L. ^. EUPnORBE
CORYMBIUM. BOT. r. Corymbier.
CORYNAKDRE. Corynandra. bot. Genre de la famille des Capparidées, Polyandrie Polygynie, institué par Schrader qui lui assigne pour caractères : calice formé de quatre sépales; quatre pétales; filets des étaminés colorés et terminés en massue; anthères courbées; silique sessile, à deux valves polysperraes. L'au-
teur de ce genre en décrit une espèce qu'il a nommée Corynandra pulchella.
COUYNE. Coryna. polyp. Genre de Polypes nus, établi par Bruguière; nommé Capsulaire par Ocken. Clava par Gmelin, et confondu avec les Hydres par Mullcr. Caractères : corps renflé en massue ou oviforme. charnu, à bouche terminale, supporté par un pédicule plus ou moins long et charnu, simple ou rameux; alors le Polype est composé de plusieurs individus; ce corps est couvert d'appendices épars et mobiles. Ce genre, disent Bruguière, Rose et Lamarck, est très-voisin des Hydres par ses rapports naturels. Il existe cependant une trèsgrande différence entre les animaux de ces deux groupes : dans le premier, des tentacules environnent la bouche ; dans le second, ces tentacules n'existent point, ou bien , n'étant plus situés autour de la bouche ou des parties qui en dépendent, on ne peut les regarder comme tels, quoique Gaertner dise expressément que ces appendices servent à saisir la proie et à l'approcher de la bouche; il faut, dans ce cas, que ces tentacules soient susceptibles de beaucoup de mouvements, ou que le corps soit éminemment contractile. Bosc, au contraire, pense que ces prétendus tentacules ne sont que la base des bourgeons qui doivent par la suite donner naissance à de nouveaux individus. Cette dernière hypothèse semble préférable, ne serait-ce que par les rapports de forme qui existent entre ces appendices et le Polype parfait.
Les Corynes sont des animaux presque microscopiques, portés sur un pédicule long et très-souple qui leur permet toute sorte de mouvements; leur bouche, trèsajiparente, est située au sommet du corps; l'un et l'autre se contractent, se dilatent et s'allongent d'une manière remarquable; les unes sont portées sur un pédicule simple, les autres forment un petit arbuscule par leur réunion. Ce pédicule est uni, contourné ou annelè; à la base du corps et des appendices se voient souvent des bourgeons graniformes, qui se détachent à des époques inconnues, pour produire d'autres animaux. Les Corynes paraissent vivre dans la mer Atlantique, depuis l'équateur jusque dans la mer du Nord. On ne connaît pas celles des autres parties de l'Océan, qui ne doivent pas en être dépourvues, d'après la dissémination des espèces décrites par les auteurs.
CoRYNE jiDLTicoR^E. Coryna multicornis , Lamk., Anim.,ii,p. 62, no 3; Encycl. Méth., pl.69, fig. 12, 13. Elle est très-petite, à pédicule court et simple, im peu en massue, terminé par un corps oblong, couverfrdc nombreux appendices sétacés; elle a été trouvée sur des Hydrophytes de la mer Rouge.
CoRYKE ÉCAiiiErsE. Corynu squammata , Bosc, ii, p. 239; Encycl. Méth., pi. 69, fig. 10, 11. Elle habite la mer du Nord, et présente un pédicelle simple, cylindrique, portant un corps ovale, terminé en pointe ou tronqué, suivant la forme que l'animal donne à sa hou che. Des bourgeons graniformes ou écailleuxsontplacés au bas du corps.
CoRYNE GiANDCiECSE. Coryna glandulosa, Lamk., II, p. 62, n» 2; Encycl. Méth., pi. 69, fig. 15, 16. Cette espèce a été décrite par Gsertner auquel on doit la formation du genre Coryne. Elle n'est pas rare sur les
llydrophylcs el les Serlulaires du nord de la France, de l'Anglelerre et de la Belgi(|ue.
Il faut ajouter à ces espèces la Coryne sélifère de l'Atlantique, Bosc, ii, lab. 22, tig. 7. — Coryne amphore, Bosc, pi. 22,fic. 6. Sur le Fiiciisnalanscomme la précédente.— Coryne prolifiiiue, Bosc, pi. 22, fig. 8. Sur le même Fucus. — La fîg. 14, ph 69 de l'Encycl. Mélh. , représente une Coryne que Lamarck n'a pas décrite. On pourrait la nommer Coryna pistiUaris. Le Clava parasitiva de Gmelin est regardé par Bosc comme une Coryne. Le Conferva stipitata de l'Engl. Botan. se rapproche de ce genre.
CORYNE. Coryneum. bot. Genre fondé par Nées, dans sa famille des Tuberculariacées (Urédinées), et caractérisé de la manière suivante ; sporidies fusiformes, opaques, annelées, insérées par un pédicelle plus mince et renflé inférieurement sur une base granuleuse. Les productions de ce genre croissent sur les rameaux morts de divers arbres; elles sortent de dessous l'écorce qu'elles rompent, et sur laquelle se forment de petites taches noires. On n'en connaît qu'une espèce figurée par Nées (Sfst. lier Schwmn, tab. 11, (îg. SI). Ce professeur avait encore proposé, sous celle même dénomination, un sous-genre de la famille des Tremellacées, dont l'admission est impossible, du moins sous le nom de Coryneum.
CORYNELIE. Corynelia. bot. Genre delà Cryptogarnie, famille des Pyrenomycètes, institué par Achar. II a pour caractères : périihécion arrondi, presque globuleux, porté sur un slype creux, allant en s'évasant de la base au sommet; le périihécion est inégalement ouvert par un pore au sommet, renfermant des sporidies rassemblées en masses qui produisent beaucoup de poussière. On trouve cette plante en abondance sur la plupart des Iridées qui croissent au cap de Bonne-Esiiérance.
CORYNELLE. Corynelia. liOT. Genre de la famille des Légumineuses, Diadelphie Décandrie, institué par De CandoUe qui lui assigne les caractères suivants : calice à cinq dents dont deux à la lèvre supérieure; corolle papilionacée, à pétales très-courts, onguiculés; carène obtuse; élamines à lïlels presque égaux; style glabre; légume lancéolé, comprimé. Les deux espèces connues, Corynelia polyantha el paitcifolia, sont originaires du Mexique et des Antilles; ce sont de grands arbrisseaux à feuilles pinnées, à Heurs purpurines.
CORYNÉPHORE. Corynephorus. bot. Genre de la famille des Graminées, Triandrie Digynie, L., établi par Palisot de Beauvois aux dépens du genre Aira de Linné. Ce genre, adopté généralement, a pourcaractères essentiels : paléole extérieure entière; arête basilaire, tortillée à sa base, articulée dans le milieu et en massue au sommet. Le type de ce genre est le Corynephorus canescens, Jira canescens, L.; /f'eingaerlneria, Bernh; jlvena, Wel. Cette plante a les chaumes nombreux, droits, glabres, d'un pied environ de hauteur; elle a beaucoup de feuilles sétacées, glabres, un peu dures, d'un vertblancliiltre, ramassées en gazon; la supérieure est munie d'une longue gaine rougeitre, en forme de spalhe, entourant la panicule avant la floraison; les fleurs sont paniculées en forme d'épi; elles ont l'arête plus courle quelaglume. Celle espère, qui produit plu-
sieurs variétés, est assez commune dans les (erres sablonneuses de l'Europe tempérée. Elle est annuelle. — Le professeur Agard avait établi aussi un genre Corynépbore, mais dans la famille des Champignons, tribu des Tremellinées; la seule espèce de ce genre, Coryncphora marina, a été réunie au genre Chœlophora .
CORYNESPHÈRE. Corynesphœra. bot. Genre de plantes Cryptogames , institué par Oumorlier, dans sa famille des Sphériacées; il offre pour caractères : des sphéries déhiscentes par un trou, et situées sur un réceptacle claviforme, allongé et dont la substance est charnue. Les principales espèces du genre nouveau sont : Corynesphœra alutacea, militaris, larvicola, entomorrhiza. ophioglossoidcs, etc., qui, toutes, sont des Sphœria se]on Persoon, Ehrliard, Dickson et autres crypiogamistes.
COUYKÈTE. Corynetes. ins. ^. Nécrobie.
COUYNITIS. bot. Spreng. Même chose que Corynelia, De Cand.
CORYKOCARPE. Corynocarpus. bot. Genre de la Pentandrie Monogynie, établi par Forster, et ainsi caractérisé : calice à cinq sépales; corolle de cinq pétales; cinq petites écailles alternes avec les pétales, les plus petites pétaliformes, munies de glandes intérieurement et à la base; cinq élamines sur les onglets des pétales, à anthères ohlongues ; un seul style et un seul stigmate. Le fruit est une sorte de noix conoïde et monospernie. A.-L. Jussicu a placé ce genre à la fin des Berbéridées, mais De Candolle, dans sa Monographie de celle famille (Sysl. regel, nat. T. ii, p. 3), pense qu'il doit en être éloigné à cause de l'insertion, et reporté dans la sousclasse qu'il a proposée sous le nom de Calyciflores. Une seule espèce le constilue, c'est le Corynocarpus lœtiigatu, Forst. et L., PI. Suiipl., arbrisseau de la Nouvelle- Zélande, à feuilles alternes, entières et obovées, et à fleurs terminales et disposées en panicules.
COKYNOCÈRE. Corynocerus. ins. Genre d'Hyménoptères, institué par Nées d'Esembeck dans la famille des Perpivores, tribu des Chalcidiles. Caractères : antennes de dix articles , en massue ; tète concave à son point d'insertion au corselet; mandibules lisses au côté interne; écusson assez grand; abdomen sessile, déprimé; larrière exserte; prothorax court, un peu prominule antérieurement. Ce genre se compose de deux espèces assez récemment découvertes en Allemagne.
CORYNOPE. Corynopus. ins. Hyménoptères. Genre de la famille des Fouisseurs, institué par BruUé qui lui donne pour caractères : antennes presque filiformes, de douze articles apparents, le quatrième fortement échancré en dessous, tous allant en grossissant un peu versl'extrémilé; ocelles disposés en triangle équilaléral; prolhorax mulique; abdomen plus long ipie le corselet : son premier segment pyrifoime, aminci en pédicule ù sa base et fortement rétréci îi son extrémité; anus un peu creusé en gouttière en dessus; presque acuminé. muni de poils roides sur les côtés; hanches des pattes postérieures plus longues que les cuisses; ces dernières et leurs jambes courtes, fort grosses; les jambes garnies d'épines; appendice de la cellule radiale des ailes supérieures à peine tracé, mais paraissant droit et ne se recourbant pas à son extrémité. L'espèce qui constitue ce
cou
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genre se (roiivc en Europe el an.x environs de Paris; c'est le Petiiphredon tibialis de Fab. et de Panzer.
CORYNOSTYLIDE. CoiynostxUs. bot. Martius,dans stsNova Spec. etGen.Pl.Bras., a établi sous ce nom, un genre dans lequel il place le Viola hybanthiis d'Aublel,qui est devenu successivement uaJoiiulium pour Roem. et Scbult. , et un Calyptrion (C. aubletii) pour Ging. et De Cand.
CORYPHE. Coiypha. bot. Genre de la famille des Palmiers, Hexandiie Monogynie, établi par Linné et adopté par Gœrlner, R. Brown et Kuntli qui l'ont ainsi caractérisé : fleurs hermaphrodites; périantlie double, l'un cl l'autre à trois divisions profondes; six élamines dont les filets sont distincts et dilatés à la base; trois ovaires adhérents par leur face intérieure; styles soudés, surmontés d'un stigmate indivis; fruit bacciforme, réduit à un seul carpelle à la maturité, sphériijue et monosperme; albumen creux; embryon basilaire. Ce genre, dont C. Kunth a fait le type de la première section des Palmiers, se compose d'environ quinze espèces : ce sont des arbres de diverses grandeurs, ayant leur cime garnie de frondes élégamment palmées, et leurs régimes rameux, enveloppés dans une spathe polyphylle. Ils ne croissent que dans les climats équaloriaux, mais on en rencontre également dans l'ancien comme dans le nouveau monde.
CoHïPBE Parasol. Corypha iimbraculifera, L. 11 peut être considéré comme le type du genre. Cet arbre est d'ailleurs la première espèce décrite et la plus intéressante à connaître, par sa beauté et ses usages. Au sommet d'une colonne droite, parfaitement cylindrique et élevée de soixante à quatre-vingts pieds, sort un faisceau de huit à dix feuilles disposées en parasol, et si grandes qu'elles occupent un espace de plus de cent pieds de circonférence. Ces feuilles sont composées de folioles plissées et jointes par leur partie inférieure, de manière à ce qu'elles paraissent palmées quoique en réalité elles soient pinnées le long du prolongement du pétiole qui est bordé de petites dents épineuses. Vers les deux tiers de leur longueur, ces folioles se séparent et laissent à découvert un petit filet par lequel elles étaient réunies. Au centre des feuilles qui couronnent la tige, s'élève un spadice conique, allongé, couvert d'écaillés imbriquées, et produisant latéralement des rameaux simples, alternes et couverts également d'écaillés. L'aspect de ce pédoncule général ainsi ramifié, et d'une hauteur qui atteint jusqu'à trente pieds, est celui d'un immense candélabre. Les fleurs sont disposées en panicules nombreuses, qui sortent des écailles du spadice, et (|ui sont formées d'épis cylindriques et pendants. Il leur succède des baies sphériques, grosses comme des Pommes de Reinette, lisses, vertes et succulentes, contenant un noyau dont l'amande a une cliair ferme.
Ce luxe de floraison que la nature déploie dans un arbre remarquable par sa beauté, entre les Palmiers même, semble être une compensation de la stérilité dont elle l'a frappé pendant de longues années. Jusqu'à trente-cinq ans, le Coryphe Parasol ne fait que s'accroître en hauteur, et produire des couronnes de feuilles, qui font un effet magnifique, car leur grandeur est telle, qu'une seule d'entre elles peut couvrir et protéger
* û niCT. DF.S SCIENCES !«AT.
quinze ou vingt personnes contre les injures du temps. Mais tout à coup l'exertion des fleurs se manifeste, et l'arbre est orné de superbes spadices florifères, auxquels succèdent des fruits dont le nombre est quelquefois si prodigieux, qu'un seul Palmier en produit, diton, jusqu'à vingt mille; ces fruits continuent de mûrir durant quatorze mois. Ce phénomène ne se représente plus, l'arbre reste épuisé par un tel excès générateur, et sa vie demeure languissante, jusqu'à ce qu'enfin la mort succède à cet excès de fécondité.
Le Coryphe ombraculifère croît dans les endroits moutucux des Indes, à la cote du Malabar et à Ceylan. Rai l'a mentionné dans son Uisloire des Plantes, n" 1367; Rhéede (Hort. Malab. m, pi. 1, t. 1 à 12) l'a décrit et figuré sous le nom de Coddapanna, et on lui a donné aussi le nom vulgaire de Talipot de Ceylan. Les Indiens font avec ses feuilles des tentes et des parapluies; ils s'en servent aussi pour couvrir leurs habitations. Les livres des Malais en sont composés : leur épiderme supérieur, pénétré par la pointe d'un stylet de fer, avec lequel ces peuples tracent leurs caractères, conservé des empreintes ineffaçables. On fait avec les noyaux de ces fruits, tournés, polis et peints en rouge , des colliers qui imitent le Corail. Enfin, il suinte des spalhes, lors(iu'on les coupe, un suc qui, desséché au soleil, devient un vomitif très-violent.
Les autres espèces de Corypha présentent en général des arbres très -remarquables. Le Corypha viinor, Jacq., forme le genre Habal d'Adanson ; on trouve dans le bel ouvrage sur les plantes éiiuinoxiales de Humboldt et Bonpland, publié par C. Kunth, la description de plusieurs espèces de Coryphes, dont quelques-unes offrent des particularités assez piquantes.
CORYPHÉE. OIS. Espèce du genre Sylvie.
CORYPHÈiVE. POIS. F. Corvpboene.
COUYPHÉNOIDE. pois. A'. Coryphoenoïde.
CORYPHINÉES. Coiyphinœ. bot. Nom de la première section des Palmiers, établie par C. Kunth (in Hiimb. et Bonpl. Nova Gênera et Spec. Plant, œguin. T. 1, p. 231) ) et caractérisée par trois ovaires monospermes, dont deux avortent le plus souvent. Elle comprend les genres Corypha, Phœnix, Morenia, Livistonia, Chamœrops, etc.
CORYPliœNE. Coriphœna. pois. Genre de l'ordre des Thoraciques de Linné, placé par Cuvier, dans celui des Acanthoptérygiens, famille des Scombéroïdes, et par Duméril parmi les Lophiodonles. Caractères : dorsale naissant sur la tète qui est carénée et comme tranchante en dessus; optrcules lisses; pas de carène à la queue; corps ovale, allongé, comprimé et revêtu de fort petites écailles. Les Coryphœnes peuvent être mis au rang des plus brillants hôtes des mers. Presque tous habitent les hauts i)arages, et l'un d'eux la Méditerranée. » 11 faut, dit Bosc, avoir vu ces Poissons suivre les vaisseaux en troupes plus ou moins nombreuses, pour se former une idée de leur beauté. En efîel, lors- ((u'ils nagent à la surface de la mer, et surtout lorsque le soleil luit, leur corps brille de l'éclat de l'or uni à celui des saphirs, des émeraudes ou des topazes, et frappe les yeux de mille nuances plus resplendissantes les unes que les autres, selon l'aspect sous lequel ces Poissons
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se présentent. La vivacité, la variété et la Rrâcc de leurs mouvements ajoutent encore au ina^nifiiiue assortiment de couleurs dont ils sont parés. C'est un spectacle qu'on ne peut se lasser d'admirer, lorsque, isolé au milieu des mers, le voyageur rencontre pour la première fois ces Poissons. «
Les Corypliœnes sont extrêmement voraces, hardis et agiles ; ils paraissent ù peine se mouvoir dans les flots qu'ils sillonnent,el l'on pourrait les y croire poussés par une force de projection des plus irrésistibles, si l'on ne découvrait, dans la vélocité de leur marche, un mouvement d'ondulation continuel sur la longue dorsale dont ils sont ornés; mouvement qui contribue à multiplier les reflets qui jaillissent de leur surface. Us poursuivent avec acharnement les Poissons volants, et voyagent par bandes, à la suite des troupes que forment ces petits animaux, se renvoyant pour ainsi dire ceux-ci, comme les chasseurs lancent le gibier qu'ils poursuivent avec leurs meutes. L'Exocet qui n'est pas dévoré par le Coryphœne dont la poursuite le détermina à s'élancer de l'Océan, l'est par celui prés duquel il retombe, lorsque l'oiseau vorace ne se saisit pas de lui ù son passage dans les airs. Les Coryphœnes ne mâchent pas, ils avalent; et l'on a trouvé tout entiers, dans leur estomac, des Poissons volants de six à huit pouces. Telle est la voracité des Cory|>hœnes, qu'engloutissant tous les objets qui tombent des navires et qui peuvent être admis par leur bouche, on en a vu avaler jusqu'à de grands clous. On les prend fort aisément à la seine , et lorsqu'ils se rapprochent des côtes pour jeter leur frai, la ligne est encore une excellente manière de s'en procurer. 11 suffit de disposer un bouchon auquel on fixe deux petites plumes avec du fil , pour imiter tant bien que mal les ailes d'un Exocet, d'y laisser pendre l'hameçon en guise de queue, et de faire filer ce grossier appât à llarrière du bâtiment, pourvoir, dès que le mouvement du tangage fait que le bouchon s'élance hors de l'eau, les Coryphœnes se disputer à qui doit mourir. Cette pêche est fort utile à bord où, lorsque depuis longtemps on ne vit que de viande salée, d'ado- Iiages, de légumes vermoulus, ou de Poulets malades, la chair fraîche et savoureuse d'un Poisson bon à manger, vient faire diversion à la monotonie de la mauvaise chère. On accommode les Coryphœnes de diverses manières ; mais on s'en dégoûte bientôt, peut-être, comme l'observe fort judicieusement Bosc, parce que l'on en prend trop, quand on commence à les pécher, après avoir fait une longue abstinence ou beaucoup de tristes repas.
Le genre Coryphœne , tel que Linné l'avait établi, a été divisé en plusieurs genres dont le principal, aui|uel on a conservé l'ancien nom tiré du grec, se subdivise de la manière suivante , et renferme une quinzaine d'espèces.
t Centrolophes. Ils ont en avant de la dorsale des proéminences épineuses, mais tellement courtes qu'elles se sentent à peine quand on presse la peau avec le doigt; on n'y voit d'ailleurs ni carène à la queue, ui épines libres devant l'anale, ui fausses nageoires; leur corps est comprimé, leurs écailles menues; leur tête oblongue et obtuse, et les denisfincs sur une seule raniîjée.
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CoRvrHOESE PoMMLE. Lac; Coij})hœm Pompilus, L., Lac; le Lumpuge, tncycl. l'ois., p. (>0, pL 34, fig. 150. Celte espèce a plus de douze pouces de longueur. Sa forme est postérieurement un peu acuminée; la surface de son corps est grasse et onctueuse au toucher; son dos est marqué de bandes jaunâtres, une raie dorée, en forme de sourcils, surmonte ses yeux ; la mâchoire inférieure est plus longue ipie la supérieure. B. 8/33, p. 14, v. 0, A. 2/24, c. 16. Océan, Méditerranée.
-j-t Leptopodes; Oligopodes, Risso. Ils ont, comme les Centrolophcs, des proéminences dorsales sensibles seulement au doigt; mais leur dorsale et leur anale s'unissent ù la caudale qui finit en pointe, et il n'y a qu'un rayon aux ventrales. On n'en connaît qu'une espèce.
CoRYPHOEîVE NOIR. Corfphœna ater ; Oligopodus aler, Risso, pi. Il, fig. 41. Ce petit Poisson , découvert dans la mer de Nice, faible et timide, se tient toute l'année dans les plus grandes profondeurs des eaux, et n'approche du rivage que vers le mois d'aoùl, pour y déposer des œufs d'un bleu foncé, liés par un réseau blanc; sa chair est molle et d'une saveur fade; son museau est arrondi; ses yeux petits, noirâtres, avec l'iris doré; sa taille est de six pouces, et sa teinte générale dun noir d'ébène, avec de beaux reflets d'un rouge violet.
ttt CORYPUOENES PROPREMEÎST DITS. Ils Ont ICUr dor-
sale étendue depuis la nuciue jusiiu'au voisinage de la caudale, dont elle est cependant toujours distincte. Cette caudale est fourchue, rectiligne, arrondie ou lancéolée.
a. Caudale fourchue.
CoRYPnoENE HippuRE. Corypliœna Hippurus, L., Gmel.; Bloch, pi. 174 ; le Dauphin, Encycl. Pois., p. 5'J, pi. 53, f. 123. Cette belle espèce est la plus grande de toutes; elle atteint jusqu'à cin(| pieds de long; elle se trouve dans l'Océan et dans la Méditerranée. Sa longue dorsale est à peu près parallèle au corps, et l'angle que forme la fourche de sa queue estlrès-aigu.Son dos est d'un vert de mer, parsemé de taches orangées; le ventre est argenté; la ligne latérale jaune; la dorsale, qui est d'un bleu céleste, a ses rayons couleur d'or; la caudale est environnée d'une teinte verte; les autres nageoires sont jaunes, d. 7-10, d. 60, p. 19-21, v. 6, A. 20-27, c. 18-20.
CoRYPHOENE DoRADON. Corjphœua œqiiifelis, L. , Gmel.; Syst. Nat. xin, t. i, p. 1 190; Enc. Pois., p. KO; Coiyplicena auraia, Lac, Pois, m, p. 183, pi. 10, fig. 2. Cette espèce diffère de la précédente par sa dorsale plus courte, quoique toujours parallèle au corps. Cette nageoire n'a d'ailleurs pas ses rayons jauues, mais bleus comme la membrane. La queue, très-profondémeutanguleuse et bifide, a, dans toute sa surface, l'éclat et la couleur de l'or poli. Le reste de ce Poisson est varié des plus riches couleurs, disposées avec harmonie. Sa taille est moins grande que celle de l'Hippurc. c. 6, D. 53, p. 19, v. 0, a. 23, c. 20, Oes mers de l'Inde.
CoRYPUoEriEDEBoRY.Co/:>-p/j«»n/?o;y(,Drap.,Bory, Voyag. aux quatre îles d'Afrique, T. i, p. 110, pi. 10, f. 3, sous le nom d'Hippure. Cette espèce tient le milieu entre le Doradoii et leChrysure. Comme chez ce dernier.
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sa dorsale commence bien plus en avant, et loin d'être parallèle au corps, c'est-à-dire pas plus large en avant qu'en arrière, elle est très-haute sur le vertex, disposée en crête, et va toujours en diminuant vers la queue. Elle est du plus beau bleu de lapis, variée de lignes obliques, irrégulièrement parallèles, d'un bleu d'indigo beaucoup plus foncé. Le dessus de la tête est d'un brun qui va se fondant et se mariant avec des teintes d'émeraude sur le dos; les Hancs sont, ainsi que la queue, couleur d'or, avec des teintes grisâtres et le ventre argenté; le reste des nageoires est jaune. La caudale est profondément bifide; l'anale est parallèle au corps, et ne présente pas antérieurement des rayons plus longs, comme dans le Doradon ou dans le Chrysure. Cette espèce n'atteint guère plus de deux pieds de long. b. 6, D. 57, 64, V. C, p. 20, A. 25, 26. Océan atlantique.
CorïphoetieCertslre. Coryphœna Cliijsui~us,Lac., Pois. T. m, p. 186, et lab. 2, pi. 18, fig. 2. Cette espèce a le corps très-allongé et non ovoïde, comme dans la précédente ; l'anale présente en avant quelques rayons plus longs que les postérieurs, et la queue fourchue n'est pas disposée en large croissant. Ses belles teintes sont rehaussées par des taches bleues, lenticulaires, disposées au hasard et assez nombreuses; sa queue brille de l'éclat de l'or ; la gorge et la poitrine ont la couleur de l'argent; le dos d'un bleu céleste ; la dorsale tachetée de jaune, et les pectorales ont la teinte de l'azur. E. 6, D. 58, p. 20, y. 5, A. 28, c. 5. Mer du Sud. /3. Caudale rectiligne.
CoRTPHOENE RECHIGNÉ. Encyc. Pois., p. 61 ; le Camus, Lacép., Pois. T. m, p. 207; Coryphœna Sima, Gmel. D. 52, p. 10, V. 6, A. 9-16, c. 16. Mers d'Asie. y- Caudale arrondie.
CoRTPHOENE CHINOIS. Coryphœna Chinensis, Lac, Pois. T. m, p. 209. Cette espèce a été décrite d'après une peinture chinoise, de sorte qu'on ne connaît ni les habitudes ni le nombre des rayons des nageoires de ce Poisson dont l'existence n'est pas même suffisamment garantie.
S. Caudale lancéolée.
Coryphœna aciila, L., Gmel., Sysl. Nat. xiii, t. i,
p. 1194. Espèce peu connue, des mers d'Asie, et la seule
dont se compose jusqu'ici celte section, d. 45, p. 16,
Les Coryphœna Novacula, pentadaclyla, cœrulea, Psittacus et lineata de Linné, ont été détachés de ce genre pour former celui auquel Cuvier a donné le nom de Rason.
Le Coryphœna Plumerii de Bloch n'est qu'un Labre, et le C. rupestris un Macroure.
11 paraît que les Coryphœnes se rencontrent à l'état fossile; du moins Faujas Saint-Fond ( Ann. Mus. T. t, pi. 24) a fait graver l'empreinte d'un Poisson trouvé dans le calcaire de Nantene près Paris, qui paraît avoir dû être forl voisin du Chrysure.
titt CoRYPHOENOÏDES. Ils diffèrent des Coryphœnes proprement dits, par leur tête encore plus comprimée et tranchante, assez loin de laquelle commence la dorsale beaucoup moins longue que dans les espèces précédentes. L'ouverture des branchies est peu distincte.
CORYPHOEPIE II0UTTIYNIE>'. Lacép., PoiS. III, p. 220;
I Coryphœna Branchioslega,L., Gmel., Syst. Nat. xii, t. I, p. 1194. Espèce peu connue, d'après ce ([n'en dit Houttuyu qui seul l'a mentionnée, et qui la croit des mers du Japon. Ce Poisson n'a guère plus de six pouces de longueur; sa couleur tire sur le jaune, d. 24, p. 14, V. 6, A. 10, c. 16. Cuvier semble regarder cette espèce comme douteuse.
ttttt OtiGOPODES. Ils ont une énorme dorsale et une anale non moins étendue. Celle seconde est si longue qu'elle égale presque la première en grandeur, et détermine l'ouverture de l'anus presque sous la gorge. Les ventrales sont extrêmement petites, formées d'un seul rayon, placées en avant des pectorales. Le corps est fort comprimé; les dents disposées sur un seul rang en haut, et sur deux en bas. Leurs écailles sont plus grandes que celles des autres Coryphœnes, et légèrement épineuses. On n'en connaît qu'une espèce.
CoRYPHOENE ÉvEiVTAiL. Encycl. Poiss., p. 60, pi. 34, fig. 128; Coryphœna relifera, Gmel., Syst. Nat., 1. 1, p. 1193. Ce beau et singulier Poisson, des mers de l'Inde, a son corps forl comprimé et oblong, d'une teintebrune, couvert de points blancs, ainsi que les nageoires qui sont prodigieusement grandes, tachetées, et donnent au Poisson la forme générale d'un losange, dont les angles seraient arrondis, b.7, d. 55, p. 14, v. 1, a. 51, c. 22.
CORYPHOENOIDES.pois. F. Coryphoene.
CORYPIIOPHYTES. Coryphophytœ. bot. Sont ainsi appelées par Necker, les plantes qui ont leurs étamines peu nombreuses et insérées au sommet du calice.
CORYSANTHES. Çoryzanthes. bot. U. Brown, dans son Prodrome de la Flore de la Nouvelle-Hollande, a formé ce nouveau genre, dans la famille des Orchidées, pour trois petites plantes qu'il avait recueillies sur les côlesdela Nouvelle-Hollande. Voici les caractères qu'il lui assigne : son calice est inégal et comme à deux lèj vres ; le casque est grand et concave ; le labelle est trèsgrand, également concave, et cache la lèvre inférieure qui est fort petite et à quatre divisions; l'anthère est placée au sommet du gynostème ; elle est persistante, et s'ouvre en deux valves incomplèles: elle renferme, dans sa loge qui est simple, quatre masses de pollen pulvérulentes. Les plantes dont ce genre se compose sont petites, herbacées,et croissent dans les lieux ombragés; leur racine est munie d'un petit tubercule arrondi 3 leur tige est simple, grêle cl parfaitement glabre; elle porte une seule feuille, et se termine par une fleur unique, tantôt droite, tantôt penchée, ayant assez de ressem- L blance extérieure avec les fleurs du genre Cypridium.
Brown en a figuré et décrit une espèce (Gêner. RemarcUs, p. 78, t. 10) avec le soin et l'exactitude qui distinguent cet habile observateur : c'est le Çoryzanthes fimbriata, déjà mentionné par lui dans son Prodrome, p. 528. Cette petite plante, remarquable par son labelle ' cilié sur son bord, est assez commune aux environs de la ville de Sydney, dans la colonie de Porl-Jackson.
Le genre Corybas de Salisbury (Paradis, t. 83) paraît devoir être réuni au genre Çoryzanthes de Brown.
CORYSSOMÈRE. Coryssomeriis. iNS. Coléoptères létramères; genre institué dans la famille des Rhyn-
COU
diopIiorcs.parSchoonherr j caraclêies : miiscau trompe plus court que le corps; antennes composées de douze articles dont le premier fort allongé et les quatre derniers insensiblement plus gros , formant une massue ovale; corselet plus large que long; écusson visible; ailes recouvertes par des élytres; pieds antérieurs différant peu des suivants, assez robustes, avec les jambes dilatées et anguleuses vers le milieu du côté interne. Ce genre a pour type le Rhynchœnua capucinus de Beck.
CORYSTE. Coiystes. crbst. Genre de Décapodes, famille des Bracliyurcs, établi par Lalreille. Caractères : lest ovale; antennes extérieures longues, avancées, ciliées : second article des pieds-màclioires extérieurs allongé, rétréci en pointe obtuse à son sommet, avec une échancrure au-dessous; yeux écartés, situés à l'extrémité d'un pédicule de longueur moyenne, presque cylindrique, un peu courbe; longueur des trois premières paires de pieds diminuant progressivement; les deux antérieurs beaucoup plus longs dans les mâles que dans les femelles. Les Corystes ont de grands rapports avec les Leucosies et les Tbics; ils s'éloignent des i)iemiers par la longueur de leurs antennes, l'allongement du pédoncule des yeux, la forme du second article des pieds-mâcboires, la cavité ovale qui est carrée, et par leur lest qui est moins bombé. Celte partie du corps est oblongue, ovale, tronquée postérieurement. Les régions indiquées par Desmarest y sont légèrement marquées, et représentent, dans certains individus, une sorte de figure bumaine grimacée; les brancbiales ou latérales sont très-allongées; la cordiale manque. Les Coiystes diffèrent des Tbies par des caractères analogues, à l'exception que leur carapace est plus oblongue; l'abdomen, nommé improprement ([ueue, est composé de sept anneaux dans les femelles, et seulement de cinq dans les raàles ; mais ce petit nombre est évidemment dû à la soudure de deux d'entre eux ; ([uoi qu'il en soit, les deux premiers segments sont plus larges que les suivants. 1,'abdomen des femelles est presque ovale; celui des mâles a la forme d'un triangle allongé. On ne connaît encore qu'une espèce propre à ce genre, le Co- RYSTE DENTÉ, Coiystes ileiilala de Lalreille, ou VAlhunea clentata de Fabricius (SiippL, p. 308), qui est le même que le Corystes cassivekninus de Leacb ( Malacost. Brit., fasc. C, tab. i). 11 a été figuré par Pennant (Brit. Zool., t. iv, tab. 7), ainsi que par Ilerbst qui l'a nommé Cancer personaliis. On le rencontre sur les côtes d'Angleterre; d'Orbigny l'a souvent pèclié dans le golfe de Gascogne, sur une assez grande étendue en mer. 11 n'est pas certain que ce genre se trouve à l'état fossile; cependant Desmarest (Ilisl. des Crust. foss., p. 12!')) pense qu'on pourrait y rapporter une carapace ellipsoïde, dentelée sur ses bords latéraux antérieurs, découverte dans la craie d'Angleterre, par Mantell.
CORYSTION. POIS. Genre de Klein, dont les espèces ont été réparties parmi les Callyonimes, les Uranoscopes, les Tracbines, les Cottes, les Trigles, etc.
CORYTirviX. OIS. Synonyme de Touraco. f''. ce mot.
CORYTUL'S. OIS. Syn. de Dur-Bec. K. Gros-Bec.
CORYTOPHANE. Corytophanus. rept. Boyé, dans
un ouvrage sur les Reptiles de Java, que la mort de l'auteur a laissé jusqu'ici inédit, mais que les soins de l'amitié se disposent à mettre au jour, a érigé, sous ce nom, en genre nouveau, VAgama crislata de Merrheui .
CORYTOPHYTES. Corylophytœ. noT. Necker emploie cette épitbète pour désigner les plantes dont la partie supérieure de la corolle a la forme d'un casque.
CORYZA. i!OT. Synonyme de Slœhe A [ricana, L.
COS. MIN. y. PS.VMMITE.
COSA-COSAMACHO. bot. Syn. vulgaire de Pavonia spinifera.
COSAIRE. Cosaria. bot. Même chose que Kosaria.
y. DORSTÉME.
COSCINIE. Coscinia. iNS. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Carnassiers, tribu des Carabiqiies, établi par Dejean qui lui assigne pour caractères principaux : antennes longues, avec le premier article court et gros; dernier article des palpes ovalaire; menton d'une seule pièce, avec une échancrure profonde ; lèvre supérieure plus large que longue, arrondie sur les côtés, échancrée en avant; corps plat; corselet en cœur, jdus long que large; élytres peu allongées. La Coscinia Schuppelii, i|ui forme le type de ce genre, a été trouvée en Egypte; elle est d'un brun noirûtre, avec la première moitié des élytres rousse, ainsi que les pattes; ses antennes sont brunes, avec le premier article roux; la lèvre supérieure, les palpes cl le dessous du corps sont aussi de celle couleur.
COSCIML'M. BOT. Colebrooke a fait, sous ce nom, un genre nouveau du Menispermum fenestratum de G;crtner(</e Fnict., t. i, p. 210, t. 40, f. 5). Le caractère distincUf de ce genre consiste surtout dans ses étamines au nombre de six seulement et monadelphes. Celle plante est sarmenleuse, grimpante et originaire de Ceylan. y. Ménisperme.
COSCINODON. BOT. Ce genre, séparé des ff^eissia parSprengelet parBridcl, en diffère par un caractère trop léger et trop peu constant pour qu'on puisse l'admetlre; la seule différence consiste dans les dents de péristome, qui présentent, dans les espèces que Bridel range dans son genre Coscinodon, une série de petits trous; du reste la structure de la capsule el la forme de la coiffe sont les mêmes que celles des vrais ITeissia. Le port des espèces est aussi le même ; ainsi le Coscinodon tiudiim a trop d'analogie avec le ITeissia nigrila, el le Coscinodon lauceolutum avec les ff^eissia Slarkeana elafftnis, pour qu'on puisse les placer dans des genres différents. Bridel lui-même avait regardé longtemps celle dernière espèce comme une simple variété du l^cissia lanceolala ou Coscinodon lanceolatum.
COSCOROBA. OIS. Espèce du genre Canard, division des Oies, Auas Coscoroha.
COSCUI. !«.\M. Synonyme de Cochon Pécari.
COSLORDILOS. rept. Synonyme de Stellion.
COS.MÊE. Cosmea. bot. T, Cosmos.
COSMÉLIE. Cosmelia. bot. Genre établi par Brown pour une plante de la famille des Épacridées, qu'il a observée sur les rivages bas et marécageux de la partie méridionale de la Nouvelle-Hollande, pendant son séjour sur celle lerre si vaste, si peu connue encore, mais
qui laisse présager d'immenses trésors pour l'étude de la botanique. Le savant auteur du rrodiome des plantes de l'Australasie a choisi pour le genre nouveau un nom évidemment dérivé de Kcn/xsa, qui signifie ornement, faisant allusion à la beauté des fleurs de la seule espèce que renferme encore ce genre. Le genre Cosmelia est ainsi caractérisé : calice imbriqué; corolle tubuleuse, p(utant et renfermant les élamines dont les anthères sont adnées aux sommets ciliés des filaments; cinq petites écailles hypogynes; fruit capsulaire; placentas adnés à une colonne centrale, et libres à chaque extrémité.
La CosaÉLiE eoege, Cosmelia rubra, a été introduite en Europe en 1826; c'est un bel arbrisseau à rameaux droits, un peu diffus, dont les tiges, d'une belle couleur purpurine, sont cylindriques, lisses, sans aucune trace de cicatrices, munies de feuilles demi-embrassaiites, courtes, épaisses, roides, lancéolées, pointues, cucuUiformes à leur base et d'un vert agréable. Les fleurs, d'un rouge de carmin très-vif, sont solitaires au sommet des branches latérales, lequel est ordinairement penché ou incliné. Le calice est foliacé; la corolle est fortement renflée, divisée au sommet, qui est rétréci, en cinq dents courtes et presque obtuses. Les cinq étamines ont leui's anthères biloculaires, allongées, portées sur des filaments ciliés au s(mimel; on remarque, en outre, cinq petites écailles hypogynes. Le fruit consiste en une capsule polysperme; les graines sont petites, arrondies, attachées au placenta par un court pédicelle.
COSMl^. BOT. Dombey avait établi ce genre pour une plante qu'il avait observée au Mexique, et qu'il avait nommée Cosmia catitescens. Depuis cette plante a été réunie au genre Talinum en conservant son nom spécifique.
COSMIBDENA. bot. Deux genres ont été successivement formés, sous ce nom, par Ruiz et Pavon; le premier a été bientôt reconnu pour être le même que Hirtella, précédemment adopté dans la famille des Chrysobalanées, et l'autre est très-voisin du Cindwna, dans la famille des Rubiacées; mais il en diffère parce que le calice tombe après la floraison ; que le tube de la corolle est large, souvent un peu courbé; que la capsule s'ouvre de haut en bas; enfin qu'à la maturité, le tube du calice se sépare du fruit auquel il était adhérent; teissontles caractères différentiels qui distinguent principalement le genre Cosmibuena, queDeCandolle {Prod., vol. 4, p. ôoG), d'après Pohl, nomme simplement Buena. V. ce mot.
COSJilE. Cosmius. iss. Duméril, dans sa Zoologie analytique, a désigné, sous ce nom, un genre de Diptères à bouche en trompe charnue et rétractile; à antennes garnies d'im poil isolé, latéral et simple; à ailes variées de taches colorées et de bandes sinueuses, etc. Ce genre n'a point été adopté par les entomologistes qui se sont particulièrement occupés de l'ordre des Diptères, et les espèces qui le composaient ont été réparties entre les genres Téphrites et Chétocères.
COSMISOME. Cosmisoma. ins. Coléoptères tétramères; genre delà famille des Longicornes, institué par Serville qui lui donne pour caractères : les quatie palpes d'égale longueur, avec le dernier article presque cylindrique et tronqué à l'extrémité; antennes velues,
composées de onze articles allongés, cylindriques, un peu plus longues que le corps dans les mâles, avec le sixième article garni de poils dans les deux sexes; tête un peu allongée en avant; corselet cylindrique, mutique latéralement, plus étroit que les élytres, plus long que la tète, avec deux sillons transversaux aux deux extrémités ; élytres presque linéaires, un peu déprimées en dessus, arrondies à leur extrémité; écusson petit, triangulaire; pattes velues; cuisses longues, subitement en forme de massue; jambes un peu arquées. Les Insectes de ce genre ont tous le Brésil pour patrie ; ils se tiennent sur les feuilles et les troncs d'arbres contre lesquels ils grimpent avec facilité ; Ils volent pendant le jour, dans les bois, et produisent un son aigu, par un certain frottement des pièces du corselet.
COSMORHIN. CosiHOrhinvs. ins. Coléoptères tétramères; genre de la famille de Rhyncho|)hores, tribu desCurculionides, institué par le D'' SchoonherrquI lui a reconnu pour principaux caractères : museau-trompe court, épais, de même grosseur-partout; premier article des antennes brusquement dilaté ; massue composée des quatre derniers articles; corps aptère; élytres un peu rugueuses; jambes assez fortes. On n'en connaît encore qu'une seule espèce que l'on a observée aux environs du cap de Bonne-Espérance.
COSMOS. EOT. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, section des Hélianthées de Kunth et des Coréopsidées de Cassini, Syngénésie frustranée, L. Fondé par Cavauilles [Icônes, i, p. 10), il fut adopté par Willdenow et Persoon qui, lui ajoutant quelques espèces, ont changé sans nécessité sou nom en ceux de Cosniea et de Cosinus. Rétablissant dans sa pureté le nom donné par son auteur, C. Kunth (Nova Gênera et Spec. Ptantur. œquinoct. 4, p. 2-39) exprime ainsi les caractères de ce genre : involucre double, l'un et l'autre à huit divisions profondes; réceptacle plan, paléacé; fleuions du disque tubuleux et hermaphrodites, ceux de la circonférence, au nombre de huit environ, ligules et stériles ; akènes tétragone.^, amincis au sommet, et surmontés de deux ou quatre barbes persistantes et couvertes de poils dirigés en arrière. De grands rapports de structure unissent le Cosmosau Coieopsis, et cependant cesont deux genres bien distincts. Le Cosmos bipinnatus, espèce qui a servi de type au genre, et que l'on cultive au Jardin du roi à Paris, a un faciès très-différent des Coreopsis de son voisinage. Peut-être que les espèces ajoutées par Willdenow, telles que les Cosmos sutpliureus et Cosmos parviflorus, qui étaient des Coreopsis de Jacquin, se distinguent aussi, de ce dernier genre, par le port. Nous avons sous les yeux la figure du Cosmos chrysanthemifoliiis de Kuulh, dont l'aspect rappelle un peu celui du Cosmos bipinnatus, quoique la plante soit naine en comparaison de cette dernière. Les caractères assignés par les auteurs à ces deux genres, ne sont pourtant pas tranchés, car Willdenow et Persoon, tout en avertissant que la seule différence consiste dans la structure de l'involvure, n'expriment cette différence que par la distinction des folioles de celui-ci dans le Coreopsis, ou , en d'autres termes , que par son involucre absolument polyphylle. Kunth ne s'est pas cou-
tenté de ce caractère unique et si K-ger, il y a ajouté , pour le Cosmos, celui des barbes ou aigrettes à poils rebroussés. 11 a donné des descriptions extrêmement soignées de buil espèces, parmi lcs(|uelles se trouvent deux de celles anciennement connues, savoir : le Cosmos bipinnatus et le Cosmos pairiflonis. Ce sont des plantes herbacées, à brandies et à feuilles opposées, Irèsincisées et décomposées. Les Heurs sont terminales ou pédonculées , elles ont des rayons le plus souvent de couleur rose ou pourprée, ce en quoi les Cosmos diffèrent encore des Coreopsis où les rayons sont presque toujours jaunes. Elles sont exclusivement indigènes du Mexique et des vastes contrées du nord de l'Amérique méridionale. En parlant du Cosmos hipiimaliis, Kuntli assure que sa plante est bien identique avec celle cultivée, sous ce nom, au Jardin des plantes à Paris, et il observe qu'elle ne diffère du Cosmos bipinnatus de Cavanilles , que par ses akènes chauves. D'après cela , il serait tenté de réunir cette plante au Gcorgina ou Dahlia. La réalité' de ce rapprochement semble en effet justifiée et par le port et par les caractères. f^. Georgire.
COSMUS. BOT. K Cosmos.
COSSAC. MAM. /'. CORSAC.
COSSAUD ET COSSARDE.ois. Syn. vulg. de Buse commune, Falco bitteo, L. K. Fabcon.
COSSE. noT. Synonyme vulgaire de Légume.
COSSIGNIE. Cossignia ou Cossinia. dot. Genre de la famille des Sapindacées, et de l'Hexandrie Monogynie, L., établi par Commerson en l'honneur de Cossigny, auteur d'un Traité sur l'Indigoterie, et l'un des cultivateurs les plus zélés de l'Ile-de-France. Jussieu {Gênera Plantarum, p. 248) et Lamarck (Encycl. méth.) l'ont caractérisé de la manière suivante ; calice persistant, divisé profondément en cinq parties ovales, concaves et cotonneuses en dehors; quatre pétales, rarement cinq, onguiculés à la base; six étamines; ovaire supérieur, obtusément trigone, surmonté d'un style court et d'un stigmate entier; capsule ovée, cotonneuse, trigone, s'ouvrant par le sommet en trois loges à deux ou trois graines globuleuses et fixées à un réceptacle central. Les Cossignies sont des arbrisseaux à feuilles ternées ou pinnées, composées de cin(i folioles. Leurs fleurs sont axillaires, terminales et disposées en panicules. On ne connaît encore que les deux espèces primitivement rapportées par Commerson : l'une, Cossignia triphylla, Lamarck, qui se trouve au mont du Rempart de l'île Mascareignc; et l'autre, Cossignia pinnata, Lamk., que l'on rencontre à l'IIe-de-France. Cette dernière a été figurée par Lamk. (Illust., 1.250). COSSON. Cossomis. iivs. Genre de Coléoptères tétramères, établi parClairville dans la famille des Uhinchophores, et caractérisé ainsi qu'il suit : antennes insérées sur un avancement antérieur de la tête, en forme de trompe, coudées, n'ayant que neuf articles distincts, dont le dernier en massue ovoïde ou conique; corps étroit, allongé et presque cylindrique; jambes terminées par un fort onglet; tarses filiformes. Les Cossons, confondus d'abord avec les Charansons, sont très-voisins des Calandres, et se rapprochent encore davantage du genre Bulhifer qui a été créé à leurs dépens
par Megerle. Ce sont des Insectes petits, vivant sous les écorces des arbres, et dont les espèces sont encore peu nombreuses et très-peu connues.
Le CossoJt n^ÉAtRE, Cossomis linearis, Clairv. (Enlom. helv., t. i, p. 00, lab. t, fig. 12), figuré par Olivier (Entom., n" 83, pi. 35, fig. 534, a, h, c), peut être regardé comme le type du genre. On le trouve dans toute l'Europe. Le Cosson Lymexylo:», Cossomis Lymcxylon, figuré par Olivier (Ent., n° 83, pi. 35, f. 538). a été considéré par Megerle comme type de son genre Bulbifer.
COSSONIDES. Cossonides. iins. Nom donné par Schoonherr à un groupe de Curculionides Gonatocères mécorhynques, dont le genre Cosson est le type.
COSSU. OIS. Espèce du genre Souï-Manga, Certhia pulchella, Lath., Levaill., Ois. d'Afrique, pi. 293. K.
SOtï-MASCA.
COSSUS. MAM. Nom d'une race indienne de Chèvre.
COSSUS. Cossus. INS. Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille des Nocturnes, tribu des Bombycites, fondé par Fabricius. Caractères : palpes extérieures cylindriques, assez épaisses, couvertes d'écaillés ; antennes sétacées, de la longueur de la tête et du tronc, avec unesériededcnts courtes, transverses etobtuses. le long de leur côté intérieur; ailes en toit. Les Cossus ont quelques rapports avec les Bombyces dont la larve est très -différente, mais qui ne s'en distinguent guère à l'étal parfait que par les antennes; ils ressemblent beaucoup aux llépiales qui s'en éloignent aussi par les antennes. Enfin, ils ont les plus grands rapports avec le genre Zeuzère qui a été créé à leurs dépens, et c'est encore dans les antennes que se trouvent les caractères distinctifs. Les Cossus volent la nuit, et vivent très-peu de temps à l'état de Papillons. Ils déposent leurs œufs aux pieds de plusieurs espèces d'arbres. Leurs chenilles sont nues ou presque rases, lisses et peu variées en couleurs. Elles ont seize pattes. On les trouve dans le tronc des arbres qu'elles rongent profondément, à la manière des larves des Cajuicornes , et auxquels elles font le plus grand tort; elles filent une sorte de coque qu'elles composent avec des débris de bois, mêlés de terre, et elles subissent, dans son intérieur, leur métamorphose en nymphe. Celle-ci présente, au pourtour de chaque anneau, des petites dents ou épines qui leur servent, dit-on, a cheminer dans l'intérieur des galeries, et à se rapprocher de l'écorce de l'arbre afin d'en sortir facilement il l'époque de la dernière transformation. Cette observation ne pourrait s'accorder avec l'existence d'une coque qu'en supposant qu'elle n'est pour la nymphe qu'une demeure provisoire, et que celle-ci s'en échappe avant l'élat parfait.
Le Cossus Gate-Bois, Cossus Ligniperda de Fab., peut être considéré comme le type du genre ; il a été figuré sous le nom de Cossus, par Engramelle (Papill. d'Eur. pi. 189 et 100). H est commun dans toute l'Europe. Sa chenille est très- nuisible à l'agriculture; elle détruit un nombre prodigieux d'Ormes, et est tellement commune aux environs des villes, qu'il n'est guère d'arbres de cette espèce, Agé de plus de quinze ans, qui n'en soit attaqué, et que les plus vieux meurent ordinairement par suite de ses ravages. Ce mal est d'au-
lant plus redoutable qu'on ne connail aucun moyen efficace de préservation. On ne peut jusqu'à présent arrêter l'étendue des désastres, qu'en diminuant le nombre des Cossus au moyen des cbasses faites au moment oii ils viennent d'éelore et avant qu'ils aient eu le temps de s'accoupler ou de pondre. Cette chenille, si remarquable par ses dégâts, a fourni à Lyonnet le sujet d'un travail non moins admirable par son exécution que par la patience qu'il a exigée de la part de l'observateur. Elle a une odeur extrêmement désagréable, qui parait être due au liquide huileux, qui suinte de toutes les parties de son corps, et principalement de sa bouche. Cette particularité ne permet pas de supposer, avec Linné, que ce soit cette même larve dont parle Pline sous le nom de Cossus, et qui était pour les Romains un mets délicieux. Il parait très-probable que le Cossus des anciens appartenait au genre Lucane ou Capricorne.
On peut rapporter encore au genre dont il est question, et tel qu'il a été circonscrit par Latrcille, les Cossus terebra de Fabricius, litiuatus et nebulosns de Donavan, et le Phalœna stiix de Linné; ces trois dernières espèces sont fort grandes et exotiques.
COSSYPIiE. Cossxphus. iNS. Genre de Coléoptères hétéromères, famille des Taxicornes, établi par Olivier avec ces caractères : antennes terminées en une massue perfoliée; le dernier article des palpes maxillaires plus grand que les précédents, en forme de hache; corps ovale, Irès-plat, en forme de bouclier, débordé tout autour par le corselet et les élytres; prothorax presque en demi-cercle, cachant la tête. LesCossyphes, dont le caractère essentiel est d'avoir la tête entièrement recouverte par le corselet, présentent des antennes plus courtes que le prothorax, composées de onze articles dont les quatre derniers seulement sont en massue ; une lèvre supérieure cornée , arrondie, ciliée; des mandibules cornées, arquées, bifides; des mâchoires également bifides, avec la division interne, courte, presque cylindrique, el la division externe plus grande, renflée, terminée en pointe; enfin une lèvre inférieure cornée, légèrement échancrée, munie de palpes triarticulées ; lepremier article plus petit, lesdeux autres presque égaux. Olivier ne représente et ne décrit qu'une espèce, le Cossypbe déprimé, Cossxphus depressus, Lampxris dej/rcssa, Fabr. Cet Insecte se trouve dans les Indes -Orientales, en Barbarie et en Egypte.
On a décrit, sous le nom de Cossyphe d'Hoffmansegg, une seconde espèce, qui avait été regardée comme une variété de la précédente. On la trouve en Baibarie, dans l'île de Corse, en Espagne. Enfin on en connaît une troisième recueillie en Egypte par Savigny.
COSSYPHEURS. Cossxphoies. iNS. Famille de Coléoptères hétéromères, fondée par Latreille. f\ Taxicornes.
COSSYPHORES. IHS. F. Cosstpdeurs.
COSTA. BOT. Synonyme d'Opopanax. F. Panais.
COSTE. Costus. BOT. Genre de la famille des Balisiers de Jussieu ou Scitaminées de Brown, Monandrie Moiiogynie; caractères ; anthère double; filament placé en dehors de l'anthère, allongé, plan, ovale, lancéolé à son sommet; capsule triloculaire, s'ouvranl en dehors.
contenant un grand nombre de graines. A ces caractères essentiels nous ajouterons, pour faire mieux connaître le genre Costus, ceux qu'il partage plus ou moins avec les autres genres de la famille : le périanthe extérieur est trifide, bossu, l'intérieur tripétaloïde; nectaire auquel est adné le filament lancéolé; style filiforme; stigmate bilobé. Selon Roscoè (/oc. cîY.), les plantes de ce genre se distinguent des autres Scitaminées par leurs tiges inclinées ou spirales, fré(|uemment hérissées et quelquefois frutescentes. R. Brown {Prodr. Florœ-Novœ Hollandiœ, p. 308) ajoute encore un caractère qui fait distinguer, dit- il, les Costus même sans fructification: c'est la structure particulière de la gaîne qui, au dessus de l'insertion de la feuille, forme une sorte de réservoir (Ocrea).
On a décrit une quinzaine d'espèces de ce genre , parmi lesquelles figuraient autrefois plusieurs Alpinia de Jacquin. A l'exception du Costus speciosus, Smith, espèce fondamentale du genre et dont nous allons donner une description très-succincte, elles sont toutes indigènes des Antilles, de la Guiane, du Pérou el des autres contrées chaudes d'Amérique.
CosTE ÉLÉGANT. Costus speciosus, Siti. et Rose. Il pousse des tiges feuillécs , simples et hautes d'environ un mètre. Ses feuilles sont alternes, acuminées, trèsgrandes, vertes supérieurement, et couvertes de poils soyeux en dessous; l'épi est terminal, court, sessile, conoïde et imbriqué d'écaillés ovales et terminées en pointe. Les Heurs ne s'épanouissent que successivement ; leur périanthe soyeux, extérieurement blanc ou jaunâtre, est composé de trois pièces dont une fort grande et repliée en dehors. La racine de cette plante est blanche, rampante, noueuse, tendre et très fibreuse. C'est d'elle que Commelin cl Linné ont cru que provenait le Coste arabique, si vanté autrefois dans les préparations monstrueuses de la pharmacie. Mais est-il probable qu'une racine aussi peu odorante et aussi aqueuse que celle de cette plante, fût, même dans sa patrie, celle qu'on décrit comme d'un goût acre, amer et trèsaromalique; et, selon Lamarck, le Costus Ârabicus des anciens ne serait -il pas plutôt le Gingembre même? Le Costus speciosus croit à Java, Sumatra et dans les autres îles de la Sonde. Cette plante a été trèsbien figurée par Rhéede (Hoit. Malnb. vol. xi , t. 8) sous le nom de Tsajaiia Kua. Lamarck l'a reproduite, avec quelques modifications dans ses divers organes, sous celui à'Amomum hirsutum (lllusl. lab. 3), et lui a donné pour synonyme le Costus Aiabicus de Linné. Riais tout porte à croire que celui-ci avait en vue une toute autre plante, et, selon Rœmer et Schultes, ce serait une plante des Antilles, pour laquelle, d'après Willdenovv, Roscoê, etc., ils réservent le nom de Costusylrabicus; dénomination vicieuse, puisqu'elleinduit en erreur sur la patrie de l'espèce, et qui ne convienl pas même à la plante figurée par Rhéede, qui est exclusive à l'archipel Indien.
Coste peint. Costus pictus, Botanical regisl. 1. 1593. Cette espèce nouvelle a été découverte au lUexique, par Deppe, savant naturaliste de Berlin, qui en a adressé des graines aux horticulteurs de Londres, en 1832. Le Coste pointa la tige simple, dressée, haute d'un pied et
lao
demi, et de la grosseur du doigt; ses feuilles, portées sur un court pétiole, sont lancéolées, acuininées, poilues en dessus, glabres en dessous ; elles embrassent la lige par une gaine Irés-coiirle, membraneuse, légèrement ciliée, d'un gris roussàtre à son orifice ; les fleurs sont terminales et réunies en petit nombre, formant un épi ; les bractées sont ovalaires. mucronées, coriaces, imbriquées et vertes; les trois folioles extérieures du périanthe sont lancéolées, presque égales et jaunes ; le labelle est oblong, contourné, dilaté au sommet, trilobé, varié de jaune doré et de pourpre : les divisions extérieures sont arrondies, très-entières, l'intermédiaire est dentée, roulée et très-courte, le filament est ligule, pétaloïde; les loges de l'anthère sont oblongues, parallèles, adnées au milieu du filament; le style est grêle, comprimé, atténué inférieurement et caché entre les loges de l'anthère; le stigmate a la forme de deux lèvres plissées, bilobées, frangées, avec un appendice également bilobé ù sa base. La capsule est à trois loges remplies de semences arillées.
COSTOTOL. OIS. Espèce du genre Troupiale.
COSTUS. COT. f. COSTE.
COTA. BOT. ^. COTULE.
COTAN Cl' COTAU. MOLi. Syn. de yenus cxoleta, Lin. y. Cttuerëe.
COTE. zooi. r. Sqïelette.
COTE. GÊOL. y. MoMAC^iE.
COTÉE. OIS. Syn. ancien de Canard Morillon, et de Gallinule Poule d'eau.
COTELET. BOT. Syn. vulgaire de Citharexylon.
COTES. GÉOL. F. Mer.
COTETTE. BOT. Synonyme vulgaire de Cynosure.
COTEVET. OIS. Nom vulgaire de la Corbine, Coivus Coione, L. y. Corbeav.
COTUUKNIE. Colhiirnia. livres. Ehrenberg, dans sa nouvelle méthode de classer les Infusoires, a adopté ce genre qu'il place dans sa famille des Ophrydines, en lui assignant pour caractères : corps pédicellé, renfermé dans une gaine membraneuse, également pédicellée.
COTIA. MAM. Synonyme vulgaire d'Agouti.
COTLNGA. Jiiipelis. ois. Genre de l'ordre des Insectivores. Caractères ; bec médiocre, un peu déprimé, ' plus haut que large , trigone à sa base, comprimé ù l'extrémité, assez dur ; mandibule supérieure convexe, carénée, échancrée vers la pointe qui est courbée; l'inférieure un peu aplatie en dessous ; narines placées à la base et sur les cotés du bec, arrondies, à demi fermées par une membrane et couvertes par quelques soies; pieds médiocres; quatre doigts, trois devant, dont les deux extérieurs réunis jusqu'à la deuxième articulation,' un derrière , aussi long que l'extérieur ; ailes assez courtes; la première rémige moins longue que la deuxième qui surpasse toutes les autres. Ces Oiseaux dont le caractère sauvage, défiant et taciturne, ne répond ni au luxe ni à l'éclat de leur robe, n'ont encore été trouvés que dans les régions méridionales de l'Amérique ; ils y vivent solitaires et se tiennent de préférence dans les lieux humides et ombragés; les fruits savoureux et sucrés, quelques insectes forment leur nourriture. Leurs voyages courts et momentanés ne paraissent èlre déterminés que par le caprice et la gourmandise,
car leurs migrations ne se font point à des époques fi.xes, ainsi qu'on le voit chez presque tous les Oiseaux voyageurs. Les précautions que prennent les Colingas pour mettre leurs couvées hors de la portée de quelques Quadrupèdes grimpeurs, qui en sont très-friands, ont jusqu'ici dérobé aux regards de l'homme le berceau qui renferme la famille naissante de la plupart des espèces qui constituent ce genre; l'on ne saurait établir des généralités sur ce point, d'après quelques nids trouvés au hasard sur les arbres les plus élevés, et qui même ne sont que soupçonnés être ceux d'une espèce de ce genre ; il vaut mieux attendre que l'observation et le temps viennent confirmer des faits qui ne sont encore que des conjectures.
Le genre Cotinga, tel qu'il a été établi par Linné, et quoique peu nombreux, a fourni des types à plusieurs divisions génériques; Vieillot, à qui on n'adressera pas le reproche de n'avoir point assez multiplié les genres, a néanmoins laissé parmi ses Cotingas des espèces dont Temminck n'a pu s'empêcher de former un genre nouveau, qui avait aussi été indiqué par Desmarest. y. Avéraivo.
Cotinga BLA?ic. y. Avérano caroncule.
CuTiNGA BLEB. Avipelis Cotiiiga, Lath., BufF., pi. enl. 180. Ainpelis cœrulea, Vieill. Le plumage est d'un bleu azuré éclatant, à l'exception de la gorge, du cou et de la poitrine qui sont d'une belle couleur de pourpre, des rémiges et des rectrices qui sont noires, ainsi que le bec et les pieds. Taille, huit pouces six lignes. La femelle est d'un brun noirâtre, avec des reflets verdâtres aux parties inférieures; chaque plume est légèrement bordée de blanc ; elle a la gorge et les tectrices caudales inférieures rousses. Les jeunes ressemblent aux femelles; cependant leurs teintes sont plus sombres, et le liséré des plumes est roussâlre. Guiane.
Cotinga du Brésil. BufF., pi. enl. 188. Parties supérieures d'un bleu d'azur très-vif, les inférieures d'un violet pourpré, avec une bande bleue qui traverse la poitrine. C'est une variété du Cotinga bleu.
Cotinga caroncule, y. Avérano caroncule.
Cotinga de Cayenne. y. Cotinga Queireva.
Cotinga cendré, y. Coracine cendrée.
Cotinga a coqueluchon. Ampelis cucuUata, Temm. Ois. color. pi. 505. P roc nias metanocepliala, Swains. Plumage jaune; tète et cou noirs; une large bande dorsale brunâtre; rémiges et rectrices vertes; tectrices alaires d'un vert foncé, bordées de jaune; bec ardoisé; pieds bruns. Taille, huit pouces. Brésil.
Cotinga Cordon-Bleu. y. Cotinga du Brésil.
Cotinga cuivré. Ampelis cuprea , Merrem, /co». Av. pi. 2. Parties supérieures d'un olivâtre cuivreux; sommet de la télé rouge ; joues orangées ; plumes de la poitrine et du ventre d'un rouge sanguin, bordées de vert; bec jaune; pieds bruns. Taille, sept pouces. De Surinam. C'est probablement une variété du Cotiuga Ouette.
Cotinga doré. Ampelis aurata, Vieill. Parties supérieures pourprées; sommet de la tête, petites tectrices alaires, poitrine et flancs d'un jauue brillant; rectrices blanches. Pérou.
Cotinga a flancs roux. Ampelis Hypopyrra, Vieill.
Parties supérieures d'un gris foncé ; dos verdâ(re ainsi que le bord extérieur des rcctriees; les inférieures cendrées; tîancs, poignets, extrémité des petites lectrices alaires et des reclrices d'un roux orangé; bec et pieds noirs. Taille, sept pouces. Guiane.
COTIÎVGA A GORGE NUE. F. AyÉRAIVO A GORGE NEE.
Grand Cotinga. F. Coracine ponceao.
CoTiNGA GRIS. AmpcUs citierea. C'est le Cotinga Pacapac jeune.
Cotinga gris-pobrpré. C'est le Cotinga Pacapac prenant la livrée adulte.
Cotinga Gdereiva. F. Cotinga Qceireva.
Cotinga Guira-Panga. F. Avérano caroncdlé.
Cotinga des Maynas. Ampelis Maynana , Lalh., Lev., Bufr.,pl. enl. 229. Parties supérieures, poitrine et venlre couverts de plumes d'un violet pourpré, blanches à leur base, bleues à leur extrémité ; les plumes de la lète et du cou longues, étroites, brunes à leur base, puis d'un bleu éclatant; rémiges et rectrices brunes , bordées de bleu; gorge violette; bec brun; pieds noirs. Taille, sept pouces.
Cotinga Odette. Anipetis Carnifex , L. Ampelis coccinea, Edw. Buff. , pi. enlum. 578. Parties supérieures d'un rouge obscur, qui s'éclaircit vers le croupion et la queue; une sorte de huiipe d'un rouge vif, composée de plumes étroites et roides; extrémité des rectrices d'un rouge brun; tectrices alaires d'un brun roux, bordées de rouge; rémiges d'un brun rougeâtre; parties inférieures rouges, nuancées de brun; bec rougeâtre; pieds jaunâtres, garnis postérieurement d'un léger duvet. Taille, sept pouces. La femelle est privée de huppe, son plumage lire davantage sur le brun. Amérique méridionale.
Cotinga Pacapac. Ampelis Pompadora, L.,Bufï., pi. enl. 279; Ampelis Poiphyrio, Mus. de Paris; Ampelis Purpuiea, Licht. Parties supérieures d'un rouge pourpré foncé, avec la base des plumes blanche; rémiges el tectrices alaires inférieures blanches; grandes tectrices longues, étroites, roides, pointues, formant la gouttière, ayanl leurs barbes désunies; parties inférieures d'un pourpre plus clair, de même que la queue; bec d'un brun rougeâtre; pieds noirâtres. Taille, sept pouces six lignes. Les jeunes sont d'un gris cendré, plus clair sur les parties inférieures, les rémiges et les rectrices. On assure que les femelles ont un plumage mixte entre celui des jeunes et celui de l'adulte. De la Guiane.
Cotinga a plumes soyeuses. F. Cotinga des Maynas.
Cotinga PojiPADODR, et Cotinga pourpré. F. Cotinga Pacapac.
Cotinga Queireva. Ampelis Cayaiia, Lath., Buff., pi. enl. G24; Levaill., Ois. rares, pi. 27 , 28, 29 et 30. Parties supérieures d'un bleu changeant en vert, paraissant tachetées de noir par la couleur de la base des plumes, qui perce çà et là; tectrices alaires, rémiges et rectrices noires, frangées de bleu verdàtre; un plastron violet pourpré sur la gorge et le haut de la poitrine; parties inférieures un peu plus pâles que les supérieures; bec et pieds noirs. Taille, huit pouces. La femelle est un peu plus petite; en outre, elle a les parties supérieures d'un brun nuancé de vert, les tectrices alaires roussâtres, frangées de vert ainsi que les ré-
miges et les rectrices qui sont noires; les parties inférieures d'un brun cendré, nuancé de vert. Les jeunes ont les parties supérieures d'un brun plus ou moins foncé, avec chaque plume frangée de roux; les parties inférieures nuancées de roussâtre, dans un âge plus avancé. Ils ressemblent davantage à la femelle ; ils ne prennent leur beau plumage de noces qu'à l'âge de dix-huit mois. De l'Amérique méridionale.
Cotinga rouge de Cayenne. F. Cotinga Guette.
Cotinga tacheté. /^..Avérano caroncule, jeune.
COTINOS. BOT. Synonyme d'Olivier sauvage.
COTliMJS. BOT. Nom latin d'un Sumac.
COTlgUE BLANC, moll. Syn. vulgaire de Cyprœa Annulits.
COTOGNA ET COTOGNO. BOT. Syn. vulgaires de Coing et de Coignassier.
COTON. Gossypium. bot. F. Cotonnier.
COTON ARIA. BOT. Syn. iïAthaimsia mantima, t., Diotis, Desfontaines. F. ce mot.
COTONEA. BOT. Synonyme vulgaire de Coing.
COTONEASTER. Cotoneasfer. bot. Medicus a établi, aux dépens du genre Mcspiius, celui Coloiieaster, dont il a fait dériver le nom de X/j.oavio-j, Coing. Ce genre n'ayant point été adopté parla majorité des botanistes, est demeuré dans l'oubli jusqu'à ce qu'il eut été reproduit par le professeur Lindley, dans son excellente Monographie de la famille des Poraacées. Le genre Cotoneasler, tel qu'il a été réformé, présente pour caractères : des fleurs polygames, ayant le calice turbiné, à cin<i dents obtuses; la corolle formée de cinq pétales courts et dressés; les élamines incluses, plus longues que les trois styles qui sont glabres; le fruit consiste en trois akènes osseux, attachés aux parois du calice qui les recouvre. Ce genre se compose de cinq espèces qui sont des arbustes à feuilles simples, entières, lanugineuses à leur face inférieure, portant des fleurs axillaires ou en corymbes latéraux. Ces espèces sont ; 1" le Cotoneasfer viitgaris, ou Mespilus Cotoneaster , Willd., qui croît dans les Alpes de l'Europe et de la Sibérie; 2" le Cotoneaster tomentosa, Lindley, ou Mespilus tomentosa, Wilid., qui habite les Alpes du Tyrol ; 3» le Cotoneaster a/finis, Lindley, voisin du précédent, mais distinct par ses feuilles atténuées en pointe à leurs deux extrémités; 4" le Cotoneaster acuminata, Lindley ( Trans. Lin. Soc. xiii, t. 9, p. 101), qui a été découvert dans le Népaul par Wallicli; 5» le Cotoneaster laxifolia, qui a été découvert assez récemment dans les montagnes du Népaul par le docteur Ledebourg, qui en a envoyé des graines au professeur Jacquin à Vienne. C'est un bel arbuste , qui , chaque année, vers le mois de mai, se couvre d'une multitude de fleurs. Il s'élève à la hauteur de cinq ou six pieds; ses tiges, ainsi que leurs rameaux, sont recouverts dune écorce brunâtre, lisse et luisante. Les feuilles sont ovales ou elliptiques, et le plus souvent oblougues, entières, pétiolées, ncrvurées, d'un vert luisant assez intense, tirant un peu sur le glauque, surtout à la face inférieure, qui est d'un vert blanchâtre et duveteuse , longues de deux pouces et larges de dix lignes; le pétiole est court, presque demi-cylindrique. Les fleurs sont réunies en panicules latérales et pendantes au sommet de petits rameaux ;
chacune d'elles est portée sur un pédicellc grclc cl flexible; cUessonl polygames; le calice est de la fiiandeurde plus de la moitié de la Heur, d'un vert paie, qui se nuance de pourpre vif, turbiné, partagé au sommet en cinq dents obtuses. La corolle est formée de cinq pétales arrondis, concaves et blanchâtres. Les élamines sont nombreuses, incluses, à filaments capillaires, terminés par des anthères biloculaircs. jaunes et dépassant les styles, qui sont an nombre de trois, glabres, couronnés d'un pareil nombre de stigmates. Le fruit consiste en trois akiMies osseux, allachés aux parois du calice qui les recouvre. Cet arbuste n'exige aucun soin particulier, et se plaît également dans tous les sols. On le propage facilement de boutures.
COTONliUM. POLVP. Pallas a donné le nom spécifique de Culoiieum àV.Ilcyoriiutn pyramidale àe Bniguière, différent der^//r/on Cydoninm de Linné, que des auteurs ont confondu avec le Polypier décrit par Pallas.
COTONNIER. Gossypium. bot. Genre de la famille des Malvacécs, et de la Monadelphie Polyandrie. Caractères : calice double : l'extérieur à trois divisions larges, profondes et frangées; l'intérieur, beaucoup plus petit, en forme de soucoupe presque plane, ayant son bord sinueux et obscurément lobé. Corolle composée de cinq pétales dressés, se recouvrant par leurs parties latérales, et soudés entre eux ù leur base par le moyen de la substance des lîlets staminaux. Élamines fort nombreuses; filets soudés, nionadelphes, et formant un tube cylindrique, plus ou moins allongé, mais généralement plus court que la corolle. AnLhéres cordiformes. Ovaire simple, globuleux, acuminé, se terminant par un style simple, un peu épaissi à son sommet, offrant de trois à cinq sillons qui semblent annoncer qu'il se compose de cinq styles intimement soudés. Le nombre des stigmates varie de trois à cinq, et se trouve en rapport avec celui des sillons du style et des loges de l'ovaire. En effet, quand on coupe celui-ci transversalement, il présente de trois à cinq loges contenant chacune plusieursovules. Le fruit est une capsule ovoïde, à trois ou cinq sillons longitudinaux , accompagnée à sa base par le calice , offrant de trois à cinq loges qui contiennent chacune de trois à huit graines recouvertes de la substance nommée Colon. Celte capsule s'ouvre en aillant de valves qu'il y a de loges. Les Cotonniers sont des arbustes plus ou moins élevés, généralement parsemés de glandes. Leurs feuilles sont alternes, péliolées, divisées en lobes digités plus ou moins profonds, et accompagnées à leur base de deux stipules. Les fleurs sont grandes, purpurines ou jaunâtres, solitaires à l'aisselle des feuilles supérieures, et portées sur des pédoncules plus ou moins longs.
L'histoire botanique des Cotonniers est loin d'être éclaircie dans tous ses points. La même remarque peut également être faite pour la plupart des végétaux utiles, qui sont l'objet d'une culture étendue et soignée. En effet, quelques auteurs doutent encore de l'existence des Cotonniers en Amérique, avant l'arrivée des Européens. Néanmoins tout porle à croire que les habitants du nouvel hémisphère possédaient ce précieux végétal, mais qu'ils ignoraient tous les avantages qu'on peut
en relirer. Il parait donc prouvé que les Cotonniers sont tout à la fois originaires de l'ancien et du nouveau continent. La détermination des espèces de ce genre est le point le plus difficile de son hi.sloire. Comment en effet pouvoir nettement reconnaître les modificalions de forme et de structure, que plusieurs siècles d'une culture assidue ont dû apporter aux espèces primitives de ce genre, lorsque nous songeons au nombre infini de variétés que la culture a produites dans les genres Pommier, Poirier. Pêcher, etc.? Parquets caractères peut-on parvenir à distinguer nettement parmi les Cotonniers, ce que l'on doit regarder comme espèce, ou ce qu'il ne faut considérer que comme de simples variétés? Cependant cette dislinction des espèces est très-importante, puisque les unes, par exemple, fructifient deux fois par année, les autres une fois seulement; celles-ci donnent un Coton dont les fils sont longs, fins et d'une blancheur éclatante; celles-là n'en fournissent qu'un d'une médiocre qualité; quelquesunes produisent de huit à dix onces de Coton par pied, tandis que d'autres en donnent à peine une once. De quelleimportance n'est-il donc pas pour le planteur, pour le négociant, de pouvoir reconnaître, par des caractères certains, les variétés qui méritent la préférence? Mais c'est ici que gît la difficulté. Quels sont les organes d'après lesquels devront être pris les caractères? Les feuilles varient dans leur figure, dans le nombre de leurs lobes, non-seulement chez les individus d'une même espèce, mais encore d'une même variété; la grandeur et la couleur des Beurs ne sont pas li.xcs. Il en est de même des stipules et des glandes qui ont tour à tour été considérées comme fournissant les caractères les plus constants. Rohr, qui a résidé pendant un grand nombre d'années à Sainte Croix, l'une des Antilles, où il a cultivé avec un soin extrême les diverses espèces de Cotonniers, et auquel on doit le meilleur traité sur la culture de ce végétal , a reconnu l'insuffisance des caractères tirés des organes de la végétation. One longue expérience et une étude approfondie lui ont appris que les graines seules fournissaient, dans leur forme et les diverses modifications qu'elles peuvent présenter, les vrais caractères distinctifs des espèces. 11 est donc arrivé, par ce procédé, à établir les différences caractéristiques, qui existent entre elles. Malheureusement il est à regretter que Rohr, qui était très-versé dans la botanique, n'ait pas cherché à distinguer scientifiquement les espèces qu'il a établies, et qu'il ne leur ait donné que des noms vulgaires, sans les rapporter aux espèces déjà connues et établies par les botanistes ; en sorte qu'aujourd'hui l'on ne peut déterminer exactement si les trente variétés qu'il a reconnues et qu'il considère comme des espèces distinctes, doivent être rapportées à une ou à plusieurs espèces établies précédemment. Ce point mérite cependant toute l'attention des naturalistes , et il serait important de l'éclaircir. Pour cela il faudrait posséder des échantillons des diverses sortes de Cotonniers cultivées en Amérique et en Asie, pouvoir les étudier comparativement dans tous leurs organes , eu suivre le développement depuis la germination jusqu'à l'époque de leur fructification. Par ce procédé, on parviendrait enfin à connaître ce qui, dans
cor
ce genre, doit êlre considéré comme espèce, ou ce qui conslifue de simples variétés, et surtout on ferait concorder ensemble les dénominations vulgaires avec les noms systématiques. Ce travail a déjà été fait pour les Orangers et pour une foule d'autres arbres fruitiers. Les Cotonniers, plus qu'eux tous, méritent la jjréférence par leur imporlance dans l'économie domestique, le commerce et lesarls manufacturiers.
iVous allons d'abord faire connaître les espèces principales de ce genre, telles qu'elles ont élé établies par les naturalistes; nous indiquerons ensuile les variétés cultivées eu Amérique, et les noms vulgaires sous lesquels on les connaîl; nous terminerons cet article par exposer en peu de mois les procédés divers, suivis pour la cuUure des Cotonniers.
Linné n'a décrit que quatre espèces du genre qui nous occupe, et leur a donné les noms de Gossypium lieibaceum , Gossypium Barbadense , Gossypium arhoreum , Gossypium hirsutum. Dans l'Encyclopédie méthodique, Lamarck en fait connaître huit, savoir les quatre décrites par Linné et quatre autres qu'il nomme Gossypium iiuUcum, Gossypium citifolinm , Gossypium tricuspidatum et Gossypium glahnim. Cavanilles, dans sa sixième Dissertation sur les plantes Monadelphes, décrit et figure les diverses espèces publiées par ses prédécesseurs, et en fait connaître deux nouvelles qu'il appelle Gossypium micianthum et Gossypium Peruviannvi. De plus il réunit ens'emble les Gossypium vitifolium et Gossypium glabrum de Lamarck. Le Gossypium rubrum de Forskalh parait êlre une simple variété du Cotonnier en arbre. Enfin Desfontaines , Poiret et Rœusch ont chacun décrit une espèce nouvelle, sous les noms de Gossypium purptirascens, Desf., Gossypium racemosum, Poir., et Gossypium glandulosum, Rœusch. En réunissant ces diverses publications, on voit que le nombre des espèces de Cotonniers est d'environ douze à treize. C'est à ces espèces, dont quelques-unes ne sont probablement que de simples variétés, qu'il faut rapporter toutes les sortes de Cotonniers, cultivées dans les différentes parties du monde.
Cotonnier herbacé. Gossypium herbaceum , L., Cavanilles, Diss. C, t. 104, f. 2. Celle espèce est fort variable dans son port. C'est quelquefois une plante herbacée, annuelle , s'élevant à peine à une hauteuF de dix-huit à vingt pouces; tandis que d'autres fois elle forme un arbuste de quatre à six pieds d'élévation, dont la lige est ligneuse et vivace à sa partie inférieure. Le nom de Cotonnier herbacé est donc fort impropre. Delile en a formé deux variétés auxquelles il a donné les noms de Cotounier herbacé, annuel, et de Cotonnier herbacé, frutescent. Les rameaux sont cylindriques, d'un brun rougeâtre inférieurement, velus et parsemés de petits points glanduleux et brunâtres. Les feuilles sont alternes, longuement pétiolées, vertes, molles, pubescentes, divisées en cinq lobes inégaux, assez courts, entiers, obtus et brusquement acuminés. On remarque sur leur nervure médiane, une glande verdâlre. située près de la base de la feuille. Les deux stipules sont lancéolées , étroites et entières. Les fleurs naissent àl'aisselle des feuilles supérieures, et sont por-
tées sur des pédoncules solitaires. Les divisions de leur calicule ou calice extérieur sont larges , terminées en pointe très-allongée et déchiquetées profondément sur leurs bords; la corolle est jaune; chaque pétale est marqué d'unelache pourpre à la base de la face interne; par sa forme et sa grandeur, elle ressemble beaucoup à la Kelmie des jardins {Hibiscus syriacus, Linné). Les capsules sont ovoïdes, acuminées au sommet, enveloppées dans le calice, ordinairement à trois loges s'ouvrant en trois valves, terminées par une pointe brusque au sommet, portant une cloison sur le milieu de leur face interne. Ce Cotonnier croît en Egypte , en Syrie, en Arabie, dans quelques lies de l'Archipel et dans l'Inde. On le cultive en Sicile et à Malte; c'est également avec cette espèce que l'on a tenté des essais en Italie et dans le midi de la France. Elle se distingue surtout par les lobes de ses feuilles qui sont courts, arrondis et terminés par une pointe brusque , et par la glande qui existe à leur base.
Cotonnier arborescent. Gossypium arhoreum, L., Cavan., toc. cit., t. 103. Il constitue un arbrisseau qui peut s'élever jusqu'à la hauteur de quinze à vingt pieds. Sa tige est tout à fait ligneuse dans sa partie inférieure ; ses rameaux, cylindriques, sont glabres, excepté dans leur partie supérieure où ils sont pubescents. Les feuilles, portées sur de longs pétioles velus, sont divisées en cinq lobes digités, profonds, lancéolés, terminés par une petite pointe sétiforme; à la base des pétioles existent deux stipules subulées. Les fleurs sont pédonculées, axillaireset solitaires, tout à fait purpurines; les trois divisions de leur calicule sont quelquefois entières, plus rarement un peu denliculées; les capsules sont ovoïdes, acuminées, à trois ou quatre loges et à autant de valves; on trouve dans chaque loge trois ou quatre graines recouvertes d'un colon d'une excellente qualité. Cet arbrisseau croît dans l'Inde, l'Arabie et l'Egypte. Il a été transporté aux Canaries et en Amérique où on le cultive depuis fort longtemps.
Cotonnier de l'Inde. Gossypium Indicum , Lamk., Enc. T. II, p. 154, Cavan., loc. cit., t. 169. Cette espèce paraît tenir le milieu entre les deux précédentes. Sa lige, ligneuse inférieurement, est élevée de dix à douze pieds et persiste pendant plusieurs années; ses rameaux sont velus et même presque laineux à leur partie supérieure; ils portent des feuilles alternes, pétiolées, généralement petites , à trois ou cinq lobes allongés, aigus , et non arrondis et acuminés comme dans le Cotonnier herbacé. Leur face inférieure est pubescenle, et, selon Cavanilles, porte une glande sur la nervure médiane. Lamarck, au contraire, dit qu'elles en sont dépourvues. Les fleurs sont généralement jaunes, avec une tache pourpre à la base de chaque pélale ; quelquefois elles sont entièrement rouges comme dans le Cotonnier arborescent. Les divisions du calicule sont généralement entières. Les capsules sont ovoïdes, allongées, à quatre loges et à quatre valves.
Cotonnier VELti. Gossypium hirsutum, L., Cavan., loc. cit., t. 107. L'Amérique méridionale est la patrie de ce Cotonnier, qui se distingue des autres espèces par sa tige herbacée, annuelle ou bisannuelle, cylindrique , rameuse , velue ainsi que les pétioles qui sou-
tiennent des feuilles larges, molles, luibescenles des deux cotés, divisées en cinti lobes peu profonds, acuminés à leur sommet, inégaux, celui du milieu étant manifestement plus grand que les autres. Une glande est placée sur la nervure médiane de chaque feuille. Les stipules sont lancéolées. Les 0eurs sont jaunes et solitaires. Les divisions du calicule sont entières ou trifides ù leur sommet.
COTOSNIER K FEUILLES DE VIGNE. GOSSypiUlll vitifo-
liiim, Lamk. , loc. cit., Cavan., loc. cit., t. 1G6. Cet arbuste porte des feuilles grandes , découpées en cinq lobes profonds. (Les feuilles de la partie supérieure des rameauxn'en présentent que trois). Ces lobes sont ovales, lancéolés, Irèsaigus, glabres en dessus, légèrement pubescents à leur face inférieure, et portant chacun une glande sur leur nervure médiane, très-près de leur base. Les deux stipules sont très-longues et étroites. A l';iisselle des feuilles supérieures naissent les fleurs qui sont grandes, pédouculées , solitaires, jaunes, avec une tache rouge à la base interne de chaque pétale. Les découpures du calicule sont très-grandes, profondément laciniées. Le calice est court et à cinq dents. La capsule est ovoïde, à trois loges qui contiennent chacune de six ù dix graines noirâtres. On trouve ce Cotonnier dans les Indes. On le cultive à l'Ile-de-France où Commcrson Ta observé. Selon lui, il existe en dehors et à la base du calicule el du calice trois grosses glandes. Le nombre des stigmates et celui des loges de la capsule varient de trois à cinq.
Cotonnier a trois pointes. Gossypium tricuspidatum, Lamk., Cavan., loc. cit., t. 1C4, fig. 1; Gossypium relirjiosum, L. L'un des caractères les plus mar- ((ués de cette espèce consiste dans son style extrêmement long et qui , même avant l'épanouissement de la fleur, est saillant au-dessus de la corolle. Lamarck avait déjà remarqué que son Cotonnier à trois pointes n'était probablement pas différent du Cotonnier religieux de Linné. C'est un petit arbuste de trois à quatre pieds d'élévation , dont la tige est dressée , cylindrique , rougeàtre et poilue; dont les feuilles sont pétiolées , glabres, tantôt enlières, tantôt et plus fréquemment, partagées en trois ou cinq lobes peu profonds ; une seule glande est placée sur la nervure moyenne de chaque feuille. Les Heurs axiUaires, solitaires et pédonculées, sont d'abord blanchâtres , puis roses el enfin rouges. Les lanières du calicule sont velues et laciniées. Le style est saillant au-dessus de la corolle. La capsule est ovoïde, acuminée , à trois loges et à trois valves. On ne connaît pas positivement la patrie de ce Cotonnier. Lamarck le croit originaire des contrées les plus chaudes de l'Amérique, et Cavanilles prétend qu'il vient du cap de Bonne-Espérance. On le cultive dans diverses contrées, à rUe-de-France par exemple. 11 paraît qu'il offre deux variétés principales. Dans l'une, le coton est d'une blancheur éclatante; dans l'autre, il est d'une couleur rousse.
Ici doit se borner, pour nous, la description des principales espèces de ce genre, atiu de pouvoir nous occuper des variétés qui sont l'objet d'une grande culture. On ne liossède sur ce sujet important que les notions transmises par Uohr dans son excellent ouvrage : encore n'a-t-il
parlé (lue des variétés cullivées à Sainlc-Croix, dans les autres Antilles et ù la Guiane française. Mais on n'a rien de positif sur celles des autres parties de l'Amérique, ni sur celles des Indes. A chaque pas de l'histoire du Cotonnier, on sent le besoin d'une monographie de ce genre, faite par un homme qui, à des connaissances botaniques, joigne des notions sur la culture et le commerce de ce précieux végétal, dans le nouveau ainsi que dans l'ancien continent. C'est d'après les diverses modifications des graines que, selon Rohr, on peut reconnaître les nombreuses variétés de Cotonniers cultivées. Cet habile observateur en a établi trente-quatre, qu'il range en quatre sections. On pourrait aussi diviser ces variétés en deux groupes, suivant qu'elles donnent une ou deux et même plusieurs récoitcs dans l'année. Cette distinction est même de la plus haute importance pour décider le choix du planteur qui, toutes choses égales d'ailleurs, devra préférer les variétés qui donnent deux récoltes, si ces variétés viennent également bien dans le terrain qu'il cultive. Il y a encore une distinction à faire entre les variétés, suivant que le Coton qu'ils produibcnl est blanc, ce qui a lieu pour la plupart, et suivant qu'il est fauve ou roussàlre, comme dans le Coton de Siam et plusieurs autres. Il est à remar(|uer que les variétés ou espèces (|ui donnent deux ou même plusieurs récoltes dans une année, joignent à cet avantage celui de fournir en général un Coton de qualité plus belle et plus estimée. Telles sont, par exemple, les variétés désignées sous les noms de Sorel rouge. Cotonnier indien, Cotonnier de la Guiane ou de Cayenne, Cotonnier de Siam couronné brun. Cotonnier de Siam blanc. Cotonnier de Saint-Domingue couronné, etc. Mais à laquelle des espèces précédemment décrites faut-il rapporter ces variétés? Il n'y a rien de certain à cet égard. Voici sommairement les caractères des variétés reconnues par Rohr.
A. Cotons dont tes graines sont rudes et noires.
Colon nu ou sauvage. —Nullement estimé. H produit à peine deux gros de Coton épluché par plante.
Coton à petits flocons. — Peu estimé, peu cultivé. Sa graine porte seulement quelques fils en haut, des deux côtés de sa suture.
Coton couronné vert ou Coton fin de la Martinique.— Ainsi nommé parce que le duvet qui se trouve sur la pointe delà graine fraîche est vert. Ses lils sont trèsfins' estimés et très-blancs. Il s'élève à trois pieds environ, s'étend peu. Sa récolte est facile et donne environ deux onces et demie de Coton net par pied.
Sorcl vert. — La pointe de la graine est garnie de quelques fils clair -semés, plus courts que la pointe, s'étcndant un peu le long de la suture. Bonne variété donnant à peu près quatre onces de Coton net par récolte.
Sorel rouge. — On le confond généralement aux Antilles avec le précédent, dont il diffère par la teinte rouge, répandue sur ses liges et ses feuilles. 11 donne deux récoltes par an, el fournit de sept ù huit onces d'un Coton très-fin el très-blanc. C'est une des variétés les plus estimées. 11 réussit mieux dans les terrains secs et sablonneux.
Coton à barbe pointue. — La graine est longue et très-
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