Coquille discoïdale
a. Coquille rayonnée.
ROTAIIE, Egéoine.
/3 Coquille à cercles concentriques.
TlPiOPORE, SlDÉROLlTE, NUBMCLIE, LlCOPHRE, DlSCO- LITE.
Parmi ces genres de Montfort, qui presque tous peuvent être des sujets de discussion, on remarquera que les Cellulies et les Célil)es ne semblent avoir aucun rapport entre eu.\, si l'on en juge d'après la description de cet auteur. On observera également que le genre Gyrogonite ayant été reconnu pour une graine deChara,nedoit plus se trouver ici, et il est bon d'ajouter que les trois genres Borélie, Miliolite et Clansulie de Montfort, ont été faits pour trois espèces d'un même genre que Lamarcka nommé MéIonie(A'.ce mol). Quant au dernier groupe, il présente des éléments tout à fait hétérogènes : d'abord les genres Tinopore et Sidérolile n'en doivent former (pi'un seul ; ils ont des rapports avec les Nummulies. Ce dernier comprend-il les Lenticuliles de Lamarck? cela est probable; mais Latreille ne le dit pas. Les deux autres genres sont reconnus pour des polypiers d'un même genre, dont les Discolites forment le commencûmenl d'une série, et les Licophres la fin. Voyez, pour d'autres détails, aux mots des genres cités dans cet article.
MILLÉPORITES. i'olyp. On a (luelquefois donné ce nom aux Millépores fossiles.
MILLÉRIE. Milleria. noT. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie nécessaire, établi par Linné, adopté et reformé par Jussieu et Kunth qui l'ont ainsi caractérisé ; involucre à trois folioles inégales, l'extérieure plus grande; réceptacle nu; fleurons au nombre de deux à cinq, ceux du disque tubuleux et mâles, celui du bord, unique, en languette et femelle; akène solitaire, dépourvu d'aigrette. Cavanilles (Icoii., tab. 4 et 225) réunissait à ce genre deux plantes (Milleria contrayerva et Milleria angustifolia) qm ont formé les types du genre Flaveria de Jussieu ou JKerinifurja de Iluiz et Pavon. V. Flwêrie. Les Milleria quinqueflora ou Milleria dichotoma, Cav., loc. cit., 1, t. 82, et Milleria biflora, L., sont des plantes herbacées, à feuilles opposées, entières ; à Heurs jaunes, terminales ou axillaires, agglomérées ou disposées en corymbes. Elles croissent au MexUiue cl dans l'Amérique méri- •(lionale
MILLET. REPi. Espèce du genre Crotale, y. ce mot.
MILLET. BOT. K. Mil,. Oh a appelé vulgairement :
Mii.iET d'Afrique, le .Sorgho.
Millet de Chèvres, V Impatiens noli me tanijerc.
Millet d'amoor, le Litliospermum o/jficinale.
Millet d'Inde, le Sorgho, diverses graminées comestibles et jus(|u'au Mais.
Millet sauvage, le Melampxfum arvense, L.
Millet dc soleil, le Grémil, Lilhospermum officinale, L., elc.
MILLINE. Millina. bot. Genre de la famille des Synanthérées, Chicoracées de Jussieu, et de la Syngénésie égale, L., établi par Cassini (Dict. des Se. nat.. l. xxxi, p. 89) qui l'a ainsi caractérisé : Involucre dont les folioles sont disposées presque sur un seul rang, un peu inégales, appli(|uées, oblongues-lancéolées, aiguës au sommet, carénées, embrassantes; la base de l'involucrc entourée de petites écailles irrégulièrement disposées, inégales, lancéolées, subulécs, arquées en dedans; réceptacle plan, marqué de fossettes, à réseau charnu, denticulé; calatliide composée de demi-fleurons nombreux, hermaphrodites, ayanl leurs corolles garnies de poils épars sur le haut du tube et le bas du liinbc; akènes oblongs, cylindracés, ridés transversalement, lirolongés en un col long et grêle, surmontés d'une aigrette plumeuse. Ce genre est placé par son auteur entre le Trayopoijon et le Thriticia; il diffère du premier par son port et par son involucre ; il ressemble par le port aux Thrincia ainsi qu'aux Leontodon; mais il s'en distingue essentiellement par la slructurc du fruit.
MiiiipiE FABx-LionDE»iT. Millina leontodonloides ; probablement ydpargia chicoracea, Tenore. Cette plante est herbacée; ses fleurs sont jaunes; clic ressemble beaucoup au Leontodon autitmnale.
MILLINGTONIE. Millinqtonia. bot. Le genre établi sous ce nom par Linné (ils (Suppl., 291) a été réuni au genre Biqnonia par Roxbourg (Coroin., t. 214) qui donne à l'espèce unique le nom de Bignonia suberosa. Quelques autres plantes ont été réunies par Koxbourg sous le nom générique de Millingtonia, et Sprengcl trace ainsi qu'il suit les caractères du nouveau groupe : calice à trois divisions, pourvu d'un calicule; corolle à trois pétales accompagnés de trois écailles nectarifères; deux étamines dont les filaments sont divisés au sommet; anthères bilobées; style simple. Le fruit consiste en un drupe subbiloculaire , bivalve et monosperme. Les deux espèces qui constituent ce genre onl été nommées par Koxbourg Mitliiigtonia simplicifolia et Millingtonia piiuiatn. L'une a les feuilles simples, largement lancéolées et très-entières; l'autre les a brusquement ailées ou pinnées, composées de folioles lancéolées, glabres et dentées en scie. Les fleurs sont petites, accompagnées de bractées cl réunies en panicules. Elles sont originaires de l'Inde.
MILLO. OIS. Synonyme de Balbuzard. Espèce d'Aigle. y. Faccon.
MILLOC. BOT. Synonyme vulgaire de Hou<|ue Sorgho.
MILLOCÈRE. Millocerus. iixs. Genre de la famille des Rhynchophores, ordre des Coléoptères léiramères, institué par Schoonherr, dans sa monographie des Cur-
culionides. CaraclCies ; ameniies assez UniRiics et minces, coudées, composées de douze arlicles dont les deux premiers les plus longs, les suivants courts et tous obconiques; la massue est oblonguc et ovale; trompe trèscourte, épaisse, plane en dessus, le plus souvent carénée, avec une écliancrure profonde et triangulaire au bout, une fossette courte et droite; yeux latéraux, rapprocliés, arrondis et peu saillants; corselet Iransverse, liisinué postérieurement; élytres oblongues, ovalaires, plus larges que le corselet, arrondies à la base, obtusément anguleuses aux épaules. On peut considérer le Ciirciilio riridianns de Fab., comme type de ce genre qui présente en outre dix autres espèces toutes de l'Inde ou du Sénégal.
MILLOTJE. Millotia. bot. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Sénécionides, institué par H. Cassini qui le caractérise de la manière suivante : calatbide incouronnée, équaliHore,régulariUore,androgyniflore; périgyne égal aux fleurs, oblong, cylindracé, formé de liuit à dix squammes égales, unisériées, libres, appli- (|uées, se recouvrant par les bords, canaliculées, oblon- [;ues-lancéolées, terminées en pointe, subulées, foliacées, à bords membraneux et diaphanes; clinanllie plan et nu; ovaire long, étroit, comprimé, oblong, un peuscalire, surmonté d'un col grêle; aigrette composée d'environ vingt-cinq squammellules égales, unisériées, lilires, filiformes, fines, barbulées; corolle (dus courte ([ue l'aigrette, infundibulée, ù tube long et menu ; à limbe peu distinct, étroit, obconique, divisé supérieurement en quatre lobes dressés; anthères incluses, courtes, ayant l'appendice apicillaire lancéolé, un peu obtus, et les appendices basilaires longs et capillaires; style à deux stigmalophores glabres, paraissant surmontés d'un petit appendice conique.
MiLLOTiE A FEBILI.ES HiNCES. Millotia tenuifoUa, Cass. C'est une petite plante herbacée, annuelle, à liges presque simples, dressées, laineuses, blanchâtres et longues d'environ deux pouces; les feuilles sont alternes, sessiles, étroites, linéaires, laineuses comme les tiges; calathides solitaires et terminales, contenant une vingtaine de fleurs jaunes. De la Nouvelle-Hollande.
MILNÉE. Mihiea. bot. Genre de la famille des Méliacées et de la Pentandrie Monogynie, L., établi par Uoxburgh (m Carer Ft. Ind., 2, p. 430), et offrant les caractères suivants : le calice est monosépale, à cinq divisions profondes; la corolle se compose de cinq pétales; le tube ou nectaire formé par les filets staminaux est urcéolé, portant à son bord supérieur cinq anthères disposées en rond. L'ovaire est à trois loges, contenant chacune une ou deux graines attachées à l'axe central, et dépourvues d'endosperme. Ce genre a été dédié a Colin Milne, auteur de plusieurs ouvrages de botanique.
MiLNËE A GRAINE COMESTIBLE. Milneu editUs, Roxb., loc. cit. C'est un grand arbre, originaire de l'Inde, ayant des feuilles alternes, inégalement pinnées, sans stipules, longues de six à douze pouces, composées de trois à six paires de folioles, presque opposées, pétiolées, lancéolées, entières, acuminées, quoiqu'un peu obtuses à leur sommet, de tiois à six pouces de long sur un à deux de large. Les Heurs très-nombreuses,
petites et caduques, forment une panicule rameuse et axillaire; elles sont accompagnées de bractées très petites et également caduques. Les filaments des étamines sont courts, attachés au sommet du nectaire; les anthères sont sagittées. L'ovaire est à demi-infère, ù trois loges; le style est court, terminé par un stigmate (urbiné, tronqué, à six lobes peu marqués. Le fruit est arrondi, à trois loges, contenant généralement une seule graine, les autres ovules ayant avorté. Cette graine est ovoïde, attachée sur une sorte d'arille épais, transparent et bon à manger; de là le nom spécifique donné à cet arbre.
MILOTJIN otJ MILLOUIN. ois. Espèce du genre Canard. Cuvier, dans le Règne Animal , en a fait le type d'un sous-genre. F. Ca^varu.
MILOUiNAN. OIS. Espèce du genre Canard, autour de laquelle Cuvier a groupé quelques autres espèces pour en former un petit sous-genre, f^. Canard.
MILTE. Miltns. bot. Genre de la Dodécandrie Pentagynie,L., établi par Lourciro'(F/or. Cochinchin., 1, 370) qui lui a donné pour caractères essentiels : un calice à cinq folioles; corolle nulle; douze étamines insérées au fond du calice, à anthères ovales, biloculaires; ovaire supérieur, surmonté de cinq stigmates sessiles et courbés en dehors; cinq capsules conniventes, renfermant chacune une seule graine. Ce genre paraît appartenir à la famille des Ficoïdes, et se rapprocher surtout de VAizoon.
MiLTE d'Afriqce. Milhts Africana, Lour., loc. cit. Ses tiges soûl ligneuses, grêles, couchées, glabres, longues de plus d'un mètre. Ses feuilles sont opposées, presque sessiles, fort petites, glabres, charnues, allongées, obtuses, (rès-enlières et souvent fasciculées. Ses fleurs sont latérales, agrégées et portées sur des pédoncules simples. Celte ]ilante croît dans les lieux arides de la côte de Mosambiiiue.
MILTOGRAMME. Millofjramma. ins. Ce genre de l'ordre des Diptères, a été établi par Meigen et adopté par J. Wacquarl qui l'a placé dans la sous-tribu des Tachynaires, famille des Muscides, avec les caractères suivants ; corps étroit; face presque nue, concave; épistome non saillant; front avancé, à stries courtes; antennes petites, cachées dans la cavité de la face; abdomen cylindrique ou conique, nu même au bord des segments : première cellule postérieure des ailes entr'ouverle avant l'extrémité. Ces insectes se distinguent entre toutes les Tachynaires par l'absence des soies à l'abdomen et par la brièveté de celles qui garnissent le front. C'est par ces deux caractèi'es qu'ils diffèrent particulièrement des Mégères dont ils sont d'ailleurs trèsvoisins. Les antennes fort courtes et cachées dans la cavité de la face, offrent encore un moyen de les reconnaître. La plupart des Miltogrammes appartiennent à l'Europe méridionale.
MiLTOGRAMME FASC1É. Miltorjramma fasciota, Meig. Ses palpes et ses antennes sont fauves ; sa face est blanche, à reflets rougeâtres; son front est jaunâtre; sou corselet est gris, à trois bandes noires; son abdomen est noir, avec les deuxième, troisième et quatrième segments ù bande blanche et à reflets rougeâtres sur les cotés; les pieds sont noirs. Taille, quatre lignes.
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MILTONIE. Miltonia. bot. Genre de la famille des Orcjiidées, de la Gyiiandrie Monandrie de Linné, insli- Uié par le professeur Lindley qui lui assigne pour caractères : périantlie plan, avec l'extrémilé des pétales seulement roulée; sépales et pétales semblables et réunis par leur base; labelle très-grand, dilaté, entier, sessile, légèrement articulé avec la base du gynostème; celui-ci petit, demi-cylindrique, avec des oreillons au sommet; deux masses polliniques, caudiculées,oblongues et soudées i)ar leur base. Les Miltonies sont des plantes herbacées, épipbytes, iiourvues de pseudobulbes; elles ont beaucoup de rapports avec différentes espèces des genres Brassia, Cyrtochilum, Odoiitoijlossum et Oncidiuni; néanmoins on les en distingue facilement parce que les premières n'ont ni oreillons ni ailes au gynostème et que le labelle est libre et entier. Dans le genre Cy/7oc/iiV«;«, le gynostème est ailé et le labelle est entier et libre; outre cela les sépales et les pélalessont onguiculés. Cbez les espèces du genre Odontoylossuiii le gynostème est ailé et le labelle est entier, uni en partie à la base du gynostème. Enfin le genre Miltonia diffère du genre Oncidium par le labelle qui est faiblement uni au gynostème, plus dilaté et entier.
MiLTONiE ÉCLATANTE. Miltonia spectabilis, Lindl. Le pseudobulbe est lisse, ovale et d'un vert tirant un peu sur l'olive; sa base est entourée d'une spathebilîde, qui s'élève à peine jusqu'à la moitié de la liauteur du sommet, portant deu.\ feuilles linéari-lancéolées, obtuses et faiblement échancrées au sommet; la hampe ne dépasse pas la longueur des feuilles; la fîeur est terminale; les sépales et les pétales sont d'un blanc verdâ- Ire, striés longitudinalement; le labelle est d'un pourpre amaranthe, avec de larges bandes et le bord d'un lilas clair; le gynostème est d'un jaune verdâtre, avec l'anthère violette. Du Brésil.
Lindley considère comme devant faire encore partie de ce gcnie le Cyrtochilum karwinskii, et les Odonlofjlossum atigustatum et Hallii, de Hooker.
MILVUS. ois. y. MiLAPr.
WIAJÈTE. Mimetes. ois. Genre de l'ordre des Insectivores, établi par Vigors et Horsfield qui lui assignent pour caractères : bec allongé, conique, un peu courbé, épais et comprimé à la base ; mandibule supérieure fléchie, échancrée vers la pointe, l'inférieure presque droite, un peu recourbée et échancrée : toutes deux à l)ords fléchis intérieurement; arête arrondie, s'avançant au milieu des plumes du front; pieds médiocres; doigts et ongles postérieurs plus forts que les autres; ailes assez longues ; première rémige courte, deu.\ième et sixième moins longues que les troisième, quatrième et cinquième qui sont sensiblement échancrées. Ce genre a été formé pour deux Oiseaux apportés assez récemment de la Nouvelle-Hollande, par le capitaine King qui a exploié, pendant six ans, quelques parties encore vierges de l'intérieur de celte terre immense; sans doute qu'il faudra par la suite ajouter à ces deux espèces quelques autres, comme le Gracula viridis , Lath., que faute de documents suffisants, l'on a provisoirement placées dans des genres qui peuvent ne pas leur convenir.
MiMÈTE MÉRCLOÏDE. Mimeles meniloides, Vig. cl Horsf. Parties supérieures d'un brun verdâtre, avec des stries d'un brun fauve; parties inférieures blanchâtres, avec des lignes et des points fauves; rémiges noirâtres, avec<les barbes externes variées de jaune et de verdâtre; rectrices blanches à l'origine, ou jaunâtres ù la mandibule inférieure; pieds bruns. Taille, quinze pouces.
MlMÈTE A CEINTDBE JADNE. MilUetCS flaVO-CinCtus.
Parties supérieures d'un jaune verdâtre; les inférieures sont d'une nuance plus pâle; la tète et le dos ont des stries fauves; les ailes et la queue sont noires, variées de jaune et de verdâtre. Bec et pieds bruns. Taille, onze pouces.
MIMETES. BOT. Genre des Proléacées, établi par Salisbury et adopté par R. Brown, dans son Mémoire sur cette famille. Ses fleurs hermaphrodites ont un calice divisé profondément en quatre parties distinctes et égales, creusées chacune à leur sommet d'une cavité à laquelle est opposée une anthère libre de toute adhérence. Le style lîliforme et caduc se termine par un stigmate cylindrique, grêle, souvent aigu. L'ovaire, accompagné à sa base de quatre petites écailles caduques qui manquent quelquefois, contient un ovule unique, et devient un akène ventru, lisse et sessile. Les espèces de ce genre sont des arbrisseaux dont les feuilles ont leur contour entier ou marqué de dents calleuses. Les fleurs sont disposées en têtes terminales, ou plus fréquemment axillaires, et embrassées ([uelquefois par la feuille supérieure courbée en capuchon. Un involucre, composé d'un nombre indéfini de folioles imbriquées, entoure ces têtes où les Heurs, portées sur un réceptacle plan , sont entremêlées de paillettes étroites et caduques. On compte onze de ces espèces, toutes originaires du sud de l'Afrique, aux environs du cap de Bonne -Espérance. Plusieurs ont été décrites pour la première fois dans le Mémoire cité de Brown; celles connues avant lui, étaient des Protea pour Linné et la plupart de ses successeurs. Elles portaient dans Boerhaave le nom de Hypophyllocarpodendron, que sa longueur a dû nécessairement faire abandonner.
MIMETÈSE. MIN. ^. PlOMD ARSÉmATÉ.
MIMEUSE. Mimosa, bot. Ce genre appartient à la famille des Légumineuses, où il forme le type d'une section particulière, sous le nom de Mimosées. Tel qu'il a été limité par Willdenow et les autres botanistes modernes, le genre Mimosa présente les caractères suivants : les Heurs sont polygames; leur calice est raonosépale, régulier, tubuleux, à cinq divisions plus ou moins profondes, pétaloïde et persistant; il est accompagné extérieurement d'un calicule plus court ou quelquefois simi)lement d'une ou deux bractées. Ce calice a été considéré par tous les botanistes, jusqu'à ce jour, comme une corolle monopétale, régulière; et le calicule comme le véritable calice. 1^. Mimosées Les étamines varient de quatre à douze; elles ont leurs filets grêles, capillaires, hypogynes. attachés soit à la base du calice, soit au petit pédicule qui supporte le pistil; les anthères sont presque globuleuses, didymes, à deux loges contenant des grains de pollen composé. L'ovaire,
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(|uel(|uefols slipilé à sa base, esl allongé, un peu oblii|tie, comprimé, finissant insensil)Iement à son sommet (n un style capillaire, que termine un stigmate simple. I.e fruit est une gousse comprimée, plane, à une seule loge composée d'une ou plusieurs articulations monospernics, se séparant les unes des autres, et contenant chacune une graine lenticulaire. Les Mimeuses; dont (Ml trouve soixante et onze espèces décrites dans le second volume du Prodrome de De Candolle, sont tantôt des arbres, tantôt des arbustes, ou plus rarement des plantes herbacées, souvent munies d'aiguillous. Leurs ieuilles sont alternes, articulées, composées, pinnées, doublement pinnées ou digilées-pinnées. Les folioles sont également articulées ; les stipules sont placées sur le pétiole. Les fleurs, généralement très petites, sont roses ou blanches, Irés-iapprocliées les unes des autres, ot formant des capitules globuleux ou ovoïdes, simples ou groupés en panicule ou en grappe. Plusieurs espèces de ce genre sont remarquables par les mouvements d'irritabilité que présentent leurs feuilles; toutes sont exotiques; elles croissent dans les régions chaudes (les deux Indes, et particulièrement dans l'Amérique méridionale, où habitent environ les deux tiers des espèces connues. Parmi ces dernières, un giand nombre d'espèces nouvelles ont été décrites et figurées jkir Kunlli dans son magnifi(|ue ouvrage intitulé : Mimoses et. autres plantes de la famille des Légumineuses du nouveau continent. Dans le second volume de son Prodrome et dans ses Mémoires sur les Légumineuses, De Candolle a formé trois sections naturelles parmi les espèces du genre Mimeuse.
Sect. 1. — EoaiJiosA.
Gousse comprimée, moniliforrae, articulée. Fleurs
MiMEDSE EL\ncHATRE. Mimosa albida, Kunth, Mim., p. 2, t. 1. Cette jolie espèce, voisine de la suivante, a été trouvée par Humboldt el lionpland, sur le bord de la mer du Sud, entre le petit village de MoChe et la ville de Truxillo, dans le royaume du Pérou. Sa tige est rabougrie, pubescente, blanchâtre, rameuse, munie d'aiguillons. Ses feuilles sont conjugées, pinnées, bijugées; ses folioles sont oblongues, aigufis, un peu obliques, pubescenles el blanchâtres à leur face inférieure; leurs pétioles sont dépourvus d'aiguillons. Les capitules sont globuleux, géminés, et les fruits velus et presque hispides. Cette espèce diffère de la Mimeuse sensible par son port rabougri, ses feuilles plus petites, son duvet plus serré et blanchâtre, surtout à la face inférieure des feuilles, ses pétioles dépourvus d'aiguillons, el ses fleurs d'une belle couleur rose. Celles-ci ne contiennent chacune (|ue quatre étamines.
MiîiEBSE SENSIBLE. Mimosa sensitica, L., Sp. 1501. Cette espèce est un arbuste sarmenteux, originaire des forêts du Brésil. Sa tige est rameuse et pubescente. Ses feuilles sont, comme celles de l'espèce précédente, digilées-pinnées et bijugées; ses pétioles sonl garnis de quelques aiguillons courts; la foliole interne delà paire inférieure esl extrêmement petite et presque avortée. Les fleurs sont roses, tétrandres, formant des capitules globuleux et géminés, portés sur des pédoncules moitié plus courts que les pétioles. Les fruits sont hispides et
terminés par une longue pointe. Les feuilles de cette espèce sonl légèrement sensibles lorsqu'on les louche. Mimeuse SE^'SIT1VE. Mimosa pudica, L., Sp. 1501; Breyn., cent., t. 18. 11 esl peu de plantes plus célèbres et plus généralement connues que celle-ci; on la désigne communément sous le simple nom de Sensilive. C'est des forêts du Brésil que les graines en ont été transportées en Europe, où elle esl aujourd'hui cultivée dans toutes les serres, et où chaque jour elle fait l'élonnement de l'observateur par les phénomènes nomhreux d'irritabilitéqu'elle présente. La Sensilive est une plante annuelle, ayant sa tige rameuse, haute d'environ deux pieds, un peu étalée, articulée, noueuse, poilue et armée d'aiguillons nombreux et recourbés; les feuilles sonl péliolées, digilées, pinnées. Les pinnules, au rtombre dequatre, sont multijugées, composées de folioles elliptiques, allongées, obtuses et sessiles. Les fleurs sonl roses, penlandres, formant des capitules globuleux, axillaires et pédoncules; le calicnle consiste en une simple bractée, ciliée sur ses deux bords. Les fruits sont plans, hispides et ciliés seulement sur leur contour. La Sensilive esl sans contredit le végétal dans lequel les niouveraenls d'irritabilité sont le plus étendus. Lorsque l'on touche seulement du bout du doigt l'une de ses folioles, on la voit se redresser et s'appliquer par sa face supérieure contre celle (|ui lui est opposée, et pres(|ue inslanlanément lemème mouvement se propage dans toutes les paires de folioles qui composent la pinnule. Non-seulement chaque paire de folioles s'applique face à face, mais encore elles se couchent obliquement vers le sommet de la pinnule, et se recouvrent en partie par tm de leurs côtés. Bientôt la pinnule elle-même se redresse, et si le mouvement ou le choc a été un peu violent, les trois autres pinnules le partagent, et le pétiole commun lui-même ne larde pas à fléchir vers la terre. Dans cet état la feuille semble flasque et fanée. Mais cette apparence est trompeuse, car si l'on tente de redresser le pétiole, on sent qu'il oppose une résistance réelle et qu'Use trouve dans unétalde rigidiléqu'on ne pourrait vaincre sans effort, el peut-être sans occasionner quelque déchirure. Nonseulement ce mouvement a lieu par l'action directe et immédiate d'un choc quelconque, mais par un choc communi(|ué médialemenl. C'est ainsi que le mouvement d'une voiture qui roule au voisinage d'un pied de Sensilive suffit pour mettre en jeu son irritabilité. Bien d'autres agents exercent aussi sur elle une influence marquée. Ainsi l'électricité, les vapeurs irritantes, telles que celles du Chlore par exemple, de l'Acide^ acétique très-concentré, du gaz nilreux, l'air agité par le vent, l'ombre d'un nuage, l'action trop forte de iachaleur concentrée sur une foliole au moyen d'une lentille, celle du froid, suffisent pour provoquerles mèines phénomènes que le choc direct, imprimé à l'une des folioles. Dutrochet a fait des recherches curieuses pour reconnaître quelle était la partie de la plante où l'irritabilité avail son siège, et arriver ainsi à savoir la cause de celte propriété, et pour cela il s'est occupé d'abord de l'anatomie de celte plante. Dans toutes les feuilles articulées, qui sont uniquement celles où s'observent les mouvemeuls d'irritabilité, ou aperçoit à la base du
5(ji
pétiole un renflemenl ou bourrelet, terminé inféiieurenient par un rétrécissement plus ou moins étroit. Jusqu'à présent on avait assimilé le mouvement des feuilles (le la Sensilive au mouvement des membres dans les animaux qui en sont i)ourvus; c'est-à-dire que l'on avait pensé qu'il avait lieu dans la partie réirécie ou l'articulation. Mais en examinant plus attentivement ce phénomène, Dutrocliet a leconnu que tel n'est pas son mécanisme. Les mouvements se passent, non dans la partie rétrécie, mais dans le bourrelet lui-même, et se réduisent à la flexion et au ledressement. Dans le premier cas le bourrelet forme une courbe dont la convexité est tournée vers le ciel, et il y a distension du tissu qui forme la partie supérieure du bourrelet et refoulement de celui qui constitue sa partie inférieure. Ce bourrelet est principalement composé de cellules globuleuses, qui contiennent un fluide concrescible, et qui sont environnées par un tissu cellulaire trèsdélicat, dans lequel il existe une immense quantité de corpuscules veidàires, que Dutrochet rei;arde comme des corpuscules nerveux; ce tissu est un développement particulier de renveloi)pe herbacée ou parenchyme cortical, dont le centre est occupé par un faisceau de tubes nourriciers. C'est ce tissu cellulaire du bourrelet, qui est le siège des mouvements du pétiole, et l'on peut à volonté les anéantir, en enlevant avec soin ce tissu, sans intéresser le faisceau vasculaire. Le mouvement de flexion vers la terre a son siège dans le tissu cellulaire de la partie supérieure du bourrelet, et celui de redressement dans le tissu de la partie inférieure du même bourrelet. Ainsi quand on enlève le tissu cortical du côté inférieur du bourrelet, la feuille reste flétrie et ne peut se redresser; si, au contraire, c'est la partie supérieure qui a été enlevée, la feuille reste dressée sans pouvoir se fléchir. De ces faits il paraît résulter que la flexion du pétiole est produite par l'action de la partie supérieure du tissu cellulaire du bourrelet, et que son redressement est dû à l'action de la partie inférieure. Ce sont en quelque sorte deux ressorts antagonistes, dont l'un devient alternativement plus puissant que l'autre et le force à céder. Si l'on coupe une tranche très-mince du tissu cellulaire de la partie supérieure du bourrelet et qu'on la plonge dans l'eau, oii la voit se rouler en un cercle, dont la concavité est tournée vers l'axe du bourrelet. Le phénomène se présente de la même manière, si l'on prend une lame du même tissu au côté inférieur ou sur les parties latérales du bourrelet, toujours la lame se roule de manière à ce que sa concavité corresponde à l'axe du pétiole. Le pétiole se trouve donc composé, selon la remarque (le Dutrochet, de ressorts antagonistes et opposés, qui tendent à se courber en sens inverse; ainsi le ressort inférieur redresse le pétiole, et le supérieur le fléchit. L'auteur nomme incurvation cette propriété que possèdent les lames du bourrelet de s'incurver ou se rouler dans un sens ou dans un autre. La cause immédiate de ces mouvements d'incurvation réside, selon cet habile physiologiste, dans Vaclion nerveuse mise enjeu par les agents du tlehors. 11 était naturel qu'ayant attribué aux plantes un système nerveux, analogue à celui des animaux, il lui fit jouer, dans les phénomènes
de la végétation, le rôle important qu'il remplit dans la vie animale. Ainsi donc, selon Dutrochet, l'action du système nerveux est la cause des mouvements visibles des végétaux comme des animaux. Mais, s'il en est ainsi, ce système nerveux doit, comme dans ces derniers, être l'organe de transmission de ces mouvements, ou, en d'autres termes, la partie de l'organisation qui propage le stimulus destiné à mettre en jeu l'action de ce système. Or, c'est ce qui n'a pas lieu, du propre aveu de l'auteur; car, par des expériences fort délicates, il est parvenu à connaitre que l'action nerveuse qui détermine les mouvements des feuilles, se transmet uniquement parles vaisseaux qui forment l'étui médullaire, vaisseaux entièrement privés de tubercules nerveux. Ainsi donc le prétendu système nerveux des végétaux serait l'agent, le siège de la puissance nerveuse, sans être l'organe de transmission de cette puissance, ce qui est impossible. On pourrait donc tirer de là cette conclusion, ([ue l'importante question de la cause des mouvements des feuilles n'est point encore résolue, et que de nouvelles données sont encore nécessaires pour aj-river à une solution satisfaisante. On sait que ces mouvements sont dus à une propriété des tissus, que par analogie on a appelée irritabilité; mais quel est le siège précis de celte irritabilité? Pourquoi tous les végétaux, dont l'organisation est la même, ne la présentent-ils pas? Est-elle due, comme le pense Lamarck, au passage rapide des fluides, et à leur action sur les vaisseaux? Faul-il l'attribuera l'action vitale? et par conséquent avouer que l'on en ignore l'essence ?
A cette première section du genre Mimosa appartiennent encore plusieurs autres jolies espèces, dont un assez grand nombre ont été décrites et figurées par Kunth; telles sont les suivantes : Mimosa pectinata, Kunth, Mim., 5, t. 2; Mimosa polycarpa, loc. cit., 8, t. 3; Mimosa polydactyla, loc. cit., 14, t. 5; Mimosa tomeniosa, loc. cit., 11, t. 4; Mimosa montana, loc. cit., 31, t. 10; Mimosa somnians, loc. cit., 20, t. 7, et plusieurs autres.
Sect. 2. — Habdasia.
Gousse comprimée , Irès-hispide , à bords droits, non
contractés, à articulations courtes et nombreuses;
rameaux et pétioles armés d'aiguillons, opposés sur
les pétioles; feuilles bipinnées; fleurs blanches.
MiMECSE PELCcuÉE. Mimosa yellita, Willd., Kunth, Mim., 27, t. 9. Cette espèce est munie d'aiguillons recourbés et rougeâtres; ses feuilles sont bipinnées, composées de neuf à dix paires de pinnules opposées, et composées chacune d'un très-grand nombre de paires de folioles oblongnes, obtuses, entières ; le pétiole commun est velu et muni d'aiguillons droits. Les fleurs sont blanches, disposées en capitules globuleux, pédoncules, généralement au nombre de deux à l'aisselle des feuilles. A ces fleurs succèdent des gousses comprimées un peu falciformes, velues et hispides, surtout lorsqu'elles sont encore jeunes , composées d'un grand nombre d'articulations dont la largeur est double de la hauteur. Cette espèce croit dans plusieurs parties de l'Amérique méridionale, près de Cumana, sur le bord de la rivière de la Magdeleine, oii elle a été recueillie par Humboldt et Bonpland. A l'occasion de cette espèce.
le premier de ces deux céli^bres voyageurs fait sur les Mimeuses du nouveau continent une remarque que l'on croit devoir rapporter ici. « Nous avons observé, dit-il (Relat. histor., 1, p. 456), que les Mimeuses, comme toutes les plantes à feuilles pinnées, participent à la paresse qui est commune à tous les êtres des Tropiques. Elles se ferment vingt-cinq à trente-cinq minutes avant le coucher apparent du soleil, et mettent, après son lever, autant de minutes pour s'éveiller, même dans les plaines. Le Fultur Jura en fait autant. 11 paraît qu'accoulumées pendant la journée à une extrême vivacité de lumière, les Sensitives et d'autres Légumineuses minces et délicates se ressentent le soir du plus petit affaiblissement dans l'intensité des rayons, de sorte que la nuit commence pour ces végétaux, là comme chez nous, avant la disparition totale du disque solaire. Mais pourquoi sous une zone où il n'y a presque pas de crépuscule, les premiers rayons de l'astre ne stimulent-ils pas les feuilles avec d'autant plus de force que l'absence de la lumière a dû les rendre plus irritables? Peut-être l'humidité déposée sur le parenchyme par le refroidissement des feuilles, qui est l'effet du rayonnement nocturne, empêche-t-elle l'action des premiers rayons du soleil? Dans nos climats, les Légumineuses à feuilles irritables s'éveillent déjà avant l'apparition de l'astre, pendant le crépuscule du matin. »
Cette section renferme encore les Mimosa dormiens de Humboldt ; Mimosa canescens. Mimosa hispida, Mimosa ciliata, Mimosa polyacantha de Willdenow avec plusieurs autres.
Sect. 3. — Batacadion.
Gousse comprimée, plane, très-glabre ou à peine pubescente, articulée, non contractée aux articulations, quelquefois bordée d'une simple rangée de poils; feuilles bipinnées; fleurs blanches ou jaunâtres.
MiMEBSE EN FORME DE RONCE. Mimosa tubicauHs, Lamk. ; Mimosa octandia, Roxb., Cor., 2, tab. 200. Celte espèce est originaire des Indes-Orientales; ses rameaux et ses pétioles sont munis d'aiguillons forts et recourbés; les feuilles sont bipinnées, très-velués ainsi que les rameaux, composées de cini| paires de pinnules, qui sont chacune formées de dix à douze paires de folioles linéaires allongées. A la base de chaque pinnule on trouve, surtout dans les jeunes feuilles, une glande oblongue. Les fleurs sont jaunâtres , formant des capitules globuleux, pédoncules, naissant au nombre de trois à qnalre, à l'aisselle des feuilles supérieures,qui sont rudimenta ires. Les fruits sont glabres, comprimés, fortement ciliés sur leurs bords, très-rarement dépourvus de cils.
On trouve encore dans cette section les Mimosa ceraionia, L.; Mimosa oligacatilha , DC; Mimosa casia, L.; Mimosa leiocarpa, DC, etc.
MIMOPHYUE. Mm. Roche à structure porphyroïde, formée par voie d'agrégation mécanique, et composée essentiellement d'un ciment argiloïde, qui réunit des grains quartzeux ou feldspathiques : c'est le Poudingue porphyroïde de Dolomieu. BTongniart en distingue Irois variétés : le quartzeux, le pétrosiliceux et l'argi-
leux. Sa position géologique ordinaire est au-dessus du terrain houiller; elle peut être aisément confondue avec les Psammites et les Pséphites (Grès rouges des géognostes).
MIMOSA. BOT. ^. MlMEBSE.
MIMOSE. GÉoi. Synonyme de Dolérite ou Graunstein. y. ces mots.
MIMOSÉES. Mimosœ. bot. Robert Brown a le premier donné ce nom à un groupe ou tribu de la famille des Légumineuses, qui se compose du genre Mimosa de Linné, lequel a été divisé en onze genres distincts par les auteurs modernes. (^. Légeuinecses, où sont donnés les caractères de celte tribu et des genres <iui la forment.
MIMULE. Mimulus. bot. Genre de la famille des Scrophularinéeset de la Didynamie Angiospermie, L., appelé Monavia par Adanson et Cynoiynchium par Milchell; caractères : calice monosépale, tubuleux, à cinq angles, terminé par cinq dents ; corolle monopétale, irrégulière, personnée, ouverte, à deux lèvres : la supérieure bilobée et réfléchie sur ses côtés, l'inférieure à trois lobes inégaux ; étamines didynames, dont les anthères ont leurs deux loges divariquées à la base ; ovaire environné d'un disque hypogyne annulaire et oblique; style terminé par un stigmate formé de deux lamelles. Le fruit est une capsule recouverte par le calice, à deux loges polyspermes, s'ouvrant en deux valves entières, portant chacune la moilié de la cloison sur le milieu de leur face interne. Les espèces de ce genre sont ou des plantes herbacées, dressées ou étalées, ou des arbustes portant des feuilles opposées, des fleurs jaunes, orangées, violettes ou blanches, dépourvues de bractées, axillaires et solitaires, ou disposées en épis, ou plus raiement en corymbes. Elles sont originaires de rAméri(|ue, à l'exception de deux qui ont été trouvées par Robert Brown à la Nouvelle-Hollande, savoir : Mimulus repens et Mimuius gracilis.
Mim'ule GLtTiNECx. Mimuius (jlutinosus, Willd. , Sp.; Mimulus anrantiacus, Curl., Bol. Mag., lab. 354. C'est un arbuste rameux, de trois à quatre pieds de hauteur, dont la tige, ainsi que les feuilles, est glutineuse et pubescente; ses feuilles sont opposées, semi-embrassanles à leur base, sessiles, elliptiquesallongées, aiguës, obscurément dentées; les fleurs sont grandes, d'un jaune orangé, axillaires, solitaires et portées sur un pédoncule assez court; leur calice est tubuleux, un peu arqué, à cinq dénis inégales, la supérieure plus longue, et à cinq angles; la corolle est également tubuleuse, mais son tube est plus long que le calice, elle se termine par un limbe oblique, i)lan, à deux lèvres, la supérieure bilobée, l'inférieure à Irois lobes. Cette espèce, originaire de la Californie, se cultive dans les jardins : elle doit êlre rentrée dans l'orangerie pendant l'hiver. Dans ce Mimule, comme dans toutes les autres es])èces du même genre, le stigmate se compose de deux lamelles glanduleuses sur leur face interne. Quand on louche la face supérieure ou interne de l'une d'elles avec la poinle d'un canif ou tout autre instrument, on les voit se rapprocher l'une de l'autre par un mouvement assez prompt.
MiuuLE TAcnETÉ.y)/i»t2«iï<sfliM«a<u«,DC., Cal. Mont.
1-27. Celle es|>èce est annuelle et oilginatre dii Pérou. Elle est aujourd'hui très -commune dans les jardins. Elle offre beaucoup de raiiporls avec le Mimiilus luteus de Linné; mais elle en diffère néanmoins par sa lige et ses pétioles velus et non glabres, par ses feuilles inférieures longuement péliolées el non sessi- Ics; par les dents irrégulières de celles-ci; par les pédoncules de ses Heurs plus courts que les feuilles et non deux fois plus longs qu'eux comme dans le Mimnlus luleiis; enfin par ses fleurs presque deux fois plus petites.
MiMULE A FLEURS BosES. MitiHilus rosetis , Lindl., Bot. reg., 1591'. Ses feuilles sont sessiles, oblongues, marquées de trois à cinq fortes nervures ou côles longitudinales; elles sont dentées au sommet qui est [winlu; les pédoncules sont axillaires, solitaires, entourés à la base de feuilles florales plus courtes que celles de la lige; le calice est vert, rougeâtre à l'extrémité, anguleux, à cinq dents el plus court que le tube de la corolle; celle-ci est d'une couleur rosée, ciliée, bilabiée, a lobes presque égaux, oblongs, cunéiformes, échancrés; l'intérieur de la lèvre supérieure, qui est bifide, forme une sorte de palais jaune et velu. Les étamines sont au nombre de quatre, dont deux plus longues ne dépassent pas cependant le tube de la corolle ; l'ovaire est oblong, pyramidal, terminé par un style filiforme, divisé à son extrémité en deux lames arrondies et renversées, qui composent le stigmate. La capsule, recouverte par le calice persistant, est divisée en deux loges polysperraes.
MmiiLE CARDINAL. Af/mw^wscan/iwa/js, Lindl. ,Hort. Trans., 2, p. 70. Celte brillante espèce est due aux recherches du botaniste Douglas, en Californie; il en a enrichi les jardins d'Euiope, au moyen des graines qu'il y a fait i)arvenir en 1831. Ses tiges sont herbacées, hautes de deux à trois pieds, cylindriques, droites, velues el d'un verl pâle. Les feuilles sont opposées, oblongues, irrégulièrement et fortement dentées en leurs bords, marquées de cinq nervures longitudinales, Irès-forles, d'un vert assez intense en dessus, plus pâles en dessous, o\x elles sont chargées de poils sur les veines. Les pédoncules sont axillaires et de même nalure que la tige; le calice est lubuleux, membraneux, velu, long d'un pouce, marqué de cinq côtes anguleuses, terminées chacune par une dent aigué; il est d'un vert semblable à la lige, mais parsemé de points el de traits d'un rouge brun. La corolle est tubuleuse, d'un jaune orangé, rayée longiludinalement de rouge incarnat à l'extérieur; le limbe est partagé en deux lèvres comprimées, dépassant de beaucoup les bords du calice; la lèvre supérieure est échancrée au sommet, puis un peu sur les côtés; l'inférieure est à trois lobes profonds et réfléchis, tous d'un rouge orangé ù l'exlérieur et d'un rouge incarnai à l'intérieur, avec quelques traits plus foncés partant de l'oiifice du tube. Les quatre étamines ont leurs filamenls d'un blanc rougeàlre; les anthères sont jaunes el biloculaires.
MIMUSOPE. Mimusops. bot. Genre de la famille des Sapolacées el de l'Oclandrie Monogynie, L., composé d'un petit nombre d'espèces, qui pour la plupart sont de grands et beaux arbres, originaires des Indes-Orien-
lales, à Pexcepliun de deux espèces qui croissent à la Nouvelle-Hollande, où elles ont été observées par Rob. Brown, savoir Mimusnps Kauki el une espèce nouvelle, à laquelle il a donné le nom AeMimusops parvifolia. Les caractères de ce genre sont : i\n calice monosépale à six ou huit divisions disposées sur deux rangs; une corolle monopélale dont les lobes forment également deux rangées ; l'une intérieure composée de six à huit lobes entiers, l'aulre extérieure foiinée de six ù seize lobes divisés en lanières élToites; les élamines fertiles varient de six ù huit et sont opposées aux lobes inlérieurs; les étamines stériles, en même nombre que les précédentes, alteinent avec elles; l'ovaire présente de six à huit loges; mais par suile d'avorter ment le fruit est très-souvent uniloculaire et contient une seule graine presque osseuse, munie d'un endosperme. Ce genre est très-voisin de Vlmbricaria de Jussieu, qui en diffère par sa corolle, dont les lanières Irifides forment Irois rangées, el par ses graines munies d'une créle saillante vers l'ombilic. Selon U. Brown, Iç.genre Binectaria de Forskahl doit être réuni au MiiHitsops, dont il ne diffère que par les divisions extérieures de sa corolle, qui sont deux fois bifides. VAchias dissecta de Forsler n'est aussi qu'une espècede Mimiisops.
WmusoPE Eleivgi. Mimusops Elengi, L., Lamk., III., lab. 300. Cet arbre, connu vulgairement sous les noms de Marone, Cavequi, Magouden, etc., est originaire des Grandes-Indes. Ses rameaux, dont l'écorce est grisâtre, portent des feuilles alternes, rapprochées les unes desautres vers l'extrémité des jeunes rameaux, portées sur des pétioles assez longs ; elles sont elliptiques, acuminées, entières, un peu sinueuses sur leurs bords, coriaces, glabres el luisantes à leur face supérieure; les fleurs sont axillaires, quelquefois solitaires, plus souvent réunies au nombre de deux à six ; les divisions du calice sont lancéolées, aiguës, pulvérulentes et jaunâtres en dehors; les fruits sont ovoïdes, charnus, de la grosseur d'une prune moyenne, rougeàlres el lisses extérieurement, monospermes, accompagnés à leur base par le calice qui est persistant. Ces fruits ont une saveur légèrement astringente et agréable : les Indiens les mangent. Les Heurs répandent une odeur douce, el on en prépare une eau dislillée très-agréable.
MINA. BOT. Le genre établi sous ce nom par De la LIave el Lcxarça (Novor. Fetjet. desciipt., 3 et 3) dans la famille des Convolvulacées, a été réuni au genre Quamoclit de Tourneforl.
MINARET. Tunis, moll. Genre démembré par Montfort (Concbyl. Syst., t. u, p. 358) des Mitres de Lamarck el des autres auteurs modernes pour les espèces les plus lurriculées. F. Mitre.
MINDIUM. BOT. r. MlCUACXIE.
MINE. MIN. el GÉOL. Ce mot a plusieurs acceptions : il est souvent synonyme de Minerai; on l'emploie aussi pour indiquer le gîte des rainerais dans le sein de la terre, et on appelle Mines les excavations faites par les Hommes pour extraire les minerais de leur gîte. F. Minerai et Mines.
Mine avrifère de Transylvanie. C'est le Tellure graphique. F- Telldbe.
Mine d'Acier. On donne quelquefois ce nom au Fer e.iibonalùspalliique, susceptible de (lonnei'directemeiil l'Acier qu'on nomme naUirel. f . Fer.
Mine d'Argent BLASCHE. C'estde l'Argent anliinonial, uni à de l'arsenic sous forme laminaire.
Mine d'Argent grise. C'est le Cuivre gris, où l'Argent ne fait point partie essentielle aux yeux du ininélalogistc. y. Cuivre.
Mine de Fer blanche. Mine de Fer spatliiqiie, contenant une grande quantité de Cliaux caibonalée; elle est sous forme lamelleuse, et présente ordinairement un aspect chatoyant.
Mine de Fer limoneuse. C'est le Fer oxidé hydraté.
Mine o'Étain blanc. F. Schéelin calcaire.
Mine de Laiton. On a ainsi nommé le minerai de Cuivre accompagné d'Oxide de Zinc, et susceptible de donner immédialement du Laiton par le traitement. 1^. Zinc.
Mine de Plomb noire. C'est le Graphite ou Fer carburé dont on fait les crayons. Ce minerai ne renferme pas un atome de Plomb, y. Feu carburé.
Mine tigrée. Les mineurs allemands ont donné cette mauvaise dénomination {Tiegererz) ù divers minéraux qui présentent des taches noirâtres, tels que la variété de Baryte sulfatée a'vec des taches de minerai d'Argent; la DolomJe qui offre de semblables taches; et un Calcaire lamellaire mélangé d'un peu de Plomb sulfuré.
Mine a vernis. On donne ce nom au Plomb sulfuré parce qu'on lefail entrer dans la composition de l'Émail ou Vernis des poteries. F. Plomb sulfuré.
MIPs'ERAI. MIN. Cemot sert à désignertoulesubslance minérale renfermant un ou plusieurs métaux susceptibles d'en être retirés par des moyens économiques. Si la substance minérale se compose de plusieurs métaux, elle est Minerai par rapport à celui qui s'y trouve en plus grande quantité et dont la valeur est plus considérable. Le Cuivre gris, parexemple, s'exploite tantôt comme Minerai d'Argent, tantôt comme Minerai de Cuivre, d'après la prédominance de chacun de ces deux métaux. Dans certains Minerais très-complexes, on fait, pour ainsi dire, abstraction de plusieurs des métaux qui s'y rencontrent, et l'on ne vise qu'à retirer avec bénéfice ceux qui offrent et valeur et quantité. L'extraction de ces métaux se fait par le triage, le bocardage, le lavage, le grillage, les essais, etc., procédés dont les détails sont étrangers à l'histoire naturelle proprement dite. K. Métallurgie.
MINÉRALISATEUR. On désigne vulgairement sous ce nom, le principe qui, dans une substance minérale, est uni à un métal quelconque et en masque les propriétés i)bysiquesel les caractères ordinaires. Le Soufre est le Minéralisateurdu Mercure dans le Cinabre natif, rOxigène l'est du Fer dans l'Hématite, etc.
MINÉRALOGIE. Science des minéraux, c'est-à-dire des corps bruts, formés naturellement, et que l'on rencontre à la surface ou dans l'intérieur de la terre. Elle embrasse, dans son objet, la connaissance àe leurs propriétés générales, celle des caractères particuliers, qui distinguent les différentes espèces les unes des autres, et les variétés de chaque espèce entre elles; celle de leurs manières d'être dans la nature, et de leur emploi
dans les arts et les usages de la vie; enfin celle de leur classification, ou de leur disposition dans un ordre pro pre à en faciliter l'étude, et à faire mieux ressortir leurs analogies et leurs dissemblances.
Le but principal de cet article étant d'exposer rapidement l'état actuel de la science, on ne peut y présenter l'histoire de ses faibles commencements, et de la marche lente qu'elle a suivie jusqu'au siècle de Linné et de Wallerius; on se contentera de citer qiieliiiies-uns des noms les plus célèbres, parmi ceux des auteurs anciens qui ont traité des minéraux dans leurs ouvrages . dans les temps les plus reculés, Aristote, Théophraste, Pline, Dioscoride; i)endant la période du moyen âge, le fameux médecin Avicenne ; après la renaissance des lettres, Georges Agricola, le père de la Métallurgie, Conrad Gessner, BoBce de Boot, Beccher et Boyle. Les notions vagues que la plupart de ces auteurs ont laissées dans leurs écrits, ont été presque entièrement étrangères aux progrès réels de la Minéralogie, que l'on peut considérer comme une science toute récente ; elle doit uniquement son avancement à l'esprit d'observation et de méthode, qui caractérise les travaux des naturalistes modernes, et aux secours importants qu'elle a reçus de la chimie et de la physique, dont les développements récents et prodigieux ont exercé sur elle la plus heureuse influence, en ramenant les faits nombreux dont elle se compose à un petit nombre de lois générales.
Le premier pas à faire dans l'étude des minéraux, c'est de déterminer nettement en quoi ils diffèrent des autres productions naturelles, et d'abord quels senties principaux caractères qui distinguent les êtres vivants des êtres bruts, les corps organiques des corps inorganiques. Le corps organique se compose de parties dissemblables, qui concourent par leurs actions réciproques à l'existence du tout ; il a une forme déterminée, constante, qui lui est plus essentielle que sa composition chimique interne, laquelle varie continuellement, et de celte forme dérivent les caractères propres à la détermination de l'espèce; rarement il peut être divisé sans être détruit; il est en général ce qu'on appelle un individu; il naît d'un autre individu préexistant et semblable à lui; il s'accroît par intussusception, et seulement jusqu'à un certain terme, après lequel sa destruction s'opère d'elle-même. Le corps inorganique, au contraire, est une masse homogène, une simple agrégation departicules semblables, que l'on peut à volonté séparer les unes des autres ou réunir en nombre plus ou moins considérable ; il est susceptible d'être divisé et subdivisé, sans changer de nature, car il existe tout entier dans la moindre de ses parties; mais quelque loin que l'on pousse ces divisions successives, on n'obtient jamais que des masses plus petites et non des individus isolés, qui ne pourraient être ici que les particules cora|iosantes elles-mêmes; le corps inorganique étant une agrégation de molécules similaires, et cette agrégation pouvant avoir lieu d'une inlïnité de manières, sa forme est variable à l'infini; elle est presque toujours accidentelle, et le caractère de l'espèce réside essentiellement, non dans cette propriété extérieure, mais dans la nature chimique de la substance, laquelle
cstcoiistanleetdélenninée; enfin le corps inorganique se forme par la juxlaposilion de ses particules, e.n vertu des forces d'attraction (|ui leur sont propres; il s'accroît toujours à l'extérieur, de manière qu'à un instant quelconque de sa formation, tout ce qui existait jusqu'alors n'éprouve plus de changement; il n'y a point de limite à cet accroissement, et le corps inorganique une fois formé peut durer indéfiniment, si nulle action du dehors ne tend à le détruire.
11 existe des difféiences assez grandes entre les corps inorganiques, sous le rapport du mode de leur formalion : les uns ne peuvent tire produits que sous l'influence des forces vitales, qui aident ou modifient l'action des forces d'affinilé; tels sont : les sucres, les gommes, les résines et la plupart des matières qui prennent naissance dans les êtres vivants. D'autres au contraire se sont formés sans aucune participation des forces vitales, comme les sels, les pierres cl les métaux. D'autres enfin sont d'origine mixte; ils proviennent de matières organiques qui, enfouies depuis longtemps dans le sol, y ont changé de nature par suite des décompositions qu'elles ont éprouvées; tels sont les combustibles charbonneux et bitumineux. La première division des corps inorganiques est tout à fait étrangère à la Minéralogie; il faut encore exclure des deux autres tous les corps formés artiliciellenient dans nos laboratoires, et limiter le champ de la science à ceux que la nature a produits d'elle-même et (|ue nous retirons du sein de la terre. C'est à eux seulement que peut convenir le nom de Minùiaux, auquel on substitue souvent dans les langues étrangères le terme é(|uiva- Icnt de Fossiles, employé chez nous dans une acception toute différente.
Les minéraux, considérés dans leur ensemble, sont doués de propriélés générales fort remarquables en elles-mêmes, et dignes de toute l'attention du philosophe. Ces propriétés, par les modifications qu'elles éprouvent dans la série des différentes substances, fournissent des caractères, qui servent ù la détermination rigoureuse des espèces, ou seulement à leur distinction relative. Les caractères dont il s'agit dérivent ou de la simple observation, ou de l'expérience. Mais tous n'ont pas la même valeur aux yeux du minéralogiste; le minéral étant pour lui un agrégat de particules semblables, doit lui offrir des caractères de difféienls ordres; les uns uniquement dépendants de la nature des particules, et par là véritablement spécifiques, d'autres dépendants plus ou moins du mode d'agrégation de ces particules, et n'étant, jtour la plupart, que des caractères de variétés.
Les idées fondamentales d'Espèce et de Variété s.emblent établies tout naturellement par la supposition précédemment faite, que le minéral consiste dans une agrégation quelconque de particules semblables, lin effet, d'après cette supposition, tous les minéraux composés des mêmes particules, quel que soit d'ailleurs leur mode d'agrégation, doivent former une même espèce; et tous les minéraux de la même espèce, qui diffèrent par le mode d'agrégation de leurs particules, el par suite par quelques-uns de leurs caractères extérieurs, doivent constituer autant de variétés. Mais la
supposition admise n'est pas rigoureusement le cas de la nature, et fréquemment la même masse minérale se trouve mélangée de molécules diverses, appartenant à des espèces différentes. Toutefois, dans l'examen des principales propriétés des minéraux, il est indispensable de les considérer comme étant chimiquement purs, sauf à modifier ensuite les résultats aux(|uels on sera parvenu, de manière à tenir compte des circonstances dont on doit faire abstraction d'abord.
Des lois lie la composition chimique dans les minéraux.
l" Composition qualitative. Les chimistes, en examinant tous les minéraux connus, en ont retiré par l'analyse cinquante-deux substances différentes, que dans l'état actuel de la science ils considèrent comme autant de corps simples, et qui sont pour le naturaliste les éléments du règne inorganique. Ces éléments sont presque toujours combinés entre eux dans la natuie, mais ce qu'il importe de remarquer, c'est qu'ils ne le sont pas indifféremment les uns avec les autres. H en est beaucoup qu'on ne trouve presque jamais unis ensemble; il en est un petit nombre au contraire qu'on rencontre dans presque toutes les combinaisons connues, comme si les premiers avaient peu de tendance à former des composés, el les seconds une grande énergie de combinaison. Ceux-là sont des êtres en quelque sorte passifs, qui ont besoin pour se réunir entre eux de l'action médiate des autres corps. On peut leur donner le nom de hases ou de corps minéralisables, et désigner avec Beudant par celui de viinéralisateurs, ces principes actifs, sans lesquels la plupart des combinaisons naturelles ne pourraient exister. Ces derniers sont en petit nombre : on distingue parmi eux l'Oxigène, le Soufre, le Fluoré, le Chlore, le Carbone, l'Arsenic, le Sélénium, etc. Les combinaisons binaires formées par l'Oxigène avec les corps niinéralisables, et qu'on nomme Uxides, sont les plus nombreuses; les combinaisons du Soufre, ou les Sulfures, sont aussi assez abondantes. Les Chlorures, les Arseniures, les Séléniures, le sont beaucoup moins. Après les combinaisons binaires, celles que l'on rencontre le plus fréquemment dans la nature, sont les combinaisons auxquelles on peut donner le nom de l'ernaires; elles résultent en général de l'union de deux composés binaires qui ont un principe commun, telle que de deux Oxides, de deux Sulfures, de deux Arseniures, etc. Celles qui sont formées de deux Oxides sont les plus abondantes de toutes. On peut faire ici sur les corps oxigénés la même remarque qui a été faite sur les corps simples : c'est qu'on ne les trouve pas indifféremment combinés entre eux, et qu'on peut aussi les partager en deux séries : l'une composée de ceux qui ont une grande tendance à se combiner avec la plupart des autres pour former des Sels, et qui s'unissent rarement entre eux : ce sont les Acides proprement dits el quelques Oxides capables de jouer le même rôle; l'autre, composée des Alcalis el des Oxides qui se comportent de la même manière, et au.xqnels on peut donner le nom commun de hases salifiables. Les combinaisons ternaires les plus abondantes sont les Silicates simples, les Carbonates, les Sulfates, les Phos-
pliâtes, les Arséniales. Il existe aussi des combinaisons d'ordres plus élevés, mais elles deviennent de plus en plus rares, à mesure qu'elles se compliquent davantage. Parmi celles qu'on peut appeler quaterHaiien, les plus remarquables sont les sels doubles et les sels aqueux, qui résultent de l'unioirde deux composés ternaires, entre eux, ou d'un composé ternaire avec l'eau. Tels sont les doubles Silicates, les doubles Carbonates, et les sels simples avec eau de cristallisation.
2» Composition quantitative. Les combinaisons des éléments se font toujours dans la nature en proportions définies, c'est-à-dire constantes et déterminées. Un même corps peut à la vérité s'unir avec un aulre en plusieurs proportions différentes, mais ces proportions sont fixes. Elles n'ont pas lieu au Iiasard; mais elles sont réglées par une loi remarquable, celle ties multiples. Cette loi consiste en ce que les différentes quantités en poids de l'un des corps, qui se combinent avec une même quantité de l'autre corps, sont toujours multiples les unes des autres. On connaît par exemple trois degrés d'oxidalion du Soufre, qui sont tels que pour 100 de Soufre il y a 49,7 d'Oxigène dans le premier, 99,44 dans le second, et 149,12 dans le troisième. Or, il est visible que ces trois quantités d'Oxigène données par l'expérience, sont à très-peu près entre elles comme les nombres 1, 2, 3. Celle loi des multiples réparait sous une autre forme dans les combinaisons ternaires. Lorsque deux Oxides s'unissent entre eux, ils le font dans un rapport lel, que la quantité d'Oxigène de l'un est multiple de la quantité d'Oxigène de l'autre. Pareillement dans les combinaisons de deux Sulfures ou de deux Arseniures, la quantité de Soufre ou d'Arsenic de l'un est un multiple exact de la quantité de Soufre ou d'Arsenic de l'autre.
On rend laison de ces faits importants au moyen de la théorie aloraislique, qui en cuire a l'avantage d'en fournir l'expression la plus simple. Celte théorie admet en principe, que tout corps inorganique est un agrégat de molécules ou d'atomes égaux en poids, et que, dans toule combinaison chimique, des nombres déterminés d'atomes de diverses espèces s'unissent intimement pour donner naissance à des atomes plus composés. Dès lors il est aisé de voir à quoi tiennent ces rapports multiples, dont il a été cité plus haut un exemple pris dans les combinaisons de l'Oxigèneeldu Soufre. Us proviennent nécessairement de ce que pour le même nombre d'atomes de Soufre il y a un atome d'Oxigène dans la première, deux atomes dans la seconde, et trois atomes dans la troisième. Cela démontre qu'il est possible d'exprimer les lois de ces combinaisons autrement que par des rapports de quantités pondérables ; on peut le faire beaucoup plus simplement et plus rigoureusement, en indiquant les nombres relatifs des atomes qui se combinent, et la chose est facile si l'on connaît d'avance les poids relatifs de ces mêmes atomes. Que l'on suppose que l'atome d'Oxigène étant pris pour terme de comparaison, son poids soit représenté par 100; que l'on suppose de plus, que par un moyen quelconque, on soil parvenu à connaître le poids de l'alome de Soufre, égal à 201,20; il y aura, dans le premier degré d'oxidalion du Soufre, un cer-
tain nombre d'atomes d'Oxigène, dont le poids total csl 49,7, combiné avec un certain nombre d'atomes de Soufre, dont le poids total est 100; et il est clair qu'on obtiendra ces deux nombres (J'atomes, en divisant successivement le poids total de chacun d'eux par le poids de l'atome simple. Or, les quotients de ces divisions étant les mêmes, on en conclura que, dans le premier degré d'oxidalion du Soufre, il y a un atome de Soufre pour un atome d'Oxigène, et par conséquent dans le degré suivant, deux atomes d'Oxigène pour un de Soufre; dans le troisième degré, trois atomes d'Oxigène pour un de Soufre. On peut rendre ces compositions en quelque sorte sensibles ù l'œil , et faciliter par là leur comparaison, en les représentant par des signes de convention analogues aux signes de l'algèbre. 11 suifit pour cela de désigner les différents corps simples par leurs lettres initiales, de placer ces lettres à côté les unes des autres pour indiquer une combinaison, et de les accompagner de chiffres, en forme d'cxposaiils, pour marquer les nombres d'atomes. Lorsqu'il n'y aura qu'un atome du corps, on omettra l'exposant. Ainsi, les trois combinaisons de l'Oxigène et du Soufre dont il a été parlé, seront représentées par les signes suivants ; SO,SO%SO'. On abrégera encore ces signes, en exprimant les atomes d'Oxigène par des points placés au-dessus de la lettre qui désigne la base; on aura de cette manière les formules très-simples : S, S, S.
Ainsi, il y a deux manières d'exprimer les lois des combinaisons des corps : 1" par les rapports des quantités en poids des éléments ; c'est l'expression ordinaire d'une analyse en centièmes du poids du corps analysé; 2» par des formules représenlatives de la composition, indiquant les nombres relatifs d'atomes élémenlaires, qui sont unis dans chacun des atomes du composé. Cette seconde méthode a l'avantage de servir à rectifier le résultat de la première, en en faisant disparaître par le calcul les petites erreurs inséparables des observations. Ces méthodes sont d'ailleurs équivalentes, et il est toujours facile de repasser d'une analyse donnée en formule à une analyse en poids; il suffit pour cela d'un simple calcul de parties proportionnelles. Mais la détermination des nombres d'atomes d'une combinaison suppose la connaissance préalable des poids relatifs de ces atomes, et par conséquent il faut avoir les moyens de connaître ces poids et d'en dresser des tables. On détermine le poids de l'atome d'un corps quelconque parla comparaison de ses différents degrés d'oxidalion ou de sulfuration. Ainsi, dans l'exemple du Soufre cité plus haut, les quantités relatives d'Oxigène qui sont combinées avec une même quantité de Soufre sont entre elles comme 1, 2, 3. Ce résultat d'observation fait voir qu'il y a un certain nombre ti d'atomes de Soufre combinés avec 1, 2 et ô atomes d'Oxigène. Si l'on représente par p le poids de l'atome de Soufre, et par 100 celui de l'atome d'Oxigène, le rapport des quantités de Soufre et d'Oxigène qui entrent dans la combinaison au minimum sera celui de n p à 100, le même que celui de 100 à 49,7; par conséquent
?, est égal à ^49^ ou à — — . On voit par la
que la détermination complète de la valeur de p ne
dépend plus que de celle que l'on supposera au nombre M; el si pour faire la supposition la plus simple possible, on pose n égal à 1, on aura p, ou le poids de l'atome de Soufre, égal à 201,20, comme il avait été admis plus haut et comme le donnent les tables de poids atoraisti(iues. S'il y a quelque chose d'arbitraire dans la détermination de ce nombre, on peut dire cependant que sa valeur ainsi calculée est probablement la véritable ou du moins qu'elle en est la moitié, le tiers, etc., ou un multiple fort simple. Or une pareille donnée est tout ce qu'il faut pour l'expression des lois de la composition quantitative, telles que l'observation les fait connaître.
Indépendamment de l'avantage que l'on a de rectifier les résultats de l'analyse, et d'atteindre les véritables rapports des éléments, en mettant ainsi ces résultats sous la forme atomislique, on trouve encore dans cette méthode u\i avantage précieux sur l'ancienne manière de présenter les analyses en poids. C'est que par les nombres simples d'atomes dont elle indique la combinaison, on se fait une idée plus nette de la nature du composé, et de la différence qu'il y a entre deux corps formés des mêmes éléments dans des proportions diverses, mais assez rapprochées. Par exemple, les sulfures rouge et jaune d'Arsenic renferment, le premier : Arsenic 70, et Soufre -50; et le second : Arsenic 61, et Soufre 39. Ces deux rapports ont entre eux une différence assez faible pour que plusieurs minéralogistes aient été tentés de la regarder comme non essentielle; mais cette différence se trouve confirmée et expliquée par le calcul atomistique, qui nous montre clairement, par la traduction exacte en formules des résultats piécédents, que dans le Kéalgar il y a deux atomes de Soufre et un atome d'Arsenic, tandis que dans l'Orpiment il y a trois atomes de Soufre el un atome d'Arsenic.
Les composés ternaires oxigénés se traduisent aisément en formules, en plaçant l'un à côté de l'autre les signes des deux Oxides dont ils sont la combinaison, affectés chacun d'un exposant qui marque le nombre des atomes : ainsi, la Chaux ayant pour signe (ia, et l'Acide Carbonique C, le Carbonate de Chaux naturel sera représenté par C«C% étant formé d'un atome de Chaux et de deux atomes d'Acide carbonique. Mais les composés ternaires, résultant de deux composés binaires qui ont un principe commun, peuvent encore s'exprimer d'une manière plus simple, fondée sur la loi des multiples, à laquelle ils sont soumis. Pour cela on supprime entièienient les signesd'oxidation, et l'on indique parles exposants non plus les nombres d'atomes, mais seulement les quantités relatives d'Oxigène contenues dans les quantités de base et d'Acide combinées, lesquelles sont toujours en rapport simple et multiple l'une de l'autre. Dans le Carbonate de Chaux dont on a parlé, la quantité d'Oxigène de l'Acide étant double de la quantité d'Oxigène de la base, on peut écrire la formule de ce sel ainsi : CaC'\ en employant les caractères italiques, pour ne pas confondre ces signes avec les premiers, ni avec ceux des combinaisons de corps simples. Ces nouveaux signes portent le nom de sirjiies ■minéralogùjiies, parce qu'on en fait un fréquent usage en Minéralogie, à raison de leur simplicité et de la faci-
lité avec laquelle on peut les lire. 11 faut les distinguer soigneusement des autres signes, appelés signes chimiques, el qui expriment la composition chimique d'une manière rigoureuse et complète. Les composés quaternaires se représentent au moyen des signes des deux composés binaires, que l'on place à la suite l'un de l'autre en les séparant par le signe-*-.
Pour faciliter la lecture des signes minéralogiques, on a imaginé une nomenclature fort simple, à l'aide de laquelle on les traduit immédiatement en langage ordinaire. Les composés binaires, qui résultent de la réunion d'un atome d'un élément avec un atome d'un autre élément, se désignent par le nom chimique de la combinaison emptoyé seul ou précédé de l'épithètc mono : ainsi l'on dit un sulfure simple, ou un monosulfure, pour marquer la combinaison d'un atome de Soufre avec un atome d'un autie corps. Pour les combinaisons en d'autres nombres, on ajoute au nom chimique une autre épithète, qui marque le nombre d'atomes du principe minéralisateur, uni avec un atome du second élément. Par exemple, on dit bisulfure, trisulfure, quadri-sulfure, etc., pour indiquer la combinaison d'un atome d'un corps simple avec deux, trois, quatre, etc., atomes de Soufre. Beudant a proposé de dire dans le même sens : Oxide, Bioxide, Trioxide, etc. On dit également : Silicate, Bisilicate, Trisilicate, etc.; Sulfate, Bisulfate, Trisulfate, etc.; pour désigner des sels dans lesquels la quantité d'Oxigène de l'Acide est égale à la quantité d'Oxigène de la base, ou en est le double, le triple, etc. Si la base renferme plus d'Oxigène que l'Acide, c'est devant le nom de la première que se place alors l'épithète : ainsi, on dit : Silicate tri-alumineux pour désigner un Silicate dans lequel l'Oxigène de l'Alumine est triple de l'Oxigène de la Silice.
Les faits relatifs aux proportions multiples des éléments dans les combinaisons chimiques soit naturelles, soit artificielles, sont dus aux travaux de Uichter, el aux recherches de Dalton, de Gay-Lussac et de Berzélius. C'est principalement à ce dernier chimiste que l'on est redevable de la théorie atomistique, telle qu'on vient de l'exposer, et dont il a fait le premier une application de la plus haute importance au régne inorganique. Pour en donner ici un aperçu rapide, on a mis à profil l'excellent Traité de Minéralogie, publié par Beudant en 18-50, et dans lequel toutes les généralités de cette science sont présentées avec une clarté et une précision vraiment remarquables.
Des caractères chimiques des minéraux.
Lorsque cherchant les caractères spécifiques d'une substance que l'on rencontre pour la première fois, on veut arriver à la connaissance précise de sa composition chimique, c'est-à-dire de la nature diverse et des proportions de ses éléments, il faut en faire une analyse exacte, en opérant avec tous les soins convenables sur un poids déterminé de cette substance. Mais s'il ne s'agil que de reconnaître un individu, appartenant à une espèce déjù connue, il n'est besoin pour cela que d'un simple essai de la substance, que l'on pratique sur une parcelle infiniment petite, el par lequel on cherche seulement à distinguer les éléments qui la composent, sans aucun égard à leurquanlilé relative, en les isolant
les uns lies autres, et les forçant à manifester successivement leurs caractères. Ces essais chinii(|uessoiitde lieux sortes : les uns se font par la vole sèche, à l'aide ilu chalumeau et des fondants ou des réactifs solides; les autres par la voie humide, à l'aide des réactifs liquides.
1" Essai des minéraux par la voie sèche. Le chalumeau dont on fait usage pour soumettre un minéral à l'action du feu, est un instrument emprunté de l'art du metteur en œuvre, et qui se compose essentielleraenl d'un tuhe métallique recourhé vers l'une de ses extrémités, où il se termine par une ouverture trèsdéliée. On souffle dans le tube par l'autre extrémité, et le courant d'air qui en sort est dirigé sur la flamme d'une bougie ou d'une lampe à mèche plate : celle-ci s'allonge horizontalement en forme de dard, dont la pointe possède un degré de chaleur très-intense. Le corps que l'on veut exposer à l'action de cette flamme se place à l'extrémité d'une pince en platine, ou sur un charbon dans lequel on a creusé une petite cavité qui fait en quelque sorte fonction d'un creuset. On doit toujours choisiiun très petit fragment de la substance, et souvent il est bon qu'il ait une arête vive ou une pointe déliée. Il y a deux manières d'opérer avec le chalumeau : ou bien on chauffe le corps avec le contact de l'air, en le plaçant au sommet du petit cône lumineux, et dans ce cas il s'oxide, s'il est combustible; c'est ce qu'on appelle le soumeUre au feu (t'oxiilatioii ; ou bien on le chauffe sans le contact de l'air, en le plongeant tout entier dans la partie brillante de la flamme, et alors il se désoxide, s'il est oxigéné; c'est ce qu'on nomme le traitement au feu de réduction. — Pour faire manifester à un minéral ses caractères pyrognostiques, on le traite tantôt seul, c'est-îi-dire sans addition de corps étrangers, tantôt avec addition de flux ou de réactifs.
♦ Sans addition. — On a pour but, en opérant ainsi, de reconnaître si la substance est fusible ou infusible, si elle est réductible ou non en un globule métallique, si la chaleur en dégage un principe volatil, qui s'y trouvait tout formé, ou qui s'y forme pendant le grillage même. Pour essayer la fusibilité, on fait usage ordinairement de la pince de platine. Dans le cas de fusion, on examine si le morceau d'essai se fond en un globule parfait, s'il s'arrondit seulement sur ses bords, ou se couvre à la surface d'un simple vernis vitreux; si le résultat de la fusion est une scorie, c'est-à-dire une matière boursoufflée et irréductible en globule; une fritte, c'est-à-dire un corps dont une partie composante non fondue est disséminée au milieu de l'autre partie fondue; un émail, ou corps vitreux opaijue, blanc ou coloré; enfin un verre proprement dit, ou globule vitreux transparent, également blanc ou coloré, et dont l'intérieur peut être compacte ou huileux. On examine encore si la forme du globule est sphérique ou polyédrique, si sa surface est lisse ou couverte d'aspérités, etc. Dans le cas de non fusion, on observe si la matière d'essai éprouve quelque altération ou changement d'aspect, si elle durcit ou devient plus tendre, si elle acquiert des propriétés alcalines, faciles à reconnaître au moyen des papiers à réaction ; si elle prend
de la saveur; si elle décrépite, c'est-à-dire éclate et se disperse en une multitude de parcelles; si elle s'exfolie par la séparation des feuillets ou lames dont elle est composée; si elle se boursouffle et s'épanouit ù la manière d'un chou-Heur; enfin, si elle bouillonne par le dégagement de quelque matière gazeuse. Plusieurs de ces effets peuvent précéder celui de la fusion et le modifier. Dans le cas de volatilisation, on examine si elle est complète ou partielle. Pour sublimer les matières toutes formées dans le minéral, on met celui-ci dans un petit matras de verre à long col, ou simplement dans un tube de verre fermé par un bout; et par l'action du feu, les matières volatiles se portent et se déposent ordinairement dans la partie supérieure du tube. Si le minéral renferme de l'eau, elle se dégage en vapeur, et se condense en gouttelettes dans le col du matras. La présence de l'Acide fluorique s'annonce par la formation d'un anneau blanc siliceux, un peu au-dessus de la matière d'essai. Celle de l'Arsenic se manifeste par un sublimé métallique, etc. Pour reconnaître les matières volatiles qui se forment pendant le grillage, on met le minéral dans un tube de verre ouvert par les deux bouts et un peu courbé vers sa partie moyenne, puis on le chauffe au travers du tube; ou bien on l'essaie en le plaçant sur un Charbon. Dans le premier cas on recueille ordinairement le sublimé dans le haut du tube; dans le second cas, il se répand dans l'atmos|)hère. et on ne peut le reconnaître qu'à son odeur, à la couleur de sa vapeur, et à la teinte qu'elle communique à la flamme du chalumeau. Une odeur d'Acide sulfureux annonce la présence du Soufre, une odeur d'ail l'Arsenic, une odeur de raves le Sélénium, etc. C'est aussi sur le Charbon qu'on essaie les minéraux, pour savoir s'ils sont réductibles en globules métalliques.
'* Avec addition. — On ajoute à la matière d'essai différents flux ou réactifs, pour aider la fusion du minéral ou sa décomposition, pour découvrir les Oxides qu'il renferme, et quelquefois amener leur réduction. Les principaux réactifs solides sont : le Carbonate de Soude, le Borate de Soude et le Phosphate double de Soude et d'Ammoniaque, que, pour plus de brièveté, on désigne dans les essais pyrognostiques, par les noms techniques de Sonde, Borax et Sel de phosphore. On emploie la Soude pour reconnaître la présence de la Silice en quantité considérable dans un minéral pierreux, infusible sans addition. Ce minéral, traité par la Soude, fond avec elîervescence en donnant un verre transparent, qui a la faculté de dissoudre la base enlevée par la Soude à la Silice, et qui conserve sa transparence après le refroidissement. Mais le principal usage de la Soude est de servir à réduire les Oxides métalliques, et à faire découvrir dans les minéraux des quantités de métal réductible, assez petites pour échapper aux analyses faites par la voie humide. On pulvérise la matière d'essai, on la pétrit dans le creux de la main avec de la Soude humectée, et on chauffe le tout sur un Charbon. Si le métal est en grande quantité dans le minéral, il se réduit en petits globules distincts, que l'on peut recueillir et examiner. Mais si le métal est disséminé on quantité très-petite dans le minéral, il est absorbé avec
la Soude par le Charbon. On enlève alors avec un couteau la pellicule de Charbon qui a élé pénétrée par le mélange; on la broie sous l'eau, et on lave ensuite la poudre, en décantant successivement, jusqu'à ce que tout le Charbon soit enlevé; il ne reste plus alors que le métal, sous forme de petites paillettes brillantes, s'il est fusible et malléable, et sous forme pulvérulente, s'il est cassant ou n'a pas subi la fusion.— On emploie le Bora.x pour opérer la fusion ou la dissolution d'un grand nombre de substances minérales. On obtient un verre ordinairement transparent après le refroidissement, et qui reçoit du corps dissous des propriétés et des couleurs qui lui sont propres. Les différents Oxides se distinguent entre eux par les couleurs différentes que prend le Verre de Borax au feu de réduction et au feu d'oxidation, avant et après le refroidissement. Quelques-uns donnent des verres qui deviennent opaques au fiamber, c'est-à-dire lorsqu'on les chauffe légèrement â la Hamme extérieure de la lampe. — Les essais avec le Borax se font ordinairement sur la feuille de platine. Lebaillif a imaginé de les faire sur une petite coupelle blanche de quatre lignes de diamètre et d'un tiers de ligne d'épaisseur, formée de parties égales de terre à porcelaine et de terre de pipe. Cette coupelle reçoit la matière d'essai avec le fondant, et se place ensuite sur le Charbon. Au premier coup de feu, la matière qui entre en fusion adhère à la coupelle; le verre qui se forme s'étend bientôt en surface sur un fond blanc, ce qui rend sa couleur plus facile à saisir. En opérant ainsi, on a encore l'avantage de pouvoir garder la coupelle et montrer en tout temps le résultat de l'essai, et l'un des caractères de la substance. — Le Sel de Phosphore agit comme réactif au moyen de l'Acide phosphorique libre; il s'empare de toutes les bases, et forme avec elles des verres dont on examine la transparence et la couleur. 11 fait mieux ressortir que le Borax les teintes caractéristiques des divers Oxides métalliques, et ces teintes diffèrent souvent de celles qu'on obtient avec ce dernier fondant. Le même Sel exerce sur les Acides une action répulsive : ceux qui sont volatils, comme l'Acide fluorique, se subliment, et ceux qui sont fixes restent en suspension dans le verre sans s'y dissoudre; la Silice des Silicates est mise en liberté, et se montre dans le Sel liquéfié, sous l'apparence d'une masse gélatineuse. C'est encore par le même réactif ((u'on découvre la présence du Chlore dans les minéraux. On fond le Sel de Phosphore avec de l'Oxide de Cuivre, et ajoutant la matière d'essai, on chauffe de nouveau. Si elle renferme du Chlore, le globule vitreux s'environne d'une flamme bleue tirant sur le pourpre. — On emploie encore pour les essais au chalumeau, quelques antres réactifs, mais seulement dans des cas particuliers, et pour découvrir la présence de certaines substances. Ainsi le Nitre sert à rendre sensibles des quantités de Manganèse trop petites pour colorer le verre, sans l'intermédiaire de ce réactif; l'Acide borique vitrilié sert à la manifestation rie l'Acide phosphorique; le Nitrate de Cobalt dissous dans l'eau s'emploie pour reconnaître la i)résence de l'Alumine et de la Magnésie, qui donnent avec l'Oxide de Cobalt, après une forte ignition, la première une belle couleur bleue,
la seconde une couleur rose pâle. — Enfin, on se sert quelquefois de l'Étain et du Fer, à l'état métallique, et de la poudre de Charbon. L'Étain a pour objet de désoxider le plus qu'il est possible les Oxides métalliques pour rendre plus décisif le résultat de leur réaction; le fil de Fer est employé pour précipiter différents métaux, et pour les séparer du Soufre ou des Acides fixes avec lesquels ils peuvent être combinés.
La première application que l'on ait faite du chalumeau à l'essai des minéraux, est due à Swab, conseiller des mines de Suède. Ce nouveau moyen de détermination a été perfectionné ensuite par Cronstedt, Engestrom, Beigmann et surtout Gahn, son disciple. Enfin, dans ces derniers temps, de Saussure, Wollaston et Berzélius l'ont porté au degré de développement (ju'on lui connaît aujourd'hui. Ce dernier chimiste a léuni dans son traité qui a pour titre ■ De l'Emploi dit Chalumeau, tous les détails qui concernent l'usage de cet instrument, et tous les résultats particuliers auxquels peut conduire son application à l'examen des diverses substances minérales.
2» Essai (les minéraux par la voie humide. — Ces essais consistent à mettre le corps que l'on veut examiner en solution dans un liquide, et à faire agir sur lui différents réactifs également en solution, de manière à ce qu'on isole, par des précipitations successives, les éléments qui le composent, et qu'on puisse les reconnaître aisément à la nature des précipités qu'ils produisent. Comme on n'a pour but (|uc de distinguer la nature de ces éléments, sans vouloir apprécier leur quantité, on n'opère jamais qu'en petit, sur une simple parcelle du minéral et sur quelques gouttes de solution, sans faire aucune pesée. On se sert pour faire les solutions, les filtrer et les évaporer, d'instruments fort petits, tels que verres de montre, tubes de verre, etc.
Tous les essais par la voie humide exigent donc une opération préparatoire, qui consiste à mettre en solution le corps que l'on veut examiner : or cela peut se faire aisément; car la plus grande partie des minéraux sont solubles immédiatement, à chau<l ou à froid, dans l'eau ou dans les Acides, et ceux qui ne le sont pas le deviennent, lorsqu'on les fond préalablement avec la Soude ou la Potasse. Les substances solubles dans l'eau sont en petit nombre : leur solution est incolore ou colorée. Dans ce dernier cas, la couleur suffit pour faire reconnaître le Sel. Le bleu annonce le Sulfate de Cuivre, le vert clair le Sulfate de Fer, le vert d'Émeraude le Sulfate de Nickel, et le rose le Sulfate de Cobalt. Si la solution est incolore, on la traite par le Nitrate de Baryte. Se fait-il un précipité, on peut en conclure que la substance examinée est un Borate, un Carbonate ou un Sulfate : un Borate, sien ajoutant de l'Acide sulfurique à la solution, on obtient un nouveau précipité, formé de paillettes cristallines; un Carbonate, si dans le même cas il se produit une effervescence due à un dégagement rapide de Gaz; un Sulfate enfin, s'il ne se fait ni précipité, ni effervescence. S'il n'y a point de précipité par le Nitrate de Baryte, on essaie s'il n'y en aurait point par le Nitrate d'Argent : un précipité par le Nitrate d'Argent indique un Hydrochlorate. Enfin, s'il ne se fait de précipité par aucun
de ces deux nitrates, on en conclut que la substance en solution est elle-même un nitiate. On est donc parvenu ainsi à connaître son Acide. Pour déterminer sa base, on cherche à précipiter la solution par l'Ammoniaque. Un précipité gélatineux, flottant dans la liqueur, indique l'Alumine; un précipité pulvérulent, la Magnésie; un précipité qui se redissout aussitôt, l'oxide de Zinc. Si aucun de ces effets n'a lieu, on traite par l'oxalate de Potasse : un précipité blanc produit par ce réactif, annonce la présence de la Chaux. Si l'Ammoniaque et l'oxalate de Potasse ne donnent point de précipité, on examine si la solution traitée par la Potasse caustique dégage de l'Ammoniaque; ou si elle précipite en jaune par l'hydrochlorale de Platine, ce qui est l'indice de la Potasse; ou enfin si elle ne produit aucune de CCS réactions, auquel cas la Soude est la base que l'on cbeiche.
Si le corps que l'on veut essayer n'est point solublc dans l'eau, on cherche s'il ne le serait point par un Acide, et l'on choisit de préférence l'Acide nitrique. Ou observe si ce corps se dissout avec effervescence, en dégageant un Gaz incolore ou une vapeur qui devient rouge par son contact avec l'air; s'il se dissout lentement, sans aucun dégagement de Gaz, et en produisant une gelée plus ou moins abondante; enfin, s'il se dissout lentement, sans dégagement de Gaz et sans production de gelée. Les substances qui sont solubles, à chaud ou à froid, dans l'Acide nitrique, avec dégagement de Gaz incolore, sont les carbonates. On examine si leurs solutions précipitent ou non par l'Acide sulfurique; dans le premier cas, si la base est simple, elle ne peut être que l'oxide de Plomb, la Strontiane ou la Baryte, et il est facile de la déterminer, d'après les caractères connus de ces trois oxides. Dans le second cas, où il ne se fait point de piécipité par l'Acide sulfurique, on essaie d'autres léactifs, tels que l'Acide hydrochlorique, l'Ammoniaque et l'oxalate d'Ammoniaque, et la nature du précipité que l'on obtient détermine de même celle de la base. Les substances qui se dissolvent dans l'Acide nitrique en donnant lieu à un dégagement de Gaz coloré, c'est-ù-dire de Gaz nitreux, sont les sulfures, les arseniures, les métaux natifs, etc. Il est encore facile de distinguer tous ces corps les uns des autres par les différents précipités que donnent leurs solutions traitées par les réactifs. Les substances dont les solutions se prennent en gelée, sont des hydrosilicates ou des silicates. Cette apparence gélatineuse est due à la Silice qui a commencé à se précipiter, et dont on débarrasse la solution, en évaporant à siccité, jetant de l'eau sur le résidu et filtrant; la matière blanche qui reste sur le filtre est la Silice pure. Ou procède ensuite à la recherche des bases, en traitant la liqueur par l'Acide sulfurique ou l'Ammoniaque. Les substances qui se dissolvent lentement sans dégagement de Gaz et sans production de gelée, sont des phosphates, des sulfates, des arséniates, des chlorures, etc., ou de simples oxides. Si ce sont de simples oxides ou combinaisons d'oxides, on les reconnaît en évaporant la liqueur à siccité et jetant de l'eau sur le résidu : celuici se redissout alors tout entier. Dans le cas où une partie du résidu serait insoluble, la substance appar-
tiendrait à l'un des autres cotoposés, et il faudrait alois reprendre la solution et la traitei' par un Carbonate alcalin pour séparer les bases de l'Acide, et reconnaître celui-ci plus aisément.
Si le corps qu'on examine n'est soluble immédiatement ni dans l'Eau, ni dans les Acides, on le traite au feu par le Carbonate de Soude. Alors si le corps renferme un Acide, celui-ci est enlevé par la Soude, et il se forme d'une part un Sel de Soude le plus souvent soluble dans l'Eau ou attaquable par un Acide, et d'une autre part un Carbonate qu'on peut toujours attaquer par l'Acide nitrique. Si c'est la Silice qui tient lieu d'Acide dans la substance, on fond alors celle-ci avec une grande quantité de Soude, ou bien avec la Potasse caustique, et l'on obtient une matière soluble dans les Acides. Ainsi, dans tous les cas, la substance peut être mise en solution, et sa nature peut toujours se conclure de l'examen de la liqueur par les réactifs.
Les détails dans lesquels on vient d'entrer sont loin d'être complets, et n'ont pour but que de donner une idée des essais méthodiques, auxquels le miuéralogisle peut avoir recours pour déterminer avec certitude un corps dont il soupçonne la nature. Ces essais sont ceux en usage, dans les laboratoires, pour l'examen préliminaire des substances qui doivent être soumises à une analyse rigoureuse. Wollaston a depuis longtemps montré l'application qu'on pouvait faire des opérations chimiques les plus délicates, à la détermination des substances minérales : et Beudant est le premier minéralogiste qui ait introduit dans les éléments de la science la manière de pratlipier ces essais en petit, et qui ait présenté systématiquement la série des résultats auxquels ils peuvent conduire, à l'exemple de ce que Berzélius avait déjà tenté pour les expériences faites par la voie sèche.
Des caractères physiques des minératix.
Ces caractères sont ceux qui se manifestertt sans altération ou du moins sans aucun changement notable de l'état du corps qui les présente. Tels sont les diverses sortes de structure des minéraux, leurs différents degrés de densité et de dureté ; les formes de leur cassure, c'est-à-dire des fragments qu'on en détache par la percussion; les propriétés physiques particulières, déi)endantes de leur action sur la lumière, sur les fluides électrique et magnétique, et sur les sens; enfin Us accidents variés de leurs formes extérieures. A. De la sjructuie des minéraux.
La structure d'un minéral dépend du mode d'agrégation de ses particules : elle est régulière ou irrégulière. I. Structure régulière ou cristalline.
Lorsqu'un corps passe lentement de l'état aériforme ou liquide à l'état solide, les molécules similaires, qui le composent, en cédant à leur attraction réciproque, se tournent dans des positions semblables et s'espacent symétriquement entre elles. C'est dans cet arrangement régulier des particules intégrantes d'un corps que consiste la structure cristalline; elle se manifeste aux sens par différents caractères qui la distinguent de l'a grégation confuse ou structure irrégulière. Ces caractères sont : le clivage, la forme cristalline, les axes de réfraction et le polychroisme.
1" Le clivage. Toule masse liomogùnc, h slrucliiie crislalline, est Iravcrsée par des fissures planes, dans une multilude de sens suivant les(iuels les molécules adhèrent entre elles avec plus ou moins de force. Si l'on essaie de la briser ])ar la percussion, l'effet du choc se propageant avec plus d'avantage dans les directions de la moindre cohérence, agrandit les fissuies naturelles, qui existent dans ces directions, les rend sensibles par les reflets qu'il développe à l'intérieur et par les siries qu'il fait naître à la surface, et souvent détermine la division du corps suivant des surfaces planes, lisses et éclatantes. Ce mode particulier de cassure a reçu le nom de clivage, et les faces qu'il met à découvert se nomment plans de clivage ou joints naturels. Les directions de clivage sont toujours en petit nombre, et dans la même espèce se trouvent inclinées entre elles sous des angles constants. Un cristal susceptible d'être clivé peut être partagé en lames plus ou moins épaisses, ù faces parallèles, au moyen de divisions successives, opérées dans le même sens : on dit alors qu'il a la structure laminaire. U peut offrir ce genre de structure dans un seul sens ou dans plusieurs sens à la fois. Si le nombre et la direction des clivages sont tels que les fragments qu'on détache du cristal soient terminés de toutes parts par des plans, sa structure est alors polyédrique. Les différences que présentent les clivages dans leur nombre, leurs inclinaisons respectives, leur éclat, la facilité et la netteté avec lesquelles on les obtient, sont autant de caractères qui servent à distinguer entre eux les minéraux cristallisés.
Lorsque les minéraux à structure polyédrique ont tous leurs clivages également nets et faciles, on remarque que les plans de ces clivages se coordonnent symétriquement alentour d'un point ou d'un axe central, en sorte qu'on peut obtenir de leur réunion un solide dout toutes les faces soint égales et semblables. Ce solide inférieur est appelé forme primitive, parce qu'il est le type dont on peut faire dériver tontes les formes polyédriques extérieures des cristaux de la même espèce, lesquelles formes sont susceptibles de varier à l'infini. (F. Cristallisation.) Et parce qu'en divisant méthodiquement chacun de ces cristaux, il est possible d'en retirer ce même solide intérieur, placé en son centre comme une sorte de noyau, on substitue souvent ce nom de noyau à celui de forme primitive. Les formes primitives, dont toutes les faces sont égales et semblables, sont les suivantes : le tétraèdre régulier, le cube, l'octaèdre régulier, le dodécaèdre rhomhoidal, le rhomboïde, le dodécaèdre hipyramidal à triangles isocèles, l'octaèdre à base carrée et l'octaèdre à base rhombe. L'ensemble de tontes les formes cristallines qui peuvent coexister dans une même espèce minérale, ou dériver d'une même forme primitive, porte le nom de système de cristallisation {f^. Ibid.). Or, deux formes primitives différentes pouvant quelquefois donner naissance à deux systèmes de cristallisation parfaitement identiques, il en résulte que deux espèces minérales peuvent présenter les mêmes formes extérieures, et être distinguées l'une de l'autre par le caractère tiré du clivage ou de la forme primitive : tels sont, par exemple, le Spath (luor et la (lalène, dont
l'un a un octaèdre et l'anlre un oid)e pour noyau. Lorsque les minéraux à structure polyédriiiue présentent des clivages de netteté différente, ces clivages correspondent à des faces qui, sur le noyau, ont des positions et des granileurs différentes. Dans ce cas, les plans qui terminent ce noyau ne forment plus un même système, rapporté à un seul point ou axe central; mais ils composent autant d'ordres de faces qu'il y a de sortes de clivages, et l'on remarque que les divisions les plus nettes et les plus faciles corresiiondent en général aux faces les moins étendues du noyau, lorsque les dimensions de celui-ci sont ramenées à la symétrie et à leur limite théorii|ue. Les formes primitives, qui se composent de deux ordres de faces ou qui sont données par des clivages de deux espèces, sont les suivantes : le prisme droit à base carrée, le prisme droit à base rhombe, le prisme rhomboïdal à base oblique, le prisme hexaèdre régulier et l'octaèdre rectangulaire. Celles qui résultent du concours de trois ordres de faces et par conséquent de clivages, sont : le prisme droit rectangulaire, le prisme oblique également rectangulaire, le parallélipipède irrégulier et l'oclaèdre irrégulier. Lorsque le nombre des clivages distincts est plus que suffisant pour circonscrire la forme primitive, telle qu'on la conclut de la comparaison des formes cristallines dérivées, on regarde alors les clivages superflus comme surnuméraires, et ce sont ordinairement les moins nets et les moins faciles. Ces clivages surnuméraires divisent diagonalement ou coupent transversalement la forme primitive; c'est-à-dire qu'ils sont parallèles ou i)erpendiculaires à l'axe des cristaux. Mais il peut arriver que quelques-uns des clivages essentiels à la production du noyau, ne soient sensibles que par de tiès- légers indices ou même disparaissent totalement, en sorte que le cristal offre il la place de ces clivages une cassure tout à fait compacte. Dans ce cas, le nombre et la position des clivages subsistants peuvent être d'un grand secours pour distinguer entre eux des minéraux qui se rapprochent par leurs formes extérieures, et dont les formes primitives sont du même genre. L'Amphibole, le Pyroxène et le Feldspath ont tous les trois pour noyau un prisme rhomboïdal à base oblique; mais dans l'Amphibole, le clivage parallèle à la base manque entièrement, tandis que ceux qui sont parallèles aux pans, sont Irès-faciles et d'un éclat trèsvif; dans le Pyroxène, au contraire, c'est le clivage parallèle à la base qui est le plus facile et le plus net; enfin dans le Feldspath, un clivage parallèle à la base se combine avec un autre clivage d'égale netteté, passant par la diagonale oblique, et par conséquent tombant à angles droits sur le premier. Dans les minéraux qui ont des formes primitives prismatiques, il arrive quelquefois qu'il n'existe de clivage que dans une seule direction toujours parallèle ou perpendiculaire à l'axe. On remarque alors que ce clivage unique est d'une extrême netteté, et si facile que le minéral peut se diviser en lames minces, et qu'il se présente même naturellement sous celte forme. Tel est le cas du Gypse, et surtout des substances appelées Micas. La Topaze offre aussi un seul joint très-brillant, parallèle à la base du prisme, et ce caractère suffit pour la distinguer des
autres corps, avec lesquels on pourrait la confondre.
Dans une [vrandc partie des minéraux, où les joints naturels sont peu sensibles, on parvient souvent à les reconnaître en observant leurs fractures le soir, à la lumière d'une bougie. Pour faire cette ol]servation, on choisit un cristal dans lequel la position présumée des Joints que l'on cherclie soit parallèle ù des faces naturelles, et l'on brise le cristal de manière à laisser subsister des portions de ces mêmes faces. Alors on varie successivement la position du fragment, jusqu'à ce que les reflets de la lumière paraissent simultanément sur ces portions de faces et sur les endroits fracturés ; cette coïncidence des reHets est une preuve du parallélisme dont il s'agit, et la position des faces extérieures sert ensuite à déterminercelledesjointssitués à l'intérieur, et par conséquent des faces de la forme primitive elle-même. Si les minéraux non susceptibles de clivage se refusent au genre d'observaliori dont on vient de parler, dès lors ils présentent dans tous les sens la cassure compacte, et leur caractère cristallin ne peut plus se conclure que de l'étude des formes e.\téiieures ou des propriétés optiques.
2° La forme cristalline. Les minéraux dont la cristallisation s'est opérée lentement et sans aucun trouble, se montrent ordinairement sous des formes polyédiiques, analogues à celles des solides de la géométrie. Ces formes sont régulières, ou du moins symétriques, c'est-à-dire composées de faces égales et parallèles deux à deux. Elles sont variables à l'infini dans la même espèce. Mais celle singulière métamorphose que subit un même corps est soumise à des lois simples, dont on peut calculer tous les effets; elle se borne à modifier l'aspect extérieur de la substance, sans nuire au mécanisme de sa structure interne, laquelle est uniforme et constante dans l'ensemble des variétés. Telle est la relation qui existe entre les formes cristallines d'un minéral, que chacune d'elles représente en quelque sorte toutes les autres, et que la simple observation de ces formes extérieures ou secondaires peut servir à déterminer la forme primilive elle même, de même que la forme primitive, supposée connue d'avance, sert à prévoir et à calculer toutes les formes secondaires.
Une même substance peut s'offrir sous une multitude de formes différentes, qui paraissent au premier abord n'avoir aucun Irait de ressemblance entre elles, et qui, lorsqu'elles sont du même genre, se distinguent par les mesures diverses de leurs angles. Ces formes ne sont point entièrement accidentelles ou indépendantes de la nature de la substance. Elles composent autant de variétés qui sont fixes, et qu'on retrouve partout les mêmes, avec des valeurs d'angles parfaitement identiques, pourvu toutefois qu'on les mesure à un degré constant de température; car la chaleur, en dilatant inégalement les cristaux, peut altérer jusqu'à un certain point les inclinaisons de leurs faces. Si l'on réunit unesuite nombreuse decristauxappartenant à la même espèce minérale, et qu'on les compare deux à deux, avec soin, on verra qu'ils ne sont réellement que de simples modifications les uns des autres, et qu'il est possible de les disposer en une série qui rende sensible le passage graduel de l'une des formes à toutes les autres.
be passage entre une forme quelconque et la suivante a lieu par de petites facettes modifiantes, qui remplacent les bords ou les angles de la première forme, et qui prennent ensuite dans d'autres individus de la même variété une plus grande extension, jus(|u'à devenir dominantes et faire disparaître ce qui reslait des faces primitives. Ces petites facéties ou ces modifications ne sont pas produites au hasard; elles sont assujetties à des lois qui règlent leur nombre, leurs positions relatives et leurs inclinaisons. La première de ces lois est connue sous le nom de loi de symétrie. Elle consiste en ce que les bords ou les angles solides delà forme modifiée, qui sont identiques entre eux. reçoivent tous à la fois les mêmes modifications, tandis que les bords ou angles non identiques ne sont pas semblablement modifiés. Une conséquence de celte loi, c'est qu'il est facile, en partant d'une seule forme du minéral, d'arriver d'une manière rationnelle à la détermination des autres formes qu'il peut prendre, et de connaîlre ainsi à priori ce qu'on nomme son système de cristallisation. Ce procédé toutefois ne détermine que l'espèce de chaque forme et non ses dimensions; mais une seconde loi, à laquelle les modifications sont assujetties, donne au minéralogiste les moyens d'établir des relations entre les angles de la forme primitive ou fondamentale et ceux de la fnrme secondaire ou dérivée. Les systèmes de cristallisation sont au nombre de six ; ils se distinguent entre eux d'après la diversité de nature des solides prismatiques, que l'on peut regarder comme leurs formes fondamentales, et qui sont tous des parallélipipèdes, les uns rectangulaires, les autres obliquangles. On peut les diviser et les classer de la manière suivante.
l'o Division. — Parallélipipèdes rectangles.
1" Les trois arêtes égales entre elles; forme fondamentale : le cube;
2» Deux arêtes égales, et la troisième différente; forme fondamentale : le prisme carré droit;
ô» Les trois arêtes inégales; forme fondamentale : le prisme rectangle droit.
11= Division. — Parallélipipèdes obliquangles.
1» Les trois angles plans de l'un des angles solides, égaux entre eux; forme fondamentale : le rhomboïde;
2= Deux angles plans égaux, et le troisième différeni; forme fondamentale : le prisme ihomboïdal oblique;
3° Les trois angles plans inégaux; forme fondamentale : le prisme obliquangle obli(iue ou parallélipipède irrégulier.
Les formes composant chaque système se subdivisent en plusieurs séries, dans chacune desquelles il est une forme simple qui domine ou dont toutes les autres portent l'empreinte. Par exemple, les formes dominantes du système rhomboédrique sont : le rhomboïde, le prisme hexagonal régulier, le dodécaèdre à triangles isocèles et le dodécaèdre à triangles scalènes. Dans les espèces minérales, fécondes en cristaux, et qui présentent toutes les formes comprises dans un même système, on remarque que les variétés provenant de localités diverses ou de terrains différents, affectent en général des formes dominanles particulières, et dans un grand nombre d'espèces où la totalité des formes
du syslènic ne s'est pns encori' monlicc, on observe une sorte d'IiabiUuie de cerlaiiies formes de préférence aux autres, ce qui, joint à la diversité du clivage, établit des différences entre les minéraux appartenant au même système. Mais c'est principalement de la mesure des angles que se tirent leurs caractères distinctifs. L'invariabilité des angles dans chacune des formes propres à une même espèce, donne à leur mesure une trèsgrande importance, parce qu'elle est susceptible d'être prise avec beaucoup de précision, et parce qu'elle est comme un point à peu près fixe et immobile au milieu des diverses causes qui Font varier les autres caractères desminéraux. Pourdéterminerics incidences mutuelles des faces d'un cristal, on se sert d'instiuments appelés ijoniomèlres ; il y en a de deux sortes : les uns qu'on peut appeler goniomètres d'application, et dont l'invention est due S Garangeot, se composent de deux lames d'acier réunies par un axe autour duquel elles peuvent tourner, et qu'on applique sur les faces d'un angle dièdre, perpendiculairement à leur intersection. Puis, sans changer leur degré d'ouverture, on les replace sur un rapporteur en cuivre, dont le limbe divisé fait connaître la valeur de l'angle cherché. La seconde sorte d'instruments, qui donne des mesures beaucoup plus précises, est due au docteur Wollaston. Elle porte le nom de goniomètre à ré/lexion, parce qu'elle sert à déterminer un angle dièdre au moyen de la réflexion d'un objet sur l'une et l'autre des faces qui composent cet angle. Cet instrument ne peut convenir qu'aux cristaux très-petits, à surfaces polies et réfléchissantes.
Les formes polyédriques des cristaux n'étaient point inconnues aux anciens. Pline a décrit, avec assez de justesse, celles du cristal de roche et du diamant. Mais jusqu'au milieu du dix -septième siècle, on les avait considérés comme de simples jeux de la nature. Sténon attira le premier l'attention des naturalistes sur ce sujet intéressant, en publiant à Florence, en 1009, une dissertation ayant pour titre : De solido intrà soUiliim natiiraliler contenta.
Depuis cette époque, on étudia les cristaux avec plus de soin, et pour y rechercher les lois d'une géométrie rigoureuse. 11 parut à Bologne, en 1088, un ouvrage curieux pour le temps, mais qui fut peu remarqué, quoiqu'il contînt le germe d'une science nouvelle. Cet ouvrage était intitulé : lîeflessioni filosofiche dedotte dalle figure dei Sali. L'auteur, Dominique Guglielmini, publia ensuite une Dissertation sur les Sels, qui a été imprimée à Venise en 1703. Déjà les fondements de la cristallographie étaient posés, et l'on vit paraître en 1723, à Lucerne, un Prodrome de cette science, par Capeller. Bientôt apiès Linné tenta le premier essai d'une distribution méthodique des minéiaux, dans laquelle les formes cristallines aient été prises en considération, et il joignit à son travail des descriptions et des figures aussi fidèles (jue le comportait l'état où se trouvait alors la science. Rome de l'isle vint ensuite, et fit faire un grand pas ù cette science en démontrant, par l'expérience, que les angles des cristaux étaient constants, en comparant entre elles les formes cristallines propres à chaque espèce, et prouvant qu'elles dérivaient toutes de certaines formes simples et fon-
damentales, au moyen de troncatures plus ou moins profondes sur les angles et sur les arêtes de ces dernières. Sa Cristallographie, publiée en 1783. est un ouvrage aussi remarquable pour le fond que pour la méthode, la clarté et la précision qui y régnent, et il a fait époque dans l'histoire de la science. A peu près vers le même teoips, Bergmann, cherchant à pénétrer jusque dans le mécanisme de la structure des cristaux, considéra les différentes formes relatives à une même substance comme produites par une superposition de lames de dimensions variables autour d'une même forme primitive. S'il eût suivi cette heureuse idée dans toutes ses conséquences, et s'il eût cherché il la vérifier à l'aide de l'observation et du calcul, en l'appliiiuant aux nombreuses variétés de formes des substances connues de son temps, il aurait eu la gloire qui fut réservée à llaUy, de donner une explication simple et naturelle de la structure des cristaux, et de fonder une théorie mathématique, qui devait être l'une des plus solides bases de la minéralogie.
S" Le nombre et la position des axes de réfraction. La double réfraction de la lumière est une des propriétés caractéristiques des substances cristallisées, parce qu'elle tient à l'arrangement uniforme et régulier de leurs molécules. Elle consiste en ce que le rayon lumineux qui les traverse, se partage généralement en deux faisceaux qui suivent deux routes différentes. L'un des deux faisceaux, qu'on nomme le rajon ordinaire, se réfracte d'après la loi commune à tous les corps, c'està-dire de manière que le rayon réfracté et le rayon incident sont dans un même plan normal à la surface réfringente, et que le sinus de l'angle de réfraction est dans un rapport constant avec le sinus de l'angle d'incidence. L'autre rayon suit une loi particulière, découverte par Huyghens et vérifiée par Wollaston et Malus ; ce rayon porte le nom de rayon extraordinaire. L'existence et la marche de ce second rayon se trouvent liées avec les positions suivant lesquelles les molécules du cristal se présentent au rayon incident. Si ces molécules sont arrangées d'une manière uniforme et symétrique alentour du centre du cristal, alors 11 n'y a plus de division du rayon lumineux, et le phénomène de la double réfraction ne se manifeste plus. C'est le cas de tous les minéraux cristallisés, qui apjiartiennent au système de cristallisation du cube. Toutes les autres substances, sans exception, donnent lieu à l'observation du phénomène; mais avec des circonstances particulières, en rapport avec leur structure cristalline. On remarque en effet ([u'il y a toujours une ou deux directions fixes qui sont telles, que le rayon ne se divise plus s'il tombe d'aplomb sur une face perpendiculaire ou parallèle à l'une de ces directions. C'est une conséquence de ce que les molécules sont alors disposées symétriquement alentour de cette direction, en sorte qu'elles tiennent en équilibre le rayon extraordinaire, dont la marche se confond avec celle du rayon ordinaiie. Toute ligne de I intérieur d'un cristal, dans la direction de laquelle le phénomène de la double réfraction est nul, porte le nom d'axe de double réfraction. Les axes de double réfraction sont en rapport, quant à leur nombre et à leur position, avec les axes
(le ci'islallisalion, el pai' consétjiienl avec la forme fondamentale (lu système. Ils peuvent servir à la iléteiminalion de cette forme, ou du moins de la classe à la(|uelle elle appartient, conjointement avec les caractères tirés du clivage et des formes extérieures. Ces relations importantes entre les axes de réfraction et les formes cristallines se généralisent el s'expriment de la manière suivante :
1' Tous les cristaux qui n'offrent qu'un seul axe de réfraction, ont des formes primitives telles, que leurs faces sont toutes semblalilement disposées par rapport à une seule ligne parallèle à la direction de l'axe. Ces cristaux appartiennent au système de cristallisation du rliomboïde ou du prisme carré droit.
2» Tous les cristaux qui présentent deux axes de réfraction, ont des formes primitives dont les faces ne peuvent se rapporter à un seul axe de cristallisation. Ce sont ceux qui appartiennent au système du prisme lectangle droit, du prisme rlioniboïdal oblique et du parallélipipède irrégulier.
ô" Les cristaux qui présentent, dans tous les sens, la réfraction simple, appartiennent au système de cristallisation cubique.
On emploie divers moyens pour reconnaître si une substance est douée de la double réfraction. Le plus simple et le plus ordinaire consiste à rechercher si elle produit le phénomène de la double image, lorsqu'on regarde un objet à travers deux de ses faces ojiposées, ce (jui doit toujours avoir lieu, si les faces font entre elles un certain angle, et ne sont ni parallèles, ni |)erpendiculaires à un axe de réfraction. Dans le Calcaire ihomboïdal et dans le Soufre, ce phénomène est trèssensible, même à travers deux faces parallèles. Mais dans la plupart des autres substances, il ne se manileste aisément que lorsqu'on choisit des faces réfringentes, disposées favorablement pour ce genre d'observation. Aussi est-on obligé souvent de faire tailler le corps dans un ou plusieurs sens, afin de s'assurer que le phénomène a lieu, et rendre son effet plus sensible en augmentant l'écart des deux images. Pour faire commodément celle expérience, on applique l'une des faces du corps contre l'œil, de manière que l'arête de jonction de ces faces soit horizontale, et l'on tient en même temps de l'autre main une épingle dirigée horizontalement, que l'on présente à une certaine distance du cristal, et que l'on regarde à travers les deux faces réfringentes. En faisant mouvoir cette épingle de bas en haut, on parvient bientôt à une position sous laquelle on voit deux images situées l'une au-dessus de l'autre et irisées. On peut aussi faire l'expérience le soir, en regardant à travers le corps une bougie allumée, placée à une certaine distance. On voit alors deux images de la Hamme, ordinairement nettes et bien prononcées. Ces moyens d'observation ne peuvent s'appliquer qu'aux substances qui se présentent naturellement en cristaux assez volumineux ou en lames épaisses. (Juant ii celles qui s'offrent toujours en lames minces comme les Micas, ou qu'on peut aisément ramener à cette forme par le clivage, on les soumet à un autre genre d'épreuve, beaucoup plus simple et non moins rigoureux que les précédents. Ce nouveau procédé re-
pose sur les propriétés qu'acquiert un rayon lumineux dans son passage à travers un corps doué de la double réfraction. Il consiste à faire usage d'un appareil inventé par Biot, et composé de deux lames minces de Tourmaline transparente, que l'on a extraites d'un prisme de cette substance, en le (aillant parallèlement à son axe. Ces deux lames sont posées l'une sur l'autre, de manière que leurs axes de cristallisation ou de réfraction se croisent à angle droit. Dans ce cas, on remarque une tache ou croix noire à l'endroit du croisement des axes, où il ne passe aucune i)articule de lumlèrç. On place entre ces lames le corps que l'on veut éprouver, et s'il possède la double réfraction, la lumière reparaît à l'endroit du croisement; s'il a la réfraction simple, le lieu du croisement reste obscur comme auparavant. Le même appareil peut servir à déterminer si une substance possède un ou deux axes de double réfraction.
4" Lepolychroïsme. Il existe dans le mode de transmission de la lumière à travers les corps cristallisés, d'autres différences qui paraissent également en rapport avec leur structure cristalline. Elles consistent en ce que ces corps, quand ils sont transparents et qu'on les regarde par réfraction ou en les plaçant entre l'œil et la lumière, manifestent des couleurs différentes, suivant les sens dans lesquels la lumière les pénètre. Celle différence de couleur est nulle dans les minéraux qui appartiennent au système de cristallisation du cube, et la raison en est évidente. Mais elle est plus ou moins sensible dans les substances qui présentent le phénomène de la double réfraction. Dans celles qui n'ont qu'un axe de réfraction, on observeordinairementdeux teintes, l'une produite par la lumière qui traverse le cristal parallèlement à l'axe, et l'autre par celle qui le traverse dans le sens perpendiculaire : c'est le phénomène connu sous le nom de dichroïsme. Pour toutes les directions intermédiaires, la couleur varie entre ces deux teintes extrêmes. Ce phénomène est sensible dans la Cordiérite, la Tourmaline, l'Émeraude, le Mica du Vésuve, etc. Dans les cristaux à deux axes de réfraclion, on est conduit à admettre l'existence d'une triple couleur ou du trichroisme, ainsi que Sorct l'a remarqué dans une Topaze du Brésil, dont les couleurs variaient du rose-jaunâtre au violet et au blanc-jaunâtre. Dans ce cas, l'une des couleurs est donnée, lorsque la lumière traverse le corps parallèlement au plan des axes et à la ligne qui divise en deux parties égales l'angle I formé parleurs directions; la deuxième a lieu lorsque j la lumière traverse le corps parallèlement à ce plan et 1 perpendiculairement à la ligne moyenne; et la troi- \ sième, lorsque la lumière traverse le corps perpendiculairement à ce plan et à la ligne moyenne. On peut donner, à l'exemple de Beudant, le nom de Trichioïles aux minéraux qui manifestent ainsi une triple couleur; celui de DichioUes à ceux qui en montrent deux et ne possèdent qu'un axe de réfraction; et enfin celui de Monochroïtes aux substances qui ne présentent qu'une seule teinte et n'ont que la réfraction simple. C'est aux travaux de Malus, de Erewster, de Biot, etc., qu'on est redevable de la découverte des propriétés optiques exposées dans les deux derniers paragraphes, et de leur
application à la distinclion des struclures crislalliiies des minéraux.