'arc, et prolongé latéralement jusqu'aux ailes , tantôt en carré transversal ou en forme de nœud ou d'article; pieds courts, gros, très-épineux ou fort ciliés, avec les cuisses arquées près du genou; antennes des femelles sensiblement plus courtes que la tète et le corselet.
f Palpes maxillaires longues, composées d'articles sensiblement inégaux; premier article des antennes presque conique.
Genres : Tipdie, Tekgtre.
tt Palpes maxillaires courtes, composées d'articles presque semblables ; premier article des antennes allongé, presque cylindrique.
I. Premier article des antennes recevant et cachant le suivant.
Genres : Mtzine, Mérie.
II. Premier article des antennes laissant le suivant à découvert.
Genre : Scolie.
M" Section. — Les Sapycites, Sapygitœ. Prolhorax comme dans la division précédente; pieds courts, grêles, non épineux ni fortement ciliés; antennes, dans les deux sexes , aussi longues au moins que la tête et le corselet ( leur corps est ordinairement ras ou n'a qu'un faible duvet).
t Antennes filiformes ou sétacées.
Genres : Thyti^e. Polochre.
tt Antennes plus grosses à leur extrémité, en massue dans quelques mâles.
Genre : Saptck.
III" Section. — Les Sphégimes, Spheghnœ. Prothorax comme dans les sections précédentes; pieds postérieurs une fois au moins aussi longs que la tête el le tronc ; antennes le plus souvent grêles, formées d'articles allongés, peu serrés ou lâches, et très-arquées ou courtoiirnées, du moins dans les femelles.
t Prolhorax carré, soit transversal, soit longitudinal; abdomen attaché au thorax par un pédicule très court; jambes postérieures ayant ordinairement une brosse de poils à leur côté interne.
Genres : Pompile, Pepsis, Céropaie, Apore, Misque (la 2= famille de Jurine), Saliis.
tt Prolhorax rétréci en devant, en forme d'article ou de nœud; premier anneau de l'abdomen, el quelquefois aussi une partie du suivant, rétréci en un pédicule allongé.
I. Mandibules dentées : palpes filiformes, presque égales; mâchoires et languette très-longues, en forme de trompe, fléchies en dessous.
Genre : Ammophile.
II. Mandibules dentées; palpes filiformes, presque égales; mâchoires et languette courtes et fléchies tout au plus à leur extrémité.
Genres ; Spbex, Prônée, Cbiorion.
III. Mandibules dentées; palpes maxillaires beaucoup plus longues que les labiales et presque en forme de soie.
Genre : Doiicbcre.