‹ Dictionnaire classique des sciences naturellesChapitre 32 sur 65 · DICT. DES · texte numérisé non relu

DICT. DES

lEDCES NAT.

par des lavages, on l'a dégagée de toutes parties hétérogènes, elle donne ce que l'on appelle vulgairement le Blanc d'Espagne, qui fait la base de toute peinture en détrempe.

On confond souvent la Craie avec des substances fort différentes, et l'on en étend généralement le nom à beaucoup de Calcaires différents. Il est probable que le Ciela des anciens, qu'on a regardé comme identique, n'était qu'une Argile propre à faire de la poterie ; ils dislinguaient le FuUonia employé pour le dégraissage des draps et V Argentaria avec laquelle on- marquait en blanc. Il est au reste facile de ne pas reconnaître la Craie quand on n'en étudie que des échantillons isolés ; mais si on l'examine répandue en grandes masses dans la nature, toute incertitude disparaît, et ses caractères géologiques ne permettent plus de la méconnaître ; elle avait été, jusqu'à ces derniers temps, considérée comme une roche de formation récente, peu distincte, et ne jouant, dans la stiucture du globe, qu'un rôle secondaire. 11 résulte de cette fausse opinion qu'on lui a donné des caractères incertains , tant minéralogiques qiie géognostiques, et qu'on applique souvent son nom à des Marnes calcaires, blanches et tendres, qui ne sont de la Craie ni ininéralogiquement , ni géognostiquement.

La Craie se présente en immenses dépôts, formant le sol de provinces entières. Ces dépôts ne présentent aucune assise continue ou régulière, appartenant à la masse même , c'est-à-dire qu'on ne voit aucune couche nettement séparée dans leur substance, et qui indique la moindre stratification. Partout ces masses paraissent être le résultat d'un immense délayement ; et quand des couches siliceuses s'y sont présentées, on explique la formation de celles-ci par un mécanisme particulier, dont l'effet est extrêmement moderne comparativement à la formation de la Craie.

Une grande partie de la Belgique et du nord de la France est de formation crayeuse. Dans le bassin de Paris, fond d'un golfe imlnense, cette Craie forme des collines entières et des monticules qui durent être des îles ou desécueils. dont les côtes antiques étaient hérissées. Les plaines arides de la Champagne Pouilleuse en sont formées; les côles du Nord et celles de l'Angleterre, qui leur correspondent, en empruntejit cette éblouissante blancheur qui leur valut le nom d'Albion. La Gallicie, partie autrichienne de la Pologne, d'autres vastes pays de l'Europe, des cantons de l'Afrique, et probablement beaucoup d'autres régions du globe, sont de formation crayeuse. Dans tous ces gisements, la Craie paraît reposer sur des couches d'Argile ; elle est d'autant moins pure, que ses bancs sont plus profonds, et les Fossiles qu'on y rencontre sont de nature fort différente de celle des Fossiles qui abondent dans les couches supérieures; le Silex s'y dépose par bancs ou assises plus régulièrement qu'ailleurs oil on n'en trouve (|ue par rognons ; enfin on n'a jamais reconnu au-dessous la moindre trace de terrains d'eau douce.

CRAIE DE BRIANÇON. MIN. K. Talc.

CRAIN. Mm. Nom donné parles mineurs, aux fissures qui séparent les couches de minerais lorsqu'elles sont très-fortement inclinées et même perpendiculaires aux couches de stratification, r. Filons et Failles.

CRAITONITE 00 CRICHTONITE. sii:^. Fer oxidulé lilané, UaUy. Espùce élablie par de Bniinion , et ainsi ilénommée en riioiiiieiir de son ami le docleur Crichlon. Sa forme piiniilive est un rhomboïde très-aigu, dont l'angle plan an sommet est de dix-huit degrés, et cpii se divise dans le sens perpendiculaire ii son axe. La couleur de ses cristaux est le noir de Fer, joint à un éclat très-vif; celle de la poussière est le noir foncé. Elle laye la Chaux fluatée et non le Verre; sa cassure est fonchoïde et éclatante; elle est sans action sur l'aiguille aimantée ; au chalumeau elle est infusible et inaltérable, lorsqu'elle est seule, elle se comporte avec les tlux comme TOxiduIe de Fer pur. Les formes sous lcs(|uelles la Crailonitc se présente le plus ordinairement sont des rhomboïdes aigus ou obtus, dont les sommets sont remplacés très-profondément par deux faces perpendiculaires à l'axe; on en connaît aussi une variété lamelliforme. Ce Minéral se trouve dans le département de l'Isère, sur le même Feldspath qui sert de gangue aux Cristaux d'Anatase.

CRARI. BOT. Même chose que Cran.

CRAMBE. Crambus. ins. Genre de Lépidoptères, famille des Nocturnes, établi par Fabricius. Caractères : quatre palpes; les antérieures plus courtes, |)lus épaisses ù leur extrémité et tronquées obliquement; les postérieures avancées, comprimées, conniventes; antennes sétacées. Latreille, prenant en considération le port des ailes qui, tantôt forment un triangle aplati et allongé, et tantôt sont roulées autour du corps à la manière de plusieurs teignes, a dispersé les espèces qui ofïrent le premier de ces deux arrangements, dans les genres Agiosse, Botis, Ilerminie, et il a restreint le genre Cranilms, de Fabricius, à celles qui présentent pour caractères; palpes inférieures grandes, avancées; ailes roulées autour du corps, et lui donnant une forme presque cylindrique. Ainsi restreint, ce genre comprend plusieurs espèces européennes , figurées par llubner, et dont les plus remarquables sont le Cbamue i)tîs PRÉS, Cminbus pratensis ; le Crambe des pi^s, Crambus Pincli; le Cramde argenté, Crambus argenleus. On trouve ces Lépidoptères dans les pàtulages secs, sur les plantes. Le Cramde incarnat, Crambus carneiis , et.i\ueU\ues autres espèces, pourraient, suivant Latreille, former un sous-genre propre.

CRAMBE. Crambe. bot. Genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliculeuse, L., établi par Tournefort qui l'a ainsi caractérisé : calice étalé, égal a sa base; pétales éfjaux et entiers ; filets des étamines tiès-longs, munis d'une dent située près de leur sommet et latéralement ; ovaire ovoïde; style nul ou très-court; stigmate capité ; silicule coriace, à deux articulations ; chaque article indéhiscent et uniloculaire; l'inférieur stérile et faisant fonction de pédicelle, le supérieur monosperme et globuleux. Le cordon ombilical s'élève de la base de la loge, se recourbe vers son sommet , et suspend une semence sphérique, dont les cotylédons sont épais, presque foliacés, profondément émarginés l'tcondupliqués, c'est-à-dire plies longitudinalcmcnt de manière à cacher la radicule dans Icurplicalure. Cette disposition des cotylédons, jointe à la structure du l'ruit, a fait placer les Crambes, par De CandoUe, dans

sa seizième tribu qu'il nomme Rapuanées ou Ortlioplocées Lomentacées.

Ce genre, un des plus naturels entre les Crucifères, et des plus faciles ù distinguer, se compose de plantes herbacées ou sous-frulescenles. Elles ont des feuilles caulinaires, alternes, pétiolées, dentées ou incisées, pinnatifides ou lyrées. Leurs Beurs sont blanches, portéessurdes pédicellesdroits, filiformes cl sans bractées; elles sont très -nombreuses, et forment des grappes allongées disposées en panicules très-làches.

Treize espèces sont maintenant décrites par De CandoUe (loc. cit.); il les a distribuées en trois sections auxquelles il a donné les noms de Sarcocrambe, Leptocrambe et Dentirocrambc. La première de ces sections contient à elle seule les deux tiers des espèces; elle renferme le Crambe viarilima, L. , dont nous allons donner une description succincte; en général, les plantes de ce genre habitent la région méditerranéenne, depuis les îles Canaries jusqu'en Orient, et principalement en Perse. Le Crambe maritima fait seul exception à cette spécialité de distribution géographique. On le trouve aussi sur les côtes des mers de l'Europe boréale. 11 a une racine épaisse dont le collet porte plusieurs tiges hautes de près d'un mètre, trèsrameuses, lisses, glauques et charnues. Ses feuilles inférieures sont péliolées, oblongues ou presque arrondies, ondulées, sinuées et dentées; les supérieures sont presque linéaires, aigués et entières. Cette plante, connue vulgairement sous le nom de Chou de Mer, est maintenant cultivée dans les jardins potagers. Goodenough a donné un procédé pour rendre plus tendres et plus agréables ses lurions ou premières tiges naissant du collet delà racine. 11 consiste à les faire étioler, en les abritant de la lumière solaire au moyen de vases cylindriques per.cés au sommet. Ils deviennent alors tendres et charnus; on les fait cuire à la manière des Asperges, et leur saveur est à peu près celle des Choux- Fleurs.

CRAMBION. BOT. F. EipnORBE.

CRAMBITES. Crambites. ins. Famille de l'ordre des Lépidoptères, établie par Latreille avec ce caractère : quatre palpes apparentes. Cette famille, qui comprenait les genres Botys, Agiosse, Gallerie, Crambe et Alucite, a été réunie (Règn. Anim. de Cuv.) à celle des Nocturnes, et fait partie de la quatrième et de la septième tribu.

CRAMBUS. INS. r. Crambe.

CUAMERIA. BOT. F. Kramerie.

CRAMPE. POIS. Synonyme vulgaire de Torpille.

CRAMPIRE ET CROMPIRE. bot. Noms vulg. de la Pomme de terre, Solanum tubcrosum, L. ^. Morelle.

CRAMPONS. Fulcra. bot. On appelle ainsi des organes particuliers, qui servent ù fixer certains végétaux, comme les Fucus sur les rochers, le Lierre sur les arbres, mais qui n'y puisent jamais de nourriture comme les racines, et qui ne sont jamais roulés en spirale comme les vrilles.

CRAN DE BRETAGNE, bot. On l'écrit aussi Cram. Noms vulgaires du Cochlearia Armoracia, Linné, Armoracia rustica, Baumg. y. Armoracia et Cocrlearia.

CRAN ET CRON. mm. Syn. de Craie et de Falhun.

CRANBERRY. bot. Nom vulgaire des fruits du Myrtille des Alpes, yaccinium mxitiUus.

CRANCIIIE. Cranchia. mou. Leach a divisé les Céplialopodes Décapodes en deux familles, les Sépiolidécs elles Sépiacés; dans les Sépiolidées il propose deux nouveaux genres : Sépiole et Crancliie. Ce dernier, qu'il dédie à Cranch, voyageur-naturalisle anglais, est caractérisé de la manière suivante : nageoires terminales, rapprochées et libres à leur sommet; les pieds ordinaires inégaux; la paire supérieure très-courte; la deuxième et la troisième graduellement plus longues; le cou réuni au sac postérieurement et de chaque côté, par des brides épaisses. On en connaît deux espèces; elles viennent des mers de l'Afrique occidentale; ce sont : 1» Cranchie rode, Cranchia scabia, Leach. Journ. dePhys.,niai 1818, p. 595, et juin 1818, tîg. G. Le sac est couvert de petits tubercules. 2° Cranchie TACHETÉ, Cranchia maculata, Leach, loc. cit., fig.5. Celle-ci aie sac lisse, maculé de taches ovales ou rondes.

CRANDANG. bot. Synonyme de Limon à Java.

CRANE. zooL. Ce mot, dans son acception la plus restreinte, signifie seulement la boite osseuse de l'encéphale; mais comme la face est immédiatement continue au Crâne, comme tous les os antérieurs du Crâne font partie de la face, et comme tous les os de la face, sans exception, s'articulent avec ceux du Crâne, même dans plusieurs genres de Mammifères, par exemple, les intermaxillaires dans l'Aie-Aie, les Cachalots; comme enfin le mot Crâne en zoologie s'entend de la totalité de la charpente osseuse de la tête, c'est dans toute l'extension de ce dernier sens qu'il en sera traité ici.

Le Crâne proprement dit, renferme les organes encéphaliques ou cérébraux et l'organe de l'ouïe ; la face est le siège des organes de la vue, de l'odorat et du goût , et dans tous les animaux pourvus de muHe, de l'organe spécial du toucher. Plus les organes des sens sont développés, plus la proportion de la face au Crâne grandit; et plus les organes cérébraux se développent, plus la proportion du Crâne à la face augmente. Comme le volume des organes cérébraux avait été pris pour mesure de l'intelligence, attendu qu'en général, dans les Mammifères et les Oiseaux, l'amplitude de la capacité du Crâne représente le volume de l'encéphale, on avait pris le rapport que l'aire de la capacité du Crâne ofîre avec l'aire de la face, pour mesure proportionnelle de l'intelligence des animaux. C'est Cuvier qui avait proposé cette dernière mesure. En général, le Crâne et la face se balancent ainsi par la réciprocité de leurs développements; mais ce n'est pas une règle absolue. Ainsi chez plusieurs Phoques et Dauphins, le Crâne et le cerveau, proportions gardées, sont presque aussi développés que chez l'homme, et cependant la face n'y en a pas moins elle-même un très-grand excès de développement.

Camper observant que, dans l'homme, le degré de proéminence du front coïncide assez ordinairement avec le degré des facultés intellectuelles, et que dans les diverses espèces d'hommes, cette proéminence du front diminue avec l'ensemble de leurs facultés, exprima la quantité de celle proéminence par l'angle que

la ligne tangente au point le plus saillant du front et aux incisives supérieures, fait avec une autre ligne qui partage en deux le plan passant par les trous auditifs extérieurs et le bord inférieur de l'ouverture antérieure des narines. Cette mesure ne peut qu'exprimer à peu près, dans l'homme même, la proportion du volume du cerveau; car elle suppose les contours extérieurs du Crâne parallèles à ses contours intérieurs. Or, dans l'homme, il arrive chez certains individus que ce parallélisme est loin d'exister. Les sinus frontaux creusés dans l'épaisseur du coronal, en se propageant quelquefois outre mesure, causent une saillie des contours extérieurs, derrière laquelle le cerveau se trouve fort reculé. Dans les animaux, l'angle facial devient bien plus infidèle. Par exemple, dans l'Éléphant, chez les Mammifères, et chez les Oiseaux, dans la Chouette et le Hibou , à qui le volume de leur Crâne et la proéminence de leur front faisaient attribuer une certaine supériorité d'intelligence, la table intérieure du Crâne est écartée de l'externe d'une quantité qui équivaut au quart, ou même sur le front, à la moitié du diamètre total du Crâne. Or, on voit que pour que la ligne faciale représentât le volume du cerveau, il faudrait la conduire du bord de l'intermaxillaire à travers la face, de manière à ce qu'elle fût tangente au point le plus saillant, en avant du contour intérieur du Crâne. Mais dans ce trajet une grande partie de la face se trouverait éliminée, et l'on ne pourrait rien conclure du résultat, puisqu'une partie de l'un des termes du rapport serait ainsi retranchée. L'angle facial doit donc être exclu comme mesure proportionnelle de l'intelligence des animaux. Il ne doit plus servir qu'aux artistes pour mesurer, d'après nos idées sur le beau, le degré de majesté de la figure humaine, et la mettre en proportion avec la supériorité de nature ou de génie attribuée aux hommes et aux divinités qua la politique et la religion exposent aux adorations et aux respects du peuple.

Si le volume de l'encéphale, ou, ce qui est la même chose, des organes cérébraux, donnait une mesure proportionnelle de l'intelligence, le rapport qu'a proposé Cuvier entre l'aire du Crâne, dans ses contours intérieurs, et l'aire delà face, ne serait pas encore ime expression constante de cette mesure. Desmoulins a fait voir (Rech. anat. et phys. sur le syst. nerveux) que ce n'est pas le volume hydrostatique de l'encéphale, mais l'étendue des surfaces que développe ce volume qui est la mesure la plus approximative des facultés intellectuelles dans tous les animaux. Or, comme le nombre et la profondeur des sillons et des replis dont se creuse le cerveau, sont tout à fait indépendants de l'amplitude du Crâne; et, comme un cerveau plus petit, mais plissé, peut, selon le nombre et la profondeur de ses plis, olîrir quatre, huit ou dix fois plus de surfaces qu'un cerveau double, mais dont les contours forment des courbes régulières, on voit que l'aire du Crâne ne peut point offrir de données pour le calcul qu'on se propose. En outre, dans les Poissons comme dans les Reptiles, jamais l'encéphale ne remplit le Crâne; il n'en occupe pas ordinairement plus de la moitié ou au plus les trois quarts. Dans la Tortue européenne, par exemple, l'aire de la coupe ventrale de l'encéphale est près-

qu'un tiers plus petite que l'aire de la cavité cérébrale, cl dans les Poissons, soil osseux, soit cartilagineux, ta disproportion est constamment plus grande encore. L'aire du Crâne ne peut donc ici servir de mesure au cerveau, ni conséquemment aux facultés intellectuelles. I,e rapport de l'aire du Crâne à l'aire de la face ne pourrait donc être appliqué qu'à des animaux où les contours de l'encéphale ont des courbes régulières, c'est-àdire où l'encéphale n'a point d'anfractuosités et où la périphérie de la cavité cérébrale représente justement le volume de l'encéphale ; tel est le cas de la plupart des Rongeurs, des Édenlés, etc., chez les Mammifères, et de tous les Oiseaux.

Ce qui constitue l'individualité on la nature particulière de chaque animal , c'est le nombre des facultés qu'il possède, le degré de perfection de chacune d'elles, et leur combinaison harnioni(|ue sous le rapport du nombre et de la perfection. Chacune de ces données et l'ensemble qui en résulte, varient à l'infini, comme on sait, d'une espèce à l'autre. De là cette diversité de structure et de proportions réciproques dans les organes des sens et du cerveau, organes dont l'activité en exercice constitue ces facultés. Et comme le développement de ces organes produit nécessairement le degré (l'amplitude de la cavilé osseuse qui les contient, on voit d'abord quelle doit être la diversité des Crânes parmi les animaux vertébrés. Or, nonobstant cette diversité dans la configuration des tètes osseuses, et dans la proportion de leurs parties, il est à peu près démontré aujourd'hui que le nombre de leurs éléments ou pièces osseuses primitives est uniforme, et qu'à travers la diversité de formes et de fondions qui*, d'une classe à l'autre, déguise ces élémenls osseux, et même les transporte d'un organe à un autre, chacun de ces élémenls conserve invariablement avec les autres les mêmes rapports de situation ; et qu'ils'anéantit plutôt que de perdre son rang dans le système, pour enjamber en avant ou en arrière, à droite ou à gauche de sa position ordinale. C'est surtout Geoffroy Saint-Ililaire (Ann. elMém. du Muséum et Philos, anal. T. i et ii) (|ui a analysé la multitude de toutes ces combinaisons de formes et de nombres auxquelles sont assujettis les os de la tête des \ crtébrés dans leur état adulle. Il reconnut qu'en remontant pour tous les animaux vertébrés le plus près possible de la foimalion de l'être, quel que soit le nombre d'os définitifs dont se compose le Crâne de l'adulte, ce nombre est idenlique pour tous dans les premiers temps de la vie; que la diminution ultérieure du nombre des os dans les Mammifères et surtout dans les Oiseaux, n'est qu'apparente, el dépend de la réunion deux à deux, trois à trois ou même davantage, de pièces voisines; que, par l'effet de ces réunions, des os I)airs deviennent des os symélriques : tel est, par exemple, le fi'ontal de l'homme adulte comparé aux frontaux de l'enfanl ou bien aux frontaux de la plupart des Mammifères; que ces réunions ne confondent pas seulement des os situés sur la ligne médiane, comme les frontaux que nous venons de citer, mais confondent aussi des os collatéraux à droite ou à gauche de cette ligne : tel est, par exemple, le temporal de l'homme où ••ie trouvent soudés le lympanal, le rocher, la caisse, le

mastoïdien, le styloïde, etc. Il en conclut donc que les variations dans le nombre <lcs os définitifs du Crâne chez les différents Vertébrés adultes dépendent du degré d'ossification propre à chacun d'eux, et que, seliui l'extension de ce degré, un plus grand nombre de pièces se réunissent, et qu'ainsi un plus petit nombre en reste définitivement isolé.

Voici, d'après les principes précédents, la composition du Crâne dans tous les animaux Vertébrés en procédant d'avant en arrière : 1" le premier sphénoïde formant la partie antérieure du sphénoïde humain résulte de deux paires de pièces latérales : l'une supérieure, savoir les Ingrassiaux ou ailes d'Ingrassias ; l'autre inférieure, les Berlinaux ou cornets spbénoldaux de Berlin. Ces deux paires de pièces latérales flanquent à droite el à gauche une pièce médiane dite cntosphénal ; les deux frontaux forment l'arc supérieur de la cavilé médullaire de cette sorte de vertèbre ; 2" le second sphénoïde a pour base l'hyposphénal flanqué également de deux paires de pièces latérales : l'une en haut, l'autre en bas. La paire supérieure résulte des ptéréaux ou grandes ailes ilu sphénoïde ; la paire inférieure des plérigoïdaux ou apophyses plérigoïdes externes. Les deux pariétaux formenl l'arc supérieur de la cavité médullaiie de cette autre vertèbre. La cavité du système sanguin de ces deux vertèbres est fermée inférieurement par les deux palatins pour la |)remière, et par les hérisseaux ou apophyses plérigoïdes internes pour la seconde. L'on voit, d'après l'ordre de connexion deces parties osseuses, rattachées ainsi à deux systèmes de pièces similaires ou de vertèbres , que l'étude de lu face est inséparable de celle du Crâne, puisque plusieurs os de la face sont des dépendances de l'une ou de l'autre de ces deux premières vertèbres crâniennes; ô» l'occipital humain résulte de trois paires de pièces osseuses, élagées l'une sur l'aulrc, et dont l'inférieure repose sur une pièce unique et médiane, dite basilaire ou sous- occipitale. Cette pièce impaire répond à l'entospbénal de la première vertèbre crânienne, à l'hyposphénal de la seconde. C'est donc l'analogue du corps d'une vertèbre. Les deux i)ièces de la paire inférieure restent écartées l'une de l'autre, vers la ligne médiane où leurs bords internes plus ou moins échancrés circonscrivent la moelle allongée , et forment la plus grande partie du trou occipital ; ce sont les occipitaux latéraux ou ex-occipilaux. Les pièces de la paire intermédiaire sont au contraire juxtaposées sur la ligne médiane, el complètent supérieurement le trou occipital. Ce sont les occipitaux supérieurs ou sur-occipitaux; enfin les pièces de la paire supérieure ou troisième paire, soudées aussi par leurs bords internes, ont reçu le nom d'interpariétal parce qu'elles se trouvent plus ou moins engagées entre les pariétaux. Or, il y a un rapport constant entre l'étendue en surface de ces os, et le développement de parties encéi)haliques déterminées. Ainsi, par exemple, les occipitaux latéraux el les occipitaux supérieurs delà troisième vertèbre grandissent les premiers comme les lobes latéraux; les seconds comme le lobe médian du cervelet. Les interpariélaux ou troisième paire d'occipitaux grandissent comme les lobes oïdlques ou tubercules quadriju-

meaux ; les parWtaux représentent le développement des deux lobes postérieurs de cliaciue hémisphère cérébral ; voilà pourquoi ils sont plus grands dans l'homme que dans tout le reste des Vertébrés. Les frontaux paraissent en rapport avec le lobe antérieur des hémisphères cérébraux. Ils le sont aussi avec les lobes olfactifs et les narines. Voilà pourquoi ils sont quelquefois plus développés ailleurs que dans l'homme, quoique le cerveau soit, alors seulement, plus petit. Mais à mesure que chaque appareil encéphalique diminue, et surtout que l'ensemble de l'encéphale ne se compose plus que des lobes correspondants aux nerfs des sens, des os qui faisaient partie du Crâne dans les Mammifères, par exemple, et dont la face interne était contigul' à une partie encéphalique, cessent aussi à mesure de faire partie de la boîte cérébrale, et deviennent tout à fait libres en dehors pour servir à d'autres usages. Tels sont, par exemple, dans les Poissons et les Reptiles, le temporal, le mastoïdien, la caisse, le rocher, etc. Alors ces os non-seulement ne s'élargissent plus en une même et commune surface, comme dans l'homme et les Mammifères voisins, mais jouent librement les uns sur les autres par des articulations plus ou moins mobiles : de là deux ou trois bras de levier ajoutés à la mâchoire inférieure dans les Ophidiens; à cette mâchoire et à l'opercule dans les Poissons. Pour en revenir à la mesure des facultés intellectuelles par une proportion anatomique prise sur les parois du Crâne, plus il y a d'os employés à former ces parois, et plus larges sont les surfaces pour lesquelles chacun de ces os intervient, plus grand paraît être le développement de la masse encéphalique, et surtout l'organe cérébral contigu à chacune de ces surfaces, ou, ce qui revient au même, la faculté ou le talent dont cet organe est le siège.

On a vu que les os intercalaires de la deuxième et de la troisième vertèbre céphalique avaient, par rapport au cerveau," des rapports de voisinage variables. Mais malgré ces variations, ils restent constamment dans les mêmes connexions ordinales; voici cet ordre : le mastoïdien s'interpose entre l'occipital latéral en arrière, le temporal et la caisse en avant ; en dedans de la caisse est le rocher; en dehors, le tympanal ou cadre du tympan ; en avant la portion écailleuse du temporal s'unit au pariétal en haut, et au sphénoïde en bas.

Dans les Reptiles et les Poissons , le temporal et le mastoïdien ne faisant plus partie des parois de la cavité cérébrale, les deux vertèbres encéphaliques postérieures se touchent sur tous les points de leur contour, excepté à l'endroit de l'intercalation du rocher. Le rcpoussenient de cet os en dehors du Crâne, disperse sur le côlé de la tête, dans les deux dernières classes, toutes les pièces osseuses qui, dans les deux autres, étaient accumulées autour ou dans l'intérieur de l'organe de l'ouïe.

Les os de l'organe de l'ouïe qui , dans l'homme et la plupart des Mammifères, sont le plus profondément situés en apparence et le moins susceptibles de dislocation, sont donc, comme on va voir, précisément ceux qui en subissent le plus.

Les appendices inférieurs de la première vertèbre encéphalique sont les palatins. Les appendices inférieurs de la seconde, sont les apophyses ptérygoïdes internes,

dans les Mammifères, les seuls palatins ne sont pas continus avec la base de la première vertèbre ou le premier sphénoïde; toutes les autres dépendances de cette première vertèbre et de la seconde leur sont soudées. Tout cela forme chez eux, soit le sphénoïde unique, soit les deux sphénoïdes: et ces dépendances ont alors des dimensions d'autant plus courtes que la face est plus petite, par rapport au Crâne. C'est sur ces appendices inférieurs, savoir les palatins et les apophy^s ptérygoïdes internes et externes, que la face appuie en bas; en haut, elle repose sur les frontaux, et entre deux, sur l'entosphénal ou le corps même du premier sphénoïde.

La face se divise en autant de régions osseuses qu'elle contient d'organes de sens : 1" sur la ligne médiane, la région nasale; 2° en bas, la palatine; 3° latéralement , l'oculaire.

Comme tous les animaux Vertébrés diffèrent moins entre eux par le nombre ou le développement proportionnel de leurs sens que par le nombre et le développement de leurs organes intellectuels ou cérébraux, et comme chaque organe, soit sensitif, soit intellectuel ou cérébral, est en rapport avec un certain nombre de pièces osseuses qui en dépendent, on ne trouvera pas dans la combinaison des os de la face, les mêmes différences de nombre apparent, que l'on a vues au Crâne.

1» La cavité osseuse de l'odorat se compose en haut de l'elhmoïde, dont la pièce la plus constante est la lame verticale, de la partie du frontal où s'articulent les os propres du nez, de ces mêmes os ; en dehors, des maxillaires et de leurs cornets, et quelquefois de l'interraaxillaire; en bas, de l'intermaxillaire, du maxillaire et du palatin antérieur. L'ethmoïde et ses cornets, et les parties des autres os voisins qui interviennent dans la cavité osseuse de l'odorat, croissent en raison de la prédominance de ce sens; mais c'est surtout suivant l'axe longitudinal de la tête que se fait cet accroissement; de là la longueirr de la face dans les Chiens, les Cochons, les Ruminants, etc.

2" La cavité palatine ou du goût, formée en haut, par les palatins en arrière , les maxillaires au milieu , et les intermaxillaires en avant, est limitée en bas par les branches de la mâchoire en avant et en dehors, en arrière par l'hyoïde qui lui-même est réellement une dépendance du Crâne auquel, même dans l'homme quelquefois, il est articulé par une chaîne de trois osselets dont l'apophyse styloïde, articulée ou soudée au rocher, est le supérieur. Selon que cet organe est plus dominant, la partie inférieure de la face, savoir les maxillaires inférieurs et supérieurs, s'allonge davantage ainsi que les intermaxillaires; la région nasale peut être alors presque avortée. C'est ce qui s'observe pour la partie supérieure de cette région chez les Orangs, les Macaques et les Cynocéphales, parmi les Quadrumanes; les Gallinacées, chez les Oiseaux, etc.

30 La cavité oculaire varie dans les Mammifères plus que dans les trois autres classes. Tantôt elle est fermée de toutes parts excepté en avant, c'est le cas de l'homme et des Quadrumanes; tantôt elle n'a de parois qu'en dedans, c'est le cas du plus grand nombre des Mammifères. Mais ici, à la différence des autres sens , la pcr-

fectioii de roi'cane ne ripond pas au nombre d'os qui sont en rapport avec lui par leurs surfaces. Tout le monde connaît la construction de l'orbite de l'homme, ouvert en avant, de manière que les bords de cette ouverture sont à peu près dans le même plan, et que les plans des deux orbites ne sont inclinés l'un sur l'autre que de quatre ou cinq degrés : trois os contribuent à ses bords: le frontal, le maxillaire et le jugal. Sept os forment ses parois : le fronlal, l'ethmoïde, le lacrymal, le palatin, le maxillaire, le jugal et le sphénoïde; les axes des deux orbites forment un angle d'environ quarante-cinq degrés. Dans les Singes, les orbites, composées et dirigées comme dans l'homme, ont même l'angle de leurs axes encore plus petit. Mais à partir des Chauves-Souris, en allant parles Carnassiers aux Rongeurs, aux Pachydermes, jusqu'aux Cétacés chez les Mammifères; chez tous les Oiseaux, les Reptiles et les Poissons, l'angle que forment les axes des orbites va toujours en s'agrandissant, de sorte que, même chez beaucoup de Reptiles et de Poissons, ces deux axes se trouvent sur leprolongement d'une même ligne transversale. Tels sont entre autres les Caméléons qui peuvent, ainsi que la plupart des Cétacés, voir à la fois deux points opposés de l'espace. Dans la plupart des Mammifères, l'orbite n'est formée que par le frontal, le maxillaire et le jugal; la projection des organes de l'odorat et du goût, en avant des orbites, a entraîné dans ce sens l'ethmoïde , le palatin, la partie dentaire et caverneuse du maxillaire, et le lacrymal, eu même temps que, par la diminution des parties encéphaliques correspondantes, le sphénoïde s'est trouvé rentré et reculé. Les seuls os qui alors appartiennent à l'œil, sont donc les trois qui forment les bords de l'orbite dans l'homme; et même dans les Oiseaux, beaucoup de Reptiles et de Poissons, le maxillaire n'entre plus dans l'orbite par aucune de ses faces ni même de ses bords. Mais alors le lacrymal intervient ordinairement, de sorte que trois os continuent d'encadrer le globe de l'œil.

Mais si, dans les Reptiles et les Poissons, les os dont nous venons de parler s'écartent l'un de l'autre sur la plus grande étendue de leurs bords, pour former des lentes, des trous, des cavités nouvelles, ou bien agrandir d'autres cavités que celles de l'œil, les os annexés invariablement h cet organe reçoivent des développements proportionnés au volume et à l'énergie d'action de cet oigane, chez la plupart des animaux de ces deux classes. Déjà, dans les biseaux de haut vol surtout, il se développe, sur l'arcade orbitaire du fronlal, un os aplati, très-saillant dans les Fa/co, et que l'on a nommé, ;"! cause de sa position, os palpébral ou susorbitaire.

Dans la plupart des Reptiles et des Poissons osseux, chaque frontal est divisé en trois parties toujours distinctes, nommées antérieure, intermédiaire et postérieure d'après leur ordre de position d'avant en arrjère. Sur le frontal intermédiaire des Reptiles, se développe, en formant un ressaut, l'os susorbitaire ou palpébral, déjà cité dans les Oiseaux. Cet os manque aux Poissons, mais chez la plupart des Osseux, depuis l'os nasal et le cornet inférieur, jusqu'au frontal postérieur, s'étend au-dessous de l'œil un arc de pièces osseuses dont le nombre est de six dans la Morue ( r. Cuvier. Règn.

Anim., T. iv, pi. 8, fig. 3). Ces os surnuméraires dans le Crâne, et plusieurs autres dont il sera question ailleurs, et qui existent,soit isolés, soit en différents points du squelette, n'ont évidemment pas d'analogues, et dérogent, il faut le dire, à la loi de l'unité de composition du système osseux.

4° La cavité auditive éprouve encore plus de variations que celle de l'œil, au point qu'elle lînil par s'effacer tout à fait, et que ses os se projettent dans un même plan, tout en conservant leurs rapports ordinaires. Celte cavité se prolonge de dehors en dedans au travers du cadre du tympan ou tympanal , et de la caisse où se trouvent articulés l'un sur l'autre, dans l'ordre suivant, le marteau, l'enclume, le lenticulaire et l'étrier. Le marteau s'articule sur le tympanal par l'intermédiaire de la membrane du tympan , et l'étrier sur le rocher par l'intermédiaire de la membrane de la fenêtre ovale. La cavité de ce sens se termine dans le rocher qui en est la partie nécessaire et fondamentale. C'est à quoi se réduit la cavité auditive dans la plupart des Reptiles, en y comprenant toutefois un ou deux des osselets de l'ouïe dans quelques Reptiles, les Batraciens par exemple. Tous ces osselets subsistent néanmoins à leur place dans les Sauriens et les Oiseaux (Pbil. Anal., pi. 1, fig. 7, 10 et 11). Dans beaucoup de Mammifères, le mastoïdien agrandit encore la cavité auditive par la communication de la caisse avec les cellules dont il est creusé; et dans les Oiseaux de proie nocturnes, tout le pourtour du Crâne est véritablement un immense développement des cavités auditives par la communication avec le rocher des cellules qui, tout autour du Crâne, écartent les deux tables de ses os. Dans ces mêmes reptiles, le mastoïdien, le temporal et la caisse n'appartiennent pas plus à la cavité de l'ouïe qu'à celle du cerveau. Projetés en arcades sur les côtés du Crâne en arrière des orbites, ils interceptent des voûtes, des cavités plus ou moins profondes, qui servent soit de points fixes aux muscles moteurs de la mâchoire inférieure sur la tête , soit de points mobiles aux muscles qui meuvent la tête sur le cou. Ce dernier cas a lieu chez les Crocodiles ; l'autre a lieu chez les Ophidiens ordinaires. Mais chez ceux à mâchoires dilatables, les Pythons , les Boas et les Vipères , le mastoïdien et la caisse deviennent eux-mêmes des bras de levier angulaires, congénères du maxillaire inférieur dans ses mouvements. (F., pour les Sauriens , Gcoff. St.-Hil., Ann. du Mus., t. 10, pi. 4; la tête du Crocodile, Cuv. Régn. Anim., t. 4, pi. 6, f. 7, 8 et 9; la tête del'Opbisaure, et pi. 7, fig. 1, 2, 3, 4, 5 et G; tête du Python et du Serpent à sonnette. )

Dans les Poissons, le rocher lui-même n'est plus employé dans l'organe de l'ouïe. Celui-ci est tout entier contenu dans la cavité même du Crâne, ainsi que les appareils membraneux qui, dans les trois autres classes, occupaient les conduits et les cavités du rocher. Tous ces os creux chez les Mammifères et les osselets même qui étaient contenus dans leur cavité, sont produits au dehors pour servir à de nouvelles fonctions relatives à un autre milieu d'existence. Tous sont mobiles l'un sur l'autre, excepté le rocher. La caisse, centre de mouvement des pièces de l'opercule et des deux mâchoires

(GeofF., Phil. Anal., pi. 1, fig. 8), arcboule en arrière l'élrier, en dehors le lympanal, en avant le temporal et le stylhyal (apophyse styloïde). L'élrier, renclume, le lenticulaire et le marteau, sous forme écailleuse, constituent le plan mobile, connu sous le nom d'opercule. Le tympanal, par son extrémité inférieure, sert à l'articulation de la partie articulaire du maxillaire inférieur, et le stylhyal en dedans rattache au Crâne l'hyoïde, par l'inlerniédiaire de deux branches osseuses dont il sera parlé au mot Opercule.

CRANE DE MER. polïp. Syn. vulgaire A'j4lcxonium Cranium.

CRAKGON. Crcingon. crdst. Genre établi par Fabricius, et placé par Latreill'edans la famille des Macroures. Caractères ; antennes latérales situées au dessous des niiloyennes, et recouvertes à leur base, par une grande écaille annexée à leur pédoncule ; anlennes mitoyennes ou supérieures à deux fîlets; les deux pieds antérieurs terminés par une main renflée, à un seul doigt; l'intérieur ou celui qui est immobile, simplement avancé en manière de dent; la seconde paire de pieds filiforme, coudée et repliée sur elle-même dans le repos, terminée par un article bifide, mais à divisions peu dislinctes; l)rolongement antérieur du test, ou le bec, très court. Les Crangons ressemblent aux Alphées par le nombre et la correspondance des pieds en pince, mais ils en diffèrent essentiellement par le doigt inférieur ou immobile des deux premiers pieds et par ceux de la seconde paire (jui sont coudés et filiformes. Ce genre, qu'on pourrait confondre au premier abord avec celui des Palémons, s'en éloigne par les deux filets des antennes mitoyennes, par la petitesse du prolongement antérieur de leur carapace et par la manière dont se terminent les deux premières paires de pattes. Ces Crustacés ont un test incolore ou tirant un peu sur le vert, marqué souvent d'une infinité de points ou de lignes noires. Ces couleurs changent singulièrement lorsqu'on les cuU ou quand on les plonge dans l'esprit de vin. Alors ils se colorent en rouge. On les trouve communément sur nos côtes dans les endroits sablonneux. Ils ont des mouvements Irès-brusques, nagent ordinairement sur le dos, et frappent souvent l'eau avec leur abdomen qu'ils replient contre le thorax , et qu'ils distendent ensuite avec force. Les pêcheurs en prennent en grande quantité dans leurs filets, et s'en servent quelquefois comme d'amorce pour attirer plusieurs Poissons riverains, qui s'en nourrissent. On les sert aussi sur nos tables, mais leur chair n'est pas à beaucoup près aussi délicate que celle des Chevrettes. On les confond cependant quelquefois avec celles-ci, et on les nomme indistinctement Crevette de mer, Chevrette, Cardon; mais les Chevrettes proprement dil,es appartiennent au genre Palémon.

Les espèces les plus connues sont: le Crangok bo- RÈAi, Cratif/oiiboreas, décrit et représenté par Philipps (Voy. au Kord, pi. 11, fig. 1). 11 est le plus grand de ceux que l'on connaisse; Herbst (Cane. tab. 59, fig. 2) a copié cette figure. Le Crangon vulgaire, Craiigon vtilgaiis, Fab., vulgairement le Cardon, représenté par Roésel (T. m, tab. C5, fig. 1, 2). 11 est très-commun sur les côtes de l'Océan. Le Crangon ÉrmEiix, Crangon

spinosus, Leach, sur les côtes méridionales de l'Angleterre.

Risso ( Hist. des Crust. de Nice, p. 8 1 ) décrit deux espèces nouvelles de Crangons : la première, qu'il nomme Crangon fascié, Crangon fa sciât us , et qu'il représente tab. 3, fig. 5, semble appartenir, suivant Latreille, à un autre genre; la seconde, qu'il ne figure pas, porte le nom de Crangon ponctué de rouge, Crangon rubro-punctatus. L'une et l'autre ont été trouvées dans la mer de Nice, sur les bas-fonds sablonneux.

CUANIA. BOT. Synonyme de Cornouiller mâle.

CRANIACÉS. Craniacei. noLL.Nom donné par Menke à une famille de la classe des Braehiopodes, qui a pour type le genre Cranie.

• CARNICHIS. Cranichis. bot. Famille des Orchidées, Gynandrie Monandrie. Svvarlz, qui a établi ce genre dans sa Flore des Indes-Oceidentales, lui a donné pour caractères : un calice déjeté latéralement ; les trois divisions externes et les deux divisions internes A peu près égales entre elles, rapprochées dans leurs parties inférieure et moyenne, un peu écartées supérieurement, quelquefois tout à fait écartées ; le labelle est supérieur, placé entre les deux folioles internes; il est concave et recouvre les organes sexuels; le gynostème est dressé, un peu dilaté dans sa partie supérieure qui porte en avant une anthère à deux loges , terminée en pointe ù sa partie supérieure. Chaque loge renferme une masse de pollen pulvérulent. Le stigmate est placé audessous de l'anthère, à la face antérieure du gynostème; l'ovaire est à peine tordu. Le fruit est une capsule trigone, s'ouvrant en trois valves. Ce genre ne se compose que d'espèces américaines , la plupart originaires de la Jamaïque. Ce sont en général de petites plantes à racines fasciculées, à tige simple, quelquefois dépourvue de feuilles, portant des fleurs assez petites, disposées en épi.

CRANIE. Cranta. Moir,. Le genre Cranie, institué par Brugnière, avait été confondu par Linné parmi les Anomies. On ne connaissait alors qu'une seule espèce qui pût se rapporter au genre de Bruguière, c'est VAnomia Craniolaris qui est encore, à ce qu'il parait, la seule espèce vivante connue. Depuis Bruguière, presque tous les conchyliologues ont admis ce genre; Lamarck, Megerle, Ocken, Férussac, Defrance, Blainville, sont de ce nombre; Cuvier n'en fait pas mention, il ne le cite même pas parmi les Anomies. Quoi qu'il en soit, ce genre ne doit plus être placé parmi les Multivalves comme le pensailBruguière, car il n'a, avec eux, aucun rapport de forme et de structure, et ces trous dont la valve inférieure paraissait percée pour l'insertion des muscles, sur des osselets analogues à ceux des Anomies, sont un fait que l'observation a détruit. Les Cranies n'ont aucune charnière ; dépourvues de ligaments et de dents propres à retenir les deux valves, il est fort rare de les trouver ensemble dans les espèces fossiles surtout; il n'y en a que quelques-unes qui soient connues parfaites; la valve inférieure seule des autres, fixée aux différents corps sous-marins, se retrouve plus facilement. Le nombre des- espèces connues n'est pas encore considérable; c'est Defrance qui en a fait cou-

I«i C II A

n;iilre lo plus dans le Diclionnaire des Sciences naturelles. C'est d'après lui et d'après ce que Deshaies possède dans sa colleclion, que ce savant a tracé les caractères génériques suivants : coquille inéquivalve,sul)orbiculaire; valve inférieure presque plane, percée du côté interne de trois trous inégaux et obli(|ues; valve supérieure convexe ou conique, semblable à une petite patelle, munie intérieurement de deux callosités saillantes; point de dents ni de ligament cardinal; animal inconnu. —On sera toujours embarrassé de placer convenablement les Cranies dans l'ordre des rapports, avant de connaître l'animal qui habite cette singulière Coquille. Les Hipponices de Defrancc, également placés sur une base adhérente tantôt par une grande surface, tantôt par un point seulement de leur face inférieure, sembleraient indiquer des rapports entre des genres que l'on a éloignés dans des classes différentes. Pourquoi, avant de connaître les animaux des uns et des auties, a-t on placé les uns parmi les Univalves dans le genre Cabochon, tandis que les autres sont rangés parmi les Bivalves dans cette famille des Rudisles de Lamarck, qui semble être un réceptacle où l'on a jeté des genres dont les caractères sont peu connus? On ne |)ourra répondre à cette question que lorsque l'on aura quelques connaissances positives des animaux, les caractères tirés des coquilles étant insuffisants.

Cbame en masque. Crania personata, Lamk. ( Anim. sans vert. T. vi, U» part., p. 2-58); Blainville (Dictionn. des Se. Nat); Anomia Craniotaris , L. (p. 3.540) figurée dans l'Encyclopédie (pi. 171, fîg. 1 et 2) et dans Chemnitz (T. vin, t. 70, fig. C87). C'est une Coquille orbiculaire, que l'on trouve non-seulement dans la mer des Indes, mais aussi dans la Méditerranée, sur les Polypiers; sa valve inférieure est plane, adhérente, présentant trois impressions dont la position en forme de triangle, et la forme de celle du milieu, lui donnent assez l'apparence d'un masque de tête de mort; la valve supérieure est convexe, conique, blanchâtre, munie à l'intérieur, de deux callosités qui semblent avoir servi à l'insertion des muscles.

Cranie épaisse. Crania Parisiensis, Lamk. {loc. cit.); Defrance ( Dict. des Se. nat.). Elle est très-bien figurée dans les Vélins du Mus. d'Ilist. naturelle (11" 47, fig. 7 bis), d'après un bel individu de la collection de Defrance. On la trouve assez fréquemment à Meudon et dans les autres lieux des environs de Paris, où l'on exploite de la Craie. On ne connaît que la valve inférieure qui soit fi.\ée, soit aux Oursins, soit à des fragments de CatiUus. Cette valve est épaisse, plane, ovale, arrondie, adhérente par sa face inférieure; elle présente en dedans des stries rayonnantes et trois impressions profondes; le bord est élevé, lisse, fort épais.

Cranie Monivaie. Crania Nummulus , Lamk. {loc. cit. n» 2). Cette espèce fossile avait été prise par Linné, mais à tort, pour l'analogue de V Anomia Craniotaris. Cette Coquille, que l'on nomme vulgairement Monnaie lie Braticnboury, est une espèce distincte, dont on ne <onnait également qu'une valve qui est probablement l'inférieure, quoiqu'on n'y remarque pas de traces évi- ' dentés d'adhérence; elle est suborbiculairc, présentant j lies stries rayonnantes :1 l'inlérieur, ainsi que trois fos- I

«etles obliques; quelques stries concentriques se remarquent vers le bord qui lui-même est lisse ; elle est fossile. De Suède. Pour la Crarie antique, Crania antiqtia, et la Cranie striée, Crania striata, r. Lamk.. Anim. sans vert. T. vi, Ir» part.

CRAMOIDES. Bertrand Scheuzer a donné ce nom à un Polypier fossile du genre Méandrinc, ou bien à la portion supérieure de quelque grand Êchinile.

CRANIOLAIRE. Craniolaria. bot. Ce genre, établi par Linné, et placé dans sa Didynamie Angiospermie, appartient à la famille desBignoniacées. Lamarck a réuni aux Marlynia le Craniolaria annua, L., en lui donnant le nom de M. spathacea; d'un autre côté, le Craniolaria fruticosa, L., aj'ant été reconnu par Jussieu, comme appartenant aux Gesneria, la plupart des auteurs, et entre autres Swartz, Willdenow et Persoon, ont cessé de compter le Craniolaria au nombre des genres, et ses deux espèces ont été fondues dans les deux genres précités , avec le nom spécifj(|ue de Craniolaria. Cependant, ce genre avait été bien distingué par Jussieu. et dans ces derniers temps, Kunth {Nova Gênera et Spec. Plant. /Equin. vol. m, p. ig.5) l'a caractérisé de la manière suivante : calice campanule, spalhiforme, à cinq dents et fendu latéralement; corolle à tube très-long, à gorge carapanulée, à limbe bilabic; la lèvre supérieure bifide, l'inférieure trifide ; le lobe du milieu plus large ; quatre étamines didynames, avec une cinciuième rudimenlaire; stigmate bilamellé; drupe ovoïde, pointu, renfermant une noix ligneuse , dont le sommet a deux petites cornes et qui est quadriloculairc; quatre graines , souvent réduites à une seule dans chaque loge, ovées, un peu comprimées et non ailées. La Craniolaire aivuuelle, Cratiiolaria annua, L., unique espèce du genre, est une plante herbacée, très velue et visqueuse, à feuilles opposées, quinquélobées, à fleurs blanches, panachées vers l'entrée de la corolle et disposées en grappes. Elle croit en Amérique, principalement parmi les touffes de Graminées, dans la république de Colombie, où, selon Humboldtet Bonpland, les habitants, qui donnent à sa racine le nom de Scorzonera, en préparent une boisson amère, rafraîchissante.

CRAiVIOLARIS. MOLl. F. Cranie.

CRANION. BOT. Ce nom, chez les anciens, désignait plus particulièrement la Truffe ou de fort gros Lycoperdons qui devenaient semblables au crâne des enfants.

CRANIOSPERME. Craniospermum. bot. Genre de la famille des Boraginées, Pentandrie Monogynie, établi par Lehman. Caractères : calice à cinq divisions; corolle monopélale, cylindrique; filets des étamines dépassant de beaucoup la corolle; anthères oblongues; quatre semences distinctes, hémisphériques, perforées à leur base. Le Craniospermum subcitlosum est une plante de la Sibérie, à feuilles velues et spatulées, à Heurs capitulées, d'un rouge de rose.

CRANIOTOME. Craniotome. bot. Reichcnbach a institué, sous ce nom, dans la famille des Labiées, Didynamie Gynospermic, un genre avec une plante du Népaul qui fut successivement promenée dans quatre genres différents Pleclranthus furcaitis, Wallich;

AjtKjo furcala, Link ; Nepela versicoloi; Trcviranus; Anisomeles Nepalensis, Spreng. Celte planle, déjà anciennement connue, mais figurée pour la première fois dans riconosrapliie cxot. de Reicliembacli,pl. S-4, sous le nom de Craniotoiue rersicolor, est enfin devenue le type d'un genre auquel on donne pour principaux caractères ; un calice oviforme à cinq dents égales et conniventes; le casque de la corolle tronqué.

CRANIQUE. BOT. ^. Craîiicois.

CRAINIUM. MOLL. Synonyme de Cranta. V. Crakie.

CRANQUILLIER. bot. L'un des noms vulgaires du Lonicera Peiyclinienum. V. Chè^ refecille.

CRANSON. BOT. F. COCHIÉARIA.

CBAINTZIE. Crantzia. bot. Plusieurs genres ont successivement été établis sous ce nom qui rappelle celui du botaniste Cranlz connu par plusieurs travaux importants. Mais aucun de ces genres n'a été adopté par les botanistes actuels, en sorte qu'aujourd'hui il n'existe réellement pas un genre qui porte ce nom. Ainsi le Crantzia aculeata de Schreber est le Toddalia aculeata de Lamarck. Le Crantzia de Scopoli est le Besleria cristala de Linné. Le genre Crantzia, proposé par Swarlz , est le même que le geure Pachysandra, établi par le professeur Richard dans la Flore de l'Amérique septentrionale de Michaux. Kuttal, dans ses genres de l'Amérique septentrionale, a proposé un genre Crantzia pour VUydrocotx lelineata de Michaux. Mais Richard, qui a vu et examiné plus d'espèces d'Hydrocotyles qu'aucun autre botaniste, assure que ce genre ne peut être admis, et que si l'on voulait séparer les espèces nombreuses de ce genre d'après les différences qu'elles offrent, il faudrait établir au moins six ou sept genres. Le Crantzia de Vabl et de Swartz (Prodrom.) est le lyicera lœcigata du même auteur {Flor. Ind.-Occidenl.). Enfin, dans le second volume de son Syst. Nat,, De Candolie cite un genre Crantzia de Lagasca (Flor. Hispan. ined.), qui se compose de deux espèces ; l'une, Crantzia ochroleuca , Lag., est le Brassica ausiriaca de Jacquiu et VErysimum austriacum de De Candolie; l'autre, Crantzia frutescens, Lagasc, est le Brassica arvensis de Linné ou Moricandia arcensis de De Candolie.

CRAODILLE oc CRAOUJLLÈRE. ois. Syn. vulgaire de Pie-Griècbe grise.

CRAPA. POIS. Espèce du genre Serran.

CRAPAUD. Bttfo. REPT. Genre de la famille des Anoures, de l'ordre des Batraciens, longtemps confondu avec les Grenouilles, parles naturalistes qui avaient adopté sans exception la classification de Linné, et que Cuvier n'a conservé que comme sous-geure dans son Histoire du Règne animal. Laurent! avait indiqué la séparation des Crapauds d'avec les Grenouilles, d'après Bradley, mais les caractères sur lesquels il établissait cette division étaient la plupart.faux. Ceux qu'on doit adopter consistent ; dans la dimension des pattes de derrière qui n'excèdent jamais la longueur du corps; dans la dispositiondes doigts antérieurs qui sont unis, courts, plats et inégaux; langue molle, fixée aux bords de la mâchoire inférieure; corps ventru; peau rude, couverte de verrues ou papilles d'où suinte une humeur fétide : deux de ces verrues beaucoup plus grosses,

appelées parotides, sont situées sur le cou. Les Crapauds ont un aspect hideux avec des couleurs tristes et mal assorties; leur allure est ignoble, leurs mœurs sauvages et abjectes. On les regarde généralement comme venimeux, et l'on raconte dans les campagnes, une foule de fables sur la propriété qu'ils ont de charmer les hommes et les animaux par l'effet de leurs regards et de leur souffle. Ils se nourrissent de Vers, de Chenilles, de petits Insectes, d'Abeilles mortes, rejetées des ruches, de Fraises, etc. Ils sont en général nocturnes; ils recherchent les endroits frais et obscurs, les trous des vieux murs, les crevasses sous les pierres et dans la terre ; n'en sortent que lorsque des pluies abondantes viennent, en été, pénétrer le sol, et paraissent souvent, dans ce cas, en très-grande quantité. Ils habitent beaucoup moins les eaux que ne le font les Grenouilles; ils ne semblent même s'en rapprocher que pour y venir déposer leurs œufs. Ils y deviennent souvent la proie des Brochets et même des Anguillec; à (erre, ce sont les Serpents, les Hérons, les Cigognes et les Buses, qui leur font une guerre cruelle. Bory assure en avoir trouvé dans des Couleuvres, qui, ayant été avalés tout vifs, n'étaient pas encore morts après être demeurés quelques jours dans l'estomac de leur vorace ennemi. L'anatomie de ces animaux , grâce aux recherches de Roesel et de Klœtzke , est assez bien connue. Les os de la région supérieure de leur tête sont rugueux à leur superficie; à l'exception de la symphise du menton et des intermaxiUaires , ceux du crâne et de la face sont totalement soudés chez les adultes. Les osselets de l'ouïe, au nombre de deux, savoir : le marteau et l'étrier, sont proportionnellement fort grands et cartilagineux; un ou deux Crapauds seulement ont des dents; leur morsure n'est pas venimeuse. Le nombre des vertèbres est, selon les espèces, de sept à huit; leurs apophyses sont fortes et longues , et les Iransverses fort larges. Le sacrum est robuste, comprimé, terminé par une longue pointe, mais sans coccyx. 11 n'y a aucune apparence de côtes; le sternum est large , uni en devant avec les os de la fourchette et les clavicules; il varie de forme dans quelques espèces; l'omoplate est brisée et composée de deux pièces articulées, dont la supérieure se rapporte vers l'épine. Les os de l'avantbras sont soudés entre eux de manière à n'en former qu'un seul qui est cependant creusé inférieurement par un sillon peu prononcé. Le nombre des os du carpe est ordinairement de huit sur trois rangs , d'autres fois de six sur deux rangs; ceux du métacarpe sont au nombre de quatre, avec quatre doigts et un pouce rudimentaire; le fémur est dépourvu de Irochanter. Un os particulier aux Batraciens, considéré à tort par quehiues naturalistes comme l'analogue des os de la jambe, vient ensuite. La rotule, qui a la forme de celle de l'homme, est placée dans l'épaisseur des tendons. Le tibia et le péroné demeurent séparés dans toute leur longueur. Le tarse se compose de quatre os dont le dernier est fortement crochu, et le métatarse de cinq. — L'appareil musculaire est peu compliqué, mais la fibre qui le compose est très-forte, très-irritable et très-sensible à l'action galvanique. — Quoique les nerfs soient très-distincts et très-gros chez les Crapauds, la cavité du crâne qui

en esl le poinl de dépnrt, est Irès-resserréc. elle cerveau y occupe un fort petit espace; ses liémisplières sont lisses, sans convolutions, allongés et tHroits; les couches opliciues, placées en arrière, sont grandes avec un ventricule qui communique au ventricule moyen; le cervelet est aplati, triangulaire, appliqué en arrière sur la moelle allongée ; il n'existe ni tubercules quadrijumeaux , ni pont de Varole. Le sens de l'odorat ne doit pas être très-développé; celui de la vue l'est beaucoup davantage; trois paupières garantissent l'œil qu'humecte un liquide analogue aux larmes. La membrane du tympan est à fleur de télé en arrière et audessous de l'œil, sans qu'il y ait ni conque ni pavillon, en un mot, d'oreille externe; l'appareil de l'ouïe offre du reste plus d'un rapport avec celui des Poissons cartilagineux. Les doigts, dépourvus d'ongles, sont revêtus d'une peau très-fine qui peut faire supposer que le tact y est trèsdéveloppé. La langue esl entièrement charnue, attachée au bord de la mâchoire inférieure, et repliée dans la bouche dont elle peut sortir pour y rentrer à volonté ; elle doit élre sensible au goût si l'on en juge par la couche glanduleuse qui la revêt. — L'estomac, qui esl assez dilaté, se rétrécit graduellement, puis, se recourbant en un petit tuyau étroit dont les parois sont épaisses, aboutit au pylore; la longueur des inteslins équivaut à peu près au double de celle du corps; le rectum est cylindrique, et l'anus garni d'un sphincter; cet anus correspond à un cloaque et sert conséquemment au passage du résultat des organes de la digestion et de la génération. Le cœur, fort simple, ii'a qu'une seule oreilletle plus large que sa base , et affermie par des colonnes charnues; il renferme un seul ventricule conii(ue, dont la cavité s'ouvre dans le tronc commun des artères, par un orifice unique audessous de l'ouverture auriculo-venlriculaire. Par la répartition des artères qui y aboutissent, une partie du sang seulement passe par les poumons ; ceux-ci forment deux sacs dont les parois intérieures sont divisées par des feuillets membraneux, en cellules polygonales, nombreuses, où la respiration s'opère suivant un mode particulier, puisqu'il n'y a ni côtes ni diaphragme. L'air y est introduit par la déglutition; la bouche se ferme, la gorge se dilate, il s'y produit un vide, et l'air extérieur se précipite par les narines; alors le pharynx se ferme et l'air ne trouve d'aulre issue que la glotte. L'expiration a lieu par la contraction des muscles du bas-ventre, de sorte que si l'on ouvre le ventre à un Crapaud, l'action de ses muscles venant à cesser, les poumons se dilatent sans pouvoir plus s'affaisser, et si l'on contraint l'animal à tenir la bouche ouverte, ne pouvant plus renouveler l'air de ses poumons, il meurt asphyxié. Roesel a figuré (Hist. Nat. Ranar. nosl., pi. 19, 21, 25 et 24) l'anatomie de quelques Crapauds d'Europe.

Les Crapauds mâles ont, durant le temps des amours, les pouces des mains armés de pelotes composées de papilles dures, qui s'étendent jusque sur la paume; c'est au moyen de ces pelotes (|u'ils se cramponnent sur le dos des femelles pendant la ponte. Cette opération a lieu au premier printemps , et elle varie selon les espèces. Les Crapauds passent pour jouir d'une grande longévité; on en cite un qui, s'élanl familiarisé avec

les habitants d'une maison sous l'escalier de laquelle il se tenait , mourut au bout de trente ans par un accident, et qui, parvenu à une taille monstrueuse, semblait devoir vivre encore fort longtemps. Ils peuvent aussi vivre presque privés d'air et sans manger. On connaît les expériences à l'aide desquelles on a prouvé la certitude de ce fait étrange. Des Crapauds ayant été enveloppés dans des boules de plâtre, et blottis dans le centre, n'y étaient pas morts au bout de dix-huit mois de solitude , d'obscurité et de privations. On eut tort cependant d'en conclure que l'air n'était pas nécessaire ù ces animaux pour exister. Edwards a prouvé qu'un peu d'air parvenait au Crapaud à travers les pores du plâtre, et que ces Reptiles y mouraient assez promplcmenl si le plâtre demeurait plongé dans l'eau.

On a souvent parlé de pluies de Crapauds; le docteur Ponlus, professeur à Cahors, raconte sur ce phénomène, et dans une lettre adressée à l'Académie des Sciences, en juillet 183fi, que se trouvant au mois d'août 1804 dans la diligence d'Albi à Toulouse, vint à crever un nuage orageux, qui joncha la roule et les champs voisins, dans un espace de plus d'un quart de lieue, d'une quantité de Crapauds, tellement nombreuse qu'il n'était plus permis de distinguer le sol; il y en avait jusqu'à trois ou (pialre couches superposées, et les individus avaient depuis un ponce jusqu'à près de deux en tous sens, ce qui prouvait que ces Crapauds avaient dépassé l'âge d'un à deux mois. Les pieds des chevaux et les roues de la voiture en écrasèrent par milliers. Nous ne connaissons point l'opinion qu'ont émise les académiciens de Paris sur ce phénomène aussi rare que difficile à expli<iuer.

On connaît aujourd'hui au moins une trentaine d'espèces de Crapauds que l'on répartit en trois sections :

■f Les doigts des pattes postérieures totalement libres comme ceux des pâlies antérieures , ou à peine semipalmés.

Crapaud Calamité ou Crapaud des Joncs. Bufo Calamita, Laur., Amph. n» 9; Eue. Rept., p. 18, pi. 4, f. 6 (copiée de Roesel); Daudin, pi. 28; Dufo terrestris fœtidus, Roes., pi. 24; Rana Bufo, ,9,L.; Gmel., Sfst. Nat. XIII, 1, p. 1047. Si la vivacité ou l'élégance des couleurs pouvait déguiser la laideur ou l'abjection des formes, l'on pourrait dire du Calamité qu'il est le plus beau des Crapauds. L'iris brillant de son œil est du plus beau vert tendre, mélangé de filets noirs; son dos présente la teinte verdoyante du feuillage, et de nombreuses taches vertes se voient encore sur ses flancs, sur ses cuisses et sur ses bras. On dirait des perles d'émail sur un fond de perles blanches; une raie jaune règne tout le long du dos, depuis l'extrémité de la tête jusqu'à l'anus; une large broderie de la même couleur règne également sur les flancs; ces teintes sont relevées de points écartâtes, et cette dernière nuance forme une tache en manière de sourcil rouge, au-dessus de l'œil, ainsi que d'autres taches à l'extrémité de tous les doigts; mais une telle parure couvre un corps raccourci, grossièrement arrondi, que traînent avec peine sur la terre quatre membres épais et grossiers. L'animal n'a guère que deux pouces de longueur. 11 esl assez commun dans les parties tempérées de l'Europe, cl il

s'introduit jusque dans les maisons. Il habite en général les lieux secs, parmi les Graminées, et se réunit, en petites sociétés, pour passer l'hiver, engourdi parmi les rochers et entre les fentes des vieux murs. 11 ne s'approche des eaïut qu'au temps de la ponte qui a lieu vers le mois de juin.

Crapakd Rayoin vert. Bufo variabilis, Encycl. pi. 6, f. 2; Bufo Schreberiamcs, Laur., Amph., n» 7. Cette espèce, plus sveltc que la précédente, et dont la forme approche un peu de celle de la Grenouille, se trouve surtout en Allemagne où on la mange. Elle se tient dans les lieux sombres, et la propriété qu'elle a de changer de couleur la rend fort remarquable; selon qu'elle dort ou qu'elle veille, et qu'elle se tient au soleil ou dans l'obscurité, elle est blanchâtre ou brune, et tachetée de jaune ou de vert.

Crapaud Accoucheir. Bnfo obletricans, Laurenli, Jmph., n» 12; Daudin, pi. 22, tig. 1. Cette petite espèce n'est pas rare en Europe; cependant ses mœurs singulières n'ont été observées que fort tard, et c'est à Brongniart que l'on en doit la connaissance. Sa couleur est grisâtre; il est ponctué de noir sur le dos, et de blanc sur les côtés; l'iris de l'oeil est doré; les parotides sont peu saillantes. L'Accoucheur vit à terre et loin des eaux que la femelle ne fréquente pas même au temps de la ponte. A cette époque, le mâle débarrasse sa compagne de ses œufs qui sont assez gros et au nombre de soixante environ. Après cette opération, il se les attache sur le dos au moyen de filets de matière glutineuse dont ils sont accompagnés, et cliargé de ce précieux fardeau il le porte partout avec lui, prenant les plus grandes précautions pour qu'il n'arrive aucun accidenta une progéniture dont, contre l'ordre habituel de la nature, la mère ne s'occupe plus, laissant au père tous les soins de la famille. Lorsque les yeux des Têtards que renferment ces œufs, commencent à devenir apparents dans leur transparence, ce qui a lieu après quelques jours , et qui indique que les petits ne tarderont pas à éclore, le Crapaud Accoucheur recherche une eau stagnante pour les y abandonner; ici finit son ministère; les Têtards ne tardent pas à éclore et nagent aussitôt, destinés par le mécanisme de leur organisation à reproduire la merveille de leur accoticliement sans en avoir reçu de leçons que par le développement d'un instinct irrésistible.

Crapaud épineïx. Bufo spinosus. Bosc a le premier mentionné cette espèce ; elle se trouve assez communément dans la France tempérée où elle acquiert la plus grande taille parmi les Crapauds. Son diamètre n'a pas moins que trois à cinq pouces; sa couleur est brune, et les tubercules de sa peau rugueuse sont terminés sur les flancs par des pointes hérissées. L'Épineux habite dans la terre, et fuit soigneusement la lumière du jour. Les laboureurs le trouvent assez fréquemment dans le sol d'où la charrue le déloge , et prétendent qu'il n'en sortirait jamais s'il n'y était ainsi forcé. On ne le voit nulle part dans le voisinage des eaux, ce qui fait supposer qu'il dépose ses œufs dans les sources souterraines ou du moins dans les infiltrations qui pénètrent le sol. Ces œufs n'ont jamais été observés, non plus que les Têtards qui en résultent.

I Les Bufo Surinamcnsis, Daud., pi. 53, f. 9 ; — Bengalensis, Daud., pi; 23, fig. 1 ; — horridus, Daud., pi. 3G; — guttitrosus , Daud., pi. 30, f . 2 ; — Items, Daud., pi. 30, fig. 1; — Bufo pustulosus , Laurenti, Amph., n» 4; Encycl. Rept., p. 13, pi. 7, f. 1 ; Jiana ventiicosa, ^, Gmel., Syst. Nat., xni, 1, p. 1049; — Bufo Jtjua, Daud. ; Bufo Brasiliensis, Laur., Jmph., n» 5, espèce presque gigantesque, de sept à huit pouces de long; Bufo viiidis, Laur., Jmph., n»8; le Vert, Lac, Quadr. Ov. , p. 587; Rana Sitibumla, Pall., Gmel., Syst. Nat., xiii, 1, p. 1030 ; Bufo gibbosus, Laurenti, Jmph., n» 6, Lac, Quadr. Ov., pi. xi, reproduite dans l'Encycl., pi. 6, f. 7 ; Gmel., Syst. Nat., xiii, 1, p. 10-47; Bufo venlricosus, Laur., Jmph., n<>3; les Bana fusca , ovalis et lineala; enfin le Coureur, Bufo cursor de Lépéchin, sont, avec quelques autres espèces plus ou moins connues, celles qui complètent cette première division.

tt Les doigts des pieds postérieurs palmés ; ceux des mains toujours libres.

Crapaud commun. Bufo vulgaiis, Enc. Rept., p. IG, pi. 6, fig. 1 (mauvaise, ne représentant que trois doigts non palmés aux pieds de derrière); Daud., 24; liana Bufo, L., Gmel., Syst. Nat., xiii, 1, p. 1047, Bufo terrestris , dorso tuberculis exasperato , oculis rubiis, Roêsel, Ban. nost., pi. 20. Ce Crapaud, le type du genre, le plus abject de tous, celui qui se présente le plus souvent sous les pas de l'homme, n'a pas besoin d'être décrit. On sait que sa taille s'étend de deux à cinq pouces. La manière dont il se gonfle quand on le tourmente vient de ce que sa peau n'est point attachée à son corps ; elle n'y est fixée que par le bord des mâchoires, les articulations et la ligne dorsale ; l'animal y est comme dans un sac, et lorsqu'il se sent surpris, loin de chercher son salut dans une fuite que sa lourdeur rendrait inutile, il ne semble l'attendre que du mépris qu'il inspire; il s'arrête aussitôt, se boursoufle, et se forme, de l'air dont il sait s'environner, comme un matelas sur lequel les coups qu'on lui porte viennent s'amortir. Fort commun dans les jaidins, il y fait la chasse aux Cloportes, aux jeunes Limaces, aux Cousins et aux Mouches. 11 fait souvent entendre un bruit qui ressemble à la voix de l'homme irrité ou à l'aboiement du Chien. Laduréede sa vie est ordinairement de quinze ans; il ne produit qu'à quatre. L'époque de ses amours a lieu vers le mois d'avril. L'accouplement se fait ordinairement dans l'eau; il a cependant quelquefois lieu sur terre ; dans ce cas, la femelle, après l'acte, se rend dans quelque marais eu y portant le mâle sur son dos. Là, celui-ci relire avec ses pieds de derrière des œufs qu'il féconde encore à mesure qu'ils sortent en longs cordons glaireux où ils sont disposés alternativement par paires. Ces cordons ont quelquefois jusqu'à quarante pieds d'étendue.' De ces œufs sortent de trèspetits Têtards tout noirs qui, d'abord, se fixent par leur bouche contre les plantes aquatiques, et bientôt, munis de branchies externes, comme des Poissons, se mettent à nager dans les eaux. Leur ventre est souvent doré. On en trouve d'innombrables quantités dans les mares, et même dans les ornières où, jusqu'aux Hirondelles, des milliers d'ennemis les viennent attaquer.

Les desséchemenls en font périr un fort grand nombre.

Crapaud cendré. Bufo cinereus, Daud., pi. 23,.i. Ce Crapaud est encore européen. On le confond généralement avec le précédent ; mais ses yeux, d'un jaune doré, sont plus petits; sa léte arrondie est moins large; sa teinte est cendrée, uniforme, sa taille de deux pouces tout au plus. Il vit par troupes, dans les parties sèches et sablonneuses des pays de montagne. Ses verrues l>résentent quelquefois des teintes cuivreuses; il pénètre jusque dans les maisons.

CRAPAtD BRI':». Bufo l'uscus, Laurcnti, Amph. n» 10; Encycl. ltepl.,p. 15, pi. 6, f. ô; Daud., pl.20,f. 1-2-5; Ituna bombina,-/, Gniel. (Syst. i\'a<., xnt,l, p. 1048); Bufo uqtiatlcus allium redolens, macutis ftiscis, lioesel, Ran. nostr., pi. 09, pi. 17-19. Cette espèce, plus leste que les autres, et qui saute à peu près comme les Grenouilles, habile aussi le voisinage des eaux dans lesciuelles on la trouve assez souvent; elle est variée de brun et de blanchâtre; on dirait de l'écaillé; ses yeux brillants présentent cette particularité qile la pupille y est verticale, au lieu d'être horizontale comme dans les autres espèces; les doigts de derrière sont longs et entièrement palmés, ce qui facilite beaucoup la natation. Quand on tourmente cet animal, il répand une forte odeur d'ail. Ses œufs sortent en un seul cordon moins long, mais plus épais que dans le Crapand commun, et disposés presque confusément sur plusieurs rangs. Le Têtard qui en naît, n'a qu'une ouverture branchiale du côté gauche; il est le plus gros de ceux d'Europe. Ce Crapaud coasse à peu près comme la Grenouille.

Crapaud Sor»j(ANT ou Pluvial. Bufo Bomhinus, Daud., pi. 26, fig. l-ô; Crapaud à ventre jaune, Cuv. ; Bufo igneus, Laur., n" 13; Crapaud couleur de feu, Encycl. pi. C, lig. 5-G; Rots., pi. 22-23; vulg. Crapaud d'eau. Cette petite espèce, qui n'a guère plus de deux pouces de long, n'a presque rien de la laideur des autres ; et si ce n'était les pustules- verruqueuses de son dos et la leinle noire et terreuse de ses parties supérieures, on dirait, à la longueur de ses pattes postérieures, une Grenouille. La partie inférieure de la tête, le ventre et le dessous des cuisses et des bras, avec la paume de la main et la plante des pieds, sont d'une teinte jaune brillante, avec des reflets d'un roux vif, marbrés de taches d'un bleu souvent assez agréable à l'oeil. Ce Crapaud se tient presque toujours dans l'eau; il ne fuit pas la lumière comme les autres espèces, et semble au contraire se complaire ù la clarté du soleil le plus ardent; alors, si l'on vient à le tourmenter, il répand une odeur d'ail Ires-scnsible. Son cri, assez triste, se compose d'un seul son qu'on a comparé assez mal à propos à celui d'une cloche; pendant les nuits d'été, il se mêle souvent à celui des Grenouilles dont il fait une sorte de basse. Le Crapaud sonnant pond des œufs un peu plus gros que ceux de ses congénères, disposés par paquets et non en cordons; il forme conséqnemment le l>assage des Crapauds aux Grenouilles. Les Têtards qui en proviennent sont fauves, et de bonne heure présentent de petites taches bleues sous le ventre; leur queue est fort large dans le sens vertical, et d'abord munie de crêtes ou de quelques dentelures en forme de frange. Le Crapaud sonnant, lorsqu'on lesnrprend hors de l'eau,

essaye d'abord de fuir en sautant ; s'il sent l'inutilité de ses efforts, il s'arrête et se recourbe le plus qu'il peut, en rapprochant sa léte de sa partie postérieure, et en creusant son dos pour renfler l'abdomen.

Les Bufo CMoragaster, Daud.. pi. 23, f. 2, de Java; — sa/sus de Schranck, qui habite les eaux salées des réservoirs du pays de Saitzbourg et d'Autriche, espèce très-réelle, encore qu'on l'ait regardée comme une variété du Sonnant ; — Ridihunda de Pallas, qu'il ne faut pas confondre avec le Bombinus ; — f^esperlina, Pall., qui, de même que le précédent, se trouve en Sibérie et dans le bassin de la Caspienne ; — Margaritifer, Daud., pi. 53, f. 1; Rana Typhonias, Gmel., Syst. Nat-, XIII, 1, p. 1032. qui n'est pas une Grenouille; Bufo nasulus de Schneider, qu'on appelle Aqtiaqua du Brésil; — MusiCHs, Daud., pi. 33, f. 5; vulgairement le Criard à la Nouvelle-Angleterre; Rana inusica,L.* qui se trouve aussi à Surinam; — Ilumorulis, Daud.; Rana marina, L. , vulgairement l'Épaule armée à Cayenne, où sa taille n'est pas moindre de huit à neuf pouces; — semi-lunatus, Schu., de Surinam; — Cya- «o/>/i/re/(S, Daud., des Indes-Orientales; — et cornutus, Daud., pi. 38, de Surinam, le Cornu, Encycl. Rept.,p. 7, f. 3. sont à peu près les principales espèces qui complètent cette division. La dernière surtout est d'une (îgurc monstrueuse; sa taille est assez grande; sa léte presqu'aussi grosse que son corps ; sur les yeux s'élèvent comme deux cornes.

ttt Tous les doigts palmés ou semi-palmés, même ceux des mains.

Les Bufo Panamensis, Daud., — Arunco de Molina, qui se trouve au Chili, et — Spinipes, Schn., rapporté de la Nouvelle-Hollande, forment cette section.

CRAPAUD. MOLL. Denys Monlfort a formé avec une Coquille du genre Murex de Lamarck, Mures ranella, un genre particulier dans la famille des Canalifères, qu'il caractérise ainsi : coquille libre, univalve, à spire élevée; cordons latéraux; bouche allongée, dentée, offrant une gouttière à la jointure supérieure des deux lèvres; base échancrée. Le Crapaud vextre de bicbe, Bufo spaUiceus, est la seule espèce comprise dans ce genre. Cette Coquille, qui a plus de deux pouces de hauteur, est turriculée, aplatie, chagrinée et de couleur jaunâtre ; chaque tour de spire porte des tubercules encore plus élevés que les protubérances et les stries; les cordons latéraux sont épais ; la Columelle est armée, plissée, ridée, blanche, etc. ; elle présente un canal profond et en partie recouvert antérieurement; la lèvre extérieure est dentée, formant, vers sa base, un canal court, d'accord avec la Columelle. On trouve abondamment cette Coquille dans les parages de Botany-Bay. Nous ignorons si les conchyliologues ont adopté le nouveau genre de Montfort.

CRAPAUD AILÉ. MOI.L. Nom vulgaire du Strombe très-large; Stronibus latissimus, Gmel.

CRAPAUD DE LA NOUVELLE-HOLLANDE , CRAPAUD PALE.Syn. vulgaire du Mollusque dont Montfort a fait son genre Crapaud.

CRAPAUD Dli MER. pois. Syn. de Scorpena honkla, L. ; et de Lophius Histrio, L.

CRAPAUD ÉPINEUX, bept. Syn. d'Agame Tapaye.

CRAPAUD VOLANT, ois. Syn. vulg. d'Engoulevent.

CRAPAUDINE. POIS. Synonyme vulgaire d'Anarrhique Loup.

CRAPAUDINE. BOT. Syn. vulgaire de Sideritis canariensis.

CRAPAUDINE. min. Nom donné par Galitzin au Minéral que Withering a Irouvé composé de Silice, 05; Alumine, 14; Chaux,?; Fer oxidé, 10. Ce Minéral parail être la hase de la Variolile.

CRAPAUDINES. POIS. Foss. F. BcromTES.

CRAPE. CRCST. F. Crael.

CRAPECHKROT. ois. /'. CiiACPEcnEROT.

CRAQUELINS ou CRAQUELOT. crcst. Nom vulg. que (Inmient les pécheurs aux Crustacés qui, venant de clianger de peau, sont encore mous; ils les emploient comme appât.

CRASPEDARIUM. MOLi. F. Verticelle carrée.

CRASPÈDE. Craspeilum. bot. Loureiro (FL Cocliinch. 2, p. 441) avait institué ce genre pour une plante que Poiret (Encycl. Suppl. 2, p. 104) a réunie au genre Elœocarpus, et que De Candolle {Prodrom. Syst. Feg. 1, p. 520) rapporte au genre Dicera de Forster, exprimant toutefois ses doutes sur la justesse de cette réunion. Le Craspedtim tectorium, Lour., Iiahile les forêts de la Cochinchine. Ses feuilles sont oblongues, crénées etacuminées; ses fleurs monogynes, réunies en niasse et formant une sorte d'épi terminal; sa baie est uniloculaire et polysperme.

CRASPÉDIC. Ciaspedia. bot. Genre de la famille (les Synanthérées et de'la Syngénésie ségrégée. Forster, dans son prodrome de la Flore des îles Australes, a établi les caractères du genre Craspedia, sans doute d'après quelques espèces que lui-même avait observées, mais dont il n'a pas donné la description ; ce qui a fait que Willdenow et Persoon n'ont pu que rapporter ces caractères génériques , purement et simplement, sans entrer dans la moindre critique. Labillardière est venu ensuite, dans la publication de son voyage à la recherche de Lapeyrouse, décrire la même plante qu'avait observée Forster, mais en lui donnant le nom AcJiicliea glauca, faute de moyens de constater l'identité de cette plante avec le Crassipedia unifloia de Forster. Ce que n'a pu faire Labillardière devint chose facile pour Robert Brown qui, à l'aide de l'Herbier de Banks, fut non-seulement à même de sanctionner le genre de Forster, mais d'en faire ressortir tous les caractères par une foule de remarques qui sont le cachet du profond savoir de l'observateur anglais. 11 était donc convenable de faire disparaître, quant à l'espèce de Labillardière, le nomde/î/c/ieaetde lui préférer comme antérieur, celui de Craspedia, dérivé de xpa.mtiSo)i, frange, à cause de l'apparence frangée qu'olïre le fruit de ces végétaux, dans les dessins d'objets d'histoire naturelle rapportés du second voyage de Cook, et conservés dans la bibliothèque de sir .loseph Banks. Voici les caractères génériques tracés par Labillardière, et dont Brown ( Observations on the Compositœ, p. 106) a vérifié l'exactitude, en ajoutant quelques remarques que nous exposerons plus bas : involucre général composé de folioles nombreuses, égales et disposées sur un seul rang; capitules ou calicules nombreux, contenant cinq à six fleurs

hermaphrodites, à corolle infundlbuliforme ; réceptacle paléacé; akènes obovés, un peu velus et couronnés par une aigrette plumeuse. Brown observe que l'involucre général est formé de bractées qui soustendent les capitules partiels et sont en même nombre qu'eux; les paillettes du réceptacle sont analogues à ces bractées. H est essentiel de faire attention à cette structure qui devient surtout importante, si on veut établir une comparaison entre le Craspedia et deux autres genres voisins, nommés par l'auteur Caloccphaliis et Leucopliyla. Indépendamment du Craspedia unifiera de Forster, Biown dit en avoir encore obseivé une autre espèce qui pourrait bien êtie celle que \V. Hooker a décrite dans le Botan. Magaz. t. 5415, sous le nom de Craspedia macrocephula, Craspédie à larges capitules. Sa racine est vivace; il s'en élève une tige simple, de sept à huit pouces, entourée à sa base de feuilles radicales, linéaires-lancéolées, spalhulées, aigiits, entières, velues , longues de trois pouces environ, larges de six à sept lignes, d'un vert glauque, fort pûle en dessus, presque blanchâtres en dessous; les feuilles caulinaires sont beaucoup moins longues, surtout à mesure qu'elles s'éloignent de la base ; elles sont alternes, sessiles et assez irrégulières. La tige est terminée par un large capitule, composé d'une multitude de fleurs, entourées à leur base d'un involucre général, composé de folioles nombreuses et disposées sur un seul rang. Ces calicules ou capitules partiels contiennent cinq à six fleurs à corolles infnndibuliformes, hermaphrodites. Le réceptacle est paléacé; les akènes sont obovés, un peu velus et couronnés par une aigrette plumeuse. Cette espèce a été découverte par M. William Davidson, curateur du jardin botanique de Hobart-Town, à la terre de Diemen , et qui eu a recueilli des graines sur le mont Wellington, à trois mille pieds au-dessus du niveau de la mer. D'autres graines apportées récemment par le docteur Wilson, ont mis les botanistes de l'Angleterre à même de cultiver cet intéressant végétal , qui doit bientôt se répandre dans nos serres tempérées et contribuer à leur ornement, par ses larges capitules qui paraissent au mois de juillet.

Craspédie a feuilles glauques, Craspedia glauca, Bot. regist. 1908; Ricliea glauca, Labill. FI. Nov.- Hol. Plante herbacée, d'un vert glauque, garnie de poils épars, qui s'entrelacent quelquefois et prennent l'aspect d'une toile d'Araignée qui recouvrirait les parties de la plante. Les feuilles sont linéaires-lancéolées, acurainées, un peu décurrenles; la tige est assez souvent pourvue de folioles semblables aux feuilles, mais d'un quart ou d'un sixième seulement de leur longueur qui est trois pouces, terminée par un capitule sphérique, involucre, composé d'une multitude innombrable de fleurs réunies de cinq à neuf, dans un involucre partiel, que l'on peut en quelque sorte considérer comme une involucelle. Le réceptacle est planiusculc, garni d'écaillés dentelées, membraneuses, plus courtes que les corolles; aigrette en forme d'anneau à sa base, composée de seize soies plumeuses de la longueur de la corolle; celle-ci en entonnoir, jaune, avec son tube allongé et son limbe partagé en six segments réfléchis; anthères prolongées en forme de queue sétacée; style

bulbeux à sa base, divisé en deux branches tronquées, canalieulées, dilatées it l'extrémité.

CRASPÉDOCÉPH.\LE.6Vaspc</ofpp/ia/MS.REPT. Genre de la famille des Ophidiens, institué par Fitzinger qui lui donne pour caractères : os maxillaires supérieurs petits et longuement pédicellés. avec un petit crochet aigu et percé d'un petit canal par où se sécrète la liqueur venimeuse; léle large, garnie ainsi que le dos d'écaillés tout à fait semblables; des plaques transversales simples sous le corps et doubles sous la queue. On remarque comme type de ce genre le Craspédocéphale jaune, Trigonocéphale jaune, 0pp.; Vipère ferde-lance, Lacép., l'ipera lanceolata, Daud.; fripera megœra, Schneid. Il a le museau épais, plat en dessus et sur les côtés, arrondi et comme tronqué à son extrémité; les yeux sont revêtus, chacun en dessus, d'une large plaque; les narines sont placées vers le bout du museau; entre chacune d'elles et l'œil , il y a une petite ouverture oblongue, qui parait aboutir à l'organe del'ouie; la langue est très-extensible, étroite, fourchue et susceptible de se retirer dans une gaine membraneuse placée à sa base, sur la partie inférieure de la bouche; le cou est étroit, aminci, couvert ainsi que le corps et la tète, d'écaillcs grandes, carénées, ovales et comme tronquées à leurs deux extrémités; leur direction est réticulée, de manière qu'elles forment des rangées transversales, obliques et croisées entre elles. On a compté deux cent vingt-huit plaques simples sous le ventre, et soixante et une plaques doubles sous la queue; sa couleur est généralement le jaune nuancé de taches plus ou moins étendues et brunâtres; sa longueur est de quatre à cinq pieds et même plus; il fait sa nourriture de Rats, d'Oiseaux, de Lézards, d'tïlufs, d'Insectes, etc. Il est malheureusement très-commun dans les plantations de Canne à sucre, à la Martinique où sa morsure cause journellement la mort à quelque nègre ainsi qu'à des voyageurs moins défiants encore. 11 habile aussi au Brésil et probablement sur d'autres parties du continent américain.

On doit encore rapporter à ce genre le Trimérésure vert de Lacépède, Trimeresiirusviridis, Ann. du Mus. vol. 4, pi. 5G, tig. 2; il a cent soixante-cinq grandes plaques sous le corps; soixante-onze paires de petites plaques, trois grandes plaques et une paire de petites plaques sous la queue; le dessus de la tête couvert d'écaillés semblables à celles du dos et du même vert. Ce Reptile parait avoir environ deux pieds de longueur; il appartient à la Nouvelle-Hollande.

Le genre Cophias, également de Fitzinger, ne présentant point de caractères assez distincts de celui dont nous traitons ici, Cuvier pense qu'il doit lui être réuni ; conséquemment il faudrait regarder comme Craspédocéphales les Cophias bilinealus, Pr. Maxim. liv. 5 ; Cophias al lo.v; Cophias jacaraca, etc.

CRASPEDON. BOT. Fée a proposé l'établissement de ce genre pour une plante Cryptogame, que Sprengel a décrite sous le nom de Sti/jiiiaticlium concretum. Les caractères principaux sont : thalle irrégniier, parsemé d'impressions punctifornies, nombreuses; apolhécies éparses, entières, non perforées, homogènes à l'intérieur.

CRASPÉDOSOME. Craspedosoma. ins. Genre de Myriapode établi par Leach {Traiis. of Ihe Linn. Sociel. T. XI) et rangé par Latreille, dans la famille des Chilognalhes , îi côté des Jules et dans le genre Polydème. Ils ressemblent à ces derniers par la forme linéaire de leur corps, par l'habitude de se rouler en spirale, et par les segments comprimés sur les côtés inférieurs, avec une saillie en forme de rebord ou d'arête en dessus. Ils en diffèrent par leurs yeux distincts.

/'. POLÏDÈME.

CRASSANOIS. BOT. Du Petit-Thouars , dans son Histoire des Orchidées des îles australes d'Afrique, a ainsi nommé une plante du genre ytnfjtœcum, auquel il substitue le nouveau nom i'Angorchis; le mot de Crassangis est lui-même formé de la réunion des deux noms générique et spécifique, ylngrœciim crassum, de la nomenclature généralement adoi)tée. Cette plante (figurée loc. cit., t. 70 et 71 ) croit dans l'ile de Madagascar où elle fleurit au mois de juillet. Ses feuilles sont rubanées, terminées par deux lobes; ses fleurs grandes ■et blanchâtres, ayant un labelle concave, à bords entiers, capuchonné et terminé par un éperon allongé, sont disposées le long d'un axe qui part latéralement de l'aisselle des feuilles. Sa hauteur est de quinze pouces.

CRASSATELLE. Crassatella. MOi.r,. Ce genre, que Lamarck avait d'abord fait connaître sous le nom de Paphie, Pa/'hia, dans la première édition des Animaux sans vertèbres, reçut de lui le nom de Crassatclle, d'abord dans les Annales du Muséum, et ensuite dans la seconde édition des Animaux sans vertèbres ; c'est cette seconde dénomination qui a été adoptée par les conchyliologues. Autant ce genre est peu nombreux en espèces vivantes, autant il se trouve abondamment fossile ; mais, comme le remarque Defrance (Dict. des Se. nat.), il ne se rencontre jamais dans la Craie ou dans les terrains qui sont au-dessous d'elle; on ne le voit que dans les terrains tertiaires et surtout dans ceux des environs de Paris, quoiqu'il y en ait aussi quelques espèces en Angleterre, dans l'Argile de Londres, qui remplace, par sa position géoIogi(|ue et la nature des Fossiles qu'elle renferme, les terrains parisiens. Quelques espèces avaient été connues de Chemnitz, de Gmelin, de Bruguière; mais les deux premiers les avaient confondues parmi les Vénus, et le dernier parmi les Mactres, avec Ies(|uelle3 elles ont effectivement bien des rapports; mais on n'avait aucune idée de ces belles Crassatelles si rares et si précieuses qui furent rapportées, dans ces derniers temps, de la Nouvelle-Hollande, espèces d'autant plus intéressantes que l'une d'elles offre l'analogue d'une des plus communes Coquilles fossiles des environs de Paris. Ce fait ainsi que celui relatif au Cérithe Géant, et quelques autres semblables, font penser que ce pourrait bien être dans ces mers éloignées que l'on devra chercher, non pas tous les analogues de nos espèces fossiles en général, mais peut-être une quantité suffisante pour en tirer des conclusions satisfaisantes, qui tendraient à prouver un changement notable de température, quelle qu'en soit la cause première. Voici les caractèresquidistinguentles Crassatelles des genres voisins ; coquille inéquilatérale.

suborbiculaire ou transverse; valves non hâillantes; deux dents cardinales, subdivergentes, et une fossette à côté ; ligament intérieur inséré dans la fossettede chaque valve ; dents latérales nulles. D'après ces caractères, les Crassatelles doivent se rapprocher beaucoup des Mac- Ires dont elles ont le ligament intérieur, et des Érycines, avec lesquelles plusieurs conchyologues les ont confondues. Cuvier (Règn. Anim. T. ii, p. 474) place les Crassatelles à côté des Cardites et des Vénéricardes, quoique, dans ces derniers genres, la position du ligament et la disposition de la charnière soient bien différentes. 11 dit : » Je ne doute guère que ce ne soit encore la jilace des Ciassalelles que l'on a rapprochées tantôt des Mactres, tantôt des Ténus; » et plus bas : « Leurs valves deviennent très-épaisses avec l'âge, et l'empreinte des bords du manteau donne à croire que, comme lesprécédentes (les Cardites et les Vénéricardes), elles n'ont pas de tubes extensibles. » Cette manière d'énoncer avec doute et avec une grande réserve, les caractères qui pourraient le mieux seivir à placer convenablement ce genre, fait penser que Cuvier avait lui-même peu de données, et que ce n'est que par une analogie éloignée qu'il l'a provisoirement placé comme cinquième genre des Mytilacés. Férussac établit une famille pour les Crassatelles, en y joignant le genre Crassine. Ces deux genres, s'ils ont entre eux certains rapports, manquent de ceux relatifs à la charnière et à la position du ligament. Voici les Crassatelles qui paraissent mériter le plus de fixer l'attention :

Cr ASSATELLE DE KiRG . Crassotella Kingicola, Lanik. , .animaux sans vert. T. v, p. 481, n» 1. Espèce rare et précieuse, revêtue d'un épiderme brun, qui disparaît vers les crochets; elle est ovale, orbiculaire, épaisse, enHée, d'un blanc jaunâtre, obscurément rayonnée et ornée à sa surface de stries très-fînes et très-serrées , quelquefois irrégulières, présentant plutôt des traces d'accroissement; les crochets sont plissés, peu proéminents. Cette Coquille, large de deux pouces neuf lignes, se trouve dans les mers de la Nouvelle-Hollande, à l'Ile de King.

Crassateile SILLONNÉE. CrassuteUa sulcaia, Lamk., Ann. du. Mus., p. 408 et 409, n» 2; pour la fossile, Anim. sans vert., loc. cit., n» 5. Celle-ci est une des espèces les plus intéressantes, puisqu'elle offre l'analogue d'une des espèces fossiles que l'on trouve abondamment aux environs de Beauvais, à Bracheux et à Abbecourt. C'est une Coquille ovale, trigone, très-inéquilatérale, un peu enflée, élégamment sillonnée transversalement; le côté antérieur est anguleux, proéminent; les sillons diminuent de grosseur vers les crochets, deviennent des stries très-fines, qui finissent par disparaître au sommet; la lunide et le corselet sont bien marqués et enfoncés. Cette espèce, qui vient de la baie des Chiens-Marins, présente trois variétés : la première ne diffère que par le volume , c'est le Fossile de Bracheux; la seconde est moins arrondie, bien plus transverse, mais plus épaisse et plus globuleuse, presque bossue, également fossile de Bracheux et d' Abbecourt; la troisième enfin est plus déprimée et présente des sillons ou des plis plus réguliers, ce qui rend la Coquille plus élégante.

Aux espèces fossiles, figurées par Sowerby dans le Mifierai Concholoyx, et à celles décrites par Lamarck dans les Annales du Muséum, on pourrait en ajouter un assez grand nombre, trouvées par Deshaies dans les environs de Paris; nous nous bornerons à décrire la suivante :

Crassatelle scuTEiLAiRE. Crossatella scutellaria, Deshaies. Cette grande Coquille ovale, trigone, aplatie, dont le test est très-épais, a le liord antérieur anguleux, subrosiré. Delà lunule et du bord poslérieur parlent des sillons qui s'aplatissent sur la surface de la Coquille, et qui y disparaissent vers le milieu ; la lunule est très-enfoncée; le corselet l'est aussi, et il est circonscrit par une côte saillante; les crochels sont peu proéminents; la lame cardinale est large; l'impression du ligament est grande, irrégulièrement triangulaire; le bord inférieur des valves est crénelé; elle est longue de deux pouces trois lignes et large de deux pouces neuf lignes. Deshaies l'a découverte à Abbecourt, à deux lieues de Beauvais, dans une localité semblable à celle de Bracheux, mais plus importante; car elle pourra servir à décider l'âge et la vraie position géologique des Fossiles de cette dernière localité.

CRASSICAUDE. Crassicaudus. zooL. C'est-à-dire queue épaisse ou touffue.

CRASSICAULE. Crassicaulis. bot. Plante dont la tige est épaisse et charnue.

CRASSICEPS. zooL. A tête fort épaisse.

CRASSICORNE. iNSECT. Dont les antennes sont fort épaisses.

CRASSIFOLIÉ. Crassifolius. bot. Plante dont les feuilles sont épaisses ou succulentes.

CRASSINA. BOT. Ce genre de Scopoli, répond au genre Zinnia.

CRASSINE. Crassina. moli. Genre établi par Lamarck dans sa famille des Nymphacées, de Tordre des Mollusques Conchifères, avec les caractères suivants : coquille suborbiculée, transverse, équivalve, close; charnière ayant deux dents fortes, divergentes, sur la valve droite, et deux dents très-inégales sur l'autre valve; dents latérales nulles; ligament externe sur le côté le plus long. Ce genre avait été indiqué par Sowerby, dans le Minerai Conchology, sous le nom d'Jstarle, avant que Lamarck ne lui donnât celui de Crassine, dans son Histoire des Animaux sans vertèbres; il serait donc convenable de le rétablir sous son premier et véritable nom , et Lamarck lui-même se serait empressé de le faire s'il en eut eu connaissance, mais l'ouvrage de ce savant est tellement répandu que le droit de priorité devient un sujet de confusion. Avant la formation de ce genre, les Coquilles qui le composent faisaient partie des Vénus; si l'on étudie ces dernières, on voit, à mesure que les espèces deviennent plus épaisses et plus aplaties, que la charnière se modifie : l'une des trois dents cardinales diminue, finit par disparaître, et celte disparition est complète dans la l-^enus Brongnarte (Payr.) par exemple. Une différence principale reste toujours entre ces Coquilles; elle se montre dans l'impression palléale, simple dans les Crassines, sinueuse postérieurement dans les Vénus; il existe donc dans la forme des Coquilles et les caractères de la char-

nicre de );runils rapporU enlre les Uciix genres qui viennent d'être mentionnés. L'animal des Crassines n'est point encore connu; il en existe cependant plusieurs espèces très-abondantes dans les mers du Nord, et quelques autres dans les mers tempérées; on n'en connaît pas jusqu'ici dans les mers tropicales. Le nombre des espèces vivantes est restreint à cinq ou six; celui des fossiles est beaucoup plus considérable : on en trouve dans presque tous les terrains, depuis le Lias jusqu'aux tertiaires les plus récents.

CRASSIiSERVÉ. Crassinervius. eot. Se dit de feuilles dont les nervures sont épaisses et fort saillantes.

CRASSIPÈDE. Crassipes. ins. Dont les cuisses elles jambes sont fort épaisses.

Le nom de Crassipèdes a été donné par Lamarck, à une section de l'ordre des Conchyfères Dimyiaires, comprenant ceux de ces animaux qui ont le pied épais.

CRASSIROSTRE. Crassirostris. ois. C'est-à-dire qui a le bec épais et fort. Cette épithète a servi à Goldfuss pour désigner une famille d'Oiseaux grimpeurs, qui se caractérise par un bec épais.

CRASSOCÉPHALE. C lassocephaluin ou Crcmocephalum. BOT. Genre de la famille des Synantbérées, tiibu des Sénécionides, pro|)osé par Mœncli, adopté par II. Cassini qui l'a caractérisé de la manière suivante : calathide cylindrique, inconronnée, équaliflore, multitlore , régulariflore , androgyniflore ; péricline cylindrique, égal aux fleurs, formé de squames unisériées , contigues , parfaitement libres, non entregreffées, appliquées, égales, étroites, linéaires, canaliculées, sphacélées au sommet; la base du péricline entourée de plusieurs squamules surnuméraires, irrégulièrement disposées, inégales, courtes, linéaires-subulées, ciliées; clinantlie plan ou concave, alvéolé, à cloisons basses, charnues, irrégulièrement denticulées; ovaires pédicellulés, cylindriques, glabriuscules ou papilles, munis de dix côtes cylindriques et d'un bourrelet apicilaire ; aigrelte longue, blanche, caduque, composée de squamellules nombreuses, très-inégales, droites, filiformes, très-grèles, munies de barbellules irrégulièrement disposées, très-distancées, très-courtes, à peine saillantes, obtuses; corolles (purpurines) toutes uniformes, très-longues, très-gréles, presque filiformes, à limbe beaucoup plus court que le tube, et muni de nervures surnuméraires; étamines paraissant souvent imparfaites, surtout dans les fleurs extcriein-es; filet inséré vers le milieu de la hauteur du tube ; article anthérifère excessivement long; anthère extrêmement grêle; appendice apicilaire long, subulé ; styles à deux stigmatophores, surmontés chacun d'un appendice collectifère, en forme de languette subulée, longue comme la moitié des vrais stigmatophores, qui portent aussi des collecteurs éjjars sur leur face extérieure convexe, principalement sur les bords.

En lisant cette description, on reconnaît : 1" que le genre Crassocephalum a la plus intime affinité avec le genre Neoceis, quoiqu'il s'en distingue nettement par sa calathide incouronnée; 2» qu'il semble se confondre, parses caractères techniques les plus apparents, avec le vrai genre Senecio {Senecio vulgaris, Lin.), quoiqu'il s'en éloigne certainement par d'autres carac-

tères moins manifestes, mais dignes d'^'lre considérés par les botanistes exacts; ô<> que ses vrais caractères distinctifs, à l'égard du genre Senecio, résident dans la structure de la corolle, des étamines, du style ; 4° que le caractère unique sur lequel Mœnch a fondé ce genre, qst absolument faux ;. ce faux caractère parait cependant avoir déterminé ce botaniste ù rapprocher le Crassocephalum àa Tarchonanthiis et du Taijetes ; mais on ne devine pas pourquoi il a placé ces trois genres dans une division éloignée de celle où il admet les autres Synanlhérées. Ce seul exemple peut suffire pour faire juger la méthode générale de Mœnch , qui est peut-èlre la plus bizarre, la plus inextricable, la plus mauvaise à tous égards, qui ait jamais été imaginée. Ajoutons qu'en général ses descriptions génériques, fondées sur des observations assez subtiles, mais trèssouvent inexaclcs, ne valent guère mieux que sa classification. Si le genre Crassocephalum doit être maintenu, il faut non-seulement lui assigner d'autres caractères que ceux de Jtonch, mais peut-être aussi changer son nom , comme étant hybride ou composé d'un mot latin et d'un mot grec. Nous proposons celui de Cremocephalum , exprimant que les calathides, penchées ou pendantes, sont comme suspendues au sommet de leurs pédoncules.

Le genre Crémocépbale ne présente encore qu'une seule espèce : Cremoccphalum cernuiim, qui paraît assez abondant aux Indes-Orientales et dans les îles des mers Australes.

CRASSOPETALON. bot. ^. Crossopetaiou.

CR ASSOUVIE. Crassouvia. iiot. Coramerson avait donné ce nom à un genre de la famille des Crassulacées, et qui a été reconnu comme identique avec le genre Bryopbylle de Salisbury.

CRASSULA. bot. r. Crasscle.

CRASSCLACÉES. Crassulaceœ. bot. Famille des Dicotylédones à étamines périgynes ; elle se compose de plantes généralement herbacées ou plus rarement frutescentes, et son nom rappelle une des particularités les plus remarquables de leur organisation, qui consiste à avoir des feuilles épaisses et charnues, tantôt alternes, tantôt opposées. Les fleurs, qui présentent quelquefois un éclat très-vif, offrent différents modes d'inflorescence. Leur calice est profondément divisé; la corolle est composée d'un nombre plus ou moins considérable de pétales, égal ù celui des divisions du calice, avec lesquelles ils alternent; quelquefois la corolle est complètement monopétale. Le nombre des étamines est le même ou plus rarement double de celui des pétales ou des lobes de la corolle monopélale; quand elles sont en nombre double, il arrive quelquefois que la rangée intérieure avorte ou se compose de corpuscules on appendices de.forme variée. Les étamines sont insérées à la base ou à l'onglet de chaque pétale, et l'insertion est toujours périgynique. Au fond de la fleur, on trouve constamment plusieurs pistils distincts et supérieurs, quelquefois légèrement soudés entre eux par leur base. Leur nombre varie de trois à douze et même au delà. Chacun d'eux se compose d'un ovaire plus ou moins allongé, à une seule lo^je, qui contieni plusieurs ovules allachés à un trophosperme suturai et placé du côté

interne. Le slyle est un peu oblique et se termine par un stigmate simple et petit; en sorte que chaque pistil ressemble beaucoup à celui des Renonculacées polyspermes. Le fruit se compose d'autant de capsules uniloculaires et polyspermes qu'il y avait de pistils dans chaque fleur. Ces capsules s'ouvrent par la suture longitudinale qui règne sur leur côté interne; les graines sont attachées aux deux bords rentrants de la suture. Elles se composentd'un embryon plus oumoins recourbé, enveloppantenquelipie sorte un endosperme farineux. Cette famille se rapproche des Caryophyllées, dont elle diffère par son insertion périgynique. Elle a aussi de grands rapports avec les Saxifragées, lesNopalées,les Portulacées et les Ficoïdes, qui sont également pourvues d'un endosperme farineux ; mais elle s'en distingue surtout par la pluralité de ses pistils.

Les genres de cette famille sont peu nombreux. Les principaux sont ; Tillœa, L.; BuUiarda, DC; Crassula, L., auquel il faut réunir les genres Rochea, Globulœa, DC; Graminanlhes, DC; Curtogyne , Haw.; Dasxstemon,\iC.\Cotyledon,\)C..\Kalanchoe,kAAns.-, Bryophyllum, Lamk.; Sedum, L.; Sempeiviciim,t.; Septas, L.; Echeveria, DC; Umbilicus, DC; Pistorinia, DC. Jussieu rapproche également de cette famille les genres Penthorum de Gronovius et Cephalotus de Labillardière et de R. Brown.

CRASSULE. Crassula. bot. L'un des genres les plus considérables de la famille des Crassulacées, qui en a tiré son nom, et qui lui-même emprunte le sien du latin crassHS , épais. Il fait partie de la Pentandrie Pentagynie, L., il se compose de près d'une centaine d'espèces, qui croissent pour la plupart dans les contrées chaudes du globe, particulièrement au cap de Bonne Espérance. Les auteurs modernes, et spécialement De Candolle (Plantes grasses) et Haworth {Plaiitœ succulentœ), ont modifié les caractères du genre Crassula de Linné et de Jussieu. Ainsi le premier en a retiré, pour en former un genre nouveau, sous le nom de Rochea, les espèces peu nombreuses qui ont la corolle monopétale, ne laissant parmi les véritables Crassules que celles dont la corolle est formée de cinq pétales. Haworth a beaucoup multiplié le nombre des divisions génériques, et a formé sept genres avec les espèces décrites par les différents auteurs, sous le nom de Crassula. De ces genres trois contiennent les espèces à corolle monopétale : ce sont Larochea ou Rochea, Kalosanthes et rauanihes ou Grammanthes ; quatre, celles dont la corolle est pentapétale : ils portent les noms deCrassula, Curtogyne, Turgosea elGlobiilœa. Peut-être, dans un groupe aussi naturel , ces coupes ne doivent-elles être considérées que comme de simples sections, et non comme des genres réellement distincts; quoi qu'il en soit, on peut distinguer les Crassules aux caractères suivants : leur calice est à cinq divisions trèsprofondes; la corolle est formée de cinq pétales, quelquefois légèrement soudés entre eux à leur base ; les étamines, au nombre de cinq, sont insérées sous les ovaires ou à la base de la corolle monopétale. On trouve généralement à la base des ovaires cinq écailles glanduleuses, qui ne sont probablement que des étamines difformes et stériles. Les pistils sont au nombre de cinq;

3 DICT. ORS SCIENrES NAT.

chacun d'eux se compose d'un ovaire unilocuUiire, polysperme, et d'un style plus ou moins allongé ; le fruit est forméde cinq capsules uniloculaires et polyspermes.

Les Crassules, ainsi que l'indique leur nom, sont loutesdes plantes succulentes; leurs tiges et leurs feuilles sont épaisses et charnues; leurs fleurs, qui offrent une inflorescence très-variée, sont quelquefois peintes des couleurs les plus vives : aussi en cultive-ton un grand nombre dans les serres des amateurs. Voici quelquesunes des espèces les plus remarquables, de celles qui sont restées dans le véritable genre Crassula, tel que l'a modifié le profes.seur De Candolle.

Crasscle tétragone. Crassula telragona, DC, PI. gr., t. 19. Arbuste de trois pieds, à tige lisse, droite et roussâtre, portant des feuilles à quatre angles ob^s, arquées en dessus , très-rapprochées et disposées sur quatre rangs; ses fleurs, blanches et assez petites, formentdes cimes rameuses et terminales. Elle vient du Cap.

Crasscle A FLEURS BLAJiCHES.O-oss«/a/ac<ea;,Willd., 6'/)., DC Cette espèce est assez petite; ses tiges sont ordinairement étalées, épaisses et roides; ses feuilles sont rapprochées, opposées et presque connées à leur base qui est rétrécie; les fleurs sont assez grandes, d'un blanc pur, et disposées en cimes paniculées. Elle croit au cap de Bonne-Espérance.

Crasscle argentée. Crassula argentea. L. Suppl. Elles a ses feuilles soudées, entières, ovales, charnues, glabres, argentées; les fleurs sont blanches, en corynibe. Du Cap.

Crasscle rougeatbe. Crassula rubens, t., DC, t. 35. Petite plante annuelle, très-commune en France dans les vignes et au pied des haies; ses tiges sont hautes de trois à quatre pouces, un peu velues, rougcàtresj ses feuilles sont alternes, charnues et presque cylindriques ; ses fleurs sont rosâtres et sessiles.

Crassele d'Angers. Crassula Andegavensis , DC, FI. fr., Suppl., p. 322. Cette petite espèce ressemble beaucoup, par sou port, au Sedum alralum dont elle diffère par ses caractères. Elle est entièrement glabre; sa tige est grêle, simple à sa base, divisée en trois rameaux dressés ; ses feuilles sont opposées dans le bas , alternes dans le haut, ovoïdes, allongées et dressées; ses fleurs, très petites et d'un blanc rougeàtre, naissent sur les ramifications de la tige. Elle croît en Anjou et dans d'autres parties de la France.

Crassule oRBicciAiRE. Crassula orbicularis , t. Feuilles radicales, imbriquées, ovales-oblongues , disposées en roseti», ciliées; hampes droites, nues, chargées de petits bouquets de fleurs glomérulées, presque en épi, d'un blanc rougeàtre et très-odorantes.

Crasscle ciliée. Crassula ciliaia, L. Tiges courtes jetant des rameaux élancés en longs jets faibles, cylindriques, chargés de feuilles planes, opposées, vertes ovales, obtuses, à bords frangés et ciliés; fleurs terminales, réunies en corymbe, petites et jaunes.

Crasscle rude. Crassula scabra, L. Tiges et feuilles hérissées d'aspérités ou de poils cartilagineux, réfléchis; feuilles très -ouvertes, conniventes à leur base, oblongues et aiguës; fleurs jaunâtres, disposées en cime ombelliforme.

Crasscle h]isaî(te. Crassula lucida, Lara.; Crus-

sula spathulata , ne. Feuilles opposées, pétiolécs, arrondies, presque cordées, charnues, finement crénelées etd'un beau vert luisanlen dessus; fleurs petites, slelliformes, blanches ù l'intérieur, purpurines extérieurement, disposées en corymbe lâche ou en panicule; elles ont leurs pétales fort étroits et plus longs que le calice.

Crassdle percée. Crassula perfossa, Lara. Cette singulière espèce est remarquable par la manière dont les feuilles, réunies ù leur base, sont traversées par la tige; elles sont épaisses, de couleur glauque, et purpurines en leurs bords; les tiges sont simples, terminées ))ar une panicule de Heurs nombreuses.

Toutes ces Crassules, à l'exception du petit nombre de celles qui sont indigènes de l'Europe, viennent du Cap ; elles demandent la serre chaude. Elles doivent être plantées dans une bonne terre franche, mélangée d'un peu de sable, mais sans addition d'aucun engrais. Il ne faut les arroser que très-rarement. La serre dans laquelle on les place, doit être bien aérée et non humide. Rien n'est plus facile que la multiplication des plantes grasses en général , et particulièrement des Crassules, par le moyen des boutures; il suffit d'en séparer une feuille ou un jeune rameau vers le mois de juin, de laisser la plaie se bien sécher pendant une huitaine de jours avant de l'enterrer, et de placer la bouture dans une couche où la chaleur soit modérée. Elle ne tarde pas à pousser de nouvelles racines, et à former un nouveau sujet. On peut encore les miiltiplicr par le moyen des graines.

CRASSULÉES. BOT. Même chose que Crassulacées.

CRASSUVIA. BOT. Commerson avait donné le nom de Crassuvia ftoripendula à une Crassulacée de l'Ile-de- France, que l'on a reconnue depuis être la même plante que le Kalanchoe pinnala , Lamarck. y. Kalancboe.

CRAT.pois. Synonyme d'Esturgeon.

CKATACANTHE. Cmtacanihiis. iNS. Coléoptères penlamères ; genre de la famille des Carnassiers, tribu des Harpaliens, institué par Dejean sur un Carabique de la l'ensylvanie , qu'il avait primitivement confondu dans son genre Pangus. Caractères : dernier article des palpes très-légèrement ovalaire et tronqué à l'extrémité; antennes courtes et filiformes; lèvre supérieure en carré moins long que large, légèrement écbancrée antérieurement; mandibules fortes, peu avancées, assez arquées et aiguës; une forte dent épineuse au milieu de l'échancrure du menton; tète assez grosse, presque carrée et point rétrécic postérieurement; corselet presque carré ; élytres courtes ; presque parallèles , arrondies en arrière; corps court et épais; les quatre premiers articles des quatre tarses antérieurs , trèslégèrement dilatés dans les mâles, assez courts et triangulaires ou cordiformes.

CRAT.ï:A. dot. y. PUILOMÉDION.

CRAT/EGONUM. BOT. Synonyme de Mélampyre.

CRAT/ïGUS. cot. y. Alisier.

CR.iTjŒVA. BOT. Synonyme de Cratévier.

CRATEIA. BÛT. y. Crat.-ea.

CRATEOGONON. bot. F. Crat^egondm.

CRATÈRE. GÉoi,. y. Volcan.

CRATERELLA. BOT. (Champignons.) Persoon avait d'abord séparé, sous ce nom, les espèces de Thélé-

pliores à chapeau contourné en forme d'entonnoir. Telles sont celles qui croissent sur la terre , le Tlielephora caryophyllea et le Tlielrplwia terrestris. Il en a depuis formé une section parmi les Théléphores, sous le nom de Fhylacteria. y. ce mot et Toélépbore.

CRATERELLE. Cratcrella. bot. Persoon a proposé la formation de ce genre, pour une Cryptogame qui a été placée dans le genre Théléphore, sous le nom de Thelephora pallida.

CRATÉRICARPE. Craie ricarpium. bot'. Genre de la famille des Onagraires, Octandrie Monogynie, Linné, institué par E. Spach dans la Monographie qu'il a publiée de cette famille, pour une plante du Pérou, placée par Ruiz et Pavon dans le genre OEnolliera. Le genre nouveau est caractérisé ainsi qu'il suit : calice infundibulaire; pétales bilobés; étamines plus longues que les pétales, insérées à leur base, et alternativement placées sur deux rangs; loges de l'ovaire renfermant chacune six ovules ascendants et disposés sur une seule rangée; stigmate à quatre dents. Le fruit consiste en une capsule stiiùtée , cylindrique, en massue, télragone, tétraptère au sommet; à une loge s'ouvrant antérieurement en quatre valves; placenta rétréci, lé- Iragone. Le Cratéricarpe argyrophylle , OEnolliera subulala , Ruiz et Pavon , a ses tiges suffrutescentes , velues, ses feuilles subulécs, ses fleurs sessiles, ù pétales bifides; sa capsule est formée en massue à huit angles ailés.

CRATÉRIE. Crateria. bot. Ce genre a été réuni au genre Caséarie. y. ce mot.

CRATÉRIER. Craterium. bot. Ce genre a été établi par Trentepohl dans les Catatecta de Rolh , fasc. 1 , p. 224 ; il est un des mieux caractérisés de ce groupe de Lycoperdacées. Son péridiiira est pédicellé, membraneux, et en forme de coupe ou de godet ; il est tronqué au sommet, et fermé par un opercule plat; lessporulcs sont entremêlées de filaments. La forme de ce péridium et de son opercule rappelle celle des capsules de certaines Mousses, telles que les Gymnostomes. Deux espèces extrêmement petites appartiennent à ce genre; elles croissent sur les bois morts et sur les feuilles pourries; leur couleur est le brun marron; l'opercule est blanc ; une troisième espèce ne se range qu'avec doute dans ce genre, c'est VJrcyn'a leucocephala de Persoon; son opercule, au lieu de se détacher complètement du péridiura, se détruit irrégulièrement.

CRATÉRINE. Dans son Essai d'une classification des animaux microscopiques, Bory de St. -Vincent donne ce nom comme généri<iuc, à un groupe qui serait composé de véritables Urcéolaires, si leur orifice était cirrheux. Les Cratérines, parmi lesquels Bory place plusieurs Vorticelles de MUUer, ont le corps membraneux, cylindracé, complètement urcéolé.

CRATÉROIDÉES. Crateroideœ. bot. Reichenbacli a nommé ainsi une famille de Lichens, qui comprend ceux qui portent des réceptacles de corps reproducteurs en forme de coupe.

CRATEROMYCE. Craie romyces. bot. Corda a établi ce genre de plantes Cryptogames, dans la famille desHyphomycètes ou Lycoperdacées, aux dépens des MucorAe Michel. Il lui donne pour caractères : péridioles ovales,

hyalins, formant une ouverture orbic«Iaire, entourée d'un tissu floconneux ; sporidies subglobuleuses et en petit nombre; flocons très-simples, altacbés aux cloisons.

CRATÈVE. Cratwva. botan. Vulgairement Tapier. Genre de la famille des Capparidées, et placé par Linné, qui l'a établi, dans la Dodécandrie Monogynie. Caractères : calice à quatre sépales; quatre pétales plus grands que le calice : étamines en nombre qui varie de huit à vingt-huit; torus allongé ou hémisphérique; baie stipitée, ovée, globuleuse, pulpeuse intérieurement, munie d'une écorce mince. Ce genre est composé maintenant de douze espèces dont la plupart étaient des Câpriers, dans différents auteurs. Ainsi les Capparis magna etfalcata de Loureiro, le Capparis radialiflora de la Flore du Pérou, etc., sont à présent rapportés au genre Cratœra. Le genre Othiys de Du Petit-Thouars (Gêner. Nov. Mailag., n" 44) est composé uniquement du Cratœva obovata, Vahl, espèce conservée par De CandoUe. En général les plantes de ce genre sont des arbrisseaux inermes , à feuilles composées de trois folioles.

Cratève Tapier. Cratœva Tapia, L. Arbre élevé de quarante pieds et plus, dont la cime, étalée et fort touffue, est formée de rameaux nombreux, garnis de feuilles ternées et pétiolées, dont les Heurs sont terminales, portées sur de longs pédoncules, et disposées en une panicule lâche et étalée. Cet arbre croit dans le Brésil et à la Jamaïque. Plumier en a donné une lîgure sous le nom de Tapia arborea triphylla (Gêner. Jmer. t. 21 ) ; mais c'est à tort qu'on lui a ajouté comme synonymes le Cratœra inermis de la Flora Zeylonica, ainsi que le Niirvala de Rhéede , qui se rapportent à l'espèce suivante.

Cratève RELiGiEDX. Cratœva retigiosa. Il croît dans les Indes-Orientales et dans les îles de la Société. C'est aussi un arbre assez élevé, qui a les plus grands rapports avec le précédent, mais que son bois plus dur, ses rameaux plus nombreux, ses feuilles lancéolées, elliptiques, amincies aux deux extrémités, distinguent suffisamment. On en trouve une très -belle figure dans Rhéede (Hort. Malab. 3, t. 42) qui lui a conservé le nom malabare de Niirvala. Il est aussi nommé dans le pays Ranabelou et Prelonou par les Brames , et Pee tlo morlo par les Portugais. Les Indous emploient ses diverses parties, son écorce, ses feuilles, et surtout son fruit, en cataplasmes pour résoudre les tumeurs lymphatiques et pour provoquer les urines.

CRATOCÈRE. Cratocerus. ins. Coléoptères pentamères, genre de la famille des Carnassiers, tribu des Harpaliens, fondé par le général Dejean sur un Carablque récemment apporté du Brésil. Caractères : dernier article des palpes maxillaires allongé et presque terminé en pointe ; celui des labiales plus court et ovalaire; antennes courtes, fortes et monoliformes; lèvre supérieure presque carrée; mandibules faiblement arquées, assez fortes et assez aiguës; une dent simple au milieu de l'échancrure du menton; corps assez court et assez épais ; tête presque triangulaire ; yeux saillants; corselet presque carré, arrondi sur les côtés; élylres ovales, assez convexes; les quatre premiers articles des tarses antérieurs et intermédiaires légèrement dilatés,

courts, serrés, un peu triangulaires ou cordiformes. Le CRATOCÈRE MONOLicoRNE est cncore l'unique espèce du genre.

CRATOCHWILIA. BOT. Synonyme de Clnytia.

CRATOGNATHE. Cratognathus. lus. Coléoptères pentamères, genre de la famille des Carnassiers, tribu des Harpaliens, institué par Dejean qui lui assigne pour caractères : dernier article des palpes assez allongé, très-légèrement ovalaire, presque cylindrique et tronqué ù l'extrémité; antennes filiformes et assez courtes; lèvre supérieure presque carrée, échancrée antérieurement ; mandibules fortes, avancées, arquées et aiguës; point de dent au milieu de l'échancrure du menton; tête grosse, presque carrée et point rélrécie postérieurement; corselet cordiforme; élytres peu allongées, presque parallèles; les quatre premiers articles des quatre tarses antérieurs très-légèrement dilatés, assez courts, triangulaires ou cordiformes. On voit par l'exposition de ces caractères que ce genre diffère peu du précédent; la seule espèce que Dejean y place lui a été envoyée par Schuppel ; on l'a trouvée à Buenos-Ayres ; elle est d'un noir de poix, avec les pieds et les antennes ferrugineux; ses élylres sont striées et offrent un point enfoncé.

CRATOMÈRE. Cratomerus. ins. Coléoptères penlamères; genre de la famille des Sternoxes, institué par Solier qui le caractérise ainsi : antennes de onze articles : le premier oblong, en massue; le deuxième trèscourt, orbiculaire; les suivants transversaux, comprimés, le dernier plus carré et plus grand que le dixième ; palpes maxillaires de trois articles, le deuxième trèscourt; palpes labiales de deux articles assez petits; menton grand, peu transversal, plus large près de la base qu'à la partie antérieure , qui est tronquée et membraneuse; labre petit, un peu épais et comme divisé en deux lobes; épistome échancré en un sinus anguleux; mandibules courtes, épaisses, à dent terminale assez aiguë, yeux très-grands, ovales, un peu rapprochés à la partie supérieure; corselet déprimé, subrectangulaire, acuminé postérieurement; corps déprimé en dessus; cuisses renflées, ciliées, droites et dentées en dedans, arquées en dehors; jambes antérieures courbées en dehors, les intermédiaires droites et les postérieures courbées en dedans. Le Buprestis cyanicornis de Fab. est le type de ce genre ; on le trouve en Autriche.

CRATOPE. Cralopus. ins. Coléoptères télramères; genre de la famille des Rhynchophores, institué par Schoonherr qui lui donne pour caractères : museautrompe allongé, un peu aplati; sillon dans lequel sont logées les antennes, courbe ; celles-ci de onze articles dont les trois derniers forment une massue ; corselet transversal ; élytres recouvrant des ailes; corps oblong; cuisses postérieures renflées; pieds antérieurs plus grands que les intermédiaires; tarses dilatés et ciliés. Ce genre, peu nombreux, a été fourni par le Brésil; on y trouve les Curcutio striga et roralis de Fab.

CRATOSOME. Cralosomus. iNS. Coléoptères penlamères; genre de la famille des Rhynchophores, établi par Schoonherr qui lui assigne pour caractères : bec courbé en dessous et reçu dans un canal sous-pectoral ; yeux bien séparés en dessous; antennes composées de

douze articles, dont le premier plus long et reçu dans un sinus latéral, les quatre derniers en massue; corselet transversal, presque isométrique; un écusson distinct ; corps ovoïdc-ohlong, convexe en dessus; élytrcs recouvrant des ailes et s'élendant au delà de l'abdomen dont elles enveloppent l'extrémité; jamhes antérieures armées d'un crochet à leur extrémité interne. Ce genre se compose de plusieurs Cryptorliynchus de Gerraar, des liUynchœntis taurus, i^aginalis, scaber, etc., de Fab., ainsi que du Lixus dubius de ce dernier auteur.

CIIATOXYLE. Craioxylum. bot. Le docteur Blume a formé, sous ce nom, un genre de la Polyadelpbie, auquel il assigne les caractères suivants : calice ù cinq divisions; cinq pétales; filets des étamincs réunis en trois faisceaux; capsule triloculaire, à trois valves renfermant plusieurs semences obliquement ailées au sommet. Le Cratoxylnm Itoinschuchii est un arbre élevé, ù feuilles opposées, oblongues, lancéolées, pointues, entières, glabres; les Heurs sont réunies en panicule d'un beau rouge ponceau. On le trouve à Java.

CRAUPECHEROT. ois. Syn. vulgaire de Balbusard.

CRAUUOPHYLLON. bot. Syn. de Cucubalus Otites.

CRAVAN. MOLL. r. Anatife.

GRAVANT. OIS. Espèce du genre Canard.

CRAVATE. OIS. Sous ce nom, avec quelque épitbète, on a désigné vulgairement les espèces suivantes d'Oiseaux :

Cravate-blaische, Lanitis albicollis, Levaill., Ois. d'Afr., pi. 113, dont Vieillot a fait, ainsi que de plusieurs autres espèces , son genre Gonolek. y. Pie- Griècue.

Cravate- DORÉE, l'Oiseau- Mouche Rubis - Topaze , jeune âge. F. Coiibbi.

Cravate-frisée (Levaillant), lePhilédon Kogo, Merops Cincinnatus, Lath. K. Pbilédon.

Cravate-jaene , l'yJ/aKf/a Capensis , h., Buff., pi. enl. 504, f. 2. r. Alouette.

Cravate-noire, le yrof/ifVMS wijrn'coWis, Vieill. De l'Amérique méridionale. Z-'. Colibri.

Cravate-verte, le Trocliilus gularis, Lath., qui est le Hausse-Col vert dans son premier plumage, r. Colibri.

CRAVE. ois. y. Pyrroocorax.

CRAVICHON. bot. L'un des noms vulg. du Prunellier.

CRAX. ois. F. Hocco.

CRAYE. MIN. /^..Craie.

CRÊAC. POIS. Synonyme vulgaire d'Esturgeon.

CRÉADION. ois. Vieillot a établi, sous ce nom, un genre qu'il a formé aux dépens de quatre espèces de Pbilédons, des méthodes de Cuvier et de Teinminck. L'étyinologie grecque de ce nom générique exprime un caractère essentiel, celui des caroncules qui garnissent diverses parties de la tête de ces Oiseaux. F. Puilédon.

CRÉAL. POIS. F. Créac.

CRÉAM. bot. Même chose que Codlings. F. ce mot.

CRECER. OIS. Synonyme vulgaire de Merle Draine.

CRÉCERELLE, ois. Espèce du genre Faucon.

CRÉCHET. OIS. Syn. vulgaire de Traquet Motteux.

CREIDION. BOT. Syn. ancien d'jîîthuse et de CiguC.

CREIN. BOT. Synonyme vulgaire de Pin Pumilio.

CRÉMAILLÈRE. BOT. Synon. vulgaire de Cuscute.

CRÉMANIER. Cremanium. bot. Ce genre de la famille des Mélastomacées, a été constitué par David Don, aux dépens du genre Melastoma, et a été ainsi caractérisé : calice campanule, dont le limbe urcéolé, à quatre OU plus rarement à cinq dents, est persistant ; quatre ou cinq pétales; anthères courtes, cunéiformes, s'ouvrant au sommet par deux trous ; stigmate orbiculé et pelté; baie capsulaire, à quatre ou cinq loges. Ce genre a le port du Blakea, et il concorde avec lui par la débiscence de ses anthères ; mais son inflorescence et les formes de son calice ainsi que de son stigmate l'en éloignent beaucoup. 11 se compose d'arbrisseaux du Pérou, rameux, étalés, grimpants ou dressés. Les feuilles sont péliolées, coriaces, dentées en scie ou rarement entières; assez souvent à trois ou cinq nervures. Onze espèces composent ce genre et ont été partagées en deux sections, selon que les Heurs sont oclandres ou décandres. Presque toutes sont nou\ elles ou inédites dans les herbiers. Le Melastoma vacci nioides {Bonpl. Monogr. p. 1.5, t. 18) appartient ù ce genre.

CREMASTOCHEILE. Cremastocheilus. iNS. Genre de Coléoptères penlamères, établi par Wilbem Knoch (A'ewe Beylrage sur Insectenkunde , p. 113), et adopté par Latreille qui le classe ( Règn. Anim. de Cuv.) dans la famille des Lamellicornes , tribu des Scarabéïdes. Caractères : antennes composées de dix articles dont le premier triangulaire, très-grand, recouvre le second, et dont les trois derniers sont réunis en une massue courte etiamellée; chaperon transversal, à bord antérieur relevé et arqué; mandibules cornées, membraneuses à leur partie moyenne; mâchoires cornées, se terminant par une dent aigué en forme de faux, et garnies à leur côté interne de soies roides; palpes maxillaires filiformes, de quatre articles: le premier très-court et le dernier cylindric|ue, plus long que tous les autres; menton ayant la forme d'un bassin ovale et transversal et recouvrant presque tout le dessous de la tête; corselet en carré plus large que long, échancré aux angles qui se dilatent et finissent en manière de tubercule; pieds courts, avec les crochets des tarses petits. Knoch donne le développement détaillé de tous ces caractères et les représente avec soin (pi. 5, fig. 2-12, et pi. 9, fig. 9) ; Latreille s'accorde avec lui sur tous les points, à l'exception d'un seul. Il considère comme le menton cette pièce remarquable et caractéristique que Knoch nomme la lèvre inférieure. Sous beaucoup d'autres rapports, les Cremastochciles ressemblent aux Trichies.

CREMASTOCHEILE DU CHATAIGNIER. Cremastoclieilus Castaneœ, K. Noir, luisant, velu, avec des empreintes distinctes; corselet garni d'une touffe de poils jaunâtres, près de chacun de ses angles postérieurs; la base des tubercules antérieurs se continue sur le disque sous forme d'une ligne saillante, stigmoïdale. Dans cette espèce comme dans les suivantes, le mAle diffère de la femelle en ce qu'il est plus petit, et qu'il a l'extrémité anale plus arrondie que cette dernière.

CREMASTOCHEILE DE Hentz. Cremasloclieilits Hentzii, Harris. Noir, opaque; élytrcs rugueuses, avec des empreintes conHuentes; derrière le milieu de cliaque

élylre, et près du bord externe, il y a une tache transversale, couverte de poils. Taille du mâle six lignes, sur moitié de largeur.

Cremastocheile de Say. Cremastocheilus Sayi, Har. Noir, opaque, soyeux; menton légèrement échancré en dessous; corselet Irès-obtus, recourbé en dehors, de chaque côté de la base, et se terminant par un tubercule saillant et arrondi. Ces trois espèces, les seules bien connues jusqu'ici, appartiennent à l'Amérique septentrionale.

CREMASTRE. Cremastra. bot. Genre de la famille des Orchidées, établi par Lindley qui lui assigne pour caractères : folioles extérieures du périgone ou sépales, presque égales aux intérieures ou pétales, toutes libres, soudées en tube à leur base, étalées à leur sommité; labelle parallèle au gynostème, longuement onguiculé, dilaté au sommet, trifide, avec un appendice charnu à la base du limbe; gynostème allongé, libre, dressé et demi-cylindrique; quatre masses polliniques planes et ovales; glandule dilatée. La seule espèce connue de ce genre est le Cremastra appeiuUculata ; Cymbidiinn appendicultttum , Don. C'est une plante herbacée, dont les pseudobulbes sont annelés et aggrégés, les feuilles membraneuses et presque plissées, la hampe en fourreau, les fleurs réunies en grappe et pendantes. Cette plante se trouve au Népaul.

CREMASTRE. Cremasler. iss. Kirby a donné ce nom aux crochets voisins de l'anus, au moyen desquels certaines Chrysalides s'attachent aux corps solides et s'y tiennent suspendues.

CRÈME. zooL. Matière qui se sépare du lait, et surnage ce liquide animal, quand il a reposé sans altération, dans un lieu frais. La Crème, quoiqu'épaisse, est plus légère que le lait. Elle est d'un blanc jaunâtre, d'une odeur et d'un saveur douces et agréables. Elle parait composée de stéarine, d'élaïne, d'acide butirique et d'une matière colorante jaune, tenus en dissolution dans une eau chaigée de caséura. L'analyse chimique en a fait obtenir, en outre des acides lactique, acétique et carbonique, du chlorure de potassium, du phosphate de chaux, etc.

CRÈME DE CHAUX. iiiN. On donne ce nom à la pellicule croûteuse, qui se forme au-dessus de la dissolution aqueuse de la Chaux. C'est un véritable carbonate de Chaux, produit aux dépens de l'acide carbonique, dont l'atmosphère est presque toujours chargée.

CRÈME DE TARTRE, bot. Surtartrate de potasse qui se rassemble en croûte cristalline au-dessus de la dissolution saturée de tartre brut. Ce sel est employé en médecine, comme purgatif doux et l'un des moins désagréables. On s'en sert quelquefois dans l'économie domestique, comme assaisonnement de certains mets.

CREMIS. POIS. F. Cbromis.

CRÉMOCARPE. Cremocarpium. bot. Le fruit des Ombellifères, qui se compose de deux akènes ou coques monospermes et indéhiscentes, réunies par le moyen d'une columelle centrale, offre l'exemple de l'espèce de fruit que Mirbel appelle Crémocarpe. C'est le Diakène de Richard.

CRÉMOCÉPHALE. Cremocephalum. bot. Ce genre

de Henri Cassini, est le même que celui de Mœnch sous le nom de Crassocéphale. F. ce mot.

CRÉMOLOBE. Cremolobus. bot. Genre de la famille des Crucifères, Tétradynamie siliculeuse, fondé par De CandoUe aux dépens des Biscutelles , et caractérisé ainsi ; sépales du calice égaux à leur base ; pétales entiers; étamines libres, sans appendices; silicule pédicellée, à deux écussons, supportant un style persistant, court, épais, à peu près pyramidal; scutelles très-comprimées, comme pendantes de la base du style, orbiculées, adnées par leur côté le plus étroit, entourées d'un rebord membraneux, ailé; semence comprimée, solitaire dans chaque loge; embryon dont la radicule est ascendante et les cotylédons aceombants. Ce genre, qui présente beaucoup d'affinités avec les Biscutelles, s'en distingue par son style épais, pyramidal, sa silicule pédicellée , à loges pendantes et non adnées dans toute leur longueur, et par son embryon non renversé, c'est-à-dire que sa radicule est ascendante au lieu d'être descendante, comme dans le genre Biscutelle. Trois espèces connues, Cremolobus Peruviana , suffruticosa et Chilensis, DC, An. du Mus. 18, pi. 4, 5 et 6, habitent le Pérou et le Chili. Ce sont des plantes herbacées ou des sous-arbrisseaux glabres, à tiges cylindriques unies, à feuilles caulinaires, ovales ou oblongues, dentées en scie ou entières, à fleurs jaunes, nombreuses, disposées en grappes allongées et portées sur des pédicelles filiformes et dépourvus de bractées. Les trois espèces dont ce genre se compose, ont été figurées sous les noms de Biscutella Peruviana, Bisculella siiffruticosa et Biscutella Chilensis, dans la Dissertation sur les Biscutelles par De Candolle (Ann. du Mus. 18, t. 4, g et 6).

CREMONIUM. bot. Genre de Champignons Byssoïdes établi par Link. Ce sont des filaments rameux, réunis et enlacés de manière à représenter en quelque sorte une toile d'Araignée. Ils sont cloisonnés intérieurement, et portent, ù la partie interne de leurs extrémités, de petits globules. Link en a décrit deux espèces qui vivent sur le tronc et les feuilles des arbres.

CRÉMONTIE. Cremontia. bot. V. Ketmie.

CRÉMOSPERME. Cremospernius. bot. Épitbète qui désigne des graines attachées au placenta par le sommet ou par la varlie moyenne.

CRENAMON. Crenamum. bot. Genre créé par Adanson, mais qui n'a pas été admis. Ses espèces appartiennent aux genres Barkhausie, Crépide et Helmintie.

CRÉNATULE. Crenatiila. mou. Les caractères distinctifs de ce genre, créé par Lamarck, sont faciles à saisir : une coquille subé(iuivalve, aplatie, feuilletée, un peu irrégulière; aucune ouverture latérale pour le byssus; charnière latérale, linéaire, marginale, crénelée; crénelures sériales, calleuses, creusées en fossettes, et qui reçoivent le ligament. Tels sont ceux exprimés par Lamarck (Anim. sans vert. T. vi, part. 1, p. 136), et qui s'aperçoivent à la simple inspection des Coquilles. Bruguièreavait coimu une espèce de ce genre, mais il l'avait confondue avec les Moules, comme on le voit par la figure 2 de la 210» planche de l'Encyclopédie. Cuvier (Règn. Anim. T. ii, p. 466) l'a adoptée et l'a placée entre les Arrondes (Avicules, Brug.), les

Pernes et les Jambonneaux (Pinnes, Lamk.). — Fénissac (Tableaux sysl. des Anini. moll.) place, dans sa famille des Avicnlées, le {jcnre Crénalule qui, comme Lamarck l'a dit le premier, sert de passage des Pernes et des Inocérames de Sovv. (Catillus , Brong.) aux Pinnes; enfin , il a été adopté par Schweiger, Ocken, Blainville, etc. Les espèces du genre Crénatule sont rares et encore peu connues; elles habitent les mers chaudes.

CRÉ!yATi)i.E Avicm-AinE. Crenatula avicularis , Lamarck, Ann. du IMus. T. m, t. 2, f. 12. Coquille rhomboïdale, arrondie, comprimée, très -mince, presque meml)raneuse, rouge, avec des bandes rayonnantes, blanches sur la surface. Amérique méridionale.

Crénatclemytiloïde. Crenatula mytiloides, Lamk., Ann. du Mus. T. m, pi. 2, fig. ô et 4. Celle-ci est petite, violelle, ovale, oblongue, aiguli vers les sommets, ohseulement rayonnée; elle se reconnaît surtout par des lames voûtées, qui garnissent intérieurement les crochets. Mer Rouge.

Créivatbie verte. Crenalula viridis, Lamk. Cette espèce singulière mérite d'élre citée d'abord comme la plus grande du genre; ensuite par ces appendices linguiformes, qui prolongent les crochets. C'est une Coquille peu réguUère, ovale, oblongue, verdâtre et présentant des appendices terminaux, des crochets obliquement proéminents; elle est longue de six à sept pouces, en y comprenant l'appendice des crochets. Elle se trouve dans l'Asie auslrale.

CRÉNÉE. Crencva. bot. Genre fondé par Aublet, et rapporlé à la famille des Salicariées, Icosandrie Polygynie. Caractères : calice urcéolé, à quatre divisions larges, aiguës et égales entre elles ; quatre pétales blancs, arrondis, attachés entre les divisions du calice; quatorze étamines insérées sur la partie supérieure du calice, au-dessous des pétales, déjetées du même côté après l'épanouissement de la fleur; ovaire sphérique, surmonté d'un style courbé, et terminé par un stigmate ohlong et rouge; capsule verte, petite, acuminée, enveloppée par le calice persistant, à cinq loges renfermant une multitude de graines très-petites.

Cbênée maritime. Crenœa maritima, Aublet, PI. de la Guiane, 209. Elle croit dans les eaux saumâtres; elle pousse plusieurs tiges hautes environ de trois pieds, quadrangulaires et garnies de feuilles opposées, lisses, entières, ovales, obtuses et rélrécies près de leur base. Les Heurs sont portées sur des pédicelles supportés eux-mêmes par des pédoncules axillaires, accompagnés de deux bractées squammiformes. Meyer ( Primitiœ Fiorœ Essequeboensis) a fait connaître une seconde espèce, et lui a donné le nom de Crenœa repens.

CRÉNELÉ. Grenat us. bot. Cette épithète s'emploie pour les organes plans des végétaux, dont le bord offre des lobes très-courts, arrondis, séparés par des sinus aigus et peu profonds. Ainsi, les feuilles de la Bétoine, du Tremble, de l'ilydrocotyle vulgaire, sont crénelées. CRÉNELURES. Creiiaturœ. bot. Petites divisions saillantes et arrondies, qui sont séparées par des angles rentrants, sur les bords ou à la surface d'un organe quelconque des végétaux, des insectes, des crustacés et des coquilles.

CRÉNIADE. Crenias. bot. Sprcngel a établi, sous ce nom, un genre de la famille des Podosiémées, Monadelphie Diandrie, qui est tout à fait identique avec le genre Miriopsis de Martius.

CRENIDE. Crenis. ins. Lépidoptères diurnes. Genre établi par Boisduval, dans la famille des Papillionides. Caractères ; tête petite; yeux saillants; palpes rapprochées,ascendantes, dépassant peulechaperon; antennes longues, grêles, renflées insensiblement en massue à leur extrémité ; corselet médiocre et de la largeur de la tête; ailes supérieures légèrement concaves sur leur bord extérieur, les inférieures arrondies, faiblement dentelées; les deux premières nervures des ailes supérieures dilatées à la base. Ce genre ne compte encore qu'une seule espèce, Crenis Madagascariensis. Le dessus des ailes est d'un jaune fauve, avec le sommet des supérieures largement noirâtre et marqué de deux ou trois petites taches fauves, peu prononcées; les inférieures ont, au delà du milieu, une rangée de quatre à cinq points noirâtres; le dessous de celles-ci est d'un gris cendré, teinté de violâtre, traversé par trois petites raies noirùtres, peu marquées, ondulées ; entre les deux raies postérieures, on voit une rangée d'yeux très-peu caractérisés, à prunelle bleuâtre, correspondant aux points noirs du dessus. Taille, vingt lignes.

CRÉNILABRE. Crenilabrns. pois. F. Labre.

CRÉNIROSTRES. Dénomination particulière aux Oiseaux dont le bec a des échancrures sur les bords tranchants de ses mandibules.

CRÉODE. Creodus. bot. Synonyme de Chloranthe.

CRÉOLE. MoiL. Nom marchand de la Vernis Dysera.

CRÉOPHAGES. Creophagi. iNS. Famille de Coléoptères, établie par Duméril et correspondant à celle désignée par Latreille sous le nom de Carnassiers.

CRÉOSOTE, bot. Substance particulière, assez récemment observée, par Reichenhach, comme l'un des produits de la distillation du bois; elle est liquide, oléagineuse, un peu grasse au toucher, incolore dans son état de pureté, d'une saveur caustique et brûlante, à tel point qu'elle parvient à détruire l'épiderme en peu de temps, d'une odeur pénétrante et désagréable, qui rappelle celle du goudron. L'analyse de la Créosote, faite par Etlling, lui a donné carbone 7G,2; hydrogène 7,8; oxigène IG. Entre autres propriétés toutes particulières de la Ci-éosote, nous citerons celle de préserver la viande de la corruption; à cet effet, il ne s'agit que de la tremper, de même que le poisson, pendant un quart d'heure dans une dissolution aqueuse de Créosote et de l'exposer ensuite au soleil. On s'en sert avec succès comme odontalgique en en imbibant un tampon de coton, pour l'appliquer ensuite sur la dent; la douleur se calme presque sur-le-champ.

CREPANELLA. BOT. Synonyme de Dentelaire.

CREPELIA. BOT. Synon. de Lolium temulentum. y. Ivraie.

CRÉPIDAIRE. Crepidaria. nor. Haworth, dans son Synopsis des plantes grasses, sépare, sous ce nom, plusieurs espèces d'Euphorbes, dans lesquelles l'involucre rappelle par sa forme, celle d'un chausson. Ce genre est le même que le Pédilanlhe. F. ce mot.

CRÉPIDE. Crépis, bot. Genre de la famille des Sy-

iiaiithérées , Syngéiiésie égale. Tournefort el Vaillant confondaient ce genre avec celui des Épeivières (Hieracium); il en fut séparé par Linné qui, en le constituant, ne sut à son tour éviter la confusion de plusieurs genres dont la distinction a plus tard été généralement admise. Ce fut Mœnch qui, le premier, constitua un genre à part, sous le nom de Barchliausio, aux dépens de quelques Crépis de Linné. Ce genre a été adopté par De Candolle, dans la seconde édition de la Flore française; mais plusieurs botanistes ont continué de le regarder comme identique avec le Crépide, malgré ses aigrettes stipitées. Ce caractère, joint à un ensemble de notes particulières, paraît néanmoins assez bien le distinguer; et si un auteur aussi célèbre que Lamarck s'est abstenu d'en faire un genre particulier, il l'a du moins éloigné des Crépides, en le plaçant (moins heureusement peut-être) parmi les Piérides. Adanson, Gsertner et Willdenow ont détaché des Crépides un genre que le premier avait nommé Tolpis. Jussieu (Gerieia Plantarum, p. 169 ) lui donna des caractères précis ; et quoique la dénomination de Drepania qu'il proposa, fût postérieure à celle d'Adanson, elle n'en a pas moins été adoptée, contre l'usage, par Desfontaines, De Candolle et d'autres botanistes français. F. Drépakie. Toutes les espèces Linnéennes ne font pas partie du genre en question; ainsi le Crépis pulchra, L., appartient aux/'/enanthes; le Crépis albida, de Villars, est devenu un Picriilium; et le Crépis rhagadioloides doit être réuni au Zacintha, ou, d'après Mœnch, former un genre particulier. On peut se dispenser de parler ici des autres petits démembrements de ce genre, qui n'ont été admis que par ceux qui les ont proposés, tels que le ff'ibelia de la Flore de Wettéravie, le Berinia de Brignoli, les AledicHsia et Hostia de Mœnch, etc. De même ce n'est pas le lieu de signaler les nombreuses transpositions des espèces de Crépis, parmi les genres Hieracium , Apargia. Andryala,Picris, Chondrilla, etc.; et réciproquement la réunion de quelques espèces de ces derniers genres avec celles des Crépides; mais il parait qu'en admettant le retranchement du Barckhausia et du Tolpis ou Drepania, ou peut assigner aux Crépides les caractères suivants : involucre sillonné, composé d'une série simple de folioles, ventru à sa base et ceint d'un calicule composé de folioles courtes el étalées; aigrette sessile, formée de poils simples.

Après avoir éliminé des Crépides les espèces qui composent les genres Barckhausie et Drépanie, le nombre de celles qui appartiennent légitimement au genre, se trouve encore assez considérable. Il s'élève à (dus de soixante ; mais il faut convenir que ces espèces sont encore dans une déplorable confusion, et demandent l'examen d'un monographe judicieux et riche en matériaux. Comme les Chicoracées forment une tribu trèsnaturelle, leurs genres et leurs espèces se nuancent de manière à offrir de fréquentes ambiguïtés; et l'on serait tenté d'accuser uniquement la nature d'être la source de nos erreurs. Mais le défaut d'observation, et peut-être aussi un vain amour-propre, ont contribué puissamment à embrouiller ce genre. Sur de mauvaises descriptions, on a cru reconnaître telle espèce, et telle autre a été méconnue et considérée comme nouvelle.

parce qu'elle paraissait légèrement s'éloigner d'une autre précédemment décrite. Chacun peut pressentir les fâcheuses conséquences d'un tel procédé d'étude; nous n'insisterons donc pas sur ce sujet; car pour nous borner à un petit nombre d'exemples, croira -t on qu'une seule espèce, le Crépis taurinensis, Willd.. a reçu jusqu'à douze noms différents? Si l'on remarque ensuite que le Crépis virens de Linné est une autre plante que le Crépis virens de De Candolle ; qu'il y a aussi deux Crépis radicata, plusieurs Crepistecioru>it décrits par différents auteurs, on aura quelque idée de l'embarras où est jeté celui qui veut connaître les Crépides, et on partagera sans doute les doléances que l'intérêt de la science nous a inspirées.

Les cinq espèces décrites dans la Flore française, sont des plantes herbacées, qui se trouvent dans les prés, sur les bords des routes et des champs, et sur les toits de chaume, ainsi que sur les vieux murs. Elles ont un involucre pubescent ; leurs fleurs, d'un beau jaune, disposées en corymbes ou en panicules lâches, font un assez joli effet. Le Crépis tectorum est commun en certaines contrées de la France. Le Crépis tirens contre, sur la fin de l'été, les endroits secs de toute l'Europe. Son extrême abondance l'y fait remarquer; car s'accommodant de toutes sortes de terrains, cette petite plante vient partout, mais elle préfère pour station le long des murs et des haies. Enfin elle pénètre jusque dans l'intérieur des villes, et figure au premier rang dans la Flore des places publiiiues de Paris.

Les Crépides, malgré le nombre considérable et l'élégance de leurs espèces, sont peu estimées comme plantes d'ornement. On n'en cultive que quatre ou cinq, dont deux, les Crépis rigens et filiformis, originaires des Açores et de Madère, exigent l'orangerie. La CbbpiDE ROCGE, Crépis rubra, L., est une jolie plante qui, par ses fleurs d'un beau rose foncé, a pour ainsi dire forcé les amateurs de la distinguer de ses congénères. Elle est originaire d'Italie, et se cultive avec la plus grande facilité dans nos jardins où on la multiplie trèsfacilement par ses graines. Cette plante a été rapportée au genre Barckhausia par quelques auteurs, et aux Piérides par Lamarck.

CRÉPIDION. Crepidium. bot. Genre de la famille des Orchidées, Gynandrie Monandrie, formé par Blume (Bydrag. FI. ind. 387). Caractères : cinq sépales réfléchis, à bords roulés; labelle concave à sa base, uni inférieurement au gynostème, avec le limbe ouvert en forme de demi-lune; anthère biloculaire, à deux masses poUiniques, ovales, recourbées, pulpeuses, céréeuses, appuyées contre les bords du stigmate. Les deux espèces de Crépidion, décrites par Blume, sont des plantes herbacées, à racines fibreuses; les feuilles sont membraneuses, nervurées, lancéolées, inégales; les fleurs, rassemblées en épis, sont portées sur de longs pédoncules.

CRÉPIDOPODES. Crepidopoda. moll. Goldfuss a ainsi appelé un ordre de la classe des Mollusques, qui comprend ceux dont la partie inférieure du corps consiste en un disque charnu, semblable à une semelle.

CREPIDOTUS. BOT. Nom donné par Nées à une section des Agarics à pédicule excentrique, ou Pleuropns de Persoon, caractérisée par son pédicule tout à fait

lMH)

laléral, et son cliapeau demi-circulaire; tels sont les Ayaricas slipticus, spalhutatus, clc.

CKÉPIDULE. Crepùliila. Moti. Ce genre, fait par Lamarck, aux dépens des Patelles de Linné, s'en dislingue en effet d'une manière bien tranchée, ainsi que les Calyptiées et quelques autres qui y étaient confondus. Placées dans la famille des Calyptraciens, les Crépidules sont mises dans l'ordre le plus convenable de leurs rapports, et la connaissance de l'animal donnée par Adanson (Voyage au Sénégal, p. 38, pi. 2, n" 8, 9, 10) conlirniede plus en plus l'opinion de Lamarck sur ces animaux, loucliant l'ordre et la famille où ils doivent être placés. Marchant sur un disque ventral, l'animal des Crépidules ofïre des organes respiratoires qu'Adanson avait indiqués, sans qu'on pût trop les reconnaître, mais que les observations de Beudant sur l'animal vivant, ainsi que celles de Lamarck sur un animal conservé dans l'alcool, ont fait connaître exactement; cependant les caractères énoncés parCuvier, différent un peu de ceux donnés par Beudant et par Lamarck, ce qui tiendrait peut être à ce que l'individu observé par l'auteurdu Régne Animal, était d'une autre espèce. Quoi qu'il en soit des légers changements qui peuvent se remarquer dans le mode respiratoire, selon les diverses espèces, tous ces animaux offrent les caractères propres à la famille, et tous ceux qui sont nécessaires pour former un genre bien tranché et fait sur de bons caractères. Les voici tels que Lamarck les a donnés : animal ayant la tète fourchue antérieurement; deux tentacules coniques, portant les yeux à leur base extérieure; bouche simple, sans mâchoires, placée dans la bifurcation de la tète; une branchie en panache, saillante hors delà cavité branchiale, et Bottant sur le coté droit du cou; manteau ne débordant jamais la coquille; pied petit; anus latéral; coquille ovale, oblongue, ù dos presque toujours convexe, concave en dessous, ayant la spiie fort inclinée sur le bord ; ouverture en partie fermée par une lame horizontale.

CRÉPiiiuLEPoRCELiATiE. C/epiiliila Poicellana, Lam., Anim. sans vert.; Palella Poicellana. Gualliéri (Ind., p. 9, lab. G9, f. 9 ) dit dans sa phrase latine, que Petro Michelio l'a nommée Patelle Crépidule; d'où il est bien probable qu'on a employé depuis ce nom comme générique de spécifique qu'il était. Adanson a connu la coquille et l'animal de la Crépidule Porcellane; il l'a nommé le Sulin (Voyage au Sénégal, p. 38, pi. 2. lïg. 8). 11 a donné de l'animal une description peu satisfaisante, l't il ne l'a pas fait représenter dans ses figures. La coquille est bien figurée dans Lister (Conch., tab. 545, fig. ôi) et dans Martini (Conch., T. i, tab. 13, fig. 127 et 128). Elle est ovale, oblongue; son sommet est recourbé sur le bord ; sa couleur est le plus souvent blanche , parsemée de taches triangulaires , roussâtres ou brunes. D'après la figure d' .Adanson, elle aurait jusqu'à ini pouce et demi de longueur. Dans les mers de l'Inde et à l'îledeGoréeoù il paraît qu'elle est assez commune. liUe adhère aux rochers, et s'y fixe avec tant de force, ipi'on casse quelquefois la coquille sans avoir détaché l'animal.

Crépidiji.e de Gorée. Crepiilula Goreensis, Patella Gorcensis, L. C'est une espèce qu'Adanson le premier

a reconnue ; il l'a nommée le Jénac ( Voyage au Sénégal , p. 41, tab. 2, fig. 10); il donne pour l'animal de cette espèce des détails assez curieux ; les tentacules ont vers leur extrémité, de petits tubercules blancs, qui les font paraître chagrinés; le pied et le manteau le sont également; du manteau et vers le derrière de U tète, on aperçoit huit filets cylindriques, assez longs, qui, d'après Cuvier, seraient les branchies sortant hors de la cavité branchiale. Celle espèce, longue de cinq à six lignes, se trouve sur les rochers de l'île de Gorée , mais elle y est rare : elle est blanche, lisse, très-mince, ovale et très-aplalic.

Crépidole ÉPiivErsE. Crepidula aculeata, Lamk., Animaux sans vert. T. vi, part. 2, p. 25, wô; Patella aculeata, Lin., p. 3693, n° 6, figurée dans Favannes (Conch., pi. 4, f. 3) et dans Dacosta (Conch., tab. 2, fig. 2) : elle est ovale, aplatie; son sommet, courbé vers le bord gauche, fait un tour de spire environ; elle est blanche, avec des flammules roussâtres, et chargée de petites côtes peu régulières, qui portent des épines ou des écailles. Sa longueur est de onze ou douze lignes; elle habile les mers de l'Amérique méridionale.

Defrance, dans le Dictionnaire des Sciences naturelles, a fait connaître trois Crépidules fossiles.

Crépidule de Hauteville, Crepidula Altavillensis, Def., que nous présumons devoir appartenir à notre genre Tomostome : son sommet est subcenlral, ce qui est assez étonnant pour une Coquille de ce genre; ouverture petite, oj)posée au sommet; coquille épaisse et aplatie,

Crépidcle bossue, Crepidula gibbosa, Def. (loc. cit.), qui se trouve dans les falunières de la Touraine, et à Léognan près Bordeaux. Elle est convexe, bossue, profonde ; sommet s'inclinant vers le bord ; elle est toute chargée de petites aspérités irrégulières.

CRÊprnuLE d'Italie, Crepidula Italica, Def., espèce remarquable en ce qu'elle offre l'exemple d'un analogue avec une Coquille actuellement vivante dans la mer de l'Inde, et que l'on nomme vulgairement la Sandale. Elle est encore remarquable en cela qu'elle paraît se fi.xer dans l'intérieur des Coquilles abandonnées où elle se moule pour ainsi dire tout entière sur les diverses formes que ces corps présentent : aussi elle est irrégulière, lisse, très-mince, tantôt concave, tantôt convexe; son sommet est appuyé sur le bord. On regiclle que Defrance n'ait pas donné le nom linnéen de la Crépidule que l'on nomme vulgairement la Sandale. Il nous est impossible, d'après cette indication, de préciser l'espèce, les marchands donnant ce nom vulgaire à toutes les Coi|uillcs du genre.

CRlil'lDULIliR. MOLi. Animal des Crépidules.

CHÉPIDULITE. Crepidulita. moll. Nom que donnent les géologues aux Crépidules fossiles.

CRÉPIE. BOT. A'. Crépide.

CRÉPINETTE. BOT. Synonyme de Renouée aviculaire.

CRIiPlNIÈRE. BOT. Syn. vulg. de Vinettier de Crète.

CRÉPIPATELLE. Crcpipatclla. moll. Genre de Gastéropodes Peclinibranches, formé par Lesson aux dépens du genre Crepidula, pour toutes les espèces chez lescpielles on reconnaît une coquille ohovale, très-convexe en dessus, à onglet latéral etsublerminal. La lame

transversale est arrondie, semi-oblique, à bord antérieur libre et taillt- en biseau, occupant toute la largeur de la cavité intérieure. Parmi les espèces attribuées à ce genre nouveau , nous citerons celles découvertes récemment et apportées par les naturalistes français faisant partie de l'expédition de Circumnavigation sur la Corvette la Coquille.

CREPIS. BOT. F. Crépide.

CRËPITACLE. Ciepitacusum. bot. Sorte de fruit qui s'ouvre avec élasticité et bruit.

CRÉPOLE. BOT. Synonyme de Crépide.

CRÉPUSCULAIRES. Crepuscularia. iNS. Grande famille de Lépidoptères, instituée par Latreille, et comprenant tous les individus qui ont près de l'origine du bord externe de leurs ailes inférieures, une soie roide, écailleuse, en forme d'épine ou de crin, qui passe dans un crochet du dessous des ailes supérieures, et les maintient, lorsqu'elles sont en repos, dans une situation borizonlale ou inclinée. Ce caractère se retrouve encore dans la famille des Nocturnes; mais les Crépusculaires diffèrent de celles-ci par leurs antennes en massue allongée, soit prismatique, soit en fuseau. Lalreille ajoute que les Chenilles ont toujours seize pattes; leurs chrysalides ne présentent point ces pointes ou ces angles que l'on voit dans la plupart des chrysalides des Lépidoptères diurnes, et sont ordinairement renfermées dans une coque , ou cachées , soit dans la terre , soit sous quelques corps. Les Crépusculaires ne volent ordinairement que le matin ou le soir. Pendant le jour ils restent fixés contre différents corps, tels que des murailles, des troncs, des branches ou des feuilles d'arbres. Cette famille embrasse le genre Sphinx de Linné, quia été subdivisé en plusieurs sous-genres dont les plus importants sont : Caslnie, Sphinx, Smérinthe, Sésie, Zygène, Glaucopide, etc.

CRÉQUIER. BOT. Synonyme vulgaire de Prunellier.

CRESCENTIACÉES. Crescentiaceœ. bot. Famille de plantes Dicotylédones, établie par Dumortier et offrant pour caractères : une corolle monopélale asymétrique, insérée sur le réceptacle ; des étamines didynames ; un fruit à placentaire adhérent, indéhiscent et pulpeux à l'intérieur. On voit par les caractères qui précèdent que celte famille est inlermédiaire entre les Rliinanthidées, dont elle se rapproche par sa fleur, et les Solanées, dont elle se rapproche par son fruit. Les genres qui la composent sont le Crescenlia, le Bninfelsia et le Tanœcium. Ces genres ont successivement été rejetés à la suite de plusieurs familles; .lussieu les plaçait à la suite des Solanées; Bartling les place à la suite des Scrophularinées, Lindiey à la suite des Bignoniacées, ce qui semble établir leurs analogues avec ces diverses familles et la nécessité d'en former un groupe distinct.

CRESCENTIE. Cresce7itia. bot. Vulgairement Calebassier ou Couis. Ce genre de la Didynamie Angiospermie, fut établi par Linné qui le caractérisa ainsi : calice caduc, à deux divisions égales; corolle presque campanulée, à tube très-court, dont l'entrée est ventrue et courbée, à limbe droit, quinquéfide, divisé en segments dentés, sinueux et inégaux; quatre étamines didynames, avec une cin(|uième rudimenlairc; anthères

bilobées; un style surmonté d'un stigmate capité, ou plutôt bilamellé, d'après Jacquin et Kunth. Le fruit est une baie cucurbitiforme, uniloculaire, couverte d'une écorce solide, pulpeuse intérieurement et remplie d'un grand nombre de semences nageant au milieu de la pulpe. Dans son Gênera Plantarum , p. 127, Jussieu place ce genre à la suite des Solanées. D'un autre côté Kunth (Gênera Nov. et Spec. Plant, œquin. T. iir, p. 137) le range dans les genres voisins des Bignoniacées, et le place près du nouveau genre Ararjoa. Plumier l'avait autrefois désigné sous le nom de Ciijèle qui a été admis comme spécifique pour l'espèce la plus remarquable et la plus répandue. Les Crescenties sont de petits arbres à feuilles alternes, le plus souvent réunies en touffes simples, ou quelquefois ternées et pinnées ; leurs fleurs sont presque solitaires sur le tronc ou sur les rameaux. On en compte sept espèces, toutes des contrées équinoxiales de l'Amérique.

La Crescentie Cbjète, Crescentia Cujete, L., dont Persoon a élevé au rang d'espèces les deux variétés déjà indiquées par Plumier et Lamarck, sous les noms de Crescentia angnstifolia et minima, est un arbie de médiocre grandeur, très -commun dans les Antilles et dans toute l'Amérique équinoxiale, ayant le tronc tortueux, assez épais et recouvert d'une écorce ridée et grisâtre; ses rameaux forts, longs, très-divisés cl étendus horizontalement, sont garnis à chaque nœud de neuf à dix feuilles fasciculées, lancéolées, rétrécies vers la base et terminées par une longue pointe , entières, glabres et presque sessiles. Les fleurs, d'un blanc pâle et d'une odeur désagréable, pendent chacune au moyen d'un pédoncule long d'un pouce. 11 leur succède des fruits ovoïdes, qui varient de grosseur selon les individus, depuis deux pouces jusqu'à douze. Ces fruits , couverts d'une écorce verte , unie et presque ligneuse , sont composés intérieurement d'une chair pulpeuse, succulente , ayant un goût aigrelet, que les habitants des lieux où croît le Cujète regardent comme une panacée contre une foule de maladies différentes, telles que la diarrhée, l'hydropisie, les contusions, etc., etc., et qu'ils administrent sous forme de sirop; mais c'est l'écorce ligneuse de ces fruits qui augmente leur utilité. On vide leur intérieur en faisant macérer dans l'eau bouillante leur pulpe, afin de les vider, ou en les faisant cuire au four. La pulpe étant évacuée, il ne reste que l'enveloppe crustacée, qui sert aux Américains à fabriquer des vases de diverses formes qu'ils enjolivent en les peignant de couleurs variées, soit avec le Rocou, soit avec l'Indigo, etc. Ces usages étant à peu près les mêmes, et la forme du fruit ayant beaucoup de rapports avec celle de nos Courges ou Calebasses, c'est de là que provient le nom de Calebassier, vulgaire chez les créoles.

CRÉSÉIDE. Creseis. moll. Genre delà classe desPtéropodes, selon Cuvier, des Aporobranches de Blainville, créé par Rang, qui lui donne pour caractères : tète non distincte; un test sans expansions latérales; organes du mouvement bornés à des nageoires placées comme des ailes , aux deux côtés de la bouche ; ouïes cachées dans le manteau; coquille mince, conique, allongée et presque diaphane. Ce genre est le résultat du déraem-

bremenl de celui des Cléodores, dont il formait primilivcmenl la seconde section. On y place les Crescis vagiiiella, Fér.; Giidus, Fér.; spinifera, Rang; subiila , Ouoy; stn'ala, Uang; Firgula, Rang; oblusa, yuoy; clava, Rang; acicula , Rang; rosea , Quoy. A l'exception des deux premières qui sont de la Méditerranée et de l'Océan, les autres habitent les mers des Indes et de l'Australie.

CRESl'lS. BOT. Même chose que Crépis.

CUESSABOUT. coT. Syn. vulg. de Cuculiale Belien.

CRESSE. Cressa. bot. Genre de la famille des Convolvulacées, Penlandrie Digynie, établi par Linné. Calactères : calice à cinq divisions profondes; corolle infundibuliforme, un peu plus grande <iue le calice, à limbe divisé en cinq segments plans; étamines saillantes; ovaire biloculaire, à loges dispermes, surmonté de deux styles et de deux stigmates capités; capsule uniloculaire et monosperme (par avortement), à deux valves qui se séparent par la base à la maturité. Les Cresses sont de petites Herbes non lactescentes, couvertes d'un duvet soyeux ; leurs feuilles sont éparses et très-entières; les fleurs axillaires, disposées en bou- «luets serrés aux extrémités des rameaux, et accompagnées de deux petites bractées.

La Cresse de Crète, Cressa Cretica, seule espèce décrite par Linné, a les fleurs jaunes, la tige trèsraineusc couchée et étalée par terre. Elle habite toute la région méditerranéenne, depuis la Crète et les autres îles de l'Archipel grec jusque sur les côtes de France et d'Espagne, particulièrement en Andalousie où on la brûle avec les autres plantes destinées à faire de la Soude; elle a été aussi trouvée, par Desfontaines, près de Tunis en Afrique.

Retz {Obs. 4, p. 24) a fait connaître une autre espèce fort voisine de la précédente; car elle n'en diffère que par sa corolle un peu soyeuse au sommet, et par sa capsule tétrasperrae. Or, d'après la description du caractère générique, l'ovaire étant toujours biloculaire et les loges dispermes, ce serait le cas de la Cresse de Crète dont la capsule n'aurait pas été modifiée par des avortemenls. Il l'a nommée Cressa Indica, parce qu'elle croit dans les lieux maritimes de l'Inde. De niêmeKunth {Nora Gênera et Species Plant, wquinoct., T. m, p. 119) a donné le nom de Cressa TrtixiUensis à une nouvelle espèce qui a beaucoup de rapports avec la précédente, et qui croît près de Truxillo au Pérou. C'est la même plante que Rœmer et Schullcs (i>-s<. ycget. G, p. 207) ont encore nommée Cressa arenaria d'après Willdenow.

CRESSERELLE. OIS. Espèce du genre Faucon.

CRESSElîELLETTE. ois. Espèce du genre Faucon.

OUESSINE. MOia. Même chose que Crassine.

CRESSOiN. BOT. Ce nom, qui est synonyme de Cardamine, a été donné à un grand nombre de végétaux appartenant à des genres et à des familles différentes, mais qui tous sont remarquables par une saveur piquante, plus ou moins agréable. Ainsi on a nommé;

Cressqiv Alenois ou NAsiTORT,le/,epi(iiu«j salivum, L., ou Tldaspi salivum, Desf.

Cresson du Brésil, le Spilanthes oleracea, h.

Cke.sso.x de Cbien, le f^eronica Beccabiuiga, l.

Cresson d'eau, le Sisymbrium Nastiirtium, L., ou Aaslurtium officinale, DC.

Cresson d'Iftue, la Capucine ordinaire, Tropœoluin mojtts, L., appelée Naslurtiitin Indicttm par les anciens botanistes.

Cresson de l'Ile-de-France. Dans cette île, où le Cresson d'eau est naturalisé, on nomme aussi Cresson le Spilanthes Acmella, L., qui forme aujourd'hui un genre distinct sous le nom ô'^lcinella.

Cresson doré, la Saxifrage dorée.

Cresson de fontaine, le Nasturtium officinale, DC

Cresson ue jardin, le Thlaspi salicum, Desf.

Cresson dd Para, le Spilanthes oleracea.

Cresson du Pérou, la Capucine.

Cresson des prés, la Cardamine.

Cresson de rivière, le Sisymbrinm sylrestre, L.

Cresson de rocde. la Saxifrage dorée.

Cresson des ruines, le Lepidium ruderale, L.

Cresson sauvage, le Coronopus Ituellii, DC.

Cresson de savanne, le Lepidium didynium, L.

Cresson de terre, le Barbarea vulgaris.

CRÉTACÉ. GÉoi. De la nature de la Craie, y. ce mol.

CRÈTE. Crista. ois. Caroncule charnue, ordinairement colorée d'un rouge très-vif, et qui décore la lêle du Coq domestique. Elle manque dansquelques variétés. On a étendu ce nom à d'autres appendices qui , dans certains animaux ou dans quelques parties de ceux-ci, rappellent la figure de la Crète du Coq.

CRÈTE. Cristatus. bot. Épithète donnée aux organes des végétaux munis d'appendices dont l'ensemble représente une Crète.

CRÊTE-DE-COQ. moli. Dénomination vulgaire qui s'applique à YOstrea Crista Oulli de Linné, et, en général, à toutes les Huîtres qui ont à peu près la même forme.

CRÈTE-DE-COQ. dot. Syn. vulgaire de Celosiacristata. V. Célosie.

CRÈTE DE PAON. bot. Nom vulgaire des Giiilandina Bonducella et paniculata, du Cœsalpinia Sapan , de V Adenanthera pavouina, de la Poinciane, du Pongam, et autres arbres dont les Heurs produisent des étamines prolongées hors de la corolle, et imitant la figure de l'aigrette qui couronne la tète du Paon.

CRÉTELLE. Cynostuus. bot. Genre de la famille des Graminées, Triandrie Digynie. La structure de ce genre, qui cependant est fort simple, n'a pas encore été exposée d'une manière claire et précise par aucun agrostographe, même parmi les modernes, et c'est faute de cette connaissance exacte que l'on a séparé de ce genre quelques espèces, pour en former le genre Clirysure ou Lamarckic. En effet on va voir tout ù l'heure, en comparant les caractères des vraies Crételles ou Cynosures avec ceux des Chrysurcs précédemment exposés, qu'il n'existe aucune différence réelle.le type du genre Cytiosurus est le Cynosurus cristatus, L., jolie petite Graminée très-commune dans tous les prés. Son chaume est simple, grêle, haut d'environ deux pieds; il porte des feuilles alternes et étroites. Les fleurs forment au sommet du chaume un épi unilatéral. A chaque dent de l'axe qui est un peu sinueux et comprimé , on trouve quatre épillels disposés deux par deux et légèrement

pédoncules. Chaque couple se compose donc de deux épillels très-rapprocliés l'un de l'aulre; l'extérieur est comprimé et formé simplement d'écaillés minces, distiques, lancéolées, très-aigu«s, fortement carénées et denliculées sur leur carène; ces écailles sont autant de fleurs avortées. L'épillet intérieur est fertile; il contient quatre et plus souvent cinq Heurs dont la supérieure seulement est mâle ou neutre. La lépicéue est à deux valves lancéolées, très-aiguës, minces, à peu près égales, légèrement carénées sur leur dos; chaque Ueur offre une glume formée de deux paillettes presque égales entre elles, un peu carénées; l'extérieure un peu plus longue est obtuse à son sommet qui offre une soie trèscourte et roide; la supérieure est légèrement bifide à son sommet; les deux paléoles de la glumelle sont courtes, ovales et poilues; le style est simple à sa base, bifide supérieurement où il porte deux stigmates velus ; le fruit est enveloppé dans les écailles florales.

Pour peu que l'on compare ces caractères avec ceux précédemment donnés du genre Chrj sure, il sera facile de s'assurer qu'ils n'offrent entre eux aucune différence notable. En effet, la prétendue bractée des Crételles est évidemment, ainsi que l'involucre des Chrysures. formée par les écailles florales d'épiUets dont les fleurs sont restées stériles par l'absence des organes sexuels. Donc ces deux genres doivent être de nouveau réunis en un seul qui pourra conserver le nom de C^nosurus.

CRÈTE-MARINE, bot. T. Christe marine.

CRÈTE-MARINE, bot. Synonyme vulgaire de Crithme commun.

CRETOIS, rois. Espèce du genre Scare.

CREUSET. BOT Paulet appelle ainsi une petite espèce d'Agaric, qui croit dans les caves, et qu'il figure pi. 59 de son Traité des Champignons.

CREUSIE. Creusia. MoiL. Leacb, dans sa classification des Cirrhipèdes, a proposé, sous ce nom, un genre nouveau, démembré des Balannes, parce que l'opercule n'a que deux pièces au lieu de quatre; une seule espèce a été indiquée par l'auteur. C'est la Crecsie épineuse , Creusia spinulosa-

CREUSOT. BOT. Syn. vulgaire de grande Pezize en entonnoir. CREUTZBOCK. masi. Synonyme d'Antilope Guib. CREVALE. POIS. Espèce du genre Gastérostée. CRÊVE-CHASSIS. ois. Syn. vulgaire de Mésange Charbonnière.

• CREVETTE ou CHEVRETTE. Gainmarus. crcst. Ce genre, établi originairement par Fabricius, et qui correspond à l'ordre des Amphipodes de Latreille, principalement au genre Talitre, a subi depuis sa fondation un grand nombre de changements importants et aété beaucoup subdivisé. Il ne comprend plus aujourd'hui, dans les méthodes de Leach et de Latreille, que les espèces qui offrent pour caractères : quatre antennes, dont les deux supérieures aussi longues ou plus longues que les deux autres, et dont le pédoncule est de trois articles, avec une petite soie articulée au bout du troisième; les quatre pieds antérieurs semblables dans les deux sexes, et terminés par un seul doigt. Les Crevettes ont les antennes insérées entre les yeux, au-devant de la tête,

composées de trois arlicles principaux qui en sont la base et d'un quatrième sélacé, multiarticulé et terminal; un petit appendice sétacé, de quelques articles, se remarque à l'extrémité interne de la troisième pièce des antennes supérieures. Quatorze pieds, dont les quatre antérieurs sont terminés par une main large, comprimée , munie d'un crocbet robuste , susceptible de mouvements, et qui correspond au doigt mobile des pinces des autres Crustacés. Les pieds qui suivent finissent insensUilement en un ongle simple et légèrement courbé dans quelques-uns. L'abdomen est pourvu de longs filets bifides et très-mobiles, placés de chaque côlé. 11 se termine en une queue à laquelle on remarque trois paires d'appendices allongés, bifurques, ciliés, élendus à peu près dans la direction du corps; celui-ci est oblong, comprimé, arqué et divisé en treize articulations, y compris la tête; les premiers anneaux présentent une pièce latérale, mobile, articulée avec eux et recouvrant la base des pattes ; ces pièces singulières correspondent aux flancs des Insectes et des autres Cruslacés. Les Crevettes sont très-abondantes dans les eaux douces courantes et dans la mer. L'espèce la mieux connue et qui peut être considérée comme le type du genre, est la Crevette des ruisseaux, Gainmarus Putex, Fabr. , figurée par Roésel, Geoffroy et Dcgéer. Ce dernier observateur, qui nomme cette espèce Squille aquatique (t. vu, pi. ôô), décrit et représente avec soin ses différentes parties ; elle est petite et ne dépasse guère un demi-pouce; le corps, allongé et diminuant peu à peu de grosseur, est aplati et comme comprimé, de sorte qu'il paraît plus haut que large, cl c'est la raison pour laquelle la Crevette, quand elle est placée sur le fond de l'eau, s'y trouve toujours couchée sur l'un ou l'autre côté et nage sur ce fond, dans cette position, sans pouvoir prendre une autre altitude ; mais quand elle nage au milieu de l'eau ou entre deux eaux, elle tient son corps de champ ou perpendiculairement sur le ventre, et ne paraît se poser sur le dos qu'accidentellement, lorsqu'elle est entraînée par le mouvement du liquide. C'est principalement à l'aide de leur abdomen et de leur queue, qu'ils rapprochent alternativement de la face inférieure du corps et redressent ensuite, que ces Crustacés opèrent les changements de place. Degéer a reconnu qu'ils étaient carnassiers et se nourrissaient d'Insectes, de Poissons et d'autres animaux privés de vie ; il a aussi remarqué qu'ils changeaient de peau à la manière des Écrevisses. Cette espèce est très-commune aux environs de Paris. Roesel avait laissé soupçonner qu'il eût bien pu se faire qu'il y eût deux espèces de Crevettes fluviatiles, mais il ne l'avait pas affirmé; c'est Paul Gervais qui, tout récemment, a observé qu'il existe dans les eaux douces deux espèces au moins, et toutes deux également abondantes. Elles diffèrent entre elles non seulement par leurs caractères zoologiques , mais par une particularité assez remarquable de leurs habitudes : jamais elles ne s'accouplent ensemble, et l'une a sur le dessus des anneaux de l'abdomen des épines que l'autre ne présente pas. Gervais laisse à celle de ces espèces primitivement décrite, le nom sous lequel nous venons de la rapporter, et il applique à l'autre la dénomination de Crevette

de Ro?sel,qiii rappellera (lu'on en doit la première connaissance au naturalisle dont elle porte le nom.

La Crevette marine, Gammarus niaiiiius, Lcacli, qui est la même que son Gammarus Pule.r, habite les côtes de l'Angleterre. La Crevette loci'ste, Gammarus locusla, Leacli, ou le Cancer Gammarus, de Monlauu {Traits, of the Liiin. Sociel., t. ix, p. 92), a été confondue avec le Gammarus Pulex de Linné; elle est assez rare en France, mais on la trouve communément sur les côtes d'Angleterre. Snrriray, naturaliste distingué du Hûvre, a observé qu'elle était phosphorescente.

CREVETTINES. Gammarinœ. crïst. Famille établie par Latreille, qui l'a rangée dans l'ordre des Ampliipodes.

CliEVlCHES. CRDST. Synonyme vulgaire de Crevette.

CREX. OIS. f^. Gallini'ie.

CRIAS. BOT. Synonyme de Grassette commune.

CRIBLETTE. bot. Synonyme de Cinclidium.

CRIBRAIRE. Cribraria. bot. Schrader a fondé ce genre, et en a décrit et figuré plusieurs espèces, avec beaucoup de soin, dans ses Nova Plantarum Gênera. Il diffère des autres genres du même groupe par son péridium membraneux, presque globuleux, stipité, qui se détruit dans sa moitié supérieure, de manière à n'être plus formé dans cette partie que par un réseau délicat, produit par les filaments du péridium ; ce péridium est rempli de sporules agglomérées, qui s'échappent par les ouvertures du réseau lilamenteux. Les espèces sont tiès-petiles, mais d'une forme très-élégante; elles croissent eu groupes, souvent assez nombreux, sur le bois mort ou sur les feuilles sèches. Persoon a réuni, sous le nom de Cribraria, les deux genres Diclydium et Cribraria de Schrader. De CandoUe n'en fait qu'une section des 7'riclda ; la différence de ces deux genres est trop grande pour qu'on puisse les réunir; mais quant au Diclydium, il diffère en effet très-peu des Cribraria.

CRICERAC. OIS. L'un des noms vulgaires de la Rousserole, Sylcia turdoides. V. Rocsserole.

CRICET. Cricelus. mam. Synonyme de Rat-Taupe. y. AsPALAX et Hamster.

CRICETINS. MAM. Desmarest a proposé d'établir, sous ce nom, une petite famille de Rongeurs, qui renfermerait les Marmottes et les Hamsters.

CRICETUS. MAM. f^. Hamster.

CRICHIONITE. MIS. f^. Craitoihite.

CRICKS. OIS. On nomme ainsi divers Oiseaux qui forment une division dans le genre Perroquet.

CRICOMl'HALOS. moll. Klein, dans sa Méthode concbyliologique, donne ce nom générique, qu'il écrit Circomphalos , mais à tort, à toutes les Coquilles bivalves ombiliquées, arrondies. Ce genre est placé dans sa famille des Diconchœ ombilicatœ, qui renferme toutes les Coquilles bivalves dont la lunule, plus ou moins enfoncée, était nommée par lui ombilic. On sent qu'une division établie sur de tels caractères devait rassembler dans un môme cadre les objets les plus disparates, et renfermer des Coquilles de genres fort différents. Il n'est pas étonnant de voir tout cela tomber dans un juste oubli.

CRICOSTO.ME. MoLi. Klein a encore donné ce nom générique à toutes les Coquilles univalvcs dont le dernier tour, ayant son diamètre plus grand que la spire, offre une ouverture entière, circulaire, sans dents, ou striée. Cette division, si l'on ne considère que la forme de la coquille, sans porter aucune attention aux autres caractères, réunit beaucoup de Coquilles qui ont entre elles une assez grande ressemblance ; aussi , vers ces derniers temps, Blainville, dans le tableau où il a exposé sa méthode conchyliologi((ue d'après les formes, a employé ce mot pour réunir sous le même caractère un certain nombre de genres, et en faire une famille.

CRICOSTOMES. moll. Ce mot, emprunté à Klein, et qui se trouve également dans la table alphabétique des mots employés en histoire naturelle, donnée par d'Argenville à la fin de la Zoomorphose, a été employé par Blainville pour une famille qu'il propose de former avec tous les genres qui ont l'ouverture arrondie, le péristome continu, et qui offrent constamment un opercule; ainsi les Paludines, lesValvées, les Cyclostomes, les Scalaires, les Daupbinules, les Turbos, etc., en feraient partie. Cette famille, composée de Coquilles qui renferment des animaux différents, ne peut être convenable que dans une méthode basée seulement sur les formes, abstraction faite de tout autre caractère.

CRICRI. OIS. Synonyme vulgaire de Bruant Proycp.

CRI-CRI. INS. Nom vulgaire du Grillon domestique, Acheta domestica. Fab.

CRIGNARD et CRIQUET. OIS. Synonymes vulgaires de Canard Sarcelle d'hiver.

CRIGNON oii CRINON. ins. Synonyme vulgaire de Grillon domestique.

CRIKS. OIS. F. Cricks.

CRIMNON. BOT. Nom ancien de la Farine de Maïs.

CRIN. zooL. r. Poil.

CRIN. pois. Espèce du genre Labre.

CRIN DE CHEVAL. BOT. Nom vulgaire de VAlecloria fubata. V. Alectorie.

CRIN DE FONTAINE ou DE MER. an:«él. Synonyme vulgaire de Dragonneau.

CRINCELLE. ois. Syn. vulgaire de Faucon Crécerelle.

CRINCHON. lus. Nom donné vulgairement, dans le nord delà France, au Grillon domestique.

CRINIGER. OIS. Synonyme de Crinon.

CRINITAIRE. Crinilaria. bot. Ce genre, de la famille des Synanihérées, est tout à fait le même que le genre Crinita de Mœnch. Lesson en avait changé la terminaison pour éviter qu'il ne soit confondu avec le genre Crinita d'Houttuyn qui appartient à la famille des Rubiacées.

CRINITE. Crinita. bot. Les deux genres établissons ce nom par Iloutiuyn et Mœnch , n'ont été ni l'un ni l'autre adoptés. Le CrinitaCapensis d'Houttuyn est le Paretta caf'ra. Les Crinita linearifolia et punctata de Mœnch sont deux espèces du genre Chrysocome.

CRINIUM. bot. F. Crinulas.

CRINODENDRE. Crinodendron. bot. Genre établi par Molina (Hisl. nat. du Chili, 179), adopté parCavanilles (Dissert. 5, p. 300, t. 158, fig. 1) et par Jussieu, mais dont on n'a pu encore bien déterminer la place dans la série des ordres naturels. II appartient à la Mona-

dcli)hie Décandrie. Caractères : fleurs incomplèles ; calice pélaloïde, subcampaniilé, formé de six sépales rapprocliés et contigiis latéralement; étamines, au nombre de six, monadelphes par la moitié inférieure de leurs filets : la moitié supérieure est libre; anthères ovoïdes et dressées ; ovaire supère, ovoïde, terminé par un style simple, subulé, un peu plus lonR que les étamines. Le fruit est une capsule coriace, trigone, à une seule loge, s'ouvrant avec élasticité par son sommet, et contenant trois graines arrondies, à peu près de la grosseur d'un Pois. Une seule espèce constitue ce genre, c'est le Crinodemlron Paiagua, grand arbre élégant, toujours orné de son feuillage, et dont le tronc a jusqu'à sept pieds de diamètre. Ses feuilles sont opposées, pétiolées, lancéolées, dentées en scie , d'un vert clair, dépourvues de stipules; les fleurs, qui exhalent l'odeur du Lis, sont portées sur des pédoncules axillaires et uniflores. Ce bel arbre, originaire du Chili, y est connu sous le nom vulgaire de Patagua.

CRINOIDES. Crinoidea. ÉcuiN. Famille établie par Muller pourles animaux du genre Encrine de Lamarck. Muller a publié, en 1821 , un excellent et bel ouvrage sur ces êtres. 11 est intitulé Histoire naturelle des Crinoidesou Animaux en forme de Lis, avec des observations sur les genres Astérie, Euryale, Comatule et Marsupites (un vol. in-4", avec gravures enluminées). Ce sont des animaux à colonnes rondes, ovales ou angulaires , composées de nombreuses articulations ayant à leur sommet une série de lames ou de plaques formant un corps qui ressemble à une coupe contenant les viscères. Du bord supérieur de ce corps sortent cinq bras articulés, se divisant en doigts tentacules, plus ou moinsnombreux, qui entourent l'ouverture de la bouche située au centre d'un tégument écaillé, qui s'étend sur la cavité abdominale, et qui peut se contracter en forme de cône ou de trompe. Tous les Crinoïdes adhèrent à des corps solides par des appendices radiciformes; ce sont des animaux fixes ou dépourvus de la faculté locomotive. Les colonnes et les fragments de colonnes des Crinoïdes, si communs dans les terrains à Fossiles, soit anciens, soit modernes, ont attiré l'attention des naturalistes dès la plus haute antiquité. Les noms qu'on leur a donnés, fondés sur des idées superstitieuses, sur leur ressemblance avec d'autres corps et sur leur usage, variaient beaucoup. On les nommait Grains de rosaire, Larmes de géants, Pierres de fée. Pierres à roue, Torchites, Entrochites, Astéries, Pierres étoilées, etc. Agricola considérait ces corps comme des infiltrations inorganiques, semblables aux Stalactites. D'autres les ont regardés comme des articulations vertébrales de Poissons, comme des Coraux, etc., et quelques-uns, qui ont plus soigneusement observé la colonne et sa terminaison, les ont comparés aux plantes, d'où le nom de Lis pierreux a été donné aux extrémités supérieures du genre Encrinus. Lhuid a été le premier qui les ait considérés comme faisant partie d'un animal étoile, et quand cette idée fut accueillie par des observateurs, quand il fut admis qu'ils appartenaient lirobablement à l'Astérie (l'Euryale Stelléride de Lamarck), et qu'ils pouvaient même exister dans des mers non encore explorées, on commença des recherches

pour tAclier de les découvrir dans un état de vie ou au moins récent. Bientôt parut pour la première fois le Penvatula Encrinus de Linné, qu'Ellis décrit comme une Hydre. Mais un plus sévère examen a prouvé qu'il diffère si matériellement de l'Encrinite, qu'il a fourni à Lamarck le type de son nouveau genre UmbeUularia. Peu de temps après, on trouva une portion d'animal, qui ressemblait aux colonnes astériales, si fréquentes dans les terrains secondaires, offiant les mêmes caractères génériques. Linné a improprement classé cette espèce dans le genre Isis sous le nom d'/sî's Asteria, erreur que Lamarck a rectifiée en plaçant cette échinite dans son genre Encrinus , sous le nom A' Encrinus caput Medusœ , et Lamouroux l'a reportée dans le genre Pentacrinites, en conservant le nom spécifique adopté par Lamarck.

Quelques espèces, comme le Cyalhocrinites rugosus, se trouvent parmi les plus anciennes traces de restes organiques dont la gangue est une Pierre calcaire de transition. D'autres espèces des genres Poleriocrinites et Cyathocrinites se rencontrent dans les premiers terrains secondaires, dans tous ceux qui ont succédé jusqu'à ceux de l'époque actuelle, puisque l'on en rencontre une espèce encore vivante dans nos mers, mais très-rarement. VJpiocriniles rotundus ne se trouve qu'adhérent à un lit de formation oolithique, et VJpiocrinites eltipticus dans la Craie et dans le Calcaire jurassique. 11 paraît aussi que beaucoup d'espèces de Crinoïdes ont été très-généralement distribuées sur notre globe, tandis que d'autres ne s'observent que dans des localités très-circonscrites.

Le caractère essentiellement distinctif de la famille des Crinoïdes est la colonne formée d'articulations nombreuses, qui la séparent des Polypes, tandis que les bras et les doigts qui entourent la bouche, prouvent son atfinité avec les Stellérides. Les téguments des Crinoïdes paraissent avoir joui de la faculté de former, par sécrétion, un nombre de concrétions calcaires, qui sont devenues des arliculalions ou ossicules composant ce qu'on peut appeler le squelette de Panimal. On ne peut pas, il est vrai, les nommer strictement des os. depuis que cette dénomination est presque limitée par l'usage aux parties constitutives des animaux à vertèbres, au lieu que les concrétions ossiculaires des Crinoïdes ont, en plusieurs points (et probablement aussi dans leur composition chimique), une plus grande analogie avec les plaques du test des Oursins et les articulations des Astéries. Quelle que soit la différence, tant I pour la disposition que pour l'arrangement, qui existe \ entre les ossicules et les os des animaux à vertèbres, ils ont évidemment les mêmes usages généraux, ils sont des tinés à former la charpente solide de tout le corps, à I protéger les viscères, et, autant qu'on peut raisonnable- I meut le croire aujourd'hui, à former les points d'attache d'un système musculaire régulier. Les dépressions I et les trous qui se voient dans les ossicules prouvent que I le tégument gélatineux, qui les recouvrait, était doué j de l'action musculaire, et pouvait produire les eff^ets qui résultent de cette action. Le mouvement des bras, des doigts et des tentacules, ne pouvait avoir lieu que t de cette manière. Sur le sommet de la colonne sont

placiies des séries d'ossicules que leur posilion el leur usage ont fait nommer le bassin, les épaules, les jointures des plaques costales et intercostales, qui varient (le nombre, et qui man(|uent partiellement dans quel- <|ues genres. Ils forment (avec les plaques de la poitrine et de la tête) une sorte de corps sous-globulaire ayant la bouche au centre, el contenant les viscères et l'estomac de l'animal, d'où les fluides nourriciers sont I)ortés par un canal alimentaire, dans la colonne, aux bras et aux doigts lenlaculés. Lorsque ces ossiculessont courts et épais, qu'ils sont liés par des surfaces régulièrement articulées, comme dans les ^piocriniles, ou aiikylosées peut-élre ensemble, comme dans les Euge- ■niocrinites, Muller les nomme des joints. Quand ils prennent une forme plus variée et plus plaie, et qu'ils n'adhèrent que par des sutures recouvertes d'un tégument musculaire, il les appelle plaques. La différence de ces modes de structure a mis à même de former ([uatre divisions dans la famille des Crinoïdes , et comme le nombre de plaques ou joints sur lesquels l'épaule est assise, et aussi le nombre des doigts et l'arrangement des phalanges varient, ils offrent, avec la forme delà colonne, de bons caractères pour établir des genres et délerminer des espèces. II est à présumer que les Crinoïdes se nourrissaient d'animaux moins solides qu'euxmêmes, probablement d'infusoires, de Polypes, de Méduses, etc. Ce qui rend la chose plus certaine, ce sont leurs nombreux doigls tentacules , formant un admirable appareil rélifoime, pour saisir les corps les plus petits. MUlIer pense que les Crinoïdes ne se propageaient que par des œufs, leur structure organique, si compliquée, ne leur permettant pas de s'accroître parla séparation des parties de l'animal ou par des bourgeons. Les accidents multipliés auxquels sont exposées les nombreuses parties constituantes des Crinoïdes, font croire qu'ils possédaient la faculté de réparer leurs pertes par la reproduction de ces mêmes parties, et l'échantillon du Peiitacrinus caput Medusœ, que possède depuis peu John Tobin, semble en donner une preuve évidenle.

La manière dont les nombreuses concrétions ossiculaires sont liées ensemble par une substance musculaire, gélatineuse, rend leur séparation après la mort de l'animal très-aisée à expliquer; elle démontre également pourquoi les éclianlillons parfaits sont si rares dans l'état fossile.

Les animaux qui composent celte famille sont classés dans trois glandes sections, et répartis en neuf genres.

1. Crinoïdes articulés : genres Apiocrinites, Penlacrinilcs, Encriniles.

2. Crinoïdes a demi articclés : genres Potériocriniles, Cyathocriniles , Aclinocrinites, Rhodocriniles, Plalycrinites.

3. Crinoïdes rêdnis : Genre Eugéniocriniles. CRINOLE. Crinum. bot. Genre de la famille des

Amaryllidées et de l'ilexandrie Monogynie de Linné. Le mot grec xf>no-/, est synonyme de Uipiov, lis; Linné l'a traduit litléralemenl par Crinum, et en a fait l'application à un genre autrefois très-voisin des Lis, quoique, maintenant, il ne fasse plus partie de la même famille. Certaines Crinoles présentent en effet, dans leur

inHorcsccncc, quelques points de similitude avec les Lis, mais la ressemblance n'est pas tellement grande qu'elle puisse tromper l'amateur; elle se borne même presque exclusivement à la fleur ; on ne la trouve plus, lorsqu'on descend à la tige et à la souche. Ce sont des plantes A racines bulhifères; à feuilles ordinairement longues et larges, s'élançant du sommet du bulbe. Les fleurs sont généralement blanches ou rougefttres, disposées en ombelle simple ou en sertule, couronnant une hampe également simple , et enveloppées dans leur épanouissement, par une spalhe de plusieurs folioles. Leur périanlhe forme un long tube à sa partie inférieure; il est soudé avec l'ovaire qui est infère; son limbe est à six divisions égales, étalées ou réfléchies ; les étamines, au nombre de six, ont leurs filaments distincts et insérés vers le sonunet du tube ; l'ovaire a trois loges polyspermes ; il est surmonté d'un style simple, terminé par un sligmate obtus; le fruit est une capsule fréquemment à une seule loge, par suite d'avorlement, contenant un très-petit nombre de graines arrondies, bulbiformes et grosses. A l'époq^ut où Linné institua le genre Crinum, on n'y comptait que quatre espèces, réduites à trois, par la séparation de son Crinum Jfricanum, qui est devenu le type du genre ^/«/apanthus; aujourd'hui le nombre des Crinoles cultivées dans les collections, est porté à quatre-vingt-quatorze. Toutes les contrées chaudes du globe, l'Europe exceptée , ont fourni leur contingent à ce groupe où l'on trouve des espèces vraiment gigantesques; la circonférence d'un bulbe ou ognon du Crinum amabile a donné vingt-huit pouces.

La chaleur est une condition indispensable de la culture des Crinoles, et comme ces plantes ont une tendance constante à donner beaucoup de fleurs, il faut leur choisir, dans la serre, une place parfaitement éclairée. On les plante dans un compost formé de terreau de bruyère et de terre fort substantielle. Arrivant assez fréquemment à l'état de maturité sous nos climats factices, il est aisé de propager ces plantes par le semis, mais le moyen est lent et on lui préfère, en général, celui qu'offrent les cayeux «pie l'on sépare lorsque les feuilles commencent à se flétrir. On les détache du bulbe avec précaution, puis un les distribue immédiatement dans les pots où ils doivent CDntinuer à croître et quel'on plonge dans la (année. Lesjeunes plantes demandent des arrosementsfré(iuents, mais modérés, car la pourriture s'y met avec beaucoup de facilité.

Crinole d'Asie. Crinum Asialicum, h. Manl. 3G2; L'ilérit. Sert. angl. 8; Willd. Sp. pi. 2, 45. Cette magnifique Crinole est originaire de l'Inde, où on la trouve encore sauvage dans plusieurs de ses contrées ; il parait qu'elle existe également en Chine et dans la Nouvelle-Galles du Sud. On la cultive dans les serres européennes, depuis un siècle environ. Elle fleurit pendant tout l'été. Son bulbe parvient à une grosseur considérable; il est allongé, cylindroïde, renflé à sa base qui est garnie de racines nombreuses, assez épaisses, simples, disposées en faisceaux et d'un blanc jaunâtre ; la hampe est cylindrique, haute d'un à deux pieds, épaisse de dix-huit à vingt lignes; elle naît entre les feuilles qui s'élèvent du bulbe. Ces feuilles sont assez

nombreuses, embrassantes, oblongiics-lancéolccs. Les fleurs sont réunies au nombre de quinze à vingt en une ombelle terminale, entourée à sa base, de deux spathes membraneuses, inégales, lancéolées, presque aiguijs et d'un vert rougeâtrc ; chacune d'elles, longue de six à sept pouces, est portée sur un pédicelle fort court, accompagné inférieurement d'une sorte de bractée en lanière fort étroite et fort longue, d'un blanc rougeâtre; le périanthe a son tube assez grêle, allongé, cylindrîque, cannelé, renflé à sa base, terminé par un limbe à six divisions profondes, linéaires, rétrécies à leur base, concaves , ouvertes , réfléchies à l'extrémité qui est pointue et onguiculée aux trois divisions extérieures, d'un pourpre sanguin, fort intense extérieurement, d'un blanc rougeâtre à l'intérieur, avec une bande longitudinale et centrale formée de lignes purpurines. Les élamines, au nombre de six, ont leurs filaments subulés, pourprés, insérés près de l'orifice du tube et terminésàleursommetpardes anthères linéaires, arquées, vacillantes et jaunes. L'ovaire est infère, à trois angles arrondis, surmonté d'un style droit ou faiblement arqué, cylindrique, d'un brun pourpré, moins long que les filaments, terminé par un stigmate très-petit et triangulaire. La capsule est ovale, charnue, à trois loges, à trois valves renfermant plusieurs graines. A la place des graines, on trouve presque constamment dans la capsule, des tubercules arrondis, charnus, blanchâtres, de la grosseur d'une petite Noix, et que l'on considère généralement comme des bulbilles soliJes, analogues à celles qui se développent sur différentes parties, et quelquefois à la place des fleurs dans beaucoup de Liliacées. Mais ces prétendues bulbilles n'avaient point encore été examinées avec soin, et leur structure n'était pas encore bien connue. Une analyse soignée, faite sur deux espèces (Crimim Taitense et Cn'num erubescens), a démontré que ces corps n'étaient ni des tubercules, ni des bulbilles, ainsi qu'on l'avait cru jusqu'alors. Ce sont de véritables graines, mais qui, par des circonstances particulières, ont pris un développement extraordinaire. A l'extérieur, ces graines sont recouvertes d'une pellicule assez épaisse, sèche, cassante, s'enlevant par plaques. Quoiqu'elles soient ordinairement globuleuses, elles offrent une dépression sur un de leurs côtés, dépression qui est le véritable bile ou point d'attache. Toute la masse intérieure se compose d'un corps charnu , blanc, légèrement verdâtre à sa circonférence. Vers la partie inférieure de la graine, près du hile, on trouve un petit corps irrégulièrement ovoïde, un peu recourbé, plus renflé à sa partie moyenne qu'à ses deux extrémités qui sont obtuses; ce corps est l'embryon; l'extrémité inférieure est la radicule, qui, au moment de la germination, s'allonge , perce l'endosperme et le tégument propre de la graine, entraînant avec elle, au dehors, la gemmule qui, comme dans tous les autres embryons monocotylédonés , est renfermée dans le cotylédon. D'après ce court exposé, il est impossible de ne pas reconnaître la structure de la graine dans ces corps considérésjusqu'à présent comme des bourgeons solides ou des bulbilles.

Cbinole BRILLANTE. 0■/«^;H^s/;ec/oiM«^Thunb.So^ Marjaz. 2217 et 2121. Les Indes-Orientales sont la patrie

de cette jolie espèce qui a été découverte au nord du Bengale par le docteur Carey, et que l'on possède depuis l'année 1819. Sa floraison commence au mois de juin et se prolonge jusqu'à la fin de septembre. Son bulbe est large, sphéroïdal et revêtu de tuniques rougcàtres; il donne naissance à une multitude de feuilles longues de deux à trois pieds, larges de deux pouces, striées, pointues, marquées d'une côte médiane assez épaisse, à bords rudes, d'un vert obscur un peu terne. La hampe s'élance latéralement des écailles du bulbe et s'élève à la hauteur de deux pieds et quelquefois plus; elle se couronne d'une ombelle composée de six ou sept fleurs sessiles, longues de cinq pouces, compris le tube qui est égal au limbe et d'un blanc verdâtre, parsemé de traits et de taches d'un rouge pourpré assez pâle; les six divisions du limbe sont blanches avec une bande formée de lignes purpurines à l'extérieur; elles sont ovales, lancéolées et pointues, avec l'extrémité réfléchie; les spathes sont membraneuses, allongées, aiguës, de même que les bractées qui sont beaucoup plus étroites et ondulées. Les filaments sont fort grêles, courbés, terminés par des anthères vacillantes et blanchâtres. L'ovaire est peu saillant, terminé par un style courbé, avec un stigmate trifide.

Crinole élégante. Ciinum etegans, Herb., Bot. Magaz. 2S92. Elle appartient aux Indes, et fut envoyée du royaume de Pégu, en 1820, au docteur Carey, dans la collection duquel on la vit fleurir au mois de septembre 1854. Le bulhe est ovale, long de six pouces et d'un diamètre proportionné, recouvert de tuniques ou écailles quasi imbriquées, d'un gris brunâtre; il se termine par six ou huit feuilles longues de trois à quatre pieds, larges d'un à deux pouces, striées, pointues, avec un pli longitudinal et central, d'un vert agréable. La hampe, qui prend naissance sur l'un des côtés du bulbe, est cylindrique, un peu plus courte que les feuilles, avec une ombelle de quatorze à quinze fleurs entourées d'une spathe membraneuse, blanchâtre, longue de quatre pouces et atténuée au sommet. Les fleurs sont sessiles; une bractée en lanière allongée, étroite, blanchâtre, accompagne le tube qui est cylindrique, verdâtre et long de deux pouces et demi; les six découpures du limbe ont un peu moins de longueur, elles sont ovaleslinéaires, pointues et blanches. Les élamines ont leurs filaments faiblement courbés, blanchâlres, supportant des anthères en croissant et à pollen jaune. L'ovaire est oblong, verdâtre, surmonté d'un style de la même longueur que les filaments et moindre que la corolle, rougeâtre, avec un petit stigmate blanc.

Crinole élancée. Crinum proceriim, Herb., Bot. Magaz. 2684. Son bulbe est épais, arrondi, peu prolongé, garni au sommet d'une touffe majestueuse de feuilles presque dressées, longues de quatre à cinq pieds, larges de six pouces, striées, d'un vert agréable, marquées de trois bandes longitudinales d'un vert plus obscur; les bords sont entièrement lisses. La tige n'a guère plus de deux pieds, elle est cylindrique, épaisse, ornée au sommet d'une ombelle de quinze à vingt-cinq fleurs, accompagnées à leur base d'une spathe flétrie , jaunâtre, qui les a primitivement renfermées. Le pédoncule et l'ovaire ont environ un demi-pouce; leur couleur est

le verl pftie, de même que celle du lube qui est long de cinq pouces; les six divisions du périanthe ont la même ilendue; elles sont étroites, aiguCs, blanches à l'intérieur, rayées de roufic pourpré extérieurement. Les filaments des élamincs, à peu prés aussi longs que les divisions pétaliformes, sont blancs à leur base et purpurins au sommet; les anthères sont jaunes, linéaires et vacillantes; le style, un peu plus court que les étamines, est de la même nuance, avec un stigmate très-petit et blanchâtre. De l'Inde.

Crinole haccourcie. Ciiniim slrictum, ïlerh.. Bot. Magaz. 2G55. L'horticulteur anglais Tate a reçu, en 1820, cette Crinole, qu'il croit originaire de l'Amérique du Sud. Elle lîeurit aux mois d'août et de septembre. Toute la plante ne surpasse guère quinze pouces en hauteur; le bulbe est ovale, petit, recouvert de tuniques fauves; la hampe qui s'en élève est entourée, à sa base, d'une dizaine de feuilles courtes, obtuses, presque droites et d'un vert assez paie; elle est cylindrique, du double de la longueur des feuilles, terminée par une ombelle de quatre fleurs, environnée avant le développement, d'une spathe marcescente, longue de deux pouces et un quart. L'ovaire est sessile et le tube cylindrique, long de cinq pouces, d'un vert très-pàle. Les six divisions du périanthe sont fort étroites, longues de trois pouces et un quart, pointues, blanchâtres, avec les extérieures onguiculées. Les filaments des étamines sont blancs à leur base, rouges ensuite et filiformes; les anthères sont arquées et jaunes, attachées comme dans les autres espèces, par le centre. Le style, plus long que les étamines et moindre que les divisions du limbe, est rouge avec sa base blanche; le stigmate est peu visible.

Crinole d'Amérique. Crimim Americanum, L'Hér. .Sert. Angl. 8. Cette espèce a été envoyée de l'Amérique méridionale, à Philippe Miller en 17,*)2. Elle commence à fleurir en juillet, et sa floraison se prolonge jusqu'à l'automne. Son bulbe est ovale, allongé et d'un diamètre assez considérable; les feuilles sont longues de plus d'un pied, larges de vingt à vingt-deux lignes, striées, d'un vert peu éclatant; la hampe, qui prend naissance sur le coté de la touffe des feuilles, est cylindrique, épaisse, longue de dix ù douze pouces. Les fleurs sont sessiles au sommet de la hampe, réunies cinq ou six en ombelle enveloppée de deux spallies membraneuses, verdûtrcs, oblongues, obtuses et opposées. Les bractées sont en forme de lanières, très-étroites et roulées; le tube est canelé, vert, long de trois pouces; les divisions du périanthe sont un peu moins longues, étroites, striées, à bords ondulés, onguiculées, blanches, tirant un peu sur le verdàtre à l'extérieur. Les filaments staininaux, plus courts que les pétales, sont rouges avec les deux extrémités blanches, et les anthères jaunes, l/ovaire est ovale, surmonté d'un style subulé, rouge et (|ui ne dépasse pas les filaments.

Crinole a feuilles souples. Crinum flaccidum, Ilerb., Botan. Magaz., 2121, 2135; Spreng., Syst. reget. 2, 35. Amaryllis aiistralasia, Bol. Begist. 426. La Crinole à feuilles souples, originaire de l'Australasic, et considérée d'abord comme devant faire partie des Amaryllis, dont elle se rapproche réellement par le faciès général, est connue en Europe depuis 1820;

elle avait été découverte l'année préeédcnle par les botanistes chargés d'explorer l'iiitérieiir des terres de la Nouvelle-Hollande, qui l'ont observée sous la latitude de 35 degrés, et la longitude de liG. Son bulbe est oblong, arrondi, recouvert de tuniques brunes; le sommet se garnit de feuilles étroites, d'une faible consistance, pliées en gouttière ou canaliculées, atténuées et acuminées au bout, longues de deux pieds environ, dressées jusqu'au milieu, se repliant alors et retombant extérieurement, d'un vert agréable. Les fleurs, d'une odeur suave, sont groupées en ombelle, au nombre de dix ou douze, qu'entourent à leur base une spathe acuminée, bifide, d'un roux blanchâtre sur les bords. Le pédoncule est court, épais, ù trois côtes et d'un vert jaunâtre, de même que l'ovaire qui est renflé, oblong, mais plus court que le pédoncule. Le tube est aussi d'un vert trôs-pàlc, triangulaire, strié, long de trois pouces. Le limbe est profondément divisé en six pétales ouverts, oblongs, pointus, striés, d'un blanc nuancé de verdàtre, surtout à la face extérieure, vers les bords, et aux deux extrémités. Les étamines n'égalent pas en longueur la moitié de celle des divisions du limbe ; elles ont leurs filaments grêles, filiformes, recourbés, verdàtres, portant des anthères linéaires, vacillantes et d'un jaune orangé. Le style est aussi long ((ue le périanthe, courbé et relevé en S, cylindrique, jaunâtre à sa base, verl à l'extrémité qui est couronnée par un stigmate à peine visible. La capsule est bulbisperme. Crinole bocgeaire. Crinum erubescens, Jaeq., Horl. sclioen. 4, t. 50; Horl. Kew. 1, 413. Redont., LU. 17. Willd., Sp. pi. 3, 46. Spreng., Syst. veg. 2, 34. Bot. Mag. 12-32. Crinum Americanum, V. p. Linn., Sp. pi. 419. Linné, qui a connu cette espèce, l'avait regardée comme une variété du Crinum Americanum; elle est en effet native de la partie espagnole de l'Amérique, mais sept ou huit autres espèces sont également de cette contrée, et ne présentent pas d'autres points d'analogie avec la Crinole que, par cette raison , l'on n'aurait pas dû continuer à appeler spécifiquement américaine, yuoi qu'il eu soit, la Crinole rougeûlre est une plante magnifique, qui contribue puissamment à orner les serres chaudes, surtout lorsqu'elle est en pleinefloraison, vers le mois de juillet. Son bulbe est arrondi, un peu allongé, de trois pouces environ de diamètre et recouvert de tuniques grisâtres. Les feuilles sont grandes de plus d'un pied et larges de deux pouces environ, à bords rudes et dentelés, striées, d'un vert intense et brillant. La tige surpasse les feuilles; elle est épaisse de huit ou neuf lignes, d'Un rouge pourpré, vif et foncé. Les fleurs, ordinairement au nombre de six, sont enveloppées dans une spathe bifide, rougeâtre et pointue; elles ont en outre chacune une bractée qui accompagne le tube à son origine; il est d'un rouge purpurin très-vif ù sa base, verdàtre à l'orifice. Le périanthe ou plutôt ses six divisions sont réfléchies et même un peu roulées en dehors, blanches intérieurement, purpurines à l'extérieur, longues de trois pouces, larges de trois à quatre lignes, avec la pointe membraneuse, plus épaisse et verdàtre. Les filaments staminaux sont rouges au sommet et les anthères jaunes, presque transversales. Le style les dépasse et

sp termine par un sligmaleà peine visible; l'un et l'autre sont d'un pourpre vif.

Crinole arenaire. Crinum areîiarium , Sims, in Bol- Mag., 2335. Spreng., Syst. veget., 2, 55. Celte espèce, importée en Europe en 1818, par les soins de lord Carnavon, a pour pairie le lilloral de l'Australasieet presque tout l'Arcliipel de l'Ooéan pacifique. Son bulbe est ovale, enveloppé d'une tunique brunâtre, réticulée : il en sort deux feuilles, longues de deux pieds, larges de dix-buit à vingt lignes, striées, scabreuses sur les bords et d'un vert tirant sur le glauque. La hampe esl de moitié environ moins longue que les feuilles, terminée par une ombelle de cinq ou six fleurs, portées cbacune sur un pédicelle fort court, accompagné d'une petite bractée linéaire, et le tout enveloppé dans une spalhe membraneuse, fauve, acuminée. bifide et longue d'un pouce et demi. Le tube du périantbe est jaunâtre, long de quatre pouces , renfermant dans sa base, l'ovaire qui est globuleux et d'un vert foncé comme la hampe; les divisions du limbe, au nombre de six, sont lancéolées, assez étroites, acuminées, rétréeies à leur base, d'un blanc très -faiblement teinté de pourpre et terminées par une sorte d'ongle verdâtre. Lcsétainines ont leurs filaments purpurins et leurs anthères d'un jaune orangé; celles-ci sont versatiles, attachées par leur centre.

Crikole desmares. Ciinwn svbinersum, Herb., Bo^ Magaz., 24G3. Sprengcl considère comme une simple variété du Cn'mim criibesccns, celle Crinole, que les botanistes anglais ont donnée comme espèce distincte, et qu'ils persistent à ne pas admettre autrement. Elle a été découverte, en 18-2.5, dans les mares ou lacs qui avoisinent Rio-Janeiro.

Son bulbe esl ovale, allongé, recouvert de tuniques striées, membraneuses, d'un rouge brunâtre; les feuilles, sortent en assez grand nombre du sommet de ce bulbe ; elles sont allongées, ondulées, striées, canaliculées, engainantes à leur base, acuminées, très-scabreuses sur leurs bords et d'un vert assez pur. La hampe, de près de moitié moins longue que les feuilles, a bien souvent au delà d'un pied ; elle s'élève à côté du bouquet de feuilles; elle est compiimée, épaisse, verte, nuancée de rougeâlre et tachetée comme la peau d'un Serpent. L'ombelle qui la termine a sept ou huit fleurs, portées cbacune sur un pédicelle; l'ovaire est globuleux, beaucoup plus gros que le tube, ce qui occasionne à sa base un renflement très-sensible; celui-ci est long de trois pouces, d'un jaune verdâtre; les six divisions du limbe sont égales, lancéolées, longues de deux pouces et larges de dix lignes, acuminées, blanches, avec une ligne intermédiaire rougeàtre, et le bord terminal d'un pourpre vif, comme les filaments des étamines et le style, qui est recourbé; les anthères sont jaunes. La spalhe qui enveloppe l'ombelle est verdâtre, bifide et longue de trois à quatre pouces.

Crinole a rEciiiES épaisses. Crinum crassifolium, Hort. Britann., éd. 2. 512. AmarylLis resoluta, Var. Bot. Magaz. ,W7%. Amaryllis mriabilis, Jacq. Hort. Schoen., 4, 428. Son bulbe est presque sphérique, trèsvolumineux, enveloppé de tuniques, d'un gris brunâtre; les feuilles sont longues de deux pieds environ et

3 DICT. DES sciences NAT.

larges de plus de deux pouces, concaves au centre, repliées ou roulées vers les bords, striées et d'un vert intense. La hampe est fort élevée, cylindrique, comprimée et du même vert que les feuilles ; la spathe est bifide , membraneuse, acuminée et brunâtre. L'ombelle est composée de sept ou huit fleurs, dont le tube est courbé, long d'un pouce et demi et verdâtre; le limbe est partagé en six divisions ovales, lancéolées, blanches intérieurement, d'un rouge pourpré ù l'extérieur, avec les bords blancs et une bande intermédiaire verdâtre. Les étamines ont leurs filaments rougeâtres, recourbés, supportant des anthères jaunes, en croissant et attachées par le centre. Le style est plus long, porté sur un ovaire globuleux, terminé par un stigmate capité.

Crinole A feuilles en glaive. Crinum ensifolium, Roxb., Hort. Bengal., 2301. Spreng., Syst. veg.,i, 54. Le docteur Roxbourg a découvert et recueilli cette espèce dans le royaume de Pégu,et l'a apportée en 1820, au jardin de Calcutta d'où elle est parvenue en Europe. Elle fleurit, dans nos serres, de très-bonne heure, au mois d'avril. Son bulbe a la forme ovale et deux pouces environ de diamètre; il est vert, recouvert de tuniques brunes; le faisceau qui le surmonte se compose de sept ou huit feuilles presque droites, aiguës, engainantes à la base, d'un vert assez foncé, en forme de glaive ou d'épée, longues de douze ou quinze pouces et larges de huit ou neuf lignes. La tige s'élève sur le côté de ce faisceau; elle est cylindrique, comprimée, épaisse, d'un pourpre sale et longue de ([uatre à cinq pouces seulement; elle est couronnée par une om])ellede cinq ou six fleurs presque sessiles, entourée d'une spathe membraneuse, de deux folioles verdâtres, lancéolées, aiguës, longues de deux pouces. Le tube du périanthe est d'un pourpre obscur, long de quatre pouces; l'ovaire est peu renflé et verdâtre ; le pédicelle est presque nul; le limbe est profondément divisé en six parties linéaires, aussi longues que le tube, terminées par un appendice onguiculé, épais et vert; la face intérieure est presque blanche, l'extérieure est marquée de lignes purpurines et verdâtres. Le style est fort allongé , dél)assant les étamines, filiforme et d'un rouge pourpré, de même que les filaments staminaux. Les anthères sont très-minces et fort longues, vacillantes et jaunes.

Crinole MODESTE. CrmM»iftMHJz/e,Herb., Soi. Majf., 265G. Son bulbe est arrondi, presque régulièrement sphéric|ue et d'un vert brunâtre; le faisceau de feuilles en présente ordinairement une douzaine, longues de plus d'un pied, à bords lisses, presque aiguës au sommet, engainantes à la base, d'un vert assez pur, avec la face supérieure marquée de fossettes plus obscures, du moins en apparence. La hampe a dix pouces de hauteur; elle est cylindrique, verte, terminée parune ombelle de neuf fleurs d'un blanc assez pur; la spathe est bifide, aiguë, et longue de deux pouces. Les bractées sont linéaires, très-étroites et blanches. Le tube est arqué, verdâtre et long d'un peu plus de deux pouces; l'ovaire est presque sphérique et vert. Les divisions du périanthe sont étroites, un peu pluscourtes que le tube, ondulées, et faiblement onguiculées vers le bout. Le style est plus long que les filaments staminaux et pour-

lire comme ils le sont vers l'extrémilé. Les aiitlièrcs sont linéaires, vacillantes et jaunes.

Crinoi.e ue Carey. Crinum Carexanum, llook., Bot. Mug., 2460. Crinum Ornatum, Carey, Mss. Le docteur Carey a obtenu cette espèce en 1820, du capitaine d'un bâtiment venant de l'ile Maurice, qui, par hasard, l'avait à bord. La plante n'a point d'époque fixe pour sa floraison. Le bulbe est spbérique, volumineux et roufjeâlre; les feuilles sont longues d'un pied et demi environ, et larges de dix-liuit lignes, ondulées, à bords rudes, d'un vert tirant un peu sur le jaunâtre. La hampe est moins longue que les feuilles, arrondie, comprimée, portant une ombelle de six ou huit grandes fleuis étalées, ayant chacune leur pédicelle assez court et enveloppé primitivement dans une spathe bifide et membraneuse, striée, d'un vert brunûlre. Le tube du périanthe est incliné ou courbé, d'un vert pâle; l'ovaire est globuleux, à loges polyspermes; le limbe est partagé en six divisions ouvertes, longues de trois pouces et larges de quatorze lignes ; les trois internes sont un peu plus étroites; elles ont l'exlrémité irrégulièrement découpée, brunâtre et garnie d'un ongle en éperon ; leur couleur est le blanc verdàtre, avec une bande intermédiaire plus prononcée et qui prend une teinte rougeâ- Ire vers le sommet, surtout, à la face extérieure. Le style est rougcâtre et recourbé ; les filaments staminaux ont la même courbure, mais ils sont blanchâtres, avec des anthères réniformes et jaunâtres.

CniNOiE A OMDEixE SERBÉE. Criiium confertum, Ilook.. Bot. Jflag., 2322. Nous devons à M. Carnarvon la connaissance de cette Crinole qu'il a reçue, en 1822, de l'Australie d'où elle est originaire. Elle fleurit en juin et juillet. Son bulbe est gros et ovale; les feuilles .sont longues de deux pieds environ, larges de quatorze â quinze lignes, canaliculées, à bords li.sses et se terminant insensiblement en pointe assez effilée ; leur couleur est le vert sombre. La hampe est de moitié moins longue que les feuilles, cylindrique, comprimée, d'un vert Jaunâtre, portant une ombelle terminale, composée de huit ou dix Heurs serrées l'une contre l'autre. La spathe est de la même couleur que la hampe, striée, bifide, acuminée. et longue de trois pouces. Le tube du périanthe est sessile, verdàtre; l'ovaire est globuleux; les six divisions sont profondes, ondulées, blanches, verdâtres à la base extérieure et au sommet, longues de trois pouces, larges de six ou sept lignes. Le style est presque aussi long que le périanthe, d'un pourpre irès-obscur, avec le stigmate capité et blanchâtre; les filaments staminaux sont moins longs que le style, de la même couleur, et dressés comme lui; les anthères qui les couronnent sont linéaires, réniformes et d'un jaune foncé.

CUINON. Criniger. ois. Genre de l'ordre des Insectivores. Caractères .- bec médiocre, même assez coiu't, fort, comprimé vers la pointe, un peu élargi à la base qui est garnie de soies longues et roides; mandibule supérieure inclinée et légèrement échancrée vers la pointe; narines ovoïdes, ouvertes, placées près de la base du bec ; pieds courts ; tarse moins long que le doigt du milieu; le doigt externe uni à l'intermédiaire jusqu'à la seconde articulation, plus allongé que l'in-

terne qui est libre; les trois premières rémiges élagées, les trois suivantes les plus longues.

Ce genre a été établi par Temminck, sur l'inspection de cinq espèces qui n'avaient jusqu'alors trouvé place dans aucune méthode; comme elles étaient toutes africaines, ce savant ornithologiste a cru que les Crinons étaient propres aux régions occidentales de l'Afrique ; une sixième espèce nous a été envoyée récemment de Java; conséquemment, on peut regarder les Crinons comme habitants de toutes les parties méridionales de l'ancien continent. Il n'a encore été rien publié sur les mœurs et les habitudes de ces Oiseaux qui probablement ne se sont point montrés dans les parties de l'Afrique qui ont été parcourues, d'une manière si utile pour la science, par l'intrépide Levaillant.

Crinon barbu, Criniger barbalus, Temm., pi. color. 88. Parties supérieures d'un vert olive foncé, avec le bord extérieur des rémiges d'un vert plus pâle; nuque garnie de soies roides et assez longues; parties inférieures d'un vert olivâtre, clair; plumes du menton et du haut de la gorge, longues, lâches et jaunes, bordées de verdàtre; de semblables plumes, mais plus étroites, recouvrent toute la région des oreilles; rectrices un peu étagées , d'un vert brunâtre supérieurement, et jaunâtres inférieurement; bec brun, bordé de fauve; iris orangé; pieds bruns. Taille, sept pouces. De la Guinée.

Crinon CENDRÉ. Criniger cinerascetis ,Tcmm. Parties supérieures d'un gris cendré, tirant sur le bleuâtre; rémiges et rectrices d'un cendré noirâtre; parties inférieures blanches; joues el flancs d'un cendré bleuâtre; plumes de la poitrine et du cou bordées de cendré clair; des soies très-fines et très-courtes à la nuque; bec noirâtre; pieds blanchâtres. Taille, sept pouces. D'Afrique.

Crixon OLIVATRE. Criniger olivaceus, Temm. Parties supérieures olivâtres; rectrices brunes; parties inférieures jaunes, avec les flancs verdâtres; menton, gorge et poitrine jaunes; de fines soies à la nuque; bec et |)ieds cendrés. Taille, sept pouces. La femelle a les parties supérieures d'un brun cendré olivâtre, les rémiges frangées d'olivâtre, les rectrices noirâtres, le menton jaune; les parties inférieures cendrées, avec le milieu du ventre jaunâtre; le bec cendré et les pieds jaunâtres. De la cote occidentale d'Afrique.

Crinois PuLiocÉPHAiE. Criniger Poliocephalus , Temm. Parties supérieures d'un fauve de feuille-morte; tête et joues d'un cendré noirâtre ; une bande blanche entre l'œil et les narines; rémiges et rectrices d'un brun noirâtre; parties inférieures d'un fauve Isabelle; gorge d'un blanc pur; soies de la nuque courtes et trèsfines ; bec noir; pieds jaunâtres. Taille, six pouces six lignes. De la cote de Guinée.

Crinon A QOECE ROUSSE. Criniger riificau<lus,Temm. Parties supérieures d'un vert d'olive assez sombre, avec les plumes lisérées d'une teinte un peu plus claire; parties inférieures d'un vert jaunâtre; plumes de la gorge lâches et jaunes, bordées de verdàtre; rémiges lisérées de brun ; rectrices d'un roux foncé ; les soies de la nuque assez longues et roides; bec noirâtre; pieds fauves. Taille, sept pouces. De Sierra-Lcone.

CRmoN A TÈTE BRUNE. Cfitiiger fiiscicapilltis. Parties supérieures d'un vert olivâtre; front, sommet de la tète et nuque bruns; celle-ci est garnie de quelques poils assez longs et minces ; rémiges bordées de brun, à reflets noirâtres; recirices d'un roux irisé de brun et d'olivàfre; parties inférieures jaunes, avec les flancs verdàtres; menton et goige d'un blanc qui se nuance de grisâtre vers le haut de la poitrine; dessous des ailes d'un roux changeant en brun ; bec d'un brun plombé ; pieds fauves. Taille, six pouces six lignes. De Java.

CRINON. Ciino. intest. Ce genre, observé par Chabert et Bruguière, aurait pour caractères : un corps allongé, cylindrique, grêle, nu, atténué vers ses bouts, et ayant sous l'extrémité antérieure, un ou deux pores, ou une fente transverse; un morceau de crin blanc, d'un à deux pouces de longueur, donnerait une idée complète de la forme, de la grosseur et de la couleur des êtres de ce genre, qu'on trouve en quantité dans les artères, les intestins ainsi qu'à la surface externe de tous les viscères, nolaninient dans le bas-ventre des animaux domestiques et même de l'homme. Les Crinons sont articulés; leur tête parait fendue; leur queue est plus grosse et l'anus parait situé vers le milieu. On assure que ces animaux, dont la multiplication chez l'homme, cause une maladie dont les symptômes ressemblent à ceux du scorbut, sortent quelquefois du corps des animaux en quantité considérable, à travers la peau, parles yeux, les oreilles, les naseaux et l'anus, ce qui cause un grand soulagement. Bruguière dit en avoir vu sortir de la région dorsale d'un enfant; ils ressemblaient à des petits poils gris, et l'on ne distinguait leur animalité qu'au mouvement de quelques-uns d'entre eux. Chabert indique l'huile empyreumalique, comme le remède propre à détruire un tel fléau. Lamarck avait d'abord adopté ce genre; mais Rudolphi prétend que les observations sur lesquelles le genre fut établi, sont imparfaites, et que les prétendus Crinons ne sont que de jeunes Strongles, de naissantes Pilaires, des llamulaires, ou même des corps inorganisés. Il croit, pouvoir assurer qu'il ne s'en trouve point dans l'homme. Cependant il existe dans les vaisseaux artériels, un Ver dans lequel on reconnaît tout ce que les helminlhologues français ont dit de leur Crinon, et on ne trouve entre cet animal et les véritables Vibrions qu'une différence de taille. De nouvelles observations deviennent donc nécessaires pour lever tous les doutes à cet égard.

CRliNON. BOT. r. Crinole.

CRINONIE. Crinonia. bot. Genre de la famille des Orchidées, Gynandrie Monandrie, formé par BUime (Bydrag. FI. ind. ôô8). Caractères : cinq sépales eratoétalés; les extérieurs plus larges, faiblement carénés, les latéraux superposés au labelle, qui est uni au gynoslèmeparun petit onglet concave; anthère terminant postérieurement le gynoslème à deux loges bilocellées; quatre masses polliniques obovales, déprimées à la base, adhérentes par paires, au bord glanduleux du stigmate. Ces plantes sont des herbes parasites, caulescentes et bulhifères; les fleurs sont rassemblées en épi couvert de bractées imbriquées. Elles ont été observées dans les forêts ombragées de l'île de Java.

CRINDLE. Crinula. bot. Genre de la Cryptogamie,

famille des Hyménacytes, institué par Pries qui le caractérise ainsi : réceptacle dressé, cylindrique, portant l'hyménion ou membrane fructifère qui en pénètre et enveloppe le sommet ; celle membrane est hétérogène, séparée ou divisée, capiluliforme, déliquescente etsporigère. Les Crinules sont assez rares ; on les trouve ordinairement groupés sur les écorccs; le slype est toujours simple, corné, noirâtre; le sommet ou capitule gélatineux, verdâtre d'abord, blanchit ensuite.

CRINULES. CnMM/i. BOT. Mirbel désigne, sous ce nom, les poils tordus que l'on observe dans la fructification des Marchanties.

CRINUM. BOT. F. Crinoie.

CRIOCÈRE. Crioceris. ins. Genre de Coléoptères tétramères , établi par Geoffroy qui lui assignait pour caractères ; antennes filiformes, à articles globuleux; corselet cylindrique. Ce genre très-naturel, adopté par la plupart desentomologistes, et correspondantau genre Leiiia de Fabricius, appartient à la famille des Eumolpes. Latreille le distingue de la manière suivante : languette entière, un peu échancrée; mandibules bidenlées à leur extrémité; pieds presque de la même grandeur; antennes moniliformes; yeux échancrés et saillants; tête très-distincte; antennes plus courtes que le corps, rapprochées à leur insertion et composées de onze articles offrant des dimensions différentes : le premier est renflé, assez gros; les deux ou trois suivants sont courts et plus petits; les autres ont un volume égal et sont cylindriques; la bouche se compose : 1" d'une lèvre supérieure cornée, arrondie et ciliée antérieurement; 2» d'une paire de mandibules assez courtes dont le sommet est échancré ou terminé par deux dents ; ô» de deux mâchoires avancées, bifides, supportant des palpes composées de quatre articlesdon t le premier petit, les deux suivants courts, arrondis, presque coniques, et le dernier ovale ; i" d'une lèvre inférieure très-courte, entière, donnant insertion à deux palpes de trois articles, dont le premier petit, le second presque conique, et le dernier ovale ; le prolhorax est cylindri<|ue et beaucoup plus étroit que les élytres; celles-ci soûl dures, très-coriaces, de la longueur de l'abdomen, et recouvrent deux ailes meml)raneuses; les pattes ont une grandeur moyenne , et sont terminées par des tarses de quatre articles, dont les trois premiers larges, garnis de houppes en dessous, et le troisième bilobé, le quatrième milice, arqué et terminé par deux crochets.

Les Criocères sont des Insectes assez petits, dont le corps étroit et allongé est orné de couleurs vives. Elles se nourrissent des feuilles de plusieurs plantes; on les trouve sur les Heurs, dans les jardins et les prés; lorsqu'on les saisit, elles font entendre un bruit assez aigu qui résulte du frottement de l'extrémité supérieure de l'abdomen contre l'extrémité inférieure des élytres. Les espèces sont très-nombreuses; nous citerons parmi les indigènes les suivantes comme les plus remarquables, en empruntant à Réaumur des détails du plus haut intérêt.

Criocère du Lis. Crioceris merdigera; Chrysomela merdigera , Linné ; Criocère rouge du Lis , Crioceris ruhra de Geoffroy (Hist. des Ins. T. i, p. 259). Cette espèce, décrite et représentée par Réaumur (Mém. sur

les Insectes, vol. m, p. 220 cl pi. 17), ne nourrit des feuilles du Lis. Après que l'accouplement est fini, dit Réaumur, la femelle se promiïne sur le Lis, elle cherche un endroit à son gré pour y déposer ses œufs, et cet endroit est toujours le dessous de quelque feuille; elle les y arrange les uns auprès des autres, mais avec peu d'art cl de régularité. Chaque œuf sort du corps enduit d'une liqueur propre ù le coller sur la feuille contre laquelle il est ensuite appliqué. La femelle en dépose environ huit ou dix les uns auprès des autres; mais Réaumur ne pense pas que la ponte consiste en un seul (le ces tas. Les œufs sont oblongs, allongés; les plus récemment pondus sont rougeàtres, ils brunissent qiianil la liqueur visqueuse qui les couvre commence à se dessécher. Au bout de quinze jours on voit les petites larves de ces œufs paraîlre sur le Lis, sans qu'on ait pu encore retrouver une coque vide. Dès que les petits Vers d'une même nichée sont en élat de marcher, ils s'arrangent les uns à côté des autre» dans un ordre régulier, ayant leur tète sur une même ligne; ils mangent ensemble, et. ne mangent que la substance de la feuille du côté sur le(picl ils sont placés; à mesure «lu'ils croissent, ils s'écarlcnt les uns des autres, e( enfin ils se dispersent sur différents endroits de la feuille, et sur différentes feuilles. Alors la larve attaque tantôt le bout delà feuille, tantôt un de ses bords; assez souvent elle la perce au milieu et la mange dans toute son épaisseur. Néanmoins, elle se donne peu de mouvement, ne marche guère, ou au moins ne va en avant que quand la feuille qu'elle a attaquée lui mani|ue. Dans (|ualorze ou quinze jours, ces larves ont pris tout leur accroissement et se disposent à se métamorphoser en nymphe; mais avant de décrire celle-ci, il est essentiel de présenter, d'aprèsRéaumur, une particularité extrêmement remarquable de l'Insecte à l'état de larve. Sur les feuilles de Lis maltraitées, on voit de petits tas d'une matière humide, de la couleur et de la consistance des feuilles un peu macérées et broyées. Chacun de ces petits las a une figure assez irrégulière, mais pointant arrondie et un peu olilongue. Celle matière n'est autre chose qu'une couverture propre à chaquelarve, elquila cache presque en entier. Si on y regarde de près, on distingue à un des bouls du tas la télé du Ver; elle est toute noire et ordinairement occupée à faire agir contre la feuille du Lis les deux dents dont elle est armée. On peut aussi apercevoir de chaque côté et assez près de la lèle trois jambes noires et écailleuses; elles sont terminées par deux petits crochets que l'Insecte cramponne dans la substance de la feuille. Pour l'ordinaire, tout le reste du corps est caché; le ventre l'est par la feuille même contre laquelle il est appliqué, et le dessus l'est de même par la matière dont nous venons de parler. Au reste, elle lui est peu adhérente, et il est aisé de l'emporter par un fiolleracnl assez léger. Lorsqu'on a mis la larve à nu, on la trouve assez semblable à d'autres larves de différents Coléoptères. Sa tête est petite par rapport à la grosseur de son corps; le dessus de ce dernier est arrondi; il se termine par deux mamelons membraneux, qui aident aux six jambes écailleuses à le porter en avant ; sa couleur est d'un jaune brunâtre ou vcrdàtre; on remarque deux plaques noires et luisantes

1 sur le dessus du premier anneau ; et de chaque côté on I voit une file de points noirs; un de ces points est placé j sur chaque anneau sans jambes, et sur le premier cl le I dernier de ceux qui en ont, ce sont les stigmates ou les ouvertures des organes respiratoires.

La peau de cette larve parait extrêmement délicate; elle a une transparence qui porte à la juger telle, car cette transparence permet d'apercevoir les mouvements de la plupart des parties intérieures. La nature a appris à l'Insecte une façon singulière de mettre sa peau tendre à couvert des impressions de l'air extérieur, et de celles des rayons du soleil ; elle lui a appris à la couvrir avec ses propres excréments, et a tout disposé pour qu'il le put faire aisément. L'ouverture de l'anus des autres insectes est au bout ou près du bout du dernier anneau, et ordinairement dirigée inféricurement. L'anus de noire larve est un peu plus éloigné du bout postérieur, il est placé à la jonction du pénultième anneau avec le dernier; mais ce que sa position a de plus remarquable, c'est qu'il est du côté du dos. La disposition du rectum ou de l'intestin qui conduit les excréments à l'anus et celle des muscles qui servent à les faire sortir, répcmdent à la fin que la nature s'est proposée en mettant là cette ouverture. Les excréments qui sortent du corps des insectes sont en général poussés en arrière dans la ligne de leur corps ; ceux que notre larve fait soitir, s'élèvent au-dessus du corps et sont dirigés du côté de la télé. Ils ne sont pourtant pas poussés loin ; quand ils sont enlièremenl hors de l'anus, ils tombent sur la partie du dos qui en est proche ; ils y sont retenus par leur viscosilé; mais ils n'y sont retenus que faiblement. Sans changer lui-même de place, l'Insecte donne fi ses anneaux des mouvements qui, peu à peu. conduisent les excréments de l'endroit sur lequel ils sont tombés jusqu'à la léte. Pour voir distinctement comment tout cela se passe, il faut mettre l'Insecte à nu, et après l'avoir posé sur une feuille de Lis jeune et fraîche, l'observer avec une loupe. Dienlôt il se met à manger, et peu de temps apiès, on voit son anus se gonfler; il montre des rebords qu'il ne faisait pas paraître auparavant. Enfin l'anus s'entr'ouvre et le bout d'une petite masse d'cxcrémenlsen sort. Ce quel'lnsecle jclle est une espèce de cylindre donl les deux bouts sont arrondis. Nous avons déjà dit (c'est Réaumur qui parle) que quand ce grain d'excrément sort, il est dirigé vers la tête; cependant, peu après être sorti, il se trouve posé transversalement, ou au moins incliné à la longueur du corps. Les frottements qu'il essuie et la manière peu régulière dont il est pousâé lui donnent celle direction. 11 y a des temps où ces grains sont arrangés avec assez d'ordre, où ils sont parallèlement les uns aux autres et perpendiculairement à la longueur du corps; mais ce n'est guère que sur la partie postérieure et quand l'anus en a fourni un grand nombre, dans un temps court, qu'ils sont si bien arrangés.

L'Insecle qui a élé mis à nu a besoin de manger pendant environ deux heures, pour que son anus puisse fournir à différentes reprises la quantité de matière nécessaire pour couvrir tout le dessus du corps. Au bout de deux heures cette couverture est complète; mais elle est si mince qu'elle n'a que l'épaisseur d'un grain d'ex-

Clément; peu à peu elle s'épaissit. Le même mécanisme qui a conduit les grains jusqu'auprès de la tète, les force à se presser les uns contre les autres. Pour faire place aux excrénienls qui sortent, il faut que les excréments qui sont aux environs de la partie postérieure soient poussés et portés en avant ; ils sont mous, cèdent à la pression, s'aplatissent dans un sens et s'élèvent dans un autre, dans celui qui rend plus épaisse la couche qui couvre le corps. La couverture s'épaissit donc peu à peu, et à un tel point que si on l'enlève dans certains temps de dessus le corps de la larve, on juge que le volume de celte couverture est au mojns trois fois plus grand que celui de l'Insecte même et qu'elle est d'un poids qui semble devoir lesuicliarger; plus la couverture est épaisse, plus la tiguie est irrégulière et plus aussi la couleur brunit. Nous avons dit que les excréments dont elle est faite ont la couleur et la consistance de feuilles de Lis broyées et macéiées; ils ne sont aussi que cela, ils sont d'un jaune verdàtre; mais leur surface supérieure se dessèche peu à peu, et prend des nuances de plus brunes en plus brunes jusqu'au noir; l'habit devient lourd et plus roide; l'Insecte s'en défait apparemment alors; ce qui le prouve, c'est qu'on voit quelquefois des larves de cette espèce qui sont nues; mais ce n'est pas pour rester longtemps dans cet état. Il est aisé à la larve de se débarrasser d'une Irop pesante couverture, soit en entier soit en partie; elle n'a qu'à se placer de manière qu'elle touche et frotle contre quelque partie du Lis, et se tirerensuite en avant. Un flottement assez médiocre suffit pour arrêter cette masse et la retenir en arrière. Quand l'Insecte conserve longtemps sa couverture, elle déborde quelquefois sa tète; ce qui la déborde et ce qui recouvre les premiers anneaux est souvent noir et sec pendant que le reste est humide et verdàtre. Cette partie sèche, qui va au delà de la tète, tombe quelquefois par lambeaux.

Parvenues à l'époque de leur métamorphose en nymphes, les larves s'enfoncent en terre et se construisent avec elle des coques fort irrégulières en deliors, mais qui intérieurement sont tapissées d'une sorte d'étoffe blanche, luisante et argentée, qui est produite par le dessèchement d'un li<iuide écumeux, qui sort de la bouche de l'insecte, dessiccation qui s'opère très-prompteinent. Deux ou trois jours après la construction de ces coques , la larve se change en une nymphe semblable pour la disposition de ses parties à celles des autres Coléoptères, et ce n'est que douze jours après que l'on voit paraître l'Insecte parfait.

Criocëre a dooze points. Crioceris duodecim-punctata, Oliv., Ent. vi, p. 757, pi. 1, fig. 17. Lema 12punclala, Fab. Antennes et yeux noirs; tête et corselet rouges; élytres striées, rougeâtres, avec six petites taches noires sur cliaque ; écusson noir ; dessous du corps rouge, à l'exception de la poitrine, des genoux et des tarses qui sont noirs. On trouve assez communément cette espèce sur l'Asperge.

Criocëre brdne. Crioceris brunnea, Oliv., Ent. vi, p. 733, pi. 1, fig. 9. Crioceris ferruginea, Fab. Antennes noires; tète et corselet d'un fauve luisant; écusson brunâtre; élytres brunes, avec des stries de points enfoncés; dessous du corps noir, avec les derniers an-

neaux de l'abdomen fauves ; pattes fauves, avec les genoux et les tarses noirs. On la trouve ordinairement sur le Muguet.

Criocère a cinq tacbes. Crioceris ^-punctata, Oliv. Ent. p. 739, pi. 1, fîg. 19. Lema 5-punclala, Fabr. Antennes noires, ainsi que la têle et l'écusson; un sillon sur le front; corselet arrondi, d'un rouge luisant; élytres striées et ponctuées, d'un rouge jaunâtre, avec un point noir à l'angle de la base, une tache ronde au delà du milieu, une autre ovale, plus grande sur la suture qui est également noire; tout le dessous du corps noir. Elle se trouve en Allemagne.

Criocère de i'Aspekge. Crioceris Àsparagi, Oliv., Ent. p. 744, pi. 2, fig. 28. Antennes et tète noires ; corselet d'un rouge foncé, quelquefois taché de noir ; écusson noir; élytres d'un bleu foncé, avec le bord extérieur et l'exlrémité rouges, et trois taches jaunes, plus ou moins élargies sur chaque; dessous du corps d'un noir bronzé; base des jambes rouge. On la trouve dans toute l'Europe , sur l'Asperge.

Criocère mélanope. Crioceris melanopa, Olivier, p. 746, pi. 2, fig. 31. Lema melanopa, Fab. C'est la Criocère bleue, à corselet rouge et antennes noires, de Geoffroy; le nom spécifique en fait toute la description. On trouve sa larve sur les tiges des plantes de la famille des Graminées.

CRIOCÉRIDES. Criocerides. ins. Division établie par Latreille {Gêner. Crusl. et Ins. T. ni, p. 43) dans la famille des Chrysomélines, et comprenant les genres Sagre, Orsodacne, Mégalope, Donacie, Criocère et quelques autres. Cette division correspond (Règn. Anim. de Cuv.) à la famille des Eupodes. F. ce mot.

cniODlON. Criodion. ins. Genre de Coléoptères té- Iramères, de la famille des Longicornes, établi par ServiUe, aux dépens du genre Cerambix, pour quelques espèces de l'Amérique méridionale, qui offrent pour caractères constants : des antennes velues, plus longues que le corps, dans les mâles, et de onze articles simples, cylindriques; les quatre palpes égales, avec leur artiâe terminal assez long et cylindricoconique; mandibules lobées, saillantes et très-distinctes; labre aussi large que la partie antérieure de la tète ; corselet cylindrique, mulique, inégal en dessus, à peine plus long que la tète ; écusson petit, triangulaire ; élyties longues, linéaires, avec leurs angles huméraux peu saillants, arrondies à l'extrémité et munies d'une épine suturale, ou bien tronquées, avec chaque angle delà troncature uniépineux; corps allongé, linéaire, un peu déprimé en dessous. Ces insectes vivent sur les feuilles, et produisent en volant un bruit aigu, que l'on ne peut attribuer qu'à un frottement des élytres sur le corselet.

CRIOPE. Criopits. moll. Synonyme de Criopoderme.

CRIOPODERWE. Criopodermon. moll. Poli (Test, des Deux -Siciles) a établi ce genre, pour l'animal de VAnomia Caput Serpentis de Linné, et non pas pour la Crania, comme cela a été dit, puisque le genre Crante avait été confondu par Linné avec les Anomies, et que c'est Bruguière qui, le premier, l'a formé dans les planches de l'Encyclopédie; au reste, les Criopodermes de Poli appartiennent aux Orbicules de Lamarck.

CRlOPROSOPE.CA-/oprosop2«s.iNS.Coléoptèrestétra-

mères ; genre de la famille des Longicorncs, établi par Serville qui le caractérise ainsi : palpes comtes; mandibules fortes, terminées en pointe aii;u(i; antennes à peine pubescentes , de la longueur du corps, de onze articles, presque cylindriques, un peu renflés à leur extrémité : le premier beaucoup plus gros et conique, le second petit, court, le terminal presque pointu, rétréci au milieu, ce qui simule un douzième article ; corselet dilaté latéralement, unituberculé de chaque côté, rebordé postérieurement, avec son disque lisse; présternum peu saillant, à peine creusé transversalement; mésoslernum sans saillie évidente; élylres presque parallèles, avec leurs angles liuméraux saillants, mousses, ayant près d'eux une petite cavité, rebordées latéralement, arrondies et mutiques au bout; écusson triangulaire et pointu ; pattes presque égales et de longueur moyenne; cuisses mutiques, un peu allongées et comprimées; dernier article des tarses aussi long que les autres réunis; corps glabre; poitrine pubescente. Le Crioprosope de Serville, type du genre, est un bel Insecte long de dix-buit lignes, dont les parties inférieures sont d'un brun marron ; en dessus le corselet est lisse, d'un rouge foncé, brillant, avec une raie transversale noire au milieu du bord antérieur; l'écusson est noir; les élytres sont d'un jaune pûle, avec une tache humérale, une autre sculellaire, une bande ondulée transversale et une tache apicule noires. Du Mexique.

CRIOU. OIS. L'un des noms vulgaires du Pipit, Anlhus arboreus, Bechst. l^. Pipit.

CHIPAUT. OIS. Synonyme vulgaire de Grimpereau.

CRlgUARD. OIS. Nom vulgaire de la Sarcelle d'été. Anus crecca. y. Canard.

CRIQUET. Jcrydium. iNS. Genre d'Orthoptères, établi par Geoffroy, et correspondant à la dénomination latine de GiyUus de Fabr. Uuméril le désigne aussi sous le nom français d'Acridie. 11 appartient ù la famille des Sauteurs, el a pour caractères, suivant Latreille : antennes composées d'une vingtaine d'articles, filiformes, insérées entre les yeux à quelque distance de leur bord interne ; bouche découverte ; palpes point comprinfées ; pattes propres ù sauter; tarses ù trois articles; une pelote entre les crochets. Tète très-développée; yeux à réseaux ovales, saillants, situés sur les côtés; trois petits yeux lisses placés en triangle sur son sommet ; bouche composée d'une lèvre supérieure grande, large, légèrement échancrée à son bord antérieur; de mandibules fortes, tranchantes, irrégulièrement dentées; de mâchoires terminées par trois dents, et supportant à la fois les galettes qui les recouvrent entièrement, et une paire de palpes filiformes, formées de cinq articles; enfin d'une lèvre inférieure, large, avancée, bifide à son extrémité, à divisions égales, et donnant insertion à deux palpes filiformes de <iuatre articles; le prothorax, de même largeur que le corps, présente quelquefois à sa partie supérieure des carènes se prolongeant transversalement sur les côtés en de légères impressions qui paraissent être les indices des divisions naturelles de cette partie; la poitrine du mésothorax et du méta- Ihorax, ou plutôt le sternum, est large, aplati el trèsditîérent de celui des Sauterelles, chez lesquelles il a l'apparence de deux lames triangulaires foliacées; les

élytres sont coriaces, étroites, et aussi longues que les secondes ailes; celles-ci, recouvertes par les premières, sont fort amples, réticulées, pliées longitudinalemenlà la manière d'un éventail, et colorées souvent en bleu ou en rouge très-vif; les pattes ont des longueurs inégales; les quatre antérieures sont de grandeur moyenne, mais les postérieures acquièl-ent des dimensions considérables, et sont propres au saut; l'abdomen est remarc|uable par l'absence d'une tarière saillante chez la femelle, et par un organe particulier, situé de ce chaque côté, tout i)rès de la base, au-dessus des cuisses des pattes postérjeures, et sur le premier segment nommé médiaire par Latreille. Cet organe, qui se montre à l'extérieur par une ouverture ovalaire, assez profonde, qui est fermée en partie par une membrane, a été décrite par Degéer, par Olivier, et , dans ces derniers temps (Mém. du Mus. d'Hist. nal., T. viu, p. 122), par Latreille, qui compare directement cet appareil à celui des Cigales, el le considère comme une poche pneumatique formant un véritable instrument acoustique. Quoiqu'il en soit , les sons aigus et interrompus que font entendre les Criquets paraissent être dus essentiellement au frottement alternatif de la face interne des cuisses postérieures contre la surface supérieure des élylres. Degéer (Mém., T. m) a décrit et représenté avec soin les organes générateurs de ces Insectes. Les femelles ne tardent pas à pondre après raccouplement; leurs œufs sont tantôt déposés contre quelques tiges de Gramen, et alors une matière écumeuse, qui se durcil ensuite, les enveloppe et les protège; tantôt ils sont enfoncés en terre. Les larves, les nymphes et l'insecte parfait se nourrissent de diverses plantes , el sont trèscommuns dans les prairies el dans les champs. Il n'est personne qui ne connaisse les ravages considérables que les Criquets de passage occasionnent partout où ils s'arrêtent , el les voyageurs ont souvent parlé de leurs dévastations dans le Levant el en Afrique. Le midi de l'Europe a plus d'une fois éprouvé de semblables dégâts; la France même en fut témoin à plusieurs reprises. D'Ombres-Firmas rapporte, dans une Notice, que la Provence fut ravagée à certaines époques, el surtout pendant les années 1GI5, 1720 el 1721, par des troupes innombrables de Criquets; leur nombre fui aussi trèsgrand en 1819. Pendant cinq semaines on enterra chaque jour trente-cinq à quarante quintaux de ces Insectes qui, alors, étaient à l'élal de larve ou de nymphe. Dans les contrées où les espèces de Criquets sont grosses el nombreuses, jiar exemple en Barbarie, les habitants les font rôtir, el les considèrent comme un excellent manger. Ils les conservent dans la saumure après leur avoir arraché les ailes et les élylres.

Ce genre est très-nombreux en espèces; le Criquet Striddie, Acrxdium Stridulum, Oliv., Criquet à ailes rouges, Geoffroy (Histoire des Ins., T. i, p. 3'Jô, n"3), peut être considéré comme le type du genre. On le trouve dans presque toute l'Europe.

Le Crkjuet émigrant, Jcrydium migratorium , Oliv., vulgairement la Sauterelle de passage ou le Criquet de passage, Degéer (Mém. sur les Ins., T. ui, p.46G, II" 1, pi. 23. fig. 1), se trouve dans l'Orienl, en Barbarie, en Egypte; il vole en troupes innombrables, et

dévaste toutes les contrées qu'il parcourt; c'est à celte espèce que se rapportent les dégâts observés en Provence et dans d'autres pays.

CUISEIS. HOLi,. Même chose que Créséide.

CRISIE. Crisia. voL\p. Genre de l'ordredesCellariées, dans la division des Polypiers flexibles, à Polypes placés dans des cellules non irritables , confondus avec les Cellaires par Lamarck. Caractère : Polypier phytoïde, dichotome ou rameux, à cellules à peine saillantes, alternes, rarement opposées avec leur ouverture sur la même face. Les Crisies, placées par les naturalistes parmi les Cellaires et les Serlulaires, en diffèrent par la forme des cellules, leur situation, et par plusieurs autres caractères tellement tranchés, que l'on peut s'étonner, avec raison, que des zoologistes célèbres aient réuni, dans le même genre, des Polypiers aussi disparates que le Cellaria salicornia et le Ciisia ciliala ou toute autre espèce. Dans la première, les cellules sont éparses sur toute la surface ; dans la seconde, elles sont alternes, très-rarement opposées à l'ouverture sur la même face, ce qui fait paraître les cellules situées de la même manière, quoique leur position soit différente. Toutes les Crisies présentent des formes analogues entre elles, et qui rendent les Polypiers de ce groupe faciles à distinguer; leur substance est en général calcaire, avec des articulations plus ou moins cornées. La couleur varie peu dans les Crisies desséchées; c'est un blanc plus ou moins sale, quelquefois très-pur, d'autres fois tirant sur le jaune ou le violet. La grandeur ordinaire est d'un pouce et demi; dans quelques espèces, elle estenviion de trois pouces, et il est rare d'en trouver au-dessus de cette hauteur. Les Cellaires ne sont jamais parasites sur les Hydropbyles, tandis que la plupart des Crisies semblent se plaire exclusivement sur ces végétaux qu'elles embellissent de leurs petites touffes blanches et crétacées; on les trouve à (outes les époques de l'année dans les mers tempérées de l'hémisphère boréal; elles sont rares dans les climats froids ainsi que dans les mers équatoriales; au-delà du tropique du capricorne, elles se représentent de nouveau, mais avec trois cellules sur la même face; très-peu se rapprochent de celles d'Europe; leur existence dans tous les lieux paraît dépendre de celle de la plante marine sur laquelle elles se fixent. Elles ne sont d'aucun usage ni dans les arts ni dans l'économie domestique.

Crisie ivoire. Ciisia eburnea, Lamx.,Hist. Polyp., p. 138, n» 224; Ellis Coral., p. 54, tab. 21, fig. a, A. Joli petit Polypier remarquable par le blanc nacré de ses arliculalions séparées les unes des autres par un lietit disque noirâtre; il forme des touffes nombreuses sur les Hydrophytes et les Polypiers des mers d'Europe.

Crisie velce. Ciisia pilosa, Lamx., p. 139, n" 24G; Celliilaiia pilosa, Pall. Elench., p. 72, n" 29. Sa tige est droite, dichotome, formée de cellules alternes, obliques, unilatérales, avec l'ouverture garnie d'un ou de deux poils longs et flexibles. Assez commune sur les productions marines de la Méditerranée.

Crisie flcstroïde. Ciisiafluslroidea,l,am\.,p. 141, n» 232; Ellis Corail., p. 119, tab. 38, fig. 7, g, n. Frondescente, plane, tronquée aux extrémités, couverte de cellules allongées, avec deux petites dents au bord anté-

rieur. Pallas la cite comme une variété de la Cellulaire aviculaire, quoiqu'elle en diffère beaucoup par sa ramification , son port, ainsi que par les cellules sur deux rangs au moins dans la Crisie flustroide. Elle couvre de ses petites houppes les productions marines que l'on trouve sur les côtes de l'Océan et de la Méditerranée.

Crisie a trois ceilcles. Ciisia tiicytlara, Lamx., p. 142, pi. 3, fig. 1. A, B, c. Belle espèce à articulations obliques, composées de deux ou trois rangs de cellules oblongues. Elle n'est pas rare sur les Hydrophytes des mers australes, qui renferment d'autres espèces analogues à celles-ci , mais inédites et très-différentes de celles d'Europe.

Crisie élégante. Crisia elegans, Lamk., Gen. Polyp., p. G, tab. 05, fig. 4,7. Sa tige se ramifie et se courbe avec grâce, caractère rare parmi les Crisies, en général presque pierreuses et roides; ses articulations sont peu distinctes et composées de cellules lyrées. Elle se trouve au Cap.

Ce genre offre encore la Crïsie ciiiée, Lamx., p. 158. Mers d'Europe. —Crisie raboteuse, Lamx., p. 139. Mers d'Europe. — Crisie ÉPiriEiisE, Lamx., p. 140. Mers du Japon. — Crisie rampakte, Lamx., p. 140. Mers d'Europe. — Crisie avicdlaire, Lamx., p. 141. Europe. — Crisie terîsée, Lamx., p. 142. Mers d'Ecosse. — Crisie plcueuse, Lamx. , p. 142. Mers d'Europe, etc.

CRISISTRIX ET CRISITE. bot. Même chose que Chrysitrix.

CRISOCOME. BOT. F. Chrtsocojie.

CRLSOGOJN'E. bot. V. Cbrysogone.

CRISONIL'M ET CRISSONIDiM. bot. /'. Cresse.

CRISPATIF. Crispativus. kot. La préfoliation est Crispative quand le disque de la feuille est replié ou roulé fort inégalement et imite une chose frisée.

CRISPÉ. Ciispatus. bot. Surnom donné à tout organe muni de lanières fines et courtes, qui se dirigent en tout sens.

CRISPITE. MAM. ^. Titane.

CRiSSUM. OIS. Extrémité de la partie inférieure du corps depuis les cuisses jusqu'à la queue; les plumes qui la garantissent et la couvrent sont appelées Tectrices ANALES. F. ces mots.

CRISTA. BOT. Ce mot, qui en latin signifie Crête, a été employé, soit seul, soit avec des épithètes, pour désigner diverses plantes. Le Crista de Caesalpin était le Melampyrum pratense et le Pedicularis tuberosa. Linné appelle ainsi un Cœsalpinia. Crista-Galli encore est un Rhinanthe et un Sainfoin, etc., etc.

CRISTACÉES. Cristaccœ. moll. Lamarck a institué, sous ce nom, une famille dans l'ordre des Céphalopodes, et Blainville dans celui des Céphalopores polythalamacés. Elle renferme des animaux dont la coquille est aplatie de manière à représenter une carène.

CRISTA-GALLI. bot. Nom spécifique donné à plusieurs plantes dont la fleur a quelque ressemblance avec la crôte du Coq; telles sont, par exemple, leur ou pour mieux dire toutes les espèces du genre Eiythrina^ quelques variétés du Celosia cristata, etc.

CRISTAIRE ou CRISTARIE. Ciistaiia. bot. Genre de la famille des Malvacées et de la Monadelphie Po-

iyaniirie, proposé par Cavaiiilles et adopté par Persoon etPiirsb, qui y ont chacun ajouté une espèce nouvelle. Caractères : calice simple, à cinq divisions profondes, lancéolées et aiguës ; corolle formée de cinq pétales onguiculés à leur liase ; étainines très-nombreuses et monadelphes; ovaire arrondi, déprimé, niulliloculaire, surmonté d'un grand nombre de styles qui correspondent cluicun à une loge. Le fruit se compose d'autant de capsules uniloculaires, réniformes, rapprochées les unes contre les autres latéralement, qu'il y a de styles; chacune d'elles est percée d'un trou sur ses deux côtés, et surmontée de deux ailes membraneuses redressées. Ce genre est fort voisin des Sida et des Anoda. Il se compose de trois espèces originaires du Chili et du Pérou. L'une, Cristaiia glaucophylla, est figurée par Cavanilles (Icon., 5, p. 11, t. 418). Une seconde a été décrite et figurée avec soin, par L'Héritier {Slir/ies, 1, |). 119, t. 57). Sonnerat, dans son Voyage aux Indes, a décrit et figuré, sous le nom de Cristaria coccinea, le Coiiihrelum purpureum.

CRISTAL. MIN. Mot tiré du grec Krustallos, dont le sens est Eau congelée; c'était le nom que les anciens donnaient à la variété incolore de Quartz hyalin, qu'ils regardaient comme provenant d'une eau qui avait subi une forte congélation. C'est par l'effet d'une semblable comparaison que, dans les arls, on applique aujourd'hui le même nom à cette espèce de Verre blanc, très-pesant, dont on fait des vases, et que l'on emploie à la garniture des lustres. Anciennement le mot de Cristal rappelait l'idée d'un certain cori)s régulier, savoir d'un prisme hexaèdre terminé par deux pyramides à six faces; dans la suite, le même nom a été appliqué par extension à tous les autres corps naturels, qui se montraient aussi sous des formes géométriques. K. Cristallisation.

CRISTAL MINÉRAL. saiN. Syn. vulg. de Salpêtre ou Potasse nilratée fondue, en partie desséchée au feu.

CRISTALLINE, bot. Synonyme vulgaire de Mesembryanthemum cristalUnum, h.

CRISTALLISATION ET CRISTALLOGRAPHIE, min.

Parmi les différents modes d'équilibre auxquels parviennent les molécules homogènes des corps inorganiques pendant l'acte de leur solidification, et qui donnent lien à ces nombreuses variétés de texture observées dans les individus d'une même espèce minérale, il en est un sur lequel influent particulièrement les forces d'attraction dépendantes de la forme de ces molécules, et qui réunit à un ensemble de propriétés remarquables l'avantage de pouvoir être défini d'une manière géométrique. Telle est en effet la condition générale ù laquelle cet équilibre est assujetti, que les particules similaires dont le solide est l'assemblage, sont toutes situées parallèlement les unes aux autres, en même temps qu'elles sont espacées symétriquement entre elles. Leurs faces homologues, leurs axes correspondants, sont tournés dans le même sens, et leurs centres de gravité sont alignés sur des plans suivant un certain nombre de directions fixes.

Cette agrégation régulière des particules intégrantes d'un corps est ce qu'on nomme Cristallisation : elle se manifeste à nos yeux par des caractères qui la distin-

guent nettement de l'agrégation irrégulière et confuse. Ces caractères sont : une structure laminaire à l'intérieur, dans plusieurs sens à la fois, et ù l'extérieur une configuration polyédrique, qui est toujours en rapport avec la structure interne. D'autres indices non moins sûrs de cet arrangement compassé des molécules d'un corps, se joignent aux caractères précédents, ou même suppléent à leur.absence dans certains cas. Telles sont les actions diverses qu'éprouvent les rayons lumineux dans leur passage à travers les interstices de ces molécules, suivant les sens différents dans lesquels ils les pénètrent, actions qui feront l'objet d'un examen plus particulier à l'article Réfraction ooucle.

Tout Cristal, c'est-à-dire tout corps que la Cristallisation a mari|ué de son emi>reinte, est susceptible d'être divisé mécaniquement ou de se séparer par la percussion en une multitude de lames planes parallèles entre elles. Ce mode particulier de division ou de cassure, que l'on désigne communément par le nom de clivage, se répèle avec plus ou moins de facilité dans un certain nombre de directions, en sorte que si l'on considère isolément ces différents sens de clivage, on peut se figurer le Cristal comme étant dans chacun d'eux un assemblage de lames planes superposées les unes aux autres, tandis qu'au contraire, si l'on a égard ù tous les sens de clivage à la fois, on peut se représenter le même Cristal comme une succession de couches ou d'enveloppes polyédriques qui se recouvrent mutuellement depuis le centre jusqu'ù la suiface. Quant à la forme extérieure, elle est toujours celle d'un polyèdre, soit régulier, soit simplement symétrique, c'est-à-dire terminé par des faces égales et parallèles deux à deux. Quelquefois elle ressemble à celle du solide intérieur, ou de cette sorte de noyau central que détermine l'ensemble des plans de clivage; mais le plus souvent elle en diffère, et elle éprouve dans la même espèce, c'est-àdire dans une série de Cristaux composés de molécules idcnlniues, des variations assez grandes, soumises toutefois à certaines règles que nous ferons bientôt connaître.

Mais avant de passer à l'examen de ces résultats généraux déduits de l'observation des formes extérieures, il faut considérer le Cristal en lui-même, ou relativement à sa structure polyédrique , et pour se rendre facilement compte de celte structure, on doit prendre pour exemple le cas le plus simple et le plus oïdinaire, celui dans lequel le clivage a lieu dans trois directions seulement. Que l'on suppose donc le Cristal divisible dans ces trois sens, suivant des plans parfaitement lisses, que HaUy aoxamo. joints naturels, parce qu'ils passent entre ses lames composantes. Ces joints ne sont pas le produit immédiat de l'opération mécani(|ue que subit le corps. Ils préexistaient dans le Cristal encore intact, et le clivage ne fait réellement que les inclire à découvert. On estdonc conduit à se représenter la matière de ce Cristal comme naturellement divisée par trois séries de plans parallèles, en petits parallélipipèdes, tous de la même forme, et c'est ce que l'observation directe parait confirmer. En effet, si on frappe avec un marteau sur ce Cristal, on le verra se partager aussitôt en fragments réguliers, d'une figure constante.

qui seront par exemple des rlioniboWes de cent cinq degrés environ, si le Cristal apparlient au Spath d'Islande. Ces rhomboides, à leur, tour, se sépareront en d'autres rhomboïdes pigs pelils, lesquels se subdiviseront ultérieurement en frasmciils toujours semblables, ut en poursuivant l'opération de la même manière, on Unira par obtenir des corpuscules rbomboidaux, qui échapperont à nos seus jiar leur extrême petitesse. Au delà de ce tcime apparent, UQi<|uenicnt relatif à l'imperfection de nos organes, l'aiialosie nous poile ù continuer par la pensée, les niéines divisions successives. Mais il faut bien que ces divisions aient des bornes réelles si la malière est physiquement composée d'atomes, comme le supposejil toutes nos théories. Qi'C l'on aille jusqu'à celle limite, et on aura, en dernière analyse, décomposé le Cristal en rhomboïdes élémentaires, dont tel était l'assortiment dans le Cristal entier, que leurs faces se trouvaient de niveau dans le sens des plans de clivase,en sorte que l'on pourra se représenter ce Cristal comme élanl un assemblage de rhomboïdes égaux et juxtaposés par leurs faces.

Celle manière de concevoir la structure des Cristaux comme une agrégation de particules réunies entre elles par des plans, parait la plus sim|de et la plus naturelle lorsqu'on ne considère que le résultat sensible de l'espèce d'analomie qui vient d'être exécutée, et qu'on fait abslraclion des données particulièies que peut fournir la physi(|ue sur la constilulion moléculaiic des corps. En effet, elle suppose que les choses sont en ellesmêmes telles iiu'elles s'offrent à l'observation , el Ton ne peut, par conséquent, lui refuser une sorte de réalité apparente; aussi a-t-elle élé admise (au moins liypothéliquement) par Hatly, comme base de ses explications théoriques des phénomènes de la Crislallisalion, et comme fondemenl de toutes sesdélerminaliouscristallographii|ues, aux(|uelles elle ne peut d'ailleurs rien ôter de leur certitude. Mais, ù considérer la chose sous le point de vue de la i)hysique, il répugne aux notions admises, concernant les effets généraux de l'altracUon moléculaire, et la variété des combinaisons auxquelles elle donne naissance, que la forme polyédrique puisse convenir à la fois aux éléments des corps simples et à cette multitude d'éléments composés de différents ord res, qui résultent du concours de leurs affinités mutuelles, el qui ne sont pi obablement que des aggiégals de parlies simples en équilibre autour d'un centie. Il est plus conforme aux lois de la mécani(iue de se représenter ces éléments comme des corpuscules spliéroïdaux, ayant des pôles de diverse foice, ou, si l'on veul, des axes différents, qui déterminent les directions de plus grande ou de moindre affinilé. Il importe donc de remarquer ici que la division par plans, (jui est un des caractères essentiels des Cristaux, n'enlraine pas nécessairement l'existence de molécules polyédriques juxtaposées par leurs faces, et que les joints naturels qu'ils présentent sont moins la conséquence immédiate de la forme des molécules que de la manière symétrique dont elles sont espacées entre elles, en sorte que l'on conçoit que ces joints subsisteraient encore si toutes les molécules , sans changer de place, étaient réduites à leurs centres de gravité. Il résulte en effet de la disposition en quin-

conce el du parallélisme des élémenls d'un Cristal, (pie sa masse est traversée par des fissures planes dans une infinité de sens, suivant lesquels les élémenls se tiennent avec des degrés de force plus ou moins considérables. Vient-on à rompre leur équilibre par un effort exlérieur, ils tendent alors à se séparer en couches régulières dans les directions de la moindre cohérence.

Ce qu'on nomme joint naturel n'est donc rien autre chose qu'un plan mené dans l'une de ces directions, et qui touche à la fois dans des points correspondants, loules les molécules des diverses files ou rangées dont se compose une même lame. Par conséquent, les pelils solides qui résultent de la combinaison des différents jiiinls naturels, et ((u'on suppose donner les véritables foimes des molécules, ne représentent réellement que polyèdres ciiconsciits à ces molécules, mais qui peuvent en tenir lieu comme élément de la stiucture el comme caractère spécifique, parce qu'ils sont invariablement liés avec elles par leurs dimensions.

L'explication précédente de la slructure des Cristaux et de leur constilulion moléculaire, laisse un plus grand nombre de chances aux proportions variées des combinaisons chimiques, et permet d'enlrevoir la possibilité d'une relaiion enlre la composition alomislique et la forme cristalline, telle qu'elle paraît résulter des culieuses recherches de Milscherlich. En effet, que l'on suppose deux sels dont la formule de composition soil la même, ou qui renferment des nombres égaux d'atomes de base et d'acide. Si l'acide est de même nature dans les deux sels, et si les bases qui les différencient sont d'ailleurs chimiquement équivalentes, ou du moins très-voisines par leurs affinités, on concevra sans peine que ces éléments, dont les uns sont identiques, les autres analogues, étant en pareil nombre de part et d'autre, se réunissent entre eux de la même manière, et produisent par leur assoiiiment des molécules complexes de forme à peu près semblable, dont les forces de cohésion soient peu différentes. Dans ce cas les deux sels devront présenter des Cristaux du même genre, qui seront Irès-rapprochés par les mesures de leurs angles. Des molécules isomorphes de nalure diverse, pourront même crisialliscr ensemble, ou les unes au milieu des autres, comme si elles étaient de la même espèce, et ce mélange pourra avoir lieu en toutes proportions, sans qu'il en résulte dans la forme du mixte des variations sensibles.

Ce qui a été dit de la difféienco de force avec laquelle les lames d'un Crisial adhèrent les unes aux autres, suivant la direclion qu'elles ont dans l'inlérieur de la masse, donne lieu à distinguer les clivages, ou les joints naturels sensibles, en divers ordres d'après le degré de netteté ou de facilité avec lequel on peut les obtenir; mais on doit lemaïquer au|)aravant que, dans un Cristal, le même clivage est souvent multiple, ou se répète en plusieurs sens avec une égale netteté. Ce cas est celui des clivages parallèles aux faces du rhomboïde de la Chaux carbonatée, de l'octaèdre du Spath fluor, du cube de la Galène, etc. En général, lorsque le nombre des clivages également nets est suffisant pour qu'il puisse résuller de leur combinaison un polyèdre complet, ce solide est toujours une forme simple, régulière ou symé-

trique, c'està-dirc terminée par des faces égales, semblables et semblablement placées par rapport à un point ou à un axe central. Le clivage le plus apparent, soit simple, soit multiple, que présente une substance cristallisée, lorsqu'elle est pure et transparente, est son clivage principal ou du premier ordre : tel est celui qui donne les faces du rhomboïde ordinaire de la Chaux carbonalée. Mais ce même rhomboïde laisse quelquefois apercevoir des clivages secondaires parallèles àses bords supérieurs ou à son axe, et beaucoup moins sensibles que le premier. Lorsque les joints naturels d'un ordre élevé ne se montrent ainsi qu'accidentellement, et le plus souvent sous l'influence d'une substance étrangère, régulièrement interposée entre les couches du Oristal, on les désigne par le nom de joints surnuméraires. Si le clivage principal n'a lieu que dans une ou deux directions seulement, auxquels cas il ne peut plus produire par lui-même de forme simple et complète, il se combine alors avec des clivages de différents ordres, et le noyau résultant de leur ensemble est composé d'autant de sortes de faces, distinguées par leurs figures et par leurs positions, qu'il y a d'ordres différents de clivages. Dans ces cas, on observe fréquemment une grande inégalité d'éclat entre les divers joints naturels, dont quelques-uns ne peuvent plus s'obtenir d'une manière continue, et ne se reconnaissent qu'à la coïncidence des reflets qui partent d'une multitude de petites lames parallèles, et que l'on voit briller dans les fractures du Cristal, lorsqu'on le présente à une vive lumière.

Ce qui précède suffit pour donner une idée de l'importance dont peut être la considération de la structure cristalline , relativement à la distinction des espèces minérales. Celte stiiicture est une sorte d'organisation constante pour chaque espèce, mais variable d'une espèce à l'autre par des différences que l'on peut apprécier avec une exactitude rigoureuse. La détermination de cette structure est en effet toute géométrique, puisqu'elle se réduit à celle du solide de clivage, ou de cette espèce de noyau polyédrique que l'on peut concevoir inscrit dans chaque Cristal, et qui est donné par la réunion de ses principaux joints naturels. On arrive ù la connaissance de ce solide, en partie par l'observation directe des plans qui le terminent, en partie par l'étude de la forme extérieure, qui est le second caractère essentiel du Cristal. A la vérité cette forme est sujette à varier dans les différents Cristaux d'une même espèce; mais cette variation est soumise à des lois qui la restreignent dans de justes limites, de manière qu'à chaque solide de clivage correspond un ensemble de formes qui lui est propre. Toutes ces formes ont avec lui, et conséqucmment entre elles, des relations qui permettent de les déduire les unes des autres. On peut regarder leur noyau comme une unité à laquelle on les ramène, ou comme une sorte de moyen terme qui sert à les comparer plus aisément.

C'est ici le moment de s'arrêter aux résultats généraux d'observation, qui sont relatifs aux formes extérieures des Cristaux. Sous ce rapport, la Cristallisation peut être considérée de deux manières ; ou géométriquement, en ce qui concerne les relations mathémati-

ques des différentes formes entre elles, ou physiquement, en ce qui concerne les causes de leurs variations dans la même espèce. Il faut traiter en premier lieu de la Cristallisation considérée géométri(|uement. la seule qui intéresse la minéralogie proprement dite. On sait tout ce que celte belle partie de la science doit aux profondes recherches de HaUy, que l'on peut regarder, à si juste titre, comme le fondateur de la Cristallographie. Présenter l'histoire de nos connaissances en ce genre, c'est pour ainsi dire faire une analyse complète des travaux de ce savant illustre, dont la vie tout entière a été consacrée au perfectionnement de son ingénieuse théorie. 11 suffira de résumer ici rapidement, et dans l'ordre qui parait le plus naturel, les résultats de ces importants travaux, en renvoyant le lecteur, pour les développements nécessaires, au Traité de Cristallographie, publié en 1822, où ces résultats ont été exposés avec tout le soin convenable. Il sera ensuite question des différents points de vue sous lesquels ce sujet intéressant a été envisagé par quelques minéralogistes, et principalement par ceux de l'école allemande.

On doit examiner d'abord quels sont les faits généraux donnés par la simple observation des Cristaux naturels. Le premier consiste dans la diversité des formes sous lesquelles la même substance peut s'offrir. La Chaux carbonatée, par exemple, prend, suivant les circonstances, la forme d'un rhomboïde, celle d'un prisme à six pans, cell,e d'un dodécaèdre à triangles scalènes, celle d'un autre Sodécaèdre à faces pentagonales, etc. Le Fer sulfuré cristallise tantôt en cube, tantôt en octaèdre régulier, souvent en dodécaèdre, dont les faces sont des pentagones, ou en icosaèdrc à faces triangulaires. On rencontre quelquefois le même minéral sous des formes du même genre, mais distinguées entre elles par la mesure de leurs angles. Ainsi la Chaux carbonalée présente un certain nombre de rhomboïdes dont les uns sont aigus et les autres obtus. Ces variations remarquables <pie subissent les formes des Cristaux originaires d'une même espèce, ne se font point au hasard, ni par nuances insensibles. Il y a constance dans les angles de chacune des formes en particulier, comme il est aisé de le reconnaître sur les individus semblables qui proviennent de diverses localités; et si l'on com- ))are entre elles des formes du même genre, mais dissemblables, on trouve toujours entre leurs angles des différences appréciables et constantes.

Cette invariabilité dans les inclinaisons des faces des Cristaux est un second fait d'observation , de la plus haute importance en Cristallographie, et qui a été constaté pour la première fois par les travaux de Rome de l'isle. Il fournit au minéralogiste un caractère d'une grande précision, et qui a sur tous les autres l'avantage d'être comme un point fixe au milieu des diverses causes qui altèrent soit la composition, soit la symétrie des Cristaux. Mais on sent que, pour en faire usage, il est indispensable d'avoir des moyens de mesurer les angles des Cristaux avec beaucoup d'exactitude. On emploie à cet effet des instruments nommés Goniomètres, et qui sont de deux sortes : les uns prennent l'ouverture de l'angle que l'on cherche en s'appliquant immédiatement sur les faces du Cristal. Les autres en donnent indi-

reclement la valeur, à l'aide de la réflexion d'un objet lointain et linéaire sur ces mêmes faces, lorsqu'elles sont miroitantes.

Le principe de la constance des angles dans chacune des formes diverses d'un Minéral, semble annoncer que leurs variations ont été soumises à des régies d'après lesquelles toutes ces formes sont liées entre elles dans la même espèce. Aussi, quelque disparates que soient au premier abord les Cristaux d'une substance, lorsqu'on les rapproche l'un de l'autre au hasard, on s'aperçoit aisément, en les comparant tous ensemble avec attention, qu'ils ne sont en réalité que des modificalionsles uns des autres, et qu'on peut les ordonner en une série qui rende sensible le passage graduel de l'une des formes regardée comme prhniln-e ou fondamentale à toutes les autres qui, relativement à elle, sont les formes secondaires ou les dérivées. Les modifications qui caractérisent chacun des termes de celle série, consistent dans le remplacement des bords ou des angles de l'un des termes précédents, par des facettes qui d'abord très-petites, et n'altérant que faiblement la forme à laquelle elles s'ajoutent, augmentent peu à peu d'étendue aux dépens des faces primordiales, jusqu'à ce que celles-ci disparaissent entièrement, auquel cas on obtient un solide tout nouveau, qui n'a plus rien de commun avec le premier. Dans la succession des formes intermédiaires, composées de deux ordres différents de faces, foules celles qui se rapprochent de l'un des deux extrêmes , portent plus particulièrement son empreinte : on ditalorsque celte forme est dominante dans le Crislal, et l'on comprend sous le nom de modifications toutes les facettes additionnelles, qui mènent à l'autre forme par leur extension progressive. On voit d'après cela que l'ensemble des formes cristallines, qui se rencontrent dans la même espèce, se partage en formes complètes, sans modifications, et en formes dominantes avec modifications, offrant les passages des premiers solides les uns aux autres.

Les facettes qui modifient une forme dominante quelconque, sont assujetties, dans leur disposition générale, à une loi, à laquelle HaUy a donné le nom de loi de symétiie, cl qui consiste en ce que les bords ou les angles solides de cette forme qui sont identiques cnlre eux, reçoivent tous à la fois les mêmes modifications, tandis ipie les bords ou angles qui diffèrent, ne sont pas semblablement modifiés. De plus, les facettes particulières qui modifient telle arête ou tel angle solide, sont en rapport avec le nombre et la figure des faces qui concourent à la formation de celle arête ou de cet angle solide. Si ces faces sont égales et semblables, ou bien la modification est simple, et alors elle résulte d'une seule facette également inclinée sur chaque face, ou bien elle est multiple et se compose alors de plusieurs facettes également disposées à l'égard des mêmes faces. Au contraire, si ces dernières sont inégales et dissemblables, la modification est simple et différemment inclinée sur chacune d'elles.

La loi qui vient d'être exposée est extrêmement importante, en ce qu'elle permet de circonscrire nettement et pour ainsi dire d'embrasser d'un seul coup d'œil l'en-

semble des variétés de formes, sous lesquelles un minéral peut s'offrir. Il suffit en effet de connaître une seule des formes simples ou dominantes de la série, pour être en état de reproduire la série tout entière, par une gradation de passages d'un terme à l'autre, et en épuisant toutes les combinaisons possibles de facettes modifiantes, lesquelles combinaisons sont toujours en nombre Irès-limité, et dépendent du degré de symétrie qui règne entre les parties du lype fondamental. On comprend sous le nom de Système de Cristallisation, toutes les formes qui peuvent ainsi se déduire les unes des autres , et coexister dans la même espèce minérale. Il y a six principaux systèmes de Cristallisation, qui se font distinguer entre eux par leurs formes fondamentales, c'est-à-dire par celles que l'on emploie comme bases de la dérivation de toutes les autres, et que l'on choisit ordinairement parmi les plus simples, telles que les prismes ou les octaèdres. Le choix de la forme fondamentale est d'ailleurs parfaitement arbitraire, puisque les rapports de symétrie qui servent à établir la dérivation , sont réciproques entre toutes les formes dominantes, ainsi qu'on le verra par les développements dans lesquels nous allons entrer au sujet de chaque système.

I. Système de Cristallisation du cube, ou de l'octaèdre régulier.

La forme fondamentale de ce système ayant tous ses angles identiques ainsi que tous ses bords, la modification qui atteindra l'un des angles ou des bords, devra se répéter sur tous les autres. On doit se borner à considérer ici les formes complètes qui résultent de chaque espèce de modification, supposée parvenue à sa limite : 1» modification par une face sur tous lesangles du cube; forme dérivée : octaèdre régulier. Ce dernier solide, modifié de la même manière, reproduirait le cube. 2» Modification par une face sur tous les bords; forme dérivée : dodécaèdre rhomboïdal. 3" Modification par deux faces sur tous les bords; forme dérivée : hexatétraèdre, ou solide composé de vingt-quatre triangles égaux et isocèles, offrant l'aspect d'un cube dont les six faces sont recouvertes de pyramides droites quadrangulaires. 4" Modification sur les angles par trois faces tournées vers celles du cube; forme dérivée : solide composé de vingt-quatre trapézoïdes égaux et semblables. On n'en connaît qu'un seul dans la nature ; c'est celui que l'on nomme plus particulièrement Trapézoèdre, et que reproduit le dodécaèdre rhomboïdal par une modification simple sur tous ses bords. 5" Modification sur les angles par trois faces tournées vers les arêtes du cube; forme dérivée : solide composé de vingt-quatre triangles égaux et isocèles , offrant l'aspect d'un octaèdre régulier, dont les faces sont surmontées de pyramides droites triangulaires. On voit que le même solide se déduirait de l'octaèdre, par une modification double sur tous ses bords. 6" Modification sur les angles par six faces disposées deux à deux, au-dessus de celles du cube ; forme dérivée : solide composé de quarante-huit triangles scalènes, offrant l'aspect d'un dodécaèdre rhomboïdal, dont les faces sont recouvertes de pyramides droites quadrangulaires.

Telles sont toutes les modifications symétriques dont

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le cube est susceptible. Ainsi, les sept formes suivantes, le cube, l'oclaèdre régulier, le dodécaèdre rliomboldal, le Irapézoèdre, les deux espèces de solides ù vingtqualre triangles isocèles, et enfin le solide à quarantehuit triangles scalènes, sont les seules formes simples qui composent le premier système de Crislallisation. Ce sont du moins celles qui remplissent dans leur dérivation nuiltielle toutes les conditions de la lui de symétrie que nous avons exposée plus haut. Il est encore d'autres foi mes qui ont, avec les précédenles, des l'apporls évidents , et qui se rencontrent avec plusieurs d'entre elles dans la même espèce, mais qu'on ne peut faire rentrer dans le système du cube, qu'en ajoutant une condition nouvelle à celte loi de symétrie. Ces formes s'ol)licnnent par la séparation de quelquesunes des premières en deux solides semblables, ayant chacun la moitié du nombre des faces de la f<n'me entière, et se trouvant l'un à l'égard de l'anire dans une position renversée. C'est ainsi que l'odaèdie originaire du cube peut être considéré comme uwe réunion de deux tétraèdres réguliers; l'hexatélraèdre, comme un assemblage de deux dodécaèdres à faces penlagonales symélrii|ucs, etc. Ces deux nouveaux polyèdres, savoir le tétraèdre régulier et lé dodécaèdre ù plans penlagones, peuveiU être pris pour les types de deux systèmes secondaii'es, cpii ont leur existence propie dans la nature, et que nous allons essayer de développer ici en peu de mois.

A. Système du tétraèdre régulier.

Ce solide fondamental ayant, comme le cube, tous ses bords égaux, et tous ses angles identiques, admet pareillement six espèces de modifications symétriques. La première a lieu par une seule face sur les bords j elle produit un cube. La seconde a lieu par deux faces sur les bords; son résultai est un dodécaèdre à (l'iangles égaux et isocèles , offrant l'aspect d'un tétraèdre dont les faces sont surmontées de pyramides droites, triangulaires. On obtiendrait ce solide par la suppression de la moitié des faces du Irapézoèdre. La troisième modification a lieu par une seule face sur les angles; elle reproduit le tétraèdre régulier dans une position inverse, et par conséquent de sa combinaison avec les faces primitives doit résulter un octaèdre régulier. La qualrième modification a lieu sur les angles par trois faces tournées vers celles du tétraèdre; elle conduit en général à un dodécaèdre à faces trapézoïdales, et dans un cas particulier au dodécaèdre ^ plans rhombcs. La ciniiuième modification a lieu sur les angles par trois faces tournées vers les aiéles; elle reproduit le dodécaèdre ù triangles isocèles, donné par la seconde modifiealion, mais dans une position inverse; et de la con)l)inaison de ces deux formes semblables résulte le trapézoèdre. Enfin, la sixième modification a lieu sur les angles par six facettes disposées deux à deux audessus des faces primitives. Son résultat est un solide ù vingt-iiuatie triangles isocèles, analogue à celui que nous avons nommé pins haut hexatctraèdre. Telles sont les formes simples qui peuvent être dérivées du tétraèdre par des modifications symétriques. Parmi les espèces minérales connues, deux seulement se rapportent à ce système , savoir : le Cuivre gris et le Zinc sulfuré.

B. Système du dodécaèdre pentagonal.

Cesolide,qui est la moitié de l'hexatélraèdre, est terminé par douze pentagones semblables, ayant chacun quatre cotés égaux, et un cinquième plus grand que les quatre autres et qu'on peut considérer comme la base du pentagone. Le dodécaèdre pentagonal régulier, ou celui dans lequel tous les côtés des pentagones seraient égaux, n'cxisle point parmi les Crisiaux naturels; on n'y connaît même qu'un seul dodécaèdre symétrique, quoi(|u"on puisse aisément en concevoir une infinité d'autres différents par la mesure de leurs angles. Ce solide a six grandes arêtes dont chacune sert de base à deux pentagones voisins, et qui sont idenlii|ues entre elles; elles son! siUiées deux à deux, dans ti'ois plans qui se coupent ù angles droits. Les autres arêtes plus peliles, au noml>re de vingt-cpiatre, sont pareillement identiques entre elles, mais non avec les précédenles. 11 y a i\n\x espères d'angles solides, savoir . huit angles composés de trois angles plans égaux, et douze autres composés de deux angles plans égaux, et d'un troisième plus ouvert. 0'après cette disposition symétrique des parties du dodécaèdre, il est aisé de voir quelles sont les différentes modifications dont il est susceptible. Voici, pour exemples, celles qui ont été observées dans la nature : I" modification par une face sur les grandes arêles ; forme dérivée : le cube. 2" Modification par une face sur les huit angles de la première espèce; forme dérivée : octaèdre régulier. De la combinaison de cette forme avec la fondamentale résulte l'icosaèdre syméti'ique, composé de deux espèces de triangles, huit équilaléraux , et douze isocèles. 3" Modification sur les mêmes angles par trois faces tournées vers celles du dodécaèdre; forme dérivée : solide à vingt-quatre faces triangulaires isocèles, portant l'empreinte de l'octaèdre. Ce solide en se combinant avec les six faces du cube, donne le triacontaèdre , composé de six faces rhonibes, et de vingt-quatre trapézoïdes iriéguliers. 4" Modification sur les mêmes angles par trois faces tournées veis les petites arêtes du dodécaèdre ; forme dérivée : le trapézoèdre. 5» Modification par une seule face sur les douze angles solides de la seconde espèce ; forme dérivée ; solide à douze faces trapézoïdales, qui, dans ua cas particulier, devient le dodécaèdre à plans rhombes. Parmi les espèces minérales connues, deux seulement se rapportent au système du dodécaèdre pentagonal, savoir : le Fer sulfuré commun et le Cobalt gris. On voit que les deux systèmes secondaires dont nous venons de parler sont extrêmement rares dans la nature; le nombre des espèces qui rentrent dans le système régulier est beaucoup plus considérable ; il s'élève presquejusqu'à trente.

11. Système de Ciislallisalion du prisme droit à base carrée, ou de Coctaèdreà base carrée.

La première de ces formes a deux espèces d'arêtes, les arêtes longitudinales et les arêtes des bases. Tous ses angles solides sont identiques, mais compris sous des faces de deux figures différentes. D'après cela, elle peut être modifiée : 1" par une simple lace sur les arêtes des bases; forme dérivée : octaèdre à base carrée. 2» Par une seule face sur les arêtes longitudinales; forme dérivée : prisme droit à base carrée, différent du prc-

micT par sa position; les secUons principales des deux prismes étant à 45" l'une de l'autre. La combinaison des deux prismes donnerait un prisme octogone régulier, si leurs dimensions étaient respectivement égales. 39 Par une seule face sur les angles; forme dérivée : octaèdre à base carrée , ayant ù l'égard du premier la même position relative que les deux prismes précédents ont l'un avec l'autre. De la combinaison des deux octaèdres peut résulter une pyramide double, régulière, à base octogone. A» Par deux faces sur les angles; forme dérivée ; double pyramide à bnit triangles scalénes, tous égaux entre eux. On connaît à peu près vingt espèces minérales qui se rappoitent au système de Cristallisation du prisme droit à base carrée. De ce nombre sont le Zircon, l'Idocrase, l'Harmotome, la Méionite, etc.

III. Système du prisme droit à base rectangle, ou lie l'octaèdre rhomboidal.

On peut prendre indifféremment pour type du troisième système le prisme ou l'octaèdre droit, à base rectangle ou rhonibe ; nous adopterons pour forme fondamentale le prisme rectangulaiie. Ce prisme a tous ses angles identiques, mais composés de faces inégales ; les arêtes sont de trois sortes : celles qui ont une même direction sont identiques entre elles, et diffèrent de toutes les autres. D'après cette corrélation des parties du prisme, il peut être niodilîé : 1" par une face sui' chacun des quatre bords d'une même espèce. Celte modification, en se combinant avec les deux faces de la forme fondamentale dont les arêtes sont restées intactes, donne un prisme rbomboïdal droit; et comme une modification de ce genre peut avoir lieu sur cliaqne sorte d'arêtes, il en résulte trois- prismes rliomboïdaux qui diffèrent par leur position et par la mesure de leurs angles. Si ces modifications, au lieu de se combiner chacune avec deux faces de la forme fondamentale, se combinent deux à deux entre elles, elles produiront trois octaèdres rectangulaires, qui auront entre eux les mêmes positions relatives que les trois prismes rbomboïdaux dont nous venons de parler, c'est-à-dire que leurs axes se coupejont muluellement à angles droits. 2» Le prisme rectangulaire peut être modifié par une face sur chacun des huit angles solides; le solide dérivé est un octaèdre rhomboïdal composé de huit triangles égaux et scalènes. Telles sont les formes simples auxquelles peuvent se ramener toutes celles qui font partie du troisième système de Cristallisation. Le nombre des espèces minérales qui se rapportent à ce système s'élève à plus de quarante, parmi lesquelles se trouvent le Soufre, l'Arragonite, la Topaze, le Péridot, le Sulfate de Baryte, etc.

IV. Système du prisme droit à base obliquangle, ou du prisme oblique à base rectangle.

La forme fondamentale de ce système est composée de deux sortes de faces, savoir de quatre rectangles et de deux parallélogrammes obliquangles. Elle peut être considérée de deux manières, suivant que la position de ces parallélogrammes est horizontale ou verticale. Dans le premier cas, elle se présente comme un prisme droit à base obliquangle, et dans le second cas, comme un prisme oblique rectangulaire. Ces deux

sortes de prismes ne faisant réellement qu'un seul et même solide, leurs systèmes de Cristallisation doivent êlie parfaitement identiques. Nous les réunirons ici en adoptant pour type uniipie le prisme droit irrégulier. Les angles solides de ce prisme sont égaux quatre à quatre, et formés chacun de trois faces inégales. Parmi les arêtes, celles qui sont horizontales et parallèles sont identiques; les bords verticaux ne sont égaux que deux à deux. D'après celte corrélation des parties du prisme, nous avons à distinguer tiois sortes de modifications : 1" modification simple sur deux arêtes verticales opposées; elle transforme le solide fondamental en un prisme hexaèdre. Si les deux modifications relatives aux deux couples d'arêtes ont lieu simultanément, la forme qui en résulte est un .second i)risme droit à base obliquangle, de même hauleur que le premier, mais tourné dans un aulre sens, a» Modification simple sur quatre arêtes horizontales et parallèles; forme dérivée : prisme obli(|ue ù base rhombe dans une position renversée. Une modification analogue sur les quatre autres arêtes horizontales donne un second prisme rhomboïdal, tourné dans un sens différent. Si les deux modifications ont lieu simultanément, elles produisent un octaèdre droit à base obliquangle située horizontalement. 3» Modification simple sur les quatre angles solides dont les sommets sont dans un même plan diagonal. En se combinant avec les pans de la forme fondamentale, elle donne naissance à un octaèdre dont la base est verticale. Une semblable modification sur les autres angles solides produit un second octaèdre à base verticale cl touriié dans un sens diffcrenl. Si les deux modifications se combinent, on obtient encore un octaèdre à base oliliquangle horizontale comme dans le cas de la seconde modification. Enliri, si les deux modifications sur les arêtes verticales ont lieu avec l'une ou l'autre des niodilicalrons sur les arêtes horizontales, il en résulte encore deux nouveaux octaèdres à base verticale. Ainsi les prismes droits à base obliquangle, les prismes obliques rliomboïdaux, les octaèdres droits à base de parallélogramme, sont les seules formes simples auxquelles se ramènent toutes celles du quatrième syslèniede Ciistallisation. Le nombre des espèces connues qui rentrent dans ce système est de seize au moins; parmi elles se trouvent le Feldspath, le Gypse, l'Épidote, le Pyroxène, l'Amphibole, l'Euclase , le Cuivre carbonate bleu, etc.

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