SI
y élaitnl surprises, et où elles se laisseraient même assommer à coups de bâton. Ces Oiseaux établissent leur nid sur des arbres trés-élevés et dans les anfraclures des rocs; la ponte n'est que d'un œuf, rarement de deux; ils sont d'un blanc rougeâtre, parsemés de points rouges. Les parents soignent leurs petits jusqu'à ce qu'ils soient en état de voler, et c'est alors seulement que ces derniers quittent le nid ; ils n'y rentrent plus.
La GRANDE Frégate, Pelecanus Aquilus, L.; Tachypetcs .Iquila , Vieill., Bnfî., pi. enl., 961. Tout le plumage noir, irisé en bleu changeant; queue Iréslourcliue; joues nues et noires ; une membrane charnue et rouge sous le bec qui est noir et long de cinq à six pouces; pieds noirs. Taille médiocre; envergure de huit à ipiatorze pieds. La femelle a le ventre blanchâtre; les jeunes n'ont point de membranes sous le bec. Des mers du Sud. La Frégate de Palraerston, Pelecanus Palitierstoni. Gmel., paraît être la même chose que la grande Frégate femelle.
Petite Frégate. Pelecanus minor,L.; Tachypetes niinor, Vieill. Tout le plumage noirâtre, à l'exception de la gorge et de la poitrine qui sont blanchâtres ; joues rouges. Envergure, cinq pieds. On la regarde comme un jeune de la précédente, ainsi que la Frégate à tête blanche, Pelecanus leucocephalus , Gmel., dont la tète, le cou, la poitrine et l'abdomen sont blanchâtres.
Une espèce du genre Pétrel a aussi reçu le nom de Frégate.
FKEGOIA. POIS. L'un des synonymes vulgaires de Cépole. r. RcEAN.
FREGILUS. OIS. (Cuvier.) Syn. de Grave. F. Pyr-
RUOCORAX.
FRÉIRÉE. Freirea. bot. Genre de la famille des Urticées, établi par Gaudichaud, dans la botanique du voyage de l'Oranie. Caractères : fleurs mâles et fleurs femelles réunies sur le même capitule; les mâles ont le calice divisé en quatre parties, quatre étamines, un rudiment globuleux et glabre de pistil; les femelles ont le calice également divisé, fructifère, papyracé, légèrement tuberculeux et velu, le style court, le stigmate en lêle et velu. Ce genre, formé aux dépens du genre Parivtaria, se compose des Parielan'a Lusitanica, L.; Paiiekuia alsine/'olia, Oelile ; Paiietaria fitiformis, Ten., et d'une espèce nouvelle trouvée dans l'Océanie.
FRELON. Fucus et Crabro. ipis. Ce nom a été appliqué à différents insectes de l'ordre des Hyménoptères. Les anciens l'employaient pour désigner les mâles des Abeilles, et quelques modernes l'ont donné à diverses espèces des genres Guêpe et Crabron. F. ces mots.
FRELON. BOT. Synonyme de Fragon. /^. ce mot.
FRELOT, FRELOTTE. ois. Synonymes vulgaires de Pouillot. F. Sylvie.
FREMICM. BOT. Synon. d'Anémone selon l'Écluse.
FRÊNE. Fiaxinus. eot. Genre de la famille des Jasminées et de la Polygamie Diœcie, L., composé d'environ une trentaine d'espèces dont une grande partie croit dans l'Amérique septentrionale et dans le midi de l'Europe. Les Frênes sont de grands et beaux arbres, d'un aspect agréable, ayant en général de grandes feuilles imparipinnées; une seule espèce présente des
feuilles simples, opposées, sans stipules; leurs Heurs sont généralement petites et polygames, quelquefois hermaphrodites, tantôt munies d'un très- petit calice formé de quatre sépales et d'une corolle à quatre pétales allongés et étroits, semblables à ceux des Chionanthus, tantôt et plus souvent entièrement nues, c'est-à-dire sans calice ni corolle. Les étamines sont au nombre de deux ; leur filet est tantôt court et tantôt plus ou moins long. L'ovaire est allongé, comprimé, à une seule loge contenant un seul ovule dressé; le style est court, surmonté d'un stigmate bifide. Le fruit est une samare linguiforme, allongée, très-mince, terminée supérieurement par un appendice membraneux plus ou moins long, contenant une graine dressée, tantôt plane, tantôt cylindrique, présentant sur l'un de ses côtés un raphé ou vasiducte saillant sous la forme d'un petit cordon mince, qui s'étend jusqu'au sommet de la graine, et qui, lorsque celle-ci s'est détachée de sa base, semble être un podospernie. La graine contient, au centre d'un endosperme charnu, un embryon droit et dressé, dont la radicule, tournée vers le bile, est longue et cylindri(iiie.
Quelques auteurs ont voulu séparer du genre Frêne VOrnus des anciens ou Fraxinus Ornus, L., à cause de ses fleurs munies d'un calice et d'une corolle, pour en former un genre distinct, sous le nom à'Ornns. Mais ce caractère paraît trop peu important pour autoriser cette séparation; car dans l'Ornus, l'ovaire et le fruit offrent absolument la même structure que dans les autres Frênes. Nous allons faire ici l'histoire abrégée de quelques-unes des espèces les plus intéressantes.
Frène cobimcn. Fraxinus excelsior, L., Lamk.,111., lab. 858, fig. 1. C'est un des plus grands et des plus beaux arbres de nos forêts. Son tronc droit et cylindrique s'élève souvent à une hauteur considérable, et se termine par une tète touffue, mais peu étendue. Ses rameaux sont lisses; ses feuilles opposées, imparipinnées, d'un beau vert, ordinairement composées de onze folioles presque sessiles, ovales, allongées, aiguës, profondément dentées en scie. Les fleurs sont nues, polygames, naissant en paniculcs rameuses à la partie supérieure des rameaux de l'année précédente. Elles s'épanouissent avant les feuilles. Les fruits sont trèsallongés, étroits, terminés par une aile membraneuse. Leur graine est plane. Le Frêne se plaît surtout dans les terres légères et humides. Celles qui contiennent beaucoup de craie ou d'argile ne lui conviennent pas. Son bois qui est blanc, veiné longiludinalement et trèspliant, est fort employé pour différents usages. On s'en sert dans le charronnage pour faire des brancards de voiture, et toutes les pièces qui demandent du ressort et de la courbure. Les tourneurs s'en servent pour faire des chaises, des manches d'outils et différents autres ouvrages. On le débite aussi quelquefois en planches, ou on en fait des cercles quand il est encore jeune. Il se développe souvent sur les gros troncs de Frêne des excroissances osseuses ou exostoses connues sous le nom vulgaire de Bionzin. Elles sont extrêmement recherchées pour les ouvrages d'ébénisterie. Les feuilles et l'écorce du Frêne ont une saveur acre et amère. Sa première écorce contient un principe colorant em|)loyé
isa
pour donner aux laines une couleur bleue. Dans quelques pays, on l'emploie au tannage lies cuirs. Le Frêne se muUiplie généralement de graines que l'on sème en automne au commencement de l'hiver, dans un terrain bien préparé et un peu ombragé s'il se peut. Les jeunes plants peuvent être repiiiués dès l'automne suivant; mais assez généralement on ne les lève qu'au bout de deux ans, soit pour les mellrc en place, soit pour en faire des pépinières. On doit à Bosc un travail fort important sur les différentes espèces de bois de Frêne, dont nous donnerons l'extrait suivant.
1. Le Frêne doré. Son écoree est d'un jaune très-vif. La connaissance en est due ù Ant. Richard. 11 fait un très-bel effet dans les jardins paysagers, surtout pendant l'hiver.
2. Le Frè?!E a eois j.vsrÉ. L'écorce de ses jeunes brandies est rayée de jaune. 11 semble être en quelque sorte le jinssage de la variété précédente au type primitif.
3. Le Frèihe noRiïONTAL. Ses branches sont étalées horizontalement.
4. Le Frêne parasol. Cette variété fait un effet trèspittoresque par ses branches souples et pendantes comme celles du Saule pleureur, lorsque les individus sont forts et ont été bien dirigés. Elles forment alors un vaste dôme de verdure, et lorsqu'on les a soutenues par- dessous, on fait souvent, avec un seul pied, un Irès-joli berceau.
Les deux variétés précédentes oui quelquefois le bois d'un jaune doré.
5. Le Frêne a fécules iiéchirées a ses folioles profondes et irrégulièrement incisées.
6. Le Frêne a feuilles panacbées de blanc. Cette variété fait bon effet dans les grands massifs.
7. Le Frêne graveleux, dont l'écorce est épaisse, rugueuse et tubéreuse.
Toutes ces variétés se multiplient par le moyen de la greffe, sur le Frêne commun.
Le FuÊNE A FLEURS, Fiaxiiius Orntis, L. On pense que cette espèce est le véritable Fraxinus des anciens. C'est un arbre de moyenne grandeur, ayant absolument le même feuillage que le Frêne commun, mais en différant beaucoup par ses fleurs munies de quatre longs pétales linéaires et blancs. Ses fruits sont plus étroits, cylindriques dans leur partie inférieure. Il croît dans les régions méridionales de l'Europe, et particulièrement en Calabre. C'est l'une des espèces d'où suinte la Manne.
Le Frêne a feuilles rondes, Fraxinus rotundifolia, Lamk. C'est particulièrement celte espèce qui fournit la Manne. Ses feuilles se composent de cinq folioles presque rondes, algues au sommet, doublement dentées en scie sur le contour. Ses fleurs sont, comme celles de l'espèce précédente, munies d'un calice et d'une corolle. 11 croît naturellement en Calabre et sur les côtes de l'Afrique méditerranéenne. La Manne est le suc propre ou la sève élaborée de cet arbre; il en sort, soit spontanément par les seuls effets de la végélalion, soit par des incisions que l'on pratique à son écorcc. On en distingue dans le commerce quatre sortes différenles, savoir: la Manne en larmes, qui est la plus pure; la Manne en canons, qui est égale-
menl Irès-eslimée. la Manne en sorle, et la Manne grasse, qui est la moins pure, mais la plus active. A'. Manne.
On cultive encore, dans les jardins, diverses autres espèces, presque toutes originaires de l'Amérique septentrionale; tels sont : le Frêne a feuilles sijiples, Fraxinus simptici/'olia j'W'iWd.; le Frêne a grands FRUITS , Fraxinus plalxcarpos-, Michx. ; le Frêne Rovoi., Fraxinus tomcnlosa, Michx.; le Frène blanc, Fraxinus Àmericana, Willd., etc.
On a donné improprement le nom de Frêne épineux au Zantoxyle, F. ce mot, et quelquefois simplement celui de Frêne à l'Ékebergie du cap de Bonne-Espérance.
FRENELA. F. Callitris.
FRENEROTEL. ois. Synonyme vulgaire de Pouillot. r. Sylvie.
FRESACO, FRESAIE, FRESAYE ET FREZAIE. ois. Synonymes vulgaires d'Effraie. /'. Chouette.
FRESAIE. OIS. Nom vulgaire donné à la Chouellc Effraie, Strix flammea, L.. et à l'Engoulevent commun, Capriinulijus Europœus, L. f^. Chouette et Engoulevent.
FRESÉME. Fresenia. bot. Genre de la famille des Synantliérées, institué par De Candolle qui lui assigne pour caractères : capitule composé de quinze à seize Heurs homogames; involucre formé de trois rangs d'écailles imbriquées, linéaires, presque membraneuses sur les bords qui portent une ou plusieurs rangées de glandules; réceptacle étroit, aréole; corolles tubuleuses. glabres, à cinq dents, avec l'orifice non renflé; akènes comprimés, découpés et velus; aigrette double: l'extérieure courte et paléiforme, l'intérieure longue, scabride et sétacée. Les Fresénies sont des sous-arbrisseaux, du midi de l'Afrique, glabres, à rameaux opposés, monocéphales, nus au sommet; à feuilles opposées, linéaires, aiguës, presque subulées, très-entières, souvent réunies en faisceau aux aisselles. On en connaît deux espèces : Fresenia leptophylla et Fresenia scaposa, toutes deux à fleurs jaunes et originaires des environs du cap de Bonne-Espérance.
FRÉSILLON ou FRÉTILLON. bot. Le Troène dans quelipies cantons de la France.
FRESNEAU. OIS. Synonyme vulgaire et ancien do l'Orfraie. K. Aigle.
FRESSAN. bot. Variété de Fraisier. K. ce mot.
FRÉTILLET. ois. Synonyme vulgaire de Pouillot. F. Sylvie.
FREUCHENIE. Freuchenia. bot. Le genre établi ou proposé sous ce nom, par Ecklon, dans la famille des Iridées. a été ensuite réuni au genre Fieusseuxia, de Roche.
FREUX. OIS. Espèce du genre Corbeau. F. ce mot. FREYCINETIE. Frcycinetia. bot. Genre de la famille des Pandanées, institué par Gaudichaud, dan.s la botanique du Voyage autour du monde, expédition commandée par le capitaine Freycinet. Caractères : Heurs dioïques ; les femelles présentent des ovaires nus et libres, mais entièrement cachés par le spadice, uniloculaircs, ordinairement à cinq angles et entourés à leur base par les élaniines épuisées, dont le nombu;
!• Il I
varie de une à huit; stigmate scssile, adiitSclisciforme, marqué de plusieurs lignes subannulaires et proéminentes. Les fruits sont des baies molles, ordinairement réunies deux à deux et uniloculaires. Les placentaires pariétaux, dont le nombre varie entre quatre et quatorze, sont également rapprochés par paires et adhérents au péricarpe dans le sens de leur longueur. Les semences sont Irés-petites, fusiformes, striées, criblées, presque arquées, nageant dans une pulpe muqueuse, presque liquide. Ces Palmiers ont leur caudex presque ligneux, porté sur de grosses racines rampantes. assez semblable au tronc des autres arbres; les feuilles sont imbriquées, étroites, engaînées et amplexicaules à leur base. Les Heurs, hractéiformes et colorées, sont renfermées dans des spadices ovales ou cj-lindriiiues. Gaudichaud décrit trois espèces qu'il nomme Freycinclia arborea, Frej'cinetia radicans et Fieycinetia scandens. Ces trois espèces appartiennent aux îles Sandwich et aux Moluques.
FREYER.i. BOT. Nom donné par Scopoli au genre Mayepea d'.^ublet. F. ce motet Chionanthe.
FREYLINIE. Frerlinia. bot. Ce genre, de la famille des Borraginécs, créé par le professeur Colla pour une plante nouvelle, Freylinia cestroides, rapportée de l'Amérique du Sud, a été réuni au genre Beurreria. FREZIÈRE. Fiesiera. bot. Genre de la famille des Ternstrœmiacées, établi parSwarlz qui l'avait d'abord nommé Eroteum, dans son Prodrome. Le calice, accompagné de deux bractées, est composé de cinq sépales imbriqués, arrondis, persistants. Ils alternent avec autant de pétales presque égaux entre eux. Les élamines, très -nombreuses, ont leurs filets le plus ordinairement libres et insérés au réceptacle, très-rarement adnés à la hase des pétales. L'ovaire libre, sessile, terminé par un style court et par un stigmate à trois ou plus rarement à quatre ou cinq lobes, présente des loges en nombre égal, contenant chacune des graines, le plus souvent fort nombreuses, fixées à un placenta <iui s'attache le long de l'axe central. Le fruit, que surmonte le style persistant, est de forme sphéroïde et de consistance sèche; il a le même nombre de loges que l'ovaire, et elles contiennent de même tantôt beaucoup, tantôt et plus rarement peu de graines. La graine, dépourvue d'aile, renferme sous une enveloppe testacée, un périsperme charnu, logeant un embryon légèrement recourbé. Ce genre se compose d'arbres à feuilles alternes, pétiolées, simples, dentées, coriaces, dépourvues de stipules. Leurs fleurs blanches naissent des aisselles au nombre d'une à cinq , portées sur des pédoncules accompagnés à leur base par des bractées. Aux deux espèces américaines que Swartz avait fait connaître, Bonpland , dans l'Histoire de ses Plantes équinoxiales (tab. 5-9), en a ajouté cinq toutes originaires du Pérou, et c'est d'après elles que Kunth a complété les caractères de ce genre tels que nous venons de les tracer.
FREZILLON. bot. Syn.vulgaire de Troène. V. ce mot. FRIABLE. Friabilis. Mm. Épithète donnée ordinairement en minéralogie aux substances qui cèdent facilement à la cause qui tend à détruire leur cohésion et ri les réduire en poussière.
FRIAND OD FRIOND. ois. Synonyme vulgaire du Gros- Bec Linole. F. Gros-Bec.
FRICON. bot. L'un des noms vulgaires du Fragon piquant, Ruscus aculeatus, L.
FRIDERICIA. BOT. F. Frédéricie.
FRIUYTUTAH. ois. Nom de pays de la Perruche à tête rose. F . Perroquet.
FRIÉSIE. Friesia. bot. De CandoUe, dans son Prodrome, fait de V Elœocarpus pedunctilaiis de Labillardière un genre nouveau qu'il nomme ainsi, et caractérise de la manière suivante : calice quadripartite; quatre pétales terminés par trois lobes; douze étamines oblongues, cordiformes , s'ouvrant au sommet; une baie sèche, soutenue sur un court support, indéhiscente, marquée de deux à quatre sillons, et contenant autant de loges dispermes. L'unique espèce de ce genre est originaire du cap de Van Diéraen; ses feuilles sont opposées, lancéolées et dentées, et de leurs aisselles partent des pédoncules unillores, légèrement penchés en dehors. Elle est figurée (tab. 153 des Plantes de la Nouvelle-Hollande) par Labillardière. On a pu voir que c'est par le nombre des parties de la fleur et par la nature de son fruit que ce genre diffère de V Elœocarpus, et il est à peine besoin d'ajouter qu'il fait partie de la famille des Élseocarpées. Sprengel avait établi sous ce même nom de Friesia, un genre d'Euphorbiacées; c'est le Crolonopsis de Michaux, qui, comme antérieur, a dû être conservé.
FRIGANE. Phryganea. ins. On désigne sous ce nom un genre de l'ordre des Névroptèies, que la plupart des entomologistes écrivent Frigane, d'après la traduction qu'a donnée Geoffroy du mot Phryganea de Linné. Ce nom latin, dérivé du grec, doit être écrit en français Phrygane, et l'usage n'a pas tellement prévalu qu'on ne puisse lui substituer son orthographe véritable. Déjà Duméril a relevé cette faute grammaticale, et nous croyons qu'un dictionnaire d'histoire naturelle doit, avant tout, signaler et rectifier les erreurs introduites dans le langage de la science. Nous traiterons par conséquent ce genre curieux au mot Phrygane.
FRIGANIDES ET FRIGANITES. INS. F. Phrtganites. FRI-GAJNTl. OIS. Synonyme javanais de Soui-Manga distingué. P'. Soui-Manca.
FRIGORIFIQUE. Frigorificus. min. On surnomme ainsi tout corps qui a la propriété d'abaisser la température. Le Chlorure de chaux est Frigorifique de la Neige qu'il refroidit de plusieurs degrés : c'est même au moyen de ce mélange que l'on est parvenu à con- 1 geler ou solidifier le Mercure.
I FRIGODLE. BOT. Ce nom se donne vulgairement au
Thym et à l'Agaric social.
! FRILLEUSE. ois. Syn. vulgaire du Rouge -Gorge. i F. Sylvie.
FRINGILLA. ois. Ce nom qui, chez les Latins, était celui du Pinson, a été appliqué au genre entier Gros- Bec. F. ce mot.
FRINGILLAGO. ois. Synonyme de Charbonnière. F. Mésange.
! FRINGILLAIRE. ois. Espèce du genre Faucon. F. ce mot.
FRIPIER. Phorrus. moli. Montfort a fait avec le
TrocJiHS agglutiiians on Conchiliophontx des auteurs un genre séparé des Trochus pur la propriété qu'ont ces animaux de fixer sur leur lest les corps étrangers qui les environnent; tantôt ce sont des fragments de coquilles, tantôt des cailloux plus ou moins volumineux, et quelquefois l'un et l'autre en même temps; mais cette propriété, quelque singulière ((u'ellc paraisse, ne suffit pas pour faire de ces Coquilles un genre séparé. /'. Troque.
FRIPIÈRE. MOLL. Nom donné vulgairement par les marchands au Trochus agylulinans. f. Troque.
FRIQUET. OIS. Espèce du genre Gros -Bec. f^. ce mot.
FRISEURS D'EAU, ois. Nom donné par quelques voyageurs à diverses espèces de Pétrels des mers australes.
FRISQUE. Frisca. bot. Le genre établi sous ce nom, par Reiclienbach, dans la famille des Santalacées, a été reconnu pour ne point différer, par les caractères que lui a assignés son auteur, du genre Thesium de Linné, et lui a conséquemment été réuni.
FRIT. BOT. Selon Varron , les anciens nommaient Frit les grains imparfaits de la sommité de l'Épi ; ils croyaient que c'était cette sorte de Blé imparfait, qui donnait naissance à l'Ivraie qu'ils considéraient comme du Froment dégénéré.
FKITILLAIRE. Fritillaria. bot. Les plantes que renferme ce genre , sont en général munies d'un bulbe solide, cbarnu, d'où s'élève une tige simple et cylindrique, portant des feuilles alternes et quelquefois verticillces. Les fleurs sont généralement grandes, toujours renversées, tantôt solitaires, tantôt diversement groupées à la partie supérieure de la lige où elles sont (|uelquefois surmontées d'une touffe ou couronne de feuilles terminales. Le calice est régulier et en forme de cloche, formé de six sépales distincts, offrant à leur face interne et près de leur base, une fossette glanduleuse et nectarifère. Les étaniines sont au nombre de six, dressées; les anthères sont allongées et introrses; l'ovaire est libre, ovoïde, allongé, à trois loges polyspermes. Le style est simple, terminé par trois stigmates allongés, obtus et divergents. Le fruit est une capsule à trois ou ù six angles plus ou moins saillants, à trois loges contenant un grand nombre de graines comprimées, disposées sur deux rangées longitudinales. La forme de la corolle, dans la(|uellc on a trouvé de la ressemblance avec le cornet qui sert aux joueurs pour jeter les dés, et que l'on nomme en latin Fiilillus, a donné l'idée du nom Fritillaria, appliqué collectivement à une vingtaine de plantes dont se compose actuellement le genre Fritillaire , qui fait partie de la famille des Liliacées et de l'Uexandrie Monogynie de Linné. L'institution de ce genre paraît appartenir à Clusius; il fut adopté par Bauhin, Tournefort, Linné, etc. Toutes les espèces sont, en général, assez belles et originaires du midi de l'Europe et du nord de l'Asie. On distingue, dans ce genre, les espèces suivantes :
Fritillaire MÈit^GRios,. Fritillaria jMeleagris, L., Red., Liliac.,222. Cette plante, qui croît dans les prés humides et les pâturages des montagnes de plusieurs parties de la France , y est,vulgairemenl connue sous
; les noms de Pintade, de Damier. Sa lige est haute d'environ un pied, très-simple, cylindrique, glabre,
j portant un petit nombre de feuilles alternes, dressées, sessiles, linéaires, canaliculées. La tige .se termine par une seule fleur penchée, assez grande, campanulée, en général d'une teinte violette claire, formant des carrés très-petits, assez semblables à ceux d'un damier, mais quel(|uefois presque blanche ou jaune. On la cultive dans les jardins. .
Fritilhire DES Pyrénées. Fritillaria Pyrenaica, L. Cette espèce n'est peut-être qu'une variété de la précédente, dont elle diffère par ses feuilles inférieures, opposées, et par sa tige qui porte deux ou trois feuilles. Elle croît dans les lieux montueux, en Provence, en Dauphiné et dans les Pyrénées.
Fritillaire impériale. Fritillaria imperialis, L., Red . , Liliac. , 1 51 . Cette espèce, la plus belle du genre, est connue et abondamment cultivée dans les jardins, sous le nom de Couronne impériale. Elle est, suivant les uns, originaire de Perse, et, suivant les autres, de Tbrace. On dit que le premier pied qui fut introduit en Europe, avait été apporté de Constantinople à Vienne, où l'Écluse la cultiva en 1570. Depuis fort longtemps elle est extrêmement commune dans les parterres. Son bulbe est épais, charnu, à |)eu près de la grosseur du poing; il contient un suc acre, qui, d'après les expériences du professeur Orfila, peut facilement occasionner la mort chez les animaux. Sa tige est haute de deux à trois pieds, garnicd'im grand nombre de feuilles éparses, très-rapprochées, linéaires, lancéolées, aiguCs, glabres. Ses fleurs, qui sont très-grandes et d'une belle couleur rouge safranée, sont renversées, verticillées, et forment à la partie supérieure de la tige une couronne surmontée d'une touffe de feuilles. Malheureusement, ces fleurs exhalent une odeur désagréable; en sorte qu'on ne peut les transporter dans l'intérieur des appartements. On la cultive en pleine terre; elle y fleurit dès les approches du printemps.
Fritillaire de Perse. Fritillaria Persica, L., Spec, Red., Liliac, 02. Comme toutes les autres espèces, sa racine est un bulbe arrondi, donnant naissance à une tige droite, haute d'un pied et demi à deux pieds; ses feuilles sont nombreuses, linéaires, lancéolées, d'un vert glauque et bleuâtre; ses Heurs, d'ini violet obscur, forment une longue grappe pyramidale. Elles sont assez petites comparativement aux autres espèces, et presque globuleuses. Elle est originaire de Perse. On la cultive également dans les parterres, mais moins abondamment que la précédente.
Fritillaire a petites fleurs. Fritillaria miner,
\ Ledeb.,/c.p/.^/.ross.a/<.2,12,t. 130;F/. o«oico,2,34.
I Grah., in Eilin. Phit. Journ., june 1833. Fritillaria mulengroides, Patrin, in Schult. Syst. veget., 7, 393. Son bulbe est arrondi, blanc, à peu près de la grosseur d'une noisette ordinaire , avec la base garnie de tilets
j radicaux, très-déliés. Sa lige a de sept à dix pouces de
j hauteur; elle est garnie de quelques feuilles écartées,
I alternes, presque engainantes, creusées en gouttière, lancéolées, linéaires, d'un vert glauque, longues de
j quatre à six pouces, larges de trois ù quatre lignes. Les fleurs, ordinairement solitaires, rarement au nombre
lie deux ou de dois, portées sur aulaiit do pédoucules |ikis ou moins inclinés et longs de deux pouces, sont d'un rouge sanguin très-foncé, varié de taches régulières, d'un pourpre bleuâtre, et nuancé de jaunâtre dans l'intérieur des pétales; ceux-ci sont oMongs, presque ovalaires. Les élaniines sont inégales, de moitié moins longues que la corolle, à filaments subulés, faiblement dilatés à leur base et d'un blanc pubesccnt; elles sont terminées par des anthères d'un jaune 1res- pâle. Le pistil est plus long que les étamines.
Fritillaike de Russie. FriUUaria RhuOienica, Sch. Fritillaiia veiticillata, Marsch., Fi. Taur., 208. Son bulbe esl solide, charnu, de la grosseur d'une petite noix; sa lige est cylindrique, d'un vert glauque, de même que les feuilles qui la garnissent, et qui sont au nombre de sept ou huit, linéaires-lancéolées, sessiles, roulées au sommet, larges d'une ligue, longues de dixhuit à vingt. Les fleurs sont presque terminales et rarement au nombre de plus de deux ; chacune d'elles est surmontée de deux ou trois feuilles plus étroites et plus roulées que celles qui se tiouvent à la partie inférieure de la lige. Le pédoncule, long de cinq ou six lignes, est en tout semblable à la tige ; le périanlbe esl campanule, formé de six sépales dislincts, offrant à leur face interne el près de leur base, une fossette glanduleuse et neclarifère; leur couleur esl le brun pourpré, relevé de taches irrégulières, d'un pourpre noirâtre; le sommet, ijui se termine en pointe, est d'un vert jaunâtre.
FRITTE. MIN. Kom donné aux produits d'une vitrification imparfaite, soit naturelle, soit artificielle.
FRlV.iLDIE. Fih-aldia. bot. Endlicher a établi, sous ce nom, un genre de la famille des Synanthérées, tribu des Astéroidées; mais comme De Candolle avait précédemment formé le même genre sous le nom de Micro- (jlossa, il est de toute justice que ce dernier soit préféré. FRŒLICHIE. Fiœlichia. bot. Genre de la famille des Rubiacées, établi par Vahl qui changea lui-même en ce nom celui de Billardiera qu'il lui avait d'abord donné. 11 présente un calice à «luatre dents, une corolle plus longue, tubuleuse et dont le limbe se i)aitage en quatre lobes étalés, épaissis à leur extrémité; quatre anthères presque sessiles, el faisant à peine saillie hors (lu tube; une haie sèche, ovoïde, légèrement comprimée, ombili(|uée à son sommet après la chute des dents du calice, renfermant une graine unique, de même forme, arillée ou coriace; l'embryon, à radicule courte el infère, esl situé au centre d'un périsperme charnu, trois fois plus volumineux que lui. Ce genre voisin, peut-être même congénère du Telrameiiiim ( F. ce mot), ne renferme qu'une espèce; c'est le Frœlicliia paniculata, arbrisseau découvert dans l'ile de la Trinité, dont les pédoncules terminaux se divisent en deux ou trois pédicelles chargés d'un assez grand nombre de Beuis. Il est figuré lab. 10 des Éclog. de Vahl.
FROID. Ce mot exprime la sensation que nousé|irouvons par l'abaissement de la température. Lorsque nous louchons un cor|)s dont la température n'est point aussi élevée que celle de nos organes, le transport du calo- j rique ou de la chaleur qui tend toujours à se mettre ! en équilibre occasionne une sensation de Froid, el celte ,
sensation nous parait d'autant plus grande que le corps louché esl plus dense. A'. Météore.
On a remarqué que la grande intensité du Froid agissait sur les organes comme une grande chaleur : du Meicure congelé que l'on se hasarderait de toucher, occasionnerait une brûlure aux doigts. Le Froid brûle les tissus végétaux, comme la sécheresse des grandes chaleurs; il esl également propre à faire le départ des gaz el des liquides d'où résulte la molécule organique; or, brûler, c'est séparer le carbone des liquides el des gaz qui lui étaient associés; el cette séparation peut s'opérer de même et par évaporalion, et par condensation; toute température qui s'oppose à l'organisation des tissus ne peut que désorganiser les tissus; car nulle cause n'apparaît sans son effet.
FROLICHIE. Frolichia. bot. Genre de la famille des Amaranthacées, établi par le professeur Moiich qui lui assigne pour caractères : fleurs hermaphrodites, accompagnées de trois bractées ; périgone tubuleux, quinqiiéfide au sommet; cinq étamines attachées le long du tube du périanlbe, de sorte que les anthères occupent l'extrémité de la ligne centrale de chaque découpure; ovaire uniloculaire, nniovulé; stigmate sessile, pénicillato-multifide; utricule dépourvu de valve el monosperme, inclus dans deux replis en forme de crête, à la base du périgone qui s'est durci; semence ovalo-iéniforme; test crustacé; embryon annulaire, périphérique, renfermant un albumen farineux; radicule supère. Les Frolichies appartiennent à l'Amérique; ce sont des plantes herbacées, droites, diffuses et pour la plupart rameuses, à feuilles opposées, très-courtemenlpéliolées; à fleurs portées sur des pédoncules terminaux on axillaires, allongés; elles sont réunies en épis opposés ou quelquefois verlicillés.
FROMAGE OE Matière caséecse. ^. Lait.
FRO.MAGEO^'. bot. L'un des noms vulgaires de la Mauve, dont on compare, pour la forme, les fruits à de petits fromages.
FROMAGER. Bo)/ibax. bot. Genre placé d'abord dans la famille des Malvacées, mais donl le professeur Kunlh a fail le type d'un ordre naturel nouveau, sous le nom de Bombacées. Son calice est nu, campanule, entier ou à trois ou cinq dents, persistant; sa corolle est formée de cinq pétales égaux, étalés, hypogynes; les élamincs sont monadelphes par leur base où elles se soudent avec les pétales; les filets slaminaux sont tantôt au nombre de cinq, tantôt indéfinis; dans le premier cas, ils paraissent formés de la réunion de plusieurs filets soudés, el en effet ils sont généralemenl terminés par plusieurs anthères, toujours uniloculaires; l'ovaire est libre, à cinq angles et à cinij loges, contenant plusieurs ovules attachés à l'angle interne de la loge où ils pendent, el formant deux rangées longitudinales; le style est simple, terminé par un stigmate à cinq dents ou à cinq lobes; le fruit est une capsule oblongue, ovoïde ou presque cylindrique, quelquefois globuleuse, à cinq loges polyspermes,s'ouvranl en cinq valves presque ligneuses; les graines sont recouvertes d'une bourre soyeuse, comme dans le genre Cotonnier; l'embryon est dépourvu d'endosperme; il a ses cotylédons chiffonnés. Les esl)èces de ce genre.
au nombre d'environ une dizaine, sont des arbres quel- , quefois armés d'aiguillons; leurs feuilles sont grandes, |)élioIées et digitées; les stipules caduques; les fleurs réunies en faisceaux ù l'aisselle des feuilles ou formant des grappes terminales. Ca;rtner a tenté de séparer de ce genre les espèces dont les filets slaniinaux sont fort nombreux, pour rétablir le genre Ceiba de Plumier; mais ce changement n'a pas été adopté. Plus récemment Kunth (in HumboUtt Nov. Gen. et Spec, v, p. 297) en a séparé le B0Hi6aj;Gos.y/'!M/«,L.,quiforme non-seulement un nouveau genre (|u'il nomme Cochlos/iennum, mais ce genre, ainsi qu'il a déjà été dit, va se placer dans la famille des Ternstrœmiacées. K. Co-
CHLOSPERME.
Parmi les espèces de ce genre, dont au moins les trois quarts sont originaires de r.\méri(iue méridionale, nous ne citerons que la suivante : Bonibux pentandruin,L., Sp. ; Cavan., Diss. 3, p. 295, t. 131. C'est un très-grand arbre qui croit également dans les deux Indes. Sou bois est tendre, léger et cassant; son écorce est souvent garnie de gros tubercules épineux ; ses feuilles sont péliolées, digitées, composées de sept à neuf folioles lancéolées, entières ou dentées en scie; les fleurs sont réunies en faisceaux, à l'aisselle des feuilles; elles sont blanches et grandes; les filets des. étamines sont au nombre de cinq ou plutôt forment cinq faisceaux portatit chacun plusieurs anthères à leur sommet; le fruit est une capsule longue d'environ six pouces, rélrécie vers sa base, et contenant des graines pisiformes, allongées, enveloppées d'une bourre soyeuse. On se sert de celte bourre, qui est d'une grande douceur, pour faire des coussins et des oreillers qui sont d'une grande souplesse et très-élasticiues. Malheuieusement elle est trop courte pour pouvoir être filée.
Les autres espèces remarquables de ce genre sont : Sumbcia: Enaitllios,Cav.,DiSS.,l. 152, f. 1; Bombax hcjitapUxUum. id.; Bombax Ceiba, id., t. 152, f. 2; Bombttx tjlobosum, Aublet, Guian.; Cav., l. 135, etc.
FllOMElNT. Triticum. bot. L'un des genres les plus intéressants de tout le régne végétal, puisque les fruits de quelques-unes de ses espèces sont la principale nourriliirede l'Homme, dans piesi|ut; la moitié du globe. Les Fioincnts ont leurs lUiiis disposées en épis simples, très-rarement rameux pai suite de la culture. Leur axe ou rachis est articulé et denté, à dents alternes portant chacune un seul épillet sessile; chaque épillct contient di' trois à six fleurs, dont les deux ou trois plus supérieures sont avortées et rudimentaires; la lépicène est à deux valves naviculaires, plus ou moins bombées, égales entre elles, à peu près de la même longueur que les glumcs, légèrement mucronées ù leur sommet; chaque glnmc est composée de deux paillettes inégales ; l'extérieure est plus grande, convexe, légèrement échancréc à son sommet et terminée soit par une petite pointe recourbée en dedans, soit par une longue arête roide, droite et très-rude; l'interne est plane ou même légèrement concave, embrassée en partie par l'externe, toujours entière et mutique; les étamines sont au nombre de trois ; la ghimelle est composée de deux paléoles plus courtes que l'ovaire , placées sur le côté opposé ù son sillon, et généralement ciliées dans leur contour; l'o-
vaire est comme trapézoïde, velu dans sa partie supérieure, portant deux sligmates plunieux et généralement sessile; le fruit est ovoïde, quelquefois allongé, baibu vers son sommet, marqué sur l'une de ses faces d'un sillon longitudinal plus ou moins profond, tantôt enveloppé dans la glumc et tantôt nu. Les espèces de ce genre sont assez nombreuses; ce sont en général des Graminées annuelles, quelquefois vivaces et rampantes; leur chaume est simple, noueux, listulcux ou plein; leurs feuilles rubanées, aiguës et engainantes.
Gœrtner a séparé du genre Trilicumaa assez grand nombre d'espèces qui en diffèrent par leurs épillcts plus allongés, par les valves de la lépicène entières et non mucronées au sommet, par la paillette inférieure souvent bifide et terminée par une soie plus ou moins longue, et enfin par leur fruit glabre. Ce genre, qu'il a nommé ylgropyrum, a été adopté, par Palisot de Beauvois et parTrinins, dans leurs Agroslogiaphies. Le premier a de plus proposé de faire encore un autre genre nouveau pour quelques autres Triticum qu'il a réunis à des Brotmis et à des Fesliica sous le nom de Brachypo- (liiim, mais ce genre ne diffère réellement jias des Festura, et n'a point été adopté. Le genre Froment a beaucoup de rapports .avec les /Egylops, les Ivraies, les Seigles et les Orges. Il diffère des premiers par sa glume dont la paillette externe porte une seule arête, tandis qu'elle en porte au moins trois dans les ^gylops; du second par la position de ses épillets relativement à l'axe, les bords des valves correspondant au rachis dans les Froments, tandis que dans les Ivraies ce sont les faces des valves qui sont tournées vers l'axe ; des Seigles par ses épillets composés d'au moins trois fleurs, tandis qu'on n'en compte jamais que deux dans les Seigles; enfin des Orges par ses épillets mullifloresct solitaires à clia<iue dent de l'axe, tandis que, dans ces derniers, les é|)illets sont uniflores, et réunis trois par trois à chaque dent du rachis.
Des espèces de Froment culticécs.
C'est au célèbre agronome Tessier, membre de l'Académie des Sciences, que l'on doit le premier travail important sur les différentes variétés de Blé, que l'on cultive non-seulement en France et en Europe, mais dans toutes les autres contrées du globe où la culture de cette précieuse Céréale a été introduite. Ce travail a été depuis cette époque le seul qui ait servi de guide à tous les agronomes ou botanistes qui ont eu à s'occuper du Froment. Malheureusement on peut faire un reproche très-foiulé à la classification des Blés de Tessier, c'est qu'il n'a fait aucun cas des caractères botaniques, et qu'il n'a pas cherché à rapporter aux diverses espèces décrites par les naturalistes, les variétés obtenues par la culture. Il résulte de là qu'il semblerait que cet auteur ait considéré les diverses sortes de Froment, cultivées en France, parcxcm]>le, comme provenant d'une seule et même espèce; ce qui n'est pas. yuelques botanistes ont depuis cherché à éclaircir ce point important de l'histoire naturelle du Froment, en essayant de démêler au milieu des différences nées d'une longue culture, les traits caractérislii|ues du type propre à chaque espèce. ^OHS citerons surtout avec éloge, parmi ces travaux, celui que Scringe, de Berne, a piililié dans le premier
!•■ Il O
volume de ses Mélanges botaniques. C'est lui (jue nous suivrons dans le tableau que nous allons tracer des variétés principales de Froment qui se cultivent en t'rance.
Les différences entre ces variétés nombreuses sont principalement tirées de la présence ou de l'absence de l'arête, de valves glabres ou velues, de leur couleur jaune, blanchâtre ou brunâtre. On peut établir, parmi les espèces de Froment cultivées, deux sections bien naturelles : la première, celle des Froments proprement dits, renferme les espèces dont les fruits tombent nus sous le fléau . c'est-à-dire entièrement dépourvus des écailles florales. Ces fruits sont ovoïdes ou ellipsoïdes, marqués d'un sillon très-profond. La seconde section, à laquelle on donne le nom d'ÉPE.WTRES , comprend celles dont les fruits tombent enveloppés parles valves de la glume qui les embrasse étroitement (le rachis se rompant à chacune des articulations). Ces fruits sont en général triangulaires, et leur sillon est peu profond. .\ la première section appartiennent quatre espèces, savoir : Triticum salivum , Triticum turgidum, Tiiticum (luriim, et Triticum Polonicum. Dans la seconde on en compte également quatre qui sont ; Triticum Spelta, Triticum angleum, Triticum iiioiiococcum, et Triticum venulosum.
l" Section. Fromekts.
Fbomeîst ordinaire. Triticum salivum, L. Nous croyons inutile de donner une description détaillée de cette espèce, d'autant plus que, pour être complète et pouvoir s'appliquer à toutes les variétés, cette description serait nécessairement très- longue et fort obscure. Linné avait distingué deux espèces dans le Blé ordinaire : l'une qu'il nommait Triticum œstivum, avait ses épis munis de barbes; l'autre, 7'riticuiit lixbernu m, a\ail ses épis mutiques. Mais on sait aujourd'hui combien est faible la valeur du caractère tiré de la présence ou de l'absence de l'aréle qui suffit tout au plus pour établir des variétés; car on peut assez souvent remaniuer sur un même épi des épillets munis de barbes, avec d'autres qui en sont dépourvus. Quant à la durée relative de ces deux espèces de Linné , dont l'une vit environ six mois plus que l'autre, elle ne saurait être employée comme caractère spécifiiiue. En effet, l'expérience a démontré (jne, transportés dans d'autres climats, des Blés de mars étaient devenus Blés d'hiver, et tice versa, .\ussi la idupart des botanistes considèrent-ils les Triticum hybernum et œsticum de Linné comme une seuleet même espèce.
On ne sait pas encore bien positivement quelle fut la véritable patrie du Froment. Sa culture s'est répandue dans tant de contrées diverses, il a été transporté par l'homme à travers tant de pays, qu'il est difficile de savoirqnel est celui qui lui a servi de berceau et de point de départ. Les anciens le cherchaient dans la vallée d'Enua en Sicile où prirent naissance les fables de Cérès et de Triptolème, qui paraissent y être allusionnaires. On a vu dans l'article jïgilops les expériences et les recherches faites par le professeur Lalapie en Sicile même; cependant on pense généralement que le Blé est oiiginaire de l'intérieur de la Perse. Cette opinion parait d'autant plus fondée, que deux voyageurs fran-
çais, Olivier et Michaux, qui, à deux époques diffc'rentes, ont visité le pays, y ont trouvé le Froment à l'état sauvage dans des lieux tellement reculés et si loin de l'habitation ou du passage habituel des hommes, qu'il était impossible de te considérer comme provenant de graines domestiques. Quoi qu'il en soit de son origine première, le Froment est aujourd'hui cultivé plus ou moins abondamment dans presque toutes les contrées civilisées du globe. Beaucoup de philosophes même attribuent les progrès de la civilisation à l'introduction et à la culture de cette Céréale. En effet, tant que les peuples trouvent dans les fruits de la terre de quoi satisfaire leurs besoins, leur intelligence reste engourdie, et les arts demeurent dans l'enfance ; mais dès que les fruits sauvages ne suffisent plus à l'Homme , ses facultés intellectuelles se développent pour trouver les moyens de satisfaire ses besoins, et dès lors on voit les arts se créer en quelque sorte et se perfectionner rapidement.
Les caractères communs à toutes les variétés de cette espèce sont : un épi dressé, presque carré, composé d'épillets courts ; les balles sont renflées, comprimées dans leur partie supérieure ; les fruits sont ovoïdes, obtus et opaques.
•j- Épillets arislés. ( Triticum œsticum, L.) a. Épi lâclie; épillets barbus; balles blanches et glabres.
On connaît cette variété sous les noms de Froment commun barbu , blanc et glabre ; de Blé grisou , de Touzelle blanche, barbue, etc. C'est la variété u" 9 de la Classification de Tessier. Elle se cultive dans presque toutes les parties de la France.
^. Épi lâclie; épillets barbus; balles blanches et velues. Elle n'est, selon Tessier, qu'une sous-variété de la précédente.
y. Épi lâche; épillets barbus; balles rousses et glabres. Elle i)orte les noms de Touzelle rouge, barbue, Saisette de Tarascon. On la cultive surtout dans le midi delà France.
S. Épi lâche; épillets barbus; balles rousses et velues. Souvent mélangée avec la précédente.
£. Épi compacte, serré; épillets barbus; balles blanches et glabres.
Cette variété , ainsi que la suivante constituent le Triticum compactum de Host.
tt Épillets mutiques ( Triticum hybernum, L.). a. Épi compacte , serré ; é/iillets mutiques; balles rousses et glabres. Cette variété appartient, ainsi que nous l'avons dit, au Triticum compactum de Host. On la désigne sous les noms de Froment commun à épi comiiacte. Froment d'Alsace, sans barbes, à éi)i court.
/3, Épi lâche; épillets mutiques; balles blanches et glabres. Cette variété, dont le grain est jaune, est une de celles que l'on cultive le plus abondamment en France dans les endroits où la terre n'est pas coinpacte, et où elle a peu de fond. On la sème abondamment aux environs de .Montpellier. Elle |iorte le nom de Touzelle blanche sans barbes. Elle est d'automne.
y. Épi lâche; épillets mutiques; balles blanches et veloutées. On la nomme aussi Blé de Bohême. Elle est très-abondamment cultivée.
o". Épi lâche; épi'llels viutiqiies; halles glabres. Elle correspond au n» 8 de Tessier el porte g(''nt'ralement le nom de Blé de Laminas. Ce Froraenl nous est venu d'Anfileterre et se cultive particulièrement dans le di'parteiiient du Calvados où il est connu sous les noms de Blé rouge et Blé anglais.
£. Épi lâche ; épillcls mutiqiies; halles rousses et veloutées. Elle est souvent mélangée avec les autres variétés.
Fromei^t REwriÉ. Trilicum tnrgidiim , L. Lamarck et (|uelques autres botanistes, à son exemple, réunissent cette espèce avec la précédente. Il est vrai qu'elle en diffère fort peu. Ses principales différences consistent dans ses épis généralement plus courts et plus carrés, ordinairement penchés, par ses épillets également plus courts, et portant ordinairement trois ou quatre grains qui parviennent à leur maturité ; les balles sont ventrues, courtes, terminées par une pointe ou mucrone large; la carène est comprimée dans toute sa longueur; les fruits sont ovoïdes, renflés et opaques. Toutes ses variétés sont connues sous le nom vulgaire de Pétanielles. Elles sont toutes munies d'arête, ù l'excejition d'une seule. Voici les principales :
a. Épi barbu, blanc et velouté. C'est la Pétanielle blanche des agronomes. On lui donne encore les noms de Froment blanc, de Moulin blanc, etc. On la cultive en grand dans plusieurs cantons.
/3. Épi barbu, roux et velouté. Cette variété, qu'on nomme Pétanielle rousse, est en quelque sorte celle qui a servi de type à Linné pour établir son Triticum lurtjidum. Elle réussit très -bien dans les terres fortes et très-fumées, où elle produit de gros grains et en grande quantité. Elle préfère généralement une exposition un peu chaude. Son chaume est plein. On l'appelle aussi Clé de Sicile.
y. Épi barbu, roux et glabre. C'est la Pétanielle rouge ou Blé rouge de Montpellier. Elle est souvent mêlée avec la précédente.
1?. Épi barbu, très-dense; halles noires et velues. On la connaît sous le nom de gros Blé noir. On la cultive rarement seule.
£. Epi barbu, lâche; balles noires et velues. Cette variété, connue sous les noms de Pétanielle noire, de Froment gris de souris , est assez variable; elle est quelquefois d'un gris assez clair, d'autres fois presque noire.
ç. Epimutigue; balles velues. On la désigne généralement sous le nom de gros Blé sans barbe.
n- Épi rameux; balles velues. Cette belle variété, que l'on connaît sous les noms de Blé de miracle, Blé d'abondance, est pour un grand nombre d'auteurs une espèce distincte, qu'ils nomment Triticum compositam avec Linné fils. Mais elle nous paraît rentrer trèsbien dans le Triticum turgiilum. En effet, ses épis sont quelquefois parfaitement simples; et dès lors son caractère dislinclif disparait. La qualité de son grain, ainsi que le remarque Villars, dans son Histoire des plantes du Dauphiné, est tendre, délicate, et le rend propre à certaines préparations de pâtisserie, la pâle en étant plus blanche, plus (ine, el moins susceptible de fermenter. La culture de cette variété pourrait paiaitre au prcniiei- abord plus pioduclive qu'aucune aulro . à
cause de la grosseur de son épi qui est rameux. Mais ces avantages sont en grande partie annulés, par la difficulté avec laquelle cette variété mûrit dans nos climats, par le grand nombre de grains qui coulent, et par sa prompte dégénéralion. En effet, au bout de quelques années, si l'on s'est toujours servi des mêmes semences , l'épi finit par redevenir simple. Aussi ne la cultive-t-on guère que comme un objet de curiosité, du moins en France.
Fromeivt dur. Triticum durum, Desf., FI. Atl. 1, p. 114. Cette belle espèce, rapportée de Barbarie par le professeur Desfontaines et distinguée par lui du Triticum turgidum, a ses chaumes pleins; son épi carré, incliné; ses balles allongées, terminées par une large pointe ou mucrone; sa carène proéminente, sa glunie finissant en une longue arèle ; ses fruits sont ellipsoïdes, renflés, durs et demi-transparents. Cette espèce a été depuis décrite et figurée par Host ( Gram. Austr., 4, t. g) sous le nom de Trilicum liordeiforme.
«. Épi longuement aristé; balles velues. On lui donne le nom de Froment dur, Blé corné et barbu, Froment de Barbarie.
/3. Épi aristé; balles roussâtres el glabres. C'est surtout cette variété qui correspond au Triticuut hordciformc de Host. Comme elle ne donne que peu de farine, et d'une couleur brune, sa culture doit être abandonnée.
y. Épi aristé; balles glabres et panachées de deux couleurs. Cette variété est connue en Provence sous le nom de Tangarock. Elle est probablement oiiginaire de Barbarie. On la cultive rarement.
Frojiemt de Pologne. Triticum Polonicum, L., Sp. Cette belle cs|)èce est extrêmement tranchée et trèsfacile à distinguer de tons les autres Froments. Son chaume est plein , d'une teinte bleuâtre ainsi que les feuilles, presque jusqu'à la parfaite maturité ; son épi est très-allongé, comprimé, un peu tétragone, à épillets distiques, alternes, cl contenant quatre Heurs, dont les deux inférieures sont les seules fertiles el aristées; les valves extérieures sont membraneuses, carénées, plus longues que les fleurs qu'elles renferment, bidentéesà leur sommet.
a. Epi comprimé , distique, serré, barbu; balles velues. On l'appelle Blé de Pologne à épi serré. Blé de Mogador, Blé d'Egypte, Blé de Surinam.
/2. Epi lâche; halles divariquées et presque glabres. On la cultive peu.
Les Froments de cette première section ont sur ceux de la seconde un très-grand désavantage, celui d'être plus facilement dévastés par les Moineaux et autres Oiseaux des champs; tandis que les Épeautres, au contraire, par la dureté de deux écailles (lUi sont immédiatement appliquées sur leur grain, résistent facilement à leurs attaques. Mais aussi ils l'emportent sur les Épeautres par la qualité de leur farine qui est en efl'et beaucoup plus fine et de meilli'ure qualité. Il" Section. Épeautres.
Froment Épeabtre. Triticum Spelta, L. Cette espèce est bien distincte par ses chaumes fistnicux, ses épis presque tétragones, inclinés à l'époque de la maturité ; ses valves, tronquées au sommet, sont terminées par m\ .
nuicroiie obtus, piolongeinenl de la nervure de la carène; ses fruits sont triquêtres, allongés et pointus. La valve externe de sa glume est terminée par une longue arête Irès-roide, qui avorte dans quelques variétés, et alors elle présente deux petites dents. Le Tn'ticum Zea deHost est à peine une variété de l'Épeautre commun. Cette espèce est abondamment cultivée dans quelques parties de la France, et en particulier dans les pays de montagnes, tels que les Vosges. Voici ses principales variétés :
a. Épi barbu; baltes blanches et glabres. Cette variété est fort commune.
fi. Épi barbu; balles blanches el veloutées. Elle est fréquemment mêlée avec la précédente.
y. Épi barbu; baltes rousses et glabres.
S. Épi mutique; balles blanches et glabres.
s. Épi mutique; balles rousses et glabres. On cultive particulièrement cette variété surles basses montagnes; elle est très-robuste, mais mûrit quinze jours plus tard que la variété précédente.
ç. Épi mutique; balles rousses et veloutées. Souvent confondue avec la variété précédente.
y;. Épi mutique; baltes violacées et glabres. Cette jolie var iété a aussi le chaume violet dans sa partie supérieure. Il y en a encore une autre variété qui est presque bleue; mais elle est fort rare.
Froment AMYiACÉ. Trilicum amxlcum, Seringe, Céréal., Suiss., p. 124. Cette espèce, que Seringe sépare de l'Épeautre, en diffère par les caractères suivants : elle est glauque dans toutes ses parties; son cbaume est plein; ses épis comprimés, dressés; ses épillets étroitement imbriqués; ses valves terminées insensiblement par un large mucrone; sa carène comprimée, très-saillante et arquée, ayant ses côtés convexes; ses fiuits triquêtres, allongés, pointus et renflés. Les auteurs anciens, et en particulier C. Baubin, Rai, etc., avaient très-bien distingué celte espèce , que l'on trouve mentionnée dans leurs ouvrages sous le nom de Zea amylea, etc.
a. Épi aristé; balles blanches, glabres; mucrone recourbé. Celte variété est l'Épeautre serré de la Flore française; c'est une plante extrêmement précieuse, que l'on cultive également comme Céréale d'automne et de printemps. Sa farine est extrêmement blancbe, et l'on en forme un amidon d'une grande blancheur. Seringe dit qu'elle réussit dans tous les terrains, depuis le plus marécageux jusqu'au plus sec. On la désigne sous les noms de Bléamidonnier. grand Épeaulre, etc.
^. Épi presque mutique ; bulles blanches et glabres; semences très-renflées. Cette variété se dislingue surtout par ses grains manifestement renflés; ses arêtes très-courtes, dontles inférieures sont presque constamment avortées.
y. Epi aristé; balles blanches et veloutées.
S. Epi aristé: balles noirâtres, velues; grains brunâtres. C'est le Tn'ticum atralum de Host (Gram. j Austr. 4, t. 8), qui ne diffère en rien du Trilicum ' amyteum. On ne cultive cette variété que comme objet ! de curiosité.
s. Épi aristé rameux; balles blanches et glabres.
Froment Luciii.ar. Triticnni monococcum. L.. Sii.
Cette espèce est jaunâtre; son épi est comprimé; ses épillets étroitement imbriqués, contenant une seule fleur fertile; ses valves sont fortement carénées, Iridentées à leur sommet , un peu plus courtes que les fleurs; l'arête est longue et roide; les graines sont demi-lransparcntes et triquêtres. On la cultive ordinairement en Blé de mars. Elle est connue sous les noms de Blé Locular, petit Épeaulre , Froment monocoque , parce que des quatre fleurs qui composent chaque épillet, une seule esl fertile et porte graine. On dit généralement que son grain est le plus petit du genre. On en voit néanmoins dont la grosseur égale celle du Froment ordinaire et de bonne qualité.
Froment veine. Triticum venulosum, Seringe, lac. cit., p. 135. Celte espèce, originaire d'Égyple, n'est pas cultivée en France ni en Belgique. Il est assez inutile de la décrire.
Les grains des Épeautres. observe Tessier, sont difficiles à séfarer par le battage, ou plutôt ne se séparent pas par ce seul moyen. L'axe se brise, les épillets se détachent en entier; et il faut, pour obtenir la farine, une double opération : 1" enlever les balles; 2" moudre le grain , ce que l'on peut faire par le même moulin ; il ne s'agit que d'y adapter un venticulatcur, et ensuite de rapprocher les meules. Outre cette particularité qui distingue les Épeautres des autres espèces de Froment, il y en a une autre qui en forme le caractère distinctif, ainsi que nous l'avons dit précédemment, c'est qu'on ne peut enlever un seul épillet sans briser l'axe commun de l'épi , ce qui n'a jamais lieu dans les Froments proprement dits.
Culture du Froment.
La culture du Froment est tellement répandue et si bien connue , que nous croyons inutile d'entrer dans aucun détail à cet égard. Nous nous contenterons d'en indiquer succinclemenl les points les plus importants. On sème le Froment à deux époques difl'érentes de l'année, savoir à la fin de l'automne et à la fin de l'hiver, ce qui forme les Clés d'automne et les Blés de mars. Mais cette distinction est de bien peu d'importance; car on voit très- fréquemment des Froments de mars devenir Froments d'automne, et cicetersâ. Le professeur Yvart assure que le Froment d'automne, tiré du Midi, devient plutôt Froment de mars que celui de mars, venu du même pays. Le choix de la semence n'est point une chose indifférente. On doit toujours la choisir suivant la nature de la terre. C'est à l'expérience à éclairer le cullivaleur et à lui faire connaître les variétés qui conviennent le mieux à la nature de son terrain. On a dit que la semence dégénère et qu'il faut en changer de temps en temps, pour ne pas semer plusieurs années de suite les graines provenant d'un même terrain. Mais les expériences de Tessier ont démontré que la semence ne dégénère pas même au bout d'un grand nombre d'années, lorsqu'elle est toujours placée dans le même terrain, à moins de circonstances accidentelles, qui en altèrent la nature et la qualité. Ainsi, le Blé d'un champ ou d'un canton aura pu soufl^rir par suite de gelée ou de pluies trop abondantes, et ses graines ne point acquérir une maturité parfaite. Dans ce cas, on conçoit que ce Blé pourra ne pas faire de bonne semence, et
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«in'il sera utile d'en eliaiiyer. Mais lioi-s ces cas , il n'esl pas nécessaire de changer la semence, 'fessier cile à cet égard des expériences faites pendant trente ans, toujours avec les mêmes graines, qui n'ont aucunement dégénéré. Lorsque l'on veut toujours avoir de bonnes semences, on fait battre imparfaitement les gerbes au uiois d'octobre , et on les replace ensuite dans la grange pour les faire battre de nouveau pendant l'hiver. Par le premier battage on obtient des grains gros et bien nourris que l'on réserve pour la semence. 11 se présente une autre question. Doit-on toujours se servir de Blé récolté la même année pour semence? Quelques agriculteurs pensent (|ue cette prali(|ue est nécessaire. Mais l'expérience a encore démontré que le Blé conservé pendant trois ou quatre ans , ne perd en aucune manière sa projiriété germinative, et qu'ainsi il n'est pas indispensable d'avoir toujours les semences de la même année. Néanmoins il faut remarquer que le Blé ainsi conservé, étant plus sec, il faut le semer un peu plus tôt qu« celui de l'année, parce qu'il germe moins promptement. Lors- (pie la terre a été bien préjiarée par le nombre de labours nécessaires et par les engrais convenables, il faut alors procéder à l'ensemencement. On a d'abord et préalablement choisi fit préparé la semence par le chaulage. 11 est difficile d'établir d'une manière absolue la quantité de semences à répandre par arpent. Cela dépend beaucoup et de la nature du terrain et de l'époque à laquelle on fait l'ensemencement. Si on sème clair, ainsi que l'observe Tessicr, dans une terre médiocie, on n'a qu'une trop faible récolte, parce que chaque grain de semence ne produit ipie trois ou quatre tiges, et alors on ne (irofite pas de tout le terrain ; en semant dru , on obtient plus de tiges et jjIus de grains, le champ étant mieux garni. N'eût -on alors «lue plus de paille, on aurait du profit, et de plus les tiges étant plus rapprochées, le terrain est moins facilement desséché par le .soleil. Dans une terre foi te, le contraire a lieu; il faut lui donner peu de semences , parce (|ue les souches tallant beaucoup, s'étoufferaient si elles étaient trop nombreuses. Suivant la saison, la quantité de la semence devra également varier. Ainsi on devra en répandre moins sur les pièces que l'on sème en automne que sur celles que l'on sème en mars , parce que les grains tallent bien plus facilement dans les premières que dans les dernières. En général , on répand trop de semences. Assez généralement on sème un setier de Blé, mesure de Paris, du poids d'environ deux cent quarante à deux cent cinquante livres par arpent de cent perches ù vingtdeux pieds. Par un grand nombre d'expériences , Tessier a reconnu que celte ([uantité était beaucoup trop considérable, et qu'à mesure qu'on la diminuait, on voyait augmenter en proportion la quantité de la récolle. Voici ce qu'il dit ùcet égard (Dict. d'Agric. , art. Frohepît). Dans une pièce de terre appartenant à un fermier, nous avons pris un espace de vingt -huit perches devingt-deux pieds carrés, d'une bonne (pialité sans être de la première; elle avait été bien préparée et à la manière ordinaire ; quatorze de ces perches ont été ensemencées avec vingt-huit livres de Froment, ou deux livres par perche, selon l'usage des fermiers qui sèment le plus clair; les quatorze autres perches ont été
ensemencées tliacunc avec une livre de rr(mient. Cellesci ont produit des tiges fortes et élevées . qui ont donné cent quarante livres de Froment, déduction faite de lu semence; celles (|ui ont été ensemencées avec le double de grain , n'ont produit en tout que quatre-vingt-quatorze livres ou seulement soixante -six livres en déduisant la semence, proportion qui n'a pas excédé le produit du reste de la pièce de terre et des champs environnants où les tiges étaient faibles et basses. Ce.î expériences, faites par plusieurs autres propriétaires, ont toujours obtenu le même résultat. D'où il suit qu'en ne semant qu'une livre de grains par perche, non seulementon éjiargne moitié de la semence, ce qui est déjà une assez grande économie dans une grande exploitation, mais encore on obtient constamment un produit plus considérable qu'en employant le double de semence.
11 y a, comme on sait, trois manières d'ensemencer les terres : 1» à la volée, 2" au semoir, 3" au plantoir. La première de ces méthodes , qui consiste à lancer le Blé par poignées et à le répandre sur la terre bien préparée, est presque la seule qui soit généralement employée en France, du moins dans les grandes exploitations. Un cultivateur, qui en a bien l'habitude, répand de cette manière la semence avec assez de promptitude et d'égalité. Quant aux différentes espèces de semoirs, qui ont été inventés pour remplacer l'ensemencement à la volée, ce sont tous des machines trop compliiiuécs pour être mises dans les mains des domestiques qui doivent en faire usage, et d'un prix trop élevé pour les agiiculteurs peu fortunés. La troisième méthode, ou celle au plantoir, nous est venue d'Angleterre, à la tin du siècle dernier. Un homme tient à cha(iue main un plantoir à deux branches avec lesquelles il fait quatre trous à environ quatre pouces de distance les uns des autres, el en suivant la trace des sillons. Pendant ce tem|)s, une femme ou un enfant place dans clia<|ue trou deux graines de semences, tandis qu'un autre le% recouvre en hersant au moyen d'une poignée de petits branchages. Cette méthode, qui a d'abord été mise en pratique à Liancourt par le duc de La Rochefoucauld , économise une très-grande quantité de semence, mais elle exige beaucoup de temps. Ainsi, en quatre jours, un homme et quatre enfants peuvent ensemencer un arpent de cent perches. Cette pratique, selon la remarque de Tcssier, convient au particulier possesseur de quelques champs seulement, qui, en se chargeant luimême avec sa famille de les ensemencer, se rend indépendant du laboureur et ne laisse pas échapper le moment favorable. Il est préférable à l'ensemencement à la volée, lorsque le Blé est cher et dans les pays où les bras sont nombreux et les salaires à bon marché. Quelle que soit la méthode d'ensemencement dont on ait fait usage, il est de la plus haute importance, quand le Blé commence à pousser, de le purger de toutes les mauvaises herbes, par des sarclages nombreux. Par ce moyen, non-seulement on oblienl du Blé plus pur, mais on en récolte une plus grande quantité, parce que les plantes étrangères n'étoulîent pas le grain.
Nous pourrions multiplier encore de beaucoup les observations et les préceptes sur lu culture du Fromeui ,
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mais de pareils détails, malgré riiilérèt qu'ils inspirent, sortiraient trop du plan de cet ouvrage. Nous ne dirons donc rien ni de la récolte du Froment, ni de sa rentrée dans les granges, ni de son battage, etc., renvoyant, pour cet objet, aux ouvrages qui traitent ex professa de l'agriculture. Nous terminerons tout ce qui a rapport aux Froments cultivés par quelques mots sur les belles pailles avec lesquelles on fait les chapeaux en Suisse et surtout en Italie. Les pailles d'Italie sont bien plus fines et bien plus recherchées que celles de Suisse, aussi ne les prépare-t-on pas de la même manière dans les deux pays. En Italie, c'est une variété de Froment à épi blanc, glabre et sans barbe, que l'on emploie à cette culture. On choisit pour cela des champs très-pierreux, ordinairement sur des collines, que l'on fume soigneusement avec de la fîente de Pigeon. On sème très-dru, afin que les tiges, étant serrées les unes contre les autres, s'allongent et s'étiolent. C'est principalement entre Florence et Pise que ce genre de culture est mis en usage. Quand l'épi a Heurs et que la paille est bien blanche, on la coupe ras de terre. Pour se procurer des brins d'un grand prix, on les coupe un à un, afin de pouvoir les choisir et rejeter tous ceux qui présentent quelque imperfection. Pour la fabrication des chapeaux communs, on fait sécher les pailles au soleil, en ayant soin de les garantir de la pluie ou de l'humidité. Quand on veut avoir des pailles très -fines et très- blanches, on choisit les brins les plus fins,ettiuand ils ont été séchés au soleil, on les place dans une pièce où le jour ne pénètre pas et on les range avec soin. On y brûle dans un réchaud du Soufre en assez grande quantité pour les blanchir et leur donner du lustre et de la souplesse. Après cette première préparation , on tresse alors les pailles. Ce travail exige un soin extrême et une trèsgrande habitude de la part des femmes qui en sont chargées. La différence entre les pailles d'Italie et celles de Suisse, c'est que dans le premier de ces pays, on emploie les brins entiers, tandis que, dans le second, on les fend dans toute leur longueur.
Pour terminer l'histoire des Froments, il nous resterait à parler des espèces sauvages, mais nous nous contenterons de dire quelques mots du Chien -Dent, Triticum repens, L. Celte plante fait le désespoir du cultivateur par la rapidité avec laquelle elle se projiage. Sa racine est horizontale, extrêmement longue et rampante. Ses tiges sont roides, dressées, hautes d'un pied à un pied et demi, glauques ainsi que ses feuilles; ses épis sont comprimés, composés d'épillets tantôt mutiques et tantôt aristés. Ses racines sont employées en médecine comme apéritives et diurétiques. Cette plante fait aujourd'hui partie du genre .\gropyron. F. ce mot.
On a quelquefois et trèsimproprenienl étendu le nom de Froment à des plantes (|ui n'ont presque point de rapport avec le genre Tiilicuin; ainsi l'on a nommé :
Fbomeivt b.yrbd, VHonleiim Zeociituiii. l' . Orge.
Frohe>t de V'AcnE, le Mélampyre des champs.
Frome:st noir, le Sarrasin.
Froment des Indes, le Maïs, etc.
FROMENTAIRE od FRCMENTALITES. Lapis fnt- «/e«<a/i«s.GÉ0L. D'anciens oryctographes, et Scheuclizer entre autres, donnèrent ce nom à des Pierres com-
posées de Nummuliles qu'on regardait comme des grains de Blé fossile. On trouve dans Fortis la figure assez semblable à celle d'un grain d'Orge représentant de semblables Fromentaires qu'on rencontre en Suisse et dans le Véronais. Certains champs de la Belgique, si riche en Fossiles , particulièrement dans les environs de Bruxelles au bois de Forêt, offrent aussi des Fromentaires qui ressemblent à du Blé ou à de petits Haricots pétrifiés, mais qui ne sont pas d'origine végétale. Il est même douteux que ce soient des restes de Polypiers. On serait tenté d'y reconnaître des fragments de diverses Coquilles, roulés et arrondis par le frottement, de manière à présenter la figure particulière qui leur mérita le nom imposé par les anciens oryctographes. Ces Fromentaires sont éparses à la surface du sol, confondues avec de petits Glossopètres et des Anomies.
FROMEMAL. bot. L'un des noms vulgaires de 1'^veua elatior, vantée comme un excellent fourrage.
FROMEMEAU. bot. Du temps d'Olivier de Serre, on donnait ce nom aux fruits des Ronces; il est employé aujourd'hui en Champagne pour désigner une excellente qualité de Raisin.
FROMENTONE. BOT. Synonyme de /"o/xîfOJiMwt Convotviiliis, L.
FRONDE. Frons. noT. (Fougères.) On appelle ainsi, en cryptogamie, les feuilles qui s'élèvent de la racine OU de la tige. Tantôt la Fronde est simple et sans divisions, tantôt elle est pinnatifide, palmée, digilée, ou plus ou moins composée. Ces différences servent à établir la distinction entre les diverses espèces. Mais comme on rencontre souvent des espèces indifféremment simples et rameuses, on peut regarder ces distinctions comme fausses. Le mot de Fronde, employé aussi dans les Lichens, y a été rem]>lacé par celui de Thallus; il est aussi d'usage en hydrophytologie. f^. Lichen, LiNDSÉE et HïDROPHYTES.
FRONDICULAIRES. MoiL. Foss. Genre de Céphalopodes à cellules simples, faisant partie de la famille des Stycostègues de Cuvier. Le Ixenulitia complanata de Blainville est le type de ce genre.
FRONDICULINE. FrondiciUina. polyp. Genre de Polypiers que Lamarck avait établi dans son Extrait du Cours de Zoologie du Muséum d'Histoire naturelle. Lamouroux l'avait proposé sous le nom d'Jileoita, dénomination que Lamarck a adoptée dans son grand ouvrage sur les Animaux sans vertèbres. II le place parmi les Polypiers à réseau, avec les Flustres, les Cellépores, les Eschares, etc. Dans son Exposition méthodi<iue des genres des Polypiers, Lamouroux réunifies Adéones aux Escharées, ordre dont la composition diffère beaucoup de la section des Polypiers à réseaux. F. Adéones.
FRONDIFLORE. BOT. Syn. de Phyllanlhe. r. ce mot.
FRONDIPORE. Frondipora. poi.vp. Bonanni a donné ce nom au Gonjonia flabellum de Linné. D'autres naturalistes l'ont appliqué à des Madrépores fossiles, ainsi qu'à des Millépores à expansions foliiformes.
FRONDULE. Frondula. bot. Nom que l'on donne à l'ensemble des feuilles, dans les Mousses.
FRONT. zooL. Partie de la tète i[ui surmonte les yeirx dans les Vertébrés. Chez les Oiseaux, il s'étend depuis
la hase de la iiiaiiilibiilu siipi-neure jus(|u'aii soiniia't de la lêle qui foiiiie à son tour l'intervalle du Front à la nuque.
FROiSTAUX. ïooL. V. Crane.
FRONTIROSTKES OD RUINOSTOJIES. iNS. Dumérll donne ce nom (Zool. Anal.) à une famille de l'ordre des Hémiptères, qui est comprise dans celle des Géocorises de Latreille, et qui renferme les genres Pentatouie, Sculellaire, Corée, Acanlliie, Lygée, Gerreet Podicère. A', ces mots et Géocorises.
FR0.ST1E. Froslia. bot. La plante dont Bertero a fait le type de ce genre nouveau, a été trouvée par lut au Chili; elle fait partie de la famille des RafQésiacées de R. Brown ou des Rbizantliées de Blume, famille composée d'un très- petit nombre de végétaux remar- (piables soit par les dimensions gigantesques des fleurs, surtout dans l'espèce principale, soit par la singularité de leur organisation Uorale et même de la structure de leur tissu, à tel point que certains auteurs les ont placés entre les plantes colylédonées et acotylédonées, et même que quelques botanistes les ont assimilés aux végétaux cellulaires ou acolylédonés. Caractères : Heurs diclines ; les màles pourvues de deux ou trois bractées linéaires; calice divisé en qnatre parties lancéolées, réunies seulement à leur base; corolle composée de quatre pétales libres, concaves -arrondis, étalés vers le sommet; colonne centrale, terminée pai' une sorte de cbapeau hémisphérique, marqué verticalement de trois à quatre lignes; anthères uniloculaires, disposées annulairemcnt sur trois rangées, sous le chapeau; tissu cellulaire de la colonne traversé longiludinalemenl par une multitude de petits vaisseaux. La fleur femelle n'a l)oint encore été décrite.
Fhostie parasite. Frostia parasilica, Brol. La plante est dépourvue de liges et de feuilles; les fleurs sont adhérentes aux rameaux de VJilesmia arborca, sessiles, éparses, serrées, petites, longues de deux à trois lignes au plus, et d'un jaune rougeàtre ; alabastres globuleux et tuberculiformes; deux ou trois bractées sous chaque fleur, insérées un peu en dessous du calice, linéaires-lancéolées, obtuses au sommet, rapprochées, fauves extérieurement, rougeàtres et concaves à l'intérieur; segments du calice glabres et d'un brun jaunâtre; pétales concaves, arrondis, et d'un blanc jaunâtre; colonne génitale s'élevaiit du centie de la fleur : son chapeau est scssile, d'un jaune blanchâtre, criblé et couvert d'une multitude de papilles marginales.
Par cette plante la famille des Ralflésiacécs se trouve augmentée d'un genre qui offre un plan d'organisation très-analogue àcelui des genres Cytinus, Jpodantbcs, Rafjlcsia et Biui/mansia. Il a les plus grands rapports avec ce dernier tant par sa colonne surmontée d'un chapeau bombé, imitant l'aspect d'un petit bolet ou agaric, que par ses enveloppes florales et la disposition de ses étamines; mais celles-ci sont uniloculaires et en triple rangée, au lieu d'être biloeulaires et sur une seule série, comme dans le Bnigmansia. L'absence complète de cavilés pseudocarpiennes qui sont si évidentes dans le Bnigmansia et que le docteur Blume a représentées avec tant de détails, éloigne encore la
plante en quislion de ce genre, tandis i|ue ce caractère négatif la rapproche des genres Cylinus et Apodanllies dont les espèces sont réellement des i)lantes diclines. Comme VApoilanthes, le Frostia croit sur des branches et non surdes racines. C'eslune circonstance digne d'intérêt et qui doit faire généralement substituer au nom de Rhizanthées, proposé par le docteur Blume. pour la famille qui comprend tous ces végétaux parasites, celui de Raiflésiacées que lui a donné Robert Brown.
FROUFROU. OIS. Nom que l'on donne, dans les colonies américaines, aux Colibris et Oiseaux-Mouches dont le vol est accompagné d'un bruit indicatif de ce
FRUCTESCENCE. Fructesccntia. bot. On emploie ce mot pour désigner l'époque de la maturité des fruits.
FRUCTIFICATION, bot. Ensemble des phénomènes qui accompagnent la formation du fruit, ou des moyens supposés reproducteurs. C'est dans ce sens que l'on dit époque de la Fructification ; les organes de la Fructification sont le péricarpe, la graine, etc. 1^. Fruit.
FRUCTIFLORE. Frucliflonis. bot. Lamarck donne cette épilhète aux fleurs à ovaire infère.
FRUCTULE. Fnictulus. BOT. Se dit de chacun des fruits particuliers qui concourent à la formation d'un fruit composé.
FRUGARUITE. 5im. L'un des synonymes d'idocrase. y. ce mot.
FRUGILEGA et FRUGILEGUS. ois. Synon. de Freux. y. Corbeau.
FRUGIVORES. ïooi. On donne généralement ce nom aux animaux, quelle que soit la classe à laquelle ils appartiennent, qui se nourrissent de fruits. En ornithologie. Vieillot donne ce nom à la septième famille des Oiseaux sylvains de sa méthode. Celte famille comprend les genres Musophage et Touraco. y. ces mois.
FRUIT. Fruclus. bot. L'organisation du Fruit est sans contredit un des points les plus imporlants de la botanique descriptive et fondamentale; c'est elle qui fournit les caractères les plus fixes pour la coordination des genres en familles naturelles. Aussi n'a-l-on commencé à bien étudier cet organe que depuis l'introduction de la méthode des familles naturelles dans la botanique, et à cet égard nous devons particulièrement citer les travaux de Jussieu, de Gœrtner, de Correa-de- Serra, de Mirbel, de Rob. Brown et de Richard, qui ont successivement éclairé de leurs lumières ce point obscur de la botanique fondamentale. Mais pour que la structure du Fruit puisse être d'une grande importance dans la classification méthodique des végétaux, il faut connaître les déviations accidentelles qu'il peut subirdans certains cas et qui altèrent plus ou moins profondément sa véritable organisation. Le professeur Richard a émis à cet égard un principe général, fécond en applications utiles, et qui paraît un guide sûr pour reconnaître les altérations que le Fruit peut éprouver pendant sa maturité. C'est dans l'intérieur de l'ovaire , a-t-il dit, à l'époque de la fécondation, qu'il faut étudier la véritable structure intérieure du Fruit; car, plus lard, par suite d'une fécondation incomplète, on voit souvent des ovules avortés, des loges et des cloisons disparaître,
au point que dans cerlains genres, (cl que le Clifne, par exemple, des ovaires à plusieurs loges et à plusieurs ovules, peuvent devenir des Fruits uniloculaires et monnspermes. On conçoit, d'après cela , que pour établir les véritables affinités de ce genre, il ne faut pas autant avoir égard à l'organisation de son Fruit (|U'à celle de son ovaire. Ce que nous venons de dire du Cliéne pourrait également s'appliquer à plusieurs familles tout entières, comme à celle des Jasminécs, par exemple, où le Fruit est régulièrement sujet à des avortements constants.
On donne le nom de Fruit à l'ovaire fécondé, et qui a pris un accroissement plus ou moins considérable. Il se compose de deux parties distinctes, savoir, le péricarpe et la graine ou les graines. Nous n'étudierons ici que le premier de ces organes, renvoyant au mot Graine pour tout ce qui a rapport à cette partie importante du Fruit.
Le péricarpe est la partie extérieure du Fruit, celle qui en forme les parois; ce n'est rien autre chose que l'ovaire, et il présente, comme ce dernier, une ou plusieurs cavités nommées loges, contenant cliacune une ou plusieurs graines. C'est le péricarpe qui détermine la forme du Fruit, ou, pour parler plus exactement, ce sont les graines renfermées dans son intérieur, car on voit cette forme varier quand un certain nombre de graines avortent. Sur un des points de la surface externe du péricarpe, généralement à sa partie supérieure, on aperçoit une petite pointe ou une petite cicatrice, qui indique le lieu où le style était placé. Quelquefois le style lui-même persiste, et prend un accroissement plus ou moins considérable, ainsi qu'on peut le voir dans les genres Pulsatille et Clématite. 11 en est de même du stigmate, toutes les fois qu'il est sessile il fait partie du péricarpe; c'est ce que montrent les genres Pavot, Tulipe, etc. Ce point basilaire du style ou du stigmate marque constanmient le sommet organique du Fruit, qu'il ne faut pas confondre avec son sommet géométrique. Ce dernier, en effet, est le point le plus élevé du péricarpe, celui qui est diamétralement opposé à sa base ; or, on conçoit que toutes les fois que le style ou le stigmate est latéral, le sommet organique est différent du sommet géométrique. Cette distinction est quelquefois importante dans la description de certaines espèces de Fruit. Le péricarpe existe constamment; il n'y a pas de Fruit sans péricarpe; mais quelquefois, lorsqu'il est à une seule loge et contient une seule graine, il est tellement mince et tellement adhérent avec la surface externe de la graine, qu'il se soude quelquefois avec elle et ne peut en être séparé. C'est dans ce cas que les auteurs anciens ont attribué aux Graminées, aux Cypéracées, aux Synanthérées, aux Labiées, etc., des graines nues. On doit s'étonner que dans l'état actuel de la science quelques auteurs aient de nouveau reproduit cette erreur, en attribuant pour Fruit aux Labiées quatre graines nues au fond du calice. Le péricarpe est essentiellement formé de trois parties : 1» de vaisseaux , qui servent à le nourrir et qui forment un réseau plus ou moins épais, dont les mailles sont remplies d'un parenchyme plus ou moins succulent; 2" d'une membrane externe,
recouvrant ce parenchyme; 3" d'une autre membrane tapissant sa paroi interne et circonscrivant ainsi les loges ou cavités qu'elle présente. On a donné le nom de sarcocarpe à cette partie vasculaire et souvent cliarnue du Fruit; celui d'épicarpe à la membiano externe, et cnfîn , celui lïendocarpe à la membrane intérieure. Nous allons étudier chacune de ces parties séparément.
L'épicarpe est cette membrane ou pellicule qui recouvre la surface externe du Fruit; généralement, il n'est autre chose qu'un prolongement de l'épidermc qui recouvre les autres parties du végétal. Mais dans certains Fruits, l'épicarpe est formé par le calice luimême; c'est ce qui arrive, par exemple, toutes les fois que l'ovaire est infère; car, comme dans ce cas le calice est soudé avec toute la paroi externe de l'ovaire, on conçoit que le Fruit doit également le représenter. On reconnaîtra facilement cette origine de l'épicarpe : 1" par l'observation de l'ovaire, dont on aura reconnu la position infère; 2» dans le Fruit m(ir, toutes les fois que l'épicarpe est formé par le calice, on aperçoit à la partie supérieure du Fruit, soit les dents mêmes du calice, soit une petite cicatrice ou ombilic, qui en indiquait la position. C'est ce qu'on aperçoit très-bien dans les Grenades, les Pommes, les Poires, etc.
L'endocarpe est, ainsi que nous l'avons dit précédemment, la membrane qui revêt la cavité interne du péricarpe. Sa consistance varie beaucoup; ce n'est, en général, qu'une simple membrane plus ou moins fine et mince, se repliant dans l'intérieur du péricarpe pour en former les cloisons. Quelquefois il offre la consistance du parchemin, ou celle d'un cartilage ou même d'un os. Dans ce dernier cas il est épaissi extérieurement par une certaine portion du sarcocarpe , qui se soude totalement avec lui et ne peut plus en être séparé, et l'endocarpe ainsi ossifié constitue un noyau , quand il n'y en a qu'un dans un même Fruit, ou des nucules quand il en existe plusieurs. Autrefois, on considérait le noyau comme une partie de la graine, et non comme appartenant au péricarpe. Mais on reconnaîtra facilement son origine et la manière dont il se forme, en coupant en travers un Fruit à noyau, tel qu'un Abricot ou une Pèche, peu de temps après la fécondation. On apeiçoit manifestement alors l'endocarpe, qui est encore mince et membraneux, et la portion du sarcocarpe qui l'avoisine, qui n'a point encore acquis la dureté osseuse qu'elle offrira plus tard. Lorsque l'endocarpe est osseux, il s'ouvre quelquefois d'une manière régulière en un certain nombre de valves, quoique le sarcocarpe et l'épicarpe soient indéhiscents ou bien se déchirent d'une manière irrégulière. C'est ce que l'on observe, par exemple, dans le Fruit des différentes espèces de Noyer.
Le sarcocarpe est la partie du Fruit placée entre la membrane interne; il est formé par les vaisseaux qui nourrissent le péricarpe et la graine. Il ne faut pas croire que le sarcocarpe, ainsi que semblerait l'indiquer son nom, soit toujours épais et charnu, comme on l'observe, par exemple, dans la Pêche, la Prune, le Melon, et en général dans tous les Fruits (|ue pour celte raison l'on nomme Fruits charnus. Quelquefois il
forme une couche liès-mince, et dans les l'riiils dont le péricarpe est sec ù l'époque de la maturité, il semble ne pas exister; mais on en reconnaîtra toujours l'existence, quelle que soit d'ailleurs sa ténuité, en se rappelant qu'il est essentiellement formé par les vaisseaux chargés de la nutrition du Fruit et de la graine, et, comme ces vaisseaux ne peuvent jamais manquer, le sarcocarpe existe constamment.
Le péricarpe peut présenter intérieurement une ou plusieurs cavités nommées loges. Suivant le nombre de ces loges, on dit qu'il est uniloculaire, biloculaire, triloculalre, quadriloculaire, quinquéloculaire ou multiloculaire. On donne le nom de cloisons aux lames qui séparent les loges les unes des autres. On dislingue les cloisons en vraies et en fausses, en complètes et en incomplètes. Les véritables cloisons , celles qui doivent exclusivement porter ce nom, ont tontes une même manière de se former. Elles sont le résultat de l'adossemenl de deux lames de l'endocarpe, ou membrane pariétale interne, soudées entre elles par une petite portion du sarcocarpe. Il en résulte que les cloisons vraies sont toujours lisses et unies. Elles alternent généralement avec chaque stigmate ou chacune de ses divisions. Il n'en est pas de même des fausses cloisons; ce sont des lames de diverse nature, plus ou moins saillantes dans l'intérieur du péricarpe, jamais formées par l'endocarpe, correspondant en général à chaque stigmate ou à chaque division du stigmate; le plus souvent ce ne sont que des tiophospermes qui sont chargés de graines. C'est ce que montre, par exemple', le fruit des Pavots. Il offre intérieurement des lames saillantes en forme de cloisons, dont le nombre varie suivant les espèces, et qui, recouvertes entièrement de graines, sont de véritables trophospermes.
On distingue encore les cloisons en complètes et en incomplètes. Les premières sont celles qui s'étendent sans la moindre interruption dans toute la cavité intérieure du Fruit, de manière que les deux loges qu'elles séparent n'ont entre elles aucune communication. Dans les fausses cloisons, au contraire, il y a une interruption de continuité qui permet aux deux loges de communiquer entre elles. Le Fruit de la Pomme épineuse (Datitra stramonium , L.) offre réunies ces deux sortes de cloisons. Dans le plus grand nombre des cas, les cloisons sont placées de champ; elles sont longitudinales ; dans quelques genres elles sont transversales, par exemple, dans toutes les espèces du genre Casse.
Il est fort important de bien distinguer les parties qui appartiennent au péricarpe de celles qui appartiennent à la graine. Jusqu'à ces derniers temps, on n'avait pas eu de règle fixe à cet égard , et quelques botanistes décrivaient, comme faisant partie du Fruit, des organes appartenant ù la graine et vice versa. Le professeur Richard, dans son excellente Analyse du Fruit, a fait disparaître ces incertitudes, en précisant avec netteté la limite piécise entre la graine et le péricarpe (|ui la renferme. Cette limite, c'est le hile, c'està-dire le point de la surface externe de la graine, par lei|uel les vaisseaux nourriciers du péricarpe s'intioduisent dans le tégument propre de la graine. Tout ce
qui est en dehors du hile doit être rapporté au péricarpe ; tout ce qui est placé en dedans fait partie de la graine.
Les graines ne sont pas libres et flottantes dans l'intérieur du péricarpe . ou elles ne le sont qu'accidentellement. Elles sont toujoiu's attachées à un corps plus ou moins saillant de l'intérieur de chaque loge, auquel on a donné le nom de placenta, par la comparaison qu'on en a faite avec le placenta des animaux, ou, ce qui est mieux, celui de trophosperme, parce qu'en effet c'est par son moyen que la graine reçoit sa nourriture. On a appelé cordon ombilical, funicule ou mieux encore podospernie, le trophosperme qui ne porte qu'une seule graine, ou chaque saillie de ce corps terminée i)ar une graine. Le trophosperme est une saillie interne des vaisseaux qui forment le sarcocarpe; il en résulte nécessairement que là où il existe, l'endocarpe doit être peicé dans une étendue plus ou moins considérable ; et, lorsque par suite de la maturité ou de la dessiccation, le trophosperme vient à se détacher, il laisse toujours une cicatrice qui sert à faire reconnaître la place (|u'il occupait.
Cette position du trophosperme est en effet une chose de la plus haute importance à bien observer. Dans un péricarpe à plusieurs loges, le trophosperme est en général placé à l'angle interne de chaque loge; mais dans un péricarpe uniloculaire, il peut offrir plusieurs positions qu'il est nécessaire de distinguer : l" il peut être basilaire, c'est-à-dire occuper la base de la cavité péricarpienne, comme dans le Dionœa, par exemple; 2» il peut être siipère , c'est-à-dire naître du sommet de la loge, comme dans beaucoup de Santalacées;ô'> il est central ou axille, lorsqu'il s'élève comme une colonne au centre du Fruit : un grand nombre de Caryophyllées, de Portulacées, etc., en offrent des exemples; 4" enlîn, il peut être pariétal, c'est-à-dire naître de la paroi interne du péricarpe. Mais dans ce dernier cas, il faut encore distinguer celui qui est placé sur la face interne de chaque valve, et celui qui naît sur la suture qui unit les valves; dans ce dernier cas, il est appelé stitural. Ainsi , le trophosperme est pariétal dans les Violettes, suturai dans les Fiankéniacées, les Asclépiadées, les Crucifères, les Légumineuses, etc.
Le trophosperme ou le podospernie s'arrête ordinairement au contour du hile et ne touche à la graine que par la surface de ce dernier point. Mais quebpiefois cependant il se prolonge sur la surface externe de la graine en formant une enveloppe accessoire qui la recouvre en partie ou quelquefois en totalilé. C'est à ce prolongement du tropbosiierme qu'on a donné le nom d'arille. (V. ce mot.) L'arille est donc une partie du péricarpe et non un des téguments de la graine, ainsi que le veulent quelques auteuis. Par un nombre infini d'observations, le professeur Richard est arrivé à celte loi générale que l'arille n'existe jamais dans les plantes ù corolle monopétale. Le petit nombre d'exceptions que l'on avait citées à celte loi provenait de ce qu'on avait donné le nom d'arille à des parties qui en différaient essentiellement.
Les graines étant renfermées dans l'intérieur du péricarpe, il faut, à l'époque de la maturité du Fruit,
pour qiiff les graines se trouvent placées dans les ciiconslances favorables à leur développement, que le péricarpe s'ouvre naturellement. Cependant quelques Fruits restent constamment indéhiscents; tels sont, par exemple, tous les Fruits charnus en général, les Pommes, les Poires, les Pêches, les Prunes, les Melons, etc. Au contraire, les Fruits secs sont généralement déhiscents, c'cst-à-dirc s'ouvrent en un certain nombre de pièces nommées valves. Le nombre des valves qui composent un Fruit déhiscent est fort variable, mais il est, en général,constant dans les espèces du même genre, et indiqué d'avance par le nombre des sutures qu'on remarque sur la face externe du péricarpe. Ainsi, il y a des Fruits qui s'ouvrent en une seule valve, tels sont ceux du Laurier-Rose, du Dompte-Venin, etc.; ils n'offrent (|u'une seule suture longitudinale sur l'un de leurs cotés, par laquelle ils se fendent. D'autres s'ouvrent en deux valves, tels sont les Fruits des Légumineuses, des Crucifères , etc. ; ceux-ci en trois valves ; ceux-là en quatre, cinq, six. etc. C'est d'après le nombre des valves (|u'on dit d'un péricarpe qu'il est univalve, bivalve, trivalve, quadrivalve, quin(|iiévalve. multivalve, etc. En général, le nombre des valves est le'même (|ue celui des lobes des stigmates dans un péricarpe uniloculaire; dans un Fruit à plusieurs loges , le nombre des valves est généralement le même que celui des loges. Cependant quelquefois les valves se séparent incomplètement en deux parties, de manière qu'au premier coup d'œil leur nombre paraît double de celui des loges.
Un caractère d'une grande valeur dans la classification des genres est celui qu'on tire de la position des valves relativement aux cloisons. La déliiscence peut, en effet, se faire de trois manières différentes, l" Tantôt elle se fait par le milieu de chaque valve ou entre les cloisons, qui sont entraînées parles valves; c'est la déliiscence loculicide. 2» Tantôt la déhiscence a lieu vis-à-vis les cloisons qui tiennent aux deux bords des valves et sont jiartagées en deux lames; c'est la déliiscence seplicùle. 5" Eniin on nomme déhiscence seplifrage celle (pii a lieu en face de chaque cloison, qui reste en place, comme dans les BUjnonia, par exemple. Les déhiscences septicide et loculicide ont leurs analogues dans les capsules uniloculaires. Ainsi, celle des Violacées correspond à la déhiscence loculicide; i celle des Frankéniacécs, des Légumineuses, au contraire, est l'analogue de la déhiscence septicide.
Les valves sont, ainsi que les cloisons, généralement ] longitudinales. Mais, dans quelques genres, elles sont superposées; ainsi, dans les BerthoUelia , Lecylhis, Poitulacca , Anagallis , etc., elles sont au nombre de deux, dont une supérieure semble former une sorte j d'opeicule ou de couvercle; c'est à ces sortes de cap- | suie qu'on donne le nom de pyxide ou boite à savonnette. Mais les Fruits déhiscents peuvent s'ouvrir autrement que par des valves. Ainsi la capsule des An- [ tirrliinum laisse échapper les graines qu'elle renferme | par des trous irréguliers, généralement au nombre de j deux, un pour chaque loge, qui se forment à son sommet. Dans le Fruit du Pavot , ce sonlautant de petites soupapes qu'il y a de lobes au stigmate, qui s'abaissent de haut en bas , et forment ainsi au-dessous du disque
stigmalique une rangée circulaire de trous. Dans un grand nombre de Caryophyllées , tels que l'tEillet, la Saponaire, etc., la capsule fait sa déhiscence par le moyen de petites dents placées au sommet, et qui, d'abord unies entre elles, laissent une ouverture terminale en s'écartant les unes des autres.
Enfin, il ne faut pas confondre avec les péricarpes vraiment déhiscents les péricarpes >«p/i7es,c'est-à-dire ceux qui, à l'époque de leur maturité, se rompent d'une manière irrégulière, en un nombre de pièces qui n'esl jamais déterminé d'avance par celui des sutures. Tels sont plusieurs Fruits charnus.
Les formes que peut présenter le péricarpe sont excessivement variées. Ainsi, tout le monde sait qu'il y a des Fruits globuleux; d'autres qui sont minces et membraneux; quelques-uns sont cylindriques, ceux-ci trian gulaires, etc. En général, la forme du péricarpe esl un caractère d'une faible importance , à moins qu'elle ne soit rigoureusement déterminée par sa structure interne. Ainsi, dans les familles des Légumineuses et des Crucifères, la forme de la gousse, de la silique et de la silicule, est assez fréquemment employée comme caractère propre à distinguer les genres. Assez souvent le Fruit est recouvert extérieurement par des parties accessoires qui, prenant un certain accroissement, semblent en faire partie, et même ont quelquefois été considérées comme le véritable péricarpe. Ainsi, toutes les fois que le calice est monosépale, il accompagne le Fruit, et quelquefois le recouvre presqu'en totalité. Quelquefois c'est un involucre qui renferme le véritable Fruit et qui fort souvent a été considéré comme le péricarpe. Ainsi, dans le Châtaignier, le Hélre, l'enveloppe épineuse n'est pas le péricarpe, c'est un involucre ou une cupule péricarpoïde. 11 en est de même dans rif , le Genévrier, la partie charnue appartient à l'involucre qui a pris un accroissement considérable. La même observation est applicable aux Fruits du Figuier, du Dorstenia, de VAmbora, etc. Quelquefois c'est le calice qui devient charnu et qui, immédiatement appliqué sur le Fruit, semble former un véritable péricarpe, c'est ce qui a lieu dans le Mûrier et quelques Atriplicées. Dans les genres Anacardmm . Semecarpus, Exocarpus, c'est le pédoncule qui, après la fécondation, prend un accroissement rapide, devient épais, charnu, souvent beaucoup plus volumineux que le Fruit lui-même, dont il a été considéré comme le péricarpe. Le Fruit peut avoir sa surface externe lisse ou armée de pointes plus ou moins roides et acérées; il peut être couronné par les dents du calice, ce qui arrive toutes les fois que l'ovaire est infère, par une aigrette (F. ce mot), comme dans le plus grand nombre des Synanthérées et quelques Valérianées. U peut offrir sur ses parties latérales ou à son sommet des appendicesmembraneux en forme d'ailes, comme dans l'Orme, l'Érable, les Malpighiacées, les Frênes, etc. Classification des Fniits.
Les botanistes ont senti de bonne heure la nécessité de donner à chaque sorte de Fruits offrant des différences bien notables, des noms propres, afin d'éviter, dans le langage descriptif de la science, de longues périphrases ou des descriptions continuelles. Mais néan-
moins ce peifectioiinemciU ne remonte guère au delà de Linné, car Toiirneforl, par exemple, qui fait toujours concourir l'organisation du Fruit pour former les caractùres des sections qu'il a établies dans chacune de ses classes et des genres qu'il y renferme, le décrit toujours sans jamais lui donner un nom spécial. Linné (Philos. Botaii.) établit huit sortes de Fruits qu'il nomme : Capsule, Silique, Gousse. Conceplacle (c'est ce qu'on nomme aujourd'hui Follicule), Drupe, Pomme, Baie et Cône. Mais loisque l'on commença ù donner ù l'organisation du Fruit toute l'importance qu'elle mérite, et que dès lors on l'étudia avec plus de soin qu'on ne l'avait fait jus(|u'aIors,on ne tarda pas à reconnaître <|ue les huit sortes de Fruits, fondées par l'immortel auteur du S^steiiia nalurœ, ne pouvaient renfermer tous les types d'organisation que l'on découvrait. A.-L. de Jussieu admit la classification de Linné, sans y apporter aucun changement. Gœrtner, qui plus(|u'aucun autre botaniste, avait étudié la structure des Fruits, proposa d'établir deux nouveaux types d'organisation, savoir : l'Utricule, qui est un Fruit monosperme, non adhérent avec le calice, dont le péricarpe est peu apparent, mais où le cordon ombilical est cependant distinct, tel est le Fruit des Amaranlhacées; et la Samare, Fruit relevé d'ailes membraneuses, comme celui des Érables, de l'Orme, etc. Le professeur Richard, dans la seconde édition du Dictionnaire de Bulliard, a présenté une classification des Fruits avec plusieurs espèces nouvelles. Comme c'est celle classification que nous adoptons sauf quelques changements que nous avons cru devoir y faire, nous allons l'exposer avec quelijues détails. De CandoUe, Miibel, soit dans le Bulletin des Sciences, soit dans ses Éléments de Physiologie végétale , et enfin Desvaux , ont successivement publié de nouvelles classifications. Mais ils nous paraissent, en général, avoir beaucoup trop multiplié le nombre des Fruits et les avoir quelquefois établis sur des caractères d'une faible importance. Néanmoins nous présenterons le tableau de leur classification après avoir fait connaître celle que nous adoptons.
Nous divisons .les Fruits en trois classes, savoir : les
Fruits simples ou ceux qui proviennent d'un seul ovaire
a|)partenant à une seule fleur; les Fruits multiples,
qui sont formés de (dusieurs pistils renfermés dans une
seule fleur; et enfin les Fruits composés ou ceux qui
résultent de l'ensemble ou de la soudure de plusieurs
fleurs femelles d'abord distinctes.
l'o Classe.
Des Fruits simples.
I" Section. —Fruits-secs.
A. Fruits secs et indéhiscents.
Les Fruits simples, dont le péricarpe est sec et indéhiscent , sont assez généralement uniloculaires et monospermes ; on leur donne quelquefois le nom de Pseiidospermcs. Ce sont particulièrement ces Fruits ! que les anciens botanistes considéraient comme des graines nues. Les espèces principales sont les suivantes :
1" Cariopse. Cario/isis, Rich. Fruit monosperme indéhiscent, dont le péricarpe est soudé avec la face externe de la graine. (Exemple : Graminées.) i
2»AKÈnE. Àkenium, Rich. Fruit monosperme indé- i
hiscent, dont le péricarpe est distinct de la graine. (Exemple : Synanthérées.)
ô" Por.AKÈiVE. Polakenium, Rich. Fruit à plusieurs loges monospermes, indéhiscentes, séparables les unes des autres. (Exemples : les Ombellifères , la Capucine, etc. )
4"Sajiare. Samara, Gaertn. Fruit à une seule loge, offrant des ailes membraneuses. (Exemples : les Érables, les Ormes, les Frênes.)
5»Gi.\ND. Glaiis. Fruit uniloculaire et monosperme (souvent par suite d'avortement) provenant d'un ovaire infère, et recouvert en tout ou en partie par une cupule dont la forme est très-variable. ( Exemples : le Chêne, le Noisetier et le Châtaignier, qui forment la famille des Cupulifères.)
6» Carcercie, Carcertilus, Desv. Fruit plurilocu-
laire, polysperme, indéhiscent. (Exemple : le Tilleul.)
E. Fruits secs et iléhiscenis.
Les Fruits secs et déhiscents sont généralement désignés sous le nom de Fruits capsulaires; ils sont ordinairement polyspermes. Le nombre et la disposition des valves sont très-variables.
7» Foi,i,icci.E. Follicnlus. Fruit géminé ou solitaire par avortement, uniloculaire, univalve, s'ouvrant par unesuture longitudinale et renfermant plusieurs graines attachées à un trophosperme suturai. (Exemple : Asclépiadées.)
8" Sii.iQDE. Siliqua, L. Fruit sec allongé, bivalve, dont les graines sont attachées à deux trophospernies suturaux. ( Exemple : Crucifères siliqueuses.)
9» SiLicBiE. Silicula, L. Ne diffère de la Silique qui' par une longueur beaucoup moindre. (Exemple : Crucifères siliculeuses.)
10" GoDSSE. Legumen, L. Fruit allongé, sec, bivalve, dont les graines sont attachées à un seul trophosperme suturai. (Exemple : les Légumineuses.)
11» Pyxide. Pytidium, Erhart; Capsula circumscissa, Lin. Fruit s'ouvrant circulairement en deux valves superposées. ( E.xemples : le Pourider, la .?usquiame, etc.)
, 12" ÉLATÉR1E. Elaterium, Rich. Fruit à plusieurs loges et à plusieurs côtes, se séparant naturellement à sa maturité en autant de coques qui s'ouvrent longitudinalcment et avec élasticité. (Exemple :Euphorbiacées.)
15» Capsule. Capsula, L. On donne ce nom à tous les Fruits secs et déhiscents qui ne peuvent être rapportés à aucune des espèces précédentes. Leur nombre est très-considérable. (Exemples : les Bignoniacées, les Anlirrhinées, etc.)
1I« Section. — Fruits charnus.
Ces Fruits, ainsi que nous l'avons dit précédemment, sont indéhiscents.
14" Drdpe. Drupa, L. Fruit charnu renfermant un seul noyau. (Exemples : le Cerisier, le Prunier, etc.)
13" Noix. Nux. Ne diffère du précédent que par son péricarpe moins charnu et moins succulent. (Exemples : l'Amandier, le Noyer, etc.)
16" NccuLAiKE. Auculanium, Rich. Fruit charnu provenant d'un ovaire libre et renfermant dans son intérieur i)lusieurs nucules. (Exemple : Sapoliliers.)
17" Mélonide. MelonidU: Bich. Fruit charnu pro-
venant de plusieurs ovaires pariélaux, uniloculaires, réunis el soudés dans l'intérieur du tube d'un calice qui devient charnu. (Exemples : la Pomme, la Poire, la KèHe, etc.) Celte espèce de Fruit serait mieux rangée dans la classe suivante.
18" PÉPOi«iDE./'e/)on('</a,Rich. Fruit charnu, indéhiscent ou ruplile, à plusieurs loges monospermes éparses au milieu de la pulpe. ( Exemple : les Cucurbilacées. 19" Uespéridie. //es/je/v(/(Mm,Desv. Fruit charnu et dont l'enveloppe est très-épaisse; il est divisé intérieurement en plusieurs loges par des cloisons membraneuses; ces loges sont remplies d'une pulpe charnue. (Exemples ; le Citron; l'Orange.)
20" Baie. Bacca, L.Fruil charnu, à une ou |>lusieurs loges renfermant une ou plusieurs graines éparses dans la pulpe. (Exemples : le Raisin, les Groseilles.) j
II" Classe.
Des fruits multiples. j
Les Fruits multiples sont ceux qui résultent de la ré- j union de plusieurs pistils dans une même fleur. j
21» StjiCarpe. Syncarpimn , Rich. Fruit sec ou | charnu , provenant de plusieurs ovaires soudés en- ! semble, même avant la fécondation. (Exemples ; les ! Anones, les Magnoliers, etc.) j
Le finit du Fraisier, du Framboisier est formé d'un grand nombre de petits drupes réunis sur un gynophore charnu. 11 mériterait un nom particulier.
Plusieurs petits akènes réunis en capitules plus ou moins arrondis, mais distincts, constituent le Fruit de la Renoncule.
llle Classe.
Des Fruits agrégés ou composés.
Ce sont ceux qui résultent de la soudure de plusieurs pistils appartenant à des fleurs distinctes, d'abord séparés les uns des autres , mais qui ont fini par s'enlregrcffer.
22° CojiE ou Stroeile. Conus, L. , Strobilus, L. Fruit composé d'un grand nombre d'akènes ou de samares cachés dans l'aisselle de bractées très développées, dont l'ensemble a la forme d'un cône. (Exemple : Conifères.) 20" SoRosE. Sorosis, Mirb. Fruit formé de plusieurs fleurs soudées entre elles par l'intermède et leurs enveloppes florales devenues charnues. (Exemples : le Mûrier, l'Ananas.)
24»Sycone. Mirbel nomme ainsi un Fruit formé par un involucre charnu à son intérieur, où il porte un grand nombre d'akènes ou de drupes provenant d'autant de fleurs femelles. (Exemple : le Figuier.)
Telles sont les vingt-quatre espèces principales de Fruits , adopées par Richard. En comparant ce lableau avec les suivants, on s'apercevra facilement que Richard a emprunté à chaque auteur les types ou espèces réellement nouvelles, qui méritaient d'être distinguées.
Classification des Fruits par Desvaux.
!■■= Classe.
Péricarpes secs.
1" Ordre.
* Simples et indéhiscents.