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tanisle, raisonnant d'après les fails et obéissant pour ainsi dire à leur empire, déciderait-il qu'à l'épo(iue de l'enfouissement des végétaux dont il recueillerait et examinerait les débris, lotîtes les plantes propres à l'Europe, à l'Asie, à la Nouvelle-Hollande, elc, el dont il ne trouverait point de vestiges parmi les végétaux américains, n'existaient probablement pas encore et qu'elles sont de création récente, etc. S'il comparait la Hnre fossile à celle de l'Amérique elle-même, devrait-il s'étonner de voir un petit nombre d'espèces, habitant les rivages , composer la première presque exclusivement, tandis que dans la seconde, les végétaux des hautes plaines el des montagnes entreraient dans une proportion Irès-difFérenle, sans qu'en réalité celle proportion ait changé dans la nature.
Du Sol.
Quelques parties de la surface solide du globe terrestre changeant conlinuellementde composition et de forme, à mesure que de nouveaux dépots sont venus recouvrir ceux qui avaient précédé ; le sol actuel, considéré dans son universalité, doit différer beaucoup par sa composition de celui qu'on peut regarder comme ayant été le sol primitif. Son état est le résultat d'un nombre infini de causes et de circonstances qui n'ont pu agir el être créées que successivement eldonl l'enchaînement n'est pas interrompu. Aussi voit-on que dans des localités très-rapprochées le sol est composé dedépôlsvariés,deformationsdiff^érenleselde terrains de tous les âges, tandis quela simplicité de composition, l'uniformité d'aspect paraissent avoir été les caractères principaux du sol primitif; en effet on remarque que sur tous les points de la terre , quelle que soit la dislance qui les sépare, la plus grande analogie existe entre les Roches que leur position relative doit faire regarder comme les plus anciennes, soit ([u'elles s'élèvent en saillies à travers les autres pour former les hautes montagnes, soit qu'on les rencontre dans les plus grandes profondeursaprès que l'on a traversé celles qui les ont recouvertes; la distribution actuelle des anfractuosités qui forment les bassins des mers, ceux des lacs le lit des neuves, la quantité de terre sèche el de terre inondée, la forme des continents, la direclion,la hauteur des chaînes de monlagnes, le nombre el la forme des vallées, etc., sont des accidents qui n'ont eu rien de constant et qui n'ont pu rester les mêmes que pendant des périodes très-courtes, comparativement au temps qui s'est écoulé depuis que l'épiderme terrestre a commencé à se former; celle considération, (|uî résulte des faits, peut êlre très-utile dans l'histoire particulière de chaque groupe de terrain lorsque l'on veut se rendre compte des alternances et desdifférences nombreuses que présententles formations que l'on observe dans un même lieu.
11 faudrait, à la rigueur, appeler sol primitif \di surface de la première pellicule solide, (|ui a enveloppé la terre considérée comme une masse incandescente et molle; mais, outre qu'il est impossible de reconnaître cette première enveloppe à des caractères certains, il suffit, pour l'étude des Terrains, de regarder comme sol primitif une ligne pour ainsi dire idéale au delà de laquelle l'observation n'a jusqu'ici rien
fait coniiailie du glohe. C'est le terme exiréme des connaissances positives à ce sujet, et plutôt une abstiaclion i|u'une chose réelle. L'aperçu des Terrains par lequel Constant Prévost a terminé le présent article, le dispense de donner plus de développement à son idée; cet aperçu présente d'une manière simple la disposition relative des masses minérales qui entrent dans la composition de l'épiderme terrestre; il peut également servir à faire voir comment le sol actuel peut être formé successivement de Terrains plus anciens ou inférieurs , qui paraissent à nu à mesure que l'on s'éloigne du cenire d'un liassin pour s'approcher de ses bords, disposition que présente parfaitement le bassin an milieu dui|nel est situé Paris, puisque le voyageur, en partant do cette ville pour se rendre, soit dans les Vosges, soit dans le Limousin, dans la Bielague ou dans les Ardeniies, passe des Terrains les plus récents sur d'autres Ter rains graduellement plus anciens qui sortent de dessous les premiers et les débordent dans presque toute la ceinture qui vient d'èlrc tracée. L'ensemble des Terrains qui surmontent et recouvrent la ligne qui semble èlre le point de contact de l'épiderme terrestre avec le noyau planétaire, n'a dans aucun point une épaisseur connue de mille mètres, c'est-à-dire que celle épidémie si complii|uée dans sa structure et dont l'élude présente tant de faits remarquables, n'est pas au globe qu'elle revêt comme serait sur une sphère de trente-six pieds de diamètre une enveloppe épaisse d'un millimètre.
Par Sol, il faut comprendre la surface terrestre qui est recouverLe par les eaux aussi bien que celle qui est en contact avec l'a Iniosplière; l'une est le Sol submergé, l'autre est le Sol émeigé, distinction qu'il est important d'établir, pai'ce (|iie les phénomènes qui ont lieu sur l'un ne sont nullement comparables à ceux qui se passent sur l'autre. Tant que le Sol est lecouvert par les eaux, il est pour ainsi dire protégé par elles et mis à l'abri des dégradations qu'il éprouve piomplement lorsqu'il est exposé à l'aclion atmosph. rique. Les vagues et les courants littoraux déplacent bien quelqrres matières meubles sur les rivages et les bas-fonds; mais l'action la plus violente des mers agitées se fait à peine sentir dans les profondeurs. Airssi tout porte à croire que loin des côtes, dans la pleine mer, le fond resterait dans un élat de calme et de stabilité parfait, si la cause qui produit les éruptions volcarriqucs, les tremblements de terre, etc., ne venait momentanément agiter cefond, et le revêtir par place de déjeclions ignées; si les pluies, les innombrables filets d'eau, les rrvières et les fleuves qui détrempent et sillonnent les continents, si les vagues qui battent les falaises escar|)ées n'apporl aient pas sans cesse dans le bassin des mers des matériaux nouveaux enlevés aux terres sèches, et(|ueles courants se chargent de distribuer dans leur marche, suivant la pesanteur de chacun d'eux, jusqu'à de grandes distances.
Aussitôt i|nc, par une cause quelcon(|ue, une portion du Sol submergé est mise à sec, une grarrde révolution s'esl opérée pour elle, dans ce sens, qu'elle va être modifiée tout autrement qu'elle ne l'était précédemment; alors seulement commencent l'action de la chaleur et du froid alternatifs, celle de l'air, des rayons
solaires, de la pluie, des torrerrts,elc.; le sol sous-marin dont les ondulations étaient douces, dont les anfractnosités tendaient à s'effacer, est déchiré, décoirpé violi!mmenl, immédiatement après son émersion, jir.çqu'à ce que l'équilibre se rétablisse au moyen des éboirlemenls et du comblement du lit des fleuves par les débris que leurs eaux entraînent des barrteurs vers les parties basses. Sur le sol sec, il ne se fait plus ni sédiments ni fossiles; tous les êtres qui ont vécu sur lui, et qui y restent après leur mort, sontbienlôt réduits à irn peu de terreau qui ne saurait transmettre le souvenir de leurs formes. Si des soirrccs, en sortant de lerre, laissent déposer les sels qu'elles tenaient en dissolulion ; si les volcans rejettent des matières fondires et pulvérulentes, ces substances précipitées ou refroidies à l'air, ne ressernbleroirl pas à celles déposées par les mêmes agents sous des eaux profondes qui les soumettaient à une forte pression. Les dunes, les alluvions et alterrissements ne peuvent être produits qu'au contact du Sol submergé et du Sol émergé; les Slalactites, les Tourbes, l'Humus appartiennent tout à fait à ce dernier; il est donc vrai, en thèse générale, qu'il se fait peu de chose sur' la lerre, qui puisse rendre compte de la formalioir des Terrains, et que, d'un autre côté, on rre reirouve rien dans la composition de ces mêmes Terrains qiri rappelle ce qui se fait continuellement; mais s'ensuil'il que les causes qui ont produit les feuillets dont la terre est enveloppée, ont cessé d'agir? Au cciiitraire, Inules les analogies, le raisonnement et les faits, portent à croire que sous les eaux actuelles, des dépôls sont formés, et que ceux-ci enveloppent des débris de corps organisés contre la conservation desquels on ne saurait élever des doutes fondés, lorsque l'on voit des eaux incrustantes conserver la substance et toujours la forme des plantes, des fruits et des animaux que l'on y plonge, par la seule raison que l'endirit inaltérable dont elles recouvrerrt ces corps, les met à l'abri de l'action désorganisatrice de l'air ou de l'eau.
Avancer qu'il ne se fait plus rien de comparable à ce qui constitue par exemple les Terrains tertiaires parisiens, parce qu'effectivement on n'a pu constater d'une manière directe qire des formations analogues se préparent dans les profondeurs de l'Océan, ou bien parce i|ue, dans plusieurs localités connues, le sol sous marin est resté le même depuis un temps immémorial, ce serait s'appnyer sur des arguments bien faibles pour essayer de nier les relations intimes et continues qui lient l'état présent de la terre à ses états précédents, et qui rattachent sans interrrrplion le présent au passé; car', d'une part, que devienirent toutes les matières chariées périodi(nrement par les fleuves, si elles ne forment pas des bancs étendus et épais sur le sol où elles sont portées? D'un antre côté, que signifie l'observation réellement bien exacte que, dans un très-grand nombre de parages, le fond ne change ni de nature ni de profondeur, si ce n'est que ces parages sont éloignés de toutes les circonstarrces favorables à la production des sédiments? Depuis que l'on pêche des Huîtres dans la baie de Cancale, et du corail sur les côtes de Barbarie, si on a remarqué qu'aucune matière meuble
n'avait été apportée dans ces lieux, c'est peut-être parce que là il ne débouche aucun grand cours d'eau continental; et que des courants balayent le sol sousinarin, ou que les mouvements de la mer porlent tout ii la côle, etc. Croirait-on que, dans les temps anciens, les sédiments couvraient i)lus qu'aujourd'hui également toutes les parties du sol des anciennes mers; et n'est- il pas démontré au contraire, par une foule d'observations, que les plus anciens sédiments n'occupent que des espaces limités ? Si, dans les endroits où vivent habiluellemenl les animaux fixés et ceux qui recherchent des roches dures et des eaux limpides, on ne voit pas le fond se couvrir d'épais limons, c'est que ces animaux ne se seraient pas établis, et n'auraient pu conlinuer à exister dans un lieu où des troubles les auraient géués et bientôt enfouis.
Par Sol il ne faut pas entendre strictement la surface solide qui est en contact immédiat, soit avec l'air, soit avec l'eau; on doit soulever, pour ainsi dire, les derniers lits de gravier, de limon, de vase et d'humus, qui voilent dans un grand nombre de points les formations régulières plus anciennes, dont le sol émergé reçoit ses véritables caractères et une physionomie parliculière. Ce sont les carrières, les rives des vallées, les falaises, et en général toutes les excavations naturelles ou arlificielles peu profondes, qui fournissent les moyens de connaître la nature réelle du sol d'une contrée que l'on veut comparer à une autre. La forme extérieure, la culture, la végétation, sont en général en rapport avec la composition des Teirains, et le géologue, qui a beaucoup voyagé et bien observé, peut, d'après ces indications, en apparence étrangères au sujet dont il s'occupe, apercevoir qu'il quitte un Terrain pour passer sur un autre; il se laisse souvent diriger par elles sur les points qui lui présentent le plus (l'intérêt pour l'étude ou même pour la recherche et la découverte des substances utiles aux arts, à l'industrie cl à l'agriculture, l'un des objets les plus importants de ses travaux.
La présence de débris de végétaux terrestres dans les plus anciens Terrains de formalion neptunieime, et <lans presque tous ceux qui se sont succédés, rend in- (onteslable que, depuis les temps les plus reculés, il a existé simiillanémentun sol subniergéet un sol émergé; il est en même temps très-probable que les diverses parties de nos continents actuels n'ont pas été abandonnées par les eaux dans le même moment; tel plateau, comme celui du centre de la France, était peut être déjà couvert de végétaux terrestres, lorsque les charbons de terre et tous les Terrains secondaires et tertiaires n'avaient pas encore été formés dans les mers environnâmes, et depuis ce temps ce même plateau s'est trouvé sous les circonstances aux influences desquelles les parties basses des vallées n'ont élé soumises que depuis la formation des Terrains les plus récents et après le dernier abaissement des eaux.
Les périodes d'immersion et d'émersion sont donc relatives pour chaque point de la surface terrestre, et l'on ne saurait par conséquent établir deux époques dans le temps et classer chronologiquement les Terrains et les phénomènes géologiques d'après la cir-
constance de la mise à sec des continents, puisque à la rigueur cette mise à sec a pu se faire successivement depuis la formalion des premiers Terrains jusqu'à ce jour, et qu'elle peut continuer encore, ainsi qu'on le verra de nouveau lorsqu'il sera (|uestion de la distinction de l'époque actuelle et de l'époqire ancienne. Des Dépôls.
Il ne faut pas confondre les dépôts avec les roches, malgré l'extrême rapprochement qui existe entre les uns et les autres; celles-ci, considérées minéralogiquemcnt, doivent indiquer des minéraux simples ou des associations constantes de certaines substances; leurs caractères, pris dans leur composition, lerrr texture, leur dureté, leur aspect, ne doivent pas varier sans que la roche ne change de nom; plusieurs roches peuvent ainsi se rencontrer dans un même banc, dans un même bloc, et faire, à plus forte raison, partie d'un même dépôt; car. pour être conséquent avec ses principes, le minéralogiste doit regarder comme autant de roches distinctes les mélanges qu'il voit être différents, sans faire aucune attention au gisement de ces derniers. Les dépôts doivent avoir une acception plus large; la roche dominante essentielle doit seule servir à les désigner, et avec cette roche principale peuvent s'en trouver d'accidentelles, subordonnées ou disséminées; ainsi la colline de Montmartre est composée à sa base d'un dépôt gypseux qui comprend, entre des bancs de Gypse, des lits de Marnes, d'Argile et même de Calcaire. Le sommet de cette montagne est un dépôt arénacé, au milieu duquel on trouve de l'Argile, du Grès, des Meulières, qui sont autant de roches distinctes. Le Terrain oolithique est un dépôt calcaire en général comparé au Terrain houiller qui est un dépôt arénacé.
Le même dépôt peut changer de nature graduellement par lecbangement dans la proportion des diverses matières dont il est composé : un dépôt calcaire passe à un dépôt argileux ou à un dépôt arénacé, et vice reisâ. Aussi il peut être utile dans le langage géologi(|ucdc combiner ensemble plusieur-s expressions pour inili(|ircr ces diverses combinaisons. Lorsqu'un dépôt est f(irmé de lits argilleux et de bancs calcaires qui ariternent, on peut dire <iu'il est argilleux et calcaire, ou calcaire et argilleux, selon que l'Argile ou le Calcaire domineront. Si, au contraire, on vcirt exprimer quel'Argile et le Calcaire sontmélangés dans les mêmes roches et dans les mêmes bancs principaux, on appellera le dépôt, algilo-calcaire, calcaréo-argileux. La diversité des mélanges qui constituent les dépôts est très-grande ; cependant sur trois cents espèces environ de substances minérales distinctes, il n'en entre pas vingt dans la composition essentielle des dépôts qui constituent l'épiderme terrestre ; encore les minéraux qire l'on y découvre y sont-ils très-rarement purs en grandes masses, et presque toujours ils sont méconnaissables arr premier aspect. Les Roches de cristallisation sont celles que l'on voit presque exclusivement dans les Terrains anciens, tandis qire celles de sédiments sont le plus abondantes dans les Teri'ains modernes ; les unes et les autres alternent souvent ensemble, et principalement dans les Terrains moyens. On doit distinguer les dépôts selon qu'ils se présentent en
masses non stratifiées, ou bien en couches, tables ou feuillets, parce que ces dispositions sont souvent en rapport avec leur mode de forra^ilion et leur âge, et (|u'il peut conduire à faire dtcouvrir celui-ci. Nonseulement les fossiles enveloppés dans les dépôls anciens diffèrent de ceux que renferment les dépôls modernes, mais leur mode de conservation et surlout leur liaison plus intime avec la gangue (|ui lésa conservés, peut encore, jus(|u'à un certain point, indiquer à quel Terrain et à quelle sorte de formation doit être rapporté un dépôt que l'on observe isolément.
Loin d'assurer que les dépôts des différents âges ont toujours été tels qu'ils se présentent à l'observation (et pour s'en tenir ici à ceux qui ont été formés au sein des eaux), on doit croire que le temps et la circonstance de l'émersion ont modifié beaucoup leur consistance, leur aspect et peul-êlre même leur composilion. Les sédiments argileux et calcaires purement mécaniques n'ont été originairement que des vases qui, sous l'eau, seraient restées dans un étal continuel de mollesse; ce n'est que depuis qu'elles font partie du sol émergé, que ces vases se sont durcies et «lu'elles se sont fendillées par le lelrait; ensuile l'évaporalion des eaux a donné lieu à la précii)italion des sels cristallins dissous par elles, et ceux-ci ont rempli les solutions de continuités, les fentes, les cavités, ou bien ils ont cimenté les molécules désagrégées; c'est ainsi que d'une boue homogène, le dessèchement et l'évaporation ont fait, selon toutes les apparences, des marbres compactes, durs comme sont ceux de Sainte- Anne, de Namur, etc., si fréquemment employés pour les ameublements. C'est sûrement par des causes analogues que beaucoup de sables ont été transformés en Grès ; que des graviers ont été convertis en Pouddings dont les parties sont si solidement liées que le choc brise les fragments les plus durs plutôt que de les séparer. Beaucoup de substances, que l'on trouve en nodules au milieu des dépôts mécani<|ues, tels que les Silex dans presque tous les Calcaires à grains fins, les rognons de Stronliane sulfatée dans les Argiles, les Meulières dans d'autres Argiles, sont des produits postérieurs au dépôt des matières au sein desquelles ils se sont formés par réaction chimique ou par le rapprochement lent de molécules similaires primitivement écartées.
Le changement de nature des corps organisés fossiles, la transformation des bois, des coquilles, des polypiers en Silex, en Agalhes, en Fer sulfuré, en Spalli calcaire, etc., ne s'est pas opérée instantanément; la liaison intime de ces corps avec la gangue qui les enveloppe, est l'effet d'une sorte de mouvement intestin que l'attraclion moléculaire entretient dans les masses minérales les plus solides.
Il ne faut donc pas s'étonner si la solidité et l'aspect cristallin sont des caractères que l'on retrouve plus communément à mesure que l'on passe de l'étude des Terrains récents aux Terrains anciens; il faut encore moins trouver, dans le peu de dureté des sédiments actuels comparés à ceux des premiers temps, une preuve que les opérations de la nature ont changé, car c'est comme si, comparant des ruines antiques et dégradées
depuis des siècles par les inHiiences atmosphériques avec un monument moderne et (|ue les ouvriers viennent d'abandonner, on s'étonnail de trouver les pierres (le celui-ci réunies par un ciment moins dur, leurs surfaces plus polies, plus blanches et non corrodées, et comme si l'on assurait que, dans les siècles à venir, le même monument ne ressemblera pas tout à fait aux luinesdont il diffère tant aujourd'hui.
Des Formations.
Ouoi(|ue la distinction des formations /j/«/o«/e»«»es et des formations neptuiiiennes paiaisse très-naturelle et incontestable, il est cependant impossible, dans l'état actuel des connaissances, de tracer la limite en- Ire ces deux classes et d'assigner aux produits qui doivent entrer dans chacune d'elles, des caraclères distinctifs qui puissent indiquer leur origine; d'une l»art, on sait par des expériences directes que des matières fondues et refroidies lentement, ou sous une forte pression, peuvent ne pas différer de précipités cristallins dont les molécules auraient été dissoutes dans un liquide aqueux: d'un autre côté la stratification ou la disposition massive ne peuvent être considérées comme propres exclusivement, la première aux dépôts de sédiments nepluniens, et la seconde aux produits ignés; car certaines Roches, telles que le Calcaire et le Granit i|ui peuvent être prises comme exemples des deux groupes, se voient également en assises bien distinctes ou en masse irrégulières non stratifiées. Ce n'est donc que par un ensemble de caractères, et plus encore par la position relative des Roches, par de nombreuses analogies, que l'on pourra se décider à ranger certaines d'entre elles plulôt dans les produits du feu que dans celui de l'eau ; la discussion qui, pendant longtemps, a partagé les géologues en deux camps, les Wernériens ou Neptuniens et les Pluloniens ou Hultoniens, n'est pas encore terminée pour un certain nombre de masses minérales à structure cristalline, que pour trancher la dîËBculté on attribue, dans les classifications modernes, en même temps aux deux agents (le Granit, le Gneiss, certaines Roches talqueuses et amphiboliques, etc.). Quant aux dépôts formés mécaniquement par l'agrégalion de particules enlevées à des dépôls préexistants, et quant à ceux qui renferment des vestiges de corps organisés, leur origine aqueuse ne peut être contestée, et c'est principalement parmi les matériaux de ce dernier ordre qu'il importe de rechercher quelles sont les diverses circonstances qui ont présidé à leur formation; sans cela il serait difficile de parvenir à écrire l'histoire des événements qui ont eu lieu sur la terre dans les temps les plus rapprochés de l'époque actuelle, pour essayer de remonter de proche en proche et par une suite d'inductions graduées jusqu'à celle où les causes dont on peut apprécier les effets ont commencé à agir.
Dès l'instant que l'étude des fossiles et la comparaison de chacun d'eux avec des êtres vivants, a conduit à ne pas confondre les vestiges des animaux et des végétaux qui ont dû exister dans des eaux salées avec ceux des animaux et végétaux qui ont dû habiter les eaux douces, il a paru tout naturel et tout simple de supposer que les lîdclies qui conlienrienl les premiers
oui été formées dans la niei-, cl ([ue celles qui retilerinenlles seconds ont été produites dans des lacs, des marais ou des Ueuves ; de là est résultée la distinclion des Formations marines et des Formations d'eau douce. Cependant ici encore la limite n'est pas tranchée comme on aurait pu le croire, car dans les mêmes couches ou dans des couches conligues et qui ont évidemment succédé l'une à l'autre, sans trouhie, et ont même alterné à plusieurs reprises enlre elles; dans des déjiôls différents, mais placés non loin les uns des autres dans le même bassin, à une même hauteur et sans que rien annonce qu'ils ont éprouvé des dérangemenis, on trouve des fossiles marins, d'eau douce et terrestres, dont le mélange, le rapprochement et l'aUernance ne peuvent s'expliquer qu'en supposant que dans beaucoup de cas les eaux Huviatiles ont dans les lemps anciens charié et déposé dans la mer, comme elles le font aujourd'hui, les débris des corps organisés qu'elles avaient nourris ou qu'elles avaient enlevés à la terre sèche dans leur trajet. On conçoit que dans cette supposition le mélange de fossiles marins et d'eau douce, <|ui est propre à indiquer la circonstance particulière de l'embouchure d'un fleuve dans la mer, peut n'ètie pas toujours constant, et que par place les sédiments Huviatiles ne contiendront aucun corps marin; que plus loin le mélange se verra et qu'insensiblement plus loin encore les corps marins pourront rester seuls; où finira alors, pour le géologue qui ne s'en rapporterait (ju'aux échantillons qu'il aurait sous les yeux ou à l'examen de quelques localités isolées, la formation d'eau douce, et où commencera la formation marine? L'histoire géologicpie des Roches caractérisées par des animaux des eaux douces ou terrestres ne peut donc résulter que d'un grand nombre de considérations, et surtout de leur gisement ou position relative avec d'autres Roches; les caractères purement minéralogiques ou zoologiques pourraient induire en erreur, et si l'on s'en rapportait à eux seuls, si de la présence alternative de fossiles marins et de fossiles d'eau douce dans le même lieu, il fallait en conclure la présence allernative de la mer et des eaux non salées, on serait forcé d'attribuer à des causes exlraordinaires et tout à fait incompréhensibles, des faits très -faciles à expliquer par l'observation de ce qui arrive sous nos yeux : il a déjà élé dit précédemment que l'intégrité des fossiles ne peut être une objection à faire contre la possibilité de leur transport, car dans des dépôts évidemment marins, comme sont, aux environs de Paris, ceux de Grignon et de Beaucliamp si célèbres par le grand nombre de coquilles marines qui y sont conservées entières au milieu d'un sable formé de débris, on trouve également quelques Cyclostomes terrestres ainsi que des flanorbes et des Lymnées lacustres qui, quoique très-minces et très-fragiles, ne sont brisées en aucune manière, et comme les animaux auxquels toutes ces coquilles ont appartenu n'ont pas habité les mêmes lieux, il faut bien admettre que les unes ou les autres de ces dépouilles ont été apportées.
La non-existence de fossiles marins dans des dépôts formés sous la mer, par des eaux douces affluentes, n'est pas non plus inconcevable, car l'arrivée continuelle
d'un liiiuide étranger, et pour ainsi dire délétère pour les habilanls des eaux salées, l'abondance des troubles que ce liquide apporte et dépose, soil cimlinuellemenl. soit périodiquement, l'agitation profonde (|u'il produit en s'écoulanl dans les abîmes de l'Océan, sont des motifs suffisanis pour empêcher les animaux marins sédentaires de s'établir et de se propager dans des lieux qui sont pour eux comme des déseris inhabitables, et quant !i ceux plus alertes qui les Iraverscnt par hasard ou même qui viennent y chercher leur proie, ils y périssent rarement, et il n'est pas étonnant de ne pas trouver leurs dépouilles confondues avec celles des êtres que les fleuves ont entraînés le plus souvent après leur mort et qu'ils ont déposés à peu de distance de leur embouchure. Il est donc nécessaire d'admettre qu'outre les dépôts formés dans le bassin des mers par les eaux salées, loin de l'influence et sans la participation des eaux continentales, et ceux auxi|uels les eaux douces seules ont donné lieu, soit dans les lacs, soit sur le trajet des fleuves, il existe des formations mixtes, composées de sédiments apportés par les eaux douces courantes et déposées par elles sous la mer, soit avant, soit après leur mélange, et à des distances plus ou moins grandes de leur embouchure. Peut-être, après examen, trouvera-t-on que beaucoup de sédiments sont dus à ce concours de circonstances ; les formations que l'on pourrait appeler fluvio-marines sont peut-être les plus nombreuses. En effet, presiiue tous les dépôts de Houille et de Lignite, la plupart des couches argileuses et arénacées, qui alternent avec les diverses assises du Calcaire oolitiiiue, tels que le Lias, l'Argile de Dives, celle de llonfleur, le Sable ferrugineux, les argiles et Calcaires de Weald et de Purbeck, etc., etc., et parmi les Terrains plus récents des environs de Paris, l'Argile plastique, les parties supérieures du Calcaire grossier, le Gypse à ossements, les faluns de la Loire, etc., contiennent des amas de végétaux teriestres, des squelettes d'animaux fiuviatiles, des ossements de Quadrupèdes mammifères dont la réunion annonce que, selon toutes les apparences, tous ces dépôts formés au-dessous du niveau des mers à des distances plus ou moins rapprochées des côtes , l'ont été en grande partie au moyeu de matières enlevées au sol émergé par les eaux qui sillonnaient celui-ci. Si l'on réfléchit au peu d'aclion des eaux marines sur leur fond, si l'on compare le petit nombre de points où elles peuvent longtemps dégrader les côtes , à la surface des terres lavées et sillonnées par les pluies, à l'immense étendue de rivages auxquels les eaux courantes enlèvent sans cesse des particules qui, en définitive, arrivent à la mer, il sera facile d'admettre cette proposition, que presque toutes les formations de sédiment ne sont que des atterrissemejits Huviatiles.
Il est un mode de formation assez difficile à rapporter aux classes précédemment indiquées, c'est celui des dépôts produits par les eaux minérales chaudes ou froides, et qui, en sortant du sein de la terre, ont abandonné les matières qu'elles tenaient en dissolution; ces dépôts ne peuvent être assimilés à des sédiments, ils ne sont pas toujours formés de substances préexistantes et dissoutes, mais souvent ils sont le résultat de réactions
cliiini(|ues; sortis de l'inléiieiir de la lerie de bas en liaut, ils sonl comme les produils pliilonieiis rarement stratifiés; tels sonl les Travertins, le Calcaire siliceux? etc. Leur présence n'annonce pas que le lieu qu'ils occupent était un bassin rempli d'eau : cependant ce phénomène dont les parties sèches des continents présentent des exemples a eu et doit avoir lieu encore sous les eaux, soit sur le fond des lacs (Ecosse, Auvergne), soit même beaucoup plus encore dans la mer en raison de son immense étendue. Il y aura donc des dépôts cristallins formés par des eaux que Ton peut appeler fontinaks, soit sur la terre, soit sous les eaux douces, soit dans la mer, et ces précipités analogues entre eux, sous le rapport minéralogique, pourront différer entièrement par leurs caractères zoologi(|ues.
La nature de cet article ne permettant pas d'entrer dans de plus grands dévelo|ipemeiits à ce sujet, et les exemples cités précédemment pouvant, à la rigueur, suffire pour l'aire voir coriibien il serait difficile d'assigner leur véritable cause, aux faits que l'on peut observer en géologie, si l'on n'avait pas pour se guider l'analogie et le raisonnement; il convient d'indiquer maintenant les principaux modes de formation que l'on jiourra être conduit à reconnaître dans les différents membres d'un même terrain et (ju'il importe d'indiquer dans les descriptions géologiques.
Parmi les formations évidemment formées par l'intermède des eaux ou formations neptuniennes, il sera facile de trouver dans la composition des Roches, dans leur homogénéité , dans leur texture , dans leur aspect terreux ou cristallin , dans les mélanges que souvent elles offrent, dans la grosseur et la forme des parties dont elles se composent, dans le mode d'agrégation ou de cimentation de celles-ci, etc., des notions souvent très-exactes sur les diverses circonstances qui ont occasionné ou accompagné leur production, on pourra au moins distinguer d'une manière générale celles qui sonl dues à une décomposition et à un précipité chimique, de celles qui ne sont que le résultat du remaniement de parties solides préexistantes. S'il n'esl pas jusqu'à présent possible d'assigner aux divers modes de formation des caractères extérieurs exclusifs et précis, propres à faire connaître chacun d'eux, on peut déjà espérer que l'observateur pourra parla suite, au moyen de la réunion de certains signes dont l'analogie lui donnera la valeur, et en éludianl concurremment, mais non exclusivement la nature minéralogique des Roches, les espèces de fossiles, leur association, leur état de conservation, etc., parvenir à assurer que tel dépôt a eu lieu non-seulement sous les eaux de la mer ou bien sous celles d'un lac d'eau douce, mais encore à présumer que ceitains ont été formés dans la haute mer ou sur les rivages, el peut-être même arrivera-t-on sous ce rapport à un point de précision tel qu'il sera possible de dire : Telle couche annonce que là était un golfe, telle autre indique un cap placé au nord ou au sud du point observé, telle un détroit, telle une côte ouverte, telle une embouchure de Qeuve, un courant constant, des courants variables, un remou,etc.,etc., de manière enfin que par l'examen minutieux et bien entendu des
diverses formations de sédiment, on pourra, jusqu'à un certain point, retrouver la forme des terres sèches et des mers aux différentes époques qui ont précédé la disposition relative actuelle des unes et des autres, et assigner les places c|ue chacune occupait sur la surface du globe. Il est déjà possible de justifier par des faits cette prétention qui pourrait paraître exagérée.
Depuis qu'une foule d'observations bien analysées ne laissent pour ainsi dire plus de doute sur le soulèvement d'une partie des Alpes el des Pyrénées à une époque très-récente, c'est à-dire depuis le dépôt de la craie, l'épaisseur considérable de certaines assises secondaires, comme celles du Lias el du Calcaire oolîtîque, <|ue l'on reconnaît en couches presque verticales ou contournées sur le Hancdes montagnes qui les ont soulevées, l'homogénéité de ces Roches, les espèces pélagieniies de coquilles qu'elles renferment, fournissent une somme de caractères qui, comparée à l'ensemble de ceux des mêmes Roches que l'on a étudiées loin du lieu de leur redressement sur les côtes de France et d'Angleterre, par exemple, annonce que vers ces dernières localités étaient lus rivages d'une vaste mer qui, au point où se Iroiivenl maintenant les cimes des plus bailles montagnes, avait plusieurs mille mètres de profondeur. On aura donc dans les formations neptuniennes : 1" des formations marines, pélagiennes ou littorales; 3° des formations lacustres, centrales on riveraines ; ô» des formations fluvialiles ; 4° des formations Muvio-marînes, el celles-ci différeront suivant qu'elles auront eu lieu à l'entrée d'un Meuve dans la mer, au point du mélange de ses eaux avec les eaux salées ou enfin sur le trajet de courants marins dans lesquels seront venues se répandre les matières apportées par les eaux douces; 3» des formations fonlinales, c'esl-à-dire dues à des sources d'eaux chaudes ou froides, qui ont déposé les substances qu'elles tenaient en dissolulion, soil sous la seule influence atmosphérique, soil sous des eaux douces ou même sous des eanx salées peu ou très-profondes; circonstances donl chacune a pu donner aux produils des propriétés particulières correspondantes.
Parmi les formations pluloniennes, il y aura une distinction à établir entre les matières qui sonl sorties de l'intérieur de la terre pour s'épancher sur les parties sèches de sa surface, soit fondues, soil pulvérulentes ou volatilisées, el qui ont pris de la consistance à l'air et sous une simple pression, el celles qui, sorties sur le fond des mers, ont été modifiées par l'action du liquide qui les recouvrait; mais malheureusement on n'a pas encore assez comparé entre eux les produits volcaniques terresires et ceux des volcans sous-marins pour pouvoir établir d'une manière positive entre les formalions ignées anciennes des distinctions analogues. L'observation a seulemenl appris que les matières sorties de l'intérieur de la terie, à un état d'incandescence plus ou moins grand, ont varié de nature aux différentes époques; ainsi les Roches granilo'ides sont les plus anciennes, peut-être même le sol primitif ou la première pellicule refroidie autour de la masse planétaire était-il granitique; viennent ensuiie les Porphyres qui coupent et Iraversent les Granités; puis les Tra-
TER
cliylPS, les Basalles, et enfin les Laves (|iii domliieiil successivement dans les prodiiils plutonlens des différeriles époques qne l'on peiU tracer dans riiisloirc de la Terre. A quoi tient cette différence entre des snl)slances qui paraissent prendre leur source au même point? Est-ce aux difFérenles influences extérieures (|u'il faut l'allribner ou plutôt est-ce réellement parce que l'épiderme terrestre prenant graduellement plus d'épaisseur par le refroidissement et par la consolidation de nouvelles pellicules, les matières rejelées aujourd'hui viennent d'une zone moins éloignée du centre du rjoyau terrestre et par conséquent peut-être différente, par sa nature, des zones extérieures. Dans celle supposition, il ne faudrait pas pour cela admettre qu'au dessousd'une enveloppe de Granit on devrait retrouver successivement plusieurs autres enveloppes de Porphyre, de Trachyle. de Basalte et de Lave; car ces Roches n'existent probablement pas en nature et telles qu'on les voit au point d'où viennent les matériaux dont elles se composent. Ceux-ci sont des éléments qui ont besoin d'éprouver une certaine action, de réagir les uns sur les autres, d'être en contact avec l'eau, avec l'air, ou placés sous une moindre pression, etc., pour produire des Granits, des Porphyres, des Trachytes, des Laves, etc. C'est ce ciui a engagé Prévost à désigner, dans sou tableau théorique de la superposition des Terrains au-dessousdece qu'il a appelé le Sol primitif, plusieurs zones graniligènes, poiphyrigènes, etc., pour indiquer que là est le gisement présumé des matières dont les Granits et les Porphyres ont été formés. Ces zones sont tout à fait idéales, et leur existence comme la place relative qu'elles occupent sont fondées sur une hypothèse; elles font partie du noyau planétaire que les géomètres et les physiciens sont disposés à considérer comme composé de matières dont la densité et peut être la natiiie sont différentes du centre à la circonférence du globe.
Le sol primitif sera dans cette même hypothèse : la ligne matérielle, qui limitait la Terre dans l'espace au moment où la surface de celte planète solidiliée et oxydée a commenté à s'encroûter peu à peu d'une série de dépôts, de sédiments et de précipités dont l'ensemble constitue l'épiderme terrestre.
Quelque réelle que semble être la distinction établie entre la masse originaire du globe et son enveloppe surajoutée, ce n'est que par supposition que l'on peut
poser
la limite et reconnaître le sol primitif dans quel-
ques points, sous les dépôts qui la cachent en partie; carsi lacomposition semblable des Roches graniloides, sur pres(|ue tous les points du globe où ou les a rencontrées, si l'existence de ces Hoches sous toutes les autres Hoches peuvent porter à croire que la première pellicule, devenue solide autour de la terre, était de nature granitique, d'un autre côté, la superposition de certains Granits à des Roches (|ui renferment des débris de coips organisés, leur disposition analogue dans beaucoup de cas à celle des Hoches sorties fluides à diverses époques du sein delà terre, sont des motifs qui doivent empêcher d'assurer qu'au-dessous des plus anciens Granits, il n'existe pas des Hoches de sédiment qui devaient faire partie de l'épiderme ter-
resli'e dont on ne peut ainsi déli'iiniuer la limite inférieure.
Des Tenaiiix.
Ayant suffisamment délerininé le sens <|u'il paraît convenable de conserver au mot Terrain, il suffira de faire remarquer que toutes les dénominations secondaires, qui indiqueront des particularités étrangères ii l'ordre relatif des divisions que l'on voudra établir, devraient à la rigueur être rejetées : c'est ainsi (|ue les deux classes <le Terrains à filons et de Terrains à couches, proposées dans l'origine par les mineurs allemands, que la distinction des Terrains en zootiqiien et azootiques, n'ont pu subsister, lorsijue plus éclairés sur le mode de production des masses minérales, les géologues ont reconnu que l'existence des filons ou des couches, l'absence ou la présence des débris de corps organisés, sont en rapport, non avec l'âge de ces masses, mais avec la manière dont elles ont été formées.
Dans la théorie neptunienne, professée avec tant d'art et de succès par le célèbre Werner et adoplée pendant sa vie avec tant de confiance et d'enthousiasme par la plupart de ses nombreux élèves, les caractères minéralogiques des Terrains parurent correspondre avec l'ancienneté relative de formation de ceux-ci, et ces caractères servirent à distinguer les Terrains primitifs des Terrains secondaires. La première classe comprenait foules les masses à texture cristalline, qui ne contiennent ni débris de Roches préexislanles ni vestiges de corps organisés, et qui, constituant les montagnes les plus élevées de la surface du globe, se rencontrent sous toutes les autres Roches dans les profondeurs les plus grandes. La seconde classe embrassait toutes les Roches disposées en assises, couches ou lits, dans la formation desquelles on aperçoit l'action mécani(iue de l'eau, et qui, renfermant, soit des fragments brisés ou arrondis d'autres Roches, soit des corps fossiles, composent plus ordinairement le sol des plaines el des collines basses. L'observation ne tarda pas à faire voir que ces caractères, en apparence si tranchés, n'étaient pas exclusifs les uns des autres; ipie d'une part des Roches cristallisées étaient d'une origine postérieure à de véritables sédiments, et d'une autre que des assises remplies de galets et de vestiges d'animaux ou de végétaux, étaient recouvertes par des Hoches que leurs caiaclèrcs minéralogiques devaient faire ranger parmi les Terrains primitifs. C'est pour rendre compte de ces nombreuses anomalies et exceptions que l'on imagina, sous le nom de Terrains intermédiaires ou de transition, une troisième classe que l'on plaça entre les deux autres, aux dépens desquelles elle s'accrut au point qu'il n'est pas un seul des géologues, qui ont conservé celte division des Terrains, qui puisse désigner avec certitude unTerrain primitif, qui ne mérite, par analogie, de rentrer dans la classe des Terrains intermédiaires, dont la limite supérieure ne peut être non plus tracée que d'une manière arbitraire, et non d'après des caractères minéralogiques et zoologi(|ues certains.
Pénétrés des difficultés que présentaient ces premières divisions des Terrains, et surtout des inconvénients que les dénominations employées entraînent