‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 4)Chapitre 77 sur 99 · SI · texte numérisé non relu

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Le développement des sérainules des Mousses esl un des faits les plus curieux de leur histoire, et il a été l'objet des observations d'un grand nombre de botanistes allemands, et particulièrement de Nées d'Esenbeck qui a publié un excellent travail sur ce sujet. Ces séminules commencent par donner naissance à un ou deux filaments confervoïdes, mais non articulés, ressemblant beaucoup aux Ectospermes de Vaucher; ces filaments se ramifient, et du point d'où naissent les ramifications, s'élève bientôt la jeune Mousse, dont ces filaments deviennent les radicelles; la tige qui se développe est composée de cellules allongées, et porte des feuilles diversement disposées, mais toujours formées par une membrane composée d'un seul rang de cellules, sans épiderme distinct et sans pores corticaux. Tels sont les traits principaux de l'organisation de ces végétaux.

Linné ne distingua que sept genres parmi les Mousses, et il les fonda plulôt sur le port et sur la position des capsules que sur de véritables caractères d'organisation. Ces genres, parmi les(|uels étaient compris les Lycopodes, étaient les suivants : Poiella qui est une Hépatique, Sphogmini, Buxbaiimia, Phasciiin, Fontinalis, Splachniim, Polytrichum, Mnium, Bryum et //rpni/m. Hedwig,parrélude qu'il fit du périslome, augmenta beaucoup le nombre des divisions et arriva presque toujours à des groupes assez naturels; mais il donna peut-êlre trop d'imporlaiice à la position relative des organes mâles qu'on a renoncé à faire entrer dans les caractères génériques, à cause de la difficulté de les observer sur beaucoup d'espèces. Depuis, Hooker a employé avec beaucoup de succès les caractères fournis par la forme de la coiffe et par la position latérale ou terminale de l'urne, caractères employés également par Bridel dans son Melhoclits Miiscorum, mais qu'il a en général appliqués avec beaucoup d'inexactitude. Quant à la distribution naturelle des genres, peu de personnes s'en étaient occupées jusqu'à présent, leurclassiScalipn ayant été en général fondée seulement sur le péristome; les Mémoires publiés sur ce sujet par Greville et Arnolt, et le tableau général des espèces de Mousses inséré par ce dernier dans les Mémoires de la Sociélé d'Histoire naturelle de Paris, t. Il, paraissent cependant avoir atteint presque complètement ce but; voici, d'après cette méthode, l'énumération des genres de cette famille.

Sphagnoidées.

Andrœa, Ehrh.; Sphagnum, Hedw.

Phascoidées.

Phascum, Schreb. (Phascum etPteuriditini, Brid.); Bruchia, Schw.; Foilia, Hornsch.

Gymnostomoidées.

Gymnostovinm, Hook. (Gymnostomum, Glypho-

caipa et Anyctangii spcc, Schw.); ScUislostega ,

Web. et Mohr. (Diepanophyllum ? Hook.); Anictan-

gium, Hook. (Schistidhim, Brid.); Hedwigia, Hook.

Bbxbadmoidées.

Diphyscium, Mohr.; Buxbaumia, Haller.

Splachnoidées.

Splachnum, Grev. et Arn. (Splachnum et ^plodon, R. Brown); Dissodoii, Grev. et Arnotl (Cyrlodon,

Brown; Syslilium, Hornsch.); Tayloria, Hook. (Uookeria, Schw.)

Ortbotrichoidées.

Tetraphis, Hedw. {Tetraphis et Tetradonlium, Schw.); Octoblepharum, Hedw.; Orlhodon, Bory; Calymperes, Hook.; (Calymperes et Syrrhopodon, Schw.); Zygodon, Hook. (Gymnocephalus et Codonoblephanim, Schw.; (Aiiipliidiittn , îiées; Gagea, Raddi); Orlhotncliiim, Hook. et Grev. (Oithotrichwn, Macromitiion, Schlotheimia, Schw. et Brid.; Ulofa, Brid.)

Grismoidées.

Giyphomitrion, Hook. et Grev.; Grimmia, Hook. (Grimmia et Campylopus, Brid.); Tn'choslomum, Hook. {Trichoslomum, Racomitrion et Campylopi spec, Brid.); Cinclidolns, Beauv. (Racomitrion, Brid.); Encalypla, Schw.

Dicranoidées.

If'eissia, Hedw. {fTeissia el Entosthodon, Schw.; IFeissid ti Coscinodon, Brid.); Trematodon, Brid.; Dicranum, Schw. (Dicranum el Fissidens, Hedw.); T/iesati07nitrion, Schw.; Dydimodon, Hook. {Çyiiodontium, Schw.; Didymodon et Desmatodon,WiA.); Tortilla, Hook. ( Tortula et Barbula, Schw.; Syntricliia, Brid.)

Brtoidées.

Conostomum, Swartz: Bartraniia, Hedw.; Funaria, Hedw.; Leptostomum, R. Brown (Gymnoslomî spec, Hook.); Ptychostomitm, Hornsch.; Brachymemiuiii, Hook.; Bryum, Hook. (Bryum, Mnium, Meesia, Arrhenopterum, Leptotheca, Jf-'ebera, Gymnocephalus et Pollia, Schw.); Cynclidium, Swartz; Timmia, Hedw.

Hyproidées.

Fabronia, Raddi; Plerogonium, Schw. (Pterogo- 7iium et Lasia, Brid.); Sclerodontium, Schw.; Leucodon, Schw.; Macrodon, Arnott; Dicnemum, Schw.; Astrodontium, Schw.; iVec^era, Hook.; Anomodon, Hook.; Anacamplodon, Brid.; Daltonia, Hook. (Pilotrichum et Cryphœa, Brid.); Spiridens, Nées; Hookeria, Smith (Cliœlophora , Racopilum et Plerigopliylliini, Brià.); Hypnuni, Hook. (Hypnum, Leskea et Climacium, Schw.); Fonlina lis, Hedw.

Polttricboidées.

Lyeltia,BTOwn; Polytrichum, Hedw .(Polytrichum et Catharinea, Brid.); Dawsonia, Brown.

Plus de huit cents espèces de celle famille sont décrites dans les divers ouvrages consacrés à leur étude. Il resterait à dire quelques mots de leur distribution géographique; mais il serait fort difficile, d'après les données que l'on possède, de rien élablir de précis cl de général sur ce sujet. En effet, les Mousses étrangères à l'Europe sont connues d'une manière très-imparfaite, et l'on n'a encore aucune Flore crypiogamique un peu complète des régions équatoriales ou australes. La plupart ont été rapportées par des voyageurs dont l'attention était fixée sur des objets plus brillants, et ne peuvent être regardées que comme une portion trèspetite de la Flore muscologique de ces contrées. On ne peut donc rien dire sur les rapports numériques de ces végétaux dans ces diverses régions; mais il estcepen-

daiil quelques faits dignes d'êlre remarqués. On a observé en général que plus les végétaux apparliennent à des groupes d'une slruclure plus simple, et plus ils sont susceptibles de supporter des climats différents, ou, en d'autres termes, que c'est dans les familles de végétaux les plus simples qu'on trouve le plus grand nombre d'espèces communes à des lieux très-différents du globe, et croissant sous des climats très-divers. La famille des Mousses présente des exemples nombreux d'espèces qui croissent en même temps non-seulement dans des contrées très-diverses et séparées par d'immenses intervalles, mais même dans des régions dont le climat est des plus différents. Ainsi, pour n'en citer qu'un exemple, sur dix-neuf espèces de Mousses rapportées des environs de Rio-Janeiro àWalker-Arnott, huit sont des espèces qui croissent aussi en Europe ou dans l'Amérique septentrionale : les onze autres n'ont jusqu'à présent été observées que dans les régions équatoriales. On voit, par cet exemple et par plusieurs autres analogues, que fournissent chaque jour les collections faites par les botanistes voyageurs, que les végétaux de cette famille sont comme plusieurs autres Cryptogames, susceptibles de se plier facilement aux différents climats sans en éprouver des modifications très-remarquables dans leur organisation. Il ne faut pas croire cependant que toutes les espèces et même tous les genres soient dans ce cas; il en est plusieurs au contraire dont l'babitalion est limitée à des régions très-bien déterminées; il est des genres même qui paraissent ne pas sortir de certaines zones. Ainsi les genres Andrœa, l-'oilia, Splachnum, Tayloria, Dissoilon, Coiioslomiim, sont presque entièrement limités aux régions arctiques ou aux hautes montagnes.

Les genres Duwsonia el Leptoslomum sont propres aux régions australes, telles que la Nouvelle-Hollande, la Nouvelle-Zélande et l'extrémité de l'Amérique méridionale.

Toutes les espèces des genres Catymperes, Octoblepharum, Orthodon, Lyellia, croissent dans les régions équatoriales; et c'est aussi dans cette zone que se trouvent la majorité des Neckera, Daltonia et Hooheria.

D'autres, tels que les Sphagnum, Pbascum, Gymnostomum, Tetraphis, Dicranum, ff^eissia, Grimmia, Trichostomum, Polytrichum, paraissent avoir leur maximum dans les régions tempérées; enfin quelques genres semblent également répartis sur presque toute la surface de la terre : tels sont les Tortula, Orthotrichmn, Biyiim, Hypnum.

MOUSSES DE MER. poi.yp. On a quelquefois appli- (|ué cette dénomination aux Polypiers flexibles, à tissu corné.

MOUSSOLE. coNCB. Tel est le nom qu'Adanson a donné, dans le Voyage au Sénégal (p. 250, pi. 18), à une Coquille bivalve, nommée Arche de Noé par les auteurs, f^. Arche.

MOUSTAC. MAM. Espèce du genre Guenon. V. ce mot.

MOUSTAC. OIS. Espèce du genre Sterne. A', ce mot.

MOUSTACHE. OIS. Nom d'une espèce du genre Corbeau, et d'une espèce du genre Drongo; on l'a aussi

appliqué à une espèce du genre Mésange, qui forme le type d'une section.

MOUSTEILLE. mam. L'un des vieux noms français de la Belette, par corruption du latin Mustella.

MOUSTIQUES. iNS. Nom vulgaire et collectif dérivé de l'espagnol Mosquilos, qui veut dire petites Mouches, f-'. CocsiN.

MOUTABÉE. Jlloulabea. dot. Genre de la Pentandrie Monogynie, L. , créé par Aublet (Plantes de la Guiane, p. C79, t. 274), dont le nom a été inutilement changé par Schreber en celui de Ciyptostomum. Ce genre est ainsi caractérisé : calice tubuleux, renflé à sa base, à cinq divisions inégales; corolle monopétale, à cinq divisions profondes, inégales, conniventes, ayant un tube très court, et inséré sur l'entrée du tube calicinal; cinq étamines dont les filets sont soudés en un seul, large, courbé au sommet, bouchant entièrement l'orilîce de la corolle, à cinq dentelures sous chacune desquelles est placée une anthère; ovaire supère, arrondi, surmonté d'un long style, et terminé par un stigmate obtus; baie jaune, ayant l'apparence d'une prune, à trois loges et à trois graines marquées d'un bile tiès-grand, arlUées el recouvertes d'une pulpe gélatineuse. Ces graines ressemblent à celles des Chiysophyllum; c'est ce qui a fait rapprocher le genre Moutahea des Sapolées. On lui a réuni le genre Jcosta de la Flore du Pérou.

MouTABÉE DE LA Gdiane. Moutabeu Giifanensi's , Aubl. C'est un arbrisseau qui pousse plusieurs tiges sarmenteuses, rameuses, et qui forme des buissons épais, par l'assemblage de ces tiges. Les feuilles sont alternes, presque sessiles, lisses, vertes, entières, fermées, ovales, et terminées en pointe. Les fleurs naissent par petits bouquets, aux aisselles des feuilles; elles exhalent une odeur semblable à celles du Philadelphns coronarius. Cet arbrisseau croît dans les terrains défrichés de la Guiane. Les Galibis lui donnent le nom d'Jymoutabou.

MOUTAN. BOT. Espèce du genre Pivoine, f'oyez ce mot.

MOUTARDE. Sinapis. bot. Genre de la famille des Crucifères, et de la Tétradynamie siliqueuse, L., placé par De CandoUe dans la tribu des Brassicées, et offrant les caractères suivants : calice dont les sépales sont étalés et égaux à la base ; pétales à limbe oboval ; étamines à filets libres et entiers; silique un peu cylindrique, biloculaire, bivalve ; les loges polyspermes ; les valves concaves ou légèrement carénées, terminées par le style sous l'apparence d'un appendice tantôt court et aigu, tantôt subulé, conique, en forme de bec ou d'épée, lequel appendice renferme quelquefois une graine, mais souvent en est privé; graines disposées sur un seul rang, presque globuleuses, à cotylédons condupliqués, c'est-à-dire formant une double plicature. Ce genre est très- nombreux en espèces. De CandoUe (Syst. Feget. nat., 2, p. e07) en a décrit cinquante et une, dont trente-cinq seulement sont assez connues. Il a éliminé de ce genre plusieurs plantes que les auteurs y avaient placées mal à propos et qui font maintenant partie de quelques genres nouveaux. Ainsi le Sinapis bipinnala de Desfontaines a été placé dans

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lu genre Diilesmus; le Sinapis Philœana de Delile esl le (ype du Morettia; les Sinapis crassifolia de Raffinesqiie, et Siiiapis Ilarra de Forskahl, sont des Diplotaxis, etc. y. ces mots. D'un autre côlé on trouve dans les divers auteurs plusieurs plantes qu'ils ont rapportées aux Sinapis, mais qui doivent être réunies à quelques genres voisins, tels que Biassica et Sisynibrium. Les Moutardes sont des plantes herbacées, rarement sous-frutescentes, ordinairement bisannuelles, dressées, rameuses, souvent couvertes de poils rares, ayant le port des Biassica ou ôesSisxmbriitm. Leurs feuilles affectent diverses formes, mais le plus souvent elles sont lyrées ou incisées et dentées. Leurs fleurs sont jaunes, disposées en grappes terminales et dépourvues de bractées. La plupart des espèces ont des graines qui possèdent au plus haut degré les propriétés acres de la famille des Crucifères. Ce genre a été partagé par De CandoUe en cinq sections.

§ 1. MÉiANosiKAPis. Silique cylindrique ou légèrement tétragone, c'est-à-dire dont les valves sont un peu carénées sur la nervure médiane, apiculée par le style qui esl très-court. Cette section se compose de six plantes dont deux habitent le cap de Bonne-Espérance, une en Perse, deux en Barbarie et une en Europe. Celte dernière, Sinapis nigia. L., y est excessivement commune dans les champs, les prés et le bord des rivières; elle esl connue sous le nom vulgaire de Moularde noire. Elle est annuelle; sa lige s'élève à près d'un mètre; elle est cylindrique, glabre cl d'un aspect glauque; ses feuilles sont alternes, sessiles, grandes, lyrées, un peu épaisses et charnues ; les supérieures sont entières, lancéolées et étroites; les Heurs sont petites, jaunes, pédonculées, formant de longs épis au sommet de la tige. A ces fleurs succèdent des siliques grêles, dressées contre la lige, et renfermant de petites graines globuleuses, noires à l'extérieur, et jaunâtres intéiieurement. Ce sont ces graines, désignées vulgairement sous le nom de graines de Sénevé, qui, broyées et réduites en farine huileuse, servent à préparer le condiment si universellement en usage pour exciter l'appélit, et auquel on donne le nom de Moutarde.

§ 2. CÉRATO^iisAPis. Sili<iue surmontée d'un bec conique, lequel est dépourvu de graine. Parmi les dix neuf espèces qui composent celle section, six croissent en Chine, au Japon, et dans les Indes orientales; les autres sont indigènes du bassin de la Méditerranée, et surtout de l'Egypte, des côtes de Barbarie et de l'Espagne. Aucune n'est employée à des usages économiques, quoique les graines de la plupart soient douées des mêmes propriétés que celles de la Moutarde noire.

§3. HiRSCHFEiDiA. Siliquc Cylindrique, à deux loges, renfermant chacune à peu près quatre graines, terminée par un bec ovoïde, monosperme et indéhiscent. Cette section a été considérée par Mœnch comme un genre distinct. Elle est pour ainsi dire le lien qui unit la tribu des Brassicées à celle des Raphanées; cependant elle est plus rapprochée des premières. Les deux espèces qui la composent sont les Sinapis incana, L., et Sinapis heleroplixlla, Lagasca. Celle-ci esl une plante bisannuelle, que l'on trouvedans l'Europe méridionale, et particulièrement en Espagne.

§ 4. Ledcosinapis. Silique hispide ou glabre, surmontée d'un bec ensiforme, à valves toruleuses. Cette section doit-elle être réunie au genre Eruca, ou plutôt former un genre particulier qui se dislingue du Sinapis, comme VEnica se dislingue du Biassica? te Sinapis alba, L.. en est le type; c'est une plante annuelle, très-commune dans les champs de l'Europe méridionale et tempérée. Ses graines sont très-grosses, blanchâtres, et pourraient suppléer à celles de la Moularde noire. Cinq autres espèces, peu intéressantes, croissent dans les contrées méditerranéennes, à l'exception du Sinapis haslata, Desf., qui est originaire de la Nouvelle-Hollande.

§ 5. DisAcciBM. Calice à demi étalé, à deux protubérenees en forme de sac à la base. Celte section forme probablement un genre particulier, mais l'insuffisance des caractères connus n'a pas permis de l'établir. Elle renferme deux espèces, savoir : Sinapis fnitescens, Alton {Hoii. Kew., éd. 1, vol. ii, p. 404), et Sinapis angustifolia. DC, qui n'est peut-être qu'une variété de la précédente. Ces deux plantes sont indigènes de Madère. Leurs Heurs sont grandes comme celles de la Giroflée, pâles au commencement de la floraison, et plus tard versiciilores.

MOUTARDE DES CAPUCINS, bot. Nom vulgaire du Cochleaiia aniiorucia, L.

MOUTAR DE DES H.WES. BOT. Nom vulgaire de VErysiniiim officinale, L.

MOUTARDIER, ois. (Belon.) Nom donné au Martinet noir. A'. Martiivet.

MOUTARDIN. bot. Synonyme vulgaire de Moutarde blanche.

MOUTON. Ovis. MAM. Genre de Ruminants à cornes creuses, auquel les auteurs les plus modernes assignent les caractères suivants : les cornes anguleuses, ridées en travers, contournées latéralement en spirale, et se développant sur un axe osseux, celluleux, qui a la même direction; trente-deux dents en totalité, savoir : huit incisives inférieures, formant un arc, et se touchant toutes régulièrement par leurs bords, les deux intermédiaires étant les plus larges, et les deux latérales les plus petites; six molaires à couronnes marquées de doubles croissants d'émail, dont trois fausses et trois vraies de chaque côté et à chaque mâchoire; les vraies molaires supérieures ayant la convexité des doubles croissants de leur couronne tournée en dedans, et les inférieures l'ayant en dehors; le chanfrein arqué; le museau terminé par des narines de forme allongée, obliques, sans mufle; point de larmiers; point de barbe au menton; les oreilles médiocres et pointues; le corps de stature moyenne, couvert de poils; les jambes assez grêles, sans brosses aux genoux; deux mamelles inguinales; point de pores inguinaux; la queue (du moins dans les espèces sauvages) plus ou moins courte, infléchie ou pendante.

Dans l'état sauvage, les Moutons habitent les parties élevées des hautes montagnes : plusieurs se tiennent même habituellement près de leur sommet, tandis que d'autres (et c'est le plus grand nombre) se trouvent seulement dans les régions inférieures à celles où sont répandues les Chèvres. Leurs habitudes sont d'ailleurs,

presque sous tous les iai)iiorls, celles des espèces de ce dernier genre.

Moi'TON MourLON. BufF., xi, pi. 29, Ovis Jries fera et Ovis Ammon de plusieurs auteurs. Cette espèce, dont la taille surpasse un peu celle des Moutons domestiques, ofîre dans ses cornes des caractères <|ui doivent être étudiés avec soin ; trian(;ulaires, comme elles le sont le plus souvent chez les Moutons, elles présentent trois faces, dont l'une est postérieure et interne, la deuxième inférieure et antérieure, et la troisième supérieure et antérieure; la face postérieure et interne, la plus large de toutes, est légèrement convexe dans la première portion de son étendue, mais elle devient toujours ensuite plus ou moins concave; la face inférieure et antérieure est plane dans presque toute son étendue; elle devient cependant, comme la précédente, un peu c(*icave vers la pointe de la corne. L'arête, qui sépare ces deux faces, est très-prononcée et presque tranchante; sa première courbure est toujours, de dedans en dehors, et d'arrière en avant (du moins chez les adultes), à peu près demi-circulaire; mais la pointe n'est plus dans cette direction. La face supérieure et antérieure est convexe, et ne s'étend pas, comme les deux autres, sur toute la longueur du prolongement frontal; son arête inférieure, déjà mousse et très-peu saillante à sa naissance, disparait peu à peu; et il n'en existe plus aucune trace vers la pointe, où ne se distinguent plus que deux faces : l'une postérieure el interne, l'autre antérieure et externe. Les cornes, triangulaires dans leur première portion, s'aplatissent donc peu à peu, et se changent enfin vers leurs pointes en de véritables lames ; la largeur très-considérable qu'elles ont ainsi vers leur base, fait qu'elles couvrent presque tout le dessus de la tète; elles ne sont en effet séparées à leur origine que par une petite bande de poils qui n'a pas plus de deux ou trois lignes de largeur en devant. On voit que les deux cornes sont presque en contact en ce point ; elles forment ainsi entre elles un angle qui comprend constamment de 80 à 100 degrés, c'est-à-dire qui est toujours à peu près droit. Les rides ou anneaux sont assez rapprochés; leur disposition est variable suivant les individus, et toujours plus ou moins irrégulière, surtout près de la base. Quant au pelage, le corps est couvert de poils de deux sortes, les uns laineux, très fins, très-doux au toucher, assez courts et arrangés en manière de tire-bouchon, comme la laine de nos Moutons, el les soyeux, grossiers et assez rudes; les laineux sont grisâtres; les soyeux, seuls visibles à l'extérieur, sont de différentes couleurs : les uns fauves, d'autres noirs, et d'autres enfin se trouvant annelés de noir et de fauve. Du mélange de ces trois sortes de poils résulte, pour l'ensemble du pelage de l'animal, une nuance ordinairement d'un fauve brunâtre, mais tantôt plus clair et tantôt plus foncée, suivant que le nombre proportionnel des poils noirs vient à diminuer ou à augmenter. Ces variations ont lieu suivant les différences d'âge ou de saison : ainsi le pelage d'hiver est plus brun, et celui du jeune est au contraire d'une teinte pluséclaircie; on voit d'ailleurs, accidenlellenient, des individus blancs et d'autres noirs. Cette dernière couleur est aussi ordinairement celle de la ligne

dorsale et de quelques autres parties du corps ; ainsi on remarque également sur les flancs une ligne longitudinale noire ou noirâtre, qui sépare les parties supérieures des inférieures : celles-ci sont blanches, de même que les parties internes et l'extrémité des membres, les fesses, une tache située au-dessus de l'oeil, la face concave de l'oreille et la région antérieure de la face. La queue, très-courte, a les bords blancs; les cornes qui, lorsqu'elles ont pris tout leur développement, ont près de deux pieds de long, sont d'un gris jaunâtre, et les sabots sont aussi de cette couleur; la langue et l'intérieur des narines et de la bouche sont noirs. Suivant la plupart des auteurs, les prolongements frontaux manquent entièrement chez les femelles; suivant d'autres, au contraire, ils existent chez elles, mais trèspetits et Irès-différenls par leur forme de ceux des mâles ; mais cette dernière opinion pourrait bien avoir son origine dans quelque confusion entre le Mouflon et l'espèce suivante dans laquelle les deux sexes ont des cornes : du moins Geoffroy S'-Hilaire assure-t-il que tous les individus femelles qu'il a examinés, soit vivants, soit préparés, étaient entièrement privés de prolongements frontaux.

Mouton Argali. Ovis Ârgali. Ce Mouton habite les régions froides ou tempérées de l'Asie : il n'est pas rare dans les montagnes de toute la Mongolie, de la Bongarie, et même de la Tartarie; et il se trouve aussi assez abondamment répandu dans le Kamlschatka, où sa chair et sa graisse sont très-recherchées. Sa taille est à peu près celle du Daim; mais il a le corps plus épais et plus fort, et les pieds plus courts que ceux de cet animal. Le mâle est plus grand et plus robuste que la femelle. La tête ressemble à celle du Mouton ordinaire, mais les oreilles sont plus courtes. Les cornes sont, chez le mâle, assez semblables à celles du Bélier, mais plus élevées, très-grandes, comprimées et triangulaires, très-rugueuses et dirigées en dehors : elles sont, chez les vieux individus, très-épaisses et trèsrobustes, surtout à leur base. La face supérieure est assez étroite et légèrement convexe; elle ne se montre plus sur la corne, vers la pointe qui est très-comprimée et convexe en dessus; la face interne est un peu creusée dans sa longueur dès la base ; enfin l'externe, à peu près plane ou même un peu convexe vers la base, devient ensuite peu à peu concave. L'angle supérieur interne est le moins saillant de tous; l'exlerne est aussi assez mousse, surtout chez les individus bien adultes ; le postérieur, arrondi à la base, devient tranchant vers l'extrémité. Les rides sont assez irrégulières. La femelle adulte a des cornes plus élevées et moins divergentes qu'elles ne le sont ordinairement chez les Brebis domestiques où elles se trouvent exister; elles sont comprimées, falciformes, rugueuses, planes sur leur face interne, convexes sur l'externe, arrondies supérieurement (ce qui tient à ce que l'angle supérieur est à peine sensible) et tranchantes dans leur concavité; l'exliémité, lisse et aplatie, est tournée en dehors. C'est au troisième mois après la naissance que les cornes commencent à paraître, soit chez le jeune mâle, soit chez la jeune femelle ; elles sont alors presque demiovales, très-peu pointues, et de couleur noire. L'Argali

a la ([iieiie Irès-courtc et mie en dessous; caraclères qui se retrouvent également chez le Mouflon. En hiver il est généralement d'un gris fauve, avec la ligne dorsale rouss;Ure, le museau et la gorge blanchâtres, les parties internes et inférieures des membres et le ventre blancs, et les fesses d'un fauve clair; en été, son pelage est généralement plus roux, mais la tache des fesses ne varie pas. Les poils, très courts et lisses, ressemblent assez à ceux du Cerf. L'Arga1iest,con)metous les autres Mouflons, remarquable par une légèreté et par une rapidité de saut dont il est difficile de se faire idée.

MonTON MoDFLON d'Amériqbe. Ovis montana, Geoff. S'-Hilaire. Cette espèce qu'il ne faut pas confondre avec VOvls montana du zoologiste américain Ord {y. Chèvre), a été découverte, vers le commencement de ce siècle, par le voyageur anglais Gillevray, et décrite et figurée en France, peu de temps après, par Geoffroy Saint-Hilaire, d'après un dessin et des notes qui lui avaient été envoyés de New-York. Le Mouflon d'Amérique est fort remarquable par les formes sveltes de son corps et par ses longues jambes; il a la tête courte et le chanfrein presque droit ; sa bouche est exactement celle de la Brebis : les cornes, chez le mâle, sont grandes et larges, ramenées au-devant des yeux, en décrivant à peu près un tour de spirale; elles sont comprimées comme chez le Bélier domestique, et leur surface est de même transversalement striée; celles de la femelle sont beaucoup plus petites et sans courbure sensible. Le poil court, roide, grossier et comme desséché, est généralement d'un brun marron ; mais les fesses sont blanchâtres, le museau et le chanfrein sont blancs, les joues d'un marron clair; la queue, très-courte comme chez tous les Mouflons, est noire. Un des individus tués par Gillevray avait, suivant les mesures prises par ce voyageur, cinq pieds (anglais) de long; les cornes, mesurées en ligne droite, avaient trois pieds six pouces, les jambes trois pieds neuf pouces, et la queue quatre pouces. C'est dans le voisinage de l'Elk, vers le cinquantième degré de latitude nord, et le cent quinzième de longitude ouest, que le Mouflon d'Amérique a élé découvert par Gillevray : les peuplades de sauvages les moins éloignées des lieux qu'il habile, sont les Crées ou les Kinstianeaux, chez lesquels il est appelé My-Attic (c'est-à-dire Cerf bàlard) ; mais il est connu aussi des Canadiens sous le nom de Bélier de montagne, nom que Geoffroy Saint-Hilaire lui a conservé. Tels sont, d'après Geoffroy, les principaux caractères du Mouflon d'Amérique; voici quelques autres détails empruntés à la Faune américaine de Richard Harlan , ouvrage qui a déjà été plusieurs fols cité dans ce Dictionnaire. Les cornes du mâle, triangulaires surtout à la base, sont très-grandes et trèsfortes ; elles naissent près des yeux et se dirigent en arrière; mais elles se recourbent ensuite en avant, et ont leurs pointes tournées un peu en haut et en dehors ; elles sont profondément ridées dans la première moitié de leur longueur, mais plus lisses dans leur dernière portion ; leur face antérieure est la plus large. Les cornes de la femelle, plus grêles que celles du mâle, comprimées, presque droites, et presque sans

sillons, ressemblent beaucoup à celles du Bouc domestique. Le col a quel(|ues plis pendants, et la queue est très-courte. Le pelage d'été est généralement d'un gris fauve, avec une ligne jaunâtre ou roussàtre sur le dos, et une large tache de la même couleur sur les fesses; la face interne des membres et le ventre sont d'un roussâlre clair, ou plutôt même d'un blanc sale. En hiver le pelage est plus roussàtre en dessus, et le museau, le ventre et la gorge sont blanchâtres; la tache des fesses existe d'ailleurs dans toutes les saisons. Ces animaux vivent, selon Harlan, par troupe de vingt ou trente individus. Us habitent principalement les montagnes rocheuses de diverses chaînes du nord-ouest de l'Amérique : on les trouve aussi dans la Californie.

MoDTon MocFioN A MANCHETTES. GcofF. S'-Hil., Ovis ornata. 11 est uniformément d'un beau fauve Roussàtre, et se rapproche ainsi par sa couleur générale du Mouflon ordinaire; néanmoins la nuance en est jilus éclaircie que chez celui-ci, parce que les poils fauves ne sont pas mêlés de poils noirs, et que, tout au contraire, leur pointe est blanche; ce qui donne même au pelage un aspect tiqueté, lorsqu'on l'examine de près. La couleur que l'on vient d'Indiquer est celle de la têle, du corps et des membres presque entiers: cependant le devant des canons et la ligne dorsale ont une teinte brunâtre, et l'on remarque entre les deux jambes, sur la ligne médiane, une tache noire longitudinale; enfin le dessous du corps et les régions internes et inférieures des membres sont de couleur blanche, comme chez le Mouflon ordinaire, toutefois avec cette différence que la portion blanche du corps a beaucoup moins d'étendue que chez celui-ci. Mais ce qui rend cette espèce très-singulière, et ce qui lui a valu le nom de .Mouflon à manchettes , ce sont les longs poils qui garnissent les parties antérieures de son corps et de ses membres. Des poils, de six à sept pouces, naissent depuis le tiers inférieur de la jambe jusqu'au canon, sur les faces antérieure, postérieure et externe de la jambe, et tombent jusqu'au milieu du canon en formant ainsi une parure fort remarquable. En outre, vers l'angle de la mâchoire, il naît de chaque côté une touffe de poils longs de deux, trois ou quatre pouces; et un peu au-dessous commence une bande de poils placée sur la ligne médiane, et qui se continue jusqu'au tiers inférieur du col, où elle se bifurque en deux lignes qui vont se terminer vers l'articulation de la cuisse avec la jambe. Ces poils ont un peu avant la bifurcation jusqu'à un pied ou treize pouces de long; mais, vers le haut du col et vers l'épaule, ils sont beaucoup plus courts et n'ont qu'un demi-pied environ. Leur couleur est généralement celle du corps : seulement ceux qui avoisinent la partie interne de la jambe et du canon sont brunâtres ; et on remarque aussi une ligne de cette couleur sur ceux de la partie antérieure du col. Cet animal, dont la taille est d'un cinquième plus considérable que celle du Mouflon, a la queue longue de sept pouces et terminée par un pinceau de poils. Les cornes paraissent assez petites, eu égard au volume de l'animal, et chez l'individu que possède le ]\luséum, elles ne sont pas plus I grandes que celles du Mouflon, quoii|u'il soit mâle, et

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(lu'il paraisse liitn adulte : elles présenicnt d'iulUiirs des caraclères pailiculiers que l'on ne doit pas omel- Ire ici ; leur forme les rend Irês-différenles de celles du Mouflon, el leur base est plutôt quadranf;ulaire que triangulaire; elles n'ont aucune arête saillante, surtout vers la base; et l'extrémité qui est dirigée en dedans, n'a presque aucune largeur (au contraire de ce qui a lieu cliez les autres espèces), et forme véritablement une pointe, dans le sens que l'on attache ordinairement à ce mot. Les rides sont trés-peu prononcées, si ce iVesl près de la base, et l'exlrémité est même presque entièrement lisse. Les deux cornes sont, comme chez les autres l\Iouflons, très-rapprochées sur le front, et il est même un point où elles sont presque contiguês: l'angle qu'elles comprennent entreelles est beaucoup plus aigu que chez le Mouflon ordinaiie : il n'est guère que de soixante degrés environ. Fiifîn elles sont aussi larges à la hase que dans celle espèce; mais leur circonférence est plus grande, à cause de l'augmentation de surface qui lésulte de leur forme quadrangulaire. Ce bel animal, rapporté d'Egypte par Geoffroy Saint- Hilaire, porte dans quelques descriptions le nom de Mouflon d'Afrique.

MoDTON BARBU [beciided Slieep), Penn.. Quad. Il a été réuni par Cuvier et par Desmarest, sous le nom d'Otis Tragelaphus, avec le Mouflon à manchettes; il a en effet des rapports assez intimes avec lui. comme on jieul lavoir parla description suivante empruntée à Pennant : o Mouton ayant les poils de la région inférieure des joues et de la mâchoire supérieure, extrêmement longs, formant une barbe divisée ou double; les i)oils du côté du corps courts; ceux du dessus du col plus longs et un peu redressés; tout le dessous du col et les épaules couverts de poils grossiers qui n'ont pas moins de quatre pouces; une véritable laine très-courte à la base des poils; la poitrine, le col, le dos et les flancs, d'une couleur ferrugineuse pâle; la queue très-courte; les cornes contiguês à leur base, recourbées, longues de vingtcinq pouces, divergentes, dirigées en dehors et écartées l'une de l'autre de neuf pouces environ à leurs pointes: leur circonférence dans l'endroit le plus renflé est de onze pouces. » Cette description malheureusement trop incomplète pour permettre de prononcer sur l'identité spécifique du Mouflon à manchettes et du Mouton barbu, a été reproduite par Shaw dans sa Zoologie générale; mais, suivant ce dernier naturaliste, elle ne se rapporterait qu'à une simple variété de l'Argali, el non pas à une espèce distincte, opinion qui n'a au reste aucun fondement réel. Desmarest assigne pour patrie au Mouton barbu les lieux déserts et escarpés de la Barbarie : en effet Pennant remarque qu'une assez bonne description de cet animal avait déjà été donnée avant lui par le docteur Caïus, d'après un individu envoyé à Londres, en 1301, de cette partie de l'Afrique.

Telles sont les espèces de Moutons sauvages décrites jusqu'à ce jour : on voit qu'elles sont au nombre de cinq dans l'état présent de la science; mais que quelques-unes n'étant, suivant plusieurs auteurs, que des espèces nominales, ce nombre devra peut-être se réduire à quatre ou même à trois.

Pour terminer l'arlicle il reste à dire quelques mots

des races domestiques de Moutons. La plupart d'entre elles, quoique leur organisation intérieure suit pres(iue identique avec celle des Mouflons, semblent au premier coup d'oeil s'éloigner considérablement de ces animaux, et appartenir à un genre tout différent ; en effet presque tous les caraclères extérieurs des espèces sauvages, c'est-à-dire ceux qui frappent les premiers l'attention de l'observateur, ont disparu dans les races domestiques. Ces formes svelles et si gracieuses, celle rapidité, celte légèreté de mouvements, qui caractérisent les premières, ont fait place, chez celles-ci, à des formes plus ou moins lourdes, à une lenteur, et, si l'on peut s'exprimer ainsi, à une indolence, qui sont presque devenues ])roverbiales : en outre, ce poil rude et cassant dont l'aspect a fait si souvent comparer les Mouflons aux Daims et aux Chevreuils, est changé en celte laine moelleuse, dont l'industrie humaine a su tellement varier et multiplier les usages. Cette dernière modification a surtout semblé bien remarquable, et il n'en pouvait être autrement, puisqu'elle suffisait seule pour changer entièrement la physionomie de l'animal. Aussi les naturalisles ont-ils de bonne heure tenté de l'exidiquer; et leurs recherches ont donné ce résultat, qu'il n'y a point là, comme on aurait presque été tenlé de le croire, une sorte de métamoiphose ou même de créalion nouvelle; mais un développement de ces poils laineux qu'on sait ( y. MAjiaiFÈREs) exister chez tous les Mammifères des pays froids, et i[in se trouvent même avoir déjà chez les Mouflons, une forme el une disposition analogues à celles de la laine des Moulons domestiques. Mais comment et par quelles causes s'esl opéré ce changement des poils laineux en une véritable laine? comment s'est opérée la disparition des poils soyeux, que l'on observe en même temps? La simultanéité de ces deux effets s'explique bien, il est vrai, par la loi du balancement des organes; mais dans l'état présent de la science, il est encore impossible de se rendre compte d'une manière satisfaisante des causes qui ont dû produire ici le balancement organique luimême, c'est-à-dire qui ont pu amener, ou l'atrophie des poils soyeux au profit des laineux, ou l'hypertrophie de ceux-ci aux dépens des premiers. Au reste la nature du pelage n'a point subi celte modification dans toutes les races domestiques ; et l'on verra que quelques-unes d'entre elles ont, sous ce rapport, conservé les caraclères du type primitif, le Mouflon.

C'est en effet à cette dernière espèce, que la plupart des naturalistes ont coutume de rapporter, comme variétés, tous les Moutons domestiques; mais on n'a d'ailleuis aucune certilude sur leur véritable origine; ce qui dépend principalement du peu de notions exactes que l'on possède encore sur la plupart des Mouflons, el des rapports intimes qui lient les unes aux autres toutes les espèces du genre. Aussi, quoique l'opinion que l'on vient de rapporter comme celle de la majeure partie des naturalistes, soit la plus probable, il n'est pas impossible qu'on doive plus lard revenir aux idées de ceux qui regardent l'espèce asiatique comme la souche de loules les races domestiques, ou du moins comme celle de quelques unes d'entre elles. Quoi qu'il en soil. et sans enlieprendre la discussion de cette iniporlanle

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question, on se conlenlera ici il'inilitiuer les caractères les plus l'emarquables des principales variétés.

Mouton Morvan. BufF., Ocis Guinee>isis,Vm.;\\ est connu aussi sous les noms de Bélier des Indes et de Mouton aux longues jambes; c'est aussi de cette variété que paraissent se rapprocher VOeis Africana et X'Ocis JEthiopica de quelques auteurs. Cet animal, chez lequel les poils soyeux recouvrent et cachent entièrement les laineux, et qui se rapproche beaucoup ainsi des Mouflons, se distingue principalement par la longueur de ses membres, et par la forme arquée de son chanfrein. La queue, longue et grêle, descend ordinairement jusqu'aux jarrets. Les poils des parties supérieures et inférieures du col sont ordinairement trèslongs; et l'on remarque souvent aussi sous la gorge, des pendel0(|ues couvertes de poils et assez allongées. Les cornes, qui sont ordinairement petites, et qui reviennent vers l'œil, en formant un tour ou un demi-tour de spirale, manquent fréquemment. La couleur du pelage est aussi très-variable : on voit des individus bruns, d'autres blancs, d'autres noirs, d'autres d'un roux plus ou moins vif, et d'autres enfin variés de ces couleurs. Suivant les observations de Fr. Cuvier, cette race féconde toutes les autres, et peut aussi réciproquement être fécondée par toutes. La synonymie de cette variété indique suffisamment sa patrie; il faut ajouter qu'elle a été naturalisée en Europe par les Hollandais.

MoïTOK A LARGE jjcECE. Ocis Ititicaudalci, L. 11 se distingue par la forme de sa queue, longue, et renflée sur les cotés, par une accumulation de graisse dans le tissu cellulaire. Celte modification très-singulière, et qu'on n'a jamais observée que chez les Moutons, est, suivant Buffon, l'effet d'une grande abondance de nourriture. La loupe ainsi produite n'est ((uelquefois qu'un renflement peu considérable ; mais chez certains individus, elle devient si volumineuse que son poids finit par les gêner, et qu'on est même obligé, ainsi que l'ont assuré des voyageurs digues de foi, de recourir à divers moyens pour les soulager, .\insi il n'est pas très-rare de voir, dans certains cantons de l'Afrique orientale, des individus de cette race, attelés à une sorte de brouette qui n'a d'autre objet que de fournir un support à leur énorme queue. Ces variations remarquables dans le volume du prolongement caudal, et quelques différences dans la nature du pelage, dans les cornes et les oreilles, ont fait subdiviser celte variété en plusieurs sous-variétés. Les plus remarquables sont : 1û VOvis Steatopytja de Pallas, qui n'a que très-peu de vertèbres dans le tronçon de la queue, et dont la loupe graisseuse est composée de deux masses plus ou moins arrondies, réunies à leur partie supérieure -. elle habite la Perse, la Chine et la Russie méridionale; 2" le Mouton à grosse queue, chez lequel le prolongement caudal est très allongé, et en même temps plus large que le corps dans ses deux tiers supérieurs : on le trouve dans la Haule-Égypte ; ô" il existe aussi dans cette même contrée une autre sousvariélé qui a beaucoup de rapports avec VOvis Slealopyga, et à laquelle on pourrait donner le nom à^Ocis ecaudata, pour rappeler l'état tout à fait rudimentaire de son prolongement caudal. Elle se distingue au pre-

mier coup d'oeil par un renflement très-large, mais très-peu saillant, qui couvre les fesses, et au sommet duquel se voit la queue sous la forme d'un petit appendice extrêmementgrèle et à peine long de deuxpouces. Ce renflement adipeux représente avec assez d'exactitude ces renflements d'une toute autre nature que produit, dans la saison du rut, le développement du tissu éreclile des fesses chez les Cynocéphales et chez quelques Macaques. Ce Mouton est remarquable aussi par son poil soyeux, court et rude : il est entièrement blanc, avec la tète et le col noirs. C'est aussi à la même variété c|ue Desmarest ra|)porte le MoDTo^ d'Astracan, dont la queue présente en eff^et à sa base un renflement de grosseur variable ; il s'éloigne d'ailleurs des races précédentes à plusieurs égards. Il est couvert d'une laine longue mais Irès-grossière, et manque très-fréquemment de cornes. C'est le jeune de cette variété qui donne cette laine si connue sous le nom de laine d'Jstiacan : il est en naissant revêtu d'une fourrure composée d'un mélange de poils blancs et de poils noirs, réunis en petites mèches très-frisées, d'où résulte, pour l'ensemble du pelage, une couleur grise d'une nuance assez agréable à l'œil. Une autre considération plus importante aux yeux du naturaliste, c'est qu'on retrouve encore chez les Moutons d'Astracan, et surtout chez les jeunes individus, des poils soyeux au milieu de la laine : ces poils, qui ont même conservé les principaux caractères qui les distinguent dans le type sauvage, et qui sont les plus longs de tous comme dans l'état primitif, se trouvent d'ailleurs exister en assez petit nombre pour être aperçus seulement de ceux qui cherchent à les rencontrer.

Mouton de Valacbie. Oois Strepsiceros, L.; le Bélier et la Brebis de Valacbie, Bufî. Il se distingue par sa laine très-abondante et très-longue, et par ses longues cornes en spirale, dirigées en haut, et ressemblant ainsi (surtout chez le mâle) à celles de l'Antilope Condoma. Cette variété, dont la taille surpasse un peu celle des Brebis ordinaires, est commune dans la Valacbie el dans la Hongrie.

Mouton d'Islande. Ovis polycerata, L.; Ovis gothlandicà, Pall., Spic. Zool.; le Bélier et la Brebis d'Islande, et la Brebis à plusieurs cornes, Bulf. Cette race est très-remarquable par les variations que présente le nombre de ses cornes; quelques individus n'en ont que deux, comme les Mouflons, el comme les Moulons ordinaires; mais d'autres en ont trois, quatre, el quelquefois jusqu'à huit; elle présente aussi des caractères particuliers dans la nature de son pelage formé de trois sortes de poils, dans sa queue courte et dans sa couleur qui est ordinairement d'un brun roussàtre; elle est répandue dans l'Islande, les îles Féroë, la Norwège et le Golhiand.

Mouton ordinaire. Userait superflu de décrire cette variété el ses nombreuses sous-variétés ou races; on en trouvera le tableau presifue complet dans le Traité des Bêtes ù laine, de Carlier.

Mouton Mérinos. Ovis Hispanica, L. Il se distingue par ses cornes très-grosses, très-fortes, et formant une spirale régulière, sur les côtés de la tête; sa laine, contournée en manière de tire bouchon, est remar-

quable par sa finesse et son moelleux ; sa couleur est ordinairement le blanc sale. Cette race, qui passe pour la plus précieuse de toutes, est répandue dans l'Espagne, mais on croit qu'elle est originaire de Barbarie : chacun sait qu'elle est aujourd'lmi naturalisée en France, et que de son croisement avec les Moutons résultent un grand nombre de variétés dont les laines sont fort estimées.

Uovtoji MiGiMS.Ovi's anglica, Desm. Il se rapproche beaucoup du Mérinos, dont il paraît en effet tirer son origine. Il est caractérisé par l'absence des cornes, par la finesse de sa laine et par la longueur de sa queue. On distingue plusieurs sous-variétés de même que chez le Mouton ordinaire : celle du Sussex a la laine courte, mais d'une extrême (inesse : d'autres présentent les qualités inverses.

MOUTON DU CAP. OIS. Synonyme vulgaire d'Albatros, l^. ce mot.

MOUTOUCHI. BOT. Sous le nom de Montouchi subeiosa, Aulilet (Plantes de la Guiane,2, p.7-48, t. 299) a décrit et figuré un arbre de la Guiane, qui a été réuni par Persoon au genre Pterocaipiis de Linné. En adoptant cette réunion, le professeur De Candolle {ProUr. Syst. yeget., 2, p. 418) a constitué sous le nom de Moutouchia une section du genre Pterocarpus, qui renferme, outre l'espèce ci-dessus désignée, le Pterocarpus Draco, L., et une nouvelle espèce du Mexique, nommée Pterocarpus crispalns. ^. Ptérocarpe.

MOVILANDIA. bot. Genre proposé par Necker qui l'a formé aux dépens du genre Ctiffortia.

MOVIN. MOLL. Adanson (Voyage au Sénég.. p. 24G, pi. 18) a nommé ainsi une coquille du genre Bucarde. MOYA. MIN. Tuf argileux volcanique.

MOZAN. BOT. Pour Mocan. K. Mocanère.

MOZINNE. Moztnna. bot. Genre de la famille des Eupborbiacées, et de la Diœcie Monadelphie, L., établi sous ce nom par Ortéga dans ses Décades (page 105, tab. 15); mais que Cavanilles, sous celui de Loureira, a voulu consacrer à l'auteur de la Flore de la Cochinchine. /''. Loureire.

MUCÉDINÉES. BOT. On a trouvé à l'article Champignons les caractères comparatifs de celte famille et des autres familles comprises autrefois sous le nom commun de Champignons, et qui forment nécessairement autant de groupes distincts, analogues à ceux qu'on a établis parmi les Algues. Celui des Mucédinées est un des plus curieux et l'un de ceux qui mériteraient le plus de fixer l'attention d'un observateur judicieux, mais malheureusement les plantes qui le composent n'ont presque été étudiées que sous le rapport de leurs caractères génériques et spécifiques, et leur structure interne, leur développement et leur mode de reproduction n'ont été examinés que superficiellement. Cependantaucune tribu, dans la Cryptogamie, ne mérite plus d'être observée avec soin, car ces végétaux, comme les Conferves, offrent pour ainsi dire les éléments qui entrent dans la comiiosition des végétaux plus parfaits, isolés et disséqués par la nature.

Comme les Conferves, les Mucédinées se présentent sous la forme de tubes plus ou moins allongés, simples ou rameux, continus ou divisés en plusieurs loges par

des cloisons transversales. Ces filaments se développent à la surface de corps de nature très -diverse, le plus souvent sur des substances organiques qui commencent à se décomposer, sur les bois et les feuilles qui se pourrissent, sur les matières fermenlescibles, quelquefois sur les pierres humides ; enfin un petit nombre de genres croissent sur les feuilles vivantes. Leur mode d'adhésion sur ces corps et la manière dont elles s'y développent, ne sont pas encore parfaitement connus; leur organisation assez compliquée, l'identité des espèces qui croissent sur des substances souvent fort différentes, ne permettent guère d'admettre pour ces végétaux la génération spontanée, et presque tous les auteurs sont d'accord pour attribuer leur production à des séminules très -fines, de plantes semblables qui, portées par l'air, se développent lorsqu'elles ont été déposées sur une substance propre à favoriser leur croissance ; d'ailleurs l'existence de ces séminules est une chose bien certaine ainsi qu'on le verra plus tard. Mais ces petits végétaux, se développant ainsi sur des substances diverses, puisent-ils, au moyen de radicelles, leur nourriture dans le sein même de ces substances, ou ne se nourrissent- ils qu'au moyen de l'atmosphère qui les environne? Les moisissures ne paraissent pas, comme d'autres Cryptogames, se développer indifféremment sur des substances très-diverses, et plusieurs, au contraire, ne croissent que sur certains corps, ce qui prouve que ces matières concourent à leur nutrition. Cependant dans la plupart des cas on ne voit presque aucuns filaments radicellaires pénétrer dans l'intérieur de ces substances, et l'influence des matières sur lesquelles elles croissent, paraîtrait avoir lieu surtout en modifiant la nature de l'atmosphère dans laquelle ces petites Cryptogames végètent, ce qui expliquerait pourquoi elles ne se développent que sur les substances qui commencent à se décomposer, et qui par conséquent donnent continuellement naissance à des gaz différents suivant la nature de ces substances. Ces plantes, malgré l'affection qu'elles montrent pour certains corps, se trouveraient ainsi dans le même cas que la plupart des Cryptogames sans feuilles, qui paraissent se nourrir presque uniquement par l'absorption des gaz ou des liquides dans lesquels elles végètent, et non pas par la succion de leurs racines qui ne semblent destinées qu'à les fixer. Les filaments qui composent entièrement à eux seuls ces végétaux, s'élant ainsi développés, acquièrent presque toujours, en peu de temps, leur accroissement complet ; leur forme varie alors suivant qu'ils sont droits ou couchés, simples ou rameux, enfin suivant la manière dont se forment les séminules qui doivent les reproduire. Dans l'origine, ces séminules semblent toujours prendre naissance dans l'intérieur même des tubes; mais plus tard on les trouve éparses à la surface, souvent libres et sans aucune connexion avec les filaments auxquels elles sont entremêlées; cette disposition est due à divers changements qui s'opèrent dans la plante pendant le développement des séminules, et il est probable que lorsqu'on suivra, avec attention, leur mode de formation, on verra que les séminules sont toujours d'abord renfermées dans l'intérieur des filaments. En passant

en revue les divers groupes que renferment les Mncédinées, va se prc'senter l'occasion de faire connaître la disposition des séminules dans les genres qu'ils renferment et la manière dont elles paraissent se former.

Dans les deux premières tribus, celle des Phvliériées et celle des Mbcorées, les séminules sont évidemment contenues dans l'intérieur des luhes; dans les dernières surtout on voit les filaments transparents et cloisonnés qui les composent se renfler à leur exlrémilé, de sorte que la dernière cellule forme une vésicule ordinairement sphérique. Cette vésicule est d'abord remplie d'un liquide laiteux, qui bientôt devient grumeleux et forme les séminules, ou dans lequel du moins les séminules se développent à peu près comme les granules qui remplissent les grains de pollen, se forment ou se déposent dans les cellules qui remplissent les loges de l'anthère. Les séminules sont parfaitement libres dans l'intérieur de ces vésicules, aucun filament ne les fait communiquer avec les parois de ces tubes; bientôt la vésicule membraneuse qui les renferme se rompt, et les sporules se répandent au dehors; dans ce cas les sporules, ainsi échappées de l'intérieur de la vésicule, sont évidemment nues; aucune partie de la plante qui les a produites ne les recouvre. Outre la vésicule terminale, dont on vient de décrire le développement, il existe dans quelques genres de la même tribu, tels que les Thammidium , Tlielactis, etc., des filaments secondaires, beaucoup plus petits que le filament principal, qui porte la vésicule ; ces filaments se renflent également à leur extrémité; mais au lieu de former une grosse vessie arrondie, ils ne présentent qu'un petit renflement qui ne paraît contenir qu'une seule sporule.On dirait, dans ce cas, que toute la force végétative «'étant portée sur le filament principal, les filaments latéraux n'ont pu recevoir qu'un développementbcaucoup moins considérable : cette disposition est, sous quelques rapports, analogue à ce qui a lieu dans les inflorescences à Heur lerminale dans lesquelles celle-ci se développe toujours avant les fleurs latérales. Le même mode de formation des sporules que l'on vient de remarquer dans les rameaux latéraux de quelques Mucorées, a lieu sur tous les rameaux de beaucoup de genres de vraies Mucédinées , tels que les genres Jcremoiiiitm, Ferticillium, etc., dans lesquels les rameaux se renflent au sommet, et forment une petite vésicule qui ne paraît renfermer qu'une seule sporule, et qui se détache plus tard des filaments principaux, en entraînant avec elle la partie du tube dans laquelle elle s'est formée et qui lui sert de tégument. C'est ainsi que dans les piaules phanérogames, lorsque l'ovaire est monosperme, il est le plus souvent indéhiscent, et le péricarpe enveloppe la graine, même après qu'elle est détachée de la plante mère. Le mode de formation des sporules, indiqué dans les genres Acreiiwnium et yerticillium, existe aussi probablementdans plusieurs autres, tels que les Fusisporium, E/Jochn/iiin, Cladobotrxum , dans lesquels cependant on n'a pas vu aussi bien ce développement, mais dont les sporules sont probablement recouvertes par la membrane des filaments, et seraient par conséquent des sporidies (en réservant ce nom aux corps reproducteurs qui sont

contenus dans une membrane dépendanle de la plante mère) renfermant une ou plusieurs sporules. Dans d'autres genres ce n'est pas seulement le dernier article des filaments qui se renfle et renferme les sporules; mais chaque article ou du moins tous ceux qui sont vers les extrémités des filaments se renflent légèrement, s'arrondissent, et le filament prend l'aspect moniliforme; il se développe une sporule dans chacun de ces articles qui bientôt se séparent et forment aulant de sporules distinctes recouvertes par la membrane qui composait le filament. Ce mode de formation des sporules s'observe dans les genres Oideum, Acrosporium, Geotrichum; il est probable qu'il existe également dans beaucoup de genres où on a seulement vu des sporules nues et éparses à la surface des filaments, sans qu'on ait pu éludier le mode de développement; dans un petit nombre de genres de cette famille, ce ne sont point des articles simples qui se détachent pour former les sporidies, mais de petits rameaux cloisonnés et renflés, dont chaque loge renferme probablement une ou plusieurs sporules. On observe très clairement celle slruclure dans le genre Dactylium; Il est probable que la même chose a lieu dans les genres à sporidies biloculaires, tels que les genres Scolicliotricliiim et 7'richothcciitm. Enfin dans quelques genres où les sporules sont beaucoup plus petites que les filaments, efsont en général réunies au sommet des rameaux, il paraîtrait que ces sporules sont sorties de l'intérieur des filaments comme celles des Mucorées; ces plantes ne différeraient de celles de celle tribu, qu'en ce que les filaments ne se renflent pas au sommet, et n'ont pas encore offert aussi distinctem'ent les sporules dans leur intérieur; tels sont les genres Aspenjillus , Botiylis, etc. Ces différences dans le mode d'e développement et de dissémination des sporules, auraient pu certainement fournir de très-bons caractères pour subdiviser le groupe nombreux des vraies Mucédinées; mais malheureusement on manque encore d'observations suffisantes à cet égard pour pouvoir se servir de ces caractères, et dans le tableau des genres qui fait partie de cet article, on a suivi en grande partie la division de iVées d'Esenbeck, qui est fondée uniquement sur un caractère réellement très-peu important, mais qui, d'accord avec le port général de ces petits végétaux, fournit des groupes assez naturels.

Dans la tribu des Byssacées, les filaments sont généralement plus forts, plus solides, persistanls, opaques ou peu transparents, et le plus souvent non cloisonnés. Dans un grand nombre de genres qui font partie de cette tribu, on n'a jamais observé de sporules, soit que quelques-uns de ces genres ne soient que des ébauches imparfailes d'autres Champignons, comme on l'a présumé pour les genres Byssus, Hiinantia, Demaliuin, liacodium, Ozonium, soit qu'on ne les ait pas observées avec assez de suite et d'attention, soit enfin que leurs sporules ne sortent des filaments qui consliluent ces plantes que par suite de leur décomposition. Dans plusieurs des genres de celte tribu, on observe cependant des sporules; tantôt ces sporules sont petites, globuleuses, et paraissent sorties de l'intérieur des filaments; lanlôl elles sont renfermées dans des sporidies

tiaiisiiaieiiles, cloisonnées, lesseniblanl beaiicoiip à celles de ceilaines Uréilinées, et qui ne paraissent être que des rameaux différemment développés et renfernianl les sporules. Un dernier firoupe de celle tribu présente une structure analogue à celle des genres Jcrosjwiium, Oitleum, etc., de la tribu précédenle; les filaments moniliformes se séparent par articles qui forment autant desporidics, c'est ce qu'on observe dans les genres Tonila, Monilia, ylllernaiia, etc., mais dans ces plantes chacune de ces sporidies paraîtrait renfermer plusieurs sporules.

La dernière tribu des Mucédinées forme le passage de cette famille à celle des Lyco|)erdacées d'une part, cl à celle des vrais Cliampignons de l'autre. Jusqu'ù présent on a toujours vu ces Cryptogames formées de filaments simples ou ranieux, mais toujours libres et non réunis enlre eux : dans quelques genres seulement, tels que les liacodium , ils sont Irèsentrccroisés, mais sans être soudés en une masse régulière. Dans les Isariées qui forment la dernière tribu de la famille des iUucédinées, les filaments, analogues du reste à c«ux des autres genres de la même famille, sont réunis soit en membrane, soit en un capitule arrondi, simple ou rameux. sessile ou porté sur un pédicule également formé par des filaments entrecroisés. Ces filaments soudés plus ou moins complètement deviennent en général libres vers la périphérie, et sont couverts (le sporules libres, ti es fines ou i)eut-ètre de sporidies très-petites; car on n'a jamais suivi leur développement, et on n'a pas déterminé si elles sont d'abord fi.\ées aux filaments, ou si elles sont sorties de leur intérieur. Ce dernier groupe des Mucédinées se lie donc d'une part aux Lycoperdacées dont il ne diffère ([u'en ce que les filaments se dirigent en divergeant, de manière que les sporules sont éparses à la surface extérieure, tandis que, dans les Lycoperdacées, les filaments extérieurs sont stériles et forment le péridium, et enveloppent les filaments intérieurs et les sporules que ces filaments supportent; d'un autre côté, les Isariées se rapprochent des Champignons anomaux ou trémelloïdes (jui sont privés de thèques; ces Champignons dans les- >|uels les sporules se trouvent éparses à la surface ou immédiatement sous l'épiderme, ne diffèrent de quel- (jnes-uns des genres du groupe des Isariées, que par l'absence complète de toute structure fibreuse.

Voici en peu de mots le caractère de la famille, et le tableau méthodique des genres qu'elle renferme.

MucÉDiivÉES. Muccdines , Link; Hyphomycetes, Fries; Nemalomycetes, Tiiihotiiyci, Pers. Sporules simples, nues, portées sur des filaments simples ou rameux, continus ou cloisonnés, quelquefois renfermés dans leur intérieur et formant des sporidies monospermes ou rarement polysporées.

I. Phvli.ëriées. Filaments simples, continus, renfermant les sporules dans leur intérieur, naissant sur les feuilles vivantes.

Ta/ihiia, Fries; Eiineum, Fries; Rubigo, Fries; PUylleniim, Fries; Cronartiiim, Fries.

II. MucoRÉES. Filaments transparents, cloisonnés, fugaces, se renflant à l'extrémité en une vésicule membraneuse, qui renferme les sporules.

Pilobolus, l'ers.; DUimphora, Mari.; DUtymocvater, Tilait.; Mucor, l\Hk{Miico>ei lihizopus, Ehicnb.); Ascophoia, Tode; Thelactis, Mari.; Tlmmniiliiim, Link; AsperijiUus (Aspergillus et Polyaclis, Link); Zyzygiles, Ehrenb.; Eurotium, Link.

m. Mucédinées vr\ies. Filaments distincts ou lâchement entrecroisés, transparents, fugaces, souvent cloisonnés; sporules renfermées dans les derniers articles des filaments qui se sé|iarenl ù la maturité ou libres à la surface.

^i.Botiylidées. Filaments dressés; sporidies ou sporules ordinairement réunies par groupes.

Jerophyton , Escbw.; Daclyliiitii, Nées; Penicitlitim, Link; Boliylis, Link; Clntlobotiyiim, Nées; Stachylidium, Link; yerlicil!ium,'fi6es; l^irgaria, Nées; Haplan'a, Link; Acladium, Link; Polythiincium, Kunze; Acrosporium, Nées {Alysidium, Kunze).

§ 2. Sporolrichées. Filaments décombants; sporidies ou sporules éparses.

Oidcnm, Link; Geotrichum, Link; Sporotrichum, Link (Aleurisma, CoUariiim, Sporotrichnm, Asporo- Irichum, Link); Byssocladiiiiii, Link; Fusisporium, Link; Arthrinium, Kunze; Scolicholrichum, Kunze; Tricholheciiim, Link; Sepedoniinn, Link; Mycogone, Link; Epochniiim, Link; Acienionium, Link.

IV. Btssacées. Filaments distincts, souvent très-en- Irecroisés, opaques, continus ou rarement cloisonnés; sporidies éparses à la surface des filaments ou formées par leurs articles.

§ 1. Chloridiées. Filaments continus ou rarement cloisonnés; sporidies éparses, extérieures.

Aclinocladiiim, Ehrenb.; Conuplea, Fers.; Chloridium, Link; Cumpsotiichum, Ehrenb.; Myxolrichum, Kunze (Oncidium, Nées); Circniotncbum, Nées; Helicosporium, Nées; Helmisporium , Link (/lelminthosporium, Vers.); Spondylocladium, Mart.

§ 2. Moniliées. Filaments ou rameaux moniliformes; articles se séparant et se disséminant sous forme de sporidies.

CUsosporitim? Fries ; Cladospoiium, Link; Toriita, Link; Monilia, Link (Monitia et llonniscium, Kunze); Alleniaria, Nées.

§ ô. Byssitiées. Filaments continus ou cloisonnés, généralement décombants et entrecroisés, dépourvus de sporidies extérieuies et ne se divisant pas par articles.

Ileliconiyces? Link; Herpotrichum, Fries; Byssus, Link {Hypba, Pers.; Ilypliasma. Vxebenl.)jUiiiiantia, Pers.; Dematium, Link; Racodiuvi, Link; Ainpbi- (ricbum,'fiies;Gliotncbum?t.sc\\w.;H(iploliichiuii? Eschw.; Ozoïiiiim, Link; Aciotamnium, Nées; Sarcopodium, Ehrenb.

V. Isariées. Filaments réunis et soudés entre eux d'une manière régulière et constante; sporules éparses à leur surface.

Albelia, Pers.; Hypochnus, Fries; Epicbysiiun, Tode; Dacryomyces, Nées; Ceratiutn, Alb. et Schw.; /sono, Pers.; Cotemium, Link; Periconia, Tode; Cephalolrichum, Link; Stiibum? Pers.; Tiiberciilaria? Pers.; Atractiitm? Link; Caliciuw? Pers.

MUCIDÉES. DOT. Pour Mucédinées. f. ce mot.

MUCILAGE. BOT. On (lésigiie ainsi la matière coinmeuse qu'on retire de la jjraine de Lin, de la racine de Guimauve, des bulbes de Liliacées, des semences de Coings, etc. C'est un état particulier de la Gomme ou plutôt une Gomme non élaborée, qui abonde dans toutes les parties des végétaux de certaines familles, comme, par exemple, celles des Malvacées, des Tiliacées, etc.

MUCILAGO. EOT. (Lycopenlacées.) Micbeli a donné ce nom à un genre dans lequel il réunissait plusieurs espèces de Lycoperdacées déliquescentes; son Mucilago œsliva, pi. 90, fig. 1, est le Reticularia Lycoperdon de Bulliard ou Stronfjilium de Link. Le Mucilago cnistacea alba, pi. 9G, fig. 2, parait être le Spimian'a Mucilago, de Persoon. Les autres espèces figurées sur la même planche comme appartenant également au genre Mucilago, s'éloignent beaucoup des deux précédentes. La figure 5 paraît un llimantia; les fig. A, 3, représentent deux espèces de Tricliiacées; les fig. 6, 7, 8, 9, sont indéterminables. Ce genre Mucilago a été adopté par quelques auteurs, tels que Haller, Gmelin, Adanson; mais les espèces qu'on y a rapportées se rangent ou dans le genre Spumaria ou dans les autres genres voisins de la tribu des Fuliginées.

MUCINE. Mucina. bot. Dénomination employée par Th. Saussure, en remplacement de celle de Gliadine ou Albumine végétale.

MUCIQUE. MIN. r. Acide.

MUCO. BOT. L'arbre que Lœfling (lier Hispanicum et Americanum) a cité sous ce nom, est remarquable par son fruit plus gros qu'un œuf d'Oie, acuminé, recouvert d'une écorce un peu épaisse, et rempli d'une chair blanche bonne à manger, dans laquelle sont nichées des graines oblongues et réniformes, à cotylédons plissés irrégulièrement. Quoique ces renseignements soient incomplets, Jussicu pense que le Muco pourrait bien être rapporté au Matisia de Humboldt et Bonpland qui a un fruit à peu près semblable. /^. Matisie.

WUCOR. BOT. y. MOISISSORE.

WUCOKÉES. BOT. Seconde tribu des Mucédinées. F. ce mot.

MUCOSO-SUCRÉ. EOT. Deyeux a donné ce nom à une sorte de sucre imparfait, qui n'a point la propriété de cristalliser. Cette matière existe dans un grand nombre de végétaux, et notamment dans les tiges du Maïs, avant la formation du grain.

MUCROINÉ. POIS. L'un des noms spécifiques donnés parLacépède à son Odonlognate. F. Clupe.

MUCRONÉ, MUCRONÉE. bot. Ce mot se dit d'une feuille ou de tout autreorgane plan, terminé brusquement à son sommet par une petite pointe, qui parait être la prolongation d'une nervure.

MUCRONEA. BOT. Genre de la famille des Polygonées, établi par Bentham, qui lui assigne pour caractères : involucre uniflore, tubuleux, comprimé, à deux dents aristées et d'inégale longueur; lleurs hermaphrodites, solitaires entre les involucreset subexsertes; périgone herbacé, à six divisions dont trois extérieures et plus grandes ; neuf étamines, insérées à la base du périgone; filaments filiformes, subulés et réunis à leur base; ovaire trigone. uniloculaire; styles très-courts et au

nombre de trois; stigmates capités; akène triangulaire. On ne connaît encore qu'une seule espèce de ce genre; c'est une petite plante annuelle, herbacée, haute de six à sept pouces et légèrement velue; les liges se divisent en rameaux dichotomes et divariqués; les feuilles inférieures sont péliolées, oblongolinéaires, courtemcnl engainantes à leur base, avec des bractées amplexicaules sous les fleurs vers les dichotomies; les fleurs sont stellato-trilobées, à lobes arrondis et aristulés au sommet; les involucres sont sessiles, presque verticillés. On la trouve en Californie.

MUCRONINE. Mucronina. moll. Dessalines d'Orbigny a proposé ce genre nouveau dans la classe des Mollusques céphalopodes, pour une coquille de la mer Adriali(iue, dont les loges déprimées, superposées, enchâssantes, forment un test conico-cylindrique, avec deux lames latérales et un prolongement terminal.

MUCU. POIS. Espèce du genre Trichiure. F. ce mot.

MUCUNA. BOT. Genre de la famille des Légumineuses et de la Diadelphie Décandrie, L., établi primitivement par Adanson et adopté par De Candolle qui l'a ainsi caractérisé ; calice à deux lèvres dont la supérieure large, entière et obtuse, parait formée de deux pièces soudées ensemble, et dont l'inférieure est à trois lobes pointus. Corolle dont l'étendard est ascendant, plus court que les ailes et la carène, et dépourvu de bosses calleuses; les ailes sont oblongues, la carène droite et pointue. Etamines diadelphes ; cinq d'entre elles ont des anthères oblongues, et les cinq autres alternes où les précédentes les ont ovales et velues. Légume oblong, toruleux, bivalve, divisé transversalement par des cloisons celluleuses. Graines arrondies, entourées par une cicatricule linéaire. Ce genre, réuni i>ar Linné aux Do/;'chos, est un exemple remaniuable de la confusion qui s'introduit dans la nomenclature, lorsqu'on ne s'astreint pas aux lois de la priorité. Loureiro le nommait Cilla, Ruiz et Pavon ainsi que Kunth Negretia, Persoon Slizolobium, Raddi Macroceratiiles, Roxburgh Carpopogon, etc. Dans son Histoire des Plantes de la Jamaïque, P. Browiie avait constitué à la vérité deux genres sous le nom de Slisolobium et de Zoophlalmuni, qui, réunis, sont identiques avec le Mucuna d'Adanson, établi un peu plus tard ; mais cette dernière dénomination a été donnée à un groupe mieux circonscrit que ceux de P. Browne, et d'ailleurs elle avait été employée anciennement par Marcgraaff pour désigner l'espèce principale.

Douze espèces de ce genre ont été décrites par De Candolle (Prodiom Syst. Feget., 2, p. 405), qui les a distribuées en deux sections auxquelles il a donné les noms de Stizolobium et Zoophtalmum, dont s'était servi P. Browne. Ce sont des herbes ou des arbustes très-longs et sarmenteux, à feuilles pinnées-trifoliées, à fleurs disposées en grappes axillaires, ordinairement pendantes. La plupart ont la gousse hérissée de poils nombreux et très fragiles, qui pénètrent dans la peau et excitent de vives démangeaisons. Tels sont les Mucuna uiens elprurieiis, espèces distinctes entre elles, et par leurs formes, et par leurs parties respectives; la première croit dans les Antilles et l'Amérique méridionale, et la seconde dans l'Inde orientale. Plusieurs

espèces sont aussi remarquables par les énormes dimensions de leurs gousses, el sous ce rapport on peut citer les Mucnna giganlea, elliptfca et plalycaipa, dont les fruits se voient assez communément dans les collections.

MUDA. BOT. Synonyme de Nostoc. y. ce mot. MUE. ZOOL. Les animaux sont ù certaines époques de leur vie sujets à deux sortes de changements, les uns connus sous le nom de métamorphoses, et les autres sous celui de Mues. La Métamorphose, Melitmorphosis, est, comme l'indique la composition de ce mot. le changement dans lequel il y a transformation, c'està-dire où la forme nouvelle que revêt l'animal, "est différente de celle qu'elle remplace. La Mue, Mulalio, est le changement dans lequel il n'y a jias transformation, c'est-à-dire dans lequel la forme primitive de l'animal s'est conservée. L'altération ou la persistance de la forme primitive de l'animal, est donc ce qui distingue la Métamorphose de la Mue; mais du reste, il n'y a entre l'une et l'antre aucune différence essentielle, aucune autre différence que celle qui existe entre le plus et le moins : toutes deux sont des phénomènes de même ordre, des phénomènes produits par une même cause, c'est-à-dire par une métastase qui dépend elle-même de l'antagonisme de deux artères; en sorte que l'on retrouve encore ici cette loi d'une application si universelle, la loi du Balancement des organes (A'. I.\- TESTiNS et Mammifères). Tel est le véritable point de vue sous lequel doivent être envisagées les ressemblances par lcs(|uelles les Mues se rapprochent des Métamorphoses, et les caractères par lesquels elles s'en distinguent.

Quelles sont les causes de la persistance de la forme primitive dans un cas, et de son altération dans l'autre? C'est que dans le dernier, la métastase se produit à l'égard d'organes d'une haute importance, et qu'au contraire, dans l'autre, elle a lieu entre des organes d'une importance bien secondaire, et qui appartiennent quelquefois au système tégumentaire; on peut même dire le plus souvent, parce que le remplacement des dents de lait par celles de la seconde dentition, chez les Mammifères; la reproduction annuelle d'un nouveau bois chez les Ruminants à prolongements frontaux caduques, et quelques autres phénomènes de même ordre, sont de véritables Mues. Une autre différence qu'entraînent les définitions précédemment données, est la suivante : dans la Mue comme dans la Métamorphose, il y a bien métastase d'un organe à un autre ; mais dans le premier cas, le nouvel organe est essentiellement analogue à celui qu'il remplace, et il y a toujours entre le premier et le second, sinon une similitude parfaite, du moins beaucoup de ressemblance : ainsi un poil ou une plume est toujours remplacé par un poil ou par une plume, et la différence qui peut exister entre la couleur, la grandeur et la forme même de l'un et de l'autre, n'empêche pas qu'il n'y ait entre eux, non-seulement de l'analogie, mais même beaucoup de ressemblance. De même une dent de la seconde dentition, quelque différente qu'elle puisse être de la dent de lait à laquelle elle a succédé, a toujours avec elle beaucoup de rapport ; et le Cerf, dont le bols a déjà

quelques andoulllers, diffère encore peu du Daguel. Au contraire, dans la Métamorphose, la métastase s'effectue, du moins le plus souvent, à l'égard de deux organes entre lesquels il n'y a pas d'analogie, et entre lesquels on ne peut trouver d'autre relation que celle qui existe entre deux organes dépendant du même appareil, et appartenant à la même fonction; encore peut-on très-bien concevoir une métastase entre deux parties étrangères l'une à l'autre, même sous ce dernier point de vue. Enfin, dans la Mue, et celte dernière différence n'est en quelque sorte qu'un simple corollaire de la précédente, les deux organes à l'égard desquels se fait la métastase, ont la même position, et l'un se développe à la place qu'occupait l'autre, ou du moins près de cette place, en sorte que tous deux se ressemblent autant par leur position que par leur essence. Au contraire, il n'en est point ainsi de la Métamorphose, comme le montre si bien l'exemple des Batraciens Anoures, chez lesquels la métastase a lieu delà queue aux membres. On ne saurait en effet imaginer entre deux organes une différence de position plus grande que celle qui existe entre le prolongement caudal, placé sur la ligne médiane et appartenant à la colonne vertébrale, et les membres, appendices situés latéralement : remarquons d'ailleurs que ces derniers sont appelés à remplir la même fonction que remplissait primitivement la queue, et qu'ils appartiennent au même appareil (celui de la locomotion), comme on a vu qu'il en était ordinairement.

Il y a donc des différences notables entre la Mue et la Métamorphose; mais cela n'empêche pas que ces deux phénomènes ne soient produits par la même cause, el souvent de la même manière ; et l'on pourrait dire que la Mue n'est qu'une sorte particulière de Métamorphose, si la composition étymologique de ce mot permettait de le détourner de l'acception dans laquelle on le prend ordinairement. Celte analogie est même si réelle, que les considérations générales présentées dans l'article Métamorphose (^. ce mot), sont pres- <iue entièrement applicables aux phénomènes de la Mue.

Sans tenir compte de toutes les différences qui viennent d'être signalées, on se sert ordinairement du mot Mue à l'égard des Vertébrés supérieurs, les Blammifères et les Oiseaux, et du mot Métamoiphose à l'égard des Insectes, parmi les Invertébrés, et des Batraciens, parmi les Vertébrés inférieurs : on ne sait pas en effet si ces derniers muent, et on ne croit pas que les premiers se métamorphosent. Cependant, comme on le verra, la Mue présente des faits très-curieux chez les Invertébrés; et, d'une autre part, les Vertébrés supérieurs et l'Homme lui-même se métamorphosent aussi bien (pie ceux-ci : c'est ce qui a déjà été dit par plusieurs auteurs, et ce qui a déjà été démontré dans ce Dictionnaire ( F. Mammifères) en rapportant les intéressantes observations de Serres sur les transformations de l'embryon de l'Homme et de tous les Mammifères sans queue. On voit donc combien est peu fondée l'opinion vulgaire, suivant laquelle on n'observerait que de simplesMueschez les Vertébrés supérieursetchezl'Homme ; ceux-ci se métamorphosent aussi bien que les Batraciens, c'est-à-dire, qu'ils subissent, aussi bien que ces

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derniers, des changements dans lesquels la forme priinilive éprouve d'importantes modificalions. Bien plus, lorsque GeofFioy Saint-Hilaire, Serres, Meckel, Tiedemann, et quelques autres zootomistes, auront complété leurs recherches sur la ressemblance primitive de l'embryon et du fœtus des animaux supérieurs, avec les êtres des degrés inférieurs, on sera peut-être même obligé d'admettre, que de toutes les classes du régne animal, les plus élevées en organisation sont précisément celles qui subissent les métamorphoses les plus nomlireuses et les plus complètes : résultat directement contraire à ce que pouvait faire supposer l'opinion générale, et qui pourra paraître singulier au premier abord. En effet, chez le Mammifère, par exemple, toutes les Métamorphoses se faisant avant la naissance, elles ne peuvent être aperçues que lorsqu'on vient à remonter jusqu'aux premiers jours de la formalion de l'être ; et tous ceux qui se contentent de l'étudier lorsque, jeté dans le monde extérieur, il devient facilement accessible à l'observation, ne peuvent plus voir en lui qu'un animal sujet à de simples Mues.

Ces considérations générales sont propres à bien faire concevoir les phénomènes de la Mue dans leurs rapports avec ceux de la Métamorphose ; voici maintenant quelques autres remarques. On peut distinguer deux sortes de Mues, celles qui s'effectuent au passage d'un âge à un autre, et celles qui s'effectuent au passage d'une saison à une autre. Ces dernières sont peu sensibles dans quebpies espèces; elles produisent chez quelques autres des changements d'une haute importance. Ainsi l'on sait que beaucoup d'animaux blanchissent en hiver, et qu'un très-grand nombre d'Oiseaux revêtent à l'approche de la saison d'amour de riches parures qu'ils dépouillent bientôt après. Delà d'immenses différences entre le plumage de deux individus de la même espèce, pris à différentes époques de l'année : de là aussi une source de graves difficultés et d'erreurs sans nombre pour ceux qui aborderaient l'étude de l'ornithologie sans une sage défiance. C'est ainsi qu'un très-grand nombre d'espèces nominales avaient été étalilies dans le S/stema natitrœ, faute dans laquelle il était impossible de ne pas tomber dans un temps où l'on manquait encore presque entièrement d'observations exactes, mais dont on peut espérer que la science sera préservée à l'avenir par les travaux de Temminck, de Vieillot, de Bâillon, et de plusieurs autres ornithologistes distingués.

La Mue, chez les Mammifères, ne produit point ordinairement de changements bien remarquables.- seulement le poil, pendant l'hiver, est souvent plus touffu, plus fin et plus moelleux, ce i|ui s'observe surtout chez les animaux des pays froids, et ce qui fait (|ue les fourrures de cette saison sont ordinairement plus recherchées que celles d'été (/'. Marte). On trouve ce|iendant des modifications beaucoup plus remarquables chez les espèces qui blanchissent dans la saison froide, tels que l'Hermine, le Lièvre variable, et plusieurs autres, dont le poild'hiver est ainsi entièrement différent de celui d'été : cependant les parties noiies du pelage conservent ordinairement la même couleur pendant toute l'année, chez plusieurs Mammifères et quelques

Oiseaux. La blancheur de la fourrure d'hiver semble destinée par la nature à diminuer l'intensité du froid; on sait en effet depuis longtemps, par l'expérience, que les vêlements blancs, plus frais que ceux de toute autre couleur pendant les chaleurs de l'été, sont au contraire les plus chauds pendant les temps froids; et la physique a donné de ces faits une excellente explication fondée sur les recherches de liumford et de Leslie.

Parmi les animaux des pays froids chez lesquels la Mue des saisons produit des changements notables, il faut encore citer quelques races ou variétés de Chevaux chez lesquelles le poil, court et entièrement lisse en'été, devient en hiver très-long et frisé : tel est le Cheval de Norwège. Au contraire, chez les Mammifères des pays chauds, le pelage est le même avant et après la Mue, ou du moins ne diffère pas sensiblement; et c'est en vain que la philosophie des causes finales cherciierait à ce phénomène des motifs d'utilité qui pussent compenser les souffrances et les dangers dont il est l'occasion. En effet le temps de la Mue est pour beaucoup d'animaux un temps de malaise et de maladie; et on voit même, dans les grandes ménageries, périr à cette époque un assez grand nombre d'individus, surtout parmi ceux qui, récemment éloignés des pays où ils ont pris naissance, n'ont point encore pu s'acclimater dans leur nouvelle patrie.

C'est au printemps et à l'automne que se fait la Mue chez les animaux sauvages, et elle a lieu chez eux périodiquement et d'une manière régulière : mais il n'en est plus de même chez plusieurs espèces domestiques, et particulièrement chez celles que leur genre de vie soustrait aux rigueurs du froid, et pour lesquelles les soins de l'Homme ont rendu inutiles les précautions prises parla nature; ainsi les Chats et les Chiens qui vivent dans nos maisons, n'ont pas d'époques de Mue bien marquées, ou, pour parler plus exactement, ils muent pendant presque toule l'année. Tel est aussi le cas de l'Homme lui-même, chez lequel il n'y a que des Mues partielles, parce que ses vêtements et son genre de vie le mettent à l'abri des variations de la température, et que son régime de nourriture est à peu près le même en tout temps de l'année. Ainsi il n'y a pas pour l'Homme de saison de Mue, de même qu'il n'y a pas pour lui de saison d'amour ; deux époques qui, dans la plupart des espèces, se trouvent liées i)ar les rapports les plus intimes, et dont l'une est constamment amenée par l'autre.

Les Mues qui s'effectuent au passage d'un âge à l'autre, ont beaucoup d'analogie avec celles dont il vient d'être iiuestion; en effet, chez les Oiseaux, par exemple, le mâle, en hiver, ressemble, dans beaucoup d'espèces, au jeune; et le premier, lorsqu'il prend le plumage d'été, subit à peu près le mêmechangementque le second, lorsqu'il prend les couleurs de l'adulte. On voit donc que les deux sortes de Mues méritent d'être étudiées avec la même attention et le même soin par les zoologistes, et surtout par ceux qui s'occupent plus spécialement d'ornithologie. C'est en effet à l'égard des Oiseaux, cette classe dans laquelle il n'y a le plus souvent d'autres caractères spécifiques que ceux fournis par les couleurs des parties tégumentaiies, qu'il de-

vient (rès-imporlant de constaler les modiflcalions qui lieuvent être pour elles des résultats d'une différence d'âge.

Les jeunes des deux sexes ressemblent ordinairement cliez les Oiseaux à la femelle adulte, et leur plumage est aussi ordinairement beaucoup moins orné que celui du mâle. Chez les Mammifères le contraire a quelquefois lieu : car d'une part les jeunes des deux sexes ressemblent dans certains cas au mâle adulte, conune cela a lieu chez le Maki Vari (/^'. Maki); cl d'une autre part, la livrée du premier âge est le plus souvent un ornement que l'animal perd avec l'âge pour prendre des couleurs plus simples et plus uniformes; c'est ainsi que les Faons de presque toutes les cs|)èces de Cerfs, les Lionceaux, les jeunes Couguars, les jeunes Sangliers et les jeunes Tapirs ont le pelage varié de deux couleurs disposées de la manière la plus agréable à l'œil et la plus gracieuse, tandis que les adultes de leuis espèces sont unicolores. Il est à observer que dans le cas de l'existence d'une livrée, les jeunes représentent d'une manière transitoire ce qui a lieu dans d'autres espècesdu même genre d'unti manière permanente. C'est ainsi que les taches de livrée sont noires chez les Lionceaux et blanches chez les Faons de Cerfs, de même que la plupart des Chais sont rayés ou tachetés de noir, et que l'Axis et plusieurs autres Cerfs le sont de blanc. On pourrait même à l'égard de ces dernières espèces, au lieu de dire qu'elles ne portent |ias de livrée dans leur premier âge, admettre qu'elles conservent leur livrée pendant toute la durée de leur vie.

On voit par ces exemples qu'il existe de très-grandes différences entre les jeunes et les adultes dans la même espèce; c'est par un certain nombre de Mues (nombre vaiiable suivant les familles et les genres) que ces différences s'effacent peu à peu, et que le jeune prend les caractères de l'adulte. L'histoire de chaque classe et de chaque espèce fera connaître ce qui concerne chacune d'elles, et l'on se bornera ici à une seule remarque sur les Mues considérées d'une manière générale chez les Oiseaux.

On dit ordinairement que le jeune des deux sexes a les couleurs de la femelle; peut-être serait-il plus vrai en théorie de dire que la femelle a les couleurs du jeune. En effet, le plumage qu'on nomme ordinairement le plumage du mâle, parce que le mâle le présente seul pendant presque toute la durée de sa vie, appartient véritablement aux deux sexes.

On a observé, en effet, que dans leur vieillesse, et après qu'elles ont cessé de pondre, les femelles d'un grand nombre d'espèces perdent le plumage propre à leur sexe pour prendre celui de leurs mâles, auxquels elles peuvent, après un certain nombre de Mues, devenir parfaitement semblables. Ces faits fort curieux font voir dans la femelle un être qui conserve, pendant presque toute la durée de sa vie, la livrée du premier âge. et chez lequel les parties excentriques ont été arrêtées dans leur développement, parce que le sang s'est détourné de la circonférence pour se porter sur les organes génitaux; et cela est si vrai, que c'est toujours vers le temps de la cessation des pontes que la femelle subit ces changements. A cette éjioque les afflux san-

guins ne se font plus sur l'ovaire, et le.Buide nourricier peut enfin reprendre le même cours que chez le mâle : à celle époque aussi la vieille femelle se retrouve dans les conditions du jeune mâle, au moment de la Mue; les développements de son plumage, interrompus si longtemps, se continuent de nouveau, et après un certain nombre d'années, elle a acquis les couleurs, les parures et tous les caractères que l'on regarde ordinairement comme propres à l'aulre sexe.

Dans les animaux sans vertèbres, la Mue est un phénomène général, mais qui n'est pas également sensible chez lous. En effet, si la peau est très-peu consistante et très-mince, si le renouvellement s'effectue sans que l'animal paraisse en souffrir, s'il ne s'opère pas à des époques déterminées, on conçoit qu'il ne pourra être apprécié que très-difficilement ; aussi n'admet-onde Mue proprement dite que dans certaines classes d'animaux sans vertèbres, particulièrement dans ceux qu'on désigne sous le nom d'Articulés. L'accroissement périodique de la coquille dans les Mollusques, et des enveloppes calcaires cornées ou tout à fait molles des Zoophytes, bien qu'il indique d'une manière graduelle les différents âges de ces animaux, ne saurait être rapporté au phénomène dont il s'agit. 11 forme une classe à part.

La Mue, dans les animaux articulés, a lieu toutes les fois que le corps a acquis plus de volume que ne le comporte l'enveloppe extérieure; celle-ci alors se déchire et fait place à une autre peau qui, plus tard, sera remplacée par un nouveau tégument, et ainsi de suite jusqu'à ce que l'animal ait atteint son dernier degré de croissance, ou, en d'autres termes, qu'il soit devenu adulte. Dans cet intervalle plus ou moins long, on remarque souvent des changements d'un même ordre, mais plus marqués et qu'on désigne sous le nom de Métamorphoses. 11 n'est question ici que du renouvellement de la peau; l'animal reparaissant toujours à peu de chose près, sous la même forme. C'est particulièrement dans les Crustacés, dans les Arachnides et dans les Insectes, que ces changements de peau ont été observés.

Les Crustacés, comme lous les animaux, subissent des métamorphoses, mais elles ont lieu généralement dans l'intérieur de l'œuf, de sorte qu'à leur naissance ils ont une forme bien déterminée. Toutes les modifications qu'ils éprouvent ensuite ne consistent plus qu'en des Mues successives, qui s'effectuent à des époques différentes et à des intervalles plus ou moins éloignés. C'est ordinairement vers le milieu du printemps que les Crustacés décapodes opèrent le renouvellement de leur test. Ils cheichent un lieu tranquille et abrité, puis à la suite de violents efforts, ils viennent à bout de se débariasser de leur enveloppe. Plusieurs périssent dans la durée de l'opération. Ceux qui y résistent ne sont plus recouverts que d'une peau mince et très-molle qui ne tarde pas à devenir aussi solide que l'ancienne. Quelques espèces, telles que les Tourlourous, subissent leur Mue dans des terriers qu'ils creusent eux-mêmes, et dont ils bouchent avec soin l'entrée; ils y restent plusieurs semaines. La Mue a surtout été observée dans les Écrevisscs. On ne reproduira pas ici ce <|ui a

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été dit à cet article. Dans les Brancliiopodes, les Mues sont fréquentes et très-rapprochées. Dans les Monocles elles sont très -laborieuses. Jurine, qui a traité fort au long l'histoire du Monocle Puce , démontre que l'animal semble Irès-soufFrant pendant la durée de l'opération. » Quand il veut quitter sa dépouille, ajoutet-il, il se fixe avec les bras contre une tige de Conferve ou descend au fond du vase, et y reste dans la plus grande tranquillité. En l'observant de près, on ne tarde pas à lui voir soulever son capuchon et l'écarter ainsi du reste de la coquille; le cou pénètre dans cette ouverture, et en un clin d'oeil la tête a déjà abandonné sa vieille enveloppe. Mais un travail plus pénible et plus surprenant attend ce petit animal qui doit faire sortir de leurs fourreaux les bras ramifiés, les pattes chargées de tant de filets, les mandibules avec leurs dépendances. Quoique celte opération puisse paraître difficile à concevoir, elle se fait néanmoins avec une telle célérité qu'il nt faut pas perdre un instant de vue le ptilex pour en être le témoin. La nouvelle coquille est transparente et nette; son guilloché parait trèsbien; l'animal, loin d'être fatigué, est d'une vivacité étonnante ; d'un coup de bras, il s'élance plus loin qu'il ne le faisait auparavant; en un mot, il jouit de toute l'agilité dont il peut être susceptible. »

Les Mues sont peu variables dans leur marche. Le petit Monocle, en général, depuis le moment de la naissance jus(iu'à l'âge adulte, c'est-à-dire jusqu'au moment où il est apte à la fécondation, en subit au moins trois. Ordinairement, c'est entre la troisième et la quatrième que naissent les petits. Immédiatement après la ponte, l'animal renouvelle encore son enveloppe; il répète cette opération jusqu'au moment de la mort, et tout cela, dans un espace de temps très court, car des individus nés le 50 juin étaient déjà arrivés à leur huitième Alue le 19 juillet. Dans la saison froide, la marche des Mues est infiniment retardée; elles n'ont lieu qu'à des intervalles de dix jours.

Les Arachnides possèdent aussi la faculté de reproduire leurs membres, pourvu que la rupture ait eu lieu primitivement à la base de la patte, ou que l'animal ait pu détacher le moignon vers ce point, sans quoi l'Araignée ne larde pas à périr par suite de l'hémorragie qui se déclare. Les- expériences curieuses de Lepelletier ne laissent aucun doute à cet égard. 11 a observé ; 1» que les membres des Araignées peuvent se reproduire quand ils sont arrachés; a" que cette reproduction n'a lieu qu'autant que le membre a été emporté dans toute son intégrité jusqu'à la base non mobile, qu'autrement il survient une hémorragie qui fait périr l'animal dans le courant de la journée; o" que la patte nait d'abord plus grêle, mais avec toutes ses pièces ou articulations, et (pie plus lard elle atteint la longueur des autres membies. Un autre résultat curieux, et qu'on ne doit pas négliger de remarquer, c'est que le renouvellement du membre n'a lieu qu'à l'époque de la Mue. Les Arachnides sont donc sujettes aussi à des Mues, c'est-à-dire à un renouvellement total de leur enveloppe extérieure; et ces changements, qui se reproduisent, indiquent les différents degrés de leur croissance; enfin elles deviennent aptes à la fécondation, et après la ponte elles se

dépouillent encore au moins une fois de leur peau. Degéer (Mém. sur les Insectes, t. vu, p. 185) a décrit la manière dont s'exécule cette opération importante. Ces détails sont trop concis pour être tronqués. « J'ai eu un jour occasion, écrit-il, de voir une petite Araignée occupée à se défaire de sa vieille peau, étant suspendue par le derrière à un fil de soie, comme elles le sont alors toujours; j'observai d'abord que la vieille peau s'était fendue tout le long du milieu du corselet, et que le corps fut d'abord tiré hors de l'ouverture de cette fente; après quoi l'Araignée tenait les pattes élevées en haut et étendues en ligne droite, les unes lout près des autres en paquet, ayant le dos dirigé en dessous, ou tourné en bas. Ensuite elle tira peu à peu et lentement toutes les pattes à la fois de leurs enveloppes, continuant toujours de les tenir dirigées en haut et en ligne droite et parallèles les unes auprès des autres, parce qu'alors elles étaient encore trop faibles pour être rai.ses en mouvement. Quelques instants après elle les pliait et les appliquait contre le corps, restant cependant longtemps dans cette dernière posture, et toujours suspendue au fil (|ui partait de son derrière; mais enfin elle commençait à se donner des mouvements et à marcher. 11 On peut dire que dès ce moment la Mue était achevée, car il ne se montre plus ensuite d'autres phénomènes que le durcissement graduel de toutes les parties du corps.

La Mue est surtout sensible dans les insectes, mais elle n'a lieu que dans leur premier âge, cl depuis l'instant de leur naissance jusqu'à celui où ils subissent leur métamorphose. C'est donc particulièrement à l'état de larve qu'on l'observe, et ce sont les chenilles qui, sous ce rapport, ont été le mieux étudiées. Les maladies ou changements de peau du Verà-Soie sont parfaitement connus dans leur nombre, leur durée, et dans les phénomènes qu'ils présentent. Ne pouvant exposer en détail les particularités de la Mue dans les larves, on se bornera à en relater les phénomènes principaux, en prenant pour objet de cet examen les chenilles. La plupart renouvellent leur peau trois ou quatre fois; mais il en est qui en changent jusqu'à huit et neuf fois avant leur transformation en chrysalide. De même que dans les Crustacés et les Arachnides, la dépouille offre toutes les parties extérieures du corps que présente l'animal; un jour ou deux avant cette grande opération, la chenille cesse de prendre de la nourriture. Plusieurs espèces se mettent à couvert dans des sortes de nids ou sur des toiles qu'elles se pratiquent avec art, tandis que d'autres restent à découvert. Bientôt elles perdent l'usage de leurs membres, et n'ont plus que des mouvements généraux de la partie antérieure de leur corps qu'elles redressent quelquefois avec brusquerie, en même temps qu'elles gonflent et resserrent les anneaux de leur corps, et l'agitent de manière à décoller petit à petit la peau qui les recouvre. Cette peau qui a déjà perdu ses couleurs, ne tarde pas à se dessécher, et lorsque l'animal gonfle de nouveau son corps, elle commence à se déchirer sur le milieu, vers le point qui correspond au deuxième ou au troisième anneau; la fente gagne la tête, et se prolonge en arrière presque sur le quatrième anneau. Elle s'esl ainsi aug-

meiilée successivcmeiU parce que la lai've a d'abord fait sorlir en entier la partie antérieure de son corps; dès lors il lui devient assez facile d'opérer complètement sa dépouille en contractant successivement, et en ramenant en avant ses anneaux postérieurs. La nouvelle peau est reconnalssable à la vivacité de ses couleurs, elle est couverte de poils tout formés; on remarque à cet égard que ces prétendus poils n'étaient pas renfermés dans ceux qui garnissent l'ancienne dépouille, car une chenille à laquelle on enlèverait tous ses poils quelque temps avant la Mue, n'en serait pas moins velue après son changement d'enveloppe. Audouin et Milne Edwards ont constaté ce fait dans les Crustacés, et ils en ont démontré analomiqiiement la cause. Les phénomènes de la Mue offrent donc dans les Crustacés, les Arachnides et les Insectes, où ils sont particulièrement inappréciables, une similitude parfaite qui se reproduit presque dans les moindres détails.

MUET. OIS. Synonyme vulgaire du Tétras des Saules, f^. Tétras.

MUET. BEPT. Serpent du genre Scytale.

MDFLAU, MUFLE.\UDE, MUFLE DE VEAU, DE BŒUF, DE CHIEN, DE LOUP, ETC. bot. Noms vulgaires de VAntiriUinum majus. f. Mcflier.

MUFLE. MAM. On désigne sous ce nom cette portion de la peau, nue et percée d'un grand nombre de pores muqueux, qui termine le museau chez un grand nombre de Mammifères, et dans laquelle se trouvent placés les orifices des narines. Son existence ou son absence sont caractéristiques pour quelques genres. Son étendue présente d'ailleurs d'importantes variations, suivant les groupes où on l'étudié; ce qui a fait distinguer plusieurs sortes de Mufles, telles que le Mufle proprement dit, le sous-Mufle et le demi-Mufle.

MUFLIER. Antinhinum. bot. Genre de la famille des Scrophularinées et de la Didynamie Angiospermie, L., ainsi caractérisé ; calice divisé en cinq folioles ovales et persistantes; corolle monopétale, irrégulière, lubulée, ventrue, ayant à sa base une bosse ou protubérance obtuse; le limbe est à deux lèvres: la supérieure bifide, l'inférieure Irifide, sur laquelle est un renflement convexe qui tient close l'entrée de la corolle; quatre élamines didynames, à anthères biloculaires; ovaire supérieur presque arrondi, surmonté d'un style simple, de la longueur des élamines, et d'un stigmate obtus; cai)sule oblongue, ovale, oblique à la base, s'ouvrant au sommet par trois trous peu réguliers, à deux loges renfermant un grand nombre de graines membraneuses sur les boids. Le nom de Muflier a été donné à ce genre, à cause de la singulière ressemblance que les corolles de la plupart des espèces offrent avec le mufle d'un Lion ou d'autres animaux. Linné y avait réuni le genre Linaria de Tournefort, c'est-à-dire toutes les espèces munies d'un long éperon à la base de la corolle. Jussicu et la plupart des botanistes modernes en ont de nouveau prononcé la séparation. Divers genres ont même encore été formés aux dépens de V Antinhinum de Linné; a\miVAnarrhinum de Desfontaines, \e,Neviesia de Ventenat,r^sarina de Tournefort rétabli par Miller, ont pour types des plantes confondues avec les Antinhinvm. Le der-

nier de ces genres n'a pas été admis, il doit restei' uni à celui-ci, qui a été nommé Orontiiim par Persoon. Après avoir éliminé toutes les espèces qui constituent les genres Linaria, Anarrliinum et Neniesia, les Mufliers ne sont pas très- nombreux. Les auteurs en ont décrit une vingtaine d'espèces qui croissent en général dans les contrées méridionales de l'Europe.

Muflier a grandes fleurs. Antinhinum majus. L., vulgairement nommé Mufle de Veau. Sa tige est haute de six à neuf décimètres, rameuse, lisse inférieuremenl, légèrement velue dans sa partie supérieure. Ses feuilles sont lancéolées ou peu obtuses, alternes sur la tige et opposées sur les rameaux, d'une couleur verte sombre. Les fleurs sont disposées en épis, trèsgrandes, de couleur blanche rose ou purpurine avec le palais jaune. Cette belle plante sert à l'ornement des parterres. Elle croît spontanément sur les vieux murs et dans les localités pierreuses.

Mcflier rubicond. Antirrhinum Orontium, L. Jl ne s'élève pas à plus de cinq décimètres. Ses feuilles sont glabres, assez longues, plus étroites que dans l'espèce précédente, un peu distantes et la plupart opposées; celles qui sont placées près des fleurs sont alternes. Les fleurs sont solitaires, presque sessiles dans les aisselles des feuilles supérieures, et d'une belle couleur purpurine. La capsule, d'une forme pyramidale, est renflée vers un des côtés de la base, et elle s'ouvre par trois trous placés au sommet; on lui a trouvé quelque ressemblance avec la tète d'un nègre. Cette espèce, qui croît dans les champs, est signalée par Linné comme vénéneuse.

Muflier faux-Asaret. Antirrhinum Asarina, L.; Asarina procumbens, Miller. Il a des tiges velues, divisées en rameaux faibles et rampants. Ses feuilles ressemblentà celles du Lierre terrestre, c'est à-dire qu'elle.^ sont opposées, pétiolées, arrondies, échancrées en cœur à leur base, et crénelées ou lobées sur leur bord. Les fleurs naissent solitaires aux aisselles des feuilles; elles sont pédonculées, assez grandes, de couleur rose, mêlée de jaunâtre. Cette espèce croît sur les rochers des contrées méridionales de l'Europe.

MUGAN. BOT. (Gouan.) L'un des noms vulgaires du Cislus albiilus.

MUGE. Miigil. pois. Genre de la seconde section de la famille des Perségues, dans l'ordre ms Acanthoptérygiens, et qui, dans Linné, appartenait à celui de.i Abdominaux. Ses caractères consistent dans la situation des ventrales sous l'abdomen , ou des dorsale:! courtes et écartées, dont la première ou l'épineuse est loin de la nuque et plus en arrière que les ventrales; la seconde répondant à l'anale; dans la forme de la tête, qui est déprimée, large, toute écailleuse, avec de grands opercules bombés (|ui l'enveloppent et qui servent à renfermer un appareil pharyngien plus compliqué que dans les autres Poissons, et offrant pour le passage de l'eau des conduits assez tortueux. La bouche fendue en travers, garnie de lèvres charnues et crénelées, est faite en chevron, c'est-à-dire que la mâchoire inférieure a au milieu un angle saillant, qui correspond à un angle rentrant de la supérieure. La membrane branchiostège ne présente que trois rayons. Il n'y ;>

pas de ilenls proprement diles, ù moins (iiroii ne considère comme dents quelques arêtes sur les côtés de la langue. Cuvier ajoute que l'estomac de ces Poissons est singulier par sa forme de toupie et l'excessive épaisseur de ses parois charnues; leur canal est d'une longueur extraordinaire, fort replié, avec deux très petits cœcuras au commencement. Les Muges, agiles, grands nageurs, voyagent par troupes souvent innombrables, et s'ils ne peuvent voler, ils ne s'en élancent pas moins hors de l'eau avec force et vivacité; mais leurs pectorales, qui paraissent être assez fortes pour leur procurer de vigoureux moyens d'élancement, n'étant pas prolongées, ne peuvent leur ouvrir les routes de l'air parallèlement à la surface des vagues, où les pêcheurs les voyant aussitôt retomber après avoir franchi leurs lîlets, ont encore les moyens de les reprendre'. C'est aux dépens des Muges que Lacépède forma ses génies Mugilomore, Mugiloïdes et Chanos. Ce dernier a ses pectorales non prolongées, comme les Exocets, avec le»(iiiels il présente quelques rapports généraux; il n'a qu'une dorsale sans appendices, et les côlés de sa queue sont garnis d'ailes membraneuses, avec tous les caractères des Muges pour le reste. Il habite la mer Rouge; sa tête est plus étroite que le corps, aplatie, dénuée de petites écailles, et d'un vert mêlé de bleu, tandis que le reste est argenté et brillant; on en trouve des individus qui ont de deux à iiuatre pieds.

Mdge Mclet de sier. Miigil Cephalus, L., Gmel., Syst. Nul., xm. t. i, p. IÔ97; le Muge, Encycl., Pois., pi. 75, lig. 504. Ce Poisson, dont il existe plusieurs variétés, est fort commun dans la Méditerranée; on le retrouve sur les côtes océanes tempérées, où il remonte, vers le commencement de l'été, l'embouchure des fleuves, assez loin de la mer. Ils y entrent par bandes innombrables, dont les individus pressés donnent souvent à l'eau une couleur d'un bleu obscur. Leur dos est brunâtre, avec des teintes d'un bleu foncé, qui s'efface sur les flancs, pour passer à la teinte argentée la plus éclatante sous le ventre; il y a sur le flanc, au-dessus de la ligne mitoyenne, quelques raies parallèles, longitudinales, plus foncées (lue la teinte du fond. 11 parvient au poids de dix à douze livres. On en pêche de telles quantités, que le superflu de leur chair, qu'on ne pourrait consommer fraîche, devient l'objet d'un commerce assez considér")le, après qu'on l'a salé et même fumé. Les côtes d'Espagne et les Baléares surtout en fournissent immensément. On prétend que les Muges sont plus délicats et d'un meilleur goût après qu'ils ont séjourné quelque temps dans l'eau douce. C'est avec leurs œufs préparés au sel et séchés qu'on compose celle Boutargtie ou Potarrjue dont l'Italie et même la Provence consomment d'assez grandes quantités, comme on se nourrit de Caviar en certains cantons de la Russie. — D. S, 1/9, p. 16, v. 1/6, A. 5/15, c. 12.

On avait confondu avec le Mugil Cephalus plusieurs espèces très -distinctes que le savant ichtbyologisle Risso en a le premier parfaitement distinguées, et qui se trouvent dans les mers de Nice. Ce sont les Mugil auialus, saliens et piovinciaiis. Le Tang, de Blocb, appartient au même genre et se trouve à l'embouchure des fleuves de Guinée. L'Albule (Encyclop., pi. 75,

f. 303), commun en Caroline, y a clé fort bien observé par Rose qui en dit la chair excellenle et les mœuis semblables ù celles des Muges européens. 11 en existe un autre des Anlilles, le Pliimeiii, et plusieurs de la mer Rouge.

On a quelquefois appelé Mcges volants les Exocets.

MUGEO. POIS. Synonyme vulgaire de Muge.

MUGHÉ. BOT. L'un des noms vulgaires de la Jacinthe.

MUGllO OD MUGO. BOT. Espèce du genre Pin. K. ce mot.

MUGIL. POIS. r. MCGE.

MUGILOIDE. Miigiloides. pois. Ce genre, établi ou plutôt mentionné par Lacépède (Pois., t. v, p. 294), a été formé aux dépens des Mugil du Sysl. Nat. de Gmelin, pour l'espèce qui s'y trouvait sous le nom de CItilensis (t. i, p. 1398), et dont on doit la connaissance à Molina {Hist. Nat. Chil., p. 198). Il diffère des Muges véritables, dont il a le reste du caractère et les habitudes, en ce qu'il n'a qu'une dorsale. U a les formes du Mugil Cephalus, atteint quinze pouces au plus de longueur, et sa chair est excellente. U habile les côtes du Chili d'ofi il remonte dans les fleuves, b. 7, d. 1/8, p. 12, V. 1/3, A. 3/7, c. 16.

MDGILO.MORE. Mugilomorus. pois. La composition de ce mot indique assez qu'il fut imaginé par Lacépède pour designer un genre tellement voisin des Muges, qu'il s'y confondrait s'il avait deux dorsales. Ses caractères consistent, outre ceux qui lui sont communs avec le genre Mugil, dans les appendices qui sont à chaque rayon d'une seule dorsale; dans l'iinplantatioii des ventrales sous l'abdomen; dans les opercules des branchies, qui sont écailleux ainsi que la tête. On en connaît une seule espèce, découverte par Rose dans les mers de Caroline; ce Poisson brille du plus doux éclat de l'argent; une teinte d'azur est répandue sur sou dos; ses proportions sont agréables et sveltes; enfin il est extrêmement recherché pour la délicatesse de. sa chair.

MUGO. BOT. y. MuGuo. Ce même nom est aussi donné vulgairement au Ciste ladanifère.

MUGUET. BOT. F. CoNVALLAiRE. Ou a quelquefois appelé Petit Mdgiet ou Mogcet des Bois VJperula odorala, L.

MUIILENBEUGIE. Muhlenbeigia. bot. Genre de la famille des Graminées, et de la Triandrie Digynie de Linné, institué par Willdenow, avec les caractères suivants : calice à peine visible, uniflore, à deux valves frangées ou dentées; une corolle à deux valves, pileuses à leur base, l'extérieure munie d'une arête; trois étamines; deux styles; une semence libre. Ce genre est le même que le Dilepxrum de Michaux (FI. Amer. 1, p. 40).

Mdhlendergie a petites ii.ecrs. Muhlenbeigia diffusa, Willd., Palis. -Beauv., Agiostogr., 27, pi. 7, fig. 9; Dilepxruni minuUiflorum, Midi. Ses tiges sont très-grêles, un peu rameuses, coudées à leurs articulations; les feuilles sont planes, étroites, linéaires; les fleurs sont disposées en une panicule capillaire, allongée, très-élroite, dont les rameaux sont serrés contre l'axe et quelquefois étalés; les valves calicinales sont très-finement déniées ou frangées, ne renfermant

qu'une seule Heur à deux valves un peu ini^gales, velues à leur base : l'extérieure terminée par une arête île la longueur de la valve ; l'ovaire est suliulé au sommet, pourvu d'un style bifide, très-court, et de deux stigmates velus; une semence acuminée. On la trouve dans le nord de l'Amérique.

Une autre espèce du genre Dilepxrum, de Micbaux, a fourni à Palisot de-Eeauvois le type de son genre Brachyelytrum. V. ce mot.

MUISSON. ois. L'un des noms vulgaires du Moineau- Franc.

MUJOU. POIS. Synonyme vulgaire de Muge Mulet de

MOLAR OD MDLLAR. mam. Espèce du genre Cachalot. /'. ce mot.

MULARS. OIS. Nom donné aux métis qui proviennent du croisement de diverses races de Canards.

MULAT. POIS. Espèce du genre Holacanthe. V. ce mot.

MULATE. OIS. Synonyme de Mouette. V. ce mot.

MULCION. Miilcio. cRtJST. Genre de l'ordre des Décapodes, famille des Macroures, tribu des Scliizopodes, établi par Latreille (Fam. uat. du Règne Anim.) sur une espèce de l'Amérique septentrionale; il lui donne pour caractères : corps très-mou , point d'yeux distincts; pattes comprimées; antennes au nombre de quatre, comprimées, courtes, les latérales sélacées. de deux articles, de la longueur au moins de la moitié du corps : les intermédiaires plus courtes, coniques et inarticulées; pieds terminés par un petit onglet; la quatrième paire et ensuite la troisième plus longues; poslabdomen terminé par une nageoire à cinq feuillets.

MULE-DEER. mam. T. CERr-Jlm-ET, au mot Cerf.

MULE ET MULET, mam. T. Cheval. On a donné par extension ce nom à tous les métis censés inféconds qui résultent de l'accouplement de deux animaux d'espèces différentes.

On donne aussi le nom de Mulet à des insectes privés de sexes, ou plutôt à des femelles dont les organes générateurs ont avorté. Tels sont les Abeilles travailleuses, les Fourmis ouvrières, et quelques autres insectes. F. Neutre et Génération.

MULET DE MER. pois. Espèce du genre Muge. r. ce mot.

MULETTE. Unio. moll. Les caractères de ce genre d'Acéphales testacés, famille des Mytilacées, sont, selon Blainville : animal plus ou moins ovale, i)lus ou moins épais; le manteau à bords libres et épais, le plus souvent simples, quelquefois ciliés, ouvert dans toute son étendue sans former une ouverture particulière pour l'anus : cette ouverture de l'anus étant uniquement produite par l'adhérence de la base des feuillets branchiaux au manteau, et nullement par les lobes du manteau entre eux; ces lobes, à leur partie postérieure, sont épaissis, frangés, imitant le siphon branchial des Mollusques siphonifères. Coquille transverse,équivalve, inéquilalérale, libre; à crochets écorchés, presque rongés : quatre impressions musculaires; deux grandes pour les muscles adducteurs, deux petites à côté des grandes pour les muscles rétracteurs du pied. Charnière à deux dents sur chaque valve : l'une cardinale.

courte, irrégulière, simple ou divisée en deux, subslriée; l'autre allongée, comprimée, latérale, se prolongeant sans le corselet. Ligament extérieur.

11 est fort difficile de distinguer entre elles les espèces de Mulelles; les transitions presque insensibles par lesquelles on passe de l'une à l'autre, feraient presque croire à une espèce uni((ue variant à l'infini, selon les climats et les localités; un passage pareil existe entre les Muletles et les Anodontes par des nuances insensibles, depuis les Mulettes qui ont la coquille la plus épaisse et la charnière la mieux prononcée, jusqu'à celles qui deviennent minces et qui offrent à peine quelques traces rudimentaires de la charnière, et l'on arrive aux Anodontes qui n'en ont plus du tout. Toutes les Mulettes sont nacrées à l'intérieur, le plus souvent d'une nacre argentine, quelquefois cette nacre a les couleurs les plus belles et les plus brillantes de pourpre ou de rose plus ou moins foncé, quelquefois d'une teinte brunâtre et cuivreuse en dehors, elles sont revêtues d'un épiderme brun, noirâtre, presque toujours écorché sur les crochets oii la coquille est elle-même plus ou moins profondément cariée. Il manque encore à la science une bonne monographie de ce génie.

Mïlette siNSÉE. Unio sinuata, Lamk.; Uniomargan'ti/'eia, Drap.; Mya maryaiitifera, Lin. Grande espèce, fort remarquable, des rivières de l'Europe; la nacre est blanche et son bord inférieur est assez fortement sinué lorsqu'elle est adulte.

Molette littorale. Unio litloialis, Lanik.; Unio littoralis, Drap. Elle se trouve communément dans la Seine cl la plupart des rivières de France.

Mclette des peintres. Unio piclonim, Lamk., Anim. sans vert., t. vi, p. 77, n" 32; /l/ja pictorum, L., Gmel., p. 5218, n" 3; Encyclopédie, pi. 248, fig. 4; Drap., Hist. des Moll., p. 131, n» 1, pi. 11, fig. 1, 2, 3, 4. Espèce commune dans toutes les rivières do France; elle est assez variable.

MULGEDIER. Mulgedium. bot. Genre de la famille desSynanthérées, tribu des Chicoracées ou Lactucées, I et de la Syngéuésie égale, L., établi par Cassini qui l'a I ainsi caractérisé : involucre oblong, renflé inférieurc- I ment, campanule, formé d'écaillés imbriquées, applij quées, obtuses, membraneuses sur les bords : les extérieures ovales ou lancéolées, les intérieures oblongues; réceptacle plan et nu; calathide composée de demifleurons nombreux et hermaphrodites; akènes plus ou moins aplatis, elliptiques, oblongs, prolongés après la I fleuraison en un col très-court, très-épais, continu • avec la partie séminifère, couronné par une aigrette longue, blanche, composée de poils très-fins, à peine j plumeux. Le genre Mulgedium semble destiné à forj mer le passage entre les genres Sonchus et Lacluca; il est, en effet, essentiellement caractérisé par la struc- ; ture de son fruit, qui est parfaitement intermédiaire j entre celles des fruits de ces deux genres. Sans l'adi mission du Mulgedium on ne trouverait plus de ca- I ractères propres à distinguer ceux-ci d'une manière } franche, et dès lors la plus grande confusion naîtrait ; du mélange des espèces du Sonchus et du Lactuca, dé- ; crites par les auteurs. Cassini observe à ce sujet que la multiplicité des genres, loin d'être un abus ridicule.

ost le seul moyen de donner à la classificalion loute l'cxaclitude dont elle est susceptible. Celle remarque est peut-être applicable au cas dont il s'agit; mais il faudrait se garder de l'adopter comme thèse générale pour tout le règne végétal, et même pour le resie de la famille des Synanlbérées, où il n'est pas toujours absoltnnent nécessaire de multiplier à l'excès les coupes, afin de donner plus de certitude au diagnostic. L'auteur du genre dont il est (|uestion, en a décrit trois espèces sous les noms de Miilgedium runcinatum, lyralum et inlegrifoliuiu. La première est peut-être le Sonchns sibiricus, L., ou Sonchus talan'cus. La deuxième a pour synonyme douteux le Sonchus floridanus, L. La troisième est jirobablemenl le Sonchus paUidus, Willd., on Lacluca Canadensis, L.

MULIN. Mulinum. bot. Genre de la famille des Ombellifères, Pentandrie Digynie, Lin., établi par Persoon ( Eucli., I, page 309) qui lui assigne pour caractères : Heurs hermaphrodites, fertiles; calice persistant, à cinq dents; corolle composée de cinq pétales ovales, aigus et plans; style acuminé. Le fruit est globuleux, tétraptère, divisé en deux calottes presque parallèles; méricarpes fortement comprimés sur le dos vers la commissure, à cinq paires de lignes dont la médiane dorsale et les deux latérales nervifornies, les deux intermédiaires dilatées en ailes. Les Mulins, dont le professeur De Candolle décrit huit espèces, sont des plantes ou herbacées ou sous-frutescentes, toutes appartenant au Chili.

MutiN ÉPifiEDX. Mulinum spinosum, Pers.; Seliniim spinosum, Cavan.; Bolax spinosus, Spreng. Ses feuilles caulinaires sont divisées en cinq lobes spinoso-subulés, avec leur pétiole engainant et glabre; les ombelles sont simples, les pédicelles plus longs que l'involucre qui est polypbylle, les folioles de celui-ci sont distinctes, courtes et un peu étalées; les fleurs sont jaunes ou d'un jaune rougeàtre, au nombre de dix ou douze à chaque ombelle.

MliLION. Mulio. INS. Genre de l'ordre des Diptères, famille des Tanystomes, tribu des Anlbraciens, établi par Fabricius sous le nom de Cythérée et auquel La- Ireille a donné le nom qu'il porte à présent pour le distinguer des Cylbérées de MuUer qui sont des Crustacés. Latreille caractérise ainsi ce genre : palpes retirées dans la cavité buccale; trompe aussi longue que la tête, saillante ; les deux premiers articles des antennes presque de la même longueur; le dernier allongé, d'abord cylindrique, puis terminé en forme d'alêne courte ; slylet du sommet peu distinct. Ce genre se dislingue des Némestrines de Latreille, parce que les palpes de ces derniers sont insérées à la base extérieure de la trompe, tandis qu'elles sont intérieures dans le premier. Les Hirmoneures, les Anthrax, les Slygydes et les Tonomyzes en sont distingués par la longueur de la trompe et par d'autres caractères liiésdes antennes et des palpes. Le corps des Mulions est court, leur tête est presque globuleuse et assez grosse, le corselet est un peu bossu. Leurs ailes sont grandes, écartées et horizontales, les balanciers sont pelits ; les pattes sont longues, menues avec des tarses sans pelottes distinctes. Les antennes sont très- écartées entre elles. Ce

genre est peu nombreux en espèces; la seule connue en Europe est :

WiLiois OBSCUR. Mulio obscurus, Latr.; Cytherea obscura, Fabr.. Coquebert, Illustr. icon. des Ins., pi. 20, f. 0. Il est long de cinq à six lignes; son corps est noir, couvert d'un duvet cendré ; sa trompe, ses antennes et ses pattes sont d'un hi un noirâtre à la base. Il se trouve dans le midi de la France.

MULLAR ou TURSIO. mam. Espèce du sous-genre Physeter. A'. Cachalot.

MVLI.E. Mullus. pois. Genre de la famille des Persègnes, et de la division de celles qui ont deux dorsales, dans l'ordre des Acanlhoptérygiens de la méthode ichthyologique de Cuvier, classé par Linné entre les Thoraciques, caractérisé de la manière suivante : corps épais, comprimé; opercules des branchies lisses; écailles larges, grandes, faciles à détacher; front décliné; deux longs barJ)illons sous le menton; yeux rapprochés; dents petites, à peine sensibles, disposées sur deux rangs et manquant même parfois entièrement à la mâchoire supérieure. Il y a trois rayons à la branchiostège. Ce sont des Poissons remarquables par l'éclat de leurs couleurs rouge-foncé ou jaunâtre, et par la délicatesse de leur chair. On n'en connaît point encore d'espèces constatées propres au nouveau monde, car il est douteux (|ue le Pirametara de Marcgraaff (Brasil., 181, Pis., Ind., p. CO), soit le Surmulet auquel on l'a rapporté comme synonyme, et il n'est pas moins douteux que ce soit le même Poisson qu'ait péché le commodore Dyron sur les côtes patagones, vers le détroit de Magellan.

f Espèces dépourvues de dénis au bord de la mâchoire supérieure, c'est-à-dire aux intermaxillaires.

Molle Scrmdlet. Mullus Surmuletus, L., Gmel., Syst. Nat., XIII, t. i, p. 1.339; Bloch, pi. 47; Encycl., Pois., pi. 233. L'un des Poissons les plus connus, décrit dès l'anliquité et figuré chez les premiers ichthyologisles, le Surmulet n'a guère que de six à quinze ou dix -huit pouces, et dépasse rarement sept livres de poids; c'est donc encore une erreur de Pline, que ces Surmulets de qualre pieds qu'on péchait dans la mer Rouge. Les anciens avaient dédié ce Poisson à Diane. Il abonde dans la Méditerranée et sur les côtes océanes tempérées de l'EuroiiC. On le retrouve aux mêmes latitudes dans les mers du Japon. Partout il quitte, deux ou trois fois au printemps, et dans le reste de la belle saison, les profondeurs qu'il habite ordinairement, pour venir, par bandes nombreuses, frayer sur les rivages à l'embouchure des fleuves, dans lesquels on ne le voit néanmoins pas s'enfoncer. Tout le monde connaît le Surmulet dont la chair feuilletée est blanche, ferme et des plus savoureuses, d. 7-9, p. 13, v. 6, A. 7, c. 22.

Mulle Roïget. Mullus barbatus, L., Gmel., Sysl. Nat., \ni, t. I, p. 1ÔÔ8; bloch, pi. 348, f. 2, Encycl., Pois., pi. 59, fig. 252. Qui ne connaît ce beau Poisson, non moins éclatant que la Dorade de la Chine, et duquel pour rendre le rouge plus vif encore les pêcheurs enlèvent, en le raclant à contre-sens, les grandes écailles vitrées et peu adhérentes au moment où ils le prennent! On le trouve en très-grande abondance dans la

mer Noiie et la Méditerranée; il n'est pas moins commun sur les côtes de Gascogne où, avec les petites Sardines appelées Royans, il forme la principale richesse du bassin d'Arcaclion, qui alimente les marchésde Bordeaux, où sa chair est estimée au-dessus de celle de tout autre Poisson sans exception. Bloch dit qu'on le retrouve aussi dans l'Inde à Tranquebar. d. 7-9, v. 10, V. G, A.7, c. 17.

McLiE JAPONAIS. Mullusjaponicus. Mentionné dans Cmelin, d'après Houttuyn; il paraît n'être qu'une simple variété du Rouget.

•j-f Qui ont des dents aux deux mâchoires.

Les Mulles de cette division sont ceux des mers des Indes, et l'on n'en trouve point en Europe. Les espèces qui s'y groupent sont : 1" l'Auriflamme, Mulliis Auriflamma, Gmel., Syst. Nat. xiii, 1. 1, p. 1340, décrit par Forskahl comme un Poisson de la mer Rouge, complètement méconnu par Lacépède qui a donné ce nom à une espèce toute différente; 2o le Barberin, décrit par Lacépède d'après une figure de Commerson, et dont cet écrivain a fait trois espèces distinctes sous les noms de Macronème, de Barberin et d'Auriflamme, représentées toutes les trois sur une même planche (la troisième du t. m) sans que le continuateur de Buffon ait été lui-même frappé de l'identité; -î» le Muilus vitlatus, Gme\.,loc.cit., p. 1341, décrit d'après Forskahl comme de la mer Rouge et figuré par Lacépède, t. iir, pi. 14, f . 1 ; 4» le Mulle à deux bandes. Lac, toc. cit., f. 2; 5» le Mulle Cyclostome, Lac, ibkl., f. 3; 6" enfin le Mulle à trois bandes. Lac, t. m, pi. 15, f. 1 . Les AIullus clityseiydros, rubescens, flavolinealtis, etc., de Lacépède, établis d'apiès des dessins, et tous de l'Ilede-France, peuvent être jusqu'à nouvel ordre considérés comme des espèces douteuses.

MULLER-GLAS. min. Même chose que Hyalite. F. ce mot.

MULLÈRE. Mullera. bot. Ce genre de la famille des Légumineuses et de la tribu des Lotées de De Candolle, a été constitué par Linné fils (Supplém., p. 55), et placé dans la Diadelphie Décandrie, quoiqu'il fût réellement monadelphe. Il offre les caractères suivants : calice campanule, à cinq dents, fendu transversalement après l'antlièse; corolle papilionacée, à cinq pétales caducs; huit à dix étamines réunies en une seule gaine comprimée et qui tombe avec le calice ; ovaire sessile, surmonté d'un style filiforme; légume moniliformc, composé d'un à cinq segments uniloculaires, monospermes et indéhiscents; graines comprimées, réniformes. Ce genre offre la fleur du Robinia, excepté la monadelphie des étamines, le fruit des Sophora et le port des Pteiocarpus. Il ne renferme qu'une seule espèce nommée par Linné fils Mullera monilifurmis. C'est une plante à feuilles imparipinnées, dont les folioles sont ovales, aiguës, glabres, pétiolulées; ses fleurs sont disposées en grappes axillaires simples et accompagnées de petites bractées subulées. Elle croit à la Guiane. Le Coublandia fnilescens d'Aublet est, selon Richard père, une plante imaginaire, puisque sa description a été faite d'après un mélange des fleurs du Mullera moniliformis avec le feuillage de quelque espèce de Mimosa.

7 DICT. DES SCIENCES rîAT,

Le Mullera rerrucosa de Richard et Persoon {Encliin'd., 2, p. 311) est devenu le type du genre Ormocarpum de Beauvois et Desvaux. K. ce mot.

MULLÉRIE. Mulleria. conch. Genre établi par Férussac dans le premier volume des Mémoires de la Société d'Histoire naturelle, pag. ôC8, pour une Coquille découverte par Cailliaud, et dont Férussac trace ainsi les caractères : coquille adhérente, inéquivalve ; valves réunies par un ligament extérieur, court, latéral, et par une charnière sinueuse, munie de fossettes obliques, dans lesquelles s'emboîtent des proéminences correspondantes par un appendice ligamenteux qui les tient unies.

McLLÉRiE DE Rivoii. Mulleria Rivoli, Desh. Coquille à laquelle s'appliquent les caractères que Férussac a donnés au genre; à l'extérieur elle offre des lignes sinueuses et concentriques semblables ù celles des Ëthéries; elles résultent de l'érosion des bords des lames dont la coquille est composée; elle est d'un vert noirâtre à l'intérieur; elle a un talon semblable à celui des Huîtres. Cette Coquille est certainement fort singulière, et il serait à souhaiter que l'on en donnât uue bonne figure.

MULLÉRIE. Mulleria. ÉcniN. Jœger ignorant sans doute que Férussac avait employé ce nom générique dans la classe des Mollusques, l'a appliqué de son côté à un groupe d'Échinodermes, assezvoisin des Holothuries dont il se distingue suffisamment néanmoins, en ce que les espèces qui le composent ont le dos convexe et le ventre plat, la peau coriace, vingt tentacules peltés et disposés sur deux rangs, autour de la bouche, cinq dents autour de l'anus, auxquelles s'attachent les muscles longitudinaux. Jœger admet dans ce genre deux espèces qu'il a nommées Mulleria Echiniles et Mulleria Lecatiora.

MULLÉRINE. Mm. Même chose que Tellure feuilleté plombifère. K. Teilïre.

MULLUS. POIS. F. Mille.

MULOT. MAJi. Espèce du genre Rat. 1^. ce mot. On a quelquefois étendu ce nom aux Campagnols.

MULOT A COURTE-QUEUE. MAU. F. Campagnol.

MULOT-VOLANT. jiAïa. F. Vespertilion.

MULTICAULE. Mitllicaulis. bot. Plante qui donne plusieurs tiges.

MULTIDIGITÉ - PEKNÊ. Multidigitalo - pinnatus. BOT. Qualification que l'on donne quelquefois à la feuille composée dans laquelle les pétioles secondaires sur les côtés desquels sont placées les folioles, partent en plus ou moins grand nombre du sommet du pétiole commun.

MULTIFIDE. Multifidus. bot. On nomme ainsi tout organe fendu jusqu'à la moitié de sa longueur, en lanières étroites.

MULTIFLORE. bot. Cette expression s'emploie pour désigner soit une plante, soit une partie de la plante portant beaucoup de fleurs, comme le pédoncule, par exemple.

MULTIFOLIOLÉ. Multifoliolatus. bot. Végétal dont les feuilles sont composées d'un grand nombre de folioles irrégulièrement disposées.

MULTI.IUGÉ. Miiltijtigatus. bot. On désigne ainsi

Hôi

la feuille composée, dont les folioles sont nombreuses et régulièrement disposées par paires.

MULTILOCULAIRE. moll. Nom donné aux Coquilles cloisonnées, que l'on nomme aussi Polyllialames. r.

COQCUI.E et MOLICSQCE.

MULTILOCDLAIRE. bot. On dit qu'un ovaire ou un fruit sont MuUiloculaires, lorsqu'ils présentent un grand nombre de loges.

MULTINERVÉE (teulie). bot. Quand une feuille offre un très-grand nombre de nervures. Cette expression s'emploie généralement par opposition à celle de FEBiiLE iiJiiNERVÉE, et c'est la raison qui fît quelquefois appeler le grand Plantain Multinervia.

MULTINEUVDLÉ. Multinervukilus. bot. Placentaire qui a un nombre indéterminé de nervules.

MULTIOVDLÉ. Mullioculatus. bot. Se dit de l'ovaire ou de ses loges, quand il y a plusieurs ovules.

MOLTIPÈDES. CBtST. Lalreille désigne sous ce nom collectif l'ordre des Phyllopodes dans la classe des Crustacés. K. Pbyilopodes.

MULTIPLICÉ. MuHiplicatus. eot. Le professeur De Candolle donne cette épitbète aux Heurs doubles, dont l'état est dû à l'accroissement du nombre des rangées des verticilles floraux, ou à l'accroissement des parties de ces rangées et à leur transformation en pétales; elles diffèrent des fleurs doubles que le même professeur appelle pélalodées, en ce que dans ces dernières, il n'y a que transformation au lieu d'augmentation.

IVIULTIPLlNERVÉ.71/««(>/me/pa<Ms. bot. C'est ainsi que l'on désigne les feuilles dans lesquelles la nervure principale se divise, dès la base, en un grand nombre de nervures latérales.

WULTIVALVES. Multivalvia. moil. Quand on chercba ù former des divisions parmi les Mollusques, un des premiers caractères qui frappa, fut le nombre des parties constituant l'ensemble de la Coquille; de là les dénominations d'univalves, bivalves et multivalves. Les deux premières dénominations pouvaient rester à la science, mais la dernière a dû rassembler des êtres fort différents ; c'est ce que l'on sentit à mesure que les connaissances s'agrandirent. Aussi, y apporta- 1- on successivement des changements. D'Argenville y avait d'abord fait entrer les Oursins, Linné les réduisit à trois genres, Bruguière en augmenta beaucoup le nombre, et Lamarck les détruisit en remettant dans leurs rapports naturels, les êtres qui composaient cette agglomération informe. ^.CoiscBYLioiociEet Molldsqdes.

MCLUS. M\M. y. Mulet.

MUNACADA. pois. r. Lépimpbis.

MDNCHAUSIE. Munchausia. bot. Linné est l'auteur de ce genre qui appartient à la famille des Salicariées et à la Polyandrie Monogynie. Voici les caractères qu'il lui attribue : calice turbiné, toruleux extérieurement, persistant, à six divisfons très-courtes ; six pétales ondulés, à onglets filiformes; étamines nombreuses dont les filets sont rassemblés en six faisceaux de quatre à cinq étamines cbacun, et dont les antbères sont réniformes. Jussieu, qui a admis ce genre dans son Gênera Planlanim, en a décrit le fruit de la manière suivante :

capsule ovée, acuminée par le slyle, entourée infériciirement par le calice, à six loges et à six valves septifères sur leur milieu, renfermant plusieurs graines planes, ailées, fixées à un placenta central. Ce genre a été réuni au Lagerstiœmia par la plupart des auteurs ; ses différences sont en effet si légères, qu'il est fort douteux qu'on en conserve la séparation. U a pour type une plante de la Cbine que Murray a nommée Munchausia speciosa, et à laquelle on a proposé d'adjoindre les Lagerstrœmia Reijinœ et hiisuta qui forment le genre Adamboa de Lamarck. On a encore donné comme synonyme du Munchausia le Calyplectus de la flore du Pérou et du Chili; mais les caractères de ce genre tracés par Kunth (Gênera non. et spec. Plant. Mquin., 6, p. 183, l. 548), paraissent présenter quelques différences suffisantes pour ne pas admettre, sans un nouvel examen bien raisonné, la fusion de ces genres.

Le nom de Munchausia a été employé par Heister pour désigner le genre Hibiscus, y. Kethie.

MUKDIE. Mundia. bot. Kunth fait du Polygala spinosa de Linné, un genre séparé, qu'il caractérise de la manière suivante : fleurs renversées ; calice persistant, irrégulier, composé de cinq sépales ; les trois extérieurs petits, les intérieurs grands et pétaloïdes; trois pétales insérés au-dessous d'un disque bypogynique, irréguliers, caducs, le supérieur courbé en casque, muni d'une crête dorsale, adné aux deux inférieurs par le moyen du tube des étamines; celui-ci formé par la réunion inférieure de sept à huit filets, fendu en avant, terminé par des anthères uniloculaires et bâillantes à leur sommet, embrassé parle pétale supérieur; ovaire à deux loges uniovulées; style simple; stigmate composé de deux lobes : l'un dressé, l'autre réfléchi ; drupe elliptique, accompagné à sa base du calice persistant, bi ou plus rarement unilociilaire ; graine pendante, attachée au-dessous de son sommet, et composée d'un périsperme charnu qui entoure un embryon renversé. L'unique espèce de ce genre croît au cap de Bonne- Espérance. C'est un arbrisseau dont les rameaux nombreux se terminent en manière d'épine, dont les feuilles sont très-entières et coriaces, les fleurs axillaires portées sur des pédoncules accompagnés de trois bractées a leur base. De Candolle en dislingue deux variétés.

MUNDULEA. bot. Sous ce nom. De Candolle {Piodrom. Syst. l^eget., 2, p. 249, et Mém. sur les Légumineuses, p. 260) a établi une section dans le genre Tcphrosia, laquelle devra peut-être former un genre distinct, quand les plantes qui la composent seront mieux connues. Elle renferme toutes les espèces décrites par Roxburgh, dans le Catalogue des plantes du jardin de CalcuKa, sous le nom de Robiniu, mais qui sont différentes des vrais Robinia. Ce sont des arbres ou des arbrisseaux indigènes de l'Inde orientale, à feuilles pennées avec impaire, à fleurs roses ou blanches, disposées en grappes axillaires, droites, quelquefois paniculées. Le calice est presque tronqué ou à cinq dents larges, courtes, un peu pointues; les étamines sont couslamment monadelphes; le style est glabre, filiforme; les gousses sont Irès-planes, et ne s'ouvrent pas facilement à leur maturité.

BÔS

MUNGO. MAJi. Synonyme de Civetle, Mangouste de l'Inde. Un Haricol poile aussi ce nom.

WUNGOS. BOT. Espèce du genre Opliiorrhize. y. ce mot.

MUNGUL. OIS. Espèce du genre Gros Bec. V. ce mot.

MUNIDÉE. Munida. crust. Genre de Décapodes macroures, delà famille des Galatéadées. institué par Leach qui lui assigne pour caractères : deuxième et troisième articles desantennessupérieureségaux en longueur; le premierarméde quatre épines; mandibules dépourvues de dents; extrémité du premier article de la troisième paire de pattes terminée par une épine, ainsi que le milieu inférieur du deuxième article : quatrième paire de pattes de longueur égale, arrondie et filiforme; doigts légèrement dentelés en dedans; un des pouces ou tous les deux échancrés à leur extrémité; cuisses des cinquième, sixième et septième paires de pattes, épineuses en dessus ; leurs ongles un peu épineux en dessous ; lest échancré en arrière, sillonné transversalement sur le dos : les sillons légèrement garnis, sur leurs bords, de poils dont l'extrémité se dirige en avant; bec en foime d'épine, armé de deux piquanis à chaque côté de sa base; abdomen profondément sillonné, garni de poils, à segments aigus latéralement; queue carrée transversalement, formée de plusieurs plaques, dont les deux postérieures plus grandes, légèrement échancrées sur leurs bords; angles des écliancrures arrondis.

MuNiDÉE RtGCïusE. Mutiiila riigosa, Leach. Quatrième paire de pattes épineuse, surtout à l'intérieur; six épines au deuxième segment de l'abdomen, quatre au troisième, toutes dirigées en avant. Ce Crustacé se trouve dans l'Océan.

WUNIER. OIS. Synonyme vulgaire de Sittèle. ^. ce mot.

WDNIS. BOT. F. Chaa.

JirNNlCKlA. BOT. Le genre institué sous ce nom par Reichenl)ach,dans la famille des Aristolochiées, paraît être identique avec le genre Biaganlia de Loureiro. f^. Bragantie.

lUUiNiNOZlE. Munnozia. bot. Genre de la famille des Synanthérées,Corymbifères de Jussieu et de la Syngénésie superflue, L., élabli par Ruiz et V3,\on{Sxslem. f^eyet. flor. Peruv., p. 1<J3) qui lui ont donné pour caractères essentiels : un involucre campanule, composé d'écaillés imbriquées, très-étroites, trifides; réceptacle alvéolé, garni de paillettes; akènes tronqués, striés, surmontés d'une aigrette poilue. Ce genre se compose de quatre espèces décrites par les auteurs de la Flore du Pérou et du Chili, sous les noms de Munnozia corymbosa, trinenis, venosissima et tanceolata. Ce sont des arbustes tomenteux, à feuilles opposées, et qui croissent sur les rochers, dans les lieux élevés du Pérou.

MUKTINGIE. Munlingia. bot. Genre de la famille des Tiliacées et de la Polyandrie Monogynie, établi par Linné, d'après Plumier, et présentant les caractères suivants : calice caduc, divisé profondément en cinq ou rarement en sept folioles égales, à préfloraison valvaire; pétales en même nombre que les divisions calicinales, plus longs que celles-ci et égaux entre eux; élamines nombreuses, hypogynes et libres, à anthères

elliptiques, émarginées des deux côtés, biloculaires et longitudiimlement déhiscentes; ovaire supère, sessile, entouré à la base de poils très-nombreux, à six ou sept loges pluriovulées; style nul; stigmate persistant, capilé, pyramidal et obscurément anguleux; baie globuleuse, ressemblant à une cerise, ombiliquée par le stigmate, à plusieurs loges polyspermes; graines nageant dans une pulpe, munies d'un albumen charnu, et d'un petit embryon. Ce genre, voisin de VApeiba d'Aublet, ne renferme qu'une seule espèce, j1/«w<rîi^;a Calabura. Lin. et Jacquin (Amer., p. 100, t. 107). Cet arbrisseau se trouve dans les îles Caraïbes et sur la côte de Cumana oii les habitants lui donnent le nom de Mahaujn. Ses feuilles sont alternes, presque sessiles, oblongues, acuminées, obliques à la base. accompagnées de stipules géminées. Les fleurs sont blanches, solitaires, géminées ou lernées, et munies de bractées.

WimT-JAC. MAM. Espèce du genre Cerf. y. ce mot.

MUNYCHIE. Munychia. bot. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Asléroidées, institué par H. Cassini qui lui donne pour caractères : calalhide courteraent radiée; disque multiflore, régulariflore et androgyniflore; couronne courte, unisériée, continue, multiflore, liguliflore, féminiflore; péricline hémisphérico-cylindracé, inférieur aux Heurs du disque, formé de squammes paucisériées, irrégulièrement imbriquées, appliquées, étroites, oblongues-lancéolées ou presque linéaires, subcoriaces : les squammes intérieures ayant une base épaisse, charnue, gibbeuse, subglobuleuse, el les bords latéraux membraneux; clinanthe planiuscule, absolument nu, à peine favéolé; fruits pédicellulés, comprimés bilatéralement, obovales-oblongs, noirâtres, hispides. bordés d'un bourrelet sur chacune des deux arêtes intérieure et extérieure, et surmontés d'un petit bourrelet apicilaire; aigrette blanche, arquée en dedans, presque aussi longue que le fruit, composée de squammelles unisériées, égales, filiformes; corolles du disque à cinq divisions : celles de la couronne à languette un peu arquée en dehors, courte, large, elliptique, ordinairement bidentée au sommet. Les IMunychies sont des plantes herbacées, diffuses, rameuses el faiblement velues; leurs feuilles sont pétiolées, opposées, ovales et dentées; les pédoncules sont terminaux et axillaires, dépourvus de feuilles et allongés; les capitules sont solitaires; les fleurs du disque sont jaunes et celles de la couronne blanches; les akènes sont noirâtres et les aigrettes très-blanches. Ces plantes appartiennent au cap de Bonne-Espérance.

MtJNYCHiE DE LA Cymbalaire. Mmiychia Cymbalariœ, Nées; Munychia Brachyoïjlossa, Cass.; Asler Cymbalariœ, Tbunb.; Aster opposilifolius, Lin. Ses feuilles sont pétiolées, ovales, dentées; toutes les fleurs de la calathide sont fertiles; son involucre est glabre, formé d'un double rang de squammes.

MUQUEUX 00 MUQUEDSE. rept. Espèce du genre Couleuvre. /^'. ce mot.

MUR. 5im. Dans l'exploitation des mines el des pierres, on appelle Mur l'époute sur laquelle repose le filon dont on extrait le rainerai ou la couche dont on détache les blocs.

MURiïNA. POIS. y. AIcrèive.

MURyTNOIDES. POIS. Même chose que Gunnellcs. y. ce mol.

MIIR.\LTA. BOT. Adanson (Familles des Plantes, vol. II, p. 460) donnait ce nom à un genre formé sur le Clematis cinhosa, L. Ce genre n'a pas élé admis par De CandoUe, qui en a seulement conslilué une section dans le genre Clematis, à laquelle il a imposé une nouvelle dénomination, celle de Cheiropsis, dans la crainte que la similitude du nom de Mitralta avec le Murallia de Necker n'occasionnât de la confusion.

MURALTIE. Murallia. bot. Genre de la famille des Polygalées et de la Diadelpliie Octandrie, L., établi par Necker et adopté par De Candolle (Prodiom.Sxst. nat. P'eget., 1, p. 555) qui l'a ainsi caractérisé : calice glumacé, à cinq sépales presque égaux; corolle à trois pétales soudés, celui du milieu bifide, à lobes obtus; huit étamines dont les filets sont soudés inférieurement avec les pétales et se divisent supérieurement en deu.\ faisceaux portant des anthères uniloculaires et déhiscentes au sommet par des pores; ovaire surmonté de quatre cornes ou tubercules ; capsule également à quatre cornes ou à quatre tubercules, bivalve et biloculaire. Ce genre avait été primitivement établi parBergius (Flor. cap., 185), sous le nom de Heisleria qui n'a pas été admis, parce qu'il existe un genre du même nom, appartenant à une autre famille. F. Heistêrie. Linné, Thunberg, Poiret et Willdenow l'ont confondu avec les Polygala. Le nombre des espèces de Murailles est assez considérable. De Candolle (loc. cit.) en a décrit vingt-quatre espèces, sans compter treize autres qui ne sont pas assez connues. Ce sont des sous-arbrisseaux Irès-rameux, qui croissent au cap de Bonne-Espérance. Le type du genre est le Murallia Heisleria, De Cand.; Heisleria pumjens, Berg.; Polygala Heisleria, L., dont les feuilles sont triquètres, épineuses, roides, fasciculées, les fleurs d'un rouge vif, et sessiles. On cultive celte plante dans les serres de quelques jardins de botanique.

MURCHISONITE. my. Substance minérale ainsi appelée par Levy, du nom de celui qui en a fait la découverte à Dawlish,dans une roche composée de Quartz, de quelques parcelles de Mica et de très-petits cristaux de Tourmaline noire. Elle est cristallisée et se clive en trois directions différentes; deux des clivages sont perpendiculaires l'un à l'autre et ressemblent aux deux clivages principaux du Feldspath commun; ils s'obtiennent avec la même facilité, et présentent les mêmes caractères; le troisième a un aspect nacré; il s'obtient aussi aisément que les deux autres, et se trouve perpendiculaire à l'un d'eux, et incliné sur l'autre de 106" 50'. Cette substance est opaque, blanche, avec une légère teinte de rougeâtre; la forme des cristaux est le prisme rectangulaire donné par le clivage, simple ou modifié sur l'arête horizontale aiguë de la base. L'incidence de la facette modifiante sur cette base, est d'environ 120». Ces cristaux sont fréquemment maclés. Les joints et les plans parallèles au clivage nacré offrent souvent une teinte d'un jaune d'or. La dureté de ce minéral est inférieure à celle du Feldspath ; il p,èse spécifiquement 2,509. L'analyse par Phillips a donné ; Silice 08,6 ; Alumine 16,6; Potasse 14,8.

MURDANNIE. Murdannia. bot. Genre de la famille des Commélynacées, établi par Royle ( Himalay. 403, t. 95) qui lui assigne pour caractères : folioles externes du périgone au nombre de trois, les internes en nombre semblable, mais plus longues, pétaloïdes et sessiles; six étamines dont les filaments sont barbus ; les trois opposées aux folioles externes du périgone sont fertiles, les trois autres, alternes avec ces mêmes folioles, sont stériles; loges des anthères parallèles; conneclif ù double pédoncule et muni de trois glandes; ovaire décliné; style filiforme; stigmate tridenté.

McRDANniE scApiFLOHE. Muriiaunia scapiflora, Royle; Commelyna scapiflora, Roxb. C'est une plante herbacée, à feuilles radicales ensiformes, aiguës; à tige terminée par une grappe de fleurs bleues, portées sur des pédicelles serrés, et dont la base est entourée d'une gaînc membraneuse. Cette plante se trouve dans l'Inde.

MURE. BOT. Fruit du Mûrier.

MURE. MOLi. Nom vulgaire d'une Cérithe, d'une Ricinule et d'une Pourpre.

MURE BLANCHE. Moii. Synonyme vulgaire de Bmccimtm echinalum. F. Boccm.

MURENA-SIREN. rept. Gmelin nomme ainsi le Siren lacertinu de Linné. F. SiRiîNE.

MURÈNE. Murœna. pois. Genre de la famille des Anguilliformes, dans l'ordre desMalacoptérygiens Apodes; caractères : opercules petits, entourés concentriquement par les rayons, et développés aussi bien qu'eux dans la peau, qui ne s'ouvrent que fort en arrière par un trou ou une espèce de tuyau; disposition qui, abritant mieux les branchies, permet aux Murènes de demeurer plus longtemps qu'aucun autre Poisson hors de l'eau sans périr; écailles presciue insensibles et comme encroiltées dans une peau grasse et épaisse; point de ventrales ni de coecums; anus percé fort en arrière. Toutes les Murènes sont des Poissons carnivores et voraces; et leur chair est en général tendre, blanche et agréable à manger. Leurs yeux sont grands; leurs teintes livides ou sombres; la mucosité qui transsude de leur peau les rend difficiles à saisir, et leur premier aspect inspire une certaine horreur. On les divise ainsi qu'il suit :

■f AnGCiiLE. Anguilla. Les Anguilles, dit Cuvier (Règne Anim., t. ii, p. 230), se distinguent par le double caractère des nageoires pectorales et des ouïes s'ouvrant, de chaque côté, sous ces nageoires. Leur estomac est un long cul-de-sac, et leur intestin est à peu près droit; la vessie aérienne, allongée, porte vers son milieu une glande propre. La dorsale, qui commence à une assez grande distance en arrière des pectorales, et qui est très-prolongée, se joint à l'anale pour ne former qu'une nageoire caudale, pointue, régnant tout autour de la partie postérieure du corps. * Mâchoire supérieure plus courte que l'inférieure.

McRÈNE ApiGDiliE. Murœiia Jiiguilla, L., Encycl., Pois., pi. 24, fig. 1. Qui ne connaît l'Anguille? Ses couleurs sont tristes; un brun noirâtre tirant quelquefois sur le fauve s'étend sur le dos, et les parties inférieures du corps sont plutôt plombées qu'argentées. La mucosité dont se couvre la peau est véritablement

MIII\Î;KE. murena.

■ OPinSTIRE serpent de mer.

.MURÉ]SiE zehve.

. coupe du corps

. SPHAGE BRANCHE aveugle, t. tète \iLe en dessous .

ÎI U R

dégoûlante. Les mœurs de l'Anguille sont analogues à sa tournure suspecte. Nageant avec autant de facilité en arrière qu'en avant, le plus souvent rampant au fond des mares sur la vase qu'elle sillonne; nocturne, sauvage, vnrace, elle se vautre dans la bouc ((ui semble être son élément, afin d'y passer la saison froide ou pour y surprendre sa proie. Sur tous les points du globe, on trouve des Anguilles dans les eaux douces et limpides, coulant sur un fond vaseux; on assure qu'il en a été péché en Angleterre qui pesaient dix-huit livres. Elles ont la vie dure, et peuvent nager encore quelques instants après qu'on les a écorchées; on les trouve parfois à de grandes distances des eaux dans les prairies humides de rosée, rampant, à la manière des Couleuvres, à travers l'herbe, pour passer d'un étang à un autre. Leur chair prend facilement le goût des lieux qu'elles fréquentent. On les voit souvent lemonter certaines rivières en troupes très -nombreuses. Elles descendent rarement dans la mer, sur les bords de laquelle on trouve parfois des individus égarés. Elles s'enfoncent dans le sol humide si l'eau vient à s'évaiiorer, pour reparaître dès que l'eau revient. On a longtemps cru que les Anguilles n'avaient pas de sexes, et qu'elles s'engendraient spontanément de la vase. Cependant dès longtemps Rondelet avait fort bien su ce qui en était, et dit que, s'accouplant à la manière des Serpents, les femelles ne produisaient qu'un petit nombre d'oeufs qui éclosaicnt dans leur corps à la manière de ceux des Vipères, et qu'elles déposaient leurs petits dans la boue. Comme les Anguilles peuvent produire de tels petits plusieurs fois par an, que leur vie atteint, dit-on, jusqu'à un siècle, leur multiplication est extraordinaire, et on les verrait remplir les eaux si les Brochets, les Loutres, les Hérons et les Cigognes n'en détruisaient une immense quantité. A leur tour les Anguilles détruisent beaucoup de Poissons; elles vivent dans leur jeunesse de larves, de Lombrics et autres faibles animaux; puis elles attaciuent les petits Poissons et les Grenouilles, enfin elles finissent par se jeter sur les Carpes et même sur les Canards qu'elles saisissent par les pattes quand ils nagent, et qu'elles noient, pour s'en repaître ensuite sous les eaux. d. a. c, 1100, p. 19.

** Mâchoire supérieure plus longue.

On ne connaît encore qu'une seule Murène de cette division : Murœna lotifjicollis, Cuv.; c'est celle que Lacépède {loc. cit., p. 26G) a décrite comme le Myre de l'antiquité, et qu'il a fait figurer sous ce nom (pi. ô, fig. 3)., Son museau est fort pointu ; les bords des mâchoires et le milieu du palais sont garnis de deux ou trois rangées de petites dents égales; deux appendices très-courts et cylindriques sont placés sur la lèvre supérieure. L'unique nageoire, formée de la dorsale et de l'anale lout autour du corps, fort longue, est blanche avec un liséré noir. On la trouve dans la Méditerranée.

tt Congre. Conger. Les Murènes de ce sous-genre ont comme l'Anguille commune l'ouverture des ouïes deiTîère les pectorales, au-dessus desquelles commence la dorsale. Leur corps est parfaitement cylindrique, et la mâchoire supérieure est plus longue que l'inférieure. Tous les Congres sont marins et véritablement féroces.

Murène Congre. Murœna Conger, Lin., Eiicycl., Pois., pi. 24, fig. 82. C'est la plus grande espèce de Murène; il n'est pas rare d'en trouver de six pieds de long et de huit pouces de diamètre. Leurs yeux sont énormes. Leur nageoire cîrconférencielle est blanchâtre, bordée de noir; leur dos est d'un cendré bleuâtre avec des teintes verdàtres ou plombées ; leur ventre est d'un blanc jaunâtre, offrant pourtant des teintes assez douces. Leur agilité égale leur audace; ils attaquent les plus gros Poissons, et dévorent jusqu'à leurs pareils. Leur chair est ferme, blanche, très-savoureuse et même saine; aussi les anciens l'estimaient-ils, en recherchant particulièrement celle des Congres de Sicionnes. Le Congre se trouve non-seulement dans les mers de l'Europe, mais jusqu'aux Antilles. Le Congre a la vie trèsdure, il se défend contre le pêcheur; s'il mord un objet quelconque, et que d'un autre côté il se cramponne par la queue, il se laisse plutôt arracher la mâchoire que de lâcher prise. Les anciens, et Oppien particulièrement, croyaient qu'il s'accouplait à la manière des Serpents; ce qui serait très-possible, puisque l'on a vu que les Anguilles se reproduisaient par un mode de génération entièrement analogue à celui des Serpents. B., 10, D. A. c, 306, p., 19.

McRÈNE Myre. Murœna M^rus, L., Grael., loc. cit., p. 1.Ï4. Ce Poisson fut connu des anciens qui le regardaient comme le mâle de la Murène commune. Semblable au Congre commun pour la forme, il est cependant plus petit; il est d'ailleurs blanchâtre, avec des taches ou points noirs au museau ainsi qu'à la nuque, et une bande foncée, transversale, sur l'occiput. On le nomme vulgairement Muro. Forskahl décrit comme une variété de ce Poisson (/3, tota cinerea) une espèce de la mer Rouge, qui passe pour vénéneuse. On a vu que la Murène mentionnée et figurée par Lacépède sous ce nom n'était pas elle.

hesMurœna Balearica, Mfstax, Cassinii, nigra et Stronijylodon, que Delaroche, Schneider et Risso ont fait connaître, sont les autres espèces du sous-genre Congre.

ftt Ophisbre. Ophisuriis. Les Murènes de ce sousgenre diffèrent des Anguilles en ce que la dorsale et l'anale se terminent avant d'arriver à la queue, qui, de la sorte, se trouve en forme de poinçon et dépourvue de nageoire.

* Pectorales de la grandeur des autres Murènes, avec les dents aiguës et tranchantes.

Mdrène Serpent de mer. Murœna Serpens,L. Sa longueur dépasse souvent deux toises. Elle fait le passage, pour les formes, des Poissons aux Ophidiens. Elle est grosse comme le bras, brun dessus et argentée dessous, avec le museau grêle. Elle est fort agile; on la trouve sur les côtes d'Italie, particulièrement des États romains, où elle se propage jusque dans les lagunes de l'intérieur. On compte vingt rayons à la branchiostège.

Le Murœna O/ihis de Bloch, pi. 134, et leguttatus de Cuvier, espèce nouvelle de Surinam, doivent se placer après le Serpent de mer.

** Pectorales excessivement petites; dents obtuses.

On doit rapporter à cette section des Ophisures le Colubrin, <iui est le Murcnophis colubrina, Lacép.,

Pois., t. V, pi. 19, f. Ij le Mtirwna viaculosa de Cuvier, (K'crit eL figuré mal à propos par Lacépède, t. II, pi. G, fig. 2, comme l'Opliis; el le Mtirœna fasciata de Tlianberg. On trouve dans la relation de Léguât la description d'un Poisson appelé Serpent de mer, que ce voyageur pécha sur les récifs de l'île Maurice, où il était exilé, el qui parait devoir être placé ici. tttt MoRÈNES proprement dites, appelées Gyninolliorax par quelques iclilliyologistes. Ces Poissons manquent entièrement de pectorales; leurs branchies s'ouvrent par de petits trous latéraux ; leurs opercules sont si minces et leurs rayons branchiostèges si grêles et tellement cachés sous la peau, que d'habiles naturalistes, dit Cuvier, en ont nié l'existence. Leur estomac est un sac court, el leur vessie aérienne, petite et ovale, est placée vers le haut de l'abdomen. Lacéi)ède a formé de ces Murènes proprement dites, trois genres que Cuvier n'a pas conservés : 1" Mcreivophis, où la dorsale et l'anale sont bien visibles, et les dents tranchantes; 2'> GYBftoucRÈNES, OÙ l'on n'aperçoit pas de nageoires bien distinctes, et qui ont leurs dents très-petites et serrées; .5" Mdrè»(oblew«es, qui répandent beaucoup de mucosité par toute la surface de leur corps.

Murène commbne. Murcena Helena, L.; la Flûte, Encycl., Pois., pi. 23, fig. 79. C'est un Poisson rusé, carnassier et vorace. Il a son corps tout diapré de vert el de noir, des formes qui ne sont pas sans élégance, mais avec des airs de reptile qui inspirent un certain effroi ; ses mœurs sont à peu près celles de l'Anguille commune, qu'en rapproche la délicatesse de la chair, mais elle habite la mer et les eaux saumàtres de ses bords, tandis que l'Anguille ne s'y trouve qu'accidentellement. Cependant la Murène vit et prospère dans les viviers qu'on lui prépare, pourvu qu'on y ménage des retraites sombres pour qu'elle s'y puisse soustraire aux ardeurs du jour. La Murène abonde dans la Méditerranée, surtout vers les côtes d'Italie et de Sardaigne.

Les Miirœna reticularis et Âfra de Bloch, pi. 416 el 417; favagiiiea et punctata de Schneider, pi. 103 et 526; unicolor de Delaroche, Ann. du Mus., 13, pi. 23, fig. 15, qui est le Chrislini de Risso; enfin les MureiiOjjhis Hatij de Lacépède, t. v, pi. 17, fig. 2; gn'sea, pi. 19, fig. 3, el la Panthérine de Lacépède, sont les autres Murènes de cette division.

Les Murenophis utidata et sfetlata de Lacépède, la première représentée sous la fig. 2 de la pi. 19, t. v de son Histoire des Poissons, et la seconde dans Séba, t. II, pi. 69, fig. 1; le Murœna sordida de Cuvier, représenté dans le même Séba, loc. cit., fig. 4, et le Murœna catenata de Bloch, pi. 413, sont les Murènes proprement dites, qui ont les dents obtuses, l'estomac plus allongé, et leur vessie natatoire encore plus petite. Risso a fait connaître un Murœna Saga qui a les dénis menues et serrées, avec le museau pointu et la bouche très-peu fendue.

Le Murœna Zébra de Schneider, qui est encore une Murène, est le Gyranomurène cerclé de Lacépède, t. v, pi. 19, fig. 4. Sa Murène bleue olivâtre, t. v, p. 635, doit aussi se placer dans cette division. Ce Poisson, rapporté du détroit de Magellan, n'est guère connu que

par une phrase de Commerson, qui le dit être long de quinze à dix-huit pouces, avec les formes du Congre, sans tache, et d'un verdàlre tirant sur l'olive.

ttttt Sphagébrapiches. Sphagebranchus. Ces Poissons ditfèrent des précédents en ce que les ouvertures des ouïes y sont rapprochées l'une de l'autre, sous la gorge; les nageoires verticales ne commencent dans la plupart à devenir apparentes que vers la queue, mais manquent parfois totalement; le museau est avancé et pointu. Il en est qui manquent de pectorales, tels que le Sphagebranchus roslratiis de Bloch. pi. 419, fig. 2, dont Risso avait fait son Leptocéphalede Spallanzani, et le Monoplère de Lacépède, t. v, p. 139. D'autres en présentent de petits vestiges, comme le Spliagebrancltus imberbis de Delaroche, Ann. du Mus., t. xiii, pi. 23, fig. 18. D'autres enfin sont totalement nus, et ressemblent conséqnemment à des Serpents par l'absence de toute nageoire apparente. Ce sont les Murènes dont Lacépède a fait son genre Cécilie, appelé Aptérichlepar Duméril; on ne connaît encore dans cette sectionquela Branderienne,qui est la Murène aveugle, Murœna cœca, Gmel., Syst. nat., xiii, t. 1, p. 1133, figurée par Delaroche, Ann. du Mus., t. xiii, pi. 21, fig. 6. tttttt Symbraische; Synbranchus, que Lacépède appelait Unibranchaperlure. C'est un sous-genre où les branchies ne communiquent plus au dehors que par un seul trou percé sous la gorge et commun aux deux côtés. Ces Murènes n'ont pas de pectorales, et leurs nageoires verticales sont entièrement adipeuses. La tête est grosse et le museau arrondi; les dents sont obtuses, les opercules en partie cartilagineux; les rayons des ouïes sont forts et au nombre de six. Il n'y a pas de cœcums. Le canal intestinal est tout droit, l'eslomac s'en distingue à peine par un peu d'ampleur et une valvule au pylore. On en connaît cinq ou six espèces, entre lesquelles le marmoratus de Bloch, pi. 418, est commun dans les marais el les eaux douces de la Guiane, où ce Poisson semble représenter notre Anguille, tandis que Vimmaculatus de Bloch, pi. 419, qu'on prétend se trouver à Surinam, se rencontre dans l'Inde, surloul aux environs de Tranquebar.

L'Alabès, que Cuvier regarde encore comme un simple sous-genre de Murène, a déjà été décrit comme formant un genre particulier au premier tome du présent Dictionnaire.

MURÈKOBLENNE. pois. F. Mcrèpie.

MDRÉNOIDE. pois. Espèce du genre Blennie. MURENOPHIS. pois. (Lacépède.) A'. Mcrène. MURER. BOT. L'un des noms vulgaires du Cheirantliiis Cheiri, L.

MUREX. iioLL. Klein, dans sa méthode, avait établi une classe sous celle dénomination qui est employée pour désigner le genre Rocher. (^. ce mot. Cette classe répond assez bien au genre Murex de Linné; il la divise en deux genres : le premier. Murex frondosus, renferme les Coquilles rameuses ou à longues épines; le second. Murex costosus, comprend seulement celles du même genre qui n'ont pas les' varices armées d'épines : ces caractères, très-vagues, l'ont porté à réunir dans ces genres un bon nombre deCoquilles ipii ne pouvaient y convenir.

MUKIACITB. MiR. Ce nom a été employé par pliisiouts niinéralogisles, pour distinguer la Cliaux sulfalée anhydre, y. Ch\ux.

MURIATES. MiFC. CHiai. On donnait ce nom à un genre de Sels dont l'un des générateurs était l'Acide muriatique, aujourd'hui nommé Hydrochlorique. Ces Sels ont par conséquent été nommés Hydrochlorates.

MURIATES OXIGÉNÉS et MURIATES SUROXIGÉ- KÉS. Mm. CHiM. C'était ainsi qu'on nommait les Sels formés par l'Acide muriatique suroxigéné, comhiné sur les diverses hases. La nature de cet Acide ayant été mieux connue, on en a changé la dénomination en celle d'Acide chlorique, et par suite les Sels qu'il produit ont été nommés Chlorates.

MURICAIRE. Muricaria. bot. Genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliculeuse, L., élahli par Desvaux (Journal de Botanique, 5, p. 159), et ainsi caractérisé : calice à quatre sépales presque dressés, égaux à la base; corolle à quatre pétales entiers et égaux; six étamines tétradynames, dont les filets sont dépourvus de dents; style couit, surmonté de deux stigmates formant une pointe mousse et conique; silicule coriace, globuleuse, indéhiscente, uniloculaire, monosperme, hérissée d'aiguillons; graine globuleuse, insérée latéralement, à cotylédons probablement condupli<|ués. Ce genre est formé sur une plante placée parmi les Bunias par Desfonlaines, et que Persoon avait réunie à son genre Lœlia qui n'a pu être admis (el que l'avait constitué ce botaniste. Comme ses cotylédons ne sont pas bien connus, c'est avec quelque doute que De Candolle (Syst. Feget. nalitr., 2, p. 647) l'a placé dans sa tribu des ZiUées, caractérisé par les cotylédons condupliqués.

Le Muricaria prostrala, Desv., loc. cit.; Bunias prostrata, Desfont., FI. Allant., 2, p. 76, l. 150, est une plante herbacée, dont la racine émet plusieurs tiges couchées, garnies de feuilles pinnalilobées et alternes. Ses fleurs, de couleur blanche, sont disposées en grappes opposées aux feuilles ou terminales. Celte |>lante croit dans le royaume de Tunis.

MDRICALCITE. min. L'un des noms vulgaires de la Chaux carbonatée magnésifère. y. Chaux.

MURICÉE. il/Mficea.poLTP. Genre de l'ordre des Gorgoniées, dans la division des Polypiers Corticifères, ayant pour caractères : polypier dendroïde, rameux; axe corné, cylindrique, souvent comprimé à l'aisselle des rameaux; écoroe cylindrique, d'une épaisseur moyenne; cellules en forme de mamelons saillants, épais, couverts d'écaillés imbriquées et hérissées; ouverture étoilée, à huit rayons. Ce genre a été établi par Lamouroux (Exp.méth. des Polyp.). L'axe des .Muricées, légèrement aplati, l'est davantage aux bifurcations et aux extrémités des rameaux qui sont presque régulièrement dichotomes. L'écorce est assez épaisse, de couleur blanche ou jaunâtre, dans l'état de dessiccation, et toute couverte de cellules tubuleuses, petites, serrées, éparses, redressées, munie en dehors d'écaillés fusiformes, imbriquées, qu'on n'aperçoit distinctement qu'au moyen d'une loupe. Ces écailles sont de grosseurs inégales; les plus volumineuses, vues au microscope, sont demi-transparentes el couvertes de petites aspé-

rités. Ce genre renferme les Muricea spicifera et elongata.

MURICIE. M«n"c/a. bot. Loureiro (FI. Cochinch., 2, p. 732) a constitué sous ce nom un genre de la Monœcie Triandrie, L., auquel il a donné les caractères suivants : Heurs monoïques; calice à cinq divisions striées, subulées, égales; corolle à cinq pétales ovales, lancéolés; trois étamines dont les tilels sont courts, épais, dilatés et soudés par la base; deux anthères à deux lobes écartés, munis d'un appendice hasilaire, la troisième simple. Les Heurs femelles ont un ovaire ovoïde, allongé, surmonté d'un style épais, cylindrique et de trois stigmates; baie d'un ronge pourpre, uniloculaire, hérissée, contenant plusieurs graines orbiculaires et tuberculeuses sur leurs bords. Ce genre qui n'a pas encore été placé dans l'une des familles naturelles connues, ne se compose que d'une seule espèce nommée par l'auteur Muricia Cochinchinensis. C'est un arbrisseau à tiges grimpantes et munies de vrilles. Ses feuilles sont alternes, pétiolées, glabres, veinées, denticulées, et divisées en cinq lobes, les trois supérieurs acuminés, les deux inférieurs plus courts et obtus. Les fleurs, d'un jaune pâle, sont éparses, solitaires, portées sur de longs pédoncules et enveloppées chacune d'une spathe verdàtre. Cet arbrisseau croît à la Chine et à la Cochinchine, oii l'on emploie ses baies pour colorer les aliments.

MURICITES. Moii. Ce nom désigne, dans quelques oryctographes, des espèces fossiles du genre Rocher, Murex.

MURICULÉ. Muriculatus. zoot. bot. C'est-à-dire garni de petites pointes mousses.

WURIDE. MIN. y. Brôse.

MURIER. Morus. bot. Genre de la famille des Urticées, tribu des Artocarpées, et de la Monoecie Télraudrie, L., composé d'un assez grand nombre d'espèces, originaires du nouveau et de l'ancien continent, et offrant pour caractères distinctifs : des fleins unisexuées, monoï(iues, rarement dioïques, disposées en chatons ovoïdes ou globuleux, ayant un calice à quatre divisions profondes : les mâles, qutfre étamines à filaments grêles, et recourbés vers le centre de la fleur avant son épanouissement; les femelles, un ovaire libre, un peu comprimé, lenticulaire, à une seule loge monosperme, surmonté de deux stigmates linéaires, glanduleux et pointus sur leur face interne. Le fruit se compose du calice persistant dont les écailles sont devenues charnues et recouvrent le fruit lui-même, qui est un akène un peu comi)rimé, dont la graine offre un embryon recourbé, dépourvu d'endosperine. Les Mûriers sont des arbres le plus souvent lactescents, portant des feuilles alternes, rarement opposées, munies de deux stipules caduques à leur base. Les fleurs forment des chatons qui tantôt sont axillaires, tantôt terminent les ramifications de la tige. Plusieurs des espèces de ce genre sont cultivées dans les jardins.

Merier noir. Morus nigra, L. On ne sait pas encore positivement aujourd'hui quelle a été la patrie primitive de cet arbre. Les uns le font originaire de la Chine, d'où il aurait été transporté en Perse et dans l'Asie- Mineure, avant d'arriver en Europe; les autres croient

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