‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 30 sur 116 · C. Cotons à graines dont la surface est garnie de · texte numérisé non relu

C. Cotons à graines dont la surface est garnie de

poils courts et clairsemés ,

Colon de Curaçao. — La graine est petite, garnie d'un petit nombre de poils couchés. La pointe est courte et recourbée. Son Coton est extrêmement fin et d’une grande blancheur. On récolte sur chaque pied environ sept onces et demie de Coton nettoyé.

Coton de Saint-Domingue couronné. — II donne deux récoltes par année et fournit jusqu’à douze onces et demie d’un Coton très-fin et très-blanc. Sa graine, oblongue et garnie de poils clair- semés, a la pointe courte, droite, et le crochet très-marqué.

Coton rampant. — Ainsi nommé parce que sa tige s'étale et rampe sur le sol. Peu estimé et peu productif.

D. Cotons à graines couvertes presqu'en totalité, de

duvet très-serré , qui tes cache entièrement.

Colon lisse, tacheté. — Sa graine est grosse, à angles obtus, raboteuse et toute couverte de poils roux. Son Coton est fin, d'une couleur de rouille claire.

Coton gros. — La graine, presque cylindrique, est couverte d’un duvet grisâtre. Il est peu productif et généralement peu cultivé-

Coton de Siam brun. — Le duvet qui recouvre sa graine, est d'un brun rougeâtre. Ses fils sont très-fins, de couleur Isabelle, très-forts et élastiques.

Coton Mousseline. — On en connaît quatre variétés: le Colon Mousseline à gros grains, dont les fils sont rudes, blancs, et la récolte de trois à quatre onces; le Coton Mousseline rougeâtre ayant les fils fins, incarnat, mais ne produisant au plus qu'une once et demie par pied; le Colon Mousseline de la Trinité : ses fils sont extrêmement fins et d’une blancheur pure; il donne quatre onces de Coton par année; enfin le Coton Mousseline Remire ne donne qu'un Coton grossier, d’un blanc saie.

Coton â feuilles rouges ou Colon rouge. — Ses jeunes pousses, ses pétioles et les veines de ses feuilles sont d’un rouge intense. Sa graine est couverte de poils, â l’exception de la pointe. Son Coton est extrêmement fin; mais on n’en récolte qu’une once et demie par année.

Coton des nonnes de Tranquebar. — La graine est petite, presque globuleuse, couverte d’un duvet gris blanchâtre. Il fournit très-peu. C'est la seule variété que Rôtirait rapportée à une espèce décrite; c’est, selon lui. le Gossypium religiosum , L.

Colon de Porto-Rico. — Scs graines sont disposées en pyramide longue et étroite, comme dans le Cotonnier de la Guiane; elles sont de plus toutes couvertes de duvet. Chaque pied donne environ douze onces d’un beau Coton.

Telles sont les diverses variétés observées par Uolir dans la petite île de Sainte-Croix, une partie des Antilles et la Guiane ; mais combien d’autres n’en existe-t-il pas sur le continent américain, dan» les Indes-Orientales et les autres contrées du globe où l'on s'occupe de la culture du Cotonnier! Il serait extrêmement important de comparer les variétés des Indes avec celles du nouveau continent.

l.e Colon parait avoir été connu par les anciens; cependant l’usage de ses tissus n'était pas aussi répandu, chez eux, que celui des tissus de laine. On lit dans Pline qu’il existe dans la partie de la Haute-Egypte qui avoisine l’Arabie un petit arbuste que les uns nomment Xilon et les autres C.onnrpion, et dont les graines sont entourées d’un duvet d’une blancheur éclatante, qui sert à fabriquer des tissus précieux, très -recherchés par les prèlrcs égyptiens; mais ce ne fut qu’à une époque beaucoup plus reculée que l’usage d’employer les étoffes de Coton à faire des vêlements, devint plus général. L'Europe dut, à cet égard, être l'une des dernières à profiler de cet avantage, ne possédant pas le Cotonnier parmi les végétaux de son sol. En effet, ceux qui, aujourd'hui, sont culljvés dans les lies de l’Archipel, à Malte, en Sicile et dans quelques parties méridionales du continent européen, y ont été transportés primitivement. à une époque plus ou moins reculée, soit de l’Égvpte. soit de l’ Asie-Mineure ou de la Perse. Mais aujourd'hui que la libre communication entre l'Europe et les autres contrées du globe a facilité l'introduction des denrées coloniales, et en a si considérablement diminué le prix, l'usage des étoffes de Coton est devenu presque universel, et a considérablement diminué la consommation des tissus de Chanvre et de Lin. Cependant ces derniers l’emportent de beaucoup sur les autres, dans une foule de circonstances, et, malgré la modicité du prix du Colon , les toiles failcs avec nos fils indigènes sont incomparablement préférables pour l’usage et la durée. Aujourd'hui le Coton doit être considéré comme une des denrées les plus importantes dans la balance commerciale. Le gouvernement français l’avait bien senti à une époque où le système continental séparait en quelque sorte l'Europe du reste du globe. Aussi cbercha-l-on alors à introduire la culture du Cotonnier en Italie, en Corse, cl jusque dans nos départements méridionaux. Celle culture a réussi dans plusieurs endroits. Kirkpalric, consul des Étals- Luis à Malaga, introduisit aux environs de celte ville, la culture du Cotonnier, qui avait été négligée même des Arabes. Il planta ce végétal précieux dans un lieu inculte, du village de Churriana, au pied de la Sierra de Mijas. Le Coton a tellement réussi dans celte exposition, ainsi qu'à Motril et jusqu'à Alméria, le long de la côte méditerranéenne, qu'il y est aujourd'hui la source d'un commerce considérable.

Les Cotonniers en général sont peu difficiles sur la nature du terrain ; ils viennent à peu près dans tous

les sols et à toutes les expositions. Cependant ils réussissent beaucoup mieux au voisinage de la mer. dans les lieux très-aérés, dans des terres fortes, légèrement sèches et chaudes. Quelques variétés ne viennent bien que dans un sol humide et profond. Le Colonqierde la Guiane. l’une des variétés les plus estimées, est dans ce cas. et à cet égard il est difficile d'établir des règles générales bien fixes, car il est quelques variétés qui demandent un terrain dont la nature est entièrement opposée. Lorsque l'on a choisi un emplacement pour y établir une plantation de Colonniers.il faut commencer par le préparer au moyen de labours profonds et d'engrais que l’on répand à sa surface; on pratique ensuite des trous de quel pies pouces de profondeur que l'on espace à trois pieds environ les uns des autres. La graine doit élre bien choisie pour la qualité et pour l'espèce qui conviennent le mieux à la nature du terrain et à son exposition. Ces graines doivent avoir été dépouillées des fils de Coton. Quelques planteurs ont l'habitude de les laisser tremper dans l'eau pendant quelques heures, et de les rouler ensuite dans du sable, de la cendre ou une terre légère, afin de les isoler les unes des autres et de faciliter ainsi leur dispersion. D'autres les y laissent pendant vingt-quatre heures, surtout lorsque le temps est très-sec. Par ce procédé on accélère singulièrement leur germination. On place deux ou trois graines dans chaque trou que Pou recouvre ensuite de terre. Au bout de huit jours, surtout quand il a plu, les graines commencent à se montrer au dessus du sol. Quelquefois cependant elles mettent un temps beaucoup plus long, ce «pii en général a lieu quand le temps est resté sec. Lorsque les jeunes pied» sont levés, on retranche ceux qui sont les plus faibles, de manière à n’en laisser qu’un seul à chaque trou. Il faut avoir soin de sarcler fréquemment, et de biner autour des Cotonniers afin d'enlever toutes les mauvaises herbes qui nuiraient au développement des jeunes plants, et finiraient même par les étouffer. Dans les lieux où cela est possible, on suppléera au manque de pluie par des irrigations fréquentes. Lorsque les jeunes plants ont acquis à peu près un pied de hauteur, on pince leur bourgeon terminal. Celle pratique a pour but de retarder leur accroissement en hauteur , de faciliter le développement des branches latérales, et de donner de la force au pied. On retranche aussi, à mesure que l’individu s'accroît, quelques-unes des feuilles inférieures qui absorbent inutilement une grande quantité de sève. Ces soins doivent être continués jusqu’à l’époque de la floraison et de la maturité des fruits, époque qui varie singulièrement suivant les contrées et les variétés cultivées, puisque quelques-unes donnent deux récoltes chaque aimée. Celte époques'annonce constamment par l’écartement spontané des valves de la capsule. Il est alors temps de commencer la récolte. Celle-ci se fait par deux procédés différents ; dans l’un, qui sc pratique généralement en Orient, on cueille les capsules entrouvertes, et ou les place dans des sacs ou des paniers; dans l’autre, qui est beaucoup plus répandu, on se contente d'enlever les graines, en laissant les capsules en place. Le premier de ces procédés, qui parait plus expéditif, offre cependant d'assez graves inconvénients

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