‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles (volume 5)Chapitre 28 sur 119 · Point d'éminence nasale · texte numérisé non relu

Point d'éminence nasale

A. Antennes |j1us longues que la tète. Genres ; Cèratophie, Aphrite (MiCRUDON, Meig.).

B. Antennes plus courtes que la tèle.

a. Palette (dernier article) des antennes ohlongue, presque en forme de triangle allongé. Genres : Mé-

KODON, ASCIE.

b. Palette des antennes courle ou i)eu allongée, presque orbiciilaire ou presque ovoïde.

• Abdomen rétréci à sa base, en forme de massue. Genre : Spuégine.

•"' Abdomen point rétréci à sa base, soit triangulaire ou conique, soit presque cylindrique.

t Ailes ne dépassant guère l'abdomen. Genres : Ed-

MÉRE, XyLOTE, MlLÉSlE, TROPIDIE, PiPlïE.

tt Ailes beaucoup plus longues que l'abdomen. Genre : Braccyope.

II. Trompe de la longueur au moins de la tête et du thorax, linéaire; museau long et avancé. Genre ; Khingie.

SYRRHAPTES. OIS. y. Hétéroclite.

SYRRHOPODON. bot. [Mousses.) Genre établi par Scbvvaegriclien, et dont le nom a été changé par Bridel en celui de Cleilosloiiia; cet auteur le caractérise ainsi : péristome simple, à seize dents cunéiformes, étendues hoiizontalement sur l'orifice de la capsule, et le fermant complètement ou en partie; coiffe campanulée, glabre, fendue à la base; capsule égale, sans anneau. Il divise ce genre en deux sections; dans l'une la capsule est pendante ; elle ne renferme qu'une seule espèce, le Pterogonium ambhjuuiii de Hooker; dans l'autre les capsules sont droites; ce sont les vraies Synophodon de Schwsegricbeii, qui en a décrit cinq espèces toutes exotiques et des régions chaudes.

SYRTIS. INS. Genre de l'ordre des Hémi|)tères correspondant aux Phymates de Latreille. y. ce mot.

SYSTASITE. Syslasis. ins. Hyménoptères; genre de la famille des Clialcidiens, tribu des Ptéromalites, in-

stitué par\Valckenaer,quilHi assigne pour caractères ; antennes un peu renflées à l'extrémité, composées de douze articles, dont les troisième et quatrième trèspetits ; mandibules tridentées ; palpes maxillaires assez longues, de quatre articles; palpes labiales un peu plus courtes et de trois articles seulement; prolborax large et très-court; abdomen ovale, un peu allongé.

Systasite Monde. Syslasis /I/mjk/ms, Walck. Son corps est vert, avec la partie postérieure de la tête d'un vert plus bronzé; antennes noires; ailes diaphanes; pattes rousses; abdomen d'un vert bronzé ou noirâtre. Taille, une ligne et demie. Europe.

SYSTÈME CELLULAIRE. On donne ce nom à l'ensemble du tissu cellulaire chez les animaux, c'est-à-dire à celui de tous les tissus organiques qui est le plus généralement répandu, qui entoure tous les organes de l'économie, les unit et en même temps les isole les uns des autres, les pénètre et concourt à leur composition. Ce tissu, qu'il serait peut-être plus convenable de nommer tissu celluteux, et que Chaussier appelle tissu lainiiieiix, est un assemblage de lamelles, de filaments très-fins, mous, blanchâtres, extensibles, entrecroisés en une foule de sens différents, laissant dans leurs intervalles des aréoles, des vacuoles, des sortes de cellules nombreuses et irrégulières, qui communi<iuent toutes les unes avec les autres, et qui sont le siège d'une exhalation séreuse, dont le produit s'amasse en plus ou moins grande quantité dans leur cavité, mais qu'il faut bien se garder de confondre avec la graisse, humeur produite par un tissu spécial, le tissu adipeux, développé lui-même dans le tissu cellulaire.

Malgré la profusion avec laquelle le tissu cellulaire est répandu dans l'économie, les zoologistes ne sont point d'accord sur sa véritable structure et ne le considèrent pas tous sous le point de vue d'après lequel il vient d'êtie présenté. Haller, par exemple, le compose de cellules distinctes, d'une forme et d'un volume déterminés, et résultant de l'entrecroisement de lamelles multipliées. Bordeu,Woltî et Meckel, au contraire, le regardentcomme une substance simidementvisi|ueuse, tenace, dépourvue de lames et de cellules. Ce qui parait certain, c'est que ce tissu n'est doué d'une organisation bien distincle que dans les endroits où son épaisseui' est considérable, tandis que dans ceux où il ne forme qu'une couche mince, il semble inorganique. Quant aux cellules qu'il présente, il faut les considérer comme des vides ouverts de toutes parts, comme des espaces irréguliers, situés entre ses lames et ses fibres, et communiquant ensemble d'un bout du cor|>s à l'autre, à la manière des vacuoles d'une éponge. En coiiséquence de cette dernière particularité, les liquides et les gaz pénètrent le tissu cellulaire avec la plus grande facilité. On voit tous les jours les bouchers le distendre avec de l'air, qu'ils y poussent à l'aide d'un soufflet et qui se répand dans toutes les régions du corps des animaux soumis à cette ojiération. Il n'est point de chirurgien ou de vétérinaire qui n'ait eu occasion de remarquer que le même phénomène a lieu lors de l'emphysème, c'est-à-dire dans les cas d'épanchemenl morbide de gaz dans le tissu dont il s'agit. Les analojnisles, à l'aide d'injections artificielles, peu-

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vent de même remplir, de proclie en proche, loules ses jiarlics vides; et Iors(|ue, dans les cas d'ecchymoses, le sang s'infiltre et se dissémine dans les parties voisines du siège de la contusion, on observe que ce liquide suit absolument la même marche.

l.e tissu cellulaire est donc partout continu à luimême, et cette continuité est principalement sensible dans les grands vides qui séparent les organes les uns des autres. C'est ainsi que celui du cou, par exemple, communique par en haut avec celui delà tête, et inférieurement avec celui du thorax; que celui de cette dernière cavité se prolonge dans l'abdomen et a des connexions marquées avec celui des membres supérieurs ; que celui de l'abdomen est lié à celui des membres pelviens parle moyen des prolongements qui traversent les arcadescrurales, les anneaux inguinaux, les échancrures scialiques, etc.

Ce tissu constitue, en outre, pour chaque organe, une enveloppe (|ui lui est propre, <|ui varie en épaisseur et qui envoie des ramificalions dans son intérieur. Il forme des gaines autour des artères, des veines, des conduits excréteurs, des vaisseaux lymphatiques; il unit, par une de leurs faces, la peau et les membranes muqueuses et séreuses aux parties environnantes; il recouvre les muscles d'une couche fort épaisse, pénètre entre chacun de leurs faisceaux, entre chacune des fibres de ceux-ci, de manière à représenter une série de canaux emboîtés, se continuant les uns avec les autres, de la même manière que l'enveloppe cellulaire propre aux différents organes se continue avec l'enveloppe générale du corps. Enfin, les glandes, leurs lobes, leurs lobules et les grains (|ui composent ceux-ci, sont de même isolés entre eux ou des parties voisines |)ar des enveloppes du même genre, successivement de plus en plus petites.

Le tissu cellulaire est pellucidc, blanchâtre ou légèrement coloré en jaune. Il est très-extensible, et offre une force de résistance plus ou moins prononcée, suivant les régions du corps oil on l'examine; il est aussi pinson moins abondant, suivant les mêmes circonstances.

Dans le canal vertébral, et surtout à l'intérieur, on n'observe presque point de tissu cellulaire, tandis que l'extérieur du crâne, et surtout le devant de la colonne rachidienne, en offrent en quantité. A la tête, la face renferme en général beaucoup de tissu cellulaire, C(mime on peut s'en convaincre en examinant les orbiles, les joues. Toutes choses égales, d'ailleurs, vu les enveloppes qu'il fournit nécessairement à chaque organe, il doit exister en plus grande abondance là où il y a un plus grand nombre d'organes, comme au cou, par exemple, le long des vaisseaux et des muscles, dans l'aine, dans l'aisselle, au creux du jarret, à la paume des mains et à la plante des pieds. On en observe encore une grande quantité à l'extérieur du thorax, autour des mamelles, cl dans l'intérieur de celte mêmecavilé, enire les lames des médiaslins. Il n'y en a pas moins, soit dans l'intérieur de l'abdomen, suit dans l'épaisseur de ses parois. On peut dire qu'en général les organes qu'enveloppent des couches épaisses de tissu cellulaire, sont les organes les plus importants. Ce même tissu

est aussi plus abondant dans les endroits (|ui permettent de granils mouvements.

Sous la peau il forme une couche universellement répandue, si ce n'est aux endroits où s'implantent des muscles ou des aponévroses. Il est d'observation également que sa trame est plus serrée dans le trajet de la ligne médiane que partout ailleurs. 11 est au contraire plus lâche dans les parties très-mobiles, très-sujeltes à varier de forme et de volume, comme aux paupières, au scrotum, au prépuce, aux grandes lèvres de la vulve. 11 se condense de plus en plus dans les régions où la peau ne glisse point sur les parties sous-jacentes, comme au-devant du sternum, au dos, à la paume des mains, à la plante des pieds, etc. Il en est de même lorsqu'il double des membranes sans soutien, comme la membrane muqueuse de l'estomac, de l'intestin, des fosses nasales, de la vessie, etc. Celui qui couvre la face adhérente des membranes séreuses est généralement Hoconneux.

Bichat et un certain nombre de savants ont examiné les propriétés chimiques du tissu cellulaire, et, sous ce rapport, lui ont reconnu les propriétés suivantes : En le privant d'eau par la dessiccation, on le rend hygrométrique, et on peut lui faire reprendre son premier aspect en le plongeant dans un fluide aqueux. Par l'action du calori(|ue, il se dessèche rapidement, se crispe, et finit par brûler en laissant fort peu de cendres. Il ne se fond dans l'eau qu'après une ébullition très-prolongée. Il se putréfie lentement, et ne se décom|)Ose entièrement qu'apiès une macération de plusieurs mois. Suivant Fourcroy, il est composé presciue entièrement de Gélatine; mais John y a rencontré, en outre, du phosphate et du carbonate de Chaux, et une petite quantité de Fibrine.

La nature intime dn tissu cellulaire est encore assez peu connue. Il reçoit évidemment des ramifications artérielles, et il donne naissance à des radicules veineuses; mais il ne parait point entièrement vasculaire, comme liuysch le supposait. On y trouve des vaisseaux absorbants; mais il n'est point entièrement formé de vaisseaux blancs, comme le prétend Mascagni ; de cylindres tortueux, comme le veut Fonlana; ou d'un épanouissement des nerfs, comme l'affirmenl (luelques auteurs. Uallei', Albinos, Prochaska et d'autres encore, pensent que les ai tères et les veines ne font que le traverser, et que les canaux qu'il renferme lui sont propres. Celte opinion parait assez probable; mais, dans tous les cas, en admettant même que ce tissu ne contienne ni vaisseaux ni nerfs réellement, il faut du moins reconnaître que les premiers abandonnent un fluide dans ses aréoles; ((ue ce fluide, très-ténu, les baigne, les imbibe, et est en si petite quantité, qu'il semble ù l'état desimpie vapeur.

L'extensibilité et la contractilité sont des propriétés très-prononcées dans le tissu cellulaire; la sensibilité, au contraire, y est assez obscuie, et ne s'y développe guère que dans les cas d'inflammation. Il jouit d'une force de formation très-marquée, d'autre part, car il peut se former de toutes pièces et même se reproduire quand il a été déliuit. Par sa souplesse et son extrême flexibilité, il facilite le jeu et les mouveinints des diffé-

renls oignnes qu'il entoure, en même temps qu'il les sé|>aie les uns des autres et qu'il est pourtant l'unique lien qui sert à les unir. C'est lui qui semble la première partie développée dans l'embryon, où il paraît d'abord liquide et très abondant, pour diminuer posléiieurement de proportion et aci|uérir de plus en plus, avec l'âge, de la consistance, en sorleque, chez lesvieillards, il semble (jnelquefois comme fibreux. 11 faut remarquer aussi (|ue le tissu cellulaire est plus mou et plus abondant chez la femme que cbez l'homme.

SYSTÈME CIRCULATOIRE. Les zoologistes et les physiologistes désignent en général sous le nom de circulation, le mouvement progressif et déterminé auquel sont assujettis, dans les vaisseaux (|ui les contiennent, les divers fluides qui entrent dans la composition des corps animés, comme le cliyle, la lymphe, le sang, etc.; mais on appelle ainsi pins spécialement encore le cours que suit le sang dans l'Homme et dans les animaux des classes supérieures. Ainsi considérée, la circulation devient une l'onction des plus importantes, par laquelle, chez l'Homme en particulier, le sang parti du ventricule gauche du cœur, se répand dans tout le corps par les artères, chemine dans le système capillaire, passe dans les veines, revient au cœur, entre dans l'oreillette droite de cet organe, puis dans le ventricule correspondant, qui l'envoie à son tour dans l'artère pulmonaire, pour être distribué dans les poumons, d'où il sort par les veines pulmonaires, afin de se rendre dans l'oreillette et dans le ventricule gauches et en partir de nouveau. Tel est le mouvement entier de la circulation dans l'animal le plus compliqué, et il est facile de reconnaître que, dans ce trajet, le sang décrit un double cercle : l'un dans les poumons, lequel est appelé /Je<i(e ciiculatiou; l'autre dans fout le corps, et celui-ci est connu sous le nom de grande circulation; enfin, le mouvement auquel ce même fluide est soumis dans les vaisseaux capillaires, porte le nom de circulation capillaire.

Les valvules Iricuspides et raitrales qui garnissent les orifices auriculo-ventriculaires du cœur, les valvules sigmoïdes qui sont à l'origine de l'aorte et de l'artère pulmonaire, ne permettent le cours du sang que dans la direction décrite. D'autre part, si l'on coupe transversalement une artère et une veine, on voit par la première le sang jaillir du bout le plus voisin du cœur, tandis (|ue, par la seconde, il s'écoule du bout opposé au cœur. Si, enfin, on applique une ligature sur ces vaisseaux, on voit l'artère se gonUer entre la ligature et le cœur, tandis que le contraire a lieu pour la veine.

Les causes qui président à cette fonction, qui en déterminent l'exercice, ne sont pas, à beaucoup près, aussi bien connues que les phénomènes qui la caractérisent. Les physiologistes ont longtemps et beaucoup discuté sur l'action du cœur, des artères, des veines, des systèmes capillaires, dans l'accomplissement de la circulation, et ce que l'on sait de plus clair sur ce sujet se rapporte aux corollaires suivants, dont l'expérience a démontré la vérité chez l'ilumme et les animaux mammifères.

Les deux oreillettes se dilatent simullanénient par

récarlement de leurs parois et se remplisscnl de sang, auquel dans cet état elles offrent un libre accts, et sur lequel elles exercent peut-étro même une action d'aspiration.

En même temps que cette dilatation s'opère, les deux ventricules se contractent, par suite du resserrement de leurs parois, et chassent dans l'aorte et dans l'artère pulmonaire le sang i|ui, p.-ir suite de l'abaissement des valvules tricuspides et milrales. pendant son passage hors de l'oreillette, n'avait pu. aussitôt son entrée, pénétrer dans ces vaisseaux.

A cet étal des ventricules succède la coniractinn des oreillettes, laquelle coïncide avec la dilatation des ventricules qui reçoiveiit le sang chassé par elh^s.

Le mouvement où les oreillettes et les ventricules se distendent, est nommé rfiasio/e; leur coniracl ion, au contraire, s'appelle systole.

La diastole des oreillettes coïncide constamment avec la systole des ventricules, et réciproquement.

La diastole est toujours plus longtemps à s'accomplir que la systole.

Celle-ci est évidemment active; on ne peut pas affirmer aussi positivement que la diastole le soit.

A chaque contraction des cavités du cœur, tellcsci paraissent se vider en entier du sang qu'elles contiennent. Telle est au moins l'opinion de Haller, quoique Weittbrecht, Fonlana, Spallanzani, aient pensé absolument le contraire.

Il parait impossible d'estimer exactement la quantité de sang qui est envoyée dans les artères par le cœur à chaque contraction de ses cavités, quoiqu'on l'évalue assez généralement à deux onces chez un Homme bien conformé. La quanlilé de sang que projette le cœur, doit dépendre en effet de la quantité de fluide qui est versée dans les cavités de cet organe et de la force avec laquelle celui-ci se contracte. Or, ces deux conditions sont exposées aux plus grandes variétés. On ne peut non plus préciser l'espace de temps que met à s'accomplir le cercle circulatoire, ni dire à quelle époque une molécule qui s'échappe du cœur doit y revenir. Les différences données par les physiologistes dans celle évaluation sont extrêmes, puisque, suivant les uns, le sang qui part du cœur y revient eu deux minutes ; tandis que, suivant les autres, il lui faut vingt heures pour faire le trajet. Aussi s'accorde-t-on assez généralement aujourd'hui à abandonner la solution d'une question aussi complexe.

L'appréciation de la puissance impulsive du cœur est absolument dans le même cas. Cette puissance, en effet, échappe au calcul par les nombreuses variétés ([ui la caractérisent suivant les âges, les sexes, les idiosyncrasies, l'étal de santé ou de maladie, de sommeil ou de veille, etc. 11 n'y a doue rien d'étonnant que Boi elli ait estimé la force du cœur à 180,000 livres, tandis que Reil ne l'a portée qu'à 5 ou 0 onces.

Le sang circule dans les artères sous l'influence manifeste de la contraction des ventricules; aussi voit-on, à chaque contraction de ceux-ci, les artères se dilater et éprouver une légère locomotion, par suite du flot de sang qui est lancé dans leur cavité. Les artères ont en outre, sur le cours du sang, une action propre

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«t vilale, qui esl plus que de l'Olaslicilé et moins que (le lu coutraclion. C'esl par le concours de ces deux causes réunies que le sang est poussé jusqu'aux exlréniilés des ailères et dans les Syslèmes capillaires.

Ces Syslèmes font le iiarluge du sang en deux porlions : l'une qui passe dans les veines, l'autre qui est mise en œuvre dans les organes. C'est alors, et avec le secours de celle seconde portion, que s'opèrent les sécrétions, les exhalations et la nutrition, et très-prohahlement que se dégage la chaleur animale.

Enfin, les veines rapportent au centre la première portion du sang par un resle de l'aclion du cœur el des arlères, par l'intluence des Systèmes capillaires, par une sorte d'action qui leur est propre.

La circulalion est d'une haute importance dans l'économie de l'Homme et des animaux des classes supérieures; c'est |)arson moyen que les principes assimilables sont disirihués aux organes; c'est elle aussi qui préside .'i l'cnlèvemenl des molécules qui doivent êlrc icjelées au dehors.

La circulation ne s'opère point de la même manièie dans le fœlus el dans l'Homme qui a respiré. Les mammifères otïrent une semblable particularité.

La circulalion n'existe point dans les Polypes et les animaux radiaires, chez lesquels le produit de l'absorption va immédiatement nourrir les organes.

Cette fonction présente des particularités notables dans chacune des quatre grandes classes des animaux vertébrés. Dans les Mammifères, la circulation ressemble beaucoui) à ce qu'elle est dans l'Homme. Cependant parmi eux, comme les Phoques plongent assez longtemps, plusieurs anatomisles, parmi lesquels il faut citer Kulra, Perrault, Parson et Portai, ont prétendu que le trou de Eotal restait ouvert chez eux comme chez les fœtus. Celle assertion n'est poinl fondée; Cuvicr et Lobslein ont remarqué que la communication entre les oreillettes du cœur est totalement interceptée, et Sclielhammer el Albers ont fait la même remarque, tant sur le Phoque à ventre blanc que sur le Phoque commun. Cependant un énorme sinus, que la veine cave abdominale présente aux environs du foie, doit les aider à plonger en leur rendant la respiration moins nécessaire au mouvement du sang, qui est d'ailleurs chez eux d'un noir foncé et extrêmement abondant. Les Baleines elles autres Cétacés sont absolument dans le même cas.

Les Systèmes de circulalion des différents fluides sont les mêmes dans les Oiseaux que dans les Mammifères; mais chez eux les mouvements de ces Uuides sont plus rapides, parce que les organes sonl plus vivement stimulés à cause de la grande étendue de la respiration. Le cœur, perpétuellement en action, ne se contracte que pour se dilater aussitôt, et chasse le sang avec une telle activité, qu'on a peine à compter les pulsations des arlères, surtout dans les peliles espèces.

Il n'en est point dans les Reptiles comme dans l'Homme, les Mammifères et les Oiseaux : leur cœur est disposé de manière qu'à chaque contraslion il n'envoie dans le poumon qu'une portion du sang qu'il a reçu des diverses parties du corps, et que le reste de ce lluide retourne aux organes sans avoir passé par le

poumon et sans avoir éprouvé l'influence de la respiration. La circulation pulmonaire de ces animaux n'est donc qu'une fraction de la grande circulalion, fraction plus ou moins forle selon les genres, et produisant ainsi des effets plus ou moins raarcpiés. Il résulte de là que l'action de l'Oxygène sur le sang est moindre chez eux que dans les Mammifères et ([ue, si la quantité de respiration de ceux-ci, où tout le sang est obligé de passer parle poumon avant de retourner aux autres organes, est exprimée par l'unité, on ne pourra exprimer la quantité de respiration des Reptiles ([ue par une fraclion de celle unité d'autant plus petite, que la portion de sang qui se rend dans le poumon à chaque contraction du cœur, sera moindre. De là aussi moins de force dans le mouvement, moins de finesse dans les sensations, moins de rapidité dans la digestion, moins de violence dans les passions chez les Reptiles que chez les Mammifères et surtout que chez les Oiseaux ; de là, enfin, leur inertie, leur stupidité apparente, leurs habitudes communément paresseuses, la température froide de leur sang, l'engourdissement dans lequel ils passent généralement l'hiver, l'irritabilité manifeste que conserve leur chair longtemps encore après avoir été séparée du corps , le phénomène singulier de la continuation de la circulation pendant plusieurs jours, malgré la dilacération des poumons et la ligature de l'artère pulmonaire , comme Lacépède a eu occasion de le noter au sujet d'une Tortue.

La totalité du sang des Poissons est chassée par le cœur dans les vaisseaux des branchies: alors c'esl du sang noir, du sang veineux; mais lorsqu'il a été rais en contact avec l'eau, il devient rouge, artériel; il passe dans d'autres vaisseaux, qui se réunissent successivement en troncs |)lus gros, lesquels se rendent dans une grosse artère. Celle-ci est placée sous l'échiné; elle l'ait l'office de cœur sans avoir cependant de ventricule à sa base, de sorle que les Poissons ont une circulation simi)le dans laquelle le cœur n'est chargé que de pousser le sang noir dans le poumon. En conséquence, le cœur n'a qu'un seul ventricule, une seule oreillelle et une seule artère; en conséquence aussi, cl surtout en verlu de leur mode de respiration, leur sang est froid.

Dans tous les Mollusques il y a une circulation complète, c'est-à-dire un Système veineux qui se rend au cœur, et un Système artériel qui en part ; et le sang ou l'humeur circulante vient se mettre en contact, soit avec l'ail' dans une cavité pulmonaire, soit avec l'eau sur des feuillets membraneux placés à l'intérieur ou à .l'extérieur du corps.

SYSTÈME DIGESTIF. On désigne par le mot derf(yestionune fonction envertu de laquelle des substances introduites dans des cavités intérieures du corps des animaux y éprouvent une altération particulière, et telle qu'elles se partagent en deux portions : l'une qui sert à la formation, à l'entretien, à l'accroissement du corps où s'opère la digestion; l'autre, qui doit être rejelée au dehors comme inutile. La digestion ne commence à s'exercer véritablement qu'après la naissance; elle est une fonction plus ou moins simple, plus ou moins compliquée, suivant les animaux dans lesquels on l'observe.

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Dans l'Uomnie, en parliciilier, elle exige pour son yccomplissemenl le concours d'un nombre considérable d'organes différents. Elle nécessile l'aclion successive des lèvres, des dents, des joues, des mâclioires et des muscles de ces diverses parties pour accomplir la trituration des aliments; celle des glandes salivaires pou r les réduiie en une pâte humide; celle de la langue, (lu voile du palais, du pharynx, de l'œsophage, pour en opérer la déglutition ; celle de l'esloinac, pour les convertir en chyme; celle des intestins, du foie, du pancréas, de la raie, pour la séparation du chyle; celle du rectum et de l'anus, pour déterminer la sortie des excréments.

Précédée du développement de deux sentiments qui font désirer de prendre des aliments, la faim et la soif; devancée par l'exercice de deux sensations, la gustafioii et Volfaction, qui avertissent des qualités intimes de ces aliments, qui mettent à même de les apprécier, de les juger, cl par celui des organes de préhension, qui les placent dans la bouche pour leur ingestion, la digestion se compose, chez l'Homme, en effet de tous ces actes, qui semblent autant de fonctions isolées et distinctes, et commence véritablement à s'effectuer dès le moment où les aliments sont reçus dans la cavité de la bouche, par l'effet de l'écartemenl des deux mâchoires.

Or, cet écartenient, qui, dans beaucoup de Mammifères, se fait autant par l'élévation de la mâchoire d'en haut que par l'abaissement de celle d'en bas, esl, chez l'Homme, l'objet de discussions nombreuses; les uns, avec Winslovv el Ribes, niant l'élévation de la première et n'admettant comme réel que l'abaissement de la seconde; les autres, avec Boerhaave, Pringle, Ferrein, Alexandre Jlonro, Chaussier, et la plupart des modernes, croyant qu'une légère élévation de la mâchoire supérieure participe à l'ouverture de la bouche. Quoi qu'il en soit, une fois introduits dans la bouche et retenus dans cette cavité par les parois qui la circonscrivent, les aliments solides y sont divisés, triturés, broyés par l'action des dents qui arment la mâchoire inférieure el qui viennent, par suite des mouvements de cel os, frapper avec plus ou moins de force contre les dents de la supérieure.

C'est dans l'action de ces instruments de division, rais en exercice à la manière d'un marteau sur une enclume, par la disposition même de la mâchoire inférieure, qui représente à cel effet un levier coudé du Iroisième genre, que consiste le phénomène préparatoire et si important de la maslicatioii , phénomène dans lequel les dents et les mâchoires ne sont, à proprement |)arler, que des agents passifs el que contribuent activement à effectuer les muscles qui, comme les digastriques, les génio-hyoïdiens, les mylo-hyoïdiens, servent à l'abaissement de la mâchoire inférieure; ceu.x qui, tels que les muscles crolaphiles, masseteis cl ptérygoïdieiis internes, ont pour office de l'élever; et ceux, enfin, qui lui impriment des mouvements horizontaux et de glissement, comme les ptérygoïdiens externes.

Durant la mastication, les aliments mous et qui offrent peu de résistance aux puissances masticaloircs,

sont placés instinctivement au niveau des dents incisives, qui lesciiupent lors de l'élévation de la mâchoire inférieure; les matières fibreuses et qu'il faut déchirer, lacérer, sont soumises à l'action des dents canines; enfin, les corps durs, secs, cassants, sont écrasés el brisés par les dénis molaires, qui les broient ensuite et les triturent à la manière des meules de moulin. Plusieurs parties, en outre, concourent efficacement à l'accomplissement de cet acte : les lèvres, en empêchant, par leur coaplation, la sortie des aliments, el en contribuant avec les joues à les renvoyer sous les dents (|ui les broient ; le voile du palais, en les empêchant de pénétrer prématnrémenl dans le pharynx, et la langue, en maintenant entre les dents les portions de ces aliments qui se dispersent dans la cavité de la bouche. Tandis que les aliments sont ainsi mâchés el divisés mécaniquement, les Huides contenus dans la bouche, et spécialement la salive, les pénètrent d'ailleurs progressivement. C'est là ce qui constitue, à proprement parler, Vinsalicalion, opération par laquelle les différentes parties des aliments divisés par les dents sont liées entre elles de manière à former une sorte de pâte qui permet leur agglomération en bol, par suite de l'action des lèvies, des joues el de la langue surtout. C'est sous celte dernière forme, en effel, que les aliments sont avalés à l'aide d'un mécanisme qui conslilue la déglulitioii, mécanisme très-compliqué et qui se compose d'une série d'actions successives très-variées.

Dans la déglulilion, le bol résultant de l'agglomération des aliments est placé d'alioid au-dessus de la langue, entre cet organe et la voùle palatine. Bientôt les muscles palatostaphylins élèvent le voile du palais, que tendent transversalement, en même temps, les muscles périslaphylins externes ; la pointe de la langue s'élève ; sa base se déprime, et le bol, pressé d'avant en arrière sur un plan incliné, glisse dans le pharynx d'autant plus facilement que les mâchoires, par leur rapprochement, ferment la bouche en devant, el que l'isthme du gosier esl lubrifié par les mucosités que versent à sa surface les lonsilles et les cryptes muqueuses de la base de la langue. Jamais, à moins de quelque altération morbide, on ne voit, dans ce passage, le bol alimentaire pénétrer dans le larynx, soit parce que, comme la plupart des physiologistes l'ont pensé, il abaisse devant lui l'épiglotte el se ferme ainsi la voie à lui-même, soit parce que, comme le pense Magendie, qui a vu que ramputation de ce fîbrocartilage laissait la déglutition intacte, il y a occlusion de la glotte, par l'action de ses muscles constricteurs. Dans ce moment, au reste, le pharynx est élevé el Iransversalemenl élargi par la contraction des muscles stylo-pharyngiens. Il esl subitement tiré en haut, avec l'os hyoïde et le larynx, par les muscles génio-hyoïdiens, stylo-hyoïdiens, mylo-hyoïdiens et digastriques, qui l'amènent, pour ainsi dire, au-devanl des aliments. Presque aussitôt ces muscles, ainsi que les élévateurs de la base de la langue, se relâchent, et le pharynx s'abaisse brusquement, entraînant avec lui le bol alimentaire qu'il vient de saisir, aidé en cela par l'abaissement du voile du palais, abaissement actif opéré par

la conlraclion des miiscifs glosso slapliylins el pliaryngo staphylins, très-bien décrit par Satidlfort, en paitieulier, et empêchant le corps avalé de s'introduire dans les ouvertures postérieures des fosses nasales, et dans les pavillons des trompes d'Etislache, ou de revenir dans la cavité de la bouche. Alors les Irois constricteurs du pharynx entrent en action, et poussent le bol alimentaire jusqu'à l'oriticc de l'œsophage. Celui-ci contracte ses fibres circulaires successivement de haut en bas, et pousse le bol de proche en proche jusqu'au cardia, en même temps, d'ailleurs, que le conduit se raccourcit par la conlraclion de ses fibres longitudinales. C'est ainsi que les aliments parviennent à l'estomac, dans la cavité duquel ils s'accumulent, en poussant devant eux, lors de l'inlroduclion de chaque bouchée, la membrane muqueuse de l'œsophage, qui vient former un bourrelet circulaire aulour du cardia.

A mesure que les aliments se rassemblent suivant ce mode de déj;lulitiori, l'eslomac augmente de volume par la distension de ses parois; toutes ses fibres charnues s'allongent; les plis de sa membrane interne s'effacent ; il s'engage lui-même entre les lames du feuillet anlérieur du grand épiploon et celles des épiploons gastro-hépatique et gasiro-splénique. se rapprochant ainsi du colon, du foie et de la rate, refoulant le diaphragme dans le thorax et soulevant la paroi antérieure de l'abdomen. En même temps que ce viscère s'arrondit ainsi, il change de situation, c'est-à-dire que sa face antérieure devient supérieure, que la postérieure se dirige en bas, et que sa grande courbure se montre en avant, mouvement qui coïncide d'ailleurs avec l'élévation de la grosse lubérosité, le pylore reslant à sa place et peimettant ainsi à tout l'organe de se redresser sur lui comme sur \\n point fixe.

Alors, l'appétit et la faim ont cessé; un sentiment de chaleur plus ou moins agréable se développe dans la région épigaslriquc; les parois du viscère, par un mouvement de périslole, se resserrent sur la masse des aliments solides mêlés aux boissons, la pressent, la compriment, l'imprègnent des 13uides fournis par les sécrétions perspiratoires et folliculaires dont elles sont le siège, sécrétions alors devenues plus actives par la Iransformalion de l'organe en un centre de lluxions. Bientôt, sous l'inUuence des forces gastriques, les aliments ingérés changent d'état et de composition ; ils se dissolvent et se convertissent en chyme, opération qui ne commence guère qu'une heure et demie après le repas, et dont la durée générale, très-variable, ne saurait êlre fixée exactement, et se balance entre quatre et cinq heures. La chymification s'efl'ectue d'aboid au point même de contact de la masse alimentaire avec les parois de l'estomac. Une couche de chyme d'environ une ligne d'épaisseur recouvre la masse, et est dirigée vers le pylore et le duodénum par les contractions péristaltiques de l'estomac; une deuxième lui succède; puis une troisième, et ainsi de suite jusqu'à ce que toute la masse alimentaire contenue dans l'estomac sdil, de la périphérie au centre, réduite de cette manière en chyme. Il parait donc évident que c'est aux dépens des Huides que fournissent les parois de l'estomac, que se forme ce dernier, k mesure que ce cliange-

nienl s'opère et que le chyme déjà formé est chassé par le pylore, l'estomac se resserre, se rétrécit et s'applique plus exactement sur ce qui reste d'aliments dans sa cavité.

Quoi qu'il en soit, la nature de ce phénomène, l'explication de ses causes immédiates, ont, de la part des médecins et des physiologistes de tous les siècles, donné lieu à une foule d'opinions, tour à leur adoptées et abandonnées. C'est ainsi qn'Hippocrate, Galien et la plupart des anciens, d'après eux, regardaient la digestion stomacale comme une sorte de corlion; que Pierre du Chaslel et Van Helmonl en faisaient une /fe/tJienlatioii: que d'auties successivement l'attribuèrent à la puliéfaction, à la tiiluiation, à la iiincéralioii, à la dissoliUiOH chimique.

Mais cette opération n'est ni mécanique, ni physique, ni chimique ; elle trouve son principe dans les lois de la vie; elle semble être, à proprement parler, et comme l'a dit Chaussier, une vérilable dissolulion vilule, laquelle est favorisée d'ailleurs évidemment par le mélange avec les aliments d'une foule de Huides et d'humeurs qui viennent se rassembler dans la cavité du viscère, soit qu'ils appa rtiennent à l'économie, ou qu'ils lui soient étrangers, et qui sont, d'une part, la salive, les larmes, les mucosités des tonsilles, des glandes buccales, pharyngiennes, etc., les produits exhalés de la bouche, du pharynx, de l'œsophage et de l'estomac luimême, et, de l'autre, les boissons et les sucs inhérents aux aliments. Ceux-ci sont donc pénétrés intimement par tous ces liquides, qui en écartent les molécules, les délaient, et transforment leurs principes dissociés en une combinaison nouvelle et spéciale, à peu près identii|ue,et à laquelle concourent eiïicacement la température du viscère, les mouvements de périslole et les contractions péristaltiques qu'exercent ses parois, le soulèvement de la paroi antérieure de l'abdomen, l'élévation et l'abaissement alternatifs du diaphragme.

Une fois, au reste, (lu'en franchissant le pylore, le chyme est sorti de l'estomac pour passer dans le duodénum, qui se trouve distendu dans tous les sens et surtout transversalement, il ne peut plus retourner vers le lieu d'où il est venu, par l'effet de la constriction du pylore. Là, pressé, condensé par le périslole du duodénum, il se mêle avec une certaine quantité de Huides muqueux et s'unit à la bile et au suc pancréatique, qui arrivent à plein canal dans la cavité de l'intestin. La vésicule du fiel elle-même se vide alors.

Dès que le mélange des aliments et de ses divers fluides est bien opéré, le chyme, après avoir siibi d'ailleurs l'inHuence des mouvements de l'organe et de sa température, n'est plus le même évidemment. Moins homogène (juc dans l'estomac, il est aussi plus ou moins coloré en jaune, surtout à partir de l'inser'tiou drr canal cholédoque; son odeur aigr'e. sa saveur acide, ont disparu, et il est parsemé de petits filaments blanchâtres, consistarrls, comme élastii|ues, placés à sa surface, et que Magerrdie regarde comme du ihyle brut, eir même temps que, selorr Marcel et Prout, il s'y fait un développemerrt notable d'albumine.

C'est darrs le chyme, ainsi perfectioniréelanimalisé, que les vaisseaux lactés vont puiser les maléiiaux à

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l'aide desquels ils fabriquent le cliyle, qui doil, avec pliis ou moins d'activité, être porté dans le torrent de la circulation, pour aiijîinenlcr la niasse du sang et en renouveler les matériaux. L'absorption de celle humeur est 11 és-manifesle dans le duodénum ; mais à mesure que le chyme s'éloigne de cet intestin, elle devient de moins en moins active, et le chyme se montre de plus en plus jaune et de plus en plus consislanl. Ces changements se manifestent Irés-évidemment déjà vers l'iléon, c'est-à-dire vers le tiers inférieur de l'intestin grêle, spécialement dans les parties de cet intestin qui s'approchent du cœcum. Ainsi, tandis qu'à son origine l'inlestin grêle donne naissance à une foule de vaisseaux chylifÊres, on n'en voit plus que quelques-uns, très-clairsemés et placés à de grandes distances les uns des autres, sur la région inférieure de cet intestin, et l'on cesse, pour ainsi dire, d'en trouver sur les diverses parties du gros intestin.

La perle que le chyme éprouve par l'effet de l'absorption du chyle, est en quelque sorte compensée par son mélange avec les mucosités et l'humeur plus ou moins liquide que fournissent les parois intestinales, et dont la quantité, d'après un calcul de Haller, peut être évaluée à sept ou huit livres par vingt-quatre heures. Ce mélange se fait d'ailleurs progressivement, car le chyme chemine lenlemenl depuis la fin du duodénum, à travers les circonvolutions multipliées du jéjunum et de l'iléon, jusque dans le cœcum, d'où il ne peut relourner dans l'inleslin gièle,la valvule deBauhin y meltaiit obslacle, dans l'élat de santé, par une disposition analoniique des plus curieuses. Celte progression de la pâle chymcuse est déterminée par le mouvement périslaltique du duodénum et par la con- Iraclioii des fibres circulaires de l'inlestin grêle, laquelle, rélrécissantla cavilé de celui-ci de haut en bas, pousse dans ce sens et devant elle les matières qui y sont contenues, en même temps que les fibres longitudinales, entrant aussi en action, diminuent d'ailleurs la longueur du trajet à parcourir, et que les mucosités et les fluides perspirés lubrifient et facilitent les voies.

En parcourant le long canal que représenle l'inleslin grêle, le chyme subit encore une autre modificalion; il se mélange avec divers produils gazeux, qui, durant la cbylification, se forment dans des proportions variées et se rassemblent dans les voies digestives en quantités plus ou moins considérables. Ces gaz, qui ont élé examinés par Jurine, d'abord, et ensuite par Magendie et Chevreul, ne sont que de l'Acide carboni(iue, de l'Azote et de l'Hydrogène, et ne sont jamais combinés à de l'Oxygène. Ils paraissent élre le résultat d'une sécrétion particulière, opérée à la surface de la membrane muqueuse. En pénétrant dans le cœcum. le chyme cesse d'élre aussi mou, aussi diffluent. qu'il l'avait élé jusque-là. En y séjournant, il se durcit et acquiert une fétidité notable, en même lemps que sa couleur devient plus foncée. Ces diverses modifications deviennent de plus en plus évidentes, à mesure que la masse, dépouillée de chyle et devenue excrémeulitielle, se rapproche de l'anus. Dans le colon, déjà, elle forme une sorte de magma solide, ou se pelotonne et s'agglomère en boules plus ou moins volumineuses et plus ou

moins arrondies, dernière disposition qui est due aux bosselures que présente à sa surface le gros intestin, c'esl-à-dire le cœcum et le colon. C'est dans cette portion des voies digestives encore que les excréments, dernier résidu delà pâte chymeuse, sont accompagnés de gaz, parmi lesquels on reconnaît, outre ceux qui ont élé signalés plus haut, l'Hydrogène carboné et l'Hydrogène sulfuré; mais on n'y trouve plus l'Hydrogène piw, qui se rencontrait dans l'intestin grêle. Parvenus au rectum, les excréments s'y accumulent comme dans un réservoir, le distendent el se rassemblent en une masse plus ou moins considérable. Par sa force de contraction et par son élasticité, le sphincter de l'anus ferme celte ouverture, et met à leur sortie un obstacle qu'un acte de la volonlé peut seul vaincre.

L'excrétion stercorale, qu'on a proposé encore d'appeler défécation, est accompagnée de phénomènes que le physiologiste ne saurait ignorer. Lors<iue le besoin d'y satisfaire se manifeste, on contracte simullanément, à cel effet et par un véritable effort, le diaphragme el les muscles de l'abdomen, ce qui refoule vers le bassin les viscères de la cavité du ventre et les fait presser sur le reclum . en même temps que les muscles de la paroi inférieure de l'abdomen, les releveurs de l'anus et les ischio-coccygiens, forlement contractés, résistent à cet effort el pressent en sens contraire. Alors la résistance du sphincter ne larde point à être surmontée, et l'excrément franchit l'anus.

Tel est l'exposé simple et rapide, mais exact, des divers phénomènes qui, chez l'Homme adulte, consliluent la digestion proprement dite. Celle foncliou offre des variétés assez notables, suivant les différents temps de la vie auxquels on l'examine, et surtout suivant les divers ordres d'animaux chez lesquels elle s'exécute.

SYSTÈMES DE BOTANIQUE. On a désiré trouver ici, comme su|)plémenl à l'article Méthoiie (vol. vu), un exposé succinct du Système de classification des plantes, produit en 1094, par l'immorlel Tournefort, et de celui publié à quarante années de dislance par un honnne du Nord, dont l'universalité des connaissances naturelles a élonné le monde; voici l'analyse de ces deux Syslèmes.

1o Système de Tournefort.

Le Système de Tournefort, généralement connu sous le nom de Classification de Tournefort, est principalement basé sur la considéralion des différentes formes de la corolle. Un reproche généralement adressé à Tournefort, c'est de n'avoir pas suivi l'exemple déjà donné par Rivin, en 1690, el d'avoir encore séparé dans des classes dislincles les plantes herbacées et le.s végétaux ligneux. Cet inconvénient est très-grand, puis(iue souvent, dans le même genre, on trouve des espèces ligneuses et des espèces herbacées, exemple les Luzernes, les Cytises, les Liserons, etc., et qu'en outre il arrive quelquefois que la même espèce peut êlre ou ligneuse ou herbacée, suivant diverses circonstances. Mais le mérite de Tournefort n'est pas seulement d'avoir créé une classification ingénieuse dans laquelle se trouvent rangées et décrites toutes les plantes connues à cetle époque; son tilre principal de gloire est d'avoir

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le premier distingué d'une manière plus précise et plus rigoureuse qu'on ne l'avait fait jusqu'alors, les genres, les espèces et les variétés; la perfeclion qu'il a mise dans celle disUnction est telle que, chaque jour, les travaux des bolanisles modernes tendent tous à se rapprocher de Tournefort pour la circonscription à donner aux genres.

Le Système de Tournefort se compose de vingt-deux classes, dont les caractères sont tirés : 1° de la consistance et de la grandeur de la tige; 2» de la présence ou de l'absence de la corolle ; ô» de l'isolement de cha- <(ue fleur ou de leur réunion dans un involucre commun, ce qui constitue, selon Tournefort, les fleurs composées; 4° de la soudure des pélales ou de leur isolement , c'est-à-dire de la corolle monopélale ou polypétale ; 5° de sa régularité ou de son irrégularité.

1" Sous le rapport de la consistance et de la durée de leur tige, Tournefort divise les végétaux en herbes et sous-arbrisseaux, et en arbrisseaux et arbres; les herbes et les sous-arbrisseaux réunis sont renfermés dans les dix-sept premières classes, les cinq dernières classes contiennent les arbrisseaux et les arbres. 2° D'après la présence ou l'absence de la corolle, les herbes

el sous-arbrisseaux sont divisés en péialés cl en apétales; les quatorze premières classes des herbes renferment toutes celles qui sont pourvues d'une corolle, les trois autres celles qui en sont dépourvues. 5» Les herbes pétalées ont les fleurs isolées et dislinctes, ou réunies pour constituer des fleurs composées; les onze premières classes contiennent les herbes à fleurs simples ; les trois suivantes celles dont les Heurs sont composées. A" Parmi les piaules herbacées à fleurs simples, les unes ont une corolle monopétale, les aulres une corolle polypélale. Dans les quatre premières classes, Tournefort a réuniles corolles monopélales,etdans les cinq qui suivent les plantes à corolle polypélale. 5» Mais celte corolle monopétale ou polypélale peut être régulière ou irrégulière, ce qui a permis de subdiviser encore chacune de ces divisions.

Quant aux arbrisseaux et aux arbres, ils forment les cinq dernières classes du Système, et leur division est tirée des mêmes considérations.

11 est important de remarquer ici que Tournefort appelait corolle les périanthes simples et colorés, comme celui de la Tulipe, du Lis, qui sont, selon lui. des corolles monopélales régulières. Voici le tableau du Système de Tournefort :

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