‹ Dictionnaire classique des sciences naturellesChapitre 2 sur 65 · TON · texte numérisé non relu

TON

par Serville aux dépens du genre Saperda de Fabriciiis. Caractères : tétc dirigée en avant, pen ou point comprimée ; mandibules fortes, saillantes, creusées en dessus; palpes de longueur moyenjie : les maxillaires guère plus longues que les labiales, et toutes ayant leur article terminal assez long, cylindrique, tronqué au bout; antennes de douze articles, le dernier plus court que le précédent, le troisième plus long que le quatrième; corselet arrondi latéralement, mulique, point dilaté, déprimé en dessus, sans crénelures latérales; élytres longues, linéaires, déprimées en dessus, arrondies et mutiques ù l'extrémité; corps linéaire, un peu pubesccnt ; pattes assez grandes ; cuisses simples ; jambes droites, un peu comprimées. La Saperde barbicorne est encore l'unique espèce du genre. On la trouve au Brésil, sur les feuilles, les troncs d'arbres contre lesquels elle grimpe avec facilité ; on la rencontre aussi volant pendant le jour, dans les bois, et produisant alors un son aigu, par le frottement des élytres contre le corselet.

COMPTONIE. Comptonia. bot. Genre formé par Gaîrtner et rangé dans la famille des Myricées. Caractères : fleurs monoïques, disposées en cbatons. Les clialons mâles, plus nombreux, sont placés à la partie supérieure des jeunes rameaux, naissent immédiatement au-dessus de la cicatrice des feuilles de l'année précédente, et sont alternes comme elles. Ils sont cylindriques et allongés. Les cbatons femelles, au nombre de deux, plus souvent même solitaires, sont beaucoup plus courts que les cbatons raàles, au dessous desquels ils sont immédiatement placés. Dans les chatons mâles, les écailles sont imbriquées, très-serrées les unes contre les autres; à leur base interne, on trouve quatre ou cinq èlamines dont les filets sont fort courts et les anthères didymes. On trouve quelquefois des chatons dont toutes les fleurs sont à quatre étamincs, et d'autres qui en présentent constamment cinq. Les cbatons femelles sont beaucoup plus courts que les mâles; ils sont ovoïdes, allongés, formés d'écaillés également imbriquées. A la base interne de chaque écaille se trouve une fleur femelle. Celle-ci se compose d'un calice formé de trois folioles lancéolées et inégales, les deux latérales étant un peu plus longues. Chacune d'elles est accompagnée à sa base interne, d'un petit corps charnu et comme glanduleux. Ces folioles s'accroissent sensiblement après la fécondation, et accompagnent le fruit. L'ovaire estsessile, un peu comprimé, à une seule loge, renfermant un seul ovule dressé. Le style est extrêmement court et ù peine distinct du sommet de l'ovaire. Il se termine par deux stigmates subulés, glanduleux, beaucoup plus longs que les écailles du chaton. Le chaton fructifère est globuleux, hérissé d'écaillés linéairesetciliéessur leurs bords. Les fruits sont ovoïdes, allongés, un peu comprimés. Leur péricarpe est légèrement charnu en dehors, dur et crustacé en dedans; il renferme une seule graine dressée. Une seule espèce forme le genre Comptonia, qui a lesplus grands rapports avec le Myrica. Elle est originaire de l'Amérique septentrionale et porte le nom de Comptonia asplenifolia, Michx. C'est un aibrisseau rameux, que l'on cultive quelquefois dans les jardins. Ses feuilles sont alternes,

allongées, profondément crénelées cl un peu velues en dessous.

COMPTONITE. HiN. Substance blanchâtre, en petits cristauxbrillants, dérivant du prisme droit, rhomboïdal, faisant gelée avec les acides. Elle a été trouvée par Monticelli, dans les cavités de quelques laves du Vésuve, avec la gismondine; elle a de l'analogie avec la brewslérile et la tomsonite; son analyse a donné : silice 37; alumine 31, 5; chaux 13, 5; eau 13; fer 1; perte 2.

CONABIBY. OIS. Synonyme vulgaire d'Autour de Cayenne. K. Faucon.

CONAMl. BOT. Sous ce nom Aublet a désigné un genre qui n'est autre chose qu'une espèce du Phyllanlhus. Cette plante parait douée de propriétés narcotiques telles que, mêlée à l'eau, elle jette les Poissons dans un état de stupeur. Aublet apprend que ce nom de Cowaw; /' est appliquédans la Guianeaux divers végétaux qui ont le même efîet, et, par suite, les mêmes usages.

CONANA. BOT. Synonyme de Corossol.

CONANAM. BOT. Synonyme â' Etais Guianensis.

CONANTUÈRE. Conanlliera. bot. Genre établi par Ruiz et Pavon, dans la famille des Asphodélées, Hexandrie Monogynie , Lin., avec les caractères suivants ; périantbe supère, à six divisions réfléchies; anthères réunies en forme de cône; capsule oblongue, triloculaire et Irivalve; semences peu nombreuses et presque rondes. Une seule espèce constituait primitivement ce génie, c'était le Coiiantltera bifolia, Ft. Peiiiv., figurée par Trew, T. ni, sous le nom de Bermvdianapulposa. Cette plante est indigène du Chili; ses fleurs sont d'un bleu violet, panachées à la base des pétales. On mange ses bulbes. A cette espèce, Persoon a réuni une plante qui doit faire modifier les caractères du genre. C'est VEtheandia terniflora d'Ortéga, dont la hampe est simple, les feuilles linéaires; les fleurs jaunes et les lilets des étamines garnis de points glanduleux. On ignore sa patrie; elle est remarquable par la soudure de ses anthères, cas très -rare chez les Monocotylédones. Danscette espèce, le périantbe n'est point supère; on voit, au contraire, un ovaire libre, sous lequel sont insérées les étamines ; ce n'est donc pas parmi les Narcissées qu'on doit placer cette plante, ainsi qu'on l'a imprimé quelque part, mais bien plutôt près des Asphodélées, dont son organisation et son port indiquent l'affinité. Cavanilles avait également senti ces rapports, en la réunissant aux Anlhericum. On pourrait ajouter qu'elle ressemble beaucoup, par son faciès, à certains tiisyrinchium; mais le nombre et l'insertion des étamines sont trop différents pour qu'on voulût les rapprocher.

CON ASTELLO et CONASTRELLO. bot. Syn. vulgaires de Troène.

CONCEPTACLE. bot. Sous le nom de Conceptaculiim seminum, Jungius et Mcdikus ont désigné le péricaipe des fruits, quelle que fût sa forme ou sa nature, réservant le mot Peiivari)ium pour les péricarpes secs. On l'a aussi appliqué spécialement au réceptacle des organes reproducteurs des végétaux Cryptogames, tels que les Champignons, les Lichens, les Hypoxylées et les Algues ; mais cet organe a reçu des noms qui nonseulement diffèrent d'une famille à l'autre, mais qui

sont encore 1res multipliés dans la même famille. Ainsi le ConceiUaele des Champignons est appelé l'éridion, celui des Hypoxylées Spliérule, LirvcUe; dans les Lichens, il est assez commiinémenl désigné sous le nom A'Apothecium ou Apothecia , quoi(|u'on l'ait aussi nommé Scutellc, Orbille, Patellulc, Gyrome, Globule, Cislule, Céphalodc, etc.

CO^XKPTACl)LAIKE. Conceplacularis. bot. Qui s'opère au moyen de Conccplacles; on emploie cette épiihète pour caractériser un mode de fructification.

CONCEPTACULIKÈKE. Conceptaculiferiis. nor. Organe muni de conceptacles ou qui en supporte.

C0.NCEVEI15A. dot. Aiiblet (Plantes de la Giiiane , t. 555) a nommé ainsi un arbre dont il n'a connu que les fleurs femelles; elles sont portées sur des pédoncules épaissis et articulés , disposés sur un axe commun. Le calice est composé de cinq ou six divisions aiguës et roides, au-dessous desquelles sont, extérieurement, des glandes souvent bilobées. Le style est court, triparti; les trois stigmates se partagent à leur extrémité; l'ovaire est trigone, parsemé d'une poussière qu'on reconnaît, à l'aide de la loui)e, être formée par des petits poils étoiles; il présente trois loges, dont chacune, un peu velue à sa base, contient un ovule unique, surmonté d'un appendice plus ou moins long. Le fruit se sépare en trois portions, dont chacune se subdivise en deux valves, et les graines sont revêtues d'une coiffe charnue, bonne à manger. Les feuilles sont alternes, portées sur un long pétiole accompagné de stipules légèrement dentées, glabres sur leur surface supérieure, et marquées sur l'inférieure, d'un réseau de vaisseaux assez saillants. A l'espèce décrite par Aublet, Blume en a ajouté une seconde qu'il a découverte ù Java, et qu'il a nommée Conceveiba ou Conceceibnin Javcinense. Cette découverte a permis à son auteur de compléter les caractères génériques , et de reconnaître que les Heurs màles ont le calice à trois ou quatre divisions ; trois ou quatre étamines visibles, à filaments soudés à leur base et dressés, à anthères bien apparentes. CONCEVEIBUM. noT. Rich. K. Coî«ceveib.\.

CONCHA TRILOBA. crdst. Nom sous lequel on a désigné anciennement les queues des Trilobiles que l'on croyait être des Coquilles.

CONCHACÉES. moi,l. Famille de la méthode de Blainville, qui correspond à celle des Cardiacées. K. ce mot. CONCHELA. BOT. Syn. portugais de Coixledon Umbilicus-reiieris.

CONCUIFÈKE. Concliifera. zool. Classe établie par Lamarck {Anim. sans vert. T. v, p. 411) et qu'il distingue par les caractères suivants : animaux mollasses, inarticulés, toujours fixés dans une coquille bivalve; sans tète et sans yeux; ayant la bouche nue, cachée, dépourvue de parties dures, et un manteau ample, enveloppant tout le corps, formant deux lobes lamelliformes, à lames souvent libres, quelquefois réunies par devant; génération ovovivipare; point d'accouplement; branchies externes, situées de chaque côté entre le corps et le manteau ; circulation simple ; le cœur a un seul ventricule; (piclques ganglions rares; des nerfs divers, mais poini de cordon médullaire ganglionné; coquille enveloppant cnlièrcment ou en partie

l'animal, tantôt libre, tantôt fixée; à valves le pln.s souvent réunies d'un côté par une charnière ou un ligament ; quelquefois des pièces testacées accessoires et étrangères aux valves augmentent la coquille.

Les Conchifères , n'ayant point de tète , sont conséquemment dépourvus de tentacules ; leur bouche , cachée entre les lobes du manteau , n'est munie que d'appendices labiaux ; elle est toujours dépourvue de parties dures, parce qu'elle n'est destinée qu'à recevoir des aliments qui n'ont pas besoin d'être broyés; c'est, i» bien dire, rentrée de l'œsophage qui, lui-même, est court et large; il aboutit directement ù l'estomac qui n'en est qu'un renflement. Le système de circulation et de respiration se compose de branchies en nombre pair, variables, externes, grandes quelquefois autant que le manteau, formées de plusieurs feuillets résultant d'une multitude de petits vaisseaux parallèles, serrés, qui vont se rendre dans un tronc commun, lequel aboutit lui-même au cœur situé vers le dos. Quant au système nerveux, il est moins avancé dans sa composition ; un ganglion se remarque au-dessus de la bouche, et ce ganglion a été considéré comme le cerveau; un autre plus éloigné est lié au |)remicr par deux filets nerveux et par d'autres branches qui en partent ; il donne la sensibilité à presque toutes les parties. La manière dont les Conchifères se meuvent est bien différente de celle qu'emploient les Mollusques proprement dits; ils n'ont point sous le corps un disque pour ramper, mais quelques-uns ont un corps charnu, musculeux, qui leur sert à s'avancer en s'enfonçant dans le sable, et même à exécuter des sauts; et ce corps, devenant même tendineux, se divise eu une multitude de filaments plus ou moins fins, et sert ù fixer l'animal ; il se nomme alors Byssiis. Tous les Conchifères sont revêtus d'une coquille formée de deux pièces uniques ou principales, le plus souvent semblables, dures, testacées, réunies à leur base par un ligament élastique, ligament qui, par sa structure, agit toujours de la même manière, soit qu'il existe intérieurement, soit qu'il se montre à l'extérieur ; les valves sont encore retenues dans leur position par des dents cardinales plus ou moins nombreuses, disposées comme des engrenages dont les parties saillantes sont reçues dans des enfoiicemenls et réciproquement. Lamarck est le premier (|ui se soit servi du nombre des muscles, pour diviser les Conchifèies en deux ordres ; celte méthode a été adoptée en 1810 parOcken, et depuis par presque tous les conchyliologues. Il a employé aussi des caractères secondaires non moins faciles à saisir : ces caractères consistent dans l'égalité ou la non égalité des valves, dans le bâillement plus ou moins considérable de ces valves , etc. Les muscles des Conchifères laissent sur les coquilles des impressions plus ou moins profondes qu'il est toujours très-facile de reconnaître. Ces impressions sont subcentrales dans les Monomyaires {Conchifères à un seul muscle); alors le muscle traverse le corps de l'animal dans son milieu; dans les Conchifères Dimyaires (ù deux muscles), au contraire, ils sont placés aux extrémités de la coquille, et semblent traverser ces mêmes extrémités; ces muscles sont fermes, durs, surtout vers les points d'attache.

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Tous les animaux de cette classe ne peuvent respirer que dans l'eau; ils vivent donc sans exception au milieu de ce fluide. Le plus grand nombre habite les eaux de la mer; ceux qui se trouvent dans les eaux douces sont moins nombreux, quoique la quantité s'en augmente à mesure que les recherches et les observations se multiplient.

Plusieurs classes d'animaux qui rentrent dans les Mollusques et parmi les Annélides de Cuvier, étant susceptibles de se couvrir d'un corps protecteur que l'on est convenu de nommer Coquille , c'est à cet article qu'il faut recourir pour tous les détails de formation et de structure.

Voici la distribution systématique des Conchifères par Lamarck.

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