‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 112 sur 116 · DUP · texte numérisé non relu

DUP

tr’ouvre souvent sous tes pas du voyageur qui s'est imprudemment fié à sa surface unie et d'apparence solide. De tels pièges ne trompent que l’Homme ; les animaux, avertis par un instinct particulier, s’y prennent rarement ; on les nomme sur la côte de. Gascogne Bedouses, Blouses ou Tremblants. — La ceinture que forment les Dunes parallèlement aux côtes est souvent fort large: entre Bayonne et la pointe de Médoc, particulièrement du Marenstn au bassin d'Arcachon , cette bande n'a pas moins d’une lieue et demie. Sur la côte de Flandre, entre Ostende et la Zélande, elle n'a pas au contraire trois ceuls pas d'épaisseur, et se forme en général d'un seul rang de monticules. En général on trouve les Dunes sur les parties occidentales des continents et des iles, comme si les vents d'ouest, y régnant avec plus de constance que tout autre, et secondant un certain mouvement périphérique de l'Océan, dû à la rotation du globe, déterminaient leur formation. Ainsi la côte océanique du Juliand offre deg Dunes; les côtes de la Hollande, de l'ile Watcheren dans la Zélande, la Flandre, depuis Breskens jusqu'à Calais, les rivages du Poitou, tes bords du golfe de Gascogne depuis le Verdon jusqu'à l'embouchure de l'Adour, plusieurs points de la Galice et du Portugal , présentent le plus de Dunes en Europe, où l’on n’en retrouve presque point sur les expositions opposées. L'Afrique offre le même phénomène presque partout. — A quelques lieues au nord de Maastricht on commence à trouver une suite de Dunes fort hautes qui, se prolongeant droit au sud ouest, bordent cette aride étendue, appelée Campine, dont est formée une grande partie du Brnhanl hollandais, et qui fut sans doute, à l'époque où ces Dunes s’élevèrent, le fond de la mer reculé maintenant jusqu'au Zuyderzée, golfe destiné à se combler ou à devenir un simple lac; ce Zuyderzée sera alors séparé de l'Océan par une chaîne de Dunes qui se prépare dans la série d'iles dont le Texel fait partie. — Si partout les Dunes indiquent une plage étendue et des côte* basses, à la face occidentale, elles indiquent encore un pays fort plat au revers opposé : aussi le revers oriental de celles de Hollande et de Belgique ne s'étend il que sur de vastes prairies marécageuses, qui. sans les canaux dont l'industrie les coupa, verraient les eaux de leur monotone surface, interceptées par les collines riveraines , stagner jusqu'à ce qu’elles pussent forcer le passage sur quelque point. C’est ce qui arrive dans les départements des Landes et de la Gironde, où les eaux intérieures, s'accumulant à la base orientale des Dunes, y forment les vastes étangs allongés du nord au sud, et donL les principaux sont connus sous les noms d'IIourlain, de la Canau , de Cazaux, de Biscarosse, d'Aurclian, etc. — Les vents généraux d'ouest poussent les Dunes vers l'intérieur du pays, y font refluer ces étangs qui deviennent pour la rive occidentale un véritable Héau en envahissant les propriétés de l'homme. Quand elles ne sc font pas précéder de l'inondation, les Dunes n’en sont pas moins des voyageuses redoutables qui portent la stérilité partout où elles passent, et qui engloutissent des villages entiers. — La nécessité a forcé t'homme à prendre des précautions contre l'usurpation des Dunes. On emploie le c hyonnage qui consiste à former à leur surface de

petites cloisons faites en claie ou en paille, élevées d'un pied à dix-huit pouces, parallèles au sens du vent qui règne le plus communément, et entre lesquelles on sème VJrundo are ruina , L., dont les racines agglomèrent le sable. On y sème encore diverses Graminées dont la nature elle-même semble prendre soin d'indiquer l'usage, le grand Ulcx et le Genêt. A peine ces plantes ont-elles poussé , que brisant le vent et maintenant le sol, on confie à celui-ci le Pin maritime, qui croit dans le sable arec une surprenante rapidité. C’est par ce moyen que la côte du golfe de Gascogne qui était nue, à quelques exceptions près, sera incessamment toute boisée. Elle offrira alors à la marine française d'excellents bois de construction, de la résine, du brai et du goudron. — Il ne faut pas imaginer que les Dunes, pour n’êlre formées que d'arène mobile, soient stériles: au contraire, dès qu'on parvient à fixer leur surface inconstante, les racines des plantes s'y enfonçant avec une grande facilité et allant chercher une éternelle humidité à une certaine profondeur, tandis que la réverbération de la surface entretient une grande chaleur. la végétation devient très- vigoureuse. L'Uyppophaé rharnnolde, lTlcx européen , l’Arbousier Lnedo y deviennent presque des arbres. Les vignes de itota en Andalousie, célèbres parce vin de Tintilla, si foncé cl si liquoreux, sont cultivées dans des Dunes qui ne sembleraient pas capables de supporter d'autre végétation, et dont la mobilité est incroyable. Quelques plantes particulières croissent aussi dans de telles expositions, et quand celles-ci n’y sont pas exclusivement propres, elles y prennent une figure toute singulière, qui les fait souvent méconnaître. Plusieurs insectes, entre lesquels certains Goprides, le Scara- Ireus saccr, L., des Curculionides et des Pimélics, se plaisent dans ces Dunes; on les y voit retirant leurs pattes et leurs antennes, s'abandonner aux vents cl se laisser rouler avec le sable à des distances prodigieuses. Quelques petits Oiseaux de proie les y viennent saisir pendant le voyage. — On trouve dans les Dunes d'Aquitaine des productions de pays beaucoup plus chauds que les régions environnantes, l'n certain nombre de CUlcs, et la Bruyère arborescente, commencent à s'y montrer. Leur élévation est telle que lorsque le soleil les frappe et leur donne une teinte rougeâtre souvent très-vive, on les distingue, comme un nuage ardent à l'horizon, de douze lieues au moins sur la lande rase.

DUPERREYE. Dupcrreya . bot. Genre de la famille des Convolvulacées, de la Penlandrie Monogynic de Linné, établi par Gaudichaud, dans la botanique du Voyage de l'Uranie, et dédié au capitaine Duperrcy, savant officier de marine qui commandait l'expédition de Circumnavigation, à bord de la Coquille. Caractères : calice à cinq divisions, dont la base repose sur deux petites bractées, étalé, membraneux, nervuré, réticulé, persistant autour du fruit et se dilatant à mesure que ^ celui-ci grossit; corolle presque infundibulaire, à cinq , lobes repliés, à peine plus grande que le calice; cinq étamines incluses, insérées au tube de la corolle ; ovaire j elliptique, uniloculaire; style filiforme, ex se rtc; stig- ! male grand, épais, trigono-subcordifofme ; capsule

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