‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 4)Chapitre 63 sur 99 · SI · texte numérisé non relu

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pliales mis, sous le nom d'Hélërobranches; ils sonl divisés en deux familles : les Ascidiensel les Salpicns; l'une et l'aulre de ces familles est paitagée ensuite en deux tribus. Dans la famille des Ascidiens, la première tribu est pour ceux qui sont simples : on y trouve les genres Ascidie, Bipapillaire, Fodie, genre établi par Bosc. Dans la seconde tribu qui ne contient que des Ascidiens agrégés, on rencontre les genres Pyure, Distome, Botrylle, auquel sont rapportés les genres Diazoma, Polycline de Savigny, et Polycyde de Lamarck ; Synoïque, qui réunit les genres Âplidinm, Eucœlium et Dhlermum de Savigny. Les Salpiens ne comprennent que deux genres, et chaque genre forme une tribu; la première pour les Salpiens simples, qui renferment le genre Biphore divisé en buit groupes parmi lesquels se voient les genres Monopbore et Timorienne de Quoy et Gaimard. Les Salpiens agrégés contiennent le genre Pyrosome seul.

Le sous-type des Mollusques, que Blainville nomme Malentozoaires ou Mollusarticulés, se compose de deux classes fort différentes d'êtres; les animaux que renferme la première sonl intermédiaires entre les derniers Acéphales et les Enlomozoaires, tandis que ceux de la seconde, dans laquelle Blainville rapporte les Oscabrions, lient les Mollusques Céphalés aux Enlomozoaires; aussi voici à cet égard ce que dil ce zoologiste, page .')92 de son Manuel : » Le passage des Malacozoaires aux Enlomozoaires se fait dans deux lignes, des Malacozoaires Acéphales aux Enlomozoaires Héléropodes, par les Némalopodes, et des Malacozoaires Céphalés aux Enlomozoaires Chétopodes, par les Polyplaxiphores; en sorte que les deux classes, que Deshayes réunit dans son sous-type des Malentozoaires, sont nécessairement fort dilïérenles. n

La classe première porte le nom de Némalopodes, elle correspond aux Cirrhopodes des auteurs, et elle est divisée en deux familles qui coïncident avec les genres Anatife et Balane de Bruguière; dans la première, se voient les genres : Gymnolèpe de Leach, auquel est joint le genre Cinéras du même auleur; Pentalèpe qui réunit les genres Penlalasmis el Pollicipède de Leach; Polylèpe qui est presque le même que le Scalpellum de Leach; el enfin Lilholèpe, genre nouvellement proposé par Sowerby. La famille des Balanides contient les genres Balane, Ocbthosie, nouveau genre de Ranzani, Conie, Creusie, Chtamale établi par Ranzani, et Coronule; ce dernier genre est sous-divisé en Chélonobies de Leach, Célopire de Ranzani, Diadème de Ranzani, el Tubicinclle de Lamarck.

La seconde classe, sous le nom de Polyplaxiphores, ne contient que le seul genre Oscabrion auquel est réuni le genre Oscabrelle de Lamarck.

De tous les systèmes établis jusqu'à ce jour, c'est sans contreilit celui de Blainville qui repose sur le plus grand nombre d'observations anatomiques, les seules sur lesquelles on doive à l'avenir faire de nouveaux essais. 11 a rendu de très grands services à cette partie des sciences naturelles, en faisant connaître un grand nombre d'animaux sur lesquels il restait du doute, et quoiqu'il en existe encore un certain nombre sur lesquels on est dans l'ignorance la plus complète ou sur

lesquels on a seulement quelques données incertaines, on doit considérer le Manuel de Malacologie comme une mine précieuse où les zoologistes puiseront d'utiles matériaux, et trouveront une méthode qui, à l'exception de (|uelqucs rapports de détails, restera à la science comme une base solide qui ralliera désormais les faits nouveaux.

II a paru à Leyde, en 1823, un ouvrage important qui a pour tilre : Monoyiapliiœ Ammoniteontm et Gonialiteorum spécimen. L'auteur de cet ouvrage, De Haan, divise tous les Céphalopodes en ceux, 1" qui sont adhérents à leur coquille par un ligament postérieur, ou parce que celle-ci est retenue dans l'intérieur de l'animal ; 2" en ceux qui sonl libres, c'est-à-dire qui ont une coquille non adhérente ou qui n'en ont pas du tout; l'Argonaute est ici i)lacé. Les Céphalopodes adhérents, qui renferment tous les Céphalopodes à coquille, sont divisés, d'après l'existence ou la non existence du siphon, en deux grandes familles, les Siphonoïdes et les Asiphonoïdes, qui elles-mêmes sont partagées en plusieurs tribus; la première famille en trois, les Ammonites, les Gonialilés et les Naulilacés; la seconde en deux seulement, les Microscopiques el les Contabulés. Ce caractère, si saillant el si bon, tiré du siphon, est employé dans la méthode de De Haan pour la première fois, et avec le plus grand avantage. Après avoir proposé celte classification générale. De Haan abandonne tous les Céphalopodes qui ne sonl point siphonophores,pour s'occuper spécialement de ceux-ci. On a vu qu'ils étaient divisés en trois familles : la première, celle des Ammonites, commence par le genre Turrite (Turrilite, Lamk.), qui est suivi du nouveau genre Planile de De Haan, qui correspond aux genres Planulitc et Ellipsolite de Montfort; le troisième est le genre Ammonite, le quatrième le genre Globile pour les Orbulites de Lamarck; le cinquième, le genre Hamile de Sow.; le sixième pour les Baculites; le septième pour un nouveau genre démembré des Ammonites sous le nom de Céralile, commence la famille des Gouialités : c'est le genre Goniatile établi pour les genres Pélaguse el Aganide de Montfort. Dans son genre Rluibdila, qui est le troisième et dernier de la famille des Gonialilés, De Haan comprend le genre Tiranile de Montfort et le genre Icbthyosarcolite de Desmarest. La famille des Nautiles se compose d'une série de genres qui commence par les Nautiles, les Discites, qui est proposée pour des Coquilles très-aplaties qui se trouvent dans les schistes et que l'on considère ordinairement comme des Ammonites accidentellement comprimées; suivent les genres Omphalie, Scapbite, Spirule, Lituite el Bélemnile qui termine la famille des Nautiles; ce dernier genre est d'autant mieux placé qu'il fait le passage, par le genre Béloplère, aux Sèches e( aux autres Céphalopodes libres. Ce système des Céphalopodes est certainemenl un des meilleurs que l'on ait encore proposé pour celle partie difficile des Mollusques, el la classe que De Haan n'a point traitée d'une manière spéciale, celle qu'il a désignée par le nom d'Asiphonoïdcs, a fait le sujet d'un très-grand travail de D'Orbigny fîls, qui a jeté un grand jour sur l'arrangement des Céphalopodes microscopiques , sur lesquels

il a fail une foule il'obseivations du plus graïul intérêt, i

D'Orbigiiy divise tous les Céphalopodes en trois ordres, les Cryplodibranclies, les Siphonifères et les Foraminifères. Latreille a reproché à l'auleur d'avoir adopté pour le premier ordre la dénomination de Cryplodibranches, attendu que les Céphalopodes qui y sont tous compris, ne sont pas les seuls auxquels cette épithèle convienne. Les dénominations des ordres, prises sur des caractères différents, ont le grave inconvénient de mettre souvent une grande inégalité dans la valeur des coupes, puisqu'elles reposent sur des caractères de l'organisation opposés ou comparés à d'autres pris de la coquille. Ces Cryplodibranches renferment deux familles, les Octopodes et les Décapodes; dans la première se voient les genres Argonaute, Bellérophe, Poulpe, Élédon et Calmaret. L'autre famille se compose des genres Cranchie, Sépiole, Onychoteuthe, Calmar, Sépioteuthe et Sèche. Le second ordre est bien justement dénommé; les Sijihonifères se groupent en effet d'une manière fort naturelle, d'après ce seul caractère. Dans l'arrangement adopté par D'Orbigny, le genre Spirule, qui fait à lui seul la famille des Spirulées, se trouve le premier et suit immédiatement les Sèches; après lui vient la famille des Nautilacées qui comprend les genres Nautile, Lituilc et Orthocératite, (jui sont suivis de la troisième famille, les Ammonées, dans laquelle se trouvent les genres Baculite, Hamitc, Scaphite, Ammonite et Turrilite. La quatrième et dernière famille de cet ordre a été nommée par D'Orbigny les Péristellées. Elle se compose seulement des deux genres Ichthyosarcolite et Bélemnite. L'ordre troisième, celui dont s'est occupé le plus spécialement D'Orbigny, sous le nom de Foraminifères, contient toutes les Coquilles microscopiques, polythalames, dont les cloisons sont percées et ne sont point munies d'un siphon. Ce grand ordre des Foraminifères est divisé en deux sections inégales : la première pour les Coquilles dont chaque loge est formée d'une seule cavité; la seconde pour celles où les loges sont composées de plusieurs cavités. Dans la première section se rencontrent les quatre familles suivantes : les Stichostègues, les Énallostègues, les Hélicostègues et les Agathistèfiues; la seconde section contient une famille seulement, elle porte le nomd'Entomostègues.Sursoixantecinq genres que l'on avait établis sur ces corps avant D'Orbigny, vingt-deux seulement sont conservés par lui ; il en ajoute trente et un, d'après ses propres observations, ce qui en porte le nombre total à cinquantetrois; dans la première famille des Stichostègues, il y en a huit : Nodosaire, Frondiculaire, Linguline, Rimuline, Vaginuline, Marginuline, Planulaire, Pavonine. Le premier de ces genres renferme quarante- neuf espèces partagées en cinq sous-genres; les genres Orthocère et Nodosaire de Lamarck sont compris dans celui-ci; le genre Frondiculaire est adopté de Defrance, et quoiqu'il semble fort éloigné du précédent par sa forme générale, ainsi que par celle des loges, il a cependant un accroissement semblable, et, comme lui, des loges simples et une ouverture centrale. Les deux genres Linguline et Rimuline sont nouveaux; mais ce dernier et les suivants sont compris dans

une section qui renferme toutes les Coquilles à ouverture marginale. Le genre cinquième, Vaginuline, contient encore quelques Coquilles du genre Orthocère de Lamarck; VOrthocera Legumen, qui, d'après le mode d'accroissement, est bien placé, mais qui, d'après l'ouverture en fente au milieu des cloisons, ne se rapporterait pas très-bien aux caractères des autres genres qui ont cette ouverture ronde ; le suivant, lUarginuline, démembré également des Orthocères de Lamarck, Ortliocera Kaiihaniis de cet auteur, présente très-bien ce caractère, aussi bien que le genre suivant, Planulaire de Defrance, dont les loges sont plus obliques, mais du reste d'une forme très-voisine du genre précédent. Le dernier genre de cette famille, Pavonine, ne semble point à sa place, puisque la dernière loge est garnie d'un grand nombre d'ouvertures, et la coquille à l'intérieur paraît être celluleuse entre les loges.

La deuxième famille, sous le nom d'Énallostègues, contient sept genres partagés en deux sections : le premier, Bigénérine, est fort singulier : après avoir commencé sa coquille par des loges alternes, il la termine en ligne droite avec l'ouverture centrale semblable à celle des Orthocères de D'Orbigny. Le genre suivant est adopté de Defrance, et |)ortele nom de Textulaire; il est composé de loges alternes d'un bout à l'autre, et il a une ouverture semi-lunaire au bord interne de chaque loge. Le génie Vulvulinevientensuite; lesloges sont également toutes alternes, mais la fente est au sommet, dans l'axe médian de la coquille. Le quatrième genre, Dimorphine, d'après les caractères que lui donne D'Orbigny, aurait beaucoup de rapports avec le second; comme lui, il commence avec des loges alternes et tînit en ligne droite et en loges simples, sur un seul axe central. Les Polymorphines forment le cinquième genre; toutes les loges sont alternantes, embrassantes et d'une manière plus ou moins complète, la dernière portant au centre une ouverture ronde. Le sixième genre, Virguline, en diffère par l'ouverture qui est en forme de virgule; le genre Sphéroïdine, qui est le septième et dernier, s'éloigne un peu des précédents j)ar sa forme.

La troisième famille, les Hélicostègues, est la plus considérable; elle renferme vingt six genres séparés naturellement en trois sections, d'après la forme et l'élévation de la spire: la première est pour les Turbinoïdes, la deuxième pour les Ammonoïdes et la troisième pour les Nautiloïdes. Les genres sont, pour le plus grand nombre, nouveaux; les Coquilles dont la spire est la plus élancée, commencent la série qui se termine par celles qui sont discoidales, et qui n'offrent plus d'ouverture, tels que les Nummulites, les Sidérolites, etc. La quatrième famille, les Agathistègues, ne contient plus de Coquilles en spirale proprement dite, mais à loges diversement pelotonnées sur un axe ayant deux, trois ou cinq loges apparentes, les loges ayant une ouverture terminale. Les six genres Biloculine, Spiroloculine, Triloculine, Arliculine, Quinquélnculine, Adélosine, qui y sont compris, sont presque tous des démembrements du genre Miliolite de Lamarck. La dernière famille, les Entomostègues, rassemble toutes les Coquilles multiloculaires dont chaque loge est divisée en plusieurs petites cavités ou |iar un grand

nomI)re de lubes plus on moins ré'guliers; dans les unes, il y a une simple ouverlure contre le reloiir de la spire; dans les autres, il y a un grand nombre de pores lerminaux, qui se voient à la place d'une ouverture unique.

Généralités sur l'organisation des Mollusques.

On a défini à l'article Coquille toutes les parties qui constituent le test des Mollusques; il reste à présenter ici la définition des différents organes ou des différents appareils dont sont pourvus les Mollusques, en y ajoutant quelques considérations générales. On suivra dans la distribution des matières l'ordre analomique; ainsi on examinera : 1» l'enveloppe charnue extérieure, la peau et ses dépendances; 2» le système musculaire; S» les organes de la circulation; 4" les organes de la respiration; 5» le système nerveux; 6» les organes de la digestion; 7» enfin les organes générateurs.

La peau dans les Mollusques se compose presque généralement de deux parties : la peau proprement dite, qui adhère à la surface du corps du Mollusque, et qui en revêldirectementles organes, elle manteau qui n'en est qu'une dépendance, qui est destiné à revêtir les Mollusques plus ou moins complètement. Il n'est pas de Mollusque sans peau, il en existe un certain nombre sans manteau. Ce nom de manteau fut d'abord donné à l'enveloppe cutanée et charnue, qui revêt l'intérieur des Coquilles bivalves, et qui, ployée en deux sur le dos de l'animal, semble le revêtir comme un manteau. On a fail ensuite l'application du même mot à cette partie considérablement modifiée dans les Mollusques céplialés conchifèresou nus. Dans les Mollusques acéphales, le manteau est une membrane mince, transparente, vasculaire et cellulaire, composée de deux feuillets réunis par des mailles assez petites, qui se communiquent. Les Mollusques conchifères sont symétriques dans presque toutes leurs parties, et le manteau luimême, formé de deux parties semblables, une à droite et l'autre à gauche de l'animal, est symétrique aussi; on nomme /oôes ces deux parties du manteau. Les bords sont épaissis, musculaires, contractiles; ils correspondent aux bords de la coquille; ils présentent plusieurs modifications; ils soni libres lorsqu'ils n'adhèrent entre eux que par le dos de l'animal, dans les Huitres, par exemple; ils sonl adhérents , lorsqu'ils se réunissent plus ou moins complètement dans leur étendue, en laissant cependant une ou plusieurs ouvertures. Ou le manteau est simplement perforé, c'est-à-dire que dans l'endroit de la réunion des deux lobes, il existe deux ou trois trous sans prolongements, ou il eslsiplionifère, c'est-à-dire qu'une ou deux de ces ouvertures (les postérieures) se prolongent en tubes contractiles elrétiactiles; le bord libre de ces ouvertures ou de ces tubes est simple ou tenlaculaire, selon qu'il est muni ou non de petits appendices charnus, contractiles, en forme de tentacules. Lorsque les tubes existent, il est de règle générale, qui souffre cependant quelques exceptions, qu'ils sont retirés en dedans par un muscle particulier, étalé, rayonnant, dont l'impression se voit Irès-bien en dedans des valves, comme dans les Mactres, les Vénus, etc.; le manteau est /erwié lorsque la suture des deux lobes a lieu dans tout le bord inférieur;

les trois ouvertures subsistent, deux pour les siphons, et une pour le pied; mais ces ouvertures sont opposées : l'une est antérieure, les deux autres postérieures; toute la partie ventrale des lobes du manteau est réunie comme dans les Solens. Le manteau devient plus tubiileux encore dans les Tarets où il ne montre plus les traces de la réunion de ses deux parties. Sous le rapport de la forme tubuleuse de cet organe, on pourrait arriver aux Mollusques céphalés par les Dentales dont le manteau et le pied ont des rapports avec ces organes dans les Solens. Dans les Mollusques céphalés, le manteau n'a plus la même forme, il n'a même plus, sous ce rapport, la moindre ressemblance avec celui des Acéphales. Dans les Mollusques nus limaciformes, il se présente d'abord sous forme rudimenlaire. Dans les Limaces, il forme sur le dos un épaississement charnu auquel on a donné le nom de bouclier; il s'étend davantage dans les Parmacelles, les Vitrines; il s'empare de tout le dos, en se confondant avec la peau, se reconnaissant seulement par un sillon qui le sépare du pied dans les Doris et autres genres analogues ; il dépasse même quelquefois beaucoup le pied ou se confond avec lui, comme dans les Aply-

Dans les Mollusques conchifères, le manteau adhère cl se confond en s'amincissant beaucoup avec la membrane qui recouvre la partie des viscères ordinairement tournée en spirale; il enveloppe l'animal dans tout son contour, revêt la coquille vers son ouverture, et quand il est épaissi dans son bord libre, on donne à ce bord le nom de collier, comme dans les Hélices. Ce manteau contient ordinairement, dans une cavité i|ui lui est propre, une poche qui renferme les branchies ou organes de la respiralion, qui communique avec le fluide ambiant, soit par un simple trou comme dans les Hélices, soit par une fente, soit enfin par un canal plus ou moins long, droit ou recourbé, se prolongeant en avant audessus de la tête de l'animal. Ce canal n'existe que dans les Mollusques dont la coquille est canaliculée ou échancrée à sa base, comme les Fuseaux, les Casques, les Volutes, etc. Quelquefois le manteau, qui est trèsample et très contractile, recouvre la coquille dans son entier, la polit en y déposant successivement plusieurs couches de matières calcaires diversement coloriées, comme les Porcelaines, les Ovules, sans doute les Olives, les Ancillaires, les Tarières et les Marginelles. Dans les Mollusques céphalopodes, le manteau est redevenu presque rudimentaire, et il disparaît entièrement dans les Hétéropodes, à moins qu'on ne veuille en retrouver des traces dans l'enveloppe du nucléusde cette classe.

La peau des Mollusques est d'une nature particulière, propre à cette partie des êtres; elle est molle, visqueuse, et susceptible de prendre presque toutes les formes, de s'appliquer exactement sur tous les corps; elle paraît jouir d'une grande sensibilité, et elle est si intimement unie au système musculaire cutané, qu'elle en reçoit tous les mouvements et les moindres contractions : celte propriété se remarque surtout au plan locomoteur. La peau, dans certains Mollusques, est entièrement lisse, comme celle de la plupart des Mol-

lusqiies acéphalijs et lie plusieurs Jlolliisques céphalés; elle est rugueuse et tuberculeuse, selon la grosseur des aspérités qui la recouvrent; elle parait plus épaisse sur les flancs, le dos, ou sous le pied de l'animal, que dans la partie qui est constamment couverte de la coquille et qui contient les viscères. Dans les Mollusques sans coquille, la peau est d'une égale épaisseur, se confond souvent avec le manteau, d'une manière intime; la peau des Mollusques est toujours imprégnée pendant leur vie d'une quantité assez notable de mucosités, qui en est constamment sécrétée, aussi bien que par les bords du manteau. Malgré l'abondance de cette sécrétion, on n'a point encore reconnu une quantité de cryptes muqueux qui soiL en rapport. Dans les Limaces et même certaines espèces de ce genre, on voit postérieurement, dans une petite cavité, la réunion de plusieurs glandes muqueuses, qui rendent plus abondante la traînée muqueuse que ces animaux laissent derrière eux. La peau et ses annexes déterminent la forme du corps et limitent le Mollusi|ue dans l'espace; sous ce rapport de la forme, le Mollusque est très-variable, puisqu'il a un corps conlraclile dans tous les sens. Cependant celle forme, chez lui, est toujours délerminable d'une manière générale en ce que l'animal de cbaque espèce est forcé par son organisation de conserver celle qui lui est propre; ainsi il pourra s'allonger, se raccourcir, se contracter et prendre, suivant les circonstances, une forme différente; mais elle découle toujours de sa configuration première, qui est constamment la même dans l'étal de repos. D'après la forme, les Mollusques sont plats, linguiformes, étroits, allongés, bossus, turriculés, etc., etc , dénominations qu'il serait inutile de rapporter toutes ; il suffit d'en citer quelciues-unes pour faire comprendre toutes les autres lorsqu'elles se présenteront, sans qu'il soit nécessaire d'en donner les définitions.

Le système musculaire est fort différent et dans les Conchifères el dans les Mollusques céphalés. Dans les Acéphales, composés essentiellement de deux parties principales, qui, par leur ccartemenl, permettent à l'animal de jouir de toutes ses fonctions, on trouve un ou deux muscles dont les efforts sont en opposition avec un ligament élastique, qui tend sans cesse ù ouvrir la coquille; il sufKt en effet que les muscles adducteurs soient dans le relâchement, pour que la coquille s'entr'oMvre; ce muscle, ou ces deux muscles, que l'on nomme adducteurs des valves, forment la partie la plus simple du système des Mollusques acéphales; l'épaississement du manteau qui constitue son bord est contractile, aussi y observe-l-on une foule de petits faisceaux charnus, destinés à opérer celte rétraction. Ceux qui n'ont pas de pied, tels que les l'uitres, par exemple, ont un système musculaire visible, borné au seul muscle adducteur des valves; presque toutes les autres parties du corps sont contractiles ; mais la fibre est répandue et confondue d'une mauière inextricable. Ceux qui ont un pied, soit pour filer un byssus, soit pour ramper dans le sable, outre que cet organe est essentiellement musculaire et coriace, susceptible de prendre diverses formes, el qu'il a, malgré cela, une forme déterminée , suivant les genres et les familles, il

est pourvu de plusieurs paires de muscles destinés à opérer certains mouvements et surtout ceux de porter le pied en avant, en arrière, ou de le retirer tout entier en dedans de la coquille. Un autre muscle dont sont pourvus les Conchifères, mais seulement ceux qui ont des siphons, est le muscle rétracteur de ces parties dont les fibres rayonnantes laissent sur la coquille une impression particulière, quoique cependant quelquesuns d'entre eux aient des siphons et ne paraissent point avoir de muscles particuliers pour leurs mouvements.

Dans les Mollusques céphalés, dans ceux qui ont l'organisation la plus simple, on trouve, comme dans les llipponices, un muscle d'attache, qui a beaucoup d'analogie avec ceux des Conchifères; il sert à opérer les mêmes mouvements, mais le reste du système musculaire est déjà fort différent; il existe une tête, et plusieurs faisceaux charnus sont chargés d'en opérer le mouvement; il y a une bouche, des mâchoires, une véritable mastication qui ne peut s'exécuter qu'à l'aide de muscles propres, situés de chaciue côté de la tête; la tête a des tentacules qui sont rétractiles ou contractiles, qui jouissent quelquefois en même temps de ces deux propriétés; il faut encore des muscles particuliers pour exécuter ces mouvements; la tète elle-même et une partie du corps sortent et rentrent dans la coquille; un muscle puissant, qui s'attache à la columelle, opère ces mouvements.

On pourrait diviser les muscles des Céphalés en plusieurs groupes, d'après les régions qu'ils occupent, nommer Céphaliques ceux qui sont pour la tète : on les diviserait en buccaux et en tentaculaircs; Trachéliens ceux du col; Abdominaux, ceux du corps; mais dans ces deux régions, à l'exception du muscle columcllaire qui les traverse, les muscles sont intimement confondus avec la peau, de manière qu'il n'est point possible d'y reconnaître des faisceaux particuliers, et qu'ils agissent tous dans l'acte de la progression qui se fait presque uniquement par reptation et quelquefois par natation.

Si le système musculaire offre des différences notables dans les différentes classes de Mollusques, le système des organes de la circulation n'en offre pas moins. Dans les Conchifères, on voit ces organes composés d'un cœur el de ses orcilleltes, de vaisseaux artériels et de vaisseaux veineux; le cœur est presque toujours symétrique, placé vers le dos dans la ligne médiane, où il est traversé presque constamment par l'intestin rectum; il est charnu, de forme assez peu variable, fusiforme; il est composé d'un seul ventricule, d'une oreillette, soit simple et non symétrique comme dans les Huîtres, soit double el symétrique comme dans les Vénus, les Maclres, les Bucardes. etc., etc., en un mot, dans tous les genres à coquille régulière. C'est de ses extrémités que partent antérieurement et postérieurement deux aortes : la postérieure au-dessous du rectum pour se répandre dans les parties postérieures du corps, et l'antérieure, beaucoup plus grosse, se distribue aux parties antérieures el à presque tous les viscères. Des extrémités capillaires des artères, aussi bien que par des radicules, naissent les veines dont les rameaux et k's branches se réunissent de tous les points du corps

en plusieurs troncs qui se remlenl dans le réser\oii' commun des veines; il csl placé au-dessous du cœur dans la ligne médiane. C'est de ce réservoir que sorlent deux gros vaisseaux pulmonaires, qui se distribuent à l'une des faces des feuillets branchiaux d'une manière fort régulière, et donnent naissance à un autre ordre de vaisseaux qui reçoivent le sang vivifié par l'acte de la respiration, et le poi tent dans les oreillettes ou dans l'oreillette qui s'insère par un pédicule plus ou moins long sur le ventricule, à la partie antérieure, lorsqu'il n'est point symétrique, dans les parties latérales, quand il est symétrique; le sang rentre ainsi dans la circulation aortique, pour recommencer, à l'aide des pulsations du cœur, un trajet semblable. Cette circulalion, comme on le voit, présente une grande simplicité; c'est un cercle unique (jue le sang doit parcourir, et celte circulation, quant à la simplicité, est la même dans tous les Mollusques quels qu'ils soient. Si les Mollusques acéphales ont en général le cœur symétrique et deux oreillettes symétriques aussi, les Mollusques céphalés n'ont point ces organes symétriques, lorsque la coquille ne l'est pas; ils le sont au contraire lorsque la coquille est parfaitement symétrique. On a vu que dans les Mollusques céphalés, le manteau formait audessus du col ou sur le dos et quelquefois sur les parties latérales de l'animal, une cavité destinée à contenir les branchies. On doit être sûr, d'une manière générale, que le cœur est voisin de ces parties; il est placé ordinairement vers le dos, enveloppé d'un péricarde dans lequel il se meut. Si les branchies sont plus en arrière ou plus en avant, le cœur lui-même est aussi plus postérieur ou plus antérieur; le cœur et les oreillettes n'offrent point de valvules comme dans des types d'animaux d'une organisation plus avancée, à l'exception cependant des Sèches et des Poulpes; les gros vaisseaux même à leur entrée ou à leur sortie du cœur en sont dépourvus, et ce défaut de valvules s'expliquerait très-bien si la circulation était dans les Mollusques acéphales ou céphalés, ce qu'elle est dans les Biphores, d'après les observations de Kuhl et Van-Hassell qui prétendent que la circulation, après s'être exécutée pendant quelque temps du cœur par l'aorte vers les parties du corps, s'arrèle un moment pour reprendre par les veines et leurs anastomoses im sens tout à fait contraire. La distribution des vaisseaux est fort différente dans les Céphalés de ce qu'on l'a vue dans les Acéphales; le cœur fournit une aorte unique, qui se divise bientôt en deux troncs : l'un pour la parlie antérieure et l'autre pour la partie postérieure du corps, et quelquefois ces deux troncs naissent immédiatement du cœur. Le tronc antérieur fournit les branches à la tête, au col et souvent Ji une partie des organes de la génération; le tronc postérieur les distribue au reste des viscères et à la partie postéiieure du corps, au foie, aux intestins, à l'ovaiie, etc.; il fournit aussi une branche pour le manteau, quelques autres pour la peau et pour le pied. Dans les Mollusques qui respirent l'air en nature, on trouve une cavité pulmonaire, qui remplace les branchies; les vaisseaux branchiaux s'y étalent, s'y divisent un grand nombre de fois; mais pour le reste, le système vasculaire se

distribue comme dans les autres Mollusques. Dans les Céphalopodes, du moins dans les Poulpes et probablement aussi dans les Sèches, l'organisation, beaucoup plus complii|uée et beaucoup plus parfaite a rendu nécessaires des organes de circulation beaucoup plus parfaits que dans les autres types; ainsi, outre un cœur central, qui envoie le sang dans toutes les parties, il existe aussi des cœurs latéraux, un de chaque côté, qui donnent une impulsion particulière à la circulation pulmonaire, puisqu'ils se trouvent à l'origine des vaisseaux branchiaux, et de plus on trouve dans ces Mollusques de véritables valvules à l'entrée des veines dans ces cœurs.

Les organes de la respiration sont, comme tout le monde sait, en rapports intimes avec ceux de la circulation, et ils existent dans une telle dépendance, que dès que la circulation paraît dans les êtres, la respiration commence; sans cela, la destruction de l'être serait prompte, ce qui rendrait la fonction nuisible : on ne peut le supposer d'après les lois immuables de la nature. Les Mollusques vivent dans l'eau, pour le plus grand nombre; leur respiration a dû être appropriée à l'assimilation du liquide ambiant; aussi est-ce d'une respiration branchiale qu'ils sont pres(|ue tous pourvus. Les branchies sont fort différentes, selon les diverses classes de Mollusques dans lesquelles on les examine. Dans les Brachiopodes, la Lingule, par exemple, les branchies sont sérialement disposées dans le manteau et dans chacun de ses lobes; dans les autres Mollusques acéphales, les branchies forment des paires de lames qui s'étendent de chaque côté du corps; elles sont symétriques, et forment deux paires, une de chaque côté : cette forme lamellaire a fait donner aux Mollusques qui les offrent, le nom de Lamellibranches. Dans les groupes inférieurs des Mollusques céphalés, les branchies restent encore symétriques et elles tiennent un peu de la nature de celles des Lamellibranches, par la disposition des cirres dont elles sont composées; d'autres Mollusques, comme les Patelles, au lieu de grandes lames continues comme les Lamellibranches, ont pour branchies et tout autour du pied une foule de petites lames verticales qui sembleraient être une décomposition ou une modification de celles qu'on vient de citer. Les branchies, de symétriques qu'elles étaient, deviennent bientôt impaires en conservant leur simplicité et leur roideur, comme dans les Calyp- Irées et les Crépidules; elles forment des sortes de peignes cirrheux dans la cavité branchiale; cette nature de branchies est un passage manifeste à celles qui, en conservant la forme peclinée, sont plus molles et plus charnues : Cuvier a donné aux Mollusques qui les portent le nom de Pectinibranches. Toutes les branchies dont il vient d'être question, sont placées en dedans du manteau, dans une cavité particulière de cette partie; mais il existe des Mollusques qui portent leurs branchies tout à fait au dehors, soit sur le dos, soit sur les côtés, comme dans les Scyllées, les Tritonies, les Doris, etc. Dans les Mollusques qui respirent l'air, les branchies sont fortement modifiées, ou plutôt elles n'existent plus; à leur place, on voit une cavité plus ou moins spacieuse, tapissée de toutes parts, du

nombreux vaisseaux sur lesquels l'air parvient par un simple trou ou par une écliancrure. Les Mollusques céphalopodes sont peclinibranclies, aussi bien que la plupart lies autres Blollusques qui ne rentrent pas cependant dans l'ordre que Cuvier a nommé ainsi. Le nombre des branchies est peu variable; elles sont presque toujours paires ; il y en a une ou deux paires dans les Conehifères, dans les Céphalés une paire, dans les Fissurelles, Émarginules, etc. Il n'existe plus qu'une seule branchie dans les Calyptrées, les Crépidules, etc. Tout en lestant impaire, la branchie se dédouble en plusieurs parties, comme dans les Aplysies ; la branchie devient sériale par le grand nombre de ses divisions, comme dans les Patelles, les Phyllidies, etc.; ou bien elles forment des arbuseules extérieurs, soit autour du corps, soit autour de l'anus, et leur nombre est alors encore assez considérable. Ouant à leur position, elle est également assez variable dans les familles ou dans les ordres ; elles sont latérales dans les Acéphales, excepté dans les Brachiopodes où elles sont supérieures et inférieures, et elles sont en général supérieures dans les Céphalés; mais elles peuvent être cervicales, c'està-dire placées sur le col, ou dorsales, placées sur le dos; elles sont latérales, soit à droile, soit à gauche, quelquefois médianes, rarement ventrales ou pendantes sous le ventre. Les branchies ont fourni de bons caractères pour le groupement des ordres et des familles; ce caractère a été d'autant plus utile, qu'il repose sur des organes en général faciles à observer dans les animaux Mollusques; ou s'est servi de leur nombre, de leur position et de leur nature; on a combiné ces divers états avec d'autres caractères pris de différents organes, et on a établi ainsi, en donnant à l'un de ces caractères ou à plusieurs une prédominance sur les autres, divers systèmes dans lesquels on s'est efforcé de placer ces animaux dans l'ordre le plus naturel.

Le système nerveux est beaucoup plus avancé dans les Mollusques que dans les autres Invertébrés; on leur trouve en effet, outre un anneau cérébral, des ganglions diversement répandus, mais ils sont dépourvus du cordon ganglionnaire médian des insectes et des autres animaux articulés. Dans les Acéphales, le système nerveux est si difficile à étudier, qu'on a douté pendant longtemps qu'il existât réellement; aujourd'hui il ne reste plus le moindre doute à cet égard, et Blainville qui, à ce sujet, a fait des recherches assidues sur les Moules où les nerfs sont plus faciles à apercevoir que sur d'autres Mollusques acéphales, dit, page 144 de son Traité de Malacologie ; u 11 est composé (le système nerveux de la Moule) de trois paires de ganglions. La première, la plus antérieure, est certainement placée sous l'œsophage, ou mieux sous le muscle rétracteur antérieur du pied, en partie recouverte par le bord postérieur de la réunion de la seconde paire de tentacules labiaux. Les ganglions qui la constituent sont de forme triangulaire et de couleur blanche, opaque; ils fournissent, 1" un filet transversal, très-fin, qui leur sert de commissure entre eux; 2° plus en arrière, un rameau plus gros, qui se distribue au muscle adducteur antérieur et aux appendices labiaux; et 3» enfin, en arrière, un très-gros filet qui se porte en dehors.

s'applique sui la membrane du foie, traverse obliquement le muscle rétracteur antérieur du pied, suit les côtés de l'abdomen au-dessous de la terminaison de l'ovaire, et va se réunir au ganglion postérieur. La deuxième paire de ganglions, la seule qui puisse être regardée comme à peu près supérieure au canal intestinal, est placée au-dessus du muscle rélracteur antérieur du pied, appliquée immédiatement sur lui, audessous du foie contre lequel elle est collée. C'est un ganglion géminé ou divisé en deux parties latérales par un sillon médian d'une consistance plus molle, d'un aspect plus pulpeux que les deux autres paires. On en voit sortir en avant un filet très-fin, qui va peutêtre se joindre au ganglion antérieur, ce que nous ne voulons pas assurer; et en arrière un autre filet qui se rend aux muscles de l'abdomen. La troisième paire de ganglions est tout à fait en arrière, au-dessous et un peu en dehors, à la partie antérieure du muscle adducteur postérieur. Celui d'un côté est séparé de celui de l'autre par toute l'épaisseur du muscle. Ils fournissent, 1» un filet de commissure, transversal, très-fin; 2» en arrière, un filet plus gros, qui pénètre dans le muscle lui même; 3" de leur angle externe et postérieur, deux filets (|ui se portent en arrière, probablement aux bords du manteau. Enfin leur angle antérieur et externe reçoit le gros cordon d'anastomose du ganglion anlé-

Cellc disposition du système nerveux décrit par Blainville doit peu différer dans les autres Mollusques acéphales, et quoiqu'on ne le connaisse point encoie dans les différentes familles de cette classe, on doit s'attendre à le trouver conforme à ce que Blainville rapporte avec les variations que la disposition différente ou le manque des organes doit apporter dans les divers groupes. Jusqu'à présent, et ce serait un sujet fort intéressant de recherches et d'observations, on n'est pas encore certain que l'anneau nerveux cervical, soit complet dans les Acéphales, ce qui semble probable; mais l'observation manque. Dans les classes inférieures des Céphalés, dans ceux qui se rapprochent le plus des Acéphales, le système nerveux, quoique plus avancé, reste cependant encore dans une plus grande simplicité. Néanmoins et sans aucun doute l'aïuieau cérébral se complète, les filets nerveux et les ganglions sont plus isolés, plus solides, beaucoup plus distincts des parties qui les environnent, et ils ofl^rent des systèmes bien constants et bien réguliers pour chaque ordre de fonctions. Dans les Patelles, les Émarginules, les Fissurelles et les genres voisins, le cerveau se compose d'un anneau qui embrasse l'oesophage ; il présente deux petits renflements ganglionnaires, latéraux, peu sensibles, qui fournissent des filets aux tentacules et à la masse buccale. La partie inférieure de l'anneau cérébral offre une autre paire de ganglions beaucoup plus gros, qui donnent des nerfs aux viscères, au manteau, aux branchies et aux muscles. A mesure que l'on arrive à des animaux plus parfaits, le système nerveux se perfectionne; aussi dans les Haliotides, par exemple, le ganglion des viscères se détache du cerveau pour descendre jusqu'à la partie antérieure du muscle d'attache, pour envoyer des filets aux muscles de la locu-

motion, ainsi qu'à l'csloiiiac, aux intestins et aux autres viscères. Dans les Mollusques turbines, il diffère peu de ce qu'on le voit dans les Haliolides; cependant il est assez constant que les principaux filets parlent des fjanglionscérébrauxpourfournirensuiledesgansllons viscéraux, suivant les systèmes où ils se répandent; ainsi il y en a un oculo lenlaculaire, qui distribue des filets aux tentacules et à la bouche, un autre pcnivaginal pour les organes antérieurs de la génération. Des filets sont particulièrement destinés au pied, les autres au cœur, aux vaisseaux dont ils suivent les ramifications, et se répandent ainsi profondément dans tous les viscères.

Dans les Céphalopodes, le système nerveux est encore plus parfait qu'on ne vient de le voir dans les Gastéropodes et les Trachélipodes; il existe pour la première fois une cavité crânienne, il est vrai, cartilagineuse, qui contient un ganglion cérébral fort gros. Ce ganglion se joint avec celui qui est sous-œso|>liagien par des branches latérales qui complèlent l'anneau cérébral; ce cerveau fournit des nerfs acoustiques, une paire de gros nerfs ophthalmiques, des nerfs nombreux pour les muscles et pour l'enveloppe commune en forme de sac; d'autres particuliers pour le cœur et les branchies; enfin chaque viscère important a le sien propre, plusieurs rameaux pour la masse buccale, deux fort gros pour l'estomac, l'inleslin cl le foie; un autre enfin pour les organes de la génération.

Le système nerveux se montre plus parfait lorsque les organes eux-mêmes le sont devenus. A peine sensible dans les Mollusques des classes inférieures, il est presque aussi parfait que celui des Vertébrés dans les classes supérieures; cette relation des organes est tellement constante et soumise à des lois si peu variables, que le zoologiste connaissant un système d'organes, peut en déduire à priori tout le reste de l'organisation; si en effet on parle d'un Mollusque qui a une tête, des tentacules, des yeux, une masse buccale, un système digestif, un cœur, on a sur-le-champ l'idée des muscles propres au mouvement de la tète, de la bouche, et conséquemment des muscles masticateurs, de déglutition, des muscles propres, des tentacules, etc., des nerfs pour leur sensibilité; d'un cerveau pour en transmettre l'impression; l'œil entraîne un nerf optique; le système digestif, des glandes et des sécrétions, etc.; un cœur veut des branchies ou une respiration, etc.

Les organes de la digeslion, dans les Acéphales, se composent d'une ouverture buccale sans mâchoires, ordinairement ronde, petite, profondément placée antérieurement, garnie de lèvres fort courtes qui se continuent à deux paires de palpes labiales, une de chaque côté. Cette ouverture communique sans intermédiaire avec l'estomac, qui est plus ou moins pyriforme, trèsmince, enveloppé de toute part par le foie, qui est dépourvu de canaux biliaires; il verse dans l'estomac le produit de la sécrétion par des pores béanis, assez nombreux; l'estomac se termine postérieurement en un culde-sac, au-dessus du(|uel se trouve l'ouverture pylorique où commencent les intestins qui, après plusieurs circonvolutions dans le foie et dans l'ovaire, se conlinuent par un rectum qui est toujours dorsal et mé-

dian; ils se terminent par une ouverture anale, qui transmet au dehors les excréments, ordinairement au moyen d'un tube ou siphon anal.

Dans les Mollusques céphalés la partie antérieure du système digestif se complique : d'abord dans les classes inférieures, on trouve une bouche souvent armée de mâchoires, pourvue d'une langue cartilagineuse. Les aliments broyés et goûtés passent dans un œsophage plus ou moins long, avant de parvenir jusque dans l'estomac; cet estomac est assez ample, encore enveloppé par le foie, qui commence à avoir des canaux de sécrétion; il exisle des glandes salivaires dont les Acéphales sont dépourvus; les intestins plus ou moins longs se replient dans le foie et l'ovaire, sont quelquefois diversement boursouUés, et se terminent par un anus ordinairement flottant, soit antérieurement, comme dans les Patelles, soit sur le côté gauche de l'animal, dans le sac branchial. Cet arrangement est à peu près le même dans les Mollusques gastéropodes et trachélipodes; seulement quelques-uns ont la bouche munie d'une trompe. Un seul Jlollusque fait exception à celte règle, c'est l'habilanl des Dentales qui a les organes digestifs symétriques; l'inleslin, droit dans sa direction, est terminé postérieurement dans la ligne médiane. Queliiues Mollusques ont deux estomacs : l'un souvent garni de pièces osseuses ou cartilagineuses, a quelques ressemblances avec le gésier des Oiseaux; l'autre est simple et membraneux, et communique avec le premier par un second œsophage. Celle disposition se remarque dans les Aplysies, les Bulles, etc., etc. Dans les Céphalopodes, la tête est armée de mâchoires solides, cornées, semblables à un bec de Perroquet. On trouve dans ce bec une langue épaisse, charnue, ayant des mouvements propres, étant musculaire comme celle des Quadrupèdes; elle est garnie de crochets au moyen desquels les aliments descendent lacérés dans l'œsophage; cet organe est assez long el grêle; il se termine par une première poche que Cuvier nomme jo6o^ C'est un estomac membraneux, long, légèrement boursouflé, qui se rend à un autre estomac charnu et très-musculeux, qui aune organisation semblable à celle du gésier des Oiseaux. Il est revélu à l'intérieur d'une membrane subcartilagineuse, qui se détache facilement, pareille en tout à celle des Oiseaux. L'intestin ne commence pas encore après cet appareil, déjà fort considérable; le duodénum après le gésier se gonfle en une troisième poche tournée en spirale, qui, recevant les vaisseaux biliaires, est destinée sans aucun doute à opérer le mélange de ce fluide avec les aliments soumis à une lacération et à une digestion stomacale complète; c'est de cette dernière cavilé que nait l'intestin assez régulier dans sa grosseur. Après avoir fait plusieurs replis, il se termine par l'anus placé antérieurement dans l'entonnoir.

La disposition des organes de la digestion est telle dans les Mollusques, que l'on peut en déduire presque à priori la nature des aliments (|u'ils sont susceptibles de prendre. Ainsi, dans les Acéphales, on prévoit qu'il n'y a ni suçoirs, ni mâchoires, ni masses buccales; que celte partie est formée d'une simple ouverture; les aliments ne peuvent Être que des parties animales ou vé-

gétales, alténiiées par la putréfaction et réduites presqu'à l'état moléculaire. Dans les Céphalés, au contraire, l'existence des mâchoires, d'une bouche compliquée, de muscles, de crochets cornés, d'une trompe, de mâchoires puissantes semblables à un bec d'Oiseau, indique, dès le premier aperçu, que les animaux qui sont pourvus de pareils organes doivent mâcher, déchirer des aliments, soit végétaux, soit animaux.

Les organes de la génération, réduits dans les Conchifères à l'organe femelle seulement, ce qui rend impossible tout accouplement, se composent d'un ovaire qui occupe l'intervalle des muscles du pied et les interstices des lobes du foie; il forme la presque totalité de la masse abdominale. Cet organe considérable communique en dehors par un oviducte qui s'ouvre entre les feuillets branchiaux. Dans le temps de la ponte des œufs, les oviducles se gonflent, et souvent s'accroissent entre les deux feuillets du manteau. Pendantce temps l'oviducle se remplit d'unli<|uide laiteux, à travers lequel les oeufs sont obligés de passer avant d'entrer dans l'épaisseur des feuillets branchiaux où ils sont déposés jusqu'au moment où le petit Acéphale, pourvu de sa coquille, peut sortir vivant du sein de sa mère. Dans les Acéphales qui vivent fixés aux corps sous-marins, le petit animal, en tombant hors de la coquille de sa mère, se fixe dans l'endroit où il s'arrête.

Les Mollusques céphalés, dans les genres qui avoisinent le plus les Conchifères, n'ont aussi qu'un organe fenielle,un ovaire uniciue, terminé par un seul oviducte toujours d'un seul côté, dirigé d'arrière en avant et se terminant le plus souvent à droite, rarement à gauche dans la cavité branchiale. Dans les Céphalés dioïques, on trouve les deux sexes réunis sur un même individu qui a besoin pourtant d'un accouplement réciproque de la part d'un autre individu de la même espèce; les deux individus accouplés sont également fécondés. Chaque individu porte donc à la fois des organes mâles et des organes femelles. Les organes mâles se composent d'une verge ou organe excitateur qui est le plus souvent rétractile, à la manière des tentacules des Limaces et des Limaçons; dans d'autres il est seulement contractile; extérieur alors et de forme assez variable selon les genres et même les espèces, cet organe est ordinairement placé sur le col, ou sort du col près du tentacule droit, qui, dans l'état de repos, offre un petit mamelon à sa base. A l'origine de la verge se voit un canal déférent, qui se colle au second oviducte en faisant des plis nombreux, et se termine à un testicule. Tel est l'état de simplicité de l'organe mâle des Mollusques céphalés dioïques; dans quelques-uns d'entre eux on trouve de plus ù la terminaison du canal déférent, un organe multifide,que plusieurs zoologistes considèrent comme une vésicule séminale; Blainville est porté à croire que ce n'est qu'une glande prostate.

L'organe femelle principal est un ovaire généralement assez gros, placé dans la partie postérieure du corps avec le foie. Cet ovaire donne naissance à des canaux dont la distribution et l'accroissement successif, par la réunion de leurs diverses branches, ressemblent beaucoup à ceux d'un organe sécréteur d'un Huidc, [ilutot qu'à celui qui, dans d'autres animaux, est des-

tiné à contenir les œufs. Ces divers canaux donnent naissance à un oviducte plus ou moins infléchi sur luimême, qui se lie intimement avec la partie mâle, s'élargit en une sorte de poche que quelques-uns pensent être une matrice, et que les autres croient être une continuation de l'oviducte. Cette seconde partie de l'oviducte sécrète une liqueur visqueuse et s'en remplit; dans l'endroit où se termine, à l'extérieur, la seconde partie de l'oviducte, aboutit aussi un canal qui descend d'une sorte de vessie dont on ignore l'usage, et qui est contenue dans la cavité commune aux viscères. Dans quelques Mollusques, et uniquement dans ceux qui sont pulmonés, on remarque, outre les parties qui ont été indiquées, une cavité particulière, qui contient une tige osseuse que l'animal lance contre celui avec qui il va s'accoupler, pour l'exciter sans doute à un plus haut degré. Les Mollusques qui portent les deux sexes séparés, ofîrent dans les organes de la génération peu de différences avec ce qu'on les a vus. Dans les Mollusques dioïques, les femelles ont le renflement de l'oviducte ou matrice beaucoup plus constant; les mâles ont la verge toujours extérieure, contractile et non rétractile, et les vésicules multifîdes sont remplacées par une seule cavité placée à la terminaison du canal déférent. Quoique l'on connaisse en général assez bien les organes de la génération des Mollusques, l'observation n'a pu encore répandre sur le mode de celte fonction un jour suffisant. On ne sait pas quelles sont dans l'acte de la génération les parties qui entrent en contact immédiat; on ne sait point quelle partcha(|ueorganeprend pendant la copulation; quelle est la nature du fluide qu'il sécrète, et s'il est versé en une ou plusieurs fois; quels sont les organes du sexe femelle qui le reçoivent. Quant ù la manière dont les œufs se conduisent dans les organes femelles, avant d'être déposés par la mère, quels sont les contacts qu'ils éprouvent pour qu'ils soient fécondés, on l'ignore presque entièrement.

Les organes de relation ou des sens paraissent en général peu développés dans les Mollusques, quoique cependant ceux des classes supérieures les aient tout aussi parfaits que ceitains vertébrés. Le toucher paraît être le sens le plus parfait dans les Mollusques. Répandu dans toute leur peau molle et muqueuse, il perçoit le moindre attouchement, le moindre choc, et le transmet bientôt à l'animal. Ce sens, dans les Conchifères, réside, à ce qu'il paraît, plus particulièrement dans les bords du manteau, qui au moindre attouchement se retirent, et l'animal se renferme dans sa coi|uille; le pied peut être touché sans que l'animal paraisse le sentir aussi vivement. Dans les Mollusques céphalés, le sens du toucher réside dans tout le corps comme dans les Acéphales, et, de plus, des organes spéciaux sont placés dans les tentacules et sur la tête, aussi bien pour diriger la vue que pour avertir l'animal par le toucher des obstacles qui se présentent devant lui. La sensibilité de la peau des Mollusques céphalés doit être peu développée dans ceux qui ont le corps nu et la peau continuellement exposée à différentes impressions. Parmi ces Mollusques, ceux qui ont la peau rugueuse doivent l'avoir moins sensible encore, d'au-

tant que, dans ce cas, elle devienl dure el subcoiiace. La préhension des aliments se fait de deux manières fort différentes dans les deux grandes divisions des Mollusques; les Acéphales n'ont point de mastication; ils doivent donc éprouver fort peu de sensations par le coût; cependant il faut qu'ils en éprouvent, car sans cela ils avaleraient indistinctement toutes les substances qu'ils rencontreraient. Il est à présumer que les palpes labiales, q^i garnissent l'ouverture buccale, et qui reçoivent un gros rameau nerveux du ganglion cérébral, sontdestinéesaux perceptions du goût, ou tout au moins elles sont destinées à faire rejeter les substances nuisibles ou inutiles à la nutrition. Dans les Céphalés, il se l'ait un broiement des aliments dans une cavité buccale munie d'une langue cornée et quel(|uefois charnue, ce qui suppose une sensation plus développée; ce qui le prouve, c'est que ces animaux font choix des aliments, comme on peut le remarquer dans les Hélices et les Limaces, etc. Dans les Céphalopodes, cette sensation doit être plus développée encore, puisqu'ils ont une langue charnue.

La vision dans les Acéphales est entièrement nulle, el elle doit être bien faible dans les Mollusques céphalés qui ont simplement des points oculaires; et quoique ces organes soient déjà assez compliqués, malgré la petitesse de leur volume, ils sont, à ce (|U'il paraît, d'une utilité bien peu considérable aux Mollusques qui en sont pourvus ; les yeux sont toujours jilacés sur la léte et sur les tentacules, soit à la base, soit au milieu sans pédoncules, soit au milieu et pédoncules, soit enfin au soraraetdecesorganestquandilya une seule pairede tentacules, ils sont oculiféres; mais quand il y en a deux paires, les inférieurs sont buccaux el les supérieurs portent les yeux. Dans les Céphalopodes, l'organe de la vue est porté à un degré de perfection vraiment étonnant; les yeux sont grands, couverts de paupières formées de la même manière que ceux d'animaux déjà trèsavancés dans l'échelle oiganique, dépourvus cependant de cornée transparente, de chambre antéiieure et conséquemment d'humeur aciueuse, et, ce qui étonne davantage, d'une véritable choroïde.

Le sens de l'ouïe n'existe dans aucun Mollusque, à l'exception des Céphalopodes qui offrent un rudiment de l'organe de l'audition ; aussi voit-on (lue les Mollusques sont absolument insensibles au bruit, quelque rapproché et quelque fort qu'il soit. Si en frappant l'eau, on les voit quelquefois se contracter, cela dépend de la vibration ou du mouvement du liquide, et non du son qu'il leur a liansmis. L'oreille des Céphalopodes consiste en deux cavités creusées dans la partie la plus épaisse de l'anneau cartilagineux; ces cavités sont hémisphériques, lisses, el contiennent un bulbe de même forme, qui reçoit un nerf acoustique, et qui contient, fixé à sa paroi postérieure, un osselet hémisphérique; cette oreille n'a aucune communication avec le dehors et ne présente sur la tête aucun signe de son existence. Un assez grand nombre d'observations tendraient à faire croire que les Mollusques sont pourvus de l'odorat; on voit en effet que les Hélices et les Limaces sont attirés par les odeurs de certaines substances qu'ils préfèrent pour leur nourriture. Cette perception se

produit-elle par toute la surface cutanée qui a quelque ressemblance avec une membrane muqueuse, ou se fait-elle par un endroit déterminé du corps? c'est ce que l'on ignore el ce que l'on ignorera sans doute longtemps encore; mais il est certain qu'il n'existe chez eux aucun organe spécial de l'odorat.

La locomotion des Mollusques varie autant que les organes qui sont destinés à la produire; elle est complétemenl nulle dans les Acéphales fixés par leur coquille, comme dans les Huîtres, les Spondyles, etc. Le Mollusque a ([uelques mouvements très-bornés, il est vrai, lorsqu'il est fixé par un byssus. el ce mouvemenl esl plus borné encore dans les Acéphales lithophages, qui se creusent des loges plus ou moins profondes dans les pierres ou dans les Polypiers; aussi dans tous ces animaux, on ne trouve que des rudiments des organes de la locomotion. Les Mollusques qui vivent dans le sable ont aussi peu de mouvements; ils se réduisent en général à monter et à descendre dans un trou qui contient juste l'animal et sa coquille, comme dans les Solens, par exem|)le; dans d'autres, comme les Mactres, les Vénus, les Cylhérées, les Mulellcs, etc., le Mollusque, à l'aide de son pied et de l'entrebâillement des valves, rampe sur le sable en y creusant un sillon; mais ce mouvement n'est |]as une véritable reptation, comme dans les Gastéropodes. 11 s'exécute par un mouvement de bascule opéré par le pied qui prend son point d'appui dans le sable et pousse, comme un levier, la coquille en avant. Dans les Bucardes, outre celte progression qui est la plus ordinaire, la longueur du pied ployé dans sou milieu donne au Mollusque, en l'appuyant sur le sable et en le ledressant promplement, la faculté de faire un saut, comme s'il était mû par un ressort. Quelques Mollusques céphalés vivent fixés aux rochers comme les coquilles bivalves ; tels sont les Hipponices; chez eux le pied est à l'état rudimentaire et remplace le second lobe du manteau des Acéphales. Les Mollusques céphalés désignés par le nom de Gastéropodes rampent tous comme les Limaces, par exemple, à l'aide du diS(iue charnu que l'on nomme pied ; dans les Pléropodes, la locomotion esl une véritable natation qui s'opère au moyen d'appendices latéraux ou de nageoires. Les Hétéropodes sonl aussi des Mollusques nageurs, qui ont une nageoire dorsale verticale, et une antre caudale ou postérieure, verticale aussi. Les Céphalopodes enfin ont une natation fort active; ils se dirigent dans tous les sens, comme le peuvent faire des Poissons; quelques-uns cependant sont dépourvus de nageoires, comme les Sèches; d'autres en sonl munis d'une paire seulement, à l'extrémité postérieure du corps ; mais les bras, ces moyens puissants de préhension, servent aussi à la natation et aux divers mouvements des Mollusques. MOLOBRE. Molobrus. tns. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Kémocères, tribu des Tipulaires, établi par Lalieillc, aux dépens du grand genre Tipula, de Linné, et auquel Meigen a donné le nom de Sciara. Les caractères de ce genre sont ; des yeux lisses, distincts, rapprochés sur le vertex; palpes filiformes; antennes sétacées, simples, beaucoup plus longues que la tète, de quinze à seize articles; ailes couchées sur le corps; yeux composés, presque en forme de croissant.

Ce genre se ilistint;iie des Mycétobies qui en sont trèsvoisins, par les yeux qui, dans ces derniers, sont ovales et sans écliancrure, et par la disposition des petits yeux lisses. Les genres Platyure, Sciophile et Canipilomyze en sont séparés par des caractères tirés des yeux, de la forme du corps et du port des ailes. Enfin les Céroplates en sont éloignés par leurs antennes en massue perfoliée et presque en forme de râpe. L'espèce qui sert de tyiie à ce genre est le Tipula Thomœ, L. Elle est très-commune dans les lieux frais et humides des jardins et des bois; elle est longue d'environ trois lignes, toute noire, avec l'abdomen conique; elle a, de chaque côté, une ligne d'un jaune safran. Meigen et Fabricius la rapportent au genre Sciara. Le premier l'a figurée, Dipt., part. 1, lab. 5, fig. 15-17.

MOLOCHIA. BOT. (Sérapion.) Synonyme de Mouron. f^. Anagali.ide.

IWOLOCIllTES. ma. Léman, le premier, a reconnu un Jade dans cette pierre arabique mentionnée par Pline.

MOLON. BOT. (Pline.) Synonyme de Filipendule. MOLOPOSPERME. Molopospermum. bot. Genre de la famille des Ombellifères, institué par Kock aux dépens du genre Ligusticum de Linné. Caractères: limbe du calice feuille et à cinq dents; pétales lancéolés, entiers, longuement acuminésj front contracté par le côté; méricarpes quinquejugués, à cotes membraneuses et ailées, trois dorsales, très-fines, deux latérales, rebordantes et de moitié plus courtes; vallécules unirayées; commissure très-étroite, non rayée; un conduit creux entre la commissure du péricarpe et la semence; carpopbore bipartite; semences obtusément trétagones ou anguleuses, avec un sillon profond opposé à l'angle de la commissure.

MoLOPospERSE DU PÉLopoi^ÈSE. Molopospeimutn Peloponense, Kock; Liyuslictim Peloponeiise, L. De sa racine grosse et charnue nait une tige épaisse, haute de trois à quatre pieds, cannelée, creuse, un peu rameuse; feuilles très-grandes, surcomposées, plusieurs fois pinnées; à pinnules acuminées, dont les découpures sont pointues ; ombelle terminale, ample, arrondie, composée d'un grand nombre de rayons qui soutiennent des ombellules dont les fleurs sont fertiles.

MOLOPS. Molops. INS. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentaraères, famille des Carnassiers terrestres, tribu des Carabiques, établi par Bonelli, et ayant pour caractères : les deux tarses antérieurs des mâles seuls dilatés ; crochets des tarses simples ou sans dentelures; point d'étranglement ou de dépression brusque à l'origine de la tète ; articles dilatés des tarses antérieurs des mâles, en forme de cœur ou de triangle, j ne formant point de palette, soit carrée, soit orbiculaire; antennes composées d'articles courts et presque en forme de chapelet. Le genre Molops se distingue du genre Perçus qui en est le plus voisin, parce que le rebord extérieur des élytres dans ce dernier se termine à l'angle extérieur de leur base et ue se replie point, comme dans tous les autres genres, sur elle. Les Ptérosliques, les Abaxetles Plalismes en diffèrent par leurs antennes qui ont des articles plus allongés, et par les formes du corps et du corselet. Ce genre est établi

aux dépens du grand genre Carabe de Linné et de Fabricius, ou des Harpales et des Féronies de Latreille. On peut y rapi)orter les Carabus elalus, Fabr.; *cariles gagates, Panz., Faun. Ins. Germ. xi, 1 ; Carabus terricola, Fabr. ; Scarites piceus, Panz., loc. cit., 11.

MOLORQUE. Molorchus. iNS. Genre de Coléoptères Tétramères, de la famille des Longicornes, établi par Fabricius et^pie l'on peut caractériser de la manière suivante : tète penchée en avant, yeux en forme de rein, allongés, environnant la base des antennes; dernier article des palpes plus gros, presque cylindrique ou presque ovoïde et tronqué; élytres très-courtes, ne couvrant qu'une partie de l'abdomen; ailes ordinairement étendues dans toute leur longueur.

MoLORQiiE MAJEUR. Molorclius major, Latr.; Molorchus abbreviatus, Fab. 11 est noir, avec ses élytres rousses, ainsi que les pattes et les antennes; l'extrémité des cuisses postérieures est noire.

MoLORQCE MmEBR. Molorchus miiior, Lai.; Molorchus diiJtidiatus, Fah. Il est noirâtre, avec le bout des anneaux de l'abdomen garni de soies argentées; élytres fauves avec une petite ligne oblique et blanche vers l'extrémité.

MoLOKQDE DES Ombellifères. Molorchus Umbellatoruiii, Latr. 11 est noir, velu, avec les antennes et les pattes d'un noir brunâtre ; les élytres sont très-courtes et teslacées. Ces trois espèces se trouvent en Europe. MOLOSOAIA. iKS. Coléoptères pentamères. Le genre institué sous ce nom, par Say (Trans. Uni. Philos. Soc. Phil. IV, p. 402), dans la famille des Brachélytres, a été reconnu pour ne pas différer du genre Osorius, précédemment créé par Leach.

MOLOSSE. BEPT. Espèce du genre Couleuvre. MOLOSSE. Molossus. moll. Blumenbach, dans son Spécimen archœologiœ letluris, etc., p. 21, pi. 2, fig. C, a mentionné et figuré un corps fort singulier qu'il a confondu avec les Ortliocératites, sous le nom d'Orthoceratiles gracilis. C'est avec ce corps que Montfort a fait son genre Molosse, qu'il caractérise de la manière suivante : coquille libre, univalve, cloisonnée, droite, conique, fistuleuse et interseclée; cloisons unies, faites en tambour; siphon latéral continu, rond, servant de bouche; sommet pointu; base horizontale. Cette coquille, changée en fer sulfuré, est-elle dans son entier? le test a-t-il été remplacé par la matière étrangère? les cloisons seules existent-elles, le test ayant disparu, ou bien l'inveise est-il arrivé? Il faudrait pouvoir répondre à ces questions d'une manière satisfaisante pour se faire une idée exacte du Molosse. Ne serait-ce pas un corps semblable à ceux figurés par Schlotheim dans son Petrefactenkunde, troisième cahier, pi. 19, fig. 8, 9, sous le nom de Tentaculites, et qui aurait été mal figuré ou mal vu par Blumenbach, et par suite plus mal recopié par Montfort? Laniarck n'a pas mentionné le Molosse; Cuvier a imité Lamarck, Férussac l'a placé dans la famille des Nodosaires, et si ce corps est suffisamment connu, c'est là la seule place qu'il doive occuper. Blainville, dans son Traité de Malacologie, a reporté les Molosses ainsi quelesNodosairesdansIegenreOrthocère. A'.cesmols.

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