‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 2)Chapitre 106 sur 117 · II IJ K · texte numérisé non relu

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un genre «le la famille de* Ombellifères et de la Pontandrie Digynie, L. Il lui a donné pour caractères essentiel*: un calice persistant, à cinq petites dents; cinq pétales lancéolés, très-entiers; deux styles divergents, nuis dans les ombelles latérales; des akènes ovales, aigus, à trois eûtes ; un involucre général à deux folioles partagées chacune en trois découpures allongées , les involucres partiels sont polyphylle8.L7/Mflnflc<jflcaM//s,Cav., unique espèce du genre, a été réuni au genre OEnanthe par Sprengel (in flœmer et Schulte» Syst. Eeget.,G, ; p. 498) sous le nom d 'UEnanthe Huanaca. Elle a des liges courtes, simples, roides et cylindriques ; ses feuil- ! les sont pétiolées, composées de cinq folioles sétacées, qui sont chacune subdivisées en lanières très-étroites, ] le* extérieures plus courtes. Les fleurs forment trois ombelles terminales; celle du centre, plus courte, composée de fleurs fertiles; les deux latérales, ordinairement | formées de fleurs stériles ou seulement de fleurs mâles, sont plus longuement pédonculées. Cette plante est indigène de l'Amérique méridionale.

Ht’ANACANE. bot. Pour Huanaca. V. ce mot.

HCANACO bt HCANUCU. max. Même chose que Guanaque, espèce du genre Chameau qu'il ne faut pas confondre avec le Lama.

HL'ARD et HUA RT. ois. Synonymes vulgaires de Lummc. V. Ploxceox.

HL'BEN. ois. Synonyme vulgaire de Hulotte, l'oyez Chouette.

Ut 'RÉRI F.. // uberia. bot. Genre de la famille des Mélaslomacées, iustilué par De Candolle qui lui donne pour caractères : tube du calice oblong, contracté au sommet; le limbe est divisé en quatre ou cinq lobes; quatre ou cinq pétales obovales, huit ou dix étamines à anthères oblongo linéaires, non réunies par un connectif de la base, mais par la base même, et portant au dos deux soies faisant office d'éperons; ovaire adné au calice, et conique dans sa partie libre ; style filiforme, un peu aigu. Le fruit consiste en une capsule bacciforme, à quatre ou cinq loges. Ce genre présente cinq espèces bien déterminées , que De Candolle norninc »emi-serrata , lauritia, oralifolia , annulata et argentea . Ce sont des arbrisseaux glabres, dont les jeunes rameaux sont comprimés ou tétragones, les feuilles pétiolées, ovales ou oblongues et à trois nervures; les Heurs sont réunies en corymbes terminaux. Ce genre, dédié au célèbre historien des Abeilles, appartient exclusivement au Brésil.

HUBERTIE. Hubertia. bot. Genre de la famille des Synanthérées, Corymbifères de Jussieu, et de la Syngénésie superflue, L., établi par Bory de Saint-Vincent (Voyage aux quatre lies des mers d'Afrique, 1. 1, p. 354) en l'honneur de Hubert, savant agronome de l'ile Mascareigne, et adopté par Cassini qui en a vérifié les caractères et les a exposés de la manière suivante . involucre cylindrique, composé de folioles disposées sur un seul rang, égales, appliquées, oblongues -aigues et à bords membraneux; réceptacle petit, nu et plan; calalhide radiée, dont les fleurs centrales sont nombreuses, régulières et hermaphrodites, et celles de la circonférence sur un seul rang, en languettes et femelles; ovaires cylindriques, striés, surmontés d’une aigrette

plumeuse. Cassini a placé ce-genre dans la tribu des Sénécionées, auprès du Jacobea.

Hcbebtie Aibavillb. Hubertia Ambacilla, Bory ( toc. cit., pl. 14 ). C’est un grand arbuste, dont le tronc tortueux se divise en plusieurs rameaux garnis de feuilles oblongues, lancéolées, crénelées près du sommet, et pourvues à leur base de deux à six pinnules. Les fleurs sont jaunes et forment de grands corymbes terminaux. Cette plante croit sur la plaine des Chicots, à une hauteur de mille à douze cents toises, dans l'ile Ma^careigne.

Hibertie cotonneuse. Hubertia tomentosa, Bory ( loc . cit., p. 335, pl. 14 bis). Cet arbuste est moins élevé que le précédent, auquel d'ailleurs il ressemble beaucoup ; ses branches sont cotonneuses à leur extrémité, et garnies de feuilles très -rapprochées, petites, lancéolées, aigues, repliées sur les bords, vertes en dessous, cotonneuses et blanches sur leur partie supérieure. Cette espèce croit dans la même localité que la première.

Hcbebtie contioioe. Hubertia conyzoides , Bory (loc. cil., I. il, p. 383). Arbuste haut seulement de trois à quatre décimètres. Sa lige est droite, nue et simple dans sa partie inférieure, divisée supérieurement en plusieurs branches dressées, velues, blanchâtres, couvertes de feuilles sessilcs, linéaires, aigues, cotonneuses en dessous. Les fleurs sont plus grandes que celles des autres espèces; elles ont une belle couleur jaune dorée, et elles forment d'élégauls corymbes à l'extrémité des branches.

HLBRIS. ois. Synonyme ancien de Grand-Duc. /'. Chouette-Hibou.

Ht CHO. pois. Espèce du genre Saumon. V. ce mot.

IIDDSOME. Hudsonia. bot. Genre établi par Linné et placé dans la Dodécandrie Monogynie par les auteurs qui ont suivi le système sexuel, quoiqu'il appartienne A la Polyandrie. De Candolle (Prodr. Syst. l’eget 1, p. 984) l'a rapporté à la famille des Cislinées et en a ainsi exposé les caractères : corolle à cinq pétales/ quinze à trente étamines dont les filets sont filiformes, les anthères petites, déhiscentes longitudinalement; style droit, simple, de la longueur des étamines, surmonté d'un stigmate simple; capsule uniloculaire, â trois valves, oblongue ou obovéc, coriace, lisse ou pubescenle, contenant une à trois graines granulées, dont l’embryon est renfermé dans un albumen corné. Linné n'avait décrit que V Hudsonia ericoidçs qui croit dans les forêts de Pins de la Virginie, luttai (Généra of Mo ri h Amer . Plant., 9, p. 5) a fait connaître deux nouvelles espèces, savoir : Hudsonia montana, indigène des montagnes de la Caroline du nord, et Hudsonia tomentosa, qui habile les sables maritimes de la Nouvelle-Jersey, de Deîaware, du Maryland, etc. Ce sont de petits arbrisseaux à feuilles alternes, petites, subulées, imbriquées, dépourvues de stipules. Les fleurs sont presque sessiles ou portées sur des pédoncules uniflores et terminaux, ou enfin disposées en faisceaux situés latéralement.

Ht'ÊQLE. mai. Espèce du genre Chameau, I'. ce mot.

UGERM A. bot. Genre de la famille des Asclépiadées

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et de la Pentandrie Digynie. L.. constitué aux dépens des Stapelia par Robert Brown ( Metn. of IVcrner. Societ., 1. p. 33) qui l'a ainsi caractérisé: corolle campanulée. dont le limbe est à dix petits serments, les découpures accessoires dentiformes; couronne staminale double, l'extérieure à cinq divisions courtes, bifides, l'intérieure à cinq folioles alternes avec les divisions de la couronne extérieure , bossues à la base et subulées; masses polliniques fixées par la base, ayant un des bords cartilagineux; stigmate mu tique; follicules presque cylindriques, lisses; graines aigrettées. L'auteur de ce genre y fait entrer la troisième section des Stapelia de Willdenow ( Spec . Plant.'), section caractérisée par la corolle à dix dents. Le jgénre comprend onze espèces par l'addition des Hudrnia ctavigéra , tuba ta et crispa d'Haworth (SuccHl. Plant., p. 28, et Suppl., p. 10); elles sont originaires du cap de Bonne • Espérance, ainsi que toutes les plantes qui faisaient partie du grand genre Stapelia, V. ce mot.

ULERON. ois. L'un des synonymes vulgaires de Huppe. V. Ht fpe.

1IUERTÊE. Huertea. bot. Genre de la Pentandrie Alonogynie, L., établi par Ruiz et Pavon ( Flor. Peruv. et Chil t. in, p. 5) qui lui ont donné pour caractère essentiel : un calice à cinq dents; une corolle à cinq pétales ovales, sans onglets; cinq étamines à anthères inclinées et cordiformes; un ovaire supérieur, surmonté d'un slyle et d'un stigmate bifide; drupe renfermant une noix à une seule loge? Celte structure du fmit étant incertaine, la place que ce genre occupe dans les familles naturelles ne peut être déterminée; on l'a pourtant rapproché des Térébinlhacées. II se compose d'une seule espèce, Huertea gtandnlosa , Ruiz et Pav. (loc. cit., tab. 227). C’est un grand arbre dont la cime est ample, étalée et touffue. Ses branches sontcylindriqués, garnies de feuilles éparses, très-longues, imparipennées; les folioles opposées1, pédicellées, lancéolées, luisantes, à dentelures glanduleuses, et munies de deux glandes à la base de chacune d’elles. Il y a en outre deux glandes noires à la base de chaque feuille. Les fleurs forment des grappes jaunâtres, axillaires, terminales, grandes et rameuses. (Jet arbre croit dans les hautes forêts du Pérou.

HUET, HÜETTE et HUHU. ois. Synonymes vulgaires de Hulotte, y. Chouette.

HUGÉL1E. Hugelia. bot. Ce genre proposé par Reichenbach, dans la famille des Orabellifères de Jussieu, ne présentait qu'une seule espèce : Hugelia cyanea, qui a été reconnue comme l'analogue du Didiscus cas ruleus. y. Üidisqie.

HUGBL’ÉE. Hughuea. AC al. Genre de l’ordre des AcalèpheMxes, ayant pour caractères : le corps subpédicellé, simple, très-contractile, fixé par sa base; bouche centrale, garnie de quatre filaments mobiles, et entourée de quinze à vingt tentacules pétalofdes de couleur jaune. Il est impossible de reconnaître avec exactitude à quelle classe, à quel ordre, à quel genre appartient l'animal que Solander, dans Ellis , a décrit et figuré, d’après Hugues, sous le nom de Actinia calendula. Comme il diffère du genre Actinie dans lequel Ellis l’a placé , ainsi que du genre Tubulaire avec

lequel il lui trouve des rapports, et qu'aucun auteur n’en a fait mention depuis. Lamouroux a cru pouvoir en faire un genre nouveau qu’il a consacré à celui qui le premier a révélé l’existence de ce singulier Zoophyte. Le naturaliste anglais dit que lorsqu'on trouble ces animaux, ils se retirent dans le trou du rocher qu'ils habitent, tandis que les Actinies se bornent A s’envelopper dans leur manteau membraneux; mais beaucoup s'enfoncent et disparaissent dans la vase qui les recouvre, en attendant que le silence et le repos les engagent à s'allonger de nouveau et à étaler leurs brillants tentacules à la surface de celte vase ; ainsi la différence entre ces animaux n’est pas très-grande sous ce rapport. L’auteur ajoute qu'il a observé de plus quatre fils noirs assez longs, semblables à des pattes d'Araignée, sortant du centre de ce qu’il appelle la fleur. Ayant des mouvements très -vifs et s'élançant avec rapidité d’un côté à l’autre de la fleur, ce sont , ajoute- 1- il, des sortes d'armes ou de tentacules qui servent à l'animal pour saisir sa proie, l'envelopper et l'entraîner vers la bouche; il replie en même temps ses pétales discoïdes pour l’empêcher de s’échapper. Cette description s’éloigne de celle des Polypes . des Tubulaires, encore plus que des Actinies : en outre, l’existence d'un tube dans la masse du rocher est plus que douteuse. La forme des tentacules du centre, les divisions péialoïdesdc la circonférence multiplient les différences; de sorte qu’il n'est point douteux que les Hughuées ne forment un genre bien distinct dont il est difficile de connaître les rapports naturels d'après la courte description et la figure copiée par Ellis dans l’Histoire de la Barhade de Hugues. En attendant que quelque voyageur-naturaliste ait donné une description complète de cet animal faite sur le vivant, Lamouroux croit qu'on doit le placer à la suite des Actinies et avant les Zoanlhes. On n'en connaît qu'une seule espèce. l'Huguée souci, y. Hist. Polyp. , p. 8U, tab. 1 , fig. 3.

HUGONIE. Hugonia. bot. Ce genre, de la Monadelpbie Décandrie de Linné, établi par cet illustre naturaliste, avait été placé daus la famille des Malvacées. Kuntb ( Dissert . Matv ., p. 14) le rapporta avec doute aux lïombcyacées qu’il considérait comme une tribu de la famille des Bultnériacées. Enfin , De Candolie (Protlrom. Syst. yeget., I, p. 522) a proposé de le classer à la suite des Chlénacées, et il eu a exposé les caractères de la manière suivante : calice nu extérieurement, à cinq divisions profondes, c’est-à-dire à cinq sépales réunis par la base, inégaux et imbriqués pendant leur estivation; corolle à cinq pétales alternes avec les sépales, onguiculés, à estivation tordue; dix étamines dont les filets forment par leur réunion à ta hase une urcéole, et sont libres supérieurement où ils portent des anthères ovées ou didymes ; ovaire arrondi, surmonté de cinq styles distincts; drupe charnue, renfermant plusieurs carpelles (cinq, selon Cavanilles; dix suivant Gærlner) monospermes et adhérents entre eux ; une seule graine pendante dans chaque loge, ayant l’embryon renversé dans l’axe d’un albumen charnu, la radicule supérieure courte, les cotylédons plans, foliacés. Ce genre a beaucoup d'affinité avec les Malva-

cées et le* Bultnériacées. mai* il s'en éloigne par son calice imbriqué. Si les anthères, que Linné a décrites comme didymcs, n'étaient uniloculaires, on le rapporterait plutôt aux Bombacées de Kunllt. Dans l'incertitude qui résulte de ces caractères contradictoires, I)e Candolle a préféré l'adjoindre aux Chlénacées, malgré la pluralité des styles et la nullité de Hnvolucre. On n’en connaît que trois espèces, savoir : Hugonia Mysfax, L. , qui croit à Ceylan et à la côte de Malabar; Hugonia se r rata f Lamk., et Hugonia tomentosa , Cav.t qui se trouvent à l'ile-de France. Ce sont des arbrisseaux à feuilles alternes, ramassées et presque opposées près des fleurs, accompagnées de deux stipules subulées, et dont les Heurs sont solitaires sur des pédoncules qui avortent quelquefois et se changent en épines crochues.

UUIIL'L. 019. Espèce du genre Chouette, y. ce mot.

1IUILE DE COPAHl). dot. Même chose que Baume de Copahu. y. Copaier-

HU1LE D'AMBRE, bot. Même chose que Baume d'Ambre. y. Lim m vsbar.

HUILES, zool. et bot. C’est ainsi que l'on désigne les substances grasses caractérisées par une si grande fusibilité qu'elles demeurent liquides à une température inférieure à celle de dix à quinze degrés du thermomètre centigrade. Les animaux et les végétaux contiennent cette sorte de corps gras. Les Cétacés, parmi les animaux, sont ceux qui fournissent le plus de matière huileuse. On connaît celle-ci sous le nom d'Uuile de Poisson, et on en fait une grande consommation dans les arts, surtout pour la préparation des cuirs. Chevrenl, qui a examiné l'Uuiledu Dauphin, a ainsi déterminé sa composition chimique : 1° de l’Élaïne; 2° une Huile qui, en outre de l'Acide oléique, du principe doux et de l’Acide margarique, produit, par la saponification, un Acide volatil particulier auquel Cbevreul donne le nom de dclphinique; 5° un principe volatil, sensible seulement dans l'Huile fraîche, et qui a l'odeur du Poisson; 4° un autre principe volatil provenant de l’altération de l’Acide delpbinique, qui n'existe que danslesHuiles anciennes et qui donne aux cuirs une odeur particulière; 5° un principe coloré, jaune, sur la nature duquel Chevreul ne s'est pas prononcé; G° enfin, une substance cristallisable, analogue à la Céline. On rencontre aussi de l’Huile toute formée dans quelques organes ou produits des autres animaux. Les jaunes d’œufs des Oiseaux, par exemple, en contiennent qu'il est facile d'extraire par la simple pression. Lorsqu'on soumet à la distillation les matières organiques azotées, telles que le sang, les os, les muscles, etc., on obtient une Huile brune, épaisse et d’une odeur extrêmement fétide. Eh cobobant celle Huile, c'est-à-dire en la distillant à plusieurs reprises et avec précaution, on obtient une Huile parfaitement incolore, connue sous le nom d'Huile animale de Dippel, du nom de l’ancien chimiste qui la fit le premier connaître. La distillation a-t-elle pour effet de séparer une matière fixe, abondante en charbon , ou de retenir daus la cornue uuc Huile volatile plus pesante que l'Huile de Dippel:' C'est ce qu'il serait intéressant pour les chimistes de déterminer. Mais il importe aux naturalistes de savoir si l'Huile de Dippel

est réellement un principe immédiat et non un produit nouveau qui se forme pendant la distillation. L’Huile animale de Dippel avait autrefois une grande célébrité dans le traitement des maladies du système nerveux. Aujourd'hui on ne fait plus usage de cet antispasmodique.

Dans les végétaux, presque toutes les substances grasses sont huileuses. En effet, la cire des Myrica , du Ceroxylon , de l’arbre de la Vache, les beurres de Palmier, de Cacao, etc., peuvent être considérés comme des cas exceptionnels, eu égard à la grande quantité de liquides gras que l'on obtient d’une foule de végétaux. Parmi ces Huiles végétales, les unes sont fixes, c'est-àdire inodores par elles-mêmes et ne se volatilisent pas au-dessous de deux cents à trois cents degrés, terme au delà duquel elles sc décomposent ; les autres sont volatiles, et caractérisées par leur odeur plus ou moins forte, et leur volatilité, sans décomposition, à une température de cent cinquante à cent soixante degrés.

Les Huiles fixes, telles qu'on les extrait des organes des végétaux où elles sont contenues, ne peuvent être considérées comme des substances immédiates simples. Leur couleur et leur odeur sont dues à des principes étrangers, qu'ils tiennent en dissolution, et que l’on peut facilement leur enlever; d'un autre côté, l'Huile proprement dite est composée de deux principes immédiats, de fusibilité différente, savoir : la Sléarineel l’Elaïne. b' . Or vs (corps). La quantité de ces deux principes varie dans les diverses sortes d'Huiles, de même que les propriétés et les qualités physiques de celles-ci. Ainsi, l’Huile d'olives contient assez de Stéarine pour que, lorsqu’elle est figée par le froid , elle puisse être séparée I de l'Élaïne, en absorbant celle-ci avec du papier I Joseph.

On a partagé les Huiles fixes en grasses et en siccatives. Ces dernières se dessèchent rapidement à i’air, surtout si on les a fait bouillir avec de la lilhargc. Les Huiles grasses, au contraire, s’épaississent très-difficilement; elles se saponifient avec la plus grande facilité, et sont employées surtout pour des usages culinaires ou pour brûler. Les plus remarquables d'entre elles sont : l'Huile d’olives, que l'on extrait du péricarpe de la drupe de YOtea Europea ; l’Huile d'amandes, qui s'obtient des J graines de V Jmygdalu* communia, L., et qui est tou- I jours douce, soit qu'on la tire des amandes douces ou des amandes amères; celle qui résulte de celles-ci sc distingue seulement par une odeur très- prononcée d’Acide hydrocyanique; l'Huile de Colza et de Mavelle, obtenue'des graines de deux espèces de broasica (brassica otcracea et Draasica iïapus), et employée principalement pour l’éclairage; l’Huile de Faine, provenant des semences du Hêtre ( Fagus aylvatica)\ l’Huile de Ben, extraite des graines du Moringa oie i fera , qui a la propriété de ne se rancir que très-difficilement et qui par celte raison est employée avec un grand avantage dans la parfumerie; l'Huile de Ricin, qui est obtenue des graines du Ricinus communia ; elle a moins de fluidité que les autres Huiles, se dissout en toutes proportions dans l’Alcool , cl contient un principe qui la rend purgative à la dose de trois à sixdécagrarame*. Le nombre des Huiles grasses est très-considérable, car

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il existe une foule de graines dont les cotylédons contiennent des substances huileuses unies A un mucilage et à d'autres matériaux qui déterminent leur saveur , leur couleur et leur odeur particulières. Parmi les Huiles siccatives, les plus employées sont les Huiles de Lin (Linum usitaiissimum), de Noix ( Juglan » regin), de Chénevis ou de Chanvre ( Cannabis salira) etd’düillel ou de Pavot ( Paparer somniferum). Ces Huiles, outre la propriété qui les caractérise essentiellement, jouissent des mêmes qualités que les Huiles grasses et sont employées à des usages semblables, y., pour plus de détails, chacun des végétaux qui les fournissent.

Les Huiles volatiles, nommées aussi Huiles essentielles, sont très-différentes, par leur nature chimique, des Huiles fixes. On ne peut en extraire les principes immédiats, qui constituent les corps gras proprement dits. Plusieurs laissent déposer des cristaux qui ont beaucoup d'aualogie avec le Camphre, et celle dernière substance, quoique concrète, est, chimiquement parlant, de la même catégorie que les Huiles volatiles. Leur composition est aussi fort hétérogène : il en est qui ne contiennent point d'Oxygène, telles sont les Huiles de Térébenthine et de Citron; d’autres, comme l’Huile concrète de Roses, ne sont point azotées. Indépendamment de ces diversités, les quantités de leurs principes élémentaires sont également très-variables. Les Huiles volatiles existent dans des réservoirs particuliers, connus sous les noms de glandes vésiculaires, et qui sont répandus dans les divers organes des végétaux, principalement dans les écorces des fruits, les feuilles et les racines. Comme leur présence dans toutes les plantes de certaines familles est assez constante, elle est regardée par les botanistes comme un caractère assez important. Ainsi les Labiées, les Uespéridées, les Térébinthacées, les Conifères, etc., renferment beaucoup d’Huile volatile contenue dans de petits ulricules que l'on distingue avec facilité. Pendant longtemps, on a cru que les odeurs fortes ou les arômes qu'elles exhalent étaient des principes qu'elles tenaient en dissolution. Fourcroy a fait voir que cette opinion, mise en avant par Boerliaave, ne pouvait se soutenir, et qu'il n'y avait point de raison poür admettre l'existence de corps qu'on ne pouvait isoler de ceux auxquels on prétendait qu'ils étaient unis. Les couleurs si variées que présentent les Huiles volatiles leur sont, au contraire, entièrement étrangères , car on peut les en dépouiller complètement lorsqu’on les distille avec des précautions convenables.

On a donné abusivement le nom d'Huiles à plusieurs substances et même A des matières minérales, des Acides, des Sels, qui n'avaient d'autres rapports avec celles-ci que la consistance. Ainsi on a appelé:

H ii les d'Arsesic et d'Axtiiomb, les chlorures de ces métaux.

Huile de PEtrole ou Huile de Piebee, les Bitumes Naphle et Pétrole, y. ces mots.

Huile de Tartre, le carbonate de Potasse déliquescent.

Huile de Vitriol, l'Acide sulfurique concentré.

HUIT. ois. Synonyme vulgaire de Pinson et de Pluvier doré en robe de noces, y. Gros-Bec et Pluvier.

HUITRE. Oairea. ioli. De tous les coquillages connus, il n'en est pas, peut-être, qui le soient plus anciennement que les Huîtres. Utiles comme nourriture, l'Homme a dû en faire le sujet de se* recherches. Les auteurs anciens rapportent que les Athéniens, à leur origine, se servaient d'écailles d'Hultres pour donner leur suffrage ou pour porter de* sentences. U’où le nom d'Ostracisme que l’on donnait à ces sortes de voles populaires. Quant aux auteurs anciens qui ont traité «l'histoire naturelle, soit d'une manière indirecte, soit spécialement, il n'en est qu'un petit nombre qui n'aient point mentionné les Huîtres. Les Romains ont été les premiers à tes faire venir à grands frais des divers endroits où elles abondent et où elles présentent des qualités préférables, et qui ont imaginé de les placer dans des lieux appropriés, à faire, en un root, ce que l'on nomme aujourd'hui parquer de* Huiire». Les premiers travaux qui ont été entrepris sur les Huîtres, sont ceux de Willis, dans son ouvrage intitulé : De Animé Brutorum , cap. 3. Cet excellent observateur fit connaître alors les organes principaux de l'Hutlre; mais il restait beaucoup à ajouter à ses observations. Lister, dans son grand ouvrage (Synopsis Conchyliorum, etc.), consacra deux planches, 105 et lOfi. accompagnées d'explications, A l'anatomie de l'Iluilre, en grande partie, d’après Willis. Cet auteur prit les lobes du manteau pour des muscle*, et commit encore d'autres erreurs. Plus tard, D'Argenville, Adanson. Basler, et surtout Poli, dans ses Testacé* des Deux-Siciles, ont complété les connaissances sur les Huîtres, auxquelles Blainville a ajouté quelques nouvelles observations. C’est principalement à Poli que l’on doit la connaissance exacte et parfaite des systèmes artériel et veineux. qui n’avaient encore été avant lui qu’entrevus. Quant aux auteurs qui n'ont parlé que des Coquilles, pour les faire rentrer dans des systèmes de classification pour les Mollusques, on voit le genre Huître, établi depuis longtemps, rétréci ou étendu, plus ou moins bien circonscrit , selon les systèmes adoptés ou créés par les auteurs. Lister fil avec les Htiilres seules, telles qu’on les considère aujourd'hui, une section bien séparée de ses Bivalvium imparibus iesiis. Celte section, dans laquelle il n’y a pas une seule Coquille étrangère aux Huîtres, répond parfaitement au genre Huître de Lamarck et des auteurs modernes. On peut donc considérer Lister comme le créateur du genre, et il aurait été A désirer que les conchyliologues qui vinrent après lui le suivissent rigoureusement; c’est ce que Langius sentit très-bien, et en reportant les Huîtres à la fin des Bivalves, il les conserva comme Lister, sans mélanger d’autres Coquilles. Cependant Langius établit dans la section des Huîtres, quatre genres qui ne peuvent être considérés maintenant que comme des sous-divisions génériques, étant basés sur des caractères de formes extérieures. Dans son système, D’Argenville comprenait dans le genre Huître, comme dans toutes les autres divisions qu'il a établies, des Coquilles de genres fort différents, et qui avaient été bien séparées par ses devanciers. Klein tomba à peu près dans les mêmes erreurs que D'Argenville. Aussi, voit-on dans la classe des Huîtres de cet auteur, plusieurs genres

aogle

qui sont faits, comme ceux de Langius, avec des caractères insuffisants, et d'autres qui n'ont, avec les premiers, que des rapports éloignés, et qui. de plus, sont des mélanges de Coquilles de genres différents.

Dans le système Linnéen, le genre Huître, trop largement circonscrit, renfermait les éléments de plusieurs bons genres qui ont été successivement proposés et adoptés. C'est ainsi que Bruguière en extrait d'abord les genres Placune. Peigne, Perne, et plus tard les genres Avicule et Houlette, en laissant pressentir le genre Gryphée qui fut établi par Lamarck, en 1801, dans le Système des Animaux sans vertèbres. Antérieurement h Bruguière, Adanson, dans son excellent ouvrage des Coquillages du Sénégal, a ramené, d'après la connaissance de l'auimal, le genre Huître à ce qu'il doit être, et en cela il est tombé d'accord avec Lister. Outre le genre Gryphée, Lamarck a encore extrait des Huîtres de Linné, les genres Plicatule, Vulselle, Marteau et l ime. Plus tard, le même auteur en a encore créé deux autres : les Pinladines et les Podopsides. Ainsi, douze coupes génériques, toutes nécessaires, toutes admises par le plus grand nombre des auteurs, ont été établies aux dépens des Huîtres de Linné. Tel qu'il est aujourd'hui, ce genre, après tant de coupures, reste encore fort nombreux en espèces. Leur irrégularité, la facilité qu'elles ont de s'adapter pour ainsi dire aux accidents locaux, d'en recevoir, et sans doute d'en conserver une foule de modifications, forment une multitude de nuances entre lesquelles il est souvent difficile de se fixer, et d'où il est quelquefois impossible de sortir sans l’arbitraire que donnent l'habitude et un coup d'œil exerce.

11 faut maintenant entrer dans quelques détails sur l'anatomie des Huîtres; et voici les faits les plus importants de leur organisation.

La forme de l'Huilrc est généralement ovale, quelquefois arrondie ou allongée suivant les espèces, assez régulière, mais non régulièrement symétrique; placée dans sa coquille, dont elle ne présente pas. à beaucoup près, les irrégularités, sa partie antérieure ou la télé correspond aux crochets et au ligament qui réunit les valves; sa partie postérieure élargie répond à leur bord libre. Comme tous les Acéphalés, les Huîtres sont pourvues d’un manteau fort ample, dont les deux lobes sont séparés dans presque toute la circonférence de l'animal, excepté antérieurement ou au dessus de la bouche où il forme une sorte de capuchon qui la recouvre; épaissi dans ses bords, le manteau est pourvu, dans cette partie, de deux rangs de cils ou de tentacules qui paraissent doués d’une grande sensibilité; ils sont rétractiles au moyen de petits muscles qui vont en rayonnant du muscle adducteur; de ces deux lignes tentaculaires, la première ou l'interne ne se compose que d’un seul rang de cils , la seconde ou l'externe a des tentacules moins grands, qui forment une sorte de frange à deux ou trois rangs; ce manteau est formé de deux feuillets, puisque c'est dans leur intervalle que se dépose ou se sécrète la matière jaune, qui sont les œufs, d'après l’opinion la plus généralement reçue.

Les Huîtres vivant fixées aux corps sous-marins n’avaient aucun besoin d’organes locomoteurs : aussi ne leur trouve-t-on aucune trace du pied des autres Con-

chifères; Ils n’ont au reste, comme un certain nombre d'entre eux, qu'un seul muscle adducteur, mais qui est très puissant et divisé en deux parties auxquelles on lui a assigné, peut-être à tort, des usages différents. Ce muscle est subcenlral, et lie fortement l'animal à sa coquille. Les organes de la nutrition se composent d’une bouche placée antérieurement dans la duplicature du manteau en dedans de l’espèce de capuchon qu'il forme dans l'endroit de la jonction de ses deux lobes; celle bouche est grande, simple, très-dilatable, garnie de deux paires de tentacules assez grands et lamelliformes; la paire supérieure représente ceux des Mollusques céphalés; les deux inférieurs ont une structure fort semblable à celle des branchies ; cette bouche aboutit , sans aucun intermédiaire , à une poche ou estomac dont les parois sont très-minces, placée dans l’épaisseur du foie auquel elle adhère dans tout son pourtour, et présentant intérieurement des ouvertures en assez grand nombre et de grandeurs différentes, qui sont les orifices qui portent dans l'estomac le produit de la sécrétion biliaire; de la partie postérieure de cet organe, part un intestin grêle, qui, après plusieurs grandes circonvolutions dans le foie, se dirige vers le muscle adducteur, remonte ensuite vers le dos où il se termine dans sa partie moyenne par un orifice flottant, infundibuliforme; le foie est assez volumineux, brun, embrassant l'estomac et une partie de l'iiWestin; il verse directement le produit de la sécrétion dans l'estomac sans l'intermédiaire de vaisseaux biliaires, et par les grands pores qui ont été mentionnés précédemment. Les branchies ou organes de la respiration se composent de deux paires de feuillets inégaux en longueur, les externes étant les plus courts, et les internes les plus longs ; les premiers prennent origine aux tentacules externes pour se continuer en entourant le corps jusque vers l’orifice de l'anus; l'autre paire de lames branchiales part des tentacules internes et aboutit à peu prés au même |»oint, en remontant un peu plus bant; ce point de réunion des feuillets branchiaux est aussi celui où le manteau vient prendre avec eux une adhérence intime; celte adhérence sépare en deux portions inégales la grande ouverture du manteau; l'une d’elles est dorsale, c’est la plus courte, et l’autre est ventrale; dans celte dernière, on ne voit aucune trace de l'ouverture qui s'y remarque dans les autres-Conchifères , de manière que l’on peut dire que la masse viscérale est placée, dans l’Huilrc, en dessus et en avant. L’appareil de la circulation est fort étendu, surtout la partie qui a rapport à la respiration; il se compose d’un cœur avec son oreillette; il est placé dans son péricarde en avant du muscle adducteur, entre lui et la masse des viscères; ce qui le fait remarquer facilement est la couleur brune foncée de son oreillette; ce cœur est pyriforme; par la pointe il donne naissance à un gros tronc aortique qui se dirige en avaut et se divise, presque à sa sortie, en trois branches principales: la première se dirige vers la bouche et ses tentacules, sur lesquels on voit ses sous-divisions ; la seconde fournit ail foie et aux organes digestifs; la troisième, enfin, devient postérieure pour se ramifier dans toute la partie postérieure du corps; de la base du cœur naissent deux gros

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tronci très-courts, qui réunissent et font communiquer l’oreillette avec le cœur; celui-ci est d'un brun presque noir, quadrilatère, recevant dans son épaisseur un bon nombre de petits vaisseaux; des deux angles postérieurs naît de chaque côté un gros tronc qui se sousdivise presque immédiatement en trois branches; les deux branches externes se rapprochent pour s'anastomoser et produire un seul gros tronc. Ces cinq troncs principaux s’abouchent aux vaisseaux branchiaux qui, régulièrement disposés, sont formés de cinq branches principales, lesquelles, de leurs parties latérales, en fournissent un très-grand nombre qui s’anastomosent régulièrement.

Les Huîtres, pour se reproduire, ne paraissent avoir qu’un seul sexe, le sexe femelle, comme d'ailleurs tous les Acéphalés. Au reste , dans les animaux qui nous occupent, il ne parait pas mieux connu que dans lés autres; il en est de même du système nerveux, à la connaissance duquel les auteurs modernes n'ont rien ajouté; mais on doit fortement présumer qu’il a beaucoup d'analogie avec celui des autres Mollusques bivalves.

Les Huîtres aiment à vivre sur les côtes, à peu de profondeur, et dans une mer sans courants et tranquille. Quand ces circonstances favorables se présentent sur une grande étendue, alors elles s’y accumulent et forment ce que l’on nomme un banc d'Huitres. 11 est de ces bancs qui ont plusieurs lieues d'étendue, qui sont inépuisables, et qui même ne semblent pas diminuer, quoiqu'ils fournissent à une consommation énorme. A l'exemple des anciens, les modernes ont aussi établi des parcs à lluitres où on les laisse grossir; elles y sont emmagasinées pour les besoins.

Le genre Huître de Linné a été successivement divisé en d'autres genres. De tous ceux ci, le genre Gryphée est sans contredit celui qui présente le moins de bons caractères : aussi Cuvier (Règ. Animal) n'a adopté ce genre de Lamarclc que comme sous^genre des Huîtres. En effet, outre uneslructure analogue dans la formation du test, on remarque aussi un passage insensible entre-ces deux genres, à tel point qu'on ne sait pas si quelques Coquilles ne doivent pas plutôt être placées dans l'un que dans l’autre. Pour décider la question, il faudrait modifier les caractères de l'un ou de l'autre genre pour les y faire rentrer, et il n'y a point de motifs raisonnables alors pour ne pas les y mettre toutes. Que l'on fasse entrer dans les Gryphées, par exemple, des Coquilles aplaties de haut en bas, adhérentes par leur valve inférieure, seulement sur cette faible considération d'un crochet latéral, tourné un peu en spirale et engagé dans le bord, on sera forcé, par analogie-et par la dégradation insensible de ce caractère, à y faire rentrer toutes les Huîtres. Il en sera de même si l’on veut faire entrer ces mêmes Coquilles dans le genre Huitre; alors, nécessairement, toutes les Gryphées devront venirs'y ranger. U suit de là que, pour bien faire, il faudrait fondre les deux genres en un seul, et établir parmi ses nombreuses espèces des groupes assez bien circonscrits pour pouvoir les y rapporter sans difficulté. Quoiqu'on ail dit que les Gryphées étaient des Coquilles libres, on doit cependant noter qu'un

j assez grand nombre des espèces qu'on y rapporte sont | constamment adhérentes à toutes les époques de leur vie, et que toutes ont adhéré dans le jeune âge. Celle observation doit encore plus les faire rapprocher des Huilres qui. pour un certain nombre, sont dans le 1 même cas. Le mode d'accroissement de certaines Gryphées a dù les forcer à se détacher assez promptement du corps où elles étaient adhérentes, puisque celte ad- | hérence ne se fait le plus souvent que par le sommet du crochet. Un des derniers motifs qui doivent porter à confondre les deux genres , est l'observation de plusieurs individus de la Gryphée vivante. Cette Coquille adhère par une assez grande surface de la valve inférieure ; mais ce qui est très-remarquable, c'est qu’elle prend ou ne prend point de crochet, suivant les circonstances de son habitat, de sorte que l'on pourrait placer le même individu dans les Gryphées et dans les Huîtres.

Les Gryphées, comme les Huîtres, se rencontrent, à l’état de pétrification , dans des terrains très anciens. Ces Coquilles sont contemporaines dans le plus grand nombre des couches de la terre. Il est très-rare de trouvér des Gryphées sans Huilres ou des Huîtres sans Gryphées dans l'étendue d'une même couche. On a .cru longtemps qu'elles étaient propres à certaines formations; qu'elles pouvaient servir à les reconnaître; mais on ne sait s'il existe des données suffisantes pour décider celte question qui, au reste, a perdu une partie de l'intérêt qu'elle pouvait avoir par la découverte récente des Gryphées dans les couches les plus modernes de terrains tertiaires. Dans ses recherches à Valmondois, Desbayes en trouva une espèce bien distincte, et ilertrand Geslin, ensuite, en découvrit une autre espèce non moins bien caractérisée, dans les collines subappennines de l'Italie. Pour obtenir un résultat favorable de l'application des fossiles de ce genre à la géologie, il faudra d'abord supprimer le nom peu convenable de terrain à Gryphées, et ensuite indiquer les formations par telle ou telle espèce de Gryphée. Un travail conçu dans ce plan devra être très-utile et pourra donner des indications précieuses pour la géologie.

t Les nuirais proprement dites.

Corps comprimé, plus ou moins orbiculaire; les bords du manteau épais, non adhérents et rétractiles, pourvus d’une double rangée de filaments tentaculaires, courts et nombreux; les deux paires d'appendices labiaux triangulaires et allongés; un muscle subcentral bipartite; coquille adhérente, inéquivalve, irrégulière, à crochets écartés, devenant très-inégaux avec l'âge , et à valve supérieure se déplaçant pendant la vie de l'animal; charnière sans dents; ligament demiintérieur, s'insérant dans une fossette cardinale des valves; la fossette de la valve inférieure croissant avec l'âge comme son crochet, et acquérant quelquefois une grande longueur.

Les Huîtres proprement dites peuvent être divisées en plusieurs sections de la manière suivante :

Ie Espèces ovales ou arrondies, dont les bords des deux valves ne sont point plissés.

HiItre comestible. (Jstrea edutis, L., p. 3354; List.,

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Conch., lab. 193. 6g. 30; Encycl.. |»1. 184, flg. 7,8.

HuItre Pied-de-Cbeval. Ostrea hippopus , Lamk., Anim. sans vert., t. vi, p. 303, n® 2. Coquille arrondie , ovale , très-grande , Irès-épaisse, à talon large et presque aussi long sur une valve que sur l'autre, présentant, celui de la valve inférieure deux bourrelets et une gouttière au milieu . et celui de la valve supérieure j trois gouttières peu profondes; la valve supérieure est [ placée et chargée, en dehors, d'un grand nombre de lames peu saillantes. Celte grande espèce se trouve en abondance à Boulogne-sur-Mer.

IIcItre de Beauvais. Ostrea bellovacina , Lamk-, fostilis ; I.amk., Ann. du Mus., I. XIV, pl. 20, 1, a, b. Espèce presque analogue à l'liuitre comestible; elle se trouve à Bracheux, près Beauvais, à Noailles et dans le Soissonnais.

2" Espèces allongées, étroites, dont les bord» ne sont point plissés.

Huître étroite. Ostrea ciryinica, Lamk.; Ostrea l'irginiana , G me!., n® 113; List., Conchyl., pl. 201, flg. 35; Encycl.. pl. 170, flg. 1 à 5; Peliv., Gazophit., tab. 105, 6g. 3. Elle a sou analogue fossile à Bordeaux.

Huître épaisse. Ostrea crassissima, Lamk., Anim. ! sans vert., t. vi, p. 217, n° 16; Cliemnitz, Conchyl.,

I. vin, tab. 74, flg. 678. Espèce fossile, très-remarqua- | ble par sa taille et par son épaisseur extraordinaire.

UuItre a long bec. Ostrea longirostris , Lamk., Ann. du Mus., t. vm, p. 163, n®9; ibid., Anim. sans vert., t. vi, p. 217, n° 17. Coquille que l’on trouve fossile à Sceaux. Ce qui l'a fait particulièrement remar- ! quer, c'est rallongement considérable du crochet qui 1 est plus long que le reste de la coquille.

5® Espèces ovales, arrondies ou allongées, dont la valve inférieure seule est plissée.

HuItre disparate. Ostrea dispar , Desh., Encycl., pl. 182, flg. 6, 7. Cette espèce était restée sans nom. En lui donnant celui à' Ostrea dispar , Deshayes a voulu indiquer son caractère principal qui est d’avoir sa valve inférieure profondément et même régulièrement plissée. tandis que la supérieure est lisse.

HuItre plarellule. Ostrea flabelluta , Lamk., Ann. du Mus., t. xiv. pl. 20, flg. 3, a, b.; Sow., Min. Conch., pl. 253. Toutes les flgures de celle planche représentent les nombreuses variétés de celle espèce.

4® Espèces ovales, sublrigones ou arrondies, dont les bords des deux valves sont plissés ou dentés.

HuItre Bateau. Ostrea hyotis , Lamk.; Mytilus hyofis , L., p. 5350; Cliemnitz, Conch., t. vm, t. 75, flg. 085; Encycl., pl. 186, flg. 1.

HuItre imbriquée. Ostrea imbricata , Lamk., Anim. sans vert., t. vi, p. 213, n® 40; Kumph, Mus., lab. 47, flg. c; ü’Argcnville, Conch., pl. 2, flg. c des Coquilles rares; Encycl., pl. 186, flg. 2.

Huître pi.aeelloIde. Ostrea flabelloù/es , Lamk., Anim. sans vert., t. vi , p. 215, n° 4; Knorr, Pétrif., 4« part., 2, D. J. pl. 50, flg. 1 , 2, 3; Encycl., pl. 185, flg. 6 à 11. Espèce pétriflée, qui sc trouve particulièrement aux Vaches-Noire*.

5® Espèces étroites, allongées, plus ou moins courbées, flnement et régulièrement plisséea, à bords dentés.

HuItre pectixèe. Ostrea pect inata, Lamk.. Ann. du Mus., t. xiv, pl. 25, flg. 1, a, b.

HuItre couueuvrée. Ostrea cotubrina , Lamk.. Animaux sans vert., t. vi, p. 210, n® 10; Knorr, Pélrif., 4® part., 2 D. n, pl. 58, flg. 5, 6, 7.

tf Les HuiTRKS GryfboÏdes.

Coquille aplatie, suhéquivalve, adhérente par la plus grande partie de la valve inférieure; crochet courbé horizontalement en spirale, et engagé dans le bord ; il n'est point saillant ; ligament marginal allongé sur le bord.

HcItbe Gryproïde. Ostrea Gryphoides , Desh. Cette espèce vient des environs du Mans; elle a beaucoup de ressemblance avec le Gryphœa plicata, Lamk.

HuItre a pipies stries. Ostrea lenuistria , Desh. Elle se trouve aux Vaches Noires. Elle est beaucoup (dus petite que la précédente.

•J-J-f Les Grvpbées.

Coquille inéquivalve; la valve inférieure grande, concave, terminée par un crochet saillant, courbé en spirale involule; la valve supérieure petite, plane et oper ciliaire. Charnière sans dents; une fossette cardinale, oblongue, arquée sous le crochet pour le ligament.

1® Espèce dont le crochet est latéral.

Gitpbée anguleuse. Gtyphœa angulata , Lamk., Anim. sans vert., t. vi, p. 108, n® 1.

2® Espèce dont le crochet est perpendiculaire ou subperpendiculaire.

GrvpbEe arquée. Gryphœa arcuata , Lamk., Bourguel, Traité des Pétrifications , pl. 15, n® 92 et 93; Knorr, Pélrif., 2 D. ni, pl. 60, flg. 1, 2; Gryphœa incurva, Sow., Minerai. Conchyl., lab. 112, flg. 1. Coquille extrêmement commune dans les terrains anciens.

HUITBIER. Hœmatopus. ois. Genre de l'ordre des Grades. Caractères: bec assez robuste, droit, long , comprimé; mandibules égales, cunéiformes; narines oblongues, placées dans une rainure, de chaque côté du bec; pieds forts; tarses médiocrement élevés; trois doigts dirigés en avant; l'intermédiaire réuni jusqu’à la première articulation à l’externe par une membrane, et à l'interne par un simple rudiment , tous rebordés par un rudiment semblable; point de pouce; ailes médiocres; la première rémige la plus longue.

Ce genre, quoique très-borné dans le nombre de ses espèces, est néanmoins l'un des plus répandus. Il a été observé sur tous les points du globe visités par les navigateurs, et les différences légères que l'on a reconnues dans les trois Uuitriers qui constituent jusqu'à présent tout le genre, pourraient bien n'èlre que le résultat de simples modifications produites dans une seule et même espèce par de longues habitudes ou par d'autres causes analogues. L'Hultrier est pourvu de tout l'appareil de vol convenable aux longs voyages; mais tout porte à croire qu’il n’en fait usage que pour quitter les cotes aux approches de l'hiver, et se retirer dans l'intérieur des contrées plus méridionales, vers les lacs et les marais. Du reste, ces voyages ne sont ni dune grande étendue, ni d’une rigoureuse nécessité, car l’on voit des Hullriers ne s'éloigner jamais des lieux où ils se sont établis; ils suivent les mouvements des flots, soit

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à l’arrivée, toit à la retraite des marées; ils épluchent les coquillages laissés à découvert , et s'emparent des Mollusques dont ils se nourrissent exclusivement. C'est de cette nourriture, dont ils sont tellement avides, qu’ils voul la chercher jusque dans l'estomac des petits Poissons pris ou rejetés par les pécheurs, que leur est venu le nom par lequel on les distingue méthodiquement; les habitants des eûtes les connaisseul plus particuliérement sous celui de Pies-de-mer, non-seulement à cause de la disposition des couleurs du plumage qui leur donne quelque ressemblance avec une espèce très-commune du genre Corbeau , mais encore pour le caquet ou les cris continuels qu'ils font entendre, surtout à l'approche de l'Homme. Ces cris aigus et précipités, devenant pour les autres Oiseaux le signal d'un danger imminent, ont souvent trompé l'attente du chasseur, qui, dans son ressentiment, abattait l'Oiseau indiscret qu'en tout autre moment sa chair fétide et rebutante eût fait dédaigner.

Les Hultriers vivent isolés ou réunis par petites bandes que l'on peut soupçonner être l'assemblage de plusieurs générations; ils sont constamment occupés à fouiller dans le sable, autour des rochers battus par les vagues, pour y découvrir les Bivalves qu’ils ouvrent avec une adresse admirable, au moyen de leur bec auquel, â dessein sans doute, la nature a donné la forme d'un coin très-allongé. On les voit assez souvent s’abandonner aux vagues, et quoiqu'ils ne possèdent pas les organes propres à la natation, ils se soutiennent parfaitement, et pourraient, s’ils y étaient forcés, parcourir ainsi de longs trajets. Au temps des amours, les époux, prenant une robe un peu moins bigarrée, renoncent momentanément â la vie sociale, et se retirent dans quelque endroit isolé de la plage ou du roc; là, sans s'occuper aucunement des soins qui , chez tant d'autres Oiseaux, préludent à la ponte, la femelle dépose, sur le premier endroit qu'elle trouve convenable, deux ou trois oeufs d'un vert olivâtre , abondamment tacheté de brun; elle les couve seulement pendant la nuit, se reposant sur la chaleur des rayons solaires pour les intervalles d'incubation; celle-ci dure, dit-on, vingt ou vingt et un jours. Au bout de ce temps, le petit Huilrier, couvert d'un léger duvet grisâtre, sort pour toujours de sa demeure natale et se livre immédiatement à la course, exercice dans lequel, à l’exemple des parents, il doit devenir bientôt fort habile.

HuItbibrcanmcn. Hœmalopusostralegus , L.,Buff., pl. enlum.. 929. Parties supérieures noires; base des rémiges et des rectrices , bandes transversales sur les ailes, croupion, hausse col et parties inférieures d'un blanc pur; bec et aréole oculaire orangés; iris cramoisi; pieds rouges. Taille, quinze pouces et demi. En robe d'amour, il a tout le devant du cou d'un noir brillant. Les jeunes ont les parties noires nuancées de brun, et les blanches variées de cendré; le bec et l'aréole noirâtres; les pieds cendrés. Du nord des deux continents.

HüItRIER DK LA LOUISIANE. V ■ HuiTEIEB COMMUN.

UuiTKiEB a long bec. Htp matupus lotigiroslris , Vieil. Il parait être une variété d’âge de l’espèce suivante.

HcItbier a manteau . Hœmaiopus patliatus, Temm. Parties supérieures d'un brun cendré; tête, nuque et

cou noirs; parties inférieures blanches; bec plus long et plus fbrl que chez l'Huitrier commun ; il est rouge ainsi que les pieds. De l'Amérique méridionale.

HcItkiee noir. Hœmatopus niger, Cuv. Plumage entièrement noir; bec, aréole oculaire et pieds d'un rouge vif. Taille, seize à dix -sept pouces. Les jeunes ont le plumage d'un brun noirâtre. De l'Australasie.

HlItrier Pie. V . HcItbier commun.

HuItbier Atx pieds blancs. Ostralega leucopus,Cav. Parties supérieures noires, ainsi que la gorge et le cou jusqu’à la poitrine; tout le reste du plumage, ainsi que les bandes alaires, d'un blanc pur; bec arrondi et rougeâtre; pieds blanchâtres. Taille, quatorze pouces. Des Iles Nalouines.

HiItrier du Sénégal. V. HlItrier commun.

HLITRIER. moll. Ce nom, par lequel on a voulu désigner l’animal qui habite les deux valves de l’HuItre, c'est-à-dire l'Iluitre elle même, est (fautant moins admissible, que le mot Huilrier est consacré à lin genre d'OUeaux, et que celui d'Uullre est également adopté dans la langue française.

HULGUE. bot. Nom de pays du Gratiola Peruviana.

HULOTTE, ois. Espèce du genre Chouette. P. ce mot.

Ill’LTHÉlUIE. Hullhetnia. bot. Dumortier ayant observé que le Posa berberifolia, Pâli., s'éloignait considérablement de ses congénères, et par son port qui forme de petits buissons Irès-rameux, et par ses feuilles simples , dépourvues de stipules , et par plusieurs autres caractères encore, tels que son réceptacle dépourvu de poils; ses pétales marqués, vers l'onglet, d’une tache pourprée, couverts de pores nectar ifères, etc., en a formé un genre distinct, qu’il a dédié à l'un des hommes qui ont le plus honoré la ville de Gand, feu Van Hullhem. Quatre ans plus lard , en 1828 , le professeur Lindlcy, quoiqu'il n’eût pas dû ignorer la publication faite par le Messager des sciences et des arts (cahier de décembre 1824), et répétée par les Annales de la société Linnéenne de Paris, a, de son côté, formé de la même plante un genre Lotoea , en honneur d'un savant bachelier de l'Université de Cambridge, actuellement résident à Madère, et qui a fait d'importantes recherches en Islande, sur l'histoire naturelle de cette Ile. Il est de foute justice de rétablir ici les faits d'après leurs droits d'antériorité, et de ne plus considérer le genre Lotoea que comme l’identique du genre Hullhetnia de Dumortier. Ce genre appartient à la famille des Rosacées de Jussieu, ou â l’icosandrie Polygynie de Linné.

Uulthémie a veuilles de ÜiiBtuoK.Jiulthemia Berberi folia, Dum. (/oc. Cil.); Posa Berberifolia, Pall., in Noc. Ad. Petr., 10,379, t. 10, fig. 5; Willd., Sp. pl. 2, 1003; Mort. Kew. ed. ait., 3, 258; Smith et Red., Pos.t 1 , 27, l. 2; De Cand., Prodr., 2 , 602; Spreng., Syst. P'eg., 2, 546; Wailr., Monoyr., 25. Lotoea Berberifolia, Lindley, Pot. Pegist., 1261. Cet arbrisseau ne s’élève guère à plus de deux pieds; ses liges, ses rameaux sont étalés, diffus, pubescents, grêles et garnis de forts aiguillons arqués, petits, brunâtres comine les vieilles tiges, très-aigus et presque toujours réunis deux à deux, principalement aux articulations. Les feuilles sont alternes, simples, ovales, doutées, brièvement péliolécs ,

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