‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 3)Chapitre 75 sur 76 · FUS · texte numérisé non relu

FUS

Fl'SARIA. I?IT. /^. FtSAiRE.

FUSARIER. Fusarium. bot. Genre établi par Link (Beri. Magaz., 5, p. 10, tab. 1 , fig. 10) et réuni depuis par ce fungologisle, avec les genres Fiisisporium et Fusidinm, en un genre commun qui porte ce dernier nom. Le Fusarium, qui faisait d'abord partie des Urédinées, à cause de ses prétendues sporules couvertes, a été plus convenablement placé parmi les Mucédinées. En adoptant cette fusion, Persoon a conservé au genre le nom de Fusarium donné d'abord à l'espèce qui peut en être considérée comme le type. F. Fusidier.

FUSCALBIN. OIS. Espèce du genre Philédon. V. ce mot.

FUSCINA. BOT. (Mousses.)ii:\\van\i.(BaiersFl., n, p. 431) a employé ce mol pour le genre qui est plus connu sous le nom de Fissidens. y. ce mot.

FUSCINE. zooL. Matière brune, insoluble dans l'eau et dans les solutions alcalines; soluble dans la plupart des Acides; obtenue de l'Huile animale de Dippel, qui avait été exposée à l'air.

FUSCITE. Min. Pour Fuszite. f. ce mot.

FUSEAU. Fiisus. MoiL. Le genre Fuseau, démembré des Murex de Linné, par Lamarck, présente une coupe assez naturelle, qui ofïre, d'un côté, des rapports avec les Pyrules, les Fasciolaires, les Turbinelles, et d'un autre avec les Buccins, dont il est difficile de séparer quelques-uns d'entre eu.x. C'est en 1801, dans le Système des Animaux sans vertèbres, que ce genre fut établi d'une manière positive. Avant cette époque. Lister et Gualliéii avaient indiqué cette coupe en séparant, le premier, les Buccins rostratâ clamcu/â producliore, et le second en formant son second genre de la classe quatre de la troisième partie sous le caractère de Slrombus canaliculatus rostratus ore simplici. Le genre de Gualtiéri est mieux circonscrit que celui de Lister, qui indépendamment de véritables Fuseaux, contient des Rochers, des Fasciolaires, des Pleurotomes, etc. Quoique Linné les ait placés dans son genre Murex, il les a cependant assez bien séparés dans sa quatrième section générique désignée sous l'épithète de Caudigeri. 11 est vrai que cette section renferme encore des Fasciolaires et des Pleurotomes; Adanson , qui en a mentionné quelques-uns, lésa confondus dans son genre Pourpre qui correspond assez bien aux il/itcea; de Linné. De Roissy, dans le Bufîon de Sonnini, a admis le genre Fuseau , tel que Lamarck l'avait fait et sous les mêmes caractères. En 1810, dans l'Extrait du Cours, Lamarck a réuni en une seule famille, sous le nom de Trachelipodes canalifères , tous les genres qui ont avec celui-ci des rapports très-intimes. 11 a conservé la même division et les mêmes rapports dans son Histoire des Animaux sans vertèbres. Monlfort a fait avec les Fuseaux ce qu'il faisait avec presque tous les autres genres, c'està-dire qu'il en a séparé inutilement les Lathires. Cuvier a considéré les Fuseaux seulement comme un des sousgenres des Murex. 11 leur a subordonné les Lalbires , les Pleurotomes , les Pyrules, les Fasciolaires et les Carreaux. Férussac a fait du sous-genre Fuseau de Cuvier un genre séparé des Murex, mais il y a laissé comme sous-genre tous ceux indiqués par Cuvier. et de plus il y a ajouté les Turbinelles et les Clavatules. Ce genre, tel

qu'il est circonscrit aujourd'hui, peut être caractérisé de la manière suivante ; coquille fusiforme ou subfusiforme, canaliculée à sabase, ventrue à sa partie moyenne ou inférieurement, sans bourrelets extérieurs , et ayant la spire élevée et allongée ; bord droit sans écbancrure; columelle lisse; un opercule corné.

Par ces caractères, il est facile de distinguer les Fuseaux des autres genres qui les avoisinent. Ainsi on les séparera des Buccins, car ceux-ci sont seulement échancrés à la base, et non canaliculés. Ils n'ont point de plis Iransverses sur la columelle comme les Turbinelles, de plis obliques à la base de la columelle comme les Fasciolaires. Ils n'ont pas , comme les Rochers, des varices sur la spire. Ils ont cette spire plus allongée, moins ventrue en général que dans les Pyrules; enfin ils n'offrent jamais d'échancrure à la lèvre droite comme les Pleurotomes et les Clavatules, si on admet encore ce dernier genre. Les Fuseaux sont des Coquilles d'une forme élégante; leur spire est le plus souvent chargée de stries, de tubercules ou décotes régulières; quelques-uns, dépouillés del'épiderme qui les couvre lorsqu'ils sortent de la iner, brillent d'assez vives couleurs; les espèces fossiles sont fort nombreuses : Brocchi, Sowerhy, Lamarck en ont fait connaître un assez bon nombre; nous allons mentionner les principales espèces de ce genre.

Fuseau colossal. Fusus colosseus, Lamk., Hist. des Animaux sans vertèbres, t. vu, p. 122, n» 1; Favanne, Conchyl., pi. 33, fig. B, 4; Encyclop., pi. 427, fig. 2. Cette dernière figure est fort bonne. Grande Coquille fusiforme ventrue, sillonnée en travers de stries qui suivent la direction des sillons, entre chacun d'eux; elle est blanche ou d'un blanc jaunâtre; ses tours de spire sont convexes; dans leur milieu, on remarque une série de tubercules assez grands, qui forment une sorte de carène ; le canal de la base n'est pas recouvert, et il n'est point étroit dès son origine, mais il naît insensiblement. Cette espèce est fort rare et très -grande, puisqu'elle a jusqu'à onze pouces de longueur. Sa patrie est inconnue.

Fuseau Quenouille. Fusus Colus, Lamk., Hist. nat. des Animaux sans vert., t. vu, pag. 12-5, noô; Murex Colus, L., Gmel., p. 3543, ii° 61; Lister, Conchyl.. lab. 918, a; Martini, Conch., t. vi, tab. 144, (îg. 1342; Fusus longicauda , Encycl., pi. 423, fig. 2; Fuseau longue queue, Roissy, Buffon de Sonnini, t. vi de la Conch., p. 00, n» 1, pi. 39, fig. 1. 11 ne faut pas confondre dans la même espèce le Fusus Colus de l'Encyclopédie, qui est une espèce voisine que Lamarck a nommée depuis Fusus tuberculatus. Le Fuseau Quenouille est une Coquille bien fusiforme, étroite, sillonnée en travers; le ventre est petit, la queue ou canal étroit, grêle, recouvert, très-long; les tours despire sont convexes, subcarénés dans le milieu par une rangée de petits tubercules; elle est toute blanche, excepté au sommet et à la base où elle est roussàtre ; la lèvre gauche est dentelée et sillonnée à l'intérieur.

Fuseau épais. Fusus incrassatus, Lamk., Auim. sans vert., l. vu, pag. 124, n° 8; Murexnudatus, L., Gmel., pag. 5336, n" 113; Martini. Conch., t. iv, tab. 143, fig. 1343. Coquille remarquable jiar son épaisseur

et sa pesanteur. Elle est toute blanche, fiisiforme; la spire élancée, chargée de gros tubercules et striée en travers, la dislingue des espèces voisines; le canal de la base est long , mais il l'est moins que la spire ; il est recouvert ; la lèvre droite est saillante et la gauche dentelée et sillonnée en dedans. Cette espèce rare, qui a jusqu'à si.x pouces de longueur, vient de l'océan des grandes Indes.

Fdse\ii dc Nord. Fusus antiquus, Lamk., Anim. sans vert., t. vu , p. 123, n° \\\ Murex antiquus, L., Gmel., p. Ô34G, n" 73; Muller, Zool. Danica, t. m, tab. 118, fig. 1, 2, ô; Othon Fabricius, Faune Groenl., p. 397, H" 390; Martini, Concb., t. iv, t. 138, fig. 1292 et 1294; Encycl., pi. 426, fig. 5. Cette espèce a l'apparence d'un Buccin ; elle est ventrue, la spire est longue et le canal court, mais ce canal n'est point échancré, ce qui empêche de la placer parmi les Buccins; toute la surface est couverte de stries transversales, fines; l'ouverture est ample; les tours despire convexes; la lèvre droite en dedans est lisse. Cette Coquille, toute blanche ou jaunâlre, a six pouces de longueur. Elle vient des mers du Nord.

Fuseau noir. Fusus Morio, Lamk., Hist. nat. des Anim. sans vert., t. vu, p. 127, n« IG ; Murex Morio , L., Gmel., p. 5344, n» 02; le Nivar, Adanson, Voyage au Sénég., pi- 9, fig. 31; Encyclop., pi. 430, ûg. 3, A. Linné avait regardé comme une variété du Murex Morio le Fuseau couronné de Lamarck. Cet auteur assure avoir trouvé des caractères distinctifs ; sont-ils suffisants ? Quoi qu'il en soit , le Fusus Morio est une grande Coquille noire ou brune, foncée, fusiforme, à spire bien étagée par une carène légèrement noduleuse, qui se voit dans le milieu de chaque tour. Au-dessus des suluresonvoituneou plusieursraiesblanches, qui tranchent agréablement sur la couleur brune du fond des stries ou plutôt des sillons un peu grossiers, onduleux et dislants, et sont placées transversalement sur toute la surface extérieure ; le canal de la base est plus court que la spire ; il est large, non recouvert ; la lèvre droite est d'un fauve blanchâtre, fortement striée en dedans. Cette Coquille, commune dans les collections, se trouve sur les côtes d'Afrique. Elle est longue de cinq à six pouces. On la nomme vulgairement la Cordelière.

Fuseau marqueté. Fusus Nifal, Lamk., Hist. natur. des Animaux sans vert., t. vu, p. 131, n" 32; Buccinum Nifal, Brug., Encycl., n» 56 ; le Nifal, Adanson, Voyage au Sénégal, pi. i, fig. 3; Lister, Conch., t. 914, f. 7. Celui-ci pourrait bien être un Buccin, car son canal est très-court el laminé par une échancrure profonde; il est lisse, blanc, tacheté de bandes de points carrés, roussâtres; la columelle n'est point droite ou presque droite comme dans les Fu.seaux; elle est lisse; la lèvre droite est grossièrement sillonnée en dedans. On trouve cette Coquille dans les mers du Sénégal. Sa longueur est de deux pouces environ.

Fuseau pervers. Fusus contrarius, Lamk., Hist. natur. des Animaux sans vert., l. vu, p. 133, n» W; Murex contrarius, L., Gmel., p. 3304, n» 137; Lister, Conchyl., lab. 950, fig. 44, b, c; Murex contrarius, Sow., Minerai conch., t. i, p. 63, pi. 25. Cette espèce que l'on trouve vivante dans les mers du Nord, se ren-

contre ù l'élat fossile en Angleterre, dans les dépôls coquillicrs les plus récents du comté d'Essex dans le Crag. 11 a beaucoup de ressemblance avec le Fuseau du Nord. Sowerby demande même s'il en est assez distinct pour en faire une espèce séparée. En effet, s'il n'était constamment tourné à gauche, vivant ou fossile, il présenterait peu de caractères distinctifs, car il est blanc, strié, ventru, à canal court, non couvert el non terminé par une échancrure.

Il y a un très-grand nombre d'espèces de Fuseaux fossiles ; ils sont plus abondants dans le bassin de Paris que partout ailleurs; cependant en Angleterre et en Ilalie, on en trouve quelques espèces remarquables, ainsi qu'àDax et à Bordeaux. Parmi ces espèces, on en remarque une très-belle, que l'on trouve, mais rarement, aux environs de Paris. Deshayes , qui a rédigé cet article, en possède plusieurs exemplaires d'un volume considérable. 11 l'a nommée Fuseau à dents de ic\t, Fusus serratus; jolie coquille d'une forme analogue au Fusus Colus, ayant le canal droit, mince, étroit, non recouvert, plus long que la spire; celle-ci est élancée, terminée par une pointe aiguë; les tours de spire sont sillonnés largement en travers, et leur milieu est fortement caréné par des dents saillantes, tranchantes, très - régulièrement espacées; la lèvre droite est lisse en dedans, non crénelée en son bord. Cette Coquille rare se trouve à Parnes. On ne peut la confondre avec le Fusus aciculalus dont elle diffère essentiellement. Le plus bel individu que Deshayes ait vu et qu'il possède a près de quatre pouces de longueur, lorsqu'ordinairement ceux de la même espèce n'en ont qu'un et demi ou deux.

FUSEAU. BOT. Paulet a établi, parmi les Champignons, une famille des Fuseaux, dont les espèces sont le Fuseau à collet et le Fuseau à ruban.

FUSEAUX A DENTS. MOLi. Nom vulgaire et marchand des Rostellaires. l'. ce mot.

FUSÉE. BOT. L'un des noms vulgaires de Vyfgaricus procerus.

FUSEN. BOT. Synonyme de Fusain.

FUSER. OIS. Synonyme ancien du Butor, f^. Héro.i.

FUSIBILITÉ. MIN. Propriété dont jouissent les corps de se fondre à une température plus ou moins élevée. On emploie ce caractère pour la détermination des minéraux et pour reconnaître les parties constituâmes des roches.

FcsniiLiTÉPAR LE CHALUMEAU. On a imaginé des chalumeaux de différentes formes, composés de plusieurs pièces de mêlai qui s'adaptent les unes aux autres. Les minéralogistes en reviennent aujourd'hui ù un simple tube de verre recourbé par une de ses extrémités, et dont l'orilice doit être très-petit, de manière qu'étant dirigé sur la tlamme d'une bougie, ([ui est préférable à celle d'une chandelle, il produise au milieu de cette flamme, une espèce de dard d'une couleur bleue. On place vers la pointe de ce dard, un très-petit fragment dc la substance que l'on veut éprouver, en le tenant avec une pince dont les extrémités doivent êti'e trèsdéliées, afin qu'elles absorbent moins de calorique.

Ouelques corps se frittcnt sans se fondre, c'est-à-dire que leur surface se couvre d'un enduit semblable à un

Page 1