‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 50 sur 116 · Crinoïdes réunis : Genre Eugéniocrinites · texte numérisé non relu

Crinoïdes réunis : Genre Eugéniocrinites

CRINOI.E. Crinum. bot. Genre de la famille des

Amaryllidées et de l'ilexandrie Monogynie de Linné. Le mot grec «fcvo», est synonyme de Xuptov, lis; Linné l'a traduit littéralement par Crinum , et en a fait l'application à un genre autrefois très-voisin des Lis, quoique, maintenant, il ne fasse plus partie de la même famille. Certaines Crinoles présentent en effet, dans leur

inflorescence, quelques points de similitude avec *«• Lis, mais la ressemblance n'est pas tellement grande qu'elle puisse tromper l’amateur; elle se borne même presque exclusivement à la fleur; on ne la trouve plus, lorsqu'on dosccnd à la tige et à la souche. Ce sont des plantes à racines hulhifères; à feuilles ordinairement longues et larges, s'élançant du sommet du bulbe. Les fleurs sont généralement blanches ou rougeâtres, disposées en ombelle simple ou en sertule, couronnant une hainpc également simple , et enveloppées dans leur épanouissement, par une spalhe de plusieurs folioles. Leur périanlhe forme un long tube à sa partie inférieure; il est soudé avec l'ovaire qui est infère; son limbe est à six divisions égales, étalées ou réfléchies; les étamines, au nombre de six, ont leurs filaments distincts et insérés vers le sommet du tube ; l'ovaire a trois loges polyspermes ; il est surmonté d'un style simple, terminé par un stigmate obtus; le fruit est une capsule fréquemment à une seule loge, par suite d'avortemeut, contenant un très-petit nombre de graines arrondies, bulbiformes et grosses. A l’époque où Linné institua le genre Crinum, on n'y comptait que quatre espèces, réduites à trois, par la séparation de son Crinum Africanum , qui est devenu le type du genre Agapanlhus; aujourd'hui le nombre des Crinoles cultivées dans les collections, est porté à quatre-vingt-quatorze. Toutes les contrées chaudes du globe, l'Europe exceptée, ont fourni leur contingent à ce groupe où l'on trouve des espèces vraiment gigantesques; la circonférence d'un bulbe ou ognon du Crinum amabile a donné vingt-huit pouces.

La chaleur est une condition indispensable de la culture des Crinoles, et comine ces plantes ont une tendance constante à donner beaucoup de fleurs, il faut leur choisir, dans la serre, une place parfaitement éclairée. On les plante dans un compost formé de terreau de bruyère et de terre fort substantielle. Arrivant assez fréquemment à l'état de maturité sous nos climats factices, il est aisé de propager ces plantes par le semis, mais le moyen est lent et ou lui préfère, en général, celui qu'offrent les cayeux que l’on sépare lorsque les feuilles commencent à se flétrir. On les détache du bulbe avec précaution, puis un les distribue immédiatement dans les pots où ils doivent continuer à croître et que l'on plonge dans la (année. Lcsjeunes plantes demandent des arrosements fréquents, mais modérés, car la pourriture s'y inet avec beaucoup de facilité.

Crixole d'Asie. Crinum Asiaticum , L. Mont. 3t»î; L’Ilérit. Sert. angl. 8; Willd. Sp, pl. 2, 45. Celte magnifique Crinole est originaire de l'Inde , où on la trouve encore sauvage dans plusieurs de ses contrées; il parait qu'elle existe également en Chine et dans la Nouvelle-Galles du Sud. On la cultive dans les serres européennes, depuis un siècle environ. Elle fleurit pendant tout l'été. Son bulbe parvient à une grosseur considérable; il est allongé, cylindroïde, renflé à sa base qui est garnie de racines nombreuses, assez épaisses, simples, disposées en faisceaux et d'un blanc jaunâtre ; la hampe est cylindrique, haute d'un à deux pieds, épaisse de dix-huit à vingt lignes; elle naît entre les feuilles qui s'élèvent du bulbe. Ces feuilles sool assez

nombreuses, embrassantes, oblongues lancéolées. Les fleurs sont réunies au nombre de quinze à vingt en une ombelle terminale, entourée à sa base, de deux spathes membraneuses, inégales, lancéolées, presque aigues et d’un vert rougeâtre; chacune d’elles, longue de six ù sept pouces, est portée sur un pédicelle fort court, accompagné inférieurement d’une sorte de bractée en lanière fort étroite et fort longue, d'un blanc rougeâtre; le périanthe a son tube assez grêle, allongé, cylindrique, cannelé, renflé â sa base, terminé par un limbe à six divisions profondes, linéaires, rétrécies à leur base, concaves, ouvertes, réfléchies â l’extrémité qui est pointue et onguiculée aux trois divisions extérieures, d'un pourpre sanguin, fort intense extérieurement, d’un blanc rougeâtre à l’intérieur, avec une bande longitudinale et centrale formée de lignes purpurines. Les étamines, au nombre de six, ont leurs filaments subtiles. pourprés, insérés près de l'orifice du tube et terminésâ leur sommet par de» anthères linéaires, arquées, vacillantes et jaunes. L’ovaire est infère, à trois angles arrondis, surmonté d’un style droit ou faiblement arqué, cylindrique, d'un brun pourpré, moins long que les filaments, terminé par un stigmate très-petit et triangulaire. La capsule est ovale, charnue, ù trois loges, ù , trois valve» renfermant plusieurs graines. A la place des graines, on trouve presque constamment dans la capsule, de» tubercules arrondis, charnus, blanchâtres, de la grosseur d’une petite Noix, et que l'on considère généralement comme des bulbilles solides, analogues à celle» qui se développent sur différentes parties, et quelquefois à la place des fleurs dans beaucoup de Liliacées. Mais ces prétendues bulbilles n'avaient point encore été examinées avec soin, et leur structure n'était pas encore bien connue. Lne analyse soignée, faite sur deux espèces {Crinum Taitense et Crinum erubescens)y a démontré que ces corps n’étaient ni des tubercules, ni des bulbilles, ainsi qu’on l’avait cru jusqu’alors. Ce sont de véritables graines, mais qui, par des circonstances particulières, ont pris un développement extraordinaire. A l’extérieur, ces graines sont recouvertes d’une pellicule assez épaisse, sèche, cassante, s'enlevant par plaques. Quoiqu'elles soient ordinairement globuleuses, elles offrent une dépression sur un de leur» côtés, dépression qui est le véritable bile ou point d’attache. Toute la masse intérieure se compose d'un corps charnu , blanc , légèrement verdâtre à sa circonférence- Vers la partie inférieure de la graine, près du hile, on trouve un petit corps irrégulièrement ovoïde, un peu recourbé, plus renflé â sa partie moyenne qu'à ses deux extrémités qui sont obtuses; ce corps est l’embryon; l’extrémité inférieure est la radicule, qui, au moment de la germination, s’allonge , perce l’endosperme et le tégument propre de la graine, entraînant avec elle, au dehors, la gemmule qui, comme dans tous le» autres embryons monocotylédonés , est renfermée dans le cotylédon. D’après ce court exposé, il est impossible de ne pas reconnaître la structure de la graine dans ces corps considérés jusqu'à présent comme des bourgeons solides ou des bulbilles.

Crixole brillante. Cri»Mfnfpec;o*um,Thunb. Bot. Mayas. 2217 et 2121. Les Indes-Orientales sont la patrie

de celle jolie espèce qui a été découverte au nord du Bengale par le docteur Carey, et que l’on possède depuis l'année 1819. Sa floraison commence au mois de juin et se prolonge jusqu'à la lin de septembre. Son bulbe est large, sphéroidal et revêtu de tuniques rougeâtres; il donne naissance à une multitude de feuilles longues de deux à trois pieds t j|argcs de deux pouces, striées, pointues, marquées d’une côte médiane assez épaisse, à bords rudes, d'un vert obscur un peu terne. La hampe s'élance latéralement des écailles du bulbe et s'élève à ta hauteur de deux pied» et quelquefois plu»; elle se couronne d’une ombelle composée de six ou sept fleurs sessil.es, longues de cinq pouces, compris le tube qui est égal au limbe et d'un blanc verdâtre, parsemé de traits et de taches d’un rouge pourpré assez pâle; les six divisions du limbe sont blanches avec une bande formée de lignes purpurines à l’extérieur; elles sont ovales, lancéolées et pointues, avec l'extrémité réfléchie; les spathes sont membraneuses, allongées, aigue», de même que les bractées qui sont beaucoup plus élroi tes et ondulées. Les filaments sont fort grêles, courbés, terminés par des anthères vacillantes cl blanchâtres. L’ovaire est peu saillant, terminé par un style courbé, avec un stigmate trifide.

Crixole £i.êgai«te. Cijnutn eleyans, Herb., Bot. Mayas. 2592. Elle appartient aux Indes, et fut envoyée du royaume de Pégu, en 1820, ail docteur Carey, dans la collection duquel on la vil fleurir au mois de septembre 1834. Le bulbe est ovale, long de six pouces et d’un diamètre proportionné, recouvert de tuniques ou écailles quasi imbriquées, d'un gris brunâtre; il se termine par six ou huit feuilles longues de trois à quatre pieds, larges d'un à deux pouces, striées, pointues, avec un pli longitudinal et central , d'un vert agréable. La bampe, qui prend naissance sur l'un des côtés du bulbe, est cylindrique, un peu plus courte que les feuilles, avec une ombelle de quatorze à quinze fleurs entourées d'une spalhe membraneuse, blanchâtre, longue de quatre pouces et atténuée au sommet. Les fleurs sont sessilcs : une bractée en lanière allongée, étroite, blanchâtre, accompagne le tube qui est cylindrique, verdâtre et long de deux pouces et demi ; les six découpures du limbe ont un peu moins de longueur, elles sont ovales linéaires, pointues et blanches. Les étamines ont leurs filaments faiblement courbés, blanchâtres, supportant des anthères en croissant et â pollen jaune. L'ovaire est oblong, verdâtre, surmonté d’un style de la même longueur que les filaments et moindre que la corolle, rougeâtre, avec un petit stigmate blanc.

Lrixole Elancée. Crinum proccrum, Herb., Bot . Magaz. 2084. Son bulbe est épais, arrondi, peu prolongé, garni au sommet d’une touffe majestueuse de feuilles presque dressées, longues de quatre à cinq pied», larges de six pouces, striées, d'un vert agréable, mar quéesde trois bandes longitudinales d'un vert plus obscur; les bords sont entièrement lisses. La lige n'a guère plus de deux pieds, elle est cylindrique, épaisse, ornée au sommet d'une ombelle de quinze à vingt-cinq fleurs, accompagnées à leur base d'une spalhe flétrie , jaunâtre, qui les a primitivement renfermées. Le pédoncule et l'ovaire ont environ un demi-pouce; leur couleur est

le vert pâle, de même que celle du tube qui est long de cinq pouces; les six divisions du périanthe ont la même

étendue; elles sont étroites, aigues, blanches à l'intérieur, rayées de rouge pourpré extériéumijènt, Les filaments des étamines, à peu prés aussi longs que les divisions pélaliformes, sont blancs à leur base et purpurins au sommet; les ai Ibères sont jeunes, linéaires et vacillantes; k! style, un peu plus court que les étamines, est de la même nuance, avec un stigmate très-petit et blanchâtre. De l'Inde.

Çbixolr rvccocrcie. Crin u m slrictum, llerb., Ilot. Mayas,. 2035. L'horticulteur anglais l aie a reçii, en

1820, celte Crinole, qu'il croit originaire de l’Amérique du Sud. Elle fleurit aux mois d'août et de septembre. Toute la plante ne surpasse guère quinze pouces en hauteur; le bulbe est ovale, petit, recouvert de tuniques fauves; la hampe qui s’en élève est entourée, A sa base, d'une dizaine de feuilles courtes , obtuses, presque droites et d'un vert assez pâle; elle est cylindrique, du double de la longueur des feuilles, terminée par une ombelle de quatre fleurs, environnée avant le développement, d’une spalhe marcesccnte, longue de deux pouces et un quart. L'ovaire est scssile et le tube cylindrique, long de cinq pouces, d'un vert très- pâle. Les six divisions du périanthe sont fort étroites, longues de trois pouces et un quart, pointues, blanchâtres, avec les extérieures onguiculées. Les filaments des étamines sont blancs à leur base, rouges ensuite et filiformes; les anthères sont arquées et jaunes, attachées comme dans les autres espèces, par le centre. Le style, plus long que les étamines et moindre que les divisions du limbe, est rouge avec sa base blanche; le stigmate est peu visible.

Crinole d’Amêiiqie. Crinum Atncricanum, L’Uér. Sert. Angl. 8. Celte espèce a été envoyée de l'Amérique méridionale, A Philippe Miller en 17.12. Elle commence à fleurir en juillet, et sa floraison se prolonge jusqu'à l’automne. Son bulbe est ovale, allongé et d'un diamètre assez considérable; les feuilles sont longues de plus d'un pied, larges de vingt à vingt-deux lignes, striées, d'un vert peu éclatant; la hampe, qui prend naissance sur le côté de la touffe des feuilles, est cylindrique, épaisse, longue de dix A douze pouces. Les fleurs sont sessilcs au sommet de la hampe, réunies cinq ou six en ombelle enveloppée de deux spathes membraneuses, verdâtres, oblongues, obtuses et opposées. Les bractées sont en forme de lanières, très-étroites et roulées; le tube est canelé, vert, long de trois pouces; les divisions du périanthe sont un |»eu moins longues, étroites, striées, à bords ondulés, onguiculées, blanches, tirant un peu sur le verdâtre à l’extérieur. Les filaments staminaux, plus courts que les pétales, sont rouges avec les deux extrémités blanches, et les anthères jaunes. L'ovaire est ovale, surmonté d’un style subulé, rouge et qui ne dépasse pas les filaments.

Cri voie a feuilles souples. Crinum flaccidum, lier!»., Dotan . Magaz., 2121, 2133; Spreng., Syst. reget. 2,55. Amaryllis auslralasia, Bot. Regist. 420. La Crinole à feuilles souples, originaire de l'Australasie, et considérée d'abord comme devant faire partie des Amaryllis, dont elle se rapproche réellement par le fades général, est connue en Europe depuis 1820;

elle avait été découverte l'année précédente par les botanistes chargés d’explorer l’intérieur des terres de la Nouvelle-Hollande, qui l'ont observée sou» la latitude de 33 degrés, et la longitude de 14G. Son bulbe est oblong, arrondi, recouvert de tuniques brunes; le sommet se garnit de feuilles étroites, d’une faible consistance, pliées en gouttière ou canaliculées, atténuées et acutninées au bout, longues de deux pieds environ, dressées jusqu’au milieu, se repliant alors et retombant extérieurement, d'un vert agréable. Les fleurs, d’une odeur suave, sont groupées en ombelle, au nombre de dix ou douze, qu’entourent à leur base une spalhe acuminée, bifide, d'un roux blanchâtre sur les bords. Le pédoncule est court, épais, à trois côtes et d’un vert jaunâtre, de même que l'ovaire qui est renflé, oblong, mais plus court que le pédoncule. Le tube est aussi d’un vert très-pâle, triangulaire, strié, long de trois pouces. Le limbe est profondément divisé en six pétales ouverts, oblougs, pointus, striés, d'un blanc nuancé de verdâtre, surtout A la face cxtéricurç^vers les bords, et aux deux extrémités. Les étamines s'égalent pas en longueur la moitié de celle des divisions du limbe ; elles ont leurs filaments grêles, filiformes, recourbés, verdâtres, portant des anthères linéaires, vacillantes et d'un jaune orangé. Le style est aussi long que le périanthe. courbé et relevé en S. cylindrique, jaunâtre â sa base, vert A l'extrémité qui est couronnée par un stigmate A peine visible. La capsule est bulbisperme.

Crinole roi oeatke. Crinum erubcscens, Jacq., Hort. schoen. 4, l.'SO; Ilort. Keto. 1, 413. Redoul-, LU. 17. Willd., Sp. pl. 3, 40. Spreng., Syst. reg. 2, 54. Bot . Mag. 1232. Crinum Amerieanunt, v. /S. Lin»., Sp. pl. 419. Linné, qui a connu celle espèce, l'avait regardée comme une variété du Crinum Americanum; elle est en effet native de la partie espagnole de l'Amérique, mais sept ou huit autres espèces sont également de celle contrée , et ne présentent pas d'autres points d'analogie avec la Crinole que, par celte raison , l’on n'aurail pas dû continuer A appeler spécifiquement américaine. Quoi qu'il eu soit, la Criuolc rougeâtre est une plaide magnifique, qui contribue puissamment à orner les serres chaudes , surtout lorsqu'elle est en pleine floraison, vers le mois de juillet. Son bulbe est arrondi, un peu allongé, de trois pouces environ de diamètre et recouvert de tuniques grisâtres. Les feuilles sont grandes de plus d’un pied et larges de deux pouces environ, A bords rudes cl denLelés, striées, d'un vert intense et brillant. La tige surpasse les feuilles; elle est épaisse de huit ou neuf lignes, d'un rouge pourpré, vif et foucé. Les fleurs, ordinairement au nombre de six, sont enveloppées dans une spalhe bifide, rougeâtre et pointue; elles ont en outre chacune une bractée qui accompagne le tube à son origine; il est d’un rouge purpurin très-vif à sa base, verdâtre A l'orifice. Le périanthe ou plutôt ses six divisions sont réfléchies et même uu peu routées en dehors, blanches intérieurement, purpurines à l’extérieur, longues de trois pouces, larges de trois à quatre lignes, avec la pointe membraneuse, plus épaisse et verdâtre. Les filaments slaminaux sont rouges au sommet et les anthères jaunes, presque transversales. Le style les dépasse et

*<■ formule par un stigmate à peine visible; l'un et l'autre sont d'un pourpre vif.

Crixole are* aire. Crinum arenarium , Sims, in Mot. Mag., 2555. Spreng., Syst. reget.y2, 55. Cette espèce, importée en Europe eu 1818, par les soins de lord Carnavon, a pour patrie le littoral de l’Australasie et presque tout l'Archipel de l’Océan pacifique. Son hulhc est ovale, enveloppé d'une tunique brunâtre, réticulée : il en sort deux feuilles, longues de deux pieds, larges de dix-huit ù vingt lignes, striées, scabreuses sur les bords et d'un vert tirant sur le glauque. La hampe est de moitié environ moins longue que les feuilles, terminée par une ombelle de cinq ou six fleurs, portées chacune sur un pédicelle fort court, accompagné d’une petite bractée linéaire, et le tout enveloppé dans une spathe membraneuse, fauve, acuminée. bifide et longue d*un pouce et demi. Le tube du périanlhe est jaunâtre, long de quatre pouces , renfermant dans sa base, l’ovaire qui est globuleux et d’un vert foncé comme la hampe; les divisions du limbe, au nombre de six, sont lancéolées, assez étroites, acuminées, rétrécies à leur base, d’un hlane très -faiblement teinté de pourpre et terminées par une sorte d’ongle verdâtre. Les étamines ont leurs filaments purpurins et leurs anthères d'un jaune orangé; celles-ci sont versatiles, attachées par leur centre.

CRiaoLE des mares. Crinum submer su m , Herh.,/?of. Magaz., 2-103. Sprengel considère comme une simple variété du Crinum crubesccns , cette Crinole, que les botanistes anglais ont donnée comme espèce distincte, et qu’ils persistent â ne pas admettre autrement. Elle a été découverte, en 1823, dans les mares ou lacs qui avoisinent Aio-Janeiro.

Son bulbe est ovale, allongé, recouvert de tuniques striées, membraneuses, d’un rouge brunâtre; les feuilles sortent en assez grand nombre du sommet de ce bulbe; elles sont allongées, ondulées, striées, canaliculées, engainantes â leur base, acuminées, très-scabreuses sur leurs bords et d'un vert assez pur. La hampe, de près de moitié moins longue que les feuilles, a bien souvent au delà d'un pied ; elle s'élève à côté du bouquet de feuilles; elle est comprimée, épaisse, verte, nuancée de rougeâtre et tachetée comme ta peau d'un Serpent. L’ombelle qui la termine a sept ou huit fleurs, portées chacune sur un pédicelle; l’ovaire est globuleux, beaucoup plus gros que le tube, ce qui occasionne à sa base un renflement très-sensible; celui-ci est long de trois pouces, d’un jaune verdâtre; les six divisions du limbe sont égales, lancéolées, longues de deux pouces et larges de dix lignes, acuminées, blanches, avec une ligne intermédiaire rougeâtre, et le bord terminal d'un pourpre vif. comme les filaments des étamines et le style, qui est recourbé; les anthères sont jaunes. La spathe qui enveloppe l'ombelle est verdâtre, bifide et longue de trois à quatre pouces.

Crixole a rcciLLES Epaisses. Crinum crassifolium, Hort. Briiann ., ed. 2, 512. Amaryllis résolu fa, Var. Bot. Magaz., 1 178. Amaryllis variabitis , Jacq. Hort. Schocn., 4, 428. Son bulbe est presque sphérique, trèsvolumineux, enveloppé de tuniques, d'un gris brunâtre; les feuilles sont longues de deux pieds environ et

3 dk.t. i»»:s scjfm.ES t»at.

larges de plus de deux pouces, concaves au centre, repliées ou roulées vers les bords, striées et d’un vert intense. La hampe est fort élevée, cylindrique, comprimée et du même vert que les feuilles; la spathe est bifide, membraneuse, acuminée et brunâtre. L’ombelle est composée de sept ou huit fleurs, dont le tube est courbé, long d'un pouce et demi et verdâtre; le limbe est partagé en six divisions ovales, lancéolées, blanches intérieurement, d’un rouge pourpré à l'extérieur, avec les bords blancs cl une bande intermédiaire verdâtre. Les étamines ont leurs filaments rougeâtres, recourbés, supportant des anthères jaunes, en croissant et attachées par le centre. Le style est plus long, porté sur un ovaire globuleux, terminé par un stigmate capité.

Cri roi. e a feuilles ex glaive. Crinum ensi folium, Roxb., Hort. Bengal., 2301. Spreng., Syst. rcg., 2, 54. Le docteur Roxbourg a découvert et recueilli cette espèce dans le royaume de Pégu.et l’a apportée en 1820, au jardin de Calcutta d'où elle est parvenue en Europe. Elle fleurit , dans nos serres , de très-bonne heure , au mois d’avril. Son bulbe a la forme ovale et deux pouces environ de diamètre; il est vert, recouvert de tuniques brunes; le faisceau qui le surmonte se compose de sept ou huit feuilles presque droites, aiguès, engainantes à la base, d’un vert assez foncé, en forme de glaive ou d'épée, longues de douze ou quinze pouces et larges de huit ou neuf lignes. La lige s'élève sur le côté de ce faisceau ; elle est cylindrique, comprimée, épaisse, d’un pourpre sale et longue de quatre à cinq pouces seulement; elle est couronnée par une ombelle de cinq ou six fleurs presque sessiles, entourée d’une spathe membraueuse, de deux folioles verdâtres, lancéolées, aigués, longues de deux pouces. Le tube du périanlhe est d’un pourpre obscur, long de quatre pouces; l'ovaire est peu renflé et verdâtre ; le pédicelle est presque nul; le limbe est profondément divisé en six parties linéaires, aussi longues que le tube, terminées par un appendice onguiculé, épais et vert; la face intérieure est presque blanche, l’extérieure est marquée de lignes purpurines et verdâtres. Le style est fort allongé , dépassant les étamines, filiforme et d'un rouge pourpré, de même que les filaments staminaux. Les anthères sont très -minces et fort longues, vacillantes et jaunes.

Crixoi.b modeste. Crinumhumile, Herb., Bot. Mag., 2030. Son bulbe est arrondi, presque régulièrement sphérique et d’un vert brunâtre; le faisceau de feuilles en présente ordinairement une douzaine, longues de plus d’un pied, à bords lisses, presque aiguès au sommet, engainantes â la base, d’un vert assez pur, avec la face supérieure marquée de fossettes plus obscures, du moins en apparence. La hampe a dix pouces de hau leur; elle est cylindrique, verte, terminée parune ombelle de neuf fleurs d'un blanc assez pur; la spathe est bifide, aigue, et longue de deux pouces. Les bractées sont linéaires, très-étroites et blanches. Le tube est arqué, verdâtre et long d'un peu plus de deux pouces; l’ovaire est presque sphérique et vert. Les divisions du périanlhe sont étroites, un peu pluscourlesque le tube, ondulées, et faiblement onguiculées vers le bout. Le style est plus long que les filaments staminaux et pour-

pre comme ils le sont vers l'extrémité. Les anthères sont linéaires, vacillantes et jaunes.

Criioi.e de Carey. Crinum Careyanum , Ilook., Bot. Mag.y 2460. Crinum Ornatumy Carey, Mi». Le docteur Carey a obtenu celle espèce en 1820, du capitaine d'un bâtiment venant de Pile Maurice, qui, par hasard, Pavait à bord. La plante n'a point d'époque fixe pour sa floraison. Le bulbe est sphérique, volumineux et rougeâtre • les feuilles sont longues d'un pied et demi environ, et larges de dix-huit lignes, ondulées, à bords rudes, d'un vert tirant un peu sur le jaunâtre. La hampe est moins longue que les feuilles, arrondie, comprimée, portant une ombelle de six ou huit grandes fleurs étalées. ayant chacune leur pédicclle assez court et enveloppé primitivement dans une spatlic bifide et membraneuse, striée, d'un vert brunâtre. Le tube du périan the est incliné ou courbé, d'un vert pâle; l'ovaire est globuleux, à loges polyspenncs; le limbe est partagé en six divisions ouvertes, longues de trois pouces et larges de quatorze lignes ; les trois internes sont un peu plus étroites; elles ont l'extrémité irrégulièrement découpée. brunâtre et garnie d'un ongle en éperon ; leur couleur est le blanc verdâtre, avec une bande intermédiaire plus prononcée et qui prend une teinte rougeâtre vers le sommet, surtout à la face extérieure. Le style est rougeâtre et recourbé ; les filaments slaminaux ont la même courbure, mais ils sont blanchâtres, avec des anthères réniformes et jaunâtres.

Criiole a usuelle serrEe. Crinum confcrtum , Ilook.. Bot. Mag ., 2522. Nous devons à M. Carnarvon la connaissance de cette Crinolc qu'il a reçue, en 1822, de l'Australie d*où elle est originaire. Elle fleurit en juin et juillet. Son bulbe est gros et ovale; les feuilles sont longues de deux pieds environ, larges de quatorze à quinze lignes, canaliculées, à bords lisses et se terminant insensiblement eu pointe assez effilée; leur couleur est le vert sombre. La hampe est de moitié moins longue que les feuilles, cylindrique, comprimée, d’un vert jaunâtre, portant une ombelle terminale, composée , de huit ou dix fleurs serrées Tune contre l'autre. La j spalhe est de la même couleur que la hampe, striée, ! bifide, acuminée. et longue de trois pouces. Le tube du ; périanthe est sessile, verdâtre; l'ovaire est globuleux ; les six divisions sont profondes , ondulées , blanches, verdâtres à la base extérieure et au sommet, longues de trois pouces, larges de six ou sept lignes. Le style est presque aussi long que le périanthe, d'un pourpre très-obscur, avec le stigmate capité et blanchâtre; les filaments slaminaux sont moins longs que le style, de la même couleur, et dressés comme lui; les anthères qui les couronnent sont linéaires, réniformes et d'un jaune foncé.

CR1NON. Criniger . ois. Genre de l'ordre des Insectivores. Caractères : bec médiocre, même assez court, fort, comprimé vers la pointe, un peu élargi à la base qui est garnie de soies longues et roides; mandibule supérieure inclinée et légèrement échancrée vers la pointe; narines ovoïdes, ouvertes, placées près de la base du bec; pieds courts; tarse moins long que le doigt du milieu; le doigt externe uni à l’intermédiaire ' jusqu'à la seconde articulation, plus allongé que l'iu- I

i terne qui est libre; les trois premières rémiges étagées, les trois suivantes les plus longues.

Ce goure a été établi parTemminck, sur l'inspection de cinq espèces qui n’avaieul jusqu'alors trouvé place dans aucune méthode; comme elles étaient toutes africaines, ce savant ornithologiste a cru que les Crinons étaient propres aux régions occidentales de l'Afrique ; une sixième espèce nous a été envoyée récemment de Java; conséquemment, on peut regarder les Crinons comme habitants de toutes les parties méridionales de l'ancien continent. Il n’a encore été rien publié sur le* mœurs et les habitudes de ces Oiseaux qui probablement ne se sont point montrés dans les parties de l'Afrique qui ont été parcourues, d’une manière si utile pour la science, par l’intrépide Levaillant.

Cr inox barbu, Criniger barbatus, Temm.. pl. color. 88. Parties supérieures d'un vert olive foncé, avec le bord extérieur des rémiges d’un vert plus p^le; nuque garnie de soies roides cl assez longues ; parties inférieures d'un vert olivâtre, clair; plumes du menton et du haut de la gorge, longues, lâches et jaunes, bordées de verdâtre; de semblables plumes, mais plus étroites, recouvrent toute la région des oreilles; rcctrices un pou étagées , d'un vert brunâtre supérieurement, et jaunâtres inférieurement; fiée brun, bordé de fauve; iris orangé; pieds bruns. Taille, sept pouces. De la Guinée.

Criioi ceidrê. Criniger cincrascens t Temm. Parties supérieures d'un gris cendré, tirant sur le bleuâtre; rémiges et rectrices d'un cendré noirâtre; parties inférieures blanches; joues et flancs d'un cendré bleuâtre; plumes de la poitrine et du cou bordées de cendré clair; des soies très-fines et très-courtes à la nuque; bec noirâtre; pieds blanchâtres. Taille, sept pouces. D'Afrique.

Criioi olivatrb. Criniger olicaceus, Temm. Parties supérieures olivâtres; rectrices brunes; parties inférieures jaunes, avec les flancs verdâtres; menton, gorge cl poitrine jaunes; de fines soies à la nuque; bec et pieds cendrés. Taille, sept pouces. La femelle a les parties supérieures d'un brun cendré olivâtre, les rémiges frangées d'olivâtre, les rectrices noirâtres , le menton jaune; les parties inférieures cendrées, avec le milieu du ventre jaunâtre; le bec cendré et les pieds jaunâtres. De la côte occidentale d'Afrique.

Criioi Poi.iocéphale. Criniger Poliocephalus , Temm. Parties supérieures d’un fauve de feuille-morte; tête et joues d'un cendré noirâtre; une bande blanche entre l'œil el les narines; rémiges et rectrices d'un brun noirâtre; parties inférieures d'un fauve isabelle; gorge d’un blanc pur; soies de la nuque courtes et trèsfines; bec noir; pieds jaunâtres. Taille, six pouces six j lignes. De la côte de Guinée.

Criioi aqcecerolsse. Criniger ru ficaudua, Temm. Parties supérieures d’un vert d'olive assez sombre, avec les plumes lisérées d’une teinte un peu plus claire; parties inférieures d'un vert jaunâtre; plumes de la gorge lâcbej et jaunes, bordées de verdâtre; rémiges liscrées de brun ; rectrices d'un roux foncé; les soies de la nuque assez longues el roides; bec noirâtre; pieds fauves. Taille, sept pouces. De Sierra-Leonc.

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Cruow a têt* brciie. Criniger fuacicapiüua. Parties supérieures d’un vert olivâtre; front, sommet de la tête et nuque bruns; celle-ci est Ramie de quelques poils assez longs et minces ; rémiges bordées de brun, à reflets noirâtres; rectrices d’un roux irisé de brun et d’olivâtre; parties inférieures jaunes, avec les flancs verdâtres; menton et gorge d'un blanc qui se nuance de grisâtre vers le haut de la poitrine; dessous des ailes d'un roux changeant en hrun ; bec d'un brun plombé; pieds fauves. Taille, six pouces six lignes. De Java.

CR1NON. Crino. ixtest. Ce genre, observé par Chabert et. Bruguière, aurait pour caractères : un corps allongé. cylindrique, grêle, nu, atténué vers sc*’ bouts, étayant sous l’extrémité antérieure, un ou deux pores, ou une fente transverse; un morceau de crin blanc, Éll'un à deux pouces de longueur, donnerait une idée complète de la forme, de la grosseur et de la couleur des êtres de ce genre, qu'on trouve en quantité dans les artères, les intestins ainsi qu’à la surface externe de tous les viscères, notamment dans le bas-ventre des «animaux domestiques et même de l'homme. Les Crinons sont articulés; leur tète parait fendue; leur queue est plus grosse et l’anus parait situé vers le milieu. On assure que ces animaux, dont la multiplication chez l'homme, cause une maladie dont les symptômes ressemblent à ceux du scorbut, sorlent quelquefois du corps des animaux en quantité considérable, à travers la peau, par les yeux, les oreilles, les naseaux et l'anus, ce qui cause un grand soulagement. Bruguière dit en avoir vu sortir de la région dorsale d'un enfant; ils ressemblaient à des petits poils gris, et l’on ne distinguait leur animalité qu'au mouvement de quelques-uns d'entre eux. Chabert indique l’huile empyreumatique, comme le remède propre à détruire un tel fléau. Lamarck avait d’abord adopté ce genre; mais Rudolphi prétend que les oltservations sur lesquelles le genre fut établi, sont imparfaites, et que les prétendus Crinons ne sont que de jeunes Strongles, de naissantes Filaires, des Hamulaires, ou même des corps inorganisés. Il croit pouvoir assurerqu'il ne s'en trouve point dans l'homme. Cependant il existe dans les vaisseaux artériels, un Ver dans lequel on reconnaît tout ce que les hclminlhologiies français ont dit de leur Crinon, et on ne trouve entre cet animal et les véritables Vibrions qu'une différence de taille. De nouvelles observations deviennent donc nécessaires pour lever tous les doutes â cet égard.

CRI NON. bot. y. Cbinole.

CRINüMK. Crinonia. bot. Genre de la famille des Orchidées, Gynandrie Monandrie, formé par Blume (Bydrag. Fl. ind. 3.58). Caractères : cinq sépales eraloétalés; les extérieurs plus larges, faiblement carénés, les latéraux superposés au labelle, qui est uni au gynostèmeparun petit onglet concave; anthère terminant postérieurement le gynoslème à deux loges bilocrllées; quatre masses polliniques obovales, déprimées à la hase, adhérentes par paires, au bord glanduleux du stigmate. Ces plantes sont des herbes parasites, caulescenles et bulhifères; les fleurs sont rassemblées en épi couvert de bractées imbriquées. Elles ont été observées dans les forêts ombragées de l'ile de Java.

CRIM'LE. Crinvla. bot. Genre de la Cryptogamie,

famille des Hyménacytes, institué par Fries qui le caractérise ainsi : réceptacle dressé, cylindrique, portant l’byménion ou membraue fructifère qui en |>énètre et enveloppe le sommet ; cette membrane est hétérogène, séparée ou divisée, capiluliforine, déliquescente et sporigère. Les Crinules sont assez rares ; on les trouve ordinairement groupés sur les écorces; le stype est toujours simple, corné, noirâtre ; le sommet ou capitule gélatineux, verdâtre d’abord, blanchit ensuite-

CRINULES. Crinuli. bot. Mirbel désigne, sous ce nom, les poils tordus que l’on observe dans la fructification des Marcbanlie8.

CRIN UM. bot. y. Crixole.

CRIOCÈRE. Crioceria. ixs. Genre de Coléoptères tétramères, établi par Geoffroy qui lui assignait pour caractères : antennes filiformes, à articles globuleux; corselet cylindrique. Ce genre très-naturel, adopté par la plupart de$entomologislc$, et correspondant au genre Lema de Fabricius. appartient à la famille des Eumolpes. Lalreille le distingue de la manière suivante languette entière, un peu écbancrée; mandibules bidentées à leur extrémité; pieds presque de la même grandeur; antennes mon il i for mes; yeux échancrés cisaillants; tète très-distincte; antennes plus courtes que le corps, rapprochées â leur insertion et composées de onze articles offrant des dimensions différentes : le premier est renflé, assez gros ; les deux ou trois suivants sont courts et plus petits; les autres ont un volume égal et sont cylindriques; la bouche se compose : 1° d'une lèvre supérieure cornée, arrondie et ciliée antérieurement; 2° d'une paire de mandibules assez courtes dont le sommet est échancré ou terminé par deux dents ; 3° de deux mâchoires avancées, bifides, supportant des palpes composées de quaire articlesdonl le premier petit, les deux suivants courts, arrondis, presque coniques, et le dernier ovale ; 4° d’une lèvre inférieure très-courte, entière, donnant insertion â deux palpes de trois articles, dont le premier petit, le second presque conique, elle dernier ovale; le prolhorax est cylindrique et beaucoup plus étroit que les élytres ; celles-ci sont dures , très-coriaces, de la longueur de l'abdomen, et recouvrent deux ailes membraneuses; les pattes ont une grandeur moyenne, et sont terminées par des tarses de quatre articles, dont les trois premiers larges, garnis de houppes en dessous, et le troisième bilobé, le quatrième mince, arqué et terminé par deux crochets.

Les Criocères sont des Insectes assez petits, dont le corps étroit et allongé est orné de couleurs vives. Elles se nourrissent des feuilles de plusieurs plantes; on les trouve sur les fleurs, dans les jardins et les prés; lorsqu’on les saisit, elles font entendre un bruit assez aigu qui résulte du frottement de l’extrémité supérieure de l’abdoinen contre l'extrémité inférieure des élytres. Les espèces sont très-nombreuses; nous citerons parmi les indigènes les suivantes comme les plus remarquables, en empruntant à Réaumur des détails du plus haut intérêt.

Criocère du Lis. Crioceria merdigera ; Chryaomelu merdigera f Linné; Criocère rouge du Lis, Crioceria rubra de Geoffroy (Hisl. des Ins. T. i, p. 239). Cette espèce, décrite et représentée par Réaumur (Méra. sur

<: ti !

si*

les Insecte*, vol. lit, t>- 550 cl pi. 17). *é nourrit des feuilles du Lis. Après que l'accouplement est fini, dit Réaumur, la femelle se promène sur le Lis, elle cherche un endroit à son gré pour y déposer ses œufs, et cet endroit est toujours le dessous de quelque feuille; elle les y arrange les uns auprès des autres, mais avec peu d’art et de régularité. Chaque œuf sort du corps enduit d’une liqueur propre â le coller sur la feuille contre laquelle il est ensuite appliqué. La femelle en dépose environ huit ou dix les uns auprès des autres; mais Réaumur ne pense pas que la ponte consiste en un seul de ces tas. Les œufs sont oblongs, allongés; les plus récemment pondus sont rougeâtres, ils brunissent quand la liqueur visqueuse qui les couvre commence â se dessécher. Au bout de quinze jours on voit les petites larves de ces œufs paraître sur le Lis, sans qu’on ail pu encore retrouver une coque vide. Dès que les petits Vers d’une même nichée sont en état de marcher, ils s’arrangent les uns ù côté des autres dans un ordre régulier, ayant leur tête sur une même ligne; ils mangent ensemble, et ne mangent que la substance de la feuille du côté sur lequel ils sont placés ; à mesure qu’ils croissent, ils s’écartent les uns des autres, et enfin ils se dispersent sur différents endroits de la feuille, et sur différentes feuilles. Alors la larve attaque tantôt le bout de la feuille, tantôt un de ses bords; assez souvent elle la perce au milieu et la mange dans toute son épaisseur. Néanmoins, elle se donne peu de mouvement, ne marche guère, ou au moins ne va en avant que quand la feuille qu’elle a attaquée lui manque. Dans quatorze , ou quinze, jours, ces larves ont pris tout leur accroissement et se disposent à se métamorphoser en nymphe; mais avant de décrire celle-ci, il est essentiel de présenter, d’après Réaumur, une particularité extrêmement remarquable de l'Insecte à l’état de larve. Sur les feuilles de Lis maltraitées, on voit de petits las d'une matière humide, de la couleur et de la consistance des feuilles un peu macérées et broyées. Chacun de ces petits tas a une figure assez irrégulière, mais pourtant arrondie et un peu oblongtie. Cette matière n’est autre chose qu’une couverture propre à chaque larve, et qui la cache presque en entier. Si on y regarde de près, on distingue à un des bouts du tas la tête du Ver; elle est toute noire et ordinairement occupée à faire agir contre la feuille du Lis les deux dents dont elle est armée. On peut aussi apercevoir de chaque côté et assez près de la tète trois jambes noires et écailleuses; elles sont terminées par deux petits crochets que l'Insecte cramponne dans la substance de la feuille. Pour l’ordinaire , tout le reste du corps est caché; le ventre l’est par la feuille même contre laquelle il est appliqué, cl le dessus l’est de même par la matière dont nous venons de parler. Au reste, elle lui est peu adhérente, et il est aisé de l’emporter par un frottement assez léger. Lorsqu’on a mis la larve à nu, on la trouve assez semblable à d’autres larves de différents Coléoptères. Sa tête est petite par rapport à la grosseur de son corps; le dessus de ce dernier est arrondi; il se termine par deux mamelons membraneux, qui aident aux six jatnheg écailleuses à le porter en avant ; sa couleur est d’un jaune brunâtre ou verdâtre; on remarque deux plaques noires et luisantes

sur le dessus du premier anneau ; et dechaquecôté ou voit une Rie de points noirs; un de ces points est placé sur chaque anneau sans jambes, et sur le premier et le dernier de ceux qui en oui, ce sont les stigmates ou les ouvertures des organes respiratoires.

La peau de cette larve parait extrêmement délicate; elle a une transparence qui porte à la juger telle, car celle transparence permet d’apercevoir les mouvements de la plupart des parties intérieures. La nature a appris à l'Insecte une façon singulière de mettre sa peau tendre â couvert des impressions de l’air extérieur, et de celles des rayons du soleil; elle lui a appris à la couvrir avec ses propres excréments, et a tout disposé pour qu’il le pût faire aisément. L’ouverture de l’anus des autres insectes est au bout ou près du bout du dernier anneau, et ordinairement dirigée inférieurement. L’anus de notre larve est un peu plus éloigné du bout postérieur, il est placé â la jonction du pénultième anneau avec le dernier; mais ce que sa |>osilion a de plus remarquable, c’est qu’il est du côté du dos. La disposition du rectum ou de l’intestin qui conduit les excréments â l’anus cl celle des muscles qui servent â les faire sor tir, répondent à la fin que la nature s’est proposée en mettant lâ cette ouverture. Les excréments qui sortent du corps des insectes sont en général poussés en arrière dans la ligne de leur corps ; ceux que notre larve fait sortir, s’élèvent au-dessus du corps et sont dirigés du côté de la tète. Ils ne sont pourtant pas poussés loin ; quand ils sont entièrement hors de l’anus, ils tombent sur la partie du dos qui en est proche ; ils y sont retenus par leur viscosité; mais ils n’y sont retenus que faiblement. Sans changer lui-même de place. l’Insecte donne à ses anneaux des mouvements qui, peu â peu. conduisent les excréments de l’endroit sur lequel ils sont tombé* jusqu’à la tète. Pour voir distinctement comment tout cela se passe, il faut mettre l'Insecte à nu, et après l'avoir posé sur une feuille de Lis jeune ei fraîche, l'observer avec une loupe. Bientôt il sc met à manger, et peu de temps après, on voit son anus se gonfler; il montre des rebords qu’il ne faisait pas paraître auparavant. Enfin l'anus s’entr’ouvre et le bout d’une petite masse d’excréments en sort. Ce que l’Insecte jette est une espèce de cylindre dont les deux bouts sont arrondis. Nous avons déjà dit (c’est Réaumur qui parle) que quand ce grain d’excrément sort, il est dirigé vers la tête; cependant, peu après être sorti, il se trouve posé transversalement, ou au moins incliné à la longueur du corps. Le* frottement* qu’il essuie et la manière peu régulière dont il est poussé lui donnent cette direction. Il y a des temps où ces grains sont arrangés avec assez d’ordre, où ils sont parallèlement les uns aux autres et perpendiculairement à la longueur du corps; mais ce n’est guère que sur la partie postérieure et quand l’anus en a fourni un grand nombre, dans un temps court, qu’ils sont si bien arrangés.

L’Insecte qui a été mis â nu a besoin de manger pen danl environ deux heures, pour que son anus puisse fournir à différentes reprises la quantité de matière nécessaire pour couvrir tout le dessus du corps. Au bout de deux heures celte couverture est complète; mais elle est si mince qu’elle n’a que l'épaisseur d’un grain d’ex-

créaient ; peu à peu elle t’épaissit. Le même mécanisme qui a conduit les grains jusqu'auprès de la tête, les force â sc presser les uns contre les autres. Pour faire place aux excréments qui sortent, il faut que les excréments qui sont aux environs de la partie postérieure soient poussés et portés en avant; ils sont mous, cèdent à la pression, s'aplatissent dans un sens et s’élèvent dans un autre, dans celui qui rend plus épaisse la couche qui couvre le corps. La couverture s'épaissit donc peu à peu, et à un tel point que si on l'enlève dans certains temps de dessus le corps de la larve, on juge que le volume de cette couverture est au moins trois fois plus grand que celui de l'Insecte même et qu'elle est d'un poids qui semble devoir le surcharger; plus la couverture est épaisse, plus la figure est irrégulière et plus aussi la couleur brunit. Nous avons dit que les excréments dont elle est faite ont la couleur et la consistance de feuilles de Lis broyées et macérées; ils ne sont aussi que cela, ils sont d'un jaune verdâtre ; mais leur surface supérieure se desséche peu à peu, et prend des nuances de plus brunes en plus brunes jusqu'au noir; l'habit devient lourd et plus roidc; l'Insecte s’en défait apparemment alors; ce qui le prouve, c’est qu’on voit quelquefois des larves de celle espèce qui sont nues; mais ce n'est pas pour rester longtemps dans cel étal. Il est aisé à la larve de se débarrasser d'une trop pesante couverture, soit en entier soit en partie ; elle u'a qu'à se placer de manière qu'elle louche et frotte contre quelque partie du Lis, et se tirer ensuite en avant. Un frottement assez médiocre suffit pour arrêter cette masse et la retenir en arrière. Uuand l’Insecte conserve longtemps sa couverture, elle déborde quelquefois sa tète; ce qui la déborde et ce qui recouvre les premiers anneaux est souvent noir et sec pendant que le reste est humide et verdâtre. Celte partie sèche, qui va au delà de la tête, tombe quelquefois par lambeaux.

Parvenues à l’époque de leur métamorphose en nymphes, les larves s'enfoncent en terre et se construisent avec elle des coques fort irrégulières en dehors, mais qui intérieurement sont tapissées d'une sorte d'étoffe blanche, luisante et argentée, qui est produite par le dessèchement d'un liquide écumcux, qui sort de la bourbe de l’Insecte, dessiccation qui s'opère très-proinplement. Deux ou trois jours après la construction de ces coques, la larve se change en une nymphe semblable pour la disposition de ses parties à celles des autres Coléoptères, et ce n'est que douze jours après que l'on voit paraître l'Insecte parfait.

Criocére a douze foihts. Crioceris duodecimpunclata, Oliv., Eut. vi, p. 757, pl. 1, fig. 17. Leu 10 12punctata , Fab. Antennes et yeux noirs; tète el corselet rouges; élytres striées, rougeâtres, avec six petites taches noires sur chaque ; écusson noir ; dessous du corps rouge, à l'exception de la poitrine, des genoux et des tarses qui sont noirs. On trouve assez communément cette espèce sur l'Asperge.

Criocére drive. Crioceris brunnea, Oliv., Ent. vi, p. 753, pl. 1, fig. 9. Crioceris ferruginca, Fab. Antennes noires; tète et corselet d'un fauve luisant; écusson brunâtre; élytres brunes, avec des stries de points enfoncés; dessous du corps noir, avec les derniers an-

neaux de l'abdomen fauves ; pattes fauves, avec les genoux et les tarses noirs. On la trouve ordinairement sur le Muguet.

Criocére a civq taches. Crioceris Ti-punctata, Oliv. Eut. p. 759, pl. 1, fig. 19. Lema 5 -punctata, Fabr. Antennes noires, ainsi que la tête et l’écusson; un sillon sur le front; corselet arrondi, d'un rouge luisant; élytres striées et poncluées, d'un rouge jaunâtre, avec un point noir à l’angle de la base, une tache ronde au delà du milieu, une autre ovale, plus grande sur la suture qui est également noire; tout le dessous du corps noir. Elle se trouve en Allemagne.

Criocére de l'Asperge. Crioceris Asparagi, Oliv., Eut. p. 744, pl. 2. fig. 28. Antennes el tête noires ; corselet d'un rouge foncé, quelquefois taché de noir ; écusson noir; élytres d'un bleu foncé, avec le bord extérieur cl l’extrémité rouges, et trois taches jaunes, plus ou moins élargies sur chaque ; dessous du corps d’uu noir bronzé ; base des jambes rouge. On la trouve dans toute l’Europe , sur l'Asperge.

Criocére mélavope. Crioceris melanopa, Olivier, p. 740, pl. 2, fig. 31. Lema melanopa, Fab. C'est la Criocére bleue, à corselet rouge et anleuues noires, de Geoffroy; le nom spécifique en fait toute la description. On trouve sa larve sur les tiges des plantes de la famille des Graminées.

CRIOCËRIDES. Criocerides. îvs. Division établie par Latreille ( Gener . Crusi. et Ins. T. Ill, p. 43) dans la famille des Chrysomélines, et comprenant les genres Sagre, Orsodacne, Mégalopc, Donacie, Criocére el quelques autres. Cette division correspond (Hègn. Anirn. de Cuv.) à la famille des Eupodes. f \ ce mot.

CRIODION. Criodion. ivs. Genre de Coléoptères létramères, de la famille des Longicornes, établi par Serville, aux dépens du genre Cerambix, pour quelques espèces de l'Amérique méridionale, qui offrent pour caractères constants : des antennes velues, plus longues que le corps, dans les mâles, el de onze articles simples, cylindriques; les quatre palpes égales, avec leur article terminal assez long el cylindrico-conique; mandibules lobées, saillantes el très-distinctes ; labre aussi large que la partie antérieure de la tête ; corselet cylindrique, mutique, inégal en dessus, à peine plus long que la tête; écusson petit, triangulaire; élytres longues, linéaires, avec leurs angles huméraux peu saillants, arrondies à l'extrémité et munies d'une épine sulurale, ou bien tronquées, avec chaque angle delà troncature uniépineux; corps allongé, linéaire, un peu déprimé en dessous. Ces Insectes vivent sur les feuilles, et produisent en volant uu bruit aigu, que l'on ne peut attribuer qu’à un frottement des élytres sur le corselet.

CRIOPE. Criopus. «OLL. Synonyme de Criopoderme.

CRIOPODEUME. Criopodermon. moll. Poli (Test, des Deux-Siciles) a établi ce genre, pour l'animal de VAHomia Caput Serpeniis de Linné, et non pas pour la Crania , comme cela a été dit, puisque le genre Cranie avait été confondu par Linné avec les Anomies, el que c’est Bruguière qui, le premier, l’a formé dans les planches de l’Encyclopédie; au reste, les Criopoderme* de Poli appartiennent aux Orhicules de Lamarck.

CRIOPROSOPE. Crioprosopus. ms. Coléoptères tétra-

mères ; genre de la famille des Longicornes, établi par Servitle qui le caraclérise ainsi : palpes courtes; mandibules fortes, terminées en pointe aiguë; antennes à peine pubcscenles, de la longueur du corps, de onze articles, presque cylindriques, un peu renflés à leur extrémité : le premier beaucoup plus gros et conique, le second petit, court, le terminal presque pointu, rétréci au milieu, ce qui simule un douzième article; corselet dilaté latéralement, uniliiberculé de chaque cdté, rebordé postérieurement , avec son disque lisse ; présternum |>eu saillant, à peine creusé transversalement; inésosternum sans saillie évidente; élylres presque parallèles, avec leurs angles huméraux saillants, mousses, ayant près d'eux une petite cavité, rebordées latéralement , arrondies et nautiques au bout; écusson triangulaire et pointu ; pattes presque égales et de longueur moyenne; cuisses mutiques, un peu allongées et comprimées; dernier article des tarses aussi long que les autres réunis; corps glabre; poitrine pubesceute. Le Crioprosope de Serville, type du genre, est un bel Insecte long de dix-huit lignes, dont les parties inférieures sont d'un brun marron ; en dessus le corselet est lisse, d'un rouge foncé, brillant, avec une raie transversale noire au milieu du bord antérieur; l'écusson est noir; les élylres sont d'un jaune pile, avec une tache humérale, une autre sculellairc, une bande ondulée transversale et une tache apicule noires. Du Mexique.

CBIOU.ois. L'un des noms vulgaires du Pipit, Anthus arbore uk, Becbst. y. Pipit.

CRIPAIIT. ois. Synonyme vulgaire de Grimpereau.

CHIQUARD. ois. Nom vulgaire de la Sarcelle d'été, Anus créera, y. Cahard.

CRIQUET. Acrydium. ixs. Genre d'Orlhoplèrcs, établi par Geoffroy, et correspondant il la dénomination latine d eGryllun de t'abr. Duinûril le désigne aussi sous le nom français d'Acridie. Il appartient à la famille des Sauteurs, et a pour caractères, suivant Lalreille : antennes composées d'une vingtaine d'articles, filiformes, insérées entre les yeux à quelque distance de leur bord interne ; bouche découverte ; palpes point comprimées ; pattes propres à sauter; tarses ù trois articles; une pelote entre les crochets. Tète très-développée; yeux à réseaux ovales, saillants, situés sur les cotés; trois petits yeux lisses placés en triangle sur son sommet; bouche composée d’une lèvre supérieure grandi', large, légèrement écbancrée à son bord antérieur; de mandibules fortes, tranchantes, irrégulièrement dentées; de mâchoires terminées par trois dents, et supportant à la fois les galettes qui les recouvrent entièrement, et une paire de palpes filiformes, formées de cinq articles; enfin d'une lèvre inférieure, large, avancée, bifide à son extrémité, à divisions égales, et donnant insertion à deux palpes filiformes de quatre articles; le prolhorax, de même largeur que le corps, présente quelquefois à sa partie supérieure des carènes se prolongeant transversalement sur les cotés en de légères impressions qui paraissent être les indices des divisions naturelles de celle partie; la poitrine du inésolhorax et du mélathorax, ou plutôt le sternum, est large, aplati et trèsdifférent de celui des Sauterelles, chez lesquelles il a l'apparence de deux lames triangulaires foliacées; les

élylres sont coriaces, élroltes, et aussi longues que les secondes ailes ; celles-ci. recouvertes par les premières, sont fort amples, réticulées, pliées longitudinalement ù la manière d'un éventail, et colorées souvent en bleu ou en rouge très-vif; les pattes ont des longueurs inégales; les quatre antérieures sont de grandeur moyenne, mais les postérieures acquièrent des dimensions considérables, et sont propres au saut; l'abdomen est remarquable par l'absence d’une tarière saillante chez la femelle, et par un organe particulier, situé de ce chaque côté, tout près de la base, au-dessus des cuisses des pattes postérieures, et sur le premier segment nommé médiaire par Lalreille. Cet organe, qui se montre à l'extérieur par une ouverture ovalaire, assez profonde, qui est fermée en partie par une membrane, a été dé- ' crite par Degéer, par Olivier, et , dans ccs derniers temps (Mém. du Mus. d'Uisl. nal., T. vm, p. 122), par Latreille, qui compare directement cet appareil à celui des Cigales, et le considère comme une poche pneumatique formant un véritable instrument acoustique Quoiqu'il en soit , les sons aigus et interrompus que font entendre les Criquets graissent être dus essentiellement au frottement alternatif de la face interne des cuisses postérieures contre la surface supérieure des élylres. Degéer (Mém., T. ni) a décrit et représenté avec soin les organes générateurs de ces Insectes. Les femelles ne lardent pas à pondre après l'accouplement; leurs œufs sont tantôt déposés contre quelques liges de Gramcn, et alors une matière écumeuse, qui se durcit ensuite, les enveloppe et les protège; tantôt ils sont enfoncés en terre. Les larves, les nymphes et l'insecte parfait se nourrissent de diverses plantes , et sont Irèscommuus dans les prairies cl dans les champs. Il n'est personne qui ne connaisse les ravages considérables que les Criquets de passage occasionnent partout où ils s’arrêtent , et les voyageurs ont souvent parlé de leurs dévastations dans le Levant et en Afrique. Le midi de l’Europe a plus d'une fois éprouvé de semblables dégâts; la France même en fut témoin â plusieurs reprises. D'Ouibres-Firmas rapporte, dans une Notice, que la Provence fut ravagée à certaines époques , cl surtout pendant les années 1U 13, 4720 et 1721. par des troupes innombrables de Criquets; leur nombre fut aussi trèsgrand en 1810. Pendant cinq semaines on enterra chaque jour trente-cinq à quarantequinlaux de ces Insectes qui, alors, étaient à l'étal de larve où de nymphe. Dans les contrées où les espèces de Criquets sont grosses et nombreuses, par exemple en Barbarie, les habitants les font rôtir, et les considèrent comme un excellent manger. Ils les conservent dans la saumure après leur avoir arraché les ailes et les élylres.

Ce genre est très-nombreux en espèces; le Criqcet Stridule. Acrydium Stridulum , Oliv., Criquet à ailes rouges, Geoffroy (Histoire des 1ns., T. i, p, 303, nu3), peut être considéré comme le type du genre. On le trouve dans presque toute l'Europe.

Le Criqiet tMGRAHT, Acrydium nmjralonum , Oliv., vulgairement la Sauterelle de passage ou le Criquet de passage, Degéer (Mém. sur les 1ns., T. ni, p. 4fiC. ii° 1, pl. 23, fig. 1), se trouve dans l'Orient, en Barbarie, en Egypte; il vole en troupes innombrables, et

OOQie

dévaste toutes les contrées qu’il parcourt; c’est à celte espèce que se rapportent les dégâts observés en Provence et dans d’autres pays.

GIUSEIS. moll. Même chose que Créséide.

CIUS1E. Crisia. r olyp. Genre de l’ordre des Cellariées, dans la division des Polypiers flexibles, à Polypes placés dans des cellules non irritables , confondus avec les Cellaires par Lamurck. Caractère : Polypier phytoïde, dicbolome ou raineux, à cellules à peine saillantes, alternes, rarement opposées avec leur ouverture sur la même face. Les Crisies, placées par les naturalistes parmi les Cellaires et les Serlulaires, en diffèrent par la forme des cellules, leur situation, et par plusieurs autres caractères tellement tranchés, que l’on peut s’étonner, avec raison, que des zoologistes célèbres aient réuni, dans le même genre, des Polypiers aussi disparates que le Cellaria salie or nia cl le Critia ciliata ou toute autre espèce. Dans la première, les cellules sont éparses sur toute la surface ; dans la seconde, elles sont alternes , très-rarement opposées à l’ouverture sur la même face, ce qui fait paraître les cellules situées de la même manière, quoique leur position soit différente. Toutes les Crisies présentent des formes analogues entre elles, et qui rendent les Polypiers de ce groupe faciles à distinguer; leur substance est en général calcaire, avec des articulations plus ou moins cornées. La couleur varie peu dans les Crisies desséchées ; c’est un blanc plus ou moins sale, quelquefois très-pur, d'autres fois tirant sur le jaune ou le violet. La grandeur ordinaire est d'un pouce et demi; dans quelques espèces, clic est environ de trois pouces, et il est rare d'en trouver au-dessus de cette hauteur. Les Cellaires ne sont jamais parasites sur les Hydrophytes, tandis que la plupart des Crisies semblent se plaire exclusivement sur ces végétaux qu'elles embellissent de leurs petites touffes blanches et crétacées ; on les trouve à toutes les époques de l’année dans les mers tempérées de l'hémisphère boréal; elles sont rares dans les climats froids ainsi que dans les mers équatoriales ; au-delà du tropique du capricorne, elles sc représentent de nouveau, mais avec trois cellules sur la même face; très-peu se rapprochent de celles d'Europe; leur existence dans tous les lieux parait dépendre de celle de la plante marine sur laquelle elles sc Axent. Elles ne sont d'aucun usage ni dans les arts ni dans l’économie domestique.

Crime ivoire. Crisia eburnea , Lamx.. Hisr. Polyp., p. 158, n° 224 ; Ellis Coral. , p. 51 , tab. 21 , flg. a, a. Joli petit Polypier remarquable par le blanc nacré de ses articulations séparées les unes des autres par un petit disque noirâtre; il forme des touffes nombreuses sur les Hydrophytes et les Polypiers des mers d'Europe.

Crisir vblck. Crisia pilosa, Lamx., p. 150. n° 240; Cellular ia pilosa, Pall. Elench., p. 72, n° 20. Sa tige est droite, dirholome, formée de cellules alternes, obliques, unilatérales, avec l’ouverture garnie d’un ou de deux poils longs et flexibles. Assez commune sur les productions marines de la Méditerranée.

Crime flustroïde. Crisia flustroidea, Lainx.,p. 141, n° 252; Ellis Corail., p. 119, tab. 58, fig. 7, g, n. Frondescente, plane, tronquée aux extrémités, couverte de cellules allongées, avec deux petites dents au bord anlé-

rieur. Pallas la cite comme une variété de la Cellulaire aviculaire, quoiqu'elle en diffère beaucoup par sa ramification, son port, ainsi que par les cellules sur deux rangs au moins dans la Crisie flustroïde. Elle couvre de ses petites houppes les productions marines que l'on trouve sur les côtes de l'Océan et de la Méditerranée.

Chîsie a trois cellules. Crisia tricyttara , Lamx., p. 142, pl. 5, fig. 1, a, b, c. Belle espèce à articulations obliques, composées de deux ou trois rangs de cellules oblongucs. Elle n’est pas rare sur les Hydrophytes des mers australes, qui renferment d’autres espèces analogues à celles-ci, mais inédites et très-différentes de celles d'Europe.

Crisie élégante. Crisia elegans, Lamie.. Gcn. Polyp., p. G, tab. 05, fig. 4,7. Sa lige se ramifie et se courbe avec grâce , caractère rare parmi les Crisies, en général presque pierreuses et roules; ses articulations sont peu distinctes et composées de cellules lyrées. Elle se trouve au Cap.

Ce genre offre encore la Crisie ciLitE, Lamx., p. 158. Mers d’Europe. — Crisie raboteuse, Lamx., p. 130. Mers d'Europe. — Crisie épineuse, Lamx., p. 140. Mers du Japon. — Crisie rampante, Lamx., p. 140. Mers d’Europe. — Crisie aviculairr, Lamx., p. 141. Europe. — Crisie ternée, Lamx., p. 142. Mers d'Ecosse. — Crisie plieuse, Lamx., p. 142. Mers d'Europe, etc.

CRISISTRIX et CR1SITE. bot. Même chose que Chrysilrix.

CRISOCOME. bot. y, Cbrtsocome.

CRISOGONE. bot. V. Chrysügunr.

CRISONIl M et CRISSON1UM. bot. V. Cresse.

CRISPATIP. Crispations, but. La préfolialion est Crispalive quand le disque de la feuille est replié ou roulé fort inégalement et imite une chose frisée.

CRISPÉ. Crispatus. bot. Surnom donné à tout organe muni de lanières fines et courtes, qui se dirigent en tout sens.

CRISP1TE. mam. V . Titane.

CRISSUM. ois. Extrémité de la partie inférieure du corps depuis les cuisses jusqu'à la queue; les plumes qui la garantissent et la couvrent sont appelées Tectrices anales, y. ces mots.

CR1STA. bot. Ce mol, qui en latin signifie Crète, a été employé, soit seul, soit avec des épithètes, pour désigner diverses plantes. Le Crista de Ca’salpin était le Melampyrum pralense et le PeJicularis tuberosu. Linné appelle ainsi un Cœsalpinia. Crista-Galli encore est un Rbinanlhe et un Sainfoin, etc., etc.

CRISTACÉES. Cristaceœ. moll. Lamarck a institué, sous ce nom, une famille dans l’ordre des Céphalopodes, et Blainville dans celui des Céphaloporcs polythalamacés. Elle renferme des animaux dont la coquille est aplatie de manière à représenter une carène.

CRISTA-GALLI. bot. Nom spécifique donné à plusieurs plantes dont la fleur a quelque ressemblance avec la crête du Coq; telles sont, par exemple, leur ou pour mieux dire toutes les espèces du genre Erylhrina, quelques variétés du Celosia cristata , etc.

CR1STA1RE ou CR1STARIE. Crisiaria. bot. Genre de la famille de* Malvacées et de la Monadclphic Po-

lyandrie, proposé par Cavanilles et adopté par Persoon et Pursb, qui y ont chacun ajouté une espèce nouvelle. Caractères : calice simple, à cinq divisions profondes, lancéolée* et aiguës ; corolle formée de cinq pétales onguiculés ù leur hase ; étamines très-nombreuses et mo> nadelphes; ovaire arrondi, déprimé, multiloculaire, surmonté d’un grand nombre de styles qui correspondent chacun à une loge. Le fruit se compose d'autant de capsules uniloculaires, réniforraes, rapprochées les unes contre les autres latéralement, qu'il y a de styles; chacune d'elles est percée d'un trou sur ses deux côtés, et surmontée de deux ailes membraneuses redressées. Ce genre est fort voisin des Sida et des Anoda. Il se compose de trois espèces originaires du Chili et du Pérou. L’une, Cristaria gtaucophytta, est figurée par Cavanilles (Icon., 5, p. 11, t. 418). l’nc seconde a été décrite et figurée avec soin, par L'Héritier (Stirpes, I, p. lit), t. 57). Sonuerat, dans son Voyage aux Indes, a décrit et figuré, sous le nom de Cristaria coccinea, le Coinbretum purpureum.

CRISTAL, ata. Mol tiré du grec Krustatlos, dont le sens est Eau congelée ; c'était le nom que les anciens donnaient à la variété iucotore de Quartz hyalin, qu'ils regardaient comme provenant d'une eau qui avait subi une forte congélation. C’est par l’effet d’une semblable comparaison que, dans les arts, on applique aujourd'hui le même nom à cette espèce de Verre blanc, très-pesant, dont on fait des vases, et que l'on emploie à la garniture des lustres. Anciennement le mot de Cristal rappelait l’idée d'un certain corps régulier, savoir d'un prisme hexaèdre terminé par deux pyramides à six faces ; dans la suite, le même nom a été appliqué par extension à tous les autres corps naturels, qui se montraient aussi sous des formes géométriques, y. Cristallisation.

CRISTAL MINÉRAL, min. Syn. vulg. de Salpêtre ou Potasse nitralée fondue, en partie desséchée au feu.

CRISTALLINE, bot. Synonyme vulgaire de Mcsembryanthemum cristallinutn, L.

CRISTALLISATION ET CRISTALLOGRAPHIE, ai*.

Parmi les différents modes d’équilibre auxquels parviennent les molécules homogènes des corps inorganiques pendant l’acte de leur solidification, et qui donnent lieu à ces nombreuses variétés de texture observées dans les individus d'une même espèce minérale , il en est un sur lequel influent particulièrement les forces d’attraction dépendantes de la forme de ces molécules, et qui réunit à un ensemble de propriétés remarquables l'avantage de pouvoir être défini d'une manière géométrique. Telle est en effet la condition générale à laquelle cet équilibre est assujetti , que les particules similaires dont le solide est l'assemblage, sont toutes situées parallèlement les unes aux autres, en même temps qu’elles sont espacées symétriquement entre elles. Leurs faces homologues, leurs axes correspondants, sont tournés dans le même sens, et leurs centres de gravité sont alignés sur des plans suivant un certain nombre de directions fixes.

Celle agrégation régulière des particules intégrantes d’un corps est ce qu’on nomme Cristallisation : elle se manifeste à nos yeux par des caractères qui la distin-

guent nettement de l'agrégation irrégulière et confuse. Ces caractères sont : une structure laminaire à l’intérieur, dans plusieurs sens à la fois, et à l’extérieur une configuration polyédrique, qui est toujours en rapport avec la structure interne. D'autres indices non moins sûrs de cet arrangement compassé des molécules d'un corps, se joignent aux caractères précédents, ou même suppléent à leur absence dans certains cas. Telles sont les actions diverses qu'éprouvent les rayons lumineux dans leur passage à travers les interstices de ces molécules, suivant les sens différents dans lesquels ils les pénètrent, actions qui feront l'objet d’un examen plus particulier à l’article Réfraction doi bit:.

Tout Cristal, c'est-à-dire tout corps que la Cristallisation a marqué de sou empreinte, est susceptible d'être divisé mécaniquement ou de se séparer par la percussion en une multitude de lames planes parallèles entre elles. Ce mode particulier de division ou de cassure, que l'on désigne communément par le nom de clivage, se répète avec plus ou moins de facilité dans un certain nombre de directions, en sorte que 6i l'on considère isolément ces différents sens de clivage , on peut se figurer le Cristal comme étant dans chacun d'eux un assemblage de lames planes superposées les unes aux autres, tandis qu'au contraire, si l’on a égard à tous les sens de clivage à la fois, on peut se représenter le même Cristal comme une succession de couches ou d'euveloppes polyédriques qui se recouvrent mutuellement depuis le centre jusqu’à la surface. Quant à la forme extérieure, elle est toujours celle d’un polyèdre, soit régulier, soit simplement symétrique, c'est-à-dire terminé par des faces égales el parallèles deux à deux. Quelquefois elle ressemble à celle du solide intérieur, ou de celle sorte de noyau central que détermine l'ensemble des plans de clivage ; mais le plus souvent elle en diffère, et elle éprouve dans la même espèce, c’est àdire dans une série de Cristaux composés de molécules identiques, des variations assez grandes, soumises toutefois à certaines règles que nous ferons bientôt connaître.

Mais avant de passer à l’examen de ces résultats généraux déduits de l’observation des formes extérieures, il faut considérer le Cristal en lui-même, ou relativement à sa structure polyédrique, el pour sc rendre facilement compte de cette slrdblure, on doit prendre pour exemple le cas le plus simple et le plus ordinaire, celui dans lequel le clivage a lieu dans trois directions seulement. Que l’on suppose donc le Cristal divisible dans ces trois sens, suivant des plans parfaitement tisses, que Haüy nomme joints naturels, parce qu’ils passent entre ses lames composantes. Ces joints ne sont pas le produit immédiat de l'opération mécanique que subit le corps. Ils préexistaient dans le Cristal encore intact, el le clivage ne fait réellement que les mettre à découvert. On estdonc conduit à sc représenter la matière de ce Cristal comme naturellement divisée par trois séries de plans parallèles, en petits parallélipipèdes. tous de la même forme, et c'est ce que l'observation directe parait confirmer. En effet, si on frappe avec un marteau sur ce Cristal, on le verra se partager aussitôt eu fragments réguliers, d'une figure constante.

qui seront par exempte des rhomboïdes de cent cinq degrés environ, si le Cristal appartient au Spath d’Islande. Ces rhomboïdes, à leur tour, se sépareront en d’autres rhomboïdes plus petits, lesquels se subdiviseront ultérieurement en fragments toujours semblables, et en poursuivant l’opération de la même manière, on finira par obtenir des corpuscules rhomboïdaux, qui échapperont à nos sens par leur extrême petitesse. Au delà de ce terme apparent , uniquement relatif à l’imperfection de no» organes, l'analogie nous porte à continuer par la pensée, les mêmes divisions successives. Nais il faut bien que ces divisions aient des bornes réelles si la matière est physiquement composée d’atomes, comme le supposent toutes nus théories. Oue l'on aille jusqu'à cette limite, et on aura, en dernière analyse, décomposé le Cristal en rhomboïdes élémentaires, dont tel était rassortiment dans le Cristal entier, que leurs faces se trouvaient de niveau dans le sens des plans de clivage, en sorte que l'on pourra se représenter ce Cristal comme étant un assemblage de rhomboïdes égaux et juxtaposés par leurs faces.

Celle manière de concevoir la structure des Cristaux comme une agrégation de particules réunies entre elles par des plans, parait la plus simple et la plus naturelle lorsqu'on ne considère que le résultat sensible de l'espèce d’anatomie qui vient d'être exécutée , et qu’on fait abstraclion des données particulières que peut fournir la physique sur la constitution moléculaire des corps. En effet, elle suppose que les choses sont en ellesmêmes telles qu'elles s'offrent à l'observation , et l'on ne peut, par conséquent, lui refuser une sorte de réalité apparente; aussi a-t-elle été admise (au moins hypothétiquement) par HaUy, comme base de scs explications théoriques des phénomènes de la Cristallisation, et comme fondement de toutes ses déterminations cristallographiques. auxquelles elle ne peut d'ailleurs rien ôter de leur certitude. Mais, à considérer la chose sou» le point de vue de la physique, il répugne aux notions admises, concernant les effets généraux de l'attraction moléculaire, et In variété des combinaisons auxquelles elle donne naissance, que la forme polyédrique puisse convenir à la fois aux éléments des corps simples et à celle multitude d'éléments composés de différents ordres, qui résultent du concours de leurs affinités mutuelles, et qui ne sont probablement quedesaggrégats de parties simples en équilibre autour d'un centre. II est plus conforme aux lois de la mécanique de se représenter ces éléments comme des corpuscules spbéroldaux, ayant des pôles de diverse force, ou, si l'on veut, des axes différents, qui déterminent les directions de plus grande ou de moindre affinité. Il importe donc de remarquer ici que la division par plans, qui est un des caractères essentiels des Cristaux , ifenlraine pas nécessairement l'existence de molécules polyédriques juxtaposées par leurs faces, et que les joints naturels qu'ils présentent sont moins la conséquence immédiate de la forme des molécules que de la manière symétrique dont elles sont espacées entre elles, en sorte que l’on conçoit que ces joints subsisteraient encore si toutes les molécules , sans cbanger'de place, étaient réduites à leurs centres de gravité. Il résulte en effet de la disposition en quin-

conce et du parallélisme des éléments d’un Cristal, que sa masse est traversée par des fissures planes dans une infinité de sens, suivant lesquels les éléments se tiennent avec des degrés de force plus ou moins considérables. Vient-on à rompre leur équilibre par un effort extérieur, ils tendent alors à se séparer en couches régulières dans les directions de la moindre cohérence.

Ce qu'on nomme joint naturel n'est donc rien autre chose qu'un ptau mené dans l'une de ces directions, et qui touche à la fois dans des points correspondants, toutes les molécules des diverses files ou rangées dont se compose une même lame. Par conséquent, les petits solides qui résultent de la combinaison des différents joints naturels, et qu’ou suppose donner les véritables formes des molécules, ne représentent réellement que polyèdres circonscrits à ces molécules, mais qui peuvent en tenir lieu comme élément de la structure et comme caractère spécifique, parce qu'ils sont invariablement liés avec elles par leurs dimensions.

L’explication précédente de la structure des Cristaux et de leur constitution moléculaire, laisse un plus grand nombre de chances aux proportions variées des combinaisons chimiques, et permet d'entrevoir la possibilité d'une relation entre la composition atomistique et la forme cristalline, telle qu'elle parait résulter des curieuses recherches de Mitscherlich. En effet, que l’on suppose deux sels dont la formule de composition soit la même, ou qui renferment des nombres égaux d'atomes de base et d'acidc. Si l’acide est de même nature dans les deux sels, et si les bases qui les différencient sont d’ailleurs chimiquement équivalentes, ou du moins très-voisines par leurs affinités, on concevra sans peine que ces éléments, dont les uns sont identiques, les autres analogues, étant en pareil nombre de pari et d'autre, se réunissent entre eux de la même manière, et produisent par leur assortiment des molécules complexes de forme à peu près semblable, dont les forces de cohésion soient peu différentes. Dans ce cas les deux sels devront présenter des Cristaux du même genre, qui seront très-rapprochés par les mesures de leurs angles. Des mulécules isomorphes de nature diverse, pourront même cristalliser ensemble, ou les unes au milieu des autres, comme si elles étaient de la même espèce, et ce mélange pourra avoir lieu en toutes proportions, sans qu'il en résulte dans la forme du mixte des variations sensibles.

Ce qui a été dit de la différence de force avec laquelle ' les lames d’un Cristal adhèrent les unes aux autres, * suivant la direction qu'elles ont dans l'intérieur de la masse, donne lieu à distinguer les clivages, ou les joints naturels sensibles, en divers ordres d’après le degré de netteté ou de facilité avec lequel on peut les obtenir; mais ou doit remarquer auparavant que, dans un Cristal, le même clivage est souvent multiple, ou se répète en plusieurs sens avec une égale netteté. Ce cas est celui des clivages parallèles aux faces du rhomboïde de la Chaux carbonatée, de l'octaèdre du Spath fluor, du cube de la Galène, etc. En général, lorsque le nombre des clivages également nets est suffisant pour qu'il puisse résulter de leur combinaison un polyèdre complet, ce solide esl toujours une forme simple, régulière ou symé-

trique, c'est-à-dire terminée par des faces égales, semblables et semblablement placées par rapport à un point ou à un axe central. Le clivage le plus apparent, soit simple, soit multiple, que présente une substance cristallisée, lorsqu'elle est pure et transparente, est son clivage principal ou du premier ordre : tel est celui qui donne les faces du rhomboïde ordinaire de la Chaux carbonalée. Mais ce même rhomboïde laisse quelquefois apercevoir des clivages secondaires parallèles à se* bords supérieurs ou à son axe, cl beaucoup moins sensibles que le premier. Lorsque les joints naturels d’un ordre élevé ne se montrent ainsi qu’accidentellemenl, et le plus souvent sous l’influence d'une substance étrangère, régulièrement interposée entre les couches du Cristal, on les désigne par le nom de Joints surnnmèraires. Si le clivage principal n'a lieu que dans une ou deux directions seulement, auxquels cas il ne peut plus produire par lui -même de forme simple et complète, il se combine alors avec des clivages de différents ordres, et le noyau résultant de leur ensemble est composé d'autant de sortes de faces, distinguées parleurs figures cl par leurs positions, qu'il y a d'ordres différents de clivages. Dans ces cas, on observe fréquemment une grande inégalité d’éclat entre les divers joints naturels, dont quelques-uns ne peuvent plus s'obtenir d'une manière continue, et ne se reconnaissent qu'à la coïncidence des reflets qui partent d’une multitude de petites lames parallèles, et que l'on voit briller dans les fractures du Cristal, lorsqu'on le présente à une vive lumière.

Ce qui précède suffit pour donner une idée de l'importance dont peut être la considération de la structure cristalline , relativement à la distinction des espèces minérales. Celte structure est une sorte d'organisation constante pour chaque espèce, mais variable d’une espèce à l'autre par des différences que l’on peut apprécier avec une exactitude rigoureuse. La détermination de celte structure est en effet toute géométrique, puisqu’elle se réduit à celle du solide de clivage r ou de celte espèce de noyau polyédrique que l'on peut concevoir inscrit dans chaque Cristal, et qui est donné par la réunion de ses principaux joints naturels. On arrive à la connaissance de ce solide, en partie par l’observation directe des plans qui le terminent, en partie par l’élude de la forme extérieure, qui est le second caractère essentiel du Cristal. A la vérité cette forme est sujette à varier dans les différents Cristaux d'une même espèce ; mais cette variation est soumise à des lois qui la restreignent dans de justes limites, de manière qu'à chaque ’ solide de clivage correspond un ensemble de formes qui lui est propre. Toutes ces formes ont avec lui, et conséquemment entre elles, des relations qui permettent de les déduire les unes des autres. On peut regarder leur uoyau comme une unité à laquelle on les ramène, ou comme une sorte de moyen terme qui sert à les comparer plus aisément.

C’est ici le moment de s'arrêter aux résultats généraux d'observation, qui sont relatifs aux formes extérieures des Cristaux. Soüs ce rapport, la Cristallisation peut être considérée de deux manières : ou géométriquement, en ce qui concerne les relations mathémali- 1

ques des différentes formes entre clics, ou physiquement; en ce qui concerne les causes de leurs variations dans la même espèce. Il faut trader en premier lieu de la Cristallisation considérée géométriquement, la seule qui intéresse la minéralogie proprement dite. On sait tout ce que cette belle partie de lu science doit aux profondes recherches de Haüy, que Ton peut regarder, à si juste titre, comme le fondateur de la Cristallographie. Présenter l'histoire de nos connaissances <»n ce genre, c'est pour ainsi dire faire une analyse complète des travaux de ce savant illustre, dont la vie tout entière a été consacrée au perfectionnement de son ingénieuse théorie. Il suffira de résumer ici rapidement, et dans l'ordre qui parait le plus naturel, les résultats de ces importants lra> aux, en renvoyant le lecteur, pour les développements nécessaires, au Traité de Cristallographie, publié en 1822, où ces résultats ont été exposés avec tout le soin convenable. Il sera ensuite question des différents points de vue sous lesquels ce sujet intéressant a été envisagé par quelques minéralogistes, et principalement par ceux de l'école allemande.

On doit examiner d'abord quels sont les faits géhéraux donnés par la simple observation des Cristaux naturels. Le premier consiste dans la diversité des formes sous lesquelles la même substance peut s'offrir. La Chaux carbonalée, par exemple, prend, suivant les circonstances, la forme d'un rhomboïde, celle ri'dn prisme à six pans, celle d'un dodécaèdre à triangles scalènes, celle d'un autre dodécaèdre à faces pentagonales, etc. Le Fer sulfuré cristallise tantôt en cube, tantôt en octaèdre régulier, souvent en dodécaèdre, dont les faces sont des pentagones, ou en icosaèdre à faces triangulaires. On rencontre quelquefois le même minéral sous des formes du même genre, mais distinguées entre elles par la mesure de leurs angles. Ainsi la ‘Chaux carbonalée présente un certain nombre de rhomboïdes dont les uns sont aigus et les autres obtus. Ces variations remarquables que subissent les formes des Cristaux originaires d'une même espèce, ne se font point au hasard, ni par nuances insensibles. Il y a constance dans les angles de chacune des formes en particulier, comme il est aisé de le reconnaître sur les individus semblables qui proviennent de diverses localités; et si Ton compare entre elles des formes du même genre, mais dissemblables, on trouve toujours entre leurs angles des différences appréciables et constantes.

Celle invariabilité dans les inclinaisons des faces des Cristaux est un second fait d’observation, de la plus haute importance en Cristallographie, et qui a été constaté pour la première fois par les travaux de Rome de l’Isle. Il fournit au minéralogiste un caractère d’une grande précision, et qui a sur tous les autres l’avantage d’être comme un point fixe au milieu des diverses causes qui altèrent soit la composition, soit la symétrie des 'Cristaux. Mais on sent que, pour en faire usage, il est indispensable d’avoir des moyens de mesurer les angles des Cristaux avec beaucoup d'exactitude. On emploie à cet effet des instruments nommés Goniomètre s, et qui sont de deux sortes : les uns prennent l'ouverture de l'angle que l’on cherche en s’appliquant immédiatement sur les faces du Cristal. Les autres en donnent indi-

rectemenl la valeur, à l'aide de la réflexion d'un objet lointain et linéaire sur ces mêmes faces, lorsqu’elles sont miroitantes.

Le principe de la constance des angles dans chacune des formes diverses d'un Minéral, semble annoncer que leurs variations ont été soumises h des régies d’aprês lesquelles toutes ces formes sont liées entre elles dans la même espèce. Aussi, quelque disparates que soient au premier abord les Cristaux d'une substance, lorsqu’on les rapproche l'un de l'autre au hasard, on s'aperçoit aisément, en les comparant tous ensemble avec attention, qu'ils ne sont en réalité que des modifications les uns des autres, et qu'on peut les ordonner en une série qui rende sensible le passage graduel de l’une des formes regardée comme primitive ou fondamentale à toutes les autres qui, relativement à elle, sont les formes secondaires ou les dérivées. Les modifications qui caractérisent chacun des termes de cette série, consistent dans le remplacement des bords ou des angles de l’un des termes précédents, par des facettes qui d'abord très-petites, et n’altérant que faiblement la forme à laquelle elles s’ajoutent, augmentent peu à peu d’étendue aux dépens des faces primordiales, jusqu’à ce que celles-ci disparaissent entièrement, auquel cas on obtient un solide tout nouveau, qui n'a plus rien de cojnmun avec le premier. Dans la succession des formes intermédiaires, composées de deux ordres différents de faces, toutes celles qui se rapprochent de l'un des deux extrêmes, portent plus particulièrement son empreinte : on dit alors que cette forme est dominante dans le Cristal, et l’on comprend sous le nom de mollifications toutes les facettes additionnelles, qui mènent à l'autre forme par leur extension progressive. On voit d’après cela que l’ensemble des formes cristallines, qui se rencontrent dans la même espèce, se partage en formes complètes, sans modifications. et en formes dominantes avec modifications, offrant les passages des premiers solides les uns aux autres.

Les facettes qui modifient une forme dominante quelconque, sont assujetties, dans leur disposition générale, à une loi, à laquelle Ha U y a donné le nom de loi de symétrie, et qui consiste en ce que les bords ou les angles solides de celte forme qui sont identiques entre eux, reçoivent tous à la fois les mêmes modifications, tandis que les bords ou angles qui diffèrent, ne sont pas semblablement modifiés. De plus, les facettes particulières qui modifient telle arête ou tel angle solide, sont en rapport avec le nombre et la figure des faces qui concourent ù la formation de cette arête ou de cet angle solide. Si ces faces sont égales et semblables, ou bien la modification est simple, et alors elle résulte d'une seule facette également inclinée sur chaque face, ou bien elle 'est multiple cl se compose alors de plusieurs facettes également disposées à l’égard des mêmes faces. Au contraire, si ces dernières sont inégales et dissemblables, la modification est simple et différemment inclinée sur chacune d’elles.

La loi «pii vient d’être exposée est extrêmement importante, en ce qu'elle permet decirconscrire nettement et pour ainsi dire d'embrasser d'un seul coup d’œil l’en-

semble des variétés de formes, sous lesquelles un minéral peut s'offrir. Il suffit en effet de connaître une seule des formes simples ou dominantes de la série, pour être en état de reproduire la série tout entière, par une gradation de passages d’un terme à l'autre, et en épuisant toutes les combinaisons possibles de facettps modifiantes, lesquelles combinaisons sont toujours en nombre très-limité, et dépendent du degré de symétrie qui règne entre les parties du type fondamental. Ou comprend sous le nom de Système de Cristallisation, toutes les formes qui peuvent ainsi se déduire les unes des autres, et coexister dans la même espèce minérale. Il y a six principaux systèmes de Cristallisation, qui se font distinguer entre eux par leurs formes fondamentales, c’est-à-dire par celles que l'on emploie comme bases de la dérivation de toutes les autres, et que l'on choisit ordinairement parmi les plus simples, telles que les prismes ou les octaèdres. Le choix de la forme fondamentale est d’ailleurs parfaitement arbitraire, puisque les rapports de symétrie qui servent à établir la dérivation , sont réciproques entre toutes les formes dominantes, ainsi qu’on le verra par les développements dans lesquels nous allons entrer au sujet de chaque système.

I. Système de Cristallisation du cube, ou de l’octaèdre régulier.

La forme fondamentale de ce système ayant tous ses angles identiques ainsi que tous ses bords, la modification qui atteindra l'un des angles ou des bords, devra se répéter sur tous les autres. On doit se borner à considérer ici les formes complètes qui résultent de chaque espèce de modification, supposée parvenue à sa limite : ^modification par une face sur tous lesangles du cube; forme dérivée : octaèdre régulier. Ce dernier solide, modifié de la même manière, reproduirait le cube. 2° Modification par une face sur tous les bords; forme dérivée : dodécaèdre rbomboïdal. 3° Modification par deux faces sur tous les bords; forme dérivée : hexatétraèdre, ou solide composé de vingt-quatre triangles égaux et isocèles, offrant l’aspect d'un cube dont les six faces sont recouvertes de pyramides droites quadrangulaircs. 4° Modification sur les angles par trois faces tournées vers celles du cube; forme dérivée : solide composé de vingt-quatre trapézoïdes égaux et semblables. On n* en connaît qu'un seul dans la nature ; c'est celui que l’on nomme plus particulièrement Trapésoèdre, et que reproduit le dodécaèdre rbomboïdal par une modification simple sur tous ses bords. 5° Modification sur les angles par trois faces tournées vers les arêles du cube; forme dérivée : solide composé de vingt-quatre triangles égaux et isocèles , offrant l'aspect d’un octaèdre régulier, dont les faces sont surmontées de pyramides droites triangulaires. On voit que le même solide se déduirait de l'octaèdre, par une modification double sur tous ses bords. Gu Modification sur les angles par six faces disposées deux à deux, au dessus de celles du cube; forme dérivée : solide composé de quarante-huit triangles scalènes, offrant l'aspect d'un dodécaèdre rbomboïdal, dont les faces sont recouvertes de pyramides droites qtiadrangulaires.

Telles sont toutes les modifications symétriques dont

Digitiz

le cube est susceplibte. Ainsi, les sept formes suivantes, le cube, l'octaèdre régulier, le dodécaèdre rhomboYdal, le trapézoèdre, les deux espèces de solides à vingtquatre triangles isocèles, et enfin le solide à quarantebuit triangles scalènes, sont les seules formes simples qui composent le premier système de Cristallisation. Ce sont du moins celles qui remplissent dans leur dérivation mutuelle toutes les conditions de la loi de symétrie que nous avons exposée plus hauL. Il est encore d'autres formes qui ont, avec les précédentes, des rapports évidents, et qui se rencontrent avec plusieurs d'entre elles dans la même espèce, mais qu’on ne peut faire rentrer dans le système du cube, qu’en ajoutant une condition nouvelle ù cette loi de symétrie. Ces formes 9'obliennent par la séparation de quelquesunes des premières en deux 3olide! semblables, ayant chacun la moitié du nombre des faces de la forme entière, et se trouvant l'un à l'égard de l’autre dans une position renversée. C’est ainsi que l'octaèdre originaire du cube peut être considéré comme une réunion de deux tétraèdres réguliers ; l'hcxatétraèdre , comme un assemblage de deux dodécaèdres à faces pentagonales symétriques, etc. Ces deux nouveaux polyèdres, savoir le tétraèdre régulier et le dodécaèdre à plans pentagones. peuvent être pris pour les types de deux systèmes secondaires, qui ont leur existence propre dans la nature, et que nous allons essayer de développer ici en peu de mots.

a. Système du tétraèdre régulier.

Ce solide fondamental ayant, comme le cube, tous ses bords égaux, cl tous ses angles identiques, admet pareillement six espèces de modifications symétriques. La première a lieu par une seule face sur les bords; elle produit un cube. La seconde a lieu par deux faces sur les bords; son résultat est un dodécaèdre à triangles égaux et isocèles , offrant l’aspect d’un tétraèdre dont les faces sont surmontées de pyramides droites, triangulaires. Un obtiendrait ce solide par la suppression de la moitié des faces du trapézoèdre. La troisième modification a lieu par une seule face sur les angles; elle reproduit le tétraèdre régulier dans une position inverse, et par conséquent de sa combinaison avec les faces primitives doit résulter un octaèdre régulier. La quatrième modification a lieu sur les angles par trois faces tournées vers celles du tétraèdre ; elle conduit en général à un dodécaèdre à faces trapézoïdales, et dans 1111 cas particulier au dodécaèdre à plans rbomlies. La cinquième modification a lieu sur les angles par trois faces tournées vers les arêtes; elle reproduit le dodécaèdre à triangles isocèles, donné par la seconde modification, mais dans une position inverse; et de la combinaison de ces deux formes semblables résulte le trapézoèdre. Enfin, la sixième modification a lieu sur les angles par six facettes disposées deux à deux audessus des faces primitives. Son résultat est un solide à vingt-quatre triangles isocèles, analogue à celui que nous avons nommé plus haut hearatêtraèdre. Telles sont les formes simples qui peuvent être dérivées du tétraèdre par des modifications symétriques. Parmi les espèces minérales connues, deux seulement se rapportent à ce système, savoir . le Cuivre gris et le Zinc sulfuré.

a. Système du dodécaèdre pentagonal.

Cesolide,qui est la moitié de l’hcxatétraèdre, est terminé par douze pentagones semblables, ayant chacun quatre côtés égaux, et un cinquième plus grand que les quatre autres et qu'on peut considérer comme la base du pentagone. Le dodécaèdre pentagonal régulier, ou celui dans lequel tous les côtés des pentagones seraient égaux, n'existe point parmi les Cristaux naturels; on n’y commit même qu’un seul dodécaèdre symétrique, quoiqu’on puisse aisément en concevoir une-infinité d'autres différents par la mesure de leurs angles. Ce solide a six grandes arêtes dont chacune sert de base A deux pentagones voisins, et qui sont identiques entre elles; elles sont situées deux à deux, dans trois plans qui se coupent à angles droits. Les autres arêtes plus petites, au nombre de vingt-quatre, sont pareillement identiques entre elles, mais non avec les précédente*. Il y a deux espèces d'angles solides, savoir . huit angles composés de trois angles plans égaux, et douze autres composés de deux angles plans égaux, et d'un troisième plus ouvert. D'après celte disposition symétrique des parties du dodécaèdre, il est aisé de voir quelles sont les différentes modifications dont il est susceptible. Voici, pour exemples, celles qui oftt été observées dans la nature : 1° modification par une face sur les grandes arêtes; forme dérivée : le cube. 2° Modification par une face sur les huit angles de la première espèce; forme dérivée : octaèdre régulier. De la combinaison de celte forme avec la fondamentale résulte l'icosaèdre symétrique. composé de deux espèces de triangles, huit équilatéraux , et douze isocèles. 5*» Modification sur les mêmes angles par trois faces tournées vers celles du dodécaèdre; forme dérivée : solide à vingt-quatre faces triangulaires isocèles, portant l'empreinte de l’octaèdre. Ce solide en se combinant avec les six faces du cube, donne le triacontaèdre , composé de six faces «bombes. et de vingt-quatre trapézoïdes irréguliers. 4" Modification sur les mêmes angles par trois faces tournées vers les petites arêtes du dodécaèdre ; forme dérivée : le trapézoèdre. 5° Modification par une seule face sur les douze angles solides de la seconde espèce ; forme dérivée : solide à douze faces trapézoïdales, qui, dans un cas particulier, devient le dodécaèdre à plans rhombes. Parmi les espèces minérales connues, deux seulement sc rapportent au système du dodécaèdre pentagonal, savoir : le Fer sulfuré commun et le Cobalt gris. On voit que les deux systèmes secondaires dont nous venons de parler sont extrêmement rares dans la nature; le nombre des espèces qui rentrent dans le système régulier est beaucoup plus considérable ; U s'élève presque jusqu'à trente.

II. Système île Cristallisation du prisme droit à base carrée , ou de l’octaèdre à base carrée .

La première de ces formes a deux espèces d’arêtes, les arêtes longitudinales et les arêtes des bases. Tous ses angles solides sont identiques, «naiscouiprissous des faces de deux figures différentes. D’après cela, elle peut être modifiée : 1° par une simple face sur les arêtes des bases ; forme dérivée : octaèdre à base carrée. 2" Par une seule face sur les arêtes longitudinales; forme dérivée : prisme droit à base carrée, différent du pre-

inicr par sa position ; les sections principales des deux prismes étant à 43° l’une de l’autre. La combinaison des deux prismes donnerait un prisme octogone régulier, si leurs dimensions étaient respectivement égales. 5“ Par une seule face sur les angles; forme dérivée : octaèdre à base carrée, ayant à l’égard du premier la même position relative que les deux prismes précédents ont I'uq avec l'autre. De la combinaison des deux octaèdres peut résulter une pyramide double, régulière, à base octogone. 4° Par deux.faces sur les angles; forme dérivée : double pyramidal huit triangles scalènes, tous égaux entre eux. Oit connaiUà peu près vingt espèces minérales qui sc rapportent au système de Cristallisation du prisme droit à base carrée. De ce nombre sont le Zircon, Pldocrase, l’ilarmotome, la Méionile, etc.

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