Dripe
VII« Ordre.
Fruits Baccicns.
Fruits charnus, contenant plusieurs graines,
13, t'TRiDioiï, Mirb,— 16, Pepo;^,— 17, Baie, Frbits crvptocarpiens.
18, CALYBiofi, Mirbel. — 13. Strobile ou Cône, - 20, SvcotiE, Mirbel, — 21. Sorose, Mirbel,
Le seul reproche bien fondé <iue l'on puisse faire à la classification du professeur Mirbel, c'est qu'il a introduit dans la science un trop grand nombre de noms nouveaux, pour exprimer des objets qui avaient déjà reçu des noms particuliers.
En ajoutant au mot Fruit certaines épithètes, on l'a appliqué à divers végétaux; ainsi Ton a appelé :
Fruit de Cytuère, le Spondias,
Fruit élastique, le Hura crepitans; les Balsamines,
Fruit empoisonné, le Cerbera Manghas.
Fruit du fére Adau, le Bananier.
Fruit a pain, l'Artocarpe apyrène ou Jacquier cultivé.
Fruit dd vrai Baume, VAmyris Opobalsamum.
FRUITS FOSSILES, bot. foss, F, Carpolithes,
FUULLAME. Frullania. bot. Le genre de Fougères I ainsi nommé par Raddi, a été réuni par DiUenius au I genre Jutigermannia. V. Juncermaine,
FRUTESCENT, Fndescens. bot, La tige est Frutes- I cente, lorsqu'elle acquiert une consistance ligneuse et I qu'elle subit plusieurs renouvellements de végétation , périodique,
] FRUTICULEUX. Fruliculosus. bot. Synonyme de i sous-Frutescent , qui désigne la lige des sous-arbrisseaux,
FRUTILLER, BOT, Nom vulgaire du Fraisier du Chili. y. Fraisier.
FRUTiyUEUX. Fruticosus. bot. On nomme ainsi la lige des arbrisseaux.
FUCACÉES. Fucaceœ.voT. (Hydroplixtes.) Premier ordre de la famille des Hydropbytcs, établi par Lamou roux dans son Essai sur les genres des Plantes marines non articulées , et qu'il avait composé de six genres : Fucus, Laminaria , Osmuiularia , Desmarestia , Furcellaria et Cliorda. Agardh, dans ses différents ouvrages, a adopté la composition de celte famille et a modifié ou ajouté quelques genres. Lyngbye, ayant fait une classification entièrement systématique des Hydrophyles, a réparti les Fucacées dans plusieurs de sessections, de telle sorte que les Fucus se trouvent avec les Ulves elles Delesseries; les Desmareslies, qu'il nomme Desmies, avec les Plocamies et les Gélidies, etc. Ces travaux ont décidé Lamouroux ù conserver les quatre principales divisions qu'il avait proposées dans la classe des Hydrophytes. La première est celle des Fucacées pourvues presque toujours de tiges cl de feuilles. Ces tiges sont beaucoup plus compliquées dans leur organisation qu'on ne l'a cru jusqu'à ce jour; elles offrent quatre parties bien distinctes, analogues, par leur situation et leur grandeur respectives, ù l'épiderme, à l'écorcc, au bois et à la moelle des plantes Dicotylédonées. En effet, dans toutes les Fucacées, l'on trouve .1 ia circonférence une pellicule mince, qui se détruit très
facilement et qui parait formée d'un réseau tiés-fin , parsemé de poinls opaques et de pores ou petites ouvertures. Dans quelques espèces, cette pellicule se sépare facilement du corps de la tige; dans d'autres, elle adhère avec force. .Chez un grand nombre , elle se couvre de rugosités lorsqu'elle est desséchée, et, dans cet état, elle ne diffère en aucune manière, par le faciès, de l'épiderme des Dicolylédonées ligneuses. Lamouroux regarde cette pellicule comme l'épiderme des Fucacées. Elle recouvre une substance de couleur foncée, ayant environ un sixième d'épaisseur du diamètre total de la lige et paraissant formée d'un tissu cellulaire à mailles extrêmement petites, parsemées de lacunes rondes ou ovalaires, assez grandes, vides, et se prolongeant dans toute la longueur de la tige. Cette substance, que l'auteur compare à l'écorce des Dicotylédonées, disparait dans les feuilles des llydrophytes; elle résiste beaucoup plus que l'enveloppe épiderniique qui la recouvre; quelquefois on trouve des tiges de Fucacées que le frottement ou quelque autre cause a dépouillées de cette écorce; plus souvent elle persiste seule, la partie centrale a disparu : c'est un tube cortical, qui a perdu la partie ligneuse et centrale par la macération. D'autres fois elle se détache de celle sorte de bols, et s'enlève avec autant de facilité ([ue l'écorce des Dicotylédons lorsqu'ils sont en pleine sève; enfin, celle partie de la lige des llydropliyles étant desséchée, ressemble parfailemcnt à l'écorce des plantes terrestres par le /"acî'es. parla couleur, l'épaisseur, elc; Lamoureux a cru pouvoir lui en donner le nom. La tige parait formée par une masse de tissu cellulaire plus distinct et plus régulier au centre qu'à la circonférence, ofifrant quelquefois des lignes rayonnantes et coniques d'un tissu beaucoup plus fin et plus égal, qui partent de la circonférence et qui se dirigent vers le centre. Le tissu cellulaire de la masse offre des cellules qui, au lieu de se dilater dans tous les sens, croissent uniquement en longueur, de sorte que celle masse parait composée, au premier aperçu, d'une grande quantité de pelils tubes anguleux, coupés transversalement par desdiaphragmes plus ou moins éloignés, à peine visibles, et d'une substance beaucoup plus mince que les parois. Tous les tubes se louchent, leurs parois paraissent communes, leur grandeur varie dans les différentes espèces, ils disparaissent dans les feuilles, mais ils se prolongent dans les nervures, et ne sont bien apparents que dans les Fucacées. Tout s'affaisse par la dessiccation; ils forment alors une niasse homogène, compacte et pesante, d'une grande duielé, d'une grande ténacité, d'une couleur blanc-rosàlre plus ou moins foncée, suivant les espèces; quelquefois elle devient légère, spongieuse par un commencement de décomposition. Elle seule produit des rejetons ou de nouvelles feuilles; ce phénomène remarquable ne s'observe que dans les Fucacées et prouve encore combien l'analogie est frappante entre les liges des Fucacées et celles des Dicolylédonées. Enfin, au centre de cette tige se trouve un corps cylindrique, ayant de largeur un sixième au plus du diamètre lolal de la tige; il est composé d'une substance qui paraît semblable à celle que Lamouroux regarde comme l'écorce ; elle diffère par l'absence des lacunes, par plus de régu-
larité et plus de consistance dans le tissu; sa forme varir suivant celle de la lige et lui i)arait subordonnée; elle est la première à se détruire dans les liges en décomposition; elle ne change point de couleur dans celles qui sont desséchées; elle se prolonge dans les principales branches, disparaît dans les petites et ne s'observe jamais dans les nervures des feuilles, encore moins dans leurs membranes. Elle n'existe ni dans les Floridées, ni dans les Diclyotées, ni dans les Ulvacées. Ces rapports avec la moelle des Dicolylédonées ont engagé Lamouroux à lui donner ce nom. Pour observer, dans les tiges des Fucacées, les quatre parties qui viennent d'êlre décrites, il faut choisir les espèces les plus grandes, celles qui paraissent vivre plusieurs années et dont le diamètre esl considérable ; il faut se transporter à la fin de l'élé au milieu des rochers chargés de Laminaires que les grandes marées de l'équinoxe laissent quelques instants à découvert, el l'on trouvera ces végétaux dans tous leurs états. Les uns auront perdu la moelle el l'écorce, la tige n'offrira qu'une masse blanchâtre, que Lamoureux regarde comme l'analogue de l'aubier ou du bois des Dicolylédonées ; les autres auront perdu celle partie, il ne restera que l'écorce formant un étui lubulaire. Il y a beaucoup de Dicolylédonées dont la consistance est toujours herbacée et dans lesquelles on chercherait en vain l'écorce et le bois des végétaux ligneux; de même il y a beaucoup de Fucacées qui n'offrent jamais les quatre modifications que l'on observe dans les grandes espèces. Dans ce cas, les rapports généraux se retrouvent dans la fructification, ainsi que dans l'organisation. Celle organisation diffère toujours de celle des Floridées dépourvues du canal médullaire, et dans lesquelles le tissu cellulaire parait dominer, de celle des Diclyotées qui ne semblent composées que de tissu à mailles quadrangulaires ou hexagonales, jamais d'écorce, jamais de moelle, et enfin de celle des DIvacées que son homogénéité fait comparer à celle des cotylédons. On déchire les Fucacées longiludinalement avec beaucoup de facilité, et la déchirure offie à l'œil nu l'aspect d'une organisation fibreuse bien caractérisée; il n'en est pas de même si on les coupe transversalement, j on ne voit alors que les orifices de ces prétendues fibres, j el les cellules du tissu cellulaire. Ces fibres ne sont pas semblables à celles des plantes Phanérogames; en général, elles nous ont paru cloisonnées; les cloisons sont très-éloignées les unes des autres, et d'un tissu plus lâche que celles des plantes terrestres. X mesure que l'organisation devient plus simple, les cloisons se rapprochent; ainsi, dans les tiges elles nervures des Floridées, elles sont plus |)rès les unes des autres que dans les Fucacées; dans les Diclyotées, elles sont presque j égales, et elles le deviennent entièrement dans les Ulva- ! cées. Doit-on considérer ces fibres comme des vaisseaux? ' Il est certain qu'elles n'ont aucune ressemblance avec ceux des plantes terrestres. Les injections, la macéraj lion , l'observation microscopique et celle expérience j cilée par tous les auteurs , que la partie de la plante i marine plongée dans l'eau reprend seule son élat naturel, tandis que l'autre n'aspire aucun fluide, portent à croire quelesHydrophyles n'ont point de vaisseaux. ' Mais, d'un autre côté, si l'on observe la situation de la
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l'iiiclificalioii dans les Fucacées el les Floridées, on la Irouve presque toujours sur les liges ou les rameaux, près des nervures ou à leurs extrémités; dans les Die- j lydlées, on remarque que plus les mailles du réseau sont | réfiulières et visibles, plus la situation des fructifications est régulière, et que moins elles sont visibles et égales, plus les fructifications sont éparses; dans les Ulvacées dépourvues de nervures, de tii-^es, et qui n'ont qu'un pédicelle, les fructifications sont entièrement éparses. .Si l'on compare ensuite les rapports qui existent entre [ la situation des fructifications et celle de ces masses de j fibres ou de tissu cellulaire à cellules allongées, ne sera- j ton pas tenté de les regarder comme des vaisseaux, ou du moins comme en faisant les fonctions? 11 estsidiffi- | cile de définir ce que l'on entend par tissu cellulaire, [ qu'il serait plus aisé de prouver que ces fibres sont des ' vaisseaux cloisonnés que de démontrer le contraire. De ' plus il est presque impossible d'expliquer sans unesorlc de vaisseaux quelconques, les fructifications qui se Irou- ' vent tantôt éparses sur les rameaux, tantôt dans leur partie supérieure, quelquefois sur des rameaux dépourvus de feuilles, souvent à l'extrémité de ces derniers ^ organes. Elles ont besoin, pour s'y développer, de i fluides plus élaborés que ceux des autres parties de la [ |)lantc. Ces fluides doivent avoir un mouvement quel- j conque, d'autant que l'on remarque souvent, dans les Floridées dépourvues de nervures, des fruelifications incomplètes, parce que ces fluides sont restés stagnants. | Ce mouvement peut-il se faire sans vaisseaux, ou bien a-t-il lieu dans les nombreuses lacunes de ces plantes, ou de cellule à cellule et à travers leurs membranes? Tout cela est possible, mais on peut persister à croire (|ue les filires cloisonnées des Hydropliyles, si elles ne j sont pas de véritables vaisseaux, en font du moins les fonctions. Dans presque toutes les Fucacées, les organes de la fructification sont très-compliqués. Les granules sont renfermées dans des capsules, qui sont elles-mêmes enveloppées d'une membrane particulière, et forment, l>ar leur réunion, des conceplacles ou tubercules situés en plus ou inoins grand nombre dans une masse polymorphe, attachée aux rameaux ou placée à l'exlrémilé des feuilles, et remplie d'une substance mucilagineuse,dont la quantité et l'épaississement augmentent jusqu'à la maturité des granules, et qui disparaît avec elles. La fructification se renouvelle-t-elle plusieurs fois sur les mêmes Fucus? D'après ses observations, Lamourcux pense que ceuxsur les rameauxdesquels elle se développe voient chaque année ces rameaux se couvrir de fruits, et que ceux qui offrent leurs fructifications au sommet des feuilles périssent après la maturité des graines. Cette règle, sans doute, n'est pas générale, mais elle est facile à observer sur la très-grande majorité des Fucus.
Les feuilles des Fucacées sont faciles à distinguer, pourvu que la piaule soit entière. Elles ne diffèrent presque point de celles des plantes terrestres dans la première, la troisième, la quatrième et la sixième seclion du premier genre. Elles sont turbinées el vésiculeuses dans la seconde seclion; rameuses dans la cinquième; nulles dans la neuvième el la dixième. La membrane qui se trouve à la base du Fucus loreus pourrait presque être regardée comme une feuille uni-
que , ombiliquée. La feuilledes Laminaires, quelquefoi.'î simple, quelquefois divisée, est unique dans certaines espèces , telles que les Laminaires digilée et saccharine, FucKs dùjilatus et saccharinus , L., tandis que d'autres en possèdent un très-grand nombre; les Laminaires pyrifère et poraifère ( Fucus py ri férus , L., Laminaria pomifera, Lam.) en offrent des exemples. On Irouve souvent les feuilles supérieures de ces dernières soudées ensemble par leurs bords, entièrement ou de dislance en distance; d'autres sont perforées comme la peau d'un crible, ainsi qu'on l'observe sur le Laminaria Àgarum. Les feuilles prolifères dans les Osmundaries, semblables aux rameaux dans les Desmaresties, manquent enlièrement dans les Furccllaires et les Chordes. Les feuilles des Fucacées présentent donc entre elles presque autant de différences que celles des Dicotylédonées; elles varient également sous le rapport de la composition, de la situation, des surfaces, de la forme générale et particulière, etc.; beaucoup sont ornées de nervures simples ou rameuses, qui manquent entièrement à d'autres espèces. Presque toutes les Hydrophytes à organisation ligneuse sont pourvues de vésicules aériennes : elles sont globuleuses et pédicellées dans les Sargassum; innées dans les rameaux des Fucus discors, fœniculaceus et nodosus, etc.; innées dans les feuilles du Fucus vesiculosus; en forme de silique dans le Fucus siliquosus; en forme d'entonnoir dans le Fucus turbinalus. C'est une vaste lacune au centre de la lige des Laminaires buccinale et à longue lige; elle se Irouve à la base de la feuille dans les Laminaires poniifère et pyrifère; enfin, les Fucacées qui n'en ont point d'apparentes les présentent néanmoins sous forme de lacunes dans la substance de l'écorce; elles y sont ([uelquefois visibles à l'œil nu et se prolongent dans la longueur des liges et des rameaux. On peut regarder les vésicules comme des organes particuliers, destinés à des fonctions qui leur sont propres, et non comme des feuilles avortées , ou des fructifications qui ont jeté leurs semences, ainsi que l'ont avancé des auleurs modernes. Bory de Saint-Vincent, qui les a étudiées avec le secours du microscope, lésa trouvées remplies de fibres très-déliées, incolores, fort entremêlées , d'une finesse exlrême, de l'aspect d'un Byssus, et articulées par sections de manière à présenter l'aspect de Confcrves ou d'Oscillaires, où l'écarlement des articles varie selon les espèces. Les anciens croyaient que ces vésicules des Fucus étaient uniquement destinées à tenir ces plantes flottantes dans les eaux de la mer. A quoi leur servirait alors ce tissu filamenteux, qui les remplit? Il est préférable de les considérer comme des organes respiratoires presque analogues à ceux que l'on observe dans la majeure partie des êtres qui peuplent el vivifient la surface du globe; organes dont les tissus fibreux peuvent être regardés comme des trachées; et si on ne les voit point sur les autres Hydrophytes, c'est qu'elles sont moins parfaites; ayant une organisation moins compliquée, leurs fonctions vitales doivent être plus simples. Celte hypothèse est fondée sur l'aclion qu'exeicenl les Hydrophyles sur l'air atmosphérique; elles agissent de la même manière que les I plantes Phanérogames, les Fucacées ligneu.'ie.s, et d'une
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couleur olivâtre, absorbent rOxygèiie peudant la nuit et l'exhalent pendant le jour, mais en très-petite quantité. Les Floridées, semblables aux corolles, rendent encore moins d'Oxygène que les Fucacées; elles semblent le retenir pour former les brillantes nuances qui les décorent. Les Llvacées, au contraire, de mèn)e(|ue les tissus herbacés des plantes terrestres , développent, par l'action delà lumière, une énorme quantité de Gaz oxygène et un peu d'Acide carbonique; l'Azote ne s'y trouve que dans les proportions de vingt à trente sur cent. Celle décomposition de l'air atmosphérique doit s'opérer dans les iilantes marines au moyen des vésicules, des lacunes et des grandes cellules qui s'observent dans les différentes organisations de ces végétaux, et qui, peut-êlre, font tout à la fois les fonctions de réservoir et d'organe destiné à la décomposition de l'air atmosphérique. Le phénomène le plus remarquable que présentent les vésicules des Fucacées, c'est la différence du Gaz qu'ellesrenferment, suivant qu'elles sont ou non exposées à l'air. Si l'on examine le Gaz vésiculaire d'une Fucacée, quelques heures après que la marée l'a laissée à découvert, on y trouve de l'air atmosphérique. Si ce Gaz est pris dans les vésicules d'une plante avant que la marée l'abandonne, c'est-à-dire quand elle a été couverte d'eau pendant plusieurs heures, la portion d'Oxygène a diminué et n'est plus que de douze à quinze centièmes au lieu de vingt-deux. Cette expérience, faite par DeCandoUe il y a plus de vingtcinq ans, a été répétée bien souvent depuis cette époque, et tend à prouver que les vésicules des Fucacées sont des organes destinés à lemplir des fonctions plus importantes que de tenir la plante Hotlanle dans l'eau. — Un grand nombre de Fucacées , et même quel(|ues Diclyotées, ont les feuilles couvertes de petites houppes de poils blancs, épars sur les deux surfaces dans les premières, et sur une seule dans les secondes. Réaumur (Mémoires de l'Académie des Sciences, 1710, 1711, 1712) est le premier naturaliste qui les ait observés; il les regarde comme les parties mâles de ces végétaux. Linné et beaucoup d'autres botanistes avaient adopté aveuglément celle opinion. Les véritables fonctions de ces poils sont connues maintenant; analogues à ceux qui couvrent un si grand nombre de végétaux terrestres, ils paraissent destinés à sécréter ou à absorber des fluides particuliers; quelquefois ils semblent n'être qu'une exubération du tissu cellulaire intérieur. Ces poils ne sont point permanents, ils disparaissent dans certaines saisons et à différentes époques de la vie de la plante; on ne les voit jamais ni sur les tiges ni sur les nervures des feuilles, et lorsqu'ils se dessèchent ou qu'ils tombent, ils laissent sur la feuille un petit point concave, d'une couleur foncée, et que les jeunes naturalistes prennent souvent pour des fructifications; mais, le plus ordinairement, ce n'est qu'une exubération du tissu cellulaire intérieur. — La durée de la vie dans les plantes marines varie comme dans les plantes terrestres. De même que les arbres vivent plus longtemps que les herbes, de même les Hydrophyles à organisation ligneuse voient chaque année se renouveler autour d'elles les nombreuses tribus des Hydrophyles à organisation coroUoïde ou herbacée. Certaines Fucacées ne
vivent qu'un ou deu.x ans ; d'autres, si on en juge par leur grandeur ou la grosseur de leur tige, doivent braver la puissance destructive du temps, comme le Chéno de nos pays, ou le Baobab des bords du Sénégal; mais jusqu'à ce qu'on ait observé davantage ces plantes, on ne peut fixer, même approximativement, l'âge des espèces. Il faut se borner à dire que les Fucacées paraissent annuelles, bisannuelles ou vivaces. La couleur ne varie que par la nuance dans celte division, la plus considérable de toutes ; c'est toujours un vert plus ou moins olivâtre, jamais herbacé, et que l'on n'observe que dans les plantes de celte famille. Celle couleur. i)ar la dessiccation ou par l'exposition à l'air et à la lumière, devient ordinairement noire; elle picnd quelquefois une nuance d'un fauve brun semblable à celle des feuilles mortes. Les Fucacées ne se colorent point de brillantes livrées comme les autres Hydrophyles. Les Fucacées ne croissent pas indifféremment dans toutes les mers, ainsi que l'ont avancé trop légèrement quelques voyageurs.
— Les plantes marines qui servent de combustible sur les côtes de plusieurs départements; celles qui fournissent la Manne saccharine qui remplace le Sucre chez les Islandais; enfin, celles qui donnent les meilleurs engrais, n'existent que dans la famille des Fucacées; les peuples des régions polaires se nourrissent des tiges ou des feuilles de plusieurs d'enlre elles.
En 1813, Lamouroux avait divisé les Fucacées en six genres sous les noms de Fucus, Laminaire, Osmundaire, Desmareslie, Furcellaire et Chorde; les Fucus étaient partagés en onze sections. Le Fucus triqiteter, Fork., qui formait la troisième section, est une Cystoseire, F. ce mot; la dixième section appartient aux Fucus, et la onzième auxNodulaires, qui peut-être ne devraient faire qu'une section du genre Fucus; au reste, nous ne faisons qu'indiquer ces groupes, leur composition ainsi que leurs dénominations i)Ourront être changées lorsque l'on s'en occupera d'une manière spéciale. On doit regarder aujourd'hui ces sections comme autant do genres dont plusieurs ont élé proposés par Agardh ou par Lyngbye. Ainsi les Fucacées seront désormais composées des genres :
Sargasse, Sargassum ; — Tdrbiwaire, Ttirhinaria; — Siliqdaire, Siliqiinria; — Cïstoseire, Cystoseiia; — Fucus, Fucus; — Koduiaire, Nodularia;
— MoJiiuroRMiE, Moniliformia; — Loricaire, Loricaria; — Laminaire, Laminaria; — Osmundaire, Osmuiularia; — Desmarestie, Desmarestia; — Fur-
I CELLA1RE, Furcellan'a; — e< Chorde, Chorda. ^. tous ces mots.
1 FDCASTRE. Fucastrum. bot. Ce genre cryploga-
I mique de la famille des Fucacées, a été réuni au genre
1 Fucus.
1 FCCÉES. Fucece. bot. (Hydrophyles.) Richard père avait donné ce nom aux Fucus et aux Cives de Linné, que Lamouroux a depuis nommés Hydrophyles non articulées, et qu'il a divisés en quatre ordres, les Fucacées, les Floridées, les Dictyotées et les Ulvacées. y. ces mots.
FCCHSIE. Fuchsia, bot. Genre de la famille des Ona-
i graires, et de l'Octandrie Monogynie, L. Charles Plumier, dont la mort précéda de quelques mois la nais-
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F Li C
sancfî Je Linnt', fut un des Iiorames qui conlribuèrent le plus aux progrès de la boinnique. Quatre voyages qu'il fit clans les conlrùes méridionales de l'Amérique, vers le dernier quart du dix-septième siècle, lui procurèrent les moyens de découvrir et d'observer une foule de végétaux inconnus jusqu'à lui. Dans la nombreuse série des genres qu'il institua, l'on remarque celui qu'il dédia à la mémoire de L. Fucbs, que des connaissances peu ordinaires en médecine comme en botanique, avaient fait surnommer l'Éginète de l'Allemagne. 11 considéra comme type de ce genre le Fuchsia cocciitea, déjà observé par L. Feuillée qui remplissait, au Chili, une mission semblable à celle qui avait attiré Plumier au Pérou. Un siècle s'écoula avant que le genre Fuclisiene fût connu autrement que par ce qu'en avaient dit les deux missionnaires; enfin Comnierson, lors du voyage autour du monde qu'il fit avec le capitaine Bougainville, ayant retrouvé sur les côtes de Magellan la plante de Fucbs, en donna une description mieux détaillée, et plus lard, en 1788, le capitaine Firlb l'apporta en Angleterre, d'où sa facile mulliplicalion, la forme singulière et le vif éclat de ses fleurs, la firent en peu de temps passer dans toutes les collections du continent européen. L'arbusley a été d'autant plus recherché qu'il forme dans les jardins l'un des plus agréables ornements des plates-bandes. Les caractères du genre consistent en un calice coloré, adhérent à l'ovaire, se jirolongeant au-dessus en un tube légèrement renflé, articulé avec cet ovaire inférieurement, et supérieurement terminé par un limbe quadripartite. Avec sesdivi- .sions, alternent quatre pétales insérés au haut du tube, <'t plus courts que lui en général; huit étamines sont insérées à la même hauteur, souvent saillantes, quelquefois au contraire presque sessiles ; quatre plus courtes sont opposées aux pétales; les anthères sont oblongues, attachées par le dos à l'extrémité des filets; le style est simple, renflé à son sommet en un stigmate ordinairement quadrilobé ; l'ovaire est à quatre loges, dont chacune renferme des ovules suspendus, plus ou moins nombreux. Il en est de même du fruit qui est une baie nue, oblongue ou globuleuse. Ce genre a pour synonymes le Dorvallia de Commerson, le Skinnera de i'orsler, le Nahusia de Schkuhr et le Qiieliisia de Kœmer. Les Fucbsies sont des arbrisseaux à feuilles opposées, ternées le plus souvent, denticulées ou rarement entières; les pédoncules, axillaires ou disposés en grappes sur les rameaux, poitent une seule fleur souvent pendante, et ordinairement de couleur écarlatc. Aux deux ou trois espèces qui étaient d'abord connues, les ouvrages de lîuiz et Pavon et de Humboldt et Kunth en ont ajouté plusieurs qui portent aujourd'hui leur nombre à une vingtaine. Toutes sont d'Amérique. La plus connue est la FiiciisiEÉCARLATE,F«c/i.ç/«f ocr/Hea de Willdenow, ou Fuchsia Magcllanica de Lamarck; c'est un arbuste dont la tige, haule de deux à quatre pieds au plus, se divise dès sa base en rameaux nombreux, opposés, grêles, cylindricpies, d'un rouge brun, el un peu velus dans leur jeunesse; souvent des tiges secondaires s'élèvent en grand nombre autour de la tige primitive, et forment un petit buisson. Les feuilles sont ovales lancéolées, légèrement dentelées en leurs
bords, chargées de nervures rougeâircs, glabres, d'un vert assez foncé en dessus, portées sur de courts pétioles, opposées deux à deux ou trois à trois. Les fleurs, portées sur des pédoncules grêles, à peu près de la même longueur que les feuilles, sont solitaires dans les aisselles de celles-ci, et disposées sur presque toute la longueur des rameaux; ces fleurs sont d'une forme trèsélégante, inclinées ù l'époque de la fécondation, composées d'un calice divisé en quatre découpures lancéolées, rouge cramoisi ; d'une corolle de quatre pétales presque en cœur, au moins de moitié plus courts que les divisions calicinales. et tranchant avec celles-ci par leur belle couleur violette, presque bleue. Les étamines ont leurs filaments du même rouge que le calice, et un peu plus longs que lui. Le pistil est aussi de cette couleur, et surpasse un peu les étamines en longueur.
FticnsiE A GitossES ÉTAMirtES. Fiichsia tnacrostemnia, Ruiz. et Pav., AV. Pénip., 3, p. 88, t. 524, f. /3. Spreng., Syst. reget., 2,254. C'est un arbrisseau de trois à quatre pieds de hauteur et même plus, dont les tiges sont cylindriques, de l'épaisseur d'une forte plume et d'un vert pourpré. Les feuilles sont opposées ou ternées, glabres comme le reste de la plante, ovales, lancéolées, bordées de dents aiguës, veinées, d'un vert pâle et agréable, longues de trois pouces, larges de dix-huit lignes; le pétiole a près de la moitié de cette longueur; il est arrondi en dessous, canaliculé en dessus; les stipules ont la forme des feuilles et n'en diffèrent que par la taille qui est infiniment moindre. Les fleurs sont portées sur des pédoncules trois fois plus longs qu'elles, grêles, inclinés et penchés; elles sont solitaires et axillaires. Le calice a trois pouces d'étendue; il est d'un beau rouge presque cramoisi; les quatre pétales sont arrondis et même roulés, plus courts que le calice, d'un bleu pourpré, très-vif. Les huit étamines ont leurs filaments larges, dressés et saillants hors de la corolle, pourprés, terminés par des anthères arrondies et d'un pourpre obscur. Cette espèce croit dans les vallées des .Andes péruviennes.
FccnsiE A DEUX COULEURS. Fuchsia (Uscolor, Lindl.. Bot. Kegistcr, 1805. Ses tiges ne s'élèvent guère au delà de trois pieds, elles sont rameuses et toufl'ues, cylindriques, pubescentes, d'un rouge écarlate trèsvif, excepté à leur extrémité où leur teinte prend uii ton rembruni ou verdâtre. Les feuilles sont ovales , lancéolées, largement dentées, nervurées et veinées de rougeàtre ; les pétioles sont grêles, un peu moins longs que les feuilles, cylindriques et rougeâtres. Les Heurs, portées sur des pédoncules semblables aux pétioles, mais plus longs, sont axillaires, disposées le long des rameaux, d'une forme très-élégante, de couleurs fort vives, ordinairement penchées à l'époque de l'épanouissement, puis inclinées vers le sol après la fécondation. Le calice est d'un beau rouge incarnat, tirant sur le ponceau ; la corolle a ses quatre pétales recoquillés et roulés en gobelet, d'un pninpre violet, assez obscur.
Les Fucbsies furent d'abord soignées en serre chaude; on essaya ensuite de les laisser dans l'orangerie où elles parurent se mieux porter que dans la serre; enfin on les risqua en pleine terre où leurs racines, préservées pai' de la paille ou de la litière, n'éprouvèrent aucune al-
(einle de l'hiver. Au printemps, de nmivellos liges leiiaissent, et bientôt, fortes et vigoureuses, se couvrent d'une multitude de fleurs. Ce fait est répété chaque année par la plupart des cultivateurs belges qui sont ainsi parvenus à rendre facilement ce bel arbuste à la décoration des jardins. Les vieux pieds fournissent des lejelons en assez grande abondance pour qu'ils suffisent à la propagation de l'espèce; l'on est rarement dans la nécessité de recourir aux semis, quoique les graines parviennent régulièrement à une maturité parfaite. Les jets enracinés sont d'abord repiqués sur couche et sous châssis, puis rejdanlés quelque temps après en pleine terre que l'on rend plus meuble à l'aide d'un mélange de terreau de bruyère. La multiplication par boutures réussit également bien. Les plantes que l'on cultive en pot nedemandent,pendant l'hiver, que des airosemenls rares et ménagés : ils doivent être, au contraire, fiéquents et copieux pendant l'été; sans cela on verrait les Heurs se détacher avant d'avoir pu s'épanouir.
FUCINÉES. Fucineœ. bot. Cette famille nouvelle a été créée par Dumortier dans ses Commenlationes hotanicœ; elle fait partie du troisième ordre, qui renferme les plantes axyles, c'est-à-dire dépouivues de système ligneux. Son caractère distinctif consiste en des réceptacles uniformes, plongés dans la fronde, et aggrégés à son sommet. Elle admet les genres Fucus, Halfdris, Osmundaria, Sanjamtm, Furcellaria et Cysloseira.
FCCITES. Fucfles. bot. ross. Adolphe Brongniarl a donné ce nom à une division des végétaux fossiles de la famille des Fucacées.
FVCOlDÉES.Fiicofileœ.liOT.(f/rdrophxtes.)AsaTàh a donné ce nom à la famille d'Hydrophyles ou plantes marines, que nous avons nommée Fncacée; il considère celte famille comme une section qu'il compose des genres Saigassum, Macroiiptis, C/sloseira, Facus, Fiircellaiia, Lichina, Polyphacum, Laviiiiaria, Zoiiaiiii, Haliseris, Encœlivm, Siioiochnus, Scylosiphon et Chordaria. Ainsi, les Fucnïdées d'Agardh sont formées de nos Fucacées, de nos Diclyotées et de quelques Floridées. Nous ne croyons pas devoir adopter une classification qui réunit des plantes si disparates sous le rapport de leur organisation. — Ce même nom de Fucoidées ou plutôt celui de Fucoïdes, a été donné par Roussel, dans sa Flore du Calvados, à la deuxième série de sa deuxième classe, renfermant, les plantes qu'il nomme Hydroaërées. Ray avait donné le nom de Fucoïdes à un groupe dans lequel il réunissait des Sertulaires, des Corallines, et autres Zoopliytes confondues avec des plantes et des objets qui n'ont aucun rapport entre eux.
FUCOÏDES. BOT. Foss. (Hydrophytes.) Quatorzième genre établi par Adolphe Brongniart, dans son excellent Traité des Plantes fossiles, et auquel ce savant assigne pour caractères : fronde non symétrique, souvent disposée dans un même plan, à nervures nulles ou mal limitées. Les Fucoïdes sont, à proprement parler, des Fucus fossiles. Personne avant ce professeur n'en avait mentionné les espèces; mais depuis assez longtemps Thore en avait observé et déterminé plusieurs dans les couches calcaires qui se délitent en tables souvent
très-minces, et qui. sur les rives de 1 Adoiir. sont connues sous le nom de Pierre de Bidache. Celte Pierre, qui ne saurait être d'une origine bien ancienne, encore qu'on n'y trouve nulles traces de productions animales et qu'elle gise à une certaine élévation au-dessus du niveau de la mer dont elle ne se trouve qu'à (luelques lieues, celle Pierre contient une multitude d'Hydrophyles, oudu moins leur empreinte. On y reconnaîldistinctement le Fucus catialiculalus , et diverses variétés du Chondrus polymorphus.
FUCOSUS. OIS. Syn. d'Aigle à queue étagée. V. Aigle.
FUCUS. Fucus. BOT. (Hydrophytes.) Genre de l'ordre des Fucacées, vulgairement ajipelé Varec, ( /^. ce mot), et ayant pour caractères: des fructifications tuberculeuses à l'extrémité de feuilles planes, rameuses, en général vésiculifères, et presque toujours munies dune nervure simple, médiane. Les nombicux dévelo])penients donnés ci -dessus, à l'histoire des Fucacées, laissent encore quelque chose à ajouter sur le genre Fucus, tel qu'on doit le considérer d'après Lyngbyeet Agardh. Réduit maintenant à quelques espèces, ce groupe offre moins d'intérêt que lorsqu'il réunissait la plupart des plantes qui habitent l'immeiisilé des mers. Linné et les auteurs qui l'ont suivi, composaient le genre Fucus de toutes les Hydrophytes qui n'étaient point articulées, ou qui n'avaient jjoint d'expansion d'un vert vif et biillant. Rolh, Turner et beaucoup d'autres ne changèrent rien au genre Fucus de Linné. De Candolle le diminua de toutes les piaules marines à feuilles planes et sans nervures, dépourvues de fructifications tuberculeuses, qu'il réunit aux Ulves. Ce genre ne fut pas établi dans la deuxième édition de la Néréide Britannique de Stackhouse; Lynghye ne le forma que du Fucus resicutosus , de ses variétés et des espèces qui en sont à peine distinctes. Agardh augmenta les Fucus de Lynghye de plusieurs Hydrophytes, que Lamoureux croit devoir placer dans d'autres genres. En 1730, Donati avait indiqué le genre Fucus sous le nom de Firsoides; Adanson l'adopta sous le nom de f^irson; en 1800, Roussel lui donna le nom de Fésicu- Inires , que Stackhouse, dans sa Néréide Britannique, changea en celui à'Halidrys. Ainsi, la jjremière idée du genre Fucus actuel appartient à Donati. En 1813, dans son Essai sur les genres desThalassiophytes non articulées, Lamoureux a conservé le genre Fucus, et l'a composé de toutes les Hydrophytes à tubercules réunis en grand nombre dans une fructification cylindrique, plane ou comprimée, simple ou divisée, à racine en forme d'empâtement entier, un peu étendu. Ce genre était divisé en onze sections. Le nombre des espèces connues s'élant considérablement augmenté depuis la publication de cet Essai, et plusieurs bolanistcs ayant fait des genres de la plupart des sections, l'auteur croit, en adoptant quelques-unes des modifications modernes, devoir donner une nouvelle division du genre Fucus, d'après les travaux de Stackhouse, d'Agardh et de Lynghye, ainsi que d'après les nouvelles observations qu'il a eu occasion de faire sur ces lilantes singulières. Le premier genre a été nommé Sargassum par Agardh ; Lamoureux le conserve. Il a nommé le deuxième Turbinai ia. — Le troisième,
iiOi
Hiliquuiia, tlubli par Slackliouse, est le (jt-nie Ilulidrys de Lyngbye. — Le quali'ième genre se composera (le tous les Fucus de la cin(iuième section sous le nom de Cystoseiic.
Le G. auquel Lyngbye et Agardh conservent le nom de Fcci'S, se forme de toutes les plantes de la sixième section, et c'est lui ((ue Lamourcux adople ici. U aura pour caractères : des fructifications au sommet de feuilles planes, rameuses ou dicholomes, ordinairement vésiculifèrcs, presque toujours munies d'une nervure médiane. Les espèces décrites sont peu nombreuses, mais il en existe beaucoup de variétés remarquables par la singularitedeleursformcs.il établit également les genres : Nodularia, qu'il ne faut pas confondre avec le Nodularia de Lyngbye, qui est le double emploi d'une Chaodinée ; Monilifonnia et Lorea, qui correspondent ù V Himanlhalia des auteurs du Nord.
11 est probable que des botanistes feront par la suite des changements à ces genres; il est douteux cependant qu'ils puissent être considérables, d'autant que les caractères qui les distinguent paraissent tranchés et faciles à observer. Les Hydropliytes du genre Fucus, tel qu'il se trouve établi ci -dessus, ont tous une tige plus ou moins longue, qui s'élève d'un empâtement assez étendu; elle se divise en rameaux ailés, partagés par une nervure, et que l'on doit considérer comme des feuilles. Elles varient sous le rapport de la longueur et de la largeur, et se terminent par les fructifications cora- |(osées de nombreux tubercules. Toutes les espèces se couvrent des houppes de poils blancs dont il a été parlé, ainsi que des fructifications, à l'article des Fucacées. La couleur des Fucus est toujours un olive plus ou moins foncé, suivant l'espèce ou l'âge de la plante. Leur grandeur n'est jamais considérable; elle dépasse rarement six décimètres (environ deux pieds); on n'en connaît point au-dessous de trois centimètres (environ un i)ouce). Les Fucus se plaisent sur les côtes que les marées couvrent et découvrent; ils y viennent en énorme quantité; car ce sont des plantes qui semblent vivre en société. Ils sont plus rares dans la Méditerranée ou sur les rochers qui ne sont jamais exposés à l'action des Huides atmosphériques. Les mers Australes en semblent dépourvues, ainsi que les côtes qui bordent la mur .Magellanique; du moins on n'en a jamais vu de ces pays éloignés : c'est vers le trente-cinquième degré de latitude nord, et dans la mer Atlantique, que les Fucus commencent à paraître; on en a reçu du détroit de Gibraltar, des côtes d'Iispagne, de France et même de iNorwège; on en a vu de cueillis dans le nord de l'Amérique; et on en possède de Terre-Neuve et des côtes des États-Unis, mais toujours trouvés au delà du trentecinquième degré de latitude, comme en Europe. — Nous ne parlerons point des usages des Fucus , et nous traiterons ce sujet à l'article des llydraphytes. Le genre Fucus se compose des Fucus vesictilosiis, ceranoidcs, longifructus , dislichus , serratus, comosus , caiialiculatus, Gibndtaricus , evanescens , etc., dont la plupart sont fort communs sur nos côtes, couvrant les rochers de gazons jaunâtres ou rembrunis, et qui parviennent souvent jusqu'à Paris dans les paquets de marée, où on les inéle pour entretenir la fraîcheur des
Poissons ou des Crustacés. Ces plantes acquièrent en séchant une couleur noirâtre. Elles font le fond de ces engrais de Goémon que les habitants des rivages de la Bretagne et du Poitou recueillent pour fumer leurs terres. On assure que le bétail s'en nourrit dans quelques parties des terres voisines du cercle polaire.
Fl'ENGOSlE. EOT. Pour Fugosie. ^. ce mot.
FUGACE. Fiigax. bot. On dit d'un organe qu'il est Fugace quand il disparaît et se détache, presque immédiatement après l'époque où il a commencé à se montrer. Ainsi le calice des Pavots, la corolle d'un grand nombre de Cistes sont Fugaces. On dit aussi de certaines Cryptogames, et particulièrement des Fongosités, qu'elles sontFugaces, pour désignercelles qui ne vivent que très-peu de temps.
FUGEIROU. BOT. Nom vulg. du Gouet maculé, ^rum tnaciilatum, L. K. Gocet.
FUGET. MOU.. Pour Fujet. F. ce mot.
FUGOSIE. Fucjosia. bot. Genre de la famille des Malvacées et de la Monadelphie Dodécandrie, L., établi par Cavanilles (Dissert., m, p. 174, tab. "2, fig. 2) sous le nom de Cienfugosia, changé par Willdenow en celui de Cienfuegia qui n'est guère plus harmonieux. En supprimant les deux premières syllabes du nom donné par Cavanilles, le professeur A. -L. de Jussieu a formé un mot facile à retenir, et qui a été adopté par la plupart des botanistes, notamment par Persoon et De CandoUe, quoiqu'il n'exprime pas l'idée du botaniste espagnol ; celui-ci avait en effet voulu adresser un hommage à Pun de ses compatriotes, amateur éclairé de botanique, et nommé Cienfuegos. Voici les caractères que les auteurs attribuent au genre Fugosie : calice ù cinq divisions peu profondes, ceint d'une involucelleà douze folioles très-courtes et sétacées; anthères en petit nombre, conimeverticilléesautourdela partie moyenne du tube staminal ; un stigmate en massue ; capsule Iriloculaire, globuleuse, renfermant trois graines. Le professeur De Candolle {Prodr. liegn. Feget., 1. 1, p. -iS') place ce genre à la suite du Gos.y'jO(M»j et du licdoutea.
La FcGosiE DiGiTÉE, Pugosiu digitaia, est une plante herbacée, du Sénégal, dont les feuilles sont divisées en trois ou cinq parties linéaires et obtuses; les pédoncules sont unitlores et axillaires.
FUIRÈNE. Fuircna. bot. Genre de la famille des Cypéracées et de la Triandrie Monogynie, L. , établi par Rottboel, et adopté par d'autres botanistes, dont les caractères sont : des épillets disposés en ombelles axillaires ou terminales, composés d'écaillés imbriquées en tout sens, uniflores, à trois nervures et aristées à leur sommet. Le périanthe se compose de trois écailles onguiculées, également à trois nervures, et dans quebiues espèces de trois soies hypogynes placées entre ces écailles; les élamines sont au nombre de trois; le style est simple , surmonté de trois stigmates filiformes ; le fruit est un akène triangulaire, recouvert par les écailles du périanthe, et terminé à son sommet par la base du stylo.
Toutes les espèces de ce genre sont exotiques, etcroissent en Amérique, dans l'Inde et à la Nouvelle-IIoUanile. Leur porta généralement beaucoup d'élégance.
FUJET. Moii. Synonyme de Trochus corallinus . Gmel.
FULCADEA. noT. Koin donné par Poiret au même genre que Huraboldl el Bonpiand ont dédié à Turpin. /-'. TrRPWiE.
FCLCRAOÉ. Fiilcraceus.vot. De CanduUe surnomme ainsi le bourgeon dont les écailles sont formées par l'avorlcment des pétioles bordés de stipules, comme dans le Prunier.
FULCr.É. Fitlcratus. bot. Ce surnom a été donné par Willdcnow, aux liges , lorsqu'elles jetlenl laléralemenl de longues racines qui descendent vers le sol, s'y enfoncent et forment ainsi de nouveaux supports à la plante. q
FDLGORE. Fulgora. vus. Genre de l'ordre des Héniiplères, établi par Linné, et subdivisé depuis par Latreille (|ui place les espèces auxquelles il conserve ce nom dans la famille des Cicadaires, avec ces caractères : élylres de la même consistance; tarses de trois articles; antennes insérées sous les yeux, de deux ou trois articles, dont le dernier beaucoup plus grand, presque globuleux, chagriné. ayant un tuberculesurmonlé d'une soie; bec long, formé de deux ou trois articles apparents; léle pointue, prolongée ordinairement en une sorlede museau, de forme variée, avec de pelils yeux lisses, placés au-dessous des yeux à réseau, qui sont arrondis et saillants; trompe ou bec couché sur la poilrine, et renfermant trois soies; élylres el ailes en loil; pattes de moyenne longueur, avec les jambes postérieures armées d'épines; tarses terminés par deux crochets et par une pelote. Ces caractères, assignés par Lalreille el que nous avons cru devoir transcrire en entier, donnent une idée presque complète de l'organisalion extérieure des Fulgorcs. Ces insectes, remarquables par les couleurs varices et brillanles de leurs ailes, offrent encore une parlicularilé bien curieuse dans une ])rolubérance de leur lêle qui semble être un prolongement du Iront. Celle protubérance, dont le volume el la forme varient, répand souvent une lumière pliosphoriquc, Irès-vive. Les Fulgores diffèrent des Cigales par l'absence d'un organe du chanl , par l'existence d'une éminence frontale el par l'insertion des antennes ; elles ressemblent , sous ces rapports, aux Fiâtes, aux Isses et aux Derbes; mais il est encore possible de les en distinguer par quelques signes faciles à saisir. Elles ont enfin de l'analogie avec les Cicadelles; mais l'insertion très -différente des antennes suffit seule pour empêcher de les confondre. La plupart des espèces propres à ce genre sont e.xoliques; elles habitent l'Amérique méridionale, Cayenne, la Guadeloupe, le Sénégal, les Indes-Orientales, la Chine. On ne connaît pas leurs mœurs.
La FiLGORE PORTE-iANTERivF, Fw/^ora lalernaria, L., ou le grand Porle-Lanlerne des Indes-Occidenlales, figurée par Stoll {Cic, page 15, lab. 1, fig. 1), par Réaumur (Mém. sur les Ins., l. v, pi. 20, fîg. C et 7), par Roêsel (Ins.. t. ii, Locust., lab. 28 et lab. 20), el principalement par Merlan (Hist. des Ins. de SMrinam, p. 49, pi. 49) sous le nom de Laternaiiiis. Cet observateur nous apprend que leur lêle répand la nuit une lumière très-vive, à la clarlé de laquelle il ne serait pas difficile de lire, el que pendant le jour elle est Iransparenle : une vessie el rayée de rouge et de verl. Réau- , curieux d'éclaircir par l'analomie la cause de ce
phénomène singulier, ouvrit une de ces vessies desséchées ; mais il ne trouva dans son intérieur qu'une cavité pleine d'air el ne renfermant aucun organe. L'individu qu'il avait observé était desséché. Celle espèce n'est pas rare à la Guadeloupe el à Cayenne; on la nomme MoHche luisante ou Mouche ù feu; elle vole Irès-bieu et se lient habituellement sur les sommités des grands arbres. Quelques naturalistes ont paru douter de la propriété qu'avait la tête de ces animaux d'être phosphorescente; ils ont cité à l'appui de celle opinion l'observation faite par le savant Richard , qui , ayant élevé à Cayenne plusieurs individus de la Fulgore porle-lanlerne, n'a jamaispu voirces insectes lumineux. Ce témoignage, quelque respectable qu'il soit, ne suffit cependant pas pour révoquer en doute un fail constaté avec beaucoup de précision par Mérian, el généralement reçu dans le pays. Le nom que l'insecle porte ne saurait avoir été imaginé à dessein ; on doit plutôt en conclure que la Fulgore porle-lanlerne ne jette de lumière phosphorique qu'à une certaine saison de l'année el peut-être à volonté, comme le font nos Vers luisants ou Lampyres.
La FciGOREPORTE-cHAivDEiiE, Fii/tjoia catulelan'a , Fabr., ou la Cigale chinoise i)orle-lanterne de SloU {loc. cit. , p. 44 , pi. 10 , fig. 46 , et fig. A ) , représenlée par Roesel {loc. cil., t. ii, Loc. , lab. 50, fig. 1, 2, 5), est très-commune dans les colleclions, el se trouve abondamment à la Chine.
La Fulgore bigarrée, Fulgora vaiiegata, a au del;"i de trois pouces el demi d'étendue; le prolongement de sa tête n'est guère sensible, mais son corps est enlièremenl couvert d'un long duvet laineux parfaitement blanc; ses élylres sont translucides, d'un brun jaunâtre, réticulées de brunâtre, avec une sorte de bande en zigzag qui les traverse, et quelques points plus foncés ; les ailes sont claires, jaunâtres, réticulées de brun seulement près du bord antérieur. Elle est assez commune au Brésil. ::i
La Fclgore TÉNÉBREUSE. /"K/^om /e«eft;-osn, Oliv., Encycl. mélh., ou la Cigale porte -lanterne brune de Guinée, Stoll {loc. cil., p. 21. lai). 2, fig. 7). On la trouve en Guinée. Olivier {toc. cit.) décrit plusieurs autres espèces de Fulgores donl plusieurs appartiennent à des divisions qui ont été démembrées du grand genre Fulgore de Linné. K. Fulgorelles. Parmi les Fulgores proprement dites, on doit cependant distinguer encore :
La Fulgore d'Europe, FM/^rora Europœa, L., Fabr., ou la Cigale à tète en pointe conique de SloU ( loc. cit., p. 48, pi. 11, fig. 51). On la trouve dans le midi de la France, en Sicile et en Italie, f^., pour les autres espèces, Fabricius.
FDLGORELLES. Fiigorellœ. ws. Division établie par Lalreille dans la famille des Cicadaires, el correspondantaugrand genre Fulgore de Lijiné. Elle renferme divers genres qui en ont été démembrés, tels queEulgore i propre, Asiraque7Delphax,Teltigomèlre,Lystre; Flale, ] Isse etï)erbe. f^. ces mots et Cicadaires.
FULGDR.MOLL.Nomlalin em|)loyé par Monlfort. pour 1 désigner scientifiquement son genre Carreau. 11 le pro- I posa pour le Murer perrersus de Linné, la Piritla
iwrrersa de Lainarck. Ce génie ne repose sur aucun l)on caractère, et ne se distingue des autres Pirules que par un rudiment de pli qui se voit sur la colunielle ; encore semble-l-il plus fort par la manière dont la coluinclle se contourne; c'est donc à tort que Férussac (Tabl. Syst. des Anim. moll.) regarde ce genre de Montfort comme l'analogue du genre Fasciolaire dans lequel il sera toujours impossible de le faire rentrer.
FULGUlilTK. MIN. On donne quelquefois ce nom vulgaire à ces concrétions tulmleuses de grès, que l'on prétend être le résultat d'une sorte de fusion opérée par la foudre qui tombe sur des dépôts arénacés.
FLILICA. OIS. Synonyme de Foulque. A', ce mot.
FlILIGO. BOT. ( Lfcoperclacées. ) Genre établi par llaller, adopté par Persoon. et ayant pour type le Mucor seplicus de Linné. 11 a été aussi nommé /Elhalium par Link (Obserr., i , p. 24), et BiiUiard l'avait placé dans son genre Réticulaire composé d'éléments hétérogènes.
Les espèces de Fuligo ont des formes très-variées ; elles sont d'abord pulpeuses , communément étalées , velues à l'extérieur ou garnies de fibrilles; leur base est membraneuse, et leur intérieur cellulaire, fibreux ou poilu. Le nom de Fuligo vient de la facilité avec laquelle ces Cryptogames se résolvent en poussière. Leur place n'est pas encore bien déterminée.
FULIGULA. OIS. Ch. Bonaparte a donné ce nom à la division du genre CanaM, que Temminck a appelée llydrohates et Brclim Plalypus.
FULLAKTOME. FuUartonia. bot. Genre de la famille des Synanlliérées, tribu des Asléroïdées , institué par De Catidnlle pour une plante récemment apportée de l'Himalaya. Caractères : capitule multiHore, hétérogame; fleurs de la circonférence disposés sur plusieurs rangs, toutes femelles et ligulées; celles du centre tubuleuses, à cinq dents et hermaphrodites; réceptacle nu; involucre polyphylle, consistant en une ceinture d'écaillés linéaires, acuminées; anthères simples; style un peu velu; akènes presque cylindriques : ceux du rayon chauves et glabres, ceux du disque poilus et couronnés par une aigrette formée d'une rangée de soies roussàtres et scabreuses. La Fcllartonie de Kan\oy, FuUartonia Kamaonensis, DC, est une plante herbacée, à feuilles alternes, ovales, semi-amplexicaules et forlement dentées; à capitules solitaires au sommet de la tige ou dans les aisselles des rameaux; les fleurs sont d'un blanc jaunâtre; on la trouve dans l'Inde.
FULLO. OIS. Synonyme de grand Jaseur. F. ce mot.
FliLLO. INS. Nom scientifique du Hanneton, vulgairement appelé Foulon.
FtJLLONIOU E. FuUotiica.Tois. Espèce du genre Raie. y. ce mot.
FULMAR. ois. Espèce du genre Pélrel. F. ce mol.
FULMINAIRE. MOU. Foss. Pierre-de-Foudre. On a donné anciennement ce nom aux Bélemniles et aux Oursins fossiles, qu'on croyait être produits par le tonnerre.
FtILVIE. REPT. Espèce du genre Couleuvre.
FU.MAGO. BOT. (Miiccdiiiées.) Genre formé par Persoon (Mycologia Europœa, p. 9) qui le caractérise ainsi : croûte noire, composée d'une matière presque
compacte, eomposéede fibrilles rares, sur lesquelles sont dispersées les sporules. Les espèces de ce genre se trouvent sur les feuilles de plusieurs arbres d'Europe, et notamment du Tilleul, de l'Érable , du Peuplier, du Saule, du Pommier, etc.; elles leur donnent une telle apparence, qu'on dirait qu'elles ont été exposées à la fumée. L'auteur en a décrit sept, divisées en deux sections dont la première comprend les espèces de conformation homogène, ou les Fumago ragans et Fiimago Mali. La seconde, nommte Polychœlon , est caractérisée par une croûte velue, avec des soies rigides et éparses; elle se compose des Fumago Quercinum , Fumago Citri, Fumago Fagi, Fumago Ilicis et Fumago Typhœ.
FUMARIA. BOT. F. FCJIETERRE.
FUMARIACÉES. Fumariaceœ. bot. Le genre Fumeterre avait été placé par Jussieu à la suite des Papavéracées. De Candolle a proposé le premier d'en former le type d'une famille distincte, mais qui doit demeurer à côté des Papavéracées dont il est impossible de l'éloigner. Voici quels sont les caractères généraux des Fumariacées : ce sont toutes des plantes herbacées, annuelles ou vivaces . dont la tige est charnue , simple ou plus souvent ramifiée; les feuilles sont alternes , décomposées en un grand nomljre de divisions grêles qui les font ressembler à des feuilles composées. Les fleurs sont jaunes ou rougeâlres, généralement disposées en épis terminaux. Leur calice se compose de deux petits sépales caducs, opposés, ordinairement dentés; la corolle est irrégulière, formée de quatre pétales inégaux : en général elle est [dus ou moins tubuleuse par le rapprochement des pétales qui sont quelquefois soudés entre eux par la base; le supérieur est généralement le plus grand; il se termine à sa partie inférieure par un éperon recourbé ou simplement par une bosse arrondie; des trois autres deux sont latéraux et semblables, un inférieur. Les étamines sont au nombre de six, diadelplies, c'est-à-dire formant deux faisceaux : l'un inférieur, placé sur le pétale inférieur, l'autre supérieur, adhérent par sa base avec les deux pétales latéraux ; chaque androphore est plan, allongé, simple, terminé par trois anthères : une médiane, à deux loges et deux latérales, uniloculaires,s'ouvrant par un sillon longitudinal; très-rarement les six étamines sont libres et distinctes; l'ovaire est libre et supère, lanlôt globuleux, nniloculaire et contenant quatre ovules, tantôt allongé, et en offrant plusieurs attachés à deux trophospermes longitudinaux, placés en face de chaque suture; le style est grêle, simple, quelquefois peu distinct du sommet de l'ovaire; le sligmale est déprimé, un peu inégal et comme discoïde; le fruilest tantôt un akène globuleux, tantôt unecapsule nniloculaire, allongéeou vésiculeuse, renfermant deux ou plusieurs graines fixées à deux trophospermes suturaux ; cette capsule s'ouvre généralement en deux valves; les graines sont globuleuses, couronnées par une caroncule arilliforme; elles contiennent, dans un endosperme charnu, un embryon petit, un peu latéral, quelquefois recourbé et placé transversalement. Cette famille, ainsi qu'on l'a vu précédemment, a les plus grands rapports avec les Papavéracées; mais cependant on iicut l'en dislinguci-
pai-son suc propie, qui est aqueux et jamais blanc ou jaunâtre comme dans ces dernières, par sa corolle constamment irrégulière, par ses étaniines diadelphes et la structure des anthèies. Elles ont aussi beaucoup d'affinité avec les Crucifères et la nouvelle famille des Balsaminées. Mais il est facile d'en saisir les différences.
La famille dont il est question ici se compose uni- <|uement du genre F«wianc de Linné; mais ce genre a été successivement divisé en un assez grand nombre d'autres, en sorte qu'aujourd'bui on en compte six formant ce petit groupe naturel. Ventenat a d'abord séparé du genre Fiimaria, les espèces dont le fruit est allongé et contient plusieurs graines, et en a fait son genre Coiydalis , nom qui avait déjà été proposé par Mœncli pour quelques espèces seulement. Depuis cette époque , les espèces de ce genre ayant été mieux étudiées, on en a fait quatre autres genres, savoir : Diclflra de Borekhausen ; Jdlumia de Raffinesque. Cysticapnos de Gaertner, et Sarcocapnos de De Candolle. r. chacun de ces mots.
On compte environ une cinquantaine d'espèces distribuées dans les six genres qui viennent d'être mentionnés. Presque toutes sont originaires des parties tempérées de l'hémisphère boréal. Huit ont été trouvées dans l'Amérique septentrionale, quinze en Europe, deux en Barbarie, cinq en Orient, treize en Sibérie et dans le nord de la Chine, deux au Japon et deux au cap de Bonne-Espérance.
Les Fumariacées ne diffèrent pas moins des Papavéracées par leurs propriétés médicales, que par leurs caractères botaniques. On sait que ces dernières sont acres et narcotiques; les autres, au contraire, ont une saveur franchement amère, et sont employées comme toniques et dépuratives.
FUMÉES VOLCANIQUES. GÉOL. Dans l'usage où furent la plupart des écrivains qui s'occupèrent des volcans, d'exagérer leurs effets pour en rendre la peinture plus terrible, et d'accompagner les descriptions qu'ils donnèrent des secousses éruptives, de circonstances qui cependant en étaient presque toujours indépendantes, on fit jouer un grand rôle à la Fumée dans l'histoire des montagnes ignivomes. Pline le Jeune ayant mentionné une Fumée effrayante et profondément obscure, qui s'élevait en forme d'un immense Pin sur le Vésuve quand son oncle en devint la victime, la Fumée en forme (le Pin devint ainsi qu'une chaleur suffocante, la terreur des animaux, les tonnerres, les grondements souterrains, les éclairs, les flammes dévorantes, etc., un caractère indispensable de toute éruption décrite dans les livres ou dans les gazettes. La Fumée, dans les volcans, n'est cependant qu'un incident fort simple, et qui, presque toujours, tient à des causes locales. 11 ne s'en élève point d'aussi épaisses qu'on le suppose des cratères qui, le plus communément, lorsqu'ils sont en travail, ne produisent que des vapeurs à peine visibles durant le jour, mais rougeàtres la nuit, parce qu'elles sont pénétrées de la lumière sinistre produite par les embrasements de la cheminée. Il arrive dans quelques éruptions où les cratères ne se remplissent pas de matières en fusion, mais avani de s'embraser, lancent dans les pro-
fondeurs de la nionlagne. des cendres ou autres laves réduites en poussière d'unecertaine ténuité; il arrive que ces poussières ou cendres, élevées avec les vapeurs, donnent à celles-ci une teinte plus ou moins foncée, et la Fumée en formedePin de Pline le Jeune, a pu n'êlre que des cendres poussées de la sorte dans les hautes régions de l'atmosphère, par des vapeurs qui ne manquèrent pas de devenir inappréciables à l'œil . quand les fragments pulviformes. entraînés hors de la ligne impulsive d'action, tombèrent à la surface du sol, en conséquence de leur pesanteur. De tels cas sont beaucoup plus rares qu'on ne l'a dit. Quant aux Fumées, souvent fort épaisses, semblables en grand à celles qui s'élèvent de l'eau bouillante, et qu'on aperçoit souvent à la surface des courants de laves lorsqu'ils commencent à se fîger, ou quand ils sont figés tout à fait, elles proviennent de l'humidité qui se trouvait contenue dans le sol sur lequel coulèrent les laves, et qui, réduite en vapeur par la chaleur existante au point de contact, profite des premières crevasses produites par le refroidissement pour s'échapper dans l'atmosphère. On a vu de pareilles Fumées s'épaissir au point de couvrir les environs d'un brouillard exiraordinairement épais, après des ondées de pluie tombées sur des coulées non encore totalement refroidies. — De tous les accidents de ce genre, le plus remarquable par sa pompeuse magnificence, est celui que détermine un courant igné, échappé des flancs d'un volcan en éruption, et tombant, encore incandescent, dans les flots de l'Océan, tout à coup vaporisés.
FUMEROLLES, gèol. Ouvertures ou crevasses qu'on trouve dans certains cratères de volcans brûlants, ou à la surface de coulées de laves nouvellement émises et d'où s'échappent des vapeurs et des fumées.
FUMETERRE. Funiaiia. bot. Ce genre, de la Diadelphie Hexandrie, L., placé par Jussieu parmi les Papavéracées, est devenu pour De Candolle le type d'une famille nouvelle à laquelle il a donné son nom et qu'il a pu former seul, car les six genres qui la composent ne sont que des démembrements àuFumariaàe Linné. Les différences de structure dans le fruit et celles des quatre pétales tantôt libres, tantôt diversement soudés entre eux, et dont un seul le plus souvent, ou plus rarement deux, se prolongent à sa base ou en bosse ou en éperon : tels sont les caractères qui ont servi à distinguer ces six genres. Ceux du Fiiwaiin , ainsi limité, sont les suivants : deux sépales opposés ; quatre pétales, l'inférieur libre, les trois supérieurs inférieurement soudés et celui du milieu éperonné à sa base; six étamines soudées trois à trois en deux faisceaux alternant avec les sépales, et dans chacun desquels les trois filets sont unis presque jusqu'au sommet, plans et dilatés inférieurement; les anthères granuleuses, celle du milieu à deux loges, les deux latérales à une seule, sans doute par avortement; un style simple, plan , souvent marqué d'un sillon longitudinal, caduc, articulé avec le sommetde l'ovaire et terminé par un petit cône des deux côtés duquel sont deux stigmates lamelliformes; un I ovaire comprimé , dans lequel on peut observer, lors- ( qu'il est très-jeune, quatre ovules suspendus le long de I deux placentas latéraux, opposés; ces ovules sont déjà ' fort inégaux, et l'un d'eux l'emporte plusieurs fois eu
voliiiiic sur les autres. Il vient seul à iiialurilé, et le fruit indéhiscent simulerait ainsi un akène, si l'attache (le la graine n'était latérale. Il est ovoïde ou globuleux, relevé de deu.x côtes peu saillantes, indices des deux placentas longitudinaux dont il a été parlé.
Les espèces sont des plantes herbacées de consistance tendre, ordinairement rameuses, à feuilles alternes, plu- •sleurs fois pinnées, dont les folioles sont |)lus ou moins étroites, plus on moins profondément lobées. Les Heurs, petites, blanchâtres ou nuancées de pourpre, sont disposées en grappes terminales ou opposées aux feuilles. Ue Candoile en décrit quatorze <|u'il distiibue en deux sections : la première, qu'il distingue par le nom de Platycapnos, a ses fruits ou silicules comprimés", et comprend trois espèces : l'une du midi de l'Europe, l'autre de l'Orient, la troisième de r.\tlas. La seconde section, caractérisée par ses fruits globuleux, qirindi(|ue le nom de S/jUceiocapnos, se compose de six espèces, toutes plus ou moins communes eu France, ou même dans nos environs. Du nombre de ces dernières sont : le Fumaria capreolata, dont les pétioles se terminent en vrilles; le Fumaria pani/loia, à fleurs très-petites, blanchâtres et marquées de taches d'un pourpre noir, à feuillage glauque et finement découpé; le Fumaria o/ficinalis, si connu sous le nom de Fumeterre et si répandu dans nos champs et nos jardins. Les cinq dernières ispèces, originaires de l'Europe méridionale ou exotiques, ne sont encore connues que d'une manière incomplète.
FUNAIRE. Funaria. dot. (Mousses.) Genre constitué par Iledwig, d'aboid sous le nom de Kœlhreutera , <iu'il changea lui-même en celui de Funaria aiijouril'hui généralement adopté. 11 l'a formé aux dépens des Miiium, genre où Linné avait placé plusieurs Mousses l)eu analogues, et qui, dans la réforme de la muséologie, n'a pas été conservé. Palisot de Beauvois a cru devoir substituer au nom de Funaria celui â&Strephedium; mais cette innovation ne paraît pas avoir été [irise en considération , non plus que la dénomination de Luida qui avait été autrefois employée par Adanson. >oici les caractères assignés par Uedwig et De Candoile au genre funaire: capsule terminale et pyriforme; péristorae double : l'extérieur à seize dents tordues obli- <|uement et soudées parleur partie supérieure, l'intélieur à seize cils i)lans, membraneux et opposés aux dents du rang extérieur; coiffe ventrue, tétragone à sa base, subulée au sommet, se fendant de coté et se détachant obliquement. Selon Uedwig, les Mousses de ce genre sonldioiques,etles Heurs mâles sont formées par les gemmules ou disques terminaux.
Les espèces de Funaires sont peu nombreuses; elles habitent principalement les contrées se|)tentrionales de notre hémisphère. Cependant il en est quelques-unes qui croissent dans des pays assez chauds; telle est le Funaria Foiitaiiesii, Sch\VtE,;r., qui a été trouvé en Barbarie et en Egypte par Desfontaines et Delile. Mais l'espèce la plus digne d'attention, parce qu'elle est trèscommune en Europe, sur les murs, les rochers et les pentes un peu humides, et parce qu'elle présente un phénomène d'hygroscopicilé bien plus marqué (pie dans toute autre Mousse (excciité peut-être le Tayloria
splddiiioides, Ilook., dont les dents du péristomc sont éminemment hygroscopiques), c'est la Fihaire hygrométrique, Funaria hygrometrica , Hedw., Mnium hygrometricum, L. et Dillen, Musc, t. 58. f. 73. Celte Mousse a une tige légèrement rameuse, garnie de feuilles étalées, oblongues, pointues, à une nervure médiane et entière sur les bords; la capsule est grande, oblique, striée, d'un brun rougeàtre, et supportée par un long pédicelle qui se tord sur lui-même pendant la dessiccation, et se déroule avec rapidité lorsqu'on l'humecle même assez légèrement, comme par exemple avec le souOle humide de la respiration.
FUNCKIE.y^MHfA/a.BOT. Le Melanthium pumilum de Forster, qui fait maintenant partie du genre Astelia de Banks, était précédemment le type du genre Funckia, créé par Willdenow.
FUNDULE. Fundulus. pois. Le genre formé sous ce nom par Lacépède, et auquel ce savant donne pour caractères ; corps et queue presque cylindriques, point de barbillons, des dents aux mâchoires, et une seule dorsale, n'a point été mentionné par Cuvier. Distrait du genre Cobite, il paraît devoir rentrer parmi les Pœcilies. y. ce mot.
FUiNGlCOLES. Fungicolce. iws. Famille de l'ordre des Coléoptères, section des Trimères, établie par Latreille (Bègue Anini. de Cuv.), et distincte de celle des Aphidiphages par des antennes plus longues que la têle et le corselet; par des palpes maxillaires filiformes, ou simplement un peu plus grosses à leur sommet; enfin, par la forme plus oblongue de leur corps, dont le prothorax est en trapèze.Quelquesinsecfesde cette famille vivent sous les écorces des arbres; mais le plus grand nombre habitent quelques Champignons et se nourrissent de lein- substance.
Les Fungicoles comprennent plusieurs genres qui peuvent être rangés dans deux sections.
f Pénultième article des tarses bilobé; neuvième cl dizième articles des antennes en forme de cône ou de triangle renversé, et composant avec le dernier une massue ; tête plus étroite que le prothorax.
Genres : Eumorphe, Lycoperdine, Erdomyque.
tt Tous les articles des tarses entiers; derniers articles des antennes globuleux et velus; tête presque aussi large que le prothorax.
Genre : Dastcère.
f^. ces divers genres.
FU.NGIE, FUNGITE ou FUNGOIDES. polyp. Les anciens oryctographes désignent sous ces différents noms des Polypiers fossiles assez communs dans tous les terrains et que l'on regarde comme des Alcyonaires.
FUNGINE. BOT. CRTPT. Principe immédiat des végétaux , qui constitue la substance charnue des Champignons ; elle est blanche, mollasse, légèrement élastique,; elle donne à l'analyse chimique de l'huile empyreumatique, de l'acétate d'Ammoniaque, des phosphates de Chaux, de Fer et d'Alumine, du sous-carbonate de Chaux et de l'Eau. On l'obtient pure en traitant les Champignons par l'eau bouillante, chargée d'un peu d'Alcali.
FUNGITE. POLYP. y. FiJNGiE.
FUNGOIDASTER. dot. (Champignons.) Micheli désignait 60HS ce nom les espèces qui rentrent dans les
S(li)
r.cnres Moulius et Helcitla des bolanisles modernes. /'. ces mois. ;
FUNGOIDES. BOT. {Champignons.) Celte dénomi- | nation vicieuse a été employée par plusieurs l)Otanistes pour désigner des Cliampignons de genres différents. Le Fuiigoiilcs de Toiirnefort se rapporte au Peziza de Linné ou Cyalhits de Haller; celui de Vaillant au FutigoUlasler An U\cht\i ou Mcrulius des modernes. Dillen et Rai nommaient aussi Fungoides diverses espèces de Clavaires et de Stemonilis.
F LKGLLUS. EOT. Ce mot, qui signifie petit Champignon, a été employé par Mentzel pour exprimer des Cryptogames de familles diverses; tels sont entre autres un Qalhtis et le Bœomyces ericetorum. V. ces mots.
FUNGDS. BOT. CRYPT. V. Champignons.
FUNICULAIRE. Funictilarius. bot. [Hydrophytes.) Genre de plantes marines, établi par Roussel dans .sa Flore du Calvados; il se compose des Fucus concaleiiatiis d'Esper et Fiiciis loreus de Linné qu'il divise en trois espèces. Ai le genre, ni les espèces n'ont été adoptés parles naturalistes.
FUNICULE. Funkuliis. bot. Quelques auteurs donnent ce nom au podosperme ou cordon ombilical de la graine, l'. Podosperme.
FUKlCULliNE. Funiculina. poiYP. Genre de l'ordre desZoophytes libres ou nageurs, dans la classe des Polypes à polypiers. Corps libre, filiforme, très-simple, Irès-long, cliarnu, garni de verrues ou papilles polypifères, disposées par rangées longitudinales. Au centre, un axe grêle, corné ou subpierreux; Polypes solitaires sur cliaque verrue. Ce genre a été établi par Lamarck aux dépens des Pennatules de Linné ; ce sont des Polypiers Hottanls ou nageurs, très -voisins des VéréliUes; ils offrent, comme ces dernières, un corps libre, très-simjile, n'ayant ni crèles, ni papilles polypifères; mais les Funiculines ayant le corps filiforme, grêle et fort long, et les verrues ou papilles qui portent leurs Polypes se trouvant par rangées longitudinales, ces caractères paraissent suffisants pour autoriser leur distinction d'avec les VéréliUes. Ces Zoopbyles ayant les mœurs, les habitudes des Pennatules et une organisation presque semblable, on ne doit pas s'élonner si on les a longtemps confondus ensemble; Lamarck en a fait un genre particulier facile à distinguer par le défaut de cellules polypifères. LesFuniculines. quoique Irès-peu nombreuses en espèces, se trouvent à des latitudes très-différentes les unes des autres.
FUNILIFORME. Funiliformis. bot. La racine est Funiliforme, (|uand elle consiste en de grosses fibres semblables à des cordes; telles sont celles du Palmier, du Dragonnier, etc.
FU^KlE. Fuiikia. bot. Genre de la famille des Hémérotallidées, et de l'Hcxandrie Monogynie de Linné. Thunberg découvrit la première espèce de ce genre, qu'il considéra d'abord comme un Jletris et qu'il publia ensuite dans sa Flore du Japon, sous le nom à'He- Dierocallis Japonica. Plus tard Willdenow changea le nom spécifique et de pays, en celui plus caractéristique de Lancifolia qu'adopta Thunberg, lorsqu'il décrivit la même planledans le second volume des transactions
de la société Linnéeniie, sous la dénomination de llanerocallis lancifolia. Enfin Sprengel ne trouvant pas compatibles les caractères qu'offraient nos Hémérocalles européennes et ceux qu'il observait dans les Hémérocalles exotiques, en a séparé ces dernières pour inslitiierle genre FttnAf'a qu'il a dédié à son ami Henry Christian Funck, de Cefras, dans la principauté de liayreuth, auteur de plusieurs mémoires et dissertations sur différentes Cryptogames et autres plantes de l'Allemagne, et qui a fait connaître une infinité de Mousses nouvelles observées par lui, dans cette vaste partie de l'Europe. Le genre Funkie ne se compose encore que de trois espèces : Funkia ovala (Henierocallis cœriilea), Funkia subcordata (Hemerocallis allui ) et Funkia lancifolia, dont l'introduction en Europe ne date que de 1834. Quant aux autres espèces plus récemment admises dans le genre Hemerocallis et aux(|uelles on devra ajouter celles rapportées du Japon, en 1828, par M. Van Siebold, il y a tout lieu de croire que l'on trouvera parmi elles les éléments d'un genre bien distinct que l'on pourrait érigei' sous le nom de Sicboldia, en reconnaissance des services rendus à la science par un savant modeste qui maintes fois, pour en étendre le domaiue, a bravé les dangers les plus imminents.
Les racines de la Funkie à feuilles lancéolées, Funkia lancifolia, S., sont vivaces, fibreuses et blanches; il s'en élève une tige droite, cylindrique, simple, articulée, glabre, haute de dix à douze pouces, verte, ornée vers la base, de taches oblongues d'un brun noirâtre. Les feuilles radicales sont péliolées, ovales-lancéolées, acuminées, entières, à sept nervures, dressées, un peu ondulées sur les bords, d'un vert glauque, longues de quatre pouces, sur dix à douze lignes de large; les feuilles caulinaires partent isolément de chaque articulation et diminuent insensiblement de longueur à mesure qu'elles se rapprochent du sommet. Les fleurs sont disposées en une grappe lâche ; chacune d'elles, longue d'un pouce et demi, est portée sur un pédoncule court, cylindrique, penché et vert , muni à sa base d'une bractée ou foliole lancéolée, pointue, nervurée, longue de sept à huit lignes. Le périanlhe est d'un bleu pourpré pâle, infundibuliforme, à tube cylindrique, sillonné, élargi vers la gorge, à limbe étalé, profondément divisé en six segments oblongs, réfléchis, marqués de nervures longitudinales, ramifiées, d'un pourpre noirâtre intérieurement, presque blanches à l'extérieur. Les six étamines sont déclinées, presque égales, un peu moins longues que la corolle et insérées à la base du tube; les filaments sont grêles, glabres et blanchâtres; ils supportent des anthères incombantes, jaunes et biloculaires. L'ovaire est oblong, à trois faces et vert, surmonté d'un style filiforme, blanc, décliné, jdus long que les étamines , recourbé vers l'extrémité et couronné par un stigmate émoussé.
On tient cette espèce en serre tempérée, dans un mélange de terre substantielle et de terreau de bruyère. On la propage par la séparation des racines. Les Heurs paraissent au mois d'août.
Willdenow a donné le nom de Funkia Magellanica â une plante qui croit à la Terre de Feu et qui a été
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décrite par Foisler (Gaelt., 9. p.ôO, l. 6)soiis le nom de Melanthiiim pumilum. D'après les observations de 1!. Brown (Prodi: Nod.-HoIL, p. 291), cette plante serait une espèce ii\lslelia, genre intermédiaire entre les Asphodélées et les Joncées. y. Astéiik.
FUR. OIS. Synonyme de Labbe. 1^. Stercoraire.
FUUCAIRE. Furcaria. bot. Ce genre, établi par Desvaux, dans la famille des Fougères, a été trouvé ne pas différer du genre Ceralopleiis de Brougniard.
FUKCELLAIRE. Fitrceltaria. eot. {Hj-Uroph/tes.) Genre de l'ordre des Fucacées dans la classe des Hy- (Iropliytes non articulées; ayant pour caractères : une fructification siliqueuse, ordinairement simple, subulée, à surface unie; tige et rameaux cylindriques et .sans feuilles. Ce genre, composé seulement de deux espèces, diffère des autres Fucacées par la fructifîcalion toujours raboteuse dans ces végétaux, à cause de l'ouverture saillante des tubercules. Roussel l'avait indi- (|ué dans sa Flore du Calvados, sous le nom de Furcullaire que Stackbouse a cliangé en celui de Fasligiaire ; ces auteurs avaient composé leurs genres de plusieurs llydrophytesqui n'ont entre elles aucun rapport. Agardli, dans son Synopsis Algarum Scandinaviœ, a conservé le genre Furcellaria , et l'a placé aussi parmi les Fucacées; mais il y a réuni à tort le Fucus lycopodioides de Turner. Agardh, dans son Species, a reconnu son erreur. Lyngbye, dans son Tentameti Hxdrophylologiœ Dunicœ , a également conservé le genre Fuicellan'a, et l'a composé du Fucus fuiceltatus de Linné, et du Fucus rotundus de Omelin, qui paraissent devoir constituer un genre particulier de l'ordre des Floridées. Il le place entre ses genres 6i- (lartina et Ckordaria, ce qui porte à croire qu'il le considère comme une Floridée. Cependant l'organi- .sation des tiges dans les parties inférieures des vieux individus est évidemment analogue à celle des Fucacées. Si la fructification était parfaitement semblable ù celle des Floridées, il n'y aurait pas à balancer un moment, malgré l'organisation de la tige , pour porter les Furcellaires dans cette classe ; mais comme il n'est pas encore décidé si cette fruclitication renferme des tubercules, ou seulement des capsules granulifères, on doit conserver provisoirement le genre Furcellaire parmi les Fucacées, à cause de l'organisation des tiges. La fructification des Furcellaires est en forme de siliquc allongée, ordinairement simple, quelquefois bilide ou trifide dès sa base, située à l'extrémité des rameaux. Elle renferme de petits corpuscules ovoïdes, situés à la circonférence sur un ou deux rangs; sont- ils des tubercules, avec des capsules? Lorsque les granules sont parvenus à leur maturité, les fructifications se décomposent, se détacbent de l'extrémité des rameaux qui paraissent alors comme tronqués. De ces extrémités sortent, la seconde année, ou dans l'arrière-saison, lorsque les cbaleurs se prolongent plus qu'à l'ordinaire, de nouvelles fructifications, beaucoup plus petites que les premières, d'une couleur rougeàtre, contenant également de petits corps allongés ou ovales, qui parviennent rarement à leur maturité. Les Furcellaires sont donc des Uydrophytes bisannuelles. La couleur de ces idantes varie fort peu; elle est olivâtre et
devient noire par la dessiccation ou par l'exposition à l'air et à la lumière ; quelquefois elle prend une nuance d'olive rougeàtre, ou de vert d'herbe, mais c'est trèsrare. Leur grandeur varie de dix à vingt-cinq centimètres (trois ù dix pouces). Elles se trouvent au dessous de la ligne des marées ordinaires ; on ne les voit jamais sur les rocbers que les marées couvrent et découvrent chaque jour.
'' Le Furcellaria lumbricalis est très-commun depufs le nord de l'Europe jus(|u'au cap Finistère en Espagne qu'il semble ne point dépasser. Le F«rce//a//a/'as//flr(a/n n'est pas rare dans la Méditerranée. Ce sont, jusqu'à présent, les seules Hydropbytes de ce genre de Fucacées. FURCOCERQUE. Furcocerca. inf. Lamarck établit sous ce nom et comme le dernier de la classe des Infusoires, un genre qu'on doit adopter, en rectifiant néanmoins ses caractères ([ui consisteront désormais en un corps ovale-oblong, un peu comprimé, continu, c'est-à-dire sans articulations, nu, sans gaine ni test, postérieurement terminé par une queue fourchue, qui est la continuation du corps même. Bory le range dans sa famille des Urodiées. Le professeur du Muséum, qui n'avait établi le genre qui nous occupe que d'une ma- \ nière provisoire, y avait placé des espèces trop incohéj rentes pour y pouvoir demeurer, et, induit en erreur par Millier, il y comprit aussi le Cercaria viridisde cet auteur, qui n'a point, comme il l'assure, de queue ! fourchue. Bory cite dans ce genre ; 1" le Furcocerca : serrala, Furcutaria furcala , Lamk., Anim. sans j vert., t. II, p. 39; Forlicella furcala, Mail.; Encycl. Vers., pi. 22, fig. 24-27. Cette espèce que MuUer a figurée le premier, se trouve dans les infusions de foin; elle [ est antérieurement tronquée et dentée en scie, mais , non ciliée comme semble le croire Lamarck en la pla- I çant dans un genre auciuel il assigne des organes cij liaires ou natatoires ; 2» Furcocerca Podura, Lamk., ] loc. cit., 1. 1, p. 447; Cercaria Podura, MUlI. ; Encycl. Vers., pi. 9, fig. 1-5. C'est certainement par erreur que I MuUer a représenté un individu de cette espèce couvert de petits poils : car il est positif qu'elle est abso- I lument glabre; de tels poils l'eussent rejetée dans un î autre ordre; elle habite dans les marais parmi les Len- I ticules ; ù" Furcocerca trilobuta, B. ; Poisson à tête de TrèUe, Joblot, part. 2, p. 79, pi. 10, fig. 22. Celte esi pèce, dont le nom indique le caractère, se rencontre dans les infusions d'écorce de Chêne.
FUUCUÉE. Furcrœa. bot. Ce genre proposé par Ventenat pour YJgave fœtida, à cause de son calice plus profondément divisé, de ses étamines incluses, ayant les filets élargis par leur base, ne fut pas adopté d'emblée par les botanistes; néanmoins quelques-uns d'entre eux , ayant reconnu la justesse des observations de Ventenat, s'y rangèrent, et le genre nouveau fut même augmenté de plusieurs espèces qui iiaiurent propres à le consolider. Les Furcrées, dédiées à l'éloquent auteur du Système des connaissances chimi(|ues, appartiennentdonc à la famille desBromeliacéesouà l'Hexan drie Monogynie de Linné; elles offrent pour caractères I distinctifs : des étamines plus courtes que la corolle; un style fortement épaissi à sa base; du reste, la corolle I est supère, à six pétales étalés.
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FtBCRïE GKJARIESQBE. FuTcrœa gigantea, Veut.; Aloe Amencana,(.omme\.; Agare fœtiila,h. Sataciiie est épaisse et tubéreuse, du collet s'épanouissent en (fraude rosace, des feuilles longues de quatre à six pieds et larges de sept pouces environ, peu épaisses, à bords lisses; du centre de ces feuilles s'élèveune tige susceptible d'atteindre la Ijauleurde trente pieds; ses rameaux étendus en pyramide se couvrent d'une multitude de 1 grandes et belles Heurs d'un blanc jaunâtre et verdâtre, j portées sur des pédicelles très-courts, dont la base est accompagnée d'une petile bractée; les six divisions du périanthe sont lancéolées, égales et un peu épaisses; l'ovaire est infère, à trois angles, strié, long d'un pouce environ, légèrement courbé, à trois loges renfermant plusieurs ovules dont la plupart parviennent à l'état de graine parfaite. Les autres espèces considérées comme faisant partie du genre Furcrœa, sont les Agave tube- j rosa, Mill.; CM&e«s(.s, Jacq.; rigida, Mill.; australis, Spr. ; Madagasca liensis, Spr., et cantala, Wall. \
Martius dit qu'une Furcrée, qu'il soupçonne être une espèce distincte de la Gigantesque, croit sur les montagnes du Mexique, à plus de dix raille pieds d'élévation: elle est remarquable par sa stature; son tronc atteint quarante ou cinquante pieds de haut, sur un pied et demi de diamètre; ses feuilles ont une longueur de ; sept ou huit pieds ; sa panicule s'élève encore de trente pieds, et ses rameaux inférieurs ont de douze à quinze ' pieds ; les fleurs sont d'un blanc jaunâtre et en quantité considérable.
FURCULAIRE. Furcularia. \st. Genre de la famille des Rotifères , formé par Lamarck (Anim. sans vert., t. II, p. 36) qui le place parmi les Polypes ciliés, et dont les caractères sont : corps libre, contractile, contenu dans un fourreau oblong, terminé par une queue articulée qui s'y articule et n'en est pas un simple prolongement.Lamarckdit avec raison que les Furculaires rappellent parleur forme et leur aspect les Furcocerques elles Tricocerques; elles présentent même tant de rapports avec ce dernier genre , que celui-ci ne peut être con- • serve, et que ses espèces les plus remarquables doivent rentrer parmi les animaux qui nous occupent. Les Furculaires sont encore fort voisines des Brachionides ; elles offrent encore des rapports avec les Urcéolariées, mais leur queue articulée les en sépare essentiellement. Les espèces de ce genre intéressant sont assez nom- i breuses; on peut citer comme les plus remarquables : 1° Furcularia Larra, Lamk., loc. cit., p. 37; Forti- <W/a,MUII.,Encycl.,pl. 21, fîg. 9-11, qui ressemble à j une petite Chenille, et habite l'eau de mer; 2° Furcii- j lariaaurita, Lamk., p. 58; Forticella, MUll., Encycl., î pi. 21, lig. 17-19, qui semble avoir le corps réticulé, et qui se trouve parmi les Lenticules; ô» Furcularia longiseta, Lamk., p. 79 ; Forticella, Mail., Encycl., p. 22, fig. 10-17, qui est fort remarquable par l'e.xcessive longueur de ses appendices; A" Furcularia longicauda, N. ; Tricocerca longicauda, Lamk., loc. cit., p. 23; Trichoda, Mull., Encycl., pi. 16, f. 9-11, que Lamarck avait placé dans un genre dont Lamoureux l'a extraite; Si" Furcularia Stentorea, N.; Trichocerca Pocillum, Lamk., loc. cit., p. 26; Trichoda, Mull., Encyclopédie, pi. 15. fig. 19-21 , (|ui parait devoir former peut-être
un genre nouveau. Sa figure urcéolaire, et surtout sa queue formée de plusieurs articulations très-saillantes et de cinq divisions dont une impaire plus petite, et les autres deux à deux et opposées, semblent devoir isoler cet animal qui habite l'eau des marais où Eichorn l'observa le premier.
FURERA. BOT. Syn. de Pycnanthème. F. ce mot.
FURET. MAM. Espèce du genre Marte. F. ce mot.
Furet de Java. F. Vaivsire.
Flret des Indes. F. Mangocste.
Feret (grand). C'est le Grisou. F. Globto?i.
Furet (petit). C'est le Tayra. F. GLouTort.
FURFURACÉ. Furfuraceus. bot. Semblable à de la farine ou recouvert d'une poussière blanche, qui res semble à de la farine, comme , par exemple, quelques espèces de Bromélies.
FURIE. Furia. mam. Genre de la famille des Carnassiejs, institué par Frédéric Cuvier, qui le caractérise surtout par des considérations anaLomi(|ues, tirées de la conformation de la tète et de la disposition des diverses i)arlies qui la composent : ainsi les os frontaux et les pariétaux se relèvent prescpie à angle droit audessus des os du nez, et toutes les parties postérieures suivent ce mouvement. Les os de l'oreille sont fort audessus de la partie antérieure de l'arcade zygomatique qui, au lieu d'être horizontale, foi me un arc dont l'extrémité postérieure est très-relevée au-dessus de l'antérieure, etc. Ces caractères, ainsi que d'autres de même nature, sont fort impbrtants, sans doute, mais ils ne sont pas traduits au dehors par des formes qu'on puisse mettre en opposition avec celles qu'on remarque dans les Vespertilions , à qui les Furies ressemblent |)lus qu'aux Oreillards, à cause de leurs oreilles placées sur les côtés de la tète, et non réunies entre elles. Les Chéiroptères ont pour système dentaire quatre incisives en haut et six en bas ; deux canines supérieures beaucoup plus épaisses que les inférieures à trois pointes : une antérieure et une postérieure petites, une intermédiaire grande et conique. La mâchoire supérieure a deux fausses molaires de chaque côté et trois vraies, l'inférieure n'en diffère, sous ce rapport, qu'en ce qu'elle a une fausse molaire de plus. On ne cite qu'une seule espèce de ce genre, c'est ;
Furie hérissée. Furia horrens, F. Cuv. Elle est de petite taille (dix-huit lignes environ de longueur) ; ses yeux sont gros; ses narines rapprochées et séparées seulement par un petit bourrelet ; les lèvres sont entières, avec quatre ou cinq verrues de chaque côté de la supérieure, et huit de l'inférieure; ses oreilles sont grandes, à peu près aussi larges que longues ; son pelage est doux, épais et d'un brun uniforme; son pouce est si court qu'il ne se montre au dehors de la membrane que par son ongle ; sa queue est très-mince, et les vertèbres qui la composent finissent d'être distinctes vers le milieu de la membrane inlerfémorale; elle se continue par un simple ligament jusqu'à l'extrémité de cette membrane fort étendue, qui se termine par un angle dont le sommet dépasse de beaucoup les pieds. De l'Ame rique méridionale.
FURIE. uoLi. Nom vulgaire et marchand de VArca pitosa.
ICRIE. Fuiia. iXT. ? Linné avait élalili sous ce nom, |iarmi les Vers intestinaux, un genre qu'il plaçait entre les Gordius et Loinbricus, et auquel il attribuait pour caractères : corps filiforme, égal, garni de chaque coté d'une série de poils réfléchis et déprimés. Il nomma infernale, Fiiiia iiifernalis, la seule espèce qu'il y comprenait, et ([u'il croyait habiter sur les arbres et sur les plantes des marais de sa patrie, d'où elle se jetait sur les hommes et sur les animaux, pénétrait dans leur chair, en leur causant des douleurs atroces, qui se terminaient ordinairement par la mort. U parait que Linné fut induit en erreur par un préjugé populaire; il crut même une fois avoir été piqué par cette Furie, à l'existence de laquelle cependant personne ne croyait plus depuis longtemps, si ce n'est Gmelin, qui, dans sa treizième édition du Systema nalurœ, n'a pas manqué de reproduire minutieusement la description de cet animal fabuleux.
FURNARIUS. ois. Synonyme de Fournier. F. OpniE.
FURO ET FUUUNCULUS. mam. Synonyme de Furet. Messerscbmidt désigne sous le nom de Furiinculiis sciui-ûides, l'Écureuil suisse, f. Éceheuil.
FUSAIN. Eronj-inus. bot. Genre de la famille des Rhamnées et de la Penlandrie Monogynie, L. , qui se compose d'une dizaine d'arbrisseaux originaires d'Europe, de l'Amérique septentrionale, de la Chine et du •lapon, et qui offrent pour cai^actères : des fleurs hermaphrodites dont le calice persistant, étalé, est ù quatre ou cinq divisions i)rofondes; la CtroUe formée de quatre !i cinq pétales alternes avec les lobes du calice, insérés autour d'un discpie périgyne qui occupe le fond de la lleur. Les étamines, en même nombre que les pétales, sont dressées; leurs filets s'insèrent sur le disque luimême ([ui est plan, et forme dans son contour quatre ou cinq lobes obtus ; ces étamines alternent avec les pétales ; les anthères sont didymes et à deux loges. L'ovaire est libre, à demi plongé dans le disque ; coupé en travers, il offre quatre ou cinq loges contenant chacune deux ovules dont la position varie suivant les espèces; tantôt ils s'insèrent à la partie supérieure de l'angle interne, et sont suspendus; tantôt ils s'insèrent vers sa partie inférieure, de sorte qu'ils sont ascendants. A sa parlie supérieure, l'ovaire finit insensiblement en un style à peu près de la même hauteur que les étamines, et qui se termine par un stigmate à quatre ou cinq dents très-petites et très-rapprochées.
Le fruit est une capsule à quatre ou cinq côtes saillantes, obtuses ou aiguës et en forme d'ailes; à quatre ou cinq loges, chacune contenant une ou deux graines recouvertes en totalité ou en partie seulement par un arille charnu et de couleur rouge; ces graines renferment, dans un endosperme charnu, un embryon plan, dont la radicule est tournée vers le bile, en sorte que si on considérait la position de l'embryon relativement au péricarpe, il serait dressé dans quelques espèces et renversé dans d'autres, tandis que sa position est toujours la même, étudiée relativement au hile ou à la base de la graine. Les Fusains sont de grands arbustes de l'hémisphère boréal ; les principales espèces sont les suivantes :
FrsAiiv n'F.iîROPE. Eiotirmus Einopnvts, L.. Bull..
lab. 135. C'est un arbrisseau de douze à quinze pieds d'élévation, dont les jeunes rameaux sont en général verts etquadrangulaires. Ses feuilles sont opposées, pétiolées, ovales, oblongues, aiguës et légèrement dentées, accompagnées de deux stipules très-petites et sétacées. Les fleurs sont petites, jaunâtres, placées ù l'aisselle des feuilles, et portées sur des pédoncules bifidesou trifides. Le calice est à quatre divisions obtuses. Le fruit est globuleux, déprimé à son centre, à quatre cotes très-marquées et arrondies. Le Fusain, que l'on désigne sous les noms vulgaires de Bois à lardoire. Bonnet de prêtre, etc., croit communément dans nos forêts. Son hois est jaunâtre; il a le grain lin et serré, on l'emploie quelquefois pour les ouvrages de tour. Mais son usage le plus important consiste en ce que, réduit en charbon, il entre dans la composition de la poudre à canon. Les dessinateurs s'en servent aussi pour esquisser leurs dessins, parceque les traitsquel'on trace avec lui s'effacent avec la plus grande facilité et sans laisser aucune trace.
Fusain a larges rEtniiES. Eionymus lalifolius , Lamk., Dict. — Kouv. Duh.,5, p. 24, t. vu. Cette espèce, qui croit dans le midi de la France, estvoisine de la précédente, mais elle en diffère par ses feuilles beaucoup plus grandes, ses fleurs plus nombreuses et portées sur des pédoncules plus longs. On la cultive fréquemment dans les jardins d'agrément où elle fait un très-bon effet, dans l'été, par son feuillage, et en automne par ses fruits de couleur rose et à cinq angles aigus. Son bois peut être employé aux mêmes usages que celui du Fusain ordinaire. On cultive encore dans nos jardins d'agrément. VEconymus re;7î(cosMs,originairedeUongrie, et remarquable par les inégalités de son écorce. L'on a souvent appelé Fusain bâtard une espèce du genre Célaslre. F. ce mot.
FUSAIRE. Fusaria. irt. Le genre formé sous ce nom, par Zéder, a été reporté parmi les Pilaires et les Ascarides.
FDSANE. Fusamis. bot. Genre de la famille des Santalacées et de la Pentandrie Monogynie, L. 11 a pour caractères : un calice turbiné, dont le limbe est divisé en quatre parties caduques, et que tapisse un disque découpé dans son contour, en quatre lobes; quatre étamines courtes, opposées aux divisions du calice, ù an- Ibères didymes; un ovaire faisant corps avec le calice, couronné par le disque, surmonté de (|ualre stigmates sessiles ou portés sur un style extrêmement court. Il devient un drupe globuleux et monosperme. Bergius fit connaître la première espèce de ce genre, sous le nom de Culpoon, que Linné changea en celui de Fusanus. Son fils crut devoir le réunir au Thesium qui ne présente cependant ni dis(iue calicinal ni stigmate quadruplé. Aussi Robert Brown l'a-t-il rétabli avec raison; et en même temps, à l'espèce primitive, qui était un arbuste du cap de Bonne-Espérance, il en a ajouté trois autres de la Nouvelle-Hollande. Les rameaux sont opposés ainsi que leurs divisions et les feuilles; celles-ci sont entières, très-glabres, planes, un peu épaisses; les fleurs disposées en grappes ou en épis axillaires ou terminaux. 11 n'est pas rare d'en rencontrer qui soient mâles par avortement, ou qui offrent cinq divisions an lien de quatre.