V. Système du rhomboide
Ce solide fondamental est susceptible d'un grand nombre de modifications, qui s'identifient tellement dans leurs résultats que l'ensemble des formes simples du système peut se réduire à deux solides secondaires; encore l'un de ces solides peut-il être considéré comme un assemblage de deux solides égaux de la première espèce. Mais toutes les formes du même genre, qui résultent de modifications diverses, sont distinguées entre elles par leurs positions relatives dans les combinaisons. Le rhomboïde fondamental peut être modifié : 1» par une simple face sur les arêtes des sommets; forme dérivée : rhomboïde plus obtus que le générateur; 2» par une face sur les angles des sommets ; cette modification produit deux faces horizontales qui de-
viennent les bases des Cristaux, clans lesquels elles se i combinent avec d'autres formes; ô» par une face sur les bords inférieurs; le résultat est six plans verticaux | également distants de l'axe, et qui forment avec les deux plans horizontaux de la modification précédente, un prisme hexaèdre ré|;ulier; 4» par une face sur chacun des six angles latéraux, laquelle peut être tournée, soit vers les faces du rhomboïde, soit vers les arêtes; il en résulte six plans qui, en général, s'inclinent également trois à trois des deux côtés de l'axe, et produisent un rhomboïde ; dans un cas particulier, les six plans sont parallèles à l'axe, et donnent naissance, par leur combinaison avec les faces de la seconde moditîoation , à un autre prisme hexaèdre , qui est tourné de trente degrés dans le sens horizontal par rapport au premier. Le rhomboïde dérivé peut être semblable au rhomboïde générateur, lorsqu'il se trouve placé à son égard en sens contraire ; dans ce cas, les deux rhomboïdes, en se combinant, composent un dodécaèdre bipyramidal, formé de deux pyramides hexaèdres régulières, opposées base à base; 5" sur les angles des sommets par trois faces tournées, soit vers les plans, soit vers les arêtes du solide fondamental; forme dérivée : rhomboïde , dont la position varie dans l'un et l'autre cas; G" par deux faces sur les arêtes des sommets; forme dérivée : dodécaèdre à triangles scalènes égaux, que l'on peut considérer comme la réunion de deux rhomboïdes égaux , disposés de manière que l'un est censé avoir tourné de 00° par rapport à l'autre, autour de l'axe commun ; 7" par deux faces sur les arêtes latérales; forme dérivée : autre dodécaèdre à triangles scalènes; 8» sur les angles latéraux, par deux faces reposant sur les arêtes des sommets ; forme dérivée : dodécaèdre à triangles scalènes; 9" sur les angles des sommets, par six faces disposées deux à deux au-dessus des plans du solide fondamental ; forme dérivée -. nouveau dodécaèdre à triangles scalènes, qui peut se changer dans un cas en double pyramide droite hexaèdre. — On connaît environ trente espèces minérales, dont les Cristaux se rapportent au système du rhomboïde : liarmi ces espèces se trouvent le Carbonate de chaux, l'Émeraude, etc.
\1. Système de Cristallisation du prisme quadrangulaire irrégulier ou de l'octaèdre irrégulier. U serait superflu de développer ce système, dont le type n'offre de parties identiques que celles qui sont opposées l'une à l'autre, et n'admet par conséquent que des modifications simples, produisant chacune un couple de faces parallèles. En combinant ces modifications trois à trois ou quatre à quatre, on obtient des prismes ou des octaèdres irréguliers. Parmi le très-petit nombre de substances minérales, dont les Cristaux peuvent être rapportés à ce système, nous citerons l'Axinite et le .Sulfate de cuivre.
Dansl'énumération rapide qui vient d'être faite, des formes simples, produites par les différentes sortes de modifications prises isolément, il a été fait abstraction des variations qu'elles peuvent éprouver dans les mesures de leurs angles, pour ne considérer que le nombre et la disposition de leurs faces; mais on n'a ainsi que des types généraux, auxquels se ramènent toutes les
formes individuelles existantes dans la nature. Chacun de ces types comprend sous lui un certain nombre de variétés de la même espèce de solide; et tous ces polyèdres simples peuvent eifsuite se combiner entre eux deux à deux, trois à trois, etc., pour donner naissance à des polyèdres très-composés. De là ce nombre prodigieux de formes décrites par les minéralogistes, et que la Cristallographie apprend à distinguer nettement les unes d£s autres; car de même que la Cristallisation a prescrit des règles aux modifications qui allèrent com- ])lélement la forme d'un minéral, de même elle a soumis à des lois les simples changements qu'une même espèce de forme éprouve dans l'assortiment de ses faces, en établissant des relations entre les angles variables de cette forme , et les dimensions constantes du solide fondamental. Ce sont ces relations mathématiques qui constituent ce ((u'HaUy a nommé la Théorie de la structure des Cristaux.
On a vu que les directions de clivage étaient constantes et en nombre déterminé dans tous les Cristaux originaires d'une même substance, quelles que fussent leurs formes extérieures; et que par conséquent ces Cristaux pouvaient être considérés comme composés intérieurement de lames planes, dans chacune de ces directions. On a également remarqué que ces lames, prises par couples dans tous les sens de clivage à la fois, et combinées entre elles, donnaient une suite d'enveloppes polyédri(iues, superposées l'une à l'autre, et croissant en étendue sans changer de forme , depuis le centre du Cristal jusqu'au terme où elles atteignaient sa surface. Tous les Cristaux qui appartiennent à une même espèce minérale, renferment donc un solide de forme invariable , inscrit dans chacun d'eux , et qu'on peut en extraire à l'aide de la division mécanique, llauy a donné à ce solide le nom de Noyau ou de forme primitive. Il se rencontre quelquefois comme produit immédiat de la Cristallisation. La forme du noyau, qui est constante dans les Cristaux composés des mêmes molécules, varie en général d'une espèce à l'autre, soit par le nombre et par la figure de ses faces , soit seulement par la mesure de leurs incidences mutuelles. Les noyaux de toutes les substances connues se rapportent aux cinq genres suivants : le parallélipipèdc, l'octaèdre, le tétraèdre régulier, le prisme hexaèdre pareillement régulier et le dodécaèdre rhomboïdal.
La molécule intégrante d'un Cristal est le dernier résultat de sa division mécanique, ou le solide le plus simple auquel on arrive en sousdivisant le noyau parallèlement à ses différentes faces. Si ce noyau est un parallélipipèdc, il est évident que sa sous-division donne de petits parallélipipèdes semblables à lui-même et réunis par leurs faces. Mais toutes les autres formes primitives, sous-divisées de la même manière, se résolvent en petits solides d'une forme différente. Dans le prisme hexaèdre régulier, les plans diagonaux étant parallèles aux faces latérales, il existe trois clivages qui passent par l'axe, et qui décomposent le prisme hexaèdre en six prismes triangulaires équilatéraux, réunis par leurs faces, et représentant les molécules intégrantes. Dans le dodécaèdre rhomboïdal, il y a six clivages qui passent par le centre, et qui sous-divisent le solide en
Il I
vini;l-(|iialre tétraùdrcs symétriques, réunis par leurs faces, lesquelles sont des triangles isocèles tous égaux entre eux. Dans l'octaèdre et le tétraèdre, les clivages qui passent par le centre sont au nombre de quatre, et mènent à des solides partiels de deux formes différentes, savoir : des tétraèdres et des octaèdres. Mais comme on ne peut admettre deux sortes de molécules dans un même Cristal, Hauy choisit dans ce cas, pour représenter la forme élémentaire, le solide le plus simple ou le tétraèdre, et il suppose que les molécules, au lieu d'être juxtaposées par leurs faces, comme dans les cas précédents, sont réunies jiar leurs bords de manière à laisser entre elles des vacuoles de ligure octaèdre. C'est en effet la seule manière dont les tétraèdres réguliers puissent être symétriquement agrégés entre eux. On voit, par les détails dans lesquels nous venons d'entrer, qu'il n'existe que trois formes de molécules intégrantes, employées par la Cristallisation comme éléments de la structure des corps polyédriques : ces formes sont le tétraèdre, le prisme triangulaire équilatéral et le parallélipipède. On peut même , par une considération ultérieure , les réduire à une seule qui est celle de ce dernier solide; car les prismes triangulaires et les tétraèdres sont toujours assortis de manière qu'étant pris deux à deux, ou six à six, ils composent des parallélipipèdes, en sorte que le Cristal l)eut être conçu comme un assemblage de ces mêmes parallélipipèdes juxtaposés par leurs faces. Ce sont des molécules du second ordre, qui remplacent les premières avec avantage dans les applicationsde la théorie. Haily leur donne le nom de molécules soust factices , on sentira bientôt la raison de cette dénomination.
.4insi, en dernière analyse, un Cristal quelconque peut être regardé comme un aggrégat de petits parallélipipèdes similaires, disposés parallèlement de manière que si on les suppose rapprochés jusqu'au contact, ils ne laissent aucun vide entre eux. Si l'on considère seulement ceux de ces parallélipipèdes dont les centres sont également espacés sur une même ligne droite, on aura ce qu'on appelle une file ou une rangée de molécules. Plusieurs rangées semblables, juxtaposées par leurs faces, composeront les lames cristallines; et ces lames, superposées entre elles, reproduiront la masse du Cristal. Les petits parallélipipèdes, les rangées linéaires de ces molécules, les lames planes formées de ces rangées, tels sont les divers éléments qu'il faut considérer dans la structure des Cristaux. Remarquons, avant d'aller plus loin, que l'on peut distinguer trois sortes de rangées de molécules. Dans la première, les molécules sont simples et réunies par leurs faces; la ligne qui traverse leurs centres est parallèle à l'un de leurs bords. Dans la seconde, les molécules sont pareillement simples, mais elles se réunissent par une de leurs arêtes, en formant des rentrées et des saillies alternatives ; la ligne centrale est alors parallèle à l'une des diagonales de ces molécules. Enfin , dans la troisième espèce de rangée, les molécules sont composées, ou résultent du groupement des molécules simples deux à deux, trois à trois, quatre à quatre, etc. Ces molécules composées se réunissent de même par leurs arêtes; mais la ligne centrale, passant par une de leurs diago-
nales, se trouve par cela même inclinée en même temps au côté et à la diagonale des molécules simples. On peut donc concevoir, dans une lame cristalline, des rangées de molécules dont la direction soit variable à l'infini, et intermédiaire entre celle des bords et des diagonales de chaque molécule simple.
Il est aisé maintenant de se rendre compte des différences que présentent dans leur structure les formes cristallines d'une même espèce minérale. Toutes ces formes ayant une partie constante qui est leur noyau, il ne s'agit que de déterminer la partie enveloppante, qui varie pour chacune d'elles ; or, cette variation ne peut provenir que des changements que subissent, dans leur figure et leur étendue, les lames cristallines qui s'élèvent pyramidalement au-dessus des faces du noyau. Ces lames doivent décroître en général par la soustraction régulière d'une ou de plusieurs rangées de molécules, puisqu'elles produisent, par la retraite successive de leurs bords, des faces planes, inclinées ù celles du noyau; et ce décroissement uniforme doit avoir lieu tantôt parallèlement aux arêtes du solide primitif, tantôt parallèlement à ses diagonales, ou dans un sens quelconque intermédiaire, puisque les faces du solide secondaire circonscrivent le noyau dans toutes sortes de directions, en le touchant, soit par un de ses bords, soit par un de ses angles. Hauy donne le nom de Décroissements sur les bonis à ceux qui se font par la soustraction de rangées parallèles aux bords; celui de Décroissements sur les angles à ceux dans lesquels les rangées soustraites sont parallèles aux diagonales; et celui de Décroissements intermédiaires à ceux dans lesquels la direction de ces rangées est inclinée en même temps au côté et à la diagonale. Les lames successives sur lesquelles le décroissement opère uniformément, sont tantôt simples ou n'ayant que l'épaisseur d'une seule molécule, et tantôt composées de plusieurs lames simples, qui sont censées n'en faire qu'une. Dans le premier cas, la quantité qui indique la loi du décroissement ou le nombre de rangées soustraites est toujours un nombre entier; dans le second cas on lui donne la forme d'une fraction dont le numérateur représente le nombre de rangées soustraites dans le sens de la largeur de la lame, et le dénominateur celui des rangées soustraites dans le sens de la hauteur. L'expérience prouve que les lois de décroissement dans les Cristaux naturels, sont toujours extrêmement simples ou exprimées par les plus petits nombres, tels que 1, 2, 1/2, etc., et que celles dont l'expression est la plus simple sont en même temps les plus ordinaires. Lorsqu'on connaît la loi d'un décroissement et les dimensions du solide primitif, la face qui en résulte est par là même déterminée , et le calcul de ses inclinaisons sur les faces du noyau se réduit à la solution d'un problème de trigonométrie.
La manière dont on vient de concevoir la génération des formes secondaires suppose que la forme primitive est modifiée par une addition de lames empilées sur ses différentes faces. On pourrait imaginer au contraire qu'au lieu de s'accroître elle diminue par la soustraction de plusieurs rangées de molécules dont l'effet serait de tronquer ses arêtes ou ses angles solides, et de les remplacer par de nouveaux plans. Ces plans reIran-
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cheraieiil alors du solide primitif de pelilcs pyramides | ou des séries de coins dont les dimensions seraient «n rapport avec les nombres de rangées souslraites à la naissanre du décroissement, et l'on déterminerait la position de chaque plan par le calcul des angles du solide retranché. Ce calcul ne présente aucune difficulté. Mais il ne suffit pas souvent de connailre les incidences de ces plans sur les faces du noyau; ilimporle encore de calculer les incidences mutuelles des faces secondaires, soit d'un même ordre, soit de difFcrenls ordres. C'est ù quoi l'on parvient à l'aide de la liigonomélrie sphérique, ou de formules algébriques préparées pour cet objet. Ilatly a consiruit des formules de ce genre, qui peuvent servir avec avantage dans la solution des principau.x problèmes de la cristallographie. Cependant la multiplicité des cas ili.Téronls, au.ïquels il applique des formules parliculiéres restreint beaucoup leur degré de généralité. Pour en obtenir une qui convienne à tous les cas ù la fois, et donne immédiatement l'angle de deux faces quelconques dont la génération est connue, il faut avoir lecours au seul moyen que fournit la géométrie de Descartes, et qui consiste à rapporter les positions de toutes les faces cristallines à trois axes lixes pris dans l'intérieur du noyau. Lamé a déjà indiqué ce moyen aux Ci'islallographes dans un des numéros des Annales des Mines (K. T. IV, p. 69); mais il s'est contenté de généraliser la formule ordinaire de l'inclinaison de deux plans, en supposant les axes obli(iues, et en les dirigeant constamment dans le sens des colés de la molécule sous- Iractive. Cette formule devient alors d'une complication telle, qu'on peut à peine la développer dans son entier, et elle renferme, sous le signe radical, des lignes trigonométriques, dont l'expression est elle-même irrationnelle, ce qui rend la solution presque impossible. Pour avoir une formule simple et praticable, il faut que les axes soient rectangulaires; alors elle n'est plus fonction que de neuf quantités élevées au carré, savoir : trois constantes (|ui représentent les dimensions du solide primitif parallèlement aux axes, et six variables qui mesurent les effets des décroissements dans le sens des mêmes a.xes. On appréciera l'avantage de celle formule si l'on fait attention que plus des deux tiers des substances connues se rapportent à un système de Cristallisation rectangulaire,et qu'ainsi elle est à leur égard d'une application immédiate. Les autres substances, à l'exception d'un très-pelit nombre, peuvent se ramener à un système en partie reclangulaire, tel que celui du prisme rectangle à base oblique, dans lequel deux des Irois axes sont encore déterminés par la nature du solide primitif. On fait usage de la formule dans ce cas, après avoir préalablement substitué un noyau hypothétique, entièrement rectangulaire, au véritable noyau, ce ((ui revient ù opérer ce que les géomètres appellent un changement de coordonnées.
On vient de voir en quoi consistent les relations dont il a été parlé plus haut , entre les inclinaisons variables des faces secondaires et les dimensions constantes du solide primitif; comment ces relations s'établissent au moyen de certaines indéterminées qui représentent l'effet initial des décroissements sur les côtés du noyau,
et ne varient qu'entre des limites très -resserrées, en restant toujours simples et rationnelles; comment enfin ces mêmes relations peuvent s'exprimer de la manière la plus générale par une seule formule analytique. Celte formule fournit la solution de deux problèmes inverses l'un de l'autre. Le premier a pour but de calculer toutes les formes secondaires possibles d'une substance, d'après la forme primitive supposée connue; le second consiste à retrouver les dimensions de cette forme primitive en parlant des formes secondaires, déterminées par l'expérience. Ce dernier est d'une grande importance en Crislallograjjbie; car, s'il est quelques formes primitives dont les dimensions soient données à priori ou par la seule observation du clivage, il en est d'autres que la <livision mécaniqite ne fait connaître qu'imparfaitement, et pour lesquelles il est absolument indispensable d'avoir recours au calcul. A'., pour la manière de résoudre ce problème, le Traité de Cristallographie d'HaUy (T. ii, p. 340).
Si l'on compare enlre elles toutes les formes secondaires du même genre, qui proviennent d'une même forme primitive, on trouve qu'elles composent des séries dont tous les termes se déduisent les uns des autres par le même procédé, et sont liés entre eux par une même loi mathématii|ue, eu sorte qu'il suffit d'en connaître un seul pour pouvoir les connailre tous. On peut même obtenir directement la relation qui existe entre les formes séparées par un nombre quelconque de formes intermédiaiics; et celle relation fournit un caractère général pour reconnaître de suite si une forme donnée se trouve comprise ou non dans une certaine série. Malus est le premier savant qui ait enseigné la génération et le calcul de ces séries, du moins en ce qui conceine les formes rhomboldales (y. sa Théorie de la double réfraction; Paris, 1810, pages 121 et 238). HaUy et Weiss eu ont également fait mention dans leurs ouvrages.
Mohs a fondé sur l'existence de semblables séries dans chaque espèce de formes secondaires simples, le principal caractère distinclif des systèmes de Cristallisation. Les formes qu'il regarde comme simples, sonl celles que terminent des faces parfaitement identiques, c'est-à-dire égales, semblables et semblablement placées. Tels sont les rliombiiïdes elles doid)les pyramides à quatre, ou six, ou huit triangles isocèles ou scalènes. Les formes composées résultent de l'assemblage de différents ordres de faces, dont chacun aiiparlient à une forme simple pailiculière : Molis leur dorme le nom de combinaisons. L'analyse ou le développement des combinaisons est, suivant lui, l'un des points les plus impoi iants de la Crisiallngi-aphie. Ce développement se réduit à montrer quelles sont les formes simples qui entrent dans une combinaison, dans quels rapports de position ces formes sont l'une à l'égard de l'autre, et quel rang elles occupent dans les séries dont elles font partie. Tous les termes de chaque série procèdent suivant des lois constantes, qui permettent d'en calculer un (luclcouiiue, lorsque son rang est connu. Mohs considère d'abord la série de rhomboïdes dont telle est la loi de dérivation , que les faces de chacun d'eux sont tangentes aux arêtes de celui qui précède. Tous ces
rhomboïdes ont alors lemême axe, et difFèrent par leurs projections horizontales. Mais si Ton fait varier leurs volumes, de manière qu'ils aient tous la même projection, les axes suivront entre eux la progression géométrique 1, 2, 4, 8, etc.; et celui de la forme dérivée dont le rang est marqué par le nombre n, sera égal à l'axe de la forme fondamentale multiplié parla puissance « de 9. Quand on connaît dans un rhomboïde le rapport de l'axe au côlé de la projection horizontale, ce rhomboïde est parfaitement déterminé : or, le côlé de la projection horizontale , étant le même pour tous les termes de la série, doit èlre regardé comme égal à l'unité; le nombre qui marque le rang d'un terme, fait connaître l'axe de ce terme; donc il en est le véritable signe cristallographique. La série que nous venons de considérer, se prolonge de part et d'autre de la forme fondamentale, vers des limites qu'elle atteint lorsque le nombre n devient infini. Ces limites ne sont autre chose que des prismes hexaèdres réguliers, dont l'axe est infiniment grand ou infiniment petit, c'est-ù-dire qu'elles donnent les pans et les bases des formes prismatiques que l'on observe dans le système rhomboédrique. On doit distinguer dans les différents termes d'une même série leur position relative, telle qu'elle est amenée par la dérivation : deux rhomboïdes sont en position parallèle, lorsque leurs faces sont dirigées dans le même sens ; ils sont en position tournée {in venvendeter Slellung), lorsque les faces de l'un sont tournées vers les arêtes de l'autre; alors leurs sections principales s'inclinent sous un angle de 00" ou de 180». En général, deux termes d'une série , entre lesquels se trouve un nombre pair de termes, sont l'un à l'égard de l'autre dans cette dernière position : ils sont au contraire en position parallèle, lorsqu'il y a un nombre impair de formes intermédiaires. La position relative de deux rhomboïdes qui font partie d'une même combinaison se détermine d'après celle des arêtes de leur commune intersection. — Les pyramides doubles à six côtés scalènes forment entre elles des séries qui procèdent suivant la même loi que les séries de rdomboïdes auxquelles elles correspondent : on les déduit de ces dernières, en multipliant tous les axes à la fois par un même nombre rationnel, et en menant par les extrémités des nouveaux axes des plans qui passent par les arêtes latérales des rhomboïdes. Ces séries ont pour limites des prismes à douze pans, dont les angles sont alternativement égaux, et dont la coupe transversale est égale à celle de la série des pyramides. — Ces séries de pyramides à leur tour produisent de nouvelles séries de rhomboïdes, que iMohs appelle secondaires (Neben-Reihen). On les obtient en plaçant des plans sur les bords analogues des pyramides déduites de la série principale. Enfin les pyramides à six côtés isocèles, forment encore des séries qui suivent la loi générale des formes dérivées des rhomboïdes. Toutes ces séries de formes homogènes, procédantsuivant la même loi, composent par leur assemblage ce que Mohs appelle le Système de Cristallisation rhomboédrique. — Il existe deux autres formes fondamentales, dont chacune donne naissance à des séries de formes homogènes, procédant suivant une loi qui leur est propre, et
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composant par leur ensemble, un système particulier. Ces formes sont les doubles pyramides à quatre triangles isocèles, et les doubles pyramides à quatre triangles scalènes. Les premières produisent seulement des séries de formes pyramidales; les secondes au contraire produisent deux sortes de séries, les unes de pyramides à quatre triangles scalènes , et les autres de prismes rhomboïdaux illimités dans le sens de leur axe, que l'on peut encore considérer comme des pyramides à triangles scalènes, dont une des diagonales de la base est devenue infiniment grande. Deux prismes de ce genre, en se combinant de manière que leurs axes soient perpendiculaires l'un à l'autre , donnent naissance à un octaèdre rectangulaire. Les limites des séries de prismes rhomboïdaux sont de simples couples de faces parallèles, dirigés les uns dans le sens de l'axe de la forme fondamentale, et les autres perpendiculairement à cet axe.
— La dernière forme fondamentale admise par Mohs, est le cube : ici les formes en rapport les unes avec les autres par leurs propriétés, ne sont plus de la même espèce; elles ne composent plus des séries infinies dont les termes ne se distinguent entre eux que par la mesure de leurs angles; mais elles sont en nombre limité et de nature différente. Quelques-uns des solides dérivés du cube, sont susceptibles de se résoudre en deux formes simples, identiques, et possédant chacune la moitié du nombre des faces de la forme entière. Ces subdivisions régulières d'une même forme, peuvent exister individuellement ou faire partie des combinaisons dans les Cristaux naturels. — On voit par ce qui précède que Mohs n'admet que quatre formes simples comme fondamentales, et par conséquent quatre systèmes de Cristallisation, comprenant l'ensemble des formes qui en dérivent. Le premier système est le rhomboédrique; il est ainsi nommé, parce que les formes qu'il renferme possèdent les propriétés générales du rhomboïde. Le second est le système pjramidal, dont toutes les formes sont en général des pyramides : il dérive de l'octaèdre à base carrée. Le troisième est le syslème prismatique, qui renferme une grande variété de prismes quadrangulaires : il dérive de l'octaèdre rhomboïdal. Enfin le quatrième système est le tesstilaire, dont toutes les formes possèdent les propriétés générales du cube. La dénomination de système de Cristallisation ne s'emploie, pour désigner un ensemble de formes dérivées, que d'une manière générale, et lorsqu'on a seulement égard à l'espèce de la forme fondamentale. Mais si l'on considère particulièrement une forme de dimensions données, comme celle qui est propre à une certaine substance , alors l'ensemble de ses dérivées prend le nom de série de Cristallisatioti. Due pareille série est déterminée, lorsque l'on connaît les mesures de l'un de ses membres, pourvu que ce ne soit pas une limite. — Les combinaisons des formes simples sont soumises à deux lois générales : la première est que la nature ne combine entre elles que des formes qui appartiennent à une même série de Cristallisation; la seconde consiste en ce que la jonction de deux formes se fait dans les positions que leur donne le procédé de leur dérivation. De ces deux lois dépend la symétrie
des combinaisons, qui ne doit pas être considérée, suivant Molis. comme la loi fondamentale de la Cristallisation. Il arrive quelquefois que les combinaisons ne renferment que la moitié du nombre des faces que possèdent les formes simples avant leur réunion : telles sont les combinaisons que Mohs appelle bémi-tessulaires, hémi-rbomboédriques, bémi-pyramidales, hémiprismatiques et tétartoprismaliques.Cesdeux dernières servent à rendre raison des prismes à base oblii|ue que l'on observe dans la nature. Ce ne sont point des formes simples, mais de véritables combinaisons (|ui appartiennent au système prismatique. (Mohs, die Cliaraktere der Klassen, Ordnungen, etc. Dresde, 1821).
Weiss a cherché, dans un de ses Mémoires, à assigner lin caractère géométrique aux différents systèmes de Cristallisation. Il les partace d'aborj en deux grandes divisions, suivant que les formes dont ils se composent sont susceptibles d'être ramenées à trois dimensions peri)endiculaires entre elles, ou bien à quatre dimensions, dont trois sont dirigées dans un même plan sous des angles de 120°, et la quatrième est perpendiculaire aux trois auties. 11 admet ensuite que dans les Cristaux naturels, où ces dimensions sont déterminées et font la fonction A'axes, les faces qui se coordonnent symétriquement alentour de ces axes, peuvent exister toutes ensemble, ou être réduites à la moitié de leur nombre, par l'efîet de certaines vertus polaires, propres aux différents côtés des mêmes axes.
l"> Division. — Trois axes perpendiculaires entre eux. Il peut arriver .trois cas : 1» les trois axes peuvent être égaux entre eux ; le système de Cristallisation relatif à ce cas est nommé par Weiss Spliœroediisches System. Si toutes les faces que détermine l'ensemble des axes existent sur le Cristal, le système a pour type l'octaèdre régulier, et il prend le nom de Homosphœroedrisches Sxsleni. S^i\ n'existe que la moitié des faces exigées par la symétrie, c'est alors le système hémisphéroédrique, auquel se rapportent le tétraèdre régulier et le dodécaèdre pentagonal. 2» Deux axes sont égaux et le troisième est différent; forme fondamentale : octaèdre à base carrée, ô» Aucun des trois a.\es n'est égal aux autres.
a. Toutes les faces qu'ils déterminent existent sur le Cristal (Zweiund-Zweigliederiges System). Type fondamental : octaèdre rbomboïdal.
b. La moitié d'un certain ordre de faces existe; l'autre moitié a disparu par le prolongement des premières (Zwei-und-Kingliederiyes System). Type : prisme oblique rhomboïdal.
c. La supi>ression de certaines faces a eu lieu dans plusieurs sens, de manière à produire des formes qui paraissent tout à fait irrégulières (Ein-und-Eingliedciigcs System). Type fondamental : prisme oblique irrégulier.
11" Division. — Quatre axes, dont un perpendiculaire aux trois autres. 1° Toutes les faces existent sur Xe.sCTKlstuxiSechsgliederiges System). Forme fondamentale : dodécaèdre à triangles isocèles. 2" La moitié du nombre des faces a disparu par le prolongement des autres (Drei-und-Dreiglicderiges System). Forme fondamentale -. rhomboïde, y. la Dissertation de Weiss,
qui a pour titre : De Indagando formarntn Cristallinariim Churactere , etc. Leipsick, 1809, et son Mémoire intitulé ; Natiirlidie-AbtUcihtng der Kryslallisations Système, parmi ceux de l'Académie de Berlin pour l'année 1814.
Léonhard admet des divisions analogues dans l'ensemble des systèmes de Cristallisation , et pour rendre raison de cette dérogation remarquable à la loi de symétrie, par la(iup|le certaines formes semblent perdre la moitié de leurs faces, il combine avec cette loi une autre loi de Cristallisation qu'il nomme Loi de polarité, et qui tend à modilier l'action de la première. Elle consiste en ce que certaines parties d'un parallélipipède rectangle, opposées diamétralement l'une ù l'autre, el par conséquent identiques, se comportent comme si elles étaient différentes, tandis que celles qui sont diagonalcment opposées sur une même face se comportent comme identiques, et réciproquement { flandbtich der Orylctogtiosie, p. 41, Heidelberg, 1821).
Dans la description donnée plus haut, des différents sj'stèmes de Cristallisation, on s'est borné, pour établir le caractère général et déterminer l'étendue de chacun d'eux, à la seule considération de la symétrie des modifications, admise comme un résultat d'expérience. En cela on a suivi la marche qui a été tracée par Brochant, et qu'ont adoptée plusieurs minéralogistes. Beudant, dans ses cours, et Brooke, dans un ouvrage récent, ont rendu très-clair et très-méthodique un exposé semblable qu'ils ont fait du même sujet, en classant avec soin les différentes sortes de modifications, et les représentant par des figures qui indiquent le passage successif d'une forme à une autre. (K. l'ouvrage de Brooke, intitulé ; y/ familiar Introduction ta Cristallography, etc. Londres, 1823.)
— Jusqu'à présent on a considéré dans cet article la Cristallisation sous un point de vue purement géométrique, se bornant à décrire ses produits, sans examiner les circonstances de leur formation. A la vérité nous avons conçu théoriquement les formes secondaires comme devant leur origine à une addition progressive de lames planes sur les différentes faces d'un noyau primitif; mais ce n'était là qu'une hypothèse propre à faciliter l'expression des lois de leur structure. Il est prouvé par l'expérience, que les Cristaux s'accroissent au contraire par une superposition d'enveloppes concentriques, qui, en se succédant l'une à l'autre, augmentent de dimensions sans changer de forme, du moins tant que les forces cristallisantes ne varient pas sensiblement. Il resterait maintenant à envisager la Cristallisation sous le point de vue de la physique, à remonter aux causes qui déterminent un arrangement constant des molécules dans l'intérieur des Cristaux, et ù rechercher celles qui font varier leurs formes extérieures dans la même espèce. Mais on n'a à cet égard que des conjectures vagues ou des faits en petit nombre, qui ne permettent pas encore la solution de cette importante question. On peut entrevoir tout au plus la raison des lois symétriques auxquelles les modifications sont assujetties, et apprécier quelques-unes des circonstances qui ont pu influer sur ces modifications. Beudant a fait un grand nombre de recherches sur les
substances qui cristallisent dans les laboratoires, et il a reconnu qu'en général les causes qui paraissent produire des variations de forme dans les Cristaux d'un même Sel, pouvaient se réduire à trois, savoir : 1° les mélanges mécaniques qui existent dans la solution, et qui sont entraînés par la Cristallisation du Sel; 2» la nature du liquide dans lequel celte Cristallisation a lieu; 3" les mélanges cliimiques de matières étrangères qui se combinent avec le Sel en proportions indéfinies. Les mélanges mécaniques rendent en général la forme d'une substance beaucoup jibis simple et plus nette qu'elle ne le serait dans le Cristal supposé pur. C'est ainsi que dans la nature, le Carbonate de Cbaux mélangé de Sable, que l'on a appelé Grès de Fontainebleau, cristallise toujours en rhomboïde complet et d'une parfaite régularité. Le changement de nature du dissolvant entraîne ordinairement un changement de forme dans les Cristaux : Beudant a trouvé, par exemple, que l'Alun qui, dans l'eau pure cristallise en octaèdres légèrement modifiés sur les bords, donne constamment des Cristaux cubo-oclaèdres dans l'Acide nitrique, et des Cristau.t cubo-icosaèdres dans l'Acide hydrochlorique. Enfin les mélanges chimiques ont également une grande influence sur la Cristallisation des Sels, et l'on peut conclure par analogie, qu'il doit en être de même dans les produits de la nature. Ainsi, le Sulfate de Fer cristallise en prismes rhomboïdaux obliques, très- approchants d'un rhomboïde, et parfaitement simples, lorsqu'il est mélangé de Sulfate de Cuivre ou de Sulfate de Nickel; mais ces prismes sont modifiés plus ou moins profondément sur deux angles solides opposés, si le mélange a lieu avec le Sulfate de Zinc. Un excès de base ou d'Acide dans la solution produit également des modifications de forme dans les dépôts cristallins. Relativement aux Cristaux naturels, ou remarque que les modifications sont toujours en rapport avec les localités d'où proviennent les Cristaux, c'est-à-dire avec la nature des terrains ou des gangues, dans lesquels ils se rencontrent. Ainsi les Cristaux de Carbonate de Chaux du Derbyshire sont tous des dodécaèdres à triangles scalènes, plus ou moins modifiés sur leurs angles ou sur leurs bords, tandis qu'au contraire la forme prismatique domine constamment dans les Cristaux du Hartz. On pourrait multiplier les observations de ce genre à l'égard de beaucoup d'autres espèces {A', le Mémoire de Beudant sur les Sels artificiels, Annales des Mines, 1818).
CRIST.iRlE. BOT. V. Cristaire.
CRISTATELLE. Crislatella. polyp. Genre de Polypes nus, classé par Lamarck parmi les Polypiers Huviatiles. Ce sont, dit ce dernier auteur, des Polypiers globuliformes, gélatineux, libres, à superficie chargée de tubercules courts, épars,poIypifères. Du sommet de chaque tubercule sort un Polype, dont l'extrémité se divise en deux branches rétractiles, arquées, garnies de tentacules disposés en dents de peignes; bouche située au point de réunion des deux branches tentaculaires. Les animaux que Roesel a fait connaître, et dont le genre Cristatelle a été formé, sont des Polypes composés, très-singuliers, et qui semblent à peine appartenir à l'ordre des Polypes à Polypier. Ils présentent un trèspetit corps globuleux, gélatineux, jaunâtre et muni de
quelques tubercules courts et épars. Ces petits corps sont libres, nagent ou se déplacent dans les eaux, et semblent ainsi se mouvoir à l'aide des deux branches Jentaculaires de chacun de leurs Polypes. Ces Polypes sont très-voisins des Vorticelles, dans la famille desquelles les place Bory, et cependant ne sont plus réellement des Rotifères. En effet, sans posséder, à leur bouche, un organe uniquement rotatoire, les Crislalelles en présentent un moyen entre celui des Rolifères et les tentacules en rayons des autres Polypes, et surtout des Plumalelles, avec lesquelles on sent qu'elles ont déjù des rapports. Ce qui appuie cette considération, c'est que si les deux branches pectinées des Cristatelles représentent les deux demi-cercles ciliés des Rolifères, elles ne se bornent point aux mêmes fonctions ; car ces parties i)euvent se contracter et se mouvoir indépendamment les unes des autres, et n'ont que des mouvements semi-rolatoires. Le corps globuleux et commun des Cristatelles a une enveloppe mince, snbmembraneuse et transparente, qui en forme le Polypier, et qui fournit à chaque tubercule de ce corps un tube trèscourt qui est la cellule de chaque Polype. Cette considération indique les rapports des Cristatelles avec les Plumalelles, dont le Polypier lubuleux est bien connu. Elle montre que les Cristatelles, ainsi que la Difflugie, offrent réellement les ébauches ou les plus imparfaits des Polypiers, et en même temps la singulière particularité d'avoir un Polypier libre, qui nage avec elles. Les Cristatelles habilent les eaux douces et vives , partout où se trouvent des Conferves et des Epbydalies; leur couleur jaune, leur grosseur égale à celle d'une graine de Chou, les rendent faciles à observer; elles ne sont pas raies eu France.
CRISTAUX ÉPIGÈNES. min. V. Épigénies.
CRISTAUX HÉMITROPES. Min. V. HÊMITROPIES.
CRISTAUX MACLÉS. ^. Hémitropies.
CRISTÉ. BOT. y. Crété.
CRISTELLAIRE. Cn'slellaria. moi.. Genre établi par Lamarck, et dont on peut résumer les caractères ainsi qu'il suit : coquille semi - discoïde , mulliloculaire, à tours contigus, simples, s'élargissant progressivement; spire excentrique, sublalérale ; cloisons imperforées. On connaît plusieurs espèces de Cristellaires à l'état frais et marin ; mais il paraît que ces petits Coquillages sont rares, et que l'on n'a pas souvent occasion d'en observer. II en est autrement des espèces fossiles qui sont bien connues, soit par les figures de l'Encyclopédie, soit par celles de Soldani ou de Fichtel.
Cristell.\ire petite ÉCAitLE. Ciisleltana squammula, Lamk., An. sans vert. T. vu, p. 607, n» 1, et Encycl., pi. 467, fig. 1, a, b, c, et fig. 2, a, b, c, la même sous le nom de Ciistellaria dilatala. Monlfoit en a fait son genre Pénéroplide, Peneroplis (Conchyl. Sj-st. T. 1, p. 238). C'est le Naulilus planatus de Ficbtel, Test. Microscop., p. 95, tab. 16, fig. a à h. 1 Celte petite Coquille, à peine d'une ligne de diamètre, se trouve à l'étal frais, d'après Monlfort, sur les plages de Livourne. Elle est transparente, irisée, formée d'une série de cloisons marquées à l'extérieur par un rentle- I ment ou une côte; elle s'élargit en forme de corne d'abondance à sa base ; elle est très-aplatie; et le plus
lûH
Kraïul nombre des individus présenlenl une flexuosité .^ In base.
Cristeilaire PAPri.LErsE. Cnslellaria papillosa, l.amk., Anim. sans vert. T. vir, p. 007 ; Encycl., pi. 407^ fit;. 3, a, 1), c, d, et la même sous les noms de Cristellaria producta, seriala et ntidata, fig. 3, 4 et 5.— Cnslellaria Cassis, Def. ; le tinlhurie casqué, Z,mlliHiis cassidaltis, Monlf., Concli. Sxst.T. l,p. 254. — Nautihis Cassis, Fichtel, Test. Microsc, tab. 17, fig. A à J, et tab. 18, fig. a, b, c. Celle-ci se distingue constamment et facilement par des granulations plus ou moins régulières, quelquefois suivantla direction des loges qui cachent la spire, ainsi que par une crête le plus souvent régulière ou un peu onduleuse sur les bords, ([ui entoure toute la coquille, à l'exception de l'ouverture qui est étroite et fermée par un diaphragme fendu dans toute la longueur; quelques individus ont deu.\ à trois lignes de longueur. Ils se trouvent fossiles A la Coroncine près de Sienne en Toscane.
CRISTE MARINE, bot. F. Christe MARraE.
CRITAME. Crilamus. bot. HofFirian, dans son travail sur les Oinbellifères, a fait pour le Sium cicutœ- /olium un genre distinct, qu'il a nommé Crilamus; ce genre n'a point été adopté par le profe-sseur De Candollc qui en a réuni l'unique espèce à son genre Falraria, sous le nom de Falcaria Daliiirica.
CRITUAGRA. ois. Swainson a proposé la formation de ce genre dont les Loxia sulphnrata et flavicentris seraient le type; il le caractérise par un bec court, presque conique, épais, entier, avec l'arête recourbée de même que les bords; ailes assez allongées; les quatre premières rémiges très-longues; queue médiocre, un peu fourchue. Ce genre est essentiellement propre à l'Afrique.
CRITHME. Crithnmm. bot. Genre de la famille des ombellifères et de la Pentandrie Digynie, L. Carac- (ères ; involucre et involucelles composés de plusieurs folioles linéaires; pétales roulés et égaux entre eu.\; Heurs jaunâtres; fruits ellipsoïdes, striés, un peu comprimés.
Le Critbhe commd!^ ou Bacille, Percepierbe, etc., Crithnium maritimum, L., est une plante vivace qui croît en abondance sur les rochers des bords de la mer. Sa tige herbacée, cylindrique, glauque, rameuse, charnue, haute d'un pied et plus, porte des feuilles également charnues, engainantes à leur base, décomposées en un très-grand nombre de folioles ovales, lancéolées, aiguës, épaisses, glabres et d'un vert glauque; les Heurs sont polygames et d'un blanc jaunâtre, disposées en ombelles terminales à l'extrémilé des ramifications de la lige; celle du centre, qui est plus grande, se compose de fleurs hermaphrodites et fertiles; toutes les autres ombelles n'ont que des fleurs m^les et stériles par l'absence des styles et des stigmates; l'involucre est régulier, composé de huit à douze folioles lancéolées, aiguës, charnues et réfléchies; chaque ombellule, portée sur un pédoncule strié, cylindrique, long d'un pouce, est environnée par un involncclle de neuf à douze folioles ovales, aiguës, étalées, disposées sur deux rangs ; le fruit est ellipsoïde, glabre, comprimé et strié longiludinalement. Toute la plante est odorante et
aromatique; elle jouit d'une saveur légèrement piquante ou salée. On la cultive fréquemment dans les jardins sous le nom de Passe-Pierre, et on l'emploie beaucoup, comme assaisonnement, après l'avoir fait confire dans le vinaigre. Elle est diurétique. Dans son travail sur les Ombellifères (/m Rœmeret Schultes Syst. f'eg. 0), Sprengel place la plante qui vient d'être décrite parmi les Cachrydes.
CRITUMUS. BOT. S. de Sesuvitim porlulacasirum.
CRITOME. Critonia. bot. Genre de la famille des Synanihérées, dont le nom a été substitué par Browne à celui de Dalea d'abord employé par lui. Ce genre a été rapporté à l'Eupatoire par Linné. Gaertner a pensé que le genre Kulinia de Linné fils ne différait pas du Critonia. Mais il paraît, d'après les caractères indiqués jiar Browne lui-même, que sa plante est différente de celle de Linné fils. Au reste, voici ces caractères tels qu'ils ont été adoptés par De Candolle : capitule composé de trois à cinq fleurs; involucre oblong, formé de deux ou trois rangées d'écailles imbriquées, oblongles, obtuses et striées ; réceptacle étroit et nu j style non bulbeux à sa base ; akènes â cinq angles aigus, atténués et stipités à leur base, hispidules et glandifères enire les angles; aigrette consistant en une rangée de soies scabreuses. Les Critonies sont d'élégants arbrisseaux de l'Amérique équatoriale; leurs rameaux sont arrondis et striés, garnis de feuilles opposées, pétiolées, ovales, acuminées aux deux extrémités, un peu dentées et chargées de points glanduleux cl brillants; les capitules sont réunis en corymbe. Gaertner avait donné le nom de Critonia à un autre genre de la même famille , qui a été fondu par Willdenow, dans le genre Kuhnia de Linné.
CRO. OIS. Nom vulgaire du Gravant, Anasbernicla. V. Canard.
CKOACE. OIS. Syn. vulgaire de Corbeau Corbine.
CROC. MAM. V. Dent.
CROC ET CROC DE CHIEN, bot. On donne ce nom, dans les colonies françaises, à diverses plantes armées de forts aiguillons, telles ([u'une Pilonie, un Jujubier, une Xiraénie, une Morelle, etc. On appelle aussi Croc, dans le midi de la France, le t'icia cracca cl autres espèces du même genre, qui s'accrochent au moyen de vrilles.
CROCALITE. MIN. Nom donné à une variété de Mésolype en globules radiés, trouvée dans la vallée de Passa, en Tyrol.
CROCALLE. Crocatlis. ins. Genre de Lépidoptères, de la famille des Phalénites, institué par Treitschke, qui le caractérise ainsi : dernier article des palpes aigu, dépassant le chaperon; trompe nulle; antennes peclinées dans les mâles, simples dans les femelles; corselet large et très-velu; les quatre ailes légèrement dentées, avec un point au centre de chacune d'elles; deux raies transversales et divergentes sur les supérieures et une seule sur les inférieures. On peut considérer comme type de ce genre le Pluilœiia elinguaria de Fabricius ; une autre espèce européenne, Geometra e.rtiman'a, Hubner, fail encore partie de ce genre.
CROCANTHÈME. Crocanthemum. bot. Genre de la famille des Crustacés, établi par E. Spach, pour quel-
CROCODILE A DEUX AKÊTES.
qiies plantes américaines que Ventenat et Lamarck avaient placées dans leur genre Cistus, puis Michaux et Persoon dans leur genre Helianthemum. Le genre nouveau a pour caractères : cinq sépales dont deux exlérieuis, petits; cinq pétales à toutes les Heurs; élamines nombreuses, disposées sur plusieurs rangs; ovaire uniloculaire ou sous-uniloculaire ; trois placentas fililornies, garnis de nombreux ovules dont les cordons sont capillaires, allongés, presque dressés, et nidulants; ovules renversés; capsule testacée, fragile, à une seule loge, à trois valves et polysperme. Les Crocanthémes, comme l'indique leur nom, ont les Heurs d'un jaune safranée; elles sont terminales, quelquefois solitaires et portées sur des pédicelles, le plus souvent réunies en grappes pauciflores. Le Crocanthéme du Brésil, Cistus Brasiliensis , Lani., Helianthetnum Brasiliense, Pers., est un sous-arbrisseau peu élevé, entièrement couvert de poils blanchâtres et presque soyeux; sa tige est feuillée, un peu fléchie en zigzag; les feuilles sont alternes, sessiles : les inférieures ovales et les supérieures oblongues, avec une petite pointe au sommet ; les pédoncules sont alternes, uniflores et réunis deux ou trois à l'extrémité de la tige. Le Crocanthème de Caroline, Cistus Caiolinianus , Vent., diffère peu du précédent; il est aussi velu, mais les tiges sont droites et d'une consistance plus Herbacée.
CROCHET DE MATELOT, mou. Nom vulgaire et marchand du Strombus Chiragra, L., espèce du genre Ptérocère.
CROCHETS. MAM. F. Dests.
CROCISE. Crocisa. iKS. Genre d'Hyménoptères, section des Porte-Aiguillons, établi par Jurine et ayant pour caractères : une cellule radiale, petite, d'une forme ovale arrondie; trois cellules cubitales ; la première grande, la deuxième petite, très-resserrée dans sa partie antérieure et recevant la première nervure récurrente; la troisième plus grande recevant la seconde nervure et étant bien distante du bout de l'aile ; mandibules bidentées; antennes tîliformes, composées de douze anneaux dans les femelles, et de treize dans les mâles ; le premier anneau conique et allongé. Ce genre, trèsvoisin de celui des Nomades auquel il ressemble sous plusieurs rapports, a été rangé par Lalreille dans la famille des Mellifères. Les Crocises ont, suivant Lalreille, les antennes courtes, tîliformes, un peu divergentes au troisième article, les trois petits yeux lisses disposés sur une ligne droite et transverse, le labre extérieur incliné ou courbé et en demi-ovale, les mandibules étroites, arquées, pointues, avec une seule dent au côté interne , et les divisions latérales de la languette ou les paraglosses en forme de soie, presque aussi longues que les palpes labiales ; leur corps offre des espaces presque ras ou peu velus, et d'autres garnis de poils assez épais, et formant çà et là des taches tantôt blanches ou grises, tantôt verdàtres ou bleuâtres sur un fond très-noir; l'écusson est prolongé, aplati, échancré ou terminé par deux dents ; l'abdomen est ovoïdoconique. A cette description de Lalreille on peut ajouter les observations suivantes de Jurine : les mâles ont le dernier segment abdominal terminé par une lame
large et un peu échancrée, tandis que celui des femelles paraît trifide, c'est-à-dire composé du bout de l'aiguillon et de deux petites palettes latérales, couvertes de poils ; les taches blanches, dont les jambes des Crocises sont souvent annelées, ont plus d'élenduc chez les màles que chez les femelles. Ces Insectes ne paraissent pas recueillir le pollen des Heurs; mais ils déposent leurs œufs dans les nids des autres Apiaires; aussi les voit-on voltiger sans cesse aux environs des murs qui contiennent ces nids et qui sont exposés au soleil. ^
Crocise ponctuée. Crocisa punclata ou Melecta punctata, Fabr.; elle est commune en Europe.
Crocise sciiteilaire. Crocisa scutcllaris, Panzer {Faim. Insect. Germ., fasc. 32, fig. 7). Elle parait êlre distincte du Melecta scit te/taris de Fabr.; on la trouve moins communément que l'espèce précédente. Le Crocisa atra de Jurine appartient au genre Melecte de Lalreille.
CROCODILE. Crocodilus. rept. Ce genre compose seul une famille naturelle très-remarquable. Caractères : queue aplatie par les côtés, revêtue, ainsi que le dessus et le dessous du corps, d'écaillés carrées et souvent relevées de crêtes ; pieds de derrière palmés ou demi-palmés ; cinq doigts devant et quatre postérieurement, dont trois seulement armés d'ongles; langue charnue, plate, attachée jusque très-près des bords de la bouche, nullement extensible, ce qui porte le vulgaire à croire que ces animaux en sont privés ; dents aiguës, disposées sur une seule rangée ; une seule verge; des plaques plus ou moins saillantes, relevées d'arêtes, couvrent les parties supérieures ; les oreilles sont fermées extérieurement par deux lèvres charnues ; les narines forment un long canal étroit, qui ne communique intérieurement que dans le gosier ; les yeux sont munis de trois paupières; deux petites poches qui s'ouvrent sous la gorge, contiennent une substance musquée; on observe la même chose près de l'anus. — L'analomie desCrocodiliens présente aussi des caractères communs à toutes les espèces, et qui distinguent très-bien leur squelette de celui des autres Sauriens; Faujas en a fait graver un très-beau de l'espèce des Indes (Hist. de la Mont, de Maêstr., pi. xliv), qu'U croyait appartenir à celle du Nil, et cette excellente ligure, jointe à la parfaite description de Cuvier (Ann. du Mus., t. xu, p. 1-20), donnera une idée exacte de l'ostéologie des animaux de celte importante famille. Les vertèbres du cou y portent des organes regardés comme de fausses côtes qui, se touchant par leurs extrémités, empêchent l'animal de tourner la tête entièrement de côté; leur sternum se prolonge au delà des côtes et porte d'autres fausses côles qui ne s'articulent pas avec les vertèbres, mais ne servent qu'à garantir le bas-ventre. La mâchoire inférieure se prolongeant derrière le crâne, il semble que la supérieure soit mobile, et les anciens, qui l'ont cru, ont établi cette erreur, quoiqu'il soit certain que cette mâchoire supérieure ne remue qu'avec le reste de la tête. Ce sont les seuls Sauriens qui manquent d'os claviculaires; mais leurs apophyses coracoïdes s'attachent au sternum comme dans toutes les autres. Les poumons ne s'enfoncent pas dans l'abdomen, comme il arrive chez le reste des Reptiles; et des fibres charnues,
aso
■Tilhéreiites à la partie du péritoine qui recouvre le foie, leur douuent une appareuce de diapliragme, ce qui, joint, dit Cuvier (lîègn. Anim., t. ii, p. 19), à leur cœur divisé en trois lo^es, et où le sang, qui vient du poumon, ne se mêle pas avec celui du corps aussi complètement que dans les autres Keptiles, rapproclie davantage les Crocodiles des Quadrupèdes à sang chaud. Leur caisse et leurs apophyses ptérygoïdes sont fixées au crâne, comme dans les Tortues. La conformation des mâchoires ne permet pas à ces animaux de broyer leur nourriture; ils ne peuvent que déchirer leur proie et la briser avant de l'avaler. Leurs yeux sont généralement très-rapprochés l'un de l'autre, et placés obliquement au dessus de la tète. Leur cerveau est trèspelil; leur œsophage très-ample et susceptible d'une grande dilatation; ils n'ont pas de vessie; le nombre de leurs vertèbres est de soixante, dont sept pour le cou et trente-trois pour la queue. Leur peau, fort dure, est défendue par des écailles et des plaques carénées qui, la recouvrant comme une armure, les mettent à l'abri des attaques de tous les autres animaux. De tels avantages défensifs n'existent qu'aux dépens de l'agilité : aussi, les Crocodiles sont-ils les plus pesants des animaux. Cependant ils ont quelque supéiiorité sur le reste delà classe des Reptiles en tète de la(|uclle ils sont placés; leur force semble leur donner une confiance eu euxmêmes, d'où résulte une démarche grave et qui n'est pas sans majesté; aussi, dans l'antiquité, les hommes leur portèrent-ils un respect qui dégénéra bientôt en culte. Toutes les espèces se tiennent habituellement dans les eaux douces; mais non-seulement quelquesunes les quittent parfois pour s'avancer assez loin dans la mer, on en voit souvent se promener sur le rivage des grands fleuves ou des marais des pays chauds, et venir y déposer leurs œufs, socis l'influence d'un soleil ardent. La femelle n'abandonne i)as au hasard le sort de sa progéniture. Elle lui construit des nids, veille sur ses petits et leur prodigue des soins protecteurs d'autant plus tendres, que le mâle cherche, dit-on, à les dévorer.
La plus grande confusion a longtemps régné dans l'histoire des Crocodiliens, et les naturalistes les plus célèbres croyaient encore naguère qu'il n'existait qu'une seule espèce lu où on en connaît aujourd'hui au moins seize. Telle est l'erreur où jette souvent le premier aspect de ces grandes races d'animaux que caractérisent des formes très -prononcées ou quelques traits frappants communs à tous leurs individus, que, se bornant à remarquer une étrange physionomie dont l'imagination est fortement émue, on croit d'abord voir toujours le même être dans des espèces différentes. Longtemps on a cru ù une seule espèce d'Éléphant, ù un seul Rhinocéros, à un ou deux Cachalots; aujourd'hui ces groupes extiaordinaires par leur taille et leur forme se sont accrus ; et depuis que, pour s'occuper des spécialités, on ne s'arrête plus à ce premier coup d'œil superficiel, qui surjjrit tant de voyageurs et dénaturalistes, 011 n'est pas moins en garde contre la tendance à réunir des espèces différentes sous une même désignalion, que contre la tendance contraire, qui porte certaines personnes à multiplier sans nécessité les espèces
et jusqu'aux genres. « La détermination précise des espèces et de leurs caractères distinctifs fait, dit judicieusement Cuvier (Ann. du Mus., t. x, p. 8), la première base sur laquelle toutes les recherches en histoire naturelle doivent être fondées. Les observations les plus curieuses , les vues les plus nouvelles perdent tout leur mérite quand elles sont dépourvues de cet appui, et, malgré l'aridité d'un tel travail, c'est par là que doivent commencer tous ceux qui se proposent d'arriver à des résultats solides. » Il appartenait â l'illustre et laborieux Cuvier de débrouiller l'histoire confuse des Crocodiles. En se procurant un grand nombre de ces animaux conservés dans les collections de Paris, ou des débris de celles des espèces qu'il ne pouvait trouver entières dans nos musées, et consultant tout ce qui avait été écrit avant lui sur une matière obscure, il publia, en 1807, dans les Annales du Muséum d'Histoire naturelle, un Mémoire sur les différentes espèces de Crocodiles vivants, qui fixa toutes les incertitudes. H est aujourd'hui même impossible de rien ajouter à ce grand travail quant au fond; tout y a été examiné," comparé, pesé et discuté ; les incertitudes qu'on y signalait se sont peu à peu résolues d'après la marche philosophique (|u'indiquait l'auteur; le temps ne pourra que confirmer des observations si bien faites, et ajouter tout au plus (pielques espèces inédites à celles que Cuvier sut établir avec une rare sagacité. — Linné, rapportant à un mime animal tout ce qu'on avait écrit sur les Crocodiles, soit du nouveau, soit de l'ancien monde, et même dans l'antiquité, ne reconnaissait que son Lacerta Crocodiltts. Jusqu'à ces temps, le nombre des Crocodiles varia de trois à quatre, suivant les auteurs qui, rapportant tour à tour et comme s'ils ne se fussent pas même donné la peine de les consulter, les figures de Crocodiles qu'ils trouvaient dans les relations de voyages, dans Séba ou dans tout autre ouvrage publié, embrouillèrent leur synonymie d'une manière inextricable. On peut donc regarder comme à peu près indifférent pour la science, tout ce qui fut écrit ou compilé sur l'histoire des Crocodiles avant Cuvier ; on ne doit excepter de cet amas d'erreurs et d'inutilités que les recherches de Geoffroy S'-Hilaire, qui, travaillant dans le même esprit que Cuvier, s'est associé à sa gloire en faisant connaître les espèces du Nil.
Cuvier, après avoir isolé les Crocodiles des autres Sauriens, les divise en trois sous-genres qu'il nomme Caïmans (Alligatores), Crocodiles proprement dits {Crocodili), et Gavials (Lo/igirostios).
t Caïmans. AUiijatores. Ils ont la tête moinsoblonguc que les Crocodiles proprement dits; la longueur et la largeur de cette partie, prise à l'articulation des mâchoires, est le plus souvent comme trois à deux; elle n'a jamais plus du double ; la largeur du crâne fait plus du quart de la longueur totale de cette tête; les dents sont inégales; on en compte au moins dix-neuf, et quelquefois jusqu'à vingt-deux de chaque côté; en bas au moins dix-neuf, et souvent vingt en haut; les premières de la mâchoire inl'érieure percent à un certain âge la mâchoire supérieure; les quatrièmes, qui sont les plus longues, entrent dans le creux de cette mâchoire supérieiM'e, où elles sont cachées quand la bouche est fermée;
elles ne passent poiul dans les échancnires; les jambes cl les pieds de derrière sont arrondis et n'ont ni crêtes ni dentelures à leurs bords ; les intervalles des doigts ne sont remplis qu'à moitié par une membrane courte ; les trous du crâne, dans les espèces qui en ont, sont fort petits; une de ces espèces en manque entièrement. — Le nom de Caïman est emprunté du langage créole; il désigne, dans les colonies espagnoles, tous les Crocodiles indifféremment. Les colons anglais appellent ces mêmes animaux Jl/igalors. On dit Alligator Akrisé d'Allegaler, qui, ajoutet-on, désigne le Crocodile dans l'Inde. C'est une erreur; Allegater a\m\ qu Alligator sont venus par corruption de l'espagnol et du portugais el Lagarto, le Lézard. — Tous les Caïmans connus jusqu'à ce jour, et dont la patrie est constatée, sont de l'Amérique.
Caïman a museau de Brochet. Alligator {Luciiis) rostre ilepresso parabolico , scutis nuchce quatuor, Cuv., Ann. Mus. T. .\., p. 28, pi. 1, fig. 8 (le S(|uelette delà tête en dessus), fig. 15 (le même vu de profil); et ■pi- 2, fig. 4 (les plaques nucliales et cervicales); Lacertusmaximus, Catesb. Carol. 2, I.G3. Cette espèce paraît être propre à l'Amérique septentrionale et peut être unique dans cette partie du nouveau monde. C'est à elle qu'on doit rapporter tout ce qui a élé dit sur les Crocodiles des Carolines, des Florides et de la Louisiane. La figure citée de Catesby, quoique médiocre, lui convient assez bien, tandis que celle de llernandez (Hist. Nat. Mex. 323) semble être celle d'un vrai Crocodile. L'espèce dont il s'agit a été rapportée par Michaux; elle s'élève assez loin vers le nord, et remonte le Mississipi ou ses affluents jusque vers le 32» degré de latitude nord, c'est-à-dire hors de la région équinoxiale passé laquelle on ne voit plus de Crocodiles dans l'ancien monde. En Amérique il fait cependant quelquefois trèsfroid en hiver à de telles latitudes. On rapporte ((ue ces animaux, à la Louisiane, se tiennent dans la boue, s'y enfoncent quand vient la mauvaise saison, et y tombent dans un sommeil léthargique, même avant la gelée. Leur sommeil est si profond , qu'on les peut couper en morceaux sans qu'ils donnent le moindre signe de sensibilité; mais les jours chauds les raniment aussitôt. Catesby dit la même chose de ceux qu'il a observés en Caroline, et qui ont été depuis fort bien étudiés par Bosc. " Les œufs du Caïman, dit ce savant, sont à peine égaux à ceux d'une Poule d'Inde ; ils sont blanchâtres comme ceux du Crocodile du JNil, mais plus petits, et leur coque est d'une nature parfaitement semblable ù celle des œufs d'Oiseaux; ils sont bons à manger, quoique sentant un peu le musc, et les habitants les recherchent, Dès que les petits sont nés, ils vont se jeter à l'eau ; mais la plus grande partie y devient la proie des Tortues, des Poissons voraces, des animaux amphibies, et même, à ce que l'on assure, des vieux Crocodiles. Ceux qui survivent ne se nourrissent la première année que de larves d'Insectes et de très-petits Poissons. J'en ai conservé pendant plusieurs mois une nichée entière, composée d'une quinzaine d'individus, et que j'avais prise au filet dans une mare voisine de mon habitation ; j'ai observé qu'ils ne mangeaient jamais que les Insectes vivants, el qu'il fallait même que ces Insectes se mis-
sent en mouvement pour les déterminer à se jeter dessus, ce qu'ils faisaient alors avec une grande voracité , el en se disputant souvent le même objet. Au reste, ils ne cherchaient en aucune manière à me faire de mal lorsque je les prenais dans les mains. Au bout de la première année, les Crocodiles ne sont que de petits cl faibles animaux; ce n'est que dans le courant de la seconde qu'ils prennent des dents redoutables, et que leur crâne acquiert une épaisseur suffisante pour les mettre à l'abri des coups. La durée de leur vie est inconnue; mais il y a des faits qui tendent à prouver qu'elle doit s'étendre autant el plus même que celle de l'homme. Ils ne muent pas , et par là évitent une crise qui est falale à la plupart des Reptiles. Le nombre des ennemis capables de les détruire est d'ailleurs fort i)eu nombreux lorsqu'ils ont acquis toute leur force. Ils peuvent rester très-longtemps sans manger. C'est sur le rivage des grands fleuves, au milieu des lacs marécageux, qu'ils s'établissent de préférence : Ils s'y rencontrent quelquefois en troupes nombreuses; là ils trouvent sécurité d'un côté et abondance de l'autre; ils y vivent de Grenouilles, de Poissons, d'Oiseaux aquati(|ues, enfin de tous les animaux qu'ils peuvent attraper. Les Chiens, les Cochons et même les Bœufs, ne sont pa« à l'abri de leur voracité. On rapporte qu'ils les saisissent au museau ou par les jambes quand ils vont boire, et les entraînent dans l'eau afin de les noyer. Je me suis amusé quelquefois à les faire sortir de leurs retraites et accourir vers moi en faisant japer mon Chien de chasse sur les bords des rivières. Je leur lâchais ordinairement mes deux coups de fusil; mais quelquefois je les laissais approcher pour pouvoir leur donner quelques coups de bâton; ce dont ils ne s'effrayaient pas beaucoup. Jamais ils n'ont cherché à m'attaquei; ils se retiraient gravement lorsqu'ils voyaient qu'il n'y avail rien à gagner pour eux autour de moi. Quoique lourds, ils nagent avec facilité; mais leurs mouvements deviennent encore plus pesants lorsqu'ils sont à terre. Dès que les Nègres en aperçoivent qui sont trop éloignés de leur retraite, ils leur coupent le chemin, se mettent plusieurs à leur poursuite, les tuent à coups de hache, et se régalent de leur queue. J'en ai trouvé souvent morts ainsi mutilés, qui répandaient une odeur d'ammoniaque si infecte, que, quelque désir que j'eusse d'observer la marche de leur décomposition, et de chercher des insectes que je pouvais espérer de récolter autour d'eux, je n'ai jamais pu en approcher. Les Vautours même, pour qui la chair la plus corrompue est un régal, abandonnent celle-ci dès qu'elle est arrivée à un certain degré d'altération. En Caroline les Crocodiles se font des trous ou des terriers très-profonds, où ils passent l'hiver en entier, et même toute la journée pendant l'été. Ces trous sont non-seulement le plus souvent placés dans les marais qui accompagnent presque toutes les rivières, mais aussi quelquefois sur le bord des mares très-petites, situées au milieu des bois. J'ai tenté tous les moyens possibles d'en prendre avec des pièges de plusieurs sortes, à l'entrée de ces trous, mais je n'ai jamais pu y réussir. Tous les matins mes pièges étaient détendus, et les Crocodiles étaient sortis sains et saufs. On les prend cependant assez facilement dans ce pays avec des Oiseaux el de
pctilsOiiadnipèdes vivants, qu'on lie à un pros hameçon attaché à un arbre par le moyen d'une chaîne de fer. Dans la Floride, ofi la population est moins nombreuse et la chaleur plus considérable, les Crocodiles se trouvent en bien plus grande abondance; Bartram, dans la I Relation de son voyage sur la rivière Saint-Jean, rap- | porte en avoir vu les eaux couvertes dans des espaces considérables : ils y gênaient la navigation au point de l'obliger plusieurs fois de l'interrompre. » Ce même liartram ajoute que la femelle dépose ses œufs par couches avec des lits alternatifs de terre gâchée et en forme de petits tertres de trois ù quatre pieds de hauteur. Il assure avoir trouvé des Crocodiles dans le bassin d'une fontaine thermale dont l'eau vitriolique était à un degré de chaleur fort élevé. Ce qu'il dit des combats que ses compagnons armés soutinrent avec un de ces animaux qui venait attaquer son camp, peut paraître exagéré à ceux qui ont vu ailleurs les Crocodiles atta<iuer rarement les hommes, et qui ont lu ce qu'en rapporte Bosc. Celui-ci dit encore qu'en été, et surtout au temps des amours, les Crocodiles font entendre des mugissements pres(iue aussi forts que ceux d'un Bœuf, et qu'on ne peut comparer à aucun autre cri.
Outre les caractères communs avec ses congénères, le Caïman à mâchoire de Brochet a son museau aplati, dont les cotés sont presque parallèles et se réunissent en avant, par une courbe k peu près parabolique; les bords des orbites sont très-relevés, mais il n'y a point, comme dans l'espèce suivante, une crête transversale <|Ui les unisse; il y a sur le dos dix-huit rangées transversales de plaques relevées chacune d'une arête; le nombre des arêtes ou des plaques de chaque rangée est ainsi qu'il suit : une rangée à deuxarèles, deux à quatre, trois à six, six à huit, deux à six; et le reste à quatre, sans compter les impaires qui se trouvent quelquefois sur les côtés ; ces arêtes sont assez élevées et à peu près égales; mais sur la queue les arêtes latérales dominent, comme dans tous les Crocodiles proprement dits, jusqu'à ce qu'elles se réunissent. 11 y en a dix-neuf rangées transversales jusqu'à la réunion des deux crêtes, et autant après; mais ce dernier nombre est plus sujet à varier que celui des plaques du dos; la couleur du dessus est d'un brun verdàtre, très-foncé ; le dessous est d'un blanc teint de vert , et les flancs sont rayés assez régulièrement des deux couleurs. La longueur totale comprend sept largeurs et demie de tête. Ces animaux ne mangent jamais dans l'eau , d'où ils retirent leur proie pour la dévorer à terre après l'avoir noyée. Ils préfèrent la chair du nègre à celle du blanc, évitent les eaux saumâtres, ne se rendent jamais dans la mer par la crainte que leur inspirent les grandes Tortues et les Requins qui les attaquent; eutiu ils tiennent toujours leur gueule fermée pendant leur sommeil.
Caïman a lunettes. Alligator (Sclerops) porcâ transversâ inler orbitas, nuchœ fasciis osseis quatuor cataphracœ , Cuv., lac. cit., p. 31, pi. 1, lig. 7 ( le squelette de la tête en dessus ), fig. 16 ( le même vu de profil), et pi. 2 (les plaques nuchales et cervicales); le Caïman, Encycl. Rept., p. 35, pi. 2, fig. 1 et 2; Lacerta Crocodilus, L., Amcen. ac. 1, p. 151; Séba, i, pi. civ, f. 10 ; Crocodilus Amen'canus, Laur., Amph.,
n» 841; Jacare, Marcgr. , Brasit., 24i. Cet animal, connu plus particulièrement sous le nom de Crocodile de la Uuiane, et que D'Azara appelle 'ï'acaré, est évidemment le même que le Jacare de Marcgraaff, et l'un de ceux dont Gmelin a entassé confusément divers synonymes sous le nom de Lacerla Alligator. Son museau, quoique large, n'a pas ses bords parallèles; la figure de ce museau est un peu plus triangulaire que dans l'espèce précédente; la surface des os de la têle est très-inégale, et comme cariée et rongée par de petits trous; les bords inférieurs des orbites sont trèsrelevés; le crâne n'est percé derrière les yeux que de deux trous assez petits; outre quelques écailles répandues derrière l'occiput, la nuque est armée de quatre bandes transversales, très-robustes, qui se touchent et vont se rendre à la série des bandes du dos. Les deux premières sont chacune de quatre écailles, et, par conséquent , relevées de quatre arêtes dont les moyennes sont quelquefois très-effacées; les deux autres n'en ont plus souvent que deux; les plaques transversales du dos sont au nombre de deux rangées à deux arêtes, de quatre à six, de cinq à huit, de deux à six, et de quatre à quatre; mais, avec l'âge, des écailles latérales, peu marquées d'abord , prennent la forme des autres , et il faut ajouter deux au nombre des plaques à arêtes de cha(|ue rangée. Il est d'ailleurs rare de trouver deux individus parfaitement semblables à cet égard. La couleur de l'animal est d'un vert bleu en dessus, avec des marbrures irrégulières, verdàtres et jaunâtres, plus ou moins pâles, en dessous. D'Azara parle d'une variété rousse plus grande et plus féroce que la variété ordinaire. Correa de Serra a rapport^^ Cuvier que les Jacares du Brésil méridional différaient aussi un peu de ceux du Brésil septentrional , qui sont les mêmes que les Caïmans de Cayenne. Tous acquièrent une fort grande taille; le Muséum d'Histoire naturelle en possède un individu de onze pieds; Cuvier en a vu de quatorze. Le Caïman à lunettes est proprement le Crocodile de l'Amérique méridionale; il s'y étend jusque par le trentedeuxième degré sud, c'est-à-dire â la même distance de l'équateur que le précédent remonte dans le Nord. Sa vitesse à la course n'équivaut pas à la moitié de celle de l'homme, qu'il n'attaque jamais, ou du moins que très-rarement, et dans le cas seulement où celui-ci menace ses œufs que la femelle défend courageusement; elle en pond jusqu'à soixante et les dépose dans le sable , en prenant la précaution de les cacher sous une légère couche de paille ou de feuilles sèches, qui n'intercepte pas l'influence salutaire de la chaleur du soleil. Ce Crocodile passe la nuit dans l'eau, et le jour étendu sur le sable, exposé à l'ardeur du jour; mais à peine aperçoit-il le chasseur ou son chien, qu'il se précipite dans les rivières ou dans les marais où il se plaît. On assure qu'en certains lieux, quand ces marais se dessèchent, ce qui reste de vase fluide dans leurs enfoncements est tellement rempli de ces Caïmans qu'on ne voit plus que leur dos, leur tête et leur queue. Probablement alors les gros dévorent les petits. Ils évitent l'eau de la mer, et sont très-communs à Cayenne.
Caïman a pacpières osseeses. Alligator (palpebrosns) palpebn's osseis, iiiichœ fasciis osseis quatuor
CRÛ
cataphraclœ, C\i\.,loc. cil., p. 35, pi. I, fig. 0 (le squelette de la léte vu par-dessus ), fig. 17 (le même vu de profil), et pi. 2, fig. 2 (les plaques nuchales et cervicales). Cuvier pense que cette espèce est celle que Blumenbacli avait sous les yeux, quand il voulut désigner le Crocodile qu'il appelait Lacerta Ciocodilus. La plus grande confusion règne dans l'histoire de cette espèce qui vient de Cayeniie, et qu'on a quelquel^ois regardée comme la femelle de l'espèce précédente. Elle a d'abord un rang de quatre plaques carénées, séparées derrière la nuque que suit un autre rang de six plaques plus petites, isolées, par paires, et après lequel viennent cinq paires de plaques plus grandes, étroitement conligues par leur côté intérieur. Les plaques dorsales commencent par un rang de quatre plus petites; les autres, par six sur chaque rang, forment un carrelage assez régulier, marqué d'arèles très-vives et continues.
Caïman hérissé. JUigalor trigonalus, Schneider, Hisl. Amph., ii, pi. 1 et 2 ; Caïman à paupières osseuses, seconde variété, Cuv., /oc. cit., pi. 2, fig. 1 (les plaques nuchales et cervicales). Celle espèce, encore moins bien connue que la précédente, parait néanmoins appartenir à l'Amérique.
Caïman de Ccvier. Alligator Cucierii, N.; Crocodilus Cuvierii, Leach., Mis. zool. pi. 102. Cette espèce est originaire de l'île Dauphine, dépendante de l'Amérique méridionale.
tt Crocodiles proprement dits. Crocodili. Us ont la tète oblongue, deux fois plus longue que large, et quelquefois plus large encore; la longueur du crâne fait moins de la longueur totale de cette tête; les dents inégales sont au nombre de quinze à chaque côté en bas, et de dix-neuf en haut. Les premières de la mâchoire inférieure percent à un certain âge les supérieures ; les quatrièmes, qui sont les plus longues de toutes, passent dans des échancrures, et ne sont point logées dans des creux de la mâchoire supérieure. Léo piodo do do—ii,. ont le plus souvent à leur bord externe une crête dentelée; les intervalles de leurs doigts, au moins des externes, sont entièrement palmés; leur crâne a derrière les yeux deux larges trous ovales, que l'on sent au travers de la peau, même dans les individus desséchés. On distingue facilement les vrais Crocodiles des Caïmans, parce que les quatrièmes dents inférieures de ceux-ci sont reçues dans des creux de la mâchoire supérieure, et des Gavials, dont le museau est incomparablement plus mince et plus allongé, et dont les deux premières dents, ainsi que les deux quatrièmes inférieures, passent dans des échancrures de la mâchoire supérieure. — Le nom de Crocodile, employé dès l'antiquité la plus reculée, est, selon Hérodote, de racine ionienne. Les Grecs le donnèrent à l'animal du Nil, que les habitants du pays appelaient Chamsès, d'où les Égyptiens modernes ont tiré le nom actuel de Teinsach, parce qu'ils lui trouvèrent des rapports de figure avec le Koslordylos de leurs haies, qui était le vrai Stellio des Latins, devenu aujourd'hui un Gecko.
Crocodile vclgaire ou dd Nil. Ciocodilus vulgaris, Cuv. loc. cit. p. 40, pi. 1, fig. 3 (le squelette de la tète vu en dessus); fig. 12 (le même vu de profil), et pi. 2, fig. 7 (les plaques nuchales et cervicales); Geoffr.,
Ann. Mus. T. x, p. 83, pi. 3, fig. 1. lacerta Crocodilus, L. Le Chamsès. Sa tête est dans la proportion de 10 à 20, ou, autrement, a deux fois la longueur de sa base. Ses yeux sont plus écartés que dans les autres espèces : l'intervalle qui les sépare est creusé en gouttière, sans offrir la moindre apparence de crête. Son chanfrein en avant est aussi parfaitement plane; les deux dernières rangées de plaques sur le cou sont plus rapprochées l'une de l'autre et les plaques plus larges que longues : celles de la première rangée sont à peu près à une même distance respective. Quant aux rangées d'écaillés sur le dos, Geoffroy en a compté dixsept ; puis dix-huit sur le gros tronçon de la queue, et vingt et une sur la seconde portion qui la termine en ne comprenant dans ce nombre que les rangées à une seule crête médiane : ce qui donne cinquante-six en tout, ou six de moins que dans le Crocodile de Saint- Domingue. Les plaques du dos sont remarquables par l'égalité de leur volume, leur forme exactement carrée, et les crêtes de chacune, qui sont peu et également élevées. La couleur est d'un vert tirant sur le bronze; c'est le même arrangement que le Crocodile de Saint-Domingue, sauf que le noir est étendu par plaques dans celui-ci, et qu'il est apparent dans l'autre, sous la figure de rayures étroites, qui |)arlent des crêtes comme d'autant de centres distincts ; les écailles sont en outre creusées dans le même sens. Les flancs et le dessus des jambes ne sont que nuancés de noir : le vert y domine davantage que sur le dos; il est l'unique couleur du ventre. Le Muséum d'Histoire naturelle possède des individus du Crocodile vulgaire qui ont au delà de douze pieds de longueur. Cette espèce habite les grands fleuves de l'Afrique. 11 est du moins certain qu'on la trouve dans le Sénégal, le Zaïre et dans le Jooliha. Elle était autrefois commune jusque dans le Delta; aujourd'hui il faut remonter beaucoup le nu no.... ■- - •
.. ,,..! ,„uuïc que ces régions, maintenant beaucoup moins peuplées sans doute qu'elles pourraient l'être, ne l'ont cependant jamais été autant qu'on l'a prétendu, malgré les grands monuments qui sont restés de la magnificence de leurs premiers habitants. En dépit du respect que purent avoir ces hommes superstitieux pour les Crocodiles, il n'est pas croyable qu'ils l'eussent laissé se multiplier au point, qu'aux environs d'Ambos el d'Arsinoê, il y eût du danger à se laver les pieds ou les mains dans la rivière. Ces animaux parviennent, d'après le voyageur Hasselquitz qui a confirmé les traditions anciennes à l'égard de leur taille, aux plus fortes dimensions. On prétend qu'il en existe aujourd'hui même qui ont jusqu'à trente pieds et plus de longueur, ce qui n'est pas une preuve qu'on en ait jamais vu de vingt-six coudées, comme les historiens l'ont avancé. La femelle pond deux ou trois fois par an, mais à des distances très-rapprochées, une vingtaine d'oeufs qu'elle enterre dans le sable el qu'elle abandonne à la chaleur équinoxiale, qui les fait éclore au bout d'une quinzaine de jours selon les uns, et d'une vingtaine selon les autres. Les Ichneumons détruisent beaucoup de ces œufs, dont la grosseur est double de celle des œufs d'Oie, qu'enveloppe une coque blanche et calcaire, et auxquels la mère, bien différente de la femelle des Caï-
luans, ne prend aucun intérêt. Malgré la forte odeur de musc que répand ce Crocodile, les habitants des rivages qu'il fréquente reclierclient beaucoup sa chair, ainsi que le faisaient, selon Hérodote, chez les anciens Égyptiens, les habitants d'Éléphantine.
Cbocouile Siicnos. Crocodilns Suchus, Geoffroy, loc. cit., p. 84, pi. 3, fig. 2, 3 et 4 (le s(|ueletle de la tète d'après un individu momifié). » 11 existe au moins une variété de Crocodiles, dit Cuvier, et dontGeotfroy a trouvé la tête embaumée dans les grottes de Thèbes. lille est un peu plus plate et plus allongée que celle du Crocodile vulgaire. Nous en avons au Muséum deu.x individus entiers et deux têtes de même forme. L'un des deux premiers a été donné par Adansoii et étiqueté de sa main Krokodile vert du Niger. Outre les différences dans la forme de la tête, ces individus en offrent quelques-unes dans les nuances de leurs couleuis. Ces différences, jointes au témoignage des i)êcheurs de la Thébaïde, autorisent la distinction admise par Geoffroy, sinon d'une espèce, au moins d'une race particulière de Crocodile vivant avec l'autre en Egypte. » — " Si je n'avais eu à ma disposition, dit Geoffroy, que le crâne de ma momie, je ne me serais pas permis d'établir cette espèce, dans la crainte que les différences dont j'ai parlé ci-dessus, ou fussent simplement particulières ù l'individu qu'on avait embaumé, ou ne tinssent qu'à l'âge sous des points de vue que je n'aurais pas saisis; mais j'ai eu occasion de voir un crâne deux fois plus long, et qui est d'ailleurs parfailementsemblable à celui que j'ai extrait de ma momie, et j'ai aussi trouvé dans nos collections un individu très-bien préparé, qui appartient certainement à la même espèce. Le Suchos tient beaucoup plus du Crocodile de Saint-Domingue que du précédent ; il s'en rapproche surtout par sa forme effilée et par les proportions de son crâne. Toutefois, il n'en a
■ ■ <• a„. (levant des yeux; son chanfrein n'est
ni sillonné ni aplati comme ccmi ov, ■■ c. „„pi„û,
mais, sous le rapport de la disposition et de la forme des plaques, le Suchos de la collection du Muséum offre plus de rapports avec l'autre Crocodile du iSil ou Chamsès. Ces plaques sont en même nombre et pourvues de crêtes toutes aussi saillantes les unes que les autres; les plaques du cou sont toutefois différentes en ce qu'elles sont beaucoup plus larges ; les couleurs sont à peu près les mêmes que celles des autres Crocodiles, à celte différence près que le noir est distribué par petites taches sur un fond vert clair. « Geoffroy ne croit pas que son Crocodile alteigne au delà de sept pieds de longueur, et pense qu'il doit se trouver, comme le précédent, dans tous les grands fleuves de l'Afrique, mais surtout dans le Niger. Ce n'est point ici le lieu d'examiner si le Suchos de Geoffroy, moins féroce et plus timide que le grand Crocodile ordinaire du Nil, fut celui que les anciens Égyptiens adoraient spécialement sous le nom de Suchus, et si ce nom de Suchus était un nom spécifique ou le nom propre de l'individu adoré, comme Apis ne signifiait pas un Bœuf, mais le Bœuf exposé à l'adoration des fidèles de ce temps. Qu'importe ce qu'ont pu dire à ce sujet Hérodote, Arislote, Diodore, Pline, ^lien, Slrabon, Flutarque, Cicéron, Damasius cité par Pholius, et, après tous ces anciens, Bochard, Kircher, Paw,
Jahlonski et Larcher? Les doctes controverses qui résulteraient de la comparaison de leurs écrits n'ont pas, en histoire naturelle, le mérite qu'y acquiert la description exacte de la moindre partie d'un crâne embaumé depuis plusieurs milliers d'années, quand celte description aide à exhumer une espèce inédile à travers la poussière des sépulcres, et que celte espèce a survécu non-seulement à des peuples qui lui adressèrent des vœux, mais encore à la plus grande partie des monuments et des usages par lesquels ces peuples orgueilleux croyaient triompher de l'oubli, et rendre leur mémoire éternelle.
Crocodile a deux arêtes. Crocodilus (biporcatus) roslro porcis 2 subparallelis, sentis nitcltœG, squamis dorsi ovalibus, octofariam positis,CVi\ .floc . cit., p. 48, pi. 1, fig. 4 (squelette de la tête vu en dessus); fig. 13 (le même vu de profil), et pi. 2, fig. 8 (les plaques nuchales et cervicales); Crocodiluspurosus, Schn. Celte espèce est à proprement parler le Crocodile des Indes et des archipels asiati<iues. C'est elle qui habite les rivages des Séchelles. de Ceyian, de Java et de Timor où n'existent ce|)endant pas de grands fleuves. Le Crocodile à deux arêtes s'avance quelquefois dans les flots de la mer. sans cependant s'éloigner jamais du rivage. On en possède au Muséum des individus, depuis leur sortie de l'œuf jusqu'à la taille de douze pieds. 11 ressemble assez au Cliamsès, mais il en diffère parce que ses plaques cervicales sont très-différemment groupées, et que les dorsales, plus petites et plus nombreuses, ont une tout autre forme, et laissent entre elles des espaces triangulaires qui, par l'opposition de leur base, forment des bandes intermédiaires, des losanges ou de pelits carrés joints par leurs angles aigus; des pores qui ne sont sensibles dans le Crocodile du Nil que sur le reste des écailles des très-jeunes individus, se développent au contraire avec l'âge dans celui-ci, et lui Hnnnont un acpecl tout particulier. La couleur de ce Crocodile est plus brune que dans les précédents, et des taches encore plus foncées, isolées sur les flancs, se rapprochent en bandes noirâtres sur le dos. Selon Labillardière, on croit généralement à Java que l'animal dont il est question ne dévore jamais sa proie sur-le-champ, mais qu'il l'enfouit dans la vase où, après Pavoir laissée trois ou quatre jours se corrompre, il va la rechercher. La même habitude s'observe dans d'autres espèces.
Crocodile a losange. Crocodilus (rkombifer) rosira concexiore; porcis 2 couvergentibiis , sculis nuchœ C, squamis dorsi qiiadralis sexfariam posilis; mcmbrorum squamis crassis, carinatis , Cuv., loc. cit., pag. 63, pi. 1, f. 1-3 (le squelette de la tête vu en dessus, en dessous et de profil). On ignore la patrie de cette espèce très- imparfaitement connue, décrite sur deux individus mutilés, dont aucune figure n'a été gravée, dont les écailles affectent à peu près la même disposition que celle du Chamsès du Nil , et dont enfin le fond de la couleur verdàtre est tout piqueté en dessus de petites taches brunes Irèsmarquées.
Crocodile a casque. Crocodilus (galeatus) cristd elevatà, bidcntatà inrertice, scutis nuchœ 6, Cu\., loc. cit., p. 31, pi. 1, fig. 9 (le squelette de la tète en dessu>); Crocodilus Sianiensis, Schn., Encycl. Repl.,
pi. 1, fig. 5. Faiijas, Hist. de la Monl. de Saint Pierre de Maestricht, pi . 43. Cette espèce, dont on doit la conna issance aux missionnaires français, qui en tirent la description à Siam (F. Mém. de l'Acad. des Se. avant 1699, t. m, p. 2, p. 255, pi. 64), est à peu près la seule que Cuvier n'ait point vue. Sa figure a été reproduite dans l'HiSl. génér. des Voyages et jusque dans le Dictionnaire de Déterville comme celle du Crocodile de l'antiquité, et, dans toutes ces copies, on a soigneusement conservé les deux crêtes dentelées que le dessinateur fit régner jusqu'à l'extrémité de la queue, et omis les palmures des pieds de derrière, qui sont des fautes grossières que contredit formellement la description. Le Crocodile à casque, remarquable par les deux crêtes triangulaires, osseuses, implantées l'une deriière l'autre sur la ligne moyenne du crâne, est aussi de la grande taille. L'individu décrit avait dix pieds de long.
Crocodile a deux plaques. Ciocodilus (bisulcatus) sgitaviis dorsi inlermediis quadratis , exterioribus inegiilaiibiis subsparsis, sculis nnchœ 2, Cuv., loc. cit., p. 53, pi. 2, f. 6 (les plaques nucliales et cervicales). 11 parait que cette espèce, imparfaitement connue, décrite d'après deux individus en assez mauvais état, est le Ciocodile noir d'Adanson (Sénégal, p. 73), dont Gmelin et Gronovius ont fait, on ne voit pas pourquoi, un synonyme de leur Lacerta Gangetica qui est le Gavial. On ne connaît pas positivement sa patrie qu'on présume être la côte occidentale d'Afrique. Sa couleur est plus foncée que celle des autres Crocodiles; ses mâchoires sont plus allongées que celles du Chamsès, mais moins que celles de l'espèce de Saint-Domingue à laquelle il ressemble d'ailleurs par la disposition des plaques du dos. 11 est surtout caractérisé par les cervicales qui sont au nombre de quatre, dont deux plus petites, situées près de la nuque, et deux fort grandes, qui semblent isolées au milieu du cou.
12. Crocodile pLAmnoaTBE. Ciocodilus (piaivCa^ tns)rostro œquali adbasim piano, sentis nucliœ sex , squaviis omnibus tuberculosis, dorsalibus qicinque sexfariam disposais, pedibus cristatis; Ciocodilus planirostris, Graves, Ann. gén. des Se. pliys. T. ii, p. 348. Cette espèce est africaine; l'épaisseur de son corps et de ses membres lui donne une forme trapue et un aspect de pesanteur qu'on ne retrouve dans aucun autre Saiirien. Sa largeur est au moins le cinquième de sa longueur totale, tandis que dans les autres elle n'est jamais que le huitième au plus. Sa tête fait le neuvième de sa longueur totale qui, dans l'individu décrit, est de trois pieds dix pouces et demi. Sa plus grande circonférence par le milieu du corps est de deux pieds trois pouces. La tête ne présente aucune convexité ni saillie de bosses frontales, de sorte que le chanfrein est parfaitement plan. Le crâne est percé de deux fosses ovales, médiocres ; tous les os en sont comme rongés et pejcés de petits trous, ainsi que dans le Caïman à lunettes ; il est muni ù son bord postérieur de cinq petits tubercules en forme de dents. Sa tête représente un triangle isocèle allongé; l'extrémité du museau arrondie, et sa surface couverte de gros tubercules obtus, disposés sans ordre régulier; le grand diamètre des yeux qui sont à seize lignes de distance l'un de l'autre
est de dix lignes; la mâchoire supérieure est garnie de dix-huit dents pointues de chaque côté, dont la quatrième et la dixième sont les plus fortes; l'une des quatrièmes ayant été cassée, on remarque dans sa cavité une petite dent de la même forme ; la mâchoire inférieure a quinze dents de chaque côté; la quatrième est reçue dans une échancrure latérale de la mâchoire supérieure; une autre échancrure prolongée reçoit aussi les neuvième, dixième et onzième dents ; cette mâchoire inférieure est remarquable par son épaisseur qui, au premier coup d'oeil, la fait paraître plus large que la supérieure ; le cou est encore plus large et plus gros que la tête; derrière l'occiput on voit quatre nuchales tuberculeuses, transverses; à quinze lignes de celles ci se trouvent six cervicales, disposées sur deux lignes parfaitement droites, quatre antérieures et deux postérieures, assez petites, élevées en tubercules pointus, à côtés inégaux, et entremêlées dans leur distance de petits tubercules, tels qu'on les trouve sur le reste du cou ; le dos est recouvert de dix-huit rangées de petites plaques carrées, dont les unes se terminent en tète de clou, d'autres en pointes un peu recourbées, et quelques autres en lames tranchantes. La première rangée a seulement deux plaques; les onze suivantes en ont chacune six ; puis viennent cinq rangées de quatre plaques, et enfin une dernière de dix; dans les intervalles de ces rangées on observe quelques autres tubercules très-petits; le plastron dorsal, composé de toutes ces plaques, est large de quatre pouces, et forme un parallélogramme assez régulier ; les Bancs sont garnis, ainsi que les côtés du cou, de petites écailles arrondies, portant chacune un tubercule émoussé, et entremêlées d'autres très-petites écailles bosselées; la queue ne présente que vingt-neuf rangées transversales au lieu de trente-cinq qu'on tiouve ordinairement dans les autres Crocodiles; elle occupe seule la mnini j- ■- '--—-— t...i. j. i-„.....ia. , les plaques qui la recouvrent, tant en dessus que latéralement, sont parfaitement semblables en petit à celles du dos, c'est-à-dire carrées et tuberculeuses; les crêtes peu sensibles, qui résultent du prolongement de leurs tubercules, sont épaisses, obtuses, immobiles et comme osseuses; elles commencent à la sixième rangée, et se réunissent à la dix-septième ; la crête terminale n'est pas plus saillante que les autres; les membres, qui sont très-gros, ont leurs plaques supérieures et latérales prolongées en tubercules obtus, en sorte que la superficie de l'animal paraît hérissée de protubérances; les pieds antérieurs ont cinq doigts; les postérieurs en ont quatre entièrement palmés, dont les trois intérieurs présentent des ongles totalement émoussés; le contour des pattes est arrondi, et ne porte aucune apparence de crête semblable à celles de la queue; le dessous est entièrement revêtu de plaques carrées, disposées par bandes- transversales , lisses et unies, mais dans lesquelles on observe une certaine disposition à devenir tuberculeuses ; sous le cou et la mâchoire inférieure, ces petites plaques sont plus épaisses et munies d'un pore; des pores pareils se retrouvent dans les rangées qui avoisinenl les cuisses et sous les membres; la couleur des parties supérieures est d'un brun foncé, noirâtre ; celle des parties infé-
rieures est d'un Jaune sombre. L'individu décrit parait avoir été fort vieux, ù en juger par l'épaisseur des os et la force des tul)ercules qui ne sont pas le produit d'une disposition particulière de l'épiderine, mais qui rcsultejit de la substance même des plaques. Cet animal s'éloigne, par ses formes, du sous-genre dont il présente du reste exactement tous les caractères. Il pourrait bien en être une espèce plus terrestre qu'aquatique, si Ton en juge par la petitesse et l'immobilité de ses crêtes, et peut-être Laurenti l'a-t-il eu en vue en mentionnant son Crocodiius lerrestris (Amph., n" 8G) dont la synonymie, établie comme au hasard, ne convient pas à son Sauiien. L'individu d'après lequel Graves a fait la descri|)tioii qui précède, existe dans les collections de l'Académie de Bordeaux, à laquelle feu Journu- Aubert, comte de Tustal, en a fait don.
Crocodile a mlseau effilé ou Crocodile de Saint- Uomingïe; Crocodiius (aciilus) 2 sqimmis dorsiintermediis quadratis , exterioribus irregularibus Kubsparsis, sentis nuchœ 0, rosiro productiore ad basim convexo, Cuv., loc. cit., p. 55, pi. 1, fig. 5 (le squelette delà tète vu par-dessus), fig. 14 (le même vu de profil), et pi. 2, fig. 5 (les plaques nuchales et cervicales); Geoffroy, Ann. du Mus. T. x, p. 79, et T. n, pi. 27, fig. 1. Geofl'roy Saint-Hilaire a le premier bien caractérisé et décrit cette espèce, qui est le Crocodile des Antilles. 11 est tiès-commun dans toutes les rivières et les mares de Saint-Domingue. La largeur de la tète ù l'articulation des mâchoires est deux fois et un quart sa longueur. Le crâne ne fait qu'un peu plus du cin- «luième de la longueur de la tète. Les bords des mâchoires sont plus fortement festonnés en ligne sinueuse que dans les autres espèces. Les plaques nuchales et cervicales sont à peu près pareilles à celles du Chamsès, mais les dorsales sont fort différemment disposées, ne c^^rr^^ni nrnnrpinent que quatre lignes d'arêtes, comme dans le Crocodile à deux piamico. ». ^s.. /,..;„.,„, .^ .,„ peu plus du septième de la longueur totale. Les écailles inférieures ont chacune un jiore. Le dessus du corps est d'un vert foncé, tacheté et marbré de noir, le dessous est d'un vert pâle. Descourlils a soigneusement observé les mœurs du Crocodile de Saint-Domingue; il dit que les mâles sont beaucoup moins nombreux que les femelles; qu'ils se battent entre eux avec acharnement; que l'accouplement se fait dans l'eau, sur le côté ; que l'intromission dure à peine vingt-cinq secondes; que les mâles sont propres à la génération à dix ans, et les femelles à huit ou neuf; que la fécondité de celle-ci ne dure guère que quatre ou cinq ans ; que ces femelles se creusentavecles pattes et le museau, un trou circulaire dans le sable, sur un tertre un peu élevé, afin d'y déposer vingt-huit œufs humectés d'une liqueur visqueuse, rangés par couches séparées d'un peu de terre, et recouverts d'un peu de limon battu; enfin que la ponte a lieu en mars, avril et mai, et que les petits éclo- «ent au bout d'un mois. Ces petits n'ont que neuf à dix pouces au sortir de l'œuf; mais ils croissent jusqu'à plus de vingt ans et atteignent seize pieds au moins de longueur. Lorsqu'ils éclosent, la femelle vient gratter la terre pour les délivrer, les conduit, les défend et les nourrit en I«ur dégorgeant la pâture pendant trois mois,
espace de temps pendant lequel le mâle cherche â les dévorer. Comme les autres Crocodiles, celui de Saint- Domingue ne peut manger sons l'eau sans courir risque de s'étouffer, mais il y entraine ses victimes, les y enfouit durant quelques jours sous la vase, et ne les mange qu'après que la putréfaction s'y est manifestée. H préfère aussi la chair du nègre à celle du blanc.
Crocodile i;^TERMÉDiAiRE.Ccocor/i7«s(in/pr«ie(/iMs) rostroproductiore siibcylindrico; sciilis nuchœ sex; squamis doisi subrotundis sexfariam disposais; squamis omnibuseporosis; Crocodiius iiilermedius, Graves, loc. cit.. p. .54i. Crocodiius Jountui, Bory. La longueur de ce Crocodile est de huit pieds huit pouces, où la tête entre pour plus d'un sixième et la queue pour près de la moitié. La longueur de la tête est plus du double de sa largeur; cette partie est obhingue, ayant son museau beaucoup plus elfilé que celui des autres Crocodiles, et se rapprochant déjà, par sa forme, du museau des espèces de la division suivante. Ce museau est convexe et allongé, presque en cylindre dans son tiers inférieur, ce qui donne d'abord au Crocodile intermédiaire l'aspect d'un Gavial dont la tète serait antérieurement tronquée; le dessus du crâne est revêtu d'une plaque saillante, un peu déprimée, à peu près quadrangulaire et ondulée à son bord postérieur. Les yeux sont placés antérieurement à cette convexité; audessus de chacun d'eux se trouve un sillon large et profond qui se continue vers l'occiput. Les oreilles sont percées dans ce sillon; le museau est parfaitement lisse, nu, arrondi et légèrement élargi à son extrémité; les narines y sont percées dans un enfoncement membraneux. La mâchoire supérieure porte dix-huit dents pointues, fortes et coniques de chaque côté; les quatrièmes et dixièmes sont une fois plus grandes que les autres. La mâchoire inférieure est munie de seize dents de chaque côté; les deux extérieures traversent en eniin.. l'oiLirimiii- <lo la màclioirc supérieure; les quatrièmes, longues de quinze lignes, sont reçues dans une échancrure latérale de la mâchoire supérieure; les yeux, un peu enfoncés, situés à deux pouces l'un de l'autre, ont leurs paupières rudes et écailleuses. Le cou, gros et à peu près cylindrique, supporte iininédiateraent derrière le crâne cinq nuchales ovales, petites, très-écaillées, disposées sur une ligne transverse. A quatre pouces en arrière sont les cervicales, au nombre de six; deux sont antérieures, quadrangulaires, à côte convexe ; deux latérales plus petites de moitié, à arêtes plus tranchantes, et deux postérieures semblables aux latérales, mais plus petites de moitié. A quatre pouces derrière ces plaques commencent les dorsales, distinctement disposées sur six rangs. Celles des deux rangs du milieu sont à peu près carrées, celles des autres rangs se rapprochent d'autant plus de la forme ovale ou arrondie, qu'elles sont plus voisines des flancs. Toutes sont munies d'arêtes longitudinales très-fortes. On compte seize rangées transversales jusqu'à l'origine de la queue; la première n'est composée que de cinq plaques, les dix suivantes en ont chacune six; premièrement deux rangs de cinq, ensuite un rang de quatre, et enfin deux de trois. Indépendamment des six rangées longitudinales, on aperçoit de chaque côté, un autre
rang écarté de plus de trois pouces des autres, et composé seulement de six plaques ovales, éloignées les unes des autres. La queue a dix-huit rangées transversales jusqu'à la réunion des crêtes, et dix-sept après cette réunion. Les arêtes des rangées externes ne se changent en crêtes qu'au septième rang, et celles des plaques intermédiaires cessent d'être sensibles dès le quatrième. La crête caudale est très-forte, formée de lanières distinctes, longues de trois pouces, dirigées en arrière. Les côtés du cou et les flancs sont couverts d'écailles nues, luisantes, ovales ou arrondies, plus grandes sur les flancs, plus petites, comme réticulées sur le cou. Le dessous est garni de rangs transversaux d'écailles carrées. Celles des côtés de la queue sont ovales. Les membres sont gros sans être trapus, arrondis dans leurs contours, munis chacun sur le bord extérieur de la dernière articulation d'une crête semblable à la crête caudale, mais plus petite; ils sont revêtus d'écailles irrégulières en dessus, parfaitement rhomboïdes et réticulées à la surface inférieure. Les pieds antérieurs ont cinq doigts libres dont les deux extérieurs sont privés d'ongles, et les trois intérieurs munis chacun d'un ongle pointu, long de six lignes. Les pieds de derrière sont bien palmés; ils ont trois doigts munis chacun d'un ongle droit très-fort, long de dix-huit lignes, et un quatrième doigt extérieur sans ongle. Le Crocodile intermédiaire est d'un vert jaunâtre foncé. Les plaques carénées sont couvertes de points bruns. Les flancs sont jaunâtres, le ventre tout à fait jaune et la queue verte, marbrée en dessous. On croit cette espèce d'Amérique ; elle est, avec le Crocodile planirostre, au musée de Bordeaux.
Crocodiie des marais. Crocodiliis palustris , Less. Tête courte, un peu bombée, élargie, à museau arrondi; dents fortes, coniques et d'inégale grandeur; plus petites de moitié que celles du Crocodilus biporcatus , à dimensions égales. On compte quatre écailles nuchales, bombées et convexes en croissant ; le bouclier a six grandes écailles convexes et bombées, à crête déprimée; quatre en haut et deux en dessous. De petites écailles convexes à sommet anguleux ou lisse, recouvrent les côtés du cou.Tout le dessus du corps présente des plaques ou des scutelles obarrondies, à arête convexe, comprimée, plus saillante sur les côtés où ces plaques forment deux lignes élevées, latérales ; une rangée de crêtes verticales sur la queue. Toutes les écailles de ce Crocodile sont couvertes de petites stries rayonnantes très-tînes. Les plaques du dessous du corps sont lisses et quadrilatères. La peau est verdàlre , largement tachée de brunâtre et de noir en dessus, avec le relief des scutelles doré; il est verdâtre en dessous. Les membres sont recouverts de scutelles obliquatères, striées, un peu élevées à leur milieu, dentelées sur leur bord externe. Les trois doigts antérieurs sont armés d'ongles puissants, convexes et déprimés en dessous; les deux doigts inermes et à moignon sont libies; des quatre postérieurs, trois sont puissamment ongulés; le quatrième est court et inerme. Ce Crocodile ne va jamais dans le Gange; il ne quitte point les marécages et les grands étangs où il se fixe jusqu'à ce qu'il ail épuisé la nourriture qu'il y rencontre ; il dépose ses œufs dans un trou, en terre, et il les abrite
profondément et avec soin. Sa taille est de 6 pieds et demi.
Les Crocodilus carinatiis, oopholis et palmatus de Schneider, appartiennent encore à cette division.
t-j-f Gavials. Longirostres. lis ont le museau rétréci, cylindrique, extrêmement allongé, un peu renflé au bout; la longueur de leur crâne répond à peine au cinquième de la longueur totale de la tête; les dents sont pres(|ue égales; vingt -cinq à vingt -sept de chaque coté en bas; vingt-sept à vingt-huit en haut; les deux premières et les deux ijnatrièmes de la mâchoire inférieure passent dans les échancrures de la supérieure, et nos pas dans des trous; le crâne a de grands trous derrière les yeux, et les pieds de derrière sont dentés et palmés comme ceux des Crocodiles proprement dits; la forme grêle de leur museau les rend, ;'i taille égale d'ailleurs , beaucoup moins redoutables que les Crocodiles des deux autres divisions; ils vivent de Poissons, et sont jusqu'ici tous asiatiques. Le nom de Gavial est indien. C'est Lacépède qui, le premier, l'a fait passer dans notre langue pour désigner l'espèce principale.
Grand Gavial. Crocodilns Gangeticus; vertice et orbitis transversis , nuchœ sentis 2. Cuv. , loc., cit., p. 60, pi. 1 (le squelette de la tête vu en dessus); fig. 10 (le même vu de profil), et pi. 2, fig. 11; le Gavial, Lacép., Quadr., ov., p. 2-55, pi. xv; Crocodile du Gange ou Gavial, Faujas, Hist. de la Montagne de Saint-Pierre, pag. 233 , pi. XLvi, et le squelette de la tête , pi. xivii. Crocodilus longirustris, Schn. Lacerta Gangeliea. Gmel. Cette espèce indienne fut évidemment connue des anciens; car IfAita (lib. xn, cap. 41) s'exprime ainsi : « Le Gange nourrit deux sortes de Crocodiles; les uns sont innocents et les autres cruels, n Or, le Gavial qui fait sa nourriture unique de Poissons et de Reptiles aquatiques, n'attaque jamais les autres animaux, et encore moins l'homme. Il n'en parvient pas moins à une taille gigantesque; son museau est presque cylindrique; sa tête s'élargit singulièrement en arrière. On lui compte vingt-cinq dents de chaque côté de la mâchoire inférieure, et vingt -huit de chaque côté de la supérieure, en tout cent six; la longueur du bec est à celle du corps comme un est à sept et demi.
Petit Gavial. Crocodilus teniiirostris; vertice et orbitis angustioribus, nuchœ scutis 4, Cuv., loc. cit., p. Cl , pi. 1 . fig. 1 (le squelette de la tête vu par-dessus); fig. 11 (le même vu de profil), et pi. 2, fig. 19 (les nuchales et les cervicales sous le nom de petit Caïman); petit Crocodile d'Asie et petit Gavial à gueule trèsallongée, Fauj., loc. cit., p. 2.37, pi. XLviii. La longueur de son museau ou plutôt de son bec, dans l'individu décrit, est à celle du corps comme un est à sept; la nuque est armée derrière le crâne de deux paires d'écussons ovales, que suivent quatre rangées transversales; la première de deux grandes plaques; les deux suivantes de deux grandes et deux petites; la quatrième de deux grandes, dont les dorsales sont la continuation. On n'est pas fixé sur le nombre des dents, qui paraît devoir être le même que dans l'espèce précédente. Crocodiles fossiles.
Les Crocodiles sont des animaux antiques sur le globe;
ils y précédèrent sans doute la plupart des Mammifères; du moins les ossements fossiles, assez nombreux, qui en ont été relronvés et décrits par les naUiralisles, viennent de bancs de Marne endurcie, grisâtre cl pyrileuse, inférieure à la Craie et conséipiemment antérieure à celle Craie, c'est-à-dire de formation très -ancienne. Les côles de la Manche surtout, soit au Havre, soit à Honneur, soit enfin au Calvados, ont fourni des débris de Crocodiles tellement constatés, qu'on peut déterminera quelles divisions appartiennent les espèces dont ces débris attestent l'exislence contemporaine de Co- <|uillcs dont les analogues vivants ne se retrouvent plus. C'est encore Cuvier qui a établi dans un Mémoire lumineux sur les ossements fossiles de Crocodiles (inséré au tome XII des Annales du Muséum , p. 73 à 1 10), 1" que les bancs marneux des cotes de la Normandie recèlent les ossements de deux espèces appartenant l'une et l'autre au sous-genre Gavial, mais toutes deux inconnues; 2» que l'une des deux au moins se retrouve en d'autres lieux de la France, particulièrement à Alençon ainsi que dans les environs d'Angers et du Mans; ô» que le squelette découvert au pied des falaises de Wbitby, dans le comté d'York en Angleterre, et que Faujas avait regardé comme celui d'un Cacbalot, avait appartenu à l'une des deux espèces trouvées à Honfleur; 4" que les débris de Crocodile, trouvés dans le Vicentin lui appartinrent encore; 3" que des fragments trouvés à Allorf, dans les environs de Nuremberg, ont appartenu à un Crocodile différent du Gavial, quoique voisin , qui pouvait bien être identique avec l'une des espèces d'HouHeur, mais qui différait de celle dont il reste le plus de fragments reconnaissables; 6» que les portions trouvées à Elston , dans le comté de Nottingbam en Angleterre, et décrites par Slukely, appartinrent au squelette d'une espèce indéterminable; 7" que les prétendus Crocodiles trouvés avec des Poissons dans les Scbistcs pyriteux de Tburinge sont des Reptiles d'un tout autre genre, et probablement des Monitors; 8» enfin que tous ces Quadrupèdes ovipares, fossiles, se rencontrent dans des couches très- anciennes parmi les secondaires, et bien antérieures même aux couches pierreuses, régulières, qui recèlent des ossements de Quadrupèdes de genres inconnus, tels que des Palœotherium et Anoplotherium ; ce qui n'empêche pas qu'on ne retrouve aussi, avec cesderniers, quelques vestiges de Crocodiles entre les couches gypseuses des environs de Paris.—
Le grand Saurien de Maêstricht, dont Faujas a fait graver la tète pétrifiée, conservée dans les galeries du Muséum, et que ce savant regardait comme ayant dépendu d'un Crocodile gigantesque, fut un Monitor; il en sera liailé ;> l'article consacré à ce genre de Sauriens.
CROCODILlIîNS. REPT. Famille de Sauriens qui ne se compose que du genre Crocodile.
CROCODILION. Crocodiiium. bot. Genre de la famille des Synanlhérées, Cinarocéphales de Jussieu, tribu des Centaurées de Cassini et de la Syngénésie Polygamie frustranée, L. Constitué par Vaillanl aux dépens des Carduus et Jacea de Tournefort, il avait ensuite été réuni au Cenlauiea par Linné; mais Jussieu l'en a séparé de nouveau, et se fondant sur la dégénérescence épineuse des écailles de l'involucre, a même
distribué les deux genres Crocotlilium cl Cenlaurca dans deux sections différentes. Voici les caractères qui servent à le distinguer : calathide radiée; fleurons du centre nombreux et hermaphrodites; ceux de la circonférence disposés sur un seul rang, Irèsdéveloppés et stériles; involucre formé d'écaillés imbriquées, coriaces, prolongées en un appendice suborbiculaire, scarieux et terminé au sommet par une épine; akènes surmontés de deux aigrettes, comme dans le genre Centaurea. Le type de ce genre est le Crocodilio5 de Syrie. Crocotlilium Syriacum, Cass., Centaurea Crocodiiium, L., plante annuelle, à lige rameuse, striée et hérissée; à feuilles pinnalifides, terminées par un grand lobe denliculé. Ses Heurs, solitaires au sommet de longs pédoncules, sont d'une fort belle couleur pourprée. Celte plante est indigène du Levant. Dans la Flore française. De Candolle, réduisant de nouveau le groupe des Crocodiiium au rang de simple section du genre Centaurea, n'en décrit qu'une seule espèce. C'est le Crocodilion de Saiasanque, Centaurea Salmantica, L. , très-jolie plante à fleurs d'un rouge intense, et qui est très-commune dans les contrées les plus méridionales de la France, et notamment dans le déparlement des Bouches du Rhône.
Les anciens, notamment Dioscoride et Pline, appelaient Crocodilion une piaule épineuse des bords des eaux, dont les modernes empruntèrent le nom pour désigner le genre précédent, et qu'Adanson croit être VEcliinops Uitro.
CROCODILODES. bot. Quatre plantes de la famille des Synanlhérées ont ainsi été nommées par Vaillanl. Linné les avait rapportées à son genre Alractylis; mais d'après Giertner.deuxseulemcntdoivenldemeurer dans ce genre; une troisième entre dans le genre Circellium, et la quatrième constitue le genre Agriphyllum de Jussieu, ou Apuleia de Gajrtner.
CROCODILOIDEA. eot. Section du genre Centaurée, établi par Linné et correspondant au genre Crocodilion de Vaillant.
CROCODILUS. BOT. r. Berckheye.
CROCOISE. MIS. Beudant a donné ce nom au plomb chromaté. A^ Plomb.
CROCOTE 01! CROCOTTE.MAM. D'où Crocuta, qui est le nom scientifique d'une espèce d'Hyène. Ces mois paraissent avoir désigné le même animal chez les anciens qui les appliquaient aussi au métis du Loup et du Chien.
CROCQUE. BOT. Synonyme vulgaire de yicia cracca, espèce du genre Vesce.
CROCUS. BOT. K. Safran. On a mal à propos étendu ce nom à quelques espèces du genre Amome de l'Inde, dont les racines, aromatiques et teignant en jaune, sont employées dans le commerce.
CROCUS METALLORUM. min. F. Foie d'Antimoine.
CROCUTA. MAJi. Synonyme d'Hyène tachetée.
CROCYNIA. BOT. Achar a désigné sous ce nom la troisième section du genre Lecidea qui ne renferme que le Lecidea Gossypina.
CRODISPERME. Crodisperma. bot. Ce genre de la famille des Synanlhérées, proposé par Poileau pour une plante qu'il a observée à la Guiane, a été réuni par De Candolle au genre Wulfie.
CROISEAU. OIS. Nom vulgaire du Pigeon Biset.
CROISETTE. BOT. Synonyme de Crucianelle. Ce nom esl encore vulgairement appliqué à plusieurs Rubiacées qui ont leurs feuilles disposées en croix.
CROISETTE. MIN. f^. Statrotide.
CROISEURS. OIS. Synonyme vulgaire de Mouette.
CROISSANT. POIS. Espèces des genres Labre et Tétraodon.
CROIX DE CALATRAVA. BOT. Synonyme vulgaire A'Amat\rUis formosissima, L.
CROIX DE CHEVALIER DE JÉRUSALEM oc DE MALTE. BOT. Synonyme vulgaire de Lychnis Chalceilonica.
CROIX DE LORRAINE, bot. Synonyme vulgaire de Cactus spinosissimus.
CROIX DE SAINT-ANDRÉ, eût. Synonyme vulgaire de f^alantia cruciata.
CROIX DE SAINT-JACQDES. bot. Synonyme vulgaire à'ÀmarxUis fo rrn osissim a .
CROIX ou CRUCIFIX DE MER. moll. Synonyme vulgaire d'Os^>-a Tl/aZ/eî/.?, L. F. Marteau.
CROKALITE. Mm. F. Mêsotype.
CROKER. POIS. Synonyme de Perça undulata, V.
SCIÈNE.
CROKIDOLITHE. Miîf. V. Krokidolitbe.
CRONARTIER. Cronartitim. bot. Pries a donné ce nom à un genre de la famille des Mucédinées qu'il a séparé des Erinenm dont il diffère par ses filaments simi)les, cylindriques, non cloisonnés, égaux dans toute leur étendue. Ce genre, qui a pour lyi)e VErineum asclepideum de Funck, ne parait pas devoir être séparé des vrais Erineum dont il diffère à peine.
CRONE. L'un des noms anciens du Poivre long, Capsicum annuum. V. Piment.
CRONION. BOT. Synonyme de Pied-d' Alouette. K. Dau-
PUINEri.E.
CROQUE-ABEILLES, ois. Synonyme vulgaire de Mésange.
CROQUET. OIS. L'un des noms vulgaires de la Bernaclie, Anas Bernlcla. V. Canard.
CROSSANDRE. Crossandra. voT. Genre delà famille des Acanthacées; Didynamie Angiospermie, Lin. L'établissement du genre Crossandre est l'un des résultats des nombreuses modifications ou soustractions qu'a éprouvées le grand genre Justicia, après la révision qui en a été faite presque simultanément par divers botanistes. C'est ainsi que, tout à la fois, Salisbury en Angleterre, et Jacquin en Autriche, détachèrent de ce genre le Justicia infundibuliformis, qu'y avait placé Linné, pour en constituer, l'un, le genre Crossandra, l'autre, le genre Harrachia. Comme il fallait choisir entre les deux dénominations génériques, la majorité des botanistes a penché en faveur de'la première, comme plus expressive. Crossandra, dérivé de zpojuoç, frange, et avSpoi, homme ou mâle, exprime la conformation particulière des anthères (organe mâle), dont un des côtés est finement découpé et frangé. Les autres caractères consistent dans un calice à cinq divisionsdont deux plus petites; dans une corolle monopétale, à tube grêle, à lèvre partagée en cinq lobes. Quatre étamines incluses, didyuames, terminées par des anthères à une loge;
ovaire supère ; style filiforme ; stigmate bifide ; capsule biloculairc, à deux valves et polysperme.
LaCROssANDRE A FEUILLES ONDULÉES, Crossandva nndulœfolia, Salisb.; Jî<s/(Ci« infwndibnliformis, Linné; Harrachia speciosa, Jacq., est un arbrisseau dont la lige s'élève à la hauteur de deux ou trois i)ieds, en se divisant en plusieurs rameaux cylindriques, glabres, garnis de feuilles opposées, ovales-lancéolées, ondulées en leurs bords, et un peu décurrentes sur leur pétiole, glabres en dessus et en dessous, luisantes, d'un vert foncé, de même que les rameaux. Les fleurs sont d'un rouge orangé, imbriquées sur quatre rangs, et disposées, au nombre de quarante à soixante, en épis serrés, portés dans les aisselles des feuilles, sur des pédoncules de la longueur des pétioles. Chacune de ces fleurs est munie, à sa base, d'une bractée ovale-lancéolée, concave, foliacée, et de deux autres bradées opposées, linéaires; toutes les trois plus longues que le calice. Celte plante est- originaire du Malabar d'oii elle a été apportée par le docteur Roxbourg, en 1800. Ses fleurs sont d'un très bel effet dans les serres, et se succèdent presque sans interruption, depuis le mois de juin jusqu'à la fin de l'année.
CROSSARCHUS. MAM. Synonyme de Mangue.
CROSSETTE. Malleolus. bot. On donne ce nom à une nouvelle pousse portant à sa base un tronçon de vieux bois, el que l'on met en terre pour prendre racine et former un nouveau sujet. F. Bouture.
CROSSOCÈRE. Crossocenis. iNS. Hyménoptères. Genre de la famille des Fouisseurs, institué par Brullé, aux dépens du grand genre Crabro de Fabricius. Les principaux caractères du genre nouveau sont ; antennes filiformes, de treize articles distincts, garnis en dessous d'une frange de poils, à partir du troisième article jusqu'au dernier; ocelles disposés en triangle équilatéral; prolhorax un peu anguleux sur les côtés; abdomen à peu près de la longueur du corselet; son premier segment de forme ordinaire et court; anus convexe, mutique et non creusé en goultière ; hanches des pattes postérieures beaucoup plus courtes que les cuisses, ces dernières et leurs jambes minces, point renflées; tarses antérieurs frangés, mais point ciliés; appendice delà cellule radiale des ailes supérieures dessiné par une nervure qui se rapproche d'abord de la côte et se recourbe ensuite en dedans, à l'extrémité. Le genre Crossocère se compose d'une trentaine d'espèces parmi lesquelles se rangent les Crabro scutatus, et maciilatus, le Pemphredon leucostoma de Fab. el autres espèces non décrites jusque-là.
CROSSOLEPIDE. Crossolepis. bot. Genre de la famille des Synanthérées, tribu des Sénécionides, institué par Lesson qui l'a caractérisé de la manière suivante : capitules composés d'un petit nombre de fleurs; axe central nu ; involucre formé de deux rangées d'écailles scarieuses, découpées et frangées, à peine plus courtes que les fleurs; aigrette nulle. Ce genre consiste jusqu'à ce jour, en deux espèces : Crossolepis linifolia elCrossolepis pusilla, toutes deux de la Nouvelle -Hollande. Ce sont de petites plantes annuelles, fort délicates, couvertes d'un duvet peu apparent et dont les feuilles sont linéaires et très-élroites.
CROSSOPETRE. mm. Cmeliii. Syn. U'Harmolome.
CROSSOPUYTON. BOT. Synonymedeieo/i/oporfiMWJ.
CROSSOSTEPIIIER. Crossoslcpliium. bot. Genre de la famille des Synaiilliérées, tribu des Sénécioiiides, institué par Lcsson, pour une plante qui se trouve en Chine, dans l'ile de Luçon, et que quelques botanistes avaient antérieurement placée parmi les Armoises. Caractères : capitules renfermant un grand nombre de Heurs héléroBaincs : celles du rayon femelles, filiformes, renllécs à leur base en un tube dont l'orifice est légèrement denté, et disposées sur plusieurs rangs; les autres hermaphrodites, fertiles, cylindracées, amples et ù cinq dents; involucre campanule, formé de plusieurs rangées d'écaillés; réceptacle nu et conique; akène anguleux ; aigrette composée de petites paillettes semi-lancéolées et inégales. Le Crossoslephier arthemisioïde, Crossostephium arlhemisioicles, Less., est un arbustedont toutes les parties sont recouvertesd'un duvet blanchâtre; les feuilles sont alternes et d'une consistance assez ferme; les inférieures sont cunéiformes, avec le sommet trilobé; les capitules sont globuliformes, rassemblés en grappes, avec leurs Heurons jaunes.
CROSSOSTIGMA. bot. Genre de la famille des Onagraires, Octandrie Monogynie de Linné, institué par E. Spach, dans la monographie qu'il a publiée de cette famille. Caractères t calice profondément découpé en quatre segments, avec son tube infundibulaire; nectaire formant un anneau épais sous le sommet du tube calicinal; pétales égaux, dressés; oblongs, cunéiformes, profondément bilobés; étamines petites, disposées sur deux rangs, dont quatre plus petites et posées alternativement en avant des pétales; les filaments sont dressés, terminés par des anthères très- petites, presque rondes et attachées par leur centre; ovaire à quatre loges renfermant chacune de huit à dix ovules ascendants, superposés en une seule rangée; style droit; stigmate oblique, tronqué, concave, étalé et frangé. Le fruit consiste en une capsule grêle, toruleuse, stipitée, à quatre côtes peu saillantes, à quatre loges, à quatre valves s'ouvrant de la base au sommet. Une seule espèce, Crossostiijma minuta, Spacli; Epilobium minutum, Lindl., compose jusqu'à présent tout le genre.
CROSSO.STYLIDE. Crossoslxlis. bot. Genre de la Polyandrie Monogynie, L., établi par Forster ( A'oya Gênera, 88, t. 44), et que Jussieu, dans son Gênera Plantariim, a placé parmi les plantes incertœ sedis, en indiquant toutefois ses affinités avec les Salicariées. Voici ses caractères : calice tétragone, à quatre divisions, persistant et inséré au sommet de l'ovaire; corolle périgyne , composée de quatre pétales onguiculés et alternes avec les divisions du calice; étamines au nombre de vingt ou environ, à filets soudés et formant un anneau urcéolé, qui poite aussi de petits filets stériles et alternes avec les étamines; ovaire unique, portant un style persistant et un stigmate à quatre lobes divisés eux-mêmes en trois parties; le fruit est une baie hémisphérique, striée, uniloculaire et contenant un grand nombre de graines très-petites, attachées à un placenta central. La Crossotylide a deux fleurs, CrossoslyUs biflora, seule espèce connue, a été découverte par Forster, dans les îles de l'océan Pacifique.
CROTALAIRE. Crolalaria. bot. Genre de la famille des Légumineuses, Diadciphie Décandrie, établi par Tournefort, quoiqu'il fût antérieurement connu. Dillen et Linné l'ont adopté et ont ainsi fixé ses caractères : calice divisé en trois segments profonds, dont l'inférieur est légèrement trifide, ou, ce (jui revient au même partagé en cinq découpures inégales; étendard de la corolle souvent beaucoup plus long que les ailes et la carène ; celle-ci est très-recourbée, obtuse ou arrondie antérieurement, et terminée en pointe; toutes les étamines réunies, avec une fissure latérale, monadelphes, quoiqu'on ait placé ce genre dans la Diadelphie pour ne pas l'éloigner de ses voisins naturels ; légume renHé, ovale, cylindrique, pédicellé, uniloculaire et ne contenant qu'un petit nombre de semences réniforraes. Les plantes de ce genre sont des arbres ou des arbrisseaux à feuilles quelquefois simples, le plus souvent lernées, rarement digitées, munies de stipides distinctes du pétiole ; leurs fleurs sont disposées en épis, soit terminaux, soit axillaires, ou opposés aux feuilles.
Thunberg (Prodr. FI. capens. prœf., T. ii ) en a séparé plusieurs espèces dont il a constitué le genre Rafnia que Willd. a adopté, en y faisant entrer le Crolalaria perfoliala, L. , et le Borbonia cordata d'Andrews. 11 est difficile de se ranger à l'avis deWilldenow, relativement à la première de ces deux plantes. Le Crolalaria perfoliala, L., plante de la Caroline, ne doit pas être intercalé au milieu d'un groupe de plantes toutes indigènes du cap de Bonne-Espérance , et doit rester un Crolalaria tant qu'on ne sera pas fixé sur la place qu'il occupe, soit dans le genre ^Ojo/iora, selon Walter, soit parmi les Podalyria, d'après Michaux. Alton en a aussi fait le type de son genre Baplisia. D'un autre côté , l'établissement d'un nouveau genre aux dépens des Crolalaria, a encore été proposé par Desvaux ; il l'a nommé Neurocarpum et l'a formé avec le Crolalaria Guianensis, Aubl., et le Crolalaria elliptica, Poiret. Enfin, Thunberg a encore distingué comme genre particulier, le Crolalaria cordifolia, L., et lui a donné le nom à' Hypocalyptus obcordatus ; c'est celte plante que Bergius avait appelée Sparliiivi sophoroides. La distinction de ces divers genres laisse encore dans celui des Crotalaires un grand nombre d'espèces. On en compte aujourd'hui plus de quatre-vingts dans les Catalogues de celles cultivées en Angleterre; De Candolle en décrit cent trente-sept qu'il répartit en deux sections, selon que les feuilles sont simples ou composées; la première présente cinq sous-divisions, et la seconde quatre. La plupart de ces espèces sont particulières à l'Afrique et aux régions ardentes de l'Inde; d'autres, en plus petit nombre, appartiennent à l'Amérique; mais jusqu'à présent, on n'en a trouvé aucune qui fût indigène de l'Europe.
Nous choisirons dans ce genre nombreux quelquesunes des espèces qui font particulièrement l'ornement des serres ou des orangeries.
CROTALAIRE RENFLÉE. Crolalaria Inrgida, De Candolle, Prodr. 2, l-âO. Petit arbrisseau divisé, dès sa base, en plusieurs rameaux pubescents dans leur jeunesse , hauts d'un pied ou un peu plus, garnis de feuilles éparses, pétiolées, composées de trois folioles ovales , gla-
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bres, d'un vert clair, bordées de quelques cils; la base du pétiole est munie de deux stipules ovales-arrondies, qui tombent de bonne beure. Les llenrs sont jaunes, parsemées de lignes rougeâlres, pédonculéesel portées trois à six ensemble au sommet des rameaux. Leur calice est campanule, partagé jusqu'à moitié, en cinq découpures presque égales, aiguës. La corolle, papilionacée. assez grande, a son étendard ovale, réflécbi en arrière, et muni, à sa base, de deux petites callosités ; ses ailes sont oblongues, plus courtes que l'étendard ; sa carène, presque égale à la longueur dé l'étendard , paraît formée de deux pétales en sa partie inférieure, et réunie en un seul dans la supérieure. Les étamines, au nombre de dix, ont leurs filaments réunis en un seul corps dans la moitié de leur longueur, libres dans le reste de leur étendue , et terminés alternativement par des anthères arrondies et des antbères allongées, aiguës : les unes et les autres également à deux loges. L'ovaire est supérieur, oblong, pédicule, horizontal, surmonté d'un style subulé, coudé presque à angle droit, et terminé par un stigmate simple.
Crotalaire a tlecrs pcRPDRitiES. Crotaluria purpurea, Venten., Malm. T. ii, tab. C6. Arbrisseau originaire du cap de Bonne-Espérance, qui, par l'agrément et la belle couleur de ses fleurs, se distingue facilement deses congénères. Il fleurit vers le milieu du printemps, et on le rentre dans l'orangerie à l'approche de l'hiver. Ventcnat observe que cette plante a beaucoup d'affinités avec le Crotalaria corUifolia, L., mais qu'elle s'en distingue essentiellement par son légume renflé; il incline donc à séparer celle-ci, comme l'a fait Tliunberg, et à adopter son genre Hypocalyptus.
Crotalaire arborescente. Crotalaria arborescens, Lamk. Arbrisseau indigène, comme le précédent, du Cap. Ses fleurs sont d'un jaune très -brillant. Parmi les espèces ou variétés introduites récemment dans la culture des jardins, on remarque le Crotalaria juncea, L., à laquelle une fige efBlée, des feuilles lancéolées et couvertes d'un duvet argenté et de grandes fleurs d'une vive couleur de Soufre, donnent un aspect fort élégant.
CROTALE. Crotalus. rept. Vulgairement Serpent à sonnettes. Nom auquel répond à peu près celui qu'ont adopté les naturalistes; ce nom, tiré du grec, signifie dans cette langue une cresselle ou tout autre petit instrument faisant du bruit par percussion. Ce genre appartient à la famille des Venimeux à crochets isolés de Cuvier, et à celle des Hétérodermes de Duméril. Caractères : des plaques transversales simples sous le corps et sous la queue, dont l'extrémité est gainie de plusieurs grelots vides, ayant leur substance pareille à celle des écailles, emboîtés lâchement les uns dans les autres et se mouvant en causant un certain bruit qu'on a comparé à celui produit par du parchemin froissé ou deux grosses plumes d'Oiseau frottées l'une contre l'autre. — De fous les Serpents, les Crotales passent pour être les i)lus dangereux par leur morsure, dont l'effet n'avait pas besoin d'être exagéré pour être encore des plus terribles. 11 est heureux (|ue la nature n'ait pas joint à ce puissant moyen de destruclion la grande agilité des Boas; les Crotales seraient devenus alors un véritable fléau dans l'ensemble de la
création. Leurs habitudes sont tranquilles et leur démarche est lente; ils ne font usage de leur venin que pour se procurer la nourriture nécessaire, n'attaquant jamais sans y être poussés par le besoin ou par des provocations réitérées. Les Crotales habitent exclusivement l'Amérique, depuis le midi des États-Unis jusque vers le milieu du Brésil; les parties les moins peuplées de la Caroline surtout, sont la patrie de prédilection de ces animaux; et c'est là qu'on en rencontre le pins. C'est encore là que Bosc, dont les recherches ont presque épuisé l'histoire naturelle de ce pays, a parfaitement observé leur histoire; nous ne pouvons mieux faire que de répéter textuellement ce qu'en a dit ce naturaliste. Le nombre des grelots de la ipieue des Crotales varie non-seulement dans toutes les espèces, mais même dans beaucoup d'individus d'une même esi)èce. Ce sont des pyramides tronquées à quatre faces, dont deux, opposées, sont beaucoup plus courtes que les autres, et qui s'emboîtent réciproquement, de manière qu'on ne voit que le tiers de chacune. Cet emboîtement a lieu par le moyen de trois bourrelets circulaires, répondant à autant de cavités de la pyramide supérieure, de sorte que la première pyramide qui tient à la chair , n'a que deux cavités, et que la dernière, celle qui est à l'extrémité, n'en a pas du tout. C'est par le moyen de ces bourrelets de diamètres inégaux, que les grelots se tiennent sans être liés ensemble, et qu'ils peuvent se mouvoir avec bruit dès que l'animal agite sa queue. Ces pièces, excepté la première, ne tenant point à l'animal, ne peuvent recevoir de nourriture; aussi ne croissent-elles pas; la dernière, c'est-à-dire la première formée, est toujours close et plus petite. De l'accroissement des dernières vertèbres de la queue, dépend la grandeur de la dernière pièce des grelots, puisque ces pièces se moulent primitivement sur elles. Il est très-probable qu'il s'en produit une tous les ans, par suite de la mue. Bosc a observé un assez grand noml)re de Crotales de différentes espèces, dans la Caroline, et il croit avoir remarqué que, si le nombre des sonnettes varie dans la même espèce de même âge, c'est parce qu'elles sont sujettes à se séparer par accident. Il est très-certain, d'après ces observations et le dire des habitants du pays, que les Crotales ne perdent et ne renouvellent pas leurs sonnettes chaque année, et qu'on peut toujours, par le moyen du calcul, trouver le nombre de celles qui manquent, |)uisque toutes croissent dans une jiroportion régulière. Un individu comparé à plusieurs autres plus grands et plus petits, a prouvé à Bosc qu'un Crotale qui a six grelots, dont le dernier est entièrement fermé à son extrémité, doit avoir cinq ans. C'est celte fermeture du dernier grelot qui annonce l'intégrité du nombre de ceux produits depuis la naissance de l'animal. On dit que le bruit de ces sonnettes s'entend à plus de soixante pieds, et cela se peut pour quelques espèces; mais il ne l'a jamais pu entendre à plus de douze ou quinze pieds, encore était-ce celui d'un individu qu'il avait attaché par le cou à un arbre et qui se débattait avec une grande violence. Dans l'étal de marche ordinaire, le bruit est si faible, qu'il faut être sur l'animal et même prêter l'oreille pour l'entendre. — L'odeur des Crotales est très -mauvaise et se sent souvent de fort
loin; elle est principalement due îi la décomposilion des animaux qu'ils ont mandés, décomposilion qui est singulièrement accélérée par le venin dont ces animaux ont été imprégnés. J'ai remarqué que ceux <|Ui avaient le ventre vide, ne transmettaient qu'une bien plus faible odeur, analoRue à celle de la Couleuvre à collier, et qui est fournie par les glandes voisines de l'anus. Lorsqu'ils sont morts, ils se décomposent eux-mêmes très - rapidement, et l'odeur putride que leur corps exhale est si fétide, qu'il faut un grand courage pour en approcher, et qu'il est presque impossible de les remuer sans se trouver mal. — Les Serpents à sonnettes peuvent vivre longtemps ; on en cite qui avaient quarante îi cinquante sonnettes, c'est-à-dire quarante à cinquante ans, et huila dix pieds de long; maison n'a cependant à cet égard que des notions fort confuses. Dans les pays où il y a un hiver, en Caroline, par exemple, ils se terrent pendant les froids comme les Serpents d'Europe, tandis qu'à Cayenne on les trouve toute l'année en activité. — C'est aux dépens de petits Quadrupèdes, tels que les Lièvres, les Écureuils, les Rats, etc., d'Oiseaux qui cherchent leurnouiriture sur la terre et de divers Reptiles, que vivent les Serpents à sonnettes. Ils se tiennent ordinairement contournés en spirale dans les lieux dégarnis d'herbes et de bois, le long des passages habituels des animaux sauvages, surtout dans ceux qui conduisent aux abreuvoirs : là ils attendent tranquillement que quelque victime se présente; dès que celle-ci se trouve à leur portée, ils s'élancent sur elle avec la rapidité d'un trait, et lui versent leur poison dans les veines. Rarement un animal surpris par un Serpent à sonnettes cherche-t-il à fuir : il est comme pétrifié de lerreur à son aspect, et va même, dit-on, au-devant du triste sort qui l'attend. De ce fait exagéré, découle naturellement l'opinion où l'on est généralement, en Amérique comme en Europe, qu'il suffit qu'un Serpent fixe un Écureuil ou même un Oiseau placés sur un arbre, pour les charmer, c'est-à-dire les obliger à descendre et à venir se faire avaler. Lorsqu'on met des animaux dans une cage où il y a de ces Serpents, ils sont saisis d'une frayeur mortelle, s'éloignent le plus qu'ils peuvent de lui, mais ne perdent point leurs facultés physiciues : il est, au reste, rare que dans ce cas, les premiers les acceptent pour nourriture; ils se laissent ordinairement mourir de faim, lorsqu'ils sont réduits en captivité. — Tous les animaux, excepté les Cochons qui s'en nourrissent, craignent les Serpents à sonnettes; les Chevaux, et surtout les Chiens, les éventent de loin, et se gardent bien de passer auprès d'eux. Rose dit s'être amusé plusieurs fois à vouloir violenter son cheval et son chien pour les diriger vers un de ces Serpents; mais ils auraient été plutôt assommés sur la place que de s'en approcher. Ils sont cependant assez souvent leurs victimes. C'est principalement dans les temps orageux et lorsque l'atmosphère est fort chargée d'électricité, enfin lorsque le tem|)s est lourd et chaud, qu'ils sont le plus dangereux. Mais l'homme en devient facilement le maitre , lorsqu'il peut les apercevoir de loin et prendre ses précautions. D'abord ils ne l'attaquent jamais; en second lieu ils ne sont point craintifs, se laissent approcher, et par conséiiuent on peut choisir
une position avantageuse, et les tuer d'un seul coup de bâton donné sur l'épine du dos. Lorsqu'ils sont saisis par la tête, ils ne peuvent , comme les autres Serpents , relever leur queue et l'entortiller autour des bras de l'agresseur, et par conséquent faire usage de leur force pour se dégager. Ils sont au reste Irès-vivaccs. Tyson en disséqua un qui vécut quelques jours après (|u'on lui eut arraché la plupart des viscèreset que sa peaueutété déchirée; ses poumons, qui étaient composés de petites cellules, et terminés par une grande vessie, demeurèrent enllés jusqu'à ce qu'il fût expiré. — Quoique les plaies que produit un Serpent à sonnettes soient de plus d'un pouce de large, sa morsure, dit-on. se sent à peine; mais au bout de quelques secondes, uneenllure, accompagnée d'élancements, se développe autour du membre; bientôt elle gagne tout le corps, et souvent au bout de quehpies minutes, l'homme ou l'animal blessé n'existe déjà plus. Les derniers degrés de l'agonie sont extrêmement douloureux : on éprouve une soif dévorante qui redouble si l'on cherche à l'étancher; la langue sort de la bouche et acquiert un volume énorme; un sang noir coule de toutes les parties du corps, et la gangrène se montre sur la blessure. Malgré la violence de ces symptômes et la rapidité des progrès du mal, on guérit souvent de la morsure des Crotales; mais il faut pour cela que les crochets n'aient point pénétré dans une artère, et pas trop près du cou. Rose croit pouvoirdéduire d'une observation qui lui est propre, que souvent dans ce cas on meurt asphyxié par suite de l'enflure des organes de la respiration; et qu'alors l'opération de la broncholomie pourrait sauver le malade. — Le poison des Crotales se conserve sur le linge, même après qu'il a été mis à la lessive; et on a des faits qui constatent la mort de personnes dont les plaies avaient été pansées avec.ce linge, lise conserve sur la dent de l'animal après qu'il est mort. On cite qu'un homme fut mordu à travers ses boites et mourut. Ces bolles furent successivement vendues à deux autres personnesqui moururent également, I parce que l'extrémité d'un des crochels à venin était restée engagée dans le cuir. — On emploie communément contre la morsure des Crotales trois moyens qui consistent dans la succion et la ligature au-dessus de l'endroit mordu si la chose est possible, dans les caustiques et dans les médicaments internes. Ces derniers viennent ordinairement trop lard et sont d'un faible secours dans un cas où les accidents se succèdent avec une telle promptitude, qu'on cite des exemples où des hommes mordus ont périt en peu de minules. Les caustiques peuvent produire un meilleur effet d'abord, maisleuremploi est bien douloureuxet peut augmenter le mal, pour peu que le ravage ait commencé. Les chasseurs se servent de la poudre de leur fusil, allumée sur la plaie, après avoir dilaté celle-ci au moyen d'une scarification. La succion parait ce qu'il y a de plus efficace, mais on trouve rarement ([uelqu'un qui veuille prodiguer ce secours, dans le préjugé où l'on est que le venin du Crotale est mortel de quelque manière ((u'il parvienne dans le corps. C'est une erreur, et il paraît que non-seulement le venin des Serpents n'est dangereux qu'autant que des morsures l'introduisent dans la circulation, mais qu'il en est de même de tous les virus
dont l'absorption est le résiiKat de morsures. On recommande contre la morsuie des Ciolalcs leP/ewajiilies alba, une espèce d'Héliantlie, la Spirée trifoliée, le PolxgolaSeiieka,avec les. 4 listolochia serpenian'a et anguicida. Palisol de Beauvois ajoute qu'on peut aussi se servir utilement de l'écorce pilée des racines de Tulipier : en général les médicaments purgatifs, stidorifi(|ues, ceux appliqués en cataplasme et en fomentation au plus haut degré de clialeur supportable, peuvent soulager, guérir même; mais parmi les personnes blessées, qui échappent à la mort, il en est peu qui ne conservent des traces profondes de l'accident qui menaça leur vie. Bosc affirme que des taches jaunes sur la partie intéressée, des enflures, de grandes douleurs et une faiblesse périodique, en perpétuent le pénible souvenir. Les effets de la morsure des Crotales sont fort prompts; si l'on s'en rapporte aux expériences faites par plusieurs personnes et insérées dans divers recueils scientifiques, des chiens y ont succombé en quinze secondes. Cependant l'effet ordinaire se prolonge de dix minutes à trois heures. Un Crotale contraint à se mordre lui-même a succombé en douze minutes. Par l'action du poison, non-seulement ces Serpents s'approprient la possession de leurs victimes, mais encore ils en accélèrent la décomposition, ce qui hâte l'opération digestive dans l'estomac de l'animal, lequel, de même que les autres Serpents, ne mâche pas sa proie, mais l'avale tout entière. — Les Crotales ne montent pas aux arbres; ils ne se replient pas avec cette grâce flexible, qui sied si bien aux Couleuvres; ils rampent presque en ligne droite, et pas assez vite pour atteindre un homme à la course; dans leur position habituelle et lorsqu'ils se tiennent en embuscade, ils se contournent en spirale. Un assez gros individu vivant, que Bory a eu occasion d'observer, se blotissait habituellement de la sorte, et dressait quelquefois la partie supérieure de son corps jusqu'à la moitié de sa longueur en ligne droite, tenant sa tète horizontalement, pour observer avec une sorle de gravité ce qui se passait autour de lui. — On prétend qu'avant la découverte de l'Amérique, les Crotales étaient pour les Sauvages des objets de respect et d'adoration , parce qu'ils délruisent les autres Reptiles. Depuis que la civilisation a pénétré dans cette partie du monde et concpiis à la culture le sol que couvrirent si longtemps d'impénétrables forêts, les naturels ont partagé l'horreur que les Crotales inspirent aux Euro péens; plusieurs hordes en mettent la tète à prix; les colons leur font une guerre active, et le nombre en diminue considérablement. On n'en voit même pins de gros que dans les environs des villes et des habitations. Il était autrefois commun d'en renconlrer qui dépassaient six ou huit pieds de longueur; ils ont aujourd'hui rarement le temps d'atteindre à cinq. Les Sauvages mangent leur chair. Dans les contrées où l'hiver se fait ressentir, les Crotales s'engoindissent. On les rencontre alors dans les trous, dans les cavernes et sons les couches épaisses que forment les Sphaignes dans les marais; ils y sont pres<iue toujours réunis en certaine quantité, et même avec des Crapauds qui n'en ont rien à craindre, saisis qu'ils sont du froid qui leur est commun. A Cayennc, les Crotales ne s'engourdissant jamais,
ils sont dangereux toute l'année. Disposés à attaquer leur proie, les Crotales se roulent, agitent leurs grelols avec rapidité, retirent leur cou qui s'aplatit ainsi que la tcle; bientôt leurs yeux étiucellent, leurs joues se goiitlenl, leurs lèvres se contractent, enfin une large gueule s'ouvre et montre les redoutables crochets. — Comme les autres grands Serpents, les Crotales sont ovipares; cepcndanton assure qu'ils n'abandonnent pas leur progéniture éclose. C'est une opinion commune, dans quelques-unes des Antilles, qu'ils la dévorent; mais cette erreur tient à la manière dont au contraire ils la protègent. Beauvois a vu, et d'autres personnes ont vu également, de vieux Crotales surpris, s'arrêter tout à coup, ouvrir leur bouche le plus possible et y recevoir leurs petits hâtés de s'y réfugier. Ce fait est irrécusable, attesté par un homme tel que Beauvois, mais n'en est pas moins fort extraordinaire; il a donné lieu au préjugé des colons à l'égard de la voracité des Crotales. — Le nombre des espèces de ce genre se monte à huit selon Latreille. Le voyage de Humboldt l'a grossi de deux nouvelles. On divise ces espèces en deux sections selon qu'elles ont la lêle garnie, en dessus, d'écaillés semblables à celles qui recouvrent le corps, ou que la tête est couronnée de plaques au lieu d'écaillés. t Tête couverte d'écaillés.
Crotale BoiQCir.A. Ciotulus honidus, L., Eneycl. Serp., pi. 2, f. 3. Candisona terrifica, Laur., Amph., n" 203; Boicininga de Pison et Marcgraaff; Teuhtlacot-Zauhqui, Hern. L'un des plus redoutables Crotales par l'activité de son venin. Son nom mexicain signifie reine des Serpents, par allusion à sa puissance. Il atteint de quatre à six (lieds de longueur; une suite de grandes taches noires en losange, bordées de jaunâtre, règne le long du dos. Le reste des teintes est d'un cendré brunâtre, p. IGG, E. 20.
Crotale a qcece noire. Crotalus atricaudatus. C'est à Bosc que les naturalistes doivent la connaissance de cette espèce qui n'a plus été observée depuis qu'il l'a découverte. Deux taches brunes se voient à l'extrémité postérieure du corps; le dos est d'un gris rougeâtre, ponctué de brun, avec des fascies de la même teinte, irrégulières, anguleuses ou chevronnées, transversales, et d'autres taches plus claires, latérales; une raie fauve règne le long du dos, la queue est noire. Cette espèce a de trois à quatre pieds de long. p. 170, e. 2G.
Crotale Durissus. Crotalus Viirissus, L., le Muet; Eneycl. Serp., pi. 3, fig. 4; Candisona Du/issus, Laurent., Amph. n» 204. Celte espèce, qui habile jusqu'au quarante-cinquième degré de latilude, est la plus répandue dans l'Amérique seplentrionale. C'est elle qu'on y appelle par excellence le Serpent ù sonnetles et sur laquelle Bosc a principalement observé les mœurs des Crotales. Les plus gros individus qu'il ait vus ne dépassaient pas cinq pieds; l'un d'eux avait dans son eslomac un Lièvre tout entier. Ce Serpent a aussi élé l'objet des recherches de Catesby, de Kalm et de Beauvois; il se tient souvent près des eaux où il nage avec la plus grande facilité, en distendant sa peau et la gonflant d'air. Sa couleur est le gris jaunâtre, avec plus de vingt bandes noires, irrégulières et transver.ses sur le dos. p. 170-172, E. 21 -."0.
Crotale Dry:<\s. Crolaliis Prynas, t., Tcutlilaco; Encycl. Serp..pl. 1, f.2; Caudisona D/ytias, LaurenL, Ampli., n" 20G. Son corps est tout blanc, avec quatre rancfelonsitudinalesdetaclics ovales, d'un l)riin clair. p. 165, E. 30.
Crotale Cabard. Ciolalus Simus , Latr. Sa taille n'atteint que celle du Boiquira, dont les couleurs en losanges noirs, qui rèsneutsurson dos, le rapprochenl| mais il a le museau tronqui d'une manière fort remarquable, avec treize tacbes noires, en forme de cbevrons bordés de gris, sur les Bancs; le ventre est blanc. p. 1G3, E. 19.
Les Crotales a losange, Crotalus rhombifer, p. 242, E. 2ô, Bruyant, Crotalus stiepilans, Daud., et sans TACDE, Latr., Camlisona orienlalis, Laur., Jmph., n" 207, P. 1C4, E. 28, sont les autres espèces de cette division.
tt Tête couverte de plaques.
Crotale Millet. Crotalus miliaritis, L., Encycl. Serp., t. l,f. 1. Ce Crotale est fort connu dans quelques parties de l'Amérique septentrionale, sous le nom de Vipère de la Louisiane, que ses morsures cruelles ont rendu effroyablement célèbre. On le regarde comme le plus dangereux de tous; on prétend que nul être n'a survécu trois heures à l'effet meurtrier de ses crochets, et le Millet est d'autant plus à craindre que, fort petit et n'excédant pas un pied et demi de longueur, il se glisse inaperçu près de ses victimes. D'autres fois il se tient roulé sur les troncs des arbres abattus au milieu des lieux marécageux, où il guette les Grenouilles dont il fait sa nourriture habituelle. 11 ne s'épouvante de la présence d'aucun animal, et ne se sauve pas à l'aspect de l'homme souvent exposé à poser sa main au lieu même où se blottit le Millet, ou à s'asseoir dessus. Ses couleurs rappellent, parleur variété et leur disposition, mais en petit, celles dont s'embellit la robe du Boa Devin. On le trouve depuis la Caroline jusque dans les régions désertes, qui s'étendent à l'ouest de la Nouvelle-Orléans. P. 132, E. 32.
CROTALINE. rept. Espèce du genre Couleuvre.
CROTALOPHORE. rept. Synonyme de Crotale.
CROTON. BOT. Ce genre, qui apparlientaux Euphorbiacées, est, parmi elles, le plus riche en espèces après l'Euphorbe, et mériterait, peut-être mieux que ce dernier, de servir de type A cette famille. Comme on lui a réuni beaucoup de plantes peu semblables entre elles, la définition du genre serait confuse et mal déterminée, si on les conservait toutes. Il devient donc nécessaire d'en écarter un certain nombre d'espèces, et les caractères établis avec plus de rigueur, d'après la masse encore considérable qui reste, sont les suivants : fleurs monoïques, ou très-rarement dioïques; dans les mâles, un calice quinquéparti; cinq pétales avec lesquels alternent cinq petites glandes; des étamines en nombre défini (ordinairement de dix à vingt), ou plus rarement indéfini, dont les filets libres, infléchis dans le bouton et redressés après l'expansion de la fleur, s'insèrent à un réceptacle dépourvu ou couvert de poils, et dont les anthères adnées au sommet de ces filets regardent du coté interne; dans les femelles, un calice quinquéparti , persistant ; pas de pétales ; trois styles tantôt
bifides, tantôt divisés régulièrement en un plus grand nombre de parties, et des stigmates en rapport avec ces divisions ; un ovaire entouré à sa base de cinq glandes ou appendices d'autre consistance, creusé intérieurement de trois loges contenant chacune un ovule, et devenant un fruit capsulaire, à trois coques qui s'ouvrent en deux valves.
Ce genre renferme des arbres, des arbrisseaux, des sous-arbrisseaux et des herbes. Leurs feuilles, pourvues de stipules, sont alternes, souvent munies inférieurement de deux glandes, entières, dentées ou lobées, couvertes tantôt d'écaillés argentées ou dorées, tantôt de poils en étoiles qu'on doit regarder comme très-caractéristiques; on en retrouve ordinairement de semblables sur les rameaux, les pédoncules, les calices et les capsules. Les fleurs, munies chacune de bractées, sont disposées en épis ou en grappes axillaircs ou plus souvent terminales, lâches ou serrées, tantôt courtes et ressemblant à des têtes, tantôt plus ou moins allongées ; elles sont toutes du même sexe dans le même épi, ou bien des mâles sont entremêlées à des femelles, ou enfin, ce qui est le plus ordinaire, les mâles sont supérieures, les femelles situées plus bas. On peut diviser les espèces de ce genre, comme l'a fait Kuntb dans son bel ouvrage où il en fait connaître un très-grand nombre de nouvelles, en celles dont les feuilles sont revêtues d'écaillés, et celles dont les feuilles sont couvertes de poils étoiles; dans ces dernières, ces feuilles sont entières, et alors leur contour présente des différences qui peuvent servir de base à une subdivision nouvelle; ou bien elles sont découpées en lobes assez profonds. La tige, herbacée ou frutescente, fournil encore des caractères utiles.
Le genre Croton, resserré dans ces limites, comprend encore près de cent cinquante espèces. Les régions équinoxiales des deux Amériques semblent presque exclusivement leur patrie, puisque les neuf dixièmes environ en sont originaires. La plupart des Crotons sont remarquables par leurs usages et leurs propriétés. — Toutes les parties du Croloii Tiglium, et surtout les graines connues communément sous le nom de graines des Moluques ou de Tilly, sont imprégnées d'un principe acre que l'on retrouve du reste dans tous les individus de la famille. La médecine, qui les avait autrefois employées, en avait presque entièrement rejeté l'usage plus tard, à cause de quebiues expériences malheureuses. 11 vient d'être introduit de nouveau en Angleterre, où l'huile de Tiglium est administrée comme purgalion dans les cas où il est besoin d'un agent très-énergique à faible dose. Cette énergie paraît duc à un principe de nature résineuse, qu'on a proposé de nommer Tigline. — L'écorce connue en médecine sous le nom de Cascarille, et souvent employée comme succédané du Quinquina avec lequel elle fut même confondue dans le principe, appartient à une autre espèce de Croton. — Les Crolon balsamiferum, oriijanifolium, niteuvi et aromaticum, possèdent une propriété analogue, mais moins prononcée ; et, dans ces espèces, le principe excitant se borne à des effets faibles et généraux. Le Crolon tinctorium, L., plante qui fournit le Tournesol, paraît s'éloigner de ce genre, et devoir en former un dis-
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tinct, que Neckera nommé Crosoiihora, cl dans lequel plusieurs autres espèces viennent se grouper.
Les espèces dépourvues de pétales, cl dans lesquelles l'ovaire est surnionlé de trois styles plumeux, doivent être réunies au Roltlera de Uoxburgh.
Le Croton raiicr/atum de Linné ou Codiœum de Rumpli, parait aussi devoir former un genre distiuct. F. CoDioEEM. Enfin les Croton caslanifoliiim et paluslre, dans lesquels dix étamines sont réunies en une colonne qui supporte un rudiment de pistil; les trois styles découpés profondément en un grand nombre de divisions divergentes et simulant un éventail ; les diverses parties. hérissées de poils simples, terminés quelquefois par une glande; ces deux espèces pourraient peut-être former elles-mêmes un nouveau genre, ainsi que le Croton tricuspidatttm qui n'a que cinq élaminesmonadelphes.D'unautre côté, plusieurs genres établis par divers auteurs, doivent se fondre dans le Croton; tels ionlVAroton, ieLunlia, le Cinogasum , que Necker a établis sur des espèces presque isolées et qu'il ne paraît pas avoir étudiées. Tel est encore le Tritlesmis de Loureiro, qui, d'après un échantillon conservé dans l'herbier du Muséum, n'est autre chose qu'une espèce de Croton à slyles multipartis. 11 existe de ce genre une monographie assez étendue, celle de Geïseler, mais dont les descriptions sont trop souvent incomplètes. La partie botanique du Voyage de Humboldt, rédigée par Kunth, et l'Encyclopédie méthodique, sont les ouvrages où l'on trouve le plus de documents pour l'étude de ses espèces.
Le nom de Croton, emprunté des anciens, désignait, chez eux, le Ricin.
CROTONlPiE. BOT. Nom donné par Brandes à un Alcaloïde qu'il a découvert dans la graine du Croton Tigliiim, et dont l'action sur l'économie interne, paraît être extrêmement énergique et violente.
CROTONOPSIDE. Crotonopsis. bot. Genre de la famille des Euphorbiacées, élabli par Michaux dans sa Flore de l'Amérique septentrionale. Caractères : fleurs monoïques; dans les mâles, un calice à cinq divisions avec lesquelles alternent cinq pétales; cinq étamines dont les filets libres et saillants portent des anthères appliquées en dedans de leur sommet légèrement dilaté : dans les femelles, un calice à cinq divisions, dont les deux qui regardent le côté de la tige avortent en général, et à chacune desquelles est opposée une petite écaille; trois stigmates presque sessiles et légèrement bilobés ; un ovaire uniloculaire, renfermant un ovule unique, inséré à son sommet. Le fruit est sec cl indéhiscent; la tige herbacée et parsemée de iietites écailles fuifuracées, qui, répandues en grand nombre sur les feuilles, en argentent la surface inférieure. Les Ueurs sont situées aux aisselles des dernières feuilles, et après la chute de celles-ci forment des sortes d'épis. Les calices et les fruits sont couverts de poils disposés en étoile. On en connaît une espèce dont les feuilles, alternes, varient par leur forme tantôt linéaire, tantôt elliptique; ce qui en a fait admettre deux par plusieurs auteurs. Ce genre, évidemment voisin du Croton, forme une anomalie dans la famille, par l'unité de loge, qui est peut-être le résultat de l'avortement. mais qui néanmoins
est confirmée par l'e.xamcn de l'ovaire. Au reste, la situation et la structure de la graine sont bien celles d'une Euphorbiacée; car l'embryon à radicule supérieure est enveloppé par un périsperme charnu.
CROTOPHAGA. ois. F. .Awr.
CROUAS. OIS. Syn. vulgaire de Corbine, Corvus corone , L. /''. Corbeac.
CROULARD. OIS. Nom vulgaire duTraquet motfeux, Saxicola cenanthe.
CROUPATAS. OIS. Syn. vulgaire de grand Corbeau , Corvus corax, L. F. Corbeac.
CROUPION. Uropygium. ois. L'e.xlrémilé du tronc, composé des dernières vertèbres dorsales, et que termine une sorte de coccyx ressemblant à un soc de charrue ou bien à un disque comprimé. — Il existe dans la partie charnue du Croupion deux glandes qui contiennent une substance oléagineuse, plus abondante chez les Oiseaux aquatiques que chez les autres, et dont ils se servent pour lustrer leurs plumes, et les soustraire à l'acliou de l'eau qui ne les mouille plus dès que l'Oiseau les a frottées avec son bec imprimé de cette substance. Les plumes uropygiales répondent aux vertèbres, et les plumes de la queue à l'os caudal ou coccyx. Dans les descriptions ornithologiques, le mot Croupion s'étend à toute la partie inférieure du dos.
CROUTE A CHARBON , CROUTE A GLANDÉE. bot. y. Spuérie.
CROVÉ. BOT. y. Crowée.
CROWÉE. Crowea. bot. Genre établi par Smith pour un arbuste de la Nouvelle-Hollande, qui vient se placer dans la famille des Rutacées, Décandrie Monogynie. La Crowée a feuilles de Saule, Crowea saligna (Andrew. lieposit., natt. 79; Venten., Malm. T. vu), est un petit arbuste dressé, très-glabre, ayant ses rameaux alternes et triangulaires; ses feuilles également alternes sont sessiles, linéaires, lancéolées, aiguës, trèsentières, glabres, luisantes et parsemées de petits points glanduleux et translucides, comme dans les Myrtes et les Millepertuis. A l'aisselle de chacune des feuilles supérieures, on trouve une seule fleur pédonculée, dressée, assez grande, d'une couleur pourpre. Le calice est étalé, à cinq divisions profondes, obtuses, plus courtes que la corolle et ciliées. La corolle se compose de cinq pétales étalés, se recouvrant mutuellement dans leur partie inférieure, sessiles, ovales, lancéolés, aigus. Les étamines sont au nombre de dix, beaucoup plus courtes que la corolle, rapprochées en forme de cône au centre de la fleur et offrant une structure extrêmement singulière. De ces dix étamines qui sont, ainsi que les pétales, insérées au contour d'un disque hypogyne épais et lobé, cinq sont plus courtes que les autres et alternent avec elles; les filaments plans, lancéolés, glabres et recourbés dans leur partie externe et inférieure , velus des deux côtés dans leur moitié supérieure, qui est brusquement réfléchie vers son milieu dans les cinq étamines plus longues, tandis qu'ils sont dressés dans les cinq plus courtes. Les anthères sont introrses et appliquées sur la face interne des filets, vers le milieu de leur hauteur. Ces anthères sont bifides à leur base, à deux loges s'ouvrant chacune par un sillon longitudinal. Le disque est plus large que la base de
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l'ovaire, au dessous duquel il est placé, el offre cinq lobes séparés par autant de sinus arrondis, auxquels s'insèrent les pétales. L'ovaire est hémisphérique, trésdéprimé à son centre pour l'insertion du style. Il présente cinq côtes séparées par autant de sillons longitudinaux. Chacune d'elles correspond à une des cinq loges, qui contiennent chacune deux ovules superposés el alternes, et nesont adhérentes entre elles par leur centre, qu'à leur sommet et à leur base, tandis qu'elles sont séparées par une fente longitudinale dans |»resque toute leur hauteur ; circonstance qui indique qu'ici le pistil se compose de cinq pistils soudés, caractère commun ù presque toutes les autres Ilutacées. Le style est extrêmement court, épaissi dans sa partie supérieure qui se leimine par un stigmate hémisphéri(iue. glanduleux, et à cinq côtes arrondies. Ce style est garni et hérissé de poils très-longs el glanduleux à leur base. Le fruit se compose de cin(| capsules soudées entre elles, à une seule loge, contenant chacune une ou deux graines arillées. Ce joli arbuste est cultivé dans les jardins des amateurs. Pendant l'hiver il doit être placé dans la serre tempérée. Il demande la terre de bruyère. On le multiplie de boutures sur couches tièdes et sous châssis.
Quant au prétendu Cioicea nereifolia , non -seulement il n'appartient pas à ce genre, mais encore il doit être placé dans une autre famille, celle des Myrtacées : c'est le Trislania nereifolia.
CROZOPHORE.C;o:;o/)/ioro.EOT.SouscenomNecker a fait un genre distinct d'une des espèces les plus remarquables du genre Crolon, le Crozophora lincloriiim, L., que Scopoli nommait Touniesolia. Sepl espèces environ doivent lui être réunies, et l'on peut les caractériser de la manière suivante : Beurs monoïques. Dans les mâles, calice quinquéparti; cinq pétales souvent réunis en partie et couverts d'écaillés furfuracées; cinq ou, plus souvent, huit à dix étamines, dont les iilets inégaux sont soudés entre eux jusqu'à une assez grande hauteur, et dont les anthères, insérées un peu au-dessous du sommet des filets, regardent en dehors. Dans les femelles, un calice à dix divisions linéaires, sans pétales; trois styles bifides; un ovaire ordinairement revêtu d'écaillés, à trois loges contenant chacune un ovule; un fruit capsulaire à trois cociues. — Les espèces de ce genre sont des arbrisseaux ou jdus ordinairement des herbes à feuilles accompagnées de stipules caduques, sinueuses dans leur contour, souvent molles el jilissées. Les Heurs sont disposées au sommet ou dans l'écartemenl des rameaux, en grappes dans lesquelles les femelles sont inférieures et portées sur des pédoncules plus longs; les mâles serrées et situées supérieurement. Les diverses parties de la plante sont ordinairement couvertes de poils étoiles. — 11 est à remar- >|uer que ces espèces diffèrent aussi des véritables Crolons par leur patrie, puisqu'elles sont toutes originaires de l'Europe, de l'Asie, ou de l'Afrique, presque toujours des diverses régions qui forment le littoral de la Méditerranée. Dans plusieurs, etsurtoutdans leCrozophora iinctoiia, la plante est iinjjrégnée d'un principe colorant, rougeàlre, qui, extrait el combiné avec les Alcalis, est répandu dans le commerce sous le nom de Tournesol. Ce n'est pas ici le lieu d'entrer dans des détails
sur ce produit utile aux arts el à la chimie (F. Toir^esoi); il sufiBt de dire qu'il paraît se retrouver dans plusieurs végétaux de la même famille.
CRUCIALIS. BOT. Synonyme de ralanlia crnciala.
CRUClANiaLli. Crucianclla. eot. Genre de la famille des Kubiacées, Tétrandrie Digynie, !.. Ses caractères n'ont encore été donnés que d'une manière incomplète. En effet ce que les auteurs décrivent comme un calice formé de deux ou trois folioles opposées, fortement carénées, n'est qu'un véritable involucrc embrassant immédiatement la base de chaque fleur. Le calice esl adhérent avec l'ovaire, comme dans toutes les autres Rubiacées, el son limbe n'est pas marqué. La corolle forme un tube long el grêle, et se termine par un limbe à <piatre ou à cinq divisions. Le nombre des étamines est égal à celui des lobes de la corolle. L'ovaire est surmonté par un style bilîde à son sommet, et donl chaque branche porte un très-petit stigmate. Le fruit se compose de deux coques accolées, non couronnées par le calice, mais enveloppées el cachées par l'involucre qui est persistant. Ce genre renferme une vingtaine d'espèces (lui sont des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, et quelquefois sons-frutescentes à leur base. Leurs liges sont anguleuses; leurs feuilles, généralement étroites, opposées ou verticillées; les Beurs sont petites el constituent des épis simples, très-rarement une sorte de corymbe. La plupart des Crucianelles croissent en Europe el dans le voisinage de la Méditerranée. Ce genre correspond au Rubeola de Tournefort.
Crccunelie a feuilles étroites. Ciiuiaiiclla angiislifolia, L.. Lamk., 111., t. GI. Sa tige esl haute de six à huit pouces, carrée, rude au toucher, tantôt simple, tantôt rameuse, articulée; ses feuilles sont linéaires, étroites, courtes, verticillées par six. Les fleurs sont ))etlles et forment des épis simples au sommet des ramifications de la tige. On la trouve dans les champs après la récolte, dans tout le midi de la France.
Crcciaivelle A FEiiLLES LARGES. Criicianella lalifolia, L. Annuelle comme la précédente, elle croit dans les mêmes localités. Elle s'en dislingue par ses feuilles verticillées par quatre seulementet pluslarges. Lamarck les avait réunies ainsi que la suivante, sous le nom de Crucianella spicala.
Cbixia:îelie de Moxtpeliier. Crucianella Monspeliaca, L. Celle espèce présente en ipielque sorte réunis les caractères des deux précédentes, c'est-à-dire que ses feuilles inférieures sont ovales et verticillées par (|uatre, tandis (|ue les supérieures sont linéaires, lancéolées el verticillées par cinq ou six. Peut-être celle plante et les deux précédentes ne sont-elles que des variétés d'une même espèce, ainsi que le pense Lamarck.
Crgciaivelle SARiTiME. Cruciaitelta marilima, L. Cette espèce se dislingue bien facilement des autres ; elle est vivace cl d'un blanc verdàlre; sa tige est étalée, très-rameuse, rude sur ses angles, portant des feuilles quaternées, ovales, lancéolées, algues, rudes au loucher. Ses fleurs sont i)ctitcs cl d'un blanc jaunâtre. Elle couvre les rochers des bords de la Méditerranée.
CROCIATA. BOT. Genre établi par Tournefort, réparti ensuite parmi IcsGallIcts, les Aspéruleset les Valantles.
Clil'ClELLA. BOT. Lesch. y. Xastuosie.
CRrclELLE. Cruciella. bot. Ce genre de la famille desOmbellifères, créé par LeschenaiiU pour une espèce, Cruciella camlida, observée par lui sur la côle orientale de la Nouvelle- Hollande , n'a point été adopté par le professeur De CandoUe, dans son Prodromus Syst. Nat.; mais il en a fait une section de son genre Xaniliosie. F. ce mot.
CRUCIFÈRES. Cniciferœ. bot. Les Crucifères constituent l'une des familles les plus naturelles du règne végétal. Aussi, tous les genre^s qui la composent ont-ils été constamment réunis dans une même classe, par tous les auteurs systématiques. Us forment la Tétradynamie ou(|uinzième classe du système sexuel de Linné. Tournefort les avait tous placés daas la cinquième classe de son système. L'on ne devra donc pas s'étonner de ce que, dans celte famille, les caractères des genres soient en général peu tranchés et fondés sur des modifications souvent fort légères. Les travaux de Rai, de Crantz, de Gœrtner, de Desvaux, de Brown, et surtout ceux de De Candolle , ont successivement jeté du jour sur l'histoire des Crucifères. Le calice est toujours formé de quatre sépales généralement caducs, tantôt dressés, tantôt étalés; deux des sépales qui correspondent aux côtés du fruit, c'est-à-dire aux deux trophospermes, sont quelquefois un peu plus grands, bossus à leur base ou même prolongés en une sorte d'éperon. Les pétales sont au nombre de quatre, opposés deux à deux par leur base, et représentant en quelque sorte une croix; de là le nom de Crucifères, donné aux végétaux de cette famille. Ces pétales sont rétrécis et plus ou moins longuement onguiculés à leur base ; ils allernenl avec.les sépales du calice ; leur lame, dont la figure est très-variable , est tantôt entière , tantôt divisée en deux lobes plus ou moins profonds. Le plus souvent la corolle est parfaitement régulière; dans quelques genres deux des pétales sont plus grands. Le nombre des étamines est de six dans presque toutes les Crucifères : ces étamines sont tétradynames, c'est-à-dire que quatre sont plus grandes que les deux autres. Les quatre grandes sont disposées en deux paires opposées et placées chacune en face d'un des côtés du fruit ; les deux petites correspondent chacune à l'une des faces du fruit. Quelquefois les deux étamines qui forment chaque paire, sont soudées ensemble par leurs filets dans une étendue plus ou moins considérable; de même que ceux des deux petites, ils peuvent présenter une ou deux dents sur leurs parties latérales. Les anthères, dont la forme varie beaucoup, sont introrses et à deux loges. Toutes ces parties, savoir le calice, la corolle et les étamines, sont hypogynes, c'est-à-dire insérées à un réceptacle ou ton(s placé sous l'ovaire. Ce réceptacle présente de deux à quatre tubercules glanduleux, placés soit en dehors des grandes étamines, soit à la base même des petites, qui semblent être implantées dessus. Ces corps glanduleux, qui servent souvent de caractères distinclifs entre les genres, constituent un véritable disque épipodique. L'ovaire est constamment simple, ordinairement comprimé, tantôt allongé, tantôt raccourci, à deux loges séparées par une fausse cloison. Chaque loge contient un ou plusieurs ovules attachés au bord externe de la cloison membraneuse, <|ui n'est (pi'un prolonge-
ment des deu.t trophospermes sutnraux. Le style est grêle, quelquefois presque nul. Il semble être le prolongement de la fausse cloison, et se termine par un stigmate simple ou bilobé. Le fruit est une silique ou une silicule. Dans le premier cas il est allongé, tantôt comprimé, tantôt cylindrique, quadrangulaire ou conique ; dans le second il est court, globuleux ou comprimé. C'est surtout d'après les modifications extrêmement nombreuses que présente le fruit dans sa structure, que sont fondés les caractères des genres dans celte famille. Le nombre des graines renfermées dans chaque loge varie beaucoup. 11 n'en existe quelquefois qu'une seule, d'autres fois deux ou un très-grand nombre. Elles sont globuleuses ou planes, el membraneuses sur les bords. Toujours elles sont insérées à la base de la cloison, par un podosperme plus ou moins long. Leur embryon est immédiatement situé sous le tégument propre de la graine, et présente, dans la position relative de sa radicule et de ses cotylédons, des différences trèssensibles, indiquées par Gartner, el dont R. Brown et De Candolle ont montré toute l'importance pour la classification des genres. Ces modifications sont au nombre de cinq : l°la radicule esl redressée et correspond à la fente qui sépare les deux cotylédons que l'on dit alors être accoHièflx^s; 2° la radicule est appliquée sur le dos d'un des cotylédons qui restent plans et sont dits incombants; ô" les deux cotylédons, plies longitudinalement, reçoivent la radicule dans la gouttière qu'ils forment : de là le nom de cotylédons condoublés; 4» les cotylédons sont étroits el roulés en si)irale, cotylédons spiraux; 3" enfin ils peuvent être repliés deux fois sur eu.x-mêmes transversalement ; on les dit alors biiJliés.
Les Crucifères sont des plantes herbacées, annuelles, bisannuelles ou vivaces. On en compte à peine quelquesunes qui sont sous-frutescentes à leur base. Leur racine est généralement perpendiculaire, tantôt grêle el mince, tantôt épaisse el plus ou moins charnue; leur tige est simple ou rameuse, el porte des feuilles alternes, simples ou plus ou moins profondément divisées. Les fleurs sont pédicellées et disposées en grappes simples, opposées aux feuilles ou terminales. Quelquefois ces grappes étant très-courtes et les Heuis très-rapprochées , constiluent en quelque sorte des corymbes. Le nombre des Crucifères connues aujourd'hui, est extrêmement considérable et s'est accru très-rapidement, par les recherches des botanistes el des voyageurs. Linné n'eu décrivit que 254 ; Willdenow, 415; Persoon, 504. De Candolle vient d'en faire connaître 970, disposées en 94 genres.
Les Crucifères peuvent être considérées comme une famille presque entièrement européenne. Quelques-unes cependant sont éparscs dans les diverses autres contrées du globe; mais leur nombre est loin d'égaler celui des Crucifères européennes. L'analogie qui existe entre les caractères botaniques des plantes de cette famille, se montre également dans leurs propriétés médicales. Toutes les Crucifères sont plus ou moins acres et an tiscorbuliques. Ces propriétés sont dues à la présence d'une huile volatile, très -active. Lorsque cette huile est en grande quantité, les Crucifères sont très-âcres et irritantes,
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comme on le remaniue t'galemerU dans les graines des Sinapis, les feuilles de la PasserafiC, etc. Si à celle liuilc volatile il se joint des fluides aqueux, sucrés ou mucilagineux, les Crucifères conservent encore un peu de leur action stimulante, mais elles peuvent en même temps servir d'alimenl. I.a culture est surtout très propre ù développer en elles les sucs aqueux, le mucilage et le sucre, et à augmenter leurs propriétés alibilcs : aussi cultive-ton, dans les jardins, un grand nombre de plantes de cette famille , (|ui servent d'aliments, tels sont les Choux, les Navets, les Turneps, les Clioux-fleurs, etc.
Jusqu'en ces derniers temps , tous les auteurs systématiques avaient divisé les genres de la famille des Crucifères en deux grandes sections, savoir les Si/i- (/ueuses et les i'iliciileuses. Les observations deBrown et de De Candolle les ont amenés à reconnaître le peu (le fixité et de valeur de cette division. En effet il n'est |)as toujours facile de déterminer la limite précise entre la siliqne et la silicule, puisque la différence entre ces deux fruits ne consiste que dans leur longueur plus ou moins grande. En second lieu, il y a des genres fort naturels du reste, qui offrent à la fois, dans les diverses espèces qui les composent, des siliques et des silicules. Celle division ne peut donc pas être regardée comme la meilleure : c'est dans la structure de l'embryon, cl particulièrement dans la position respective des cotylédons et de la radicule, que De Candolle a puisé les bases des divisions qu'il a établies dans la famille des Crucifères. D'après les cinq moditications que peut présenter l'embryon envisagé sous ce point de vue, l'auteur du Systcma universale établit cinq ordres de Crucifères ; ces cinq ordres ou divisions primaires sont ensuite partagés en vingt el une tribus ou divisions secondaires, dont les caractères sont surtout déduits de la forme générale du fruit et de la largeur de la cloison. Ordre premier. — Crucifères pleurorhizées.
Les cotylédons sont plans, accombants, c'est-à-dire que la radicule, correspond à la fente qui sépare les deux cotylédons. Les graines sont comprimées.
l'" Tribu. Aradidées.
Silique s'ouvrantlongitudinaleraent; cloison étroite; graines souvent membraneuses sur les bords.
Genres : Malhiola, Brown, DC; Clwiranlhus, Br., DC; Nasturlium, Br., DC; Leptocarpœa, DC; Noloceras, Br., DC; Barbarea, Scopoli, DC; Stevenia, Adams et Fisch. , DC; Broya , Sterneb. et IIop. , DC; Turrilis, Dillen, DC. ; Arabis, L., DC; Macropodium, Br. , DC; Cardamine , L., DC; Pteronevruvi, DC; Dentaria, L., DC.
11= Tribu. Alyssinées.
Silicule s'ouvrant longiludinalement; cloison large et membraneuse; valves concaves ou planes; graines souvent membraneuses.
Genres : Lunaria, L., DC; Savifjnxa, DC; Ricotia-, L., DC; Farselia, Br., DC; Berteroa, DC; Jubrietia, Adams, DC; l^esicaria, Lamk., DC; Schiwereckia, Besser et Andr., DC; Alyssum, L., DC; Meniocus, Desv., DC; Clypeola, L.; PcUaria, L., 1>C.\ Petrocallis, Br., DC; Drabu, L., DC; Erophila, DC; Cochlearia, L., DC.
111» Tribu. Thlaspidees.
Silicule s'ouvrant longiludinalement; cloison étroite; valves carénées; graines ovoïdes, quelquefois membraneuses sur les bords.
Genres : Thluspi , Méd., DC; Capsella , Desv., DC; Hutchinsia, Br., DC; Tecsdalia, Br., DC; Iberis, L.; Bisculetla, L., DC; Mcgacarpœa, DC; Cremolobus, DC; Mownvillœa, DC.
1V° Tribu. Eiclidiées.
Silicule indébiscenle; graines au nombre d'une à deux dans chaque loge.
Genres : Euclidium, Br., DC; Ochlhodinm , DC; Pugionium, Gacrt., DC.
Vc Tribu. AHASTATICÉES.
Silicule s'ouvrant longiludinalement; valves offrant à leur face interne de petites cloisons, entre chacune desquelles on trouve une seule graine.
Genres : Anastatica, L., DC; Moretlia, DC.
VI» Tribu. Cakiliivées.
Silique ou silicule se rompant transversalement en plusieurs pièces articulées, à une ou deux loges contenant chacune une ou deux graines non membraneuses.
Genres: Cakile, Scopol., DC ; Kapistrum, Méd., DC, Cordylocarpus, Desf., DC; Chorispora, DC Ordre deuxième. — C/»c;'/ére« nolorhizées.
Les cotylédons sont plans et incombants, c'est-à-dire que la radicule est redressée contre une de leurs faces. Les graines sont ovoïdes et jamais marginées.
VII» Tribu. Sisïmbriées.
Silique s'ouvrant longiludinalement; cloison étroite; valves concaves ou carénées ; graines ovoïdes ou oblongues.
Genres : Malcomia, Br., DC; Hesperis , L., DC; Sisymbrium, AUion., liC.\Alliaria, Bieb., DC; Erysimum, L., DC; Leplaleum, DC ; Stanleya, Nuttal, DC
Vllb Tribu. Camélinées.
Silicule ayant les valves concaves, la cloison large.
Genres : Stenopelaium, Br., DC; Camelina, Crantz, DC; Eiidesma, Humb. et Boupl.; NesUa, Desv.,DC.
IX<: Tribu. LÉPIDINÊES.
Silicule ayant la cloison très-étroite, les valves carénées ou très -convexes; graines ovoïdes et en petit nombre.
Genres : Senebiera, DC; Lepidium, L., DC; Bicoiiœa, DC; Eunomia, DC; jElhionema, Br.,DC.
X» Tribu. Isatidées.
Silicule ordinairement indéhiscente, monosperme el uniloculaire,ayantsesvalves carénées; graines ovoïdes, oblongues.
Genres : Tauscheria, Fischer, DC; Isatis, L., DC; Myagrum, Tournef.,DC; Sobolewskia,lïit\>., DC.
XI" Tribu. Anchoniées.
Silicule ou silique s'ouvrant transversalement en plusieurs pièces articulées, raonospermes.
Genres : Goldbachia , DC; Anchoniuni, DC; Steriyma, DC
Ordre troisième. — Crucifères orthoplocées.
Cotylédons incombants et condoublés, c'est-à-dire plies longitudinalemcnt, et recevant la radicule dans la gouttière qu'ils forment; graines presque toujours glol)uleuse,s.
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Xll» Tribu. Brassicées.
Silique s'ouvrantlongiludinalement; cloison étroite.
Genres : Brassica, L., DC; Sinapis, L., DC; Moricandia, DC; Diplotaxis, DC.-Eruca, Cavaii., DC.
XlUe Tribu. Vellées.
Silicule à valves concaves, à large cloison.
Genres : f'ella, L., DC; Boleum, Desv.,DC.; Carrichteia, Adams,DC.; Succoioia, Mé(l.,DC.
X1V= Tribu. Psychinées.
Silicule ayant les valves carénées; la cloison étroite, les graines comprimées.
Genres : Schomvia, DC; Psychine, Desf., DC.
XV Tribu. Zillées.
Silicule indéhiscente, à une ou deux loges monospermes; graines globuleuses.
Genres : Zilla, Forsk. , DC. ; Muricaria, Desv., DC; Calepina, .\dans., DC.
XVI" Tribu. Rapha^ées.
Silicule ou silique s'ouvranl transversalement en pièces articulées, monospernies , ou divisées en plusieurs fausses loges monospernies.
Genres : Crambe, L., DC; Didesmus, Desv.,DC.; Enarthrocarpus, DC; liuphanus, L., DC
Ordre quatrième. — Crucifères spirolobées.
Cotylédons linéaires, incombants, roulés en spirale.
XV1I= Tribu. Bcniadées.
Silicule indéhiscente à deux ou quatre loges.
Genre : Bunias, L., DC.
XYIlIo Tribu. Érdcariées.
Silicule articulée; article inférieur à deux loges.
Genre : Erucaria, Gœrt., DC.
Ordre cinquième. — Crucifères diplécolobées.
Cotylédons linéaires incombants, repliés deux fois transversalement.
XlXe Tribu. Héliophilées.
Silique oblongue ; cloison allongée, étroite; valves planes ou légèrement concaves.
Genres : Cliamira, Thunb., DC ; Heliophila, L., DC.
XX» Tribu. Sbbulariées.
Silicule ovoïde ; cloison large, elliptique ; valves convexes; loges polyspermes.
Genre : Subularia, L., DC.
XXb Tribu. Brachycarpées.
Silicule didyme; cloison très - étroite ; valves fort convexes ; loges monospermes.
Genre ; Brachfcarpœa, DC.
Outre les ouvrages mentionnés dans le cours de cet article, on peut consulter avec fruit le second volume des Icônes selectce de M. Benj. Delessert, qui contient la figure de plus de quatre-vingts espèces rares ou nouvelles.
La méthode de classification proposée par De Candolle, toute savante qu'elle est, offre cependant beaucoup de difficultés dans son application, puisqu'elle exige la dissection des graines de Crucifères. Dumortier, dans sa Flore belgique, a proposé une classification également basée sur le fruit, mais beaucoup plus simple, et dont voici l'exposé.
t SiLiccLos^. — Fruit siliculeux.
Tribu 1. Biscutelleae. — Silicule à valves carénées.— Thlaspi. Capsella. Lepidium. Cardaria. Iberis. Teesdalia.
Hutchinsia. Sencbiera. Bisculella. Megaearpœa.Menonvillea. Bivonœa. Eunomia. Elhionema.
Tribu II. Lunariese. — Silicules à valves écarinées.— Camelina. Cochlearia. Draba. Erophila. Subularia. Alyssum. Berteroa. Lunaria. Ricolia. Clypeola. Farsetia. Aubrietia. Vesicaria. Peltaria. Vella. Carichtera. ff SiLiQUASTRyE. — Fruit indéhiscent ou lomentacé.
Tribu 111. Buniadeœ. — Fruit globuleux. — Calepina. Neslia. Bunias. Crambe.
Tribu IV. Isatidese. — Fruit dilaté transversalement. Isatis. Myagrum.
Tribu V. Raphanistreae. — Fruit siliqniforme ou lomentacé.— Chorispora. Rapistrum. Cakile. Raphanus.
ftt SiLiQcosyE. — Fruit en silique.
Tribu Vl. Brassiceœ. — Cotylédons condupliqués. — Moricandia. Sinapis. Diplotaxis. Brassica. Eruca.
Tribu VII. Erysimeae. — Cotylédons plans; valves écarinées. — Notoceras. Conringia. Chciranthus. Cheirina. Barbaraea. Erysimum. AUiaria. Hesperis.
Tribu VIII. Brayaceœ. — Cotylédons plans ; valves carénées. — Heliophila. Slevenia. Leplocarpaea. Mathiola. iMalcomia. Nasturtium. Sisymbryum. Turritis. Braya. Arabis. Cardaniine. Pteroneurum. Dentaria.
CRUCIFIX. MOLL. y. Croix de mer.
CRUCIFORME. Cruciformis. bot. Qui a la forme d'une croix.
CRUCIGÉNIE. Crucigenia. bot. Nouveau genre de végétaux Microscopiques, observé par le professeur Morren, â l'aide d'un instrument de son invention. Il a nommé l'espèce qui en fait le type Crucigénie carrée (Ann. des Se. nat. vol. xx, pi. 15); elle est composée d'une croix à quatre cellules principales, augmentées chacune de quatre cellules plus petites. Ce végétal a un mode de reproduction fort remarquable ; chaque cellule propagatrice, après s'êtie isolée, se divise en quatre, et grandit; chacune de ses divisions se divise à son tour et l'on parvient ainsi à revoir l'état complet. Des vides particuliers se trouvent au centre de la croix et des quatre cellules principales. L'auteur a découvert cette espèce dans l'eau d'un des étangs d'Ixelles, près de Bruxelles.
CRUCIROSTRE. ois. K. LoxiE.
CRUCITE. BOT. K. Crozite.
CRUCITE. MIN. ^. Macle.
CRUDIE. Crtidia. bot. Schreber a donné ce nom au genre Apalat d'Aublet.
CRUMEN 01) CRUMÈNE. bot. K. Lycope.
CRUMENAIRE. Cm menaiia . zot . Genre de la famille des Rhamnées; Pentandrie Monogynie, L., établi par Martius, pour une petite plante annuelle, qu'il a découverte dans les terrains sablonneux, parmi les herbes sauvages et sur les limites des forêts de tout le littoral du Brésil. Caractères : calice campanule, quinquéfide; cinq pétales insérés sur les bords du calice, et alternant avec ses divisions ou découpures; cinq étamines hypopétales, à filaments filiformes, à anthères presque globuleuses, bivalves. Dn style court et cylindrique; trois stigmates oblongs ; une capsule papyracée, à trois coques ailées sur les bords, monospermes, et attachées à un réceptacle central, filiforme et tripartile. Le Cru-