‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 5 sur 116 · CO N · texte numérisé non relu

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l’on y rencontre; il divise les Coquilles terrestres et fluvialiles en univatves et en bivalves. Les univalves renferment cinq genres : 1® le Limas, Cochlea ; 2® le Buccin, Buccinum ; 3® le Planorbe, Planorbi» ; 4® la Nérite, A rerita;5° l’Ancyle, Ancylut. Les bivalves •ont divisées en deux genres : I® la Came, Chôma ; 2° la Moule, Mytulu». Tous ces genres sont établis sur les caractères tirés des Animaux et des Coquilles.

En 17G9 commença à paraître le grand recueil de Martini, remarquable par le grand nombre de figures qu'il contient, par leur belle coloration et leur exactitude. Quant au système adopté pour la classification, il est calqué sur celui de Linné. Cet ouvrage fut commencé par Martini qui en donna lui-inêinc les trois premiers volumes; les huit autres sont de Chemnitz et de Schrœler. Viennent ensuite les ouvrages de Dacosta, en 1770; six numéros d’une Conchyliologie de Schrœter, delà même année; une classification systématique des Coquilles terrestres, de Murray, 1771, publiée dans les Amœnitates Acad. T. vin ; l'Histoire naturelle des Coquilles terrestres, 1772, de Schiracs. Enfin les ouvrages de Millier, qui ont commencé h paraître dès 1773. Mais des deux ouvrages de cet auteur, le dernier est bien préférable; de même que Linné, rauleur y admet les trois grandes coupes ou familles d'Univalves, de Bivalves et de Multivalves. Les changements qu'il a fait subir à la méthode de Linné sont sensibles, surtout dans les Univalves qu'il partage en trois sections :

1® Testacea univalria, testa perviâ, qui renferme les genres Echinus , Spatangus Dentalium ; 2® Testacea univalria, lesta patulà. On y trouve onze genres, ce sont: Akera , Argonauta , Huila, Bucciniutn, Cerithium , V ertigo , Turbo, Hélix . Planorbi», Anoylus, Patella, Halioti »; 3° la troisième section des Testacea univalria , testé operculatâ, ne contient que le* cinq genres Trilonium , Trochus, Ne ri ta , Yatrata et Serpula. Parmi les Bivalves dont les genres sont presque les mêmes que ceux de Linné, on remarque qu’il a judicieusement séparé des Anotnia de ce dernier, le genre des Térébratules. On voit par ce léger aperçu de l’ouvrage de Muller que, s'étant servi, comme AJanson, de la forme des tentacules et de In position des yeux, il est tombé comme lui, dans quelques rapprochements évidemment faux, comme de la Huila à V Argonauta, comme de la Serpula à ta Nerita , et de quelques autres; mais, en général, les genres, pris séparément. sont bien circonscrits; ils ressemblent d’ailleurs pour la plupart à ceux de Linné, ou en sont déjà des démembrements. — Schrœler, qui fit tant de travaux pour la Conchyliologie, publia, en 1774, le premier numéro de son Journal de Minéralogie et de Conchyliologie. Ou connaissait déjà ce savant par quelques ouvrages dont un a déjà été cité, et il acquit ensuite une réputation méritée, non-seulement par des Mémoires publiés dans divers journaux, par son introduction à la Conchyliologie de Linné, mais encore par son Histoire des Coquilles fluviatiles, spécialement de celles qui vivent dans les eaux de la Tburinge. Il est fâcheux que les figures dont cet ouvrage est accompagné soient médiocres.

En 177G, Dacosta donna en anglais et en français des 1

éléments de Conchyliologie ; et le système de cet auteur diffère très- peu de celui de Linné. Il publia aussi, en 1778. une Conchyliologie britannique assez complète. - Solda ni. si célèbre par ses nombreuses recherches sur les Coquilles microscopiques, avait été devancé par Plancus. Quoiqu’il eût surpassé de beaucoup son prédécesseur, il ne put jouir, pendant sa vie, d’une réputation acquise par tant d'années de travaux et de recherches. Son ouvrage ne se vendit pas. et il en éprouva tant de chagrin, qu’après avoir inis en vente la dernière partie dont il ne sortit qu’un seul exemplaire de chez le libraire, il se décida à la détruire. Le feu consuma toute celte partie, et laissa incomplet le reste < de l’ouvrage. Ce fait a été recueilli sur les lieux, par Ménard de la Groye. Quoi qu’il en soit, ce qui reste de . la Testaceographia ac Zoophytog raphia parvo et microscopica, 1789, suffit pour illustrer à jamais son i auteur. Cet ouvrage a besoin d’élre vu cl consulté souvent pour qu’on puisse l’apprécier ce qu’il vaut.

Quoique le système de Linné ait prévalu chez presque tous les conchyliologues, Favanne, en 1780, se servit encore de la méthode de D'Argenville, de laquelle, en donnant pour ainsi dire une nouvelle édition, il se contente d'augmenter d'un nombre assez considérable les bonnes figures. Dans la même année parut l’ouvrage de Born, intitulé : Testacea Musei Cæsaris Yindobo- | nensis. — Martyn, en 1784, publia un Traité de Conchyliologie universelle, qui est accompagné de bonnes planches et d’espèces en général peu connues. Chemnitz, à peu près dan» le même temps, donna, dans un volume in-4° avec des figures, des observations sur une famille de Coquilles multivalves, les Oscabrions, qu’il regarde comme des animaux articulés. Enfin, en 1792, parut la première partie du premier volume de l’Encyclopédie, fait par Bruguière, qui ramena la Conchyliologie à ce qu’elle devait être, et la replaça avec succès dans le chemin où Linné l'avait mise, et d’où elle avait dévié. Bruguière rendit à la Conchyliologie l'importance qu’elle n'eût jamais dû perdre en France où fut son berceau ; il en sut habilement rassembler | les matériaux épars dans les ouvrages de scs prédécesseurs; se servant du système de Linné comme d’une ! hase solide, il le modifia en y faisant entrer, pour servir à ses divisions , des caractères déjà aperçus, mais qu'on avait trop souvent méconnus. C’est ainsi qu'il se servit, comine Linné, de l’ancienne division en Multivalves, Bivalves et Univalves. L’importance des travaux de Bruguière est telle, qu'on trouvera soigneusement rapportés à chacun des genres de Coquilles traités dans ce Dictionnaire, les modifications et les changements qu'il fit subir à la science.

C’est à l'époque où florissail Bruguière que commença à paraître l’important ouvrage de Poli, si utile aux couchyliologues, par Ire belles anatomies de Mollusques que l’on y trouve. Que de regrets l’ou éprouve qu’un si habile observateur u'ait donné que la partie des Mullivalves et des Bivalves ! Ses ouvrages sont des dépôts où l’on viendra longtemps puiser les observations les plus précieuses, pour classer convenablement celte partie des Invertébrés. — L’ouvrage d'OIivi, publié la même année , est bien inférieur au précédent; il présente

pourtant d’utiles détails sur le même sujet, et il donne i une liste assez complète de ce qui se trouve dans les I eaux du golfe Adriatique. — Lamarck, qui avait marqué son époque dans la botanique, par des ouvrages qui auraient seuls suffi pour constituer une brillante réputation, devenu, au Muséum d’Uisloire naturelle, professeur de zoologie pour les animaux sans vertèbres, soumit celte nombreuse partie des êtres vivants à cet esprit de philosophie analytique, qui caractérise tout ce qui sort de sa plume sévère. 11 embrassa d’un coup d'œil rapide tous les Invertébrés; et chacune des parties de la science qui renferme ceux-ci, a subi entre ses mains des modifications et des changements qui dévoilent avec quelle justesse et quelle sagacité l'illustre professeur a saisi les lois générales par lesquelles la nature se régit, et parait avoir conçu le vaste ensemble des êtres organisés vivants. On peut déjà se faire une idée des premiers travaux de l’auteur dans l’ouvrage qui a pour titre Système des animaux sans vertèbres, publié en 1801. Les observations zoologiques y sont déjà assez nombreuses pour établir un système basé sur elles; et l’auteur s'en sert déjà pour établir les grandes divisions en Mollusques céphalés et en Mollusques acéphales. L'une et l'autre de ces coupes sont divisées ensuite en Mollusques céphalés nus et en Mollusques céphalés concbylifères, enfin en Mollusques acéplialés nus et en Mollusques acéphales concbylifères. Ces divisions principales, qui ne permettent plus d'agglomérations de genres incohérents, excluent d'abord de la série les coquilles des Vermisseaux marins des anciens, dont les animaux doivent former une classe à part sous le nom d’Annélides. Les genres eux-mêmes, dont le nombre est considérablement augmenté, sont rangés presque tous dans le meilleur ordre de rapport. Bruguière, qui des trente-cinq genres de Linné en avait fait soixante et un, n'avait pas encore approché du nombre convenable pour rendre ces genres rigoureusement distincts et précis. Lamarck les augmenta alors de quatre-vingt-dix-huit, ce qui les porta eo tout à cent cinquante-neuf.

Bientôt après le second essai de Lamarck, parurent les Mémoires de Cuvier sur les Mollusques, Mémoires qui serviront toujours rie modèle aux esprits justes quand ils voudront aider les rapides progrès à la science; ces précieux matériaux ont servi de base au système exposé dans la première des deux distributions ci-joiules. — En 180.*, Fichlel et Moll publièrent une brochure in-4®, qui renferme beaucoup de Nautiliacés microscopiques, trèsbien figurés. Cet ouvrage peut être considéré comme un complément à celui de Soldani.

Draparnaud laissa après lui, un excellent ouvrage sur les Coquilles terrestres et fluvialiles de la France.

Il adopta les deux grandes coupes de Lamarck. les Céphalés et les Acéphales, et dans cette première division, sous le nom général de Gastéropodes, il rangea toutes les Coquilles terrestres qui rampent sur un disque ou pied placé sous le ventre. Il proposa plusieurs nouveaux genres, tous établis avec celle sagacité qui le caractérisait, et décrivit un assez grand nombre de nouvelles espèces. — Férussac, connu par son magnifique ouvrage des Coquilles terrestres et fluvialiles, donna .

i en 1807, une seconde éditiond'un opuscule de son père,

i qu'il augmenta d'excellentes observations, et qui est important sous ce rapport qu’il présente un tableau de concordance dans la synonymie de Geoffroy, Poiret, Draparnaud, Muller et Linné. Suivant l'idée de son père, il propose de faire coïncider les caractères pris de l'animal avec les caractères tirés de la coquille , chose ordonnée par l'exemple de Linné et qu'aucun conchyliologue ne devrait oublier. — Denis de Montfort, auquel on peut reprocher non-seulement de faire inutilement une foule de genres, mais encore le défaut plus grave de ne pas être toujours exact, donna, en 1808, deux volumes d’une Conchyliologie méthodique; le premier renferme les Coquilles univalves cloisonnées, et le second les Coquilles univalves non cloisonnées. Cet ouvrage présente quelques genres à conserver, et il a surtout le mérite d'avoir fixé l'attention des naturalistes sur les Coquilles cloisonnées microscopiques. — En 1811, Megerle a donné, dans le Magasin de Berlin, un nouveau système de Conchyliologie dont la partie qui traite des Bivalves seulement a paru.

Lamarck, en 1812, dans une petite brochure intitulée Extrait du Cours, etc., fait pressentir les changements qu’il se propose de faire subir à sa première méthode, changements qu'il commença à établir en 1815, et qu'il ter mina eu 1822. Cet ouvrage, l'un des plus importants qui aient été publiés sur les animaux saus vertèbres, présente pour les Mollusques une division basée à la fois sur les caractères pris dans les animaux, ce qui sert à former les principales coupes, et sur ceux tirés de la coquille, qui servent presque toujours seuls à fariner les genres.— Cuvier, en 1817, considérant les Mollusques plutôt d'après les rapports déstructuré interne que d'après tout autre, donna aux caractères tirés des différences organiques, une bien plus grande importance que ne l'avait fait Lamarck lui-même, ce qui le ramena aussi à diminuer le nombre des genres, mais ù admettre dans ceux-ci, avec la désignation de sousgenres, un certain nombre de coupes secondaires, dans lesquelles rentrent presque tous les genres que Lamarck avait proposés dans la première édition de son Système. Blainville, dès 1814, posa à son tour les fondements d’une nouvelle classification des êtres vivants, à laquelle il donna quelques développements, en 18IG, dans le Journal de physique, etc. (octobre). Voici, pour la partie des Mollusques, ce qu'il a proposé. Il divise les Mollusques ou Malacozoaires en deux classes, en Céptialophores et en Acéphalophores (Mollusques céphalés et acéphales, Cuv.). Les Céphalophorcs se distinguent en espèces qui ont les organes de la respiration et la coquille symétriques, et en espèces qui ne sont pas symétriques. Les premières ou les symétriques sont distinguées : 1° en Cryptodibranches, 2° Ptérodibranches, 3® Pol y branches, 1® Cyclobranches, 5° lnféroliranchcs, 6° iSucléohranches, 7° Cervicobranches. Les non symétriques sont distinguées : 1° en Chismobranclies, 2® Pulinobranches, 3° Sypbonobrancbes, 4° Monopleurobranches. La seconde classe ou les Acéphalophores esldivisée en trois ordres : 1® les Palliobranches, 2° les Lamellibranches, ô® les Hétérobrancbes, divisés eux-mêmes en fixés ou Ascidioes simples et agrégés, et

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en libres ou Biphores simples et agrégés aussi. Férussac a ajouté aux ouvrages ci-dessus mentionnés, une magnifique histoire des Coquilles terrestres et fluviatile8; et Sowerby publie en Angleterre d'excellentes figures de Coquilles fossiles.

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