‹ Dictionnaire classique des sciences naturellesChapitre 46 sur 65 · I) E II · texte numérisé non relu

I) E II

pentamères, famille des Clavicornes, dont les caraclères sont : mandibules courtes, épaisses, peu arquées, dentelées sous leur extrémité; palpes très-courtes, presque filiformes; antennes un peu plus longues que la tèle, terminées par une fjrande massue ovale, perfoliée, de trois articles; corps ovalaire, épais, convexe et arrondi en dessus; tête petite et inclinée, corselet plus lar(;e et sinué postérieurement; élytres inclinées sur les côtés et légèrement rehnrdées. Le genre Dermeste, tel qu'il a été établi par IJnné. comprenait tons les Coléoptères à antennes en massue, dont les trois derniers articles sont plus épais ; ce genre, ainsi caractérisé, renfermait des Insectes dont l'organisation et les mœui's sont très-différentes, et qui ont été depuis rangés dans diverses sections. Les Dermestes se rapprochent beaucoup des Mégatomes et des Attagènes; mais ils diffèrent des premiers par leur avant-sternum qui ne s'avance point sur la bouche, et des seconds par la massue des antennes, qui est plus courte, tandis qu'elle est terminée par un article triangulaire et ((uelquefois très-long dans les Attagènes. — Ces Insectes ne sont ([ue trop connus par les dégâts que leurs larves occasionnent dans les collections zoologiques : aucune matière animale n'est à l'abri de leur voracité; les larves ont le corps allongé, peu velu et composé de douze anneaux distincts, dont le dernier est terminé par une touffe de poils très-longs; leur tête est écailleuse, munie de mandibules très-dures et tranchantes, de deux antennes et de barbillons très-courts; elles ont six pattes écailleuses, terminées par un ongle crochu, et changent plusieurs fois de peau avant de passer à l'état de nymphe; dans cet élal , elles son! un peu plus raccourcies et immobiles, et leur changement en Insectes parfaits a lieu au bout de quelques jours. Les Dermestes cherchent les lieux écartés et malpropres; Us semblent fuir la lumière, aiment le repos, et ne se mettent en mouvement que lorsqu'on les trouble eu faisant du bruit ou en touchant les corps qui les renferment; leur démarche est timide et incertaine : ils avancent par des mouvements brusques et interrompus, et s'arrêtent souvent comme pour écouter et voir si le danger qu'ils fuient est éloigné. Lorsqu'on les touche, ils feignent d'être morts, en repliant leurs pattes et leurs antennes sous leur corps, et en restant dans une immobilité parfaite; ils se montrent rarement à la surface des corps où ils se sont établis, et semblent ne <|uitter leur retraite qu'à regret et avec crainte. Les Dermestes sont très-communs en Europe, et plusieurs espèces se retrouvent dans les diverses parties du globe : on les rencontre, en général, dans les cadavres en putréfaction et dans toutes les matières animales. Dermeste DD L\RD, Dermestes Lardarius, L.,Fabr., Uegéer, Geoff., figiu'é par Olivier (Coléopt., pi. 1, f. 1 , A, b); il se trouve dans toute l'Europe. Dermeste Renard, Dermestes Vulpinns, Fab. , 01. et Schfeffer (Ivon. Ins., tab. 42, f. 1, 2); il habite la France et le Cap.

Geoffroy a donné le nom de Dermeste à des Insectes appartenant à des genres différents ; ainsi il a nommé : Derheste a points D'HoficRiE, le ^'écropho^e fossoyeur, Necrophorus f^'espillo; Grand Dermeste noir, le Nécrophore inhumeur, Necrophorus hmiiator; Dermeste A OREILLES, 16 Dryops auriculaire, Parnus proliferi-

cornis, Fab. ; Derheste bronzé, l'Élophore aquatique, Flophorus fjranilis, lllig.; Dermeste effacé, la Nilidule discoïde; Dermeste en deiil. la Sphéridie marginéc; Dermeste Lévrier a stries, et Dermeste ponctué ET STRIÉ, les Lyctes oblong et crénelé, etc.

DER.MESTINS. Dermeslini. ins. Famille de Coléoptères, qui comprend les genres Attagène, Dermeste, Mégatome.

DEKMOBLA.STES. bot. Willdenow désigne par cette épithèle les embryons dont le cotylédon est formé d'une membrane (|ui se rompt irrégulièrement.

DERMOBKANCHES. MOLL. Famille de Gastéropodes, qui comprend les genres Doris.Tritonie,Scyllée,Eolide, Phyllide, Patellier, Ormier et Chilonier, d'après la méthode de Duméril.

DERMOCIIÉLYDE. Dermochelys. rept. Lcsueur a donné ce nom à un genre nouveau qu'il a formé avec les Chelonées dont le test, dépourvu d'écaillés, n'est revêtu que d'une sorte de cuir; ce genre correspond à celui des Tortues de mer.

DERMODIER. Dcrmodium. bot. Ce genre, fondé par Link, présente un péridium de forme irrégulière, simple, membraneux, très- mince, et se détruisant promptcmcnt; les sporules sont réunies par paquets sans mélange de filaments. Ce Champignon commence par être très-fluide. Ce n'est que plus lard qu'il devient sec et pulvérulent. On ne voit aucune trace de filaments parmi les sporules qui sont assez grosses. On n'en connaît qu'une espèce décrite par Link sous le nom de Dsrmodiiim inqvinans. Elle croît sur les souches coupées des arbres, surtout près des racines où elle forme des placjues de trois à quatre pouces ; son péridium est irrégulier, très-mince, en grande partie adhérent au bois; il est noir, et se détruit promplement pour laisser sortir les sporules qui sont de la même couleur. DERMODONTES. pois. Blainville ayant le premier remarqué l'implantation des dents des Poissons cartilagineux dans la peau des mâchoires, particularité qui distingue éminemment ces animaux de ceux de la même classe, qui ont les dents implantées dans l'épaisseur des mâchoires mêmes, a proposé cette dénomination non moins expressive que celle qu'on a adoptée jusqu'ici, et qui n'a d'autre inconvénient que d'être venue après. F. Poissons.

DERMOPTÈRES. mam. Famille établie dans l'ordre onzième de la méthode d'Illiger, rolantia, et qui se compose du seul genre Galéopithèque. /-'. ce mot.

DERMOPTÈRES. pois. Septième famille de l'ordre des Holobranches, dans la méthode analytique de Duméril, caractérisée ainsi que nous l'avons dit à l'article Abdominaux, y. ce mot. Ce nom est emprunté de la consistance de la seconde dorsale, qui, adipeuse et dépourvue de rayons, ressemble ù un prolongement de peau. Cette famille entière faisait partie, dans le Système de Linné, du seul genre Saimo, divisé aujourd'hui en Serra-Salme, Raiï, Piabuque, Tétragonoptère, Hydrocin, Curimate, Anostome, Citharine, Aulope, Salmone, Osmère, Saure. Corégone et Argentine, y. ces mots. —Les Dermoptèrcs vivent de chair; la plupart habitent les eaux douces.

DERMORHYNQUES. ois. Désignation d'une famille

1) li S

de Palmipèdes, dans laquelle Vieillot a placé les genres Harle et Canard.

DERMOSPOiilER. Dermosporium. bot. Ce genre, créé par Link, présente une base charnue, compacte, globuleuse, recouverte de tontes parts d'une couche de sporules; peut-être la disposition régulière de ces sporules, qui forment une sorte de meml)rane, devrait-elle faire placer ce genre parmi les vrais Champignons anomau.x, tels que les Tremelles. Peut-être même les autres genres voisins, tels que Jlractium , Tiibercularia , Epicuccum, clc, devraient-ils le suivre dans cette famille. Quoi qu'il en soit, on n'en connaît encore qu'une seule espèce, le Dermosporium flaiescens. Elle forme de petits tubercules rapprochés par groupes sur l'écorce des bois morts, et ressemble, au premier coup d'œil, à des œufs d'Insectes ; sa couleur est Jaunâtre. L\Er/erila pallida de Persoon paraît très-voisine de celte espèce si elle n'est pas la même.

DKKO. APiivÉL. Genre établi par Ocken, aux dépens de celui des Naïdes de Linné. Il renferme les espèces qui ont pour caractères communs de n'avoir aucune trace d'yeu.\, d'être sans doute pourvues de branchies, et d'offrir une queue élargie en forme de feuille plus ou moins lobée. Ces espèces sont les Nais cœca et flon'/'era de Linné.

DEROBRAQUE. Derobrachus. iivs. Coléoptères tétranières; genre de la famille des Lamellicornes, tribu des Prioniens, institué par Dejean pour un Insecte nouveau, apporté de l'Amérique septentrionale. Caractères : antennes courtes, atteignant au plus la moitié des élylres dans les mâles, moins longues dans les femelles, de onze articles cylindriques, le troisième notablement plus long que le quatrième; yeux grands; mandibules courtes, aiguës, dentées au côté interne; palpes assez grêles : les maxillaires très-allongées, beaucoup plus grandes que les labiales, avec le dernier article déprimé, dilaté, presque trigone; corselet court, transversal, déprimé sur son disque , avec trois épines de chaque côté ; écusson court, demi-circulaire; élytres longues, rebordées tout autour, presque parallèles, arrondies au bout, et mutiques dans les femelles, avec une large troncature sinuée dans les mâles, et une épine à chaque angle; la suturale oblique; dernier segment de l'abdomen peu échancré dans les mâles; pattes de longueur moyenne; cuisses comprimées, canaliculées en dedans; premier article des tarses allongé, en triangle renversé, le quatrième presque aussi long que les trois autres réunis. On n'en connaît encore qu'une seule espèce, le Derobraqce BREVicoLLE,Z)ero6;ac/i(/« brericollis, Dej. Il est d'un brun lestacé, avec la tète et le corselet noirs, et une petite ligne longitudinale enfoncée sur le milieu du vertex ; corselet fortement ponctué ; angle suturai des élytres muni d'une petite épine et trois lignes longitudinales élevées, peu distinctes; pattes testacées; genoux noirâtres.

DEROSTOME. Derostoma. intest. Genre de la famille des Tremadotes, formé par Dugès,aux dépens des vers Intestinaux, parenchymateux, qui composent le genre Planaire. Caractères : corps déprimé ; orifice alimentaire placé sous le corps, près de l'extrémité antérieure, ayant en arrière un double système d'or-

ganes génitaux. Ces Vers ont, outre les moyens ordinaires de reproduction , la faculté de se régénérer en autant d'individus qu'on en a détaché de fractions. Ils sont parasites dans plusieurs animaux.

DERRl ET DARRY. mm. l^. Todrbe.

DERRIDE. Derris. ainnéi.? L'animal décrit sous ce nom, par John Adams {Trans.of the Liim. Soc.T. m), offre un corps long d'un pouce, composé d'une membrane extérieure transparente, sorte de tuyau garni d'articulations nombreuses qui facilitent la flexion ; il se termine postérieurement en pointe; la tête, un peu plus grosse que le corps, est rétractile et porte à son sommet deux petits tentacules cylindriques; la bouche est très-fendue et composée de deux lames ou lèvres dont la supérieure est plus longue et pointue. Cet animal, qui est peut-être une Annélide, a été rencontré sur les bords de la mer.

DERRIUE. Derris. bot. Loureiro {Flor. Cochincliin-, II, p. 325) est l'auteur de ce genre qui appartient à la famille des Légumineuses, Diadelphie Décandrie. Caractères : calice tubuleux, crénelé sur les bords et coloré; corolle papilionacée, à quatre pétales presque égaux ; étendard ovale ; ailes oblongues ; carène en forme de croissant, tous terminés inférieuiement par des onglets filiformes ; dix étamines dont les tîlets sont nionadelphes ( le genre a été néanmoins placé dans la Diadelphie); style de la longueur des étamines, portant un stigmate simple; légume oblong, obtus, très-comprimé, membraneux, lisse, et ne contenant qu'une graine oblongue et aplatie.

Derris pennée. Derris pinnata, Loureiro. C'est un arbuste des forêts de la Cochinchine. Sa tige est grimpante, longue, sans aiguillons et très-rameuse; elle porte des feuilles alternes, ailées, dont les folioles sont lietites, rhomboidales, glabres, très-entières et trèsnombreuses ; ses fleurs sont blanches et disposées sur des pédoncules axillaires. Les habitants de la Cochinchine emploient sa racine, qui est très-charnue, lorsqu'ils ne peuvent se procurer le fruit du Cachou. On sait qu'ils mâchent celui-ci avec les feuilles du Poivrier- Bétel, atîn de se donner une haleine agréable et de se rendre la bouche vermeille. L'autre espèce, Derris tri/'oliata , Loureiro, a les feuilles ternées, et les Heurs disposées en grappes longues et axillaires. Elle croit en Chine.

DERYS. noT. Syn. de Trifolium Alexandrinum , cultivé dans toute l'Egypte, et récolté en fourrage.

DESCENDANT, bot. Linné appelait ainsi la i)arlie d'un végétal qui s'enfonce dans la terre, par opposition au mot de Caudex ascendant qu'il donnait à la lige.

DESCHAiMPSIE. Deschampsia. bot. Genre de la famille des Graminées, Triandrie Digynie, établi par Beauvois (Agrustographie, p. 91, tab. 18, fig. 3) aux dépens des /iira de Linné , et ainsi caractérisé : fleurs disposées en panicule composée; lépicène (glume] renfermant deux ou trois fleurs, et formée de deux valves plus longues que celles-ci; paillette inférieure de la glume déniée et munie extérieurement, à sa base, d'une barbe droite, à peine plus longue qu'elle; écailles ou paléoles arrondies, entières et velues; stigmates écartés et pbimeux; caryopse libre, non marquée d'un

DÉS

sillon. Beauvois rapporte ù te genre les /lira altissima? el Aira amhigua, Midi., Aira cœspUosa, 1-., Aira juncea , L., Aira média, L.? Aira littoralis, Gaiid. ? el Aira parvi/lora, Lanik. ? La première et les trois dernières espèces ne sont indiquées qu'avec doute comme appartenant aux Deschampsies, en sorte qu'on doit considérer VAira cœspilosa , L., plante qui croit en Europe, comme le vrai type du jjenre.

DESCLI.EA oc DESCLIEUXIA. bot. A'. Margaris.

DESCURÉE. Descurca. bot. Synon. de Sisymbrium So/iliia.

DESÈRE. Desera. iNS. Ce genre de Coléoptères penlanières, institué par Leach dans la famille des Carnassiers, tribu des Carabiqucs, pour une espèce du genre Drypte, que Megerle a appelée Desera longicoltis, n'a pas été adopté par les entomologistes.

DÉSERT. «ÉOL. Vaste espace inliabité par l'Homme, soit qu'une aridité absolue refuse à l'industrie tout moyen d'établissement, soit qu'on n'ait point encore tenté d'y pénétrer. C'est plus particulièrement l'aride étendue qu'on désigne par ce mot. L'Afrique, l'Arabie, la Perse et l'Asie centrale offrent d'immenses solitudes inhabitables qui , privées de sources et dépouillées de verdure, ne se couvrent que dans quelques points de leur surface d'une végétation ligneuse ou rigide, sèche et courte. Les landes aquitaniques donnent en Europe une idée assez exacte de l'aspect désolé des Déserts que l'on rencontre dans les deux autres parties de l'ancien continent. Il en est de même des Paramèras de la péninsule ibérique, qui sont des Déseits élevés dans la région des nuages. Un mirage singulier s'observe à la face de tous ces lieux, el ce phénomène, décrit par Monge qui l'observa dans les Déserts de l'Egypte, se retrouve absolument avec les mêmes circonstances enlre Bordeaux et Rayonne. En général, la surface des Déserts, quand les vents ne les ont pas, en les dépouillant, réduits à des couches calcaires , qui en forment ordinairement le fond, est composée de sable peu lié et d'une poussière noire, trèsfine, qui, volatilisée, s'introduit dans la peau, cause de dangereuses ophthalmies et déchire la poitrine en y pénétrant par la respiration. Dans plusieurs parties de l'étendue des Déserts on trouve des sources ou des efflorescences salines et jusi|u'à des couches de sel gemme. La végétation rare rappelle, par son aspect, celle des bords de la mer quand les dunes en bordent le rivage.

Les Déserts du nouveau monde portent en général un autre caractère. La plupart sont marécageux, parce que le cours des rivières y est à peine tracé enlre une végétation magnifique, el parce que de primitives forêts y protègent la solilude. Dans l'ancien monde, le Désert est souvent l'indice d'un sol épuisé, qui ne saurait plus rien produire; dans le nouveau, il indique une nature vierge, qui ne saurait rien refuser.

DESEONTAINIE. Desfoiitainia. bot. Le genre proposé sous ce nom , par les auteurs de la Flore du Chili el du Pérou, ne paraît pas distinct du genre Linckie.

DESFORGIE. bot. Méjue chose que Forgésie.

DÉSINENCE. Vesiiietitia. Nom que donne le professeur De Candolle à la manière particulière dont se termine un organe ou un lobe quelconque. Dans un sens

général, on dit d'une sommité ou extrémité quelconque qu'elle est obtuse ou aiguë ; mais pour exprimer plus clairement son étal, on emploie une foule d'autres termes, tels que tronqué, obtus, pointu, rongé, émoussé.etc. Raspail. dans son nouveau Système de Physiologie végétale, pré.sente. au sujet de la Désinence, des vues qui méritent de fixer l'attention de tous les naturalistes; les familles naturelles sont les groupes les plus généraux de la distribution méthodique des êtres organisés ; viennent ensuite les genres (jui sont les subdivisions principales de ces groupes; ils comprennent sous leur rubriiiue les espèces qui, elles-mêmes, se composent de variétés qui comprennent les individus. Mais les limites et le nombre de chacune de ces catégories de groupes varient avec le personnel des plantes et le progrès des études physiologiques. Les subdivisions se multiplient quand la science s'appli(|ue plus ù la recherche des faits qu'à celle des lois, qu'elle s'attache ])lu$ aux formes qu'à l'analogie. Elles se fondent les unes dans les autres; elles se replient pour ainsi dire les unes sur les autres, pour se confondre de plus en plus sous les mêmes dénominations, à mesure que létude des lois physiologiques remplace l'étude exclusive des fruits. Les genres se multiplient quand le nombre des espèces augmente; les espèces, à leur tour, se multiplient quand augmente le nombre de leurs variétés. Mais ([ue les résultats d'un travail physiologique viennent réduire un certain nombre d'espèces à n'être que des variétés et des accidents de culture; et dès ce moment le nombre de genres diminue d'autant. Raspail voudrait que. dans toute classification, on adoptât pour tous les groupes de même ordre, une Désinence propre, que l'on pourrait modifier suivant les règnes. La Désinence acées ayant été consacrée la première aux familles des Plantes, on pourrait adopter pour les familles des Animaux, la terminaison azées; pour les familles des Minéraux, la terminaison âgées, yuant aux genres, on adopterait la Désinence a pour les Végétaux; «** pour les Animaux et uni pour les Minéraux, Désinences respectives qui conviennent déjà au plus grand nombre des genres de chacun des trois règnes. Ces innovations ne pourraient que servir la mémoire; elles prépareraient la réforme de la nomenclature qui, depuis Linné, est retombée dans la confusion d'où ce grand homme avait cherché à la tirer. DESMAN. Mygale, bam. Genre de Carnassiers insectivores, tiès-voisins des Musaraignes, dont ils diffèrent par la palmure de leurs doigts, surtout aux pieds de derrière, où elle est aussi complète qu'aux Castors ; par leur queue latéralement comprimée el écailleuse, qui rapi)elle celle des Ondatras; par une trompe mobile, presque aussi longue que la tête; par l'absence de conque à l'oreille, de sinus musqué sur la peau des lianes; caractérisés enfin et par la forme el par le nombre de leurs dents. Il y a, chez les Desmans, vingl-deux dents à chaque mâchoire. Dans les Musaraignes, il n'y en a que seize ou dix-huit en haut et douze en bas. Dans les Musaraignes, les deux premières incisives supérieures sont à double crochet, au moyen d'un éperon d'une saillie variable, suivant les espèces, et situé à leur talon. Dans les Desmans, les deux premières incisives sont triangulaires et comprimées latéralement; dans les Musarai-

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gncs, les deux premières incisives d'en bas répondent aux supérieures pour la grandeur, et elles sont proclives en avant comme celles des Cochons. Dans les Desmans, les deux premières incisives d'en bas sont, au contraire, les plus petites de toutes, et elles sont suivies , de chaque côté, de trois auties également petites, mais qui vont en augmentant en arrière. Parleur grandeur, les deux incisives d'en haut et les deux d'en bas des Musaraignes, rappellent celles des Rongeurs; ce rapport, dans les Desmans, ne rappelle que celles des Taupes et des Hérissons. Derrière les deux incisives supérieures, sont de chaque côté douze dents coniques, et huit molaires hérissées de pointes. Derrière les huit incisives d'en bas, sont, de chaque côté, huit dénis coniques et six molaires hérissées de pointes. Le crâne du Desman tient autant du crâne de la Taupe que de celui des Musaraignes : il n'est pas aussi effilé dans la partie maxillaire que chez celles-ci, vu la nécessité de donner une base à la trompe et à ses muscles. Il n'est pas privé d'arcades zygomatiques, et les branches montantes des maxillaires inférieures s'élèvent davantage. L'orbite est aussi effacée que dans la Taupe, et l'œil y est aussi petit; probablement ce rudiment d'œil manque aussi de nerf d'optique, comme celui de la Taupe. — La trompe décroît insensiblement, à partir de l'arcade palatine, pour s'élargir ensuite vers les naseaux; elle est tout aussi mobile que celle de l'Éléphant.

D'après cet ensemble des formes des Desmans, on voit que ce sont des animaux nageurs et souterrains; souterrains par l'absence de conque auditive, la petitesse de l'œil, la longueur et la force des ongles propres à fouir ; nageurs par la palmure complète des doigts et la compression verticale de la queue qui est pour eux une véritable rame. Les Desmans passent en effet la Idus grande partie de leur vie dans l'eau et sous l'eau. Ils ne gagnent jamais volontairement la terre ferme; et s'ils vont d'un étang à un autre, ce n'est que par des canaux souterrains ou par des rigoles remplies d'eau qui y conduisent. Us préfèrent, dit Pallas, le séjour des étangs, des lacs, et de toutes les eaux dormantes, surtout des marécages profondément encaissés. Us se font dans la berge un terrier dont l'entrée est sous l'eau : c'est par là qu'ils commencent le travail. Us fouillent en gagnant petit à petit en hauteur, et creusent un boyau dont les contours sont assez nombreux pour décrire une longueur de plus de vingt pieds. La partie la plus élevée de ce terrier est toujours au-dessus du niveau des plus hautes eaux; ils y vivent solitaires ou avec une compagne, suivant les saisons. En hiver, ils ne s'engourdissent pas : la glace les emprisonne alors sous l'eau. Us peuvent être ainsi réduits à périr d'asphyxie, par l'épuisement de l'air de leurs terriers. S'il y a quelque partie de la surface des eaux, qui ne soit point gelée. Us viennent y disputer une petite place à fleur d'eau pour l'extrémité de leur trompe. Les risques de mourir asphyxiés , sont d'autant plus grands pour eux, que l'hiver est plus long et plus rigoureux. Les Desmans ne se montrent d'ailleuis à fleur d'eau que dans la saison de l'amour. On les voit alors marcher au fond des rivières et des étangs, el quelquefois grimper le long des roseaux.

Pallas s'est assuré qu'ils ne sont qu'insectivores. 11 ne leur a trouvé dans l'estomac que des débris de larves et de Vers, et jamais de racines de Nymphœa ou d'écorces, dont on supposait même qu'ils faisaient des provisions. Us ne doivent cette faculté de vivre d'insectes et de larves qu'à la longueur et à la mobilité de leur trompe, avec laquelle ils fouillent la vase, comme le font, avec leur long bec, les nombreuses espèces insectivores du genre Scolopax. Le Desman exhale une si forte odeur de musc, qu'elle pénètre la chair des Brochets et autres Poissons à qui il arrive d'en manger. Cette sécrétion a pour organe une double série de cryptes glanduleux, placée sous la base de la queue. Les plus gros sont du volume d'un pois; les plus petits de celui d'un grain de seigle. Chacun d'eux s'ouvre sous la queue par un orifice séparé. U y en a quatorze ou quinze de chaque côté.

On ne connaît que deux espèces dans ce genre : l'une en Russie, l'autre dans les Pyrénées. Cette grande distance de leur patrie annonçait déjà des espèces différentes.

Desuan de Moscovie. Mygale Moscovitus , Geoff. ; Soi ex moschatus, Pallas, Schreber, pi. 139; Mus aquutilis, Clusius; Glis iiioschiferus, K,lein, Ouadr., p. 57; Castor moschatus de Linn., 10= et 12^ édit. du Syst. nat.; Buffon, t. 10, pi. 1; Encycl., pi. 29, n" 4. Ilychuchol, If'uychochol des Russes, Cliochul de l'Ukraine, Tchirsin dans l'Ouffa, Desman, Dasmans des Suédois, de Desem, altération de Bisen, Musc, en Poméranie. — A pelage formé, comme celui des Castors, de soies longues, et d'un feutre doux et moelleux, caché en dessous. Le Desman de Russie est brun, plus pâle en dessus, plus foncé sur les tlancs; le venlre est d'un blanc argentin; il est long d'environ huit pouces et demi, et sa queue, qui n'a que six pouces neuf lignes, est comme étranglée à sa base; bientôt elle devient cylindrique, renflée, et croît rapidement pour décroître presqu'aussitôt; ce qui continue jusqu'à la pointe. Plus elle diminue et plus elle se comprime latéralement. Comme celle du Castor, elle est toute parsemée d'écaillés dont les interstices sont hérissés de poils courts et roides. Cette compression est très-bien représentée dans la plante de Pallas et de Schreber; le dessus des doigts est aussi écailleux. Sur toute sa longueur, surloiit en dessous, la trompe est couverte de soies droites; le bord de la bouche est aussi pourvu de barbes très-longues au menton et dirigées en arrière. Malgré toutes ses recherches, Pallas n'a pu en découvrir le moindre indice à l'est du Volga et à l'ouest du Dnieper. U ne se trouve pas non plus au nord du cinquante-sixième degré, ni dans le cours inférieur de ces deux fleuves et du Don qui leur est intermédiaire. Le Desman est doué d'un muscle peaucier très-fort, propre à réduire ou dilater le volume de son corps, et à lui donner ainsi dans l'eau différents équilibres, comme le fait la vessie aérienne chez les Poissons. Dans l'eau, où il barbette comme un Canard, il est toujours en mouvement avec une extrême agilité; son ouïe est obtuse; peut-être aveujîle, il distingue à peine la nuit du jour. Les moustaches qui hérissent la trompe se dressent en avant quand elle est active. Au moindre contact, il reconnaît l'objet en y

i!ii

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[lortant la frompe, sans cesse agitée très-vile et dans tous les sens. 11 ne peut souffrir d'être à sec, et clierche alors à s'échapper. Il ne crie que quand on le tourmente, et aussitôt menace de la gueule. Il s'assied sur son derrière pour reconnaître; souvent il re|)lie la trompe dans la bouche pour la lécher. Il n'est pas nocturne, se couche le soir, s'agite et change de place en dormant. 1,'cau lui est si indispensable, que Pallas n'en a pu garder vivant plus de trois jours. L'odeur de sa queue et ses excréments empoisonnent bientôt l'eau où on le lient. Cette odeur est si forte <iu'un thermomètre dont .s'était servi Pallas pour en reconnaître la température (|ui est de quatre-vingt-dix-huit degrés Farenhcit, en resta imprégné ((uatorze ans. La quantité de nerfs de la cinquième paire qui se rend à la trompe, en fait l'organe du toucher, peut-être le plus délicat qui existe. Les nerfs olfactifs sont également très-gros, ainsi que leurs lobes. Les clavicules, l'omoplate et les bras sont proportionnés comme dans la Taupe. II a treize vertèbres dorsales, dont les trois dernières seulement ont des apophyses épineuses, six lombaires, cinq sacrées et vingt-six caudales.

Desji.\n des Pyréisées. Mygale Pyrenaicus, Gcoff., Ann. du Mus., t. 17, pi. 4, f. 1. Moitié plus petite que la précédente, celte espèce a la <|ueue plus longue, sans étranglement à son origine , ni renflement au delà , mais tout d'une venue, et diminuant progressivement jusqu'au bout. Elle n'est comprimée que dans le dernier (juart de sa longueur; elle est enfin couverte de poils courts et couchés, mais non écailleuse. Les ongles sont moitié plus longs à proportion que dans le Desman Moscovite; les doigts de devant ne sont qu'à demi palmés; le doigt externe des pieds de derrière est aussi plus libre. La nature du pelage est la même, mais les couleurs diffèrent. Le dessus du corps est d'un brun marron; les flancs gris-brun, et le ventre gris argentin. Il n'y a pas du tout de blanc à la face, au lieu que le tour de l'œil el le dessous de la mâchoire sont blancs dans l'autre : Geotfioy a observé enfin que les dents de cette espèce, surtout celles d'en bas, sont plutôt distribuées comme dans la Taupe. Les barbes de la trompe sont presque nulles; celles des deux mâchoires sont dirigées en sens inverse de celles du Desman de Russie. Cette espèce n'a encore été vue que dans le voisinage de Tarbes, au pied des Pyrénées.

DESMAiNTlIE. Desmantkus. bot. Genre de la famille des Légumineuses, établi par Willdenow aux dépens du genre Mimeuse, et ayant pour caractères : des fleurs polygames dont le calice, eu forme de cloche, est à cinq dents; une corolle de cinq pétales égaux entre eux, spathulés, plus longs que le calice et hypogynes. Les étaraines sont au nombre de dix, excepté dans le Desmanthits dilfiisiis, où l'on n'en compte que cinq; elles sont également hypogynes et saillantes. Leurs filets sont libres et capillaires ; leur s anthères à deux loges. L'ovaire est libre, terminé par un style et un stigmate simples. La gousse est non articulée, sèche, à une seule loge s'ouvrant en deux valves et contenant un nombre variable de graines. Les espèces de ce genre, au nombre d'une douzaine environ, sont des plantes herbacées, plus rarement de petits arbustes sans épines, rameux,

étalés, ((uelquerois dressés ou nageant à la surface de l'eau. Leurs feuilles sont alternes, doublement pinnées, composées généralement de folioles très -petites el sensibles. Les stipules, au nombre de deux, sont adhérentes avec la base du pétiole. Les fleurs Forment des épis axillaires, pédoncules, ovoïdes ou globuleux. Elles sont généralement fort petites et blanches. Toutes les espèces qui composent ce genre, appartiennent aux contrées chaudes du globe, à PAmérique méridionale el aux Indes-Orientales. Dans son magniti<|ue ouvrage intitulé : Mimeuses et autres Légumineuses du nouveau continent, Kunlh a tracé d'une manière fort exacte le caractère du genre qui nous occupe, et en a décrit et figuré une espèce intéressante, le Desniatilhus tiepressus, Willd. Ce genre diffère de l'Acacia par les mêmes caractères qui servent à distinguer le genre Proso/m du genre Iiiga, c'est à-dire par une corolle polypétale el par le nombre défini de ses étamines. A ces différences se joint, observe Kunlh, un port particulier. Willdenow, clieichant le principal caractère dans les filaments élargis des Heurs stériles, y a rapporté mal à propos le Mimosa cinerea , de Linné; son Desman- Ihiis tlirergciis ne parait pas non plus appartenir à ce genre. Il n'est donc pas étonnant (|ue le caractère tracé par Willdenow, manque de précision cl convienne également à plusieurs véritables espèces d'Acacia. C'est sans doute pour celte raison que les professeurs Desfontaines el De Candolle ont cru devoir supprimer ce genre et en réunir les espèces au genre Acacie. Malgré leur autorité, le Desmanthus a été maintenu comme genre distinct; nous allons en mentionner ici quelquesunes des espèces les plus remarquables.

Desmantue effilé. Desmanthus virgatus, Willd., S'p., 4, p. 1047; Mimosa virgata, Lin. Originaire de l'Inde, cette espèce est une de celles (jue l'on cultive le plus souvent dans les jardins. Elle forme un petit arbuste dressé, de deux à trois pieds d'élévation; ses rameaux sont efiîlés, cylindriques, glabres et verdàtres; ses feuilles sont alternes, bipinnées. sans impaire, composées en général de quati'e paires de feuilles pinnées, dont les folioles sont très-petites, fort nombreuses et d'un vert gai. Les Heui's sont réunies en épis pédoncules et presque globuleux.

Deshantoe nageaut. Desmanthus natans, Willd., Sp., 4, p. 1044; Mimosa natans, Vahl, Symb. (non L.), Koxb., Coro»i.2, t. 119. Celte espèce croit, ainsi que la précédente, aux Indes. Ses tiges sont flexueuses, étalées à la surface de l'eau; ses feuilles sont également bipinnées. Les Heurs constituent des épis allongés, interrompus, portés sur un long pédoncule. Les gousses contiennent de six à huit graines.

Desmantbe PONCTUÉ. Z»e««iaK//i«spH«c/a/tts, Willd., Sp., 4, p. 1017; Mimosa punctata, L. Cette jolie espèce forme un petit arbuste dont les liges sont ligneuses et parsemées de points calleux. Ses feuilles bipinnées se composent de quatre paires de pinnules dont les folioles sont petites et fort nombreuses. Les épis sont ovoïdes,

I allongés, longuement pédoncules. Celle espèce a été

j trouvée à la Jamaïque.

i Desmaisthe déprimé. Desmanthus depressus, Willd.

Kunth. Mi

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