‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 69 sur 76 · F II A · texte numérisé non relu

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dnnsles bois ombragés aux environs de Paris, et surtout dans le midi de la France où l'on en compose des balais que Ton appelle Gringons. Sa souche est placée lioriznnlalement, et donne naissance à de grosses fibres simples et perpendiculaires; sa tige est haute d'un pied, très- rameuse, roide, portant des feuilles très-rapprocliées, dures, coriaces, persistantes, sessiles, ovales, Irès-aigues, entières; les Heurs sont dio'i>|ues et naissent du milieu de la nervure qui règne sur la face supérieure des feuilles; elles sont petites et solitaires; leur ovaire et leur fruil sont constamment à une seule loge. Cet arbuste est connu sous les noms de petit lioux, Honsson , etc. Sa racine est employée en médecine comme diurétique; ses graines torréfiées ont été considérées comme un des succédanés indigènes du Café.

Le Fhagon a grappes, liuscus racemosus, L. Cet arbuste, originaire des iles de l'Arcliipel, est la plus grande et la plus belle espèce. Ses tiges sont grêles et comme sarmenleuses, hautes de quatre à cinq pieds; SCS feuilles sont alternes, lancéolées, luisantes; ses Heurs sont verdàtres et disposées en grappes.

Le Ruscus androgynus, L., qui croit aux Canaries, se fait distinguer par ses Heurs hermaphrodites.

FRAGOSE. Fragosa. bot. Genre de la famille des Ombellifèresetde la Pcntandrie Digynie, L., établi jiar liuiz et Pavon , que Persoon réunit aux Azorella et Sprengel au genre Bolax. Mais ce genre, quoi<|u'ayant de grands rapports avec les deux précédents, doit néanmoins en rester séparé, ainsi que l'a démontré Richard dans sa Monographie du genre Hydrocotxle ; il a même beaucoup plus de rapports avec le genre S/jananthe de Jacquin, quoique néanmoins il en soit diiïérent. Nous allons d'abord en tracer les caractères, et nous indiquerons ensuite les différences qui le distinguent des genres avec lesquels on l'a mal à propos confondu : le limbe de son calice est à cinq dents; sa corolle est formée de cinq pétales inégaux; le fruit est ovoïde, comprimé parallèlement à sa cloison, couronné par les cinq dents du calice, et offrant trois stries longitudinales sur chacune de ses faces : les Heurs forment des ombelles simples, accompagnées d'un involucrc de plusieurs folioles. Dans le genre Bolace, le fruit est globuleux, lisse, non comprimé; la corolle a cinq pétales égaux. Ces caractères distinguent facilement ce genre du Fragose. Quant au Spanantbe, il offre aussi un fruit comprimé dans le sens de la cloison , mais il est lisse et sans côtes, et sa corolle a des pétales égaux entre eux.

Le genre Fragose se compose de cinq espèces qui croissent au Pérou. Elles ont été trouvées sur les sommités des Andes. Ce sont des plantes touffues, rameuses, ayant les feuilles très-rapprochées, entières ou lobées, à pétioles engainants; les Heurs sont blanches, disposées en ombelles simples et axiUaires. Elles ont étédéciiles et figurées dans le troisième volume de la Flore du Pérou el du Chili, de Ruiz et Pavon. Kunth en a décrit une nouvelle espèce sous le nom de Fragosa iirctoides, Nov. Gen., pag. 27, t. 424. C'est le Bolax arcloides de Sprengel. Elle croit dans les lieux élevés (lu royaume de yuito.

FliAGOUSTE. rioT. Synon. vulgaire de Framboisier.

FRAGRANGIS. bot. Nom proposé parDu Petit-Thouars (Histoire des Orchidées des iles australes d'Afrique) pour remplacer celui à'Jngrœcum fragrans, espèce indigène de l'ile de Mascareigne. Cette plante est figurée, loc. cit., tab. 54.

FRAGUE. BOT. Synon. vulgaire el ancien de Fraise.

FRAI. REPT. et POIS. On donne ce nom aux œufs des Batraciens et des Poissons, que revêt une humeur particulière albumineuse. et sur lesquels les mâles viennent répandre leur laite. Jacobi a fécondé artificiellement du Frai de Poisson; et l'on connaît les belles expériences de Spallanzani sur le Frai de Grenouilles. Le résultat de ces expériences, vérifiées par Dumas, a acquis une nouvelle importance parles découvertes fort intéressantes que vient d'y ajouter ce savant. A'. Géjié- RATio:v et Grenouille.

FRAILECITOS. ois. Même signification que Fraisillos , cl synonyme vulgaire de Pluvier à collier. F. Pluvier.

FRAILILLOS. bot. L'un des noms vulgaires desGouels devenus le genre Arizarum dont les Espagnols comparent dérisoirement les spathes aux capuchons des moines.

FRAISE. OIS. Espèce de Caille que l'on rencontre en Chine. K. Perdrix.

FRAISE. MOLi. Nom vulgaire et marchand des Cardinm Fragarium, savoir : la Fraise blanche, et Unedo, la Fraise rouge, y. Bucarde.

FRAISE. Fraga ou Fragiim. bot. Le fruil du Fraisier. A', ce mot.

On appelle quelquefois l'Arbouse Fraise en grappes, et la Spbérie fragiforme , Fraise d'écorce ou des Arbres.

FRAISE ANTIQUE. iNS. Geoffroy nommait ainsi PAcanthie du Poirier, insecte qui vit en société sur les feuilles du Poirier, f^. Acantdie.

FRAISERAI. BOT. Synonyme vulgaire de Fraisier.

FRAISETTE. MOLi. Nom vulgaire el marchand du Turbo Delphinus, L. 1^. Daupuinule.

FRAISIER. Fragaria. bot. Famille des Rosacées, Icosandrie Polygynie, L. Ce genre, bien défini seulement par Tourneforl et Linné, est ainsi caractérisé : calice monophylle, divisé en dix parties dont cinq extérieures, alternes et plus étroites (bractéoles, selon Necker); cinq pétales ovales ou arrondis, étalés ou attachés au calice par des onglets très-courts; étamincs en nombre indéfini (à peu près vingt), à filets moins longs que les pétales; ovaires nombreux, fort petits, surmontés chacun d'un style simple, naissant laléralemenl, et d'un stigmate tronqué. Ces ovaires sont situés sur un réceptacle convexe, qui grossit considérablement, devient ovoïde, succulent, coloré, caduc el bacciforme. Ce genre ne diffère des Potentilles que par la nature de son réceptacle que le vulgaire prend pour le fruit du Fraisier. Ce n'est pourtant qu'un gynopbore, un support des akènes ou véritables fruits; la ténuité el la consistance coriace de ceux ci déguisent aussi leur nature, et ils sembleraient des graines nues, si on n'était convaincu que dans les Rosacées, plus encore que partout ailleurs, il ne peut en exister. Quatre espèces seulement de Fraisiers ont été décrites par Linné, sous les

noms de Fragaria vesca , Fiagaria monophylla, Fragaria muricata et Fragaria slerilis. La première est la seule qui doive nous occuper, car le Fragaria monophjlla, ou Fraisier de Versailles, envoyé en 17G4 à Linné par Ducliesne , est une variété du Fragaria resca , puisque le premier individu est né dans un semis de Fraisier des bois. Quant au Fragaria slerilis, la consistance sèche de son réceptacle aurait dû le faire rejeter du cadre des Fraisiers; mais Linné, persuadé que les genres étaient naturels, trouvait tant d'analogie entre le reste de l'organisation de celte )>lante et celle des Fraisiers, qu'il ne craignit pas de les réunir, quoique la première ne présentât pas le caractère essentiel. A ne considérer que les différences génériques, on n'en découvre aucune entre le Fragaria slerilis et les Polenlilla ; c'est ce qui a engagé Lamarck, De Candolle et Nesller à le placer dans ce dernier genre sous le nom de Polentilla Fragaria. La Peyrouse (Flore des Pyrénées, p. 287) en fil le type de son genre Fraga qui n'a pas été admis par d'autres botanisles. F. Po-

TEJITILLE.

Avant de faire l'histoire particulière du Fraisier commun, examinons les additions et les changementsopéiés jiar les auteurs dans le genre Fragaria. Cranlz réunit sous ce nom générique, des plantes qui appartenaient aux Potenlilles de Linné, et le Comarum jmluslre, lequel est lui-même, d'après Kestler, une espèce de Potenlille. F. ce mot et Comarum. Ehrart, AVilldenow et Persoon élevèrent au rang d'espèces plusieurs variétés du Fragaria vesca, L. Quelques unes ont été conservées, et il y a lieu de croire qu'elles continueront d'être considérées comme espèces distinctes, quoiqu'il soit difficile de leur assigner des caractères qui puissent les faire distinguer facilement. Telles sont les Fragaria collina, Wilia.; Fragaria elalior, WiWô.; Fragaria Firginiatia , Willd.; Fragaria Chiloensis , Ehi'.; et Fragaria Bonariensis, Pers. Sous le nom deFragaria Indica, est décrite et figurée dans Andrews (Bot. Repos., t. 479) une plante qui a des caractères tellement intermédiaires entre les Fraisiers et les Potenlilles, que Smith (Exot. Bol.) a cru devoir en constituer un genre nouveau qu'il a nommé Ducliesnea. F. ce mot. Mais aucun auteur n'a traité l'histoire des Fraisiers avec autant d'ardeur et de succès que Ducliesne; son travail sur les Fraisiers, publié dans l'année 17G6, avait mérité les éloges de Linné, éloges qui ont été confirmés récemment par le professeur De Candolle. « Nous avons, dit celui-ci (Théorie Élém. de la Bot., 2= édit., p. 293), des monographies d'espèces, qui sont des ouvrages importants; telles sont celles des plantes qui offrent un grand nombre de variétés, comme sont les végétaux cultivés ; l'histoire du Fraisier par Duchesne peul en offrir un exemple utile à méditer. « L'attention que Duchesne a apportée en observant ses Fraisiers, lui a fait découvrir une foule de particularités intéressantes dans cette espèce, où les variétés ont ceci de remarquable qu'elles se conservent indéfiniment par les graines. Ce sont, en un mot, de véritables races sur lesquelles l'influence du sol et du climat est très- peu marquée. Il est à regretter que Duchesne n'ait pas fixé ses idées sur la valeur des mots espèces et races. On voil bien qu'il ne reconnaît qu'un

petit nombre d'espèces de Fraises; mais au lieu de lis déterminer, après avoir donné la description de Fespèee principale, il y établit deux divisions, les Fraises elles Caperonniers, auxquelles il conserve encore le nomd'espèces. Ensuite chacune des variétés est décrite avec un nom spécifique latin, qui a induit en erreur plusieurs botanisles, et les leur a fait considérer comme autant d'espècesdislinctes. En prenant pour modèlele travail de Duchesne , nous aurons donc soin de ne présenter les plantes indéterminées sous ce point de vue que comme des races ou variétés permanentes. Kous en exceptons cependant le Frutiller ou Fraisier du Chili, Fragaria C'/i(Voens!S, qu'à l'exemple de Lamarck. de Persoon, etc., nous croyons devoir être spécifiquement séparé.

Le Fraisier commun. Fragaria resca, L. et Lamk., lllustr., lab. 442. De sa racine noirâtre, fibreuse, naissent plusieurs tiges qui rampent à terre el s'y implantent par de nouvelles racines. Les jets compris entre cellesci sont appelés fouets ou courants (en latin flagellœ). Mais engraissé par la culture, le Fraisier produit, au lieu de courants, des œilletons qui forment une touffe de tiges peu garnies de feuilles et hautes de douze à quinze centimètres. Les feuilles radicales sont , pour la plupart, velues, longuement péliolées et composées de trois folioles ovales, presque soyeuses en dessous el fortement dentées en scie. Les fleurs sont blanches, pédonculées el terminales, munies de pétales arrondis et d'un réceptacle qui s'agrandit considérablement apiès la floraison. Cette plante croît dans toute l'Europe, dans les bois, sur les coteaux ombragés el même jusque sur les hautes montagnes, parmi les mousses.

Fariétés principales de Fraisiers {d'après

Duchesne).

§ I. Fraisiers proprement dits. — Ocaires petits et

nombreux; élamines coiirlcs.

1. Fraisier des Alpes ou des mois. Fragaria semperflorens, Duch. Remarquable par la vivacité de sa végétation, ce Fraisier fleurit pendant toute l'année, même en hiver, et ne cesse de porter des fruits qu'aux fortes gelées.

2. Fraisier des bois ou Fraisier commun. Fragaria syli-estris, Duch. Cette variété, si on peul lui donner ce nom, car, étant plus répandue, elle peut être regardée comme le type de l'espèce; celte variété, disons-nous, se plait surtout dans les régions septentrionales de l'Europe. Elle se multiplie Irès-abondamment dans les futaies abattues et dans les taillis accrus. On ne la rencontre jamais dans les lieux trop humides. Il en existe unemultitude de sous-variétés à peine susceptibles d'être distinguées. Celle à gynophores blancs est la plus remarquable. Le parfum de la Fraise des bois surpasse celui de toutes les autres variétés , mais se dissipe un peu par la culture. Ce Fraisier fleurit en France à une époque limitée entre la fin d'avril et la fin de mai.

ô. Fraisier d'Angleterre. Fragaria minor, Duch. En raison du peu de hauteur qu'acquiert sa tige, ce Fraisier est élevé sous les châssis par les cultivateurs anglais. 11 porte des gynophores hâtifs, ronds, trèsparfumés el hauts en couleur. Ses feuilles sont brunes, courtes el souvent palmées à quatre ou cinq divisionsau lieu de trois. Les fruits ambrés de la sous-variété blanche.

(liii »u perpétue parla ciilluie, onl un (joiil fin elsoiU estimés.

A. Fraisier be Montrekil ou Fraisier Pressant, Fraijaria hortensis, Ducli. A l'inverse de la précédente variété, celle-ci est plus liante, plus forte que le Fraisier lies bois ; son feuillage est moins brun ; ses gynopliores sont pâles, allongés, et les plus gros sont aplatis, ani;nleux ou cornus. Parmi les nombreuses sous-variétés, il en est une à laquelle le peuple de Paris donne le faux nom de Caperon, et que l'on appelle aussi la fausse Noire; on l'estime peu, parce qu'elle est creuse et fade. Le Fraisier Pressant ou Fiaissant, ainsi nommé du nom d'un habitant de Montlhéri qui le cultiva le premier, forme des pépinières en plein champ dans les terrains sablonneux des environs de Paris.

5. pRAisiER-EDissoN. Fragoria efflagellis , Duch. Avant l'ouvrage de Duchesne, à peine avait-on indiqué ce Fraisier qui se distingue facilement de tous les autres par l'absence des jets traînants. Mais le nombre des œdlelons et des feuilles est si considérable que leurs touffes forment une sorte de buisson serré, entre lesquelles les fleurs et les fruits restent entièrement renfermés, disposition qui rend les gynophores de ce Fraisier allongés et d'un aspect mat, parce qu'elle les prive de l'air et de la lumière.

0. Fraisier de Versailles. Fragaria monopliyUa, L. et Duch. Cette plante n'a été considérée par Duchesne que comme une variété, quoi(|ue Linné, à qui il l'avait envoyée, en eût fait une espèce. Ses feuilles, qui sont communément simples et dentées jusqu'à la base, la distinguent facilement. Une organisation si remarquable n'est, selon Duchesne, que le résultat de l'extrême faiblesse de toutes ses parties; en un mot, ce n'est qu'une dégénérescence |)hysiologique. 11 résulte aussi de la faiblesse générale du Fraisier monophylle, qu'il ne donne presque point d'oeilletons, ce qui le rend plus propre iiu'aucnn autre à former un arbrisseau, lorsqu'on lui supprime de bonne heure ses feuilles radicales. C'est à peu près la seule utilité que présente celle variété; elle donne cependant une grande quantité de gynophores irès-petils et quelquefois anguleux.

7. Fraisier couronné ou monstrueux. Fragaria tiiuUiplex et botrxformis, Duch. Dans ce Fraisier, la majeure partie des élamines se changent en pétales, lesquels forment cinq à six rangées; mais cinq ou six élamines non transformées suffisent pour féconder les ovaires et les rendre fertiles, car on peut mulliplier de graines celte variété. Entre les divisions du calice, on voit (|uelquefois d'autres Heurs se développer et donner naissance à des fruits dont les carpophores se soudent et produisent des Fraises monstrueuses, cncouronne ou en trocbet.

8. Fraisier de Plymoutd. Fragaria muricata, L. Duchesne affirme que ce Fraisier n'est qu'une variété accidentelle, monstrueuse et stérile, non arborescente quoique Zanoni l'eût faussement indiquée comme telle, dont les divisions du calice, devenues foliacées, idiislituent toutes les enveloppes florales auxquelles succèdent des gynophores informes, durs, acerbes et ayant à peine le goût de la Fraise. Cependant il paraitrait, d'après les observations de Laniarck, que ce Frai-

sier a léellemiiit des pétales verdàlrcs, et munis au sommet de trois ou quatre dents. Du reste, il ne diffère presque pas du Fraisier commun.

§ II. Fraisiers caperonniers. Ovaires gros et rares; élamines longues.

Dans ce groupe, Duchesne établit encore quatre sousdivisions qu'il nomme Majaufes, Breslinges, Caperonniers proprement dits, et Quoiinios. Ces derniers, appartenant à une espèce que nous considérons comme distincte, sortiront de la présente division, et nous en dirons un mol à la suite de l'histoire du Fraisier commun. Par la couleur et la forme de leurs feuilles, par la petitesse, la pulpe tendre, et la couleur rouge de leurs gynophores, les Majaufes se rapprochent beaucoup des Fraisiers proprement dits ; mais ils s'en distinguent principalement par le peu de fixité des caractères que la culture fait évanouir, et par la propension à la stérilité. Les feuilles des Breslinges ont une consistance plus sèche et plus forte; une couleur plus brune et plus terne; des poils plus longs; des pétales moins blancs, les dents du calice serrées contre les gynophores qui adhèrent très -fortement au sommet des pédoncules. Ces gynophores offrent une pulpe ferme, quoique trèsjuteuse ; ils sont verdàtres et ne se coloient que légèrement par l'effet du soleil. La plupart de leurs ovaires avortent, ce qui place les autres ù distance, et leur fait acquérir plus de grosseur. Les Breslinges sont fort inconstants en se multipliant de graines.

De grandes proportions distinguent surtout les Caperonniers proprement dits des autres Fraisiers, car ils égalent en grandeur les Frutillers dont nous parlerons bientôt. Us se rapprochent des Breslinges par la consistance un peu moins marquée, il est vrai, de leurs gynophores, mais leur calice et la disposition de leurs tiges les font ressembler davantage aux Fraisiers proprement dits. Comme ceux-ci, ils se reproduisent fréquemment par le moyen des graines, et leurs variétés sont en général assez constantes. On observe que dans les individus élevés de graines , une moitié est iinisexuée femelle, tandis que l'autre est unisexuée mâle, accident qui se reproduit avec une étonnante égalité. Les Hybrides, provenues de la fécondation des Caperonniers proprement dits par les Breslinges ou les Frutillers , ont présenté diverses analogies avec leurs parents, et étaient souvent frappées d'une stérilité plus ou moins complète.

A. Majaufes.

9. Fraisier de Bargehon ou Majaufe de Provence. Fragaria bifera, Duch. Ce Fraisier se trouve au pied des Alpes de Provence, et ne fleurit, lorsqu'on le cultive, qu'au mois de septembre ou d'octobre. 11 est lent ù croître, mais aussi il offre l'avantage de se conserver plus longtemps que les autres variétés. .Ses gynophores sont ronds ou comprimés, d'un jaune roux, qui se colore en un rouge très-foncé par l'influence du soleil; le reste de la Fraise, c'est-à-dire la partie cachée par les dents du calice, est marqué d'une étoile blanchâtre.

10. Fraisier vineuxou Majaufe de Champagne. Fragaria dubia, Duch. Variété trouvée près de la Fertésous-Jouarre, et qui a beaucoup de ressemblance avec les Fraisiers proprement dits. Elle diffère de la |irccédente

par ses gynopliores jikis aplatis , plus colorés et trèsvineux.

B. Breslinges.

11. Fraisier CorcoD. Fragaria abortiva, Ducli. Facile à distinguer à cause de sa stérilité qui paraît dépendre d'un vice inconnu dont les stigmates sont affectés, et non de leur absence totale comme Ualler Pavait mal à propos prétendu. L'explication physique donnée par Mtiller n'est pas jdus satisfaisante, du moins pour les Fraisiers. Cet auteur prétend que la multiplication par bourgeons, renouvelée trois ou quatre fois coup sur coup, frappe tous les végétaux de stérilité.

12. Fraisier Breslinge ou Breslinge d'Allemagne. Fragan'a nkjni, Duch. Sa Fraise, dont la couleur est verdàtre, ou d'un rouge brun dans la partie exposée au soleil, a une pulpe ferme, juteuse et très-parfumée. Son feuillage est très-brun , bas , et présente souvent des feuilles palmées à cinq divisions. Il abonde en stolons, et est sujet à la stérilité.

13. Fraisier-Marteau ou Breslinge de Bourgogne. Fragaria pendula, Duch. Presque semblable au précédent, il a des gynophores en forme de Poire trou- <|uéc, aplatie ou comprimée à l'extrémité.

14. Fraisier ou Breslinge de Longcbamp. Fragaria hispida, Duch. Cette variété croit au bois de Boulogne où Duchesne la trouva, en 17G7, entre Longchani]» et Madrid. Elle donne des Fraises analogues aux précédentes variétés, mais plus juteuses et meilleures. Son feuillage est petit et fort velu. Duchesne conjecture que son existence est due au voisinage des jardins formés pour François \", autour de son château de Madrid.

13. Fraisier vert ou Breslinge d'Angleterre. Fragaria viriclis, Duch. Cultivé depuis longtemps en Angleterre, ce Fraisier a de l'analogie avec les précédents, mais son feuillage est plus grisâtre. Ses Fraises sont rondes et turbinées, d'un vert grisâtre, à peine colorées en rouge terne par le soleil, succulentes, et d'une odeur agréable.

IG. Fraisier Brugnon ou Breslinge de Suède. Fragaria pratensis, Duch. Celte variété croit dans les prés, en Suède, où les paysans la distinguent facilement du Fraisier des bois. Linné l'a citée dans ses ouvrages, et l'a envoyée, en 1763, à Duchesne ; par ses soins, elle s'est multipliée de graines, et n'a pas varié. Son feuillage est très-court et tombe pendant l'hiver, circonstance remarquable, puisque c'est le seulFiaisierà feuilles caduques par l'effet du froid. Ses courants sont petits et ramassés, mais sa Fraise est grosse, d'un vert gai, et se colore d'un rouge foncé comme les Péches-Brugnons. c. Caperonniers proprement dits.

17. Fraisier de Bruxelles ou Caperonnier roval. Fragaria moschala. Le feuillage de cette variété est franc , ses fleurs sont grandes , et il est fécond en gros gynophores dont la récolte se fait deux fois |iar an. Le Caperon ou Capiton n'en est qu'une sous -variété unisexuée (Fragaria mosch. </joita). Cependant Duchesne l'en a séparé, en raison peut-être des nombreuses variations que la culture a produites dans ce Fraisier. On ignore sa patrie, car c'est sans preuves qu'on lui a donné le nom de Fraisier de la Chine. La forme de ses

Fraises varie beaucoup, mais elles ne sont jamais anguleuses ou aplaties.

Au grand nombre de variétés principales du Fraisier commun que nous venons d'exposer, Duchesne réunit les Fraisiers d'Amérique que nous considérons maintenant comme appartenant à des espèces différentes.

Le Frétiller ou Fraisier du Cdili. Fragaria Chiloensis. Ses feuilles ressemblent à celles du Fraisier des bois, mais elles sont plus fortes, d'un vert très-brun, et couvertes en dessous d'un duvet blanchâtre, court, mais épais et soyeux, qui existe aussi très-abondamment sur les courants et les pétioles. Les gynophores sont trèsgros, d'un rouge jaunâtre, qui s'anime au soleil d'une nuance dorée très-brillante. La finesse de leur parfum les fait rechercher par les amateurs sensuels; et sous ce rapport, on cultive avec beaucoup de soin le Fraisier Ananas ou Quiomios de Harlem, ainsi que les Fraisiers DE Bath et DE Cantokbért, qui n'en sont que des variétés.

Le Frutiller étant dioïque, sa race a éprouvé plusieurs altérations par la fécondation adultérine, opérée parles Caperonniers. Le voyageur Frezier est le premier qui ait apporté en Europe cette plante des environs de la ville de la Conception au Chili.

Le Fraisier de Virginie, Fragaria f^irginiana , Willd., est une autre espèce qui a de l'analogie avec les Frutillers, mais dont les gynophores sont rouges, et malheureusement tellement tendres et succulents, qu'ils ne jieuvent supporter le transport, et se conserver plus de cinq ou six heures.

Il serait superflu de nous étendre sur l'agrément, le parfum et la bonté salubre des Fraises. Nous laissons à nos lecteurs le soin de commenter ce sujet agréable. Nous les engageons à déterminer le mode d'action qu'elles exercent sur nos organes, s'il est vrai qu'elles soient diurétiques et qu'elles expulsent les calculs, propriétés qui leur ont été attribuées par certains médecins, mais que nous n'avons pas eu occasion de vérifier. Les racines des Fraisiers passent aussi pour diurétiques, et on en fait usage en décoctions dans les blennorrhagics; nous pouvons cependant certifier que l'action diurétique de ces tisanes dépend plus de la quantité du véhicule que de l'activité du médicament. On a observé qu'un usage prolongé de la décoction de ces racines imprégnait les excréments des malades d'une couleur rouge, laquelle a fait croire quelquefois à une affection grave des intestins; mais le changement de boisson a bientôt fait dissiper ce prétendu flux sanguin.

FRAISIER EN ARBRE, bot. Dans le midi de la France, on appelle ainsi l'Arbousier, parce que ses fruits ressemblent à des Fraises. En Amérique, c'est le nom qu'on donne à des Mélastomes.

FRAISSE. BOT. Synonyme vulgaire de Frêne. V. ce mot.

FRAISSINETO. bot. Nom que l'on donne vulgairement à la Pimprenelle, Polerium saiiguisorba, L.

FRAMBOISE. BOT. Le fruit du Framboisier, y. Ronce.

FRAMBOISIERS, bot. Deux espèces de Ronces portent ce nom : leRuhus Idœus en Europe; le Hubiis rosœfolius dans l'Inde, particulièrement à l'Ile-de-France. F. Ronce.

Klt.VNCi. BUT. (Miclieli.) Ce genre est le même que le Franicenia. K. ce mot.

FRANC -BASSIN, bot. Nom vulgaire de VOcymuin Amciicanum.

FRANCHE BARBOTTE. rois. L'un des noms vulgaires du Cobitis Barbatula. y. Cobite.

FKANCHIPANE. bot. Variété de Poire.

FRANCHIPANIER. Plumeria ou Plmniera. bot. Genre de la famille des Apocynées et de la Penlandrie Digynie, L., caractérisé par son calice trés-court, à cinq divisions, par sa corolle infundihuliforme, dont le tube est grêle et cylindrique, la gorge dépourvue d'écaillés, le limbe évasé, à cinq divisions profondes et obliques; les cinq élamines, insérées à la base du tube, y sont incluses; leurs filets sont libres, leurs anthères connivenles et rapprochées en forme de cône. Les deux pistils sont appliqués sur un disque liypogyne assez saillant; les ovaires sont uniloculaires et polyspermes; les slyles courts, terminés par un seul stigmate renBé, déprimé et un peu émarginé. Les fruits sont renflés, et les graines membraneuses dans leur partie inférieure. Ce genre se compose d'environ une quinzaine d'espèces qui, toutes, croissent sous les Tropiques, et pour le plus grand nombre dans l'Amén(|Uc méridionale. Ce sont, en général, des arbres ou des arbrisseaux lactescents , ayant de belles et grandes feuilles , très-entières , alternes ou éparses, caractère assez rare dans les Apocynées. Leurs Heurs, souvent très-grandes et ornées de couleurs trèsvives, rouges, roses, blanches ou même jaunâtres, offrent différents modes d'intlorescence; elles sont tantôt teiminales, tantôt disposées en corymbes, etc.

Les deux espèces que l'on rencontre le plus communément dans les jardins, sont les suivantes ;

Le Fraivchip.inier a. fleurs blanches. Plumeria alba, L.,Sp., Jacq., Icon. Pict. , t. 58. C'est un arbre qui acquiert quelquefois une hauteur de quarante-cinq pieds. Son bois est blanc et rempli de moelle, son écorce grisâtre et laiteuse; ses feuilles, réunies à l'extrémité des rameaux, sont très-rapprochées, ovales, lancéolées, algues, entières, longues d'un pied et plus, larges d'environ trois à quatre pouces, vertes, glabres et luisantes en dessus , blanchâtres à leur face inférieure. Les Heurs sont blanches , formant des espèces de panicules à l'extrémité des rameaux. Cet arbre croit aux Antilles, dans les lieux secs et voisins de la mer. Le suc laiteux qu'il 1 enferme est d'une causticité extrême.

Le FiiA^ciiiPANiER A FLEURS ROUGES. Plumeiia rnbra, L., Sp., Jacq. hoii.Pict., 1.25, Lamk., 111., 1. 173, tig. 1. Cet arbre qui croit dans les mêmes contrées que le précédent, est moitié moins grand; son bois est d'une couleurjaune et d'une saveur amère; ses feuilles, comme celles de l'espèce précédente, sont rapprochées à l'e.x- Iréniité des ramifications de la lige; elles sont moins grandes. Les fleurs sont d'un beau rouge, quelquefois couleur de chair, et répandent une odeur suave. Les fruits sont très-longs, avec leur surface rugueuse.

Les Franchipaniers doivent être, dans nos climats,

cultivés dans une serre très-chaude. Us demandent une

(erie légère et sèche, et se multiplient par boutures ou

par éclats.

FRANCISCAIN, moll. Nom vulgaire et marchand du

Cône dont ce nom est devenu la désignation scientifique, Conus Franciscanus. y . Cône.

FRANCISCÉE.F/n/iC(sceo.BOT.Genredelafamilledes Scropbulariées; Didynamie angiospermie, L., établi par Pohl dans ses le. et Descr. PI. Biasil., et auquel il donne pour caractères : calice persistant, renflé, cam- |)anulé, à cinq dents égales; corolle hypocralériforme, à tube légèrement courbé et renflé vers rextrémilé, à limbe divisé en cinq lobes presque égaux, arrondis et réfléchis vers le bord; style filiforme, plus épais vers le bout; stigmate bilobé; capsule ovale , biloculaire , bivalve, renfermant un grand nombre de petites semences oblongues, presque triangulaires. Pohl décrit sept espèces de Franciscées qui toutes sont des arbustes de médiocre élévation, à feuilles alternes, simples et entières, à fleurs axillaires, terminales, rarement solilaires, presque toujours rassemblées en bouquets. Ces arbrisseaux croissent pèle -mêle dans les broussailles et les taillis des terrains les plus bas des diverses provinces du Brésil.

Franciscée de Hope. Franciscea liopana, Pohl. De même que ses autres congénères, cette plante est un arbuste haut de trois à quatre pieds; ses tiges sont cylindriques, glabres, lisses, recouvertes d'une écorce gris-brunâlre; elles se divisent en plusieurs rameaux assez courts, épars, arrondis et d'un vert grisâtre. Les feuilles sont oblongues-lancéolées, veinées, un peu ondulées, presque obtuses, glabres, d'un vert un peu sombre en dessus, plus pâles et tirant sur le glauque en dessous; le pétiole est arrondi en dessous, aplati en dessus , un peu plus épais à sa base et d'un vert grisâtre. Les Heurs sont solitaires ù l'extrémité des rameaux, soutenues par des pédoncules arrondis, assez courts. Le calice est infère, un peu plus court que le tube de la corolle, glabre, d'un vert pâle, ordinairement nuancé d'une teinte rougeâlre, à dents larges et lancéolées. La corolle est d'un bleu pourpré, fort intense. Les étamines, au nombre de quatre, ont deux de leurs filaments plus allongés; ces filaments sont blanchâtres, renflés en fuseau vers le milieu, recourbés et plus épais au sommet, attachés à la base du lube, portant des anlhères ovales, oblongues, incombantes, transversalement déhiscentes, jaunes et ne dépassant pas l'orifice du lube. La culture a produit divers changements dans la couleur de ses Heurs , qui passe successivement du bleu pourpré au bleu violàtre, puis au bleu pâle et enfin au bleu azuré.

FRANCOA. BOT. Cavanilles a établi ce genre, d'après une plante du Chili (figurée Icon., 396), dans l'Oclandrie Tétragynie, L., et il lui donne pour caractères : un calice quadripartite persistant; quatre pétales onguiculés, et huit étamines alternant avec autant de petits corps plus courts et épais; ovaire libre, marqué de quatre sillons, et surmonté de quatre stigmates sessiles. Le fruit est composé de quatre loges comprimées, qui se séparent â la maturité, en simulant autant de capsules , et s'ouvrent en deux valves, aux sutures desquelles sont fixées des graines nombreuses. Cavanilles s'étanl exprimé assez obscurément sur l'insertion des étamines, on regardait son genre Francoa comme hypogynique, et on en cherchait vainement les vraies affinités. Jus-

sieu s'est assuré, par un examen attentif de plusieurs Franeoas, que les élamines s'insèrent au calice, au point où il se divise, et il en résulte que ce genre devra prendre place près des Crassulées, ou former le type d'une famille nouvelle. Ce genre est dédié à la mémoire de François Franco, médecin espagnol qui a enseigné la botanique à Séville , en 1338 ; il renferme trois espèces herbacées , dont les feuilles radicales sont pinnatifides, et les fleurs disposées en épi lâche, au sommet d'une hampe allongée.

FnANCOA APPENDiccLÉ. Francoa appendiculata, C, Icon., 6, t. S96; Spreng., Sjsl. veg., 2, 262; liot. Mag.,5\7S; Brit. FI. Gard., 131. Francoa sonchifolia, Cavan., Icon., G, p. 77, in obs.; Spreng., >S>-s'reget., 2, 202. Llaupanke sonchifolio , Feuill., CliiL, 2, 31. Sa racine est cylindrique, renflée en tubercule, d'où s'échappent des prolongements coniques et grêles, ainsi que des fibres capillaires; sa tige ou plutôt sa hampe est nue, droite, haute d'un à trois pieds; les feuilles qui l'entourent sont radicales, lyrées, à sept lobes , dont les six latéraux sont opposés deux à deux et sont d'autant plus larges qu'ils se rapprochent davantage du terminal; celui-ci, ainsi que chaque paire des premiers , se termine à sa base par une double oreillette qui recouvre un peu les lobes immédiatement inférieurs ; le bord des feuilles est sinué et denté irrégulièrement; leur plus grande largeur d'un pouce et demi à quatre, leur longueur de quatre à douze ; elles sont parcourues longitudinalement par une nervure large, d'où en partent d'autres latérales, plus étroites, qui se ramifient et s'anastomosent ; les deux surfaces sont pubescentes. Les fleurs, garnies d'une ou deux bractées étroites , sont réunies en épi terminal ; le calice est profondément divisé en quatre parties entières, aiguës et légèrement hispides; avec elles alternent autant de pétales deux fois plus longs, d'un rose très-pâle, rétrécis en onglet à leur hase, à limbe à peu près ovale, adhérents au calice un peu au-dessous du point où il se divise. Au devant, et presque à la même hauteur, s'insèrent les étamines et les corpuscules qui les séparent; leurs filaments sont subulés, terminés par des anthères cordiformeset biloculaires. Cette plante figure très-bien en plate-bande, mais il faut l'abriter dans la serre pendant l'hiver. On a, pour la multiplier, outre la ressource des semis , celle non moins certaine de la division des racines.

Fraîvcoa a feuilles de Laitroiv. Francoa sonckifolia, Juss., in Ann. se. nat., 3, 192; Spreng., Syst. reget., 2,262; Don , tw Edinb.journ., 1828. Panke sonchifolia, Willd., Sp. pi., 2, 487. Cette espèce paraît, par la présence d'une tige surtout, devoir différer essentiellement du F rancoaappendiculata que nous avons décrit plus haut; elle est, d'après la description qu'en donne Ad. de Jussieu, dans le 3= vol. des Annales des Sciences naturelles , originaire du Pérou et du Chili. La plante qu'a vue le savant botaniste français, faisait partie d'un herbier rapporté de ces parties de l'Amérique du sud; et des graines d'une plante semblable, ayant été envoyées du Chili, en 1832, à H. Menzies d'Halifax , il en est résulté que le Francoa sonchifolia a pu être étudié vivant, sous notre climat. U a fleuri

dans les mois de juillet et d'août. Sa racine est cylindrique, avec des renflements qui la font paraître tuberculeuse. La tige ou plutôt la hampe est nue, duveteuse, droite, haute d'un à trois pieds; elle s'élève du sein d'une touffe de feuilles radicales, lyrées, à sept lobes, les six latéraux opposés deux à deux et d'autant plus larges qu'ils se rapprochent davantage du terminal. Celui-ci, ainsi que chaque paire des premiers, se termine à sa base par une double oreillette ; tous les bords sont sinués et dentés irrégulièrement; on observe une nervure large et d'autres latérales, plus étroites et réticulées, qui parcourent les deux surfaces; ces feuilles sont en outre velues et longues de quatre à douze pouces, sur un tiers de cette mesure, en largeur. Un éj)i long de deux à quatre pouces , souvent accompagné de quelques épillets latéraux, couronne la hampe; il se compose de fleurs pédicellées , d'un rouge de chair, sali par une teinte jaunâtre.

Francoa rameux. Francoa ramosa, Don, in Edinb. phil.journ., dec. 1828, p. 53. Ce Francoa se trouve en abondance au Chili, sur les montagnes qui avoisinent Valparaiso. La plante est vivace ; sa souche ou candex, est cylindrique , à peu près de la grosseur d'une plume ordinaire et de la hauteur de deux à trois pouces ; elle est entièrement couverte de poils soyeux et brunâtres. Sa tige a de deux à trois pieds, elle est droite, hranchue, cylindrique, verte, poilue vers la base, glabre et lisse au sommet; les branches sont faiblement anguleuses. Les feuilles ont la forme d'une lyre; elles sont longues de trois à sept pouces , d'un vert pâle, soyeuses et ridées en dessus, blanchâtres et variqueuses en dessous; les segments opposés sont arrondis, lobés, ondulés et dentelés, avec la base cordiforme; le terminal est grand, cordiforme, oblong, obtus, lobé, ondulé, cucuUiforme à la base, avec les lobes postérieurs connivents. Les fleurs sont d'un blanc légèrement nuancé de rosé, réunies en grappe, portées sur des pédicelles très-courts et faiblement anguleux, elles sont accompagnées de bractées linéaires, aiguës, plus longues que les pédicelles et ordinairement frangées.

FRANCŒURIE. Fra«Cfl?u>(0. bot. Cassini a substitué ce nom à celui de Duchesnia qu'il avait donné à un genre de la famille desSynanthérées, parce que ce dernier nom avait été précédemment appliqué par Smith à un autre genre voisin du Frugaria. V. Dbchesme.

FRANCOLIN. OIS. Espèce du genre Perdrix. Les Francolins forment une section dans le genre Perdrix. V. ce mot. On a encore appelé :

Francolin a long bec, une espèce du genre Perdrix. V. ce mot.

Francohn a longce quede (Hearn), la Gelinotte à longue queue. V. Tétras.

Francolin a collier, le Tétras à fraise. V. Tétras.

FRANCOLIN. MOLL. L'un des noms marchands du Drap-d'or, Conus lextilis. V. Cône.

FRANC-OSIER. BOT. Nom vulgaire du Saule à feuilles d'Amandier, Salix amygdalina, L. V. Saule.

FRANCOULO. OIS. Synon. vulgaire de Ganga Cata. V. Ganga.

FRANCODRLIS. ois. Syn. vulgaire de grand Courlis. V. ce mot.

FRANC-PICARD, eot. Varit-tt'; ilo Peii[)lier blanc.

FRANC-REAL. bot. Variété de Poire d'automne.

FRANGÉ, FRANGÉE. POIS. Ces noms ont été donnés comme spécifiques à un Cyprin (|ui paraît devoir rentrer parmi les Labéons, et à une Raie des Antilles, imparfaitement connue, qui doit appartenir au sousgenre Ci'phaloptèrc.

En bolani(|ue un organe est Frangé quand ses bords sont garnis de dents serrées, pointues et allongées.

FRANGINE, bot. Nom donné par Bridel comme synonyme de Racomitiium. l' . ce mol.

FRANGULA. bot. V. Nerprun et Bocrd.\ine.

FRANGULACÉES. bot. Dans la Flore française, ce mot est employé comme synonyme de Rliamnées. V. ce mot.

FRANKÉNIACÉES. Fmiikeniaceœ. bot. Le genre Fraiikenia avait été placé , par le célèbre auteur du Gênera Plantarum, à la suite de la famille desCaryophyllées. Auguste de S'-Ililaire (Mém. plac. central.), observant les rapports de ce genre avec les Violettes, on a formé un petit groupe distinct, auquel il a donné le nom de Frankéniées. Il y plaçait le genre Sarothra, i|ue plus tard il a reconnu appartenir aux Hypéricées, ainsi que l'avait déjà indiqué le professeur Richard dans la Flore de l'Amérique septentrionale, publiée sous le nom de Michaux. Pendant son séjour au Brésil, le même auteur eut occasion d'observer le genre Sauva'jesia et d'en mieux connaître l'organisation ; il publia (SIém. Mus., 5, p. 213) le résultat de ses observations sur ce genre, encore si imparfaitement connu, et lit voir qu'il venait se placer auprès du Fraiikenia, et faisait, par conséquent, partie de sa famille des Frankéniacées. De CandoUe, dans le premier volume de son Prodrome, adopta cette famille, en y ajoutant le nouveau genre Luxembtirgia, établi par Saint-llilaire, qui en avait indiqué les affinités; mais il en retira le ■Sauvagesia, dont il fît une section à part, dans la famille des Violettes. Enfin, à son retour du Brésil, l'auteur des Fiankéniacées doinia (Mém. Mus., ii, p. 11) une monographie étendue des genres Sauvaijesia et Lavradia , dont il fît connaître l'organisation avec l'exactitude minutieuse et parfaite qui le caractérise. Il fit ainsi l'histoire de ce petit groupe qui se compose de quatre genres, savoir : Frankenia, L., Sauvagesia, L., Lavradia, Velozo , et Luxemhiirgia , S'-Jlilaire. Nous allons exposer les caractères généraux de cette famille, caractères que nous emprunterons surtout à l'auteur qui en a si bien fait connaître l'organisation. Les fleurs sont hermaphrodites et présentent différents modes d'inflorescence. Leur calice est ordinairement à cinq divisions tellement profomles, qu'il paraît formé de cinq sépales distincts; la corolle se compose de cinq pétales, tantôt égaux, tantôt inégaux, assez souvent rétrécis en ooglet à leur base. On trouve dans la fleur des genres Sauvagesia et Lavradia, des organes accessoires qui n'existent pas dans les deux autres. Ainsi, dans le Sauvagesia, on observe, en dedans de la corolle : 1" un verticille de filaments renflés et en forme de massue; 2" une corolle intérieure, qui se retrouve également dans le Lavradia. Les parties accessoires ne nous paraissent être que des étamines avortées et plus

ou moins transformées. Telle est également l'opinion d'Auguste Sainl-Uilaire. Les étamines sont au nombre de cinq, de huit, ou indéfinies; leur filet est quelquefois très-court; l'anthère est à deux loges exlrorses , généralement fixées par la base, s'ouvrant par unefenic longitudinale et latérale, tantôt seulement par deux pores, comme dans le Lu.vcmburgia, ofi elles sont presque carrées et rapprochées les unes contre les autres ; les étamines sont hypogynes ainsi que la corolle ; l'ovaire est libre, ovoïde allongé, quelquefois trigone. souvent placé sur un disque hypogyne peu saillant. Il offre constamment une seule loge, contenant plusieurs ovules attachés à trois trophospermes pariétaux suturaux. Le style est subulé, grêle, simple, terminé par un stigmate extrêmement petit et qui paraît indivis. Le fruit est une capsule plus ou moins ovoïde et allongée, recouverte, soit par le calice, soit par la corolle intérieure; elle offre une seule loge et s'ouvre en trois valves, dont les bords, légèrement rentrants, forment quelquefois, surtout dans la partie supérieure, trois lames plus ou moins saillantes, mais qui n'avancent pas jusqu'au centre. Ce mode de déhiscence de la capsule et cette position relative des trophospermes et des valves, sont d'autant plus importants à bien observer, que ce sont presque les seuls caractères qui distinguent la petite famille qui nous occupe des Violacées et des Cistées, auprès desquelles elle doit être rangée. Les graines sont généralement attachées sur deux rangées longitudinales, au moyen de petits podospermes filiformes. Elles contiennent au centre d'un petit endosperme charnu, un embryon axillc, à peu près cylindrique, ayant sa radicule tournée vers le bile.

Les plantes qui constituent la famille des Frankéniacées sont herbacées ou sous-frutescentes; leurs tiges sont généralement rameuses, quelquefois simples. Les feuilles sont alternes, quelquefois verticillées, entières ou dentées en scie, frécjuemment marquées de nervures latérales très-rapprocliées et parallèles, ce qui les fait paraître striées. On trouve ù leur base deux stipules persistantes ou caduques, souvent ciliées; le genre Frankenia est le seul qui en soit dépourvu. Les fleurs sont tantôt axillaires, tantôt disposées en grappes simples ou composées, ou enfin en pauicules. Chacune d'elles est accompagnée d'une bractée.

Cette petite famille doit certainement être placée auprès des Violacées; elle a néanmoins quelques rapports avec la famille des Caryophyllées, dont elle diffère par ses stipules, son style constamment simple et la structure de son fruit. Elle forme , avec les Violacées , les Cistées et les Droséracées, une petite tribu extrêmement naturelle, dont aucune de ces quatre familles ne saurait être éloignée. Mais le caractère qui distingue nettement les Fraukéniacées de ces trois autres familles, consiste dans sa capsule qui est septicide, c'est-à-dire qui s'ouvre en face de chaque trophosperme, tandis que, dans les trois autres, la déhiscence est loculicide, c'est-à-dire que chacune des trois valves entraîne avec elle un des trophospermes sur le milieu de sa face interne.

FRANKÉNIE. Frankenia. bot. Ce genre, que Jussieu plaçait à la fin des Caryophyllées, et Linné dans

Il A

roclanilrie, est devenu pour Auguste de Saint Ilihiire le type d'une nouvelle famille, <iui en a emprunté son nom, et qui, suivant d'autres auteurs, n'est qu'une seclion des Violacées. Quoi qu'il eu soit, voici ses caractères : calice à quatre ou cinq divisions, avec lesquelles alternent aulant de pétales onguiculés , dont l'onglet est muni d'une squaramule vers la naissance du limbe qui est étalé; des élamines insérées sous l'ovaire, tantôt en nombre égal à celui des pétales et alternant avec eux, tantôt un ou deux de plus et opposés à ces mêmes pélales; un slyle trifide; une capsule accompagnée d'un calice persistant, légèrement trigone, s'ouvrant en trois ou quatre valves, le long du bord desquelles sont attachées les graines. De Candolle, dans son Prodrome, en décrit seize espèces dont quelques-unes sont notivclles.Ce sont des herbes ou plus rarement dessousarbrisseaux à liges cylindriques ou rameuses, à feuilles opposées ou verlicillées, dépourvues de stipules, prolongées à leur base en une membrane amplexicaule, souvent glanduleuses, oblongues, entières. Les Heurs, accompagnées de bradées, sont sessiles, soit au sommet des rameaux, soit au point où ils se divisent par dichotomie. Elles habitent en général les rivages, ou de l'Europe méridionale, ou de l'Afrique ; plusieurs sont originaires du cap de Bonne-Espérance, et d'autres de la Nouvelle-Hollande.

FRANKIA. BOT. Ce genre, proposé par Bertero, a été reconnu pour ne pas différer du genre Circa; en couséquence ils ont été réunis.

FRANKLANDIE. Fianklandia. bot. Genre de la famille des Protéacées et de la Tétrandrie Monogynie, L., établi par R. Brown { Trans. ofthe Linn. Societ., t. x, p. 137) qui l'a ainsi caractérisé : périanlhe hypocratériforme,dont le tube est persistant et le limbe quadripartite et plan; anthères incluses, adnées au périanthe ; écailles hypogynes, cornées et formant une gaine; noix fusiforme, pédicellée, dilatée et aigreltée au sommet. Ce genre ne se compose que de la Franklandie a tekillES BE Fucts, Fianklandia Fucifolia, arbrisseau glabre, de toutes parts couvert de glandes orangées et pustuliformes, à feuilles alternes, filiformes et dichotomes. Les fleurs, munies d'une seule bractée et d'un jaune sale, sont disposées en épis axillaires. Le pollen est sphérique, et les cotylédons sont très-courls. Cet arbrisseau croît parmi les Bruyères, dans les lieux humides de la côte australe de la Nouvelle-Hollande et de la terre de Lewin.

FRANKLINIE. Franklinia. bot. Sous ce nom générique, Marshall (Arbust. ^mer., p. 48) décrivit deux espèces dont l'une fut rapportée au genre Gordonia par l'Héritier (Stirpes nov., 1, p. 156) qui changea son nom de Franklinia AUaviaha en celui de Gordonia Franklini. Le professeur De Candolle (Prodr. Sj-st. Vcgct., 1, p. 528) a réuni en outre à cette plante le Franklinia Americana, Marsh., et en a formé deux variélés de la même espèce. C'est le Gordonia pubescens, Lamk., si bien figuré dans le Jardin de la Malmaison, tab. 1. Salisbury en faisait son genre Laca- Ihea, qui n'est admis par De Candolle que comme section générique. F. Gorboîiie.

FRANliLlKlTE. mis. l-". Fer oxydé zincifère.

FRANQtiENNE. bot. Pour Frankénic. /'. ce mot.

FRANSÉRIE. Frauseria. bot. Ce genre, voisin di; VAmbrosia et du Xanthmm, doit en conséquence prendre place parmi les Corymbifères anomales de Jus sicii, ou dans la tribu des Ambrosiées de Cassini. C'est d'après ce dernier botaniste qui en a complètement décrit une espèce, et d'après Cavanilles qui en a fail connaître une aulre (Icon., 200) en élablissant le pre mier le genre , que nous en tracerons les caractères, lies fleurs sont monoïques, les mâles disposées en grappes ou en épis terminaux; les femelles au bas du même épi ou sur des épis plus courts et inférieurs. Les pre niières, de forme globuleuse, présentent dans un involucre multifide et sur un réceptacle convexe, garni d'écailles linéaires et minces , plusieurs fleurons où cin(| étamines à anthères libres et dressées entourent, par leurs filets soudés en tul)e, un style tronqué au sommet et surmontant un seul ovaire avorté. Dans les fleurs femelles, les folioles de l'involucre accompagné à sa base de plusieurs bractées verlicillées se soudent intimement en un corps hérissé à l'extérieur par les deux extrémités libres et spiniformes de ces folioles, et renfermant, plongés dans son intérieur, des ovaires au nombre de deux à quatre, nus, allongés, lisses et dépourvus d'aigrettes. Ils sont surmontés de styles profondément bi ou triparlites, qui font saillie au dehors. Cassini considère ces fleurs comme composées de plusieurs femelles distinctes, nnais soudées par approche. Cavanilles y voit un seul ovaire muUiloculaire.

Les deux espèces de ce genre sont des arbustes à feuilles alternes, pétiolées, bipinnatifides dans le Frauseria artemisioides , qui est originaire du Pérou, sinuées dans le Franseria ambrosioides qui habite le Mexique.

FRAOUCO. OIS. Nom vulgaire de la Poule d'eau.

FRAOUME. BOT. Synonyme vulgaire d'Arroche portulacoïde, Atriplex portiilacoides, L.

FRASÈRE. Frasera, bot. Genre de la famille des Genlianées et de la Tétrandrie Monogynie, L., établi par Walter (Fier. Carol., p. 88) et adopté par Richard (in Michx. Flor. Boreali- Amer., i, p. 90) qui lui a assigné des caractères dont voici les plus saillants : calice ouvert, à quatre divisions profondes et aiguës; corolle beaucoup plus grande que le calice, à quatre divisions très-profondes, ovales, acuminées, portant sur leur partie moyenne une glande orbiculaire et ciliée; quatre élamines plus courtes que la corolle; deux stigmates épais et divergents; capsule ovale, comprimée, comme bordée sur son pourtour, uniloculaire, bivalve et renfermant huit à douze graines ellipliques, bordées et membraneuses. Ce fruit se rapproche beaucoup de celui du Fillarsia nymphoides, qui a été aussi placé dans les Genlianées. Mais le genre Frasera, dans les autres parties de sa fleur, a les plus grandes affinités avec le genre Swertia , surtout en ce qui concerne la glande de chaque pétale. Le professeur A.-L. de Jussieu (Ann. du Mus., 15, p. 543) observe qu'il ne diffère de ce dernier que par une cinquième partie retranchée à celles de la fructification.

La Frasère ue Caroline , Frasera Carolinensis , Gmcl. , Frasera Falteri, Mich. , est une plante bisan-

FRF,

niielle, très-élevée, à feuilles oblongues, veilicilléeset opposées. On la rencontre depuis le Canada jusi|u'en Caroline; elle est surtout très -abondante en certaines localités marécageuses de la Pensylvanie occidentale. Dans ce pays, on l'appelle improprement Bacine de Colombo, à cause de son amertume franche semblable à celle delà véritable Racine de Colombo, et qui ne le cède pas au Gentiana liilea.

FRASSlNIiLLA. BOT. (Cœsalpin. ) Synonyme de Co«rallaria polygonatum, L.

FRATERCULA. ois. Synonyme du Macareux Moine. y. ce mot.

FRAXINELLE. BOT. Synonyme vulgaire de Dictame. y. ce mot.

FKAXINELLÉES. Fraxinellœ. bot. Les deux botanistes Nées d'Ésenbeeck et Marlius (Act. Cur., 2, p. 149) ont décrit sous ce nom, un groupe naturel de plantes qu'ils séparent de la famille des Rutacées ; mais cette séparation ne saurait être admise, ainsi qu'on le verra au mol Rutacées.

FRAXINUS. bot. Synonyme de Frêne.

FRAYE. OIS. Nom vulg. de la Grive-Draine. F. Merle.

FRAYEUSE. ois. Synonyme vulgaire de Rouge-Gorge. A'. Sylvie.

FRAYONNE. ois. Espèce du genre Corbeau. F. ce mot.

FRÉDÊRICIE. Fridericia. bot. Genre de la famille des Bignoniacées, institué par Marlius qui lui assigne pour caractères : calice tubuloso-campannlé, pentagone, courtemcnt denté el coloré; corolle hypocratériforme, dont le limbe est divisé en cinq ou six segments étalés; cinq étamines dont une est privée d'anthère; capsule bivalve; cloison seminifère, opposée aux valves et bipartite.

Frédéricie brillante. Fridericia speciosa , Mari. Feuilles oblongues acuminées, planiuscules, couvertes de poils en dessous, dans les aisselles des veines ; panicule pyramidale, étalée; calice et corolle à cinq divisions.

Frédéricie GCiiiELSiiNE.Fn(/enc/a<7Mî7/e/»«a,Mart. Feuilles ovalo-oblongues, courtement acuminées, souvent pliées et très-glabres; panicule serrée; calice et corolle à six divisions. Ces deux espèces, originaires du Brésil, présentent une différence si peu sensible qu'il faut en être averti d'avance pour les distinguer; cette différence consiste presque uniquement dans les divisions de la corolle ; or, en suivant ce principe on pourrait souvent faire deux espèces de deux plantes reconnues bien positivement comme identiques.

FRÉEMANNIE. Freemannia. bot. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Sénécionides, proposé par le professeur Boyer, de l'île Maurice, qui en trace ainsi les caractères : capitules multiflores; réceptacle à peine alvéolé; écailles de l'involucre plus longues que le disque, d'un vert roussâtre à leur base, linéaires , obtuses et disposées sur idusieurs rangs ; aigrette formée de soies filiformes. La Frêemannie nvpivoïDE, Freemannia hypnoides, a sa tige courte, un peu frutescente, très-rameuse, garnie de feuilles trèspetites, aiguës et convexes sur le dos; ses Heurs sont purpurines. On la trouve à Madagascar. De Candolle

n'a point adopté le genre Freemannia , et a réuni la seule espèce qui le constituait, à son genre .Iphelexia, que la plupart des autres botanistes ont rejeté.

FREESE. Freesa. bot. Le genre établi ou proposé sous ce nom , par Ecklon, dans la famille des Iridées, a été réuni par De Candolle à son genre Mouhretia.

FRÉGATE. Tachypetes. ois. (Vieillot.) Genre de l'ordre des Palmipèdes. Caractères ; bec plus long (|ue la tête, robuste, tranchant, suturé en dessus, déprimé à sa base, élargi sur les côtés; mandibules fortement courbées vers la pointe qui est très-aigu*;, narines linéaires, à peine visibles, placées dans un sillon sur les côtés du bec; pieds très-courts; tarse moins long que les doigts, en partie garni de plumes, quatre doigts: les trois antérieurs longs, demipalinés; le pouce articulé intérieurement et dirigé en avant; ailes très-longues el étroites, les première et deuxième rémiges les plus longues; queue très-fourcliuc. L'étonnante diversité que la nature a répandue sur l'organisation des êtres a produit les oppositions extrêmes que l'on observe dans leurs modes d'existence ; elle semble avoir condamné les uns au repos pres(|ue absolu, tandis que d'autres ont été assujettis à un mouvement, pour ainsi dire, continuel. Au premier rang de ces derniers doivent être placées les Frégates ; leur envergure extraordinaire peut les soutenir dans les airs, pendant des journées entières, sans même que la nuit soit un obstacle à leur vol errant ; elles y paraissent quelquefois comme suspendues, immobiles; d'autres fois, aussi rapidement que le projectile lancé par la poudre, elles s'élancent et mettent à parcourir des distances, un temps qui suffit à peine à l'œil pour suivre leur vélocité. Cherchant constamment à satisfaire un appétit des plus voraces, les Frégates dirigent leur vol vers la surface de l'eau, dont néanmoins elles ne peuvent guère approcher, à cause de la longueur démesurée de leurs ailes; aussi, dès qu'elles en sont à une petite distance, ont-elles soin de reporter ces ailes au-dessus du dos et de les y tenir relevées jusqu'à ce que, par suite du mouvement imprimé au corps, elles soient parvenues à saisir avec leur bec ou leurs serres aiguès le Poisson qui se jouait avec sécurité dans son domaine illimité. Les Frégates auraient bien, comme tous les Palmipèdes, la faculté de se tenir sur l'eau el de nager; mais ce serait une imprudence que de s'y abandonner, car elles devraient y rester jusqu'à ce qu'elles aient trouvé un poinl assez élevé pour que leurs ailes puissent se déployer et acquérir, par un battement précipité, la force d'ascension. On assure que la brièveté deleurspieds occasionne, chez elles, des difficultés non moins grandes pour plonger, conséquemment ce n'est point sans de fortes raisons qu'elles se maintiennent presque toujours dans les airs et qu'elles emploient souvent la force pour arracher à des Oiseaux mieux conformés et plus adroits à la pèche, une nourriture qu'ils ne doivent pas céder sans regrets; on a remarqué que les Cormorans étaient, sous ce rapport, leurs pourvoyeurs les plus dociles. Pour lieux de repos, les Frégates choisissent les pointes de rochers, les cimes d'où elles puissent facilement s'élever; elles évitent les plateaux et les plaines d'où elles ne sauraient, par la fuite, se dérober au danger, si elles

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