‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 4)Chapitre 19 sur 99 · PHALE · texte numérisé non relu

PHALE

MARS. MIN. Synonyme de Fer chez les alchimistes.

MARSANA. BOT. (Sonnerai.) Synonyme de Murraya.

MARSCHALLIE ou MARSHALLIE. Marschallia. bot. Ce nom générique a eu deux emplois. Scopoli l'a substitué à celui de Racoubea , genre d'Aublet, qui a été

réuni à VHomaliiim de Jacquin. Dans son édition du .?rs<ewia/'e^e<a6iViMW de Linné, Gmelin, tout en adoptant celte substitution, a également admis la même dénomination dont s'était servi Schreber pour un genre de Synanthérées qui a reçu depuis d'autres noms, tels que ceux de Persoonia , Trattenichia et Phyteumopsis, proposés par Michaux. Persoon et Poiret. C'est donc à ce dernier genre que le nom de Marschallia doit être appliqué, principalement ù cause de son antériorité. Le genre il/a;sc/m//(aappaitient à la famille des Corymbifères de Jussieu, et à la Syngénésie égale de Linné. Il offre pour caractères essentiels : involucre composé d'écaillés lancéolées, disposées presque sur deux rangs; réceptacle garni de paillettes de la longueur de l'involucre; calalhide de fleurs toutes hermaphrodites et fertiles, dont la corolle est régulière, à cinq divisions linéaires; ovaire allongé, surmonté d'un style à deux stigmates réHécliis; akène ovale, strié, surmonté de cinq i)aillelles membraninists. Ce genre se compose de trois espèces, Marschallia lanceolala , lalifolia tlaiiguslifolia, qui habitent la Caroline et les contrées voisines de l'Amérique du nord; Nuttal en a découvert une quatrième sur le territoire du Texas, près de la rivière rouge.

MARSCHALLIE GAZONNANTE. Marsc/ialUa cœspitosa, N., Bolan. Magaz.,3704. Ses racines sont vivaces; les tiges qu'elles produisent n'ont guère plus d'un pied de hauteur; elles sont simples, feuillées seulement vers leur origine, striées et légèrement duveteuses; les feuilles sont lancéolées ou lineari-lancéolées, glabres, Irinervées, entières : les radicales sont longuement pétiolées et les caulinaires presque sessiles; les fleurs sont réunies en un capitule terminal, simple et convexe, entourées d'un involucre formé de nombreuses écailles linéaires, lancéolées, presque égales, disposées sur deux rangs; les fleurons sont tubulés, duveteux extérieurement, à cinq divisions profondes, d'un rose tendre qui passe au blanc; akènes obovales, à cinq angles hérissés; aigrette foimée de cinq écailles ou paillettes larges et dentées; tuhe anthéral brun.

MARSDÉNIE. Marsdenia. bot. Genre de la famille des Asclépiadées et de la Pentandrie Digynie, L., établi par R. Brown {in IFeni. Transact., 1, p. 28) qui l'a ainsi caractérisé : corolle urcéoléc, quinquéfide, quelquefois rotacée; couronne slaminale à cinq folioles comprimées, indivises et simples intérieurement; anthères terminées par une membrane; masses polliniques dressées, 'fixées i)ar la base; follicules lisses; graines aigreltées. Ce genre est extrêmement rapproché du Pergularia, duquel, selon R. Brown lui-même, il ne diffère que par les folioles simples de la couronne staminale, tandis qu'elles sont augmentées d'une laciniure dans les Pergulaires. Les six espèces qui composent ce genre croissent dans la Nouvelle-Hollande, entre les tropiques. Ce sont des sous-arbrisseaux, le plus souvent volubiles, à feuilles opposées, assez larges et planes; à fleurs tantôt en cimes, tantôt en thyrses situés entre les pétioles. Brown {loc.cil., et Prodr. Nov.-IJoll.,p.i6\) les a distribués en deux sections. La première , caractérisée par son stigmate mulique, renferme les Marsdenia velutiiia, viridiflora, cinerascens, suaveolens

el flarescens. Celte dernière espèce a Hé découverte en 1831 à la Nouvelle-Hollande, par Allan-Cunningliam. C'est un arbrisseau ù lige grimpante, grêle, cylindrique, rameuse, verte et pubescente. Les feuilles sont opposées, péliolées,oblongues-lancéolées,aigui;s, un peu coriaces, d'un vert obscur et glabres en dessus, verdâtres et cotonneuses en dessous, longues de trois pouces, larges de dix à douze lignes; le pétiole fait environ la sixième partie de la feuille, il est pubescent comme la tige et canaliculé en dessus. Les Meurs sont petites, jaunâtres, réunies en petites ombelles axillaires, portées sur des pédoncules plus longs que cbacune d'elles qui a en oulre son pédicelle, tous sont velus et séparés par une sorte de collerette composée de deux folioles allongées, opposées et pointues. Le calice a cimi divisions pubescenles. La corolle est arrondie, glabre, avec son limbe divisé en cinq lobes lancéolés. La couronne staminale présente cinq dents aiguës, unies aux antlières. Le stigmate est plat. Le fruit se compose de follicules lisses, renfermant des graines aigreitées. La seconde section ne contient qu'une seule espèce, Marsclenia rosttata. Elle se dislingue des vraies Marsdénies par son stigmate rostre; les masses polliniques sont réniformes, presque transversales, fixées par leur extrémité qui est éloignée du corpuscule du stigmate. Celte section est désignée par K. Brown sous le nom de Nephrandra.

MARSEA. BOT. (Adanson.) Synonyme de Baccharis. K. Baccharide.

MAKSEAU oc MARSAULT. BOT. Même chose que Marceau. A', ce mol.

MARSEICHE. bot. Kom vulgaire de l'Orge à deux rangs.

MARSELLE. bot. iVom vulgaire de la Viorne, Cleiiiatis vitalba. V. Clématite.

MARSETTE. BOT. L'un des noms vulgaires du Phteum pralense. V. Pbléoie.

MARSHALLIA. bot. f^. Marsciiallie.

MARSILÉACÉES. Marsileaceœ. bot. Cette petite famille, désignée successivement sous les noms de liliizospermes , de Salviniées et de Marsiléacées, paraît avoir été plus généralement adoptée sous ce dernier nom. Quoique ne renfermant que quatre genres, elle se divise en deux groupes très-naturels et assez différents pour qu'il soit très-difficile de donner un caractère commun el exact à toute la famille.

Dans les Marsiléacées proprement dites, renfermant les deux genres Marsilea et Piliilaiia, on observe à la base des feuilles des involucres coriaces, épais, indéhiscents ou s'ouvrant en plusieurs valves, divisés intérieurement par des cloisons membraneuses en plusieurs loges; cbacune de ces loges renferme des organes de deux sorle.s, qui sont insérés ù une partie de ses parois; les uns, en moins grand nombre, sont des ovaires ou plutôt des graines composées de deux membranes: l'une extérieure transparente, se gonflant par l'humidité et devenant une couche épaisse de substance gélatineuse, l'autre intérieure dure et coriace, jaune, qui présente ù sa surface un point particulier par lequel doit sortir l'embryon lors de son développement; mais qui, du reste, n'offie aucune continuité vasculaire avec i la plante mère; la graine est tout à fait libre au milieu

de la subslance gélalineuse; les autres organes, plus nombreux, sont des sacs membraneux, se gonflant légèrement par l'humidité, s'ouvrant alors au sommet, et renfermant au milieu d'un mucus gélatineux des globules sphériques assez nombreux, beaucoup plus petits que les graines. Les plantes qui composent cette section rampent au fond des eaux stagnantes peu profondes, et sont complètement submergées. Leurs feuilles sont enroulées en crosse, avant leur développement, comme dans les Fougères. Dans le Pihilaria, ces feuilles ne doivent être regardées que comme des pétioles dont les folioles sont avortées; dans le Marsilea, les folioles ont une structure tout à fait semblable à celle des pinnules de cerlaines Fougères ; mais ce n'est que par leurs organesvégélatifs que ces deux familles se ressemblent; leur fructification est tout à fait différente.

Dans la seconde section de celle famille, à laquelle on peut conserver le nom de Salviniées, et qui renferme les genres Salvinia et AzoUa, on trouve à la base des feuilles des involucres membraneux de deux sortes, et renfermant des organes différents; les uns contiennent une grappe de graines qui sont ovoïdes, et ne renferment qu'un seul embryon dans le Salvinia, tandis qu'elles sont sphériques et contiennent six à neuf embryons dans VAzolla; le tégument de ces graines est mince, réticulé, brunâtre, et ne se gonfle pas dans l'eau comme celui des vraies Marsiléacées; le pédicelle assez long qui les supporte, paraît renfermer un vaisseau qui, dans le Salvinia, vient s'insérer latéralement sur la graine. Les autres involucres, regardés comme des organes mâles, ont une structure assez compliquée dans VAzolla, où ils ont été bien observés par R. Brown. /'. AzoLLA. Dans le Salvinia, ils renferment un grand nombre de grains sphériques, attachés par de longs pédicelles aune colonne centrale; ces globules sont beaucoup plus petits que les graines; leur surface est également réticulée, et ils ne se rompent pas par l'aclion de l'eau. Toutes les plantes de celte section flottenl sur l'eau; leurs feuilles, opposées dans le Salvinia, alternes dans VAzolla, ne sont pas enroulées en ciosse dans leur jeunesse, el n'ont pas du tout la structure de celles des Fougères. L'ensemble de ces caractères établit des différences bien notables entre ces plantes et les vraies Marsiléacées, et sous plusieurs rapports elles forment le passage entre celte famille et celle des Lycopodiacées.

Les expériences de gerrainalion faites sur le Salvinia et sur le Pilularia, avaient prouvé depuis longtemps que, dans ces plantes, les globules les plus gros étaient de vraies graines : l'analogie permettait de l'admettre pour les organes analogues des Marsilea et des Azolla; mais il restait encore à prouver que les autres organes étaient de vrais organes mâles, dont le concours était nécessaire au développement des graines; c'est ce que Savi, professeur à Pise, paraissait avoir établi d'une manière claire. Le Salvinia croît abondamment aux environs de cette ville, cl des expériences ont pu être faites sur des plantes fraîches et en bon état. Il a mis dans des vases différents : 1» des graines seules ; 2" des globules mâles seuls ; ô" les uns et les autres mêlés. Dans les deux premiers vases, rien n'a germé; dans le troisième, les graines sont venues à

la surface de l'eaii et se sont parfaitement développées. Cependant G.-L. Duvernoy vient de publier une Dissertation sur celte plante, dans laquelle il annonce qu'ayant répété les expériences de Savi, il n'a pas obtenu les mêmes résultais que lui, et que les graines mêmes, séparées des globules sphériques, se sont parfaitement développées; ce sujet est donc encore loin d'être parfaitement éclairci, et exige de nouvelles recherches, tant sur cette plante que sur les vraies Marsiléacées. On a beaucoup discuté pour savoir si, dans ces plantes, l'embryon est visible avant la germination: aucun auteur n'a pu le voir clairement, et il faut avouer que la petitesse de ces graines rend une semblable recherche très-difficile. D'ailleurs si, comme ces auteurs le prétendent, il ne peut exister d'embryon sans fécondation, et (|ue, dans ces plantes, la fécondation n'ait lieu qu'après la dissémination des graines, par le séjour dans le même milieu des organes mâles et femelles, il est évident (|u'on ne devra chercher l'embryon que lorsque cette fécondation aura eu lieu, c'est-à-dire peu de temps avant le commencement de la germination , ou plutôt au moment même où la germination commence; car il paraît impossible de concevoir que, dans ces plantes, la fécondation puisse s'opérer pendant que les graines sont encore renfermées dans les involucres , puisqu'à cette époque les organes mâles sont renfermés dans des organes parfaitement clos, et que d'ailleurs les involucres femelles n'ofifrent aucun organe propre à transmettre le fluide fécondant du dehors en contact avec les graines dans les espèces à involucres mâles et femelles distincts. 11 paraît donc certain ou qu'il n'y a pas de fécondation, ou qu'elle a lieu après que les graines sont sorties des involucres qui les renfermaient.

Le genre établi par Brongniart parmi les plantes fossiles, sous le nom de Sphénophyllites, paraît devoir se rapporter à la famille des Marsiléacées, quoique bien distinct de tous les genres qu'elle renferme actuellement, y. Sphénophyllites.

MARSILÉE. Marsilea. bot. Micheli créa d'abord sous ce nom un genre qui depuis fut réuni aux Jungermannes; il renfermait toutes les espèces dont la fronde est continue, lobée et appliquée sur la terre. Depuis, Linné transporta le nom de Marsilea au génie que Jussieu avait désigné sous celui de Lemma, et la nomenclature de Linné a été généralement adoptée. Les Marsilées sont des plantes aquatiques, dont la tige rampe dans les eaux peu profondes; de ces tiges naissent des feuilles portées sur un long pétiole, et composées de quatre folioles cunéiformes, opposées en croix; à la base de ces feuilles ou sur leurs pétioles même sont insérés un, deux ou trois involucres coriaces, indéhiscents, ovoïdes, aplatis; ces involucres sont divisés par des cloisons verticales et membraneuses, en deux ou quatre grandes loges qui sont elles-mêmes subdivisées par d'autres cloisons horizontales, en loges linéaires, transversales; chacune de ces loges renferme des organes de deux sortes, insérés aux membranes qui forment les cloisons ; les uns sont des vésicules membraneuses, se gonHant légèrement par l'immersion dans l'eau; de forme ovoïde, parfaitement transparentes, renfermant

dans leur centre une graine elliptique lisse, d'un jaune pâle, paraissant tron(inée ou perforée vers la base. Ces organes sont insérés sur la partie des cloisons qui est la plus proche de la circonférence ou de l'involucre : on n'aperçoit rien à leur surface qui puisse être comparé à un style, quoique quelques auteurs aient prétendu qu'il en existe un au sommet de chaque vésicule; elle est au contraire parfaitement lisse, et formée par une membrane uniforme. Les autres organes sont insérés vers le milieu des cloisons; ce sont des vésicules membraneuses, plus petites que les précédentes, moins régulières, ovales ou oblongues, parfaitement transparentes et renfermant un assez grand nombre de grains sphériques libres, très-serrés, d'un jaune clair, dont la surface paraît elle-même chagrinée ou granuleuse.

11 est difficile de ne pas reconnaître, dans les premiers de ces organes, des graines analogues à celles qu'on a vues germer dans la Pilulaire, et dans les seconds des anthères à une seule loge renfermant des grains de pollen. La geimination de ces plantes n'a pas encore été observée; mais il est extrêmement probable que chaque graine ne donne naissance qu'à une seule plante, et que les globules renfermés dans ces grains que Hedwig a indiquées comme des semences, ne sont qu'un périsperme granuleux, analogue à celui des Cliara et de la Pilulaire, avec laquelle ce genre a les plus grandes affinités.

Le genre Marsilea est le type de la famille des Marsiléacées, et, réuni à la Pilulaire, avec laquelle il a les rapports les plus intimes, il forme une section remar- (|uable par ses involucres qui renferment les deux sexes réunis , par l'analogie de structure de ses organes sexuels, enfin jiar l'enroulement des feuilles en crosse et par la structure de ces feuilles, caractères qui lient cette famille à celle des Fougères. Linné avait d'abord réuni à ce genre, sous le nom de Marsilea natans, la plante dont Micheli avait formé son genre Satviiiia, genre parfaitement distinct, et qui a été rétabli depuis et adopté généralement.

Les vraies Marsilées forment un genre extrêmement naturel, tant par les caractères de leur fructification que par ceux de leur végétation. On connaît huit espèces de ce genre: l'une, le Marsilea qiiadrifolia , parait se retrouver, sans diflférences appréciables, dans les lieux les plus éloignés du globe; elle est abondante dans l'Europe tempérée et méridionale; elle croît dans l'Amérique méridionale, dans le Képaul, à la Nouvelle- Hollande et à l'ile Maurice. Les autres espèces croissent la plupart dans les régions les plus chaudes du globe, dans l'Inde, au cap de Bonne-Espérance, à la Nouvelle-Hollande, en Egypte. Le Marsilea Mgyptittca est une des plus petites espèces de ce genre; les pétioles, longs de quatre à cinq centimètres, portent quatre folioles étroites, cunéiformes, irrégulièrement lobées à leur extrémité; les involucres sont solitaires, portés sur un pédoncule distinct, et non pas insérés sur le pétiole comme cela a lieu pour la plupart des autres espèces; ils sont légèrement velus, presque quadrilatères et divisés en quatre loges par des cloisons verticales; ils renferment un assez grand nombre de graines et d'anthères entremêlées.

Marsilée pygmée. Marsilea iixamœa, Lepiieur. Sa i (aille, de beaucoup inférieure à celle de toutes les espèces connues, lui a valu ce nom. Comme le Marsilea /Egxptiaca , ses involucres sont solitaires, et parlent de la lige elle-même, et non des pétioles des feuilles; ils sont com]>rimés, presque triangulaires, insérés latéralement au sommet des pédoncules; leur surface externe est lisse et brillante, d'un brun rouge ; leur cavité est simple et n'est pas partagée par des cloisons. Elle renferme des graines elliptiques et des anthères entremêlées, insérées aux parois; les feuilles sont portées sur des pétioles beaucoup plus longs que les pédoncules, mais qui n'ont cependant pas plus de cinq à six lignes; les folioles sont cunéiformes, arrondies au sommet et très-entières; leur tissu est épais et coriace. Du Sénégal.

MARSIO ET JI.ARSIONE. POIS. Noms vulgaires de l'Aphye, espèce du genre Gobie. F. ce mot.

MARSIPPOSPERMUM. bot. (Desvaux.) r. Jonc.

IMARSOLEAU. OIS. Nom vulgaire de la Linotte. F. Gros-Bec.

MARSOUIN. siAM. Espèce du genre Dauphin. F. ce mot.

MARSUPELLA. BOT. Dumortier avait donné ce nom à un genre né du démembrement des Jungermannes ; il lui a substitué depuis celui de Marsupie. F. ce mot.

MARSUPIAUX. Marsupialia. mau. L'une des divisions les plus remarquables de la grande classe des Mammifères, et l'une des familles du règne animal, dont l'étude est la plus propre à éclairer la théorie physiologique de la génération, à cause des phénomènes singuliers que présente celle fonction dans les espèces qui la composent. Les petits ne se développent pas comme chez Ions les autres Mammifères dans la matrice, mais dans une poche, ou, selon l'expression usitée, dans une bourse exiérieure, formée jiar un repli de la peau de l'abdomen, et soutenue par un os particulier. De là le nom de Marsupiaux ou d'animaux à bourse, donné à ces êtres singuliers, qu'on appelle souvent aussi Didelphes, c'est-à-dire animaux à deux matrices, parce que la bourse a été comparée à un second utérus; mais on désigne plus ordinairement de celte dernière manière, le genre de Marsupiaux le plus anciennement connu.

Tous ces Quadrupèdes offrent les mêmes modifications de l'appareil sexuel; mais les autres organes, et particulièrement ceux de la masticalion, de la digestion et du mouvement, se rai)porlent, pour ainsi dire, ù autant de lypes différents qu'il existe de genres parmi eux. Aussi, parmi tous les caractères que l'on pourrait indiquer comme appartenant aux animaux à bourse, n'en est-il pas un seul qu'on puisse dire commun à toute la tribu, et qui ne soit au contraire propre seulement à quelques-unes ou même à une seule des subdivisions qu'elle comprend. Ces subdivisions, qu'il est donc important de faire connailre, sont, suivant la méthode de Cuvier, au nombre de six ( t. i. Règne Animal).

La première a de longues canines et de petites incisives aux deux mâchoires, des arrière-molaires hérissées de pointes, el, en général, lous les caractères des

Carnassiers insectivores. Le pouce des pieds de derrière est opposable et manque d'ongle. Elle correspond à la famille des Enlomophages de Latreille, et comprend le genre Z)«/e/p/i!'.s de Linné, le genre C/iî/o«ectes d'illiger, et les genres Dasyunis et Peiameles de Geoffroy Saint-Hilaire.

La deuxième subdivision porte à la mâchoire inférieure deux longues et larges incisives pointues et tranchantes par leur bord, couchées en avant, et auxquelles il en répond six à la mâchoire supérieure. Les canines supérieures sont encore longues el pointues; mais il n'y a plus pour canines inférieures que des dents si petites qu'elles sont souvent cachées par la gencive; quelques espèces n'en ont même pas du tout. Elle comprend le genre Plialangista de Geoffroy, et le genre Petaurus de Shaw.

La troisième subdivision a beaucoup de rapports avec la deuxième; mais elle manque de pouces poslérieurs et de canines inférieures. Elle ne comprend que le genre Hipsyprymnus d'illiger.

La quatrième ne diffère de la précédente que parce qu'elle n'a point du tout de canines; elle comprend le S^nre Kang unis de Geoffroy.

La cinquième, que forme le genre Phascolarctos de Blainville, a deux longues incisives sans canines à la mâchoire inférieure, et, à la supérieure, deux longues incisives au milieu, quelques petites sur les côtés, et deux petites canines.

Enfin la sixième ne diffère de l'ordre des Rongeurs que par le mode d'articulation de la mâchoire inférieure; elle ne comprend que le genre Phascolomys de Geoffroy.

Les genres qui appartiennent à ces six subdivisions ont été considérés par Cuvier comme constituant la quatrième famille des Carnassiers ; mais Geoffroy Saint- Hilaire et Latreille en ont formé un ordre distinct; et Blainville les regarde même comme composant une sous-classe particulière. Si en elîet les Oidelphes et les Dasyures sont de véritables Carnassiers, et les Phascolomes de véritables Rongeurs, comme lous les mammalogisles en conviennent, on doit convenir également que, dans un système rigoureux, ils ne peuvent être réunis dans le même ordre : car n'est-il pas évident que le Rongeur didelphe est aussi éloigné par ses rapports naturels du Carnassier didelphe, qu'un Rongeur ordinaire l'est d'un Carnassier ordinaire ou monodelphe ? Au reste Cuvier qui, comme on le sait, ne formait de tous les animaux à bourse qu'une seule famille, avait lui-même eu celte pensée. » On dirait, remarque l'illustre zoologiste, que les Marsupiaux forment une classe distincte, parallèle à celle des Quadrupèdes ordinaires et divisible en ordres semblables; en sorte que si l'on plaçait ces deux classes sur deux colonnes, les Sarigues (ou Didelphes), Dasyures et Péramèles seraient vis-à-vis des Carnassiers insectivores à longues canines, tels que les Tanrecs et les Taupes; les Phalangers et Kanguroos-Rats vis-à-vis des Hérissons et des Musaraignes. Les Kanguroos proprement dits ne se laisseraient guère comparer à rien; mais les Phascolomes devraient aller vis-à-vis des Rongeurs. »

C'est d'après de semblables idées que Blainville a

divisé la classe en deux sous -classes formées, l'une de tous les Mammifères ordinaires ou Monodelphes, l'autre des Marsupiaux ou Didelplies, auxquels il joint les Monotrêmes,qui sont en effet liés par des rapports assez intimes avec les véritables animaux à bourse, y. Mo- NOTRÊMES. Desmoulins a même tout récemment subdivisé la sous-classe des Didelphes en plusieurs sections, auxquelles il donne généralement des noms correspondants à ceux des familles ou des ordres établis parmi les Monodelphes.

DE LJl GËNËRATION ET DES MODIFICATIONS DE L'aPPAREIL SEXDEI. CHEÏ lES MARSUPIAUX.

Geoffroy Saint Hilaire, dans plusieurs mémoires publiés à diverses époques, a traité avec détail cette importante et difficile question; et il a émis à ce sujet plusieurs idées qui, nouvelles encore, paraissent néanmoins assez généralement goûtées des zootomistes,poHr qu'il ne soit possible de mieux faire que de donner ici, pour ainsi dire, un simple extrait de son travail.

L'opinion que les animaux à bourse naissent aux tétines de leur mère, remonte presque à la même époque où les naturalistes européens puisèrent, dans les vagues indications des voyageurs, quelques notions sur ces êtres singulieis. 11 est dans les deux Indes, attestaient unanimement ceux qui avaient visité ces contrées, des Mammifères dont le mode de génération est tout différent de celui des Quadrupèdes ordinaires : les petits ne se forment et ne se développent pas dans la matrice de leurs mères, mais bien dans une poche ou bourse particulière, située extérieurement. «La bourse est proprement l'utérus du Çarigueya; la semence y est élaborée, et les petits y sont formés, » écrivait Marcgraaff, il y a près de deux siècles, au sujet d'une espèce du genre Didelphe, qu'il avait observée en Amérique. « La poche des Filandres est une matrice dans la(|uelle sont conçus les petits, « écrivait également Valentin dans son Histoire des Moluques. i' Les jeunes Sarigues existent dans le faux-ventre, sans jamais entrer dans le véritable, et ils se développent aux tétines de leur mère, » disait enfin Béverley dans son ouvrage sur la Virginie; et tous les voyageurs s'exprimaient à peu près dans les mêmes termes. Néanmoins l'accord parfait des nombreux témoignages venus presipie à la fois des deux mondes, n'empêcha pas qu'un fait qui paraissait tellement contraire à l'analogie, ne fût rejeté comme fabuleux, d'abord par la plupart des naturalistes, et même ensuite par tous, quand on se fut procuré des Didelphes, et qu'on eut reconnu qu'il n'existait pas de communication intérieure et directe entre la bourse et la matrice. On ne pouvait s'expliquer par la théorie physiologique de la génération, ce qui était si généralement attesté : on le regarda comme impossible, et on se contenta de considérer les Marsupiaux comme des êtres dont la naissance prématurée était compensée par une sorte d'incubation dans la bourse.

Cette idée, qui en effet pouvait paraître véritablement spécieuse, était encore généralement adoptée, lorsque d'Aboville (alors officier d'artillerie) fit de nouvelles observations qui ramenaient â l'ancienne manière de voir. On les trouve rapportées dans le Voyage en Amérique du marquis de Chastellux ; >■ Deux Opos-

sums (Didelithis Firginiana), mâle et femelle, et apprivoisés, allaient, dit Chastellux, et venaient librement dans une maison que d'Aboville occupait aux États Unis en 1783. Ces animaux, qu'il retirait le soir dans sa propre chambre, s'y accouplèrent : d'Aboville en suivit attentivement les effets, ce qui donna lieu aux observations ci-après : le bord de l'orifice de la poche fut trouvé dix jours après un peu épaissi, et cela parut de plus en plus sensible les jours suivants. Comme la poclie s'agrandissait en même temps, l'ouverture en devenait bien plus évasée. Le treizième jour la femelle ne quitte sa retraite que pour boire , manger et se vider; le quatorzième elle ne sort point. D'Aboville se décide enfin à la saisir et à l'observer. La poche, dont précédemment l'ouverture s'évasait, était pres(|ue fermée : une sécrétion glaireuse humectait les poils du pourtour. Le quinzième jour, un doigt est introduit dans la bourse, et un corps rond de la grosseur d'un pois y est au fond sensible au touclici' : l'exploration en est faite difficilement à raison de l'impatience de cette mère, douce au contraire et tranquille précédemment. Le seizième jour elle sort un moment de sa boîte pour manger. Le dix-septième elle se laisse visiter : d'Aboville sent deux corps gros comme un pois, et conformés comme serait une figue dont la queue occuperait le centre d'un segment de sphère : il est toutefois un plus grand nombre de ces petits naissants. Le vingt-cinquième jour, ils cèdent et remuent sous le doigt. Au quarantième, la bourse est assez entr'ouverte pour qu'on puisse les distinguer; et au soixantième, quand la mère est couchée, on les voit suspendus aux tétines, les uns en dehors de la bourse, les autres en dedans. Quant au mamelon, il est, après le sevrage, long de deux lignes; mais il se dessèche bientôt, et il finit par tomber comme ferait un cordon ombilical, n

Les observations du docteur Barton, faites quelque temps après celles de d'Aboville, ne sont pas moins importantes. 11 vit que ■•> les Didelphes mettent bas, non des fœtus, mais des corps gélatineux, des ébauches informes, des embryons sans yeux ni oreilles. Nés de parents gros comme des Chats, ils pèsent, à leur première apparition, un grain environ; mais quinze jours de développement suffisent pour les amener à la taille d'une Souris. Lorsqu'ils ont atteint celle d'un Rat, ils cessent d'adhérer aux mamelles; mais ils les reprennent à volonté, et sont alors nourris du lait de leur mère, et en même temps de ce qu'ils trouvent. " Barton conclut qu'on peut distinguer deux sortes de gestation, l'une qu'il appelle utérine, et qu'il estime être de vingt-deux à vingt-six jours, et l'autre qu'il nomme marsuplale. Quant à la manière dont il est possible de concevoir le transport de l'embryon de la cavité utérine dans la bourse, il remarque que la femelle du Didelphe se couche fréquemment sur le dos, et principalement lorsqu'elle a des petits. •> Dans celte position, elle touche, quand il lui plait, tous les points des parois intérieures de sa bourse avec l'extrémité de son vagin; et elle peut ainsi, au moment de la mise bas, y verser ses petits sans recourir à un ongle ou à l'un de ses doigts. »

C'est principalement d'après les observations de d'Aboville et de Barlon, et d'après les faits qu'ont pu lui procurer ses recherches analomiques et les secours de l'analogie, que Geoffroy Saint-Hllaire a établi sa théorie de la génération des animaux à bourse; théorie qui va être exposée immédiatement après l'examen anatomique de l'appareil sexuel.

* Des modifications de l'appareil sexuel chez les Marsupiaux.

L'appareil sexuel des Marsupiaux s'écarte presque à tous égards du type classique des Mammifères; néanmoins les nombreuses et importantes anomalies qu'il présente, peuvent toutes être rapportées à deux modifications du système artériel, qu'on peut nommer fon- ' damentales.

1° On sait que chez l'Homme et les Mammifères ordinaires,l'aorte abdominale donne successivement deux grosses branches connues sous le nom de mésentériques supérieure et inférieure, et qui toutes deux appartiennent au canal intestinal. Chez les Marsupiaux, une seule existe; c'est la mésentérique supérieure. La portion terminale de l'aorte ne donne ainsi chez eux aucune branche aux organes de la nutrition; elle appartient exclusivement soit à ceux de la génération, soit au membre postérieur et à la queue.

2» L'aorte se termine chez les Marsupiaux, comme chez les Mammifères monodelphes, à peu près à la hauteur de la crête des os des iles; mais comme le bassin a beaucoup de longueur chez les premiers, les iliaques primitives naissent véritablement plus haut, et l'angle de bifurcation est sensiblement plus aigu. Cette disposition, fort simple, est de la plus haute importance; car tandis que, chez l'Homme et chez presque tous les Mammifères, l'iliaque externe ou la première portion de la crurale, et l'iliaque interne ou l'hypogastrique, sont des artères d'un calibre presque égal, l'artère iliaque externe forme chez les Marsupiaux une mère-branche dont l'hypogastrique n'est plus qu'un simple rameau; et la sacrée moyenne est également d'un diamètre assez considérable. La conséquence évidente d'une pareille combinaison est le grand développement du prolongement caudal et du membre postérieur, qui, chez les animaux à bourse, sont en etîet presque constamment l'un et l'autre d'importants organes de locomotion ou de préhension. De plus, comme l'artère utérine et l'artère vaginale sont des branches del'hypogastrique, et comme l'artère épigastrique vient au contraire de l'iliaque externe, on conçoit que le calibre des premières doit être diminué, et que. tout au contraire, celui de l'épigastrique doit être de beaucoup augmenté. Aussi l'utérine et la vaginale suffisent seu- I lement à nourrir l'appareil sexuel; et les fluides nourriciers ne se portent plus, dans la saison de l'amour, aux organes que ces artères nourrissent, à l'utérus et au vagin, mais à ceux auxquels appartient l'épigastrique, les mamelles et les téguments qui les environnent.

Ces considérations peuvent déjà donner une idée des modifications fondamentales de l'appareil de la génération : quelques remarques sur chacun des organes <iui le composent sont maintenant nécessaires.

« De l'utérus et des autres organes (jinitavx internes.

La détermination des organes génitaux internes a longtemps embarrassé les zootomistes; ils trouvaient entre le premier et le troisième segment du canal sexuel, ou, comme ils le disaient, entre le vagin et l'utérus, deux tubes placés l'un à droite, l'autre à gauche, et dont ils cherchaient en vain les analogues chez l'Homme et les Mammifères normaux. A la vérité Tyson avait supposé que ces tubes pourraient bien n'être que les cornes de la matrice; mais cette hypothèse était évidemment inadmissible, puisque ces appendices sont toujours placés au delà, et non pas en deçà de l'utérus. C'est ce que sentit l'illustre Daubenton, qui ne trouvant d'ailleurs aucune détermination plus exacte qu'il put substituer à l'ancienne, se borna à désigner les deux tubes latéraux sous le nom de canaux communiquant du vagin à l'utérus.

La difficulté naissait d'une erreur, le prétendu vagin n'étant, selon Geoffroy Saint-Hilaire, que le canal urétro-sexuel. Ce naturaliste, dans un Mémoire sur les Oiseaux, a ainsi nommé la seconde portion de leur appareil génital, ou le segment qui résulte de la réunion des oviductus et des uretères chez la femelle, des canaux déférents et des uretères chez le mâle. Ce canal existe également chez les Mammifères; mais il est généralement assez petit dans cette classe, et il est même si rudimentaire chez la Femme que les anthropotomistes l'ont à peine remarqué : au contraire, il a une étendue considérable chez les Marsupiaux, qui, sous ce rapport, se rapprochent ainsi des Oiseaux.

Ce premier point établi, il est assez facile de saisir les véritables rapports de tous les autres organes sexuels : les deux tubes latéraux, placés entre le canal urétrosexuel et l'utérus, ne peuvent être que deux vagins, l'un droit, l'autre gauche. « Leur duplicité, comme le remarque Geoffroy, ne doit pas plus surprendre que celle du clitoris, et que celle d'une partie du pénis chez les mâles; chaque vagin reçoit dans l'accouplement sa portion correspondante du pénis; il faut ajouter à ces considérations que les Oiseaux ont également un vagin à droite et un à gauche. »

L'utérus est également très -différent de celui des Mammifères : c'est un simple canal d'une structure très-peu compliquée, et où l'on ne voit point de ces rétrécissements qui forment, chez les autres Mammifères, ce qu'on a coutume de nommer les cols de la matrice. Il résulte de la réunion des deux vagins, qui, partant l'un et l'autre du canal uréiro-sexuel, aboutissent également tous deux dans une même cavité, celle de l'utérus. Mais cette disposition remarquable ne s'observe que chez les femelles qui ont déjà mis bas; car chez les vierges, les deux moitiés de la matrice sont séparées par un diaphragme, en sorte qu'elles forment véritablement alors deux organes distincts.

Quant aux cornes de la matrice et aux tubes de fallope, ces segments ont été parfaitement déterminés par Daubenton ; les cornes ont en effet chez les Marsupiaux la même position et les mêmes rapports que chez les autres Mammifères, et on ne voit pas ce qui a pu causer l'erreur de Tyson.

» Ainsi, dil Geoffroy Saiiit-Hllaiie, après avoir exposé les faits que nous venons d'indiquer; ainsi les appareils sexuels des Didelplies forment deux longs intestins entièrement seml)lables aux oviduclus des Oiseaux, à ces différences près, I» qu'ils sont réunis et greffés sur un point de leur longueur à la région ulérine, et 2» que partagés en compartiments antérieurs et postérieurs, ceux-là sont plus courts que ceux-ci. Enfin, une dernière conséquence, c'est que les poclies utérines sont seulement des canaux, et ne sont pas établies sur le modèle d'un utérus de Mammifère : il leur manque pour cela d'être concentrées, ramassées, et en partie plissées. L'organe n'existe que pour satisfaire à la théorie des analogues; il manque sous le rapport d'une partie de ses fonctions. Point d'obstacle à la sortie du produit ovarien ; celui-ci échappe, s'écoule nécessairement. On explique ce fait chez les Mammifères, en le déclarant un fait d'avorteinent; l'ovule est expulsé avant que le phénomène de sa transformation en embryon ait commencé ; mais chez les Oiseaux on se contente de dire, un œuf est pondu. »

/3 De la bourse, el des os marsupiattjc.

La bourse n'existe pas chez tous les Marsupiaux; elle est remplacée chez beaucoup de Didelphes, par de simples replis de la peau, qui entourent les mamelles; au contraire les os marsupiaux se retrouvent conslararaent chez tous. Ce sont deux pièces de forme allongée, mais un peu aplaties, qui s'articulent par leur extrémité postérieure avec le pubis, el qui s'avancent de là dans les parois antérieures de l'abdomen en s'écarlant l'une de l'autre; elles sont d'ailleurs mobiles à peu près à la manière d'un pivot, et susceptibles de se rapprocher et de s'éloigner l'une de l'autre.

Ces mouvements peuvent résulter de la contraction de plusieurs muscles, parmi lesquels on remarque surtout les triangulaires, ainsi nommés par Tyson à cause de leur forme, et qui sont les analogues des pyramidaux ; leurs fibres naissent d'une ligne aponévrotique médiane, et se terminent au bord interne des deux os, dont ils remplissent l'inlervalle. lisent donc pour usage de les amener vers la ligne médiane, et d'opérer ainsi leur rapprochement.

Un autre muscle dont la disposition chez les femelles des animaux à bourse n'est pas moins remarquable, c'est l'iléo-raarsupial du savant anatomiste Duvernoy, ou l'analogue du crémaster. Il s'insère sur le ligament rond qui se trouve ainsi couvert de fibres musculaires comme le cordon spermali(|ue chez le mâle, et va se terminer par plusieurs digitations sur la glande mammaire.

Les os de la bourse ou les os marsupiaux avaient été nommés par Tyson marsiipii janitores; mais ils paraissent avoir des fonctions beaucoup plus importantes que ne l'avait supposé cet anatomiste : i. Ils secondent merveilleusement la mise bas en se rapprochant, dit Geoffroy Saint-Hilaire; car alors toutes les masses musculaires de l'abdomen entrant en jeu, et serrant fortement le bas-ventre, les organes génitaux, et principalement le canal urélro-sexuel,sont contraints de descendre vers le fond du bassin; cette pression persévérant de plus en plus, le canal urélro-sexuel sort en se retour-

nant comme un doigt de gant, el s'en vient porter .ui dehors l'entrée même des vagins. L'effet de ces contractions générales, et en particulier de celles du muscle pyramidal, est d'obliger les os marsupiaux à se rapprocher; la glande mammaire est au milieu d'eux; elle ressent leurs efforts, et n'y échappe qu'en se portant en devant. C'est aussi au même moment qu'agissent les muscles crémasters; tirant la bourse chacun vers son anneau inguinal, ils l'entraînent dans la diagonale de leurs efforts; c'est-à-dire qu'ils l'abaissent et ((u'ils la portent sur le vagin. Ainsi s'exécute ce que Barlon a raconté d'après ses propres observations. Le vagin, qui a la faculté de toucher toutes les surfaces internes de la bourse, a par conséquent, et à plus forte raison, celle d'y déposer les produits accumulés dans l'oviducfus. C'est une chose dont j'auiais pu douter, malgré l'assertion formelle de ce médecin, si je ne savais pertinemment aujourd'hui que c'est la fonction de tout canal urélro-sexuel de s'employer à mener au dehors 1 tantôt le méat vaginal, el tantôt le méat urinaire. Le rectum des Oiseaux, bien plus reculé dans l'abdomen, agit de même, et réussit également à porter au dehors son extrémité. "

** De t'écoliilion du germe, et du développement de l'embryon chez les Marsupiaux.

« Les Didelphes mettent bas, non des fœtus, mais des corps gélatineux, des ébauches informes, » avait dit Barton; c'est-à-dire, suivant Geoffroy S<-Hilaire, qu'ils mettent bas non des fœtus, mais des ovules. Ce zootomiste établit en effet que les produits de l'ovaire, ou ces corps trans|)arents qu'on a désignés sous le nom de corpora lulea, et qu'il nomme ovules, sont promptcment rejetés à l'extérieur, sans avoir subi ces transformations qui les amènent successivement à l'état d'embryon et de fœtus chez les Mammifères normaux, à celui d'œuf, d'embryon et de fœtus chez les Oiseaux. Les organes qui, dans cette dernière classe, produisent les couches aihumineuses par l'addition desquelles l'ovule est changé en œuf, sont encore moins développés chez les Marsupiaux que chez les Mammifères ordinaires, les portions fallopiennes de leur oviductus étant très-courtes, comme chez les Didelphes. et même quelquefois presque nulles, comme chez les Kanguroos. L'ovule arrive donc promptemenl dans la matrice, et il y arrive tel qu'il a été |)roduit par l'ovaire. Mais le canal utéro-vaginal n'étant point ramassé sur lui-même, n'étant point pourvu de cols, il n'y est point retenu, et ne s'y arrête pas, comme cela a lieu chez les Mammifères normaux : il est au contraire promptement rejeté au dehors, et la mère le dépose, au moyen du mécanisme indiqué plus haut, dans sa bourse abdominale.

Suivant cette manière de voir, on peut donc comprendre comment le produit ovarien traverse si rapidement le canal sexuel sans s'être développé, et comment il n'est encore qu'un simple ovule tout au plus baigné de fluides albumineux, lorsqu'il arrive dans la bourse; on peut de même concevoir les nouveaux rapports qui, à ce moment, s'établissent entre ce même produit et le mamelon. Les nombreux cas de grossesses extra-utérines, observés chez la Femme elle-même, sufiSsent pour démontrer qu'un ovule détourné de sa

roule peut se greffer sur une artère quelconque, soit dans les trompes, soit sur d'autres organes. Or, ces faits, qu'on n'observe que par anomalie chez la plupart des Mammifères, sont piécisémeiit analogues aux phénomènes qui ont lieu dans l'état normal chez les Marsupiaux : leur ovule, parvenu dans la bourse, se greffe sur le point de cette cavité, où les vaisseaux sanguins sont répandus le plus abondamment, sur le mamelon; et c'est là qu'il se développe. L'artère épigastrique remplit à l'égard des jeunes Didelphes les fondions de l'utérine, de même que la matrice est remplacée pour eux par la bourse.

C'est donc dans cette poche que l'ovule atteint successivement l'âge embryonnaire et l'âge fœtal, et qu'il parvient enfin au même degré de développement où se trouve le Mammifère nionodelphe, à l'époque de sa naissance. Le fœtus didelphe naît aussi à ce moment : la leline qui, jusqu'à celte époque, n'avait cessé de croître dans la même raison que l'embryon, est rompue; et ses vaisseaux, qui se prolongeaient dans le fœtus, s'arrêtent et ne se terminent plus que dans la glande mammaire.

L'artère épigastrique reprend alors les mêmes fonctions qu'elle a chez les Quadrupèdes normaux; elle n'est plus que l'artère nulricière de la glande mammaire, c'est-à-dire de l'organe sécréteur du lait. Le jeune animal à bourse est alors allaité par sa mère dont il peut, à volonté, prendre et quitter la mamelle, et il rentre à ce moment dans les conditions communes de tous les autres Mammifères.

Telle est la manière dont on peut concevoir et expliquer les phénomènes et les anomalies de la génération des Marsupiaux : on voit qu'ils atteignent successivement tous les mêmes degrés de développement que les autres Mammifères; mais ils naissent à l'état d'ovule dans la bourse, tandis que ceux-ci s'arrêtent dans la matrice, lorsqu'ils sont dans cet âge de formation.

Il resterait à rechercher quel est le mode de nutrition de l'ovule, de l'embryon et du fœtus du Didelphe ; mais cette question, non moins difficile qu'importante, entraînerait dans une discussion trop longue pour qu'elle puisse être entreprise dans cet article : il faut donc se borner à renvoyer aux travaux déjà cités de Geoffroy Saint-Hilaire (ou à l'excellente analyse qu'en a donnée Dumas, dans les Annales des Sciences naturelles), et à une note publiée depuis, où le même auteur annonce l'existence de quelques vestiges d'organisation placentaire et d'ombilic chez les très-jeunes embryons des animaux à bourse. (Ann. Se. nat., t. ii.)

MARSUPIE. Maisupia. bot. L'un des sous-genres proposés par Dumortier, dans son Sylloge jiingermannideuriim, pour faciliter l'étude du genre trèsnombreux des Jungermannes. Le genre Marsupia ferait partie de la sous-tribu des Mésopbyllées et se distinguerait par un périchèze polyphylle, à divisions développées circulairement au delà de la base, en une sorte d'urcéole : ces divisions sont libres au sommet; colésule adhérente par le dos à l'urcéole périchézial ; feuilles disposées sur deux rangs, privées de stipules et transversales. Les espèces indiquées comme devant faire partie de ce genre sont : Jungennannia emar-

I fjinata , Ehrh.; Jungennannia sphacelnta, Gieseke, ! et Jungermannia funckii, Web. et Mohr. j iMARSUPlTE. Marsupites. ÉcniN. foss. Genre de l'ordre des Ëchinodermes pédicellés ayant pour caractères : un corps subglobuleux, libre, formé de plaques calcaires, contiguès par leurs bords; celle du centre ou la base supportant cinq plaques (costales); celles-ci, cinq autres (intercostales), qui donnent à leur tour insertion à une troisième série de plaques encore au nombre de cinq (les scapulaires), desquelles naissent cinq bras. L'espace circonscrit en dessus par les plaques scapulaires est couvert par une sorte de tégument protégé par des plaques calcaires, petites et nombreuses; la bouche se trouve au centre de ce tégument. La seule espèce qui constitue ce genre a la forme d'un ovoïde tronqué; OU l'a comparée à une bourse {Marstipium), d'où lui vient son nom. On ne l'a point encore trouvée complète, on n'en connaît que le corps sur lequel on a remarqué l'origine des bras; mais on n'a point encore découvert ceux-ci; il parait également que les échantillons avec le tégument supérieur, recouvrant la cavité limitée par les plaques, sont fort rares, et que ce Fossile intéressant est presque toujours mutilé ou incomplet. La plaque qui occupe le centre du corps, a cinq côtés à peu près égaux; sa surface extérieure est un peu convexe, elle est couverte rie stries rayonnantes, subcrénelées, elle n'est point percée dans son centre, on n'y remarque aucune dépression ([ui puisse indiquer qu'elle fut articulée à une tige ou colonne. Cinci plaques (costales), également à cinq côtés, viennent s'appliquer par l'un de leurs bords sur la plaque centrale, et s'articulent entre elles par deux de leurs bords correspondants; elles sont striées à l'extérieur comme la plaque centrale. Cinq autres plaques (intercostales) viennent s'articuler sur les bords de celles-là et entre elles ; elles ont six côtés et sont striées comme les précédentes; de plus, elles offrent quelques gros cordons rayonnants du centre à la circonférence. (Miller eu indique quatre dans son texte; mais sa planche en indique distinctement six.) Viennent enfin les cinq plaques scapulaires, à cinq côtés; elles s'articulent sur les intercostales et entre elles, et sont marquées à l'extérieur, de deux gros cordons saillants, en fer à cheval, qui s'embranchent avec ceux des plaques intercostales. Le bord supérieur de chaque plaque scapulaire est marqué d'une dépression ou échancrure destinée à recevoir l'implantation des bras. Les débris de ceux-ci, remarqués sur quelques échantillons, étant de forme anguleuse, ont porté Miller à penser qu'ils étaient divisés dès leur origine, et, par analogie, qu'ils continuaient de se bifurquer comme les bras des Euryales. La présence des rugosités extérieures des plaques du Marsupite, fait également présumer à Miller que cet animal était couvert d'un tégument membraneux susceptible de contraction et de dilatation. L'intervalle que circonscrivent supérieurement les plaques scapulaires est occupé par de petites plaques polygonales et I nombreuses, analogues à celles que l'on remarque dans j le genre Actinocrinile; elles indiquent, suivant Mil- I 1er, qu'il existait un tégument protégé par ces pla- ! ques, dans le centre duquel était la bouche, et qu'il

recolivrail la cavité abdoaiinale contenanl les viscères.

Le Marsupile n'a encore éu'; trouvé que dans les couches de Craie, à Lewes, à Hurtspoint (Sussex), à Brighton, dans le comté de Kent et ù Warmlnster. Les plaques, d'épaisseur médiocre, sont changées en Spath calcaire, à cassure oblique et particulière aus.Échinodermes pétrifiés; l'intérieur de la poche, formée par l'union des plaques, est rempli de Craie. D'après Miller, le Marsupite se rapproche des Actinocrinites et des Cyatocrinites par ses formes et l'arrangement de ses plaques, mais il en diffère par l'absence de colonne; il le regarde également comme voisin des Euryales par la forme de ses bras, et pense qu'il forme un passage des Crinoïdes inarticulées aux Stellérides; de même que les Comatules, par la présence de leurs rayons dorsaux, semblent faire le passage des Stellérides aux Crinoïdes articulées. Miller nomme cette espèce Maisupiles ornatiis.

MARSYAS. Moii. Nom que Oken , dans son Système de zoologie, a donné à un genre de Mollusques que Lamarck a établi sous le nom d'Auricule, qui a été généralement adopté. /'. AlIRICBlE.

MARSYPIANTHE. Marsypianthes. dot. Genre delà famille des Labialées, formé par Martius aux dépens du genre Hxplisde Jacquin, avec les caractères suivants : calice campanule, rétréci à sa base, divisé en cinq dents égales, lancéolées, érecto-élalées; l'orifice est nu intérieurement; tube de la corolle dressé, son orifice est à peine renflé et ne dépasse pas la hauteur des dents du calice, son limbe est subbilabié, avec la lèvre supérieure bifide et l'inférieure à trois lobes dont les latéraux sont ovales, érecto-étalés, presque égaux, l'intermédiaire en sac un peu stipité à sa base, acuminé au sommet; quatre étamines déclinées, les inférieures plus longues; filaments libres, dépourvus de dents; anthères ovaloréniformes, à loges subcoafHuentes; style courtement bifide au sommet, et à lobes presque plans; stigmates submarginaux; akènes ovoïdes, comprimés, concaves et en forme de coupe intérieurement, avec le bord membraneux, roulé et frangé.

Marsïpiantde CHAa.EDRis. Marsypianthes Chamœdn's, Mart.; Hyptis Chamœdris, Poit. La plante est annuelle, et produit plusieurs tiges couchées, divisées, velues, longues de quinze à vingt pouces; ses feuilles qui ont à peine quelques poils sur l'une et l'autre face, sont péliolées, ovales, obtuses, crénelées; les pédoncules sont alternes, axiUaires, terminés par un capitule garni de fleurs renfermées dans un involucre de plusieurs folioles linéaires ou lancéolées et soyeuses. Du Brésil.

MARSYPOCARPUS. BOT. Le Thlaspi Bursa-pastoris, L., a été distingué génériquement sous ce nom par Nccker (Elem. Bot., n» I^IG); mais De Candolle, d'après Médikus et Mœnch, a adopté le nom de Capsella, jadis employé par Césalpin. /^'. Capselle.

MARTAGON. BOT. Espèce du genre Lis. f^. ce mot.

MARTE. Mustela. maïï. Genre de Carnassiers digitigrades, comprenant presque toutes les espèces qui appartiennent à la famille des Vcrmiformes; ou, ce qui revient à peu près au même, presque toutes celles que Linné avait placées dans son grand genre Mustela. Toutes les Maries ont à l'une et à l'autre mâchoire six

I incisives, deux canines, et, parmi les mâchelières, deux carnassières et deux tuberculeuses : mais le nombre des fausses molaires est sujet à quelques variations: plusieurs espèces en ont six supérieures et huit inférieures , et d'autres quatre supérieures et six inférieures seulement, en sorte que le nombre total des dents varie ! de trente-huit à trente-quatre. Mais ces différences sont j de peu de valeur : comme on l'a déjà fait remarquer ! dans un autre article, la fonction étant déterminée par la forme el non par le nombre, la forme est toujours beaucoup plus importante que le nombre, lorsqu'on étudie l'appareil dentaire : c'est en cfîet parce qu'il est physiologiquement en rapport avec toutes les autres parties de l'appareil digestif, qu'il indique si constamment leurs diverses moditications par les siennes propres, et qu'il fournit ainsi aux zoologistes des caractères qu'on peut nommer de premier ordre. D'ailleurs les dents surnuméraires, s'il est permis d'employer celte expression, sont toujours très-peu développées, trèsrudimentaires même, et par conséquent de très -peu d'usage : ainsi elles n'ont qu'une seule racine, et se terminent par une pointe très-mousse. Les autres fausses molaires, qui ont au contraire plusieurs racines, sont minces de dehors en dedans, larges d'arrière en avant et très-pointues. Les carnassières qui viennent ensuite, sont assez semblables à celles des Chats : les supérieures ont cependant le tubercule interne plus distinct, et les inférieures sont remarquables par un talon assez étendu que présente leur partie postérieure. Les tuberculeuses inférieures sont petites, arrondies, et leur couronne se termine par trois petites pointes; les supérieures, assez grandes, ont le diamètre transversal plus grand que l'antéropostérieur, et sont divisées par un sillon assez profond en deux parties, de grandeur un peu inégale, el qui se composent l'une et l'autre de trois petits tubercules.

Les pieds sont courts, et terminés par cinq doigts réunis par une membrane dans une grande partie de leur longueur : ce caractère est même assez prononcé dans quelques espèces, pour que divers auteurs aient cru devoir les placer parmi les Loutres. Le pouce est le plus court de tous les doigts; le médian cl le quatrième sont ordinairement les deux plus longs; les deux autres, égaux entre eux, tiennent le milieu pour la grandeur. On voit à la base des doigts des tubercules nus et de forme allongée : un autre se remarque également vers le milieu de la plante du pied; il présente en devant trois prolongements qui se dirigent vers les doigis. Enfin il en existe également un à la paume. Les ongles sont arqués et très-poinlus (excepté chez le Zorille);aussiles Martes ont-elles, comme plusieurs autres genres de Carnassiers, la faculté de grimper sur les arbres. La queue présente quelques variations : elle est tantôt aussi longue que le corps, el tantôt beaucoup plus courte. Le corps est au contraire toujours irèslong, très-grêle, ou, comme on a coutume de le dire, vermiforme : il est couvert de poils de deux sortes, les uns soyeux, les autres laineux, ceux-ci étant les plus abondants. Le pelage est doux et moelleux dans toutes les espèces; mais quelques-unes, cl particulièrement celles qui vivent dans les régions les plus septentrio-

nales, sont parliculiOremenl remarquables à cet égard ; el il n'est personne en effet qui ne sache combien les fourrures de Zibeline, d'Hermine, et de Marte, sont recherchées et estimées dans le commerce. Les moustaches sont assez longues, et les narines sont entourées d'un mufle. L'oreille est courte, arrondie et assez simple. La pupille est allongée transversalement. L'os pénial e.xisle assez développé chez toutes les Martes ; mais sa forme n'est pas exactement la même chez toutes. Ainsi il diffère chez la Marte et chez le Putois, chez la Fouine et chez la Belette; et il présente aussi chez l'Hermine quelques caractères particuliers. Les mamelles, très-peu apparentes, si ce n'est au temps de l'allaitement et vers la fin de la gestation, sont ventrales ; leur nombre varie suivant les espèces : ainsi il est de huit dans quelques-unes, tandis que d'autres, telle que la Fouine, en ont quatre seulement. On ne trouve point près de l'anus des poches profondes, comme chez les Civettes, mais seulement de petites glandes qui sécrètent une substance dont l'odeur, ordinairement désagréable, est souvent mèmeexcessivement fétide, comme chez plusieurs Putois.

Les Martes, quoique généralement d'une fort petite taille, sont au nombre des plus carnassiers, et surtout des plus sanguinaires de tous les animaux qui se nourrissent d'une proie vivante : personne n'ignore quel ravage la Fouine fait dans les basses-cours lorsqu'elle vient à bout de s'y introduire; et toutes les autres espèces du genre ont à peu près le même instinct et les mêmes penchants. Elles sont cependant assez susceptibles d'être apprivoisées; et chacun sait que le Furet, depuis longtemps réduit en domesticité, est même au nombre des animaux qui rendent aux chasseurs les services les plus importants. Ce genre est un de ceux qu'on a coutume de dire cosmopolites; et la Nouvelle-Hollande est en effet presque la seule contrée où l'on n'ait encore trouvé aucune espèce qui lui appartienne : il habite d'ailleurs plus particulièrement les pays froids ou tempérés que les pays chauds.

Geoffroy Saint-Hilaire, Desmarest, Frédéric Cuvier, Ranzani et quelques autres mammalogistes comprennent sous le nom de Muslela, non-seulement les Martes proprement dites, mais aussi les Putois, les Belettes et le Zorille. Desmarest les divise en trois sous-genres, les Martes proprement dites, les Putois et les Zorilles, qui correspondent, le premier, au genre Marte, Muslela, de G. Cuvier; les deux autres, à son genre Pulois. Pittoiitis.

" M.\RTES PROPREMEni DITES. Miistelo, Lin. Ce sont toutes les espèces qui ont six fausses molaires à la mâchoire supérieure, et huit à l'inférieure : elles habitent particulièrement l'Europe, l'Asie et l'Amérique septentrionale.

Marte commuiiie. Muslela Maries, Lin. La Marte, Buff., t. VII, pi. 22, appelée aussi Marte sauvage et Marte des Sapins, Martes Abietum, par opposition avec la Fouine à laquelle on avait donné les noms fort impropres de Marte domestique et de Marte des Hêtres, Maries Fagorum. Elle est généralement d'un brun lustré avec une tache d'un jaune clair sous la gorge : l'extrémité du museau, la dernière portion de la queue

et les membres sont d'un brun plus foncé, et la partie postérieure du ventre, d'un brun plus roussâtre que le reste du corps. Elle a environ un pied et demi depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue; et celle-ci a un peu moins de dix pouces. La Marte vit au fond des forêts, fuyant également et les pays habités et les lieux découverts : elle détruit une grande quantité de petits Quadrupèdes, et surtout d'Oiseaux, s'emparant de leurs œufs qu'elle va dénicher jusque sur les branches élevées des arbres. Elle fait au printemps une portée de deux ou de trois petits qu'elle dépose ou dans le trou d'un vieil arbre, ou même dans le nid d'un Écureuil qu'elle chasse ou dont elle fait sa proie. Les petits naissent les yeux fermés, mais ils grandissent rapidement. L'espèce est répandue dans une grande partie de l'Europe; mais elle est rare en France : elle paraît exister également dans le nord de l'Amérique.

Marte Fouine, Buff., t. vu, pi. 18; Muslela Foina, Lin. Elle est un peu moins grande que la Marte; son pelage est généralement brun, avec une tache blanche sous la gorge; les jambes et la queue noirâtres; ses proportions sont presque exactement celles de la Marte. Buffon et Daubenton indiquent cependant quelques différences; mais elles sont pour la plupart si peu importantes, qu'on en trouverait d'aussi prononcées entre deux individus de la même espèce. La Fouine, qui est répandue dans toute l'Europe où elle est généralement assez commune, el qui se trouve également dans une partie de l'Asie, diffère autant de la précédente par ses habitudes, qu'elle lui ressemble par ses caractères extérieurs et par son organisation. Elle se tient à portée des habitations où elle pénètre fréquemment la nuit, et où elle fait de grands ravages : on sait en effet que, lorsqu'elle vient à s'introduire dans un poulailler ou dans une faisanderie, elle commence ordinairement par mettre à mort tout ce qu'elle peut atteindre, et qu'elle n'est pas moins redoutée dans les campagnes que le Renard lui-même, avec lequel elle a quelques ressemblances de mœurs. Il parait qu'elle fait chaque année deux ou même plusieurs portées ; car on trouve également à plusieurs époques de l'année de jeunes individus. Elle dépose ses petits dans les trous des vieux arbres et des murailles, où elle leur prépare un lit de mousse : il lui arrive quelquefois de mettre bas dans les granges el les greniers à foin. Sa fourrure est beaucoup moins estimée que celle de la Marte, parce qu'elle a moins de douceur, de moelleux et d'éclat; elle serait cependant assez recherchée, si l'animal était plus rare. La Marte et la Fouine sont, comme on le voit, liées par les rapports les plus intimes; et la couleur de la gorge, jaune chez l'une et blanche chez l'autre, forme presque la seule différence sensible qui existe entre elles.

Marte Zibeline, Buff., t. xiii, Muslela Zibellhia, Lin. C'est encore une espèce fort voisine de la Marte, dont elle diffère cependant en ce qu'elle a du poil jusque sous les doigls : elle est généralement d'un brun lustré, noirâtre en hiver, mais d'une nuance moins foncée en été, avec le dessous de la gorge grisâtre et la partie antérieure de la tête et les oreilles blanchâtres. Elle vit dans la région la plus septentrionale de l'Asie, et se trouve jusqu'au Kamtschatka où elle est assez

abondante. >■ Les fourrures des Zibelines de Sibérie, dit Sonnini, passent pour les plus précieuses, et l'on estime surtout celles de Witinski et de Nerskinsk. Les bords de la Witiraa (rivière qui sort d'un lac situé à l'est du Baïkal, et va se jeter dans la Lena) sont fameux parles Zibelines que l'on y cbasse. Ces Martes abondent dans la partie des monts Altaïs que le froid rend inbabilable, ainsi que dans les montagnes de Saian. au delà du Jénisseï, et surtout aux environs de l'Oby et des ruisseaux qui tombent danslaTouba. « Les Zibelines noires, c'està-dire les Zibelines en pelage d'hiver, sont les plus estimées; leur fourrure a dans cette saison autant d'éclat que de douceur et de moelleux; et elle est à juste titre l'une de celles que le luxe européen recherche comme les plus magnifiques et les plus précieuses.

Marte Pékan. Buff., t. xiii, pi. 13, Mustela Canadensis, l. Elle est d'une taille un peu supérieure à celle des espèces précédentes. Elle a les pattes, la queue, le dessous du corps et le museau d'un brun-marron très-foncé, les oreilles blanchâtres; le reste du pelage est d'un gris-brun, varié de noirâtre, la nuance est d'ailleurs très-différente suivant les divers individus, et quelques-uns sont même presque entièrement noirs. Cette espèce qui habite le Canada et les États-Unis du nord, a, selon Harlan, les mêmes habitudes que le Vison.

Marte des Hurons. Muslela Huro, Fr. Cuv. Elle est généralement d'un blond clair, avec les pattes et l'extrémité de la queue plus foncées et même brunes chez quelques individus. Du reste, les couleurs de cette espèce varient suivant les individus. La tête, ordinairement d'un blond clair comme le corps, est quelquefois blanchâtre, et quelquefois même entièrement blanche. Quant aux Carnassiers désignés par BufFon sous les noms de petite Fouine de Madagascar, de petite Fouine de la Guiane et de grande Marte de la Guiane, ils n'appartiennent pas à ce genre. Le deuxième paraît n'être qu'un jeune Coati, et les deux autres se rapportent l'un à une Mangouste, le second au Glouton Taïra; enfin la Fouine de la Guiane est également une autre espèce du même genre, le Grison. ( A'. Glouton et Margobste, au mot Civette.)

** PoTois. Putorius, Cuv. Ils n'ont que quatre fausses molaires à la mâchoire supérieure, et six à l'inférieure; leur tête est un peu moins allongée que celle des Martes proprement dites, auxquelles ils ressemblent d'ailleurs généralement par tous leurs caractères extérieurs. Les espèces de ce sous-genre sont trèsnombreuses : plusieurs d'entre elles habitent la France. Marte Pdtois. Muslela Putorius, Lin. Le Putois, Buff., t. VII, pi. 23. Il a presque la taille de la Marte : c'est-à-dire plus d'un pied depuis le bout du museau jusqu'à l'origine de la queue, et celle-ci a environ six pouces. Il est d'un brun noirâtre, assez foncé sur les membres, mais plus clair et prenant une teinte fauve sur les flancs ; le bout du museau est blanc, et les oreilles ainsi qu'une tache placée derrière l'œil, sont aussi de cette couleur. Les poils laineux sont blanchâtres. Le Putois habite les climats tempérés de l'Europe, où il est assez abondant ; son nom lui est venu de l'odeur infecte qu'il répand. Ses mœurs sont peu différentes

de celles de la Fouine : comme elle, il vit près des lieux habités, et s'introduit la nuit dans les basses-cours et dans les colombiers où il fait de grands ravages. «Les Putois, dit BuflFon , vivent de proie à la ville, et de chasse à la campagne : ils s'établissent pour passer l'été dans des terriers de Lapins, dans des fentes de rochers, dans des troncs d'arbres creux, d'où ils ne sortent guère que la nuit pour se répandre dans les champs, dans les bois : ils cherchent les nids de Perdrix, d'Alouettes et de Cailles; ils grimpent sur les arbres pour prendre ceux des autres Oiseaux : ils épient les Rats, les Taupes, les Mulots, et font une guerre continuelle aux Lapins qui ne peuvent leur échapper, parce qu'ils entrent aisément dans leurs trous : une seule famille de Putois suffit pour détruire une garenne. Ce serait le moyen le plus simple pour diminuer le nombre des Lapins dans les endroits où ils deviennent trop abondants."

Marte Fcret. Mustela Furo , Lin., Buff., t. vu, pi. 25 et 26. Elle varie, comme tous les animaux domestiques, pour la couleur de son pelage. Cependant la pluiiart des individus sont d'un jaune que Daubenton a comparé à celui du buis. On appelle Furets-Putois ceux qui ont, comme le Putois, du blanc, du noir et du fauve plus ou moins foncé, et qui se trouvent ainsi avoir plus de ressemblance avec lui. Au reste, les Furets ont généralement des rapports si intimes avec l'espèce précédente, que plusieurs zoologistes ont pensé qu'ils n'en constituent réellement qu'une simple variété; et cette opinion est même aujourd'hui celle du plus grand nombre des naturalistes, malgré l'autorité de Linné et de Buffon. Le Furet est originaire des pays chauds, et particulièrement de la Barbarie où il porte, suivant le docteur Shaw, le nom de Kimse. Son instinct en fait l'ennemi mortel duLapin,suivantrexpressiondeBuffon; et dès qu'il aperçoit un de ces animaux, il s'élance sur lui, le saisit à la gorge et lui suce le sang : aussi l'emploie-t-on principalement pour la chasse de ce gibier, comme chacun le sait. On l'élève dans des tonneaux où on lui fait un lit d'étoupes ; il dort presque continuellement, et ne s'éveille guère que pour manger.

Marte de Sibérie. Mustela Sibirica, Pall., Spic. ZooL; le Chorok? Sonnini, éd. de Buff., t. xxxv. Elle est généralement d'un beau fauve doré ; seulement le tour du muUe est blanc, et la partie du museau comprise entre les yeux et cette partie blanche, est brune. Sa taille est à peu près celle du Furet, auquel d'ailleurs elle ressemble aussi par ses proportions; mais son poil est beaucoup plus long. Certains individus ont le dessous de la mâchoire inférieure blanc, et d'autres d'un roux seulement un peu plus clair que celui de tout le corps. Cette espèce, qui habite la Sibérie, se tient ordinairement dans les forêts les plus épaisses : elle se rapproche cependant l'hiver des habitations, et s'introduit souvent même dans les basses-cours, comme la Fouine et le Putois.

Marte Pékouasca. Mustela Sarmatica, VM.,Spic. Zool. Cette espèce est un peu plus petite que la précédente, et elle a les poils plus courts. Les membres, le dessous du corps et le bout de la queue sont d'un brun foncé; la tête est brune, avec une ligne blanche qui,

iiaissanl soiis rorclllc, passe sur les yeux cl le fruiil, et va se Icrminer sous l'autre oreille, en dessinant sur le front une sorte de fer-à-clieval. L'oreille, le bout du museau, et le dessous de la mâchoire inférieure, sont blancs; enfin, le dessus du corps est d'un beau fauve clair, parsemé d'un très-grand nombre de taches brunes; et la queue est dans sa première moitié variée de brun clairet de gris blanchiSlre. Les mœurs de cet animal diffèrent peu de celles des autres Martes : comme le Putois il répand une odeur désagréable, surtout lorsqu'il est irrité.

Marte Hebmii^e ou Roseiet, BufF., t. vu, pi. 29 et 31; Musiela Erminea, Lin. Cette espèce est particulièrement connue sous le nom d'Hermine dans son pelage d'hiver, et sous celui de Uoselet dans son pelage d'été; elle a neuf pouces six lignes du bout du museau à l'origine de la queue, et celle-ci a un peu plus de trois pouces et demi. L'Hermine d'été ou le Uoselet a le pelage généralement brun, avec le dessous du corps d'un jaune soufré clair, la mâchoire inférieure blanche, et la queue brune, avec son extrémité noire. L'Hermine d'hiver ou l'Hermine proprement dite est toute blanche: seulement la queue est noire ù son extrémité. On voit que cette dernière couleur se conserve seule pendant toute l'année chez cette espèce; remarque qu'on peut faire également à l'égard de la plupart des Mammifères et des Oiseaux qui blanchissent en hiver, comme sont, parmi les premiers, les Lièvres variables, qui ont en tout temps le bout de l'oreille noir, et parmi les Oiseaux, plusieurs Lagopèdes. — Celle espèce, qui est assez abondante dans les parties septentrionales de l'ancien continent, se trouve aussi dans l'Europe tempérée et dans le nord de l'Amérique. Ses mœurs sont peu différentes de celles de la Belette : elle se lient cel)endant moins constamment dans le voisinage des habitations, et l'on assure qu'elle est encore plus carnassière que celle-ci; elle est d'ailleurs susceptible d'être élevée en domesticité, et se laisse même très-bien apprivoiser. Sa fourrure d'hiver est, comme chacun sait, l'objet d'un commerce Irès-imporlant; mais l'Hermine des climats les plus septentrionaux est la plus estimée, parce qu'elle n'a pas, comme celle des pays tempérés, une légère teinte jaunâtre, et (|u'elle est au contraire d'une blancheur éclatante.

Marte Belette, Buff., t. vu, pi. 29; Musiela vulgaris, L. Elle a un demi-pied du bout du museau à l'origine de la queue, et celle-ci a deux pouces environ; son pelage ne diffèie guère de celui de l'Hermine d'été ou du Roseiet que par la couleur de sa queue entièrement brune en dessus, et blanche en dessous; on peut cependant ajouter que les parties inférieures du corps sont blanchâtres ou d'un jaune lavé de roussâtre, mais non pas d'un jaune soufré. Cette espèce est aussi commune dans les climats tempérés de l'ancien monde, que la précédente l'est dans les climats septentrionaux; elle est au contraire plus rare dans les pays où celle-ci se trouve le plus abondamment répandue. Elle vit dans le voisinage des habitations comme la Fouine, et elle est peut-être encore plus à craindre pour les basses-cours et les poulaillers, que cette dernière ellemême, parce que sa petite taille lui permet de s'y in-

Iroduire par les plus étroites ouvertures. Elle n'atlaquc que rarement les Coqs, qui la repoussent à coups de bec. et parviennent souvent ainsi à la mettre en fuite; mais elle choisit les poussins et les jeunes Poules. Elle craint le fioid, et va se réfugier l'hiver dans les greniers et dans les granges, et rend alors de véritables services en détruisant un grand nombre de Rat.s et de Souris. Elle fait au printemps une portée de plusieurs petits qu'elle dépose dans un tronc d'arbre creux, ou dans toute autre cavité; elle s'établit même quelquefois au milieu des débris des animaux morts dans les bois , et Buffon rapporte l'exemple de trois individus trouvés dans le thorax d'un Loup qu'on avait suspendu à un arbre par les pieds de derrière, et qui, déjà entièrement putréfié, répandait une odeur infecte.

Marte Belette des neiges. Musiela nivalis, Lin., Failli. Suec; Miistela vulrjahs, Var. Gm.; Musiela Erminea, Vai'. Bodd. Elle est à peu près de la taille de la Belette, et a le pelage entièrement blanc, avec quelques poils noirs au bout de la queue. Elle est encore fort peu connue, et on ne sait si on doit la regarder comme une véritable espèce, ou comme une simple variété soit de l'Hermine, soit de la Belette; quelques auteurs modernes, et particulièrement Desmarest, se prononcent néanmoins pour cette dernière opinion.

Marte Belette D'AFRiQCE.j1/!is<e/ra^/'yv'conn,Desm. Elle a dix pouces du bout du museau à l'origine de la queue, et celle-ci a six pouces environ. Son pelage est généralement d'un brun roussâlre en dessus, et d'un jaune blanchâtre en dessous, avec une ligne brune, longitudinale, sur le milieu du ventre.

Marte ratée. Musiela striata, Geoff. S«-Hil. Elle est à peu i)rès de la taille de la Belette : son pelage est généralement d'un brun foncé, avec cinq raies blanches longitudinales en dessus ; la queue est blanche, et le dessous du corps d'un blanc grisâtre. Cette espèce, dont les mœurs ne sont pas connues, a été établie par Geoffroy Saint-Hilaire, d'après un individu donné au Muséum par Sonnerat; et, suivant Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (Magasin de Zoologie, octobre 1859), elle doit être isolée et devenir le type d'un genre distinct, qu'il propose de nommer Galidiclis, afin d'indiquer à la fois ses affinités avec les Mustéliens et plus spécialement avec les Galidies. Elle habite Madagascar.

Marte Ncdipède, ou le Foret de Java. Musiela nuilipes, Fr. Cuv., Mam.lith. Elle est d'une taille un peu inférieure à celledu Putois; son pelage est généralement d'un beau roux doré, très-brillant, avec la tête et l'extrémité de la queue blanches. Cette espèce, remarquable par la nudité du dessous de ses pieds, a été découverte à Java par Diard et Duvaucel; et c'est d'après un individu envoyé au Muséum, par ces voyageurs, que Fr. Cuvier l'a décrite.

Marte Belette de Java, Geoff. S'-Hil.; MiistelaJavanica, Séba. Geoffroy Saint-Hilaire a décrit ainsi cette espèce, d'après l'individu même qui a servi de type à la figure de Séba : longueur de six pouces envi ron ; forme plus effilée que celle de l'Hermine, et plus rapprochée de celle de la Belette; les joues sont blan-

châtres; un ifmai(|ue un demi-ceicle île celte couleur au-devant de chaque œil ; le reste du pelage a les couleurs de rHermiiie d'été ou du Roselet; la queue est terminée de même par une toufîe de longs poils noirâtres; les pieds sont garnis de poils assez longs. Ainsi, quoique la Belette de Java soit encore très-imparfaitement connue, il est facile de voir qu'elle diffère du Furet de Java. Il esl donc important de ne pas confondre ces deux espèces; el c'est pour éviter la confusion qui résulterait nécessairement de la ressemblance de leurs noms qu'il serait bon d'adopter celui de Nudipède pour la dernière connue.

Marte Vison, Buff., t. xiii, pi. 43; Mnstela Vison, Lin. Cette espèce doit être placée dans le sous-genre des Putois, et non parmi les Martes proprement dites, comme on le fait oïdinairement. Elle est à peu près de la taille de la Fouine : son pelage est généralement d'un brun marron, avec le bout de la queue plus foncé que le corps, et la pointe de la mâchoire inférieure blanche en dessous. Cette espèce à laquelle on assigne pour patrie le Canada et les États-Unis, vit sur le bord des eaux, et se nourrit en partie de Poissons et de Reptiles. Sa fourrure est assez estimée.

Marte marroiv. Mustela lufa, Geoffroy. Son pelage esl d'un roux marron; sa queue est de même couleur; les quatie extrémités sont plus foncées; la longueur totale ;esl uji pied sept pouces. 11 est impossible, d'après cette phrase indicative, et même d après la description plus détaillée que le même auteur donne ensuite de cet animal, de décider, dans l'état présent de la science, s'il forme réellement une espèce distincte, ou si, comme il parait plus vraisemblable, il doit être rapporté au Vison ou au Mink.

Marte Mink. iMiistela Liitreola, Pall., Spic. Zoot. Cette espèce qui ressemble presque entièrement au Vison, el qui parait avoir aussi les mêmes habitudes, est ainsi caractérisée par les auteurs les plus modernes : une taille inférieure à celle du Vison ; le pelage d'un marron presque noir, avec le dernier tiers de la queue tout à fait noir, et la pointe de la mâchoire inférieure blanche. Le Mink habite particulièrement le nord de l'Europe el de r.\sie ; mais on le trouve, dit-on, jusque sur les bords de la mer Noire.

Le Mink des Américains, Warden, États-Unis, t. v, pag. CI3; Mustela liitreocepluda , Harlan, ne doit pas, suivant ces auteurs, être confondu avec le Mink ou avec le Vison. 11 ressemble beaucoup, dit ce dernier, au Mink, mais il en diffère cependant par sa couleur, par ses formes générales et par sa taille. 11 est généralement d'un blanc brunâtre, plus clair en dessous, avec la queue d'un brun ferrugineux : sa laille esl double de celle du Mink; du reste, il ressemble à la Loutre par la forme de sa tète et de ses oreilles, mais il se rapproche davantage de la Belette par son pelage, par sa queue et par les proi)Oitions générales de son corps : ses pieds sont légèrement palmés. Celle courte description et les indications données par Warden, dans son ouvrage, ne permettent pas de décider si le Mink des Améi'icains diffère réellement du Vison et du Mink d'Europe, et s'il existe deux espèces dans les États-Unis, sans compter le Pékan et les autres Martes

bien caractéiisées, qui appartiennent à la même contrée. On trouve parmi ces animaux de l'Amérique du Nord, des individus d'un brun foncé, d'autres d'un marron clair, d'autres enfin d'une nuance intermédiaire. Chez quelques-uns la tache blanche de la mâchoire inféiieure se prolonge en une ligne étroite sur le milieu de la gorge, tandis que chez la plupart on ne voit rien de semblable; mais d'autres n'ont qu'une ligne blanche, très-petite ou très-peu prononcée; ils tiennent ainsi le milieu entre ceux où elle existe entière, et ceux oii elle n'existe pas. Enfin leur taille n'est pas moins variable, en sorte qu'ils ne sont ni assez différents pour qu'on puisse les considérer comme types de deux espèces distinctes, ni assez semblables pour qu'on soit certain de leur identité spécifique.

Quant à l'animal désigné par Buffon, sous le nom de Putois rayé de l'Inde, ce n'est point un véritable Putois, mais une Civette {V. ce mot).

Putois fossiles.

Deux espèces fossiles, appartenant à ce sous- genre, ont été indiquées par Cuvier (Oss. Fos., t. iv) ; l'une d'elles n'est connue que par deux dents découvertes par Buckland, dans la caverne de Kirkdale, et qui sont la carnassière et la tuberculeuse supérieures d'un animal très semblable à la Belette. La seconde a quelques rapports avec le Zorille; mais elle est surtout voisine du Putois, comme l'a reconnu Cuvier par l'examen de quelques phalanges digitales et métatarsiennes, de quelques vertèbres dorsales et caudales, et surtout d'un fragment de bassin, trouvés à Gaylenreuth.

"* ZoRiLLES. Zorilla. Ils ont avec le système dentaire des Putois, des ongles longs, robustes et assez semblables à ceux des Mouffettes, auxquelles ils ressemblent aussi parleur système décoloration. Par suite de cette modification ils ne peuvent point grimper sur les arbres, comme le font les autres Martes; mais ils peuvent fouir avec beaucoup de facilité et se creusent des terriers comme les Mouffettes. On n"a encore distingué dans ce sous genre qu'une seule espèce.

Marte Zohiile, Buff., t. xiii, pi. 41 ; Mustela Zorillael ViveiraZoïilla des auteurs systématiques. Elle a plus d'un pied du bout du museau à l'origine de la queue; celle-ci a huit pouces environ. Elle est généralementnoire, avec plusieurs taches blanches sur la tête, et plusieurs lignes longitudinales de [néme couleur à la partie supérieure du corps. Ces bandes et ces taches ont assez constamment la même disposition, mais leur étendue proportionnelle varie beaucoup. Cette espèce n'habite pas seulement les environs du cap de Bonne- Espérance; mais elle existe aussi au Sénégal et sur les bords de la Gambie, où elle a été trouvée par le voyageur Bodwich. Le Zorille du Sénégal et de la Gambie diffère d'ailleurs de celui du Cap à quelques égards : ainsi on retrouve bien chez l'un et chez l'autre les mêmes taches et les mêmes lignes; mais chez le premier, les parties blanches ont beaucoup plus d'étendue que les noires, en sorte (|ue le pelage esl presque entièrement blanc sur le dessus et les côtés du corps, tandis que la disposition inverse s'observe dans la variété du Cap. 11 n'est pas probable néanmoins qu'on doive considérer ces deux animaux comme des espèces distinctes :

il A II

lai

car l'élemiiie proporlionnelle des laclies blanches varie même lellenient, entre les individus d'un même pays, <|u'il est assez difficile d'en trouver deux exactement semblables.

Enfin le genre Mustela comprend encore quelques autres espèces qu'il suffira d'indiquer en peu de mots, parce qu'elles sont encore très-imparfaitement connues. Telles sont les suivantes :

Marte Zorra. Mustela Zorra, Humboldt. Elle est généralement d'un gris noirâtre, avec l'intérieur des oreilles et le ventre blancs : son corps est moins veruiiforme que celui des autres Martes. Elle habite la Nouvelle-Grenade.

Marte Ccja. Mustela Cuja, et Marte Ooiqci, Mustela Quiqui, Molina. Elles habitent le Chili. La première est généralement noire et son pelage est très-touffu et très-doux; la seconde est brune, avec une tache blanche au milieu du nez. Si la descri|)lion de Molina est exacte, le Quiqui n'est point une Marie, quoique rapporté à ce genre, car il n'aurait que douze incisives, douze molaires et quatre canines, en tout vingt-huit dents.

Marte a gorge dorée. Mustela flacigula , Bodd. Elle est noire, avec la gorge, le ventre et le dos jaunes; les joues sont blanches. Sa patrie est inconnue.

Marte pêchedse. Mustela Pennantii, Erxl.; Mustela melanorhxncha, Bodd. Elle habite l'Amérique du Nord : elle est généralement noire, avec les côtés du col et la face d'un cendré brunâtre. Elle pourrait bien n'être, selon la remarque de Harlan, qu'un double emploi du Pékan.

Marte a tète grise, f^irena poliocephala, Traill., Mem. Wern. Soc. Elle parait également appartenir au genre Mustela, quoique l'auteur l'ait rapportée au genre Ficena, et elle est ainsi caractérisée : corps noir; tête et col gris, avec une lâche jaunâtre, bordée de noir. Cette espèce habite la Guiane.

Marte Pdtois iies Alpes. Mustela Jlpina, Gebler, Soc. Imp. Kat. de Moscou. Elle ressemble beaucoup au Putois commun; elle est généralement jaune, avec le dessus du corps brunâtre et le menton blanc. Cette espèce est très-bien connue des habitants des mines de Riddersk : elle se nourrit particulièrement de Souris, d'Oiseaux et de Lagomys. Sa fourrure est peu estimée, parce que ses poils sont généralement assez courts.

MARTEAC. Zygœna. pois. Espèce du genre Squale; Cuvier en a fait le type d'un sous-genre très-remarquable.

MARTEAU. Maliens. concH. Linné confondait les Coquilles de ce genre parmi les Huilres, comme il a fait de beaucoup d'autres qui en diffèrent cependant essentiellement. Bruguière dans les planches de l'Encyclopédie sépara des Huîtres de Linné, son genre Avicule dans lequel il plaça les Marteaux; enfin Lamarck en tit un genre particulier, auquel il donna le nom de Marteau, à cause de la forme des coquilles, qui a quelque ressemblance avec cet instrument des couvreurs. Ce fut dans l'ouvrage sur les animaux sans vertèbres, publié en 1801, que ce genre fut établi pour la première fois. Depuis celle époque, il fut admis par le plus grand nombre des conchyliologues qui ne varièrent pas sur la nécessité de l'admettre, mais sur la place qu'il devait

occuper dans la série. C'est ainsi que son auteur luimême, après l'avoir placé près des Vulselles et des Avicules dans le Système des Animaux sans vertèbres, l'en sépara quelques années après, pour le porter dans la famille des Byssifères, tandis que les Vulselles restèrent dans la famille des Ostracées. Le savant auteur de l'Extrait du Cours et des Animaux sans vertèbres conserva ces rapports dans ces deux ouvrages; cependant dans le dernier il sépara de ses Byssifères la famille des Malléacées {F. ce mol) dont il crut devoir exclure encore les Vulselles; les Maiteaux se trouvèrent voisins des Pernes, des Crénalules, etc. Cuvier (Règne animal) n'a point imité Lamarck; il a laissé les Marteaux près des Vulselles. Férussac, en conservant la famille des Malléacées, y a apporté quelques changements; c'est ainsi qu'il en a ôté les Crénalules pour y placer les Vulselles qui sont mises en contact avec les Marteaux. Blainville a conservé le genre Marteau, l'a mis près des Vulselles, et a donné le nom de Margarilacés {F. ce mot) à la famille des Malléacées, en y faisant des changements nécessaires. On ne connaît pas encore l'animal du Marteau; on sait seulement qu'il s'attache par un byssus. Voici les caractères de ce genre : coquille subéiiuivalve, raboteuse, difforme, le plus souvent allongée, sublobée à la base, à crochets petits, divergents; charnière sans dents, une fossette allongée, conique, située sous les crochets, traversant obliquement la facelte du ligament ; celui-ci presqueextérieur, s'insérant sur la facette courte et en talus de chaque valve.

Les espèces de ce genre sont peu nombreuses, et on n'en connaît point de fossiles; elles peuvent se diviser assez naturellement en deux groupes.

t Coquilles lobées ou auriculées à la base.

Marteau commua. Maliens vulgaiis, Lamk., Anim. sans vert., t. vu, l" part., page 144, n» 2; Oslrea Maliens, Lin., page 53.30, n» 99; Knorr, Ferg., ô, tab. 4. tig. 1, Chemnitz; Conch.,t. viii, pi. 70, fig.655; Encycloj)., pi. 177, lîg. 12. Coquille recherchée à cause de sa forme singulière; elle présente une variété blanche dont les oreilles sont plus courtes; on la trouve dans l'Océan des grandes Indes. Bougainville découvrit dans cette mer une petite île déserte dont les rivages, après une tempête, s'en trouvèrent couverts ; il lui avait donné à cause de cela le nom d'ile aux Marteaux.

tt Coquilles non auriculées à la base.

Marteau vulsellé. Malleus vnlsellatus, Lamk., Anim. sans vert., toc. cit., n<>4; Ostiea vulsella, Lin., Gmel., )iage"ô3ô3, n» 100; Chemnitz, Conch., t. viii, pi. 70, fig. 657; Encyclop., pi. 177, fîg. 13. Coquille de taille médiocre, allongée, aplatie, droite ou courbée sur elle-même, d'une couleur violet foncé ou noirâtre, avec une tache blanche nacrée à l'intérieur. Cette Coquille se trouve dans la mer Rouge et à Timor.

MARTEAU ou NIVEAU D'EAU DOUCE, ins. Quelques auteurs anciens ont donné ce nom aux larves des Agrions qui offrent une sorte de ressemblance avec un T.

MARTEAU. BOT. L'un des noms vulgaires du Narcisse Fau.vNarcisse.

MARTELE. Martela, bot. Genre de Champignons hyménomycètes, établi par Adanson, et adopté par

IS^i

ScopoU, mais que quelques auteurs ne considèrent que comme une division du genre Hydmwi. Uu reste, voici ses caractères : réceptacle charnu, simple, garni au sommet de petits tubes hymenins, subulés et ascigèrcs de l'un et l'autre côté; tlièques grêles et courts. Ce sont de grands Champignons blancs, jaunes ou cendrés, portant à l'extrémité du tronc la membrane fructifère, hérissée de pointes ou d'aiguillons.

MARTELET. ois. Synonyme vulgaire de Martinet noir. /•'. Martinet.

MAUTELOT. ois. Nom vulgaire du Traquet Pâtre, L. r. Traquet.

MAUTIA. BOT. (Leandro.) Pour Marliusia. V. ce mot. On avait aussi donné le nom de Marlia, à un genre qui n'était autre que XElodea d'Adanson et de Purhs, genre formé surquehiues espèces d'//r/^encMOT. MARTIN. Acriilotheies. ois. Genre de l'ordre des Omnivores. Caractères : bec conique, allongé; mandibules très-comprimées, à bords tranchants, avec la base nue : la supérieure faiblement échancrée à la pointe qui e.n un peu fléchie; narines ovoïdes, placées de chaque côté du bec et près de la base, en partie recouvertes par une membrane emplumée; quatre doigts : trois devant, dont l'intermédiaire, moins long que le tarse, est soudé à sa naissance avec l'extérieur; première rémige presque nulle, la deuxième et la troisième plus longues. Les Martins ont avec les Élourueaux, la plus grande analogie de mœurs; comme eux on les voit presque toujours en troupes plus ou moins nombreuses, voler assez bruyamment d'un champ à l'autre, et y faire une recherche exacte des insectes cachés sous la feuille, ou réfugiés entre les mottes de terre. Ils paraissent se nourrir de préférence de Sauterelles et de Criquets, dont ils font une telle consommation, que, dans les régions où ces Orthoptères apparaissent en masses innombrables, on élève des Martins expressément pour les opposer au fléau destructeur. C'est le seul moyen que l'on ait pu employer avec succès pour purger certaines lies de la désolante multiplication de ces insectes. D'un naturel très-familier, les Martins ne témoignent qu'une faible appréhension à la vue de l'Homme; ils se mêlent parmi les troupeaux et rendent même de grands services aux animaux sur lesquels ils s'accroupissent, en les débarrassant de la vermine qui les ronge. Ce sont sans doute ces soins et la fréquentation habituelle des paisibles habitants des prairies qui ont déterminé Temminck à choisir pour dénomination latine du genre, le mot Pastor.

Les Martins sont très-dociles aux leçons qu'on leur donne, et retiennent avec facilité les sons qu'ils entendent fréquemment. On assure même que. quoique à l'état de liberté, on les a entendus contrefaire le chant des Oiseaux domestiques, et même imiter le bêlement des Agneaux. Les habitants civilisés de l'Inde et de l'Afrique se plaisent à élever ces Oiseaux qui, en revanche, les amusent par la gentillesse de leurs manières et la vivacité de leurs mouvements. Il parait probable que ces Oiseaux ont deux couvées par an, du moins les jeunes que l'on a observés à deux épociues éloignées, d'une même saison, tendent à le faire croire ; les voyageurs se taisent sur leur nidification, de même que sur

la durée de l'incubalion. Levaillant, qui a cherché à observer l'une et l'autre, est porté à croire qu'ils nichent dans des trous creusés en terre. La seule espèce qui paraisse passagèrement en Europe place quelquefois son nid dans des trous d'arbre ou des crevasses de ruines. Outre les insectes et dans les temps de disette de cette nourriture, on voit les Martins attaquer les petits Quadrupèdes, tels que Souris et Mulots, les dépecer et se repailre de leur chair; ils se jettent quelquefois sur les fruits qu'ils gâtent outre mesure, sans en faire une grande consommation.

Martin a ailes noires. Gracuta melanoplera , Daud. Il parait n'être qu'une variété du Martin commun, dont les parties inférieures seraient beaucoup pi us blanches, et les rémiges et lectrices noires; du reste les deux espèces sont tout à fait semblables.

Martin a bec grêle. Jcridotheres gracilirostris, Drap. Parties supérieures, gorge et devant du cou d'un brun fuligineux, à reflets d'acier bronzé; parties inférieures brunâtres; abdomen blanc; barbes extérieures des grandes tectrices alaires et caudales, des rémiges et des rectrices, d'un noir bronzé ù reflets bleus et violets; les cinq dernières rémiges et la rectrice latérale bordées de blanc extérieurement; dessous de la queue d'un gris cendré; bec et pieds noirâtres. Taille, sept pouces six lignes. De Madagascar.

Martin du Bengale. F. Martin commun.

Martin Brame. 7'uidiis payodaium, Lin.; Giacuta pagodaium,Daui\.]jdcn(lollierespagodariim,\'ie'M,, Levail., Oiseaux d'Afri(|ue, pi. 95. Parties supérieures d'un cendré bleuâtre, nuancé de fauve à l'extrémité des tectrices alaires; front, sommet de la tête et nuque garnis de longues plumes soyeuses et effilées, d'un noir bronzé; des plumes presque semblables, mais d'une couleur Isabelle, variées de blanchâtre, ornent le derrière elles côtés du cou; rémiges noirâtres, terminées de cendré bronzé; rectrices d'un gris noirâtre bronzé, terminées de blanc, mais de manière que celles des côtés soient presque entièrement blanches; parties inférieures d'un fauve Isabelle, avec l'extrémité de chaque plume striée d'une teinte plus pâle; tectrices caudales et alaires inférieures d'un blanc nuancé de cendré; bec noir à la base et jaune dans l'autre partie ; pieds jaunes. Taille, sept pouces et demi. Des diverses parties de l'Inde où il se perche sur les tours des temples; de passage en Afrique dont il habite vraisemblablement quelques contrées.

Martin commun. Gracula Iristis, Lat.; Paradisœa liistis. Gmel., Cufl'., pi. enl. 219. Parties supérieures d'un brun marron ; sommet de la tête garni de plumes noires, longues et effilées; un espace triangulaire, nu derrière l'œil; grandes rémiges noires ù l'extrémité, blanches à la base; rectrices brunes, avec l'extrémité des latérales blanche; gorge, cou et haut de la poitrine d'un gris foncé; abdomen et tectrices caudales inférieures d'un blanc mat; bec et pieds jaunes. Taille, neuf pouces et demi. De toutes les parties de l'Inde où il construit assez souvent son nid dans l'enfourchement des grosses branches.

Martin destructeur de Sauterelles, r. Martin

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