‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 63 sur 76 · F 0 II · texte numérisé non relu

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petites coupes très -naturelles. I.atrcille . auquel la science est redevable d'un travail important sur ces insectes (Hisl. natur. des Fourmis), les a classés dans neuf groupes, elle même auteur a établi ensuite six genres distincts, sous les noms de Fourmi, Polyergue, Ponère, Myrmice, Œcodome ( Atte) et Cryplocère. Ces divers genres et la famille des Formicaires appartiennent (Ri^gne Animal de Cuvier) à la grande famille des Ilétérogynes. F. ce mot.

F0RM1C.\-LE0. INS. V. Myrmiiéou.

FORMICA-VC'LPES. livs. V. RiUGlON.

FORMlCn ORE. Formicitoia. ois. Swainson a proposé rétablissement de ce genre, aux dépens de celui des Fourmiliers; mais comme le démembrement n'a point paru conijilet, que d'ailleurs les caractères du genre nouveau n'étaient point posés d'une manière invariable, les ornithologistes ne se sont point empressés d'adopter le genre Formicivore.

FORMIQUE. y. Acide.

FOUNACE. Foniax. iNS. Coléoptères pentaméres; genre de la famille des Serricornes, tribu des Eucnémides, institué par De la Porte (|ui lui donne pour caractères : antennes longues, grêles, presque filiformes, à premier article gros, épais, deuxième très-court, troisième plus long que les suivants, ceux-ci à peu près égaux et allant en s'amincissant jusqu'à l'extrémité, le dernier est cylindrique et pointu; palpes maxillaires à premier article court, second grand et renflé, troisième assez grêle, dernier un peu sécuriforme; dernier article des palpes labiales gros et arrondi; une forte dent au côté interne des mandibules; bord antérieur du chaperon anguleux au centre; tête grande, yeux ronds; corps à côtés parallèles; corselet convexe en dessus, échaiicré en avant, arrondi sur les côtés, bisinué en arrière, très-légèrement échancré au-dessus de l'écusson, à angles postérieurs très-pointus ; élytres un peu élargies vers les deux tiers postérieurs, et pointues à l'extrémité; pattes longues; cuisses comprimées; jambes assez grêles , premier article des tarses le plus long, les trois suivants garnis en dessous de pelotes membraneuses, le pénultième un peu cordiforme; crochets petits.

FoRNACE RDFicoLLE, Fortiax ruficollis , Delap. Antennes , parties de la bouche et corselet d'un brun rougeàtre; tête noire; élytres très-finement pointillées, comme les autres parties, d'un brun violàtre et striées; dessous du corps et pieds d'un rouge obscur. Taille, .six lignes. De Cayenne.

FORNEUM. BOT. Le genre établi sous ce nom, par Adanson. dans la famille des Synanthérées, tribu des Cbicoracées, est le même que celui décrit sous le nom iVAndryala. V. ce mot.

FORNICAIRE. Fornicaria. bot. Le genre établi sous ce nom, par Blume, dans la famille des Orchidées, a été réuni au genre arides.

YO^maO'S.Fornicimn. bot. Genre de la famille des Synanthérées , Cinarocéphales de Jussieu , et de la Syngénésie égale, L., établi par H. Cassini (Bulletin de la Société philom., juin 1819) qui l'a ainsi caractérisé : calatbide sans rayons, composée de fleurons nombreux, égaux, hermaphrodites; corolles très-arquées en de-

hors; filets des étamincs garnis de papilles très-petites; style divisé en deux branches libres à leur partie supérieure; involucre ovoïde, formé de nombreuses écailles régulièrement imbriquées, appliipiées, oblongues, coriaces, surmontées d'un appendice étalé, scarieux, très-entier, cilié et se terminant en pointe; réceptacle large, charnu, plan, garni de nombreuses petites paillettes filiformes, longues, inégales et libres; ovaires oblongs, légèrement comprimés, glabres, surmontés d'une longue aigrette composée de poils nombreux, inégaux, libres et soyeux.

Suivant Guillemin ce genre, de la tribu des Carduinées, est très-voisin du lihajiontictim et du Leitzea, dont il diffère par l'aigrette et l'involucre; il a été formé sur une plante cultivée au Jardin des Plantes à Paris, sous le faux nom de Ceiitaurea rhaponlica , et à laquelle Cassini donne celui de Fornicium Rhaponiicoules. Quoique Guillemin fréquente habituellement le Jardin des Plantes à Paris, il ne lui est pas arrivé de distinguer la plante en question du Centanrea rltapontica, L., ou Serratula rhapontica, DC. Cette belle Synanthérée était néanmoins tombée très-souvent entre ses mains, dans le cours de ses herborisations alpines . et notamment à Servoz en Savoie. Ne possédant pas l'espèce cultivée au Jardin des Plantes, il ne peut rien affirmer de bien positif à cet égard; mais après avoir suivi, sur les échantillons des Alpes conservés dans son Herbier, les caractères exposés plus haut pour \e Fornicium, il les a trouvés exactement conformes, principalement en ce qui concerne l'involucre, à ceux qu'il observait. L'identité de ces deux plantes acquerra plus de probabilité, si l'on ajoute que la description du Foiniciinn Rhaponticoides correspond parfaitement à cette plante, quant aux organes de la végétation. Doit-on conclure de là que les échantillons ne représentent pas la plante linnéenne, ou bien que le genre Fornicium ne diffère point du Rhaponlictim? La faible différence que l'auteur de ces deux genres signale entre eux, est 1res -favorable à cette dernière opinion, sans néanmoins résoudre la difficulté.

FORRESTIE. Forrestia. bot. Genre de la famille des Commelinacées, établi par Richard dans la botanique du Voyage de l'Astrolabe, pour une plante recueillie à la Nouvelle-Guinée. Caractères : les trois folioles du périgone extérieur légèrement colorées et persistantes; les trois intérieures pétaloïdes, spathulées et très -caduques; six étamines hypogynes, à filaments filiformes et glabres, à anthères biloculaires dont les loges sont latérales et opposées; ovaire Iriloculaire; deux ovules superposés dans chaque loge; style terminal, simple; stigmate faiblement trilobé; capsule triloculaire, à trois valves septifères au milieu ; deux semences dans chaque loge, pcltées excenlriquement et revêtues d'un test rugueux. On ne connaît encore qu'une seule espèce de Forrestie; c'est une plante herbacée, haute de deux pieds environ, à feuilles elliptico-lancéolées, glabres, atténuées et engainantes à leur base; les gaines sont entières, laineuses, enveloppant la lige; les Heurs sont rouges , réunies en tête et munies de bractées.

Un autre genre Forreslia avait été précédemment formé dans la famille des Uhamnées ; mais il a paru ne

FOR

point différer du genre Ceanolhe, et lui a conséqueminent été réuni.

FORSCARÉNIE. Forscarenia. bot. Un arbre du Brésil dont la lige est tuberculeuse, épineuse, les feuilles larges , lancéolées , Irés-enlières , velues en dessous, les fleurs disposées en tête, a reçu de Vandelli (F/or. Biasil. in Ramer de Plant. Hisp., p. 78) le nom de Forscarenia spinosa, avec les caractères génériciues suivants : calice adhérent, à quatre découpures égales; corolle longue, infundibuliforme; quatre élamines à anthères presque sessiles, longues, insérées sur l'orifice de la corolle; drupe renfermant un noyau monosperme. Ce genre est trop imparfaitement connu pour qu'on l'ait classé dans l'ordre naturel ; il a même été négligé par tous les auteurs, à l'exception de Jaunie Saint-Hilaire, et de Rœmer et Schultes; ces derniers, dans leur Syst. f'cget., m, p. 4, lui ont assigné une place dans la Tétrandrie Monogynie.

FORSKAHLÉE. Forskahlea. bot. Sous le nom générique de Caiilbeia, Forskahl (Flor. jEffXpt. Jrab., p. 88) décrivit une plante de l'Afrique septentrionale que Linné dédia ensuite à ce savant voyageur naturaliste. Le nom imposé par Linné ayant prévalu , voici les caractères assignés à ce genre par Jussieu qui l'a rapporté a la famille des Urticées : fleurs monoïques, enveloppées dans un involucre { calice selon Linné ) à cinq ou six folioles, laineux, turbiné; sept à dix fleurs mâles sur les côtés, et trois à cinq femelles au centre, réunies étroitement, et comme attachées par une laine dont les fils s'entrecroisent. Les mâles ont un calice lubuleux (pétale d'après Linné) en forme d'écaillé dont la bourre laineuse qui naitsur elle et la recouvre, rapproche les bords, et forme ainsi le tube qui se termine en un limbe entier ou denté ; une étamine insérée au fond du calice, ayant le filet et l'anthère élastiques comme dans la Pariétaire. Dans les fleurs femelles, une laine cardée supplée au défautde calice; on y trouve un ovaire surmonté d'un style et d'un stigmate laineux comprimé ; embryon droit. Linné et ses copistes ont autrement considéré l'organisation florale des Forskahlea; ils lui attribuent des fleurs hermaphrodites, un calice à cinc) divisions, des pétales et des élamines au nombre de dix; cinq ovaires surmontés d'autant de styles et de stigmates, et cinq graines réunies par une laine épaisse. Quoiqu'il soit très-difficile de vérifier d'une manière très-satisfaisante le caractère tracé i)lus haut d'après Jussieu , à cause de la bourre laineuse, qui rend presque inextricable l'agrégation des fleurs, l'analyse qu'en a faite Guillemin le porte cependant à regarder, ainsi que Jussieu, le genre Forskahlea comme monoïque. L'analogie aurait seule conduit à cette conclusion, car les plantes qui le composent ont le port des Pariétaires et des Orties, genres assurément monoïques ou dioïques. Elles sont toutes originaires des contrées sablonneuses et chaudes de l'Afrique. Les Forskahlea tenacissima , L., ou Cuidbeia adhœrens, Forsk., et Forskahlea angustifoUa, Murray, sont les deux espèces que l'on cultive uniquement comme plantes de curiosité, dans les jardins de botanique.

FORSTER. OIS. Espèce du genre Prion. F. ce mot.

FORSTÈRE. Forslera. bot. Plusieurs genres ont été

dédiés aux deux Forster, botanistes, compagnons du capitaine Cook dans son second voyage autour du monde. Celui qui a conservé leur nom. établi par Linné fils dans son Supplément, prend sa place dans la nouvelle famille des Stylidiées. Ses caractères sont : un calice adhérent à l'ovaire, divisé à son sommet en six lanières; une corolle monopétale, tubuleuse, dont le limbe se partage en six portions égales ; un ovaire que surmonte un style cylindrique terminé par deux stigmates barbus. Au-dessous de ces stigmates s'insèrent deux anthères presque sessiles, munies chacune à leur base d'une écaille pétaliforme que Linné fils appelle nectaire; la capsule est à une seule loge dans laquelle des graines nombreuses, très-fines, sont attachées à un placenta central, en forme de colonne. Chaque fleur solitaire à l'extrémité d'un pédoncule terminal, est accompagnée de trois bractées latérales qu'on a nommées aussi calice extérieur.

L'espèce quia servi de type à ce genre eslleForstera sedifolia, petite plante herbacée de la Nouvelle-Zélande, garnie de feuilles nombreuses, courtes, entières, imbriquées. On y a réuni depuis le Phfllachne ulifjinosa de Forster, qui, présentant dans les détails de sa fleur des différences assez notables, parait devoir en être séparé, à moins cependant (|u'on n'altère totalement le caractère générique tel qu'il vient d'être tracé.

FORSTÉRIE. Forsteria. bot. Scopoli a donné ce nom à un genre qui avait déjà reçu de Forster le nom de Breynia, et qui est le même que le Phyllanthus de Linné. F. ces mots.

FOKSTERITE. Mi^. Substance incolore, translucide, cristallisant en prisme rhomboïdal de 128" 34', modifié sur les arêtes aiguès. On n'a point encore analysé rigoureusement cette substance, mais Children la regarde comme composée de silice et de magnésie. On trouve la Forstérite au Vésuve; elle est ordinairement accompagnée de cristaux noirs de pyroxène et de pléonaste.

FORSTERONIE. Forsteronia. bot. Genre de la famille des Apocynées. établi par Meyer (Flor. Essequebo. l-îô) pour VEchites corymbosa et l'Echites spicala de Willdenow, et auquel il donne les caractères suivants : corolle infundibuliforme, ayant son tube et sa gorge dépourvus d'écaillés ; divisions du limbe équilatérales et réfléchies; anthères réunies en cône saillant et soudées avec le stigmate : ovaire double, environné de cinq écailles glanduleuses; follicules doubles, allongés et divergents.

Ce genre a de grands rapports avec le genre /"arsows/a de R. Brown, dont il diffère par ses follicules doubles et divergents, et avec r^t/iiVesdeJacquin, qui s'en dislingue par sa corolle hypocratériforme dont les divisions sont inéquilatérales étalées, et par ses étamines incluses.

Ce genre se compose de deux espèces américaines quisontdesarbustessarmenteux etgrimpants,à feuilles opposées, entières, et dont les fleurs sont petites, disposées en grappes ou en corymbes.

FORSYTHIE. Forsythia, bot. Genre de la famille des Jasminées, établi d'après un arbrisseau du Japon, que Thunberg réunissait au Lilas, mais qu'en éloignent

qiipl(|ues cai'nolcres, et surtout sou port PxlriîmeiTient différent. Ses rameaux sont opposés, et il en est de même de ses feuilles réunies en faisceaux dans lesquels on en voit de simples et de lernées; les pédoncules axillaires portent d'une à trois fleurs; leur calice est découpé assez profondément en quatre parties; leur corolle est trois fois plus longue, campanulée, partagée jusque vers son milieu en quatre lobes arrondis; les élamines, au noml)re de deux, sont plus courtes que la corolle ; le stigmate est bilobé ; le fruit n'a pas été décrit.

La FoRSYTHiE SDSPEJiDCE, Foisythia SMs/)c«sa, Valil; Sfiinga suspensa, Tliunb., est un joli arbrisseau que l'on cultive dans tous les jaidins du Japon, mais qui parait y avoir été introduit de la Chine; il porte au Japon le nom de Rengjoo, sous lequel Kœmpfer en parle dans ses Aménités. L'arbrisseau est glabre ù feuilles trois ou quatre fois opposées, dentées, ovales et aiguts ; ses fleurs sont pédonculées. En 1833, Verkerk Pistorius a enrichi la Hollande de ce beau végétal.

FORTALILIA. ÉCHiis. Les pointes d'Oursins fossiles, droites, cylindriques avec une petite cavité ù leur base, ont été ainsi nommées par Klein dans son ouvrage sur les Échinodermes.

FORTERESSE. MOLL. Nom vulgaire et marchand du Patella gracolina.

FOSCAliENIA ou FOSKARENIA. bot. Le genre établi sous ce nom , par Vandelli, pour une plante du Brésil qu'il avait nommée Foscarenia spinosa, a été réuni depuis au genre Gardénia, et le Foscarenia spinosa est devenu le genre annota de Swarlz.

FOSSANE. MA5I. Espèce du genre Civette dont le nom vient de Fossa qui la désigne dans la langue de Madagascar.

FOSSAR. MOLL. Synonyme d'Hélix atnbigua, Gmel.

FOSSELINIA. BOT. Scopoli, Allioni et Necker ont employé ce mot comme nom générique de la Clypéole Jonlhlaspi. Après la réforme du genre Clypeola par De CandoUe {-syst. Feget. unie, t. ii, p. 526), ce dernier nom est demeuré au genre, et dès lors celui de Fosselinia reste sans usage.

FOSSES NASALES. zooL. Partie de l'appareil olfactif. Chez l'Homme et la majeure partie des IMammifères elles sont séparées par une cloison verticale, qui est dirigée d'avant en arrière, et qui occupe la ligne médiane de la face; leurs parois sont formées par divers IIS de la face et par les cartilages du nez, et leur étendue est considérable. Sur la paroi externe on remarque trois lames saillantes, qui sont recourbées sur ellesmêmes, et qui sont appelées les cornets du nez; elles augmentent la surface de cette paroi, et sont séparées entre elles par des gouttières longitudinales, nommées méats; enfin ces fosses communiquent avec des sinus plus ou moins vastes, qui sont creusés dans l'épaisseur de l'os du front, des os de la mâchoire supérieure, etc. La membrane muqueuse, qui tapisse les Fosses nasales, s'appelle membrane pituitaire; elle est épaisse et se prolonge au delà des bords des cornets, de façon que l'air ne peut traverser les cavités olfactives que par des routes étroites et assez longues, et que le moindre gonflement de cette membrane rend ce passage diflîcile ou même impossible.

FOSSET. DiAii. Synonyme de Marsouin.

FOSSILES. F0S9. Quoiqu'on ait quelquefois désigné sous ce nom toutes les substances qui se trouvent dans le sein de la terre, il ne sera question dans cet article que des corps qui ont appartenu à des êtres <|ui ont vécu à différentes époques tellement éloignées, que nous n'avons aucunes données pour en connaître l'ancienneté; mais tout porte à croire qu'elles sont antérieures à l'existence du genre humain.

L'on voit, par l'inspection des différentes couches qui renferment des Fossiles, qu'elles se présentent en général dans un ordre constant, et que la mer dont toute la terre paraît avoir été couverte, après avoir séjourné dans les lieux où elle a eu la faculté, pendant un temps, de rassembler certaines substances, et d'entretenir la vie de certains genres et de certaines espèces d'animaux , a été remplacée par une autre mer, qui a rassemblé d'autres substances et nourri d'autres animaux.

L'on pourrait croire que les terrains primitifs, où l'on ne rencontre aucuns corps organisés, ont été formés tous ensemble; mais l'étude des Fossiles a démontré clairement que dans la formation du terrain qui les recouvre, il y a eu des époques différentes, pendant chacune desquelles il a existé des animaux différents de ceux qui existaient à d'autres époques, et presque de tous ceux qui existent aujourd'hui, ou du moins de tous ceux qui sont connus.

Les causes qui ont produit les montagnes, ont pu déranger l'ordre établi dans les couches des pays qui en sont voisins; mais dans les i^ays unis on voit qu'elles se sont formées par un long séjour de la mer, et sans bouleversement, comme se forment aujourd'hui les dépôts qui tapissent le fond des mers.

On trouve quelquefois des végétaux, ou d'aulres corps fossiles, à trois ou quatre mille pieds de profondeur, et même au-dessous de la mer, comme dans les houillères de White-Haven, dans lesquelles Franklin est descendu. On rencontre dans toutes les parties du monde des produits de la mer ù l'état fossile; on en trouve à de trèsgrandes hauteurs sur des montagnes qui en sont trèséloignées. Ils sont si nombreux dans certains endroits qu'ils constituent à eux seuls la masse du sol dans de très-grandes étendues. L'ignorance avait soutenu autrefois que ces restes de corps organisés étaient de simples jeux de la nature, conçus dans le sein de la terre par ses forces créatrices; mais l'examen approfondi de leurs formes, de leur composition, a démontré qu'il n'y a aucune différence de conlexture entre ces corps et ceux que la mer nourrit aujourd'hui.

Les genres des corps marins que l'on trouve dans les plus anciennes couches, ne paraissent pas être aussi nombreux que dans les couches plus nouvelles; et l'on a remarqué que les corps organisés fossiles, de toute espèce, diffèrent d'autant plus de ceux qui existent vivants aujourd'hui, que les couches où on les trouve sont plus anciennes. Celles-ci, auxquelles on a donné le nom de terrains île transition, reposent sur le granité ou sur les autres substances primitives dans lesquelles on ne rencontre jamais de corps organisés. Elles présentent les grandes Orthocéralites, les Crustacés si singuliers auxquels on a donné les noms de Trilobites, de

Calymènes, d'Ogygies; les Encrinites, les espèces si mullipliées de cornes d'Ammon, de Térébralules; les Bélemniles, les Trigonies, quelques espèces d'Oursins, les Grypliiles et d'autres genres dont un grand nombre ne se retrouvent plus dans les couches moins anciennes. Les Térébratules se trouvent dans les coucbes anciennes, dans les Craies qui sont au-dessus, dans le calcaire coquillier qui les recouvre, et à l'état vivant; mais j'ai cru remarquer que le nombre des espèces et même des individus de ce genre, diminuait en raison inverse de l'ancienneté du temps où elles vivaient.

Les couches à cornes d'Ammon ne se présentent pas dans les environs de Paris; si elles s'y trouvent, elles sont couvertes par un banc de Craie si puissant qu'on n'a pu aller au delà. En s'éloignant du département de la Seine, on ne commence à apercevoir ces anciennes couches que dans ceux de l'Eure, d'Eure-et-Loir, de la Seine -Inférieure, des Ardennes , de la Meuse, de la Haute-Marne et de l'Yonne.

L'élude des corps marins fossiles n'étant suivie attentivement que depuis peu de temps, et cette étude présentant des difficultés beaucoup plus grandes que celle de ces mêmes corps à l'état frais, on est loin d'avoir découvert une aussi grande quantité des premiers que des autres; mais on soupçonne que le nombre des espèces anciennes qui ont pu se conserver dans la terre, pourra égaler celui d'espèces à peu près analogues qui vivent aujourd'hui. 11 pourra peut-être le surpasser, attendu que ces dernières n'appartiennent qu'àréi)oque où nous nous trouvons, tandis que les Fossiles dépendent de plusieurs époques qui ont fourni des êtres différents.

H est rare que l'on rencontre à l'état fossile des espèces qui aient des analogues parfaitement semblables, à l'état vivant, et, comme il a déjà été dit dans cet ouvrage, à l'article Coqcuies, on ne connaît presque d'e.\ception à cet égard que pour les Fossiles que l'on rencontre dans les collines basses de l'Apennin, dont on retrouve un assez grand nombre à l'état vivant dans la Méditerranée qui en est voisine; mais il est très-remarquable que. dans cette mer, il existe un grand nombre de Mollusques et de Polypiers, dont quelques-uns, comme le Corail, sont très - communs , et qu'on ne retrouve point à l'état fossile; comme aussi on trouve dans l'Apennin des espèces fossiles qu'on ne rencontre point à l'étal vivant. On ne doit cependant pas être étonné de rencontrer si rarement des analogues parfaitement semblables, quand on voit fort souvent que dans les mêmes couches ou dans la mer, les mêmes espèces ne sont pas parfaitement semblables lorsqu'elles ont vécu dans des contrées différentes.

Les dépouilles des Mollusques sont incomparablement plus multipliées que les autres Fossiles ; les couches où on les trouve sont quelquefois changées en pierre calcaire. On les rencontre dans le Falun, dans les Marnes, dans les Glaises et dans les Grès. Des coquilles à peu près semblables à celles de nos marais et de nos ruisseaux se trouvent dans les couches les plus nouvelles.

LesZoophytes fossiles se trouvent dans tous les terrains que les eaux ont déposés depuis, les plus anciens

jusqu'aux plus modernes, et s'ils ne sont pas antérieurs aux Trilobites, aux Crinoïdes, aux Ammonites et à quelques végétaux Monocotylédonés que l'on regarde comme les premiers de tous les êtres qui ont peuplé la terre, du moins ils leur sont contemporains. Les Zoophytes composés de parties solides, de parties molles, ont toujours perdu ces dernières en passant à l'état fossile; il ne reste que le squelette, lotîtes les autres parties ont disparu. L'on ne doit donc pas s'étonner si les nombreux animaux Rayonnes, d'une substance gélatineuse comme les Méduses, ou composés de membranes légères, et d'une faible consistance comme les Acalèphes et les Échinodermes sans pieds, ont été anéantis par les révolutions qui ont tant de fois bouleversé l'ancien monde. Mais ceux que la nature avait pourvus d'une enveloppe membraneuse très-coriace, presque crétacée, quoique élastique, ont pu résister à une prompte décomposition, et se sont laissé pénétrer par les sucs pierreux qui les environnent ou par les matières qui les ont recouverts ; on doit remarquer que ces Zoophytes sont en général bien conservés et d'une intégrité parfaite; leur peau élastique s'est prêtée à la compression , aux mouvements violents sans se briser; l'animal a pu se déformer sans perdre de ses parties. C'est ce que l'on observe dans les Actinaires; ces animaux si rares maintenant dans nos mers, se trouvent fossiles assez communément dans les terrains antérieurs à la Craie, et postérieurs à ceux de transition.

Les Crinoïdes ou Encrines n'ont presque jamais été trouvées avec leur base et leur tête à l'état fossile ; mais leurs articulations très-communes partout, sont connues depuis longtemps, sous les noms de Troques, d'EnIroques, d'Étoiles de mer pétrifiées, de Pierres judaïques, etc. Leur diamètre varie d'une à trente lignes: et leur nombre est quelquefois si grand que le Marbre de Belgique, désigné par le nom de Petit-Granit, en parait entièrement formé, et que dans la principauté de Salm elles constituent, à elles seules, une raine de fer assez riche. — Leur base , semblable à une racine fibreuse ou rameuse, se trouve assez souvent dans le calcaire marneux des Vaches-Noires, ainsi qu'aux environs de Valognes. Les Encrines sont en général pétrifiées ; leurs moules ou leurs empreintes sont assez rares, tandis que c'est presque toujours dans cet état que les Astéries se présentent. Ces Zoophytes , nombreux dans nos mers, et voisins des Crinoïdes par leur organisation, semblent avoir remplacé les Encrines si répandues dans l'Océan antédiluvien.

Les Oursins armés de leurs piquants sont très-rares à l'état fossile; Pattu, ingénieur en chef du département du Calvados, en a trouvé un individu d'une belle conservation avec des pointes; cependant ces piquants ou pointes sont très-communs, et le têt est ordinairement bien conservé; l'animal a disparu, son enveloppe solide a seule résisté. Quelques-uns ont été roulés ou brisés avant de se pétrifier; d'autres ont été comprimés; ils sont déformés, et ce phénomène qui s'observe également dans les Coquilles, ne peut s'expliquer qu'au moyen d'une pression et d'une chaleur énormes. 11 en est de même des Polypiers que l'on trouve

ta

assci souvent li'utie helle conseivalioii. Dans quelques loealilés, le moule seul existe, ou bien l'on n'a que leur figure gravée en creux ou en relief.

Les Zoopliytes, ù quelque classe qu'ils appartiennent, sont quelquefois métallisés ou pyriteux ; d'autres sont silicifiés. agalhisés. ou changés en Chaux carhonatée. Presque tous ont perdu leurs couleurs; ils offrent celles de la gangue (pii les renferme et qui souvent a rempli leurs cavités. D'autres fois ces cavilés contiennent des cristaux de Silice ou de Chaux carhonatée, ou bien ces substances cristallisées en masse, et rarement des matières terreuses ou du sable.

Les Zoophyles, considérés sous ce rapport, ne diffèrent en rien des Mollusques testacés; et s'il faut absolument étudier les Coquilles fossiles que les terrains renferment pour bien connaître les rapports qui existent dans l'ordre des couches, on peut parvenir au même but, au moyen des Polypiers; peut-être d'une manière moins sûre à cause de la faculté locomolive que les animaux des Coquilles ont possédée et qui manquait à ceux des Polypiers. — Que l'on examine sur une grande étendue les Coquilles d'un seul système, d'une seule formation, d'une seule couche de terrain; elles seront à peu près les mêmes partout. 11 n'en est pas ainsi des Polypiers ; ces animaux fixés, attachés au sol, y végètent comme les plantes; ils présentent de même des espèces sociales, (lue l'on trouve en abondance dans une localité, et que l'on chercherait vainement ?. quelques pas de distance, et d'autres espèces vagabondes ou éparses que l'on rencontre partout, et toujours isolées. Ce phénomène s'opposera encore longtemps à ce que les Polypiers puissent servir comme les Mollusques testacés à la classification des terrains; mais du moment que l'on surmonlera celte difîicullé par la connaissance exacle d'un grand nombre d'espèces, les Zoophytes s'emploieront comme les Mollusques testacés à déterminer l'ordie de superposition des couches. L'on s'assurera qu'il existe des Polypiers particuliers aux différentes sortes de terrains, et d'autres que l'on trouve partout. D'après ces principes que nous regardons comme 1res -peu hypothétiques, l'on peut dire sans craindre d'erreurs :

1" Qu'il existe des Zoophytes fossiles dans toutes les

formations qui renferment les débris de l'ancien monde.

2" Que la presque totalité des espèces diffère dans

chaque couche et même dans chaque localité un peu

élendue.

3" Qu'il y a des espèces éparses ou isolées, et des espèces sociales, sporadiques et endémiques.

4" Enfin, que les Polypiers offrent toutes les particularités, tous les phénomènes que présentent les JIoUusques testacés, considérés sous le rapport de la nature du terrain.

Cuvier a divisé les Zoophytes en cinq classes, et chacune de ces classes en plusieurs ordres; ce sont les Échinodermes, les Intestinaux, les Acalèphes, les Polypes et les Infusoires. Ces derniers, ainsi que les Intestinaux, n'ont jamais été et ne seront jamais trouvés à l'état fossile; il en est sans doute de même des Échinodermes sans pieds et des Polypes nus. Lamouroux a vu une Acalèphe pétrifiée dans un Calcaire oolithique; ainsi il

n'y a de Fossiles que dans les Ëchinoderines pédicellés et dans les Polypes à Polypiers; passons rapidement en revue les principaux groupes de ces deux ordres. Les Encrines ou Crinoïdes remontent aux premières époques de l'existence des èircs; une espèce a été trouvée dans un Calcaire de transition; d'autres dans des Schistes et des Grès. Ils sont communs dans les terrains secondaires , un peu moins dans les tertiaires. Quelques espèces sont particulières aux Calcaires oolilhiques , d'autres à la Craie. — Les Astéries sont très-rares à l'état fossile; il n'en est pas de même de la nombreuse famille des Oursins. Postérieurs aux terrains de transition, trèsrares dans les premiers terrains secondaires, ils ne deviennent communs que dans les derniers , et ne cessent pas de l'être dans les tertiaires; ils semblent avoir remplacé les Trilobites, et parlout ils sont moins nombreux que les Coquilles, si ce n'est dans trois ou quatre localités. — Des Fluslrées assez variées se sont conservées sur les Fossiles des formations secondaires et des tertiaires. Lamouroux a trouvé quelques Cellariées, une seule Scrtulariée et deux Tubulariées, dans les terrains oolithiques. Nulle part il n'a vu de débris de Corallinées; mais les Éponges fossiles se voient assez souvent, elle Calcaire à Polypiers des environs de Caen en renferme beaucoup d'espèces, en général petites et à tissu très dense. Defrancedit qu'il possède dans sa riche collection des Gorgones et des Isis fossiles. Les Escharées sont moins rares. Les Milléporées, les Caryophyllaires et les Méandrines sont très-communes, et les Astrées recouvrent (|uelquefois de vastes étendues, ou forment des masses énormes, des collines tout entières. Près de la Havanne on les exploite pour les constructions; c'est une pierre très- blanche et cristallisée comme du Marbre. — Les Tubiporées et les Aclinaires sont assez répandues, mais beaucoup moins que les Alcyonées, que l'on trouve partout et dans tous les étals. Telles sont les familles de Zoophytes qui nous ont présenté des Fossiles.

Le nombre des Zoophyles fossiles dont les espèces existent encore dans nos mers, est très borné. L'on ne connaît qu'une seule Ciinoïde vivante, et l'analogue fossile remonte aux terrains secondaires. On sait que plusieurs Oursins fossiles ont leurs analogues dans les mers équatoriales ou de l'hémisphère austral, tandis que des genres entiers de celle famille ont disparu. Les Astéries, les Fluslrées, les Cellariées, les Sertulariées, les Gorgones, les Isis fossiles n'onl plus d'analogues vivants. On trouve aux environs de Caen, une Gunge fossile qui a élé décrite par Lamouroux, semblable à celle que Roux i)ossède vivante. Les Escharéesoffrent(|uelques espèces dont les analogues vivent dans les mers australes; les Milléporées et les Polypiers lamellifères en offrent un grand nombre; les Tubiporées, les Aclinaires et les Alcyonées n'en présentent point, ù l'exception de la Lobulaire digilée que Deshayes possède à l'état fossile, adhérente à l'IIuitrc qui la sup))orle, et tellement ressemblante même par la couleur, (|ue, placée à côté de ce Polypier vivant, après qu'il a élé exposé quelques instants à l'action de l'air, il n'offre pas la plus légère différence. En général, plus les Zoophytes appartiennent à des terrains d'ancienne formation, plus il est

raie de Irouver leurs analogues vivants. D'après cet aperçu bien rapide de l'iiisloire des Zdopliytes considérés comme Fossiles , il est aisé de se convaincre qu'ils n'offrent rien de particulier que l'on n'ait déjà observé dans les Mollusques testacés fossiles. Contemporains des Coquilles, vivant dans les mêmes lieux, parasites quelquefois les uns des autres , ils ont été exposés aux mêmes révolutions et doivent présenter les mêmes caractères géologiques.

Entre les couches qui sont composées de corps marins fossiles , on en rencontre qui contiennent des productions terrestres animales ou végétales, et qui prouvent le séjour et le retour, à plusieurs époques, des eaux de la mer et des eaux douces, et même, entre ces époques, l'absence, pendant un temps, des unes et des autres, puisque certaines espèces d'animaux terrestres, dont on retrouve les débris , paraissent y avoir vécu.

La présence, dans les glaces du Nord, des cadavres d'Éléphants et de Rhinocéros avec leur chair et leur poil, prouverait que la retraite des eaux, à l'époque de leur destruction, aurait été prompte. Elle suppose aussi un changement subit dans la tempéralure de ces contrées; car ces cadavres se sont trouvés déposés dans des lieux où ils ne pourraient être introduits aujourd'hui, puisqu'ils sont glacés, et qu'il fallut plusieurs années pour approcher de l'Éléphant qui fut découvert en 1799, par un Tungus, dans un morceau de glace.

Si les eaux se fussent retirées lentement, toute la surface de la terre que la mer a abandonnée aurait été rivage ; tout porterait la trace des eaux, comme aujourd'hui sur les bords delà mer ; on trouverait d'anciennes falaises partout où il y a des élévations; les Co(iuilles fossiles abandonnées seraient frustes, comme celles que l'on trouve sur les rivages ; et on ne remarque rien de tout cela. On trouve beaucoup de Coquilles fossiles <|ui sont brisées, mais non usées; leurs angles ne sont point émoussés; et on ne trouve d'exception à cet égard, pour celles de la France, de l'Italie, de l'Angleterre et de l'Amérique septentrionale, que l'on a occasion d'exa miner, que les Faluns de la Touraine, qui ressembleni en tout au sable coquillier des rivages de la mer. Les Coquilles qu'on y trouve sont presque toutes brisées leurs angles sont émoussés, et les Univalves ont sou vent, dans leur ouverture, des pierres ou d'autres Coquilles qu'on en retire difficilement, comme il arrive seu lement à celles que l'on ramasse sur les bords de la mer On y trouve même des Hélices terrestres d'une espèce inconnue dans le pays, qui sont remplies de débris de Po lypiers et de Coquilles marines. Il y a tout lieu de croire que le terrain de la Touraine où l'on trouve le Falun, était exposé à être battu par les vagues de la mer qui couvrait les lieux de la France où l'on trouve la couche du calcaire coquillier grossier, avec lequel le Falun de la Touraine a les plus grands rapports.

On rencontre des Poissons fossiles dans les couches marines anciennes, ainsi que dans les nouvelles. 'Il en est de même des Crustacés qui les accompagnent souvent. 11 y a lieu de croire qu'une révolution prompte, comme celle occasionnée par un volcan, aura saisi ceux qu'on trouve en grande abondance dans certaines localités. On rencontre souvent des débris de Poissons

osseux; mais on ne retrouve, du squelette des Poissons carlilagineux,que des vertèbres et desdenlsdeSquales. Le calcaire coquillier grossier, ainsi que les couches plus nouvelles, contiennent une grande quantité de débris de pinces de Crustacés, et des os de l'oreille de différentes espèces de Poissons.

Les débris d'animaux terrestres que l'on trouve à l'état fossile, mais rarement pétrifiés, consistent en ossements, en bois appartenant à des espèces du genre Cerf, et en dents ; mais on ne trouve point de cornes, de sabots, de becs, ni d'ongles.

Les quadrupèdes Ovipares, tels que les Crocodiles de Honfleur et d'Angleterre, les Monitors de Thuringe, se sont trouvés dans de très anciennes couches. Les Sauriens et les Tortues de Maestricht se sont rencontrés dans la formation crayeuse qui est plus nouvelle; on trouve des os de Lamentins et de Phoques dans un calcaire coquillier grossier, qui paraît être analogue à celui qui recouvre la craie dans les environs de Paris; mais, d'après les observations de Cuvier, auquel on doit tant de belles découvertes sur les ossements fossiles , jusque-là on ne rencontre aucun os de Mammifères terrestres. C'est à partir de celte époque, et dans des temps moins anciens, que, dans les terrains qui sont déposés au-dessus de cette formation, on en a trouvé. Ce savant a observé qu'il y a une succession très-remarquable entre les espèces. Les débris des genres inconnus aujourd'hui, d'Anoplotheriums, de Palœotheriums trouvés dans le terrain de formation d'eau douce, se présentent les premiers au-dessus du calcaire coquillier. On trouve aussi avec eux quelques espèces perdues de genres connus, des quadrupèdes Ovipares et des Poissons. Les lits où on les trouve sont recouverts par des lits remplis de productions marines fossiles.

Les Éléphants, les Rhinocéros, les Hippopotames et les Mastodontes fossiles ne se trouvent point avec ces genres plus anciens. On ne les trouve jamais que dans les terrains de transport, tantôt avec des productions marines, tantôt avec des coquilles d'eau douce, mais jamais dans des bancs pierreux réguliers. Les espèces de ces animaux, comme tout ce qui se trouve avec elles, sont inconnues aujourd'hui, ou au moins douteuses, et ce n'est que dans les derniers dépôts d'alluvion que l'on rencontre les ossements d'espèces qui paraissent semblables à celles qui existent aujourd'hui.

Parmi les choses étonnantes que présente l'étude des Fossiles, on doit ranger les brèches osseuses, qui, quoique éloignées de plusieurs centaines de lieues les unes des autres, présentent des particularités analogues entre elles. Des rochers épars, formés de la même pierre, sont fendus en différents sens; leurs fissures sont remplies d'une concrétion calcaire d'un rouge de rouille à cassure terreuse, fort dure, renfermant des os mêlés avec des coquilles de Limaçonï terrestres. Ces os, qui ne sont pas pétrifiés, ont été presque tous brisés avant d'être incrustés. On trouve ces brèches osseuses dans le rocher de Gibraltar, à Cette, à Nice, à Antibes, en Corse, en Dalmatie et dans l'ile de Cérigo; des dépôts à peu près semblables se trouvent à Concud, près de Terruel en Aragon, dans le Vicenlia et dans le Véronnais.

Dans le rocher de Gibraltar on trouve les os d'un

Ruminanl, que Cuvier a cru devoir appartenir au genre des Antilopes, et des dents d'une espèce du genre des Lièvres.

On trouve dans le dépôt de Cette des ossements de Lapins delà taille et de la forme de ceux d'aujourd'hui; d'autres, du même genre, d'un tiers plus petits; de Rongeurs semblables au Campagnol; d'Oiseaux de la taille de la Bergeronnette, et de Couleuvres.

Dans les brèches osseuses de Nice et d'Antibes, on trouve des os de Chevaux ou de Ruminants, et des dents de ces derniers, d'espèces de la taille du Cerf.

Les brèches de Corse renferment des débris du Lagomys qui ne vit que dans la Sibérie et des ossements d'un Rongeur qui ressemble parfaitement au Rat d'eau, excepté qu'il est plus petit.

On trouve dans les brèches de Dalmatie des os de Ruminants de la taille du Daim.

Dans l'île de Cérigo on trouve des os parmi lesquels Spallanzani avait cru reconnaître des os humains, mêlés avec des os de quadrupèdes dont il n'a pu reconnaître le genre ; mais, d'après ce qu'en dit lui-même ce savant, rien n'est moins prouvé que l'existence d'ossements humains dans ce dépôt.

Dans celui de Concud, on a trouvé des os d'Anes et de Bœufs semblables à ceux d'aujourd'hui, et de Moulons de très-petite taille.

Dans le Vicentin et dans le Véronnais, on a trouvé des bois et des ossements de Cerfs, de Bœufs et d'Éléphants. Une défense de ces derniers devait avoir au moins douze pieds de longueur.

Les carrières à plâtre des environs de Paris présentent des squelettes des genres inconnus à l'état vivant d'Anoplotheriums, de Palœolheriums, des ossements d'un animal voisin des Sarigues, de quatre espèces de Carnassiers et d'Oiseaux , des débris de Tortues et de Poissons.

Les terrains meubles présentent des ossements , des dents et des défenses d'Éléphants mêlés avec des os de Chevaux dans presque tous les pays, de Mastodontes dans l'Amérique, dans la petite Tartarie, en Sibérie, en France, en Italie ; de Rhinocéros en France, en Angleterre, en Italie, en Allemagne et en Sibérie; d'Hippopotames, près de Montpellier et en Italie ; d'une petite espèce de Cerf à bois grêle, près d'Élampes ; d'un animal ressemblant au Tapir, dans le midi de la France; d'une espèce d'Élan, dont le bois a plus de neuf pieds d'envergure, en Irlande, en Angleterre; de Bœufs musqués qui vivent aux Indes, dans la Sibérie; de Daims d'une espèce inconnue, en Scanie; d'Hyènes, près d'Eichstadt; de Baleines dans le Plaisantin, et du très-grand animal du genre des Paresseux, au(|uel on a donné le nom de megatherium , et dont l'espèce n'est point connue à l'état vivant, près de BueuosAyres.

Dans les tourbières du département de la Somme, on a trouvé des débris d'Aurochs, de Bœufs qui surpassent beaucoup en grandeur celle de nos Bœufs domestiques, de Castors, de Cerfs, dont les espèces sont inconnues; de Chevaux, de Chevreuils et de Sangliers.

Les cavernes d'Allemagne et de Hongrie présentent un phénomène bien étonnant par les débris d'animaux Fossiles qu'on y trouve, et par la ressemblance qu'elles

ont entre elles. La plus anciennement célèbre est celle de Bauman, près de la ville de Brunswick. Nous en donnerons la description, d'après l'ouvrage de Cuvier sur les Ossements fossiles, tome 4, quatrième partie, premier Mémoire, page 2.

» L'entrée regarde le nord, mais la direction totale i> est d'orient en occident. Elle est fort étroite, quoique i> percée sous une voûte naturelle assez ample. On n'y » pénètre qu'en rampant. La première grotte est la » plus grande : de là, dans la seconde, il faut descen- " dre par un nouveau couloir, d'abord en rampant, et » ensuite avec une échelle. La différence de niveau est » de trente pieds. La seconde grotte est la plus riche » en stalactites de toutes les formes. Le passage à la « troisième grotte est d'abord le plus iiénible de tous; » il faut y grimper avec les pieds et les mains; mais il » s'élargit ensuite, et les stalactites de ses parois sont » celles où l'imagination des curieux a prétendu voir » les ligures les plus caractérisées. 11 a deux dilatations » latérales, dont la carte des Acta Enid. fait la troin sième et la quatrième grotte. A son extrémité on 11 trouve encore à remonter pour arriver à l'entrée de 1) la troisième grotte qui forme une sorte de portail. " Behreus dit, dans son Hercynia cuiiosa, qu'on n'y

I pénètre point, parce qu'il faudrait descendre plus de » soixante pieds; mais la carte ci-dessus,et la descripi> tion de Van der Hardt, qui l'accompagne, décrivent » cette troisième grotte sous le nom de cinquième, et » placent encore au delà un couloir terminé par deux o petits antres. Enfin, Silberschlag, dans sa Géogénie, » ajoute que l'un d'eux conduit dans un dernier couloir » qui, descendant beaucoup, mène sous les autres grot-

II tes, et se termine par un endroit rempli d'eau. 11 y a i> encore beaucoup d'ossements dans cette partie rei> culée et peu visitée. »

On trouve d'autres cavernes, à peu près semblables, dans la chaîne du Uartz. On en trouve en Hongrie, sur les pentes méridionales des monts Krapach; mais la plus célèbre de toutes est celle de Gaylenreuth, sur la rive gauche de la Visent. Elle est composée de six grottes, <iui forment une étendue de plus de deux cents pieds. Ces cavernes sont jonchées d'ossements, grands et petits, qui sont les mêmes dans toutes sur une étendue de plus de deux cents lieues. Les trois quarts de ces ossements, et davantage, appartiennent à des Ours grands comme nos Chevaux, dont l'espèce ne se trouve plus à l'état vivant. La moitié, ou les deux tiers du quart restant, vient d'une espèce d'Hyène de la taille de nos Ours. Un plus petit nombre appartient à une espèce du genre du Tigre ou du Lion, et à une autre du genre du Loup ou du Chien. Quelques-uns viennent de petits Carnassiers, comme le Renard, le Putois, ou d'espèces très-voisines. G. Cuvier pense que ces os proviennent de débris d'animaux qui habitaient ces demeures, et qui y mouraient paisiblement; que l'élablissement de ces animaux dans ces cavernes est bien postérieur à l'époque où ont été formées les couches pierreuses étendues, et peut-être même à celle de la formation des terrains d'alluvion. « Quel était donc le temps, dit ce savant, où des Éléphants et des Hyènes du Cap, de la taille de nos Ours , vivaient ensemble dans notre climat, et

('•laienl ombragés de forêts de Palmiers, ou se réfuyiaienl dans des grottes avec des Ours grands comme nos Chevaux?"

On a encore trouvé dans une caverne, du côté de Green-Iîriar, dans l'ouest de la Virginie, les débris Fossiles d'un animal du genre des Paresseux, auquel on a donné le nom de Megalonix, et dont l'espèce n'est pas connue à l'état vivant.

On trouve à l'état Fossile des débris d'Oiseaux, dont les genres sont di.T.ciles à déterminer : il en a été traité à l'article Oiseaix fossiles.

Les Reptiles Fossiles présentent des genres bien caractérisés, tels que les Tortues, les Crocodiles ou Sauriens, les Moiiitors, les Salamandres, les Protées, les Grenouilles, et un Lézard à ailes de Cbauve-Souris, au- (|uel on a donné le nom de Ptéro-Dactyle, desquels il a été fait des articles particuliers.

Les insectes se présentent à l'état Fossile dans des pierres calcaires feuilletées et dans l'Ambre jaune ou Succin, où ils se sont conservés sans aucune altération. Ces insectes sont étrangers au climat de la Prusse, où l'on trouve le plus souvent cette sorte de Résine Fossile.

On trouve des débris de végétaux Fossiles dans les couches anciennes, ainsi que dans les nouvelles; mais il semble qu'ils sont plus communs dans ces dernières, et même à la surface de la terre. Ils consistent en troncs ligneux, presque toujours changés en silex , en noyaux, en semences et en empreintes de feuilles disposées entre les feuillets de pierres fissiles. Celles que l'on trouve dans les mines de Houille appartiennent, le plus souvent, à des plantes de la famille des Fougères, à celles des Bambous, des Casuarinas, et d'auties étrangères au climat où on les tiouve. Ces mines, qui se trouvent placées entre les schistes granitiques ou porphyriques, sont très-anciennes, et ne renferment pas de coquilles marines. Il n'en est pas de même des mines qui se trouvent dans le calcaire; il paraît qu'elles ne sont pas aussi anciennes ; et, au lieu d'y rencontrer des empreintes de Fougères, on voit dans quelques-unes, comme dans celles des environs de Saint-Paulet, déparlement du Gard, du succin et des coquilles du genre Ampullaire, qui paraissent appartenir aux dépots marins. On a rencontré des bois de Palmiers Fossiles aux enviions de Paris, auprès de Soissons et dans beaucoup d'autres endroits de la France. On a découvert, auprès de Canstadt, dans le duché de Wurtemberg, une forêt entière de Palmiers couchés, de deux pieds de diamètre. Dans le pays de Cologne, depuis Bruhl, Liblar, Kierdorf, Bruggen, Balkausen, jusqu'à Watterberg, on trouve, sur plusieurs lieues d'étendue, des dépôts immenses de bois presque entièrement changés en terreau, et recouverts d'une couche de cailloux roulés de dix a vingt pieds de hauteur. Ce dépôt, dont l'épaisseur excède cinquante pieds, sans le moindre mélange de matières étrangères, contient aussi des troncs d'arbres et des noix qui ont beaucoup de rapport avec celles du Palmier Areca, qui croît dans l'Inde. Dans les déserts de l'Afrique, on trouve, au milieu des sables quartzeux les plus arides, et sur un sol frappé à présent de stérilité , des quantités considérables de troncs d'arbres silicifiés. On a aussi trouvé ensevelis dans la Tourbe,

sur une montagne du département de l'Isère . des bois Fossiles à huit cent cinquante mètres au-dessus de la ligne la plus élevée où des arbres puissent croître aujourd'hui.

Comme on a pu le voir, on trouve à l'état Fossile des Quadrujjèdes de différents genres, des Cétacés, des Oiseaux, des Reptiles, des Poissons, des Insectes, des Mollusques et des Végétaux; mais jusqu'à présent ou n'a rencontré aucun débris de corps humains, ni aucun ouvrage des hommes dans les couches ou dans les terrains où l'on a trouvé ces différents corps organisés Fossiles. Plusieurs auteurs ont parlé de débris de l'espèce humaine, ainsi que de leurs ouvrages trouvés à l'état fossile; mais les faits sur lesquels ils avaient fondé leurs assertions, examinés avec soin, ont prouvé qu'ils s'étaient trompés. On remarque cependant que les os humains se conservent dans les champs de bataille, aussi bien que ceux des Chevaux.

Tout porte à croire que l'espèce humaine n'existait pas à l'époque où vivaient les êtres dont on trouve les débris Fossiles; car il n'y a aucune raison pour que ses restes ne se retrouvassent pas aujourd'hui comme ceux des autres animaux. Si l'homme existait à ces époques, il pouvait habiter quelque petite contrée d'où il a repeuplé la terre, après les événements qui ont fait disparaître les eaux des lieux qu'il habite aujourd'hui : dans ce cas, on n'a point encore découvert cette contrée.

Nous terminerons cet article par le tableau de gisement des différents corps Fossiles que l'on trouve dans les terrains des environs de Paris.

La Craie, qui est la plus ancienne couche visible de ces environs, présente des corps marins en petite quantité, parmi lesquels on remarque une seule espèce de Bélemnite, qui diffère de celles que l'on trouve dans les couches à cornes d'Ammon ; quelques espèces de Térébratules; de petites espèces de coquilles cloisonnées; des débris fort communs d'une grande coquille bivalve, à laquelle on a donné en Angleterre le nom à'inoceravuis, et que mal à propos on avait regardée comme une Pinnite; des Cranies; des Ananchistes; des Polypiers; des vertèbres, et des dents de Squales, et quelques autres corps qu'on ne retrouve pas dans les couches qui sont au-dessus. On trouve ces Fossiles à Meudon, à Bougival, à Keauphle, à Mantes, et dans d'autres endroits. H est très-remarquable qu'on ne trouve point dans cette Craie de coquilles univalves, à spire simple, comme des fuseaux et des cérifes, qui sont si nombreux dans les couches supérieures.

Au-dessus de la craie on trouve d'abord un banc d'argile, un autre de sable sans coquilles, ensuite le calcaire coquillier grossier, dans lequel on rencontre plus de mille espèces de coquilles ou autres corps marins de toutes les grandeurs, depuis celle du cérite géaut, qui a quelquefois dix-huit à vingt pouces 'de longueur, jusqu'à celle de certaines espèces de Miliolites, dont on peut faire entrer quatre-vingt-quatorze coquilles dans une mesure d'une ligne cube. Ce calcaire se présente dans toutes les carrières des environs de Paris, et forme les pierres dont cette ville est bâtie. On le trouve à Grignon, à Courtagnon, à Mantes, à Château-Thierry, à

Éperiiay , Jloiitmirail , et dans beaucoup d'autres endroits, sur une grande étendue. Dans quelques localités, comme à Grignon, les corps marins, ainsi que les débris des mêmes corps dont ils sont environnés , n'adhèrent presque point ensemble, et dans quelques endroits, comme ù Hauteville (déparlement de la Manche) et en Touraine, l'on se sert de ce sable marin fossile pour fertiliser les terres.

Celte couche de corps marins est surmontée par la formation gypseuse, qui a qucl(|uefois jusqu'à vingt mètres d'épaisseur. Ce dépôt, dans lequel se trouvent des couches de marne , renferme des Lymnées et autres coquilles univalves d'eau douce, des troncs de palmiers changés en sile.x, et d'un volume considérable; des ossements de quatorze espèces de ([uadrupèdes , dont quelques genres n'existent plus à l'état vivant; des débris d'Oiseaux , de Tortues et de Poissons. On trouve cette formation à Montmartre, à Mesnil-Montant, à .4ntony, à Triel, et dans d'autres lieux.

Au-dessus de ce terrain d'eau douce, on trouve d'abord un banc de Cytbérées, et d'autres coquilles; ensuite deux bancs d'Huitres, dont le plus inférieur est composé de grandes Huîtres tiès-épaisses, différentes de celles que nous connaissons à l'état vivant. Ce banc couvre les environs de Paris, dans une assez grande étendue, et nous l'avons suivi jusqu'à Pontcbartrain, à huit lieues à l'ouest de Paris. Dans quelques endroits on trouve, au-dessus de ces Huîtres, des grès ou des sables quartzeux, qui contiennent , à leur partie supérieure seulement, des coquilles marines à peu près semblables à celles du calcaire coquillier, mais en moindre quantité; des palais et des queues de raies, et des débris de Poissons. Souvent ces sables sont sans coquilles, soit qu'ils n'en aient jamais contenu, ou qu'elles y aient dis|>aru sans y laisser de trace, à cause de la mobilité du sable, comme dans certains grès, où elles n'ont laissé que leur moule. On trouve de ces sables et grès coquilliers à Romainville, à Montmartre, à Nanleuil-le-Haudouin.

Ces Huîtres et ces sables coquilliers sont recouverts par un terrain de formation d'eau douce, qui contient des co(|uilles terrestres, des coquilles Buviatiles univalves, presque tout à fait semblables à celles que nous Irouvonsdans nos marais; des bois pétrifiés, des graines et des tiges déplantes. Ces terrains se présentent dans la plaine de Trappes , près de Versailles ; dans celle de Gonesse, dans tonte la Beaucc, dans la foret de Montmorency, et sur le sommet des collines dans beaucoup d'autres endroits aux environs de Paris.

Enfin , au-dessus de ce terrain on trouve une formation qui paraît encore appartenir à l'eau douce, à laquelle MM. Brongniart et Cuvier ont donné, dans leur bel ouvrage sur la Géographie minéralogique des environs de Paris, le nomdeLimond'atterrissement, et dans laquelle on a trouvé des troncs d'Arbres, des ossements d'Élans, d'Éléphants, et d'autres grands quadrupèdes, mêlés avec des cailloux roulés : ces cailloux sont des morceaux de granité de différentes sortes , des Poudingues pesant ([uelquefois plusieurs milliers , des silex et des coquilles des craies changées en cette substance, des bois Fossiles , des Coquilles usées par le frottement dépendant des couches du calcaire coquillier, et étran-

gères aux couches voisines du lieu où on les trouve; des pierres calcaires coquillières, des nummilites et des grès. On aperçoit ce terrain dans le bois de Boulogne, dans la plaine de Nanterre, dans la forêt de Saint-Germain, dans la plaine de Montrouge, et à Sevran.

Quelles réflexions ne fait pas naître l'examen de ces différentes couches, et des corps qu'elles contiennent; dont une partie des genres n'existe plus à l'état vivant, et dont l'autre est étrangère au climat que nous habitons!

« En reprenant ces couches, depuis la Craie, disent MM. Brongniart et Cuvier, on se représente d'abord une mer qui dépose sur son fond une masse immense de Craie et des Mollusques d'espèces particulières. Cette précipitation de Craie et des coquilles qui l'accompagnent cesse tout à coup; des couches d'une tout autre nature lui succèdent, et il ne se dépose d'abord que de l'argile et du sable : mais bientôt une autre mer, ou la même, produisant de nouveaux habitants, nourrit une prodigieuse quantité de Mollusques testacés, tous différents de ceux de la Craie; elle forme sur son fond des bancs puissants, composés, en grande partie, des enveloppes teslacées de ces Mollusques. Peu à peu cette production de coquilles diminue et cesse aussi tout à fait; la mer se retire, et le sol se couvre d'eau douce; il se forme des couches alternatives de Gypse et de Marne, qui enveloppent et les débris des animaux (|ue nourrissaient ces lacs, et les ossements de ceux qui vivaient sur leurs bords.

» La mer revient; elle nourrit d'abord quelques espèces de coquilles bivalves et de coquilles turbinées : ces coquilles disparaissent, et sont remplacées par des Huîtres. 11 se passe ensuite un intervalle de temps, pendant lequel il se dépose une grande masse de sable. On doit croire, ou qu'il ne vivait encore aucun corps organisés dans celte mer, ou que leurs dépouilles ont été complètement détruites ; car on n'en voit aucun débris dans ce sable. Mais les productions variées delà seconde mer inférieure reparaissent, et on retrouve, au sommet de Montmartre, ù Komainville et à Kanteuille-Haudouin, et dans d'autres endroits, les mêmes coquilles qu'on a trouvées dans les couches moyennes du calcaire grossier.

» Enfin, la mer se retire entièrement pour la seconde fois; des lacs ou des mares d'eau douce la remplacent, et couvrent des débris de leurs habitants presque tous les sommets des coteaux, et les surfaces mêmes de quelques-unes des plaines qui les séparent. »

Tout, jusque-là, parait avoir été déposé dans des eaux tranquilles; mais nous ajouterons qu'après tous ces dépôts alternatifs de la mer et de l'eau douce, il y a eu une inondation ou une débâcle qui a couvert de cailloux roulés tout le terrain depuis Montrouge jusqu'aux hauteurs de Sanois et de certaines parties de la forêt de Saint -Germain; cette débâcle à laquelle on doit peut-être la formation du limon d'alterrissement des environs de Paris, a enlevé des débris à toutes les formations, et a transporté jusque dans la plaine de Grenelle des morceaux de Granité rouge, qui paraissent appartenir à la Bourgogne.

C'est aux Fossiles seuls qu'est due la naissance de la

FOU

lliéorie (le la terre; sans eux l'on n'aurait peut-êlre jamais songé qu'il y ail en. dans la fornialion du ;',lolie, des é|)0<|ues successives et une série d'opéralions différenles. Eux seuls, en effet, donnent la certitude (|ue le globe n'a pas toujours eu la même enveloppe, par la cerlilude où l'on est qu'ils ont dû vivre à la surface avant d'être ainsi ensevelis dans la profondeur. Ce n'est que par analogie que l'on a étendu aux terrains primilils la conclusion que les Fossiles fournissent directement pour les terrains secondaires; et s'il n'y avait que des terrains sans Fossiles, jiersonne ne pourrait soutenirque ces terrains n'ont pas été forn)és tous ensemble.

C'est encore pai' les Fossiles, toute légère qu'est restée leur connaissance, que l'on a pu reconnaiire le peu que l'on sait sur la nature des révolutions du globe. Ils onl appris que les couches, au moins celles qui les recèlent , ont élé déposées paisiblement dans un liquide; que leurs variations ont correspondu à celles du liquide; que leur mise à nu a été occasionnée par le transport de ce liquide ; que celte mise à nu a eu lieu plus d'une fois. Rien de tout cela ne serait certain sans les Fossiles.

FOSSOMBRONIE. Fossombronia. bot. Raddi a créé ce genre de la famille des Hépatiques, aux dépens du genre/MH.9cr«in«wia,pourrespèce nommée par Linné Pusilla. Ce genre nouveau était déjà établi par Dumortier, sous le nom de Cadonia. V. C.^dorie.

FOSSOYEUR. INS. Nom vulgaire du Necrophorus yespillo. V . Nécropbore.

FOTERNE. BOT. Synonyme vulgaire et ancien d'Aristoloche. /'. ce mot.

FOTHERGILLE. Fothergilta. bot. Genre de la famille des Hamamélidées et de la Polyandrie Digynie, L., que l'on a ainsi caractérisé : calice petit, court, campanule, ayant à son bord cinq ou six dents peu marquées; point de corolle. Étamines nombreuses, attachées sur une seule rangée, à la base du calice; filaments très-longs, dressés, un peu renflés supérieurement; anthèies dressées et cordiformes. Ovaire sessile au fond du calice, conoïde, partagé supérieurement en deux lobes qui se terminent chacun par un stigmate. Capsule recouverte en partie par le calice, qui lui forme une sorte de cupule, se terminant supérieurement par deux cornes, offrant deux loges et s'ouvrantpar le sommet en deux valves qui se partagent en deux parties. La membrane interne du péricarpe, qui est cartilagineuse, se sépare spontanément de l'extérieure. Chaque loge contient une seule graine attachée au sommetde la cloison et pendante. Dans chaque graine on trouve un embryon droit , ayant la même direction que la graine, et placé dans un endosperme charnu.

Ce genre ne se compose encore que d'une seule espèce, T^oZ/ic/sr/Z/a Gardent, Jacq., FolhergiUa lUnifolia,\Àa., arbuste à feuilles alternes, muni de stipules, à fleurs disposées en épis, munis de bractées uniflores. Le professeur DeCandolle (P/orfr. Syst. Nat., vol. 4, p. 270), d'après Sims,Botan.Magaz., 1341 et 1342, fait connaître quatre variétés de cette plante, lesquelles ont été nommées oblusa, acula, major el serolina. EWts ont, ainsi que l'espèce type, l'Amérique septentrionale pour patrie.

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