‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 4 sur 116 · EE · texte numérisé non relu

EE

$$ Coquille longitudinale. Famille : Mytilac4.es ; Mali.EacEes.

B. Ligament non marginal, resserré dans un court espace, sous les crochets.

$ Coquille régulière, compacte; ligament intérieur. Famille : Pectimbes.

$$ Coquille irrégulière, feuilletée; ligament inlernoexlerne. Famille : Ostracees.

C. Ligament soit nul ou inconnu, soit représenté par un cordon tendineux soutenant la Coquille.

$ Ligament et animal inconnus; Coquille très-inéquivalve. Famille : Rldistes.

$$ Coquille adhérente, animal pourvu de deux bras. Famille : Bracbyopodes.

CONCHILLE. bot. Syn. ancien de Qucrcus coccifera. F. Cdèxe.

CONCHITES. ion., ross. Nom que l'on a donné indistinctement aux Patelles et aux Coquilles bivalves, que l'on trouve faisant partie des couches des différents terrains.

CONCBIUM. BOT. r. Halée.

CONCHOCARPE. Conchocarpus. bot. Genre établi par Mikan dans la famille des /luiacces. Caractères : calice court, cylindrique et à cinq dents; corolle composée de cinq pétales soudés intimement de manière à

représenter une corolle monopétalc, tubuleuse, hypocralériforme, dont le limbe est à cinq divisions inégales. Des sept étamines, deux seulement sont fertiles et antbérifères; elles sont insérées vers la base du tube; leurs anthères sont allongées, à deux loges, sans appendices à leur base; les cinq étamines stériles sont sous la forme de filaments subulés plus longs et glanduleux; l’ovaire est à cinq côtes et cinq loges, porté sur un disque bypogyne, qui les recouvre dans leur partie inférieure; le style se termine par un stigmate cylindrique; le fruit se compose de cinq coques -monospermes, coriaces, s'ouvrant intérieurement par line suture longitudinale. Ce genre se compose de deux espèces qui croissent dans les forêts du Brésil. Ce sont deuÿ arbrisseaux à feuilles simples ou ternées, glabres, ponctuées, alternes, sans stipules, ils portent des fleurs d'un rose pâle, munies de bractées et disposées en grappes allongées. L'une, Conchocarpus macrophyllus . Mikan, a les feuilles très- grandes, simples, pétiolée», elliptiques, allongées, arrondies h leur base. La seconde a été décrite et figurée par Nées d'Esenbeck et Marlius { FraxinelU v, p. 10, t. 21 ), sous le nom de Conchocarpus cuneifolius\ elle se distingue de la précédente par ses feuilles également pétiolées, mais rétrécies à leur hase et cunéiformes.

CO N CHO DE RAIE. Conchoderma. xoll. Olfers a donné, le premier, ce nom au Lepas aurita de Linné, dont Leacli a fait le genre Otion.

CONCHOIDALE et CONCnOIDE. ■in. Dans les caractères tirés de l'aspect de la cassure, on dit qu’elle est Conchoïde quand elle présente sur l'une des faces de la fracture, une cavité arrondie, et sur la face opposée un relief qui en est la contre-épreuve. 11 y a ordinaire ment sur ces deux faces des stries concentriques, coupées par d'autres en rayon, ce qui amène quelque ressemblance avec les valves d'une coquille, d'où est venue l'épithète de Conchoïde.

CONCIIOLÉPAS. CoHcholepas. koll. Le Concbolépas est un de ces genres dont les caractères, peu tranchés, oui fait douter de la véritable place qu'il devait occuper. D'Argenville, qui fut le premier à faire connaître celle Coquille, la plaça parmi ses Lépas ou Patelles. Dacosta la plaça parmi ces mêmes Patelles, mais il lui trouva uue forme analogue à celle d'une valve séparée. Favanne, se servant de cette comparaison, la nomma le grand ('un choie pas, parce que, dit-il, elle tient de la forme et des Conques cl des Patelles. Schrcelers admit le nom de Favanne, et Martini lui donna celri de Conchopatella. Bruguière, saisissant mieux que ses devanciers les vrais caractères génériques de celte Coquille, la plaça dans le genre Buccin, dont elle n'a pourtant pas tous les traits de ressemblance, et Lamarck sentit qu'il fallait en faire un genre séparé, qu’il plaça près des lUonoceros. Les coucliyliologues, après lui, ont généralement admis ce genre. Cuvier, pourtant . n’en fait aucune mention, et Férussac (Tabl. $yst. des Moll. Prod. p. 25) le place dans le genre Pourpre, ii côté des Monoceros.desCancellaires, etc. Celte Coquille singulière fut trouvée par Dombey, sur les côtes du Pérou, où il l'observa marchant sur un disque charnu. Jusqu'à présent une seule espèce a été connue; elle a

dû conséquemment servir de type au genre qui peut être caractérisé comme il suit : coquille ovale, bombée, en demi-spirale, à sommet incliné obliquement vers le bord gauche ; ouverture ample, longitudinale, oblique, ayant inférieurement une légère échancrure; deux dents à la base du bord droit; animal traebélipode , muni d'un opercule corné, mince et oblong.

Coxcholépas or Péroc. Concholepas Perutianus , D'Argenville (Conchyl. t. fl, fig. d), Dacosta (Ëlém. 1.2, fig. 7, et t. 5, fig. 9), Favanne (Conchyl. T. I, p. 513, t. 4, fig. o, 2), Martini (Conchyl. T. x, p. 322, t. min. fig. 19, a-b). 11 parait, d’après ce qu'en dit Bruguière (Encyc. p. 252, n° 10), que le Concliolépas peut prendre d'assez grandes dimensions, car celui qu'il décrit, long de trois pouces et demi, et large de deux poucesjiuil ligues, était un individu de moyenne taille. A l'extérieur, la coquille est chargée de eûtes rugueuses ou squammifères, entre lesquelles se voient trois stries peu profondes. L'ouverture est ample; elle présente une légère échancrure à sa base, à côté de laquelle se remarquent deux dents, ce qui a déterminé Lamarck à placer ce genre A côté de celui des Licornes.

CONCHYLIE. Conchiliutn. moi.l. Sous ce nom. Cuvier (Règn. Anim. T. ii, p. 425) propose, parmi les Pectinibranches trocholdes, un nouveau genre auquel il donne, comme sous-genres, les Ainpullaires, les Mêlâmes, les Phasianelles et les Janlhines.

CONCHYLIOLOGIE, zool. La Conchyliologie, d’après l'étymologie du mot, ne devrait s'occuper que du test calcaire qui recouvre presque tous les animaux Mollusques et Conchifères; mais dans l’état actuel de la zoologie, on ne peut plus considérer séparément, ainsi qu'on l’a fait longtemps, et l'animal et son enveloppe; la nature, qui marche selon des lois uniformes, a toujours mis en rapport les enveloppes extérieures avec les modifications de l'organisation. Que les enveloppes soient destinées, par leur solidité ou par les parties accessoires dont elles sont revêtues, à protéger plutôt certains organes essentiels que d'autres, elles n’en sont pas moins soumises «1 la loi générale ; c'est ainsi, comme l'a dit Rlainville, que dans les Mollusques uni valves, la coquille est destinée surtout à protéger les organes de la respiration; c’est sur ccs organes qu'elle vient pour ainsi dire se mouler; les modifications de la coquille seront donc des traces certaines de celles des organes de l'animal qui l'habite. Celle proposition rentre entièrement dans l’ordre naturel; et l’on peut ajouter que les poumons des Vertébrés qui respirent l'air, que les branchies qui sont ces poumons modifiés pour respirer l'eau dans les Foissons, se trouvant parfaitement en rapport avec les enveloppes extérieures qui les protègent et en facilitent les fonctions, de même, dans Ie6 Invertébrés où la respiration n’est guère moins importante, et surtout dans les Mollusques dont l'organisation est la plus avancée, les parties protectrices de la fonction ont dû y être modifiées, et on doit voir sur elles comme dans tous les êtres, les traces plus ou moins sensibles de cette modification.

Il serait superflu de chercher h prouver l’utilité de l’étude des Mollusques; quand même leur connaissance ne fournirait aucune application utile à l'économie et

aux arts, elle n'en serait pas moins nécessaire à l'histoire de l'ensemble des êtres. Mais en la présentant sous un autre point de vue, c’est-à-dire son application à la géologie, elle prend alors un intérêt que les anciens conchyliologucs ne lui connaissaient pas. En effet, que sont les Coquilles, et en général les restes fossiles des autres animaux, sinon d'antiques médailles qui sont la preuve la plus évidente des changements qu'a éprouvés la surface de la terre? El ces débris mettent à portée d'apprécier, jusqu'à un certain point, les changements qui. journellement, se font d'une manière si peu sensible. Un autre fait où conduit celte application est celui relatif aux analogues : pour arriver à ce résultat, il a fallu étudier avec soin toutes les espèces en particulier, les comparer ensuite avec les Coquilles fossiles des différentes régions, et constater l'analogie, non pas par une ressemblance même frappante, mais par une ressemblance exacte dans les plus petits détails. Quel a dû être l'étonnement du naturaliste, après une suite nombreuse de pareilles comparaisons , lorsqu'il a retrouvé au milieu des terres, dans d’autres climats, à des températures actuellement différentes, les Coquilles les plus parfaitement analogues? Quelles conclusions a-t-il dû tirer d'un tel fait que l'on peut regarder comme général ? Deux idées se présentent en se rattachant à deux systèmes : le premier, le plus ancien, qui admet des bouleversements, des cataclysmes, d'énormes transports de terrains, et qui ne trouve plus de sectateurs aujourd'hui parmi les géologues. On supposerait alors que les Coquilles ainsi que les couches où elles se trouvent, auraient été déposées loin de l'endroit de leur première formation, et que des restes d'animaux qui ne vivent plus que dans la zone torride, se seraient trouvés rejetés à plusieurs milliers de lieues, dans les pays tempérés et même septentrionaux, par un de ces bouleversements que l'on a longtemps supposés pour se rendre compte des faits. Mais comment se ferait-il que des Coquilles, quelquefois très minces et très-délicates dans leur structure, se soient trouvées transportées à dey distances énormes, comme par enchantement, sans éprouver de fracture, sans même que de légères aspérités y aient été usées, quand on voit sur les côtes, et même dans les rivières, les Coquilles s'user et devenir méconnaissables en fort peu de temps, lorsqu'elles sont simplement soumises au ballottement des flots. L’autre hypothèse, qui acquiert chaque jour quelque nouveau degré de probabilité, est celle qui suppose un changement de température dans les lieux où les animaux dont on trouve les têts fossiles, ont vécu et ont été enfouis. Que le changement de température ait eu lieu par un refroidissement de la terre, comme quelques-uns le pensent d’après lluffon , ou par une toute autre cause que l’on ne peut apprécier, le fait n’en est pas moins constant, et l'observation journalière . faite sur les Fossiles de tous Ica pays, prouve qu'ils ont autrefois vécu dans le lieu de l'enfouissement, ou â très- peu de distance, puisqu'on les retrouve d'une conservation parfaite, dans les parties les plus délicates et les plus fragiles.

Aristote a le premier consigné dans scs écrits quelques notions sur les Coquilles. 11 les a distinguées,

oogle

d'après leur habitation, en terrestres et en marines; il divise ensuite ces dernières en univalves et en bivalves. Il fait une section dans laquelle il place les Turbinées qu'il ne distingue que par le volume, la proéminence de la spire, la mollesse plus ou moins grande de l'animal. Mais le nom de Mollusques a été appliqué par lui à des animaux mous ou qui ont un os à l'intérieur, comme les Sèches, les Calmars, etc.; ceux-ci font aujourd'hui la troisième division des Céphalopodes de Lamarck. Les écrits du philosophe grec sont d'ailleurs remplis d'une foule d'observations très-justes; ne pouvant les consigner ici, nous renverrons le lecteur à son Histoire des Animaux (liv. 4, p. 180, parag. 4, traduction française de Camus, 1783). Nous ne cherchons qu'à établir ce fait, que c'est à Aristote qu'on doit la division des Coquilles d'après leur habitation, division qui a été longtemps admise par beaucoup d'auteurs après lui. Pline et quelques naturalistes qui le suivirent, en ne faisant que répéter ce qu'avait écrit Aristote, n’ajoutèrent rien à l'histoire naturelle des animaux que la postérité doit à ce grand homme. On peut même dire que depuis Aristote jusqu'à Daniel Major, en 1075, rien n'a été fait dans le véritable intérêt de la science; en effet, est-ce en réunissant des collections pour le vain plaisir de récréer les yeux, sans y mettre d’autre soin que de les embellir par des objets d’un grand prix, riches en couleur, et souvent même dénaturés parle poli artificiel qu'on leur donne, que l'on peut faire marcher une science? Pendant longtemps il en a été ainsi delà Conchyliologie, et, comme la plupart des autres parties de l'histoire naturelle, elle a suivi à peu près les phases et les progrès de la philosophie moderne ; présentant néanmoins, sous quelques rapports, un moindre intérêt aux zoologistes par le peu d'utilité dont ils la jugeaient et par le peu de connaissauce qu’ils en avaient, ils l'abandonnèrent pour ainsi dire; et si quelques hommes supérieurs n'avaient tenté de la mettre au rang des autres parties de la science, et n'avaient jeté de temps à autre quelque lumière sur elle, Linné l’eût encore trouvée dans l'enfance.

Pour faire convenablement l’histoire de la Conchyliologie, il faut la diviser en deux grandes époques : 1® considérer ce qu'elle était avant Linné, établir par conséquent scs progrès et ses changements avant l’apparition de ce génie réformateur; 2° la reprendre depuis Linné pour en suivre les modifications et l'avancement jusqu'à notre époque. .Nous allons passer rapidement en revue, et par ordre chronologique, les principaux travaux qui, depuis Daniel Major, ont précédé ceux du célèbre professeur d'Upsal. Ln 1075, Dauicl Major donna, à la (in du Traité de la Pourpre de Fabius Columna, dix tables synoptiques dans lesquelles il chercha à saisir quelques caractères généraux et spéciaux, qui l'amenèrent à des coupes plus ou moins heureuses , et dont quelques-unes furent même longtemps admises. Comme il 6e borna, dans ce travail qu'il aurait pu rendre plus complet, à se servir des notes qu'il avait données dans l'ouvrage de Columna, il a dû nécessairement résulter de l’insuffisance des matériaux , une imperfection dépendant seulement du petit nombre d'objets observés. En 1679, Harderdonna,

5 DICT. Il ES SCIENCES IV ET.

; dans une petite brochure in-12, quelques détails sur j l'anatomie de l’Animal des Hélices, mais ce travail est j incomplet, et se ressent beaucoup du temps oû il a été j composé; il ne présente d'ailleurs qu'un fait isolé. En 1G8I , Grew publia des tables systématiques des genres j de Coquilles; ses principales coupes qui sont encore i admises aujourd’hui, sont tirées du nombre des pièces : les Coquilles simples (nos Univalves), les Coquilles bivalves, et les multivalves. 11 donne en outre beaucoup d'excellentes indications qui peuvent conduire à des genres établis sur de lions caractères. Heyde, en 1684, publia, sous le titre d '/inalome Mytuli belgicè Motsel , etc., un petit volume in-12 avec des figures fort médiocres. L'animal qu'il décrit parait appartenir au genre Modiolc de Lamarck, et peut-être à l'espèce connue sous le nom de Modiola Tutipa.

En 1684, Sihhald, dans la Scotica illuslrata , divisa les Coquilles d'après Aristote, c’est-â-dire suivant leur habitation ; ainsi il les rangea en deux ordres, les terrestres et les aquatiques, et ces dernières en fluvialiles et en marines. Du reste, rien qui puisse intéresser la science ne se trouve dans cet ouvrage. Tels étaient, en 1085, les antécédents de Lister; placé dans des circonstances plus favorables, ce médecin de la reine Anne sut en profiter; le commerce étendu de l’Angleterre, et ses nombreuses relations, le mirent en état d'embrasser l’universalité de ce qui était connu en Conchyliologie, et de donner un plus vaste champ à ses observations; cependant il s'attacha encore aux grandes divisions d’Aristote, et son système ne différa de celui du philosophe grec que par quelques détails dont nous allons donner un aperçu.

Lister renferme toutes les Coquilles dans quatre livres : le premier comprend les Coquilles terrestres qu'il partage en deux parties : l'une traite de Buccinis et Turbinibus terresiribus ; l'autre est intitulée : fcochleœ ntulæ terrestres , Limaces quibusüam tlictœ. Dans le second livre, il s'occupe des Coquilles d'eau douce, qu'il divise également en deux parties : la première est consacrée aux Coquilles univalves, et la suivante aux bivalves. Le livre troisième traite des Coquilles bivalves marines, dans lesquelles l'auteur fait entrer les multivalves. La première partie de ce livre a pour titre : Testaceis bitalcibus itnparibus testis ; la seconde : Testaceis bicalcibus paribus testis, et la troisième : Testaceis multicalcibus. Il faut faire d’autant plus attention à cette distinction des Coquilles équivalvcs ou inéquivalves, qu'elle se trouve justifiée par la solidité des caractères, et que Lister est le premier qui s’en soit servi. Le quatrième livre renferme toutes les univalves marines divisées en seize sections, conduisant quelquefois à des familles assez naturelles ou à de bons genres, tels que les Patelles perforées au sommet (tes Fissurelles). celles qui ont une lame intérieure courbée (les Calyptrées), elc., etc. L'ouvrage que nous venons d'analyser est d'ailleurs précieux par le grand nombre de bonnes figures qu'il renferme. Après Lister, en 1705. Bumph publia en hollandais un ouvrage où il rassembla tout ce que les Coquilles d’Ainboine offraient de curieux; mais il n'ajouta rien à la science. Tournefort, après avoir soumis les Végétaux à

une savante classification, essaya aussi d'en appliquer une aux Coquilles ; mais Tourncfort mourut en 170#, et ne la publia pas lui-méme; son manuscrit fut communiqué à Gualtiéri qui en fit l'application Hans son ouvrage. Voici sur quoi celte méthode est basée : Toutes les Coquilles, dit-il, peuvent être séparées en trois classes : les Monoloma, les Diloma et les Polytonia. Les Monotomes sont divisés, d'après la forme générale, en Univalves, c'est-à-dire les Patelles, en Coquilles spirales et en Coquilles fisluleuscs; les Ditomes sont considérés d'après un caractère auquel on n'avait fait jusqu'alors aucune attention, et dont on est entièrement redevable au grand naturaliste. Il comprit dans une première famille tous les Ditomes parfaitement clos, et dans une seconde tous ceux qui sont bâillants; mais, par une erreur palpable, il rangea les Pbolades dans sa première famille. Enfin, dans les Poly tomes, où il plaça les Oursins, il établit encore deux familles : la première renferme les Oursins regardés comme des Coquilles articulées, et la seconde contient les Balanes dont les pièces sont réunies par un cartilage. — En 1711, Rnmph, dans son Thésaurus imaginum Pis cium , 1 ’eslaceorutn , Cochlearum, etc., sans établir des divisions méthodiques, sentit pourtant les rapports de certains genres, les moins difficiles à saisir il est vrai; ainsi il circonscrivit assez bien le genre Cône, celui des Porcelaines, celui des Plérocères, et dirigea ensuite son attention sur les Coquilles operculées ; il les distingua en Coquilles dont l'opercule est rond comme celui des Turbots, et on Coquilles dont l'opercule est semi-lunaire comme celui des Né ri les.

Langius, en 1722, sc servit de plusieurs divisions établies avant lui, et se contenta de les modifier; c'est ainsi qu'il réunit dans une même coupe les Balanes, les Lépas et les Vermisseaux de Tournefort, auxquels il ajouta, dans ses sections séparées, les Coquilles enroulées sur elles-mêmes, telles que les Nautiles, les Porcelaines et les Cornes d'Aminon; dans une seconde partie, il rangea toutes les Coquilles dont la spire est saillante, et dans les sous-divisions il sut se servir de la forme de l'ouverture, ce qu'on n'avait pas fait jusqu'alors. Les Coquilles bivalves sont comprises dans une dernière grande division, et Langius se sert, pour les distinguer, des caractères tirés par Lister, de l'égalité ou de l'inégalité des valves; mais comme les Coquilles inéquivalvcs sont en très- petit nombre, il les regarde comme des anomalies et les rejette dans une dernière section, il ne fait pas mention des Multivalves.

Dans une dissertation publiée à Dantzick par Breyne, en 1752, celui-ci propose une nouvelle division qui est encore en usage aujourd'hui , parce qu'elle est juste dans l’application qu'il en fil; mais, si l'on excepte celte idée saillante, tout le système est défectueux. L'auteur y sépare en deux sortes toutes les Coquilles, celles qui ont la forme d'un tube, et celles qui ont la forme d’une coupe plus ou moins évasée. Il divise ensuite, Mes Coquilles tubuleuses en Monothalamcsou formées d'une seule cavité, et en Polythalames ou séparées en plusieurs cavités par des cloisons ; 2» les Coquilles en forme de coupe ou vase sont divisées à leur tour en deux parties, les simples et les composées. Les Coquilles simples ,

sous le nom de Lépas. comprennent toutes les Univalves dont l'embouchure est large comme les Patelles, et les Coquilles composées renferment indistinctement les Bivalves, les Multivalves, les Balanes séparées des Anatifères, et les Oursins. Après Breyne. on doit citer dans l’ordre chronologique l'ouvrage de Plancus en 1730, qui le premier donna de l'inlérét aux Coquilles microscopiques. U fit figurer avec soin celles que l'on trouve dans les sables de Rimini; c’est ce travail qui a donné par la suite à Soldani l'idée d’en essayer un plus parfait. Gualtiéri, qui fil en 1742 l'application du système de Tournefort, publia un gros volume in-folio qui n’a pas même le mérite des bonnes figures ; il n’en a d'autre que d'en avoir rassemblé un assez grand nombre. La même année, D'Argenville. qui jouit longtemps d'une grande réputation, publia un ouvrage ayant pour titre : L’Histoire Naturelle éclaircie dans deux de ses parties, la Lithologie et la Conchyliologie; mais, au lieu d'avancer cette science comme le titre semble l’annoncer, D'Argenville ne profita nullement de ce qui avait été fait avant lui. et se servit encore de l'habitation des Coquilles, comme Aristote l'avait fait le premier, pour établir de grandes divisions entre elles. Aussi, dans cet ouvrage, une première partie est destinée aux Coquilles marines, et une seconde aux Coquilles terrestres et fluviatiles ; les subdivisions sont les mêmes que celles qu'avaient établies les auteurs précédents; seulement il rendit la méthode encore plus mauvaise, en plaçant dans les Multivalves les Oursins, les Tuyaux marins, les Glands de mer. les Pousse-Pieds, les Conques anatifères et les Pbolades. On peut dire pourtant que. si l'ouvrage de D'Argenville est médiocre pour la distribution, il est un des premiers qui ail fixé l'attention sur les animaux des Coquilles dont il fit figurer quelques espèces dans sa Zooraorphose : ce travail est. néanmoins, trop incomplet pour servir de base à un système. — Eii 1753, Klein proposa une nouvelle méthode pour classer les Coquilles ; mais cette méthode ne présente pas des coupes assez naturelles, pour être admise; elle fut bientôt oubliée, quoiqu'elle eût le mérite d’avoir dirigé l’observation vers la forme de ,a bouche dos linivalves; la division principale est prise comme dans la plupart des systèmes antérieurs, du nombre des parties. Au lieu des Monotoma , Ditoma, Polyionia de Tournefort, ce sont des MonoconchtBy Diconchœ, Polyconchœ , ce qui revient absolument au même, et ce qui ramène à la division de Lister, et aux Univalves, Bivalves et Multivalves de Linné. — Enfin parut la sixième édition du Systetna Naturw. Avant Linné, personne n’avait cherché à appliquer la zoologie aux animaux testâtes , et conséquemment on n’avait pas tenté de faire accorder la connaissance de l'habitant avec les caractères extérieurs de sa demeure.

Il trouva néanmoins quelques idées justes, solidement établies par ses prédécesseurs. En effet, Grcw avait proposé la division en Univalves, Bivalves, Multivalves ; Lister avait fait voir que l'on pourrait tirer de bons caractères de l'égalité ou de l'inégalité des valves; Tournefort y ajouta celui du bâillement ou du non bâillement des valves; Breyne proposa le* Monothalamos et les Polythalames. Cependant une chose essentielle

manquait à la partie des sciences qu’il fallait restaurer; c’était les connaissances zoologiques. Aussi , dans les premières éditions de Linné, on s’aperçut facilement, quoique son système valût mieux que les précédents, qu'il manquait de fondements solides.

C’est à l'époque où les six premières éditions du Systema se succédaient avec rapidité, que parut l’ouvrage si important d’Adanson, qui dut avoir sur la manière de voir de Linné une très-grande influence par le point de vue tout à la fois nouveau et juste sous lequel ce savant considéra l’étude de la Conchyliologie; et l'on vit aux éditions suivantes de son grand ouvrage combien Linné avait profité de celui du voyageur français. Adanson admet, sous d’autres noms, les trois divisions principales : les Limaçons sont ses Univalves, les Conques ses Bivalves, et les Conques mullivalves ses Multivalves. Il divise les Limaçons en ceux qui sont sans opercules ou univalves proprement dits, cl en ceux qui sont operculés. Les Limaçons proprement dits sont partagés en cinq familles : 1° ceux qui n'ont ni yeux ni cornes; 2° ceux qui ont deux cornes, et les yeux placés à la base de la partie interne; 3° ceux qui ont quatre cornes : les extérieures portant les yeux à leur sommet; 4° ceux qui ont deux cornes, les yeux à la base, au côté externe ou par derrière; 5° enfin ceux qui ont deux cornes, les yeux vers le milieu, sur le côté externe. Les Limaçons operculés sont divisés en trois familles : 1° ceux qui ont deux cornes avec un renflement, et qui portent les yeux au-dessus de la base, au côté externe; 2° ceux qui ont deux cornes sans renflement, les yeux à la base, au côté externe; 3° ceux qui ont quatre cornes, dont les deux extérieures portent les yeux au sommet. Telles sont les divisions principales établies entre les Univalves ou Limaçons. Cette distribution, où l’on n’a tenu compte que d'un caractère unique, fondé sur les tentacules et les organes qu'ils portent, a cet inconvénient grave qu’elle met en contact des êtres fort différents, tels, par exemple, que le Limaçon terrestre (Hélix) et l'Haliothide; tels encore que le Lépas ou Patelle , l’Yet qui est une espèce de Volute, et la Vis, etc. — Les Conques ou Bivalves sont distribuées en trois familles, d'après la forme du manteau : 1° les Conques qui ont les lobes du manteau séparés dans tout leur contour; 2« les Conques dont les deux lobes du manteau forment trois ouvertures sans aucun tuyau ; 3° les Conques dont les deux lobes du manteau forment trois ouvertures dont deux prennent la figure d’un tuyau assez long. Par ces caractères, le genre Huître lui seul est bien circonscrit; quant aux autres, et surtout celui du Jambonneau, ils rassemblent des Coquillages bien différents. On y voit des Modioles, des Moules, desPinnes, des Avicutes. et même une Cardite. De ses Conques mullivalves il a judicieusement écarté tout ce que différents auteurs y avaient pour ainsi dire jeté au hasard, afin de n’y conserver que les Pbolades et les Tarets.

Linné, auquel toutes les parties de l'histoire naturelle sont redevables d'une sorte de régénération, qui porta sur chacune d'elles cet esprit investigateur et d'observation qui a été le cachet de ses nombreux écrits, n'a pu perfectionner, autant qu’il l'aurait voulu, la classi-

fication des Coquilles. Les connaissances zoologiques n’étaient point assez exactes, ni assez multipliées de son temps pour établir un système invariable; cependant ce grand homme en sentit l’importance, et ouvrit la marche à cet égard, en faisant entrer pour quelque chose la forme de l'animal dans la composition du genre. En vain l’on pourra objecter que la plupart de ses applications comparatives des animaux mollusques étaient fausses, il ne reste pas moins à Linné le mérite d'avoir fait le premier cette application; faisant abstraction de l’importance de cette idée, et considérant ensuite son système comme simplement basé sur les caractères des Coquilles, il l'emporterait encore de beaucoup sur tous ceux qu’on avait établis avant lui. On pourra se convaincre de cette vérité par l'exposé rapide que nous allons en faire. Linné admet les trois coupes principales établies avant lui : les Mullivalves, les Bivalves et les Univalves. Les Mullivalves comprennent trois genres : Chillon, Lcpas et Pholas. Les Bivalves sont divisées, comme il suit, en quatorze genres : 1. Mya ; 2. Solen ; 3. TeUina ; 4. Cardium; 5. Mac Ira ; 6. Donux ; 7. f^enus; 8. Spondylus ; 9. Chôma ; 10. Area; 11. Ottrea ; 12. Anomia; 13. Mytilus ; 14. Pinna. Toutes les Univalves, dont lesSerpules, les Dentales et le Tare! ne furent pas séparés, sont renfermées dans dix-neuf genres : 1. Argo~ nauta; 2. iSautilus; 5. Conus; 4. Cyprœa;T). Dalla ; C. Foluta; 7. Buccinum ; 8. Slrombu»; 9. Murex ; 10. Trochus ; 11. Turbo ; 12. Hélix; 13. Mérita ; 14. Haliotis ; 15. Palella; 16. Dentalium ; 17. Sabella ; 18. Teredo; 10. Serpula. La plupart de ces genres sont bien circonscrits ; cependant, à mesure que la science, appuyée d’une saine observation, a marché vers son but , on a trouvé des caractères échappés à Linné, assez solides pour démembrer ses genres eu plusieurs autres. Son système présente, on ne peut en disconvenir, plusieurs défauts; mais il a l’avantage sur tous les autres, d'avoir indiqué des rapports de relation d’un genre à son voisin; d’avoir, dans les Bivalves, considéré la forme de la charnière comme un caractère essentiel pour la circonscription du genre; et, dans les Univalves, la forme de la bouche; il a rendu plus facile par là, ainsi que par ses phrases caractéristiques, la détermination exacte de l’espèce. Son auteur a senti, mieux que personne avant lui, la valeur de mots techniques qu’il n’a jamais employés que pour signaler des différences réelles. On peut dire qu'il a mis les naturalistes sur le vrai chemin nécessaire pour atteindre la perfection que l’on peut désirer à la science des Coquilles. Après Adanson et Linné, parut en 1758, l'ouvrage de Séba, qui, quoique mal fait sous le rapport des descriptions, a le mérite, ainsi que ceux de Regenfusen de la même année et de Knorr en 1704, d’augmenter de beaucoup, par de bonnes figures, le nombre des espèces connues. En 1767, Geoffroy, après avoir publié les insectes des environs de la capitale qu'il habitait, donna aussi un traité sommaire des Coquilles, tant fluviatiles que terrestres, qui s’y trouvent. Ce petit ouvrage, dans lequel on s’est servi des animaux pour établir des genres, est réellement précieux pour la quantité de lionnes observations que

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