‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 2)Chapitre 85 sur 117 · SI · texte numérisé non relu

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distingué de ce genre le Châtaignier, qui, néanmoins, a été confondu avec le Hêtre par Linné et Jussieu. Mais celui-ci ayant proposé de rétablir la distinction admise par les botanistes antérieurs à Linné, celte manière de voir a prévalu chez tous les auteurs modernes. Les espèces de Hêtre, au nombre de quatre ou cinq, croissent dans les pays tempérés de l'F.urope et de l'Amérique. Une d’entre elles constitue la presque totalité de certaines forêts en France, en Suisse et en Allemagne, et par conséquent mérite de Axer principalement notre attention.

Hêtre des forêts, Fagus sylratica , L., vulgairement appelé Fayard, Foyard,etc. C'est un arbre dont la tige s'élève à plus de vingt mètres, se ramifie supérieurement et forme une cime touffue garnie de feuilles ovales, aiguës, un peu plissées. vertes et luisantes en dessus, pubescentes en dessous, portées sur un pétiole court et accompagnées à la base de deux petites stipules écaiileuseset caduques. I.es fleurs mâles forment des chatons ovoïdes. longuement pédonculés et pendants; elles sont placées au-dessous des fleurs femelles qui sont pédonculées et solitaires dans les aisselles supérieures des feuilles. Le Hêtre est un des plus beaux arbres dont la nature s’est plu à orner nos paysages. Tous les poetes de l’antiquité en parlent à chaque page de leurs idylles, bucoliques et géorgiques, et c’est toujours au pied d’un Hêtre (sttb tegmine fagi) qu’ils ont placé les scènes I pastorales de ces heureux temps où la classe des bergers sedist inguail autant pat* la variété de ses connaissances | que par les agréments d'une conversation poétique. Le j Hêtre se plait particulièrement dans les terrains secs et pierreux, sur le penchant des collines. Il se multiplie facilement par ses graines, et les jeunes plantes peuvent, à la fin de la première année, être placées en pépinières nu en rigoles à environ trois décimètres de distance les unes des autres. Quand elles ont acquis à peu près deux mètres de hauteur, -on doit les planter à demeure. De même que le Charme, cet arbre est très-propre à former des palissades de verdure, par la facilité avec laquelle il supporte la taille, et il a sur celui ci l'avantage de s'élever beaucoup plus haut. Les fermes et les vieux châteaux de l’ancienne Normandie sont entourés de Hêtres, et dans la Belgique, ces arbres, plantés en lignes et croissant à l’air libre, bordent les roules et s'élèvent très -haut en formant de superbes rideaux de verdure. La culture du Hêtre pourpre commence à se répandre par toute l'Europe. Les feuilles de cette variété sont d'un rouge clair dans ta jeunesse, puis elles acquièrent une couleur lie de vin, qui se fonce de plus en plus. Cette couleur permanente contraste agréablement avec le vert diversement nuancé des autres arbres, et sous ce rapport le Hêtre pourpre est cultivé principalement dans les jardins paysagers.

Parmi nos arbres indigènes, le Hêtre est un de ceux dont les usages sont les plus variés. Son bois, d’une texture serrée, joint la solidité à la légèreté; aussi est-il fréquemment employé à la confection des instruments et des meubles. C'est le bois dont on se sert habituellement pour fabriquer l’économique et avantageuse chaussure des paysans, chaussure qui n'est pas toujours l’indice d'une condition misérable, mais qui est certai-

nement mieux appropriée que les souliers à la nature fangeuse du sol de plusieurs contrées. La prévention que l'on avait contre le Hêtre considéré comme bois de charpente, a cessé depuis qu’on a trouvé le moyen de remédier aux inconvénients qu'on lui reprochait, d'être su jet â se fendre et â être attaqué par les vers. Ce moyen consiste â le couper au commencement de l'été pendant qu’il est dans la végétation. On le laisse reposer pendant une année, et après l’avoir débité en solives et en planches, on lui fait subir une immersion de plusieurs mois dans l'eau. Ceo opérations préliminaires étant achevées, le bois de Hêtre peut être soumis en toute sûreté aux usages les plus nombreux. Dans la construction des navires, les Anglais l'emploient très-utilement 1 aujourd'hui pour les hordages et les ponts où un bois uni et droit est absolument nécessaire. Divisé en feuil- | lels très-minces, les relieurs s’en servaient, au lieu de carions, pour les couvertures de ces énormes in-folios I dont la mode s'est évanouie avec celle des querelles de 1 théologie, de médecine et de jurisprudence. Indépendamment de ces usages économiques, le Hêtre doit être considéré comme un excellent combustible; il répand, en effet, une chaleur vive et fournit un charbon fort compacte. — Les fruits du Hêtre portent le nom de Faines. Tous les animaux frugivores en sont trèsfriands et on les donne aux Cochons ainsi qu'aux Oiseaux de basse cour pour les engraisser. L'amande qu'ils contiennent, quoiqu'un peu astringente, a une saveur agréable, et l'on prétend que, par la torréfaction, elle développe un parfum qui approche de celui du Café. Celle amande est riche en huile d'une excellente qualité. L’extraction s’en fait ordinairement en soumettant les faines entières, dans des moulins particuliers, à l’action de forts pilons qui les réduisent en pâte. Celle-ci est enfermée dans des sacs d’une toile très-forte que l'on met sous la presse ; l'huile en découle chargée de matières grossières, on la reçoit dans de grands vases où elle dépose ses impuretés, et il ne reste plus qu'â la soutirer à plusieurs reprises. Au lieu d'écraser les faines entières avec leur écorce, il serait plus avantageux d'extraire préalablement celles-ci en les faisant passer entre les meules d'un moulin â blé convenablement écartées. Par ce moyen, on obtiendrait une quantité d'huile plus considérable et plus blanche, et les tourteaux pourraient servir avantageusement à la nourriture des bestiaux. Dans la méthode ordinaire, l’écorce relient beaucoup d'huile qu'on enlève, il est vrai, en ajoutant â la pâte une certaine quantité d'eau, mais il y en a toujours une partie dabsorbée et de perdue. Les tourteaux qui résultent de ce mode d'extraction ne sont bons qu’à brûler; iis donnent une flamme vive, sans odeur, et laissent un charbon qui se conserve très-longtemps.

Les autres espèces de Hêtre sont indigènes de l'Amérique du nord et de la Terre de Feu. Le Fagus fc r rugi nea, Willd. et Micbx., Arb. Am., 5, p. 174, tab. 0, a beaucoup de rapports avec le Hêtre de nos forêts, mais ses feuilles sont bordées de dents très-saillantes. Son bois est employé aux États-Unis pour la charpente inférieure des navires.

HÉTRODK. //e/rot/e*. ms. Genre de l'ordre des Orthoptères, établi par Fischer, aux dépens du genre

Bradyporus , d’Audinet-Scrville. Caractères : palpes grêles, avec le second article renflé à sa base, le dernier presque filiforme, tronqué et droit; yeux trèsproéminents; antennes rapprochées, sétacées. presque capillaires, dont le premier article conique, gros, allongé, le second plus court et obeonique; tète grosse, presque carrée, de la largeur du corselet; une forte épine entre les antennes ; corselet n'embrassant qu'une portion du corps : sa partie antérieure élevée et armée de fortes épines; sa partie postérieure dilatée latéralement. arrondie postérieurement, avec le bord fortement épineux; présternum édenté; abdomen gros, armé de tubercules et d'épines, di$|>osés longitudinalement; sa lame anale membraneuse, arrondie ; cuisses épineuses : les poslérieures munies, vers leur extrémité, d’épines très -fortes; un canal ondulé et lisse à la face supérieure des jambes. Le type de ce genre est le Bradyporus pupa, Aud.-Serv.

HETTINGERA. bot. Tour tielllingeria. F. ce mot.

HETTLINGERIA. bot. Decker ( Etem . Bol., 803) a ainsi nommé un genre constitué avec le Hhamnus iguane u s de Linné, ou Zizyphus iguaneus de Lamarck. Il lui a donné pour synonyme le Coilelia de Scopoli, qui ne parait pas être le même que le Coilelia «le Commerson et de Ventenat. F. ce mol.

HKTTSONlA. bot. Pour Ibetlsonia du Botanical Magazine , vol. 31, n° 1259.

liEtCHÉHE. Mouchera, bot. Genre de la famille des Saxifragées et de la Penlandrie Digynie, établi par Linné et ainsi caractérisé : calice campanulé, à cinq divisions peu profondes et obtuses; corolle A cinq pétales lancéolés, un peu étroits, insérés sur le bord du calice et entre ses divisions; cinq étamines dont les filets sont sélacés, plus longs que les pétales, et qui portent des anthères arrondies; ovaire seini infère, légèrement conique, bifide au sommet et surmonté de deux styles droits, .de la longueur des étamines, et à stigmates obtus; capsule ovale, pointue, terminée supérieurement par deux pointes ou cornes réfléchies et divisée eu deux loges polyspermcs. Toutes les espèces de ce genre sont confinées dans l'Amérique septentrionale; cependant une d'entre elles [Meuchera cau/esccns) a été aussi trouvée dans le Kamlschatka par Pallas. Pursh (FJor. Amer, sept., I, p. 187) en a décrit cinq espèces qui, de même que les Saxifrages en Europe, se plaisent dans les localités moutueuses de la Pensylvanie, de la Virginie cl de la Caroline. L'espèce suivante est cultivée dans les jardins de botanique.

llri cHfcnK u’AmEriqie. Meuchera Americana, L. , Meuchera décida, Pursh. Meuchera Cortusa , Michx. C'est une plante qui, par son feuillage, offre quelques ressemblances avec la Gorluse de Malhiole et avec la Sanicle : aussi les anciens botanistes, tels que Hermann. Rai et Plukenel, qui sc contentaient d'un rap- | port aussi éloigné, lui donnaient les noms de Cortusa et de Sanicula. Scs feuilles sont radicales, cordiformes, longuement pcliolées, légèrement incisées en six ou sept lobes obtus, mucronés, ciliés et un peu dentés; leur face supérieure est verdâtre et veinée, l’inférieure chargée de poils, courts. Entre ces feuilles, naissent plusieurs tiges droites, grêles, nues, hautes de trois

décimètres et plus, et terminées par des Heurs nombreuses, petites, d'un vert rougeâtre et disposées en grappes pyramidales. Elle est très-commune sur les rochers depuis la .Nouvelle-Hollande jusqu'en Caroline.

H EL DELOTIE. Meudelotia. bot. Genre de la famille des Térébiutbacées, établi par Perrotet et dédié par lui à son ami Heurdelol, jardinier en chef des établissements de culture du gouvernement français, au Sénégal. Caractères : Heurs hermaphrodites; calice monosépale. tubuleux, quadridenlé cl coloré; quatre pétales linéaires, obtus, un peu plus longs que les dents du calice; huil étamines libres quatre plus longues que les pétales avec lesquels elles alternent , quatre plus courtes et opposées aux pétales, toutes insérées autour du disque du calice; style simple; drupe pisiforme, pointu, uniloculaire et monosperme. La seule espèce jusqu'ici connue. Uei delotie apricaixe, Meudelotia a f ricana. Pér. (Fl. de Sénégamhie, t. 39), est un arbuste rameux de huit à dix pieds, à feuilles alternes, brièvement péliolécs, composées de trois folioles, ovalaires. sensiblement plus étroites à la hase, inégalement dentées à leurs bords et dont l'intermédiaire est toujours plus grande que les latérales. Les fleurs sont trèspetites, d'un rouge de rose, réunies en faisceaux par de cdhrts pt-d icelles. Cet arbrisseau, qui est très-abondant dans les sables arides des contrées intérieures du Sénégal, se rapproche beaucoup du Bhus oxyacantha. Il en diffère par son calice longuement tubuleux, ses étamines en nombre double des [létales. L'Heudelolie africaine parait être identique avec l'arbuste qu'Adanson avait nommé Aiotoult et que, le premier, il a indiqué comme produisant le suc résineux connu dans les officines sous le nom de Bdelium.

HEILAMMTK. un. Variété de Stilbite laminaire, dont on a fait une espèce particulière, en la rapportant ù un prisme droit obiiquangle de 130° 30'. F. Stilbite

H EL LC. bot. Suc résineux, qui découle du Pistachia Atlanlica de Desfontaines. F. Pistachier.

HEI RL1N oc HIKL1N. pois. Variété de Perche, dont la chair est fort estimée, et qui se trouve dans le lac de Gérardmer. situé dans les Vosges.

HEURN1E. Meurnia. bot. Pour Hcebxie. F. ce mot.

HEVEA, rot. Aublet nommait ainsi l’arbre de la Guiane qui produit la gomme élastique. Ce nom a dû être supprimé à cause lie sa consonnance avec VEcea, genre de Rubiacées, et on lui a substitué celui de Siphonia. F. ce mot.

HEVI oc HEV-Y. bot. Nom donné àOtalti, à ce qu'on appelle improprement arbre de Cylhère à l’Ile-de- France. F. Spohdias.

Il EX AC A N THE. Mexacanthus. pois. Genre de l'ordre des Acanlhoptérygicns . établi par Nordmann, aux dépens des Gobies, pour une espèce que Pallas avait primitivement placée dans ce genre , mais qui en diffère principalement par les* caractères suivants : branchies renfermées partout , à l’exception d’une ouverture de chaque côté de la nuque; tête moins large que le corps, déprimée, un peu scabre en dessus et sur les côtés, hérissée de tubercules en étoile; yeux rapprochés eu dessus; narines prominules, tubuleuses et placées près de la mâchoire supérieure; dénis petites, nombreuses.

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