HEM
tre un Cetidium, clc. Ce genre n'a point été adopté.
On applique, en général, l'épillièlc de Dendrolde aux plantes Cryptogames qui, dans leur organisation, présentent des ramifications semblables à celles des arbres, ce qui justifie l'étymologie grecque du mot Dendroïde formé de SviSoi, arbre, et uSoi, forme.
DENDROIDE-S. polyp. foss. Plusieurs oryctographes ont donné ce nom ù des Polypiers fossiles analogues à des branches d'arbre par leurs formes, leur grosseur ou leur grandeur.
DliîSDr.OLir.IER. Dendroliriiim. eot. Genre de la famille des Orcliidées, Gynandrie Monandrie, formé par blume (Bxd. FI. lHd.,ô4ô). Il a pour caractèies: cinq sépales érecto-étalés, les deux latérau.\ les plus extérieurs, prolongés obliquement à leur base, figurant une sorte d'éperon obtus; labelle concave à sa base, le limbe entier ou un peu lobé; antbére terminale, à deux loges fermées par une membrane s'ouvrant longiludinalenient; masses polllniques ordinairement au nombre de quatre, ovales, farinoso- pulpeuses, réunies par une gniembrane arachnoïde, élastique. Les Dendrolirierssont des plantes herbacées, parasites, à racines fibreuses; les feuilles sont distiques, appuyées contre le bulbe; les pédoncules sont simples, axillaires ou latéraux; les Heurs forment des épis garnis de bractées, et souvent les sépales extérieurs sont couverts de duvet. On les trouve dans l'île de Java.
DEiNDROLlTIIE. FOSS. r. ABBORis.VTiort.
DENDROMÉCON. Dcndiomecon. bot. Genre de la famille des Papavéracées, établi par Douglas, pour une plante qu'il a observée en Californie, et dont il a envoyé des exemplaires secs à la société d'Horticulture de Londres. Caractères : deux sépales caducs ; quatre pétales; étamines nombreuses; filaments filiformes; anthères linéaires; deux stigmates sessiles, courts, et un peu épais; capsule allongée, siliquiforme, uniloculaire, bivalve, à valvules coriaces, fermées à leur base, déhiscentes au sommet ; placentas marginaux , filiformes; semences nombreuses, assez grandes, pyriformes et lisses. Le De?iukoméco^ rigide. Dendromecon rigidiim, est un petit arbrisseau glabre , chargé de feuilles nombreuses et rapprochées, lancéolées, aiguës, dentelées, penninervées,vésiculées, rugueusesetroides. Les pédoncules sont axillaires, portant une seule fleur grande et jaune.
DENDROMYCES. bot. r. Battar«\.
DENDROPHAGE. Detidiopliagus. iNS. Genre de Coléoptères létramères, de la famille des Platysomes, institué par Gyllenlial pour un petit Insecte qui porte le ravage dans les herbiers, et que Fabricins avait rangé dans son genre Ciiciijiis. Caractères ; quatre palpes courtes, inégales, dont les intermédiaires plus épaisses, avec le deinier article conique, subacuminé, les postérieures tiès-courtes et en massue ; mandibules toujours saillantes; languette bifide; antennes filiformes, à articles cylindriipies, allongés, le premier plus long que la tête, les second et troisième plus courts que les suivants; corps oblong, aplati; premier article des tarses inférieurs très petit. Gyllenbal ne décrit qu'une seule espèce ; Dendrophaue crénelé, Dendrophagus crenatus; Cucvjus sutcatus, Fab. Il est fort petit, dé-
primé et entièrement d'un brun de poix; les antennes et les pieds sont d'un roux lestacé, les côtés du corselet sinueux, et le disque marqué d'impressions plus ou moins profondes; les élylres sont brunes, striées et ponctuées. On le trouve en Europe.
DENDROPIIIDE. Dendiopliis. rept. Genre d'Ophidiens de la tribu des Serpents proprement dits, formé par Fitzinger, pour y placer toutes les Couleuvres qui, outre les caractères communs aux /J(>sai de Laurenli. et qui consistent principalement dans une ligne d'écailles jilus larges le long du dos. et des écailles plus étroites le long des Bancs, offrent une tèle égale en largeur ou moins large que le corps qui est très-grêle et très-allongé; museau très-obtus. Fitzinger compose son genre nouveau des Coliiher ahœtutta, filiformis, (i|ue nous avons jugé à propos de laisser dans le genre Couleuvre à cause des dimensions des écailles), decorus, Shaw et cateiiiilaris, Daud. Cette dernière est d'un bai clair avec le dos orné d'une rangée longitudinale de taches triangulaires très- rapprochées, au nombre de plus de soixante, de couleur blanche, bordées d'un trait noir, et formant une sorte de chaîne élégante; les pla(iues abdominales sont d'un blanc jaunâtre, avec un petit point noir ou brun à leurs deux bonis ; la tèle est i)etite, ovale, obtuse, déprimée; la mâchoire supérieure est un peu plus longue que l'inférieure. On compte deux cent trente-sept pla(|ues abdominales et quatre-vingt dix-sept paires de sous-caudales. Taille, vingt pouces. Du Bengale.
Cuvier ajoute à ce genre la Couleuvre Sibon, Cotubcr Siboti, L. Elle a la tète blanche en dessus; sa teinte générale est le jaune clair, avec des taches rousses et rougeàlres; cent quatre-vingts pla(|ues abdominales et quatre-vingt-cinq paires de pla(|ues sous- caudales. Afrique.
DEKDROPHORE et DE.NDROPIIYTES. Syn. de Dendrite.
DENDROPHTHOÉ. Dendrophthoe. bot. Genre de la famille des Loranlbaeées, établi par Martius aux dépens du genre Loraiithns. Caractères : fleurs hermaphrodites, accompagnées d'une bractée oblique; calice en forme de coupe ou de cloche, avec l'orifice entier ou denté; pétales linéaires-spathulés, recevant chacun dans leur milieu l'insertion d'une élamine; anthères fixées par leur base, dressées et linéaires; style filiforme; stigmate en tèle. Le fruit est une baie ovale ou elliptique. Martius a compris dans ce genre une vingtaine d'espèces, parmi lesquelles on remarque les Dendrophlhoe /Falticliianus, Gaudicliaiidi , Schultesii, LeplantJius, etc., foules originaires de l'Inde.
DENDROPHYLLIE. Detidiophjilia. polyp. Genre de
l'ordre des Caryopliyllaires, établi par Blainville, pour
certaines Caryophyllées arborescentes, cylindriques et
tronquées à l'exliémité des rameaux et qui poilent des
I étoiles isolées. Il est caractérisé de la manière suivante :
animaux actiniformes, pourvus d'un grand nombre de
tentacules, au milieu desiiuels est la bouche, contenus
et à peine saillants dans des loges profondes, rayonnécs,
à lamelles nombreuses; Polypier largement fixé, comme
[ tronqué, arborescent, strié en dehors, lacuneux inté-
■ rieurement. DENDnoPiiYiLiEROi]GEATiiE,£>c«(//o;>/irW(a
rubeola,Quoy et Gayra., Zool. de l'Aslrol., pi. 15. On lioiive celte espèce à la Nouvelle-Zélande, par petits «loupes il réguliers, dont les tulies, fort courts, longs de deux à trois lignes, sont cylindriques, légèrement cannelés, coupés net à leur extrémité. Le contour du limbe est linéaire et bien régulier; les étoiles sont coniques, à lamelles petites et grandes alternativement. Tout le Polypier est d'un rougeàtre clair. Les Polypes, ([ui ont aussi la même couleur, s'élèvent en bourrelet au-dessus des étoiles j leur disque est assez largement rayonné et marqué d'un cercle vert, fort étroit. Plus en dedans sont de petits tentacules grêles, du centre desquels sort une longue bouche en cône renversé , découpée dans son contour.
DENDUOPLEX. ois. Synonyme de Picucule.
DEKDROPLEX.Z>e«(//o/)Zea'. ois. Ce genre, de l'ordre des Anisodactyles, formé par Swaiuson aux dépens du genre Cerlhia de Linné, a pour caractères distinctifs: bec très-droit; ailes médiocres et arrondies^ troisième, quatrième et cinquième rémiges très-longues. On voit d'après cela que le genre nouveau diffère peu du genre Dendrocolapte, trop peu même pour la plupart des ornithologistes qui ne l'ont point adopté.
DENDRORCHIS.BOT.C'cstainsiqueDuPetit-Thouars désigne un groupe d'Orchidées des iles australes d'Afrique, qui correspond au genre Dendrobitim de Swariz. DENDROSÉRIDE. Dendroseris. bot. Genre delà famille des Synanthérées, tribu des Chicoracées, institué par Don, pour une plante recueillie au Pérou par le docteur Gillies, et à laquelle il a reconnu pour caractères distinctifs: réceptacle nu; involucre polyphylle, imbriqué, à folioles internes, allongées et disposées en rayons; ceux de l'aigrette scabres et caducs, formant un triple rang. Don a nommé la seule espèce connue jusqu'ici, Dendroseris macrophylla.
DÉNÉKIE. Denekia. bot. Genre de la famille des Synanthérées, Syngénésie superflue, établi par Thunberg (Prodrom., p. 135) qui l'a ainsi caractérisé : capitule radié dont le disque est formé de fleurs régulières et hermaphrodites, et les rayons de fleurs ligulées et femelles; écailles de l'involucre imbriquées, les intérieures scarieuses; réceptacle sans paillettes; akènes non couronnés d'aigrettes. Les renseignements imparfaits que l'on a sur ce genre ne suffisent pas pour préciser sa place dans la vaste famille dont il fait partie. De Candolle et Lagasca le rangent parmi les Labiatiflores ou Chacnantophores anomales, près du Disparago et de VOtwseris. Selon Jussieu , il est voisin de VElhuUa, du Balsaiiiita et du Sparganophorus. Enfin, Cassini se borne à conjecturer qu'il pourrait appartenipà sa tribu des Inulées. La Dénékie dii Cap, Denekia Capensis, Thunberg, a une tige herbacée, haute de cinq à six pouces, cylindrique, striée, tomenteuse et ramifiée. Ses feuilles sont alternes, demi-amplexicaules, oblongues, lancéolées, obtuses-mucronées, ondulées, très-entières, cotonneuses en dessous, les supérieures progressivement plus courtes que les Inférieures; les capitules sont disposés en une panicule serrée et terminale.
DENGUENL potvr. Ce nom, d'après Marsigli, a été donné au Millepora tntncala par les pêcheurs et les
côtes d'Italie. C'est le Myriozoum de Donali.
y. MlLLEPORE.
DEINUAMIE. Denhamia. botan. Genre formé jiar Schott, dans la famille des Aracées ou Aroidées, pour le Caladium scandens de Venlenal, dont Palisot de Beauvois avait déjà fait une espèce de son genre Culcasia.
DENIRA. BOT. Sous ce nom, Adanson a désigné le genre Ira de Linné.
DEMS^A. BOT. Synonyme de Pliryma deliiscefis. DLNNSTylDTIA. bot. Nom donné par Bernhard à un genre nouveau ayant pour type le Dicksonia flaccidœa, Willd. H ne paraît pas jusqu'ici que ce genre ait été adopté. F. Dicksonie.
DENOPE. Denops. ins. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Clavicornes, établi par Fischer pour un Insecte du Caucase, qui offre les caractères suivants ; palpes maxillaires suhulées; dernier article des palpes labiales très-allongé, obconique, tronqué, droit; antennes grossissant vers l'extrémité, dentées en scie, avec le dernier article ovoïde et très-pointu. Le Denope a long col, Denops loiigicollis, a trois lignes de longueur et une de largeur; sa tête, son corselet, la base des élytres et les pattes sont d'un rouge foncé ; les élytres sont d'un noir luisant, avec une bande jaune dans leur milieu. Ce genre pourrait bien ne point différer assez du genre Tille, de Latreille, pour qu'on n'en opère pas la réunion.
DENSITÉ. MIS. Quantité de matière contenue dans un corps sous un volume connu; les corps qui contiennent le plus de matière, sous un même volume, sont les plus denses. La Densité est exprimée par la pesanteur spécifique, f^. ce mot.
DENT. Dens. ïool. Corps de consistance dure, de forme conique ou polyédrique, plus ou moins allongé, toujours revêtu extérieurement, au moins à l'origine, d'une substance connue sous le nom d'émail, et intérieurement composé de couches concentriques d'une matière dite ivoire, exhalée à la surface d'un bulbe vasculaire et nerveux, appelée germe dentaire, lequel paraît susceptible de se développer sur tous les points de l'enveloppe, soit extérieure soit intérieure, de l'animal. — L'on voit donc que les Dents ne sont pas des appendices liés nécessairement à la digestion, puisque, par leur position, elles peuvent être fort éloignées, soit delà bouche, soit du canal intestinal, et puisque, comme nous le verrons, beaucoup d'animaux sont tout à fait dépourvus de Dents. Par la nature même du siège ofi se développent les Dents, on voit aussi qu'elles ne sont pas exclusivement propres aux animaux vertébrés, et, dans ces animaux, à la cavité de la bouche. En effet, dans les animaux vertébrés, par leurs connexions primitives et immédiates, elles ne dépendent pas des os , mais des dépendances des replis de la peau ou des membranes muqueuses qui ont pénétré, dès l'origine, dans les fentes ou dans les trous des os.
D'après la définition précédente de la formation des Dents, on voit aussi qu'elles ne sont pas des os. Les os se développent à la fois par tous les points de leur masse, actuellement vivants et susceptibles d'absorber la matière nutritive de leur accroissement ou de s'en
imbiber. Aucune des différentes couches de la Dent, au contraire, nVsl vivante ni susceptible d'accroisscnient .lulreinent que par juxtaposition extérieure de parties nouvelles. Les différents points d'une couclic une fois formée, comme pour les ongles, les cornes des Vertébrés et les coquilles des Mollusques, n'ont plus aucune relation, soit avec la sensibilité, soit avec la circulation de l'animal.
D'après le siège, au moins primitif, qu'elles occupent sur les enveloppes de l'animal, on voit que les différentes sortes de Dents n'ont entre elles, dans tous les cas de leur existence, qu'une seule analogie, celle de la structure. On verra qu'elles n'ont d'analogie de position que dans une même classe. En les déterminant donc d'après leurs connexions ou d'après leurs rapports de position , ce qui est la même chose, il suit que telles Dents d'une classe de Vertébrés, par exemple, doivent nécessairement manquer d'analogues dans une autre classe, et réci|)roqtiement. A plus forte raison, d'un embranchement à l'autre du règne animal, ne peut-on chercher aux Dents d'autre analogie que celle de la structure. Cela posé, on voit qu'il n'y a pas lieu de confondre les Dents, soit avec les dentelures des os maxillaires eux-mêmes, soit avec les étuis cornés qui enveloppent les bords libres de ces os , chez les Oiseaux, les Chéloniens, les Lamproies, etc., soit encore avec les dentelures des mandibules latérales des Insectes, des Crustacés, des Mollus(|ues et des Annélides, ces mandibules n'étant autre chose que des prolongements de la peau même, endurcie en ces différents endroits par la déposition de sels calcaires dans l'épaisseur de son (issu. Les seuls animaux où il existe des Dents sont la l)lupart de ceux appartenant aux Mammifères, Reptiles et Poissons, et les Échinodermes parmi les Radiaires. Structure des Dents.
Toute Dent, queh[ue part qu'elle soit placée sur l'animal, est formée par l'exhalation de couches concentriques, les unes aux autres et susceptibles d'une grande cohésion. L'organe de cette exhalation est une poche ou capsule membraneuse, fermée de toutes parts, et dont un fond est replié dans l'autre comme celui d'un bonnet de nuit. Le fond, ainsi replié, est beaucoup plus vasculaire que l'autre. 11 forme, par la quantité de vaisseaux et de filets nerveux qui y sont entrelacés, une sorte de bulbe dont la figure primitive est bien déterminée et représente exactement celle de la Dent i|u'il doit former et dont il est le véritable moule. L'observation de celte correspondance de formes entre le bulbe cl la Dent, peut se faire en tout temps sur les Dents de remplacement des Cyprins. Tous les contours, liius les reliefs que présente la surface extérieure de la Dent, tous ceux que manifestent ses coupes transversales et verticales, sont représentés par autant de contours, de reliefs à la surface du hulbe, et par autant de replis de la membrane de la capsule qui se prolonge dans les intervalles de ces reliefs du bulbe. Selon la saillie de ces reliefs ou prolongements du hulbe, étendus en lames plus ou moins longues et larges, il se forme des reidis plus ou moins profonds des différentes substances de la Dent; de telle sorte, que des coupes transversales montrent, selon les germes, ou bien une seule
substance inscrite dans une couche beaucoup plus mince d'une substance qui lui est extérieure, ou bien des ondes, des replis de la substance extérieure pénétrant dans la substance centrale dont elle se distingue par la couleur, ou bien encore ces mêmes replis des deux substances, se pénétrant sans se mêler, enveloppés d'une troisième substance extérieure aux deux autres. Si la substance interne n'est nulle part pénétrée par l'externe qui ne fait <pie l'envelopper, celte sorte de Dent s'appelle simple; la surface triturante n'offre que de trèspetits reliefs , dans lesquels la substance extérieure seule de l'émail est intéressée : telles sont les Dents de l'Homme.
Les Dents composées offrent dans leur coupe transversale, à quelque hauteur qu'on fasse cette coupe, des cercles ou des anneaux d'une substance qui en renferme une autre; de sorte que le tube d'émail, plus ou moins comprimé, indiqué par ces cercles ou anneaux, représente à lui seul une Dent du genre des précédentes. Ces Dents composées s'observent dans les Éléphants, le riiacochoene, etc. Enfin, il y a des Dents demi-composées dont les replis ne pénètrent que jusqu'à une certaine profondeur, au-dessous de laquelle les coupes transversales ne montrent qu'une seule substance centrale entourée par une exlérienre; telles sont les Dents molaires des Ruminants, Solipèdes, etc. — Ces trois sortes de Dents s'observent chez les Mammifères ; il est essentiel de les faire connaître avant de parler de la structure des Dents dans les autres classes.
H peut donc y avoir jusqu'à trois substances dont les couches superposées constituent les Dents des Mammifères. Il y en a même une quatrième accidentelle dans certains animaux, et naturelle chez (pielques autres. On nomme cette quatrième substance Pouclingo'klc. Voici l'ordre de cette superposition et la composition des couches qui la constituent.
Toute Dent, même composée, dans l'animal très-âgé, se divise en deux parties sous le rapport de la forme et de la structure : l» la couronne ou le fût, plus ou moins saillante hors de la gencive, et plus ou moins prolongée dans l'alvéole ; 2» la racine qui s'enfonce dans la partie profonde de l'alvéole. La racine est séparée du fût par une ligne dont le contour marque la limite inférieure de l'émail. Quelquefois ce contour est marqué d'un léger sillon. C'est ce contour qu'on nomme le collet de la Dent. On voit que les Dents qui n'ont pas de racines n'ont pas de collet. Dans toute Dent il y a donc au moins deux substances, l'ivoire et l'émail.
1° Toute la couronne ou le fût de la Dent est revêtue d'une substance vitreuse appelée émail, laquelle est beaucoup plus dure que l'ivoire, et quelquefois même fait feu avec l'acier. A peine noircit-elle au feu, car elle ne contient pas de gélatine. L'émail ne jaunit pas par l'action de l'acide nitrique, il s'y dissout sans résidu; au feu, il éclate et se sépare ainsi de l'ivoire qui, au contraire, noircit et brûle comme les os, et en donnant la même odeur. Les fibres de l'émail sont dirigées perpendiculairement à celles de l'ivoire. Ses filaments sont juxtaposés comme ceux de l'Asbeste; de manière qu'en les supposant moins rapprochés, ils revêtiraient la Dent d'une sorte de velours. Ces filaments ne sont pas tou-
jours rectilignes. Souvent ils dessinent dfis courbes i:onvexes du côté de la couronne, concaves du côté de la racine, chez les Ruminants par exemple. — L'épaisseur de l'émail varie beaucoup sur les Denis des Mammifères. Les deux extrêmes de cette dimension se voient dans les Cacbalots et dans les défenses des Éléphants, du Morse, du Dugong et des Sangliers. Dans les Cachalots, sur toute la hauteur du fût, l'épaisseur de l'émail varie du quart au cinquième du diamètre de la Dent. Dans les défenses des animaux en question, au contraire, l'épaisseur de l'émail n'est pas la cinquantième, quelquefois la centième partie du diamètre. Est-ce parce que ces Dents sont extérieures , et que le frottement userait l'émail? cela n'est pas probable, car ce frottement ne peut s'exercer sur tous les points de la surface; et alors l'épaisseur primitive subsisterait aux endroits préservés. Ce n'est pas non plus par l'action de l'air ou de l'eau ; car l'Hippopotame a la même proportion d'émail à ses défenses qu'à ses autres Dents. Celle inégalité de l'épaisseur de l'émail, dans les animaux ci-dessus mentionnés, tient donc ù la proportion même de l'exhalation qui forme cette couche. — Les racines n'ont pas d''mail; on verra tout à l'heure pourquoi. Les Dents qui n'ont jamais de racines, celles des Cachalots, les molaires des Morses, ont, au contraire, plus d'émail à leur extrémité alvéolaire qu'au sommet opposé.
2» L'ivoire, ou substance osseuse, forme la partie intérieure du fût et toute la racine de la Dent. Sa cassure est satinée. Ses fibres se contournent parallèlement aux surfaces extérieures de la Dent. Au centre de l'ivoire, au moins avant l'achèvement des racines, existe une cavilé de la même forme, euTÎiminutif, que la Dent. Celte cavité communique au dehors parle petit canal de chaque racine, qui lui transmettes vaisseaux et les nerfs. Dans l'état frais, et surtout dans le commencement, cette cavilé était remplie par un organe pulpeux, véritable entrelacement de vaisseaux et de nerfs, lequel a servi à la fois de moule et de producteur à la Dent. Cet ivoire est d'une dureté très-inégale chez les différents animaux. L'ivoire de l'Eléphant est le plus tendre; il présente aussi des variétés pour l'apparence de la surface de ses coupes. Ces différences peuvent même faire reconnaître de quel animal provient un ivoire ouvragé, et où l'on ne peut jdus reconnaître la forme de la Dent. Par exemple la coupe de l'ivoire d'Éléphant montre des losanges curvilignes très-régulièrement tracés et dont la plus grande diagonale est disposée dans le sens des diamètres de la Dent. Celui de l'Hippopotame et du Phacochœne, plus dur et plus blanc, montre des stries d'une finesse et d'une régularité admirables; celui du Morse et du Dugong est d'un aspect compacte et homogène, ainsi que celui du Narval; celui du Cachalot est satiné comme dans l'Homme.
3» Les Dents composées et une partie des demi-composées ont une troisième substance extérieure à l'émail, et qui lemplit les intervalles des lobes ou des lames qui composent, par leur groupement, la Dent générale; c'est le cément. 11 est moins dur que l'ivoire et l'émail, mais se dissout plus difficilement dans les Acides et noircit au feu plus promplement encore que l'ivoire. Dans l'Éléphant, le cément est non-seulement interposé
3 DICT. DES Sr.lETSCES NAT.
entre les lames d'émail, mais il forme à la Dent entière une enveloppe générale. Dans le Cabiai il n'est qu'interposé aux lames ou lobes dont les arêtes d'émail sont à découvert sur les côtés de la Dent. Dans l'Éléphant, le cément forme près de la moitié de la masse dentaire. Le cément, dans les Éléphants, les Chevaux et les Ruminanls, n'a pas d'organisation apparente, et ressemble à un magma cristallisé sur la Dent, à peu près comme la substance poudingoïde que nous allons faire connaître. Néanmoins Cuvier lui a trouvé, dans le Cabiai, une multilude de pores régulièrement disposés. Tenon pensait que le cément n'était que l'enveloppe de la Dent ossifiée. Blake avait bien vu, comme Cuvier l'a vérifié, que le cément est déposé après l'émail et par la même membrane.
4» Intérieurement et concentriquement ù l'ivoire, existe dans les Dents de plusieurs animaux, et entre autres de l'Homme, une quatrième substance que Berlin (Traité d'Ostéologie) dit remplir quelquefois la cavité qu'occupait le germe après la déposition de l'ivoire terminée, n'avoir pas quelquefois d'adhérence avec l'ivoire circonscrit, et qui quelquefois, au contraire, fait corps et se continue avec l'ivoire. C'est dans l'Homme que Berlin fit ces observations. En 1820, Em. Rousseau a renouvelé l'observation de Berlin sur l'Homme et sur plusieurs animaux. Il a trouvé ce magma cristallisé, coexistant avec la pulpe dans une molaire d'ailleurs parfaitement saine, devenue douloureuse sans doute par la compression qu'exerçait cette concrétion par son accroissement. Cette substance avait déjà été indiquée comme un obstacle au plombage des Denis. Or, dans toutes les Dents du Morse, moins les incisives, la couche d'ivoire circonscrit un espace conique, répondant au tiers environ du volume de la Dent. Cet espace central est rempli par un amas de petits grains ronds placés pêle-mêle dans une sorte de mortier ou de stalagmite; ou bien encore, c'est comme les cailloux dans la pierre appelée Potidingue. On n'a pas essayé la composition chimique de cette substance. Mais son aspect diffère au moins autant de celui de l'ivoire que celui-ci de l'émail, et que l'émail du cément : la ligne de contact et de séparation est tout aussi parfaitement prononcée. Il en est donc de celte quatrième substance intérieure à l'ivoire, par rapport au germe de la Dent, comme du cément extérieur à l'émail par rapport à la face interne de la membrane capsulaire dont nous allons parler.
Développement des Dents.
Chez les Mammifères, où ce développement est plus compliqué que dans les autres classes, le bord dentaire des os maxillaires est creusé, dans le foetus, d'une rainuie de profondeur variable, où s'introduit la membrane qui tapisse le reste de la bouche. II n'y a non plus à celle époque sur la longueur de cette rainure aucune cloison transversale, qui marque la séparation ultérieure des alvéoles. Ce n'est que peu à peu que ces cloisons se forment ensuite et circonscrivent chaque Dent dans une cavité propre. Au bord du repli de la membrane buccale introduit dans le sillon dentaire des mâchoires s'attachent, par un pédicule étroit et plus on moins allongé, selon que les Dents appartiendront à la pre-
mière ou à la seconde denlilion, de pelils sacs renfermant un lii|wide mncoso-gélalineiix qui conslilue alors la pulpe ou (jermc de la Dent. La membrane qui forme la matière dentaire, ditEm. Rousseau, est d'une nature fibreuse. Elle est composée par un lacis de vaisseaux qui, vus après une injection déliée, pourraient faire croire que cette membrane n'est qu'un réseau vasculaire. Mais si on lave une préparation ainsi injectée, et si ensuite on la laisse un peu macérer, bientôt la membrane prend une couleur à peu près semblable à celle de la couclie qui se forme sur l'empois blanc, nouvellement fait. L'union du pédicule de la capsule dentaire avec le repli alvéolaire de la membrane buccale est si intime, que les deux tissus semblent se confondre, et qu'il est absolument impossil)le de les séparer sans rupture , quelque précaution qu'on prenne. La membrane de la capsule est donc une continuation de la membrane de la bouclie. Néanmoins il n'est pas possible de trouver, dans ce pédicule, d'orifice de communication de la cavité du sac ou capsule avec la bouche. Dn dentiste a indiqué, à la vérité, un procédé pour reconnaître cet orifice ; mais Rousseau affirme que l'ouverture que l'on obtient ainsi n'est réellement que l'effet même de l'action du procédé. Quoi qu'il en soit, Rousseau a injecté, par le pédicule ainsi ouvert, le sac ou la capsule dentaire d'une incisive de remplacement chez un enfant de six ans. Ayant ensuite enlevé la tablette postérieure de l'alvéole, la capsule s'offrit sous la forme d'une Poire d'Angleterre , dont la queue était représentée par le pédicule. La capsule élait dilatée par l'injection , qui n'avait point pénétré dans la pulpe dn germe. Il remarqua avec une forle loupe que de petites brides maintenaient la pulpe conlre la membrane de la capsule. Les vaisseaux qui se rendent des canaux maxillaires à la base de chaque capsule, sont visibles ù l'œil nu. Us se continuent sur la capsule qui en reçoit aussi des parois de l'alvéole. La memlu-ane de la capsule présente, dans la moitié supérieure de sa face interne, une couche de petites glandules symétriquement disposé*cs, et qui paraissent destinées à sécréter l'émail.
Hérissant avait déjà reconnu qu'il n'entre qu'une membrane à feuillet unique dans la composition de la capsule dentaire, et que c'est celle membrane qui produit l'iniail par sa face interne. Si on détache avec précaution, dit-il, cette membrane de dessus la couronne, et qu'on en examine au même instant la surface interne avec une loupe de trois ou quatre lignes de foyer, on est sur-le champ frappé d'admiration ii l'aspect d'une multitude infinie de très-petites vésicules qui, par leur transparence, sont assez semblables à celles dont la piaule appelée Glaciale est couverte. Elles sont disposées avec beaucoup d'ordre par rangées étagées les unes sur les autres, et presque parallèles à la base de la Dent. Ces vésicules contiennent d'abord une liqueur claire et limpide, et plus tard laiteuse et plus épaisse. C'est, selon lui, la cristallisation de cette humeur qui forme l'émail. Rousseau, qui a vérifié tous les faits vus par Hérissant, pense que l'ivoire se forme après l'émail dans les Mammifères , et que par conséquent l'émail est d'abord déposé sur la surface membraneuse du germe, où il se moule sur les creux et les
reliefs qui représentent ceux de la Dent. C'est ainsi que cela se liasse dans les Dents des Cyprins dont la couronne est aussi compliquée que celle de la plupart des Rongeurs, lels que les Agoulis et les Castors. Dans ces mêmes Dents, la calotte d'émail est pendant fort longtemps molle et flexible; ce n'est que lentement qu'elle prend de la consistance. On la voit très-bien se mouler sur les creux et les reliefs du germe qui a dès lors la forme définitive de la Dent, et qui remplit toute la capsule.
On voit que tous ces faits s'éloignent beaucoup des idées généralement admises sur le mécanisme de la production des Dents. D'après ces idées, le germe ou bulbe de la Dent serait reçu dans le feuillet intérieur de la capsule, rentré lui-même dans le feuillet extérieur, comme la tête est reçue dans un bonnet de nuit, et ce serait entre la face externe de ce feuillet rentré et la surface du germe non continu à la capsule que le germe déposerait concentriquement, et le feuillet rentré de la capsule excentriquement, le premier les couches d'ivoire, le second les couches d'émail. 11 ne se formerait rien dans la cavité même de la capsule. Or, on voit, an contraire, que c'est dans cette cavité même que la Dent se forme, et que la capsule n'a qu'un seul feuillet qui vient se continuer au pourtour de la ba.se du germe dont les vaisseaux se continuent dans la membrane. Cette disposition permet bien mieux d'expliquer, comme on va voir, l'absence d'émail sur les racines, l'impossibililé qu'il s'y forme de l'émail après la pousse des racines, et au contraire l'existence de l'émail sur tout le pourtour du fût des Dents (|ui n'ont pas de racines, telles que celles des Rongeurs et des Éléphants jusqu'à l'époque où la Dent est sur le point de tomber.
Voici l'ordre successif des formations de la Dent : quand on ouvre une capsule dentaire encore enfermée dans son alvéole, si l'instant de l'observation correspond à la première époque de la formation de la Dent, ou trouve une petite calotte nacrée, d'abord liquide, puis flexible, se concrétant et se durcissant peu à peu, et moulée sur la surface du germe qui l'a exhalée. Cette calotte ne commence à se former que sur les parties les plus saillantes du relief de la Dent, de sorte que, si la Dent doit présenter deux ou trois collines, c'est-à-dire deux ou trois tubercules, il n'y a, à cette première époque, que deux ou trois chapiteaux correspondants, isolés les uns des autres; car l'exhalation commence par les sommets du germe. Peu à peu d'autres couches de liquide se déposent en dessousdes pr-emières, se soudent à elles, et lorsque l'exhalation s'est faite sur toute la surface, tous ces iielits chapiteaux isolés se réunissent, et n'en forment plus qu'un seul, qui décide de la figure définitive de la Dent. La matière de cette exhalation est l'ivoire qui forme la substance la plus intérieure de la Dent, lors(|u'il ne doit pas y avoir de substance poudingoïde. Peu à peu cette matière s'exhale aux surfaces latérales du bulbe, toujours en se ju.xtaposant par une cohésion intime, aux coucheà déjà solidifiées, de sorte que bientôt le bulbe est enclavé dans des couches d'ivoire de plus en plus prolongées vers sa base. Avant que le collet de la Dent soit formé, c'est à-dire que les couches soient parvenues à la ligne où s'arrêtera
réruplion de la Dent, une autre exhalation a déposé à la surface de l'ivoire une couche d'une autre suhsiance qui lui est extérieure. Celte substance est Péniail, elle est exhalée par la face interne de la membrane de la capsule. Dans les Mammifères, l'émail se forme toujours après les couches supertîcielles de l'ivoire. Comme le feuillet de la capsule se replie pour se continuer avec le bulbe, on voit qu'il n'y a d'autre limite fixée de la hauteur où l'émail doit se déposer que celle même où se fait ce repli.
Lorsque le noyau ou bulbe de la Dent est appliqué sur le fond de l'alvéole, il ne se forme pas de racine, et alors, quelle que soit la longueur du fût de la Dent, comme ce fût est actuellement, ou a été en contact avec le feuillet de la capsule par toute l'étendue de sa surface, il peut être couvert d'émail sur toute sa longueur. C'est ce que l'on observe sur toute la longueur des Dents canines des Mammifères, des molaires des Rongueurs, des Éléphants , des Cachalots et Dauphins, des Oryctéropes, Dugongs, etc. Ouand le bulbe est plus ou moins distant du fond de l'alvéole, et quand il adhère à ce fond par un ou plusieurs pédicules ou cordons de vaisseaux et de nerfs, alors le feuillet de la capsule, replié sur le contour de la base du bulbe, ne peut plus être en contact avec les couches qui s'exhalent à la surface de ces pédicules ou cordons vasculaires. Autant il y a de ces cordons, autant il se forme de racines par l'exhalation des couches qui se déposent à leur pourtour. Pour que l'ivoire qui se forme autour de ces cordons se continue avec celui de la couronne, il faut que le repli du feuillet circonscrit au collet de la Dent disparaisse, ce qui arrive par la rupture qu'occasionne la pression exercée sur lui par le bord tranchant du chapiteau que représente la couronne de la Dent. L'accroissement de cette couronne est d'autant plus rai>ide que le bulbe est placé plus près de l'orifice de l'alvéole, et plus éloigné de son fond. Dès que le rebord de la couronne est arrivé au repli de la capsule dont la paroi interne a jusque-là déposé de l'émail, ce repli est coupé et déchiré, et avec lui les vaisseaux qui se rendaient dans la capsule. Dès lors si le noyau adhère par un seul pédicule, les lames continuent de se déposer autour, mais il ne peut plus s'y former de couches d'émail, puisque la membrane qui servait à l^xhalation de cette substance ne reçoit plus de vaisseaux. Tel est le cas des incisives de l'Homme. Si le noyau adhère par plusieurs pédicules, la transsudation de l'ivoire continue tout autour de chacun de ces pédicules, et à i)artir de la ligne sur le contour de laquelle s'est rompue la membrane externe de la capsule, il ne se dépose plus d'émail. La rupture du feuillet de la capsule à l'endroit de son repli sur le bulbe dentaire, la cessation de l'exhalation de l'émail à la surface de la couronne, enfin l'impossibilité que l'enveloppe d'émail se continue après cette rupture, au-dessous du contour du repli rompu, double conséquence de cette rupture, sont trois faits qui étaient entièrement inconnus jusqu'ici. — Aussi n'avaiton pu donner qu'une explication assez difficile à entendre de l'absence de l'émail sur les racines des Dents, et de la prolongation de cette enveloppe jusqu'au rebord inférieur des Dents qui n'ont pas de racines. Voici, par
exemple, l'explication que donnait Cuvier de la formation des racines. « Elle est due à ce que le noyau pulpeux n'adhère pas au fond de la capsule par la totalité de sa base, mais seulement par certains endroits qui peuvent être dès lors considérés comme des pédicules très-courts. Les lames osseuses arrivées au bas du noyau se glissent entre ces pédicules, et les entourent eux-mêmes d'une enceinte tubuleuse, qui, s'allongeant toujours, force aussi les pédicules pulpeux à s'allonger, et produit ainsi les racines. L'émail ne couvre point celles-ci parce que la lame interne de la capsule qui peut seule le produire, ne s'étend pas jusque là. «
Dans les Dents composées, quand la capsule a déposé l'émail, ajoute Cuvier, elle change de tissu; elle devient épaisse, spongieuse, opaque et rougeàtre pour donner ce cément. Celui-ci n'est point en naissant disposé par filets, mais comme par gouttes qu'on aurait jetées au hasard. La capsule ne produit pas toujours le cément par toute la surface qui a produit l'émail. Cela n'arrive que chez les Éléphants. Dans les Câblais le cément n'est déposé que dans l'intervalle des lames d'émail, mais leurs bords prismatiques offrent l'émail à uu. De même, chez les Ruminants et les Chevaux , le cément ne se forme que dans les creux qui aboutissent à la base de la Dent.
On conçoit qu'aussitôt que l'accroissement de la Dent lui fait excéder la longueur de son alvéole, elle doit tendre à saillir au dehors par le côté qui oppose le moins de résistance. Et comme le fond de cette cavité est osseux, que l'os maxillaire où elle est creusée augmente en solidité à mesure que la Dent elle-même augmente en longueur, celle-ci doit se porter plutôt vers la bouche, et percer la partie de la gencive, qui fermait l'alvéole, et même la lame osseuse quelquefois placée sous cette gencive.
Cette tendance à sortir de l'alvéole dure autant que la Dent; et dans les animaux herbivores dont les Dents s'usent par la mastication, l'accroissement continuel du fût et ensuite celui des racines font toujours sortir la Dent dans la même proportion qu'elle s'use, en sorte que la partie située hors de l'alvéole reste à peu près de même longueur jusqu'à ce que les racines étant complètement formées , l'os maxillaire croit et les pousse au dehors. Enfin quand la Dent entière est usée, les racines elles-mêmes sont rejetées au dehors par l'accroissement de l'os qui finit par remplir et oblitérer la cavité de l'alvéole. Cette tendance à l'expulsion des Denis est d'autant plus puissante que le tissu osseux est plus compacte et plus solide, en même temps que la figure de la partie alvéolaire de la Dent représente davantage un cône qui serait enchâssé dans la mâchoire. Voilà pourquoi les incisives et les premières petites molaires tombent même de si bonne Tieure dans un grand nombre de Mammifères. C'est ce qui a pu causer des méprises en zoologie, au point de placer, dans des genres auxquels ils ne convenaient pas, plusieurs animaux dont les dents en question sont ainsi caduques, ou de faire plusieurs espèces d'une seule, lorsqu'on observait des individus d'âges différents et dont le nombre de Dents persistantes se trouvait ainsi différer.
Dans l'Homme cl dans les animaux carnassiers où les Dents s'usent peu, la réjeclion de la Dent, et surtout celle des molaires mieux fixées que les autres par la divergence de leurs racines, n'arrive (|ue dans une extrême vieillesse. Les plus grosses molaires ne peuvent même pas être rejetées à cause de cette divergence même des racines; car la poussée de l'alvéole ne fait que mieux les serrer contre ses bords.
Le mécanisme de l'évolution des Dents de remplacement ne diffère pas de celui de la première dentition. Mais, au lieu d'alvéoles fermées seulement par des gencives, c'est dans des cavités entièrement osseuses, situées sous, entre ou derrière les racines des Dents de lait, que sont renfermés les germes de remplacement, semblables d'ailleurs à ceux de la première dentition. Ces germes et leur capsule tiennent aussi par un pédicule à la membrane de la gencive. Ce pédicule est transmis par un trou percé au sommet de la cavité osseuse. Rousseau a représenté ces pédicules naissant du sommet des capsules, pour les Dents molaires, canines et incisives de la deuxième dentition en position sous les Dents de lait, et pour les orifices de la table osseuse par où ces pédicules sont transmis aux gencives en dedans de l'arcade des Dents de lait. On aperçoit toutes ces parties bien longtemps avant l'époque de la seconde dentition; en sorte qu'il est à peu près certain que les deux séries de germes se forment à la fois, puisque, dans toutes deux, les germes sont continus par leurs pédicules, à la membrane de la gencive. Or, cette continuité ne pourrait s'établir à travers la tablette osseuse, qui recouvre l'alvéole des Dents de la première série, si les germes de la seconde n'étaient pas formés en même temps. Cette continuité des germes de la seconde série avec la membrane de la boucbe, à travers des trous osseux, maintenus, prouve donc l'unité du temps et du mécanisme de la formation de ces germes. Et comme on observe dans les germes de remplacement des Cyprins les plus adultes des états stationnaires, qui peuvent durer toute la vie, et dont l'accélération ne s'opère que dans le cas où la Dent voisine vient à tomber, on conçoit que, pendant toute la durée des Dents de lait, les germes de remplacement restent inertes et sans produire aucunes couches. Il n'est donc pas nécessaire de supposer, comme on l'a fait, que les Dents de remplacement ont besoin d'un temps plus long, pour arriver à leur perfection. Rousseau a observé dans la première dentition le progrès de celte formation. Tous les cinquante jours, ù partir du deuxième mois jusqu'au septième de la conception , il y a formation dans l'Homme de (|uelques points de cristallisation d'une nouvelle Dent, et ce n'est que vers le commencement de ce dernier terme que les vingt couronnes dentaires deviennent enfin apparentes. On conçoit que Tes plus anciennes couronnes sont celles qui sortent les premières. L'ordre de leur chute est aussi le même que celui de l'éruption. Vers six à sept ans les secondes Dents se forment avec rapidité; jusquelà leurs germes étaient restés à peu près inertes. Elles commencent à comprimer tellement les alvéoles des premières Dents, qu'elles privent celles-ci, en étranglant les nerfs et les vaisseaux qui s'y rendent, des fluides qui, jusque-là, en avaient nourri la pulpe. La
résistance que la vie donnait aux premières Dents contre l'effort des secondes disparait donc, et soit que l'absorption contribue à user et la racine de ces Dents et les cloisons qui les séparent des secondes, soit que l'effort decellesciusc ces cloisons et les racines des Dents de lait, ces dernières finissent par tomber sans quelquefois montrer un vestige de racines. — Les arrièremolaires qui n'ont point de Dents de lait à expulser, éprouvent un changement de direction ; elles s'étaient enlièrement développées dans l'angle postérieur des mâchoires, mais comme les os maxillaires grandissent, elles y trouvent de la place; elles avancent donc, et d'une position oblique qu'elles avaient d'abord, elles se redressent pour sortir, et se mettent en rang avec les autres.
C'est une règle générale, dit encore Cuvier, que les Dents molaires de remplacement ont une couronne moins compliquée que celles auxquelles elles succèdent; mais cette couronne compliquée se trouve reportée sur les molaires permanentes, qui viennent plus en arrière. 11 arrive quelquefois que les Dents permanentes qui tombent par accident, sont remplacées par des Dents nouvelles; mais dans la règle, la deuxième série de Dents n'est pas remplacée dans les Mammifères.
On avait cru que chez les Rongeurs, il n'y avait qu'une seule dentition permanente. Mais il parait que dans le plus grand nombre des espèces, les Denis de lail tombent si vite, que l'on a peine à les observer. Cuvier n'a suivi la succession des Dents que sur les Lapins. Parmi les incisives, il n'a vu changer, après la naissance, que les supérieures postérieures; car, chez la plupart des Rongeurs, il y a deux rangées simultanées de Dents incisives, l'une derrière l'autre, comme il arrive quelquefois, même chez l'Homme, par l'éruption simultanée des deux séries. Les Dents de lait demeurent quelque temps en place avec celles qui leur succèdent; et, pendant ce temps-là, les Lapins paraissent avoir six incisives en haut au lieu de quatre, qui est leur nombre permanent. Il résulte de ce triple rang d'incisives, en arrière l'un de l'aulre, qu'il y a ici une rangée de germes surnuméraires, relativement au nombre des autres Mammifères. Quant aux molaires, il est certain qu'il y en a trois en haut sur six, et deux en bas sur cinq, qui sont remplacées par de secondes Dents venues dans la même direction verticale. Les trois postérieures, tant d'en haut que d'en bas, sont donc permanentes. Ainsi, pour les molaires, il en est à peu près de même des Lapins que des Chevaux et des Ruminants. Cuvier pense que dans les espèces qui n'ont que quatre molaires partout, il n'y a que l'antérieure qui change. Il s'en est assuré sur le Castor, le Porc-Ëpic, l'Agouti, le Paca, le Cochon d'Inde. Mais pour voir la Dent de lait en place sur ce dernier, il faut y regarder quelques jours avant la naissance. Comme dans aucun Rongeur il n'a vu les incisives antérieures tomber après la naissance, il soupçonne qu'elles tombent aussi durant la vie utérine. Il ajoute que d'après cette permanence des trois dernières molaires, dans les genres qui en ont plus de trois, il est vraisemblable que ceux qui n'en ont que trois, n'y éprouvent jamais aucun changement. Au moins ne lui a-t-il pas été possible d'observer de mutation dans les Rongeurs à trois
Denis, tels que le Rat, etc. Or, il semble que, puisqu'il est bien constaté que les trois dernières molaires sont permanentes, il soit tout aussi présumable que les premières incisives le sont également. 11 n'y a , en effet, aucune comparaison à faire pour la grandeur et la proportion d'émail, entre les premières incisives des Rongeurs et leur première molaire. On ne peut donc pas conclure de l'absorption de celle-ci dans l'utérus, à l'absorption de l'autre.
On vient de voir des Dents surnuméraires et même des séries surnuméraires dans les Lapins pour les incisives; il y a de même dans les .Sarigues, pour la seconde dentition, des incisives surnuméraires au complet des autres animau.x qui en ont le plus, savoir quatre incisives en haut et deux en bas. On sait que les incisives de tous les Rongeurs, et même les molaires de quelques animaux de cet ordre, malgré la continuelle détrition qu'elles subissent, restent, les premières toujours trancbantes, les autres toujours également calibrées, et que toutes conservent constamment la même longueur. Les incisives, sorties pointues de l'alvéole, croissent par l'extrémité alvéolaire, à mesure qu'elles s'usent par l'autre, et leur face de devant étant garnie d'un émail plus épais et plus dur, la détrilion est constamment oblique en arrière, et en fait toujours des coins fort affilés.
Dans les espèces où les Dents ne se divisent jamais en racines, l'ivoire et l'émail continuent de se produire, parce que le germe étant sessile au fond de l'alvéole, aucune exbalalion ne peut se faire au-dessous de l'insertion de la capsule à la base du germe, et, comme d'autre part, la partie supérieure du fût s'use très-rapidement, la capsule ne peut se trouver comprimée ni coupée par le bord inférieur du fût. Ensuite, comme les vaisseaux du germe continuent de s'y porter, elle continue de déposer de l'émail sur les coucbes d'ivoire que !e germe continue aussi de sécréter intérieurement. Cela s'observe, par exemple, sur les Dents desCabiais, des Campagnols, etc. Chez les Cabiais, outre la déposition d'émail, il y a une déposition de cément. Et comme l'émail et le cément sont étendus transversalement entre les lames d'ivoire, il faut que des cloisons transversales de la membrane de la capsule alternent avec les replis verticaux du germe qui ont formé l'ivoire. Dans les Éléphants, il y a une disposition pareille ; mais toutes les lames d'ivoire, d'émail et de cément d'une Dent d'Éléphant, sont formées simultanément, et les feuillets producteurs ont bientôt disparu. Ici, au contraire, les feuillets producteurs, tant ceux du germe que ceux de la capsule, subsistent toute la vie.
La Dent, une fois formée, conserve à peu près sa figure dans l'Homme, les Singes, les Insectivores, les Carnassiers et les Cétacés. Les éminences en deviennent seulement un peu moins aiguës et saillantes. Mais dans les Carnassiers uniquement carnivores, par exemple les espèces des genres Felis, Mustela, Fivena, les Dents molaires ne s'usent pas, et conservent leurs pointes et leurs tranchants. Dans les Herbivores, au contraire, la vraie forme de la couronne, dit Cuvier, ne se conserve qu'autant qu'elle est encore renfermée dans l'alvéole. A peine sortie, elle s'use, et toutes les inégalités dont
le plan est déterminé pour chaque espèce, sont remplacées par une surface plane où les contours et la place qu'occupaient les reliefs sur la couronne, sont dessinés par différentes lignes qui sont les coupes de l'émail, du cément et de l'ivoire. Les dessins que forment ces lignes étant en rapport avec les lobes ou lames dont ils ne sont que la tranche, sont donc déterminés selon les espèces, et peuvent servir à les caractériser. Plus la Dent s'use, et plus on approche de la base de ses éminences ou de ses lobes, plus les espaces circonscrils par les lignes d'émail s'élargissent et se confondent, et l'on arrive enfin à une hauteur où la couronne n'offre plus qu'un seul espace enveloppé d'émail, comme si la Dent avait été simple. Mais cela n'arrive que dans les Dents demicomposées des Ruminants, des Solipèdes et de plusieurs genres de Rongeurs où le fût n'est pas sillonné de cannelures d'émail sur toute sa hauteur. Tels sont les Castors, les Agoutis, les Porcs-Épics, etc. ( l^. les coupes de toutes ces molaires de Rongeurs, dans Cuvier, Oss. foss. T. v, pl.l,fig. Ià26.)
Dans tous les animaux pourvus de Dents composées ou demi-composées, c'est-à-dire où la coupe transversale de la Dent offre à.toutes les hauteurs du fût, ou seulement sur une hauteur plus ou moins prolongée du fût, l'émail seul ou accompagné de cément pénétrant en différents sens dans l'ivoire, l'articulation de la mâchoire inférieure avec le crâne, est telle que les mouvements de l'une sur l'autre peuvent se faire dans toutes les directions d'un plan horizontal, en avant, en arrière, à droite et à gauche, et dans les arcs qui réunissent ces directions. Selon que ces mouvements horizontaux s'exécutent davantage dans l'une de ces directions que dans l'autre, les plans affectés par les lames d'émail et de cément varient de manière à rester perpendiculaires ou au moins très-obliques à la direction du mouvement. 11 en résulte que le déplacement que ce mouvement cause aux Dents de la mâchoire inférieure sur celles d'en haut, occasionne nécessairement le frottement des lames d'émail d'une Dent sur toutes les autres lames de la dent opposée. Et comme on a vu que ces lames sont inégalement dures et résistantes, on voit qu'elles doivent s'user inégalement, et que les surfaces correspondantes, par l'effet même de la trituration, sont entretenues dans un état d'aspérité indispensable pour l'effet qu'elles doivent produire. Ainsi dans les Ruminants où les mouvements en avant ne sont pas nécessaires, puisqu'ils saisissent leur fourrage avec leurs lèvres, ou par le simple rapprochement des incisives d'en bas contre le bourrelet qui termine le palais, la direction des lignes sur la Dent usée, et des collines sur la Dent entière, est longitudinale. Or, les mouvements de broiement sont tous latéraux, et l'on verra ailleurs (f^. Machoibes) que le condyle de la mâchoire, la surface où il s'articule, et les ligaments et les muscles qui déterminent et limitent les mouvements de la mâchoire, sont parfaitement combinés pour ce résultat. Dans les Rougeurs, au contraire, le chevauchement des incisives d'en bas sur celles d'en haut, nécessitait les mouvements de la mâchoire en avant. Aussi chez eux le condyle est longitudinal, ainsi que la rainure dans laquelle il se meut; les muscles sont dirigés très-iieu
obliquement sur l'axe de la lêle, et les collines prlmllives, el par conséquent les lames ultéiicuips d'émail cl de cément, qui se dessinent sur la couronne des Dents, sont transversales, c' est-il-dire perpendiculaires à la direction du mouvement.
Dans les Tatous et les Paresseux, les deux sortes de mobilité de la mùclioire se combinent d'une espèce à l'auire avec la même forme de Dents. Ces Dents sont toutes cylindri(|uts, ou à peu près, sur la longueur de leur fût. Elles ne sont coniques que par la pointe, avant ([u'elles aient commencé de s'user. Comme les incisives des Rongeurs, elles n'ont pas de racines, et leur croissance est permanente. Elles devaient donc s'user par l'extrémité libre comme celles des Ruminants, des Rongeurs, elc. Aussi la mâcboire est-elle susceptible, dans tous ces animaux, de mouvements horizontaux, aussi étendus que ceux des Ruminants et des Rongeurs. On conçoit, vu la fîgnre de la tranche de ces Dents, ([ue si, dans le cas de glissement en avant par exemple, les deux rangées supérieures et inférieures ne sont pas de largeur égale, la plus étroite creusera une rainure dans la plus large, et chaque Dent de cette dernière rangée offrira un sillon dans lerjuel glisseront les Dents opposées. C'est ce qui arrive chez l'Aï parmi les Paresseux. Dans cette espèce, la forme du condyle est celle des Rongeurs, et le principal mouvement de la mâchoire j est un glissement en avant. Dans l'Unau, au contraire, le glissement en avant est très-borné; la direction de Particulation maxillaire est transversale comme chez les Ruminants, et les Dents s'usent sur une surface plane et partout unie. Il est probable que ces différences dans le mécanisme de la trituration en amènent dans le choix des substances alimentaires. Mais on manque encore d'observations à cet égard {F. Bradype). — Parmi les Tatous, le Tatou Géant offre, avec tous les autres, le même contraste que l'Aï par rapport à rUnau. L'articulation de sa mâchoire est une coulisse longitudinale, plus étendue que dans aucun Rongeur; le moindre mouvement latéral n'est pas possible ; et les rangées dentaires glissent l'une sur l'autre dans une juxtaposition parfaite, tout étroites qu'elles sont. Aussi s'usent-elles par une surface parfaitement plane {F. Cuv., Oss. foss. T. V, pi. 11, f. 2 et ô). Dans les autres Tatous, au contraire, l'articulation maxillaire est semblable à celle des Ruminants, et les mouvements sont latéraux. Mais vu la figure cylindrique de la Dent dont l'émail n'est que circulaire, l'usure est uniforme sur tous les points de la surface; et la tranche qui résulte de l'usure, suffit au régime frugivore de ces animaux. Au contraire dans les plus carnivores des Carnassiers, où chaque côté des mâchoires devait représenter une paire de ciseaux toujours capables de trancher et de diviser la proie, et se terminer en avant par une pince à double crochet dontles pointes sont formées par les énormes canines; par exemple chez les Chats, les Martes, les Chiens, etc., tout mouvement de latéralité ou de production en avant, en froissant les pointes el les tranchants des rangées dentaires, les eût énioussées, et l'action de ces Dents en eût été d'autant et plus promplemenl diminuée. Or, dans ces animaux, le condyle. toujours d'une obliquité variable selon le degré
de carnlvorilé, est enclavé dans une rainure dont l'entrée sur l'animal vivant est plus élroilc (|ue la cavité, de manière que le condyle y est fortement serré, comme un axe dans une charnière. Cette obliquité de l'axe du condyle, indépendamment de la fermeté de l'arliculalion, est un obstacle à la déduction latérale. 11 en résulte que les mâchoires ne sont susceptibles que de mouvements verticaux, comme pour les branches d'une paire de ciseaux. L'on voit donc par quels rapports importants le nombre et la figure des Dents sont liés avec le régime , et par conséquent avec les mœurs el les instincts des animaux, et combien la connaissance de ces faits et de leurs rapports est indispensable à l'histoire naturelle particulière des genres el des espèces. Celle connaissance ne l'est pas moins ù la zoologie proprement dite, car il y a une telle corrélation entre les formes de certains organes el les formes de tels autres organes, que les premières nécessitent les dernières et en excluent au contraire certaines autres. El comme c'est essenliellemenl par les formes que les animaux d'une classe diffèrent entre eux, on voit de quel intérêt sont les formes qui en nécessitent ainsi de réciproquement déterminées dans le reste de l'organisation. Quoi qu'il en soit de la cause iniliale de ces réciprocités, ou, ce qui est la même chose, de ces rapports de subordination, el quel que soit le rang que les Dents occupent dans la chaîne de ces rajtports, il est certain. que les Dents, par leur nombre et leur ligure, en sont l'expression la plus significative dans les Mammifères. Effectivement les caractères qu'elles fournissent, réunis ù ceux que donne la forme de l'articulation maxillaire, suffisent pour composer les genres de la même manière que peut les former l'ensemble des motifs de détermination de la méthode naturelle. Nous n'entrerons dans aucun détail à cet égard, ayant déjà donné ou devant en donner la preuve à l'article de chaque genre de Mammifères. — Dans celle dernière classe il y a trois sortes de Dents caractérisées plutôt par l'os où elles s'implantent el par leur ordre de succession, que par la constance de leurs formes. Celles de la mâchoire supérieure se distinguent en incisives implantées dans l'os intermaxillaire, en canines toujours uniques de chaque côlé, et les premières de l'os maxillaire; puis viennent les molaires proprement dites. A la mâchoire inférieure, elles ont reçu les mêmes noms selon leur correspondance avec leurs analogues d'en haut.
On a vu quel était le petit nombre des Dents chez plusieurs Rongeurs. Les Fourmiliers, les Pangolins, les Échidnés n'en ont point du tout : le Tatou Géant en a quarante huit en haut el <(uarante-qualre en bas, quatre-vingt-douze en tout : le Dauphin de Geoffroy en a de quatre-vingt-dix-huit à cent ; le Dauphin du Gange en a cent vingt, le Dauphin de Péron cent soixante, et dans ce Tatou el aucun de ces Dau|)liins , aucune de ces Dents n'appartient à l'inlermaxillaire. Si, considérant les Mammifères comme un type d'organisation, on voulait y preiuire une unité de nombre pour les Denis, on voit que, soit (|u'on prit cette unité dans le plus, soit qu'on la prît dans le moins, elle ne pourrait être constante, et non-seulement l'unité n'exisle pas â cet égard dans la classe, mais elle n'exisle même pasdans le genre,
puisque le Tatou Géant a quatie-vingl -douze Dents dans un genre où les autres espèces n'en ont pas plus de trente-six.
Les trois sortes de Dents qui manquent ou existent toutes ensemble dans les genres précités , peuvent manquer ou exister séparément dans différents autres genres. Les Narvals n'ont que des canines; les Tatous n'ont que des molaires.
Dents (les Reptiles.
Les Mammifères n'ont de Dents qu'à deux os de la mâchoire supérieure, et ces Denis diffèrent de forme d'un os à l'autre et sur le même os. Les Reptiles Sauriens, Ophidiens et Datraciens font à peu près le même emploi de leurs Dents que les Cétacés. Ils ne mâchent ni ne broient leur nourriture. Les Dents ne leur servent qu'à saisir et retenir la proie et non à la diviser. De ce que leurs Dents ne peuvent broyer, il s'ensuit la nécessité de la carnivorité, car aucun n'ayant d'estomac musculeux, les substances végétales ne pourraient subir une préparation convenable dans la digestion. Leurs Dents concordent cependant assez avec les genres et les sous-genres naturels. Les Dents des Reptiles se développent comme les plus simples des Dents des Mammifères, les incisives de l'Homme, par exemple, avec cette différence qu'elles n'ont jamais de racines. Le fût est, par là même, nécessairement formé seulement d'ivoire et d'émail. Ces Dents sont semblables, quelle que soit leur position sur les mâchoires; partout elles se soudent par la base de leur fût sur le bord de l'alvéole d'où elles sont sorties. Dès lors elles n'ont plus aucun rapport avec le bulbe et la capsule qui se trouvent ainsi dans le même cas que chez les Rongeurs à qui l'on aurait arraché une Dent sans la pulpe, laquelle alors reproduit une nouvelle Dent. Il ne se dépose qu'un petit nombre de couches d'ivoire dans ces Dents. Elles restent creuses et sont ainsi emboîtées l'une dans l'autre, de manière qu'à la chute de la Dent de service, celle de remplacement est là prête et se fixe aussitôt sur le bord de l'alvéole dont l'autre vient de se séparer. Ce mode de remplacement ne nécessite donc pas deux séries collatérales de germes comme dans les Mammifères. — Il y a un autre mode de remplacement pour les Dents venimeuses des Serpents. Ces Dents sont fixées par soudure sur l'os maxillaire supérieur, lequel est articulé et mobile sur l'os ptérygoïdien externe. On peut compter jusfju'à onze Dents de remplacement, formées à différents degrés dans les Ilydrophis ou Serpents d'eau , cinq ou six dans les Trigonocéphales et dans la Vipère de France. Ces Dents sont formées dans des capsules membraneuses, couchées parallèlement les unes aux autres dans l'épaisseur de la membrane palatine. L'ordre de leur grandeur dépend de leur voisinage de la Dent de service. Quand celle-ci tombe, la première de remplacement dont la base est restée membraneuse se soude si bien sur la place même où était l'autre, que l'orifice de son canal se trouve juste vis-à-vis du conduit du venin.
Dans les trois ordres de Reptiles pourvus de Dents, il y en a sur tous les os delà bouche; les Amphisbènes, seuls des Ophidiens, n'ont pas de Dents palatines.
Les Dents des Reptiles tombent sans régularité, soit
quant aux époques, soit quant à la situation respective. Les Crocodiliens ainsi que les Monitors n'ont de Dents qu'aux os maxillaires et intermaxillaires ; elles sont coniques dans les Crocodiles; de soixante -dix-huit à cent et plus en tout suivant les espèces. Parmi les Monitors proprement dits, les uns ont les Dents coniques, d'autres aignës et tranchantes, de quatre-vingt-seize à cent vingt en tout. Les Dragonesontdes Dents coniques à sommet plus mousse et presque sphérique en arrière. Les Lézards proprement dits, outre les Dents des os intermaxillaires et maxillaires, en ont encore aux palatins et ptérygoïdiens. Les Iguaniens ont aussi ces rangées surnuméraires, mais de plus leurs Dents sont tranchantes et plus ou moins dentelées sur le tranchant. Dans les Geckos les Dents sont toutes égales , serrées , grêles et pointues, au nombre de cent (juarante à cent quarante quatre en tout. Dans les Caméléons les Dents sont très -petites et trilobées. Les Batraciens ont tous des Dents au palais; en outre les Salamandres en ont aux deux mâchoires; les Grenouilles à la supérieure seulement; les Crapauds à aucune des deux. Dans tous les Ophidiens , moins les Amphisbènes , il y a quatre rangées de Dents à la mâchoire supérieure; une sur chaque arcade maxillaire, une autre sur chaque arcade palatine. L'arcade palatine en porte quelquefois sur le palatin et sur le ptérygoïdien interne. Les Dents ou crochets canaliculés pour conduire le venin n'existent jamais que sur les maxillaires proprement dits; toutes les autres, soit de la mâchoire inférieure, soit de la supérieure, sont fermées à leur sommet, mais creuses intérieurement et soudées, comme celles des Sauriens, sur le bord de leur alvéole.
Dents des Poissons.
Il y a plus de variation, et pour la struclure et pour le développement des Dents, chez les Poissons que chez les autres classes; ils en offrent quatre genres sous ce rapport : 1" les composées que forment une infinité de tubes tous unis et terminés par une couche commune d'émail, telles sont les Dents en pavé des Raies ; 2» les simples qui ne tiennent qu'à la gencive, comme celles des Squales ; 5» les simples qui naissent dans un alvéole, celles du plus grand nombre des Poissons osseux; et 4° d'autres également simples, mais dont la capsule n'est point enfermée dans un alvéole : ce sont celles qui garnissent les os pharyngiens des Cyprins et desquelles nous avons déjà parlé. La structure et le mode de développement de celles-ci sont le mieux conçus. Enfin, si les boucles des Raies peuvent être prises pour des Dents , il y a un cinquième genre de Dents chez les Poissons. Desraoulins a examiné celles de la quatrième classe, chez les Cyprins. Voici ses observations à ce sujet ; 1" leur capsule, au moins pour celles de remplacement, est contenue dans la gencive derrière le bord dentaire de l'os pharyngien. Cette capsule n'a d'antre pédicule que le cordon des vaisseaux qui pénètrent dans le bulbe avec lequel la capsule vient se continuer autour de l'insertion même du pédicule vasculaire. Ici donc, comme Rousseau l'a vu chez les Mammifères, il n'y a qu'un seul feuillet à la capsule, et c'est dans la cavité comprise entre ce feuillet et la surface du germe que se forme la Dent. Ici l'émail est d'abord
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déposé sur le germe dont la figure sert de moule à la Dint. L'émail esl-il déposé par le germe même ou par la membrane de la capsule? c'est ce que nous ne pouvons dire. Le chapiteau d'émail une fois foinié, les couches d'ivoire se déposent dessous comme pour les Dents des Mammifères. Quand on observe une Uenl en position, le côlé de sa base (|ui regarde la Dent de remplacement est percé d'un trou. Le pédicule de la Dent de remplacement se porte vers ce trou, et comme ce pédicule est d'autant plus élasti(iue que la Dent est |)lus avancée dans sa foimation, on conçoit ciu'il tire la Dent vers la place de celle qu'il doit remplacer. Comme ces Dents restent creuses, parce qu'à leur couronne l'ivoire est moins épais que l'émail, le bulbe n'a rien perdu de son volume quand le remplacement a lieu. A cette époque il n'y a que le chapiteau d'émail de formé. Le bulbe qui y adhère très-fortement, ne commence à déposer l'ivoire de la couronne et du fût qu'après avoir pris position dans la cavité sur les bords de laquelle le fût de la Dent précédente était soudé, et sur lesquels il soudera le sien même. On voit (|ue ce mode de développement est le même que celui des Mammifères, et que le mécanisme du déplacement ressemble à celui des Dents venimeuses des Serpents. — 2° Les Dents dont les germes existent dans les alvéoles, chez les autres Poissons osseux, se forment de la même manière. Parvenues perpendiculairement sur les bords de l'alvéole , elles s'y soudent par la base de leur fût comme les précédentes et celles des Reptiles, et n'ont pas par conséquent de racines. Une fois soudées, le germe s'atrophie, et elles conservent toujours leurs cavités. — 3» Les Dents simples des Squales diffèrent des précédentes, moins parce qu'elles ne s'implantent ordinairement pas sur des os, quoique cela arrive pour les Dents du Squalus prislis, où elles saillent à droite et à gauche de la grande lame qui se prolonge au-devant de la lête comme les dénis d'une scie, <iue parce qu'elles croissent à la manière des os, c'est-à-dire que tout leur ivoire est d'abord tendre et poreux, qu'il se durcit uniformément jusqu'à ce qu'il ait partout une même solidité. On ne sait rien sur la formation de cet ivoire, non plus que sur le mécanisme et même l'existence de la capsule <|ui l'a probablement produit. — 4" Les Dents composées, quelles qu'en soient la figure et la position, sont toujours divisées en deux couches superposées : la supérieure dense, osseuse, couverte d'une légère couche d'émail, l'inférieure manjuée en dessous, c'est-à-dire à sa face contigue, soit à la peau, soit au bulbe, de sillons trèsréguliers et très-rapprochés intérieurement. Celte couche est irrégulièrement traversée de pores qui s'ouvrent dans les sillons de la surface cutanée. Cuvier présume que ces sillons et ces pores transmeltent des vaisseaux et des nerfs jus(|u'à la couche supérieure. Celle-ci, quoique plus dense, est uniquement formée de tubes parallèles, tous immédiatement terminés à la surface émailleuse. Quelques Poissons osseux ont des Dents d'une structure très- analogue à celles-ci. Telles sont celles des Diodons et Télrodons. Vue à l'intérieur, cette Dent ne présente que des sillons transversesj sciée ou brisée, on voit qu'elle est formée de lames dont les tranchants soudés par l'émail à la superficie restent
longtemps distincts à la racine. — 5» Les boucles des Raies se développent dans une capsule semblable à celles des Denis des Cyprins, et placée dans l'épaisseur de la peau comme celles-ci le sont dans l'épaisseur de la muqueuse de l'extrémité de l'œsophage. .\nalomi(|ueroent parlant, ce sont de vraies Dents. Blainville en a, le premier, reconnu la nature. On ignore si elles sont susceptibles de remplacement. — 6» Enfin il existe un Poisson que Cuvier rapporte aux Spares, où les dents I>alallncs se succèdent par devant, et où l'ensemble des rangées dentaires ainsi formées, représente par l'usure une surface très-semblable à la coupe des Dents d'Éléphants. Qu'on se figure des Dents à peu près semblables aux incisives de l'Homme disposées sur dix ou douze rangs, à quatre ou cinq Dents par rangées disposées de champ, comme dans l'Homme. Toutes ces rangées, distantes l'une de l'autre d'environ l'épaisseur d'une Dent, sont enclavées par un véritable cément, de sorte que par la détrition, quand le tranchant des Dents est entamé (et il l'est d'autant plus profondément qu'elles sont plus postérieures), on voit des rangées de petits ovales d'émail très-allongés en travers, donll'intérieur contient une face d'ivoire, et dont les intervalles sont remplis de cément. Les Dents de la première et de la seconde rangée, ont seules conservé leurs tranchants. La pla(|ue de ces Dents est portée sur le vomer; une autre plaque correspond sans doute à la langue.
Quant au remplacement des Dents des Poissons, il n'est pas plus régulier pour la place et l'époque que chez les Reptiles. Dans les Poissons osseux, la série des Denis de remplacement est tantôt latérale ; c'est le cas des Baudroies j tantôt elle est intérieure chez les Sargues; dans les Spares ellesSciènes,la série des Dents de remplacement est étagée au-dessus des Denis de service, et de plus en est séparée par un plafond que la Dent nouvelle doit traverser ou user pour se produire au dehors. Il existe quelquefois plusieurs étages de ces Dents dont le chapiteau d'émail est d'autant moins avancé qu'elles sont plus éloignées de la surface. Les Denis des Squales se remplacent à peu près comme celles des Cyprins et les crochets des Vipères, puis(|u'elles ne sont point contenues dans des alvéoles. Derrière la rangée des Dents de service, se trouvent successivement et en relraite plusieurs autres rangées couchées et inclinées en arrière. Mais ces remplacemenls de Dents dans les Squales diffèrent des deux que nous en rapprochons, parce que ces rangées de Denis supplémentaires sont toutes à découvert dans la bouche, et que même les plus antérieures servent à saisir et retenir la proie. Cuvier dit iiue quand une Dent de la première rangée vient à tomber, celle de derrière se relève et prend sa place.
Par la position et la forme de toutes ces Dents, on voit que leur utililé est très-variable chez les Poissons. Tous ceux qui les ont aiguës ne mâchent point, et il n'existe pas d'organe du goût dans leur bouche. Ceux qui en sont tout à fait dépourvus, comme les Muges, n'en ont pas non plus, mais ils ont un véritable gésier plus robuste encore que celui des Gallinacés et qu'Aristote a décrit il y a deux mille ans. Ceux qui ont des Dents triturantes auraient tous un organe du goût, à en juger par les Cyprins. Les Poissons ont des Dents près-
que sur tous les os qui forment paroi dans la bouche ; iiUermaxillaires, maxillaires, dentaires, mandibulaires, et prémandibulairesde la mâchoire inférieure; vomer, palatins, ptérygoïdiens, les différentes pièces de l'hyoïde et les pharyngiens. Enfin dans le Squale Scie les Dents, toutes extérieures, ne|)eiivent pas plus servir à agir sur les aliments que les aiguillons des Raies. Comme les aiguillons des Raies, c'est aussi dans le corps de la peau que sont placés les germes de ces Dents du Squale Scie, Dents dont personne ne contestera sans doute la nature.
Toute la classe des Oiseaux, tout l'ordre des Chéloniens parmi les Reptiles, les Lamproies et l'Esturgeon parmi les Poissons cartilagineux, manquent de Dents; rien n'en tient lieu dans l'Esturgeon. Dans les Oiseaux et les Chéloniens, une corne fibreuse, absolument semi)lable à celle qui forme les ongles et les cornes proprement dites, se moule sur les mandibules osseuses des deux mâchoires. Les divers degrés de dureté et de conlîguration dont elle est susceptible, influent autant sur la nature des Oiseaux que le nombre et la figure des Dents sur celle des Mammifères, et même, comme on a vu, sur la nature des Poissons. V. Bec.
Parmi les Mammifères, les Échidnés ont aussi une enveloppe de corne à la mâchoire inférieure. Les Baleines n'ont pas de Dents non. plus. Elles ont à la mâchoire supérieure des lames de corne fixées sur le maxillaire par une substance plus charnue, laquelle se change graduellement en fanon. Chaque fanon ou lame présente intérieurement une couche de fibres cornées, revêtues de deux lames cornées aussi, mais plus minces, plus denses, et qui, un peu écartées par leur bord interne, laissent sortir les fibres internes eu forme de franges.
Desmoulins a découvert dans la Lamproie un troisième genre d'appareil de remplacement des Dents. C'est un emboîtement de lames cartilagineuses ployées par leur milieu et denticulées sur le bord de leur repli. Toutes ces lames, d'une substance qui tient à la fois, pour l'aspect et la consistance, du cartilage et de la corne, enveloppent circulairement le bourrelet mandibulaire de ces animaux, le pourtour de l'œsophage, etc. On peut en déboîter ainsi cinq ou six de l'une dans l'autre. Elles sont évidemment le produit d'exsudation successive et n'adhèrent nullement entre elles. Toutes sont adhérentes par leur base au bourrelet de la mandibule. Elles semblent d'autant plus nombreuses que l'animal est plus âgé. A quelle époque tombe chaque rangée, en tombe-l-il plusieurs par an? on l'ignore. Quoi qu'il. en soit, cet appareil n'a aucune analogie ni avec le bec des Oiseaux, ni avec celui des Tortues, ni avec les fanons des Baleines.
A l'autre extrémité du règne animal, les Échinodermes, dans la classe des Radiaires , ont encore de véritables Dents, portées et mobiles sur un appareil trèscompliqué, dont on trouvera la description aux mots ÉCBiNODERMES et OcRsiN; CCS DenIs forment un long prisme triangulaire, dont les deux pans postérieurs forment des angles rentrants dans VEcliiiius esculentus. Dans VEchinus cidaris, c'est un demi-tube dont l'extrémité, usée obliquement, forme le cuilleron. Ces Dents ont au moins les deux tiers de la hauteur de l'animal. Très-
dures dans leur extrémité, libres par où elles convergent l'une vers l'autre comme un étau ù plusieurs pinces, elles se ramollissent de plus en plus inférieurement, et forment une longue queue molle, flexible, qui se replie à l'extrémité comme un ruban. Cette partie molle a un éclat très-soyeux et même métallique, et se déchire par le moindre effort. Comme pour les incisives des Rongeurs, le fût de la Dent prend par en bas autant d'accroissement qu'il subit de diminution en haut par la détrition. L'enroulement de la capsule subvient à cette reproduction , et la capsule elle-même se reproduit par son extrémité pour y suffire. — Enfin, les Dents ou mandibules des Mollusques sont des pièces de consistance cornée ou quelquefois pierreuse, incrustées ou fichées dans une masse cbarnue, qui enveloppe la bouche. Dans les Céphalopodes, elles sont formées par une double lame d'une vraie corne très-épaisse et d'un brun foncé, dont les bords, opposés à la partie triturante, s'amincissent et se perdent dans la masse charnue.
Pour le nombre, la forme, l'agencement particulier de chai|ue espèce de Dents parmi les différents genres de Vertébrés, f^. les articles de chacun de ces genres.
DENT. BOT. L'urne, dans la famille des Mousses, a ses parois formées de deux membranes appliquées l'une sur l'autre et entièrement unies. Les Dents qui garnissent quelquefois le périslome ou l'ouverture de l'urne, sont tantôt fournies par la membrane externe, tantôt par l'interne. Dans le premier cas elles portent spécialement le nom de Dents, tandis qu'on les appelle Cils dans le second, f-^. Mousses etPERisTOME.
DENT DE CHIEN. BOT. Synonyme vulgaire de Etythrouiuvi. V. Érythroivier.
DENT DE COCHON. Mm. Nom donné vulgairement à la variété de Chaux carbonatée métastatique, qui n'offre que des sommels de Cristaux groupés.
DENT DE LION. BOT. Même chose que Liondent. V. ce mot.
DEiNT.MRE. Dentaria. bot. Genre de la famille des Crucifères et de la Tétradynamie siliqueuse , L. , fondé parTournefort. Caractères : calice composé de sépales oblongs et connivenls; pétales plans et onguiculés; stigmates émarginés; silique lancéolée, à valves planes, sans nervures, se séparant le plus souvent avec élasticité, à placentas non ailés; cordons ombilicaux dilatés, supportant des graines ovées, non bordées et disposées sur une seule ligne. Les Dentaires sont en outre caractérisées par leurs racines ou plutôt leurs souches souterraines tuberculeuses et ayant la forme des dents molaires des Mammifères. Elles ont des fleurs très-grandes, proportionnellement à celles des autres Crucifères, blanches ou d'un pourpre légèrement violacé. Leurs feuilles sont divisées en lobes profonds, ou disposées comme les folioles des feuilles pennées.
De CandoUe en décrit seize espèces partagées en trois sections : la première a des feuilles verticillées, le style longuement saillant, les valves de la silique à peine acuminées vers la base du style. Elle se compose des Dentaria polyphylia, Waldst. et Kit.; Dentaria eiineaphylla, L.; Dentaria glandulosa, Waldst. et Kit.; Dentaria laciniata, Muhl.; et Dentaria heterophjlla ,
iiû
IViitt. La deuxième section, dont les feuilles c.iulinaires sont alternes et palmées à trois ou cinq segments, comprend les Denian'oieneWo, Pursh; Dentariadiphylla, Michx.; Dentaria maxima, >utt.; Dentaria trifoUa, Waldst. et Kit.; et Dentaria digitata, Larak , ou Dentaria pcntaphxUos, L. Les espèces de la troisième seclion ont pour caractères communs ■ des feuilles caulinaires alternes, composées de segments disposés à la manière des feuilles pennées. Ce sont les Dentaria pinnata , Lamk. ; Dentaria quinquefolia , Bieberst. ; De7ilaria hypanica , Besser; Dentaria bulbifcra, L.; Dentaria microphylla, Willd.; ei Dentaria tenuifolia, Ledebour.
Les plantes des deux premières sections sont indigènes principalement de la partie australe de l'Europe, et de ['.Amérique du nord. Celles de la troisième habitent, a l'exception de la Dentaria pinnata , les régions orientales de l'Asie et surtout la Sibérie ainsi que les environs du Caucase.
Dentaire digitée. Dentaria digitata, Lamk. Espèce remarquable par ses feuilles alternes, pétiolées et composées de cinq folioles unies par leur base, lancéolées et disposées en forme de digitations. Leurs fleurs, trèsgrandes, terminales, le plus souvent purpurines ou violettes, font un effet cbarmant dans les bois taillis des Alpes, du Jura et des montagnes des déparlemenls méridionaux de la France.
Dentaire ailée. Dentaria pinnata, Lamk., Dentaria heptaphyltos, Villars. Cette espèce, longtemps confondue avecla précédente, s'en distingue par ses feuilles pennées, à cinq ou sept folioles opposées deux à deux avec impaire, et non insérées toutes ensemble au sommet du |)éliole. Ses fleurs sont ordinairement blanches, et bien rarement elles prennent la teinte rose, qui caractérise celles de la précédente espèce. On la trouve aussi plus communément, el dans les montagnes boisées d'une grande partie de la France.
DE.\TALE. POIS. Syn. de Sparus Dentex. V. Denté.
DENTALE. Dentalium. annéi.? Genre peu connu, placé généralement dans la classe des Annélides, et que plusieurs auteurs rapportent à celle des Mollusques. Cuvier (Règn. Anim. T. ii, p. 522) le range, non sans quelque doute, avec les Annélides tubicoles, et lui assigne pour caractères : coquille en cône allongé, arquée, ouverte aux deux bouts; animal paraissant articulé et pourvu de soies latérales. Lamarck (Hist. nat. des Anim. sans \et\ T. v, p. 541 ) en fait aussi une Annélide de l'ordre des Sédentaires et de la famille des Maldonies. Ses caractères sont, suivant lui : corps lubicolaire trèsconfusément coi.nu , ayant son extrémité antérieure cxtensile en bout»n conique entouré d'une membrane en anneau; boucke terminale; extrémité postérieure dilatée, évasée orbiculairement, à limbe divisé en cinq lobes égaux; tube testacé, presque régulier, légèrement arqué, atténué insensiblement vers son extrémité postérieure, et ouvert aux deux bouts. — Les coquilles (les Dentales sont Iris-nombreuses en espèces; ce sont des tubes calcaires, solides, assez épais, ouverts aux deux extrémités, plus ou moins arqués, tantôt lisses, tantôt striés à leur surface, et que l'on a comparés, en petil, à une défense d'EIq)hant. Elles contiennent un
animal dont l'organisation est fort peu connue. D'Argenville en a donné, il est vrai, dans sa Zoomorphose. une figure et une description ; mais l'une est si peu précise et l'autre tellement incomplète, qu'on doit les considérer comme des indications assez vagues. Suivant les observations de Fleuriau de Belle- Vue, rapportées par Lamarck, l'animal des Dentales approche beaucoup par sa forme des Amphitritcs el des Sabcllaires; il a, de chaque côté du corps, une rangée de petits faisceaux à deux soies; mais il n'a pas les panaches branchiaux des Amphitrites, ni les paillettes en peigne des Sabellaires. Savigny (Syst. des Annélides, p. 98), dont l'autorité est d'un grand poids, décrit d'une manière bien différente l'animal delà Dentale lisse, Dentalium Entalis, qu'il a eu occasion d'observer, et ses observations, bien que faites à la hâte, le portent à rejeter le genre Dentale de la classe des Annélides. «Mon sentiment, dit-il, à l'égard de ces tubes calcaires, est maintenant appuyé par un fait positif. J'ai sous les yeux l'animal du Dentalium Entalis que M. Leach vient de m'envoyer, et je ne lui trouve pas à l'extérieur le moindre vestige d'articulations; il n'a certainement ni pieds ni soies. C'est un animal très-musculeux, de forme conique comme sa coquille, très-lisse et très-uni dans son contour, terminé postérieurement par une queue distincte, roulée en demi-cornet, au fond de laquelle est l'anus; la grosse extrémité du corps est tronquée, avec une ouverture voûtée assez semblable à la bouche d'un Trochus, de laquelle sort un panache conique, produit par l'entrelacement d'une innombrable quantité de petits tentacules filiformes, très longs, terminés tous en massue. Voilà des points que je peux donner pour certains. Je soupçonne en outre que l'animal est pourvu d'une trompe, et que, dans son dévelojjpement complet, il déploie un luxe de tentacules beaucoup plus grand encore que celui que l'état de contraction laisse d'abord supposer. Le tube intestinal qui descend entre deux énormes colonnes de muscles me parait aller droit à l'anus et n'être accompagné d'aucun viscère remarquable."
On ne sait presque rien sur les habitudes des Dentales; elles se rencontrent principalement sur les côtes sablonneuses des mers des pays chauds. 11 parait qu'elles vivent enfoncées plus ou moins dans la vase et que le test a une position verticale. Plusieurs naturalistes pensent que l'Animal n'est point fixé à sa coquille, et qu'il peut en sortir et y rentrer à volonté. On a aussi pensé qu'il changeait de place en emportant avec lui sa demeure; mais celle-ci est trop pesante pour qu'on puisse supposer la chose possible, si toutefois il est vrai qu'il ne lui adhère par aucun point de son enveloppe. Les Dentales vivantes actuellement dans nos mers sont assez nombreuses. On pourrait les diviser en deux ou trois sections fondées sur l'étal de la surface des lubes qui sont tantôt lisses, tantôt striés, d'autres fois anguleux ou polygones.
Dentale lisse. Dentalium Entalis, L., figurée par Gualtiéri (Index Test. Conehyl., tab. 10, fig. e). L'n peu courbée, presque cylindrique, unie el blanche. Elle habite l'océan d'Europe, les mers de l'Inde et la Méditerranée.
Dentale polie. Dentalium poUtum, L., représentée
D E iV
par Gualfiéri et par Martini (Cabinet, T. i. fab. 1, fig. 5 a). Elle est plus pointue que l'espèce précédente, lisse, souvent rose, avec des stries circulaires vertes. Elle vient de la mer des Indes et des côles de la Sicile.
Dentale Dent. Detitaliuin ilentalis des auteurs. Courbée, entièrement rouge ou rose, avec vingt stries. Elle vit dans les mers des Indes et dans la Méditerranée.
Dentale fa.sciée. Dentalium fascialiim, L., figurée par Martini {loc. cit. T. i, tab. 1, fig. S n). Petite, un peu arquée, finement striée, grise, avec cinq à six bandes plus obscures. On la trouve dans les mers de l'Inde.
Dentale Élêphantine. Dentalium Elephantium , Lanik., représentée par D'ArgenvilIe (Concb., tab. 3, fig. n,etZoomorph., tab. 1, fig. n) et par Martini (loc. cit. T. I, tah. 1, fig. 4 a et 5 a). Un peu arquée et striée avec dix angles. Elle vit dans les mers de l'Europe et de l'Inde; on trouve son analogue à l'état fossile.
Dentale Corne- de- Bocc ou Sanglier. Dentalium Àprinuvi, Lamk. Elle n'est peut-être qu'une variété de l'espèce précédente. On la rencontre avec elle.
Les Dentales ne se sont encore trouvées fossiles que dans des terrains nouveaux de l'Italie, de l'Angleterre et de la France. Leur nombre est assez considérable; Iiarmi elles, les espèces les plus intéressantes sont :
Dentale SILLONNÉE. Dentalium sulcatum , Lamk. Elle est légèrement arquée, très-aigue, sans feule au sommet ; toute sa surface extérieure est cbargée de sillons entre lesquels se trouvent quelques stries. Sa longueur est d'un pouce et demi à deux pouces.
Dentale fausse Entale. Dentalium pseudo-Entalis, Lamk. Celle-ci fait le passage entre les espèces à côtes et striées et celles qui sont lisses; elle ne diffère en effet de la précédente qu'en ce qu'elle n'est striée que postérieurement au lieu de l'être sur toute la surface extérieure. Elle se distingue également par sa fente postérieure assez longue. Elle a d'ailleurs de bien plus grandes dimensions.
Dentale \yoiv.t.. Dentalitim Eburneum , L. , Lamk. Tuyau lisse, poli, brillant , qui présente une série d'anneaux plus ou moins serrés, obliques, soudés entre eux, marqués par une strie peu profonde; elle a jusqu'à deux pouces de longueur. Elle est arquée, subcylindrique et très-pointue lorsqu'elle est entière.
DENTALINES od DEINTALITES. ffloiL. Synonyme de Dentales fossiles.
DENTALIUM. ankél. r. Dentale.
DENTAUIA. eot. V. Dentaire. Outre le genre dont ce nom est la désignation particulière, plusieurs plantes avaient été appelées Dentaria : celle de Matlhiole et de Ray est la Clandestine ordinaire; celle de Mentzel, la Tozziedes Alpes; celle de Scopoli, la Tourrette glabre; enfin des Orchidées, des Orobanches et des Anémones ont également été appelés Dentaria.
DENTÉ. Dentex. pois. Genre formé par Cuvier aux dépens des Spares de Linné. Caractères : une gueule très-fendue, avec les mâchoires armées en avant de quelques crochets gros et longs, et sur les côtes d'une rangée de dents coniques, ou de petites dentsen velours derrière les crochets de devant; sept rayons à la membrane des branchies; une seule dorsale. Il appartient à la famille des Percoïdes. Les Dentés diffèrent des Pica-
rds en ce qu'ils n'en ont pas les mâchoires protractiles; des Bogues, parce qu'ils n'ont pas leur denture disposée sur une seule rangée; des Canlhères, parce qu'ils ne sont pas pourvus seulement de dents en velours ; enfin des Spares du nombre desquels on les a distraits , parce qu'ils n'ont pas de dents en forme de pavé. Ils ne sauraient être confondus avec les Luijans, les Diacopeset les Serrants, n'ayant point de dentelures au préopercule ou a l'opercule. L'espèce la plus connue se trouve particulièrement dans la Méditerranée. Les autres sont pour la plupart des Poissons américains, qui se pèchent dans les mers des Antilles où leur chair est assez estimée.'
Denté ovivwkiY.^. Dentex vulgaris , Cus.; Spams Dentex , L., Bl., pi. 268. C'est le Cynodon de Rondelet et des anciens, qu'il ne faut pas confondre avec le Cynodon de Bloch. Ce Poisson acquiert une assez grande taille, particulièrement dans l'Adriatique, où , si l'on s'en rapporte à quelques auteurs, on en a péché du poids de huit cents livres. Les individus qu'on prend sur les côtes de Provence et de Gènes en passent rarement une vingtaine. Les marchés de l'Italie, de la Sardaigne et de la Dalmatie en sont abondamment pourvus. On prend suffisamment de ce Poisson sur certains parages pour en faire des salaisons qui deviennent un objet de commerce. Il a été aussi trouvé dans les mers de l'Arabie et jusqu'au cap de Bonne-Espérance. Aristote avait déjà remarqué que le Denté vit en troupes nombreuses. Schneider a menlionnné sous le nom de Sparus pseudo- Dentés, une belle variété de ce Poisson, qui a été pèchée près de Gênes et que distinguent la grandeur de ses dents tranchantes et la grande tache jaune, qui se voit sur ses opercules, d. 90, p. 16, v. G, a. ô/U, c. 15.
DENTÉ. Dentatus. bot. Ce mot s'emploie pour désigner tous les organes bordés de dents; ainsi on dit des feuilles Dentées, un calice Denté, etc. Les mots Dentelé et Denticulé n'en sont que des synonymes ou des diminutifs.
DENTELAIRE. Plumbago. bot. Ce genre, fondé par Tournefort, est le type de la famille des Plumbaginées; il appartient à la Penlandrie Monogynie. Caractères : périgone double : l'extérieur tubuleux, hérissé et à cinq dénis; l'intérieur pétaloïde, infundibuliforme, aussi tubuleux et à cinq segments égaux; cinq étamines hypogynes , dont les filets, élargis à leur base, entourent l'ovaire; un seul style portant cinq stigmates; capsule s'ouvrant par le sommet en cinq valves; graine suspendue dans la capsule par un placenta filiforme, qui est attaché à la base de celle-ci, et se recourbe dans la loge. Dans son Gênera Plantarum, Jussieu place ce genre, ainsi que sa famille, parmi les Dycolylédones apétales; cependant l'évidence de sa corolle a engagé plusieurs auteurs , et notamment Brown , à lui assigner un rang dans les Dicotylédones corollées. 11 se compose de plantes le plus souvent frutescentes, ayant leurs feuilles semi-amplexicaules, et leurs fleurs soutenues par trois bractées, disposées en épis terminaux, d'une couleur blanche, rose ou bleue. On ne compte qu'un petit nombre d'espèces. Elles ont pour patrie les contrées chaudes des deux hémisphères; une seule est européenne, les autres sont indigènes du Cap, des Indes et de l'Amérique australe.
LaDE«lIElAIREEIIROPÉENIIE,/'/Km6o</o£'Mropa!0,L.,
croît dans l'Europe méridionale. Sa tige, liaule de vingt pouces, cylindri<|ue, cannelée et branchue, porte des feuilles alternes, simples, entières, un peu onduleuses, ovales, oblongues et légèrement velues sur les bords; SCS fleurs sont purpurines ou bleuâtres, et ramassées en bouquet an sommet des tiges et des blanches. Le calice est parsemé de tubercules visqueux et glanduleux, et les étamines, saillantes hors de la corolle, sont insérées sur des écailles qui remplissent le fond de la fleur. L'âcrelé de cette plante, surtout lorsqu'elle est fraîche, 'réside principalement dans la racine. Comme elle augmente l'action des glandes salivaires, c'est un masticatoire assez énergique. On l'a même employée autrefois comme émétique, mais l'incertitude de son action en a fait depuis longtemps abandonner l'usage.
Les espèces le plus habituellement cultivées dans les serres chaudes, sont le Plumbago scandens et le Plumbago rosea. La première est remarquable par ses jolies fleurs d'un bleu paie, ayant la forme et la grandeur de celles de certains Phlox. Dans la seconde, les Heurs, dont la couleur est d'un rose agréable, durent longtemps, s'ouvrent successivement et décorent les serres pendant une grande partie de l'année. Elles exigent, pour bien fleurir, les bords seulement de la tannée. Plantées dans une terre bonne et consistante, plutôt forte que trop légère, elles demandent des arrosements fréquents en été. Enfin, on ne doit les dépoter que lorsqu'elles ont entièrement tapissé leur vase.
DENTELÉ. BOT. K. De^té.
DENTELLARIA. bot. Selon .\danson, c'est ainsi que Rai nommait le f^issailali d'Hermann ou le genre Knoxia de Linné. Ce mot a aussi été employé par plusieurs auteurs anciens pour désigner des plantes diverses. Ainsi, dans Gesner, il représentait VErigeron acre, L.; c'était pour Daléchamp le Dentaria pinnata, L., et le Plumbago Europcoa pour Rondelet.
DENTELLE, rept. Espèce du genre Tortue.
DENTELLE. Dentellu. bot. Genre établi par Forstcr dans la famille des Rubiacées. Une seule espèce le compose, c'est le DenlcUa repens, petite plante herbacée, rampante, originaire des îles de l'océan Pacifique. Elle parait être la même <iue VOldenlandia repens de Burmann (Flor. Ind., p. 58, t. 15). Ses pédoncules sont axillaires, solitaires et uniflores. Leur calice est rétréci supérieurement où il présente cinq divisions. La corolle est infundibuliforme, velue intérieurement, à cinq lobes tridentés. Les étamines sontsessilus; leurs anthères sont oblongues et renfermées dans l'intérieur de la corolle. La capsule est pisiforme, couronnée par le limbe du calice; elle offre deux loges contenant chacune un tro phosperme saillant, auquel sont attachées un grand nombre de graines.
DENTELLE DE MER. poLYP. Des Millépores, des Eschares et des Flustres ont reçu ce nom.
DENTELLE DE VÉNUS, poltp. C'est VAnadromena flabeltala.
DENTELURES, bot. Découpures aigut?s, qui garnissent le bord des feuilles ou de tout autre organe mince et fort étendu.
DENTEX. POIS. F. Denté.
DENTICL'LÉ. bot. r. De^té.
UENTIDIE. nentidia. bot. Genre de la famille des Labiées et de la Didynamie Gymnospermie, fondé par Loureiro qui le caractérise ainsi : calice bilabié, poilu et luisant, à cinq divisions dont les trois supérieures sont obtuses et denliculées, et les deux inférieures subniées et plus longues; corolle en gueule, ayant la lèvre supérieure divisée en quatre segments arrondis, dressés, et la lèvre inférieure plus grande, très-entière, courbée et réfléchie; filets des étamines plus courts que la corolle; anthères à deux loges distantes par un connectif situé à la base; style court, égal aux étamines; stigmate aigu et bifide; quatre akènes arrondis. Selon Biown, ce genre doit être réuni au Plectranlhus de L'Héritier.
La Dei^tidie de Nankin, Dentidia Nankinensis, Lour., Dentidia purpurascens, Pers., est une plante herbacée, haute de douze à quinze pouces, à feuilles réniformes dont le limbe est réfléchi, frangé, glabre et d'un pourpre violet, ainsi que les rameaux. Les fleurs sont rosées, disposées en épis prismatiques et axillaires. L'aspect de cette plante est agréable, et son odeur est semblable à celle de la Mélisse de Crète ; ces caractères, existant aussi chez les Plectranthes, doivent confirmer le rapprochement indiqué par Drown. Au surplus, la plante en question est indigène de Nankin, en Chine, et on la cultive comme plante d'ornement à Canton.
DENTIROSTRES. ois. Nom d'une famille qui, dans la Méthode d'illiger, comprend les genres Momol et Calao.
DENTRIX. POIS. Synonyme de Denlex. V. Denté.
DENTS DE SERPENT PÉTRIFIÉES. V. Glossopètre.
DÉNUDÉ. Denudaliis. Mot qui exprime un organe qui, devant être recouvert, se trouve accidentellement privé de son enveloppe accessoire.
DÉNUDÉS. Gymnonectes. crist. Famille établie par Duméril dans l'ordre des Entomoslracés.
DÉODALITE. MIN. Nom donné par quelques minéralogistes à une variété de Feldspath.
DÉPAZÉE. Depazea. bot. Depuis la formation de son genre Leptostroma, Fries a proposé d'en distraire quatre ou cinq espèces auxquelles on ajouterait une ou deux Sphéries, pour en former un genre particulier, caractérisé par ses sporidies ou conceptacles irréguliers, dissemblables et peu écartés. Voici comment le professeur Kickx, de l'université de Gand, décrit les espèces de Dépazées qu'il a observées en Belgique.
Dêpazêe a decx faces. Depazea bifrons, Kic, Sphœria lichenoides, De Cand. Taches ovales ou arrondies, translucides, blanchÂtres ou jaunâtres, non bordées; périthèces noirâtres, taisant saillie des deux côtés delà feuille; ascidies linéaires ou cylindriques, renfermant de cinq à neuf sporidies. Sur les feuilles des plantes vivaces.
Dépaîée LicnENOÏDE. Spluvria lichenoides, De Cand. Tache blanchâtre, arrondie ou obloiiguc, grande, souvent marginale, diaphane, bordée par une ligne ou bourrelet d'un brun rougeàlre, plus ou moins foncé; périthèces épiphylles, noirs; ascidies elliptiques ou ovoïdes, contenant de deux à cinq sporidies. Sur les feuilles de Lierre.
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DÉPAZtE ptRPDRESCEi^TE. Depozeu purpurascens , Kickx. Tache grise ou blanche, translucide, suhorbiculaire, bordée d'une ligne noire, qui est entourée à son tour d'une aréole pourprée, plus ou moins large; péritliéces épiphylles, très-petits, bruns-noirâtres; ascidies fusiformes, courbées, renfermant de une à sept sporidies. Sur les feuilles du Cornouiller.
Dépazée VAGABoriDE. Depazea ragans, Fr. Tache pâle, plus ou moins blanchâtre, translucide, oblongue ou arrondie, indéterminée ou à peine circonscrite par une zone légère, un peu rembrunie; périthèces épiphylles, très-petits, bruns-noirâtres; ascidies ellipsoïdes ou cylindriques, renfermant de une à cinq sporidics. Sur les plantes herbacées.
Dépazée frondicole. Depazea fiondicola, Fr. Tache orbiculaire, petite, blanche, entourée d'un rebord brun; périthèces indistinctement épiphylles ou hypophylles, très-petits, bruns -noirâtres; ascidies linéaires, courbées, contenant de cinq à dix sporidies. Sur les feuilles des Peupliers.
DÉPERDITION. Acte par lequel les végétaux rejettent à l'extérieur les substances qu'ils ont absorbées ou qui se sont formées par la végétation et qui sont devenues inutiles à leur nutrition. Or, ces substances sont tantôt des fluides à l'état de vapeur, tantôt des gaz, tantôt enfin des substances liquides ou même solides. La Déperdition comprend donc trois fonctions, savoir : la iratiapiration, Vexpiiation et Vexcrélion.
§ I. De la transpiration.
La transpiration ou émanation aqueuse des Végétaux, est cette fonction par laquelle la sève, parvenue dans les organes foliacés, perd et laisse échapper la quantité surabondante d'eau qu'elle contenait. C'est en général sous forme de vapeurs que cette eau s'exhale dans l'atmosphère. Quand la transpiration est peu considérable, cette vapeur est absorbée par l'air à mesure qu'elle se forme; mais si la quantité augmente, on voit alors ce liquide transpirer sous forme de gouttelettes extrêmement petites, qui, souvent, se réunissent plusieurs ensemble et deviennent alors d'un volume remarquable. Ainsi on trouve fréquemment, au lever du soleil, des gouttelettes limpides, qui pendent de la pointe des feuilles d'un grand nombre de Graminées et d'autres plantes. Les feuilles du Chou en présentent aussi de trèsapparentes. On avait cru longtemps qu'elles étaient produites par la rosée; mais Musschenbrock prouva le premier, par des expériences concluantes, qu'elles provenaient de la transpiration végétale, condensée parla fraîcheur de la nuit. En effet, ce physicien intercepta toute communication à une tige de Pavot, 1» avec l'air ambiant, en la recouvrant d'une cloche; a» avec la surface de la terre, en recouvrant d'une plaque de plomb le vase dans lequel il était, et le lendemain matin les gouttelettes s'y trouvèrent comme auparavant. Haies fit également des expériences pour évaluer le rapport existant entre la quantité des fluides absorbés par les racines et celui que ces feuilles exhalent. Il mit dans un vase vernissé un pied de VHeliantlms anniius, recouvrit le vase d'une lame de plomb percée de deux ouvertures, l'une par laquelle passait la tige, l'autre destinée à pouvoir l'arroser. Il pesa exactement cet appareil
pendant quinze jours de suite, et vit que pour terme moyen , pendant les douze heures du jour, la quantité d'eau expirée était de vingt onces environ. Un temps sec et chaud favorisait singulièrement cette transpiration qui s'éleva à trente onces dans une circonstance semblable. Une atmosphère chargée d'humidité diminuait au contraire sensiblement cette quantité -. aussi la transpiration n'était-elle au plus que de trois onces pendant la nuit, et même quelquefois la quantité de liquide expiré devenait insensible, quand la nuit était fraîche et humide. Ces expériences ont été depuis répétées par Desfontaines et Mirbel, qui ont eu l'occasion d'admirer l'exactitude et la sagacité du physicien anglais. Senebier a prouvé, par des expériences multipliées, que la quantité d'eau expirée, était à celle absorbée par le végétal, dans le rapport de 2/.5 ; ce qui démontre encore qu'une partie de ce liquide est fixée et décomposée dans l'intérieur du végétal. Ces faits prouvent d'une manière incontestable : 1» que les végétaux transpirent par leurs feuilles, c'est-à-dire qu'ils rejettent à l'extérieur une certaine quantité de fluides aqueux; 2" que cette transpiration est d'autant plus grande que l'atmosphère est plus chaude et plus sèche, tandis que quand le temps est humide, et surtout pendant la nuit, la transpiration est presque nulle; 3» que cette fonction s'exécute avec d'autant plus d'activité que la plante est plus jeune et plus vigoureuse; 4° que la nutrition se fait d'autant mieux que la transpiration est en rapport avec l'absorption, car lorsque l'une de ces deux fonctions se fait avec une force supérieure à celle de l'autre, le végétal languit. C'est ce que l'on observe, par exemple, pour les plantes qui, exposées aux ardeurs du soleil, se fanent et perdent leur vigueur, parce que la transpiration n'est plus en équilibre avec la succion exercée par les racines.
§ II. De l'expiration.
Les végétaux absorbent ou inspirent une certaine quantité d'air ou d'autres fluides aériformes, soit directement, soit mélangé avec la sève, c'est-à-dire tout à la fois par le moyen de leurs racines et de leurs feuilles : or, c'est la portion de ces fluides, qui n'a point été décomposée pour servir à l'alimentation, qui forme la matière de l'expiration. Les plantes sont donc, comme les animaux, douées d'une sorte de respiration, qui se compose également des deux phénomènes de l'inspiration et de l'expiration , toutefois avec celte différence très - notable , qu'il n'y a point ici développement de calorique. Celte fonction devient très-manifeste, si l'on plonge une branche d'arbre ou une jeune plante dans une cloche de verre remplie d'eau, et qu'elle soit exposée à l'action de la lumière ; en effet, on verra s'élever de sa surface un grand nombre de petites bulles qui sont formées par un air très -pur et presque entièrement composé de gaz oxigèue. Si, au contraire, cette expérience était faite dans un lieu obscur, les feuilles expireraient de l'acide carbonique et du gaz azote et non du gaz oxigène. Il faut noter ici soigneusement que toutes les autres parties du végétal, qui n'offrent pas la couleur verte, telles que les racines, l'écorce, les fleurs, les fruits , soumis aux mêmes expériences , rejetteront toujours au dehors de l'acide carbonique et jamais de
l'oxigène. Par conséquent, l'expiration du gaz oxigène dépend non-seulement de l'intliience directe des rayons lumineux, mais encore de la coloration verte des parlies. On sait que les véf;étaux absorbent une grande quantité d'acide carbonique, le décomposent dans l'intérieur de leur tissu, quand ils sont exposés à l'action du soleil, et rejettent à l'extérieur la plus grande partie de l'oxigène qui était combiné avec le carbone. Or, ce phénomène est encore une véritable expiration.
Dans une plante privée de la vie ou même dans une plante languissante, tantôt l'expiration cesse entièrement, tantôt le Huide expiré est du gaz azote. H est même certains végétaux qui, exiiosés à l'inHuence des rayons solaires, n'expirent que de l'azote; tels sont la Sensitive, le Houx, le Laurier-Cerise et «pielques autres. 11 est difficile d'expliquer une semblable anomalie.
§ 111. De l'excrétion.
Les déjections végétales sont des fluides plus ou moins épais, susceptibles de se condenser et de se solidifier. Leur nature est très-variée. Ce sont tantôt des Résines, des Gommes, de la Cire, des Huiles volatiles; tantôt des matières sucrées, de la Manne, des Huiles fixes, etc. Toutes ces substances sont rejetées ù l'extérieur par la force de la végétation. Ainsi le Fra.rinus oinus laisse suinter, enCalabre, un liquide épais et sucré, qui, par l'action de l'air, se concrète et forme la Manne; les l'ins, les Sapins, et en général tous les arbres de la famille des Conifères, fournissent des quantités considérables de matière résineuse. Beaucoup de végétaux, tels que le Ceroxilon andicola , superbe espèce de Palmier décrite parHuraboldt et Bonpland, le Myiica cerifera de l'Amérique septentrionale, fournissent une grande quantité de Cire utilement employée dans la patrie de ces végétaux. Leurs racines excrètent, par leurs extrémités les plus déliées, certains fluides qui nuisent ou sont utiles aux plantes qui végètent dans leur voisinage. C'est de cette manière que l'on peut expliquer les antipalhies de certains végétaux. Ainsi l'on sait que le Cliardon hémorihoïdal nuit à l'Avoine; l'Erigeron acre, au Froment; la Scabieuse, au Lin, etc.
Tels sont les trois principaux moyens de Déperdition que l'on observe dans les végétaux. Quelle que soit la <iuantité des subslances qu'une plante rejette au dehors par la transpiration, par l'expiration et l'excrétion, elle est constamment moindre que celle des fluides qu'elle absorbe. En effet il y a toujours fixation d'une certaine quantité des matériaux absorbés employés à la nutrition et au développement de la plante, f^. No-
TRITION.
DÉPOTS. GÉOL. F. Terrains.
DEPPÉE. Deppea. dot. Genre de la famille des Rubiacées, Télrandrie Mouogynie, institué par Cbamisso qui le caractérise ainsi : calice à quatre dents courtes et triangulaires; corolle un peu en zone, très-glabre, divisée en quatre lobes elliptiques; quatre étamines à tilaments très-courts, à anthères linéaires; style plus long que les élamines ; stigmate fort épais; capsule membraneuse, ellipsoïde, couronnée par les dents du calice persistant, à deux loges monospermes. La Deppêe DÉUYOTiDE est UD petit arbrisseau du Mexique, à feuilles
pétiolées, elliptiques, pointues, un peu velues; ù stipules triangulaires, décidues; les fleurs sont jaunes, rassemblées au sommet des tiges en petits bouquets de trois à quatre et portées sur des pédoncules.
DEPRESSICOLLE. Depressicollis. irss. On désigne souvent ainsi les Insectes qui ont le cou el le corselet fortement aplatis sur les côtés, de manière qu'ils ont ces faces plus larges que les supérieure et inférieure.
DÉPRE.SSICORNE. Depressicornis. zooi. Animal qui a les cornes aplaties sur les côtés.
DÉPRIMÉ. Depressus. bot. Ce terme s'emploie pour désigner un organe comprimé de haut en bas. tandis qu'il est simplement comprimé si la compression se fait latéralement. Chez les Oiseaux, le bec est Déprimé lorsqu'il est aplati sur sa hauteur; il est alors en totalité ou dans quelques parties moins haut que large.
DERACANTUE.i»e/aca«</iMs. ins. Coléoptères létramères; genre de la famille des Rynchophores, établi aux dépens du grand genre Charanson des anciens entomologistes, par Schoonherr qui lui assigne pour caractères : antennes courtes et fortes, coudées, composées de onze articles, dont le deuxième le plus long, les autres courts, transverses et serrés, avec la massue ovale, formée des quatre derniers articles très-étroitement emboîtés ; trompe courte, épaisse, anguleuse, presque plane et sillonnée en dessus; yeux oblongs, déprimés; corselet transverse, épineux sur les côtés; écusson petit el triangulaire; élylres courtes, ovales, avec les épaules rétuses; tarses allongés, étroits et soyeux. Le Curculio spinifex, Fab. ; Oliv., Ent. v, 83, p. -531, t. 18, f. 124, est le ly|)edece genre dans lequel on a admis une autre espèce, récemment observée en Tartarie.
DER^UM. zooL. Épilhèle latine qui sert à llliger, pour désigner la portion inférieure du cou des Oiseaux, celle qui est au-dessous de la gorge et de la nuque.
DERASO.ME. Derasomvs. ins. Coléoptères létramôres; genre de la famille des Rhynchophores, établi par Schoonherr pour un Insecte nouveau rapporté de la Cafrerie par Ecklon et Zeyber. Ce genre offre pour caractères : antennes assez longues, minces, coudées, insérées vers le milieu de la trompe et composées de douze articles : le premier épais, les deuxième et troisième les plus longs et obconiques , les cinq suivants graduellement plus courts, enfin les derniers formant une massue ovale et acuminée ; trompe longue, mince, linéaire etarquée; yeux arrondis et convexes; corselet Iransverse, largement échancré antérieurement, tronqué à la base qui est beaucoup plus large que le sommet, ce qui rend conséciuemment les côtés obliques; écusson étroit et allongé; corps subovale, court, peu convexe et garni d'ailes que cachent des élytres assez courtes, ovales, tronquées à leur base, arrondies aux angles huméraux; pieds médiocres; cuisses épaisses et mutiques; jambes droites, tronquées à l'extrémité; deux crochets au dernier article des tarses. Le Derasomiis candidiilus est noir, couvert d'écaillés blanchâtres; les élytres ont des stries avec des rangées de points peu visibles ; les antennes et les pattes sont teslacées.
VER'ËE. Deiba. im. Genre d'Hémiplèrcs de la famille des Cicadaires, fondé par Faliricius. et qui est remarquable par l'étendue considérable de la lèvre ou plutôt de la partie relevée, comprise inférieurement entre les yeux et d'où part le bec; celle partie présente trois carènes. Les espèces comprises dans ce genre sont toutes exotiques et peu connues ; la plupart appartiennent à l'Amérique méridionale.
DERBIO OD DERBION. rois. Synonyme de Caranx glauque.
DERBIS. POIS. Synonyme de Gastérostée Liche.
DERCYLE. Dercylus. iNS. Coléoptères penlamères; genre de la famille des Carnassiers, tribu des Carabiques, établi par Delaporte pour une espèce apportée du Brésil, et qui offre pour caractères distinctifs : premier article des palpes renHé, le dernier très-court, légèrement dilaté en hache ; deuxième et troisième articles des tarses antérieurs élargis dans les mâles, et de forme carrée. Le reste des caractères ne présente aucune différence d'avec ceux des Panagées. Le Derctle NOIR, Dercylus ater, Delap., est entièrement de cette couleur, de plus lisse et luisant; son corselet est peu large, tronqué en arrière, et im|iressionné de chaque côté ; ses élytres préseulent des stries profondes et lisses; elles ont les angles de la base saillants. Taille, sept lignes.
DERELOME. Derelomus. iNS. Coléoptères télramères; on doit encore à Sclioonberr la formation de ce genre nouveau dans la famille des Rhynchophores ; il le caractérise de la manière suivante : antennes minces et ne dépassant point en longueur celle du corselet : les deux premiers articles sont allongés, obconiques et presque égaux ; les cinq suivants sont plus courts et paraissent perfoliés; la massue qui se forme des cinq derniers, est ovale et pointue; trompe allongée, mince, linéaire et arquée; yeux latéraux, arrondis et médiocrement proéminents; corselet tronqué à sa base, légèrement arrondi sur les côtés dont les bords sont un peu relevés, rétréci antérieurement et peu convexe en dessus; corps oblong-ovale, glabre et pourvu d'ailes; élytres oblongues, échancrées à la base et obtusément anguleuses aux épaules ; pieds de médiocre longueur. Le type de ce genre est le Hliynclicenus chamœropis de Fabricius; deux autres espèces africaines lui sont associées.
DÉREINCÉPHALE. Derencephalus. zooL. Geoffl'oy S'-Hilaire donne ce nom aux Monstres qui ont le cerveau très-petit, et enveloppé par les vertèbres du cou.
DERINGA. BOT. Le genre nommé ainsi par Adanson (Familles des Plantes, additions, p. 498) et formé aux dépens des Myrrhis , offre si peu de différence avec ce dernier genre, qu'il est bien difficile de l'admettre. En effet, des feuilles un peu plus larges et à (rois divisions, quelques moditications dans l'inflorescence et dans le nombre des parties de l'involucre, sont les légers caractères qu' Adanson attribue à son Deringa. A'. Myr-
RHIDE.
DERLE. BiK. L'un des noms vulgaires du Kaolin ou Terre à porcelaine , qui est le Feld-Spath argiliforme. ^. ce mot.
DERMAPTÈRES. Dermaptera. ins. Nom sous lequel
Degéer a, le premier, distingué un ordre d'Insectes, fort tranché et correspondant aux Ulonala de Fabricius et aux Orthoptères d'Olivier. /-'. ORinoPTÉRES.
Kirby a fait des Forfîcules un ordre particulier, en leur conservant le nom de Dermaptère, adopté par Leach.
DERMASÉE. Dermasea. bot. Haworth, dans sa Monographie des Saxifragées, avait établi, sous le nom de Dermasea, un genre distinct pour le Saxifraga Virginicnsis; ce genre n'a pas été adopté.
DERUATOCARPÉES. Fungi Dermatocarpi- bot.
(Cliampig lions.) Pcrsoon, dans sa Classification des Champignons , appelle ainsi la première section du deuxième ordre, qui comprend les genres Gymnosporangiiim, Puccima, etc. A-'. Crédinées.
DERMATODEA. ( Lichens. ) bot. Le genre ainsi appelé par Ventenat, comprend une partie des espèces du genre Lobaria établi antérieurement. A'. Lobarie.
DERMATOIDE. Dermatoides. ()ui a l'apparence du cuir ou de la peau.
DERMATOPODES. ois. Quelques auteurs ont rangé sous cette dénomination, dans une tribu particulière, tous les Oiseaux dont les pieds sont revêtus d'une peau très-rugueuse.
DERME. Dermos. zooL. La plus intérieure des couches membraneuses dont la superposition constitue la peau des animaux vertébrés. — C'est un feutre plus ou moins serré, suivant les classes et les genres, et formé par des fibres celluleuses et tendineuses très-fines, auxquelles beaucoup de gélatine est incorporée. La présence de cette gélatine se démontre et par l'ébullition et par le tannage, c'est-à-dire par la combinaison du tannin avec la substance du Derme pour fabriquer le cuir.
Faute d'observations assez exactes et surtout assez nombreuses dans la série des animaux (car la plupart des anatomistes qui ont parlé du Derme n'ont guère examiné que la peau de l'Homme, et encore ne l'ont-ils pas examinée dans tous les étals qu'elle peut prendre), on s'est fait beaucoup d'illusion jusqu'ici sur la structure du Derme. Malpighi le décomposait en trois couches superposées : le chorion ou cuir, le corps papillaire et le corps réticulaire ou muqueux. Le chorion. selon Malpighi qui pourtant en connut assez bien la texture, serait tout à fait étranger aux phénomènes d'exhalation, d'absorption et de sensibilité; le corps papillaire serait un entrelacement des filets nerveux qui ont traversé le Derme ou chorion, au milieu d'une substance spongieuse; ce serait le siège de la sensibilité; enfin le corps muqueux, le plus extérieur des trois, serait un enduit mou, sécrété par le Derme, dépourvu de nerfs et de vaisseaux, et le siège de la couleur de la peau. A ces idées on ajouta depuis que le corps papillaire était aussi composé par les dernières divisions des vaisseaux exhalants, et les premières origines des vaisseaux absorbanls (Bichal). Ces derniers éléments de la composition du corps papillaire sont évidemment imaginés, puisque l'existence même de ces vaisseaux exhalants et absorbants n'est aucunement prouvée. Or, on va voir que le corps papillaire lui-même, dont on a pourtant supposédes descriptions très-minutieuses pour
la forme, le nombre et les dispositions de ses papilles, n'est lui-même qu'une pure supposition. Le coips rau- ((ucux a surtout exercé l'imagination des anatomistes et physiologistes systématiques.
Cet enduit, selon Malpighi, aurait eu pour objet d'entretenir la souplesse du corps papillaire, usage bien inutile, puisque l'épiderme, véritable isoloir, est le seul obstacle ù l'évaporalion de tout le corps, et que dès qu'il est enlevé, l'évaporalion étant continue, le dessèchement devient plus ou moins imminent aux surfaces dénudées.
Bichat jeta le premier des doutes sur ces deux couches extérieures au Derme, en observant que la séparation de l'épiderme avec le Derme ne montre rien d'interposé. 11 admet cependant un lacis de toutes les divisions très-fines des vaisseaux qui ont traversé la peau; d'où il résulte un réseau capillaire intermédiaire au Derme et à l'épiderme. Il pense que c'est là le siège des absorptions et exhalations de la peau et de sa couleur.
Gall avait pensé que le corps muqueux n'était autre chose qu'une couche de matière nerveuse grise , destinée à donner naissance aux fibres nerveuses, convergentes du corps , comme la couche grise superficielle du cerveau et du cervelet donne naissance aux fibres convergentes de ces organes. Enfin Gaultier veut qu'il n'y ait pas de corps papillaire distinct, cl que l'épiderme .soit séparé du Derme par quatre couches constituant le corps muqueux, savoir : 1" sur chaque aspérité de la face externe du chorion s'élèverait un petit bourgeon composé deramuscules artériels et veineux, contournés sur eux-mêmes, et peu adhérents au chorion; leur ensemble formerait la première couche; 2" cette couche, à travers les mailles de laquelle seraient à découvert les petites dépressions du chorion , serait recouverte par une membrane l)lanche dite albuginée, formée par la sécrétion du sang (|ui arrive aux bourgeons subjacents : cette membrane serait le produit de ces bourgeons, et par rapport à eux une sorte d'épiderme; 3» au-dessus de la couche albuginée, en serait une troisième plus distincte dans la peau du nègre par sa couleur noire : celle -lu serait formée de petits corps en nombre égal à celui des bourgeons et de même composée de ramuscules artériels et veineux imprégnés de matière colorante; i» enfin immédiatement sous l'épiderme, serait une membrane très-mince et très-blanche, analogue à la seconde, et à cause de cela nommée albuginée superficielle, et comme elle formée par l'exhalation des bourgeons subjacents de la troisième couche. Ces quatre couches seraient, selon Gaultier (Mémoire et Journal de physique sur la structure de la peau, 1815), très faciles à distinguer sur la peau du pied d'un nègre engorgée par l'action d'un vésicaloire. 11 assigne enfin à l'épiderme une superposition de couches analogues à celles d u corps muqueux. Nous avouons n'avoir jamais vu ni sur l'Homme, ni sur aucun animal, rien qui répondit à une pareille manière de voir. Ce n'est pas tout, Gaultier {loc. cit.) veut que la matière colorante soit fournie par les bulbes mêmes des poils, et versée dans les première et troisième couches indiquées plus haut (cl il se fonde sur ce que la substance
cotoranle existe à la peau partout où il y a des bulbes pileux); que cette substance manquerait là où il n'y aurait pas de poils; que cette matière colorante est eu raison inverse dans les cheveux et la peau ; (|u'clle est plus abondante chez le nègre à cheveux courts <pie chez le blanc à cheveux plus longs, etc. — Or, quant à cette dernière raison , beaucoup de peuples de l'Inde, tous de race arabe, ont la peau plus noire qu'aucun nègre, et ont les cheveux aussi longs que pas un des plus blancs Européens; parmi ces peuples, les femmes ont les cheveux aussi longs que pas une de nos Européennes ; il en est de même chez tous les peuples olivâtres de l'Inde, soit primitifs, soit métis des races noires et des Européens; par conséquent les cheveux ne sont pas une dérivation ouverte à la couleur noiie ; ensuite, si la couleur noire de la peau provenait des bulbes des poils (ce qui implique d'ailleurs contradiction avec l'hypothèse précédente), d'où proviendrait le noir de ces belles négresses et de ces belles Indiennes qui sont d'un noir plus foncé que les nègres mêmes d'.\ngola? Car la peau de ces femmes est aussi dépourvue de poils que celle de nos plus blanches Européennes qui en ont le moins. U est faux ensuite que la paume des mains et la plante des pieds ne soient pas noires dans ces mêmes races. La diminution d'intensité de la nuance n'y est même nullement en proportion avec ce qu'elle devrait être d'après l'hypothèse en question. A toutes ces raisons de ne pas admettre les hypothèses de Gaultier, Desmoulins ajoute enfin qu'à l'exemple de Chaussier, qui, sur l'Homme, lui semble avoir bien vu et exposé le premier la structure du Derme, il n'a jamais pu reconnaître aucune de ces quatre couches du corps muqueux, ni le corps muqueux lui-même ; que quant aux lames superposées de l'épiderme, on en fera autant qu'on voudra en le divisant, suivant son épaisseur, avec un instrument assez fin et avec assez d'adresse; que par conséquent, quelle que soitson épaisseur, ce n'est autre chose que du mucus épaissi, de la même nature (|ue celui qui se forme partout; que s'il est plus épais aux mains, et surtout à la plante des pieds, c'est que les frottements subis par ces parties, en y faisant exhaler plus de mucus qui s'y concrète, augmentent son épaisseur en raison de la fréquence et de la rudesse de ces frottements; que sur les animaux tout le monde peut observer à la face interne des lèvres, au palais, sur la langue, endroits où certes il n'existe pas le moindre bulbe pileux qui puisse être la source d'une pareille matière colorante, l'on observe justement à ces mêmes endroits les couleurs les plus intenses de la peau, depuis le bleu cl le violet jusqu'au noir le plus foncé. Desmoulins fait observer en outre que ces couleurs de la membrane palatine n'existent pas seulement à sa surface, et sous son épidémie, dans une couche qui leur serait intermédiaire, et qu'il n'est pas plus possible de voir là que cliezrHomme,mais qu'elles occupent une partie appréciable de l'épaisseur du Derme, ce dont il est facile de s'assurer sur la tranche d'une coupe verticale ; qu'enfin dans les animaux qui ont du blanc et du noir à la tête, on voit sur des coupes de la peau, faites dans ces couleurs, surtout autour des lèvres, la tranche être ou lout à fait noire ou tout à fait blanche, dans toute l'épaisseur
du Derme et à ses deux surfaces. II a réitéré cette observation sur les Moulons et les Chiens, sans y voir jamais d'exception. Quant au cliangenient de couleur par maladie, dans une même espèce, chez l'Homme, par exemple, dans la fièvre jaune et dans le typhus où le jaune est si prononcé, et où, d'après l'hypothèse en question, l'altération ne devrait se voir et résider qu'à la seule surfacedu Derme dans le prétendu corps muqueux. Desmoulins a observé le premier (Journ. de Physiologie, Exp., t. iii, pag. 253) que la couleur jaune de la peau, dans ces maladies, est l'effet de l'élaboration imjirimée au sang dans les réseaux vasculaires du Derme, vers lequel il s'établit une congestion ou fluxion analogue à celle qui produit en même temps les hémorrhagies des membranes muqueuses intestinales. Enfin sur la peau du Marsouin, soit dans les endroits où la peau est blanche, soit dans ceux où elle est noire, l'épiderme se sé- ■ pare avec la plus grande facilité de la surface extérieure du Derme qui est parfaitement lisse, et sans les moindres bourgeons ou élevures. Par conséquent dans cet animal, entre l'épiderme transparent et la surfacedu Derme, il n'y a rien à quoi l'on puisse attribuer la moindre coloration. La face interne du Derme est partout découpée, comme le velours le plus fin, en sillons qui en occupent du tiers à la moitié de l'épaisseur totale. Les petits feuillels, très-minces, qui résultent de ces découpures dont la direction est onduleuse par des courbes analogues à celles de la paume de nos doigis, sont entièrement noirs jusqu'au fond des découpures, sous le ventre même, là où la peau est la plus blanche extérieurement. Au dos où la peau est d'un bleu noir, cette couleur occupe toute l'épaisseur du Derme. Là où le blanc passe au noir par des nuances progressives, cela tient donc à ce que la couleur noire s'avance plus ou moins près de la surface externe du Derme { V. Dacpbin). Il est donc bien certain que, pour toute la peau de ces animaux, pour le Derme de la tête des Ruminants, des Chevaux et des Chiens, et enfin dans les altérations maladives de la couleur de la peau humaine, le siège des matières colorantes est dans l'épaisseur du Derme même , et non dans une membrane ou réseau quelconque qui lui soit extérieur.
Chaussier est le seul qui ait bien décrit l'organisation du Derme. Cette partie de la peau n'offre selon lui qu'une seule lame plus ou moins épaisse, composée: 1° de fibres particulières, denses, entre-croisées à l'infini, laissant entre elles des alvéoles remplis d'un fluide albumineux, et à travers lesquels passent les poils; 2" d'un grand nombre de ramuscules artériels et veineux, nerveux et lymphatiques, ramifiés à la surface où ils se réunissent en petits mamelons ou papilles; il prétend, ce que réfutent les observations précédentes, que ces papilles sont le siège de la couleur qui distingue les races humaines; 3" enfin dans les aréoles du Derme se trouvent un grand nombre de follicules qui sécrèlent une humeur huileuse, pour entretenir la souplesse delà peau. Tous ces éléments forment une seule et même lame où ils ne se présentent pas par couches superposées, mais intimement mêlées et en des proportions diverses dans les diverses régions ; voilà ce qui existe seulement en réalité. Cette nombreuse supcrpo-
sition de couches étagées, admise par Gaultier et autres, n'a sans doute, dit Chaussier, été suggérée à l'imagination de ces anatomistes que par le penchant à isoler chacun des agents des fondions diverses de la peau.
C'est conséquemment dans le Derme que réside la cause, et de la couleur de la peau, et de tous les phénomènes dont cette membrane est le siège. L'épiderme est tout à fait inerte, et n'a d'effet que comme enveloppe isolante des extrémités nerveuses, et comme obstacle à l'évaporation et à l'imbibition.
11 n'est donc pas invinciblement prouvé, comme on l'a dit un peu légèrement, que la cause de la couleur de tous les Hommes est indépendante de toute influence étrangère, et tient uniquement à l'organisalion de leur peau. La proposition est trop vaguement énoncée, et n'est pas l'expression de tous les faits qu'elle semble embrasser. Dans l'espèce arabe ou caucasique, parexemple, espèce dont le caractère est d'avoir les cheveux lisses et longs, l'angle facial de soixante-dix-huit à quatrevingts degrés et le nez tout d'une venue avec le front, dans cette espèce, la couleur de la peau varie depuis le blanc pur jusqu'au noir également pur. Et ensuite, chez les Européens mêmes, cette transmutation arrive jus(iue dans le même individu, lorsqu'il vient à subir, sans abri, l'influence de la zone équatorialc. Il faut dire aussi (|ue l'espèce arabe est la seule dont la couleur soit ainsi susceptible de changer par l'influence du climat. Tous les autres Hommes, soit jaunes, soit olivâtres, soit noirs, soit bronzés, soit cuivrés, soit même blancs, restent immuables sous toutes les influences, et nonobstant la perpétuité de ces influences. Ainsi, les peuples mongols ont à peu près la même nuance et sous le pôle, et sous le tropique, et sous les zones intermédiaires, il en est de même des Américains cuivrés. Enfin en Amérique, sous l'équateur, il existe des Hommes dont la couleur est d'un blanc mat, qui ne sont point une race dégénérée de l'européenne, comme on a pu l'imaginer, dont l'origine n'est certainement pas la même que celles des autres Américains, et que les Européens trouvèrent indigènes lors de la découverte. Eh bien, ces Américains blafards conservent leur teint blanc, sous le même soleil qui, au bout de quelques années, a presque tout à fait noirci l'Espagnol ou le Portugais qui subit comme eux, sans abri, l'influence du climat. Celte susceptibilité de la peau à varier ainsi de couleur, dans l'espèce arabe, opposée à la fixité de la couleur dans les autres espèces, est une preuve péremptoire de diversité d'origine, et devient, à cause de cela, un caractère principal de cette espèce, caractère duquel on n'avait pas même encore reconnu l'existence.
DERMÉE. Dermea. bot. Genre de Champignons de la famille des Pyrenomycètes de Link, établi par Pries qui lui assigne pour caractères : réceptacle entier, suberoso-coriace, avec son orifice d'abord assez large, puis se rétrécissant graduellement; épidémie épais et plan; membrane fructifère lisse, persistante; thèques fixes, distincts et persistants. Ce sont de petits Champignons noirâtres, éiiiphytes, ayant beaucoup de ressemblance avec les Pezizes, et que, comme elles, l'on trouve sur les parties mortes des végétaux.
DRRMESTE. Dermestes. iws. Genre de Coléoptères