XII. Oualrième article des tarses bilobé
Tacpin tacheté. Elater viaciilalus, Fab., Oliv., pi. 2, fig. 18. Il est ferrugineux, plus foncé en dessous; antennes noires; lèle tachée de noir; corselet ferrugineux, avec une large tache noire au milieu, et un point (le chaque côté ; élylres d'un rouge sanguin, avec trois ou quatre taches foncées, dentées à l'extrémité. Taille, dix lignes. Amérique méridionale.
TAUKACO. ois. Même chose que Touraco. Z-'. ce mot.
TAUREAU. KiAB. A'. Boeuf.
TAUREAU D'ÉTANG. OIS. Nom vulgaire du Butor. f^. Héron.
TAURUS. MAH. Synonyme de Taureau, r. Boecf.
TAUSCIIÉRIE. Tauscheria. bot. Genre delà famille des Crucifères, tribu des Isatidées, et de la Tétradynamie siliculeuse, établi par Fischer. Caractères : calice égal à la base ; pétales oblongs, cunéiformes ; étamines non denticulées ; silicule convexe d'un côté, plane de l'autre, et bordée d'ailes membraneuses, rugueusesplissées, roulées du côté plan de la silicule qui est indéhiscente, uniloculaire, renfermant une seule graine pendante, oblongue, à cotylédons oblongs-linéaires, incombants un peu obliquement. Ce genre est voisin de Y Isatis; sa silicule ressemble à celle de VOEtliioiiema monospeniium, et n'en diffère qu'en ce que les ailes membraneuses qui la bordent ne sont pas planes. Les deux espèces qui le constituent ( Tauscheiia lasiocar/ia et Tauscheria ijxmnocarpa) ont été découvertes par Taiischer dans les déserts des Kirghises, près du lac Inderskoe. Ce sont des plantes herbacées, annuelles, dressées, glabres. Leur tige est filiforme, munie de feuilles glauques, pareilles à celle dis Isatis; les inférieures sont oblongues, rétrécies à la hase, les caulinaires sessiles. entières et sagitlées. Les fleurs sont très-petites, blanchâtres, dépourvues de bradées, et disposées en grappes opposées aux feuilles et presque terminales.
TAUSCHIE. Tauschia. bot. Genre de la famille des Ombellifères, institué parSchlechtendal,qiii lui assigne pour caractères ; limbe du calice peu distinct; pétales entiers, allongés et recourbés près du sommet. Le fruit est contracté sur les côtés, ovoïde, un peu allongé, les méricarpes ont cinq |)aires de côtés, filiformes et obtuses; celles latérales sont rebordées; les vallicules sont planes, unirayées; la commissure est marquée par un sillon profond; le carpophore est entier. Ce genre est encore fort imparfaitement déteimiiié et ne se compose que d'une seule espèce, constituant une plante herbacée, vivace, à feuilles radicales serrées, découpées en trois ou sept paires de folioles avec impaire; folioles ovales ou cordées, trilobées ou lernatiscotées; hampe florifère cylindrique, cannelée, souvent plus courte qne les feuilles; point d'involucre; involucelles oligophylles; fleurs d'un jaune doré. Du Mexique.
TAUTOOUE. 'l'uiilui/a. pois. Genre d'Acanlhopléry-
giens de la famille des Labroïdes, institué par Valenciennes, pour des poissons dont le caractère consiste dans la double rangée de dents sur les deux mâchoires, pl dans le nu de la peau épais.se et sans écailles, qui couvre l'opercule et l'inléropercule. Lelype de ce genre est le Tautogbe noir, Tautoga nigra, mentionné par Wilchill, dont son premier essai sur l'histoire des poissons de New-York. Le corps de ce Tautogue est allongé, comprimé et du double plus haut de l'avant que de l'arrière; lepréopercule est grand; l'opercule est large, échancré postérieurement; la mâchoire inférieure est un peu plus courte que la supérieure; la nageoire pectorale est un grand évenlail , dont la longueur égale la moilié de la hauteur du corps; les ventrales sont reculées sous la moitié de la peclorale; la dorsale est au contraire un peu plus avancée que la base de la pectorale; l'anale est arrondie en arrière; la caudale est coupée carrémenl. La couleur est le brun uniforme, rougeàtre sur le dos et blanchâtre sous le ventre. Taille, treize pouces. B. S; D. 17/10; A. 5/8; C. 13; P. 17; V. 1/5.
TAVALLA. BOT. Persoon a ainsi modifié le nom du genre Tafalla, de Ruiz et Pavon.
TAVERNIÈRE. Taverniera. bot. Genre de la famille des Légumineuses, tribu des Hédysarées, établi par De Candolle (Mém. sur les Légum., p. 339) qui l'a placé entre les genres Dicerma et Hedysarum , quoique tellement rapproché de l'un et de l'autre que son auteur a hésité à en faire une simple section de l'un d'eux. Il diffère cependant du Dicerma, l»par son calice dont les cinq lobes sont tous distincts et atteignent la moitié de sa longueur; 2" par ses gousses hérissées sur les faces de soies roides et épaisses, assez semblables à celles de plusieurs Hedysarum. Il se dislingue de ce dernier genre, 1° par son calice dont les lobes, quoique égaux, sont presque disposés en deux lèvres; 2° par sa carène obtuse et non tronquée; ô» par le faisceau des étamines à peine courbé au sommet et non coudé à angle droit. Ce genre se compose de trois espèces nommées Taverniera nummularia , spartea et lappacea. La première est une plante nouvelle décrite et figurée par De Candolle, toc. cit., lab. 32, d'après un échantillon recueilli près de Bagdad par Olivier et Bruguière. Les deux autres élaienl décrites dans les auteurs sous le nom générique A' Hedysarum. Ces plantes sont des arbrisseaux de l'Orient, à branches cylindriques, couvertes vers leurs sommités d'un duvet blanc, mou et cotonneux. Les stipules sont souvent soudées ensemble; les pélioles sont courts, et portent tantôt une seule feuille terminale, tantôt trois; les fleurs sont disposées en grappes ou en faisceaux, aux aisselles des feuilles.
TAVEIîNON. BOT. y. Bois Arada.
TAVON. OIS. Même chose que Mégapode. f. ce mot.
TAVOUA. OIS. Nom donné par quelques ornithologues à une subdivision du genre Perroi|iiet.
TAWA. ois. Espèce du genre Guêpier. /'. ce mot.
TAXANTHÈME. Tuxanihema. bot. Neeker (£/e»«. Bot., l,p. 113) a institué sous ce nom un genre de la famille des Plumbaginées et de la Pentandrie Penlagynie, L., qui correspond au genre Limonium anciennement établi par Tourneforl, et réuni au Slaticc par
Linné. En l'adoplant, Brown (Piodr. FI. Nov.-HolL, p. 420) a ainsi posé ses caractères : calice infiindibuliforme, ilonl le limbe est scarieux, à cinq plis et à cinq «lents; corolle à cinq pétales ou divisé profondément en cinq parties ; cinq élamines insérées sur les onglets des pétales; cinq ou rarement trois styles distincts; capsule iiniloculaire ne présentant point de valves, renf^ermant une seule graine pourvue d'albumen ; épis unilatéraux, dont les fleurs sont accompagnées de deux ou trois bractées.
TAXAnTDÈJiE ABSTRAIE. Taxanthemu auslralis, Rob. Br. Sa racine est fusiforme; ses hampes sont paiiiculées, munies de feuilles oblongues, spatulées et Irés-glabres. De la Nouvelle-Hollande.
TAXICORNES. INS. Famille de Coléoptères hétéromères, dont les mâchoires sont dépourvues au côté interne d'onglet corné; dont les antennes, le plus souvent insérées sous les bords avancés de la tête, sont courtes, plus ou moins perfoliées ou grenues, grossissent insensiblement, ou se terminent en massue, et dont les pieds ne sont propres qu'à la course, avec les articles des tarses entiers, et deux crochets simples au bout du dernier. Plusieurs mAles ont deux cornes ou deux éminences sur la tête. Les jambes antérieures sont souvent élargies et en forme de triangle renversé. La plupart de ces insectes vivent sous les écorces des arbres ou dans les Champignons. Les uns tiennent de près au genre Ténébrion, de Linné; et les autres à celui de Diapère, de Geoffroy, qui en fait partie, ainsi ciu'à celui d'Anisotome. Suivant les observations de Léon Diifour, les Ilypophlées, les Diapères et les Élédones ou Bolétophages ont un appareil de sécrétions excréiiientitielles, et le ventricule cbylilique est hérissé de papilles; mais les Diapères offrent de plus des glandes salivaires.
Latreille partage cette famille en deux tribus : les Diapérales et les Cossyphènes. Dans la première, la tête est découverte et jamais entièrement engagée dans une entaille profonde de la partie antérieure du corselet. Celte tribu comprend les genres Plialérie, Ulome, Diapère, Néomide, Pentaphylle, Hypoplilée, Tracliyscèle, Léiode, Tétratome, Élédone et Coxèle. La seconde tiibu se compose d'Hétéromères qui, parla forme générale du corps, se rapprochent des Peltis de Fabricius, desCassides etdeplusieursNitidules; il est ovoïde ou subhémisphérique, débordé tout autour par la dilatation des côtés du corselet et des élytres; la tète, vue en dessus, est tantôt entièrement cachée par le corselet, tantôt comme encadrée par lui dans une entaille profonde de son extrémité antérieure. Cette division renferme les genres Cossyphe, Hélée et Nilion.
TAXIDERMIE, zooi. On applique assez généralement ce mot à tout ce qui concerne l'art de préparer les objets d'Histoire naturelle du Règne animal, pour assurer leur conservation dans un étal d'imitation plus ou moins parfaite de ce qu'étaient les individus vivants, et en rendre l'élude beaucoup i)lus facile et durable. Les limites imposées aux articles de ce Dictionnaire ne permettant point d'aborder l'histoire de l'art de la Taxidermie, on doit se borner à l'indication la plus concise des moyens sur lesquels repose cet art.
Pour préparer les Mammifères, on commence par en séparer la peau de la manière la plus favorable au montage. A cet effet, l'animal étant placé sur le dos, la tête tourné du côté gauche de l'opérateur, on écarte de côté et d'autre les poils du sternum et du milieu du ventre sur lesquels on pratique une incision longitudinale jusqu'à un pouce de l'anus. Il est quelques précautions à prendre en faisant cette incision : la première est de ne pas endommager les parties génitales; la seconde de ne pas séparer les muscles abdominaux qui laisseraient passage aux intestins, ce <|ui serait, non seulement très -sale, mais encore une cause de souillure pour les poils.
L'incision faite, on prend avec la main gauche ou avec une bruxelle les bords de la peau que l'on détache, avec un scalpel, de dessus le corps, jusqu'à ce que l'on ait mis à découvert les cuisses et les muscles fessiers qu'il faut couper afin de rendre plus facile la désarticulation du fémur d'avec les os du bassin. Après avoir opéré de cette manière des deux côtés, on détache le rectum près de l'anus et on enlève la peau de dessus les premières vertèbres de la i[ueue pour pouvoir faire sortir plus aisément les autres de leur fourreau, ce qui ne se fait pas toujours tiès-facilement. Cependant, on y parvient de plusieurs manières : la première, employée pour les petites espèces, est assez simple; on a un bâton que l'on fend dans sa longueur et avec lequel on enfourche les vertèbres mises à découvert et près de la peau que l'on fait filer en tirant avec la main droite le bâton qui la pousse, tandis que de la gauche on opère un tiraillement en sens contraire : ces efforts, qui se contrarient, forcent la peau à sortir de sa gaine. La seconde manière n'est employée que pour les gros animaux pourvus de queue très-longue et très-charnue. On fait à sa partie inférieure une incision qui prend depuis sa naissance jusqu'à son extrémité, et par laquelle on détache la peau de côté et d'autre, dans toute la longueur, jusqu'à ce qu'elle puisse sortir de sa gaine. Après cette opération du train postérieur, on passe à l'antérieur.
On retourne l'animal sur le ventre et on détache la peau de dessus le bassin et du dos jusqu'aux épaules, où l'on sépare les membres du tronc, laissant après ce dernier l'omoplate. On fait ensuite filer la peau du cou jusqu'aux dernières vertèbres cervicales, ou l'on sépare la tète en laissant le larynx et la langue après le tronc qui se trouve séparé de la peau. On dépouille ensuite la tête jusqu'au bout du museau, en prenant les plus grandes précautions pour ne l'endommager d'aucune manière; car, malgré tous les soins que l'on prendrait en la raccommodant, on ne pourrait dissimuler complètement la solution, les poils étant très-courts et quelquefois nuls dans cet endroit. On sépare les oreilles en coupant leur carlilage à un tiers à peu près de leur longueur, en ayant soin de laisser la plus grande partie attenant à la peau et l'autre au crâne. Arrivé aux yeux, en opère un tiraillement sur la peau pour faire tendre la membrane clignotante et donner facilité de séparer de la tête la peau des yeux, sans endommager les paupières.
Beaucoup de préparateurs s'arrêtent à ce point dans
le dépouillement de la lêle des animaux; mais il est préférable de le pousser plus loin, c'est-à-dire de dédoubler les lèvres. Voici comment ou fait : on sépare avec un bon scalpel la peau inférieure des lèvres d'avec la supérieure jusqu'aux bords de la bouche, de manière à pouvoir enlever toutes les fibres musculaires qui, en se sécbant, se raccornissenl et font prendre à l'organe une mauvaise forme. On enlève ensuite toutes les parties charnues de la tête, et à l'aide d'une curette, on fait sortir le cerveau de la boîte. On peut, pour plus de facilité, agrandir le trou occipital ; mais ce moyen ne doit être employé que lorsque la tèle osseuse est pour toujours resiée dans la peau. La tête ainsi nettoyée, on passe aux membres, que l'on sort de leur gaine et que l'on dépouille jusqu'au bout des doigts, ce qui est facile à faire pour les petites espèces, mais pour les grosses, on n'y parvient qu'en faisant une incision en dessous, par laijuelle on enlève toutes les parties graisseuses et même les tendons, à l'exception cependant, aux pattes de derrière, de celui qui s'attache au talon, et que l'on appelle tendon d'Achille.
Le dépouillement ainsi fait, on passe à la préparation de la peau, qui, dans les petites espèces, consiste simplement à bien les imprégner de savon arsenical et à les bourrer de manière à leur faiie reprendre leurs premières formes, après <|uoi on les met dans un endroit sec et à l'ombre pour les sécher, en ayant soin chaque jour de les retourner pour éviter que le côté qui pose à terre s'échauffe et s'abîme. Pour les gros animaux dont la peau est dure, le savon arsenical ne suffit pas pour les préserver des insectes rongeurs; alors on emploie un préservatif liquide qui, étant absorbé plus facilement, préserve la peau et la rend inaccessible aux insectes. On donne à ce préservatif le nom de Bain d'alun. Il faut, pour mettre les peaux dedans, que le liquide n'ait que 50° de chaleur à peu près. Il y a des animaux qui ont le derme si dur qu'il ne suffit pas de les passer une seule fois au bain ; alors on est obligé de faire chauffer de l'eau, et d'y ajouter de nouvelles quantités d'alun et de sel marin.
Pour les animaux dont la peau est dure, comme celle de l'Éléphant, et il y en a un assez grand nombre, on est obligé, pour les dépouiller, de feiidie les membres depuis le haut jusqu'en bas; la queue (quand ils en ont) doit être aussi fendue.
Pour les Ruminants dont le cou est très-étroit et la tète très-grosse, et quelquefois pourvue de cornes, il est de toute impossibilité de retourner celle-ci par le cou. On est obligé de faire sous la gorge une incision qui se prolonge un peu sous le cou. On doit calculer en pratiquant cette ouverture l'espace qu'il faut au juste pourfacililer le dépouillement, afin d'éviter d'avoir à faire une trop grande couture. Par celle incision on détache la peau de côté et d'autre, on met à découvert le cou et ses dernières vertèbres, et l'on sépare la tête du tronc, près de l'occiput.
Dans les individus qui n'ont que de très-petites cornes, on peut facilement pousser le dépouillement jusqu'aux yeux et même dédoubler les lèvres sans faire d'autre incision que celle du dessous de la gorge. Mais
dans ceux qui ont de grandes cornes, comme le Cerf à l'élat adulte, il faut pour dédoubler les lèvres et soulever la peau du dessus de la lêle, entre les yeux et les cornes, pratiquer une incision tout autour des mâcliiiires et près des dents, pour retourner la peau du museau sur elle-même, en ayant égard de ne pas endommager les cartilages du nez, pour donner facilité au passage d'un instrument tranchant en dessous de la peau dans le dessein de couper toutes les libres qui pourraient la relenirsurlesos.il faut prendre bien attention Iorsi|u'on dépouille de celle manière une Antilope ou un Cerf, (le ne pas couper ni enlever les larmiers de leur cavilé, parce qu'il est très-difficile de les remettre en place. Après avoir fait le dépouillement de la tête, il est une autre opération qui demande assez de lemps et surtout beaucoup de soin, et que plusieurs préparateurs ont oublié de faire connaître dans leurs ouvrages de Taxidermie, c'est le dépouillement des jambes des Cerfs et Antilopes que l'on peut faire, en pratiquant dans le bas une incision à sa partie interne, et enlever par là tous les tendons qui pourraient, en séchant, leur faire prendre une mauvaise forme. Ce moyen a l'inconvénient de laisser voir toujours la place otl l'on a fait l'incision, et quelquefois même lorsqu'on n'a pas eu soin de recoudre de suite la peau à cet endroit, de ne pouvoir plus la faire joindre, tant elle se raccourcit en séchant. Les bons préparateurs, pour éviter tous ces inconvénients, se servent d'un bâtoji de deux pieds environ, qu'ils arrangent à l'une des extiémités en spatule étroile; on la passe entre la peau et les tendons pour soulever la première tout autour, de manière ù laisser passage au savon arsenical (|ue l'on y introduit et que l'on fait couler jusqu'aux sabots. Il faut faire celte opération même quand on est obligé de passer la peau de ces animaux
Pour terminer tout à fait la mise en peau des grands Mammifères, lorsque cette peau est bien imprégnée d'alun et de sel, dans lesquels on l'a laissée plusieurs jours, il faut la retirer et la faire égoutter, puis la bourrer et lui redonner ses formes , après quoi on la met sécher dans un endroit ombragé, car si on la laissait au soleil, elle deviendrait cassante.
Lorsque l'on veut monter un Mammifère, il faut, si la peau est sèche, la faire ramollir, soit eu la mettant tout entière dans Peau, après l'avoir débourrée, ou lui mettre des chiffons mouillés sur les pattes, la tête cl la queue, et en remplir le corps, ou la mettre dans du sable mouillé. Ce moyen n'est bon que pour les petites espèces. Le lemps qu'il faut pour ramollir une peau ne peut être limité, seulement ou ne doit pas la laisser, soit dans l'eau ou avec ses chiffons mouillés, lorsqu'elle a repris à peu près sa souplesse; car alors elle se macère, son épiderme se soulève et l'on ne peut l'arranger qu'avec de grandes difficultés et en y employant beaucoup de temps, encore ne reforme l-on jamais un bel animal. Pour monter avec facilité et faire une belle pièce, il faut que la peau soit fraîchement dépouillée; alors on peut en tirer tout le parti désirable et lui faire reprendre ses formes premières. La description suivante csl faile comme si l'on opérail sur une peau qui n'a pas
I an bain cl iiiii vie
iréo (li: dessus le
Avanl de comraeiicer l'opéialion, il faut avoir préparé les fers qui doivent servir pour la carcasse, et que l'on choisit de grosseur proportionnée à l'épaisseur des membres de l'espèce qu'on veut mouler. On en coupe cinq morceaux, dont quatre pour les membres et le cinquième pour le milieu du corps. C'esl ce dernier qui sert de charpente et après lequel on attache les autres. Pour les Mammifères qui oui une (|ueue d'une certaine longueur, il est urgent d'avoir une sixième tige métalli<|uc un peu moins forle que les autres; elle est destinée à remplacer la partie solide de la (|ueue. ( Il n'est pas nécessaire de dire que chaque lige destinée pour les membres, doit être plus longue (|ue ceux-ci, et que celle du corps doit avoir au moins un tiers de plus i|ue la longueur totale de l'animal). Après les avoir suffisamment redressées, on commence le montage. La queue est la première chose de la dépouille dont on doive s'occuper. On en fait une factice avec le plus mince des fils de fer que l'on enveloppe de filasse jusqu'à ce que l'on ait atteint le degré d'épaisseur de la partie qu'elle doit remplacer; après cela on l'enduit d'une couche de savon arsenical, et ainsi préparée on l'introduit dans l'enveloppe caudale. Ensuite on passe aux membres antérieurs dans lesquels ou met des fils de fer de manière à ce qu'ils longent l'os auquel on les fixe, avec de la filasse que l'on tourne autour en commençant par le bas et continuant giaduellement jusqu'en haut (ces fils mélalli(iues doivent toujours élre introduits en dessous des pattes et au milieu, quelle que soit la position qu'on destine à l'animal); après cela on enduit la jambe de préservatif, et on la remet en place. Comme on ne peut jamais de celte manière donner tout à fait les formes, on y supplée en bourrant delà filasse bâchée jusqu'à ce que l'on ait alteint les proportions du modèle. On fait ensuite les membres postérieurs de la même manière que les autres; seulement ici il faut attacher le tendon d'Achille avec une corde que l'on passe dans le trou que laisse l'ouverture anale, afin de pouvoir la tendre lorsque l'animal sera sur pied. Ce procédé de faire les tendons a un inconvénient, c'esl que lorsque la peau se dessèche, elle fait Héchir la corde et déforme la patte eu cet endroil, tandis que celui que mademoiselle Charpentier a indiqué offre plus de justesse. On Ole le tendon et il est remplacé par un fil de fer que l'on fait entrer dans l'os du talon et'que l'on entoure de filasse, pour lui donner une grosseur convenable; ce fer s'attache avec de la filasse le long de la jambe. On enduit ensuite la peau de savon et on fait rentrer la jambe, puis on la baisse, comme il a élé indiqué pour les autres.
Les (juatre membres ainsi faits, on s'occupe de la tèle qui demande une grande précaution, d'abord pour les lèvres et aussi pour les yeux. L'arrangement des lèvres consiste à remplacer les parties charnues que l'on a enlevées, ce qui peut se faire de plusieurs manières assez simples en elles-mêmes. On coupe du colon bien mince que l'on mêle avec du savon arsenical trèsépais, pour en composer une sorte de mastic que l'on met à la place des chairs des lèvres, ou bien on prend
de la cire à modeler, avec laquelle on remplace les parties charnues enlevées; ensuite on bourre les orbiles après les avoir bien enduites de savon; puis ou forme les joues avec de la filasse hachée, (lue l'on maintient avec un morceau de calicot fin, avec lequel on entoure la têle, et que l'on coud sous la gorge. Ce morceau de linge sert encore à empêcher la peau de la lèle de se plaquer sur les os. On enduit le tout de savon, et on retourne la peau jusqu'aux cartilages des oreilles, que l'on recoud, après quoi on finit de la remettre en place. On passe ensuite le sixième fil de fer au milieu du corps et du cou et on le fait traverser les os de la tèle enlre les yeux. On prati(|ue à la hauteur des membres antérieurs un anneau dans lequel passent les fers adaptés aux membres, que l'on noue ensemble et que l'on assujettit avec celui qui passe au milieu du corps ; les membres antérieurs ramenés à la position qu'ils doivent avoir, on procède de même pour les postérieurs, pour lesquels on fait un nouvel anneau qui doit être placé à la même distance qu'avaient les omoplates, à l'articulation du fémur au bassin. C'est pour pouvoir fixer les fers juste à l'emmanchement des membres que l'on a recommandé de tenir compte des longueurs du corps des animaux. On fixe ensuite le fer de la queue en le tordant autour de celui du milieu, que l'on a retourné sur lui-même pour ([ue rattache des trois fers ne fasse pas un trop gros volume dans la queue. Tous les fers étant noués, on place les membres dans la position qu'ils garderont lorsque l'animal sera monlé, et on les bourre le plus régulièrement possible, en leur donnant la forme convenable; ensuileon préserve avec du savon arsenical le cou, que l'on bourre avec soin, pour ne pas laisser de vide autour de la tête cl pour ne pas le faire plus gros que nature. On remplit le corps en lui donnant autant que possible les formes qu'il avait, et on coud à point de sulure les deux bords de la peau, en commençant par la poitrine ; ce moyen permet de remettre de l'éloupe dans le corps avec plus de facilité, s'il en manque.
L'animal ainsi bourré, on remet autant qu'il est \\nssible les membres à leur véritable place, pour n'avoir plus qu'à le poser sur une planche, dans laquelle ou perce quatre trous à la distance (ju'exige la taille de l'espèce que l'on monte ; ces trous sont destinés à recevoir les fils de fer des membres que l'on fixe, en dessous de la planche, avec des clous, de manière à ce qu'ils ne bougent pas et que l'on puisse imprimer à l'animal une pose qui réponde à l'une de celles qui lui sont les plus familières. Comme il n'est pas de procédés à indiqiunpour poser un animal, que tout dépend du goût, delà connaissance des habitudes et de l'anatomie de l'espèce, ou ne doit plus parler que des derniers soins à donner à la peau et ù quelques-unes de ses parties.
11 arrive quelquefois que l'animal est irrégulièrement bourré et que par suite une partie est trop grosse et l'autre trop petile. Pour remédier à ce défaut on prend un poinçon à lame triangulaire, et au moyen de cet instrument que l'on enfonce à l'endroit oil la peau fait creux, on relire la filasse que l'on joint avec celle qui l'entoure. Il faut ensuite attacher ensemble les cordes qui tiennent les tendons, et qui passent dans
l'anus, on les maintient tendues en les posant à cheval sur le bout d'un bâion, à l'exliémilé duquel on a mis un clou à moitié entré pour les maintenir; ce bâton ne doit pas avoir plus de longueur que l'animal qui est monté, n'a de hauteur; après que les tendons sont ainsi niainlenus, il faut les piquer en dessus avec du fil assez fort pour que la peau ne puisse pas se déranger.
On arrange ensuite la bouche en modelant les lèvres et leur faisant reprendre leurs formes premières. Il faut aussi arranger les narines et les remplir de coton pour les empêcher de se racornir. Enfin, on remet les paupières en état de recevoir les yeux factices, que l'on fait tenir en les collant avec de la gomme fondue. On lisse ensuite tous les poils, et on fait tenir les oreilles en position avec des morceaux de carton ou de liège.
On peut laisser ainsi sécher l'animal; il n'y a plus qu'à voir chaque jour si la peau en se séchant ne gonfle pas dans quelqu'endroit, ce à quoi on lemédie de suite.
Lorsque l'on veut monter un gros Mammifère, il est presque impossible de le faire avec la charpente que l'on vient d'indiquer. Il faut prendre un morceau de bois de la longueur du corps, depuis l'omoplate jusqu'à l'arliculalion du fémur au bassin; ou le taille carrément et on lui fait d'abord sur le côté et à chaque bout, deux trous pour entrer les fers des membres, que l'on fixe dessus avec des clous; plus, un autre trou sur la face pour y adapter un autre fer qui doit tenir la tête et le cou.
Ce moyen offre une très-grande solidité, mais il ne peut être employé que lorsque l'on est plusieurs personnes pour préparer.
La préparation des Oiseaux exige beaucoup plus de soins; non pas qu'il y ait plus de difficultés à vaincre; mais les couleurs brillantes ([ui enrichissent le plumage de la plupart d'entre eux, perdraient bienlot leur éclat et leur fraîcheur si l'on ne prenait toutes les précautions convenables pour les préserver des souillures et pour les laver dans le cas où il y aurait des taches; ces précautions ont été exposées plus haut.
Au reste, on emploie pour les Oiseaux à peu près les mêmes moyens que pour les animaux de la classe précédente; seulement ici il faut non-seulement bouchei' les ouvertures naturelles mais encore les narines, après y avoir passé un fil qu'on laisse dépasser de quelques pouces, et qui sert à tirer la tête lorsqu'elle est retournée dans la peau (celte précaution de mettre le fil dans les narines n'est bonne que pour les très-petites espèces); après quoi on procède au dépouillement, qui s'opère de même que pour les Mammifères, à quelques exceptions près, qui résident surtout dans la manière de les fendre : elle varie selon que les espèces ont les plumes du ventre plus ou moins fournies ou qu'elles sont de couleurs plus ou moins claires.
L'Oiseau placé sur le dos, la tête à gauche de l'opélateur, on écarte les plumes du milieu du ventre sur lec|uel on fait une incision longitudinale jusqu'au croupion ; on prend ensuite les bords de la peau avec la main gauche, et de l'autre, avec le manche d'un scal- |iel, on la dégage de dessus le ventre jusqu'à ce qu'on
ait mis à découvert les cuisses, que l'on sépare de la jambe à l'articulation du genou, laissant le fémur après le corps. Ensuite on délache la peau du derrière tout autour de la queue, et l'on sépare celle-ci du tronc, un peu au-dessus de l'insertion de ses plumes; avec une pince on le maintient par la colonne vertébrale et on détache la peau jusqu'aux ailes, que l'on désarticule à l'extrémité de l'humérus, près de la fourchette. On fait ensuite filer la peau du cou jusque sur la tête en ayant soin d'enlever les membranes des oreilles de leur cavité. Pour les grandes espèces, on est forcé de se servir d'un instrument tranchant; mais pour les petites, il faut l'éviter; alors on pince la peau fortement, très-près du crâne, de manière à faire sortir la membrane. On détache la peau des yeux sans attaquer les paupières, après quoi on désarticule la tête du tronc à la dernière vertèbre cervicale, et on enlève de dessus toutes les parties charnues; on extrait le cerveau avec une curette; on peut aussi, comme pour les Mammifères, couper le derrière de la tête, mais toujours avec précaution pour ne pas endommager la peau. La lêle ainsi dépouillée, il faut de suite la bourrer et la préserver avec grand soin. On remplit les yeux avec du colon, sous lequel on met du savon arsenical pour manger les chairs, et sur les joues, que l'on remplace par du coton baclié bien fin. La tète ainsi arrangée, on met avec un pinceau du sa von sur la peau elonla retou rne en la tenant de la main droite avecdesbruxelles, tandis que de la gauche on plisse la peau que l'on renionle jusqu'à ce que l'on voie le bout du bec, que l'un tire par le fil que l'on a |)assé dans les narines, eu ayant la |)récaution de maintenir la peau. Avec un peu d'habitude et de soin on vient facilement à bout de cette opération. L'oiseau ainsi retourné, on le prend par le bec et on le secoue un peu pour faire tomber le plâtre qui se trouve sous les plumes; on remet celles-ci eu place, soit en soufflant dessus de haut en bas, suit avec une bruxelle. Il ne faut jamais attendre que la peau soit sècbe pour faire celte opération ; car les plumes ne reviendraient que trèsdifiicilemenl. On écarte ensuite les paupières que l'on maintient avec le coton que l'on relire un peu de l'orbite et que l'on écarte de manière à bien former un œil rond. Il faut apporter beaucoup de soin dans l'arrangement des paupières; car les petites plumes qui sont autour d'elles se chiffonnent très-facilement, et pour remédier à cet inconvénient ou prend une aiguille avec laquelle on les remet en place sans déranger aucunement leurs barbules. On se sert aussi de cette même aiguille pour peigner les plumes de la tête et pour remetlre en place les sacs des oreilles. Mais pour bien réussir dans cette opération et bien faire la tète d'un Oiseau, il faut plisser la peau de la tête, pour qu'elle ne plaque pas sur les os, et pour pouvoir remetlre les oreilles en place plus facilement. Il resic maintenant à bourrer très- légèrement le cou avec une seule mèche de filasse assez grosse pour remplacer les parties charnues; on l'enduit de savon, on la fourre dans le cou et on la fait entrer dans la léte par le trou occipital, ce qui a l'avantage de bien réunir le cou avec la léte sans laisser aucun vide autour de cette dernière. On dépouille ensuite les ailes en delà-
tliant la peau dft dessus les muscles, jusqu'aux radins et cubilus que l'on iiiel à découvert seulemenl en dessus, parce que si on délacliait les plumes qui sont insérées en dessous, on ne pourrait les remettre en place que très-difficilement, et souvent même il serait impossible d'y arriver. On enlève de dessus les os toutes les parties charnues, et on passe entre le radius et le cubitus un lil assez long, qui est destiné à attacher les ailes et a les maintenir dans leur véritable position; on met une couche de préservatif entre les os et la peau et l'on fait rentrer l'aile dans sa place. Les deux ailes ainsi dépouillées, on les attache ensemble avec le fil passé entre les os, en les laissant séparées l'une de l'autre à la même distance où elles se trouvaient dans leur adhérence au corps; pour cela il n'est d'autre moyen que de prendre la mesure sur le corps lui-même.
On dépouille ensuite les membres postérieurs autour desquels on tourne un peu de filasse pour remplacer les chairs, et l'on enlève les parties charnues qui sont restées à la base de la queue, sur laquelle on met du préservatif. Il ne reste plus qu'à remplir le cor|)S ; après l'avoir bien préservé avec du savon, par dessus lequel on met de la filasse hachée, en ayant la précaution de ne jamais bourrer en long, mais toujours en large, pour remplacer les muscles pectoraux et pouvoir, sans allonger et tirailler la peau, réunir les deux bords de l'incision que l'on coud à points de suture et de manière à ce que les plumes ne soient pas retenues par le fil.
Lorsque l'oiseau est bourré et cousu, on remet les plumes du ventre en place, puis on le relournuel l'on place les ailes dans leur position naturelle et la moins embarrassante, c'est-à-dire fermées et posées le long du corps. On replace les plumes qui pourraient être déiangées et on les maintient par une bande de papier (jui entoure l'oiseau et que l'on attache en dessus avec une épingle. Il faut, avant de mettre cette bande, placer les jambes de manière à ce que les talons ne dépassent pas la naissance de la queue; dans cet état de préparation, on n'a plus qu'à mettre l'oiseau dans un endroit sec et à l'ombre; on le laisse sécher en le retournant chaque jour et en visitant si quelques plumes ne se sont pas dérangées. Il est une remarque à faire, c'est que les peaux d'oiseaux séchées au soleil ou dans un four ne jieuvent jamais ou presque jamais être montées; elles sont devenues très-cassantes.
Pour les oiseaux aquatiques, on est presque obligé de les dépouiller par le dos, les plumes du ventre étant très-épaisses et souvent de couleur très-claire; aussi, pour eux, la préparation est un peu plus difficile. Comme ils sont pourvus presque toujours d'un petit cou et d'une grosse tête, il faut, pour dépouiller celleci, faire iinn incision sous la gorge ( de même que pour les Ruminants) qui se prolonge un peu sous le cou et par laquelle on enlève toutes les parties charnues. Il faut de suite, après le dépouillement, recoudre les deux bords de la peau que l'on a fendue, afin d'éviter que le savon que l'on va introduire dans le cou ne salisse les plumes.
Pour les Autruches, Cigognes, etc., dont le cou est presque dépourvu de plumes, il est mieux de faire l'in-
cision pour dépouiller la tête, en dessus du cou, parce qu'il est plus facile, dans ces oiseaux, de masquer la couture.
Il faut pour mouler un Oiseau, que sa peau soit molle et souple. Lorsque c'est une peau préparée depuis longtemps, on est obligé de la débourrer et de mettre à la place de la filasse, des éponges ou des chiffons mouillés pour la ramollir, et envelopper aussi les pattes de linges mouillés. On peut aussi les ramollir en les mettant queli|ue temps dans du sable humide, ce qui est même préférable, après quoi on les monte.
Que l'on suppose opérer sur une peau que l'on vient d'enlever de dessus le corps et qui est bourrée.
Il faut d'abord choisir du fil de fer dont la grosseur soit proportionnée au volume des tarses de l'espèce que l'on va monter (il faut éviter de le prendre trop gros, car il ferait crever la peau des pattes); on en coupe trois morceaux, lorsqu'on veut le poser les ailes fermées, et cinq pour les ailes ouvertes; ces derniers sont placés dans les ailes pour les maintenir; ils sont attachés comme ceux des membres antérieurs des Mammifères. Des trois premiers, deux sont pour les pattes et l'autre pour le milieu du corps, il sert de charpente. Ce dernier doit être au moins un tiers plus long que l'animal entier et les deux autres doivent à peu près l'égaler.
On commence par les passer dans les tarses, et les faire longer les os avec lesquels on les fixe en les entourant de filasse ou de coton. Il ne faut pas oublier (|uc ces matières sont destinées à remplacer les chairs et (|u'elles doivent, par conséquent, être mises avec soin de bas en haut en augmentant progressivement, ce qui permet d'imiter les formes naturelles. Les jambes factices ainsi faites, il faut les enduire de préservatif et les remettre à leur place.
On arrange ensuite le fer du corps, que l'on fait traverser le cou et sortir du milieu de la tète entre les yeux; on pratique à ce fer un anneau aux deux tiers de sa longueur, laissant la portion la plus longue du coté de la tête ; on passe dans cet anneau les deux fers des membres que l'on noue ensemble et que l'on assujettit avec celui du milieu, que l'on a eu le soin de laisser assez long pour pouvoir le faire entrer dans les os de la queue et déborder jusqu'au milieu des pennes afin de les soutenir. Lorsque l'Oiseau que l'on prépare a une queue très-large, on en ajoute un second fer que l'on attache à celui du milieu, et qui, étant posé sur le côté, l'empêche de tourner. Les fers ainsi attachés, on place de suite les membres postérieurs, on laisse une portion de fer assez grande pour remplacer les fémurs et pour pouvoir former d'un seul coup la grosseur de l'Oiseau. Il faut toujours que les talons ne dépassent pas la naissance de la queue. Les pattes placées, on bourre le croupion et le dessous des cuisses, puis on retourne à la partie antérieure ; on figure la poitrine et enfin le ventre, après quoi on recoud l'Oiseau en commençant par le bas. Il y a quelques précautions à prendre en faisant la couture, c'est d'abord de ne pas laisser dépasser la filasse et de prendre garde que les plumes ne soient retenues par les fils.
L'oiseau fait, on le met sur un juchoir ou sur une
planche, selon ses habitudes, el on le pose le plus iialiirellement el le plus gracieusement possihie; on remcl toutes ses plumes en place, avec une bruxelle sans lieiileluies. On mainlient les ailes dans leur position avec un (il de fer très-mince, à l'une des extrémités duquel on fait un crochet que Ton fixe aux grandes pennes d'une des ailes, vers le milieu de leur longueur; on l'arrondit en le courbant sur le dos et on l'attache ù l'autre aile par un nouveau ciochet fait à l'autre extrémité. On peut aussi les fixer en faisant traverser le corps de l'oiseau par une broche de iîl de fer qui dépasse de chaque côté, et aux extrémités de laquelle on attache un bout de fil que l'on fixe sur le dos; ensuite on arrange la queue que l'on maintient avec un fil de fer courbé en deux, entre lequel on met les pennes que l'on écarte selon sa volonté.
On arrive ensuite à la tête, que l'on peigne avec le plus grand soin, tout en renfonçant les sacs des oreilles, et en plaçant d'une manière convenable les plumes <iui les recouvrent, et l'on apprête les paupières pour y mettre les yeux que l'on colle avec de la gomme.
On lisse enfin les plumes du cou et du dos, et on replace celles des ailes, que l'on maintient avec une bande attachée sur le dos, avec des épingles. 11 faut encore mettre une seconde bande pour tenir les plumes du ventre. Un oiseau ainsi monté peut rester quelques jours sans que l'on y touche, après quoi on enlève les bandes, et on replace les plumes qui se seraient dérangées.
Pour les oiseaux dont les peaux sont mauvaises, comme la plupart des Oiseaux de Paradis, on est obligé de les monter plume à plume et sur un mannequin de filasse entouré de til et de colle de pâte. Cette opéralion est une des plus difiicileo et des plus longues à faire; aussi n'estil pas beaucoup de préparateurs qui y réussissent parfaitement.
Plusieurs procédés ont été indiqués pour la préparation et la conservation des Reptiles. Celui qui est employé le plus souvent par les voyageurs, est de les mettre, lorsqu'ils sont de petite taille, dans une liqueur spiritueuse, de l'alcool faible, par exemple ; mais avant de les y plonger, il faut leur faire une incision sous le ventre, pour que la liqueur puisse entrer dans l'intérieur du corps et conserver tous les intestins. Ce moyen peut être employé avec succès pour les Lézards, les Grenouilles, les Crapauds, les Serpents, et enfin pour tous les Reptiles dont le volume n'est pas considérable; mais pour ceux dont la taille est comme celle du Crocodile, par exemple, il faut les dépouiller, ce qui se fait de la manière pratiquée pour les Mammifères, seulement on est obligé, leur peau étant excessivement dure et pourvue d'écaillés, de prolonger l'incision du dessus du ventre jusque sous la gorge, parce qu'alors on peut, sans retourner In peau, l'enlever de dessus le corps. Pour les Tortues, on est quelquefois obligé d'avoir recours, pour faire l'incision, à une scie à main. Leur enveloppe est si dure que l'on ne peut jamais la couper, surtout dans les espèces terrestres. On sépare le plastron de la carapace en opérant une incision de chaipie côté, et coupant avec le scalpel la peau qui entoure les membres antérieurs et postérieurs, ce qui
laisse le plastron libre On le retire alors pour mettre à découvert tous les intestins que l'on extrait de leur boite, après quoi on dépouille les membres qui sont quelquefois pourvus d'une peau si dure que l'on est forcé delà fendre depuis le haut jusqu'en bas pour pouvoir enlever toutes les parties charnues qui sont dessous; il ne reste plus que la tête, que l'on ne retourne pas complètement, parce qu'on détacherait les plaques qui sont à sa superficie. On se contente donc d'enlever les yeux sans endommager les paupières et de retirer le cerveau, après quoi on enduit de préservatif toutes les parties (|ue l'on recouvre d'étoupe par dessus laquelle on remet le plastron que l'on maintient avec un brin de fil de fer.
Il y a de si grosses espèces de Serpents qu'il faut les dépouiller afin de les conserver. On a indiqué pour cette opération plusieurs procédés : le premier, qui doit être rejeté à cause du danger auquel il expose l'opérateur, est de faire passer tout le corps par la bouche en retournant la peau sur elle-même. Les autres sont beaucoup moins dangereux, et peuvent être mis à exécution très-facilement ; seulement, il faut toujours prendre attention aux écailles en faisant l'incision longitudinale sous le ventre, un peu sur le côté, pour ne pas endommager les grandes plaques qui sont dessus et qui servent de caractères secondaires. On enlève la peau du corps avec un manche de scalpel et on sépare la tête du tronc à sa dernière vertèbre, puis on remplit la peau avec du sable sec ou de la sciure de bois par dessus la(|uelle on met un peu de colon pour l'empêcher de s'échapper à travers les espaces (pie laissent les points de la couture <iue l'on doit faire de suite.
Pourmonterles Crocodiles, les Lézards, lesCrapauds, et tous les Reptiles pourvus de pattes, les procédés sont les mêmes que pour les Mammifères, seulement il faut, lorsqu'ils sont tout à fait montés et secs, mettre sur leur corps une couche de vernis à l'esprit-de-vin.
Pour les Serpents, on est obligé d'en agir autrement : on prend un fil de fer que l'on taille de la même longueur que le corps et autour duquel on tourne de la filasse jusqu'à ce que l'on soit arrivé à peu près à la grosseur convenable du corps; on l'enduit de savon arsenical et on l'introduit dans la peau, que l'on a eu le soin de vider et de ramollir avec des chiffons mouillés, si elle est sèche et dure; ensuite, on finit de la bourrer, avec de la sciure de bois ou du sable bien sec, par dessus lequel on met un peu de colon à l'endroit de l'incision, afin d'empêcher que rien ne s'en aille; puis on recoud la peau, en prenant bien garde de faire tomber les écailles ou de les abimer avec le fil. 11 faut surtout ne pas faire |)asser le fil dans le milieu des grandes écailles du dessous du ventre, mais dans leurs interstices. On lui donne ensuite l'attilude et les formes qui lui sont propres, et on lui met des yeux factices. Comme la peau des paupières se retire et se déforme facilement, on ne saurait les arranger trop soigneusement. Une fois le montage terminé, on essuie les écailles el on les lave avec de l'essence de térébenthine, ce qui offre le dtmble avantage de hâter la dessiccation et de faire reprendre aux couleurs leur état primitif.
Pour les Tortues, il n'est vraiment pas de procédés (|ni leur soient propres, seulement on allache la char- |iiMite du milieu du corps à un fil de fer que l'on passe dans une des cavités que laissent les côtes en dedans de la carapace. 11 faut, pour elles comme pour les autres Reptiles, leur donner une couclie de vernis à l'espiit-de-vin après les avoir lavées avec de l'essence de térélientliine.
On fait usage, pour conserver les Poissons, des moyens employés pour les Reptiles; seuJemeut, avant de les appliquer, il Faut faire subir aux individus une petite opération, <|ui est de les laver pour enlever le mucilage <|u'ils auraient pu conserver; après quoi on les met dans une liqueur spiritueiise. On peut aussi les dépouiller et préparer leurs peaux, en les préservant avec du savon arsenical et les bourrant ensuite de manière à pouvoir être moulés plus tard. Ces opérations demandent beaucoup de soins et de temps. Quelques auteurs ont indiqué plusieurs piocédés. Le premier est de séparer en deux la mandibule inférieure pour obtenir plus d'espace afin de faire sortii' le corps, que l'on enlève par morceaux. Le second est de sacrilier un côté, c'est-à-dire de faire l'incision sur le côlé et d'enlever, avec un manche de scalpel, la peau de dessus le corps, en ayant soin toujours de laisser intactes les nageoires ; mais le meilleur est de faire l'incision en dessous du ventre, un peu sur le côté, pour lie pas couper les nageoires, puis d'enlever la peau de dessus les côtés du corps, de séparer la queue et de retourner la peau sur le dos pour enlever la nageoire dorsale, et détacher le tronc de la télé tout près de l'occiput, après quoi on retire les branchies que l'on fait sécher après les avoir lavées, et on préparc la peau, soit en la bourrant, en la recousant après et en la fixant sur une planche, soit en collant en dedans des feuilles de papier mises les unes sur les autres, ce qui la consolide et ne lui fait pas perdre ses couleurs; ensuite on arrange les nageoires sur une plaque de liège ou de carton à laquelle on les fixe au moyen d'épingles. On ne saurait tiop recommander cette dernière opération, car les nageoires servent de caractères et sont les parties qui se déforment le plus vite.
Pour monter les Poissons d'une manière convenable, il faut prendre beaucoup de précautions pour ne pas détacher les écailles et pour lendre aux Poissons leurs formes primitives. Plusieurs auteurs ont indiqué différents procédés de montage qui sont tous très-bons, mais dont plusieurs offrent beaucoup de difficultés. Voici celui i|ui est employé le plus souvent :
On prend un fil de fer du double de la longueur du corps du Poisson, on le ploie de manière à ce que les deux extrémités que l'on doit attacher au socle pour maintenir l'animal, le séparent en trois parties égales; alors on préserve la peau à l'intérieur et ou la bourre avec de la filasse hachée ou du coton, selon que l'espèce a la peau plus ou moins dure, puis on le coud à point de suture et on le fixe sur son plateau; après quoi on lui fait reprendre ses formes et ou lui met les yeux. Ce moyen a l'inconvénient de faire un animal mou et à ((ui on ne peut faire garder parfaitement ses formes. Le moyen le plus sur, mais aussi le plus difficile, est
de faire le corps en bois sur lequel on met la peau que l'on fixe avec de la colle forte et des petites pointes pour qu'elle ne puisse se déranger. Lors(iu'elle est tout à fait sèche, on la lave avec un peu d'Alcool; on laisse sécher et ensuite on passe une couche de vernis à l'esprit-de-vin pour donner un peu de brillant; enfin on pose les yeux factices que l'on fait tenir avec du mastic, lequel, en débordant un peu, laisse autour de l'oeil une épaisseur que l'on arrange de manière à former la paupière, qui ne peut que très-difficilement èlre arrangée d'une autre manière, et que l'on peint ensuite avec de la couleur à l'huile. 11 faut arranger le dedans de la bouche avec de la filasse hachée et de la gomme mêlées ensemble en consistance de mastic. Si l'individu sur lequel on opère est sec, et que les nageoires n'aient pas été étalées, il faut les piquer de suite sur une plaque de liège; car si on les laissait sans être arrangées, elles se déformeraient et ne laisseraient plus voir leurs caractères.
Parmi les Mollusques, les uns sont renfei mes dans une coquille, les autres ont le corps nu. Dans le premier cas se trouvent les coquilles proprement dites, soit marines, Quviatiles ou terrestres. Dans le second sont compris un nombre infini de Mollusques marins, fluviatiles et terrestres, et beaucoup d'autres animaux connus sous différents noms. Tous ces animaux peuvent être conservés dans de l'esprit de-vin ou dans toute autre liqueur spiritueuse. Pour les Alollusques dépourvus de coquilles, il n'est pas d'autre moyen de conservation que celui-là ; mais, pour ceux qui en ont une que l'on veut conserver séparée de son animal, on est obligé de faire mourir celui-ci en le plongeant avec sa coquille dans de l'esprit-de-vin très- fort; on l'y laisse quelques minutes, après quoi un le retire de iS coquille très-facilement, ce (|ui se fait en le retirant simplement avec un fil de fer pointu. Lorsque l'on veut conserver la coquille et montrer ses belles couleurs, il faut lui enlever son drap marin; à cet effet on emploie de l'Acide nitrique affaibli ou de l'Eau seconde, que l'on verse dessus en frottant avec une brosse un peu dure, jusqu'à ce qu'il soit enlevé, après quoi on la plonge dans de l'eau ordinaire pour lui enlever l'Acide qui pourrait être resté; on l'essuie et on l'enduit d'un peu d'iiuile pour faire ressortir les couleurs.
11 y a des animaux qu'on peut dessécher sans beaucoup de préparation : il faut d'abord les mettre dans de l'eau douce pour leur faire dégorger les matières salines; on les retire ensuite, pour les mettre dans un endroit sec; ces animaux sont les Étoiles de mer. Quant aux Oursins il faut une précaution infinie pour les conserver avec leurs baguettes; un moyen assez sur est de les mettre dans de lesprit-de-vin. Mais lorsque l'on veut les transporter à de grandes distances, il faut les bien envelopper dans du linge que Ion met double cl même triple pour empêcher que le ballottement puisse faire tomber les pointes ou baguettes.
On conserve très- facilement les petites espèces de Crustacés, en les mettant dans de l'Alcool , ou bien en les plongeant dans de l'eau de Chaux; ou les y laisse quelque temps, après quoi on les retire et ou les fait sécher. On peut aussi les mettre dans du Si 1
marin. Mais il esl pour les grosses espèces, par exemple, (l'aulres moyens à employer, (|ui ne sont pas (ont à failce que l'on appelle un véritable dépouillage, mais qui s'en rapprochent un peu. Pour retirer toutes les chairs et les branchies qui sont à l'intérieur, il faut enlever la carapace ; alors, mis à découvert, ils sont facilement extirpés. On enduit le tout d'une couche de savon arsenical, puis avec du coton on lemplit toutes les cavités, et l'on rejjlace la carapace que l'on fait tenir avec de la gomme fondue dont on emprègne les bords.
Si on opère sur une espèce pourvue de pinces trèsgrosses, on détache la plus petite partie de la pince, et par le trou qu'elle laisse on extrait toutes les chairs renfermées dans la grosse portion, ensuite on remet la petite pièce en place.
La préparation des Insectes est la partie la moins pénible de la Taxidermie; il suffit de traverser ces petits animaux par une épingle qui passe, pour les Coléoptères, dans l'élytre droite, entre la première paire de pattes et la seconde, pour les autres dans le corselet, et d'enfoncer la pointe de l'épingle dans une planchette de liège. L'insecte ne doit être placé à demeure que privé de vie, et lorsque ses membres auront été séchés dans une position propre à montrer leurs diverses parties. Pour donner la position à un insecte dans son état de fraîcheur, on doit le lixer sur un fond de liège, puis ramener chaque membre près du corps, ployer les articulations et les maintenir dans leur position respective par des épingles destinées à les assujettir passagèrement. Une l'ois que l'insecte est desséché dans celte position, on le place dans la boîte d'étude j mais si, desséché avec une position vicieuse, on voulait lui en donner une autre, il faudrait le ramollir en le plaçant dans un endroit humide, sur un morceau de liège HoUant dans un vase couvert d'eau sous une cloche. Les Papillons demandent quelques précautions pour être conservés avec cet éclat et celle fraîcheur qui les distinguent: une planchette sur laquelle est pratiquée une rainure recevra le corps du Lépidoptère, dont les ailes étendues sur le plan horizontal de la planchette y seront maintenues jusqu'au dessèchement par un plan de verre dont la surface, bien unie, ne porte aucune atteinte aux écailles qui recouvrent ces ailes.
Le savon arsenical, dit de Becœur, dont il est question dans cet article, se prépare de la manière suivante : on prend dix parties de savon blanc, coupé par petites Iranchcs que l'on fait fondre dans un vase placé sur un feu doux, et qui contient une suffisante quantité d'eau ; on y ajoute ensuite quatre parties de potasse ordinaire et une partie de chaux en poudre, puis peu à peu dix parties d'arsenic blanc également en poudre; on forme de tout ce mélange une pâle molle qu'on laisse refroidir pour y incorporer une partie de camphre parfaitement trituré. Enfin on enferme ce savon arsenical dans un vaisseau que l'on tient bien fermé. Lorsqu'on veut s'en servir on en prend la quantité nécessaire que l'on délaie avec de l'eau pour en former une sorte de bouillie que l'on étend avec un pinceau.
Le bain dans leipiel on fait macérer les peaux après l'opéralion du dépouillement se compose de sel marin
et d'alun dans les proiiorlions d'une partie du premier et deux du second que l'on fait dissoudre dans huit parlies d'eau de pluie.
TAXINÉES. Taxineœ. bot. Le professeur Richard a ainsi nommé la première section de la famille des Conifères, celle qui comprend les genres Podocarpus, Daciydimii, Phyllocladus, Taxas, Salisbuiya et Ephe- Ura.
TAXITES. BOT. Foss. Nom donné par Brongniarl ii un genre de plantes fossiles, qu'il place à la suite de la famille des Conifères, et qu'il a constalé dans des empreintes que lui ont offert des Scliisles carbonifères et des Lignites. Les débris conservaient les caractères de feuilles courtement pétiolées, articulées, disposées en spirale et sulidisliques.
TAXODIER. Taxodium. bot. Richard père a érigé le Cupressiis disticlia, L., en un genre particulier qu'il a nommé Taxodium. Le même genre a reçu de Mirbel le nom de Schuherlia, <|ui a été abandonné et transporté par Martius à un autre genre de Plantes. Le Taxodium appartient à la famille des Conifères et à la Monœcie Wonadelphie, L. Il a été ainsi caractérisé par Richard (Mém. sur les Conif., p. 143, lab. 10) : fleurs nionoï(|ues sur les mêmes rameaux. Les mâles forment de petits chatons globuleux, disposés en une grappe pyramidale et rameuse; les écailles, en forme de bouclier, portent en dessous de trois à cinq anthères. Les Heurs femelles forment deux ou trois chatons rapprochés et placés à la base des grappes de Heurs; les écailles, aiguës et réfléchies au sommet, portent deux fleurs à la base. Le fruit est un galbule globuleux ou ovoïde, composé d'écaillés pellées, en forme de clous, ligneuses, anguleuses; les |)éricarpes sont presque ligneux, irréguliers; l'embryon est cylindrique, presque de la longueur de l'endosperme, ayant six ou sept cotylédons linéaires.
Taxodier distique. Taxodium distichum, Ricb.; vulgairement Cyprès chauve de l'Amérique septenlriouale. C'est un arbre qui se distingue de toutes les autres Conifères par son port. Au premier coup d'œil, on le prendrait pour un Mimosa, à raison de ses feuilles distiques simulant des feuilles finement pennées. Ses racines sont remarquables par les exosloses coniques, nues et hautes de deux à trois pieds, qu'elles émettent. Cet arbre, cultivé en Europe pour l'ornement des jardins paysagers, se distingue des Cyprès, lopar ses fleurs mâles, dont les chatons extrêmement petits et globuleux, sont disposés en grappes rameuses, au lieu dèlre solitaires et terminaux; 2" par ses fleurs femelles qui sont également des chatons écailleux et arrondis, et dont les écailles ne portent <iue deux fleurs dressées. Par ce dernier caractère, il se rapproche du Thux'a, mais il en diffère par son fruit dont les écailles sont en forme de clous comme celles des Cyprès. Son embryon constamment polycotylédoné, c'est-à-dire divisé en plusieurs lanières dont le nombre varie de cinq à neuf, le fait en oulre suffisamment distinguer de l'un et l'autre de ces genres.
TAXODITES. BOT. foss. Genre de Plantes de la famille des Ciipressinées, établi dans la Flore Antédiluvienne, par Unger, qui a reconnu le lype de ce genre dans des empreintes offertes par les Ligniles. Ce sont
TEC
des lanieaiix alternes, allongés, grêles, garnis de feuilles distiques, linéaires ou linéari- lancéolées et membraneuses; les chatons, formés d'écaillés imbriquées, aiguës, étalées et recourbées au sommet, sont slaminigères. On trouve ces empreintes dans les carrières de Bilin, en Bohème.
TAXOSTICHE. BOT. L'une des sections du genre Helichtysum, De Cand. y. Hélicbryse.
TAXOXYLUM. BOT. Foss. Unger a foi mé sous ce nom un genre de Végétaux fossiles, d'après quelques débris qu'il a trouvés parmi les Schistes houllliers et les Lignites, et il a placé ce genre à la suite du groupe des Taxinées, de la classe des Conifères. Ces débris lui ont démontré îles couches concentriques superposées, des rayons médullaires simples, formés par la superposition de cellules parenchymateuses, des vaisseaux spiraliporeux, minces, leptnstachyés, rayonnant et donnant naissance à des rangées de pores disciformcs.
TAXUS. MAM. L'un des .synonymes de Blaireau, y. ce mol.
TAXDS. BOT. y. If.
TAYLORIE. Tayloria. bot. Hooker a donné ce nom au genre de Mousses que Schleicher avait établi sous celui de Hooheria; ce dernier nom étant déjà appliqué par Smith à un autre genre de la même famille, le Tayloria de Hooker ou Hookeria de Schleicher et de Schwœgrichen est ainsi caractérisé : péristome simple, formé de trente-deux dents très-longues, tordues en spirale, rapprochées par paires; capsule soutenue sur une apophyse; coiffe liès-petite,campanulée.
Taylorie spuciiNoïDE. Tayloiia splachnoides. Cette Mousse croît dans les Alpes et en Norwége ; elle a une tige simple, garnie à sa base d'une rosette de feuilles oblongueset dentelées; la capsule est longuement pédicellée, droite, cylindrique, insensiblement rétrécie à sa base, surmontée d'un opercule conique, allongé ; la columelle, qui fait saillie hors de la capsule, est renflée à son extrémité.
TAYOTUM. bot. Le genre décrit sous ce nom par le père Bianco. dans sa Flore des Philippines, présente des caractères tellement incomplets qu'il est encore fort difficile d'assigner la place que doit occuper ce genre dans la méthode. Le calice est campanule, à cinq dents; la corolle est infundibuliforme, avec son limbe partagé en cinq lanières ; les élamines sont au nombre de cinq, insérées à l'orifice de la corolle; elles ont leurs filaments très-courts et leurs anthères biloculaires, bifides à leur base; le style est épais et le stigmate ovale; la capsule est enfermée tout en bas du calice qui est partagé en deux; elle a deux valves et une seule loge; les semences, attachées sur deux lames, sont portées sur une soie bifide inférieurement. La seule espèce de ce genre constitue un arbrisseau à feuilles opposées, rugueuses, velues en dessous et tiès-entières; les fleurs sont axillaires et en ombelle.
TAZETTE. BOT. Espèce du genre Narcisse.
TCHÉTRECBÉ et TCHITREC. ois. Espèce du genre Moucherelle. y. ce mot.
TCHIGITAI. MAM. Synonyme de Czigithai, ou Dziggelai, espèce du genre Cheval, y. ce mot.
TCHITRÉE. Tchitrea. ois. Lesson a proposé la for-
mation de ce genre aux dépens de celui des Moucherolles; il se composerait des espèces qui ont le bec déprimé, caréné, onciné et denticulé, entouré à sa base et ainsi qu'aux narines de soies roides. la queue formée de douze rectrioes étagées, dont les intermédiaires sont les plus longues. Les Muscicapa crislala, paradisi, Borbonica, piiiiceps, mutala, etc., appartiendraient à ce sous-genre.
TCOUG. OIS. Nom d'un Busard, f«/fO iiielaiioieucos. y. Faccon.
TECK. BOT. On désigne sous ce nom le bois du 2'ectoiia grandis, L. y. Tectone.
TÉCLÉE. Teclea. bot. Genre de la famille des Zantlioxylées, institué par Raffeneau-Deliile, qui lui assigne pour caractères : Heurs diclines : les mâles ont le calice court, à cinq dents, cinq pétales, plus longs que le calice, obovato-spathulés, concaves, dressés, quatre étamines plus longues que les pétales, insérées autour de la base d'un rudiment d'ovaire; anthères biloculaires, attachées par la base, à loges longitudinalement déhiscentes. Les fleurs femelles ont le calice court, cyathiforrae, bordé par quatre dents, quatre pétales, quatre étamines hypogynes et abortives, terminées par des anthères réniformes, i\n ovaire plus long que le calice et les étamines, élevé, ovoïde, uniloculaire, uniovulé, terminé par un stigmate peltato-hémispliérique et sessile; ovule pendant au sommet de la loge et attaché latéralement par un autre point.
Téclée kobie. Teclea nobilis, RafFen.-Del. Arbre très-glabre, à feuilles pétiolécs, alternes, trifoliées, dont les folioles sont lancéolées, coriaces, pellucidopuncticulées et nervurées; Heurs sessiles, rassemblées en épi cylindrique. Ce grand arbre croît en Abyssinie; il borde les rivières et les ruisseaux.
TECMARSIDE. Tecinarsis. bot. Genre de la famille des Synanlhérées. établi par De Candolle, qui le caractérise ainsi : cajiitule ordinairement composé de six fleurs homogames; involucre oblong, formé de squames étroitement imbriquées, acuminées : les extérieures courtes et obtuses, les intérieures linéaires et subaiguës; réceptacle étroit et nu; corolles tubuleuses, fililoinies,peu remarquables; akènes grêles, subanguleux, striés, glabres et dépourvus de bec; aigrette formée d'une rangée de soies soudées par leur base en une sorte de tube, inégales, dressées, rigidules et dépassant l'involucre.
Tecmarside de Bojer. Tecmarsis Bojeri, De Cand. C'est un petit arbuste à rameaux cylindracés et pendants, presque velu ou bien soyeux vers le sommet, garnis de feuilles alternes, fasciculées, glabres, obovato-oblongucs, aiguës, en coin à leur base, pourvues de quelques dents sur les bords, d'un pétiole velu et court; les pédoncules sont réunis en corymbe et nus; les involucres sont glabres. Cette plante croît dans l'île de Madagascar.
TECOLITHES. ÉcHiK. Foss. Nom que Pline et quelques auteurs anciens applii|uaient à des corps organisés fossiles, qu'on croit être des Pointes d'Oursins.
TÉCOiME. Tecoma. bot. Genre de la famille des Bignoniacées et de la Didynamie Angiospermie, L., établi par Jussieu (Gênera Plantarum, p. 157), et ainsi ca-
TEC
lactérisé: calice campanule, à cinq denis; corolle dont le lubeesl coiiil, la gorgecampanulée, lelimbe hilahié, à cinq lobes; qnalre (■lamines didynames, plus une cinquième rudimenlaire; sliffmale bilamellé; capsule en forme de silique, biloculaiie. bivalve, ayant la cloison opposée aux valves; graines placées sur deux rangées, imbriquées, bordées d'une aile membraneuse. Ce genre est un démembrement du Bignonia, de Linné, dont il diffère à peine par les caractères, il se compose d'une dixaine d'espèces qui croissent en Amérique, jiarticulièrement en Virginie, au Mexique etdans les Andes du Pérou. Une espèce a été trouvée à la Nouvelle-Hollande et dans l'île de Norfolk. Ce sont des arbres ou rarement des arbrisseaux à feuilles opposées, digitées, ou plus souvent imparipinnées. Les Heurs sont terminales, en panicule, jaunes ou rouges.
Técome RADicAiNT. TecoDia radicans, Juss.; Bignonia raUicans, L., arbrisseau connu vulgairement dans les jardins sous le nom de Jasmin de Virginie. Ses liges sont sarmenleuses; elles s'accrochent aux murailles par de petits crampons qui naissent des nœuds, et elles s'élèvent quelquefois jusqu'à plus de trente pieds de haut. Son feuillage est très-beau, ailé avec impaire, à folioles nombreuses, vertes, ovales-aiguës et inégalement dentées en scie. Les fleurs sont grandes, infundibuliformes , d'un rouge vif, disposées en bouquet au sommet des rameaux. Cette belle plante est originaire de la Virginie et autres États de l'Amérique septentrionale. Elle se cultive avec facilité, et se perpétueau moyen de drageons etdeboulures. Elle est trèspropre à garnir les murs et les berceaux, dans les bosquets d'été. Elle ne craint pas le froid, mais l'exposition au midi est celle qui lui est le plus favorable. TECOMAlilA. BOT. Même chose que Tecoma.
TÉCOHHILÉE. TecophHœa. bot. liertero a instilué ce genre dont le siège parait encore incertain, mais auquel on a néanmoins trouvé de grandes affinités avec les iridées. Il offre pour caractères : périgone semisupère, campanule, décidu, à tube très-court, à divisions du limbe au nombre de six et placées sur deux rangs, dont les externes sont mucronèes; six étamines insérées h l'orifice du périgone, incluses, réunies paj' la base; trois sont fertiles et collatéiales; elles ont leurs filaments subiilés, leurs anthères biloculaires, attachées par le dos, versatiles, longiludinalement déliisccnles, éperonnées antérieurement et vers la base; les trois stériles n'ont point d'anthères, leurs filaments sont plus longs, subpétaloïdeset lancéolés; ovaire triloculaire à vertex exserle et conique, dont les ovules sont insérés sur deux rangs, à l'angle central des loges; style filiforme; stigmate capité, trisillonné; cai)sule triloculaire, loculicidement trivalve au sommet. La seule espèce de ce genre, jusqu'ici connue, forme une plante herbacée, chélive, à bulbe fibreux, donnant une seule feuille linéaire, accuminato-cuspide au sommet, plissée longiludinalement, carénée, en gaine membraneuse à sa base; la hampe porte une Ueur, rarement deux, d'un bleu tendre, ayant à la base deux petites bractées. On trouve celte plante sur les monlagnes du Chili.
TECTAIRE. MOLi,. Montfort (Conchyl. Syst., t. ii) a proposé ce genre pour une coquille qui fait partie
du genre Monodonte de Lamarck. l'oy. Monodoute. TECTARIA. BOT. Nom donné par Cavanilles à un genre de Fougères, qui répond exaclenient à VAsihdium, de Swariz.
TECTIBRAKCHES. Tectibranchia. moli,. Cuvicr. le premier, rassembla dans une famille à laquelle il donna ce nom, tous les Mollusques qui portent la branchie sur le dos et cachée par les lobes du manteau. Latreille, en adoptant les Teclilirancbes dans ses familles naturelles du Règne animal, les a partagées en deux familles, les Tenlaculés pour les genres Phyllirboé, Nolarche, Aplysie, Acléon, Dolabelle et Bullinc, e'i les Acères pour les genres Bullée, Bulle, Sormet et Uoridie. 1^. tous ces mots.
ÏECTIPENNES ou STÉGOPTÈRES. INS. Famille créée par Duméril dans l'ordre des Névroplères ; elle correspond en partie à la famille des Planipennes, de Latreille. y. ce mot.
TECTONE. Tectom. BOT. Genre de la famille des Verl)énacées et de la Peiilandrie Monogynie, L., offrant les caractères suivants : calice campanule, persistant, tomenteux, à cinq ou six découpures ovales; corolle, à peine plus longue que le calice, pubescente en dehors, ayant le tube court, le limbe à cinq ou six divisions; cinq ou six étamines ; ovaire velu, entouré d'un rebord glanduleux d'un rouge orangé, surmonté d'un style et d'un stigmate à deux ou trois divisions; drupe sec, globuleux, delà grosseur d'une noiselle, contenu dans le calice renflé en vessie, renfermant un noyau à quatre loges qui contiennent chacune une graine. Ce genre n'est constitué que par une espèce qui offre assez d'intérêt pour mériter une mention détaillée.
Tectone des Indes. Tecloiia grandis, L. fils, Suppl.; Roxb., Corom., tab. 0; Jalus, Rumph, Herb. Jmbuin., 3, tab. 18; Tekka, Rhéede, Hort. mal., 4, tab. 27; Teka </ra«(/à,Lamk.,Illust.,tab. 136. C'est un des plus grands arbres connus. Son tronc est droit, très-gros; son bois dur et serré; ses branches étalées, divisées en rameaux quadrangulaires, un peu pubescents, garnis de feuilles opposées, amples, un peu pendantes, portées sur de courts pétioles, pres(|ue ovales, réirécies à la base, aigués, entières, parsemées de points blanchâtres, veloutées en dessous, marquées de nervures un peu saillanles. Les fleurs forment une belle et grande panicule étalée au sommet des branches. Les ramifications de celte panicule sont d'un gris cendré, couvertes de poils très-fins et glanduleux; à la base de chaque division sont des bractées opposées, sessiles et lancéolées. Cet arbre croît dans les grandes forêts de l'Inde orientale, au Malabar, à Coromandel , à Ceyian , Java , etc. Son bois, connu sous le nom de Teck, a une propriété qui le fait rechercher pour la construclinn des plus gros navires; il est solide, quoique léger, et il n'est pas sujet à être attaqué par les vers. Des bâlimenls construits avec ce bois durent trois fois plus longtemps que ceux (|ui sont faits avec tout autre. Malheureusement on a fait, il y a quelques années, dans les chantiers de Londres, la fâcheuse découverte (|u'il a une qualité vénéneuse très-intense. Des charpentiers blessés par des éclats de ce bois, sont morts en très-peu de temps, les uns avec des syraplômes gangreneux, les autres avec