‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 67 sur 76 · CS · texte numérisé non relu

CS

voir celui-ci, crut que BiifFon avait di-cril, sous le nom (le petit Fourmilier à deux doigls, un jeune Tamandua. L'erreur d'Azzara ne vient sans doute que de l'impossibilité où il fut d'observer le Fourmilier didactyle au Parajjuay, où cette circonstance porte à croire qu'il n'txiste pas. Nous avons déjà parlé de la singulière erreur de BufFon , qui , après avoir, t. x , d'après Marcgraaff, décrit exactement le Taraandua, a publié (Sup., t. m) une figure imaginaire, qui n'a pas plus de rapports avec la description que n'aurait celle d'un Cochon avec un Chien. Ce qui achève de rendre absurde l'erreur que nous relevons, c'est que le même Marcgraaff avait accompagné sa description d'une bonne figure d'adulte, .iussi .•Vzzara expliciue-t-il à cette occasion comment cette insigne faute, et d'autres semblables, ijui ne sont pas rares dans BufFon, l'ont porté à parler d'un au.ssi illustre personnage avec moins de respect qu'il n'est encore convenu de le faire. On voit par là que nous n'avons pas été les premiers à donner cet e.xeniple. Le Tamandua a les mœurs du Tamanoir, avec cette différence qu'il monte aux arbres, se sert de sa queue comme les Singes qui l'ont préhensile, et qu'il répand une odeur musquée désagréable, qui se sent de trèsloin, surtout quand il est irrité. Azzara croit qu'il mange aussi le miel et les Abeilles qui nichent dans les trous des arbres. 11 dit que les Abeilles du Paraguay ne le piquent pas. On conçoit qu'en effet les piqûres de ces insectes, sur la langue nue et délicate des Fourmiliers, dégoûteraient ceux-ci d'une pareille proie. Ses formes représentent aussi celles du Tamanoir, excepté qu'il est à proportion plus gros et que sa queue est moins comprimée. — Les proportions de sa tête sont : cinq pouces du bout du museau à l'oreille; trois pouces du même point à l'œil ; son museau est donc presque moitié plus court que celui du Tamanoir, où la première mesure est de treize pouces et demi, et la seconde de dix pouces et demi. Le Tamandua a quinze pouces de hauteur au garrot, et quatorze à la croupe; il est long de quarante et un à quarante deux pouces, sur quoi la queue en a environ seize. Les deux espèces qui viennent de nous occuper se trouvent depuis l'Oréncque jusqu'à la Plata.

5. FoDRHiLiER A DEUX DOIGTS. Myriitecophaya didactyla. Lin.; OiiatiiiOKaouàXa Guiane. Petit Fourmilier de Buffon, t. X, pi. 50, Sclireb., pi. CO. — Daubenton a donné une description détaillée du si|uelette et des viscères de cet animal. Son crâne est plus long que son museau, qui, malgré sa brièveté, est pourtant plus courbé que dans le Tamandua ; ses oreilles sont tout à fait cachées dans le poil, qui est touffu, doux comme de la soie, uniformément long d'environ neuf lignes, d'unjaune niêléderoussâlreet à reflets brillants. Daubenton en observa trois individus. De deux femelles, l'une avait le dos couvert d'une bande rousse, l'autre d'une bande brune ; le troisième avait une bande rousse le long des flancs, mais n'en avait pas sur le dos. Les couleurs varient donc dans cette espèce comme dans la précédente, pour leur distribution. Cet animal n'est guère plus grand qu'un Rat; la queue est aussi longue que le corps, et nue seulement sur une étendue de deux pouces et demi, à l'extrémité de sa surface inférieure.

Les pieds de derrière ont quatre doigls égaux ; des deux ongles des pieds de devant , l'interne n'est pas plu.s grand que ceux de derrière, mais l'externe est au moins double. Daubenton a trouvé quatre mamelles, deux sur le devant de la poitrine, et deux à la partie postérieure du ventre. On dit que la femelle ne porte qu'un seul petit, qu'elle dépose sur un lit de feuilles dans le creux des arbres, sur lesquels vit cette espèce, en s'y servant de sa queue à la manière des Sapajous. On ne lui connaît encore d'autre pairie que la Guiane.

FOOKl\llLIER./l/>'o</iem. ois. Genre de l'ordredes Inseclivores. Caractères : bec conique, convexe en dessus, avec l'aréle faiblement voûtée ; il est un peu déprimé à sa base, échancré à la pointe qui est brusquement courbée; mandibule inférieure droite, conique, un peu relevée vers l'extrémité; narines étroites, placées à la base, et sur les côtés du bec, à demi couvertes par une membrane; pieds grêles; trois doigls devant, l'interne joint à l'intermédiaire jusqu'à la première articulation, l'externe soudé à la base; le pouce plus long que le doigt interne, armé d'un ongle plus allongé et plus crochu qu'aux doigts antérieurs; ailes courtes, arrondies; les trois premières rémiges également étagées, les quatrième et cinquième les plus longues.

Quoique le nom de Fourmilier puisse, à la rigueur, s'étendre à tous les Oiseaux insectivores , on a cependant jugé à propos d'en qualifier particulièrement une tribu composée d'espèces qui semblent habiter exclusivement les endroits les plus infestés de Fourmis et voltiger sans cesse autour des énormes fourmilières qui ne font qu'accroilre les diflîcultés et les dangers de pénétrer dans les forêts de l'Amérique méridionale. Ces Oiseaux, confondus autrefois parmi les Merles, ne sont point encore parfaitement distingués des Balaras; ils ont beaucoup de pétulance, et si la brièveté des ailes et de la queue leur interdit un vol long et soutenu, l'élévation Au tarse les en dédommage en ce qu'elle les rend très- habiles à la course, genre d'exercice auquel ils se livrent avec beaucoup d'agilité, et qui se trouve plus en harmonie avec leurs habitudes et la recherche de leur nourriture que le vol qui, chez eux, n'est pour ainsi dire qu'un sautillement continuel du buisson à la fourmilière et de la fourmilière au buisson. Retirés au sein des forêts où les Fourmis abondent, ces Oiseaux se montrent bien rarement dans le voisinage des habitations; ils y vivent en société, y construisent fort négligemment leurs nids qui, souvent, consistent en de simples brins d'herbes entrelacés sphéroïdalement, et placés dans les bifurcations de broussailles, on suspendus à de faibles rameaux élevés de quelques pieds seulement. La ponte est de trois à quatre œufs arrondis. Le chant ou plutôt la voix des Fourmiliers est forte et sonore, ce qui a valu à plusieurs espèces le surnom de Carillonneur, de Beffroi, etc., etc. Leur plumage, dont les teintes sont généralement rembrunies, est sujet à de grandes variations, même parmi les espèces homogènes; aussi leur élude est-elle très-difficile.

FouRMiLiEB Alix AILES RODSSES. Myotliera rnfimarginata, Temm., pi. color., 132. Parties supérieures d'un cendré verdàtre; sommet de la tête noir; front, joues el gorge d'un blanc bleuâtre , rayés de cendré ;

FOU

rémiges rousses, avec la partie inleine iioiie; leclrices alaires noires, bordées et rayées de blanc ; rectrices noires, les latérales bordées de blanc; parties inférieures jaunâtres, variées de cendré. Taille, quatre pouces et demi. La femelle a le sommet de la tète roussàtre. Du Brésil. Fourmilier Aiapi. F. Batara Aiapi.

Fourmilier Andromède. Myotliera Àiuliomedœ , Temm., pi. color., 592. Parties supérieures d'un brun bleuâtre, varié sur le dos de croissants noirâtres ; rémiges noirâtres, bordées de brun-roussàtre; une taclie blanche longitudinale, couvrant le lorum; en dessous de cet organede petites plumes blanches, bordées de bleu cendré; côtés du cou et devant de la poitrine d'un bleu ardoisé ; milieu du ventre et abdomen blanchâtres ; des plumes ardoisées, largement bordées de noir bleuâtre sur les flancs; bec noir; pieds bruns. Taille, huit pouces et demi. De Java.

Fourmilier Arada. F. Sylvie-Troglodyte Arala. Fourmilier ardoisé. Myotliera cœntlescens, Vieill. Tout le plumage gris avec les rémiges et les rectrices noires, tachetées de blanc. Taille, quatre pouces et demi. De Cayeiine.

Fourmilier Bamcla. Turdus Bamhla, Latb., Buff., pi. enlum., 703. Parties supérieures d'un cendré foncé; rémiges et tectrices alaires noires, traversées par une bande blanche; parties inférieures blanchâtres. Taille, cinq pouces. De la Guiane.

Fourmilier A calotte BRUSE.71/ro//ie/«/'«sc(coyn7/o, Vieill. Parties supérieures d'un gris ardoisé ; tète brune; joues et cou roussàtres ; gorge noire ; parties inférieures noirâtres, variées de blanc. Taille, quatre pouces. De Cayenne. Espèce douteuse qui pourrait bien n'être qu'une variété du Fourmilier Téléina.

Fourmilier Capistrate. Myothera Capistrata , Temm., pi. color., 185. Parties supérieures d'un brun olivâtre; une bande noire, bordée de roux au-dessus des yeux; joues cendrées; gorge blanche; parties inférieures rousses, avec les flancs bruns. Taille, cinq pouces et demi. De Java.

Fourmilier carillornebr. Turdus tintinnabula, L.; Turdus campanella, Lath.,Bufî., pi. enlum., 700. Parties supérieures d'un brun cendré; rémiges et rectrices brunes; tète, gorge, cou et poitrine blanchâtres, tachetés de noir; un trait noir au dessus de l'œil; abdomen d'un brun roux. Taille, quatre pouces et demi. De la Guiane.

Fourmilier de Cayenne. V. Fourmilier Palikour. Fourmiliercbatain. iI/ro//ie>a/'en!(;;înea,Temm., pi. color., 132, lîg. 3. Parties supérieures d'un brun roussâtre, variées de noirâtre; tètenoire; joues et côtés de la tête cendrés, variés de gris-obscur; un trait noir derrière l'œil ; rémiges et tectrices alaires noirâtres, terminées de blanc ; rectrices noires, terminées de blanc; parties inférieures d'un roux châtain, plus clair vers la gorge. Taille, cinq pouces. Du Brésil.

Fourmilier Colma. Turdus Cohna, Lalh., BufF., pi. enl., 'Oô. Parties supérieures brunes; une tache blanche entre le bec et l'œil; un demi -collier roux; gorge blanche, piquetée de brun; parties inférieures brunes, variées de cendré; rémiges et rectrices noirâtres. Taille, six pouces. De Cayenne.

Fourmilier Coroya. /'. Batara Coroïa.

Fourmilier épilépidote. Myothera epilepidota , Temm., pi. color., 448, fig. 2. Plumes de la tète brunes, entourées d'un bord noir; plumes du lorum blanches, bordées de brun; joues cendrées; parties supérieures d'un brun roux, avec l'extrémité des plumes plus claire; parties inférieures brunes, avec des traits longitudinaux roussàtres; gorge blanchç; bec et pieds bruns. Taille, quatre pouces six lignes. De Java.

Fourmilier a flancs blancs. Myrmothera axillaris, Vieill. Parties supérieures d'un giis bleuâtre; devant du cou, poitrine, rémiges et rectrices latérales noirâtres; celles-ci terminées de blanc, ainsi que les tectrices alaires; parties inférieures blanches. Taille, trois pouces et demi. De la Guiane.

Fourmilier Gorgeret. Myothera Mentalis, Temm., pi. color., 179, flg. 3. Parties supérieures d'un cendré verdâtre, plus foncé sur la tète et les oreilles; tectrices alaires bordées de blanchâtre; gorge d'un cendré bleuâtre; parties inférieures d'un jaune citron. Taille, quatre pouces. Du Brésil.

Fourmilier grammiceps. Myothera grammiceps , Temm., pi. color., 448, fig. 5. Sommet de la léle noir; plumes bordées d'un liseré lîf^nc très -fin; une petite raie blanche, encadrée de noir, forme une sorte de moustache ; joues, nuque, côtés du cou, de la poitrine et Bancs bleuâtres; gorge et parties inférieures blanches; dos d'un brun marron, ainsi que les ailes et la queue. Taille, cinq pouces. De Java.

Fourmilier grand Beffroi. Turdus tinnicus, Lalh. Buff., pi. enlum., 706, fig. 1. Parties supérieures brunâtres, les inférieures blanches, avec les plumes de la poitrine bordées de cendré. Les jeunes sont rayés et tachetés de brun en dessous ; ils ont en outre les flancs roux et le ventre brunâtre. Taille, six pouces et demi. De la Guiane.

Fourmilier grivelé. Sitla nœvia, Lath. Parties supérieures cendrées, obscures; lectrices alaires terminées de blanc; gorge blanche; parties inférieures cendrées, tachetées et striées de blanc. Taille, six pouces De la Guiane.

Fourmilier grivelé de Cayenne. F. Fourmilier petit Beffroi.

Fourmilier gclaire. Myothera gularis, Temm., pi. color., 442, fig. 1. Parties supérieures d'un brun qui passe au roux sur la tête et les ailes ; devant du cou blauc, marqué de stries longitudinales qui s'élargissent vers le bout de la plume; poitrine et ventre jaunâtres, passant au gris vers les flancs, et marqués de stries fines; bec noirâtre, avec la pointe plus claire; pieds bruns. Taille, cinq pouces. De Sumatra.

Fourmilier badsse-col noir. Myothera melanothorax, Temm., pi. color., 185, lîg. 2. Parties supérieures d'un blanc olivâtre; plumes de la tète assez longues et filamenteuses; tectrices alaires rousses; joues, gorge et parties inférieures d'un blanc plus ou moins nuancé de cendré ; une tache noire en croissant au bas du cou ; une autre plus allongée de chaque côté. Taille, quatre pouces trois quarts. De Java. Cette espèce pourrait former le passage au genre Batara.

Fourmilier huppé. F. Batara buppé.

Page 1