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avec elles, beaucoup de géologues essayèrent de luUer contre l'usage reçu, d'abord en substituant au mol primilif, qui a un sens trop précis, celui de primordial <|ui n'indique qu'un rang et peut comprendre des dépôts formés en partie des débris de dépôts antérieurs; les anciens Terrains primitifs et les Terrains de transition purent alors, sans contradiction, ne composer qu'une même classe. Telle est la base de la classification des Terrains que Brongniart proposa dans la deuxième édilion de la Description géologique des environs de Paris. Ce savant divise les Terrains: 1» en Terrains primordiaux, qui embrassent les Terrains primitifs et intermédiaires de Werner; 2» en Terrains de sédiment qu'il partage d'une manière fixe en inférieurs, moyens et supérieurs.
La plupart des géologues anglais bannirent tous les noms déclasses usités parTécoleWernéiienne, et Phillips et Conybeare, dans leur Géologie de l'Angleterre, rangèrent les dépôts qui avaient été reconnus et étudiés dans le sol de la Grande-Bretagne, dans l'ordre de leur ancienneté, ils en composèrent des ordres qu'ils appelèrent iufeiior oxler (Terrain primitif, Wern.), sub- ■inedial oicler (Terrain de transition, Wern.), medial order (comprenant le principal gite des Charbons de terre et des Roches que certains auteurs rapportent aux Terrains de transilion, tandis que d'autres les placent avec les Terrains secondaires), supennedial order (Terrains à couches (Flœtz), Wern., Terrains secondaires), superior order (Terrains tertiaires).
Jusque-là les inalières rejetées du sein de la terre pai' les volcans brûlants ou par ceux évidemment éteints depuis peu de temps, furent considérés comme peu importants sous le rapport de leur étendue, et comme des productions pourainsi dire accidentelles dont on forma une classe, placée en appendice à la suite des classifications de Terrain, sous le nom de Terrain volcani(iue. Terrain pyroïde, Terrain pyrogène. Terrain d'épanchement, etc.
Cependant les idées de Hutlon et Playfair, les travaux et les observations de Ue Buch, de Hiimboldt, de Mac- Cullock, de Boue, devaient étendre le domaine des formations analogues aux produits des volcans actuels; on vit que les effets dus à l'action de ceux-ci pouvaient, de proche en proche, être comparés à des effets produits aux époques les plus reculées, et cette vérité reconnue fit naître l'idée de présenter deux séries parallèles de Terrains, les uns formés par l'eau, les autres attribués au feu. Cette nouvelle base de distribution des Terrains, présentée par Humboldt, développée avec un profond savoir par Boue, vient d'être adoptée par Brongniart dans son important ouvrage sur la structure de l'écorce du globe, ouvrage qui renferme un grand nombre d'observations nouvelles et auquel on renverra le lecteur pour les détails relatifs à l'histoire minéralogique et zoologique des groupes de substances minérales ou des formations. Si l'on n'a pas cru devoir suivre dans cet article les divisions principales et la nomenclature nouvelle proposées par l'auteur, c'est ([ue l'une et l'autre ont paru trop s'écarter des idées généralement reçues: comme toutes les grandes innovations, celle-ci a besoin de la sanction de l'expé-
rience et du temps, et elle doit êlre soumise à la critique impartiale cl sévère avant que d'être adoptée; on se bornera en conséquence à donner un extrait très succinct de cette classification à la fin du présent article , lorsque l'on aura exposé les caractères des Terrains et des formations dans l'ordre que l'on a cru devoir suivre de préférence, comme s'écartant moins de l'usage général et comme étant plus en harmonie avec les principes qui ont été développés précédemment sur le choix du sens à donner aux mots Terrains, Formations, Dépôts et Sol.
Il a été suffisamment dit que les Terrains étaient, pour ainsi dire, des cadres dans lesquels devaient être placés toutes les formations et tous les dépôts, quelle que soit leur origine et leur nature, pourvu que les unes et les autres fussent du même âge ou à peu près; on a également essayé de dénionlrer que la classification des Terrains était l'arrangement chronologique des formations et dépôts, et que les lignes de démarcation entre les Terrains ou cadres pouvaient, jus<iu'ù un certain point, être arbitraires; qu'il suffisait pour la facilité de l'étude que ces lignes fussent placées d'une manière précise el fixe, et principalement celles qui élablissent les grandes coui)es; car, à mesure que l'on descend dans les subdivisions, on doit se rapprocher et l'on se rapproche, pour ainsi dire sans le vouloir, des groupes natirrels.
On a défini ce que l'on peut entendre par sol primitif : c'est au-dessus de lui, c'est dans les anfractuosités qu'il a présentées, que se sont déposées toutes les massi'S minérales qui composent l'épiderrne terrestre; si, comme on ne peut se dis|)enser de le répéter, les parties dont sont formées ces masses minérales avaient été précipitées du sein d'un liquide qui aurait uniformément enveloppé le sol primilif, les i)liis anciens dépôts seraient ceux que recouvrent les autres, cl l'ordre des superi>ositions indiquerait l'ordre exact d'ancienneté : cela est vrai pour tous les sédiments ou précipités produits dans le sein des grands amas d'eau; mais les matières rejetées du sein de la terre apportent de nombreirses exceptions et viennent déranger cet ordre ; il est donc nécessaii'e, après avoir reconnu à des caractères positifs les produits des eaux ou neptuniens, de s'en tenir à eux pour établir la classification des Terrains, sauf à intercaler après, dans les cadres établis, ceux des pr'oduits ignés dorrt l'époque de la formation sera correspondante. 11 s'en faut que dans l'état actuel de la science on possède assez de renseignements pour distribuer, d'après ces règles, lorrs ces dépôts et toutes ces formations distinctes; mais il y a tout lieu d'espérer que l'observation lèvera successivement les difficultés qui restent encore à surmonter.
La principale tient à ce que l'on ne connail, avec quelques détails, qu'irne petite portion de la surface totale de la tene, l'Allemagne, la France, l'Angleterre, et quelques points seulement de chacun de ces pays ont été étudiés. Est-il probable que la structure de l'épiderme terrestre soit la même partout? Bien plus, l'expérience et l'arralogie n'iridiqueirt -elles pas déjà qire les divisions bien tranchées (|ue l'on petrt éla-
hlir, (lueles groupes bien distincts que Ton fieul réunir en un lieu, ne sont nullement rcconnaissables, même lians lies contrées peu éloignées, tandis qu'au contraire certaines formations peuvent paraître identiques à (les distances très-grandes, parce qu'elles sont les effets de causes analogues, sans que pour cela il faille en conclure qu'elles sont de même époi|ue : ainsi les dépôts qui se forment ù l'embouchure de tous les grands Meuves du monde pourront se ressembler, de même que les déjections îles volcans les plus éloignés les uns des autres, tandis que dans un petit espace, la mer, les eaux douces, les sources, etc.. produiront dans le même temps des formations qui ne seront nullement comparables.
Toute division de la portion connue du globe ne peut donc être encore regardée que comme provisoire et comme applicable seulement aux pays qui ont été étudiés; c'est un terme de comparaison très-utile pour les recherches ultérieures, et il est de la plus grande importance de prévenir les observateurs contre la tendance trop générale qu'ils ont à vouloir retrouver partout ce qui a été précédemment observé et consigné dans les livres; avec cette disposition d'esprit, il est toujours possible de comparer et d'identitier les choses les plus dissemblables, tout comme il est facile à certains étymologistes en changeant, retrancliarjt ou ajoutant des lettres à un mot, de le faire dériver d'un autre mot entièrement différent. Une autre difiBculté tient à ce que l'on ne connaît pas bien les Terrains <|ui forment les limites extrêmes des formations que l'on doit classer; les plus anciennes se confondent avec la masse planétaire qu'ils enveloppent; mille causes secondaires, et le temps peut-être, les ont dérangées, altérées, modifiées ; elles ne sont plus telles qu'elles ont été formées; les circonstances auxquelles elles sont dues sont difificiles à démêler, il manque au contraire aux informations qui ont lieu maintenant l'elîet de ces causes secondaires qui ont agi sur les dépots qui constituent la plus grande partie de l'écorce terrestre. Ainsi les dépôts actuels, précipités par les eaux, sont
cachés au les format; éloignées i
:iues.
iein de ces mêmes eaux, tandis que toutes 3ns de sédiments des époques plus ou moins nt été mises à sec , desséchées , sillonnées ! décomposées par les influences almosphé-
Pour prendre un point de comparaison, qui puisse lier les phénomènes des temps les plus éloignés à ceux de l'époque actuelle, il conviendrait de prendre dans la série des formations un terme moyen bien connu, bien étudié, qui servît d'horizon géologique, tout comme l'on fait avec avantage dans l'étude de l'histoire d'un peuple, en étudiant d'abord ses mœurs et ses institutions dans un siècle sur lequel les documents certains abondent, pour remonter de celte époque certaine à celles qui se perdent dans la nuit des temps, et pour redescendre ensuite de cette même époque à celle contemporaine.
Or, en géologie, l'époque principale de la formation de la Houille peut servir à former un Terrain type. Les nombreuses exploitations qui ont traversé, dans tous les sens, le sol qui renferme ce combustible, ont lait
connaître sa composition et ses rapports avec lis Terrains qu'il recouvre et avec ceux par lesiiuels il est recouvert. Le dépôt hoiiiller est aussi celui qui s'est présenté dans les contrées les plus distantes, avec les caractères minéralogiques et phytologiques les plus constants. Après l'avoir bien caracléiisé , il est facile de le comparer, 1" en rétrogradant de proche en proche avec les plus anciennes formations; 2" en s'élevant graduellement avec les dépôts ijui viennent sous les yeux augmenter et modifier encore l'écorce du globe.
Le groupe des Terrains carbonifères pourrait donc, en suivant l'exemple des géologues anglais, former un ordre moyen, intermédiaire ou médian {medialonlei), au-dessous duquel on aurait les Terrains inférieurs et au-dessus les Terrains supérieurs. Cette classification, l'une des plus simples, semble mieux que toute autre répondre au but que l'on se propose d'atteindre. Cependant la tendance de cet article étant d'innover le moins possible et de concilier le langage généralement compris avec les besoins de la science, on conservera aux principales divisions des Terrains les dénominations de primaires, secondaires et tertiaires. Sul primitif.
Dans la supposition, fondée sur un assez grand nombre de faits et de considérations, que le globe terrestre a été originairement et est encore, pour la plus grande partie de sa masse, dans un état de fluidité ignée, on appelle sol primitif la surface solide du premier encroûtement que le refroidissement et l'oxydation ont produit autour du noyau incandescent; on ignore, il est vrai, la nature réelle de celte première épiderme, et ce n'est que par hypothèse que l'on regarde une partie des Roches graniloïdes, et spécialement les Granits massifs, comme entrant essentiellement dans sa composition ; celte hypothèse, qui s'appuie au reste sur l'observation que du Granit se retrouve presque partout au-dessous de toutes les autres Roches, est sans inconvénient pour le but que l'on se propose ici d'atteindre, qui est d'avoir un point de départ pour la série que l'on veut établir entre les produits formés depuis les temps les plus anciens jusqu'à ceux de l'époque présente. Il sufiit de faire remarquer que dans l'élat actuel de la science on ne peut affirmer que sous les substances minérales que l'on est porté à regarder comme les premières, c'est-à-dire comme les plus anciennes de l'épiderme teriestre, il n'en existe pas un grand nombre d'autres qui, si elles étaient connues, ajouteraient beaucoup à l'idée que l'on se i fait de l'épaisseur généralement attribuée à celles-ci. j Quoi qu'il en soit, les analogies permettent de rai- ! sonner comme si le Granit avait composé celte pre- [ mière pellicule, pour ainsi dire figée, qui a conslilué le sol primitif; ce serait lui alors qui aurait formé les I jiarois des premiers bassins dans lesquels se sont ras- I semblées les premières eaux condensées; ce seraient i les parties de ce premier sol qui, brisées, triturées, dé- I composées, dissoutes, seraient entrées dans la composition des premiers sédiments neptuniens. Comparable jusqu'à un certain point aux amas de scories que l'on ' voit flotter sur un bain de matière fondue, cette pre-
mièrc enveloppe solide de la (erre, mince et flexible, a dû être d'autant plus facilement et plus fréquemment soulevée et fendillée (|uc son épaisseur était moindre; on conçoit que les matières liquides, analojïues par leur composition à celles précédemment durcies, se sont fait jour à travers de nombreuses fissures, d'abord presque continuellement, en raison du peu de résistance i|u'elles rencontraient, mais ensuite plus rarement et à des intervalles plus longs, lorsque venant de points plus éloignés de la première surface, le poids des masses qu'elles avaient à soulever devenait plus considérable; dans les premiers moments surtout, ces matières en sortant sous différents états de dessous le sol primitif, se sont associées aux sédiments qui se formaient par une autre voie ; elles ont pénétré et moditîé celles-ci, elles se sont épancbées au-dessus d'elles pour être recouvertes et modifiées à leur tour par de nouveaux sédiments, etc.; de celle action simultanée et continuelle de phénomènes dus à des causes différentes, de la prédominance de l'action plutonienne dans les premiers âges, de la ressemblance des débris remaniés par les premières eaux avec les matériaux d'origine ignée, ont dû résulter des produits mixtes, dans les(|uels les caractères propres à l'une ou à l'autre origine sont confondus : aussi devient-il réellement impossible de séparer nettement, dans les Terrains les plus anciens, les Roches neplunieunes des Roches pluloniennes. Ces deux ordres de formations établissent deux embranchements qui partent d'une tige commune, et qui sont d'autant plus distincts qu'ils s'éloignent de celle-ci. En effet, si l'on examine d'une part les Calcaires anciens qui renferment les Trilobiles , les Productus,lesSpirifères,etc.,on ne peut douter de leur formation sédimenteuse; les Quartzites et les Schistes argileux , qui alternent avec les vieux Calcaires et (\in renferment les mêmes fossiles, ont aussi évidemment été déposés dans le sein des eaux ; entre les Schistes argileux et les Pliyllades satinés, entre les Sléaschisles, les Micaschistes et enfin les variétés nombreuses qui conduisent aux véritables Gneiss , où peut-on placer une ligne tranchée de démarcation? D'un autre côté combien de nuances, combien de liaisons intimes entre cette dernière Roche et le Granit qui, par sa siructnre, sa composition et ses rapports de position, ne peut plus être séparé de tous les produits évidemment plutoniens. Ainsi toujours forcé d'avoir recours à des conventions, à des décisions plus ou moins arbitraires lors(|u'il veut soumettre les œuvres de la nature à des divisions méthodiques pour essayer de faire comprendre ce que sent si bien celui qui étudie et voit par lui-même, et ce qu'il est si difficile d'expliquer aux autres d'une manière claire sans s'écarter de la vérité ; le méthodiste croit que, dans la classification philosophique des formations, le Gneiss peut être léellement regardé comme le lien commun aux deux ordres principaux, comme le point de réunion des deux embranchements des Roches plutonieniies et neplunienues, soit qu'il regarde sa véritable origine comme impossible à déterminer, soit que plus hardi il veuille concevoir son exislence comme le résultat du dépôt dans les eaux et par les eaux d'éléments sortis épars du sein de la terre.
1'» Classe. — TERiums PRuuiRts.
Syn. Terrains primordiaux, T. primitifs, T. de trajisition et T. intermédiaires.
Comprenant toutes les associations de Roches dont la formation paraît avoir précédé le principal dépôt arénacé qui renferme la Houille, leur limite supérieure est ainsi déterminée d'une manièrearbitraire, mais fixe par la présence du Grès rouge ancien (O/d led Smid stone) qui commence la série des Terrains secondaires. Les Terrains primaires réunissent les Terrains primitifs et les Terrains de transition des géologues de l'école Wernérienne, qu'il n'est réellement |)lus possible de distinguer ; presque toutes les Roches de cristallisation hétérogène entrent essentiellement ilansicurcomposilion. Celles ci sont par leur structure et leur gisement tellement liées entre elles et même avec des Roches évidemment agrégées et formées par voie de sédiment, au sein d'un seul liquide ai|ueux, que la distinction des formations neplunieunes et pluloniennes est dans les Terrains anciens, ainsi qu'on vient de le dire eu parlant du sol primitif, un des problèmes les plus difficiles de la géologie; il est également presque impossible d'assigner dans les Terrains primaires un ordre de superposition constant, et par consé<|uenl un âge relatif aux divers groupes de Roches qui s'associent le plus généralement entie elles, et que l'on peut regarder comme formations inilépendunles, expression qui indique (|ue ces associations ont été retrouvées les mêmes dans des contrées éloignées les unes des autres; et que chacune a été vue superi)osée indifféremment sur l'une de celles qui sont plus anciennes ; cependant au milieu des incertitudes dont les nouvelles observations viennent chaque jour augmenter le nombre, on peut recoimaître dans les terrains piimaires connus trois groupes assez distincts par la prédominance de certaines Roches et par quelques caractères généraux. Ainsi lesRocbes cristallisées granitoïdes, dans lesquelles le Mica est partie essentielle (le Granit, le Gneiss, le Micaschiste), piédominent dans le plus ancien. Dans l'étage moyen on voit en plus grande abondance les Roches lalqueuscs et stéascliisteuses, tandis que les Schistes argileux, les Quartzites, de véritables Grès et des Calcaires co(iuillers indiquent l'étage supérieur. Ce caractère de la prédominance indi(|ue que dans chacun de ces étages on peut retrouver en amas, ou comme bancs subordonnés, presque toutes les Roches ([ui appartiennent aux deux autres et que le passage du premier au dernier terme de la série se fait par une suite d'oscillation dont l'observateur peut , jus(iu'à un certain point, se rendre compte pour se diriger, mais qu'il ne peut décrire d'une manière exacte; aussi les géologues qui ont étudié la structure des Terrains primaires dans divers pays leur ont bien reconnu une i)bysionomie particulière et un faciès commun, mais ils sont loin de s'accorder sur les détails et sur les divisions secondaires à établir; les uns regardent comme des formations distinctes ce que les autres appellent dépôts subordonnés, etc.; quoi qu'il en soit, une vérité importante paraît ressortirdes contradictions apparentes i\iw, l'on remarque dans les ouvrages des auteurs (|ui ont vu pai' eux-mêmes, c'est que non-seulement des Roches
piiliOemenl seaiHaI)les ont élé formées ou ont pris jilac! dans l'éc'ice terrestre à des époques très-différcmes, mais 'ficore que plusieurs associations semblables ou for-'alions indépendantes sont entrées dans la compdsi'On fie «eUe écorceà plusieurs reprises, tandis que d"^ groupes distincts ont élé formés dans le même Dio'ienl- C'est dans les fissures ou filons dont sont tra- .ersés les Terrains primaires et principalement leurs Roches de cristallisation, que se rencontrent le plus grand nombre d'espèces minérales isolées et la plupart des minerais métalliques; les débris de végétaux et d'animaux qu'ils renferment se voient pres(|ue exclusivement dans les Roches d'agrégation et de sédiment, et parmi celles-ci dans celles que l'on peut, par leur position, regarder comme les plus nouvelles (Calcaires, Schistes argileux, Grès).
Les Terrains primaires se voyent à découvert et constituent le sol de pays immenses; les principales chaînes de montagnes du globe en sont formées ; les Roches cristallisées hétérogènes et massives dont l'origine plutonienne est le moins équivoque, occupent ordinairement l'axe central de celles-ci, landis que les flancs sont recouverts par les Strates redressés des dépôts plus ou moins sédimenteux, regardés par celle raison comme successivement plus récents ; bien qu'ici une (|ueslion très-importante se présente, soit cpie l'on considère dans le fait du soulèvement récent des montagnes, leur axe comme un sol profond mis en évidence par des matières restées cachées, ou que l'on regarde cet axe comme actuellement formé par les matières qui ont soulevé celles alors plus anciennes qui les recouvraient. Les corps organisés des Terrains primaires appartiennent à des êtres dont la plupart n'ont plus d'analogues existanls. Les plus remarquables par leur organisation Irès-compliquée, qui les rapproche des Crustacés, sont les nombreuses espèces de Trilobites qui composent une famille de plusieurs genres dont on ne retrouve plus de traces dans les Terrains secondaires. Avec plusieurs espèces d'Orthocératites, de Spirifères, de Productus, de Térébratiiles et un nombre immense de Polypiers pierreux, toutes dépouilles des habitants de la mer, on trouve des Végétaux terrestres appartenant aux mêmes genres que ceux beaucoup plus abondants dans lesplusanciens Terrains secondaires. Celles des Pioches des Terrains primaiics qui ont été évidemment formées de parties préexistantes, tenues en suspension ou en dissolution dans un liquide aqueux, qui les a laissé se déposer, et les fossiles marins qu'elles présentent associés avec des Végétaux terrestres, fournissent la preuve qu'à l'époque reculée de leur formation , toule la surface de la terre était déjà sons l'inHuence de circonslances au moins analogues, sous beaucoup de rapports, à celles qui existent mainlenant ; c'e.st- à-dire par exemple qu'elle était entourée d'une atmosphère propre à la végétation de plantes dont on retrouve l'organisation dans les végétaux actuellement existants, qu'un sol d'une nalure quelconque, el plus ou moins étendu, était à sec et fournissait la nourriture à ces végétaux ; que la plus grande partie était recouverte par de vastes mers dont les eaux n'avaient sans doute point de propriétés contraires à la vie d'ani-
maux organises comme ceux qui peuplent les mers. Après avoir comparé les Terrains primaires des deux continents, Humboldt décrit comme formations indépendantes ( Essai géognosti(|ue sur le gisement des Roches dans les deux hémisphères ), les associations de Roches que l'on se bornera à indiquer ici , dans l'ordre d'ancienneté ou de conlemporanéité que cet illustre géologue croit avoir reconnu; ce tableau est présenté comme le résultat de l'obscrvalion faite sur la plus grande échelle, établie à l'aide des connaissances les plus étendues, renvoyant le lecleur à l'ouvrage fondamental (|ui en est le développement.
t Terrains primitifs.