MI S
est un, la Calamine, qui est lialiiluellemenl étecliique à la température ordinaire. Mais la plupart ont besoin d'Êlre échauffés jusqu'à un certain degré, pouracquérir la propriété dont il s'agit, et ils la conservent ensuite entre certaines limites de chaleur, différentes pour chacun d'eux. Lorsqu'on laisse refroidir le corps audessous de la limite inférieure, il cesse tout à coup de donner des signes d'électricité; mais il existe dans cet abaissement de températureunaulreterme,où la vertu électrique reparaît avec des caractères qui la distinguent de la première. Les pôles sont alors renversés, c'est-à dire que le sommet du cristal où se manifeste l'électricité vitreuse dans les limites supérieures, possède la résineuse et réciproquement.
Pour déterminer si un minéral est isolant ou conducteur, on le frotte en le tenant à la main, et on le présente ensuite à une petite aiguille métallique, mobile sur un pivot, et qui est dans son état naturel. Si le corps est isolant, il aura conservé son électricité, et dans ce cas il attirera l'aiguille; mais s'il est conducteur, il sera sans aucune action sur elle. Lorsqu'on veut connaître la nature de l'électricKé que le corps a ac<|uise et conservée, on le présente à une petite aiguille semblable à la précédente, mais qui doit être isolée, et préalablement électrique; et suivant qu'il y a attraction ou répulsion, on juge que le corps possède une électricité contraire à celle de l'aiguille, ou la même électricité qu'elle. Une pareille aiguille électrisée d'avance, porte le nom iVélectroscope. L'électroscope peut être vitré ou résineux. L'électroscope vitré consiste en une aiguille métallique, dont une extrémité porte un petit barreau de Spath d'Islande, et qui est garnie en son milieu d'une chape de cristal de roche, par laquelle elle s'appuie et se meut sur une pointe d'acier, ayant elle-même pour sui)port un bâton de gomme laque. 11 suffit de presser le petit morceau de Spath entre les doigts, pour qu'il acquière aussitôt l'électricité vitreuse, et il la conserve très-longtemps. L'électroscope résineux diflFère du précédent en ce que l'aiguille est tout entière métallique, comme dans le premier appareil. On la met à l'état d'électricité résineuse, en frottant sur un morceau de laine ou de drap, un bâton de cire d'Espagne ou un fragment de Succin, puis en l'approchant jusqu'au contact d'une des extrémités de l'aiguille, qui est aussitôt repoussée.
■j-ft Propriétés dépendantes de l'action magnétique. Ces propriétés sont restreintes à un très-petit nombre de substances, parmi lesquelles il n'y a que le Fer qui se trouve dans la nature, à l'état où il est susceptible d'agir sur l'aiguille aimantée. On distingue deux sortes d'actions des minéraux sur cette aiguille : celle qu'on peut appeler simple, et qui consiste dans une attraction de ces corps sur l'un et l'aulre pôle de l'aiguille; et l'action polaire, dont jouissent les corps, qui étant présentés successivement parle même point aux deux pôles, agissent conslamment sur l'un par attraction et sur l'autre par répulsion. Pour reconnaître si un corps possède le magnétisme simple, il suffit de le présenter à l'aiguille et de voir s'il l'attire ou non. Si le corps possède le magnétisme polaire, on déterminera d'abord le point ([ui agit par attiaction sur l'une des
extrémités de l'aiguille, puis on le présentera de nouveau à cette même extrémité par le point diamétralement opposé, lequel agira alors par répulsion. Parmi les différents minerais de fer, il en est un qui possède le magnétisme polaire d'une manière très-sensible. Les autres agissent simplement par attraction, ou s'ils ont la vertu polaire, ils ne la manifestent que lorsqu'on les fait agir sur une aiguille faiblement aimantée. A'. i\lA-
GIVÉTISIIE.
tttt Propriétés dépendantes de l'action sur les sens.
1» Le toucher. Les minéraux peuvent exercer sur le tact des sensations très-différentes. On dit qu'ils ont le toucher doux, lorsipie leurs parties sont Hnes, et qu'elles glissent sous le doigt, sans produire l'effet d'un corps gras; le toucher onctueux, lorsqu'elles produisent un effet analogue à celui du savon; le loucher rude, quand ils sont composés de grains assez durs et fortement agrégés ; le toucher âpre, lorsque la surface du corps a une certaine âpreté, due aux parties dures et anguleuses, dont elle se compose. Quelques minéraux ont la propriété d'être happants à la langue, c'est-àdire que placés sur l'extrémilé de cet organe, ils en absorbent l'humidité et y adhèrent fortement, ce qui est un résultat de leur contexture poreuse et de leurs nombreuses cavités capillaires.
2" l'odeur. Elle se manifeste tantôt d'elle-même, tantôt avec l'aide de la chaleur ou du frottement; elle est propre à la substance, et due à la volatilisation de ses principes consliluanls, ou bien elle est tout à fait accidentelle, et provient d'une matière étrangère interposée entre les particules de cette substance. On distingue plusieurs sortes d'odeurs : l'odeur argileuse, qui se développe lorsqu'on fait tomber la vapeur de l'haleine sur la surface du corps; Vodeur fétide, qui se dégage par le frottement de certains ciistaux et de certaines pierres compactes; Vodeur bitumineuse que l'action du feu fait naîtie dans la Houille; Vodeur aromatique du Succin ; Vodeur sulfureuse des différents sulfures; Vodeur d'Ail des corps qui renferment de l'Arsenic, etc.
5» La saveur. Ce caractère existe dans les minéraux qui sont solubles et susceptibles de se combiner avec les matières salines de la salive. On distingue plusieurs sortes de saveurs, que l'on désigne, suivant leur nature, par les noms de ■métallique, astrinijenle, styptique, salée, fraîche, amère, nrineuse, acide et alcaline.
A" Le son. Ce caractère est d'une très-faible importance. II a été admis par les minéralogistes allemands, qui ont remarqué que certaines pierres, réduites en plaques minces et frappées par un corps dur, rendent des sons dont le degré est quelquefois appréciable. ttttt 1J6S formes extérieures en général.
D'après ce qui piêcède, les formes considérées dans les minéraux sont seulement celles qui résultent du travail de la cristallisation, et qui sont soumises à des lois constantes et régulières. Telle est l'action de ces lois auxquelles la nature inorganique est assujettie, que quand rien ne la trouble, elle tend à produire les formes les plus simples et les mieux caractérisées par leur régularité et leur symétrie. .Mais il est rare (|ue des circonstances locales et des causes iierlurbalriccs n'a-
gissem |):is pour inlcn-oiniire ou déraiigpr sa niaïf lie ordinaire : aussi ne produil-elle souvent que des formes inconiplèles, de simples ébauches dans lesquelles on voit la forme primitive se dégrader insensiblement, des agrégalions confuses de feuillets ou d'aiguilles, de fibres ou de grains; enfin des masses compactes dont la configuration est tout à fait irrégulière et indéterminable. Si l'on excepte les formes cristallines, qui paraissent en rapport avec la nature particulière des substances, et dans lesquelles cependant on observe encore certaines variations dépendantes des circonstances dans lesquelles elles se sont formées, on peut dire qu'en général les formes extérieures des minéraux sont tout ù fait accidentelles, qu'elles sont ainsi d'une très-faible importance dans leur classification, puisqu'elles ne peuvent établir que des caractères de simples variétés. Mais il est nécessaire de les considérer, lorsqu'on en vient à la description des espèces et de leur manière d'être dans la nature, et elles sont d'autant plus intéressantes, qu'elles peuvent donner une idée des causes et des circonstances de la formation du minéral.
On peut diviser, ainsi que l'a fait Beudant, les formes extérieures des minéraux en plusieurs classes : 1» ]es formes régulières, dont il a été déjà question dans cet article, et qui ont été considérées d'une manière spéciale au mot Cbistaliisation. 2" Les cristaux indéterminables, ou les formes oblitérées, provenant de l'altération des formes régulières, par l'accroissement démesuré de certaines dimensions , ou l'arrondissement des faces et des arêtes. Il est presque toujours possible de les ramener aux types dont elles dérivent. C'est ainsi que les formes du système cubique, qui approchent de la sphère, donnent lieu à des formes globuleuses ou sphéroïdalcs; les rhomboïdes à des formes lenticulaires, plus ou moins aplaties; les dodécaèdres, aux cristaux spiculaires et aux formes en aiguilles; les prismes en général à des cristaux tabulaires ou lamelliformes, ou bien à ces sortes de configurations que l'on désigne sous les noms de cylindroKle, bacillaire, 'aciculaire, etc. ô» Les r/rotipes de cristttii.v, ou ces agrégations plus ou moins régulières de cristaux appartenant à la même espèce, parmi lesquelles on doit distinguer surtout les groupements réguliers connus sous le nom de iMacles. y. ce mol. 4" Les Stalactites, ou ces concrétions allongées, coniques ou cylindriques, qui résultent de l'infiltration d'un liquide chargé de molécules pierreuses ou métalliques, à travers les voûtes des cavités souterraines. 3" les formes oolili<i lies, ou ces formes globuleuses à couches concentriques, <|Ui proviennent du mouvement qu'avait le liquide chargé de leurs particules, au moment oir il les abandonnait à elles-mêmes. 0" Les formes ovoïdes ou tuberculeuses , telles que les rognons, les géodes ou corps arrondis et creux à l'intérieur, dont la cavité est ordinairement tapissée de cristaux ou remplie d'une matière pulvérulente. 7»Les pseudomorplioses ou formes empruntées, produites soit par incrustation sur des corps organiques ou inorganiques, soit par moulage dans les cavités des roches et dans l'intérieur des Coquilles, soit par substitution graduelle de certains principes ù ceux d'une
autre substance, comme celles qui résultent de ces métamorphoses auxquelles on a donné les noms d'épigénie et de pétrification. S' tesforj/ies produites par le retrait des matières pâteuses qui se dessèchent, ou des matières fondues qui se refroidissent. 9» Enfin celles qui sont dues au roulis des eaux, et qui proviennent de cristaux ou de fragments détachés de roches préexistantes, entraînés par les eaux et usés par leur frottement mutuel.
De la valeur relative des caractères minéralogiques et de la classification.
On vient de parcourir l'ensemble des propriétés diverses <|ue peuvent présenter les minéraux, envisagés sur toutes leurs faces. Ces propriétés étant supposées connues par l'observation dans chacun d'eux, on conçoit que leur énumération complète fournirait une description exacte de cha(|ue individu pris isolément cl considéré en lui-même. Mais quand bien même il serait possible de parvenir à connaître ainsi chaque corps d'une manière absolue et indépendamment de tous les autres, celte connaissance ne suffirait pas encore pour constituer toute la science qui doit se composer, non de faits isolés, mais des rapports et des différences que l'on observe dans ces faits, lorsqu'on les a comparés el rapprochés entre eux, suivant le plus ou moins de ressemblance qu'ils manifestent. On a l'avantage de pouvoir exjirimer ces rapports et ces différences, et de les faire servir ensuite à distinguer et dénommer les minéraux, malgré la multitude innombrable de ceux qu'offre la nature, en distribuant tous les êtres inorganiques en divisions et subdivisions, d'après leurs caractères communs, de manière qu'en parlant de l'observation de ces caractères, on arrive aisément à trouver la place que le minéral occupe dans la méthode et le nom qu'il y porte. On ne cherchera point à faire ressortir ici l'importance d'une telle classificalion, ni ù tracer d'une manière générale la marche à suivre dans la formation des méthodes en histoire naturelle, ce sujet ayant été traité avec tout le développement convenable dans l'article Méthode. Le point essentiel à établir, c'est le principe rationnel d'où l'on doit faire dériver en minéralogie celle première sorte de division qu'on nomme espèce dans les règnes organiques, et qui est comme le terme commun auquel aboutissent toutes les divisions supérieures de la méthode. Dans les corps organisés, le principe d'où dérive l'espèce, el qui établit la similitude des individus qu'elle embrasse, c'est la génération successive de ces individus, qui tous peuvent être conçus comme étant originaires d'un seul. En minéralogie, ce principe n'a pas lieu, el l'espèce ne peut être qu'une réunion d'individus, qui ont une certaine ressemblance dans les propriétés. Pour que la méthode soit naturelle, il faut que ces individus aient entre eux plus d'analogie qu'ils n'en ont avec tous les autres; telle est la notion de l'espèce en général, et on ne peut la préciser davantage, qu'après avoir fixé ce qu'on doit entendre par individus dans le régne inorganique. Si l'on prend ce Icrme à la rigueur, il sera impossible de trouver le caractère de l'individualité dans les corps bruts que présente la nature, el qui tous peuvent être divisés, sans être
liétriiils; et l'on scia léiliiit à le chercher dans la molécule intégrante, qui, jouissant seule d'une certaine organisation, a le piivilége de ne pouvoir être décomposée qu'en parties hétérogènes. Mais rien n'empêche d'appli<iuer ce nom d'indirklu, dans un sens plus lâche, à une agrégation de molécules identiques, et de voir des individus semblables dans tontes les masses composées des mêmes molécules, quelle que soit la variété de leur structure. D'après celte idée, l'espèce inorganique est la réunion de tous les corps, dans chacun desquels les molécules sont identiques entre elles et avec celles des autres corps. Cette identité de molécules, que suppose la définition précédente, a lieu fréquemment dans les produits des laboratoires, comme aussi dans un grand nombre des produits de la nature; elle a été admise ici dans tous les minéraux, les ayant considérés comme purs, pour rendre plus simple l'élude de leurs propriétés; mais on rencontre souvent des agrégats mixtes, composés de plusieurs sortes de molécules, qu'il faut alors regarder comme des mélanges d'individus différents, ou si l'on veut d'espèces différentes. On verra bientôt que, dans ce cas, il est toujouis possible de démêler les espèces qui se combinent pour former une même masse, et qu'un pareil mélange, quand il se fait en proportions notables, n'a lieu ordinairement qu'entre les espèces les plus analogues.
Les molécules des substances minérales étant généralement composées d'atomes élémentaires, leur identité exige qu'elles soient formées des mêmes principes, combinés entre eux de la même manière et dans les mêmes proportions. S'il était possible de voir et d'étudier ces molécules elles-mêmes, rien ne serait plus facile que de vérifier ces conditions d'identité et d'appliquer la définition générale de l'espèce à la détermination d'une substance donnée. Mais on est réduit à n'opérer que sur des masses, c'est-à-dire sur des agrégats de molécules, souvent de nature diverse; on n'a pour prononcer sur l'analogie ou la différence des individus que les caractères qui appartiennent à ces masses, et qui peuvent dépendre plus ou moins du mode accidentel de leur structure ou du mélange des espèces. Or l'emploi de ces caractères exige une juste appréciation de leur valeur relative; il faut savoir exactement jusqu'à quel point ils peuvent s'accorder ou se trouver en opposition entre eux, quels sont ceux que l'on doit regarder comme caractères dominants et spécifiques, et dans quel ordre les autres se subordonnent aux premiers, pour établir soit les variétés de l'espèce, soit les réunions d'espèces en genres, familles, ordres el classes.
C'est parce qu'on n'a pas bien apprécié les rapports qu'ont entre eux les divers caractères, et parce qu'on a exagéré l'importance ou le degré de fixité de certains d'entre eux, qu'il y a tant de divergence entre les méthodes des minéralogistes, de ceux-là même qui semblent avoir admis en principe la notion de l'espèce, telle qu'elle a été donnée ci-dessus. Ils ont erré dans rapplication, en faisant servir à la détermination spécifique, au défaut de tel caractère, tel autre qu'ils cioyaienl propre à le suppléer, parce
qu'ils le supposaient en accord permanent avec le premier. C'est ce qui est arrivé pour les deux caractères que l'on regarde généralement comme étant de première valeur en minéralogie, savoir : la composition chimique et la forme cristalline. Hauy a été conduit parle raisonnement à regarder le premier de ces caractères comme l'un des types fondamenlanx de l'espèce; mais en cherchant à appliquer sa définition à la classification des minéraux, il a quelquefois manqué le but, en appelant à son aide un autre principe qui n'était point une conséquence rigoureuse de sa définition, et que l'expérience n'avait pas suffisamment démontré : ce principe était, que deux corps différemment composés ne pouvaient avoir la même forme cristalline, à moins que ce ne fût une forme limite, c'est à-dire une de celles qui appartiennent au système de cristallisation cubique. Aussi toutes les fois que deux individus avaient des formes semblables non régulières, HaUy en concluait que leur composition chimique essentielle devait être la même; et il rejetait soit sur les mélanges accidentels, soit sur l'imperfection des analyses, les nombreuses variations que l'on remarquait dans les résultats de ces dernières. Mais de nouvelles observations ont appris ce que ce point de vue pouvait avoir d'inexact, en établissant les rapports qui lient entre elles la forme cristalline et la composition atomistic|ue, et en faisant voir que la première dépendait d'une manière plus immédiate du nombre et de l'arrangement des atomes, que de leur nature particulière.
Il résulte des belles découvertes de Mitscherlich, que des corps composés d'éléments différents, mais d'atomes en nombre égal et réunis de la même manière, ont en général des formes, sinon identiques, du moins trèsrapprochées par la mesure de leurs angles. Cela tient à ce que les différentes bases, au même degré d'oxidation, ont elles-mêmes des formes identiques ou analogues, et qu'elles communiquent ensuite cette identilé ou cette analogie de forme, aux comjiosés dans lesquels elles se combinent dans la même proportion avec un même Acide. 11 en résulte ainsi des composés ternaires ou quaternaires de même formule, qui ne laissent apercevoir souvent aucune différence essentielle dans leurs caractères extérieurs, et qui cachent néanmoins sous cette apparente conformité de traits une diversité de nature, que l'analyse chimique peut seule découvrir. On connaît déjà plusieurs classes d'oxides qui sont telles, que les corps qui comi)osent chacune de ces classes renferment le même nombre d'atomes d'Oxigène, ont des formes semblables, et jouissent de la propriété de se remplacer mutuellement dans une même combinaison, sans altérer sensiblement sa forme cristalline. C'est à ces oxides que l'on a cru devoir donner le nom de bases isomorphes, expression qu'il ne faut pas prendre dans un sens trop rigoureux. La Chaux, la Magnésie, le deuloxide de Cuivre, les proloxides de Fer, de Manganèse, de Cobalt, de Nickel et de Zinc, composent une première classe. La Baryte, la Slronliane, l'oxide de Plomb, en forment une seconde. Une troisième renferme l'Alumine, el les deutoxides de Fer
I et de Manganèse.
I Les composés isomorphes ont la propriété, quand ils
sont dissous dans le même liquide, de cristalliser ensemble en tontes proportions, de manière que leurs molécules, quoique différentes de nature, concourent également à raccroissement d'un cristal unique, celles de l'un pouvant se substituer indifféremment à celles d'un autre, à cause de l'analogie de leurs formes; et la configuralion du cristal mélangé est sensiblement la même que celle des cristaux purs que chaque composé aurait produite isolément. Ce fait très-important, que l'on a remarqué d'abord dans les substances dont la cristallisalion est artificielle, paraît avoir eu lieu fréquemment dans la nature, et il fournit une explication satisfaisante des variations que l'on observe dans les analyses de certains corps regardés jusqu'ici comme appartenant à une même espèce. C'est ainsi que les 1 espèces, appelées Grenat, Amphibole, Pfe, comprennent un grand nombre de composés différents et de même formule; et les résultats de leurs analyses, qui, pendant longtemps, avaient paru n'ac- i ciiser que des mélanges accidentels, dans lesquels il ] ne pouvait y avoir rien de fixe, s'interprètent aujour- j d'hui et se calculent d'une manière rigoureuse, lors- | qu'on les discute avec soin, dans la vue d'y reconnaître j et d'y démêler les substitutions isomorphes.
On voit, par ce qui précède, qu'une même forme cristalline indique dans les minérau.x une analogie de composition bien plus qu'une identité de nature, et i|u'ainsi le caractère tiré de la forme ne peut être mis sur la même ligne que celui qui dérive de la décomposition chimique, supposée bien connue. On sait maintenant d'une manière positive, non-seulement qu'une même forme cristalline peut appartenir à des compo- •sitions différentes, mais encore que la même composition chimique peut se montrer sous des formes ciistallines, incompatibles dans un même système, sans qu'il soit toujours possible d'expliquer cette diversité par un changement dans la disposition des atomes, puis(|ue d'après les observations de Mitscherlich. elle a lieu jusque dans le Soufre, que tout le monde regarde comme un corps simple. La forme cristalline n'en est pas moins un caractère d'une très-grande importance, et s'il ne peut être employé seul à la détermination rigoureuse des espèces, il sert à rapprocher celles qui ont le plus d'analogie, et à en former des groupes naturels, qui correspondent assez bien à cette seconde sorte de division qu'on nomme genre dans les méthodes relatives aux règnes organiques.
Le caractère tiré de la double réfraction peut être assimilé au précédent, puisqu'il est toujours en rapport constant avec lui. Viennent ensuite comme caractères de seconde valeur, ceux qui dérivent de la densité et de la dureté dans les minéraux : on les emploie souvent comme auxiliaires des véritables caractères spécifiques, quand ceux-ci ne se sont pas encore prononcés d'une manière nette et décisive. Quant aux caractères tirés des structures d'agrégation et des formes accidentelles, ou a déjà vu qu'ils ne pouvaient servir qu'à établir les variétés de l'espèce.
Les espèces étant formées, il faut ensuite les réunir en genres, grouper ceux-ci en ordres ou familles, et les ordres en classes. Les genres ne peuvent être établis
que par le rapprochement des espèces qui ont le plus d'analogie dans leur composition chimique, et l'on s'accorde généralement à les former de celles qui ont un principe commun, soit le principe minéralisé ou la base, soit le principe minéralisateur ou celui qui fait fonction d'acide Mais suivant qu'on adoi)le l'un ou l'autre principe pour construire l'échafaudage des divisions supérieures, on arrive à des méthodes inverses l'une de l'autre, dont chacune a ses avantages. La méthode par les bases a été suivie par un grand nombre de minéralogistes, tant chimistes que cristallographes, par Hatly et Brongniart dans leurs Traités de Minéralogie, par Berzélius, dans son premier Essai d'un système purement chimique, etc. La seconde a été tentée avec beaucoup de succès par Beudant, dans le Traité qu'il a publié primitivement en 182.4.
Hatly divise l'ensemble du règne minéral en quatre grandes classes, dont la première ne comprend que les Acides trouvés libres dans la nature. Elle ne renferme qu'un très-petit nombre d'espèces. Les deux classes suivantes sont relatives aux minéraux qui renferment des substances métalliques. Or, Uatly distingue parmi les métaux : 1° ceux que les nouvelles découvertes de la chimie ont fait reconnaître dans les terres et les alcalis, et qui, ne pouvant exister seuls dans la nature, se montrent toujours sous un aspect différent de l'éclat métallique : ce sont les métaux héiéropsiiles; 2" ceux qui sont doués naturellement de cet éclat, ((ui s'offrent d'eux-mêmes sous leur véritable aspect, ou sont faciles à réduire à l'état métallique au moyen du Charbon : ce sont les métaux aiilopsides, ou métaux proprement dits. D'après celte distinction, sont établies les deux classes des substances métalliques bétéropsides et des subslances métalliques auloi)sides. Ces deux classes sont divisées en genres, dont chacun comprend les espèces qui ont une base commune, et diffèrent l'une de l'autre i)ar l'Acide uni à celte base. Ainsi le genre Chaux se compose des espèces : Chaux carbonalée. Chaux phosphatée. Chaux Hualée, Chaux sulfatée, etc. A la fin de la seconde classe, qui répond à l'ancienne classe des Sels ou substances acidifères, HaUy avait cru devoir placer à part, dans un appendice, toutes les substances siliceuses, c'est à-dire celles qui composaient anciennement la classe des pierres ou substances terreuses. Mais cette ligne de séparalion, qui d'ailleuis n'était que provisoire, doit disparaître aujourd'hui que l'on sait à quoi s'en tenir sur le rôle que joue la Silice dans ces combinaisons. Une quatrième classe renferme les substances combustibles non métalliques, auxquelles sont jointes, par appendice, sous le nom de substances phytogènes, c'est-à-dire engendrées des végétaux, celles qui doivent évidemment leur origine au règne végétal, comme les Houilles, les Bitumes, etc.
Après avoir étudié les propriétés des minéraux considérés en eux-mêmes, et tout ce qu'il est nécessaire de connaître pour être en état de les décrire séparément et d'eu ordonner ensuite le tableau général, le minéralogiste qui veut compléter leur histoire, doit indiquer avec soin leur manière d'être dans la nature, leurs relations de position entre eux, leurs différentes associations, et enfin l'emploi qu'on peut en faire dans les aris
cl les usages de la vie. Sous ces rappoi-ls, il cxisie enlre eux de grandes différences. Les espèces minérales ne sonl pas également distribuées à la surface et dans l'intérieur du globe : elles correspondent et à diverses époques et à divers modes de formation. Les unes ont été formées par voie de crislallisation et de dissolution préalable; d'autres par voie de fusion ignée; d'autres enfin par voie de sédiment ou de dépôt, dans des eaux (jui tenaient leurs particules en suspension. Les unes se présentent, mais de différentes manières, dans les terrains de toutes les époques; d'autres appartiennent plus particulièrement à telle ou telle classe de terrains. Les unes entrent dans la cojiiposition des grandes masses minérales ou forment à elles seules des montagnes, des couches, des amas ou dépôts limités, des veines ou des filons. Les autres sont répandues en noyaux, en rognons, en petits nids ou veinules, dans les grandes masses. Elles se présentent eu général de deux manières bien dislinctes : ou disséminées en cristaux et en grains dans l'intérieur des roches, ou implantées sur les parois des cavités souterraines. Enfin il en est qui ne se montrent qu'en enduit ou efflorescence à la surface de certaines pierres, et d'autres qu'on ne trouve ordinairement qu'en solution dans les eaux minérales. Ces diverses manières d'être des minéraux constituent ce qu'on nomme le (/iseiiient de l'espèce, auquel on peut ajouter l'indication des diverses localités où elles se rencontrent. Les minéraux diffèrent encore enlre eux, sous le rapport de l'application qu'on peut en faire aux besoins et aux agréments de la vie, et l'on peut même dire que le règne minéral est peut • être celui qui fournit le plus de ressources à l'industrie et répand le plus de richesses dans la société.
MINÉRAUX. Corps bruts ou inorganiques, dont la formation a été naturelle, et qui font partie de l'enveloppe extérieure du globe terrestre. Telssontceuxauxqucls on a donné les noms vulgaires de Pierres, de Sels, de Bitumes et de Métaux, et dont l'ensemble compose le règne minéral. Le mol Fossile est synonyme du mot Minéraux dans plusieurs langues; mais en français, il est pris dans un sens plus restreint, et ne s'applique qu'aux débris organiques, enfouis dans le sein de la terre, où ils subissent des altérations qui souvent les transforment en de véritables substances minérales.
MINERVE. BEPT. Espèce du genre Couleuvre. F. ce
MINES. Dès que l'Homme fut assez avancé dans la civilisation pour sentir toute l'iniporlance et se faire une nécessité de certaines substances minérales, il tenta de les extraire du sein de la terre par des fouilles ou par des excavations pratiquées selon la direction que présentaient les amas de ces substances. On donna le nom de Mines à ces excavations, lorsqu'elles avaient pour objet la recherche des matières d'une valeur assez considérable, telles que les substances métalliques qui dans leur état de nature et mélangées avec d'aulies substances sont désignées sous le nom de Minerais; et l'on appela simplement Canières, les excavations creusées pour l'exlraclion des terres, des sables et des sub-
stances pierreuses d'une très-faible valeur iptiinsèque. L'art des Mines ne reçut de grands développements qu'après que les sciences physiques eurent fait préalablement des progrès étendus. Il fallait d'abord trouver le minéral, en reconnaître la composition et les propriétés physiques ; c'était la leçon que le minéralogiste seul pouvait enseigner; connaître les moyens de s'enfoncer dans les luofondeurs de la croûte terrestre, quellcqu'en fût la résistance, quelques obstacles qu'elle présentât par la présence des voies d'eau ou d'autres Huides qui la Iraversent accidentellement ; c'était l'art du mineur proprement dit; enfin on devait ensuite, par les procédés les plus économiques, en retirer les substances utiles et les amener à l'état de pureté : c'était l'affaire du métallurgiste el du chimiste. Puisque tant de connaissances étaient nécessaires, il dut s'écouler bien des siècles avant qu'on ne commençât l'exploitation des Mines de métaux altérés par leur combinaison avec une foule de corps étrangers à leur nature. Aussi les métaux qui se rencontrent presque purs, ou seulement engagés dans des combinaisons faciles à détruire, ceux qui d'ailleurs possèdent une grande ductilité, de l'éclat et une certaine dureté, furent-ils les premiers en usage : le Cuivre, par exemple, est la matière de la plupart des vases que l'on découvre dans les monuments de la plus haute antiquité. Mais aussitôt que l'Homme eut reconnu la grande utilité du Fer et sa supériorité réelle sur toutes les autres substances métalliques, il dirigea d'abord toute son attention vers l'extraclion de ce métal; il y arriva enfin par des procédés qui, à la vérité, ne découlaient d'aucunes connaissances chimiques, mais qui, cependant, reposaient sur les théories que le perfectionnement des sciences, et l'investigation des savants modernes sont ])arvenus II établir. Quant aux principaux moyens de pénétrer dans l'intérieur de la terre, il suffit de rappeler la puissance de la force expansive de la poudie à canon, pour faire sentir toutes les conséquences utiles de cette admirable invention. Que de travaux longs et dispendieux n'a-t-elle pas épargnés, depuis son introduction en 1615, dans l'art du mineur! La perforation des roches quartzeuses et granitiques; la division de celles (|ui offrent des scissures naturelles, mais dont les niasses étaient énormes, ne s'opéraient qu'avec une lenteur tellement désespérante qu'il fallait pour la surmonter la persévérance opiniâtre des malheureux condamnésaux plus pénibles travaux; l'emploi de la poudre abrégea donc les efforts des Hommes en leur facilitant l'accès des minerais enfouis dans les abîmes que l'on jugeait jusqu'alors impénétrables avec le seul secours des outils.
Les travaux des Mines s'exécutent, soit par des tranchées ou excavations à ciel ouvert, soit par des puits ou des galeries souterraines. La Tourbe, les terres et les sables où gisent l'Or, les Diamants et les minerais d'alluvion, sont exploités par le premier moyen. On met en usage les autres, lorsqu'il est nécessaire d'établir des ouvrages fort compliqués, lorsqu'il s'agit de l'extraction des minerais dont les amas et les filons se prolongent à une grande profondeur et suivant des directions variables. Dans les houillères, par exemple.
d BTe en s t fux
Artion des va|:ups sur les rochers abiupls
011 pialiquc des ouvrages en ytadiiis, c'csl-iVdirc eu foinianl des enlailles semblables aux marches d'un escalier. Les gradins sont dits droits ou descendants, lorsqu'on alla(iue les minerais par-dessus, et on les apiielle renversés ou montants quand le minerai est attaqué par-dessous. Ces deux sortes d'ouvrages ont des avantages et des inconvénients particuliers, qui les font préférer suivant les circonstances. Lorsque la couclie est assez épaisse et peu mélangée, que le toit est difficile à soutenir, et qu'on veut exploiter à de grandes distances sans être obligé de beaucoup étayer, on travaille par chambres. Ce sont des tailles droites de dix à vingt mètres de largeur, qui avancent dans la Houille sans galeries préparatoires, soit suivant la direction de la couche, soit suivant son inclinaison. Celte sorte de travaux est employée avantageusement quand on craint le voisinage de quelques amas d'eau qu'il est facile de reconnaître par le sondage, et qu'on peut arrêter par la construction d'une digue solide derrière le front de la taille. Quelquefois, après avoir donné aux chambres la plus grande largeur possible, de manière cependant que le plafond ne risque pas de s'ébouler, on laisse des massifs de Houille comme moyen de soutènement, et une portion de la couche supérieure quand le toit de celui-ci est ébouleux. C'est ce qu'on appelle exploitation par piliers ou en échiquier. Ce mode est désavantageux, en ce que les massifs qui forment les piliers sont des matériaux perdus, c'est pourquoi on ne leur donne que les dimensions nécessaires pour remplir leur objet.
Les moyens ingénieux et hardis que les mineurs emploient pour extraire les masses minérales sont trop nombreux, trop importants pour que l'on puisse en donner ici une idée. On se bornera à présenter une récapitulation générale des Mines, en suivant la division adoptée par les géologues, qui les partagent en trois classes, savoir : 1" les Mines des terrains antérieurs à la Houille; 2» les Mines des terrains secondaires et de sédiment; ô° et les Mines des terrains d'alluvion.
Mines des terrains antérieurs à la Houille.
Elles n'existent que dans certaines régions montagneuses, et sont ouvertes pour la jilupart sur des filons, des amas et des couches métalliques. Dans celte classe, les Mines de l'Amérique espagnole sont les plus célèbres; la richesse de celles du Pérou et du Mexique est même devenue proverbiale. Elles sont situées dans la grande chaîne nommée Cordillière des Andes qui longe tout le littoral de l'Océan pacifique; mais ces montagnes ne paraissent pas èlre également métallifères dans toute leur étendue, et les exploitations se trouvent seu lement dans des cantons très-éloignés les uns des autres. L'Argent y est le métal le plus commun; on y a aussi ouvert quelques Mines d'Or, de Mercure, de Cuivre, de Plomb, et même de Sel gemme. La fameuse montagne de Potosi, située vers le 50« degré de latitude australe sur le versant oriental de la chaîne, ne fournil plus comme autrefois un minerai très-riche; néanmoins le produit n'en a pas diminué, parce que l'abondance de ce iiiînerai a suppléé à la richesse. Dans les premières années de leur exploitation, c'est-à-dire vers le milieu
du XVJf siècle, on trouvait communément des minerais qui rendaient 40 à 45 pour cent; depuis le commencement du siècle qui vient de s'écouler, la richesse moyenne n'est plus que de 48/100 à 68/100 d'once par quintal, ou 0,0005 à 0,0004. La niasse d'Argent produite jusqu'au commencementdu siècle présent, par les Mines de Potosi, est estimée par Hiimboldt à 5.750,000,000 de francs. Le minerai est en filons très-nombreux dans un Schiste argileux primitif, qui constitue la masse principale de la montagne et qui est recouvert par une couche de Porphyre argileux.
D'autres districts de l'Amérique méridionale sont aussi fameux par leurs Mines d'Argent. Ceux de Huantajaya, de Pasco et de Chota l'emportent de beaucoup sur les autres par l'abondance de leurs minerais. C'est ' dans les Mines de Huantajaya qu'on a trouvé les plus grandes masses d'Argent natif; on en découvrit une, en 1738, qui pesait huit quintaux. Dans les Mines de Pasco, le minerai est encore très riche, puis(|ue le produit moyen de tous les minerais est de 1 once 28 centièmes par quintal, et qu'on en trouve même qui donnent 50 ou 40 pour cent. Combien il est à regrettei' que ces riches dépôts aient été la possession des plus ignorants d'entre les hommes I Durant plus d'un siècle et demi, on avait criblé le sol, sans aucun ordre, d'une grande quantité de puits, et l'épuisement des eaux ne se faisait qu'à bras d'homme, et d'une manière trèsdispendieuse. 11 n'y a que quelques années que des mineurs européens ont établi dans ces Mines des machines à vapeur pour l'épuisement des eaux; et déjà l'exploitation a donné des résultats infiniment avantageux. La partie équaloriale des Andes est encore trèsriche en minerais d'autres métaux que l'Argent. On exploite dans les districts de Huailas et de Pataz, des Mines d'Or et de Plomb. Le Pérou offre aussi plusieurs Mines de Cuivre et de Mercure. Ces dernières ne sont pas nombreuses; la plus remarquable et la seule iinporlanle est celle de Huancavelica qui se trouve sur le revers oriental des Andes du Pérou à 15" de latitude australe, et à 3752 mètres au-dessus de la mer. Enfin on connaît au Pérou quelques Mines de Sel gemme, sur lesquelles Rivero, ingénieur péruvien, qui a achevé son éducation scientifique en France, a donné de très-curieux renseignements. Les Cordillières dans la partie qui se rapproche de l'isthme de Panama, c'est-à-dire dans les Étals principaux de la république de Colombie, sont peu riches en gîtes mélallifères, tandis qu'au contraire les terrains d'alluvioii y fournissent par les lavages une quantité d'Or très considérable.
Le Mexique a toujours été célèbre par la grande variété de ses minerais; néanmoins on s'y borne presque exclusivement à l'exidoilation des Mines d'Argent. Situées principalement à l'ouest de la chaîne des Cordillières, elles se trouvent en général à une très-grande élévation au-dessus de la mer. Les travaux forment environ trois mille Mines dislincles qui sont réparties autour de cinq cents chefs-lieux que l'on nomme Réaies. Ces Mines embrassent une superficie de 12000 lieues carrées, c'està dire à peu près la deuxième partie de la surface du .Mexique. Quelques Réaies sont remarquables par leur excessive richesse . tandis que d'autres
n'offrent que des minerais très-pauvres. Les gîtes sont principalement des filons qui traversent des roelies primitives ou de transition. Les énormes produits d'Argent que verse le Mexique dans la circulation, sont plutôt dus à la facilité de l'exploitation et à l'abondance des minerais qu'à leur lichesse intrinsèque, et les produits seraient susceptibles de beaucoup d'augmentation, si les travaux des Mines étaient mieux dirigés qu'ils ne l'ont été par les Espagnols ou les Mexicains. Des compagnies anglaises ont entrepris de les améliorer, mais elles ne paraissent pas avoir parfaitement réussi, et le bien qui semblait devoir en résulter vient d'être annibilé par l'effet des secousses politiques ou peut-êlre par l'avidilé des entrepreneurs. Les liéales du Mexique ne sont pas distribuées uniformément sur toute l'élendue des Cordillières. On peut les considérer comme formant buit groupes qui ont reçu les noms des provinces dans lesquelles ils sont situés. Le plus remarquable est le Groupe central, dont le point principal est la grande ville de Guanaxuato, à soixante lieues N. N. 0. de Mexico, et qui comprend les fameux districts des Mines de Guanaxuato, Catorce, Zacatecas et Somberete, les plus riches du Mexique, puisqu'à eux seuls ils fournissent plus de la moitié de l'Argent que cet empire met en circulation.
Le filon principal du district de Guanaxuato est connu sous le nom de la Velu-Mailre- Sa puissance est de quarante à quarante-cinq mètres, et il est reconnu sur une longueur de 12,700 mètres. On y compte dix-neuf exploilalions, dont le produit annuel a une valeur de près de trente millions de francs. La plus riche est celle de Valenciana, découverte en 1764, et qui n'a jamais produit moins de deux à trois millions de francs par année.
Le nord de l'Amérique est loin de pouvoir être comparé, sous le rapport de la richesse minérale, avec les contrées méridionales de celle partie du monde. II est vrai qu'on ne connaît pas suffisamment la géologie de la vaste région de l'Ouest, quoiqu'elle ait été naguère explorée par plusieurs savants minéralogistes; mais il paraît <iue la nature n'y est pas abondante en produits métalliques. La chaîne des Alleghanys qui court parallèlement aux rivages de l'Océan Atlantique, renferme un assez grand nombre de gîtes de minerais de Fer, de Plomb et de Cuivre, quelques minerais d'Argent, de Fer carburé et chromaté; mais la plupart des tentatives faites pour les exploiter sont demeurées sans succès. De ce que l'ancien continent a été habité par des hommes beaucoup plus avancés dans les arts et les sciences, il en est résulté que l'emploi des métaux, soit comme signe représentatif des richesses, soit comme matières premières pour la confection de tous les instruments nécessaires à l'Homme social, a puissamment excité la recherche des Minerais enfouis dans toutes les localités de celte partie du globe. Aussi les découvertes s'y sont-elles muUipliées à l'infini, et le nombre des Mines y est tellement considérable, qu'il n'enlre point dans le plan de cet ouvrage de les énumérer avec quelques détails. On indiquera seulement les contrées de l'Asie et de l'Europe qui sont surtout remarquables par l'exploilalion de leurs Mines, el parmi ces dernières
on fera connaître celles dont les produits sont les plus considérables.
Dans le grand nombre d'exploitations importantes que possède la Sibérie, les plus riches en métaux précieux constituent l'arrondissement de Kolywan, et sont situées à l'exlrémilé occidentale de la chaîne des monts Altaïs. Ces Mines sont ouvertes dans les teirains schisteux (jui environnent au nord, ù l'ouest et au sud-ouest, la croupe occidenlale de la haute chaîne granitique dont ils sont séparés par des terrains formés par d'autres roches primitives.
La Mine de Zméof située à 51" 9' 25" de latitude boréale, et 79" 49' 50" de longitude orientale de Paris, est la plus importante des Mines de l'arrondissement de Kolywan, lesquelles produisaient, en 1780, selon Patrin, environ trois mille marcs d'Or et six mille marcs d'Argent. Indépendamment de ces mélaux, on y trouve encore des minerais abondants de Cuivre, de Plomb, de Zinc et d'Arsenic. Ces minerais ont pour gangues de la Baryte sulfatée, de la Chaux carbonalée, du Quariz et rarement de la Chaux Huatée. Les premières années ont été les plus productives ; mais les travaux commencés en 1745 étaient si mal dirigés, qu'ils avaient fortement compromis l'exploitation. II a fallu que le gouvernement russe eût recours à des mineurs allemands pour parvenir à régulariser les travaux de ces Mines, lesquels sont très-compliqués en raison de la puissance et de l'inclinaison du gite. Celui-ci forme un filon reconnu sur une longueur de plusieurs centaines de toises et jusqu'à quatre-vingt-seize toises de profondeur. Il est incliné d'environ SO» dans sa partie supérieure, et il devient presque vertical à une certaine profondeur. On exploite, dans les monls Altaïs, quelques Mines de Cuivre qui donnent de grands produits; mais il n'y a pas de Mines de Plomb proprement dites ; tout celui qui est employé pour le traitement des minerais d'Or et d'Argent, est tiré de Nertschinck, Mine située à sept cenls lieues de là, sur les bords du Heuve Amour. La principale fonderie de la région métallifère de Kolywan, qui existait dans ce dernier lieu, a été supprimée à cause de la rareté du combustible. Elle est maintenant à Barnaoul, ville située sur l'Obi et distante de cinquante lieues de Zméof.
Il n'est aucune contrée du monde plus riche en minerais de Plomb que la partie de la Daourie où est situé Nertschinck, chef-lieu du troisième arrondissement des Mines de la Sibérie. Le minerai est de la Galène qui a ordinairement pour gangue des minerais de Zinc et de Fer dont on ne tire aucun parti. Les filons se trouvent dans un Calcaire gris souvent siliceux et argileux, qui repose sur un sol de Granité et de Schiste. Ces Mines sont exploitées presque uniquement pour l'Argent que contient le minerai, et dont la proporlion n'est que de six à dix gros par quintal. La Litbarge produite par la coupellalion est rejetée comme inutile, el, près des fonderies, l'on en voit des tas plus hauts que les maisons. Une petite quantité cependant est conservée pour le traitement des minerais d'Or et d'Argent des autres arrondissemenls. L'exploitation des Mines de la Daourie date de la fin du dix-septième siècle ; mais on n"a donné une grande impulsion aux liavaux de ces Mines
qu'après l'expulsion des Chinois, qui posséilaienl le pays, et qui en avaient commencé les premières opérations.
L'immense chaîne des monts Durais, qui, sur une longueur de plus de cinq cents lieues, sert de limite naturelle à l'Europe et ù l'Asie, contient des gîtes trèsriches de minerais de Fer, de Cuivre et d'Or. Les exploitations de ces mines sont situées sur les deux versants; mais elles sont beaucoup plus nombreuses sur le versant oriental, où elles constituent l'arrondissement d'Ekaterinbourg, depuis les environs de cette ville jusqu'à cent vingt ou cent trente lieues au nord. Dans les mines de Cuivre, les tilons sont en général remplis de matières argileuses, pénéirées d'oxide ronge de Cuivre et mêlées de Cuivre carbonate vert et bleu, de Cuivre sulfuré et de Cuivre natif. Parmi les exploitations des monts Durais, on cite comme les plus importantes celles de Tourinski et de Gouraechefski. Le minerai des premières donne dix-huit à vingt pour cent, et en 1786, le produit annuel était de dix mille quintaux métriques de Cuivre. Les secondes sont célèbres par les belles Malachites qu'on y trouve : c'est de là que sont venus presque tous les beaux morceaux de celte substance employés en bijouterie. Le minerai n'y rend que trois à quatre pour cent de Cuivre; mais son abondance, en 1786, était telle, que le produit annuel s'élevait à vingt mille quintaux métriques de ce métal.
Dn exploite, dans les monls Durais, un grand nombre de Mines de Fer. Les minerais du versant occidental se trouvent souvent dans un Calcaire gris, compacte, dont l'âge géologique parait beaucoup plus moderne que les roches de la chaîne centrale. Le Fer oxidulé. doué du magnétisme polaire, est très-commun dans les Mines du versant oriental, sur lequel on voit des montagnes entières d'Aimant. Tous ces minerais de Fer sont exploités à ciel ouvert et rendent rarement moins de cinquante à soixante pour cent de Fer; ils alimentent de nombreuses usines dont les plus anciennes ont été fondées en 1628. Vers 1790, la quantité annuelle des matières fabriquées par les usines à Fer des deux versants s'élevait à plus de cinq cent mille quintaux métriques. Elles étaient embarquées sur les divers affluents du Volga, qui descendent de la chaîne de l'Dural, puis de là transportées dans l'ijitérieur de la Russie européenne.
Au pied des monts Durais, du côté de l'Asie et à trois lieues nord est d'Ekaterinbourg, existe une Mine d'Or célèbre par le Plomb chromaté qu'on y a découvert en 1776, et par quelques variétés rares de minéraux. L'Or y est à l'étal natif, disséminé dans un minerai de Fer hydraté caverneux, qui constitue un large filon dont la profondeur n'est pas considérable, et qui diminue en richesse à mesure qu'on s'éloigne de la surface. Cette Mine d'Or n'est pas la plus importante des monts Ourals; caria grande quantité de ce métal qu'on exploite dans ces contrées, provient des dépôts d'Argiles aurifères, qui appartiennent à d'autres terrains que ceux-ci. L'Dr est en général si répandu dans ces terrains, que les matériaux dont sont construites les maisons de la ville d'Ekaterinbourg en contiennent une quantité assez considérable pour qu'on ait songé, vers
ces derniers temps, à l'extraire avec beaucoup de bénéfice. C'est encore dans les monts Durais que l'on exploite les belles feuilles de Mica connues dans le commerce sous le nom de Mica de Russie.
Après avoir sommairement exposé la statistique des Mines de la Sibérie ou de l'Asie seplenirionale, il resterait à parler des Mines qui existent dans les autres régions de celte vaste partie du monde, telles que la Chine et l'indoustan, si d'une part les renseignements que les voyageurs ont fournis sur ces contrées n'étaient pas trop insuffisants, et si, d'un autre côté, les principales exploitations de ces Mines n'avaient pour objet la recherche des métaux précieux ou des diamants qui appartiennent aux terrains d'alluvion, et dont il sera parlé plus bas. D'après l'ordre adopté pour ce dictionnaire, ne considérant d'abord que les Mines de terrains antérieurs à la Houille, on terminera l'exposition de celle catégorie par les Mines d'Europe. Ici le nombre des exploitations se multiplie tellement que l'on est forcé d'user encore plus de brièveté dans leur énuméralion, quoique leur importance, l'intérêt qu'elles doivent inspirer par les notions exactes que l'on possède sur elles, seraient de bons motifs pour s'étendre davantage sur les travaux qu'on y exécute et sur les produits importants qu'elles fournissent.
Ayant d'abord parlé des Mines de Sibérie, une transition naturelle conduit à dire un mot des Mines de l'Europe orientale et particulièrement de celles de la Hongrie et de la Transylvanie. Elles forment quatre groupes principaux, nommés d'après les villes principales qui s'y trouvent, ou mieux par leurs positions géographiques respectives.
Dans le groupe du nord-ouest, les dislricts de Schemnilz, de Kremnitz et de Koenigsberg, renferment des Mines d'Or, d'Argent et de Plomb, dont quelques-unes sont exploitées depuis le temps des Romains. A Scheninilz, le minerai se trouve dans des roches porphyriques, le plus souvent vertes, qui ont les plus grands rapports avec les Porphyres métallifères du Mexi(|ue. Les filons de ce minerai sont nombreux et parallèles entre eux : ils sont en général très-puissants; mais leur étendue en longueur paraît n'être pas très-considérable. Parmi les minéraux dont ils sont composés, les plus importants sont l'Argent sulfuré, mêlé d'Or natif,et la Galène ou Plomb sulfuré. Tantôt ces deux principales substances sont isolées, tantôt elles sont mélangées de manière à donner des minerais de toutes les richesses, depuis ceux qui rendent soixante pour cent d'Argent jusqu'à la Galène la plus pauvre. L'Dr y accompagne l'Argent dans une proportion extrêmement variable, mais qui ordinairement approche de celle de un à trente. Les travaux des Mines de Sclieinnitzsont généralement très-bien conduits; on y a ouvert de belles galeries d'écoulement, et les eaux motrices sont recueillies et employées avec art. Cependant il paraît que l'état prospère de ces Mines commence à éprouver un mouvement de décadence, qui provient peut-être de ce que l'instruction des ingénieurs est moins soignée aujourd'hui, malgré les progrès des sciences, qu'elle ne l'était il y a une cinquante d'années, époque à laquelle Marie-Thérèse établit l'école des Mines de Schem-
iiilz, <|iii avait d'abord acquis iiiio grande célébrité.
Les roches inétallifùres de Kremnilz sont fort analogues à celles de Sclicmnilz, et les filons y sont ù peu près de niÈine nature. Seulement, ils contiennent plus d'Or natif, et on y trouve de l'Antimoine sulfuré et de l'Antimoine liydrosulfuré qui n'existent pas dans les attires. Kremnitz est le siège d'un hôtel des monnaies où rOr et l'Argent de toutes les Mines de Hongrie est soumis au départ, et où s'exécutent en grand toutes les opérations chimiques et la préparation des substances nécessaires à la métallurgie.
PrèsdeKœnigsberg, ville située à six lieues de Schemnitz, existent des Mines dont les filons ont une position très-irrégulière et très-incertaine, ce qui fait que les mineurs ont peu de données fixes sur la conduite des travaux et sur les produits des exploitations. Leurs minerais ont pour gangue une roche feldspathique, et se composent princi|)alement d'Argent sulfuré aurifère.
Les environs de la petite ville de Neusohl sont remarquables par leurs minerais de Cuivre, exploités depuis le treizième siècle, et qui contiennent six onces d'Argent par quintal. Ces masses de minerais paraissent constituer des filons dans le Schiste micacé ou dans les couches inférieures de Grauwacke, formant des montagnes assez élevées. A quinze ou vingt lieues, à l'est de Neusohl, existe encore une contrée très-riche en Mines de Cuivre argentifère et surtout en Mines de Fer. Ce dernier métal s'y trouve en couches dans des Schistes talqueux et argileux et à l'état de Fer spathique, on le plus ordinairement de Fer hydraté, concrétionné et compacte. C'est aux environs de Bethler, Schmœlnilz, Gœlnilz, Ensiedel, Prakendorf, Rosenau, etc., que sont situées les principales Mines. Enfin si l'on voulait faire connaître la totalité des richesses minérales de celte contrée, on parlerait de la Mine de Mercure de Zalathna, de celle d'Antimoine de Rosenau et des Mines d'Opales de Czervenitza.
On exploite une grande variété de métaux dans les Mines qui forment le groupe de Nagybanya ou du nordest. Elles se trouvent dans une grande chaîne de montagnes dont la composition est analogue à celles de Schemnitz, et qui partant des frontières de la Buchowine où elle se lie aux monts Krapacks, viennent se perdre au milieu des Grès salifères, sur les frontières de la Transylvanie. Toutes ces Mines donnent de l'Or; mais les plus importantes sont aussi exploitées pour d'autres métaux employés dans les arts. Ainsi, les Mines de Laposbanya produisent aussi du Plomb sulfuré argentifère; celles d'Olaposbanya contiennent du Cuivre et du Fer; celles de Kapnick du Cuivre ; celles de Felsobanya du Réalgar, et celles d'Ohlalapos de l'Orpiment. Il en est d'autres qui produisent de l'Antimoine sulfuré et du Manganèse. Enfin, dans le comté de Marmarosh, vers le nord, existe l'imporlanle Mine de Fer de Borscha, et sur les frontières de la Buchovvine, la Mine de Plomb de Radna, qui contient en outre beaucoup de minerais de Zinc.
Dans les montagnes qui occupent la partie occidentale de la Transylvanie, entre la Lapos et la Maros, sont situées les Mines formant le groupe de l'est ou d'Abrudbanya. Les minerais y gisent principalement
dans des roches porphyriques, analogues à celles de Schemnitz, quoiqu'on en trouve également dans le Micaschiste, la Grauwacke et jusque dans le Calcaire. On compte environ quarante exploitations qui fournissent toutes des minerais aurifères. Elles produisent en outre du Cuivre, de l'Antimoine, du Manganèse et du Tellure. C'était même la seule localité connue de ce dernier métal, avant qu'on ne l'eût retrouvé, il y a peu d'années, en Norwège. Les Mines de Nagyag sont les mieux exploitées; elles sont aussi les plus riches; car les filons y sont fort nombreux et moins irréguliers que dans les autres Mines où les travaux sont en général très-mal combinés.
Le dernier groupe des Mines de Hongrie et de Transylvanie, celui du sud-est ou du Baunat de Temeschwar, est situé dans les montagnes qui viennent barrer à Orschova la vallée du Danube. Les dépôts métalliques y forment des couches entre le Micaschiste et le Calcaire, quelquefois entre celui-ci et leSyénit-Porphyre; ils se montrent aussi en filons bien prononcés dans le Syénit-Porphyre et le Micaschiste. Le Cuivre argentifère contenant un marc d'Argent par quintal, et quelquefois un peu d'Or, est le plus important minerai des exploitations de cette contrée. C'est là que l'on rencontre les plus beaux échantillons de Cuivre carbonate bleu. D'importantes Mines de Fer, quelques-unes de Plomb, de Zinc et de Cobalt, sont aussi exploitées dans le Bannat de Temeschwar.
Indépendamment des Mines qui viennent d'être citées, la Hongrie en possède quelques autres éparses dans diverses parties de ce royaume. Elles ont principalement pour objet l'exploitation de la Galène, de la Houille et du Sel gemme.
D'après les évaluations de Héron de Villefosse, les Mines de Hongrie et de Transylvanie produisent annuellement 1,277 kilogrammes d'Or et environ 20,80-3 kilogrammes d'Argent, c'est-à-dire à peu près la totalité de l'Or et le tiers de l'Argent que produisent les Mines de l'Europe. Elles donnent en outre dix-huit à vingt mille quintaux métriques de Cuivre.
L'Allemagne orientale, qui comprend, sous le rapport géologique, l'Autriche, la Bavière, la Moravie, la Silésie, les parties adjacentes de la Bohème et de la Saxe, possède, dans ses terrains primitifs et de transition, un nombre prodigieux de Mines; elles sont situées dans les diverses chaînes de petites montagnes que présentent ces contrées. La plus riche en gîtes de minerais est celle qui sépare la Saxe de la Bohème, sur la rive gauche de l'Elbe, et que l'on connaît sous le nom d'Erzgebirgc; ses produits principaux sont l'Argent, l'Étain et le Cobalt. Les Mines du versant septentrional sont célèbres depuis plusieurs siècles. C'est là qu'est établie la fameuse école des Mines de Freyberg. Sa position est à quatre cents mètres au-dessus du niveau de la mer, dans un pays agréable et commerçant, mais malheureusement dépourvu de bois. Les travaux souterrains y sont exécutés avec une grande régularité, et l'on y admire surtout la perfection des machinesd'épuisement et d'extraction. Une seule administration y dirige les opérations qui occupent neuf à dix mille hommes répartis dans plus de quatre cents Mines, parmi
lesquelles celles des environs de Freyberf; sont les plus productives. Leur prospérité va toujours croissant malgré la profondeur qui, en qnel(iues lieux, est déjà poussée à quatre cent quatorze mètres, c'est-à-dire à peu près au niveau de la mer. Ces Mines d'Argent sont ouvertes sur des filons qui traversent le Gneiss. Celles de Marienbers, petite ville située à sept lieues de Freyberg, étaient jadis les plus tlnrissanles; car au seizième siècle, on a trouvé à peu de dislance de la surface, des minerais qui donnaient une quantité presque incroyable d'Argent; mais depuis la guerre de trente ans, ces Mines ont considérablement déchu, et se sont presque anéanties. Les autres Mines de la Sa.xe ont été exploitées successivement pour l'extraction de l'Argent, du Fer et du Cobalt. On en retire aussi du Bismuth, du Manganèse, un peu de Galène argentifère et du Cuivre gris. Les minéraux dont l'Argent est la base constituent les principaux rainerais, et on les traite en partie par l'amalgamation. La richesse moyenne n'est que de trois à quatre onces par quintal; cependant elle est à peu près égale à celle des minerais du Mexique et supérieure à la richesse actuelle de ceux du Potosi. Ce n'est donc que par leur abondance que les minerais d'Améri(|ue sont les plus productifs du globe. Le Cobalt est exploité en Saxe et travaillé de la manière la plus étendue. On le retire des mêmes filons que l'Argent, et on en fabri(|ue du Smalt ou bleu de Cobalt. Le Cuivre et le Plomb n'y sont que des produits accessoires.
Les Mines d'Étain de l'Erzgebirge sont les plus impartantes après celles d'Aigent. La Mine d'Allenberg est en exploilation depuis le quinzième siècle. Le métal s'y trouve en amas et en filons, disséminé dans des masses d'Hyalomycte, intercallées dans le Granité. Ces roches sont extrêmement dures, et l'on est obligé de s'aider par le feu pour l'attaque du minerai. Néanmoins on y a pratiqué des chambres immenses, qui, à diverses époques, ont occasionné des éboulemenls fâcheux. On estime à deux mille deux cent quintaux métriques le produit annuel des Mines d'Étain de l'Erzgebirge. On obtient en outre une grande quantité d'oxide d'Arsenic, par le grillage des minerais d'Étain, qui sont accompagnés de Pyrites arsenicales.
Les autres chaînes de montagnes de l'Allemagne orientale renferment plusieurs Mines importantes de Fer, de Cuivre, de Plomb argentifère quelquefois accompagné de Blende dans laquelle on a reconnu la présence du Cadmium. On ne peut donner ici des détails étendus sur ces Mines qui sont disséminées dans l'Autriche, la Bohême, la Moravie et la Silésie.
Ayant commencé l'histoire abrégée des Mines de l'Allemagne, par l'Orient, c'est le lieu d'exposer de la même manière celle des Mines de l'Allemagne occidentale, dont les principales forment cette contrée classique des Mines que l'on nomme le Hartz, c'est-à-dire cette petite partie du continent, qui correspond à une portion de l'antique Sxlra Hercynia de Tacite. C'est un pays de forêts qui s'étend autour du Broken, montagne située à l'ouest de Magdehourg, et qui s'élève à mille cent trente-deux mètres au-dessus du niveau de la mer. Son étendue est à peu près de douze myriamèlres carrés de surface. Les filons de Plomb, Argent
et Cuivre, qui forment la richesse fondamentale du Harlz, se trouvent principalement aux environs des villes d'Andreasberg, Clausthal, Zellerfeld et Laulhental. Ils se dirigent généralement du nord-ouest au sudest et plongent au sud-ouest, en faisant avec l'horizon un angle de 80». Ils ont pour gangue une roche de Grauwacke commune et schisteuse, recouverte par du Calcaire de transition; ce système est supporté par le Granité qui constitue la montagne de Bioken. C'est dans les districts d'Andreasberg et de Clausthal que sont exploités les minerais les plus riches et qui consistent en Plomb argentifère, en minerais d'Argent proprements dils, tel que de l'Argent rouge, et en minerais de Cobalt.
Le district de Goslar est remarquable parla mine de Cuivre de Eammelsberg, ouverte depuis près de neuf siècles, et dont le produit annuel est de douze à treize cents quintaux métriques. Le minerai contient aussi de la Blende, accompagnée d'une petite quantité d'Argent et d'Or, susceptibles néanmoins d'en être séparés avec bénéfice.
L'époque de la plus grande prospérité des Mines du Harlz a été le milieu du siècle dernier. En 1808, leur produit brut annuel avait une valeur de cinq à six millions de francs. Elles livrent annuellement trente mille quinlaux métriques de Plomb, seize à dix-sept cents quintaux métriques de Cuivre, huit raille cinq cents kilogrammes d'Argent et une immense quantité de Fer.
Les travaux de ces Mines sont admirables par leur étendue et l'habileté avec laquelle ils ont été conduits. C'est surtout par la manière dont les eaux sont recueillies et économisées pour le Holtage des bois et le mouvement des machines, que le Harlz est célèbre; aussi les mineurs de ce pays méritent par leur patience, leur activité et leurs talents, d'être regardés comme ceux qui ont poussé le plus loin les progrès de leur art. Dans la Mine de Samson, près d'Andreasberg, on voit le plus grand ouvrage à gradins qui se lencontredans aucune Mine; il se compose de quatre-vingts gradins droits, et sa longueur est de plus de six cents mètres. Les aqueducs présentent un développement total de vingt myriamètres; ils sont pratiqués soit à ciel ouvert autour des montagnes, soit dans leur intérieur comme des galeries souterraines.
Les régions boréales de l'Europe, où l'âpreté du cllraat iraprime à la nature une physionomie si chétive dans ses productions organiques, sont en revanche dotées d'une grande opulence minérale.
La Suède et la Norwège possèdent de riches mines de Cuivre, de Fer et d'Argent. Pendant longtemps on a exploité à quinze ou vingt lieues sud-ouest de Christiania, des Mines d'Argent qui ont fourni une grande masse de ce métal ; mais depuis 1792, elles n'ont donné qu'un très -faible bénéfice. La Mine de Sabla ou Sahlberg, à environ vingt-trois lieues nord-ouest de Stockholm, élait autrefois très- productive; elle ne donne aujourd'hui que quatre à cinq mille marcs d'Argent par an. En général les produits des Mines de Suède et de Norwège ont beaucoup diminué quant aux métaux précieux, comme l'Or, l'Argent et le Cuivre; mais ces contrées conservent encore leur réputation pour les
Fers exccllenls qu'elles produisent. Ce nn'tat forme avec le Cuivre la principale richesse de la Suède, dont les Mines et Usines donnaient, en 180'J, un produit brut de 36,590,000 fr. Les dd-pôls de rainerais de Fei- y semblent inépuisables et sont situés au milieu de grandes forêts de Bouleaux et de Conifères dont le Charbon passe poiii' le plus propre à la réduction du Fer. On évalue il sept cent cinquante mille quintaux métriques de Fer ou de Fonte moulée, le produit annuel des Mines et Usines de Suède; sur cette quantité, cinq cent mille quintaux sont versés dans le commerce extérieur. C'est dans les provinces de Wermeland, d'Upland, de Smoland, dans la Laponie, la Dalécarlie, et l'île d'Utoe, qu'existent les plus considérables Mines de Fer. Parmi les plus importantes, on cite celles de Nordmarck et de Persberg, situées près de Philipsladt, sur le rivage septentrional du lac Wener. Elles ont été ouvertes, en 1G50, sur des filons ou couches de Fer oxidulé, de plusieurs mètres de puissance, dans un terrain composé de roches amphiboliques talqueuses et granitiques. L'emploi de la poudre a considérablement abrégé les travaux de ces Mines, qui d'abord s'exécutaient à l'aide d'instruments de Fer, et (|ui offrent des tranchées verticales, à ciel ouvert, de cent vingt mètres de profondeur. Les Mines de Dannemora, situées à onze lieues d'Upsal. tiennent le premier rang parmi celles de la .Suède et même de toute l'Europe. Le minerai magnétique qu'on en retire fournit un Fer extrêmement susceptible d'être converti en Acier. On en exploite les masses dans un terrain formé de roches primitives, en employant le feu et la poudre. Ces travaux sont exécutés Ji ciel ouvert, sur une longueurde plus de quatorze cents mètres, et à une profondeur effrayante.
Après les exploitations de Fer, celles de Cuivre sont les plus importantes de la Suède. La Mine de Fahlun en Dalécarlie, est creusée dans une masse irrégulière et très-puissante de Pyrites enveloppées par des roches talqueuses ou amphiboliques. Ces Pyrites sont en quelques points presque uniquement ferrugineuses, et en d'autres, surtout près de la circonférence, elles contiennent une plus ou moins grande proportion de Cuivre. Les travaux de ces Mines ont d'abord été exécutés à ciel ouvert; l'éboulement des parois de l'excavation, arrivé en 1647, a fait renoncer à ce mode d'exploitation, et depuis ce temps, on a creusé des puits et des galeries jusqu'à la profondeur d'environ quatre cents mètres. Cette Mine qui, dans ses temps les plus prospères, rendait cinquante mille quintaux métriques de Cuivre par an, n'en fournit plus maintenant que six à neuf raille. On en relire en même temps trois cents quintaux métriques de Plomb, une faible quantité d'Argent et d'Or, et beaucoup de Soufre qui sert à la fabrication de l'Acide sulfurique, et d'autres produits chimiques. C'est dans cet établissement que le célèbre Berzélius a fait la découverte du Sélénium. Parmi les autres Mines considérables de Cuivre, on peut se contenter de citer celles de Garpenberg à dix-huit lieues de Falhun, de Nyakopparberg en Néricie à vingt lieues de Stockholm, et d'Alwidaberg en Ostrogolhie. Ces Mines sont remarquables, non-seulement par leurs énormes produits, mais encore par la forme et la disposition sin-
gulière de leurs niasses de minerais. On a commencé à exploiter en Suède, depuis une quarantaine d'années, des Mines de divers autres métaux, comme l'Antimoine et le Coball; leurs produits, dont la qualité est d'ailleurs excellente, ne sont pas en quantités considérables.
Les autres parties de l'Europe boréale ne peuvent être comparées à la Suède sous le rapport de l'importance de leurs Mines. En Finlande existent bien quelques Mines assez considérables; mais il paraît qu'elles ont beaucoup déchu, depuis que ce pays a cessé d'appartenir aux Suédois. Les tentatives que l'on a faites pour l'exploitation de plusieurs Mines découvertes sur les bords des lacs Ladoga et Sbuyna, dans le nord de la Russie européenne, ont été pour la plupart infructueuses.
La Grande-Bretagne, déjà si riche par ses immenses relations commerciales, possède dans son sein un fonds de richesses moins factice , et qu'aucune nation ne pourra lui enlever; ce sont ses abondantes Mines d'Élain, de Cuivre et de Plomb, abstraction faite des énormes produits en Fer que fournissent les terrains houillers et dont il sera fait mention ultérieuremenL On peut juger de la richesse minérale de l'Angleterre par l'immense quanlilé de Cuivre seulement que produisent ses Mines, quantité que l'on évalue à cent mille quintaux métri(|ues par année.
Ces Mines sont situées : 1" dans le Cornouailles et le Devonshire; 2» dans le sud-est de l'Irlande; 3» dans l'île d'Anglesey et les parties voisines du pays de Galles; 4° dans le Cumberland, le Weslmoreland, le nord du Lanscashirc et l'île de Man ; 5" dans le midi de l'Ecosse; 6" dans la partie moyenne de ce dernier royaume.
Les minerais de Cuivre du Cornouailles et du Devonshire consistent en Pyrites cuivreuses et en Cuivre sulfuré, accompagnés de Pyrites arsenicales; ils constituent des filons dirigés à peu piès de l'est à l'ouest, et encaissés ordinairement dans un Schiste argileux, talqueux ou amphibolîque, (|ue l'on nomme Killas; quelquefois ces filons se trouvent dans le Granité qui forme des protubérances au milieu du Schiste. C'est aussi la manière dont se présentent les filons d'Étaiu, mais leur inclinaison est tellement différente, qu'ils sont coupés et interrompus par les filons de Cuivre, dont la formation est par conséquent postérieure. Les minerais d'Étain forment aussi des amas qui paraissent se rattacher aux filons par un de leurs points. Près de rcntrecroisement des filons, ou trouve des mélanges de minerais de Cuivre et d'Élain. Ainsi quelques Mines donnent à la fois de l'Élaiu et du Cuivre, mais la plupart ne produisent, en quantité notable, qu'un seul de ces métaux. En certains lieux du Cornouailles, les filons croiseurs contiennent du Plomb argentifère et divers minerais d'Argent. Le produit annuel des Mines du Cornouailles et du Devonshire est d'environ vingt-huit mille quintaux métriques d'Êtain, quatre-vingt-cinq mille quintaux métriques de Cuivre, et sept à huit mille quintaux métriques de Plomb. Toutes les opérations sont faites, dans ces Mines, de la manière la plus économique et la mieux étendue; c'est là qu'on voit des machines à vapeur, d'une force prodigieuse, suppléer avec un immense avantage aux moyens ordinaires, aux bras des
hommes dont le service est extrêmemenl coûleux on Angleterre. Quelques exploilalious sont célèhres parla hardiesse de leurs travaux. On cite par exemple celle appelée Botallack- Mine, près du cap Cornwall; elle est ouverte dans les rochers qui forment le rivage de la mer, et s'étend à plusieurs centaines de mètres sous ses eaux cl à plus de deux cents mètres au-dessous de son niveau. L'épaisseur du rocher qui soutient en (pielques points les eaux, est si faible qu'on entend dislinclement le roulement des cailloux pendant les tempêtes.
L'Irlande possédait autrefois un très-grand nombre de Mines de Fer; elles ont beaucoup diminué par suite de la destruclion des forêts. Les principales Mines de ce pays ont pour objet l'exploitation de Pyrites cuivreuses, accompagnées de quelques autres minerais de Cuivre, de Plomb et d'Antimoine sulfurés.
Les côles du pays de Galles qui avoisinent l'île d'Anglesey et celte île elle-même, sont remarquables par leurs Mines de Cuivre. Elles ont pour objet des masses de Pyrites cuivreu.ses, quelquefois d'un volume considérable, et qui paraissent former des amas dans un terrain renfermant des Serpentines et diverses roches talqueuses. On traite tous ces minerais dans une usine établie dans l'île d'Anglesey. Les Mines de Westmoieland, du Cumberland et du Lancashire sont assez importantes par l'abondance de leurs minerais de Cuivre et de Fer. C'est à Borrowdole, dans le Westmoreland, qu'on exploite la Mine de Plombagine ou Fer carburé qui fournit les excellenis crayons anglais. Ce minéral forme des amas dans un terrain talqueux.
Dans le midi de l'Ecosse existent des Mines de Plomb célèbres, à Lead-IIills dans le Lanarckshirc; les filons sont encaissés dans la Grauwacke et conliennenl aussi du Manganèse. Une Mine de Cuivre a été découverte depuis peu à Cally, et une d'Antimoine à West-Kirck dans le Dumfriessliire. Les Mines de Plomb de Slronlian,dans l'Argylhshire, sont les plus remarquables de la partie moyenne de l'Ecosse. Elles sont ouvertes sur des filons qui traversent le Gneiss. Le produit annuel decesMines ainsi que de celles de l'Ecosse méridionale, est de vingt-cinq mille cinq cents quintaux métriques de Plomb.
Plusieurs contrées montagneuses de l'Angleterre sont formées par un Calcaire immédiatement inférieur au terrain houiller, et qui en un grand nombre de lieux, renferme d'abondantes Mines de Plomb. Les filons offrent généralement cette disjjosilion remarquable, qu'ils s'amincissen t et même s'inleriompenl brusquement lors- (|u'ils rencontrent des couches de Grès ou de Roches trapéennes,quise trouvent intercalléesdansle Calcaire. Les produits fournis par ces Mines de Plomb sont immenses. On évalue à cent soixante dix mille quintaux métriques celui d'Alslon-Moor en Cumberland, mais il y a lieu de croire que c'est de la Galène et non de la quantité de Plomb métallique que les savants Anglais ontvoulu parler en donnant celte évaluation. Les Mines du Derbyshire, très-nombreuses et peu considérables, commencent à s'épuiser; elles donnent annuellement neuf mille quintaux métri(|ues de Plomb, et un peu de Calamine et de Cuivre. On renconlredans les filons du
Derbyshire des échantillons de minéraux de la plus grande beauté. La partie nord-ouest du pays de Galles forme le district le plus productif après celui d'AIslon- Moor; il produit chaque année soixanle-neuf mille quintaux mélriiiues de Plomb, et une certaine quantité de Calamine.
Les terrains piimilifs de la France, bien qu'ilsoccupent une assez grande étendue de sa superficie, ne sont point aussi métalliques que les autres conlrées de l'Europe qui viennent d'être successivement examinées. Si des minerais s'y présentent fréquemment, ils ne sont pas d'une assez grande importance pour donner lieu à des exploitations qui puissent être comparées à celles du Hartz, de Saxe et d'Angleterre. Malgré tout l'intérêt qu'une notice détaillée sur les Mines de France pourrait offrir aux lecteurs de cet ouvrage, on est obligé de se borner à indiquer les principaux gîtes de minerais en exploitation, soit dans le centre de ce royaume, soit dans les chaînes de montagnes qui en forment les limites naturelles, sans avoir égard aux divisions territoriales politiques, si mobiles depuis le commencement de ce siècle. Les circonscriptions géologiques sont en effet les seules immuables; ainsi quel que soit le souverain qui ait étendu sa domination en deçà du Rhin et des Alpes, la Belgique et les contrées Alpines n'en font pas moins naturellement partie de l'empire des Gaules. Le naturaliste va même plus loin, il ne s'arrête pas à une seule considération géologi(|ue; il regarde comme faisant partie d'une même contrée, tous les pays enclavés dans les bassins naturels, où non-seulement s'observe l'analogie de la nature des terrains, mais encore où l'on trouve une grande similitude dans les productions.
Les Vosges forment avec les montagnes de la Forêt- Noire qui n'en sont séparées que par la vallée du Rhin, un seul système composé des mêmes roches, et où se voient plusieurs centres d'exploilation de minerais de Plomb et de Cuivre argentifères, des minerais de Fer et quelques Mines de Manganèse et d'Anlhracite. Parmi les principales Mines des Vosges, on remarque celles de La Croix-aux-Mines, de Sainle-Marie-aux-Mines et de Giroraagny. Dans les premières, un filon de Plomb argentifère a offert une puissance de plusieurs toises, et a été reconnu sur plus d'une lieue de longueur. Après les filons d'Amérique, c'est un des plus grands que l'on connaisse; il contient du Plomb phosphaté, de l'Argent antimonié sulfuré, etc. Sa direction est du nord au sud parallèle à peu près à la ligue de jonction du Gneiss et d'un Granité porphyroïde. Il coupe le Gneiss en plusieurs points, mais peut-être se Irouve-t-il quelquefois enlre les deux roches. C'est aussi le Gneiss que traversent les filons exploités à Sainle-Marie-aux-Mines. Ils se dirigent perpendiculairement aux filons de La Croix, dont une montagne syénitique les sépare. Outre le Plomb sulfuré, ils contiennent divers rainerais de Cuivre, de Cobalt et d'Arsenic, tous plus ou moins argentifères. Des minerais à peu près semblables constituent les filons des environs de Giromagny, sur la croupe méridionale des Vosges. Ces filons sont dirigés à peu près du nord au sud, et traversent des Porphyres et des Schistes argileux, système qui rappelle le terrain mé-
lallifère de Sciiciiiiiilz. MalgriS les avantages que semblaient pioinettre les Mines des Vosges, par les produits qu'elles ont fournis à diverses époques, elles sont abandonnées en ce moment; on espère que celles de LaCroix et de Saintc-Maric-aiix-Mines seront reprises incessamment,et qu'elles seront longtemps productives, attcuiju que leur exploitation n'a jamais été poussée au-dessous des vallées voisines.
Au delà du Rhin, les environs deFribourgenBrisgaw offrent des exploitations de Plomb en grande activité; elles forment six Mines distinctes qui donnent annuellement quatre cents quintaux métriques de ce métal, et deux cents marcs d'Argent. A AViltichen, dans le Furstemberg, existaient des Mines de Cuivre, de Cobalt et d'Argent, qui produisaient, il y a quelques années, prés de quatre cents kilogrammes d'Argent. Elles alimentent une fabrique de Smalt et de produits arsenicaux.
Les plus importantes Mines de Fer des Vosges, sont celles de Franiont et de notliau. Les minerais des premières sont du Fer oxidé rouge et de l'Hématite brune qui se trouvent en filons très-épais et très-irréguliers, dans un terrain composé de Griinslein, de Calcaire et de Grauwacke. On y a découvert récemment un filon extrêmement ricbe de Cuivre sulfuré. Les filons des Mines de Rotliau traversent un Granité syénitique, et se composent d'oxide de Fer rouge le plus souvent magnétique. Enfin un grand nombre de gîtes de minerais de Fer sont exploités en divers points des Vosges, à Saulnot près Belfort, aux environs de Thann et de Wassevaux non loin des sources de la Moselle, et dans le nord des Vosges, près d'Erlenbacb, et de Scliœnau. Le minerai de Fer y est quelquefois remplacé par divers minerais de Plomb, dont le plus abondant est le Plomb phosphaté qui est en exploitation à Erlenbach et à Katsental. Les Mines de Manganèse des environs de Sarrebruck, renommées parla bonté de leurs produits, constituent dans le Grès des Vosges, un filon anologue à ceux de Fer qui viennent d'être mentionnés.
Plusieurs Mines célèbres de Fer, de Zinc, de Plomb et de Cuivre, existent dans les terrains de transition qui forment un pays de collines assez étendu en Belgique et dans le nord-ouesl de l'Allemagne. C'est sur la rive droite du P.bin,dans les principautés de Nassau et de Berg, qu'on trouve les principales exploitations de Cuivre et de Plomb argentifères. Toutes ensemble produisent annuellement six mille quintaux métriques de Plomb et trois mille cinq cents marcs d'Argent. On cite encore quebiues Mines de Cobalt aux environs de Siegen, ainsi que dans le grand-ducbé de Hesse-Darmstadl et dans le duché de Nassau-Usingen. Les Mines de Fer de la rive droite du Rhin donnent des produits trèsconsidérables. Leurs minerais sont composés de Fer hydraté en filons, de Fer spalhique en amas, et de Fer oxidé rouge disposés par couches. Dans les provinces prussiennes de la rive gauche du Rhin, existent aussi beaucoup de Mines de Fer dont les minerais sont du Fer hydraté, quelquefois zincifère, formant des liions ou des dépôts très-irréguliers dans les terrains de transition. Les Mines de Plomb de ces provinces, jadis assez importantes, sont maintenant complètement abandon-
nées. En s'avançant vers le nord, on rencontre les gites de Calamine dont le plus considérable est situé dans le pays de Limbourg et une partie du royaume des Pays- Bas. Les Espagnols qui entreprirent de l'exploiter, il y a plusieurs siècles, n'avaient d'abord exécuté que des travaux à ciel ouvert; on en est venu aux galeries souterraines qui sont percées jusqu'à la profondeur de quatre-vingts mètres. La Calamine est encore retirée de diverses Mines situées dans les environs d'Aix-la-Chapelle, qui en fournissent quinze à vingt mille quintaux métriques aux fabriques de Laiton. Au nord de Namur se trouve la Mine de Vedrin ouverte sur un filon de Galène à peu près vertical, d'une puissance d'un à trois mètres, sur une longueur d'une demi-lieue. Cette Mine a produit jusqu'à neuf mille quintaux métriques de Plomb ; mais aujourd'hui elle ne donne plus qu'environ deux mille quintaux métriques de Plothb et sept cents marcs d'Argent.
Le sol de plusieurs départements du centre et du midi delà France est constitué par des terrains granitiques, qui n'offrent que des Mines isolées et de peu d'importance. Elles se trouvent toutes vers le bord oriental de la masse des terrains anciens, dans une zone où les roches schisteuses sont très-abondantes. Les Mines du département de la Lozère sont remarquables par la régularité de leurs travaux, mais elles ne produisent annuellement que mille quintaux métriques de Plomb et mille six cents marcs d'Argent. A Chessy et à Saint- Bel, au nord-ouest de Lyon, on a exploité avec succès des veines très-étendues de Pyrites cuivreuses, renfermées dans un schiste talqueux, au-dessus duquel est un Grès rouge ou bigarré, qui contient une grande quantité de superbes cristaux de Cuivre carbonate bleu et de Cuivre oxidulé. Le Manganèse oxidé forme un amas très-abondant dans le Granité, à Romanèclie, département de Saône et-Loire. Non loin de là, est la montagne des Écoucliets près de Couches, qui renferme un gite d'oxide de Chrome.
11 existe en Bretagne deux grandes exploitations de Plomb. Ce sont les Mines de Poullaouen cl de Huelgoat, près de Carhaix; on les regarde comme les plus importantes des Mines métalliques de France. La Mine de Huelgoat est ouverte sur un filon de Galène, qui traverse des roches de transition, et dont l'exploitation commencée il y a environ trois siècles, atteint une profondeur de deux cents mètres. Elle est célèbre par le Plomb-Gomme qu'on y a découvert. Le filon de Poullaouen, découvert en 1741, se présentait d'abord avec une grande puissance; mais il s'est considérablement appauvri et divisé à mesure qu'on a creusé, ce qui n'en a pourtant point arrêté les travaux. Ces Mines occupent plus de neuf cents ouvriers, et ou y remarque de belles machines hydrauliques pour l'épuisement des eaux. Elles livrent annuellement plus de cinq mille quintaux métriques de Plomb, quelques quintaux de Cuivre et environ quatre cent soixante-dix kilogrammes d'Argent.
Quoique les Alpes et leurs embranchements possèdent un certain nombre de Mines, celles-ci sont encore loin de correspondre à la niasse et à l'étendue de ces montagnes primitives. Dans les Alpes proprement dites,
c'est-à-dire dans les cliaines qui se groupent aulour du Mont-Blanc, on ne comple que fort peu de Mines en aclivilé. Celles de Pesey et de Macnt, à sept lieues de Moutiers, en Savoie, sont les plus considérables. C'était dans ce lieu que l'empereur Napoléon avait établi une école pratique des Mines. Le Plomb sulfuré s'y trouve en amas dans des roches talqueuses et mélangé avec du Quariz, de la Baryte sulfatée et de la Chaux carbonatée ferrifère. La Mine de Pesey a donné, sous le gouvernement impérial, un produit annuel de deux mille quintaux métriques de Plomb et de deux mille cinq cents marcs d'Argent. Celle Mine commence ù s'épuiser; mais celle de Macot, ouverte depuis peu d'années, donne déjà des produits considérables. .4 Servoz, dans la vallée de l'Arve el dans une montagne schisleuse qui fait face au Mont-Blanc, est une Mine de Pyriles cuivreuses dont l'exploitalipn est maintenant suspendue.
La pallie du déparlemenl de l'Isère qui forme le pied des Alpes, est remarquable par ses nombreux giles de minerais. Malheureusement, leurs exploilalions sont pour la plupart abandonnées. La Mine d'Alleraonl a donné annuellement, vers la lin du dixhuilième siècle, jusqu'à deux mille marcs d'Argent, sans compter les minerais de Cobalt, l'Anlimoine nalif, le Mercure sulfuré, elc, qu'on a mis à profil.
Les Mines du Piémont ont aussi considérablement déchu. Dans les unes, telles (|ue les Mines de Manganèse de Sainl-Marcel, c'est faute de débouchés; dans le plus grand nombre, lelles que les Mines de Cuivre d'AUagne et d'Ollomont, les Pyriles aurifères de Macugnaga au pied du Monl-Uose, la cause doit en élre attribuée à la pauvreté progressive des minerais. Mais le Piémont possède, par compensation, des Mines de Fer U'ès-florissanles, el qui consistent en des amas de l'er oxidulé analogue à celui de Suède. Leur produit total est de cent mille quinlaux métriques de Fer en barres.
C'est encore le Fer qui fait la richesse fondamentale des ramifications que les Alpes envoient dans les Étals aulrichiens. Elle consiste principalement en minerais de Fer spalhique, qui gisent au milieu de roches de diverse nature et appartenant au terrain de transition ancien des Alpes. Le produit annuel des Mines de Slyrie et de Carinlhie, est de deux cent cinquante mille quinlaux métriques de Fer; celui des Mines de la Carniole est de cinquante mille.
Tout le monde connaît la fameuse Mine de Mercure d'idria, située au pied des Alpes, à dix lieues nordouest de Triesle. Le Calcaire dans lequel elle se trouve, est ce que les Allemands ont nommé le Zecbslein, ou le plus ancien des Calcaires secondaires. Les Mines de Fer de l'ile d'Elbe, dont la position el la nature du terrain en fonl une dépendance du système alpin, ne sont pas moins remarquables; célèbres dès la plus haute antiquilé, elles passaient, au siècle de César, pour inépuisables, et, depuis ce temps, on n'a cessé de les exploiter à ciel ouvert, sur des amas énormes de Fer oligisle, criblé de cavités tapissées de cristaux.
Les Pyrénées et leurs annexes présentent, relativement à leur étendue, encore moins que les Alpes, des Mines en exploitation. Les plus considérables consistent
en Fer spalhlquo, en Fer hydraté el en Fer oxidé rouge. Elles se trouvent en Catalogne, en Aragon, en Biscaye et en France, dans les déparlemcnls de l'Arriége, des Basses-Pyrénées et des Pyrénées-Orientales. Les minerais se présentent tantôt en filons qui traversent le Grès rouge, tantôt en bancs ou en couches qui traversent le Calcaire de transition. On connail, dans ces montagnes, les gîles d'un Irès-grand nombre de filons de Plomb, de Cuivre, de Cobalt et d'Antimoine; mais ces Mines ne sont pas exploitées, ou leurs travaux ont été abandonnés. C'est dans ce dernier cas que sont : la Mine de Cuivre argentifère de Baygorry, déparlemenl des Basses-Pyrénées; celle de Plomb el Cuivre d'Anlus, dans la vallée d'Erce, déparlement de l'Arriége, et la Mine de Cobalt de la vallée de Gislain, en Aragon.
Des Mines d'Or el d'Argent étaient exploitées du temps des Romains el des Carthaginois dans la péninsule Ibérique. L'histoire dit que ces deux peuples rivaux se les sont vivement disputées, et l'on voit encore près de Soria (l'antique Numance) el de Burgos, des restes considérables de leurs anciens travaux. Les Carthaginois avaient ouvert des Mines d'Élain dans le nord de la Lusilanie. Ces Mines ont disparu et n'ont pas été remplacées par d'autres, quoiiju'on ail découvert plusieurs filons de ce métal dans le midi de la Galice. On n'a tiré aucun parti, faute de combustible, de plusieiir.s giles d'Antimoine sulfuré, de minerais de Plomb, de Mercure, de Plombagine, etc., qui existent en Portugal. C'est seulement le Fer qui, dans ce royaume, fait l'objet d'une exploitation suivie : il en existe plusieurs Mines près de Felgiiiera et de Torre de Mancorvo, et l'on en connaît depuis un temps immémorial deux élablissemenls importants, situés dans l'Estramadure de Portugal, l'un dans le district de Thomar, el l'autre dans celui de Figuiero dos Vinhos : ils sont alimentés par du Fer oxidé rouge.
La Sierra-Morena présente les gîtes de minerais les plus remarquables de l'Espagne. Sur son Hanc septentrional se trouvent les célèbres Mines d'AImaden, qui onl pour objet des filons très-puissants de Mercure Iraversant un Grès que l'on ne suppose pas antérieur à la Houille. La partie de la chaîne qui se rapproche de Séville, renfermait, à Villa-Gulliera , des Mines importantes d'Argent qui paraissent n'être plus productives. Celles de Guadalcanal el de Cazalla, à quinze lieues au nord de Séville, ne fournissent également qu'une faible quantité d'Argent; leurs principaux rainerais sont l'Argent rouge el le Cuivre gris argentifère. Linarès, à douze lieues au nord de Jaen, el sur le versant méridional de la Sierra-Morena, esl le centre de plusieurs exploitations considérables de Plomb. Une grande partie des travaux ont été exécutés par les Maures; mais comme les filons sont Irès-riches près de la surface, on a criblé le terrain de puits nombreux, et l'on n'a pas poussé profondément la poursuite des filons. Six mille quintaux métriques de Plomb sont le produit annuel des six mines qui sont exploitées pour le comple du gouvernement. 11 existe encore plusieurs autres Mines de Plomb dans les provinces de Murcie et de Grenade. Celles d'Alméria sont entre autres exlrêmeraenl productives, el leurs rainerais sont en partie
Irailéssur les lieux avec de la Houille de New-Caslle, en parlie envoyés à New-Caslle même pour y êlre travaillés. Des Mines abondanles de Zinc, siluéesprèsd'AIcaras à quinze lieues nord-est de Linarès, y alimentent une fabrique de Laiton.
Mines des terrains secondaires.
Le plus ancien des terrains secondaires, le terrain houiller, tire son nom des Mines qu'il renferme. 11 n'est pas nécessaire de faire ressortir l'importance de ces Mines; tout le monde sait à quelle puissance manufacturière le précieux comhustiblequ'ellcs fournissent a élevé l'empire britannique. C'est en effet dans ce pays qu'existent les plus célèbres exploitations de Houille; et sous ce rapport, nulle autre contrée du globe ne peut être mise avec lui en parallèle. F. Houille.
C'est dans le terrain houiller, et même à côté de la Houille, que la nature a déposé le Fer carbonate, minéral de la plus faible valeur intrinsèque, mais qui acquiert une très-grande importance lorsqu'il se rencontre en quantités énormes, comme cela a lieu dans plusieurs houillères d'.\ngleterre et d'Ecosse : on prétend que les usines à Fer de ce pays, alimentées uniquement par le Fer carbonate des houillères, produisent annuellement plus de deux millions cinq cent raille quintaux métriques de fonte moulée et de Fer en barre dont la valeur est de cent millions de francs. Cette quantité est à peu près double de celle que livrent toutes les forges réunies de la France.
Le Grès dans lequel on a vu que se trouve le Cuivre carbonate bleu de Chessy, près Lyon, est analogue au Grès rouge regardé comme contemporain du terrain houiller. C'est dans un Grès presque semblable que gisent les minerais de Plomb des environs d'Ai,x-la-Chapelle, dont l'exploitation est des plus faciles.
Le Calcaire auquel les géologues donnent les noms de Calcaire alpin et magnésien, Zechsiein des Allemands, contient différents dépôts métalliques. Les Mines de Mercure sulfuré d'Idria, d'AImaden et de Huancavélica, mentionnées plus haut, ainsi que celles du Palatinat, gisent dans ce terrain ou dans des roches à peu près du même âge. Mais on y rencontre plus communément des Schistes cuivreux argentifères en couches très-minces, susceptibles cependant de donner d'immenses produits. Telles sont les Mines du pays de Mansfeld,qni livrent annuellement vingt mille quintaux de Cuivre et vingt mille marcs d'Argent; celles de la Hesse, près de Frankenberg, Bieber et Riegelsdorf, où l'on voit des travaux souterrains qui s'étendent, suivant la direction de la couche, sur une longueur de huit mille mètres, et s'enfoncent jusqu'à une trèsgrande profondeur.
Le Sel gemme a pour gisement ordinaire les terrains qui séparent le Zechstein du Lias ou Calcaire à gryphites. C'est ainsi que cette substance si utile se présente non-seulement en Europe, dans le Cheshire, à Vie en Lorraine, à Wieliczka eu Pologne, à SaUzbourg,etc.; mais encore en plusieurs localités de l'ancien et du nouveau monde. Des terrains analogues renferment différentes Mines de Lignites et d'autres combustibles fossiles.
Le Calcaire oolilique, qui forme le sol de plusieurs
poinls de la France etdela Belgique, renferme un grand nombre de gîtes de minerais de Fer déposés dans des cavités irrégulières et souvent très-profondes. Ces minerais se trouvent encore dans les terrains supérieurs, comme les assises de Grès et de Sables inférieurs à la Craie, et dans les premières assises de celles-ci. Ce sont des Oxides ou des Pyrites qui donnent lieu à une foule d'exploitations qu'il serait trop long d'énumérer ici.
L'Argile plastique est remarquable par les nombreuses couches de Lignite qu'on y exploite, soit comme combustible, soit comme terre vitriolique. Dans ces Lignites se trouve l'Ambre jaune ou le Succin. /^. Lignite. Les autres terrains tertiaires et ceux d'origine volcanique ne présentent guère que quelques Mines de Fer, de Bitume, de Soufre et d'Alun.
Mines des terrains d'alliitn'on.
Citer les Mines de Diamai;t et de presque toutes les pierres précieuses <iui se trouvent au Brésil et aux Indes- Orientales, le Platine et la plus grande partie de l'Or de la Nouvelle Grenade, du Brésil et des sables Huviatiles de plusieurs parties du globe , l'Élain de la presqu'île de Malacca et des royaumes de Pégu et de Siam, etc., c'est donner une idée bien imparfaite de la richesse minérale des terrains d'alluvion. Les Mines de Fer qu'on y exploite, surtout en France, en Allemagne et aux États-Unis, sont si nombreuses, que l'on ne saurait comment en faire l'énuméralion. C'est aussi à cette classe de terrains qu'on rapporte la formation de la Tourbe, combustible d'un emploi si fréquent dans une foule de localités marécageuses et déboisées. A'. Tourbe et Tourbières.
Après les détails abrégés que l'on vient délire sur la statistique des Mines, il reste à les considérer dans leurs rapports avec les sciences physiques cl naturelles. On a vu au commencement de cet article, combien l'art du mineur était redevable aux progrès des connaissances humaines dans le cours des siècles derniers; et l'on a fait la part de la minéralogie, de la physique et de la chimie. Guidé par ces sciences, le mineur est venu à son tour leur rendre le tribut de ses découvertes; ne se bornant pas à la recherche des minerais utiles, son investigation s'est portée sur tous les corps naturels, qui se découvraient à lui à mesure qu'il pénétrait dans les profondeurs de la terre. La géognosie fut, à plus forte raison, un objet d'étude pour l'ingénieurdes Mines; la connaissance de la nature des divers terrains cl de leur ordre de superposition qui lui importait si fort, ne put êlre éclairée que par les fouilles profondes entreprises, à la vérité, dans un autre but, mais sans lequel l'occasion ne se serait jamais offerte pour les examiner. Ce fut ainsi qu'un art d'application réagit sur les sciences qui lui avaient servi de base, et que des points obscurs ou purement scientifiques de la théorie, furent éclaircis par les hommes qui d'abord semblaient ne chercher que l'utilité immédiate de la science pour les besoins de la société. ■
Eu ouvrant un chemin dans l'intérieur de la terre, les Mines ont offert un théâtre précieux d'observations pour arriver à la solution d'une des questions les plus importantes de l'histoire physique du globe, c'est-àdire celle de sa température propre. Vers le milieu du
(lix-lluilième siècle, Guellaid, Deluc et Gensanne publièrent quelques observations faites dans les Mines de Wieliczka, du Jlarz et de Giromagny, et qui permirent d'établir comme vérité, que la température augmente rapidement à mesure qu'on s'éloigne de la surface. Plus lard. De Saussure, de Humboldt, Freislelien , d'Aubuisson, Rob. Bald, Fox donnèrent des mesures exactes de l'élévation de la température des Jlines. Ce dernier a en outre observé que le tliermomèlre enfoncé dans les filons métalliques du Cornouailles, indiquait généralement une température de 1 à 2", 5 centigrades, supérieure à celle qu'on obtenait lorsque le tbermoniètre était plongé dans une rocbe granitiqup. La nature du minerai produisait aussi quelques différences; les filons d;Étain, par exemple, étaient plus froids que les filons de Cuivre. 11 ne faut pourtant pas conclure de celte inégalité de température entre les filons de divers minerais, qu'elle résulte de quelques changemeuts ou décompositions chimiques, et qu'elle est soumise à l'action de l'air et des eaux qui coulent sur les minerais. Pour que cette objection fût admissible, il faudrait avoir reconnu, par l'analyse chimique de ces eaux, la présence des Sels qui résulteraient de la décomposition chimique des minerais et dont la quantité devrait être en rapport avec la chaleur de l'intérieur des Mines; c'est ce que l'expérience n'a pas démontré. D'ailleurs ces minerais ne s'échauffent pas lorsque, après leur extraction du sein de la terre, ils sont exposés à l'action des agents atmosphériques. La différence de chaleur entre les filons de nature diverse, est un fait qui parait dépendre de leur plus ou moins grande conductibilité du calorique dont la source est dans le globe lui-même. D'un autre côté, on a prétendu que l'élévation de température devait être attribuée à certaines causes accidentelles, telles que la chaleur dégagée par les ouvriers, par la combustion de la poudre et des lampes, par l'éclairage, enfin par la compression de l'air qui descend dans le fond des exploitations. Mais il en est de ces faibles influences, comme de tous les autres effets locaux, auxquels des personnes superficielles veulent donner une importance générale; quelquefois, à la vérité, elles peuvent légèrement augmenter le phénomène dans l'air ambiant ainsi qu'aux surfaces pariétales des excavations; mais jamais on ne peut les considérer comme les catses d'un effet constant et général. La progression croissante de la température, en raison directe de la profondeur des Mines, s'accorde exactement avec d'autres observations fort bien exécutées sur la lempéralure de l'eau des sources qui jaillissent à des profondeurs considérables, observations qui ont prouvé que la température de ces sources est toujours supérieure à la température moyenne des localités, et conséquemment que cet excès de chaleur est dû à une cause générale, inhérente au globe terrestre lui-même.
Par ce simple aperçu sur une seule question de la physique du globe, il est aisé d'entrevoir les facilités que les Mines doivent offrir pour d'autres observations scientifiques où il est absolument nécessaiie à l'observateur d'éviter les circonstances qui le gênent lorsqu'il est placé à la surface lerresti e. Ne pouvant, ne devant
même pas les indiquer ici, à moins de sortir des limites de cet article, on le terminera par quelques mots sur les productions naturelles des Mines. C'est dans ces cavités que la plupart des minéraux ont été découverts. Sous le rapport de la minéralogie proprement dite, plusieurs exploitations oui acquis une grande célébrité; telles sont celles de Cornouailles, du Derbyshire, de Sainte-Marie -aux -Mines, du Hariz, de la Saxe, des monts Ourals et Allais, de la Daourie, etc. Cependant, il est des localités où l'on trouve beaucoup de minerais, sans cependant qu'on y voie d'exploitations remarquables. Ainsi les cavernes naturelles d'un grand nombre de moiilagnes, les terrains déchirés par les éruptions volcaniques, sont très-remarquables par la diversité de leurs minéraux et par la beauté de leurs crislaux.
Quant à l'histoire naturelle des Mines, sous le rapport de leurs productions zoologiques et botaniques, elle ne présente qu'un intérêt fort médiocre. Le défaut de lumière et la stagnation de l'air dans les galeries souterraines, nuisent au développement des êtres élevés dans l'échelle de l'organisation. Ils y seraient hors de leurs éléments naturels, et l'Homme lui-même, qui a regardé longtemps le travail des Mines comme une punition, ne peut, sous peine de maladies graves, y soumettre perpétuellement son existence. Des Reptiles immondes ou quelques Invertébrés sans couleur et sans ornements; des Champignons, des Algues cl autres Cryptogames, sont les seuls êtres vivants qui composent la Faune misérable et la triste Flore des Mines.
Pour les débris des corps organisés, tels que les Poissons, les Zoophytes et les végétaux fossiles qui se trouvent dans plusieurs Mines, notamment dans les houillères, /'. les mots Fossile, Hociile, Lignite, Terrain, ainsi que les articles où sont exposées les généralités concernant chacun des ordres des êtres organisés, comme Poissons, Crustacés, Végétaux, etc.
MINETTE DOUÉE, bot. Nom vulgaire du Medicago Lupulina.
MINEUSE, ois. Espèce du genre Alouette. V. ce mol.
MIMA DE. INT. y. MlNYADE.
MINIÈRE. Ce nom était autrefois synonyme de Mines; il se prend aujourd'hui dans une acception plus restreinte, et ne s'applique qu'aux exploitations à ciel ouvert des minerais de Fer d'alluvion, des Terres pyriteuses et des Tourbières, y. Mines.
MINIME. zooL. On a donné ce nom, d'après leur couleur d'un marron foncé, à une Couleuvre, à un Cône, AU Murex Morio, L., ainsi ([u'à un Coléoptère du genre Anthribe.
MINIME A BANDES. iNS. Nom vulgaire du Bombyce du Chêue, Uombyx quercus, Fah.
MINISTRE. OIS. Synonyme de Gros Bec bleu. F. Gros-Bec
MINIUM. MIN. Deuloxidc de Plomb, d'un rouge orangé très-vif. On le trouve rarement et en petites ([uantiiés dans la nature, à la surface des minerais de Plomb sulfuré; mais on le prépare en grand dans les arts, en opérant la fusion du métal, dans un fourneau de réverbère, dont l'aire est creusée, et autour de laiiuelle se trouvent et le foyer et la cheminée. On y entretient la
fusion en enlevanl la couche lie proloxide ((fis ou jaunâtre, à mesure <|u'elle se produit à la surface du métal fondu. On lave ce protoxide, on le fait sécher, on en remplit des caisses de fer-blanc, larges et peu profondes, puis on les porte dans un four où l'on entrelient une chaleur rou^e pendant vingt-quatre heures. On laisse alors tomber le feu, puis on retire le deutoxide qui offre une belle couleur rouge de feu.
MINJAC. MOLi. Nom donné par Adanson à une Coquille du genre Buccin de Linné, et qui est aujourd'hui le Dolitim oleatium de Lamarck.
MINK. MAM. Espèce du Genre Marte, y. ce mot.
MINO. Mino. ois. Genre de l'ordre des Omnivores, établi par Lesson pour un Oiseau qu'il a découvert dans les forêts de la Nouvelle-Guinée, et que Cuvier avait considéré d'abord comme devant faire partie du genre Martin. Caractères : bec fort et arrondi; mandibule inférieure plus large que la supérieure; celle-ci convexe en dessus, recourbée, échancrécà la pointe; l'inférieure à branches élargies, garnies en dessous d'une membrane dénudée, descendant sur le devant du cou; commissure de la bouche anguleuse; joues revêlues d'une peau nue, héiissée de papilles érecliles, carénées, à demi cachées parles plumes du front, et recouvertes d'une membrane; ailes longues; deuxième, troisième et quatrième rémiges élagées et les plus longues; (|ueue courte, recliligne, composée de douze rectrices; tarses robustes, médiocres, largement sculellés.
Mino de Ddmont. Mino Dumonlii, Less. Front, sommet de la tête, parties supérieures, abdomen et flancs d'un vert noir, luisant; les plumes sont pinnulées sur chaque barbe, et du milieu d'elles naissenl,sur la gorge et les côtés, un grand nombre de petites plumes blanches éparses, semblables à des poils qui vont en s'élargissant vers le sommet formant une sorte de palette; ailes et dessus de la queue d'un brun verdàtre; lorura, commissures du bec et abdomen jaunes; tectrices subcaudales blanches ; sur les ailes un miroir blanc, formé par la base des grandes rémiges; bec et pieds jaunes. Taille, neuf pouces.
MINON. BOT. Synonyme vulgaire de Massette. K. ce mot.
MINQUAR. Minqttartia. bot. Aubleta décritet figuré (PI. de la Guiane, Suppl., p. 4, lab. 370) sous le nom de Winquar de la Guiane, Minquaitia GiiyaiiensU, un arbre dont les organes impoitanls sont trop incomplètement connus pour qu'on puisse déterminer ses affinités naturelles. En effet, les Heurs en sont inconnues, el ce que l'on sait de ses fruits ne permet pas de lui assigner une place certaine dans l'une des familles connues du règne végétal. Cet arbre s'élève à plus de douze mètres; son écorce est cendrée; son bois est blanchâtre, dur et fort compacte; le tronc est percé de trous quelquefois tellement profonds, qu'ils le traversent d'outre en outre, et les cavités sont alors recouvertes par l'écorce; au sommet naissent les branches, qui sont garnies de feuilles alternes, pétiolées, ovales, aiguïs, glabres et très-entières; les fruits sont disposés en grappes, dans l'aisselle des feuilles ou à l'extrémité des rameaux; ils sont ovoïdes, allongés, plus gros à leur partie inférieure, lisses, verdàlres, munis d'une écorce
épaisse, fibreuse el blanchâtre; leur cavité inférieure est partagée en deux loges par une cloison membraneuse; les graines y sont disposées sur deux rangées placées de champ les unes sur les autres et enveloppées d'une substance pulpeuse; chaque graine est plate, blanche, composée d'une amande recouverte par une enveloppe mince, sèche et coriace. Cet arbre croit dans le quartier de Caux à la Guiane.
MINUARTIE. Minuaitia. noT. Genre encore fort mal connu, rapporté à la Triandrie Trigynie, L., cl à la famille des Caryophyllées, mais qui parait devoir être placé dans la famille des Paronychiées. Il se compose de O'ois espèces, qui sont de petites plantes herbacées, annuelles, ayant le port des Sc/eranihus et croissant toutes les trois en Espagne. Leur tige est simple ou ramifiée, portant de petites feuilles sétacées, connées à leur base; des Heurs sessiles, également très -petites, composées d'un calice ù cinq divisions très-profondes; d'une corolle formée de cinq à dix pétales extrêmement petits, ce qui fait que plusieurs auteurs n'en ont pas reconnu l'existence; le nombre des étamines varie de trois à cinq, et même dix; elles sont alternes avec les pétales el périgynes; anthères caduques; ovaire globuleux, surmonté de trois styles recourbés. Le fruit est une capsule uniloculaire,s'ouvrant en trois valves et contenant plusieurs graines réniformes.
MINUNGA. BOT. r. BirtcpiGA.
MINURIE. Miniiria. bot. Genre de la famille des Synanlhérées, tribu des Astéroidées, établi par le professeur De Candolle pour quelques plantes de la Nouvelle-Hollande, qui lui ont offert pour caractères distinclifs ; un capitule inuUiHore; les fleurs du rayon femelles et ligulées, celles du dis(iue mâles par avorlement, lubuleiises et à cinq dents; un involucre formé d'un petit nombre de rangs d'écaillés imbriquées, linéaiies, acuminées et scarieuses sur les bords; un réceptacle plan et nu; akènes du disque subturbinnés , velus surtout au sommet où les poils figurent uni sorte de double aigrette; ceux du dis(iue sont grêles cl glabres; aigrettes du rayon formées de soies scabres; celles du disque se composent de paillettes, les unes Irèscourles cl très-serrées, les autres moins nombreuses, longues, sétiformes et scabres.
MiNCRiE LEPTopHYLiE. Minuriu leptophylla, DC. C'est un sous arbrisseau fort touffu, à feuilles alternes, linéaires, aiguës, trèsenlières; l'extrémité des rameaux porte un capitule de fleurs blanches, dont les languettes sont trois fois plus longues que le disque. De l'intérieur de la Nouvelle-Hollande.
MINUROTHAMNE. Minuiolhamnus. bot. La créalion de ce genre de la famille des Synanlhérées est encore due au professeur De Candolle, qui l'a opérée pour une plante du cap de Bonne-Espérance, que l'on a considérée comme une Inulée et qui a beaucoup de rapports avec le genre Pegolellia de Cassini. Voici les caractères qui en sont tracés dans le Piodiomns : capitule mulliflore, hélérogame; fleurs du rayon unisériées, ligulées el femelles; celles du disque tubuleuses, à cinq dents et hermaphrodites; involucre formé de deux rangées de squammes : les extérieures fort petites et acuminées, les inlérieiiics plus longues, oblu-
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ses, subtneinbraneiises en leurs bords; filaineiils des étamines glabres; aiillières courlemenl bicaudées; slyle bifide au sommet, avec les branches étalées; akènes obovales, couverts d'iine pubérulence blanche; aigrelle stricte, formée de deux rangées de dix soies chacune, scal)res cl jaunâtres : les extérieures sont plus courtes et les intérieures plus roides. Le nom générique dérive de fiiwpoç, mince, et Sk/j-voç, arbrisseau, exprime suffisamment le faciès de la plante.
' MmcROTHABisE pDAGNAioïDE. Miuuiothamnus pliagnaloides, De Cand. C'est un petit arbrisseau à rameaux cylindriques, nus au sommet qui est garni d'un capitule; les feuilles sont alternes, linéaires, très-entières, glabres en dessus, couvertes en dessous d'une pubescence très-serrée; l'extrémité des rameaux et les involucrcs sont tomenteux et roux; les fleurs sont jaunes.
MINYADE. MInyas. ttxi^. Genre d'Échinodermes sans pieds, établi par Cuvier (Règne Anira., t. iv, p. 24) et dont les caractères sont ; corps sans pieds, ouvert aux deux bouts, ayant la forme d'un sphéroïde déprimé aux pôles, et sillonné comme un Melon; bouche non armée, large, arrondie, bordée de trois rangs de suçoirs courts et vermiculaires; anus ol)Iong, nu, ouvert dans une surface déprimée, arrondie et plane. Lorsque lesMinyades errent sur la surface delà mer. pour saisir leur proie, elles sont convexes en dessus, renflées, étranglées et rélrécies à l'extrémité buccale qu'entourent des suçoirs nombreux, pressés l'un contre l'autre. Ce genre ne renferme qu'une seule espèce, Cuvier la nomme Minyas cyanea. Elle est figurée pi. xv, fig. 8 de l'ouvrage cité. Elle vit dans l'Océan Atlantique.
MiNYADE AZDR. Minfos cœrulea, Cuv., Less., Cent., pi. 62. Elle est d'une nuance très-vive, que relèvent des points papilleux blancs, sur les côtes qui parcourent régulièrement le corps, dans le sens longitudinal. Les suçoirs sont d'un blanc pur, et les organes internes d'un rose tendre. La surface extérieure jouit d'une grande conlractilité, mais en même temps d'une densité remarquable; sur les côtés sont placées des rangées de papilles cornées, solides et très-accrochantes. Dans les mers du cap de Bonne-Espérance.
MINYOPS. Minyops. iivs. Coléoptères tétramères; genre de la famille des Rhynchophores, institué par Schoonherr qui le caractérise ainsi : antennes courtes et épaisses, coudées, composées de douze articles dont le premier est le plus long et obconique, les autres sont courts, perfoUés, augmentant d'épaisseur, à mesure qu'ils parviennent à la massue qui est courte et ovale; trompe presque du double plus longue que la j tête, arquée, assez épaisse surtout vers le bout, qui est i tronqué; fossette régnant sur les côtés, profonde, large et flexueuse ; yeux petits et ovales ; corselet transverse, presque tronqué à sa base, un peu proéminent au milieu, avec les côtés dilatés et arrondis antérieurement, puis brusquement rétrécis postérieurement , lobé en arrière des yeux et caréné en dessus; élytres soudées, ovalaires, peu convexes en dessus, échancrées à leirr 1 base, ver's la suture, avec les épaules proéminerrtesen ! dehors; tarses étroits et spongierrx en dessous. Le type 1
de ce genre qui appartient à l'Europe tempérée, est le Curculio can'natiis de Linné.
MINYRE. Minyius. iNS. Coléoptères tétramères; genre de la famille des Rhynchophores, institué par Schoonherr, pour irn insecte récemment apporté de Manille, qui lui a offert les caractères suivants ; antennes médiocres, composées de douze articles dont les deux premiers les plus longs et obconiques, surtout celui de la base qui est le plus épais, les autres transverses, lenticulaires et augmentant graduellement de largeur jusqu'à la massue qui est conique, acuminée el formée de quatre articles; trompe longitudinale, assez grêle, cylindrique et arquée; yeux arrondis et assez proéminents ; corselet oblong, un peu tron<|ué à sa base et sensiblement rétréci en avant; élytres oblongues. presque carrées, obtusément arrondies à l'extrémité et peu convexes en dessus; pieds robustes, médiocres et d'égale longueur, les antérieurs fort rapprochés à leur base; cuissesdentées; jambes cylindriques; tarses spongieux en dessous et bionguiculés. Le Minyius exaratus est noir avec le corselet profondément criblé et les élytres striées par des points et des sillons; les pieds sont bruns.
MIOCÈNE. GÉoi. Deshayes et Lyell ont proposé le partage des formations marines de la série tertiaire en quatre divisions fondées sur la proportion numérique de leurs coquilles fossiles avec les espèces actuellement existantes. Ces quatre divisions sont désignées par Lyell sous les iroms de Eucèiie, Miocène, ancien Pliocène et nouveau Pliocène. Le mot Eucène indique le commencement ou l'aurore de la création des existences animales; les couches de cette série contiennent une proportion très-faible de coquilles que l'on puisse rapporter à des espèces vivantes. Le Calcaire grossier de Paris et l'Argile de Londres sont les exemples les plus connus de cette première formation tertiaire. Le mot Miocène indique que les Coquilles fossiles de cette période, qui appartiennent à des espèces récentes, sont en minorité. On doit rapporter à cette époque les Coquilles que l'on trouve à Bordeaux, Turin, Vienne, etc. L'ensemble des formations du nouveau et de l'ancien Pliocène fournit des Coquilles dont la plus grande parlie appartient à des espèces contemporaines; ces dernières d'ailleurs étant beaucoup plus abondantes dans la plus récente de ces deux divisions. C'est ù l'ancien Pliocène qu'il faut rapporter les formations marines subapennines et le Crag de l'Angleterre; au nouveau les dépôts marins plus récents de la Sicile, de l'île d'Ischia et de la Toscane.
MIOLANE. BOT. Nom vulgaire du Myrica Gale, L.
MION. ors. L'un des synonymes vulgaires de Canard sifHeur. F. Canard.
MIOUELIE. Miquelia. bot. Genre de la famille des Araliacées, institué par Meisner qui lui assigne pour caractères : fleurs dioïqites, les mâles ont le calice à quatre divisions liiréaires, valvaires dans l'estivation; poittt de corolle; quatre étamines irrsér'éessur un torus glanduliforme, alternes avec les divisions de la corolle; filaments très courts et fort larges à leur base; anthères aussi longues que le calice, biloculaires, fixées sur' le dos et à la base du filamertt; point de rudiment
(l'ovaire. Les iMiquelies sonl des aibiisles jfrimpants, à feuilles alternes, peiitiiiiervées, un peu coriaces, denlelées à leur hase ou sul)lol)ées, à pétioles volubiles, à pédoncules filiformes, aggrégés au-dessus des aisselles et formant une sorte d'onibelle simple, ((u'enveloppe un involucelle (piadrificle et cilié. Ces plantes, dont on ne connaît encore ((u'imparl'aitemeiit un petit nombre, appartiennent aux contrées de l'Inde.
Le docteur Blume, dans le Bulletin des sciences physiques et nalurelles de Néerlande (vol. i, p. 93), institue un autre genre i)//(]rMc/(a, pour une plante de Java, qui parait devoir faire partie de la famille des Primulacées. Les caractères de ce genre sonl : calice à cinq angles, parlagé en cinq dents égales; corolle hypogyne, presque en roue : son limbe est étalé, divisé en cinq lobes égau.x; une élamine avoitéc, les quatre autres presque didynames; anthères réniformcs, déhiscentes transversalement; ovaire globuleux, psendobiloculé; style court; stigmate capité; le fruit est une capsule enveloppée i>ar le calice persistant, <|ue des spermophores roulés, épais et séminifères rendent pres(|ue quadriloculaire, s'ouvrant irrégulièrement; semences anguleuses. Le Miquelia cwiulea est une plante annuelle, à lige charnue, presque simple et un peu rampante inférieurement; les feuilles sont presque sessiles et opposées, les plus grandes alternes, oblongues, aiguës, arrondies obliquement à la base, inégales, penninervurées; les plus petites opposées, semi-lunées et stipulacées; les fleurs sont réunies en corynibes qui sortent des aisselles des plus petites feuilles; elles sont l)lcues, accompagnées de bractées à peine visibles. On le Irouve dans les forêts vierges de l'ile de Java.
MIRABANDÈS. INS. On donne ce nom à des insectes (lui vivent en société, qui.au Brésil, attaquent et poursuivent les bestiaux à une distance considérable. On ne sait si c'est une Guêpe ou un Taon.
MIRABELLb;. bot. Espèce de Prune.
MllUBlLlS. BOT. Le genre ainsi nommé par Linné a été appelé Njclago par Jussieu, nom qui a été généralement adopté, parce que le premier étant adjectif cslconséquemmentpeu propre pourun nom générique. /^. Nyctage.
MIRAFRA. ots. Horsfield a séparé du genre Alouette l'espèce nommée Mirafre pour en constituer un genre particulier qu'il a nommé Mirai ra; il y comprend le type qui devient son Mirafra Jamnica et le Mirafra pitœnicura, espèce nouvelle de l'Océanie, qui a sou plumage d'un brun cendré, avec le dessous du corp.<!, les barbes internes des rémiges et l'origine des reotricesd'un roux vif, le bec blanc à sa naissance, avec l'extrémité brune. Taille, cinq pouces. Deux autres espèces ont également été ajoutées à ce genre parMeclelland; ce sont :
Mirafra assamicu, dont le plumage supérieur est varié de brun et de cendré, plus pâle vers le croupion; barbes internes des rémiges et base de la queue rousses; parties inférieures d'un blanc roussâtre, avec une tache noire sur chaque plume; une lunule brunâtre aux tempes. Taille, cinq pouces. De la Chine.
Mirafra flavicollis. Parties supérieures d'un brun olivâtre, plus foncé sur le verlex; deuxièmes tectrices
alaires bordées de blanchùire; parties inférieures jaunes, avec quelques traits brunâtres; queue et tectrices subcaudales blanchâtres; bec et pieds bruns. Taille, cinq pouces. De Malaga.
MIRAGE. F. Landes et Lcmière.
MIRAGUAMA. bot. Palmier du genre Coryplie qui croît dans l'île de Cuba.
MIRAILLET ou WIRALLT. pois. C'est-à-dire Petit- Miroir, espèce du génie Raie. F. ce mot.
MlRAN.BOLi. C'est ainsi qu'Adanson(Voy.auSénég.,' p. 30. pi. 4) nomme une Co(iuille qui est un Buccin pour les auteurs modernes, Bucciniim mutubiie de Bruguière. Représentée avec son animal, elle a servi de type au genre Vis établi par Adanson et adopté depuis par la plupart des auteurs, pour d'autres Co(|uilles généralement plus allongées. K Vis.
MIRBÉLIE. Mirbelia. bot. Ce genre de la famille des Légumineuses et de la Décandrie Monogynie, L., a été fondé par Smith (Ann. Bot., 1, p. 511, et 7'/-a»(«. Linn. Soc, 9, p. 205) et adopté par Venteuat, R. Brown et De Candolle. Celui-ci l'a placé dans la première tribu des Légumineuses, à laquelle il a donné le nom de Sophorées. Voici ses caraclères principaux : calice hilabié, à cin<| divisions très-courtes; corolle papilionacée donl l'étendard est droit et cordiforme, les ailes allongées, rabatlues. plus courtes que l'étendard, munies d'une oreillette, la carène plus courte <|ue les ailes; dix élamines libres; ovaire supérieur pédicellé, surmonté d'un style recourbé et d'un stigmate en lête; légume disperme. divisé longitudinalement en deux loges formées par l'inlroflexion des deux sutures, et surtout de la supérieure. Cette structure remarquable du fruit rappelle celui des Astragales, mais le port de la plante, ainsi que la liberté desesélamines, la rapprochent des Sophorées. Les IMirbélies sont indigènes de la iNouvellellollande. De Candolle (ProUrum. Sxst. Feget., t. Il, p. 114) en décrit tiois espèces sous les noms de Mirbelia reticulala, Mirbelia speciosa et Mirbelia dilalala. La première a été figurée par Ventenat (Jardin de Rlalmaisun, t. 119); c'était le Pultenœu rubiœfotia d'Andrews (Bo<. Reposit., t. 351). Cet arbuste, dont le port est élégant, ne s'élève qu'à environ six décimètres. Sa lige est glabre, noueuse, à rameaux opposés, ternes, quelquefois alternes. Elle porte des feuilles ternées, lancéolées, linéaires, veineuses, réticulées, mucronées, très-entières. Les fleurs, d'une couleur bleue violacée, sont disposées en gra|)pes courtes et axiUaires.
iMlRE. bot. Pour Myrrhe. F. ce mot.
MIRETTE. EUT. L'un des noms vulgaires de Prisinatocarpe. F. ce mot.
MIRIDE. Miris. INS. Genre de l'ordre des Hémiptères, section des Hétéroptères, famille des Géocorises, tribu des Longilabres, établi par Fabricius et adopté par La- Ireille qui lui donne pour caraclères : point d'ocelles; antennessélacées, plus grêles à leur extrémité, et allant insensiblement en pointe; corps étroit et allongé. Ces insectes se distinguent des Capses, dont ils sont extrêmement voisins, en ce que ceux-ci n'ont pas les antennes enlièrement sétacées, et que leurs deux derniers arlicles sont plus menus que le précédent. Les Astein-
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mes en diffèrent par leurs antennes lîlifonnes et non sétacces; enfin ils sont sépariîs des genres Myodo(|ne, Béryte, Salde, elc. par l'absence des ocelles. Ces insectes ont les antennes longues, insérées à nn snr la partie supérieure des côtés de la tête, composées defjuatre articles cylindriques; le premier dépassant de beaucoup l'extrémité de la tête, le deuxième le plus long de tous, ayant à peu près la longueur du premier, le troisième presque aussi long que le premier, ledernier le plus court de tous; ces articles conservent dans toute leur longueur leur grosseur particulière : le premier étant le plus gros de tous, chacun des suivants plus mince que celui qui précède. Le bec est long, atteignant au moins les hanches intermédiaires, composé de quatre articles, et renfermant un suçoir de quatre soies. La tète est petite, triangulaire; les yeux sont saillants, globuleux; le corps est mou, ordinairement étroit et allongé; le corselet va en se rétrécissant ù partir des élytres jusqu'à la tête; ses bords sont droits. L'écusson est triangulaire. Les élytres sont un peu plus larges et un peu plus longues que l'abdomen, assez molles, souvent demi -transparentes. L'abdomen est composé de segments transversaux dans les mâles; les avant-derniers plus ou moins l'étrécis dans leur milieu, posés obli(|uenient et en forme de chevrons brisés, ce dernier s'élargissanl à sa partie moyenne dans les femelles; l'anus de celles-ci est sillonné lougiludinalement; ce sillon renferme une tarière longue, comprimée, ployée en deux sur elle-même dans le repos, et pouvant être retirée; l'anus des mâles est entier, court, sans sillon longitudinal. Les pattes sont longues; les postérieures le sont beaucoup plus que les autres ; leurs tarses sont composés de trois articles : le premier est plus long que les suivants, le deuxième et le troisième presque égaux entre eux, celui-ci terminé par deux petits crochets. Ces insectes n'offrent rien de particulier dans leurs métamorphoses; ils vivent sur les végétaux dont ils sucent le suc, ou sur les fleurs. Quoiqu'ils ne vivent pas précisément en société, on en rencontre un assez grand nombre d'individus de la même espèce sur une seule plante. Us marchent et volent surtout avec une grande facilité; on croit qu'ils n'exhalent pas d'odeur désagréable. L'Europe nourrit un grand nombre d'espèces de ce genre, qui est divisé ainsi qu'il suit:
I. Pattes postérieures propres à sauter; leurs cuisses renflées; corps ovalaire; ses bords latéraux arrondis.
MiRiDE COD JACNE. Miiis liileicotUs, Fabr.; Lyijœus luleicollis, Panz. (Faun. Germ.). Noir, luisant; tète et corselet jaunes; antennes et pâlies jaunes, avec les cuisses tachées de noir. De France et d'Allemagne.
II. Pattes postérieures propres à la marche seulement; leurs cuisses grêles; corps allongé; ses bords latéraux droits.
•j- Antennes insérées au-dessous et assez loin des yeux; tète allongée et peu distinctement séparée du corselet.
MiRiDE VERT. Miris vireiis, Fabr.; Cimex virens, Lin., Wolf (Icon. Cimic, tab. 8, fig. 73). Corps vert; abdomen, pattes et antennes un peu velus, celles-ci de couleur rouge, surtout vers leur exlrémilé ainsi que les tarses. Des environs de Paris.
ff Antennes insérées au-dessous et près des yeux;
tête dislinctement séparée du corselet.
MiRiDE STRIÉ. Miris slrifiliis, Fabr.. I.atr.; Ciiiiea; strialus, Degéer (Ins. t. 3. p. 290, n» 2'J. pi. 15, fîg. H et 15); Lin., Wolf; Lygœiis strialus, Panz. Noir, avec les élylres rayées longitudinalement de ferrugineux et de noir. Dessus du corps noir. De France MlKlOPIIYLLli. BOT. ^. Myriophylle.
MIRIS. INS. /'. MiRIDE.
WIRLE. OIS. Synonyme d'Émcrillon. A'. Faucon. MIRLIROT. EOT. L'un des synonymes vulgaires de Wélilot officinal et de Luzerne Lupuline.
WIRMAU. BOT. Adanson avait donné ce nom à un genre formé sur le Lycopodiiim Selago. y. Lycopode.
MIRMECIA. bot. Synonyme de Tachia. f''. ce mot.
MIRMÉCODIE. Mirmccodia.y. Myrmécodie.
MIRO. Miro. ois. Genre de l'ordre des Insectivores, institué par Lesson pour un iMoucheroUe de la Nouvelle-Zélande, auquel il a reconnu pour caractères distinclifs : bec mince, effilé, comprimé, plus haut que large; ailes courtes, concaves: première rémige courte, troisième beaucoup plus longue que la deuxième; queue médiocre, égale : lectrices tronquées à leur sommet; tarses très longs et grêles. On ne connaît dé ce genre qu'une seule espèce; elle a été observée par Lesson à la baie des îles, à l'extrémité nord de la Nouvelle- Zélande. Cet Oiseau vil sédentaire parmi les broussailles.
MiRo AUX LONGS pieds. Miro loiigipes, Mitscicapa longipes, Garn. Zoolog. de la Co(|.. pi. 19. Tout son corps à l'exception de l'abdomen offre des teintes brunes, mêlées de gris cendré, un peu plus foncées sur le dos, et plus pâles sur la gorge et la poitrine; les parties inférieures sont blanchâtres. La queue est longue de deux pouces, les tectrices s'étendant aux deux tiers. Le bec est noir, les pieds sont fauves. Taille, cinq pouces six lignes.
WIROBOLAN. bot. K.Myrobolan.
MlKOliOLANÉES. BOT. A'. Myroeolanées.
MIROIR. livs. Espèce du genre Hespérie. F. ce mot.
MIROIR. OIS. On donne ce nom en ornithologie, à une grande tache colorée et brillante, qui occupe l<^ milieu de l'aile de certains Oiseaux. La plupart des Canards sont pourvus de celte plaque métalloïde.
MIROIR D'ANE OD DE LA VIERGE, min. Les carriers de Montmartre nomment ainsi le Gypse laminaire. On a aussi appelé Miroir de Sainte-Marie d'autres variétés de Chaux sulfatée, et le Mica foliacé.
MIROIR DES INCAS. min. Nom que l'on donne vulgairement aux cristaux cubiques de Fer sulfuré et aux fragments d'obsidiennes, bien nets.
MIROIR DE VÉNUS. BOT. L'un des synonymes vulgaires de Prismatocarpe. F. ce mot. On a aussi appelé Miroir du Temps le Mouron rouge.
MIROITANTE. MIN. ( Delamélherie.) Synonyme de Diallage métalloïde.
MIROSPEKJIE. BOT. I'. Myrosperme.
MIROXYLE. BOT. F. Myroxyie.
MIRSINE. bot. F. Myrsinb.
MIRSINÉES. bot. /'. Mtrsinées.
MIRTE. BOT. /'. Myrte.
MIRTIL. INS. Nom donné par EiiBiamelle et Geoffroy au Salyrus Jitnira.
MIRTIL. Mirtillus. bot. tspùce du genre Airelle. y. ce mol.
MISAGO. OIS. r. BiSAGO.
MISAINE. JioLL. Nom vulgaire el marcliand du Slrombus succinctus.
MISANDRA. BOT. Lamarck a réuni au Gunnera ce genre élahli par Commerson, et qui avait élé d'abord adopté par Jussieu dans son Gênent Plantarum. Celui-ci avait néanmoins indiqué le premier son identité avec le genre Gunnera. A', ce mot. Un autre genre du même nom avait été proposé par Dietrich, mais il n'a point paru différer en aucun point du genre fionapartea de Ruiz et Pavon.
MISANTÈQUE. Misanleca. bot. Genre de la famille des Laurinées, établi par Schlechtendal (Unnea, vi, 567) et adopté par Nées Van Esenbeek (Progr., 13, Lauiin. 272) avec les caraclères suivants : fleurs hermaphrodites; périgone obconico-turbiné, anguleux, à limbe court, divisé en sl.\ lobes, égaux et décidus; neuf étamines disposées sur trois rangs au sommet du tube, dont six extérieures stériles, courtes, tronquées ou rétuses et dépourvues de glandes, trois intérieures fertiles et plus grandes; anlhéies sessiles , soudées ensemble et formant une sorte de colonne quadrangulaire, glanduleuse à la base; elles sont orbiculaires, à deux pores et déhiscentes par des valvules qui se redressent en dehors; ovaire uniloculaire et à un seul ovule, délitescent entre le tube du périgone et des anthères; style cylindrique; stigmate depresso-capité. Le fruit est une baie nnicronulée , entourée du tube cyalhiforme du périgone qui est épais, tronqué, anguleux et pour ainsi dire multidenté.
Mis/kNTÈQDE DU Mexiqde. Misanteca Mexicana , Schlecb. C'est un arbre élevé, à feuilles alternes, penninervées, à pédoncules aggrégés, formant une cyme ou capitule dense et muitiHore.
MISCÈLE. Miscelus. iNS. Coléoplères penlamères; genre de la famille des Carnassiers, tribu des Bracbinides, établi par Klug qui lui assigne pour caractères : mâchoires fortement arquées, avec leur crochet soudé; lèvre supérieure allongée, ovalaire, recouvrant presque entièrement les mandibules; chaperon distinctement échancré; corselet presque cordiforrae; élytres aplaties, sinueuses et faiblement tronquées à l'extrémité; articles des tarses courts et presque cylindriques.
MiscÈLE APicAL. Miscetiis apicalis, Kl. Dessus du corps d'un noir assez brillant; le dessous d'un brun rougeâtre, plus foncé sur les côtés; antennes, palpes el lèvres d'un brun rougeâtre; quelques rugosités transversales et peu sensibles sur le corselet; élytres fortement striées avec une tache arrondie el d'un brun rougeâtre sur la suture, vers l'extrémité. Taille, cinq lignes environ. De Java.
MISCIIOCARPE. Mischocaipus. bot. Genre delà famille des Sapindacées, inslilué par le docteur Blume, pour un arbre des forêts de l'île de Java auquel il a reconnu pour caraclères distiiictifs : fleurs monoïques, polygames paravorlement; calice petit et quinquélide; point de corolle; un anneau charnu enlourani les or-
ganes de la génération; huitélamines; ovaire pédicellé, trigone, à trois et rarement à quatre loges portant un seul spore; un style; trois et rarement quatre stigmates divariqués; capsule longuement pédicellée, Irigone, Iriloculaire, à trois valves septifères au milieu; semences solitaires, allachées par leur base, à demi couvertes par une arille membraneuse. Ce genre est trèsvoisin du genre Cupania.
MiscnocARPE DE LA SonDt,. Miscliocarpus Siindaidis, Bl., Bytlrag., p. 238. Son élévation est d'environ vingt pieds; ses feuilles sont brusquement pinnées ou ternées, à folioles oblongues-lancéolées, coriaces et glabres ; les grappes de fleurs sont serrées et axillaires.
MISCOGASTRE. Miscogasler. iiss. Hyménoptères. Genre de la famille des Chalcidites, institué par Walker, avec les caractères suivants : antennes du mâle de quatorze articles, celles de la femelle de treize; tête médiocre, mandibules allongées, arquées, quadridentées; mâchoires ovales, prolongées en avant par un lobe assez long; palpes maxillaires filiformes, de quatre articles, les labiales de trois; menton court et obeonique; lèvre allongée, convexe, un peu plus large antérieurement; écusson étroit; sternum grand; abdomen aussi long que le corselet, presque linéaire, déprimé, à peine concave au centre •. le deuxième segment grand, formant presque le tiers de l'abdomen, les trois suivants petits, le sixième plus long et le septième court; pieds grêles, presque égaux; jambes droites. Ce genre est fort nombreux; Walker {Tlie Enlomological magazine, 1, p. 459) en décrit quarante-trois espèces européennes, qui paraissent toutes nouvelles.
MISCOLOBIER. Miscoloblutn. bot. Genre de la famille des Légumineuses, institué par Vogel qui lui assigne pour caractères ; calice campanule, à cinq dents, subbilabié, avec la découpure la plus profonde plus longue et plus élroile; étendard delà corolle ovatoorbiculé, un peu plus long que les ailes; celles-ci oblongues, divariquées; carène à peine plus courte que les ailes, oblongue ou obovée, obtuse, recourbée avec les pétales soudés au dos; dix étamines monadelphes; loges des anthères courtes, dressées, â peine distinctes, déhiscentes par le sommet; ovaire slipité, à deux ou trois ovules; style un peu courbé; stigmate oblique. Le fruit consiste en un légume oblong, presque droit, plan, comprimé, membraneux, indéhiscent, lisse ou faiblement réticulé, avec les bords de la suture à peine visibles; il renferme une ou deux semences grandes, réniformes, avec la radicule courte et courbée. Les Miscolobiers sont tous originaires du Brésil; ce sont ou des arbres ou de grands arbrisseaux, à feuilles imparipinnées, composées de folioles membraneuses cl rarement subcoriaces, à nervure médiane préminulente en dessous; à stipules décidues; à Heurs sessiles ou courtenient pédicellées, accompagnées de petites biactéoles décidues.
MiscoLoniER VIOLET. Miscolobiiim violaceum, \og. Feuilles composées de quinze à dix-sept folioles oblongues ovales, obtuses, émarginées et glabres; panicules laxiuscules, axillaires et terminales. Sur les bords du fleuve de S»-François, dans la province de Minas- Geraes.
BIISCOPÉTALE. Miscopetahim. bot. Haworth {Sy-
iiopsis succulent. Plant., p. 323) a élabli sons ce nom un genre ayant pour lype le Saicifraga rotuntlifolia, t., qui diffère essenliellement, selon lui, du Sa.vifraga, par les pélalcs onguiculés et par son ovaire supérieur. Mais comme ces caractères se nuancent dans les diverses espèces du Saxifiaga, la plupart des botanistes ont pensé qu'on ne pouvait les employer pour former des coupes génériques, f^. Saxifrage.
MISCOPHE. Mfscoplitis. iNS. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Porle-Aiguilions . famille des Fouisseurs, triliu des Larratcs, élabli par Jurine, ayant tous les caractères des Laries proprement dits, et n'en différant qu'en ce que leurs ailes supérieures n'ont que deux cellules cubitales, tandis que les Larres, les Palares et les Lyrops en ont trois. Chacune des deux cellules cubitales reçoit une nervure récurrente. Les antennes sont filiformes et presque semblables dans les deux sexes, tandis qu'elles sont différentes dans les Dinèles, genre voisin.
Misf.opnE BICOLORE. MiscopliHs hicolor, Jurine (Hyménopl., pi. 11, genre 95). C'est un petit Hyménoptère dont le corps est noir, avec l'extrémité des ailes supérieures noirâtre, et les deux premiers anneaux de l'abdomen ainsi que la base du troisième fauves. Il se plaît dans les lieux sablonneux, et se trouve dans toute la France.
MISCUS. INS. Synonyme de Misque. f^. ce mot.
IMISÉLIE. Miselia. ins. Lépidoptères ; genre de la famille des Nocturnes, tribu des Noctuellites, institué aux dépens du grand genre Noclua de Fabricius par Treilschke pour les espèces vivement colorées, munies d'une touffe épaisse sur le dos et de gibbosités sur l'abdomen, dont les ailes antérieures sont ornées de larges taches blanches ou de couleur claire, et les postérieures présentent à leur angle interne un point blanc ou noir, fort distinct. Les chenilles portent aussi des couleurs vives, et une sorte de collier; elles contractent le premier anneau dans l'état de repos, et sur les derniers se montrent des gibbosités et de longs appendices. Elles habitent ordinairement le tronc et l'écorce des arbres et se transforment dans la terre.
WisRLiË SAUPOUDRÉE. Miselici cons/iersa, Treils.; Bombyx annulata, Fab. L'Arrosée, Engr., pi. 230, fig. ô-"2, c, g. Les ailes supérieures sont, en dessus, d'un noir bleuâtre, mélangé d'un peu de jaunâtre, avec plusieurs taches blanches, dont une à la base rayée de noir, une grande au milieu qui absorbe l'orbiculaire et se réunit à la réniforme, deux autres au bord interne, et enfin une cinquième à l'angle supérieur du bord terminal qui est longé par une ligne blanche, formée de plusieurs traits anguleux. Ces mêmes ailes sont en outre traversées par plusieurs lignes noires et ondulées; leur frange est noirâtre, entrecoupée de blanc; les ailes inférieures sont grises, avec un croissant obscur dans le milieu et un point blanchâtre près de l'angle anal. Taille, quinze lignes, les ailes étendues. En Europe.
MISGURNE. Misgurnus. pois. V. Cobite.
MISILE. Misilus. jioiL. Genre proposé par Montfort (Conchyl. Syst., t. i, p. 295) pour un petit corps fort singulier, qui se trouve vivant dans l'Adriatique et fos-
sile aux environs de Sienne. Ce genre est caractérisé de la manière suivante par son auteur : coquille libre, univalve, cloisonnée, droite et formée en cruche un peu aplatie, carénée et armée sur un des côtés ; bouche ovale, ouverte; cloisons unies; siphon inconnu. Le Misile nommé Misile a(|uaire , Misilus aqiiutifer, par Montfort, est un petit corps ovale, aplali, muni d'une crête profondément découpée qui s'étend seulement sur un des côtés. Ce petit corps parait si singulier et si anomal, (|ue ((uelques auteurs ne le rangent (|u'avec doute parmi les Mollusques.
MISIS. INS. Nom donné par Engramelle au .'ialyrus Eudora de Lalreille.
MISOCAMPE. Misocampe. iNS. C'est-à dire ennemi des Chenilles. Genre de l'ordre des Hyménoptères, section des Térébrans, famille des Pupivores, tribu des Chalcidiles, établi par Latreille aux dépens des Cynips et des Ichneumones minuti de Linné, ou des Diplolèpes de Geoffroy, et ayant pour caractères : mandibules dentelées; antennes insérées près du milieu de la face antérieure de la tête, ou sensiblement éloignées de la bouche, composées de huit à dix articles, la plupart cylindriques, serrés, et sans verticilles de poils dans les deux sexes ; segment antérieur du tronc carré. Ce genre se distingue des l.eucospis et des Chalcis, parce que les cuisses ne sont pas renflées. Les Chirocères de Latreille ont les anlennes Habellécs; les Eucbaris et les Thoracantes en diffèrent par leur écusson qui est très grand et recouvre les ailes. Les Misocampes ont les antennes rapprochées à leur base, brisées, terminées un peu en massue et courtes; le premier article de chacune d'elles s'applique inférieurement dans un sillon longitudinal du front. La tète est verticale, comprimée, appliquée contre le corselet. Celui-ci est tronqué antérieurement. L'abdomen est ovale et conique, souvent comprimé, quelquefois très- petit. Son extrémité est pourvue, dans les femelles, d'une tarière plus ou moins saillante, quelquefois de la longueur du corps, filiforme, de trois pièces, dont celle du milieu est seule la tarière proprement dite, les pièces latérales ne lui servant que de fourreau. Les ailes n'ont presque pas de nervures; on n'y aperçoit quelquefois qu'un point marginal et plus épais, avec une ou deux veines courtes. Le corps est court, renflé, orné le plus souvent de couleurs très-brillantes, parmi lesquelles le vert, le bronze ou le cuivreux dominent. Quelques espèces ont la faculté de sauter par le moyen de leurs pattes de derrière; telles sont celles qui vivent dans les larves des Lépidoptères.
Les mœurs des Misocampes ont été observées par Degéer (Mém. sur les Ins., t. 2, p. 479). Suivant cet auteur, la femelle du Cynips doré ù queue, du Bédéguar lisse de Geoffroy (Ichneumon Bedeguaris, L.), sait déposer ses œufs auprès de la larve qui habile l'intérieur de cette galle, en introduisant sa longue tarière ou son oviductus jusqu'au centre du corps qui avait produit le Bédéguar. Il paraît que ce Misocampe ne pond qu'un oeuf dans chaque galle, puisque cette production ne renferme jamais qu'un seul habitant, et que sa substance ne peut suffire qu'à la consommation d'un seul individu de ce parasite. Les larves des Misocampes des
Mouclies se nourrissent de l'intérieur au corps des larves des Coccinelles et de celles des Syrphes ou Mouches apliidivores, et se Iransformeiit en nymplies sous leur peau. L'insecte parfail en sort par le moyen d'une ouverture circulaii'e, qu'il y pratique avec ses dents. Réaumur a é(6 témoin de l'accouiilemenl d'une autre espèce de Misocampe, qui pond toujours ses œufs dans (les chrysalides de Lépidoptères, et qui épie le moment où la Chenille passe ou vient à passer à l'élat de chrysalide, et où elle est encore molle, pour l'altaquer et lui confier ses œufs. Voilà comment a lieu la jonction des deux sexes : le mâle se place d'abord sur le milieu du corps de la femelle, de manière que les deux tètes sont lournées du même côlé; mais il y a encore loin de celle du mâle à celle de la femelle, parce que celleci surpasse beaucoup l'aulre en grandeur. Dès que le mâle s'est posé, il marche en avant jusqu'à ce que sa tète excède un peu celle de sa compagne. Alors il incline tellement la tète du côté de celle de la femelle qu'il semble lui donner un baiser. Celte caresse, qui ne dure qu'un instant, une fois faite, il va promplement à reculons, jusqu'à ce que son derrière se trouve par delà celui de la femelle. 11 le courbe et le fait passer sous l'extrémité du ventre de celle ci; là, il le tient fixé un moment, puis il commence son manège. Réaumur l'a vu renouveler par le même jusqu'à vingt fois; le mâle ne s'est retiré que pour céder forcément la place à un individu du même sexe plus frais. L'organe de la génération est renfermé entre deux pièces qui forment chacune une demi-gouttière. On peut le faire paraître en pressant le ventre de l'insecte. Degéer a décrit une autre espèce de Misocampe, qui est aptère et remarquable par sa faculté de sauter portée au plus haut degré. Geoffroy parle d'une espèce de Misocampe qui va déposer ses œufs dans le corps d'une larve d'Ichneumon très-petit, qui se nourrit de l'intérieur du corps des Pucerons. La larve du Misocampe attaque et fait périr celle de ce dernier, se métamorphose ensuite au même endroit; et jierce la i)eau du cadavre où elle était renfermée quand elle s'est changée en insecte parfait. Guérin a eu occasion d'observer cette espèce sortant de la Cochenille du Peuplier. Enfin une aulre espèce met ses œufs dans ceux de plusieurs autres insectes, la larve s'y nourrit de leur substance, s'y transforme, et l'insecte parfait en sort en perçant la coque. Les larves des Misocampes ont beauciuip de rapports avec celles des Ichneumons, mais les nymphes des premiers sont nues, au lieu que celles des seconds sont renfermées dans des coques filées par les larves.
Misocampe du Bédéguar. Misocampe Bedegiiaris, Ichneumon Beileijuaris , Latr., Lin., Uéaum., etc. Ses antennes sont noires, une fois plus longues que la lêle. Ses yeux sont bruns; la tête et le corselet sont d'un vert doré; l'abdomen est d'un pourpre doré, et les pattes sont jaunes. La tarière de la femelle est beaucoup plus longue que le corps. Celle espèce se trouve dans toute l'Europe; elle vit sous la forme de larve et de nymphe, dans les galles chevelues du Rosier sauvage, appelé Bédégiiar.
MISODENDRE. Uisodemlnim. bot. Ce genre qui parait appartenir à la famille des Loranlhacées, a élé
formé par Banks, puis adopté par De Candolle (Coll. Mém. vi-noa, 1. 11 et 12), qui en a établi les caractères connus, de la manière suivante : Heurs dioïques; les femelles présentant le tube du calice soudé à l'ovaire, le limbe Irès-pelil et tronqué; capsule oblongue, trilièdre, déhiscente longiludinalement en suivant les angles des valves, couronnée par le limbe du calice persistant et par les vestiges de la corolle; elle renferme trois écailles oblongues, recouverles de poils sélacés, aigrettes et blanchâtres, formant une columelle trihèdre. Les Misodendres appartiennent à l'Amérique méridionale.
MisoDENDRE poNCTCLÉ. Misoilcndium punctulatiim. C'est un sous-arbrisseau parasite à la manière du Gui; il est dépourvu de feuilles; ses rameaux sont glabres, cylindriques, parsemés de points rugueux; des bractées ovales, demi-embrassanles et obtuses alternent sur la longueur des lamifications, et de leurs aisselles naissent une ou deux fleurs sessiles. On le trouve sur les arbres des forêts de Magellan.
De Candolle ajoute à celle espèce le Misodendrum Bi achysluchium , recueilli dans l'Amérique septentrionale et qu'il a observé dans l'Herbier de la société d'horlicullure de Londres, ainsi que le Misodendrum quadriflonim, des mêmes localilés que le précédent.
MISOL AMPE. Misolampus. IKS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Héléromères, famille des Mélasomes, Iribu des Blapsides, élabli par Lalrellle et ayant pour caractères : palpes terminées par un article plus gros; le dernier des maxillaires sécuriforme; troisième et quatrième articles des antennes de la même longueur; corps convexe; corselet presque globuleux.
Ce genre a été formé par Lalreille sur un Coléoplère du Portugal que Herbert avait décrit et figuré sous le nom de Pimelia. Il est très-rapproché de celui des Blaps; mais il en diffère par les antennes qui vont en grossissant veis leur extrémité, et par leur corselet qui est globuleux comme celui des Moluris; les tarses sont à peu près semblables dans les deux sexes; leur menton, qui est petit ou moyen, ne recouvre pas la base des mâchoires. L'espèce qui sert de type à ce genre est:
MlSOLAJlPE DE HOFFMANIVSEGG. MiSOlOWpUS Hoff-
mannseggii, Latr., Gen. Ciust. et Ins., l. 10, fig. 8; Pimelia gihbula, Herbst, Col., t. 1, p. 20. fig. 7. Cet insecte est long de près d'un demi-pouce, d'un noir foncé, luisant et chargé de points; ceux des élytres y forment des lignes. Les antennes, les palpes et les tarses sont roussâtres. 11 a élé trouvé en Portugal par Hoffmannsegg.
Une seconde espèce a été trouvée par Goudot à Tanger, et Guérin lui a donné le nom de ce courageux voyageur : Misolampus Goudolii; elle est entièrement noire et longue de six lignes environ.
MISON. BOT. y. Myson.
MISPIKEL. jim. Synonyme de Fer arsenical, y. Fer.
MISQUE. Miscus. ins. Genre de l'ordre des Hyménoptères, élabli par Jurine et formé de quelques espèces d'Ammophiles et de Pompiles, ayant la troisième cellule cubitale péliolée. y. Amuopbile el Pompile.
MISSALÈNE. Missalena. aracbw. Genre établi par
Walkenaer et auquel Lalreillc avait iléjà donné le nom il'Ériodon. /^'. ce mot.
WISSANDRA. BOT. y. MlSAUDRA.
MISSOTTE. BOT. C'est le nom vulgaire du Poa marttima sur les côtes occidentales et méridionales de la France.
WISY. Hiw. Nom cité par Pline (Hist. nat., xxxiv,31), et sous lequel les anciens paraissent avoir connu le sulfate de Fer, qu'ils tiraient principalement de l'île de Chypre. 11 lui attribue une couleur jaune, ce qui pourrait faire croire que le nom de Misy s'appliquait aux efflorescences de Schistes alumineux.
MISYE. OIS. Espèce du genre Bouvreuil, y. ce mot.
MITCHAGATCHI. ois. Espèce du genre Macareux, Fratercula cirrata.
MITCHELLE. Mitchella. bot. Genre delà famille des Rubiacées et de la Tétrandrie Monogynie, L., composé d'une seule espèce, originaire de la Nouvelle Hollande. Le Milchelln repetis, L., Lamk., III., tab. C-5, est un très petit arbuste de l'Amérique septentrionale, ayant sa tige grêle, rameuse, étalée, rampante, longue de cinq à six pouces ou davantage, et perlant des feuilles opposées, courtement pétiolées, ovales, arrondies, obtuses et un peu mucronées au sommet, légèrement sinueuses sur les bords, coriaces, persistantes et accompagnées de deux bractées très-petites et persistantes; les fleurs sont terminales et géminées, soudées ensemble par leur ovaire, ainsi qu'on l'observe dans un grand nombre d'espèces de Chèvrefeuilles ; chaque calice est adhérent avec son ovaire infère, surmonté seulement d'un limbe à quatre dents; la corolle est tubuleuse, infundibuliforme; son limbe, qui est presque plan, csl à quatre, rarement à cinq divisions allongées, trèsvelues sur leur face supérieure; les étamines sont de la longueur du tube calicinal; le style est plus long, saillant, terminé par un stigmate profondément divisé en quatre lanières linéaires, obtuses et glanduleuses; le fruit est un double nuculaine globuleux, presque didyme, qui se compose des deux ovaires réunis; il présente, vers ses parties latérales et supérieures, deux ombilics formés par les dents des calices : chacun d'eux contient quatre nucules ovoïdes, rapprochés les uns des autres. Ce genre a de grands rapports avec le genre Nerlera de Banks, et surtout avec le Nerteia tetrasperma de Kunth; néanmoins il en est fort distinct. Mitchell avait donné à ce genre le nom de Cliamœdaphne.
MITCHILLIEN. pois. Espèce du genre Exocet. F. ce mot.
MITE OE MITTE. Acarus. arachu. Dans la méthode de Linné, on désigne ainsi un genre d'insectes Aptères très-nombreux en espèces et correspondant à la seconde tribu des Arachnides Holèlres de Latreille, celle des Acarides. /'. ce mot.
On désigne vulgairement sous le nom de Mile domestique ou Mile du fromage Vacants doineslicus de Degéer; Mite des Moineaux VJcanis passeriittis; Mite (le la farine VJcaïus farinœ; Mite de la gale VÂcarus scabiei, etc. /'. Acards.
MITELLE. Miiella. MOhi. Ocken a donné ce nom à un genre de Cirrhipèdes que Hill avait désigné longtemps
7 DICT. des SCIE^CES iVAT.
avant sous le nom deScalpelliim adopté par Lcach, et que Blainville a changé, dans son Traité de Malacologie, en celui de Polylèpe, Polylcpas. F. ce mot.
MITELLE. Mite/la. bot. C'est le nom d'un genre de la famille des Saxifragées et de la Décandrie Digynie, L., ayant pour caractères : un calice monosépalc, étalé, à cinq dents; une corolle composée de cinq pétales profondément laciniés sur leurs bords en découpures sélacées; dix étamines insérées, comme la corolle, à la paroi interne du calice; un ovaire ovoUle, surmonté de deux styles fort courts ; le fruit est une capsule ])resque globuleuse, à une seule loge polysperme, s'ouvrant en deux valves. Ce genre se compose de cinq ù six espèces qui toutes sont originaires de l'Amérique septentrionale. Ce sont des plantes herbacées vivaces, ayant en général leurs feuilles toutes radicales, excepté le Mitella diphylla, L., qui porte au bas de son épi de Heurs deux feuilles involucrales, opposéeset sessiles; les fleurs sont petites, jaunâtres, disposées en un long épi au sommet de la tige qui forme une sorte de hampe nue.
MiTELLE DiPBYiiE. Milella diphylla, L., Lamk., III. tab. 075, fig. 1 ; Gœrtn., 1, tab. 44. C'est l'espèce la plus commune et la plus grande de ce genre; ses feuilles radicales sont réunies en touffe et portées sur des pétioles de trois à quatre pouces de longueur, hérissés de poils roussàtres; ces feuilles sont minces, membraneuses, coidiformes et à trois ou cinq lobes aigus, peu profonds et doublement dentés; la tige, haute de six à douze pouces et même davantage, est simple, nue inférieuiement, portant vers sa partie moyenne deux feuilles sessiles et terminées par un long épi de fleurs pédicellées, jaunâtres; les capsules sont un peu comprimées, s'ouvrant en deux valves par leur partie supérieure cl contenant plusieurs graines noires et luisantes. Les autres espèces de ce genre sont : Mitella coidifolia, Lamk., III.. tab. 573, fig. ô; Mitella renifonnis, id., III., tab. 373, fig. 2; Mitella gratidiflora, Pursh ; et Milella piostiala, Michaux.
MITHRAX. Mithrax. crcst. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Brachyures, tribu des Triangulaires, établi par Leacb et auquel Latreille avait donné, dans la Collection du Muséum d'Histoire naturelle de Paris, le nom de Trachonite. Ses caractères sont : lest plus large que long, approchant de la figure rhomboïdale; serres et pieds gros, courts et très-épineux. Ce genre se distingue des Parthénopes par les pieds antérieurs, qui, quoique très- grands, sont cependant moins longs que chez les Parthénopes; ils se dirigent en avant, ce que ne peuvent pas faire ceux des Parthénopes, et n'ont pas les doigts des pinces en bec de Perroquet. II se distingue encore des autres genres dé rivant de celui d'Inachus de Fabricius par des carac-' tères tirés de la forme et de la position des antennes et d'autres tirés de la forme du corps et des pattes; les antennes extérieures des Mithrax sont |)lacées i)rès dii canlhus interne des yeux, très-courtes, terminées par une tige coiii(|uc ou en alêne, guère plus longue que leur pédoncule, dont le premierarlicle est un peu plus gros, mais plus court que le second ; le troisième article des pieds-màclioiies extérieurs est presque carré, avec
l'angle inlerne supi-rieur écliancré; les serres sont grandes, mais moins que celles des Lamhres et des Eurynomes, dirigées en avant et ne formant pas d'angle avec l'axe longitudinal du corps ; elles sont terminées par des pinces pinson moins ovales, dontles doigts ne s'inclinent pas brusquement comme ceux des Eurynomes et des Lambres; la carapace a un rostre bifide, elle est tantôt courte, tantôt renUée sur les côtés, trèsépineuse et inégale, tanlôL oblongue et médiocrement inégale; les yeux sont entièrement renfermés dans une cavité cylindrique, ils sont gros et portés sur un court pédicule. Ce genre est assez nombreux en espèces.
MiTHRAX LBNii.É. Milhiax luHUlutns , Latr. Il a le test oblong, allongé, terminé par deux pointes trèsaplatles et mousses, avec le dessus sans tubercules et les côtés pourvus de quatre dents, dont la deuxième est la plus grande. I! se trouve ù la Nouvelle-Hollande.
On doit encore rapporter à ce genre le Maia condxliala, R\ss. ? et les Cancer spinipes, coiulyliatus, liispi'dus et nculealits d'Herbst. Tous des Indes- Orientales.
MlTlirvlDATE.4. bot. Le genre Ambora de Jussieu était ainsi nommé par Commerson dans ses manuscrits. Schreber et Willdenow ont préféré celle dénomination, quoique le mot Jmhoia n'eût rien de cboquant, et qu'il fût en barmonie avec celui que l'arbre porte à Madagascar. Si l'on eût regardé comme absolument nécessaire de s'en rapporter sévèrement à la règle arbitraire qui veut que tous les noms vulgaires soient prosciils du langage scientifique, il aurait fallu au moins adopter pour le genre en question le nom de Tamboun'ssa, d'abord proposé par Sonnerai. F. Aa-