‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 2)Chapitre 96 sur 117 · ROI · texte numérisé non relu

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vert, entier, à cinq petites dents, imitant celui du Molucella ; corolle labiée, dont le tube, dilaté à la base, est arqué près du limbe; la lèvre supérieure courte, à deux lobes arrondis, l'inférieure allongée et à trois lobes dont l’intermédiaire est échancré; étamines didyn. unes, plus longues que la corolle, à filets comprimés, à anthères ovées, portant sur le dos un appendice noir où s'insère le sommet du filet; style plus long que les étamines, courbé au sommet et terminé par un stigmate aigu, légèrement bifide; capsule (non mûre) granuleuse à sa superficie et divisible en quatre carpelles. Ce genre a été nommé Platunium par Jussieu (Ann. du Mus., t. vu, p. 65 et 76) qui, ayant bien remarqué ses rapports avec V/Jolmskioldia de Retz, n’avait cependant pas cru devoir les réunir à cause du caractère erroné, attribué par Retz au fruit de son genre. D'un autre côté Smitb ( Exotic . bot., p. 41, tab. 80) a décrit et figuré la même plante sous le nouveau nom d ' Ila&tingia.

VHolmakioldiu sanguinea , Retz, Platunium ru brum , Juss., J/astinyia coccinea, Smith, est un bel arbre qui croit sur le» montagnes du nord du Bengale, où il fleurit en mars cl porte scs graines en avril. Les habitants de ce pays lui donnent le nom de Ghurhulpaharia, dénomination sonore, que Smith recommande à ceux qui préfèrent les termes vulgaires à la nomenclature scientifique de Linné. La tige de cet arbre se divise en branches opposées, garnies de feuilles opposées, pétiolées, cordées, crénées, veinées et glabres. Les fleurs sont accompagnées de bractées arrondies; leur corolle et leur calice sont remarquables par une couleur écarlate, très-vive.

UOLOBRAftClIKS. pois. Ordre établi par Dumérii dans sa Zoologie analytique, et dont les caractères consistent dans des branchies complètes; le plus nombreux de tous par scs espèces, il se divise en quatre sous-ordres : les Jugulaires, les Thoraciques, les Abdominaux et les Apodes. V. ces mots.

lIOLOCAMilE. pois. Synonyme de Guara. V . Diodou.

UOLOCENTRE. Holocentrus. pois. Ce nom parait avoir été employé premièrement par Gronou pour désigner un genre qu'Artedi et Linné ensuite, confondirent avec les Scièncs et les Perches. Lacépèdc, qui s'en servit de nouveau, caractérisa ainsi ses llolocenlres : un ou plusieurs aiguillons et une dentelure aux opercules ; un barbillon ou point de barbillon aux mâchoires, une seule dorsale ; la nageoire de la queue fourchue en croissant ou arrondie cl non échancrée. De tels caractères, un peu vagues, embrassaient plus de soixante espèces de la famille des Percoïdes, que Cuvier a cru devoir distinguer en des genres divers adoptés des ich- Ihyologistes. Ces Poissons, dit Cuvier, sont au npuibre des mieux armés; outre que leurs épines dorsales et anales sont très-fortes, et leurs écailles épaisses, dures et dentelées, ils ont une forte épine au bas de leur préoperctile, et leur opercule en a une ou deux autres â son bord supérieur. Leur museau est court, peu extensible, et ils n'ont que de petites dents. La partie molle de la dorsale s'élève au-dessus de la partie épineuse. L'occiput est sans écailles, osseux et strié, le sous-orbitaire cl les quatre pièces operculaircs sont le plus sou-

vent dentelés. On ne voit pas pourquoi Cuvier, en renfermant ce genre dans ses justes limites, en a changé le nom pour celui de Solbado, tiré de l’espagnol et qui signifie un soldat. Les espèces les plus remarquables de ce genre où brillent les plus magnifiques couleurs, sont :

Ilot.ocr.xTRZ Sogo. Lac., t. iv, p. 547 ; Holocentrus Sogo, Bloch, pl. 332. Le rouge le plus vif se fond dans le blanc pur en descendant de chaque côté de l’animal, depuis le haut du dos jusqu'au-dessous du corps et de la queue et en se dégradant par une succession insensible de teintes et de reflets assortis. Au milieu de ce fond nuancé s'étendent, sur chaque face latérale du Poisson, six ou sept raies longitudinales et dorées ; la couleur de l’or se mêle encore au rouge de la tète et des nageoires, particulièrement â celui qui colore la dorsale, l’anale et la caudale, et son œil très-saillant, montre un iris argenté, entouré d’un cercle d’or. Ce Poisson se trouve dans les mersdesdeuxmondes. b.8,p. 17,c.29.

Holocextrx Pubère. Hofocentru» Diadema, Lac., t. iv, pl. 374 , çt t. 3, pl. 33, fig. 3. Six ou sept raies étroites et longitudinales parent chaque côté de ce Poisson. Les bandes noires et blanches, qui décorent la partie antérieure de sa nageoire dorsale représentent le bandeau auquel les anciens donnaient le nom de Diadème, et les rayons aiguillonnés qui s’élèvent de cette même partie au-dessous de la membrane, rappellent les parures dont ce bandeau était quelquefois orné.

Le Labre anguleux de Lacépède, t. ni, pl. 33, fig. 1, est encore un véritable Holoccnlre, tandis que ses Hnlocentres Posl, Schraister et Acérine, rentrent dans le genre qui porte ce dernier nom. Le reste des llolocentres de Lacépède est «réparti entre les Diacopes , les Serrans, les Labres, les Perches, etc.

HOLOCUEILE. I/olochçilus. bot. Genre de la famille des Synantbérées , Corymbifères de Jussieu, eide la Syngénésie égale, L., établi par 11. Cassini (Bullel. de la Société Philom., mai 1818) qui l'a ainsi caractérisé : involucre composé d'écailles presque sur un seul rang, à peu près égales, ovales oblongues; réceptacle nu et un peu plan; calathidc composée de fleurons hermaphrodites, nombreux, dont les corolles ont deux lèvres : l'extérieure ovale, tridenlée au sommet, l’intérieure plus courte et plus étroite, ovale -lancéolée, indivise ou hidentée; article anthérifère des étamines épaissi; connectif court; appendices basilaires longs, subulés; appendice apiculaire long et linéaire ; ovaires ohlongs, cylmdracés, surmontés d'une aigrette légèrement plumeuse. Cassini place ce genre daus sa tribu des Kassauviées, près du T ris U de Brown et de Lagasca, dont il ne diffère que par la lèvre inférieure de la corolle non divisée, et par la nudité du réceptacle. Il est aussi très -voisin des genres Homoianthuê et Clurionca. V Holocheilut oc h rôle unis , H. Cass., est une plante herbacée dont les tiges, de trois décimètres environ, sont divisées au sommet en quelques rameaux qui portent des calathidcs d'un jaune pâle. Les feuilles de la tige sont alternes, demi-amplcxicaules, et parsemées ainsi que la lige de poils roides et articulés; les feuilles radicales sont ovales, presque arrondies et largement crénelées. Celte plante a été recueillie par Commerson près de Buenos-Ayrcs.

IIOLOCURYSIS et HOLOCHRYSON. bot. Synonymes de Joubarbe.

UOLOCONITIS. bot. Synonyme présumé deSouchet comestible.

DOLOCYANÉOSE. rois. Espèce du genre Scare. y. ce mot.

DOLOGONID1E. Hologonidium. bot ai». Wallrolh nomme ainsi les Gonidies des Lichens considérées isolément, lorsqu'elles sont dans les conditions nécessaires pour se développer, et au moment de le faire.

HOLOGYMNOSES. pois. Lacépède a ainsi nommé des Girelles dont les écailles du corps, plus petites que dans les autres espèces, seraient cachées durant leur vie par l'épiderme; mais ces écailles, qui ne paraissent point dans le dessin de Commerson,qu'a fait graver Lacépède (t. ni, pl. 1, fig. 3), se voient fort bien dans le Poisson desséché. Les Labres Demi-disque du même auteur, pl. 0, fig. 2, Cercle, pl. 0, fig. 3, et annulé, pl. 98, fig. 3, en sont fort voisins, y. Labre.

UOLOLÉPIDE. Hololepia. bot. Genre de la famille des Syuanthérées, et de la Syngénésie égale, L., établi par De Candolle (Ann. du Muséum, vol. xvi, p. 180) , et ainsi caractérisé : quatre bractées très-grandes, inégales, entourent immédiatement l'involucre des calathides, lequel est formé de folioles régulièrement imbriquées, appliquées, ovales-obluses et coriaces; réceptacle large, plan , muni de fiinbrilles éparses, élargies inférieurement et filiformes supérieurement; ovaires épais, courts, presque cylindriques, surmontés d'une aigrette de poils nombreux et légèrement plumeux. L'auteur de ce genre l'a placé dans l’ordre des Cinarocépbales de Jussieu, près du Serratula et de son genre Heteroconta; mais il a indiqué en même temps que ces genres, ainsi que le Pacourina d'Aublet, forment un groupe intermédiaire entre les Cinarocépbales et les Corymbifères. L'observation minutieuse des organes floraux a déterminé U. Cassini à ranger ces deux genres parmi les Vcrnoniées, auprès du Centratherum. L'/fololcpit pedunculata , DC., est une grande "plante originaire du Brésil. Sa lige rameuse porte des feuilles éparses, ovales oblongues, aigues, entières, blanchâtres en dessous. Chacune des calalhides est solitaire au sommet des ramuscules axillaires. Les bractées qu'entourent l'involucre sont sessiles, ovales-aiguès, légèrement cordiformes et foliacées.

UOLÜLÉPIDOTK. pois. Espèce du genre Cichlc. y. ce mol.

HOLOLEPTE. Ilololepta. iss. Genre de l'ordre des Coléoptères, section des Pentamères, famille des Clavicornes , tribu des Ilislérotdes, établi par Paykull et adopté par Latreille ( Familles naturelles du Règne Animal). Ses caractères sont : corps très -aplati, avec le menton profondément échancré; le lobe extérieur des mâchoires et leurs palpes allongés, les articles de ces palpes cylindriques; présternum ne couvrant point la bouche. Les llololeptes vivent sous les écorces des arbres, où elles subissent toutes leurs métamorphoses; celles d'Europe sont en général de petite taille; il n'y a que dans les exotiques que l'on rencontre des individus assez grands. Leur corps est très aplati ; sa forme générale est le carré long; la tête est plus grande, propor-

lions gardées, que celledes Escarbols; elle est placée dans un enfoncement du prothorax et du préslernum qui, dans les Escarbols, la cache eu partie en dessous et ne s'avance que très-peu. Les mandibules sont cornées , assez longues, arquées et sans dents , avec un sillon très-profond à la partie interne. Les mâchoires sont un peu plus courtes que les palpes maxillaires ; elles sont coriaces, biarticulées; la base est épaisse, et elles sont ciliées intérieurement. Les palpes sont filiformes, à articles cylindriques; les maxillaires ont le second article plus long que les autres; les labiales les ont presque égaux entre eux. La languette est membraneuse , fixée sur le milieu de la lèvre inférieure, et divisée en deux lanières divergentes , très-étroites , ciliées intérieurement, assez aigues et aussi longues que les deux premiers articles des palpes labiales. La lèvre inférieure est plus large que longue, cornée, très.-échancrée au milieu, de manière à paraître formée de deux parties égales et presque pointues ; te labre est beaucoup plus petit, convexe et très-peu échancré antérieurement. Les antennes sont composées de onze articles; le premier est un peu plus long que celui des llislcrs; il e6t aussi moins arqué. Les sept suivants sont très-courts, grenus, et les trois derniers forment une masse ovale ou presque ronde. Les yeux sont petits, placés sur les cotés de la tète, et le front est plan, très- peu ponctué. Le corselet est large; il est légèrement rebordé, dans quelques espèces , sans rebords dans d’autres , et il n'a point de stries ou sillons longitudinaux; l'écusson est très-petit, triangulaire. Les élytres sont encore plus courtes que chez les Escarbols, et très-peu striées; l'abdomen est beaucoup plus long et très- ponctué. Les pattes sont courtes, piales et plus dentées que celles des Escarbols. Ces insectes sont généralement de couleur noire; leur larve ressemble entièrement à celle des Escarbols. L’espèce la plus commune eu France est :

L'Uoloi.eptk dêprikEe. Ilololepta depressa, Payk., Monog. Hist., p. 103, pl. 8, fig. 8; /Inter depretsus , Fabr. ; Payk., P'aun. Suce., 1, 498, Schùn., Oliv., Ent. 1, 8, p. 15, n° 17, t. 9, fig. 0. Elle est longue d’uue ligne, entièrement noire et très- luisante; le corselet est rebordé, légèrement ponctué sur les bords. Les élytres ont cinq stries longitudinales; qui diminuent de longueur et s’approchent de la suture. Cette espèce se trouve à Paris, en Suède et rarement dans l'Amérique du nord, sous des écorces d'arbres.

HOLOPE. IIolopu$. Scms. Genre de la famille des Crinoldes, établi par D'ürbigny pour un Échinodermc nouveau , découvert aux Antilles par M. Rang. D'Orbigny donne ainsi les caractères du nouveau genre qu'il établit : animal fixé au sol par une racine prenant la forme des corps solides sur lesquels elle s'attache; de cette racine ou base part un pied ou corps entier, court, épais, creux, contenant les viscères et s'ouvrant en une bouche, remplissant en uièine temps les fonctions d’anus, placé dans le fond d'une cavité irrégulière, formée par la réunion de bras dicholouics , épais, poreux, convexes extérieurement, creusés en gouttière en dedans, divisés en articulations nombreuses, et munis alternativement sur leur longueur, de petites ratoules coniques, fortement comprimées.

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HOlOPHORE. Holophora. ms. Hémiptères; genre de la famille des Cicadaires , établi par Germar qui lui donne pour caractères : tète courte et transverse, échancrée au sommet, pour recevoir le chaperon qui est incliné; élylree repliées, mais non entièrement cachées, ornées d’une rangée de cellules disposées près de leur bord postérieur et de deux ou trois autres cellules discoïdales; jambes antérieures prismatiques, avec les tarses grands et les ongles dilatés et trigones; les postérieures se terminent en massue. Ces insectes ont la partie antérieure de la tête convexe et transversale, les épaules saillantes et faiblement épineuses, un peu contournées vers l’insertion des élytres; le dos est caréné , sensiblement rétréci en arrière et même acuminé, de la longueur de l'abdomen ou un peu plus court. Germar décrit onze espèces d'Holophores parmi lesquelles sont les Membracia r enoaa, sagittuta , triangulum , aordida et apinoaa de Fabr. Tous ces insectes appartiennent au Brésil.

1IOLOPHYLLE. Holophyllutn. bot. Genre de la famille des Synanlliérées, tribu des Sénécionides, institué par Lesson qui lui assigne pour caractères : capitule miilliflore et homogame; réceptacle plan et patéacé; involucre campanulé, formé de plusieurs rangs d'écaillcs dont les extérieures, foliacées, aussi longues que les intérieures et même que les fleurons du disque ; akène pentagone, ailé sur ses angles; aigrette poilue, fragile, décidue. offrant une rangée de cellules. Oe genre qui a pour type une plante du cap de Bonne- Espérance, que Linné avait placée dans son genre Athanaaia, n'est encore composé que de trois espèces. Toutes sont des arbrisseaux dont les sommités sont plus ou moins velues, rarement glabres ; leurs feuilles sont éparses , serrées , ponctuées, sessiles. ovales ou oblongues, très-entières ou rarement dentelées; les capitules sont ovalo-globu- Icux, presque sessiles, rarement solitaires, presque toujours ramassés entre les feuilles du sommet de la tige, et garnis de fleurs jaunes. Les trois espèces étaient connues sous les noms de Athanaaia capitata, Lin.; Athanaaia lanuginosa, Cavan.; Athanaaia scabra.

HOLOPODE. Holopodiua. ois. Genre de l’ordre des Grades, établi par Ch. Bonaparte, aux dépens des Phalaropes, avec les caractères suivants : bec plus long que la tête, faiblement arqué, terminé en pointe déliée, mince, cylindrique, côtoyé dans toute sa longueur par le sillon nasal; narines basales, allongées, linéaires; tarses allongés, très-comprimés, réticulés, à acropode scutellé; pouce louchant à terre par son sommet; ailes allongées et pointues , queue courte et cunéiforme. Le genre Phalarope ne se composait que de deux espèces, et malgré quelques différences dans la conformation du bec, ce genre n’avait point subi de modifications, seulement il s'était accru d'une espèce nouvelle, qui a été, à ce que l'on assure, apportée de la côte du Sénégal; mais cette espèce examinée avec une attention parti- j culière, par le prince Bona|>arte, s’est trouvée différer des deux anciennes, non-seulement par la nature grêle et en alêne du bec, mais encore par une courbure bien déterminée de cet organe, dans toute sa longueur; en outre par une frange formant une bordure droite de chaque côté des doigts. Tous ces caractères réunis

out celle fois paru bien suffisants pour distraire du genre Phalarope, au moins l'espèce qui y avait été récemment introduite- De nouvelles observations amèneront vraisemblablement plus tard la séparation des deux premières espèces connues.

Uolopode liseré f/olopodius fimbriatua, Bon.; PhalaropuH fimbriatua, Tcmm., pl. color. 370. Sommet de la tête d’un bleu cendré très-clair; une large bande noire de chaque côté du cou , qui descend et s'avance vers la poitrine; une grande tache marron, placée près de l'insertion des ailes; dos et scapulaires d'un beau gris bleuâtre, marqué de grandes taches marron; nuque, gorge, ventre et abdomen d'un blanc pur; poitrine légèrement nuancée de roussâlre; rémiges et reclrices d'un gris brun; bec noir; pieds verdâtres. Les jeunes ont la bande longitudinale -des côtés du cou marquée de brun-marron; le devant du cou et la poitrine nuancés de roussâlre , toutes les parties supérieures variées de brun , de toux et de cendré. Taille, huit pouces.

HOLOPTILE. Holoptilua. ixs. Hémiptères; genre de la section des Hétéroptères , famille des Géocorises. tribu des Réduvilcs, établi par Lepelletier et Servillc qui en ont déterminé les caractères de la manière suivante : antennes sélacées de moyenne longueur, coudées. insérées sur la partie antérieure de la tète, rapprochées à leur base, composées de trois articles : le premier gros, court et glabre; le second fort long, arqué. portant deux rangs de poils longs, roides, divergents, qui le font paraître comme pecliné, et à sa partie supérieure, un autre rang de poils longs, serrés et couchés; le troisième article un peu plus long que le premier, plus mince à sa base qu’à son extrémité, portant quelques poils disposés par vcrlicille ; bec court, arqué, ne dépassant pas l'origine des cuisses antérieures, découvert à sa naissance, composé de trois articles : le premier court, le second long, cylindrique, le dernier court et conique ; labre peu apparent ; tète petite, sans cou distinct; yeux arrondis, saillants ; corps assez court; corselet rétréci en devant avec ses deux lobes séparés par un sillon transversal; écusson petit et triangulaire; élytres de la longueur de l'abdomen, de consistance demi -membraneuse dans toute son étendue; point d’ailes; abdomen très-convexe en dessous, composé de six segments presque.transversaux, le dernier plus large dans son milieu que sur les côtés ; cuisses, jambes et tarses, portant trois rangs de poils roides et divergents.

lioLorriLE Ocbs. Holoptilua L/raua, Lepell. et Serv. Corps brun, entièrement couvert de poils roides, à l’exception de l’abdomen et des élytres; milieu du ventre jaunâtre; dessus du corselet raboteux et tubercule; élytres demi -transparentes, d'un blanc argenté sale, munies, à leur base extérieure, d'une touffe de poils brunâtres et marquées d’une grande tache d'un noir violet; quelques points de la même couleur vers le bord; ventre très-convexe en dessous, avec le second segment tuberculeux; pattes d'un brun violet. Taille, trois lignes. Du cap de Bonne-Espérance.

HOLOSCHGEMJS. eot. Espèce du genre Scirpe. ce mot.

HOLOSTÉ. Holosteum. bot. Genre de la famille «les

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Carynphyllées cl de la Triandrie Trigynie, L-, établi par Linné et ainsi caractérisé : calice à cinq sépales; corolle à cinq pétales bi ou tridenlés ; étamines au nombre de cinq ou le plus souvent de trois ou quatre, par suite d'avortement; trois styles; capsule uniloculaire, déhiscente par le sommet en six dents; graines nombreuses, dont l'embryon est replié dans l'intérieur de l'albumen. L ' Holostcum umbetlatum , L., stlsine umbcllata, DC., Flor. Fr., plante qui croit au commencement du printemps, dans les champs et sur les murs en Europe, doit être considéré comme le type de ce genre. Les quatre ou cinq autres espèces, décrites par Linné et les autres auteurs, et qui croissent dans l'Amérique méridionale et les Indes- Orientales, appartiennent probablement à un autre genre. Ainsi l’ Hotosleum cordatum, L., constitue avec d’autres plantes de l'Amérique. le genre Drymaria de WiJldenow et de Kuntb.

Il en est probablement de même de V Hotoateum diandrum de Swarlz et de l 'Hotoateum mucronatuui, Fl. Mex. inéd., décrits dans le Prodrotnu» du professeur De Candolle.

HOLOSTEMMA. bot. Genre de la famille des Asclépiadées et de la Pentandrie Digynie, L., établi par R. Brown (Meui. Soc. H'erner., i, p. 42) qui l’a ainsi caractérisé : corolle presque en roue, quinquéfide; cou ronue slaminale insérée au sommet du tube; masses polliniques fixées par leur sommet qui est atténué; stigmate rautique; follicules reufiés, lisses. L'auteur de ce genre n'a pas décrit l’unique espèce dont il se compose; U a seulement averti que la description de l *Ada- Kodien de Rhéede ( liort . Malab., t. ix, p. 5, tab. 7) se rapportait exactement à la plante qui lui a servi de ! type et qui existe dans l'herbier de Banks, mais que la figure de Rhéede offrait quelque différence d<ins les feuilles. Schultes ( Syat . y egetab ., t. vi, p. 95) a en conséquence donné pour nom spécifique à l’ Holoatemwa, le nom employé dans VHortus Malabaricus. Celle plante croit aux Indes Orientales.

HOLOSTIGME. Holoatigma. bot. Genre de la famille des Onagraires, établi par Spach, qui lui assigne pourcaractères : tube du calice en entonnoir ou cyalbiforme, beaucoup plus court que l'ovaire; segments du limbe plans, obliuscules, plus longs que le tube; pétales brièvement onguiculés et un peu déchirés- au sommet; huit étamines d’inégale longueur et toutes { fertiles; anthères penchées, égales, émarginées à leur base; ovaire tétragone. prismatique, â quatre loges renfermant chacune plusieurs ovules dressés et imbriqués sur un seul rang; style de même longueur que les étamines; stigmate épais, indivis, presque globuleux; capsule membraneuse, presque sessile, lélragono-prismatique, à quatre loges, à quatre valves et polysperme. Les llolostigmes sont des plantes annuelles, herbacées, rameuses, grêles pour la plupart, à feuilles très-entières, sessiles ou péliolées, à fleurs axillaires, dont les corolles, ordinairement petites, sont jaunes, de même que les étamines dont la nuance cependant est plus foncée. On en compte sept ou huit espèces; elles sont propres au Chili ou à la Californie.

Holostigbs délicat. Holostigma argutum, Spach; .Enothera dentata, Cav. La plante est un peu diffuse

et glabriuscule; les feuilles sont linéaires, aigues, finement dentées; les pétales sont flabelliformes, presque entiers, de moitié plus courts que l’ovaire, et surpassant de beaucoup les étamines. Du Chili.

Holostigmk de Botta. Holostigma Bottœ, Sp. Tiges velues ; feuilles lancéolées aiguës et dent iculées, faiblement velues et rétrécies vers le pétiole ; pétales presque égaux et d’un jaune pâle; filets slaminaux fort courts; anthères obiongues, obtuses, émarginées à leur base. De la Californie.

HOLOSTICM. bot. Tabernoemontanus et Lobel nomment ainsi VAapleniutn septentrionale dont Linné faisait un Acroatichum.

IIOLOSTOME. Holostoma. irtest. Ce genre de Vers intestinaux parenchymateux est dû au professeur Nilzscb. Les espèces qui le composent se distinguent particulièrement en ce que la moitié du corps est concave et disposée de façon qu’elle sert tout entière de ventouse ; leurs orifices paraissent d’ailleurs assez semblables à ceux des Dislomes, avec lesquels les Holostomes ont été longtemps confondus. On en trouve dans quelques Oiseaux. Ine espèce est produite par le Renard.

IJOLOSTYLE. Holoatyle. bot. Genre de la famille des’Kubiacées, institué paj- .le professeur De Candolle, pour une plante que Labillarifïère avait d'ahord placée dans le genre Stylocorina de Ruiz et Pavon, mais qui en diffère, ainsi qu'on le jugera par les caractères suivants : tube du calice ovale, soudé avec l'ovaire ; son limbe est libre, très -court et à cinq dents; corolle supère, presque en roue, avec le tube court et poilu intérieurement; le limbe est divisé en cinq lobes linéaireslancéolés dont le bord est incliné; quatre étamines insérées à l'orifice de la corolle ; leurs filameuls sont très-courts et les anthères linéaires et exsertes; ovaire â quatre loges, avec l'urcéole épigyne, charnu; chacune d'elles renferme plusieurs ovules; style filiforme; stigmate en massue, non divisé. Le fruit est une baie glabre, â quatre loges, couronnée par le limbe du calice et l'urcéole épigyne ; les semences sont petites , elliptiques et logées dans une pulpe.

Holosttlb a corymbes. Holoatyle corymboaa, DC. ; Stylocorina co/ymbo$ar Labill. ; Gardénia corymbosa, Reich. Arbrisseau glabre et inerme; feuilles opposées, courtement péliolées, obovalo- obiongues, coriaces; stipules larges, courtes, acuminées; corymbe terminal.

HQLOTÉE. Holotea. bot. (Lichen».) Sous- genre d'Opégraphes dans la méthode d'Acharius ; il répondait au genre Opcgrapha de la Lichénographic universelle et du Synopai», le genre Graphia n'étant pas alors adopté par cet auteur,

HOLOTHURIE. Holothuria . éciiix. Les caractères de ce genre sont : corps libre, cylindrique, épais, mollasse, très-contractile, à peau coriace, le plus souvent papilleuse. La bouche est terminale, entourée de tentacules divisés latéralement, subrameux ou pinnés, armés de cinq dents osseuses ou calcaires; anus situé à l'extrémité postérieure. Les Holothuries sont des animaux doul la forme singulière a attiré dans tous les temps l'attention des naturalistes. Les anciens les connais-

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nor,

«aient nous les noms rie Purgamenta maris, de Ph - « lentla marina , à cause d‘une ressemblance grossière avec les organes rie la génération rie l’Ilommc. Linné en fit d’abord le genre Priapu» qu’il nomma ensuite Hololhuria ; cette dénomination fut adoptée par Bruguière; l’un et l’autre classèrent les Holothuries parmi leurs Vers mollusques. Hill, Brown et Bastcrles réunirent aux Actinies; il en fut de même rie Gærtner et de Boadsch ; çes deux derniers les nommèrent Hydres. Pallas. adoptant le genre des premiers, lui conserva le nom d'Actinics; mais il le divisa en deux sections: l’une composée des Actinies proprement dites, et l'autre ries Holothuries; il parait avoir été le premier à indiquer les rapports qui existent entre ces animaux et les Oursins. Forskahl sépara les Holothuries en Fistulaires et en Priapes. Lamarck, adoptant l'opinion des naturalistes qui l’avaient précédé, fit une seule section des Actinies et des Holothuries sous le nom de Fislulides; c’est la troisième de ses Radiaircs éebinodermes. Il a divisé les Holothuries en quatre genres. Cuvier les met dans sa classe des tfehinodermes, et place les genres de Lamarck, qu’il adopte, dans ses deux ordres des Êchinodermes pédiccllés et Échinodermcs sans pieds. Blainville, dans le Dictionnaire ries Sciences naturelles, a rétabli le genre Holothurie^ tel que Gmelin l’a décrit dans le Systcma \aturw de Linné; mais il l'a divisé en cinq sections dont les caractères sont très-étendus, de sorte qu'il n'a adopté aucun des genres proposés par les naturalistes qui l’ont précédé. Les travaux de ces zoologues ont singulièrement éclairci l’histoire des Holothuries, et loin de proposer de nouvelles idées, il est beaucoup plus avantageux d'adopter la classification de Cuvier avec les genres que Lamarck a établis dans ce groupe d'êtres si remarquables par leur forme et que plusieurs caractères semblent lier aux Mollusques et aux Vers. Les Holothuries ont un corps cylindrique, épais, mollasse, recouvert d'une peau dure, coriace, mobile, plus ou moins hérissée de tubercules ou papilles ainsi que de tubes; les uns et les autres rétractiles et servant â l’animal d’organes d’absorption, d'attache et de mouvement. Le corps est ouvert aux deux bouts, dit Cuvier ; à l’extrémité antérieure est la bouche, environnée de tentacules branchus très-compliqués, entièrement rétractiles; à l’extrémité opposée, s'ouvre un cloaque où aboutissent le rectum et l'organe de la respiration, en forme d’arbre creux, très-ramifié, qui se remplit ou se vide d'eau au gré de l’animal. La bouche n’a point de dénis et n’est garnie que d’un cercle de pièces osseuses ; des appendices en forme de poches y versent quelque salive. L'intestin est fort long, replié diversement et attaché aux cdlés du corps par une sorte de mésentère; une circulation partielle a lieu dans un double système fort compliqué de vaisseaux, uniquement relatif au canal intestinal, et dans une partie des mailles duquel s'entrelace l’un des deux arbres respiratoires dont il vient d'être question. L’ovaire se compose d'une multitude de vaisseaux aveugles, en partie branchus, qui aboutissent tous à la bouche par un petit oviducte commun ; ils prennent, au temps de la gestation, une extension prodigieuse, et sc remplissent alors d’une matière rouge et grumelée

que l’on regarde comme les œufs. Des cordons d’une extrême extensibilité, attachés près de l’anus cl qui se développent en même temps, paraissent être les organes mâles; ces animaux seraient donc hermaphrodites. Quand ils sont inquiétés, il leur arrive souvent de se contracter avec tant de force qu’ils déchirent et vomissent leurs intestins. A cette description faite par Cuvier, nous croyons devoir ajouter quelques autres détails. Les Holothuries se nourrissent d’animaux de tous genres. quelquefois d’une grosseur considérable ; elles paraissent douées d'une grande faculté digestive. Quoique dépourvues de nageoires, elles nagent avec assez de facilité; elles rampent ou s’attachent aux rochers; elles s’enfoncent dans la vase, au moyen des ventouses, des papilles ou des tubes qui se trouvent sur certaines parties de leur corps, suivant les espèces. Elles habitent toutes les mers ; et si les espèces des régions froides et tempérées de l’Europe paraissent plus nombreuses que celles des autres pays, on doit peut-être l’attribuer aux difficultés que présente l’étude deccsanimaux, soit pour s’en procurer, soit pour les conserver. En effet, ils se tiennent en général à une grande profondeur; on ne les trouve presque jamais à moins de vingt â trente brasses d’eau ; c’est à trois cents pieds qu’elles sont le plus communes, dans des fonds vaseux ou dans les anfractuosités des rochers, suivant les espèces. Ncscraient-ce pas les causes qui rendent si rares dans nos collections les Holothuries de l’hémisphère austral, de l’océan Magcllaniquc, de la mer Atlantique, etc.? Les espèces sont très -peu nombreuses, quoiqu’on en trouve dans les mers Ips plus éloignées les unes des autres. Lamarck en a décrit dix espèces; ce sont : les Holothuries fouillée. Phantapc, Pentacte, Barillet, Fuseau, inhérente, glutineusc/à bandes, écailleuse et Pinceau.

A ce nombre Lesson, dans ses Centuries zoologiqties. en a ajouté onze, très - récemment découvertes par les naturalistes des diverses expéditions de Circumnavigation : ce sont les Holothuries radieuse, Hololhuria radiosa; à quatre angles. Hololhuria quadrangularis ; Eaouari, Hololhuria Eaouari; Océanienne, Hotothuria Oceanica; Timame, Hololhuria Timama; Péruvienne, Hololhuria Pcrutiana ; Trepang, Hololhuria edùlis; orangée, Hololhuria crocca; purpurine. Holothuria purpurea ; impudique. Hololhuria monacn ria; Andouille, Hololhuria hilla. Cette dernière est longue de dix à onze pouces, épaisse de dix lignes, cylindrique, à enveloppe mince, membraneuse, pellncide. Son extrémité postérieure est amincie, conique, terminée par un sphincter arrondi et nu; l’extrémité antérieure est ample, percée d’une bouche ovalaire, qu'entourent deux rangs de tentacules pressés, serrés, dilatés à leur sommet, et festonnés sur leurs bords. Chaque rang pafait avoir dix tentacules, dont la coloration est un gris tendre, mélangé de blanc. La surface supérieure est d’un gris légèrement rougeâtre, qui se dégrade sur les côtés; le dessous est uniformément blanchâtre; des bandes circulaires, d’un gris rougeâtre plus foncé, entourent de distance en distance le corps qui a tous les points de son épiderme extensible et trèscontractile, hérissés de crochets papilleux, placés avec

régularité , d’un jaune vif, qu'entoure à leur base un cercle d'un blanc satiné. Celle Holothurie vil sur les récifs de Pile de Borabora, dans l'archipel de la Société.

IIOI.OTRICHIE. llolotrichiu «. iss. Hémiptères -llétéroptères; genre de la famille des Géocorises. tribu des Kéduvitcs, formé par Burman , et qui se distingue des autres genres de la tribu par l'ensemble des caractères suivants : antennes formées d'une série de petits articles distincts à partir du troisième, le second plus long que la tète qui est courte et ovalaire; yeux petits; ocelles placés sur une légère élévation du vertex; corselet partagé transversalement par un sillon; écusson triangulaire, élytres membraneuses : la partie coriace offre un point à sa base; cuisses renflées; jambes courtes, un peu élargies, crochets des tarses non dentés. Le type de ce genre est I'Holotrichie tévébbeise, Holotrichius teiicbrosus, petite espèce décrite et figurée dans le second volume, page 248, du Manuel d’Kntomologic.

HOLZSTE1N. mi*. C'est-à-dire Mois -Pierre. On désigne ordinairement ainsi en Allemagne les bois convertis en Silice.

HOMÆANTHUS. bot. Même chose que Homoianthun. V. Huhoi \ vîiie.

IIOMALIER. Homalium. bot. Genre de la Polyandrie Trigynie, L., établi par Jacquin, et formant le type de la famille des Homalinées de Ii. Brown. Il est ainsi caractérisé : calice turbiné, à sept ou huit divisions lancéolées; corolles à sept ou huit pétales ovales, pointus, alternes avec les divisions caliciuales et plus grands que celles-ci; six à sept glandes (nectaires. Jacquin) trèscourtes, tronquées, planes, velues, alternes avec les pétales et situées à la base de l'ovaire ; dix huit à vingtquatre étamines disposées par faisceaux de trois ou quatre dans les intervalles des glandes et à la base de chaque pétale; ovaire supérieur (selon Lamarck), conique et surmonté de trois styles courts; capsule ovale, ligneuse, uniloculaire et polysperme. En décrivant ce genre, Jussieu l’a considéré comme dépourvu de corolle; les pétales étaient, pour lui, des divisions alternes du limbe calicioal. Quoiqu'il l’ait placé près des Rosacées, il a néanmoins indiqué ses affinités avec les Rhamnées. Le genre Racoubea d'Aublet a été réuni par Jussieu, Lamarck et Swartz. à Y Homalium qui avait été nommé écorna par Adanson. Persoon ( Enchirid 2, p. 82) lui a encore ajouté le Pineda incanu de la Flore du Pérou. Au moyen de ces additions, les espèces de ce genre sont maintenant portées à trois, savoir : 1° Homalium racemotum , Jacq. (Amer., 170, lab. 183), qui croît dans les Antilles; 2U Homalium Racoubea t Swartz, ou Racoubea Guianensi», Aubl., espèce des forêts de la Guiane; 3° et Homalium Pineda, Persoon, ou Pineda incana , Ruiz et Pavon, arbrisseau indigène du Pérou.

HOMALINEES. Homalinœ. bota*. Sous ce nom, R. Brown (Dolany of Congo , p. 19) a établi une nouvelle famille formée de genres rapportés d'abord aux Rosacées ou aux Rhamnées et dont la place n'était pas encore déterminée. Elle se distingue par les caractères suivants : périanlhe dont les segments sont disposés sur un double rang, ou un nombre égal de segments

sur le même rang ; point de pétales ; étamines définies et opposées aux seginenlsdu périanlhe intérieur; ovaire uniloculaire (en général adhérent avec le périanlhe), ayant trois placentas pariétaux auxquels sont attachés un, deux ou même un nombre indéfini d'ovules; graines pourvues d’un albumen charnu, dans lequel est renfermé l'embryon. L’auteur a fait observer que l'adhérence de l’ovaire avec le périanlhe n’est qu'un caractère d'une imporlancc secondaire, puisque cette adhérence existe à divers degrés dans tous les genres d'IIonialinées. En effet, l’ovaire est supère dans un genre non publié et rapporté de Madagascar parCoinmerson. Ce genre, par ses affinités avec certains autres de la famille des Passilforées et notamment avec le Pu ropsia de Ou Petil-Thouars, fournit un rapprochement entre les Homalinées et celte famille. Dans les Homalinées, ainsi que dans les Passitlorées et les Cucurhitacées, le périanlhe est de même nature, quoique ses segments soient disposés sur deux rangs, et cette structure particulière a engagé R. Brown à les réunir en une classe formant le passage entre les Polypétales et les Apétales. D'autres considérations, tirées de la structure de leurs graines et de leur ovaire, fortifient le rapprochement proposé par le savant botaniste anglais.

La famille des Homalinées est composée des genres suivants: Homalium , L. ; Astranlhus , Lour. , avec lequel le Blackwcllia de Commerson sera peut-être réuni; A apimoga, Aublet, qui ne diffère probablement pas de Y Homalium; le Misa, Du Petil-Thouars. F. tous ces mots. Outre ces genres, R. Brown a fait mention d’une plante recueillie primitivement sur les bords de la Gambie par Mungo-Park, puis retrouvée dans le Congo par Chr. Smith , qui a beaucoup de rapports avec Y Homalium- Elle s’en distingue seulement par le plus grand nombre des glandes qui alternent avec les étamines dont les faisceaux sont par conséquent décomposés; l'étamine inférieure de chaque fascicule étant séparée des deux extérieures par une glande additionnelle.

HOMALIRHIN. Homalirhinus. ms. Coléoptères létramères; genre de la famille de Rhynchophores, tribu des Brentides, institué par Chevrotai qui lui assigne pour caractères : antennes inséréesen avant des yeux, de la longueur du corps, composées de onze articles dont le premier en massue , égalant en longueur les trois suivants réunis, ceux-ci sont presque égaux, tronqués au sommet; les sixième, septième et huitième noduleux; les neuvième et dixième presque coniques, le dernier ovale ; mandibules hidenlées à l’extrémité; dernier article des palpes cylindrique et allongé; corps presque ovale, ailé, avec le dos presque plan; rostre et corselet présentant par leur réunion une longueur égale à celle des élytres; tête grande, déprimée, infléchie; rostre large, un peu plus court que le corselet et plan; yeux latéraux , réticulés; corselet cordiformc plus étroit et tronqué postérieurement ; écusson petit et arrondi; élytres courtes; pieds muliques, poilus; cuisses épaisses; deux épines au bout des jambes.

IIoMALiRRt* rifirostre. llomalit hinus ru/irostris, Chevr. Il est d’un noir brillant, avec la tète ponctuée, et des fossettes sur le front; le rostre, les premiers et

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deuxième articles des antennes sont roux; le corselet est en cœur et tronqué ; les pieds sont d'un brun de poix. Taille, une ligne. De la Colombie.

HO.MALLOPHYLLES. f/omallophyllœ. bot. Willdenow désignait sous ce nom la famille de plantes nommée généralement Hépatiques. V. ce mot.

HOMALOCENCHRUS. bot. Synonyme de Leersia. F. cè mot.

HOMALOCÉRAT1TE. moll. ross. y. Baccilite.

1IOMALONÉME. Homalonema. bot. Genre de la famille des Aroldées. institué par Sclioll et Endlicber. aux dépens du genre Calla, et caractérisé ainsi qu’il suit : spalhe s’enlr’ouvrant d'abord, puis se refermant; spadicc androgvnc; étamines rudimentaires, confondues parmi les ovaires cl privées d'appendice stérile; plusieurs anthères scssiles ; ovaires libres, triangulaires, renfermant plusieurs ovules ortholropes, dressés contre l'angle central des loges; stigmate sessile, trifide et concave. Le fruit consiste en une haie succulente. Les Ilomalonèmes sont des plantes herbacées, subcaulescenles , A feuilles cordées ou sagiltées , à pédoncules courtes, à spathe odorante. Le type du genre est l'HomalomEme aromatique , flomaloncma aromatica , Scott; Calla aromatica, Willd.; Dracontium cordatum, Hoult. Elle est de l'Inde.

IIO.MALO.NOTE. Homalonolux. ms. Coléoptères tétramères; genre de la famille des Rhynchophores, établi parSchoonherr aux dépens des Rhynchines d'Olivier et de Fabricius, pour quelques espèces de ce genre, auxquelles sont venues se joindre un petit nombre de nouvelles. Caractères : antennes médiocres, premier article allongé, plus grand quelesecond quiestobeonique, lescinq suivants fort petits et tronqués au bout, les autres formant une massue ovalaire et comprimée; trompe allongée, robuste, cylindrique et un peu arquée; yeux ovales et déprimés; corselet transversal, fortement rétréci antérieurement, arrondi vers les côtés et aplati en dessus; corps ovalaire, plan, roide et pourvu d'ailes; élylres ovales, échancrées antérieurement vers la suture; pieds allongés, robustes et distants à leur base ; cuisses épaisses et dentées en dessous; jambes comprimées. Le Rhync ho? nu s Jamaicensix de Fabricius, peut être considéré comme le type du genre dont toutes les espèces appartiennent à l’Amérique méridionale.

HOMALOPSIS. reft. Kuhl. naturaliste hollandais, a proposé sous ce nom, qui signifie visage plat, l’établissement d'un genre nouveau, dont le Coluber horridu» serait le type.

UOMALORPUE. Homalorpha. ns. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Carnassiers, tribu des Scariens, créé par Brullé pour un insecte nouveau, découvert à Cayenne, par Leprieur. Caractères : lèvre supérieure fort courte, ayant une échancrure profonde et triangulaire; mandibules presque droites; antennes n’atteignant pas la base du corselet, composées d'articles à peu près carrés; une dent courte et bifide au menton; palpes presque cylindriques; corselet à peu près aussi long que large, échancré en avant, ce qui rend saillants les angles de cette partie; corps en carré long; jambes de devant légèrement crénelées en dehors; second et troisième articles des tarses élargis, triangu-

laires et revêtus en dessous d'écailles qui forment une sorte de houppe.

Homalorphe chataim. f/otnalorpha castaneo, Bug. CorpschAlainctlisse,avecla tête et le corselet plus clairs; deux gros points et deux lignes obliques entre les yeux; angles antérieurs du corselet peu aigus, avec un étranglement en arrière, vers les angles postérieurs qui présentent l’apparence d’uné petite découpure formée par un point enfoncé; stries des élytres lisses, n’atteignant pas tout A fait la base, où se trouve un rebord formant A l’angle extérieur une petite saillie pointue; leur extrémité est tronquée. Taille, cinq lignes.

HOMALOTE. Homalotcx. bot. y. Omalote.

HOMALOTK. Homalola. ms. Coléoptères pentamères? genre de la famille des Brachélytres, formé par le comte de Mannerheim aux dépens du genre Aléochare de Gravenhorst et pour un assez grand nombre d’espèces nouvelles, observées par lui dans le nord de l'Europe. Caractères^ mandibules muliques; palpes maxillaires allongées, avec l'avant-dernier article presque en massue; palpes labiales composées de trois articles dont le deuxième fort court; languette courte, bifide; point de paraglosses; antennes coudées A leur base, formées de onze articles dont le premier le plus long, les deux suivants assez courts et les huit derniers presque égaux ; tête moins large que le corselet, arrondie, avec la bouche un peu proéminente; corselet un peu convexe en dessus, dilaté sur les côtés, avec les angles postérieurs légèrement réfléchis; quatre articles aux tarses antérieurs, et cinq aux postérieurs dont le dernier un peu plus grand que les autres qui sont égaux. Dans sa Faune de la Marche du Brandenbourg, le docteur Erichson décrit quarante-six espèces de Homaloles; la connaissance de plus de la moitié est due A ses propres observations.

HOMALLRE. Homatura. ixs. Diptères; genre de la famille des Athéricères, institué par Meigen, et qui ne parait différer du genre Moxitla, de Latreille. que par le nombre des segments de l’abdomen, qui est de cinq. y. Mosille.

HO.MaNTHIDE. Homanthii. bot. Genre de la famille des Synanlhérées, et de la Syngénésie égale, L.. établi par Kunlh qui l'a ainsi caractérisé : involucre campanulé - hémisphérique , composé de plusieurs folioles lâchement imbriquées; réceptacle plan, presque nu; calalhide formée de fleurons, tous hermaphrodites, bilabiés; anthères munies de deux soies; akènes obovés. oblongs, légèrement comprimés; aigrette poilue et sessile. Les (rois espèces qui composent ce genre : Homan thix pungenx , Homanthis multiflorus . et Homanthix pinnatifidus , Kunth, sont indigènes des hautes montagnes du Pérou. Ce sont des herbes dressées , presque simples, à feuilles caulinaires, alternes, amplexicaules. dentées, épineuses ou pinnatifides. Leurs fleurs sont terminales, solitaires ou en corymhes, de couleur blanche ou bleue.

Ce genre a été confondu avec les Chætanthera par Humboldt et Bonpland, qui ont décrit et figuré les trois espèces ci-dessus mentionnées dans le second volume de leurs Plantes équinoxiales (p. 146, 168 et 170, tab. 127, 135 et 136). D’un autre côté, ce genre avait été regardé comme distinct, antérieurement à l’ouvrage de

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Kunth, sous le nom A'Homoianthu», par De Canriolle (Ann. du Miii., I. xix). Celui ci avait en outre créé le Benre/*flNMu*pourlèC/iw/anMeramM//»yïoro.Kunth ayant réuni cette plante aux deux autres Chœtanthero de Bonpland, a en même temps réformé les caractères et changé le nom du genre établi par De Candolle, et Ta placé dans la section des Carduacées Onoséridées. Cassini s'est opposé à ce changement , en indiquant d'autres affinités pour le genre dont il s’agit, f'. Ho- MOIARTBR.

HOMARD. citcsT. L'une des plus grandes espèces du genre Écrevisse. fr. ce mot.

HOMARDIENS. Attacini. cwst. Nom sous lequel Lalreille désignait une famille de Crustacés Décapodes, dont le# caractères sont : mains didactyles; antennes terminées par deux fitets. Cet illustre auteur a fait subir quelques changements à celle division (Fam. natur. du Règne Anim.) et l’a convertie en une tribu sous le nom d'AsTACittES , Astatinœ ; il là divise en'dcux sections; dans la première se trouvent les genres qui ont les quatre pieds au plus didactyles; le feuillet extérieur des appendices latéraux de la nageoire terminant l’abdomen sans suture transversé ; les six derniers pieds, et même dans plusieurs, les précédents garni! de cils natatoires; doigt inférieur plus court que le pouce ou le doigt mobile; test ordinairement peu crustacé; premier article des antennes latérales peu ou point épineux.

Genres : Thalasirk, G£bir, Axie. Qallirassb. F. cos mots.

Les genres de la seconde division ont le#six pieds antérieurs didactyles; le feuillet externe des appendices latéraux delà nageoire terminant l'abdomen divisé par une suture transverse.

Genres : Néphrops, Homard, Écrevisse. V. ces mots.

HOMBAK. bot. Dans le manuscrit de Lippi sur les plantes d’Égypte, ce nom a été donné à un arbrisseau considéré comme congénère du Sodada deciduo de Forskahl , quoique, selon Jussieu, il en diffère par le nombre de ses étamines. Adanson et quelques auteurs français ont conservé la dénomination imposée par Lippi. y . Sodada .

HOWERIE. Homeria. boî. Ce genre, créé parVentenat (Deca»gen.$, n«3, Paris, 1808) dans la famille des Iridées, n’a point été conservé par les botanistes; la seule espèce qu’il renfermait et qu’il avait nommée Collina, est [tassée successivement du genre SUyrinchium dans le genre Morqea où elle parait devoir rester.

HOMME. Homo. mai. Cet article devrait être le tableau de l'espèce humaine. Quel immense sujet! Quels admirables effets de causes plus admirables encore! Quelles merveilleuses combinaisons de substances, d'organes, de forces, d’actions, de résistances, de facultés! On voudrait observer tout ce que nos sens peuvent saisir; atteindre par la pensée à ce qui se dérobe à leur examen ; pénétrer par le sentiment, la conscience et la réflexion, jusques à cette esseuce presque divine, à cet esprit indépendant et libre, que les voiles de la matière, les espaces ni les temps ne peuvent arrêter; à ce génie sublime, qui a donné à l'Homme le sceptre de la terre. On désirerait de voir tous ces attributs du corps et de

l’âme naître, se développer, s’accrojlre. se fortifier, céder souvent à des forces étrangères, ef s'affaiblir en recevant des empreintes plus ou moins profondes, des modifications plus ou moins durables; mais se perfectionner de nouveau ensuite, s'étendre, ressaisir l'empire, s’élever, s’ennoblir, se déployer plus que jamais, et changer ta face du monde.

Pour embrasser ce vaste ensemble, il faut se placer à une trop grande distance : les détails disparaissent alors, ils restent inconnus; et le tableau, trop vague, n’est qu'une vaine et trompeuse représentation.

Commençons donc par reconnaître successivement les différents objets qui doivent entrer dans la composition de ce tableau général de l’espèce humaine. Voyons-les de près, avant de les considérer de loin.

Suivons la marche de la nature; occupons-nous des premiers instants de l'existence, des premiers degrés de l’accroissement, avant de décrire ou d’indiquer les grands et innombrables résultats de tous les développements, de toutes les combinaisons, dont nous voudrions pouvoir peindre toutes les nuances et tous les effets; et commençons par l’enfance l’histoire de ces développements et, pour ainsi dire, de ces transformations successives.

Au moment de sa naissance, l’enfant passe d’un fluide dans un autre. Au lieu du fluide aqueux qui l'enveloppait dans le sein de sa mère, l’air l’environne et agit sur ses organes. Un changement remarquable s'opère dans la circulation du sang de ce nouveau-né. L’odorat et le larynx reçoivent une impression assez vive du nouveau fluide dans lequel l’enfant est plongé. Une secousse plus ou moins marquée en agite tes nerfs; une sorte d'élernument fait sortir des narines la substance muqueuse qui les remplissait , soulève I9 poitrine, et fait pénétrer de l’air jusque dans les poumons. Le sang, qui parvient dans ces poumons,. se combine avec l’oxygène de l’air, qui inonde, dans cet organe , les vaisseaux dans lesquels il est contenu ; cl dès ce moment il ne passe plus du ventricule droit du cœur dans le ventricule gauche, et oe recommence plus sa circulation, qu’il ue reprenne dans les poumons une force et des propriétés nouvelles, en s'imprégnant d’oxygène dans ces organes de la respiration.

Cependant tout est. dans l'enfant, d’une grande mollesse. Les os sont cartilagineux; les chairs gélatineuses et pénétrées d’nne sorte d'humidité; les vaisseaux élargis ; les glandes gongées et pleines d’humeurs ; ses mamelles, lorsqu’on les presse, laissent sortir une liqueur laiteuse; le tissu cellulaire est spongieux et rempli de lymphe ; sa peau, très-fine, est rougeâtre, parce que sa transparence laisse paraître une nuance de la couleur du sang; ses nerfs sont gros; le cerveau, dont ils émanent, est volumineux, comme pour annoncer toute la puissance que la pensée doit lui donner un jour; et néanmoins ses sens sont encore émoussés. Une légère tunique voile sès yeux encore ternes; une mucosité plus ou moins abondante obstrue ses oreilles. Une humeur visqueuse recouvre les sinus pituitaires, le prin- ! cipal siège de l'odorat. La peau est trop peu tendue i pour recevoir les sensations distinctes du tçueher. La 1 langue et les autres portions de l'organe du goût ont

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seules assez de sensibilité pour produire cet instinct qui entraîne fa bouche de l'enfant vers le sein de sa mère, et lui Imprime les mouvements nécessaires pour le sucer.

La grandeur du cerveau, que nous venons de faire observer, produit plus d'étendue dans la boite osseuse qui le renferme; et voilà pourquoi la tête de l'enfant est à proportion plus grosse que celle des animaux mammifères qui viennent de naître. Cette grosseur de la tête rendrait très-difficiles , non-seulement l'accouchement, mais encore le séjour de l'enfant dans le sein de I» mère, si le crâne ne présentait pas, avant et peu de temps après la naissance, une particularité qu’on n'a trouvée dans aucun animal : au sommet de la télé, entre l’os du front et les deux os pariétaux, est une ouverture qu'on a nommée fontanelle , dans laquelle le crâne n'est pas encore devenu solide, au travers de laquelle on sent la pulsation de l'artère, et par le moyen de laquelle les os du crâne peuvent se rapproche* par la compression et diminuer le volume de la tète.

Lorsque l’enfant sort du sein de la mère, il a souvent de cinquante à soixante centimètres de longueur, et il pèse déjà de cinq à sept kilogrammes. L'impression nouvelle de l’air, qui agit sur l'organe de la voix, lui fait jeter quelques cris. Des glaires sortent de sa gorge; il urine, et c'est ordinairement dès le premier jour qu’il se débarrasse du méconium , matière noirâtre, amassée dans ses intestins. Les qualités séreuses et laxatives du colotlrum, ou premier lait de la mère, qu'il ne doit cependant teter qu’au bout de dix ou douze heures, facilitent cette évacuation si nécessaire. Et combien <Jn doit de reconnaissance à BtifFon et à Jean -Jacques Rousseau, dont l’éloquence irrésistible, victorieuse des habitudes, des erreurs et des préjugés, a déterminé tant de mères à ne pas priver leurs enfants d'un lait si adapté par ses qualités successives aux diverses époques du développement des organes à celui à qui ellesont donné le jour, et à ne pas préférer non-seulement le lait des vaches, des brebis ou des chèvres, mais même celui d'une nourrice étrangère, moins analogue au tempérament du nourrisson, et presque toujours trop avancé, trop vieux et trop épais! La faiblesse ou la mauvaise santé d'une mère doivent seules la priver de la plus douce des jouissances.

Lorsque l'enfant est venu à la lumière, on cherche à lui enlever cette mucosité légère que les eaux dol’amnios ont déposée sur sa peau, en le lavant dans de l'eau tiède, mêlée avec un peu de vin.

Dans ces temps antiques, si voisins des premières époques de l'histoire, où l’Italie, bien éloignée de jouir de son beau climat et de sa douce température-actuelle, était encore couverte d'épaisses forêts et de rivières souvent gélées par un froid rigoureux, les habitants à demi sauvages de ces contrées agrestes et humbles croyaient devoir ne rien négliger pour endurcir leurs enfants contre les hivers et leurs frimas; ou plutôt on pourrait dire qu’ils soumettaient les nouveau nés à une rude épreuve qui ne devait laisser vivre que ceux dont la force intérieure pourrait lutter avec avantage contre les intempéries qui les attendaient : ils plongeaient les eufanls qui venaient de naître dans de l'eau froide,

I les roulaient dans la neige , ou les étendaient sur les glaces des fleuves. Les Germains cl les habitants de l'Angleterre, de l'Écosse et de l'Irlande, ont eu le même usage, qu'on retrouve encore de nos jours dans plusieurs pays du Nord, et particulièrement dans diverses contrées de la Russie et de la Sibérie.

II parait que le nouveau-né a besoin de beaucoup de repos. Il dort presque toujours. Un bercement trop prolongé peut le faire vomir et lui être nuisible. On doit le garantir de la malpropreté, qui cause des excoriations. Mais surtout qu'on ne reprenne jamais cette habitude si funeste , dont la philosophie et la science de la nature ont délivré les enfants, celle de les eminailloller et de les environner de ces langes qui les torturaient et les déformaient. Leur poitrine se resserrait sous la compression qu'ils subissaient, et contractait une tendance plus ou moins forte à la phthisie. Les viscères du bas-ventre, serrés par des bandes pour ainsi dire délétères, ne concouraient qu'avec peine à la digestion. On voyait survenir des engorgements et les premières causes du rachitisme. Le sang, refoulé vers le cerveau, produisait des convulsions et dçs symptômes épileptique*. A la contrainte succédait la fatigue, et à la fatigue l'engourdissement, que suivait la douleur; l'enfant s'agitait avec violence, et de scs mouvements désordonnés, ainsi que des résistances qu'il éprouvait et des cris aigus qu'il jetait , résultaient des fyernies ou des déplacements des articulations.

Heureusement l'enfance est affranchie de ce dur esclavage, et ne reçoit plus que les soins les plus naturels et -les plus doux.

Ce n’est que vers le quarantième jour que l'enfant donne des ligues de sensations plus composées, d’un ordre plus élevé, et qui paraissent supposer que.l*actioli de l'intelligence a commencé à se développer. Ce n'est qu'à celle époque qu'il exprime le plaisir ou la 4>einc par le rire ou par les larmes, premiers signes extérieurs des mouvements de son âme, qui ne peuvent encore se manifester d'une autre manière sur un visage dont plusieurs parties, trop tendres, n'ont pas le ressort et la .mobilité nécessaires pour marquer les affections intérieures; et au sujet de ces larmes et de ce rire, nous croyons ne pouvoir mieux faire que de citer le passage suivant de la belle histoire de l'Homme par Buifon. « Il parait, dit ce grand homme, que la douleur que l'enfant ressent dans les premiers temps et qu'il exprime par des gémissements, n'est qu'Une sensation corporelle , semblable à celle des animaux qui gémissent aussi dès qu'ils sont ués, et que les sensations de l'âme ne commencent â se manifester qu'au bout de quarante jours; car le rire et les larmes sont des produits de deux sensations intérieures, qui toutes deux dépendent de l'action de l'âme. La première est une émotion agréable , qui ne peut naître qu'à la vue ou par le souvenir d'un objet connu, aimé et désiré; l'autre est un ébranlement désagréable-, mêlé d’altendrissetnenl et d'un retour sur nous-mêmes : toutes deux sont des passions qui supposent des connaissances, des comparaisons et des réflexions. Aussi le rire et les pleurs sont -il» des signes particuliers à l'espèce humaine pour exprimer le plaisir ou la douleur de l'âme.

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tandis que les cris, les mouvements et les autres signes des douleurs et des plaisirs du corps sont communs à l’homme et à la plupart des animaux. »

C’est par ces premiers sourires, si pleins de charmes pour le cœur «l’une mère, que l’enfant montre, à celle qui le nourrit, qu'il la reconnaît, qu'il l'aime, qu'il la désire.

Ses yeux commencent bientôt à distinguer aussi les autres objets qui l’environnent , et, ce qui doit être remarqué sous plus d'un rapport , la sensation de la lumière sur la rétine, qui sc fortifie par cette action des rayons lumineux, doit être, le plus souvent, une sorte de jouissance assez vive pour l'enfant. Cet exercice d’un sens qui se développe doit lui être agréable, et parce qu’il agite l’organe de la vue sans le blesser, et parce qu'il remplit successivement sa tête d'images variées qui lui plaisent, qu'il s'amuse à comparer et qui alimentent son intelligence. Voilà pourquoi il tourne sans cesse les yeux vers la partie la plus éclairée de l'endroit qu’il habite, et voilà pourquoi encore il faut avoir un si grand soin de le placer de manière qué la lumière frappe également ses deux yeux ; car' sans cette précaution, un œil. molhs exercé que l'autre, acquerrait moins de force, et Riiffon a prouvé que le regard louche est une suite nécessaire d'une grande inégalité dans la force des yeux.'

Pendant les premiers mois de l'enfant, la mère ou la nourrice à qui elle a été obligée de céder le bonheur de l'allaiter, ne doit mêler au lait qu'çlte lui donne andin aliment étranger, surtout si l'enfant est faible et d'un tempérament délicat. C'est aux médecins' à indiquer quels aliments on peut ensuite associer au lait de la mère, et dans quelle proportion on peut successivement les ‘ajouter A la nourriture la plus naturelle de l'enfonce. Mais ne vaudrait' il pas mieux préférer de suppléer au lait de la mère ou de la nourrice, lorsqu'il ne serait plus assez abondant ou qu’il aurait perdu ses qualités bienfaisantes, en faisant teler à l'enfant le mamejpn d’un animal, et par exemple d'une brebis, dont il recevrait le lait à un degré de chaleur toujours égal, et de manière que la succion, en comprimant les glandes de la petite bouche, en fit couler la salKq, qui se mêlerait au lait nourricier?

Il semble que la nature ait voulu que l’allïritement durât jusqu'après la première dentition, jusqu'au moment où l'enfant a reçu les instruments nécessaires pour broyer convenablement quelques aliments solides. On a même écrit que des femmes sauvages des contrées voisines du Canada, moins détournées parleurs mœurs, leurs habitudes, leurs passions et leurs préjugés, de l’observation de» règles prescrites par la nature, ont allaité leurs enfants jusqu’à l'âge de quatre, cinq, six ou sept ans.

Les dents placées silr le devant de la bouche,et qu’on nomme incitive», parce qu'elles sont propres. à trancher et à couper, sont au nombre de huit , quatre en haut et quatre en bas. Leurs germes «e développent quelquefois à sept mois, le pltif souvent à huit, dix ou même douze mois. Ce développement peut être cependant très-prématuré. On a. vu des enfants naître avec des dents assez grandes pour blesser le sein dé leur

nourrice, et on a reconnu des dents bien formées dans certains fœtus.

Le germe de chaque dent est, au moment de la naissance, contenu dans une cavité ou dans un alvéole de l’os de la mâchoire, et la gencive le recouvre. A mesure que ce germe s’accroît, il s’étend par des racines ver* le fond de l’alvéole, s’élève ver» la gencive, qu’il tend à soulever et à percer, et souvent écarte les parois osseuses d'un alvéole trop étroit et d'autant plus resserré que le menton est moins avancé et que l'os maxillaire est plus court. C’est comme un corps étranger qui s'agrandit au milieu de résistances puissantes. Une sorte de lutte est établie entre la force qui développe la dent, ét celles qurmaintiennent les parois de la cavité; et voilà pourquoi, au lieu d'un accroissement insensible, il se fait , dans la mâchoire, un effort violent, un écartement extraordinaire, une compression douloureuse, qui se manifestent par des cris, par des pleurs, et dont les effets peuvent devenir funestes. L’enfant perd sa gaieté; de la tristesse il passe à l’inquiétude;, ta gencive, d'abord rouge et gonflée, devient blanchâtre, lorsque ta pression intercepte le cours du sang dans les vaisseaux de cette gencive fortement tendue : il ne eessc.d’y porter le doigt, comme pour amortir sa douleur; il aime à la frotter avec des corps durs et polis, à calmer ainsi sa souffrante au moins pour quelques moments, et à diminuer la résistance de la membrane qui doit céder à l'extension de la dent. Mais, si la nature des fihaes dont la gencive est (issue, donne à cette gencive trop de fermeté, si la membrane résiste trop longtemps, il survient une inflammation dont les suites ont été quelquefois mortelles, et qu'on a souvent guérie en coupant la gencive au-dessus de la dent qui n'avait pu la percer.

Les dents œillères, qui sout au nombre de quatre, deux en haut et deux en bas, et qu'on a nommées canine», parce qu'on* les a comparées aux crochet» ou dents crochùes des Chiens, paraissent ordinairement dans le neuvième ou le dixième mois.

Les cheveux des enfants sont presque toujours plus ou moins hlorids dans la race caucasique ou arabe européenne; mais on a écrit que , dans la race mongole, comme dans la race nègre, les cheveux sont noirs, de même que l'iris des yeux, dès le moment de la naissance. Lorsque les enfants des nègres viennent à la lufhière, ifs sont blancs, comme pour montrer l'idfentité de leur origine avec les autres races de l’espèce humaine; leur peau se colore néanmoins peu â peu, lors même qu’ils ne sont pas exposés à l’ardeur du soleil, èl présente ainsi les effets de cette altération profonde et héréditaire qu’un climat brûlant a fait subir au tissu de la peau de leur race.

C'est une suite de questions très-curieuses que celles que l’on peut faire au sujet de cette grande quantité de vers que l’on trouve souvent dans les intestins des enfants, et qui peuvent être la cause ou les symptômes de maladies plus ou moins graves. Elle se lie avec d’importants problèmes relatifs à la reproduction des êtres; mais c'est dans d’autres articles de ce Dictionnaire qu’il faut en chercher la solution, ainsi que l’exposition des diverses maladies qui peuvent attaquer

renfonce, et de* moyens de le* prévenir ou de les guérir:

Quelque délicat cependant que soit l'enfant, il est moins sensible au froid que Hlomme adulte ou avancé en âge. La chaleur intérieure qui lui est propre, doit être plus grande que celle de l'adulte, puisque les pulsations de ses artères sont plus fréquentes, et que,, par conséquent, le cours de son sang est plus rapide.

On sait que le fœtus croît d'autant plus qu'il approche de sa naissance. A mesure que l'enfant s'éloigne de celte même époque, son accroissement se ralentit. Ordinairement, lorsqu'il vient à.la lumière, il a.le quart de la hauteur â laquelle il doit atteindre; il en a la moitié vers deux ans el demi, et les trois quarts vers la dixième année.

C'est ordinairement entre le dixième el le quinzième mois que les enfants commencent à bégayer : les voyeHes, les consonnes, cl par conséquent les syllabctet les mots qu’ils peuvent prononcer le plus facilement, sont les premiers qu’ils font entendre. • La voyelle qu'ils articulent le plus aisément, dit Buffon, est VJ, parce qu’il ne faut pour cela qu’ouvrir les lèvres el pousser un son : VE suppose un petit mouvement de plus ; la langue se relève en haut, en même temps que les lèvres s'ouvrent; il en est de même de I’/; la langue se relève encore plus el s'approche des dents de la mâchoire supérieure; CO demande que la langue s'abaisse et que les lèvres se serrent : il faut qu'elles s'allongent un.peu et qu'elles se serrent encore plus pour prononcer VU, Les premières consonnes que les enfants prononcent, sont aussi celles qui demandent le moins de mouvement dans les organes : le B , C.tf et lé P , sont les plus aisées â articuler; U ne faut, pour le B et le P, que joindre les deux lèvres et les ouvrir avec vitesse. L'articulation de toutes les autres consonnes suppose des mouvements -plus compliqués que ceux-ci, et il y a un mouvement de h) langue dans leC, le D, le G, VL, Y N, le Q, Fil, CS et le T; il. foui, pour articuler Y P, un son continué plus longtemps que pour les autres consonnes. Ainsi, de toutes les voyelles, VA est la plus aisée, el de toutes les consonnes le B, ferP el l'A# sont aussi les plus faciles à articuler. Il n'est donc pas étonnant que les premiers mots que les enfants prononcent, soient composés de celle voyelle et de ces consonnes, el l’on doit cesser d’être surpris de ce que, dans toutes les langues et chez tous les peuples, tes enfants commencent toujours par bégayer baba, marna, papa. Ces mots ne sont, pour ainsi dire, que les sons les plus naturels à l’Homme , parce qu’ils sont les plus aisés à articuler; les lettres qui les composent, ou plutôt les caractères qui les représentent, doivent exister chez tous les peuples qui ont l'écriture ou d'autres signes pour représenter les sçns.

On doit seulement observer, continue notre grand naturaliste, que, les sons de quelques consonnes étant h peu près semblables, comme celui du B et du P, celui du C et de IW, ou du K et du C dans oertains cas, celui du D el du T, celui de l’F et du P consonne, celui du G et du 7 consonne ou du G et du K, celui de VL el de VH, il doit y avoir beaucoup de langues où ces différentes consonnes ne sc trouvent pas; mais il y aura

toujours un B ou un P, un Cou une S , un D ou un T, une F ou un F consonne, un G ou un J consonne, une L ou une R; et il ne peut guère y avoir moins de six ou sept consonnes dans le plus petit de tous les alphabets, parce que ces six ou sept tons ne supposent pas des mouvements bien compliqués, et qu’ils sont tous très-sensiblement différents entre eux. Les enfants qui n’arlicutenl pas aisément l’/ï, y substituent VL, au lieu du T ils articulent le D, parce qu'en effet ces premières lettres supposent, dans les organes, des mouvements plus difficiles que les dernières; et c'est de celte différence et du choix des consonnes plus ou moins difficiles â exprimer, que vient la douceur ou la dureté d'une langue. »

Au reste, ce n’est guère que vers la troisième année que les enfants prononcent distinctement, répètent ce qu’on leur dit, et commencent à parler avec facilité. Ceux qui voient qu'ils sont l'objet de l’attention la plus constante, dont on épie tous les signes, dont le jeu de la physiouomie est rendu plus mobile par une intelligence précoce, dont les altitudes sont plus variées, et qui n’ont besoin que de quelques gestes pour faire comprendre leurs désirs, parlent ordinairement plus tard que les autres. On dirait qu’ils ne veulent pas se donner une peine inutile, et employer, pour sc faire entendre, des mots qu'ils remplacent si facilement par des signes.

Quoi qu'il en soit, il faut, en général, se presser peu de donner à un enfant l'instruction qu'on est bien aise de le voir acquérir. Il faut ménager des organes encore faibles; ne pas imprimer trop de mouvements à des ressorts trop tendres et qu'on pourrait déformer; ne pas exiger une attention trop soutenue d'une intelligence qui, par son essence, a besoin plus qu'on ne le croit, çl peur sc développer convenablement, de s’exercer sur plusieurs sujets, et de passer avec rapidité d'uue considération à une autre; ne pas contraindre une mobilité d’esprit aussi nécessaire à l’enfance que celle du corps, et craindre pour ton élève le sort de tant de petits prodiges qui n'ont été, après leur adolescqpce ou leur jeunesse, que des hommes très -ordinaires.

Mais il n\m est pas de même de l'éducation proprement dite. L’éducation inorale doit commencer, pour ainsi dire , avec l'éducation physique, ou, pour mieux dire, elle en est Inséparable. Elle s'opère souvent à l’insu el même contre le gré de ceux qui surveillent l’enfant. Elle est le résultat des circonstances qui l’environnent, et de tous les objets qui peuvent agir sur lui. Ai celte éducation qu’il faut diriger; ce sont ces résultats qu'il faut prévenir ou maîtriser. On peut d’autant plus espérer d’y parveoir, que l'enfant est pendant longtemps inséparable de sa mère ou de sa nourrice. La nature, en prolongeant la débilité de l’enfance, en la rendant impuissante de pourvoir elle-même à ses besoins et de garaulir sa sûreté, en lui donnant une dépendance qu'on ne trouve dans aucune autre espèce, en l'assujettissant aux soins de la mère pendant sept ou huit ans (lorsque, dan» tous les animaux, les petits se séparent, au bout d’un*lemps très - court el même de quelques semaine*^ de celle qui leur a donné le jour), a assuré le développement des admirables facultés de l’Homme. C'est de la faiblesse de celle longue enfance

que provient la puissance du génie de l'adulle, et c'est à celle longue association de Ja mère avec celui qu'elle a porté dans son sein, à cette communauté d'existence si louchante, à celle assiduité de soins indispensables qui sont payés par tant de charmes, à cette réciprocité de caresses, à cette union de la tendresse vigilante qui jouit si vivement de tout ce qu'elle donne, et de l'affection qui 4 chaque instant reçoit et jouit, que l'Homme doit toutes ses vertus.

C'est principalement par les exemples dont on entoure l’enfance, que s’opère avec le plus de succès cette éducation morale, qui doit s'unirsi intimement à l'éducation physique.

Que l'enfant ne puisse voir, dans les actions dont il est le témoin ou l’objet, que l’application de cette justice qui se fait sentir si aisément à son cœur et à son esprit, que l’exercice de celte douceur et de cette bonté qui ne sont que le complément de la justice; qu’on l'accoutume aux jouissances de la bienfaisance, qui est à la portée de tous les âges ; qu'on l'habitue à maîtriser ses mouvements, à les soumettre à sa volonté, et à faire fléchir sa volonté devant la raison, toujours irrésistible, comme la nature des choses ou comme le destin; que des épreuves, ménagées avec délicatesse, lui fassent sentir les effets heureux ou malheureux des bonnes ou mauvaises actions, c'esC-à-dire, des actions conformes ou contraires à la raison, à ta justice, à la bonté, et par conséquent aux lois de l'auteur tout-puissant de la nature ; qu’on écarte de son esprit les erreurs que tant de personnes se plaisent à donner à l’enfance, sous prétextede l'amuser, ou pour se débarrasser de questions que leur adresse sa curiosités! naturelle, et qui pourrait si aisément être satisfaite sans blesser la vérité; que, pour préparer l'enfant à l'instruction qui lui est destinée, et pour fortifier son esprit après avoir formé son cœur, on lui montre à examiner, sous leurs diverses faces, les objets de son attention, à les comparer avec soin, et à se rendre compte des résultats de ces comparaisons.

Vers la fin de celte éducation physique, à laquelle on doit associer l'éducation morale avec tant de sollicitude, mais avec tant de précaution et de ménagement, un nouveau développement s'opère dans les organes qui servent â la nutrition de l'enfant. Vers la sixième ou la septième année , ses forces s’augmentent ; les premières dents incisives, que l’on nomme dents de lait, parce qu'elles paraissent avant la lin de l’allaitement, tombent, et sont remplacées par d’autres incisives, plus larges, plus solides et plus enracinées. Les quatre œillères et la première mâcbeiière de chaque c6té, en haut et en bas , sont aussi remplacées par d’autres dénis analogues, et, ainsi, seize dents antérieures sont renouvelées à cette époque, qpe plusieurs causes peuvent cependant retarder.

La chute de ces seize dents antérieures est produite par le développement d’un aecônd germe placé au fond de l’alvéole, et qui, en croissant, les soulève, les |K>usse et les fait sortir de leur cavité. Ce germe 'manque aux autres douze mâchelières,qui, par conséquent, ne tombent que par accident, et dont la perte ne peut être réparée que dans des circonstances rares.

On penl voir encore une inâchelière aux extrémités de chacune des deux mâchoires; mais ces dents manquent à plusieurs personnes , et l£ plus souvent aux femmes. Leur développement, plus Urdif qu'aux hommes, n’a lieu qu’à l’âge de la puberté, et quelquefois même il est retardé jusqu'à un âge beaucoup plus avancé; et on les nomme alors dents de sagesse .

Avant cette époque de la puberté ou de l’adolescence, la nature ne travaille que pour la conservation et le développement de l’individu : l’enfant n’a reçu de forces que pour se nourrir et pour croître; sa vitalité est renfermée en lui-même, et il ne peut la communiquer. Mais bientôt les principes de vie qui l’animent, fermentent et se multiplient; l’adolescent reçoit, pour ainsi dire, une surabondance d'existence : celte exubérance de force et de facultés se manifeste par plusieurs signes; superflue au maintien de son être, elle peut le reproduire et le multiplier.

La législation de plusieurs pays a supposé, dans plusieurs temps, que l'époque de celle puberté était vers la quatorzième année pour les garçons, et ver* la douzième pour les filles. Mais cette époque, où la vie est pour ainsi dire doublée, est plus oii moins avancée ou relardée, suivant la température du climat, la complexion des races, le tempérament des individus, la quantité des aliments, leur nature, le développement des facuttés morales, l'action de la pensée sur les nerfs, et celle des nerfs sur la force et l’accroissement des organes du corps.

On a remarqué, par exemple, une différence de sept ou huit ans entre l'âge où les Finiandois sont pubères, et celui de la puberté des Indiens, des Persans et des Arabes. Mais, sous tous les climats, la puberté des garçons est plus reculée que celle des filles, parce qne le corps des premiers, étant en général plus grand , plus solide, plus compacte, plus endurci par des jeux souvent répétés et des exercices fatigants, ne peut être développé qu'après un temps plus long.

D'un autre côté, on a vu que, sous les mêmes latitudes ou, pour mieux dire, sous un climat et une température semblables, la puberté se manifestait plus tôt 1 dans les individus de la race nègre et de la race mongole que dans ceux de la race caucasique ou européenne.

Ceux qui habitent des terrains bas, humides, froids, couverts de brouillards, et dont la constitution est phlegmatique ou pituiteuse, parviennent d'autant plus lentement à la puberté que leurs organes sont plus mous et plus engorgés. Les tempéraments sanguins, plus vifs, plus animé*, plus abondants en forces vitale», accélèrent la puberté; elle est encore plus hâtée dans les individus dont la constitution bilieuse s'allie avec des muscles puissants , et des mouvements énergiques et rapides; et, enfin, dans les tempéraments mélancoliques, où une grande aclivilé nerveuse semble entretenir un feu secret, qui anime toute la machine humaine, la puberté est encore plus précoce.

On voit aisément aussi pourquoi les individus dont les aliments sont copieux et substantiels, sont plus tôt pubères que ceux dont la nourriture est malsaine ou trop peu abondante : les viandes succulentes, les sub-

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stances échauffantes, les épices, les aromates, le café, le vin, les liqueurs portent dans tous les organes une activité qui en accélère l'accroissement et bâte la puberté, retardée, au contraire, par les légumes, les fruits et le laitage.

Une puberté plus avancée que ne Ta voulu la nature et, par conséquent, trop précoce, peut être amenée aussi par une direction trop constante des idées et des sentiments vers les objets les plus propres à donner au système nerveux la plus grande activité, et celte prééminence de forces que tous les organes reçoivent d'un exercice prolongé. Vers le commencement de celte puberté , vers cette époque si remarquable de la vie humaine, l'adolescent , qui entre dans cet âge que l'on a comparé au printemps de l'année, éprouve une chaleur nouvelle qui le pénètre; il ressent une agnation intérieure qui lui était inconnue ; il s'en effraye, et en conçoit une vague mais douce espérance, qu'écarte souvent l’inquiétude à laquelle son esprit se livre malgré" lui : un mélange de douleur et de plaisir s'empare de son cœur; sa tète se remplit d'illusions; ses incertitudes, ses craintes sout remplacées par des rêves de bonheur, et ces rêveries remplissent son âme; ses plaisirs ordinaires ne lui suffisent plus, souvent ils le fatiguent et l'ennuient; les occupations qu'il aimait lui deviennent indifférentes ou pénibles; la société l'incommode, la préseuce même de scs amis le gène; une mélancolie qui le charme, l’entraîne dans la solitudè; il se plail â errer à l'ombre des bois épais, ou à s'abandonner, sur le bord d'un ruisseau limpide ou sur le sommet d'une roche escarpée, â tous les mouvements de son cœur et de son inspiration. Si une tendresse douce et éclairée, si une sagesse iodulgente ne viennent â son secours, et ne dirigent pas, par la raison embellie de tous les charmes du sentiment , celle coofusion d’idées, de désirs, de sensations cl de vœux, son esprit exalté peut l'entraîner dans plus d'un précipice, et la jeune fille innocente et tendre, dont le système nerveux est plus mobile, a souvent plus besoin encore, vers cette époque orageuse , de trouver un asile dans le sein d'une mère aussi bonne que prudente.

Cet état extraordinaire, et dont les suites, si elles sont mal dirigées, peuvent être si funestes à la santé et au bonbeur de la vie, dépend du grand changement que l’adolescent vient d'éprouver. ISon • seulement à celle époque la force vitale s'accroît avec rapidité; mais elle se distribue d'une manière nouvelle. Elle avait principalement résidé dans les organes de la nutrition, et dans les systèmes cellulaire et lymphatique; son action était dirigée vers le développement général. Lorsque la puberté commence, cette même action se porte sur le système glanduleux et sur les organes sexuels qui en font partie. Il s'élabore dans ces organes sexuels de l’adolescent, vers lesquels le sang’ afflue avec plus d'abondance, une substance nouvelle et vivifiante, une liqueur essentiellement productive; et de culte tendance, ainsi que de celte élaboration, résulte comme un nouveau centre d'activité, dont la puissante influence se répand dans tout le corps, le pénètre profondément, l'anime dans toutes ses parties. L'adolescent grandit souvent tout d'un coup; son tissu cellulaire.

moins vivifié qu'auparavant. s'affaisse; le bas -ventre s'aplatit; les formes des muscles sont plus prononcées; la poitrine s’élargit; la respiration devient plus étendue; une quantité d'oxygène plus grande ou pins souvent renouvelée donne au sang une chaleur plus forte, qui se communique à tous les organes; la peau se colore et se couvre de poils dans plusieurs endroits. Les muscles de l’organe de la voix sont modifiés de manière à rendre les sons plus graves, et à les faire baisser ordinairement d’une octave. Les bras et les jambes s'allongent et sc fortifient; la démarche s’affermit; les organes des sens extérieurs s'étendent, se développent, deviennent plus sensibles aux impressions des objets. Le sommeil diminue, et les facultés de l’esprit acquièrent une vivacité nouvelle.

Cet accroissement de certains organes , et particulièrement des organes sexuels, est d'autant plus grand que la chaleur «lu climat est plus forte. Il a donné lieu, dans les contrées voisines de la zone torride, à des usages que les religions ou les lois ont consacrés, et dont le but a été, en retardanf le produit <1 un trop grand accroissement de certaines portions de ces organes, de faciliter la génération, et de prévenir les effets d'une malpropreté qui, dans les pays très-chauds, pourrait devenir douloureuse et funeste. C’est ainsi que la circoncision a été ordonnée aux Hébreux, aux Musulmans, et aux habitants de plusieurs contrées de l’Afrique où le mahométisme n'est point établi. On l'emploie, suivant Ici règles et les habitudes des-différentes contrées, trèspeu de jours après la naissance de l'enfant, ou à l'âge de six ans, ou à celui de huit, ou plus tard; et vers le golfe persique, auprès de la mer d'Arabie,' et parmi quelques peuples de l’Afrique occidentale, on a cru devoir prescrire pour les filles une sorte de circoncision particulière.

Quant à l’infibulation, à la castration, cl aux autres procédés du même genre, inventés par une jalousie brutale, par une vile et odieuse cupidité, ou par un déplorable et absurde fanatisme, ne souillons pas l'histoire de la nature par le récit des crimes ou des foües.qui eu ont violé les saintes lois.

Disons seulement, pour montrer un de ces rapports particuliers , qui établissent entre divers organes une sorte de sympathie , que, la castration laissant ou reportant l'individu qui I? subit â l'époque qui précède immédiatement la pulwrlé, il n’est pas surprenant que celte victime d'une coutume barbare acquière des années, vieillisse et cesse de vivre, sans cesser d’être enfant; qu'elle n'aif jamais de barbe, même après l’âge de vingt ou vingt et un ans, temps où elle est la plus épaisse; quelles membres, mal prononcés, présentent tous les caractères de la mollesse et de la faiblesse, et que sa-voix, quoique souvent perçante, reste haute et voilée comme celle de l'enfance.

Les religions, la sagesse, les lois, et même les passions les plus fortes; l'amour et l'orgueil, ont réuni leurs préceptes. leurs dispositions et leurs efforts, pour maintenir la chasteté des mœurs, particulièrement dans le sexe le plus faible et le plus exposé aux attaques «l aux séductions, pour ne montrer qu'unnbjel sacré dans la pureté de la jeune vierge, et pour garantir de tous

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les dangers (fui peuvent l'environner, cette vertu des femmes, de laquelle dépendent les bases de l’ordre social, la paix, le bonheur, la sûreté et tous les droits des familles. Mais, dans plusieurs contrées, elles ont voulu davantage, et, pour le malheur de tant de femmes injustement soupçonnées, elles ont donné une croyance aveugle à des signes trompeurs, qu'elles ont regardés comme des marques certaines d'une conduite criminelle, ou d’une vie sans taches : et comme la série des extravagances humaines doit offrir tous les contrastes, nous voyons, d'un autre côté, des peuples entraînés par la superstition ou par une ridicule vanité, n'attacher aucun prix à celle virginité, objet, dans d'autres pays, de tant de précautions, d'hommages et de vœux ; en céder les prémices à leurs chefs, à leurs despotes, à leurs préires; les sacrifier à des idoles; les abandonner, les offrir même à des étrangers.

L'étal que la puberté impose à l’Homme, est l'union avec une compagne : la nature a voulu que celte union fût très-longue, en prolongeant pendant plusieurs années le besoin qu’ont les enfants de soins multipliés. Le bonheur des deux individus que réunit le mariage, exige que l'amour en prépare le lien, que la raison l’approuve; que de touchants souvenirs, la reconnaissance et la tendresse en garantissent la durée. La sagesse des lois en règle les conditions; les religions, en le bénissant comme la plus sûre garantie des mœurs et des vertus , donnent un caractère encore plus sacré à ce vœq de la nature, dont la violation a entraîné dans les sociétés humaines tant de désordres, de troubles, de dépravations et de crimes.

Mais une loi de celle même nature, qui n’a été transgressée que par de faux calculs, par une passion brutale, ou par une bien coupable tyrannie, est celle qui veut qu'un homme n’ait qu'une femme , et qu'une femme n'ait qu'un homme, puisque le nombre des hommes et celui des femmes sont à peu près égaux dans toutes les contrées, et que Içs différences légères qui séparent ces nombres né dépendent que d'accidents rares, de hasards fugitifs, de circonstances plus ou moins passagères.

Sans le mariage, les nouvelles facultés que l'Homme acquiert par la puberté pourraient souvent lui devenir funestes. La liqueur prolifique pourrait, au lieu d'étre repompée et portée dans les différentes parties du corps pour fouler à leur force, séjourner dans ses réservoirs en assez grande quantité et pendant un temps assez long pour prodiiire des irritations violentes, faire uall te une passion impétueuse, et ravaler l'homme au rang de ces animaux que des impressions analogues rendent, dans certaines saisons, indomptables et furieux.

Le plus haut degré de celte maladie, dans les femmes, a été connu sous le nom de fureur utérine. Une véritable manie trouble alors leur esprit; leur imagination s'allume surtout lorsqu'elle a été excitée par des images obscènes et des propos licencieux; leur égarement leur étant même toute pudeur, elles s'abandonnent non-sèulement aux discours les plus lascifs, mais encore aux actes les plus indécents.

Au reste , les suites des jouissances excessives sont

bien pins terribles encore : les forces s’affaiblissent, la faculté dont oh a abusé s’anéantit, les traits se déforment, les cheveux tombent, l’ouïe s'émousse, la vue s’éteint, la mémoire s’efface, l’esprit disparaît, et la mort termine toutes ces misères.

Le but du mariage est d'avoir des enfants ; mais souvent ce but n'est pas atteint. La stérilité peut être causée, dans l’un et l'autre sexe, par un défaut de conformation ou nn vice accidentel dans les organes, et par l'altération des liqueurs prolifiques. Trop d’embonpoint ou de maigreur, des affections trop vives , une grande intempérance, l'abus des plaisirs , l'excès du Iravail, peuvent nuire à la fécondité. On a cru remarquer que les femmes qui ont une constitution sèche, un système nerveux facilement irritable, une peau aride et brune, des passions violentes et un caractère ardent, sont presque toujours stériles; que les femmes d'un tempérament bilieux sont sujettes à l'avortement; que celles qui sont phlegmatiques, indolentes, incapables d'alfection, conçoivent difficilement; mais que celles dont le tempérament est sanguin et humide, l’humeur gaie et le caractère affectueux, sont ordinairement fécondes.

On a pensé aussi que, tout égal d'ailleurs, les peuples qui se nourrissent beaucoup de Poissons, comme, par exemple, les Chinois, les anciens Égyptiens et les habitants de presque toutes les contrées maritimes, étaient Irès- prolifiques, et que la fécondité était plus grande dans les climats froids que dans les pays voisins de la zone torride.

Lorsque la grossesse commence, le superflu du sang, si abondant chez les femmes, et dont elles ont besoin, dans les temps ordinaires, de se débarrasser par des évacuations périodiques et régulières, séparées, le plus souvent, par l'intervalle d'un mois, devient bientôt nécessaire pour la nourriture et le développement de l’embryou , vers lequel il se porte par une direction nouvelle. Presque toutes les autres sécrétions de la femme sont alors suspendues ou diminuées; on dirait qu'elle n’existe plus en elle-même, et que sa vie est concentrée tout entière dans le nouvel être auquel elle doit donner le jour.

Très-souvent son visage se décolore, la beauté de son teint, se flétrit; son estomac rejette les aliments les mieux choisis; ses forces paraissent altallues, sa gaieté disparait ; elle est comme abandonnée aux caprices, au dégoût, à la langueur, à la mélancolie.

C'est vers le troisième mois de sa grossesse qu'elle ressent les mouvemeuls de son enfant, qui, au milieu de l’espèce de sommeil dans lequel il est plongé, prend machinalement la .position dans laquelle il est le moins gêné, se recourbe, rapproche ses membres, et se replie en boule.

Hippocrate et Aristote ont pensé que les fœtus fer mettes se développaient plus lentement , et que leurs mouvements n'étaient sensibles pour la mère que vers le cinquième mois.

Le terme ordinaire de la .grossesse est de neuf mois ou environ ; des exemples assez nombreux prouvent cependant qu'il peut s'étendre beaucoup plu» loin, et êtrebeaucoupplus rapproché. M. Tessier, del'Académie

royale des sciences, a donné un résumé très curieux , des grandes différences que peut présenter fa durée des portées dans les femelles de plusieurs animaux domestiquas. Ce résumé seul prouverait, par analogie, la grande diversité qui peut se trouver dans la duréede la grossessede la femme. D’ailleurs, on sait combien d’enfants nés dans le septième mois ont joui d'une bonne santé, et on a vu vivre pendant longtemps des enfants nés au sixième et même au cinquième mois. On a^ par exemple , rapporté l’histoire de Fortunio Licelli , né à Gènes après cinq moir. Son père , qui était médecin, l’éleva avec beaucoup de soin , le tint dans une douce chaleur, et lui fit sucer du lait sucré. L'enfant dormit jusqu’à la fin des neuf mois, se réveilla à cette époque, vécut comme les enfants venus au terme ordinaire de la grossesse, et, dans la suite, embrassa la profession de son père, dans laquelle il devint célèbre par ses connaissances et par ses ouvrages.

Dans le dernier temps de la grossesse, l’enfant a la tête tournée vers le bas; lorsque le terme de la délivrance de la mère approche, il s’engage de plus en phis dan» la cavité du bassin ; les douleurs de la mère deviennent plus vives ; l’orifice de la matrice s'élargit, le vagin se dilate; les enveloppes qui environnent l’enfant se déchirent, les eaux de l’amnios s’échappent, et l’enfant parait à la lumière. Quelquefois il entraine sur sa tète une partie des membranes qui viennent de se déchirer, et on dit qu’il est né coiffé ; d'autres fois il montre scs pieds au lieu de sa tète, et les anciens nommaient agrippa les enfants en qui on avait remarqué cette disposition. S’il se présente de travers, on tâche de changer sa position. Mais les circonstances de l'accouchement peuvent devenir si malheureuses qu’on ne peut le terminer que par des procédés dangereux, et ce n’est qu’avec horreur que nous rapportons que. dans ces dangers extrêmes où l’on ne peut sauver l’enfant et la mère, un abus épouvantable de je ne sais quel principe, une application aussi criminelle qu’absurde de prétendus préceptes, une violation sacrilège des lois de la raison et de l'humanité, ont pu, par un forfait que la religion réprouve et que la justice des hommes devrait punir de la peine la plus grave, faire immoler sciemment la malheureuse mère dans une opération barbare , pour tâcher de sauver les jours si incertains d'un être à peine vivant et dont l’existence n’a été encore qu'un sommeil, image de la mort.

A peine la femme est -elle délivrée, que son âme $'è-m panouit et s’ouvre à la joie la plus douce; élle oublie toutes ses douleurs pour ne goûter que le bonheur d’être mère.

Ses forces vitales prennent, pour la seconde fois, une nouvelle direction; elles se transportent vers les mamelles, et y produisent la sécrétion du lait. Cette espèce de crise demande de sages précautions , surtout pour les femmes délicates, et pour celles que les usages de la société ont privées' de tant de ressources que la nature leur avait destinées.

Il s’en faut de beaucoup, cependant, que toutes les femmes soient condamnées à ces souffrances si vives, à ces accouchements si laborieux ; elles les doivent presque toujours à un geure de vie trop différent de celui

que leur prescrit la nature. Il faul compter parmi ces habitudes qui rendent leurs délivrances si pénibles, l'usage de vêtements trop étroits, l'abus des plaisirs, le mauvais choix et la trop grande quantité des aliments ; l’excès du café, des liqueurs et des autres boissons échauffantes; une vie trop agitée, ou trop sédentaire; des mouvements trop violents, ou une nonchalance trop prolongée. Les femmes de tous les peuples à demi sauvages accouchent sans douleur; les compagnes des cultivateurs ne connaissent point les accouchements pénibles, et se rétablissent au bout de peu de jours.

(.es maux de l'accouchement et ceux de la grossesse peuvent, d'ailleurs, être d'autant plus grands que la mère est encore trop jeune, que ses organes n’ont pas acquis le développement nécessaire, ni ses forces tout leur accroissement. S’il est, en effet , des jeunes gens qui ne grandissent plus après la quinzième année, d’autres croissent jusqu’à- vingt- deux ou vingt-trois ans. Pendant cet intervalle, la plupart ont le corps mince, laHaille allongée, les muscles grêles, les cuisses et les jambes menues. Peu à peu les chairs augmentent, les vides se remplissent, les membres s’arrondissent, les contours des muscles se prouoncent ; et avant l’âge de trente ans l’homme est entièrement développé , et toutes ses proportions sont établies.

Les femmes , plus tôt pubères que les hommes, et dont les muscles et les divers organes sont moins compactes, moins solides que cet/x des hommes, arrivent aussi beaucoup plus tôt au terme de leur entier accroissement. C’est ordinairement à vingt ans qu’elles parviennent au développement parfait de ces formes adoucies, de ces membres sveltes, de ces traits délicats, de ces proportions si gracieuses, -qui leur donnent la beauté et y ajoutent tant de charmes. Elles régnent par la beauté et par la grâce, comme l'homme par la force et la majesté.

• Tout annonce dans les deux sexes, dit le grand peintre de la nature, les maîtres de la terre; tout marque dans l’Homme, môme à l'extérieur, sa supériorité sur tous les êtres vivants : il se soutient droit et élevé; son attitude est celle du commandement : sa tète regarde le ciel , el présente une face auguste, sur laquelle est imprimé le caractère de sa dignité; l’image de l’àme y est peinte par la physionomie; l’excellence de sa nature perce à travers les organes matériels , et anime d'un feu divin les traits de son visage; son port majestueux, sa démarche ferme et hardie annoncent sa noblesse el son rang ; il ne touche à lu terré que par ses extrémités les plus éloignées; il ne la voit que de loin, et semble la dédaigner : les bras ne lui sont pas donnés pour servir de piliers d'appui à la masse de son corps; sa main ne doit pas fouler la terre, et perdre, par des frottements réitérés, la finesse du loucher dont elle est l’organe; le bras et* la main sont faits pour servir à des usages plus nobles, pour exécuter les ordres de la volonté, pour saisir les choses éloignées, pour écarter les obstacles, pour prévenir les rencontres el le choc de ce qui pourrait nuire, pour embrasser el retenir ce qui peut plaire et le mettre à la portée des autres sens. •

De tous les traits de cette face auguste, les yeux sont i celui qui concourt le plus à cette physionomie si ex- | pressivc, à ce tableau si rapide, où les agitations les j plus secrètes de l'âme se peignent, même souvent indépendamment de la volonté , avec tant de précision, de vivacité et de force; l'œil serait seul le miroir de Pâme. Les nerfs optiques ayant les rapports les plus intimes avec le cerveau proprement dit, on dirait que l’œil est le véritable organe extérieur de l'intelligence. Il exprime les passions les plus vives, les sentiments les plus violents et les nuances les plus délicates des affections les plus douces. C'est dans les yeux qu'on cherche à lire les pensées les plus cachées, les émotions les plus intimes; ils sont, le plus souvent, les signes les moins trompeurs de la sensibilité, de l'esprit, de l’élévation du génie; on leur demande en quelque sorte la garantie des plus saintes promesses; on les consulte avec d'autant plus.de facilité , qu’on peut, si je puis employer cette expression, les interroger tous les deux à la fois, et qu'ils peuvent répondre ensemble.

Les deux yeux de l'Homme sont, en effet, dirigés en avant; il ne voit pas des deux côtés en même temps, comme un grand nombre de quadrupèdes. Mais, si sa vue s'étend sur un champ moins vaste, ce champ n'est pas divisé; l'Homme l'embrasse tout entier par One seule intuition : il y a moins de trouble, plus d'unité et de certitude dans les résultats de la vision, et les comparaisons plus exactes qu'il peut établir entre les actions des deux yeux, lui donnent des notions plus précises des formes et des distances, des impressions plus propres à servir l’intelligence et à la féconder.

Au reste, remarquons que l'on ne trouve pas, dans l’organe de la vue de l'Homme, un muscle particulier, bulleux et suspenseur de l'œil, que l’on observe dans plusieurs animaux, et dont l'absence indiquerait seule que l’Homme n'est pas organisé pour brouter l'herbe des champs, et avoir presque toujours la tête rabaissée et les yeux inclinés vers la terre.

Ces yeux, destinés à regarder le ciel et de grandes portions de la surface du globe, sont de différentes nuances dans leur iris. Ces couleurs sont l’orangé, le jaune, le vert, le bleu, le gris, le gris mélé de blanc : elle* sont plus foncées sur le* filets qui, dans l’iris, se dirigent vers la prunelle comme dés rayons vers un centre, et sur les espèces de flocons que .l’on voit entre les filets, que sur les ramifications très-déliées qui réunissent ces filets et ces flocons. Cependant les couleurs les plus ordinaires de l'œil, ou plutôt de l'iris, sont, dans les zones tempérées, l’orangé et le bleu. Les iris que l’on croit noirs ne sont que d'un orangé foncé, j ou d'un jaune mélé de brun, et ils ne paraissent entièrement noirs que par l'opposition de leurs nuances avec le blanc de la cornée.

On voit très-souveot, dans le même iris, des nuances d’orangé, de jaune, de gris et de bleu; mais alors c'est presque toujours le bleu qui domine, eu régnant sur toute l’étendue des filets.

Les yeux que l'on trouve les plus beaux , sont ceux dont les iris paraissent noirs ou bleus. Les yeux noirs ont plus de force et d'expressjon ; ils brillent d'un éclat plus égal : mais il y a plus de douceur et de finesse dans

I les bleus, parce qu’ils montrent plus de reflets variés | et plus de jeu dans leur lumière.

Les sourcils ajoutent à la vivacité de l’œil par le contraste de leur couleur, et par les mouvements dont Us sont susceptibles et qui donnent à la physionomie un caractère si prononcé. Les muscles du front peuvent les élever, ou les froncer, et les abaisser en les rapprochant l’un de l’autre.

Les paupières garantissent les yeux; la supérieure se relève et s’abaisse. Le sommeil les ferme malgré la volonté, en relâchant les muscles destinés à les ouvrir, et ce voile qu’il étend le rend encore plus profond, «h empêchant une vive lumière de pénétrer dans l'œil, d'agir sur le nerf optique, et de provoquer ainsi le réveil et l’activité.

Les cils qui garnissent les deux paupières, non-seulement en augmentent les effets salutaires, mais font paraître les yeux plus beaux et rendent le regard plus doux.

Le front contribue le plus à la beauté du visage, lorsqu'il n'est ni trop rond, ni trop plat, ni trop étroit, ni trop court. Les cheveux qui l’entourent et l'embellissent, sont plus longs et plus touffus pendant la jeunesse qu'à toute autre époque de la vie; ils tombent peu à peu. Ceux qui garnissent la partie la plus élevée de la tête tombent les premiers, et' la laissent souvent toute nue : H est très- rare, cependant, qu'une femme de-, vienne chauve. Mais, dans les deux sexes, les cheveux, à mesure qu’on avance en âge, ou par l’effet de grandes maladies et de violents chagrins, se dessèchent, blanchissent par la pointe, deviennent ensuite blancs dans toute leur longueur, et sc eussent aisément.

Quoique le nez soit la portion la plus avancée et le trait le plus apparent du visage, on ne le remarque que lorsqu'il est difformè, très-grand ou presque nul. N’étant susceptible que de mouvements peu sensibles, il contribue à la beauté sans influer sur la physionomie, le véritable objèt de notre attention, parce qu’elle est le signe de tout ce qui peut nous rebuter ou nous plaire. . .

Il n’en est pas de même de la bouche : l'œil est entraîné par une -sorte de charme vers ces lèvre* vermeilles, relevées parla blancheur de l’émail des dents, mollement remuées pour peindre les plus faibles nuances des plus douces affections, ou vivement agitées pour exprimer les sentiments les plus violents, et qui, recevant une sorte de vie particulière de la voix dont elles cômplètent l'organe, indiquent et font distinguer, par leurs inflexions et leurs divers mouvemenls, tous les sons de la parole.

La mâchoire inférieure, la seule mobile, a souvent un mouvement involontaire, non-seulement dans les instants où l'âme s’abandonne à une passion très-vive, ! mais encore dans ceux où l'ennui en émousse, pour ainsi dire, toutes les facultés, et la réduit à cette sorte d'inaction et de langueur qui se manifeste par des bâillements plus ou moins lents et plus ou moins prolongés.

L'n désir ardent ou un vif regret, éprouvés subitement. soulèvent les poumons . et occasionnent une ini spiralion vive et prompte qui forme le soupir. Si ce

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désir ou ce regret ne cessent point, les soupirs se renouvellent ; la tristesse s'empare de l'Ame; les yeux se gonflent . une humeur surabondante les couvre et les obscurcit; les larmes coulent : des inspirations plus fortes et plus rapprochées remplacent les soupirs par des sanglots qui; mêlés A des sons plaintifs, se changent bientôt en gémissements, exprimés souyent avec assez de force pour devenir des cris.

A ces tristes signes de la douleur du corps et de celle de l'âme, succèdent ceux du contentement et de la joie. Pendant le son entrecoupé que l'on appelle ris. le ventre s'élève et s'abaisse précipitamment; les coins de la bouche se rapprochent des joues, qui se gonflent et se resserrent, et des éclats de voix se succèdent. Si ce ris devient immodéré, les lèvres sont très-ouvertes; mais, s'il se change en simple souris, les coins de la bouche se rapprochent, sans qu'elle s’ouvre, des joues qui -se gonflent; et il suffit qu'alors la lèvre inférieure se replie et se presse contre celle de dessus, pour que cette expression de la bienveillance eide la satisfaction devienne le signe de la malignité, de l’ironie et du mépris.

Un instant de réflexion suffit poor arrêter ou changer ies mouvements du >>*86* : niais la volonté n'a aucun empire sur la rougeur, qui dénote la honte, la ' colère, l’orgueil ou la joie; ni sur Ja pâleur, qui accompagne la crainte, l'effroi ou la tristesse. La couleur passagère du visage dépend d'un mouvement du sang produit malgré nous par le système nerveux, organe de nos sentiments intérieurs.

Les grands peintres et les grands statuaires ont bien connu, et on a très-bien décrit, d'après eux, les diverses altitudes et les divers mouvements, plus ou moins | involontaires, de la tète, des yeux, des sourcils, des paupières , des lèvres, des coins de la bouche et des muscles de la face, qui accompagnent les passions vives ou les sentiments profonds, comme la fureur, la colère, l'envie, la jalousie , la malice , la dérision , le mépris, l’effroi, l'horreur, la tristesse, la joie, l'affection et l'amour.

Les parties de la télé qui influe/it le moins sur la physionomie cl sur l'air du visage, sont les oreilles, placées â côté de la face, et souvent cachées par les cheveux : elles n'ont ordinairement que de bien faibles mouvemenu, volontaires ou involontaires. Il parait que , si les plus grandes et les mieux bordées ne sont pas regardées comme les plus jolies, ce sont celles qui entendent de plus loin et distinguent les sons avec le plus de facilité. Serait -ce celle considération -qui aurait fait naître parmi plusieurs peuples à. demi sauvages, plus intéressés que les peuples civilisés A entendre de loin, l’habitude, d’ailleurs bien bizarre, non -seulement de percer les oreilles, pour y suspendre des boucles, des anneaux, des diamants ou des pierres précieuses ; mais encore d'en étendre excessivement le lobe, en le perçant et en y introduisant des morceaux de bois ou- de métal remplacés successivement par des morceaux plu* gros ?

La variété et la bizarrerie des usages sont bien plus remarquables dans la manière de considérer ou d'arranger la barbe, tantôt entièrement rasée, et* tantôt conservée en partie ou maintenue avec soin dans toute

sa longueur; et les cheveux, que l'on a vus , suivant les temps et suivant les lieux, rasés en totalité ou coupés très -courts, conservés en couronne, attachés en queue, ou recouvrant toute la tête, se déployant dans toute leur étendue, tombant sur les épaules et descendant le long du dos, presque jusqu'à terre, tantôt relevés avec soin, frisés avec art, bouclés avec profusion, teints en diverses couleurs, garnis d’essences et de parfums, couverts de poudres blanches, noires ou rousses, et tantôt cédant la place A des masses artificielles de cheveux étrangers, aussi singulières par leurs formes que par leur volume.

Si la tète de l'Homme est garnie de cheveux plus longs et plus touffus que la crinière de plusieurs animaux, à laquelle on a voulu les comparer, son corps est bien moins vélo que celui des quadrupèdes vivipares, au moins dans l’étal de soefété ; et au lieu que sur ces quadrupèdes les poils du dos sont les plus longs et les plus serrés, ceux qui garnissent le dos de l'Homme sont ordinairement les plus clair -semés et les plus court* Les femmes, les eunuques; les hommes dont le tempérament est faible, froid ou humide, ont la peau beaucoup moins garnie de poils.

La poitrine est plus large dans l’Homme que dans les quadrupèdes. C'est sur celle poitrine plus élargie que sont situées les mamelles, toujours au nombre de deux. Celles de l'homme sont moins grosses et moins élevées que celles de la femme ; mais elles en diffèrent très-peu par l'organisation, et on a cité quelques exemples d’un véritable lait formé dans les mamelles d'hommes forts et encore jeunes.

Lee main» de l'Uomme sont d'autant plus adroites et lui donnent un toucher d'autant plus parfait, que tous les doigts, excepté l'annulaire, sont très-mobiles, indépendamment les uns des autres, ce que l'on ne voit dans aucun mammifère, pas même dans les Singes. D'ailleurs le pouce est plus long à proportion que dans 1 ccs mêmes Singes, cependant si adroits. . .

• Les bras, auxquels tiennent ces mains, sont attachés à de larges omoplates et maintenus par de fortes clavicules; et voilà pourquoi l’Homme peut porter de si grands fardeaux sur le haut des épaules.

Ces bras et ccs mains concourent beaucoup, par la gesticulation, à l'expression des différentes affections de l'âme. Dans la joie , ils sont agités par des mouvements rapides et variés; ils sont pendants dans la tristesse. On les élève vers le ciel dans les vœux, la prière, et l’espérance qui la suit. On les ouvre ou les étend pour recevoir, embrasser et saisir les objets désirés. On les avance avec précipitation comme pour repousser ce qui nous inspire de la crainte, de la haine ou de l’horreur.

Le pied de l'Homme est très-différent de celui des Singes, qui est une véritable main. La jambe porte perpendiculairement sur celte base, plqs large à proportion que la main de derrière du Singe. Le talon, renflé par-dessous, augmente la largeur de la base et la sûreté de la station. Les doigts, assez courts, ne peuvent presque pas se plier; le pouce, plus long et plus gros que les autres, ne peut pas leur être opposé pour saisir les objets. Le pied ne peut donc ni. prendre, ni

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