‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 4)Chapitre 78 sur 99 · SI U K · texte numérisé non relu

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que c'est dans l'Asie- Mineure qu'il croît naturellement. Dans les jardins le Mûrier noir est un arbre de moyenne taille, pouvant atteindre celle de vingt-cinq à trente pieds. Son tronc est couvert d'une écorce noirâtre. Ses feuilles alternes et péliolées, sont cordiformes, aiguës, dentées en scie, puhescentes et rudes au toucher; elles se divisent queli|uefois en trois ou cin(| lobes plus ou moins profonds. Les deux slipules sont opposées, membraneuses, lancéolées et puhescentes. Les tueurs sont généralement dioïques, et dans les jardins on ne cultive que l'individu femelle, sans mâles, parce qu'alors ses fruits sont plus gros et sans graines. Ces fruits, lorsqu'ils sont parvenus à leur maturité complète, sont ovoïdes, allongés, d'un rouge pourpre, presque noir, mamelonnés comme les framboises, mais avec cette différence, que leur partie charnue est formée par le calice, tandis que dans le fruit du Framboisier, c'est le péricarpe lui-même qui est succulent et charnu. Les fruits du Mûrier noir, lorsqu'ils sont bien mûrs, ont une saveur aigrelette, sucrée et mucilagineuse. Le Mûrier noir se cultive dans les jardins et surtout dans les cours ou au voisinage des murs. U est du nombre des arbres que l'on taille raremenl.

McRiER BLAtiC. Morus alhu, L.; Lamk., 111., t. 762, fîg. 2. 11 est originaire de la Chine, et naturalisé dans les contrées méridionales de l'Europe; cet arbre qui, dans sa pairie, peut acquérir une hauteur de quarante à cinquante pieds, ne s'élève guère, en Europe, au delà de vingt-cinq à Irente pieds. Ses feuilles alternes et pétiolées sont cordiformes, aiguës, simplement dentées ou plus ou moins profondément et irrégulièrement lobées; leur face sui)érieure est glabre et luisante, l'inférieure est un peu pubescente. Les fleurs sont monoïques, disposées en chalons pédoncules. Les fruits sont semblables à ceux de l'espèce précédente, mais blancs et plus petits.

Le Mûrier cultivé produit plusieurs variétés, qui se distinguent par la figure, la grandeur, la couleur de leurs feuilles, par la grosseur de leurs fruits et par plusieurs autres caractères d'un ordre inférieur. Les variétés principalS sont celles que l'on désigne sous les noms de Mûrier feuille rose, Mûrier romain, Mûrier grosse reine, Mûrier langue de Bœuf, Mûrier nain, Mûrier lacinié, etb. Mais ces noms des variétés ne sont pas les mêmes dans les différentes contrées où l'on cultive le Mûrier. Cet arbre est fort intéressant, et sa culture est un objet de grande importance dans quelques contrées de la France et de l'Europe méridionale, à cause de ses feuilles qui servent à nourrir les Vers-à- Soie. C'est de la Chine que nous sont venus et le Mûrier blanc et la Chenille précieuse qu'il nourrit. De la Chine ils passèrent successivement dans l'Inde, la Perse et l'Asie-Mineure. Sous le règne de Justinien, vers le milieu du sixième siècle, deux moines apportèrent de l'Inde à Conslantinople et le Mûrier blanc et des œufs du Ver-à-Soie. La Grèce les reçut ensuite de la capitale de l'empire d'Orient, et le nom de Morée que prit ensuite le l'éloponèse, vient, selon quelques auteurs, de l'énorme quantité de Mûriers qu'on y cultivait alors. En 1130, Roger, roi de Sicile, ayant conquis la plupart des villes de la Morée, transporta dans son royaume

le Mûrier blanc, y introduisit en même temps l'éducation des Vers-à-Soie et les ouvriers propres à mettre en œuvre le produit de ces insectes précieux. Ce fut en 1494, sous le règne de Charles VllI, que quelques seigneurs qui avaient accompagné ce prince en Italie , rapportèrent de Naples des Mûriers blancs, qui furent piaules aux environs de Montélimart. Il y a encore peu d'années, qu'on montrait avec un respect religieux, ces premiers pieds de Mûriers qui ont enrichi la France d'une branche d'industrie qui compte aujourd'hui peu de rivaux. Non-seulement le Mûrier fut cultivé dans le midi de la France, mais Henri IV en fit venir à Paris un grand nombre, qu'on cultiva dans le jardin des Tuileries, où l'on fonda un établissement destiné à l'éducation des Vers à-Soie et à la préparation de leur produit. Aujourd'hui il ne reste plus aucun vestige de cette plantation.

Pendant longtemps on a cru qu'il fallait au Mûrier blanc une température assez élevée pour croître et prospérer. Cependant aujourd'hui cet arbre est cultivé, avec succès, dans plusieurs provinces septenlrionales de l'Allemagne, et même jusqu'en Russie où il réussit fort bien. Néanmoins en France on ne le cultive guère en grand et pour l'éducation du Ver à Soie, que dans les provinces du cenlre et du midi, jusqu'aux environs de Lyon. Mais il n'y a pas de doute qu'avec des soins on ne puisse facilement l'acclimater dans presque toules les parties de la France; il serait fort à désirer que le gouvernement encourageât les essais qu'on pourrait tenter à cet égard.

Le Mûrier blanc n'est pas difficile sur la nature du terrain. Il peut réussir dans des terres de constitution trèsdifférenle. Néanmoins la qualilé du terrain et sa situalion influent sur le produit du Ver-à-Soie qu'on nourrit avec les feuilles du Mûrier. La soie est d'aulant plus fine, plus abondante et plus résistante, que les Mûriers ont crû dans des terrains plus secs et plus élevés. Dans le midi de la France on est dans l'habitude de couper clia(|ue année toules les branches moyennes du Mûrier, afin de faciliter le développement d'un plus grand nombre de jeunes rameaux, qui i)orlent des feuilles plus larges et plus nombreuses. Les feuilles du Mûrier noir, comme en général toutes celles des autres espèces du même genre, peuvent servir à la nourriture des Vers-à-Soie. Non-seulement ils s'y plaisent beaucoup moins, mais ils donnent un produit beaucoup inférieur en quantité et en qualilé.

On cultive encore dans les jardins, plusieurs autres espèces de Mûriers; telles sont : le .Mûrier rouge d'Amérique, Morus rubia de Michaux; le Mûrier de Conslantinople, Morus CoHslantinofJolitaiia de Poiret, etc. Le Mûrier de la Chine ou Mûrier à papier, et le Mûrier de Java, forment le genre Broussunelia de l'Héritier. A'. Broussonetie.

Le MuBiER DE Haie est le Ilubiis fruticosus, L., et le Mûrier de Renard le Hubus cœsius. y. Ronce.

MURIERS. OIS. On donne collectivement et vulgairement ce nom à divers Becfigues, Fauvettes et autres petits Oiseaux qu'on prend dans les haies où ils s'engraissent, vers l'automne, des fruits de la Ronce ou d'in-' sectes, et qui sont recherchés sur les meilleures tables.

iMUKSIE MAINS-EN-CRETE Wursia en

iGELASMB DE TANOER Geksimus iange:

3EURYNOME KUGTJEUSE Eurroome asper,

■f .STEN'ORHYNOUE FAUCHEUR SlenorWnc

■ pliôUnçu

MURINS. BAM. Espèces des genres Loir et Vesperlilion. y. ces mois. Vicq-d'Azyrel Illiger avaient donné le nom de Murins à une famille de Rongeurs.

MURIQl'É. Muricatus. bot. Organe garni de pointes courtes et à large base.

MURKISOKITE. Min. Substance minérale encore peu connue, d'un blanc rougeâtre, opaque, cristallisée en prismes rectangulaires obliques, pesant spécifiquement 2,509, composée, selon Phillips, de Silice C9, Alumine 17, Potasse 14. On la trouve à Dawlisch, dans un Granité.

MDRMIDIE. Murmiilia. ins. Ce genre, de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes, tribu des Byrrbiens, a été établi par Leach; il doit avoisiner les Byrrhes et les Aspidiphores.

MURO. POIS. F. Mtre au mot Anguille de l'article

MCRÈNE.

MURRAYE. Murraya. bot. Genre de la famille des Aurantiacées et de la Décandrie Monogynie, L., qui présente : un calice petit, quinquéparti, persistant; cinq pétales conniventsinférieurement en cloche, étalés à leur sommet ; di.x étamines dont les filets, quelquefois légèrement soudés entre eux par leurs bases élargies, portent des anthères arrondies; un petit disque à la base de l'ovaire; une baie revêtue d'une écorce mince et ponctuée, divisée intérieurement en deux loges monospermes, dont l'une avorte quelquefois; une graine qui, sous une tunique épaisse et laineuse, offre un embryon droit. On trouve les espèces, peu nombreuses, de ce genre aux Indes, ainsi qu'à la Chine et au Japon. Ce sont des arbrisseaux à feuilles pennées, avec une impaire, à fleurs disposées encorymbes ou en panicules axillaires ou terminales. L'une d'elles, connue sous le nom de Buis de la Chine, est figurée dans le Voyage aux Indes de Sonnerai (t. 159), qui lui donne le nom générique de Marsania. Elles portent celui de Clialcas dans la Flore cochinchinoise de Loureiro. Oueli|uefois le nombre des pétales est porté à six, celui des étamines à onze ou douze.

McRRAYE A LonGCES EEDiLLES. Murraya longifolia, Blume, Bydr. 157. Les folioles sont au nombre de trois à cinq, oblongues, aiguës à la base, alternes; l'épi est terminal, composé d'un assez grand nombre de fleurs. Cette espèce se trouve à Java.

MtjRRAYE PA:sicrLÉE. Miinaya panicnlata, Blume. Ses folioles sont ovales et acuminées; les fleurs sont subsolilaires. On la trouve aux environs de Batavia.

MURSE. POIS. Espèce du genre Cyprin. F. ce mot.

ML'RSIE. Mursia. cedst. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Bracliyures, tribu des Orbiculaires, établi par Leach et adopté par Latreille (Fam. nat. du Régne Anim.). Ce genre ne diffère des Hépates que parce que les pieds-mâchoires extérieurs ont, comme ceux des Crabes, leur troisième article court, presque carré et échancré intérieurement.

Mdrsie mains EN CRÈTE. jMiiisia cristala, Lat. Il est de taille médiocre ; sa carapace est assez convexe, d'un jaune rougeâtre pâle, avec une multitude de points et de taches d'un rouge pourpré assez vif; elle a au milieu deux fortes protubérances étendues qui se touchent longitudinalement, trois autres protubérances latérales

s'étendent de chaque côté de la carapace dont les bords antérieurs sont obtusémenl dentés; front droit, tronqué, graveleux au bord antérieur; pieds -mâchoires garnis latéralement de protubérances irrégulières, en forme de crête, et de fortes épines à leur base qui est rouge, tachetée de pourpre; la face interne est d'un gris rougeâtre. Les quatre paires de pattes sont d'un gris bleuâtre clair. De l'océan Américain.

MURUCOA. bot. PourMouroucoa. F. ce mot.

MURDCUIA. iioT. Tournefort avait déjà séparé des Passiflores le Murucuia de Saint-Domingue. Jussieu, dans son Mémoire sur les Passiflorées (Ann. du Mus., G, p. 103), l'a de nouveau considéré comme un genre, qui a été adopté par Persoon. Ce genre ne diffère des vraies Passiflores que par sa couronne ou nectaire qui est simple et tubuleuse, au lieu d'être formée de filaments distincts. Mais ce caractère paraît trop peu important pour former un genre distinct. F. Passiflore. Les espèces qui avaient été rapportées à ce genre sont ; les Passiflora murucuia, L.; aurantia, Willd., et oibicula/a, Willd.

MDS. MAM. Synonyme de Rat. F. ce mot.

MCSA. BOT. /'. Bananier.

MUSACÉES. Musaceœ. bot. Famille naturelle de plantes monocotylédones, à étamines épigynes, ayant pour type le genre Musa (Bananier) et offrant les caractères suivants : un calice irrégulier, coloré, pélaloïde, adhérent avec l'ovaire, à six divisions, dont trois extérieures et trois intérieures; dans le genre Musa, il y a cinq divisions externes, réunies ensemble et formant en quelque sorte une lèvre supérieure, et une seule division interne et formant une lèvre inférieure. Les étamines sont au nombre de six, insérées à la partie interne des divisions calicinales ; les anthères sont linéaires, introrses, à deux loges, surmontées en général par un appendice membraneux, coloré, pétaloïde, qui est la terminaison du lîlet. L'ovaire est infère, à trois loges contenant chacune plusieurs ovules attachés à leur angle interne. Dans le genre Heliconia, on compte un seul ovule, paitant du fond de chaque loge. Le style est simple, terminé par un stigmate à trois lobes ou à trois lanières, quelquefois concave. Le fruit est ou une capsule à trois loges polyspermes, s'ouvrant en trois valves portant chacune une cloison sur le milieu de leur face interne, ou un fruit charnu et indéhiscent. Dans le premier cas, au côté interne de chaque cloison, on trouve les graines qui sont plus ou moins nombreuses et qui, fixées sur chaque cloison, appartiennent à deux loges. Ces graines. <|uel(|uefois portées sur un podosperme, et environnées d'une touffe de poils disposés circulairement à sa base, se composent d'un tégument quelquefois crustacé, d'un endosperme farineux, contenant un embryon axile, allongé et dressé.

Les Musacées sont toutes des plantes herbacées et vivaces, dépourvues de liges proprement dites, ou ayant un bulbe d'une organisation et d'une forme toute particulière. Ce bulbe est en forme de tige, cylindrique et jusqu'à présent il a été considéré comme une tige ou stipe; mais il a été démontré plus haut, à l'article Monocotïlédons, que la prétendue lige désignée jusqu'à présent sous le nom de stipe, n'est qu'un véritable

l)ull)e. Les Feuilles sont longuement pétiolécs, entières, très-grandes, offrant une côte on nervnre médiane, très-saillante, d'où partent des nervures secondaires parallèles et très-peu saillantes. Les Heurs, qnl sont très-grandes et souvent ornées des couleurs les plus brillantes, sont réunies par petits groupes, enveloppés chacun dans une spathe monopliylle en forme de carène.

Les genres qui forment celte famille sont seulement au nombre de quatre, savoir : Musa, Heliconia, Strelilzia et Urania ou Ravenala. Ils ont la plus grande affinité avec les Amomées qui n'en diffèrent essentiellement que par leur étaniine unique.

MUSANGA. BOT. Le genre que Clir. Smith a établi sous ce nom, parmi les Arlocaipées, diffère peu du genre Cecropia de Linné, et devra, s'il est adopté, prendre idace entre ce genre et celui des Coussapoa d'Aublet.

MUSANGA. MAM. Le Carnassier figuré par Horsfield dans ses Zootogical lîesea relies in Java, sous le nom de Viverra Musangu, paraît être le Paradoxunis lypus de Fr. Ciivier. F. Paradoxure.

MUSARAIGNE. Sorex. «iam. Génie de Carnassiers Insectivores, voisin par ses rapports naturels de celui des Desraans, et non moins remarquable à plusieurs égards. Ses dents sont ordinairement au nombre de (rente, savoir : douze à la mâchoire inférieure et dixliuit à la supérieure; mais celle-ci en a quelquefois, comme l'ont remarqué Geoffroy Saint-Hilaire et Desraaresl, deux de moins, ce qui réduit le nombre total à vingt-huit. Le système dentaire des Musaraignes mérite toute l'attention des zoologistes, soit parce qu'il semble intermédiaire à plusieurs égards entre celui des véritables Carnassiers ou des Carnivores, et celui des Rongeurs, et qu'il lie ainsi ces deux familles; soit à cause de l'extrême difficulté que présente son étude, lorsqu'on cherche à le ramener à celui des Mammifères normaux. La difficulté est même si grande que chacun des auteurs qui ont lente de résoudre le problème, a, pour ainsi dire, adopté une solution différente, et qu'il n'y a presque aucun rapport entre les résultats auxquels ils sont tous arrivés. On s'est seulement accordé ù voir de véritables molaires dans les trois dénis qui terminent, de chaque côté, les deux mâchoires; et, à cet égard, leurs couronnes larges et hérissées de pointes, et surtout leur ressemblance avec celles des autres Insectivores , ne permettent pas de les méconnaître pour telles. Ces trois molaires, et on peut leur donner ce nom sans crainte d'erreur et sans hésitation, sont précédées par de petites dents semblables par leur forme à ce qu'on a coutume de nommer fausses molaires, et qui se trouvent, de chaque côté, au nombre de deux pour la mâchoire inférieure, et de cinq, ou quelquefois, comme Geoffroy Saint-Hilaire l'a indiqué, de quatre seulement pour la supérieure. Enfin chacjue mâchoire est terminée en avant, par deux longues dents (une de chaque côté) dont la disposition est très-remarquable : les supérieures sont de forts crochets, terminés en pointe, et présentant, à leur base et en arrière, une dentelure très-prononcée et assez semblable, lorsqu'elle est bien entièie, aux dents qui la suivent postérieurement, ou, ce qui revient au même, assez semblable à

une fausse molaire : ces crochets sont Irès-compriniés. et peuvent être comparés â des lames dont les deux faces seraient latérales, et qui ne présenteraient ainsi en avant qu'un bord ou une arête. Il est inutile de dire que, i)ar cette disposilion. la face interne de l'un regarde celle de l'autre ; mais il est très-important de remarquer qu'elle en est séparée par un pelit intervalle vide. Les dents inférieures présentent, comme les supérieures, des caractères très-singuliers : elles diffèrent d'ailleurs de celles-ci en ce qu'elles sont moins crochues, et surtout en ce qu'elles sont très- proclives, c'est-à-dire dirigées dans le sens de la ligne alvéolaire, au lieu de lui être perpendiculaires. Ces dents, soit à l'une, soit à l'autre mâchoire, ressemblent beaucoup, comme on le voit, aux dents antérieures, ou. comme on les appelle ordinairement, aux incisives des Rongeurs; mais il y a cette différence qu'au lieu d'être séparées par un intervalle plus ou moins considérable de celles qui les suivent en arrière, elles leur sont immédiatement contiguës, et que les inférieures sont même un peu recouvertes par la partie antérieure des secondes dents.

On voit donc que les dents antérieures des Musaraignes sont, par leurs formes et leur disposition, fort différentes des incisives des véritables Carnassiers : néanmoins elles ont été regardées presque généralement comme leurs analogues. Quelle détermination doit-on maintenant adopter à l'égard des dents qui se trouvent intermédiaires entre les postérieures ou les molaires, et les antérieures ou celles qu'on a regardées comme les incisives? Il suffit, pour faire comprendre combien il est difficile de résoudre ce problème, d'indiquer les solutions admises par les divers auteurs qui se sont occupés de la recherche de leurs rapports. Considérées il y a peu d'années encore comme des canines, le nom d'incisives latérales a ensuite été proposé pour elles, et on le trouve en effet dans un assez grand nombre d'ouvrages : mais cette seconde opinion a été, aussi bien que la première, rejelée par les naturalistes les plus récents, qui les considèrent comme de véritables fausses molaires; en sorte qu'on les a successivement déterminées, comme canines, comme incisives et comme molaires, et qu'ainsi, fait bien remarquable, toutes les idées qu'il était possible de concevoir à leur égard, ont été tour à tour en faveur. Enfin, au milieu de tant d'incertitudes et de contradictions, si l'on essaie, afin de jeter quelque jour sur cette difficile question, de comparer le système dentaire des Musaraignes à celui de la Taupe chez laquelle les trois sortes de dents existent bien distinctes, on obtient encore des résultais qui ne s'accordent complètement avec aucune des opinions le plus ordinairement admises. On a déjà vu que les trois dernières dents des Musaraignes ressemblent à celles des autres Insectivores, et par conséquent de la Taupe, et qu'elles sont ainsi de véritables mâchelières : on voit ensuite, chez celle-ci, de chaque cfilé de la mâchoire supérieure, quatre dents : l'une assez grande et tranchante, puis deux autres fort petites, et enfin une autre un peu plus grande. Si maintenant on vient à examiner le genre Sorex, on retrouve toutes ces mêmes dents, et presque avec les mêmes

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formes el les mêmes proportions ; c'est d'ailleurs exactement le même nombre chez toutes les Musaraignes qui n'ont que vingt-huit dents, et il n'y a chez les autres qu'une si légère différence, qu'il est inutile d'insister sur elle. Il semble donc qu'on ne puisse se refuser à considérer comme analogues ces dents que l'on vient de trouver si semblables chez les Musaraignes et chez la Taupe, et à leur donner, dans le premier de ces genres, le même nom qu'elles portent dans le second, celui de fausses molaires. Cette analogie peut encore être rendue plus évidente par d'autres comparaisons avec divers Insectivores; mais si on l'adopte, il en est une autre qu'il devient également difficile de rejeter, celle de la dent qui suit la grande fausse molaire, soit chez la Taupe, soit chez les Musaraignes, c'est-à-dire de la canine de la Taupe, et de ce qu'on nomme l'incisive de la Musaraigne ; on trouve en effet la plus grande ressemblance, entre elles, pour leur forme et leur position ; fails qui tendent tous à faire voir que la dent nommée incisive chez les Musaraignes est bien véritablement une canine, et que les véritables incisives man(|uent dans ce genre. Tels sont les résultats auxquels on est conduit par l'examen comparatif des dents de la mâchoire supérieure de la Taupe et de celles des Musaraignes : il suffira d'ailleurs de rapprocher les inférieures de celles-ci, pour se convaincre que la même chose a lieu à l'une et à l'autre mâchoire.

Ces rapports fort curieux, que Geolfroy Sainl-Iiilaire avait déjà indiqués dans ses cours , semblent expliquer d'une manière satisfaisante la position très-remarquable des dénis antérieures : leur position, qui se trouve à la mâchoire supérieure entièrement semblable à celle des canines de la Taupe, et la direction de leurs faces tournées en dehors et non pas en devant, ne semblent-elles pas indiquer en effet des dents appartenant essentiellement à la rangée latérale, et devenues accidentellement antérieures, parce que, les véritables dents antérieures se trouvant absentes, elles ont pu se rapprocher l'une de l'autre sur la ligne médiane, comme le font, soit chez les êtres normaux, soit chez les Monstres, tous les organes latéraux, lorsqu'il y a atrophie des parties intermédiaires ? Les deux canines des Musaraignes ne sont d'ailleurs pas contiguès : il reste enire elles un vide qu'on peut regarder comme un vestige de l'espace occupé dans l'état normal, par les incisives. En supposant qu'il existe dans ce vide quelques dents si petites qu'on les distingue difficilement sans le secours d'une loupe, cette différence, bien peu importante, donnerait exactement le cas d'un grand nombre de Chauves-Souris chez lesquelles les canines sont au moins aussi rapprochées que chez les Musaraignes. Il faut ajouter que ces Chéiroptères présentent souvent eux-mêmes les caractères dentaires propres à ce dernier genre : il arrive en effet très -fréquemment que les incisives viennent à tomber, en sorte que les deux canines, placées, comme on vient de le dire, presque sur la ligne médiane, se trouvent à la fois médianes et antérieures, à peu près comme dans ces espèces dont Raffinesque a proposé de faire, sous le nom d'Atalaphe, un genre caractérisé par l'absence des incisives aux deux mâchoires.

Les membres des Musaraignes sont courts, et le paraissent encore plus qu'ils ne le sont réellement, parce qu'étant plantigrades, ils se trouvent raccourcis de toute la longueur du métacarpe ou du métatarse. Les pieds sont tous terminés par cinq doigts libres, et entre lesi|uels on ne voit aucune trace de membranes, même chez les espèces les plus aquatiques : l'interne ou le pouce el l'externe sont surtout profondément divisés et susceptibles de s'écarter, avec beaucoup de facilité, des trois intermédiaires. Cette disposition, dans laquelle on retrouve, ainsi que l'a remarqué Geoffroy Saint Hilaire, quelque chose d'analogue à ce qui a lieu chez plusieurs Marsupiaux ( les Péramèles et les Phascolomes), tient à ce que les phalanges métacarpiennes ou métatarsiennes des doigts latéraux, sont beaucoup plus courtes que celles des intermédiaires qui se trouvent ainsi moins séparés. Les ongles sont assez courts, mais d'ailleurs pointus, comprimés, crochus el relevés. La plante et la paume sont nues, et ont six tubercules, savoir : deux à la base des trois doigts intermé<liaires, un à celle du pouce, et deux plus reculés en arrière. La queue, presque toujours plus courte que le corps, est d'ailleurs variable pour sa longueur, sa forme et la nature de ses téguments ; ainsi elle est tantôt velue et comprimée, presque nue, écailleuse et arrondie.

Les organes des sens présentent presque tous des caractères remarquables, soit par l'extrême richesse de développement où ils sont arrivés, soit au contraire par le degré d'atrophie oii ils sont tombés. Les narines se prolongent beaucoup au delà des os maxillaires, et forment une petite trompe qui représente déjà, mais avec moins de grandeur, celle des Desmans ; et leurs orifices se voient au milieu d'un mufle divisé sur la ligne médiane par un sillon très-profond. La petite trompe des Musaiaignes n'est d'ailleurs point de même forme que dans le genre Mygale, et ne se détache point du reste de la tête : elle est comparable à un cône fort allongé, dont le sommet correspond au, mufle, et la base à l'occiput. Les organes du goût sont peu connus : la langue est grosse, de figure à peu près conique, et pointue à son extrémité; on voit ordinairement sur sa surface, dans l'endroit où elle a le plus d'épaisseur, l'empreinte d'un certain nombre de sillons qui traversent le palais. L'ouïe a beaucoup de finesse chez les Musaraignes, soit à cause de l'organisation de l'oreille interne, soit parce que la conque auditive est le plus souvent membraneuse el très développée. Ces Quadrupèdes se trouvent ainsi en rapport avec la plupart des Chauves-Souris; ils se rapprochent également, et d'une manière bien remarquable, de ces mêmes animaux, par la faculté qu'ils ont de se rendre sourds à volonté, el de pouvoir ainsi se soustraire au bruit, que, sans cette précaution de la nature, la perfection de leurs organes leur rendrait souvent incommode. Les Musaraignes peuvent en effet boucheries orifices de leurs trous auditifs, non plusau moyen du tragus, comme les Chauves- Souris, mais au moyen de l'antitragus : » Celte partie, remarquable par sa grandeur, dit Geoffroy Saint-llilaire ( Mém. du Muséum, 1. 1 ), vient se placer au-devanl du conduit auditif, comme nne porte dans sa baie; les poils qui en garnissent l'extérieur, sont en outre foulés

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par l'hélix qui se renverse dessus, et forme là un deuxième feuillet; double épaisseur qui ne permet ni au son ni ù quoi que ce soit de pénétrer dans l'intérieur de l'oreille. » Enfin l'œil présente ces anomalies si remarquables qui constituent, on peut presque le dire, l'état normal pour la famille des Carnassiers subterranéens : c'est véritablement un organe tombé en atrophie; le nerf optique a disparu, les muscles oculomoteurs et tous les nerfs, à l'exception de la branche ophthalmique de la cinquième paire, manquent également, "et le globe lui-même se trouve réduit à un petit point noirâtre, que l'on distingue à peine. Mais ce qui rend surtout bien digne d'attention cet état rudimentaire de l'organe de la vision et celte absence complète du nerf de la première paire (T. Mammifères), c'est qu'ils coïncident avec le développement très-considérable des tubercules quadrijumeaux ou lobes optiques, parties dont le volume se trouve ordinairement en rapport avec celui du globe de l'œil et des nerfs oculaires, et sur lesquelles s'insère même, lorsqu'il existe, le plus important d'entre eux, ou l'optique. On conçoit combien ce fait a dû paraître anomal, suivant les anciennes théories qui faisaient naître de l'axe cérébro-spinal tous les nerfs de la vie animale; et ce n'est en effet que dans ces dernières années, que les belles idées de Serres, sur le développement excentrique des organes ( F. Mammifères), en ont fourni une explication satisfaisante.

Enfin les Musaraignes sont encore remarquables par leurs glandes odoriférantes, dont on doit la connaissance à Geoffroy Saint-Ililaire (Sur les glandes odoriférantes des Musaraignes, Mémoires du Muséum, t. i"). On savait depuis longtemps que ces Insectivores répandent une odeur Irès-forle, et qui ressemble à celle du Musc; mais on pensait, d'après Pallas, que la sécrétion qui la produit, se faisait dans la région anale, comme cela a lieu chez la plupart des Carnassiers, et même chez les Desmans. Il n'en est point ainsi dans le genre Sorex : les glandes odoriférantes sont situées sur les flancs, un peu plus près des jambes de devant que de celles de derrière, et se trouvent ainsi avoir, par leur position, de l'analogie avec celles de la ligne latérale des Poissons. i Elles se composent, dit Geoffroy {loc. cit.), de deux masses distinctes, d'un noyau lenticulaire, elliptique, qui adhère fortement au derme, et qui est en outre remarquable par son tissu serré, ses molécules homogènes et sa teinte chocolat; et d'une très-grande quantité de points glanduleux, répandus autour, isolés et d'un rouge vif. Le noyau lenliculaire est opposé ù l'arête en biseau, qui se voit à l'extérieur; ou mieux, c'est dans sa propre substance que se plongent et se perdent les racines des poils composant cette arête. U m'a paru que plusieurs de ces racines s'insèrent dans un même godet.... Je n'ai point aperçu de ces pores ou orifices qu'on distingue si facilement à l'œil nu dans la Taupe et dans plusieurs espèces de Rongeurs. 11 faut alors admettre que l'humeur du musc, sécrétée dans les Musaraignes par tout l'appareil glanduleux, arrive finalement à ces godets, pour traverser le derme, le long des poils formant l'arête du dehors. « On aperçoit sans peine à l'extérieur, du moins chez les

I individus revêtus de leur robe d'été, des traces de cet I arrangement intérieur i dans un bourrelet en biseau, ! qui se compose de deux rangées de poils courts et I roides -. chaque rangée, en cherchant à se renverser sur l'autre, y est retenue et adossée. Ces poils, con- 1 staniment enduits de la viscosité fournie par l'appareil 1 intérieur, ont un aspect gras et huileux; une aréole, produite autour par le nu des parties, conlribue à ' rendre encore plus distincte cette singulière disposition des poils. «

Les Musaraignes ressemblent beaucoup, soit par leurs formes extérieures, soit par la nature et les couleurs de leur pelage, soit même à plusieurs égards par leur organisation intérieure, aux petites espèces du genre Rat, dont on les dislingue d'ailleurs facilement, au premier coup d'œil, par la forme allongée de leur lêle et par leur petite trompe. Les hémisphères cérébraux sont petits et sans circonvolutions; ce qui n'empêche pas que le volume de l'encéphale ne soit assez considérable, ainsi qu'on peut en juger par l'examen de la boite cérébrale, (|ui a beaucoup de longueur, et qui est même assez élargie dans sa portion postérieure. Les mamelles ne sont guère visibles qu'au temps de la gestation et de l'allaitement. Daubenton en a trouvé dix dans l'espèce qui porte son nom, savoir, la première paire près des cartilages des fausses côtes, et les autres près de l'orifice vulvaire; mais ses recherches, sur deux Musaraignes vulgaires, ne lui ont fait apercevoir que six mamelons placés sur la partie poslérieiire du ventre. Le rectum et le vagin s'ouvrent très-près l'un de l'autre, et l'anus n'est séparé de la vulve que par une cloison qui s'aperçoit fort peu à l'extérieur.

Le genre Sorex doit être mis au nombre de ceux qu'on a coutume de désigner sous le nom de cosmopolites : on le retrouve dans toutes les parties du monde, et sous presque tous les climats, et on devrait même admettre, suivant les naturalistes américains, que quelques espèces sont communes aux deux continenis. Les Musaraignes n'ont pas toutes le même genre de vie : quelques-unes vivent dans les lieux secs, d'autres se plaisent dans les prairies humides ou sur les bords des fontaines. Elles se tiennent ordinairement dans des trous; mais quelques espèces pénètrent aussi dans les gieniers à foin et dans les caves où leur présence se manifeste souvent par l'odeur qu'elles répandent. Elles se nourrissent d'insectes, et ressemblent généralement aux peliles espèces du genre Rat, par leur port et leurs habitudes, comme par leur extérieur, mais, toutefois, avec celle différence qu'elles ont beaucoup moins de vivacité. Les Chats les poursuivent aussi bien que la Souris, mais ils se contentent de les tuer, et ne les mangent pas, à cause de leur odeur musquée. Enfin, la plupart des espèces de ce genre sont fort petites, et c'est même parmi elles que se trouvent ceux de tous les Mammifères dont le volume est le moindre. Ainsi, celles que l'on va faire connaître sous les noms de Sorex leliijiosiis el de Soiex pcrsonattts, et celles qui ont été récemment décrites par Savi et par Lichlenstein sous ceux de Sorex etruscus et de Sorex pukhellus, ont une taille qui surpasse à peine celle du plus petit des Oiseaux-Mouches, et qui est même inférieure à celle de

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plusieurs inseclcs. On conçoit combien des animaux (l'une aussi extrême petitesse se. dérobent aisément aux recbercbes des naturalistes : aussi la plupart des Musaraignes sont-elles très-peu connues; et l'on peut présumer qu'il en reste encore un grand nombre à découvrir dans diverses régions, et peut-être même en France.

Linné et plusieurs auteurs systématiques avaient réuni aux véritables J'orej^, plusieurs Quadrupèdes qui ont été depuis reportés dans d'autres genres, et quelquefois même dans d'autres familles : ainsi \eSoiexBrasiliensis est considéré comme ne différant pas du Didelpbe Touan (^. Didelphe), et les quatre animaux qu'on avait appelés Soiex aquaticits ou fitscus, Sorex auratiis ou asiaticus, Sore.r ciislalus et Sorex moschatus, sont devenus les types des quatre genres Scalope, Chrysochlore, Condylure et Desnian. (1^. ces mots.)

McSARAicisE DES AiPES. Sorex Jlpiitus, Schinz. Son museau est large et court; ses moustaches très-longues et blanchâtres; son pelage est d'un gris ardoisé, assez pur dans les parties supérieures, passant insensiblement à une nuance un peu plus claire aux parties inférieures; les pieds sont cendrés; la queue est très-longue, poilue, colorée, cendrée en dessus, garnie de grands poils blancs en dessous. Cette espèce que l'on a vraisemblablement confondue avec les Musaraignes vulgaire et Carrelet, en est sufiRsamment distinguée par la grande longueur de sa queue et par les autres caractères qui viennent d'être analysés; elle a été observée au mont S'-Gothard par le professeur Schinz, de Zurich, qui la considère comme formant le passage des vrais Sorex au sous -genre Crossopus de Wagler. Elle se tient le long des torrents alpestres. Sa taille est de cinq pouces deux lignes.

Musaraigne BLOîiDE. Sorex flavescens, Isid. Gcoff. Tout le dessus du corps et de la tèle est d'un blond roussâlre, qui se change sur la face supérieure de la queue en un cendré roussâtre très-clair. Toutes les parties inférieures du corps, de la tèle et de la queue, la région interne et la partie inférieure des membres soit antérieurs soit postérieurs, et le tour de la bouche, sont d'un blanc légèrement cendré. On remarque sur le chanfrein, une ligne longitudinale, brunâtre, qui tranche avec la couleur claire des parties environnantes de la tête. Les dents sont entièrement blanches, et les ongles sont blanchâtres ; les oreilles, aussi longues, mais proportionnellement un peu moins larges que celles du Sorex araneus, sont aussi à peu près de cette couleur. Cette belle espèce a quatre pouces et demi du bout du museau à l'origine de la queue, et celle-ci n'a qu'environ un pouce et demi. De la Cafrerie.

Musaraigne caïinelie. Sorex cinnamomeus, Licht. Son pelage est d'un brun roux en dessus et gris en dessous; sa queue est cylindrique, couverte de poils serrés. Taille, cinq pouces. Du sud de l'Afrique.

Musaraigne »b Cap. Sorex Capensis, Geoff. S'-Ilil. Longueur du corps, trois pouces huit lignes; de la queue, un pouce neuf lignes. Elle se rapproche de la Musaraigne de l'Inde par la taille, la couleur des dents, la forme arrondie et épaisse de la queue, la grandeur et le nu des oreilles et l'odeur de musc qu'elle exhale; mais elle paraît cependant en différer essentiellement. Aucune

Musaraigne n'a le museau plus long et plus effilé, et sa queue, qui n'est que moitié plus courte que le corps, est proportionnellement beaucoup plus longue que dans la Musaraigne de l'Inde. Elle est d'ailleurs d'une couleur rousse, qui tranche avec celle du pelage; sa surface est couverte de poils ras et de quelques soies répandues çà et là. Les côtés de la bouche sont roussâtres.

Musaraigne carénée, f^. Musaraigne deDacbenion.

Musaraigne Carrelet. Sorex telragouurus, Herra. Sa queue est parfaitement carrée, présentant quatre faces planes, séparées par des angles très-prononcés; elle offre à sa partie inférieure un léger sillon, et se termine tout à coup en une pointe fine, ce qui l'a fait comparer à l'aiguille désignée ordinairement sous le nom de Carrelet. Les oreilles sont beaucoup plus courtes que chez la Musette. Le pelage est ordinairement noirâtre en dessus et cendré brun en dessous. Le Carrelet vil à peu près dans les mêmes lieux que la Musette dont il a la taille; on le trouve assez fréquemment dans les jardins et dans les granges.

Musaraigne des chemins. .Sorea; cmn'MS, Isid. Geoff. Son pelage est d'un roux grisâtre en dessus, d'un cendré clair en dessous; les oreilles sont grandes, non cachées dans les poils; la queue est un peu comprimée dans sa première portion, arrondie vers son extrémité, garnie de longues soies clair-semées, dirigées en arrière. Taille, cinq pouces. Du Sénégal.

Musaraigne a courte queue. Sorex brevicaudus, Say. Le pelage est en dessus d'un noirâtre plombé, plus clair en dessous; les oreilles, de couleur blanche, et entièrement cachées sous le poil, sont très-larges, et ont deux demi-cloisons distinctes. Les dents, dont la plupart sont brunâtres, avec le sommet noir, sont au nombre de trente, comme chez le Sorex constrictus. Les incisives supérieures comprimées latéralement, crochues, sont blanches et séparées à leur base, mais noires et rapprochées à leur sommet. Les fausses molaires sont toutes noires à leur sommet, à l'exception de la postérieure. Les pieds sont blancs; les trois doigts intermédiaires sont presque égaux, mais les latéraux sont beaucoup plus courts; les ongles des membres antérieurs sont presque aussi longs que les doigts. Enfin la queue est courte, robuste, peu velue, un peu renflée dans son milieu, déprimée, et à peu près de la longueur des pieds de derrière. Dimensions, trois pouces cinq huitièmes (mesures anglaises); prolongement caudal, un pouce. Du Missouri.

Musaraigne de Daubenton. Sorex Daubenlonii, Erxl.; Sorex fodiens, Pallas; Sorex carinatus,VLtTmann. Son pelage est d'un brun noirâtre en dessus, d'un blanc légèrement gris-roussàtre en dessous, et ces deux couleurs ne se fondent pas l'une avec l'autre sur les flancs. La face externe des cuisses et des bras, et toute la croupe sont de la même couleur que le dos; la lèvre supérieure et une petite tache correspondant à l'œil, sont blanches. Les incisives sont rouges dans leur portion terminale, et les mains sont généralement brunes, avec les doigts blanchâtres. Sa queue ressemble à celle du Sorex remifer; mais sa face inférieure présente une ligne blanche Irèsdistincte. Cette espèce, dé-

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couverte par Daubenton, a trois pouces une ligne du bout du museau à l'origine de la queue, celle-ci ayant deux pouces trois lignes.

MOSARAIGWE rODISSECR. K. MUSARAIGNE DE DaCEEW- TOS.

MosARAiGNE oÉANTE. Sorex gigatileus, Isid. Geoff. St.-Hil. Cette espfice a été confondue jusqu'à ce jour avec le Sorex Iiiiliciis dont elle se rapproche par les couleurs de son pelage, mais dont elle se distingue parfaitement par deux caractères fort remarquables. Elle a près d'un demi pied de l'extrémité du museau à l'origine de la queue, et celle-ci a trois pouces et demi environ ; c'est-à-dire qu'elle forme à peu près les deux cinquièmes de la longueur totale ; au contraire chez le Sorex Indicus, le corps a un peu moins de quatre pouces, et la queue a environ un pouce et demi, c'est- • à-dire qu'elle forme seulement un peu plus du quart de la longueur totale. Ces différences de taille et de proportions sont très-prononcées, comme on le voit, et il deviendra très-facile de distinguer l'une de l'autre les deux espèces de l'Inde.

Mdsaraigne GENTiLiE. Sorex piilchellus, Lichtenstein. Elle n'a qu'un pouce dix lignes du bout du museau à l'origine de la queue, celle-ci ayant neuf lignes. Les flancs sont d'un blanc de neige, et le dessus de la tête est d'un gris clair qui se continue sur le dos en devenant plus foncé, et forme presque exactement un parallélogramme nettement séparé du blanc de la région caudale et des flancs. Au milieu de ce parallélogramme, on remarque aussi une tache blanche. Les oreilles sont d'un gris d'ardoise, et le museau est trèspointu. Cette jolie espèce a été trouvée pendant le voyage d'Orembourg à Boukhara, dans un désert sablonneux.

Musaraigne DE l'Inde. Sorex Indicus, Geoff. St.-Hil. Longueur du corps, cinq pouces deux lignes, de la queue, un i)oiice six lignes. Le pelage est d'un gris brun, teint en dessus de roussâtre. Toutes les dents sont blanches. Sa queue ronde annonce un animal terrestre, et Buffon dit, en effet, que cette espèce habite dans les champs, d'où elle se répand quelquefois dans les maisons. Elle y trahit bientôt sa présence par l'odeur musquée qu'elle exhale.

Musaraigne Leucode. Sorex Leucodoii, Hermann. Elle est de la taille du Plaron, mais sa queue est un peu plus courte. Elle se distingue par son dos brun, par ses flancs et son ventre blancs : sa queue, assez semblable pour la forme à celle de la Musette, est, en dessus, de la couleur du dos et en dessous, de celle du ventre. Cette espèce a été observée aux environs de Strasbourg.

Musaraigne masquée. Sorex personalus. Cette petite espèce, que le voyageur Milbert a rapportée des États-Unis, est assez semblable à la iMuselte par ses proportions et par les couleurs de son pelage. Elle est cependant un peu plus brune, principalement sur la partie inférieure du dos, sur la croupe et sur la queue. Les oreilles ont à peu près la même forme que chez la Muselle, mais elles sont beaucoup plus petites et entièrement cachées dans les poils. La queue, qui est d'un brun foncé en dessus, et d'un blanc roussâtre en des-

sous, est terminée par d'assez longs poils d'un brun noirâtre; elle est peu velue et écailleuse en dessous, mais elle parait tout à fait velue en dessus. La gorge et le dessous du corps sont cendrés, et les pattes sont d'un roussâtre clair. Les dents antérieures sont blanches dans presque toute leur longueur; mais la pointe des inférieures est noirâtre, et celle des supérieures rougeâtre. Les ongles sont d'un blanc jaunâtre, et les moustaches sont de couleur variable. Enfin, et ce dernier trait, quoique sans importance réelle, doit être noté avec soin parce qu'il peut servir à caractériser l'espèce, toute la portion antérieure du museau est, à l'exception de la lèvre, d'un brun noirâtre. Cette espèce a deux pouces du bout du museau à l'origine de la queue, longue elle-même d'un pouce.

MusARAI6^■E MINEUR. Sorex cunicularius, Bechst. F. Musaraigne Plaron.

Musaraigne Murine. Sorex Murinus, Lin. Son pelage est généralement d'un brun foncé, avec le dessous du corps, la gorge et la face interne des membres d'un gris brunâtre; la queue est carrée, écailleuse, presque aussi longue que le corps, presque entièrement couverte de poils extrêmement fins et courts, du milieu desquels sedétachent, mais seulement dans la première moitié delà queue, quelques longues soies dirigées en arrière; oreilles grandes et non cachées dans les poils. Taille, quatre pouces. De Java.

Musaraigne Musette, f. Musaraigne vulgaire.

Musaraigne noire a collier blanc Sorex cotlaris, Geoff. S'-Hil., Mém. du Muséum, t. i. Celte espèce d'Europe se distingue parfaitement de toutes ses congénères, par son collier blanc, qui lui a valu son nom.

Musaraigne petite. Sorex parvtis. Say a donné ce nom à une petite Musaraigne trouvée dans le Missouri, et qui aurait les caractères suivants ; pelage cendrébrunâtre en dessus, cendré en dessous; oreilles cachées dans le poil ; dents antérieures noires, les latérales brunâtres; pieds blanchâtres; ongles blancs, aigus; queue blanchâtre en dessous, courte, subcylindrique, d'une épaisseur moyenne, légèrement renflée dans son milieu. Longueur du corps, deux pouces trois huitièmes (mesures anglaises), longueur de la queue, trois quarts de pouce. Le Sorex parvus différerait, à plusieurs égards, comme on le voit, du Sorex personalus, avec lequel il aurait aussi quelques rapports.

Musaraigne Plaron, Daub.; Sorex constriclus, Hermann ; Sorex cunicularius, Bechst. Elle est de la taille de la Musette, et sa queue est aussi à peu près de la même longueur. Des poils droits, répandus sur les cartilages du nez, faisant paraître le boutoir plus gros et plus court ; les oreilles velues et entièrement cachées dans les poils; la boîte cérébrale plus large et moins bombée que dans le Carrelet; queue plate, étroite, et comme étranglée à son origine, épaisse, renflée el ronde dans son milieu, aplatie à son extrémité où les poils se réunissent en pointe comme dans un pinceau; pelage assez long et doux au toucher, noirâtre dans sa plus grande longueur et roux à sa pninle; ventre grisâtre; gorge cendrée. Le Plaron habite l'Europe, et particulièrement les environs de Strasbourg.

Musaraigne Porte-rame. Sorex remifer, Geoff.

S<-Hilaire, Ann. du Mus., t. xvii. Elle est voisine de la Musaraigne rayée, mais elle s'en distingue par sa taille qui est de quatre pouces, sans compter la queue qui a elle-même deux pouces et demi environ. Son pelage est généralement d'un noir brunâtre en dessus, avec le dessous du corps d'un cendré foncé et la gorge d'un cendré clair, légèrement lavé de roussâtre. Sa queue est exactement carrée dans les deux premiers tiers de sa longueur et chaque face est parfaitement plane, hors celle de dessous qui est sillonnée ; de la fin de ce sillon naît dans l'autre portion une carène qui se prolonge d'autant plus en dessous que la queue s'amincit davantage; celle-ci lînit par être comprimée et tout à fait plate, en sorte qu'elle rappelle assez bien, dans cet état, la forme de certains avirons de chaloupe. C'est, comme on voit, ce dernier caractère qui a valu à la Musaraigne Porte-rame, le nom qui lui a été imposé. On la trouve en Europe.

Mdsarivigwe Pygmée. SorexPygmœus, Laxm.,Pall., Duvern. Son pelage est au.K parties supérieures d'un gris brun, glacé de fauve; aux parties inférieures cendré, avec la gorge et les lèvres blanchâtres, lavées de roux; le museau est très-prolongé et velu; les oreilles sont très-courtes, cachées dans le poil et peu apparentes ; les pieds sont blanchâtres, hérissés de poils qui couvrent la racine des ongles ; la queue est d'un fauve assez vif en dessus, plus pâle en dessous, étranglée à la base, ensuite épaisse, arrondie et finissant en pointe, très-garnie de poils égaux, qui forment un pinceau de plus de deux lignes à son extrémité, mais laissant voir cependant les anneaux écailleux. Taille, trois pouces quatre lignes. Cette espèce habite la Sibérie, la Russie et l'Allemagne jusqu'au Mein.

Mdsaraigne a queue épaisse. Sorex crassicaudus, Ehrenb. et Emprich. Elle est uniformément d'un gris argenté; la queue est carrée, clair-semée de longs poils. Taille, cinq pouces six lignes. De l'Egypte inférieure.

Musaraigne a queue de Rat. 5orea? myosurus, Pall., Act. de Pélersb., 1791, et Geoff. S'-Hil., Ann. duMus., -t. XVII. Cet animal dont la patrie est inconnue, n'est vraisemblablement qu'une variété albine, qui ressemble beaucoup à la Musaraigne de l'Inde, et par la forme et la grandeur de ses oreilles, el par la taille; mais elle parait avoir le museau plus court et la queue plus longue, plus épaisse, et couverte de poils moins rapprochés et de soies plus nombreuses. Le pelage est entièrement blanc. C'est ainsi que Geoffroy caractérise le Sorex myosurus; mais Pallas rapporte aussi à cette même espèce une autre Musaraigne dont le pelage est d'un brun noirâtre, et dont la queue parait plus courte.

Musaraigne ratée. Sorex linealus , Geoff. S«-Hi1., Ann. du Mus., t. xvii. Celle espèce ressemble, par les proportions de son corps et de sa queue, au Plaron; une ligne blanche s'étend sur le chanfrein, depuis le front jusqu'aux narines; sa queue, imparfaitement carrée, est fortement carénée en dessous, et ses incisives sont brunes à leur extrémité. Son pelage est généralement d'un brun noirâtre en dessus, avec le ventre un peu plus pâle el la gorge blanche; on remarque à l'o-

I reille une petite tache blanche, formée par de longs poils ' naissant de l'intérieur de la conque auriculaire. Des environs de Paris où elle paraît très-rare.

Musaraigne sacrée. Sorex retigiosus, Isid. Geoff. On a dit, depuis longtemps, que les Égyptiens honoraient d'un culte les Musaraignes : ce fait curieux est aujourd'hui constaté de la manière la plus authentique par une découverte que vient de faire Passalacqua. Ce savant voyageur a trouvé dans un tombeau de la Nécropolis de Thèbes, vingt-sept Musaraignes embaumées, parmi lesquelles quelques individus se sont trouvés dans un état de conservation assez parfait pour qu'il ait été possible de les déterminer. La Musaraigne sacrée se dislingue facilement par sa taille à peu près égale à celle du Sorex personatus; par sa queue fort longue, et dont l'extrémité pourrait atteindre et peulêlre même dépasser l'occiput; par ses oreilles fort développées, et par son pouce assez court : la queue est aussi exactement carrée que chez le Sorex telragoiiurus et le Sorex remifer; et ses quatre faces sont, comme dans ces espèces, séparées par des angles tressaillants.

Musaraigne serpentaire. Sorex serpentarius, Isid. Geoffroy. Cette espèce, encore inédile, est exactement intermédiaire des Musaraignes de l'Inde et géante; elle se rapproche par sa taille et ses couleurs, de la première, de la seconde par ses proportions. Son pelage est cendré, lavé de nuances plus claires en dessous; ses oreilles sont assez grandes, non cachées dans le poil; sa queue est grêle, plutôt carrée que arrondie, formant plus du tiers de la longueur totale du corps el de la tête, qui est, chez l'adulte, de quatre pouces. L'odeur musquée est si forte qu'elle décèle de suite la présence de ce petit rongeur dans les habitations indiennes où elle est par cela même fort incommode.

MuscARAiGNE SoNNERAT. Sorex SoiineratU, Isidore Geoffroy, f^. Musaraigne de l'Inde.

Musaraigne de Toscane. Sorex etruscus, Savl. C'est la plus petite de toutes les espèces d'Europe; elle a environ un pouce dix ligues du bout du museau à l'origine de la queue, celle-ci ayant environ un pouce. Elle se dislingue d'ailleurs également par la grandeur de ses oreilles, par sa queue à peu près semblable pour la forme à celle de la Muselle, et par son pelage brungrisâtre en dessus, grisâtre en dessous. Elle se plaît dans les tas de fumier, où elle trouve à la fois une nourriture abondante et un abri cohtre le froid. En Italie.

Musaraigne vulgaire ou Musette. Sorex aratieiis, L.; la Musaraigne, Buff. Elle est d'un gris brun, plus ou moins roussâlre en dessus, avec le dessous cendré; le bout du museau est d'une nuance un peu plus éclaircie que le corps, et il en est de même de la queue; les oreilles sont nues, grandes el arrondies. Les dents sont blanches, les moustaches sont allongées. La queue, couverte de poils courts, et à peu près arrondie, a un pouce el demi, ce qui forme à peu près le tiers de la longueur totale de l'animal. Le jeune ressemble beaucoup à l'adulte; son pelage est seulement d'un brun plus pur.

Depuis la rédaction de cet article, De SelysDesloug-

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