II. Structure irrégulière
Les minéraux noncrislallisés n'onl qu'une structure irrégulière, provenant de la réunion confuse de leurs molécules : elle est ou simple ou composée. Les minéraux à structure simple, irrégulière, ne présentent qu'une masse homogène, dans laquelle l'œil ne discerne aucune partie, aucune surface de séparation. Tels sont les corps auxquels on donne le nom de compactes, et dont la structure est analogue à celle du verre. Les struclures composées ou d'agrégation résultent de la réunion en une seule masse solide d'un trèsgrand nombre de parties discernables, qui prises isolément possèdent une structure simple, soil cristalline, soit irrégulière. On distingue plusieurs sortes de structures composées ou d'agrégations :
La structure lametluire, provenant d'une accumulation confuse d'un très-grand nombre de petits cristaux ou de lames, qui présentent leurs clivages dans tous les sens, et qui se distinguent par le miroitement que chacune d'elles produit en réfléchissant la lumière. Si les cristaux sont fort petits, la masse a une structure plus ou moins analogue à celle du sucre : on lui donne alors le nom de structure saccharoïde ;
La structure granulaire, provenant d'une multitude de petits cristaux ou grains cristallins arrondis, entassés les uns sur les autres et agrégés entre eux avec une force moindre que celle qui réunit leurs particules ;
La structure oolilique, produite par une accumulation de globules à couches concentriques;
La structure fibreuse, provenant de crislaux trèsallongés, aciculaires ou cylindroïdes, groupés entre eux dans le sens de leur longueur ou réunis par leurs extrémités en rayons divergents, ce qui produit des masses bacillaires ou radiées;
La structure schisteuse ou feuilletée. Celle des masses composées d'un très-grand nombre de feuillets séparables, comme l'Ardoise;
La structure strati forme, provenant de l'accroissement du corps par couches ou enveloppes successives, qui se manifestent par des ondulations de diverses couleurs, à la surface extérieure ou dans les fractures;
La structure compacte terreuse, produite par un entassement confus de très-petits cristaux ou grains tellement serrés, qu'ils sont indiscernables, cl ne présentent que des masses d'un aspect terne sans aucun indice de tissu.
U est encore d'autres modes de contexture des minéraux, dus à des causes accidentelles qui ont agi pendant ou après leur formation; tels sont ceux qui résultent des diverses solutions de continuité qu'ont pu produire le retrait occasionné par le refroidissement ou le dessèchement des masses minérales, le dégagement des Gaz, etc.; on leur donne les noms de structure cariée, cellulaire, poreuse, ponceuse, etc., suivant la forme et la disposition des cavités qui divisent la masse. Enfin il est une dernière sorte de stiucture que l'on peut a[>i)elev structure organicjue, parce qu'elle est tout ù
fait d'emprunt, et que le minéral en est redevable à des corps organisés, dont il a pris la place et dont il a imité fidèlement le tissu. Telle est la structure des corps auxquels on donne le nom de Fossiles et de Pétrifications.
B. De la densité relative ou pesanteur spécifique.
Les minéraux de nature différente présentent en général des différences de poids appréciables, lorsqu'on les compare entre eux sous un même volume. Les rapports que ces poids ont entre eux pouvant être évalués avec beaucoup de précision, il en résulte un caractère spécifique d'une assez grande importance, pourvu qu'on le détermine toujours d'après les variétés qui ont une structure simple et régulière. On donne le nom de pesanteurs spécifiques ù ces rapports de poids que l'on évalue en prenant pour unité la pesanteur spécifique d'une substance convenue, et en cherchant par l'expérience, le rapport du poids d'un volume quelconque de chaque corps à celui d'un volume égal de cette substance. On est convenu de prendre pour unité de pesanteur si)écifique, celle de l'eau distillée; mais comme elle varie avec la température, on prend pour unité la pesanteur spécifique de ce fluide, à quatorze degrés de Réaumur, ce qui est à peu près la température moyenne de notre climat.
Peser spécifiquement un corps, c'est, d'après ce que nous venons de dire, calculer son poids en prenant pour unité celui d'un volume d'eau pareil au sien. Cela revient donc à peser séi)arémcnt le corps, puis un volume d'eau égal au sien, et à prendre le rapport des deux poids obtenus, c'est-à-dire diviser l'un par l'autre. Ainsi toute la difficulté consiste à réduire l'eau au même volume que le corps, pour la peser ensuite. Il y a deux procédés en usage pour ce genre de recherches. Voici en quoi consiste le premier, qui est susceptible de beaucoup d'exactitude. On choisit un flacon à large ouverture et bouché à l'émeril; on le remplit d'eau, oh le bouche et on l'essuie avec soin; on le pèse ensuite avec le minéral qu'on veut éprouver, en les mettant tous deux dans l'un des bassins d'une balance. Oii note le poids observé ; cela fait, on débouche le flacon et on y introduit le corps; puis, rebouchant le flacon, on le pèse dans ce nouvel état. On trouve une différence entre le poids actuel et le poids primitif: cette différence piovient de ce que le corps, en s'introduisant dans le flacon, en a fait sortir un volume d'eau égal au sien : donc elle exprime le poids de l'eau sous un I volume égal à celui du corps. Ainsi, en divisant le poids du corps par cette différence, on aura la pesanteur spécifique que l'on cherche. Le second procédé, moins exact que le précédent, est néanmoins d'une précision I suffisante dans les cas ordinaires, et convient surtout } aux minéralogistes qui ne veulent que rapporter une j variété à une espèce déjà connue. U consiste à peser •
d'abord le corps dans l'air, puis à le peser de nouveau
' en le plongeant dans l'eau. Il perd alors une partie de
son poids précisément égale au poids du liquide qu'il a
I déplacé, c'est-à dire au poids d'un volume d'eau pareil
I au sien. Ainsi l'on déterminera le poids d'un volume
d'eau égal ù celui d'un corps solide (pielconque, en
cherchant la perle de poids que ce corps éprouve lors-