CR Ë
latéral, et son chapeau demi-circulaire; tels sont les Agaricus stipticus, spotbulatus, etc.
CRÉPIDL'LE. Crepidula. moll. Ce genre, fait par Lamarck, aux dépens des Patelles de Linné, s'en distingue en effet d’une manière bien tranchée, ainsi que les Calyptrées et quelques autres qui y étaient confondus. Placées dans la famille des Calyptraciens, les Crépidules sont mises dans l’ordre le plus convenable de leurs rapports, et la connaissance de l'animal donnée par Adanson (Voyage au Sénégal, p. 38, pl.2, n°8, 9, 10) confirme de plus eu plus l'opinion de Lamarck sur ces animaux, louchant l’ordre et la famille où ils doivent être placés. Marchant sur un disque ventral, l'animal des Crépidules offre des organes respiratoires qu'Adanson avait indiqués, sans qu’on pût trop les reconnaître, mais que les observations de Beudant sur l’animal vivant, ainsi que celles de Lamarck sur un animal conservé dans l'alcool, ont fait connaître exactement; cependant les caractères énoncés par Cuvier, différent un |>eu de ceux donnés par Beudant et par Lamarck, ce qui tiendrait peut être à ce que l'individu observé par l'auteur du Règne Animal, était d'une autre espèce. Quoi qu’il en soit des légers changements qui peuvent se remarquer dans le mode respiratoire, selon les diverses espèces, tous ces animaux offrent les caractères propres à la famille, et tous ceux qui sont nécessaires pour former un genre bien tranché et fait sur de bous caractères. Les voici tels que Lamarck les a donnés : animal ayaut la tète fourchue antérieurement; deux tentacules coniques, portant les yeux à leur hase extérieure; bouche simple, sans mâchoires, placée dans la bifurcation de la tète; une brauchieen panache, saillante hors de la cavité branchiale, et flottant sur le côté droit du cou; manteau ne débordant jamais la coquille; pied petit; anus latéral; coquille ovale, oblonguc, à dos presque toujours convexe, concave en dessous, ayant la spire fort inclinée sur le bord ; ouverture en |»arliv fermée par une lame horizontale.
CrEpi ot le Porcell ARE. Crepidula Porcellana , Lam., Aniin. sans vert.; Patella Porcellana. (iualtiéri (Ind., p. 9, tab. 69, f. 9 ) dit dans sa phrase latine, que Pelro Btliehelio l'a nommée Patelle Crépidule; d'où il est bien probable qu’on a employé depuis ce nom comme générique de spécifique qu'il était. Adanson a connu la coquille et l'animal de la Crépidule Porcellane; il l'a nommé leSulin (Voyage au Sénégal, p. 38. pt. 3. fig. 8). Il a donné de l'animal une description peu satisfaisante, et il ne l’a pas fait représenter dans ses figures. La coquille est bien figurée dans Lister (Concli., tab. 545, fig. 34 ) et dans Martini (Conch., T. î, tab. 13, fig. 127 et 128). Elle est ovale, oblonguc; son sommet est recourbé sur le bord ; sa couleur est le plus souvent blanche. parsemée de taches triangulaires, roussàlres ou brunes. D'après la figure d' Adanson, elle aurait jusqu'à un pouce et demi de longueur. Dans les uiers de l'Inde et à nie de Gorée où il parait qu'elle est assez commune. Hile adhère aux rochers, et s'y fixe avec tant de force, qu'on casse quelquefois la coquille sans avoir détaché l’animal.
Crepidui.e de Goree. Crepidula Goreensis, Patella Goreensis, L. C’est une espèce qu'Adanson le premier
a reconnue ; il l’a nommée le Jénac ( Voyage au Sénégal, p. 41, tah. 2, fig. 10); il donne pour l’animal de celle espèce des détails assez curieux ; les tentacules otit vers leur extrémité, de petits tubercules blancs, qui les font paraître chagrinés; le pied et le manteau le sont également; du manteau et vers le derrière de la télé, on aperçoit huit filels cylindriques, assez longs, qui, d'après Cuvier, seraient les branchies sortant hors de la cavité branchiale. Celle espèce, longue de cinq à six lignes, se trouve sur les rochers de l’Ile de Gorée , mais elle y est rare : elle est blanche, lisse, très-mince, ovale et très-aplatie.
Crépidule Epixelse. Crepidula aculeata , Lamk., Animaux sans vert. T. vi, part. 2, p. 25, n°3; Patella aculeata, Lin., p. 3693, n° 0, figurée dans Fa vannes (Conch., pl. 4, f. 3) et dans Dacosta (Conch., tab. 3, fig. 2) : elle est ovale, aplatie; son sommet, courbé vers le bord gauche, fait un tour de spire eniiron; elle est blanche, avec des flamuiules roussàlres, et chargée de petites côtes peu régulières, qui portent des épines ou des écailles. Sa longueur est de onze ou douze lignes; elle habite les mers de l'Amérique méridionale.
Defrance.dans le Dictionnaire* des Sciences naturelles, a fait connaître trois Crépidules fossiles.
Crépidule de Hautkville, Crepidula Altacillensis , I)cf., que nous présumons devoir appartenir à notre genre Toinostome : son sommet est subcentral, ce qui est assez étonnant pour une Coquille de ce genre; ouverture petite, opposée au sommet; coquille épaisse et aplatie.
CrEpidülk bossue, Crepidula gibbosa, Def. (foc. cit.)f qui se trouve dans les falunières de la Touraine, et à Léoguan près Bordeaux. Elle est convexe, bossue, profonde ; sommet s'inclinant vers le bord ; elle est toute chargée de petites aspérités irrégulières.
CrEpiuile d'Italie. Crepidula Italica , Def., espèce remarquable en ce qu’elle offre l'exemple d’un analogue avec une Coquille actuellement vivante dans la mer de l’Inde, et que l’on nomme vulgairement la Sandale. Elle est encore remarquable en cela qu'elle parait se fixer dans riutérieur des Coquilles abandonnées où elle sc moule pour ainsi dire tout entière sur les diverses formes que ces corps présentent : aussi elle est irrégulière, lisse, très-mince, tantôt concave, tantôt convexe; son sommet est appuyé sur le bord. On regrette que Defrance n’ail pas donné le nom linnéen de la Crépidule que l'on nomme vulgairement la Sandale. Il nous est impossible, d'après celte indicatiou, de préciser l'espèce. les marchands donnant ce nom vulgaire à toutes les Coquilles du genre.
CRÉPIDliLlER. xoll. Animal des Crépidules.
CHÉP1DLL1TE. Crepiduliia. xoll. Nom que donnent les géologues aux Crépidules fossiles.
CRÉPIE, bot. r. CR EPI DE.
CRÉPINETTE, bot. Synonyme de Renouée aviculaire.
CREPIMÉRE. bot. Syu. vulg. de Vtnetiier de Crète.
CRÉP1PATELLE. Crepipatelta. xoll. Genre de Gastéropodes Peclinibranches, formé par Lesson aux dépens du genre Crepidula, pour toutes les espèces chez lesquelles ou reconnaît une coquille obovale, très-convexe en dessus, à onglet latéral et subterminal. La lame
Gc
transversale est arrondie, semi-oblique, à bord antérieur libre et taillé en biseau, occupant toute la largeur de la cavité intérieure. Parmi les espèces attribuées à ce genre nouveau, nous citerons celles découvertes récemment et apportées par les naturalistes français faisant partie de l'expédition de Circumnavigation sur la Corvette la Coquille.
CREPIS, bot. y. CrEpibe.
CItEPITACLE. Crepitacusum. bot. Sorte de fruit qui s’ouvre avec élasticité et bruit.
CRÉPOLE. bot. Synonyme de Crépide.
CRÉPUSCULAIRES. Crépu scularia. 1*9. Grande famille de Lépidoptères, instituée par Lalreille, et comprenant tous les individus qui ont près de l'origine du bord externe de leurs ailes inférieures, une soie roide, écailleuse, en forme d'épine ou de crin, qui passe dans un crochet du dessous des ailes supérieures, et les maintient, lorsqu'elles sont en repos, dans une situation horizontale ou inclinée. Ce caractère se retrouve encore dans la famille des Nocturnes; mais les Crépusculaires diffèrent de celles-ci par leurs antennes en massue allongée, soit prismatique, soit eu fuseau. Latreille ajoute que les Chenilles ont toujours seize pattes; leurs chrysalides ne présentent point ces pointes ou ces angles que l'on voit dans la plupart des chrysalides des Lépidoptères diurnes, et sont ordinairement renfermées dans une coque, ou cachées, soit dans la terre , soit sous quelques corps. Les Crépusculaires ne volent ordinairement que le malin ou le soir. Pendant le jour ils restent Axés contre différents corps, tels que des murailles, des tçpncs, des branches ou des feuilles d’arbres. Cette famille embrasse le genre Sphinx de Linné, qui a été subdivisé en plusieurs sous-genres dont les plus importants sont Castnie, Sphinx, Smérinlhe, Sésie. Zygène, tilaucopide, etc.
,CRÉQU1ER. bot. Synonyme vulgaire de Prunellier.
CRESCENT1ACÉES. (,'rescentiaceœ. bot. Famille de plantes Dicotylédones, établie par Dumortier et offrant pour caractères : une corolle mouo|>étale asymétrique, insérée sur le réceptacle; des étamines didynames; un fruit à placentaire adhérent, indéhiscent et pulpeux à l'intérieur. On voit par les caractères qui précèdent que cette famille est intermédiaire eulre les Rhinanthiddès, dont elle se rapproche par sa fleur, et les Solanées, dont elle se rapproche par son fruit. Les genres qui la composent sont le Crescentia, le Brunfetsia cl le /'anœcium. Ces genres ont successivement été rejetés à la suite de plusieurs familles; Jussieu les plaçait à la suite des Solanées; Bartling les place à la suite des Scrophularinées. Lindley à la suite des Bignoniacées, ce qui semble établir leurs analogues avec ces diverses familles et la nécessité d'en former un groupe distinct.
CRESCENT1E. Crescentia. bot. Vulgairement Calebassicr ou Couis. Ce genre de la Didyuainie Angiospermie, fut établi par Linné qui le caractérisa ainsi : calice caduc, à deux divisions égales ; corolle presque campanulée, à tube très -court, dont l’entrée est ventrue et courbée , à limbe droit , quinquéfide, divisé en segments dentés, sinueux et inégaux; quatre étamines didyuaiues. avec une cinquième rudimentaire; anthères
bilobéet; un style surmonté d'un stigmate capilé, ou plutôt bilamellé, d’après Jacquin et Kunlh. Le fruit est une baie cuc^rhitiforme, uniloculaire, couverte d'une écorce solide, pulpeuse intérieurement et remplie d'un grand nombre de semences nageant au milieu de la pulpe. Dans son Gênera Plantarum , p. 127, Jussieu place ce genre à la suite des Solanées. D'un autre côté Kunlh (Généra Nov. et Spec. Plant, œquin. T. m, p. 157) le range dans les genres voisins des Bignoniacées, et le place près du nouveau genre Aruyoa. Plumier l'avait autrefois désigné sous le nom de Cnjète qui a été admis comme spécifique pour l'espèce la plus remarquable et la plus répandue. Les Crescenlies sont de petits arbres à feuilles alternes, le plus souvent réunies en touffes simples, ou quelquefois ternies et pinnées; leurs fleurs sont presque solitaires sur le tronc ou sur les rameaux. On en compte sept espèces, toutes des contrées équinoxiales de l'Amérique.
La Ciesckxtie CujEte, Crescentia Cujete , L., dont Pcrsoon a élevé au rang d'espèces les deux variétés déjà indiquées par Plumier et Lamarck, sous les noms de Crescentia ungustifolia et minima, est un arbre de médiocre grandeur, très -commun dans les Antilles et dans toute l’Amérique équinoxiale, ayant le tronc tortueux, assez épais et recouvert d’une écorce ridée et grisâtre; ses rameaux forts, longs, très divisés et étendus horizontalement, sont garnis à chaque nœud de neuf à dix feuilles fasciculées , lancéolées, rétrécies vers la base et terminées par uue longue pointe , entières, glabres et presque sessiles. Les fleurs, d’un blanc pâle et d’une odeur désagréable, pendent chacune au moyen d'un pédoncule long d'un pouce. 11 leur succède des fruits ovoïdes, qui varient de grosseur selon les individus, depuis deux pouces jusqu'à douze. Ces fruits , couverts d'une écorce verte , unie et presque ligneuse , •ont composés intérieurement d’une chair pulpeuse, succulente , ayant un goût aigrelet, que les habitants des lieux où croit le Cujèlc regardent comme une panacée contre une foule de maladies différentes , telles que la diarrhée, l'hydropisie, les contusions, etc., etc., et qu'ils administrent sous forme de sirop; mais c'est l'écorce ligneuse de ces fruits qui augmente leur utilité. On vide leur intérieur en faisant macérer dans l'eau bouillante leur pulpe, afin de les vider, ou en les faisant cuire au four. La pulpe étant évacuée, il ne reste que l'enveloppe cruslacée, qui sert aux Américains à fabriquer des vases de diverses formes qu’ils enjolivent en les peignant de couleurs variées, soit avec le Rocou, soit avec l'Indigo, etc. Ces usages étant à peu près les mêmes, et la forme du fruit ayant beaucoup de rapports avec celle de nos Courges ou Calebasses, c'est de là que provient le nom de Calebassier, vulgaire chez les créoles.
CRÊSÉIDE. Creseis. moll. Genre de la classe des Pléropodes, selon Cuvier, des Aporobranches de Blainville, créé par Rang, qui lui donue pour caractères : télé non distincte; un test sans expansions latérales; organes du mouvement Imrnés à des nageoires placées comme des ailes , aux deux côtés de la bouche ; ouïes cachées dans le manteau; coquille mince, conique, allongée et presque diaphane. Ce genre est le résultat du démem
broutent de celui des Cléodores, dont il formait primitivement la seconde section. Ou y place les Creseis r a (/inc lia, Fér.; Gudus t, Fér.; spinifer^, Rang; subula , Quoy; striata, Rang; Cirgula, Rang; obtusa, Quoy ; clava, Rang; acicula , Rang; rosea , Quoy. A l’exception des deux premières qui sont de la Méditerranée et de l'Océan, les autres habitent les mers des Indes et de l'Australie.
CRESPIS. bot. Même chose que Crépis.
CRESSABOUT. bot. Syn. vulg. de Cucubale Behen.
CRESSE. t ressa, bot. Genre de la famille des Convolvulacées, Penlandrie Digynie, établi par Linné. Caractères : calice à cinq divisions profondes; corolle infundihuliforine, un peu plus grande que le calice, à limbe divisé eu cinq segments plans; étamines saillantes ; ovaire biloculaire, à loges di$|>crmes, surmonté de deux styles et de deux stigmates capilés; capsule uniloculaire et monosperme (par avortement), à deux valves qui se séparent par la base à la maturité. Les Cresses sont de petites Uerbes non lactescentes, couvertes d'un duvet soyeux ; leurs feuilles sont é|»ar$es et très-entières; les Heurs axillaires, disposées en bouquets serrés aux extrémités des rameaux, et accompaguées de deux petites bractées.
La Cresse de Crève. Crissa Cretica, seule espèce décrite par Linné, a les fleurs jauues, la lige trèsrameuse couchée cl étalée par terre. Elle habite toute la région méditerranéenne, depuis la Crète cl les autres lies de l'Archipel grec jusque sur les côtes de France et d'Espagne, particulièrement en Andalousie où on la brûle avec les autres plantes destinées à faire de la Soude; elle a été aussi trouvée, par Desfontaines, près de Tunis en Afrique.
Retz ( Obs . 4, p. 24) a fait connaître une autre espèce fort voisine de la précédente ; car elle n’en diffère que par sa corolle un peu soyeuse au sommet, et par sa capsule tétrasperme. Or, d'après la description du caractère générique, l'ovaire étant toujours biloculaire et les loges dispermes, ce serait le cas de la Cresse de Crète dont la capsule n’aurait pas été modifiée par des avortements. Il l’a nommée Creasa Indien , parce qu’elle croit dans les lieux maritimes de l’Inde. De même Kunth (Aoro Généra et Species Plant, æquinoct ., T. m, p. 119) a donné le nom de Cressa Truxillensis à une nouvelle espèce qui a beaucoup de rapports avec la précédente, et qui croit près de Truxillo au Pérou. C’est la même plante que Rceraer et Schultes (Syst. Ceget. 6, p. 207 ) ont encore nommée Cressa arenaria d’après Willdenow.
CKESSERELLE. ois. Espèce du genre Faucon.
CRESSERELLETTE. ois. Espèce du genre Faucon.
CRESS1NE. moll. Même chose que Crassine.
CRESSON, bot. Ce nom, qui est synonyme de Cardamine, a été donné ù un grand nombre de végétaux appartenant à des genres et à des familles différentes, mais qui tous sont remarquables par une saveur piquante, plus ou moins agréable. Ainsi on a nommé:
Cresson Alenois ou Nasitort, le Lepidium suticum, L., ou Thlaspi sativum, Desf.
Cresson di Brésil, le Spilanthes oleracea, L.
Cresson de Chien, le Veronica Ueccabunga, L.
C r esso v d’eau, le Sisymbrium Nasturtium, L., ou Kasturtium officinale, DC.
Cresson d'Inde, la Capucine ordinaire, Tropœolusn tnojns , L-, appelée Masturtium Indicum par les anciens botanistes.
Cresson de l*Ii.e-db»France. Dans celte lie, où le Cresson d’eau est naturalisé, on nomme aussi Cresson le Spilanthes Acmella , L., qui forme aujourd'hui un genre distinct sous le nom d' Acmella.
Cresson doré, la Saxifrage dorée.
Cresson de fontaine, le Masturtium officinale, DC.
Cresson de jardin, le Thlaspi saticutn, Dcsf.
Cresson dc Para, le Spilanthes oleracea.
Cresson dc Pérou, la Capucine.
Cresson des très, la Cardamine.
Cresson de rivière, le Sisymbrium sylvestre, L.
Cresson de roche, la Saxifrage dorée.
Cresson des runes, le Lepidium ruderale, L.
Cresson sauvage, le Coronopus Ruellii , DC.
Cresson de savanne, le Lepidium didymum, L.
Cresson de terre, le Ilarbarea vulgaris.
CRÉTACÉ, géol. De la nature de la Craie, y. ce mot.
CRÈTE. Crista. ois. Caroncule charnue, ordinairement colorée d’un rouge très-vif, et qui décore la tète du Coq domestique, Elle manque dans quelques variétés. On a étendu ce nom à d'autres appendices qui , dans certains animaux ou dans quelques parties dc ceux-ci, rappellent la figure de la Crélc du Coq.
CRÉTÉ. Cristatus. bot. Épithète donnée aux organes des végétaux munis d’appendices dont l'ensemble représente une Crète.
CRÊTE-DE-COQ. moll. Dénomination vulgaire qui s'applique à VOstrea Crista Galli de Linné, et, en général, à toutes les Huîtres qui ont à peu près 1a même forme.
CRÊTE-DE-COQ. bot. Syn. vulgaire de Celosia cristata. T. Gêlosib.
CRÊTE DE PAON. bot. Nom vulgaire des Guilandîna Pond u ce lia et panicutala, du Cœsalpinia Sapan, de l’ Adenanthera patonina , de la Poinciane, du Pongam, et autres arbres dont les fleurs produisent des étamines prolongées hors de la corolle, et imitant la figure de l'aigrette qui couronne la télé du Paon.
CRÉTELLE. Cynosurus. bot. Geure de la familte des Graminées, Triandrie Digynie. La structure de ce genre, qui ce|>endat!l est fort simple, n'a pas encore été exposée d’une manière claire et précise par aucun agrostographe, même parmi les modernes, et c'est faute de celle connaissance exacte que l’on a séparé de ce genre quelques espèces, pour en former le genre Chrysure ou Lamarckie. En effet on va voir tout à l'heure, en comparant les caractères des vraies Crélelles ou Cynosure» avec ceux des Chrysuref précédemment exposés, qu'il n'existe aucune différence réelle. Le type du genre Çynosurus est le Cynosurus cristatus, L., jolie petite Graminée très-commune dans tous les prés. Son chaume est simple, grêle, haut d’environ deux pieds; il porte des feuilles alternes cl étroites. Les fleurs forment au sommet du chaume un épi unilatéral. A chaque dent de l’axe qui est un peu sinueux et comprimé , on trouve quatre épillels disposés deux par deux cl légèrement
pédonculés. Chaque couple sc compose donc de deux épillels très-rapprochés l’un de foutre; l’extérieur est comprimé et formé simplement d’écailles minces, distiques, lancéolées, très-aigues. fortement carénées et denliculées sur leur carène; ces écailles sont autant de fleurs avortées. L’épillet intérieur est fertile; il contient quatre et plus souvent cinq Heurs dont la supérieure seulement est mâle ou neutre. La lépicène est à deux valves lancéolées, très-aigues. minces, à peu près égales, légèrement carénées sur leur dos; chaque fleur offre une glume formée de deux paillettes presque égales entre elles, un peu carénées; l’extérieure un peu plus longue est obtuse à son sommet qui offre une soie trèscourte et roide; la supérieure est légèrement bifide à son sommet; les deux paléoles de la gluinelle sont courtes, ovales et poilues; le style est simple à sa base, biflde supérieurement oft il porte deux stigmates velus; le fruit est enveloppé dans les écailles florales.
Pour peu que l’on compare ces caractères avec ceux précédemment donnés du genre Chrysure, il sera facile de s’assurer qu’ils n'offrent entre eux aucune différence notable. En effet, la prétendue bractée des Crételles est évidemment, ainsi que l’involucre des Chrysures, formée par les écailles florales d'épillelsdont les fleurs sont restées stériles par l'absence des organes sexuels. Donc ces deux genres doivent être de nouveau réunis en un seul qui pourra conserver le nom de Q*nosurus.
CRÊTE-MARINE, bot. V . Chbistb xarixe.
CRÊTE-MARINE, bot. Synonyme vulgaire de Crithme commun.
CRETOIS, pois. Espèce du genre Scare.
CREUSET, bot Pautet appelle ainsi une petite espèce d’Agaric, qui croit dans les caves, et qu’il figure pi. 59 de son Traité des Champignons.
CREUS1E. Creusia. moll. Leach, dans sa classification des Cirrbipèdes, a proposé, sous ce nom, un genre nouveau, démembré des Balannes, parce que l'opercule n’a que deux pièces au lieu de quatre; une seule espèce a été indiquée par l’auteur. C’est la Cbeusie tPixirsE , Creusia spinulosa.
CREUSOT. bot. Syn. vulgaire de grande Pezize en entonnoir.
CREUTZBOCK. vax. Synonyme d’Antilope Guib.
CREYALE. rois. Espèce du genre Gastérostée.
CRÊYE-CUASSlS.ois.Syn. vulgaire de Mésange Charbonnière.
CREVETTE ou CHEVRETTE. Gammarus. cvest. Ce genre, établi originairement par Fabricius, et qui correspond à l’ordre des Amphipodes de Lalreille, principalement au genre Talilre. a subi depuis sa fondation un grand nombre de changements importants et a été beaucoup subdivisé. II lie comprend plus aujourd'hui, dans les méthodes de Leach et de Latrcille, que les espèces qui offrent pour caractères : quatre antennes, dont les deux supérieures aussi longues ou plus longues que les deux autres, et dont le pédoncule est de trois articles, avec une petite soie articulée au bout du troisième; les quatre pieds antérieurs semblables dans les deux sexes, et terminés par un seul doigt. Les Crevettes ont les antennes insérées entre les yeux, au-devant de la tête,
composées de trois articles principaux qui en sont la base et d’un quatrième sétacé, multiarliculé et terminal; un petit appendice sétacé, de quelques articles, se remarque à l'extrémité interne de la troisième pièce des antennes supérieures. Quatorze pieds, dont les quatre antérieurs sont terminés par une main large, comprimée , munie d’un crochet robuste , susceptible de mouvements, et qui correspond au doigt mobile des pinces des autres Crustacés. Les pieds qui suivent finissent insensiblement en un ongle simple et légèrement courbé dans quelques-uns. L’abdomen est pourvu de longs filets bifides et très-mobiles, placés de chaque côté. Il se termine en une queue à laquelle on remarque trois paires d'appendices allongés, bifurques, ciliés, étendus à peu près dans la direction du corps; celui-ci est ohlong, comprimé, arqué et divisé en treize articulations, y compris la tête; les premiers anneaux présentent une pièce latérale, mobile, articulée avec eux et recouvrant la base des pattes ; ces pièces singulières correspondent aux flancs des Insectes et des autres Crustacés. Les Crevettes sont très-abondantes dans les eaux douces courantes et dans la mer. L'espèce la mieux connue et qui peut être considérée comme le type du genre, esl’Ia Crevette des ruisseaux, Gant ittarus Pulex, Fabr. , figurée par Roesel, Geoffroy et Degéer. Ce dernier observateur, qui nomme cette espèce Squille aquatique (t. vu, pi. 33), décrit et représente avec soin ses différentes parties ; elle est petite et ne dépasse guère un demi-pouce; le corps, allongé et diminuant peu à peu de grosseur, est aplati et comme comprimé, de sorte qu’il parait plus haut que large, et c'est la raison pour laquelle la Crevette, quand elle est placée sur le fond de l’eau, s’y trouve toujours couchée sur l’un ou l’autre côté et nage sur ce fond, dans celte position, sans pouvoir prendre une autre attitude ; mais quand elle nage au milieu de l’eau oti entre deux eaux, elle tient son corps de champ ou perpendiculairement sur le ventre, et ne parait se poser sur le dos qu'accidenlcllemcnl , lorsqu’elle est entraînée par le mouvement du liquide. C’est principalement à l’aide de leur abdomen et de leur queue, qu'ils rapprochent alternativement de la face inférieure du corps et redressent ensuite, que ces Crustacés opèrent les changements de place. Degéer a reconnu qu’ils étaient carnassiers et se nourrissaient d’insectes, de Poissons et d'autres animaux privés de vie; il a aussi remarqué qu’ils changeaient de peau à la manière des Écrevisses. Cette espèce est très commune aux environs de Paris. RoPsel avait laissé soupçonner qu’il eût bien pu se faire qu’il y eût deux espèces de Crevettes fluvialiles, mais il ne l’avait pas affirmé; c’est Paul Gcrvais qui. tout récemment, a observé qu’il existe dans les eaux douces deux espèces au moins, et toutes deux également abondantes. Elles diffèrent entre elles non seulement par leurs caractères zoologiques , mais par une particularité assez remarquable de leurs habitudes : jamais elles ne s’accouplent ensemble, et l'une a sur le dessus des anneaux de l’abdomen des épines que l’autre ne présente pas. Gervais laisse à celle de ces espèces primitivement décrite, le nom sous lequel nous venons de la rapporter. et il applique à l'autre la dénomination de Crevette
de Roésel,qui rappellera qu'on en doit la première connaissance au naturaliste dont elle porte le nom.
La Crevette r arme. Gatnmarus tnarinus , Leach, qui est la même que son Gatumarus Pulery habile les côtes de l'Angleterre. La Crevette locuste, Gammarus locusta, Leacb, ou le Cancer Gatnmarus, de Mon* (agu (Trans. of the Linn. Sociel ., t. ix, p. 92), a été confondue avec le Gatnmarus Puits de Linné; elle est assez rare en France, mais on la trouve communément sur les côtes d’Angleterre. Surriray, naturaliste distingué du Hâvre, a observé qu’elle était phosphorescente.
CREVETTINES. Gatntnarinw. cri CT. Famille établie par Lalreille, qui l'a rangée dans l’ordre des Ampbipodes.
CREV1CHES. crust. Synonyme vulgaire de Crevette.
CREX. ois. F. Gallml'le.
CRIAS, dot. Synonyme de Grassette commune.
CR1BLETTE. bot. Synonyme de Cinclidiutn.
CR1BRAIRE. Cribratia. dot. Schrader a fondé ce genre, et en a décrit et figuré plusieurs espèces, avec beaucoup de soin, dans ses iVora Plantarum Généra. Il diffère des autres genres du même groupe par son péridiuin membraneux, presque globuleux, slipité, qui se détruit dans sa moitié supérieure, de manière à n’étre plus formé dans cette partie que par un réseau délicat, produit par les filaments du péridiuin ; ce péridium est rempli de sporules agglomérées, qui s’échappent par les ouvertures du réseau filamenteux. Les espèces sont très- petites, mais d'une forme très-élégante; elles croissent en groupes, souvent assez nombreux, sur le bqis mort ou sur les feuilles sèches. Persoon a réuni, sous le nom de Cribraria, les deux genres Dictydium et Cribraria de Schrader. I>e Candolle n’en fait qu’une section des Trichia ; la différence de ces deux genres est trop grande pour qu'on puisse les réunir; mais quant au Dictydium , il diffère en effet très-peu des Cribraria.
CRICERAC. ois. L’un des noms vulgaires de la Rousserole, Sylcia turdoides. y. Rotsserolr.
CltlCET. Criceius. bar. Synonyme de Rat-Taupe. y. Asfalax et Hamster.
CIUCE TINS. mar. Desmarest a proposé d'établir, sous ce nom, une petite famille de Rongeurs, qui renfermerait les Marmottes et les Hamsters.
CRICETUS. mam. y. Hamster.
CRIC il TONITE. RM. y. Craitoxitb.
CRICKS. ois. On nomme ainsi divers Oiseaux qui forment une division dans le genre Perroquet.
CRICOMPIIALOS. roll. Klein, dans sa Méthode conchyliologique, donne ce nom générique, qu’il écrit Circomphalos , mais à tort, à toutes les Coquilles bivalves ombiliquées, arrondies. Ce genre est placé dans sa famille des Diconchœ ombilicatœf qui renferme toutes les Coquilles bivalves dont la lunule, plus ou moins enfoucéc, était nommée par lui ombilic. On sent qu'une division établie sur de tels caractères devait rassembler dans un même cadre les objets les plus disparates, cl renfermer des Coquilles de genres fort différents. U n’est pas étonnant de voir tout cela tomber dans un juste oubli.
CR1COSTOME. roll. Klein a encore donné ce nom générique à toutes les Coquilles univalves dont le dernier tour, ayant son diamètre plus grand que la «pire, offre une ouverture entière, circulaire, sans dents, ou striée. Cette division, si l’on ne considère que la forme de la coquille, sans porter aucune attention aux autres caractères, réunit beaucoup de Coquilles qui ont entre elles une assez grande ressemblance; aussi, vers ces derniers temps. Blainville, dans le tableau où il a exposé sa méthode conchyliologiquc d’après les formes, a employé ce mot pour réunir sous le même caractère un certain nombre de genres, et en faire une famille.
CRICOSTOMES. rom.. Ce mot, emprunté à Klein, et qui se trouve également dans la table alphabétique des mots employés en histoire naturelle, donnée par d’Argenville à la fin de la Zoomorphosc, a été employé par Blainville pour une famille qu’il propose de former avec tous les genres qui ont l’ouverture arrondie, le péristome continu, et qui offrent constamment un opercule ; ainsi les Paludines. les Valvées, les Cyclostomcs, les Scalaires, les Dauphinules. lesTurbos, etc., en feraient partie. Celle famille, composée de Coquilles qui renferment des animaux différents, ne peut être convenable que dans une méthode basée seulement sur les formes, abstraction faite de tout autre caractère.
CRICRI, ois. Synonyme vulgaire de Bruant Proyer.
Cltl-CIU. ms. Nom vulgaire du Grillon domestique, Acheta dottteslica. Fab.
CRIGNARD et CRIQUET, ois. Synonymes vulgaires de Canard Sarcelle d’hiver.
CRIGNON ou CR1N0N. ms. Synonyme vulgaire de Grillon domestique.
CRIKS. ois. y. GRMM.
CRIMNON. bot. Nom ancien de la Farine de Maïs.
CRIN. zool. y. Poil.
CRIN. fois. Espèce du genre Labre.
CRIN DE CHEVAL, bot. Nom vulgaire de l 'Àlecloria jubata. y. Aif.ctorie.
CRIN DE FONTAINE ou DE MER. A55él. Synonyme vulgaire de Dragonneau.
CRINCELLE. ois. Syn. vulgaire de Faucon Crécerelle.
CR1NCH0N. ms. Nom donné vulgairement, dans le nord de la France, au Grillon domestique.
CRINIGER. ois. Synonyme de Crinon.
CRIMTA1KE. Crinitaria. bot. Ce genre, de la famille des Synanthérées, est tout à fait le même que le genre Crinita de Mœnch. Lesson en avait changé la terminaison pour éviter qu'il ne soit confondu avec le genre Crinita d’Uoutluyn qui appartient à la famille des Rubiacées.
CRINITE. Crinita. bot. Us deux genres établis sous ce nom par Houltuyn et Mœnch, n’ont été ni l’un ni l’autre adoptés. Le Crinita Capensis d’Houltuyn est le Paretta cafra. Les Crinita linearifolia et punctala de Mœnch sont deux espèces du genre Chrysocomc.
CRINIUM. bot. y. Crmulas.
CRINODENDRE. Crinotlendron. bot. Genre établi par Molitia (llist. nat. du Chili, 179), adopté parCavanilles (Dissert. 5, p. 500, t. 158, fig. 1) et par Jussieu, mais dont on u’a pu encore bien déterminer la place dans la série des ordres naturels. 11 appartient à la Mona-
Digit
dc1|ihie Décandrie. Caractères : fleurs incomplètes ; calice pélaloïde, subcampanulé, formé de six sépales rapprochés et contigus latéralement ; étamines, au nombre de six, monadelphes par la moitié inférieure de leurs filets : la moitié supérieure est libre; anthères ovoïdes et dressées; ovaire stipère, ovoïde, terminé par un style simple, subulé, un peu plus long que les étamines. Le fruit est une capsule coriace, trigone, à une seule loge, s'ouvrant avec élasticité par son sommet,
* et contenant trois graines arrondies, à peu près de la grosseur d’un Pois, l ue seule espèce constitue ce genre, c'est le Crinodendron Pal agita, grand arbre élégant, toujours orné de son feuillage, et dont le tronc a jusqu'à sept pieds de diamètre. Scs feuilles sont opposées, péliolées , lancéolées , dentées en 6cie , d'un vert clair, dépourvues de stipules; les Heurs, qui exhalent l'odeur du Lis, sont portées sur des pédoncules axillaires et uniflores. Ce bel arbre, originaire du Cbilf, y est connu sous le nom vulgaire de Patagua.
CRINOÏDES. Crinoidea. êcbix. Famille établie par Millier pourles animaux du genre Encrine de Lamarck. Muller a publié, en 1821 , un excellent et bel ouvrage ! sur ces êtres. Il est intitulé IIistoii*e naturelle des Cri- | noldesou Animaux eu forme de Lis, avec des observa- ! lions sur les genres Astérie, Euryale, Comalule et Mar- I supites (un vol. in-4°, avec gravures enluminées). Ce sont des animaux à colonnes rondes, ovales ou angu- ; laires. composées de nombreuses articulations ayant à leur sommet une série de lames ou de plaques formant un corps qui ressemble à une coupe contenant les viscères. Du bord supérieur de ce corps sortent cinq bras articulés, se divisant en doigts lentaculés. plus ou moinsnombreux. qui entourent l’ouverture de la bouche située au centre d'un tégument écaillé, qui s’étend sur la cavité abdominale, et qui peut se contracter en forme de cône ou de trompe. Tous les Crinoïdes adhèrent à des corps solides par des appendices radiciformes; ce sont des animaux fixes ou dépourvus de la faculté locomotive. Les colonnes et les fragments de colonnes des Crinoïdes, si communs dans les terrains à Fossiles, soit anciens, soit modernes, ont attiré l'attention des naturalistes dès la plus haute antiquité. Les noms qu’on leur a donnés, fondés sur des idées superstitieuses, sur leur ressemblance avec d'autres corps et sur leur usage, variaient beaucoup. On les nommait Grains de rosaire, Larmes de géants. Pierres de fée. Pierres à roue, Torchltes, Entrochites, Astéries, Pierres étoilées, etc. Agricola considérait ces corps comme des infiltrations inorganiques, semblables aux Stalactites. D'autres les ont regardés comme désarticulations vertébrales de Poissons, comme des Coraux, etc., et quelques-uns, qui ont plus soigneusement observé la colonne et sa terminaison, les ont comparés aux plantes, d’où le nom de Lis pierreux a été donné aux extrémités I supérieures du genre Encrinus. Lhuid a été le pre- ! mier qui les ail considérés comme faisant partie d’un animal étoilé, et quand celte idée fut accueillie par des observateurs, quand il fut admis qu'ils appartenaient probablement à l'Astérie (l'Euryale Slelléridc de La- i inarck). et qu'ils pouvaient même exister dans des mers lion encore explorées, on commença des recherches <
t pour tâcher de les découvrir dans un état dévie ou au moins récent. Bientôt parut pour la première fois le Pennatula Encrinus de Linné, qu'Ellis décrit comme i une Hydre. Mais un plus sévère examen a prouvé qu'il ; diffère si matériellement de l'Encrinite, qu’il a fourni à Lamarck le type de son nouveau genre Umbellularia.
! Peu de temps après, on trouva une portion d'animal, qui ressemblait aux colonnes astériales, si fréquentes ' dans les terrains secondaires, offrant les mêmes carac- ! tères génériques. Linné a improprement classé celle i espèce dans le genre lais sous le nom ù' J sis Aster in,
| erreur que Lamarck a rectifiée en plaçant cette échinite dans son genre Encrinus , sous le nom d'Encrinus ; coput Medusm , et Lamouroux l’a reportée dan» le genre Pentacrinitcs , en conservant le nom spécifique , adopté par Lamarck.
Quelques espèces, comme le Cyathocrinites rugosus , se trouvent parmi les plus anciennes traces de restes organiques dont la gangue est une Pierre calcaire de transition. D’autres espèces des genres Poteriocrinitcs et Cyathocrinites se rencontrent dans les premiers terrains secondaires, dans tous ceux qui ont succédé jusqu'à ceux de l'époque actuelle, puisque l'on en rencontre une espèce encore vivante dans nos mers, mais très- rarement. VApiocrinites rotundus ne se trouve qu'adhérent à un lit de formation oolitlüque, et VApiocrinites ellipticus dans la Craie et dans le Calcaire jurassique. Il parait aussi que beaucoup d’espèces de Crinoïdes ont été très-généralement distribuées sur notre globe, tandis que d'autres ne s'observent que dans des localités très-circonscriles.
Le caractère essentiellement distinctif de la famille des Crinoïdes est la colonne formée d'articulations 1 nombreuses, qui la séparent des Polypes, tandis que les bras et les doigts qui entourent la bouche, prouvent son affinité avec les Slelléridc». Les téguments des Crinoïdes paraissent avoir joui de la faculté de former, par sécrétion, un nombre de concrétions calcaires, qui sont devenues des articulations ou ossiculcs composant ce qu'on peut appeler le squelette de l'animal. On ne peut pas, il est vrai, les nommer strictement des os, depuis que cette dénomination est presque limitée par l’usage aux parties constitutives des animaux à vertèbres, au lieu que les concrétions ossiculaires des Crinoïdes ont, en plusieurs points (et probablement aussi dans leur composition chimique), une plus grande analogie avec les plaques du test des Oursins et les articulations des Astéries. Quelle que soit la différence, tant pour la disposition que pour l'arrangement, qui existe entre les ossicules et les os des animaux à vertèbres, ils ont évidemment les mêmes usages généraux, ils sont destinés à former la charpente solide de tout le corps, à protéger les viscères,et, autant qu'on peut raisonnablement le croire aujourd’hui, à former les points d’attache d'un système musculaire régulier. Les dépressions et les trous qui se voient dans les ossicules prouvent que le tégument gélatineux, qui les recouvrait, était doué de l'action musculaire, et pouvait produire les effets qui résultent de cette action. Le mouvement des bras, des doigts et des tentacules, ne pouvait avoir lieu que de celte manière. Sur le sommet de la colonne sont
aogle
placées des séries d'ossicules que leur position et leur usage ont Fait nommer le bassin, les épaules, les jointures des plaques costales et intercostales, qui varient de nombre, et qui manquent partiellement dans quelques genres. Ils Forment (avec les plaques de la poitrine et de la tête) une sorte de corps sous-globulaire ayant la bouche au centre, et contenant les viscères et l'estomac de l’animal , d’où les fluides nourriciers sont portés par un canal alimentaire, dans la colonne, aux bras et aux doigts tentacules. Lorsque ces ossiculessont courts et épais, qu'ils sont liés par des surFaces régulièrement articulées, comme dans les Apiocrinite» , ou ankylosées peut-être ensemble, comme dans les Eugeniocrinites , Muller les nomme des joints. Quand Jls prennent une forme plus variée et plus plate, et qu'ils n'adhèrent que par des sutures recouvertes d’un tégument musculaire, il les appelle plaques. La différence de ces modes de structure a mis à même de Former quatre divisions dans la Famille des Crinoïdes, et comme le noinhre de plaques ou joints sur lesquels l’épaule est assise, et aussi le nombre des doigts et l'arrangement des phalanges varient, ils offrent, avec la forme de la colonne, de bons caractères pour établir des genres et déterminer des espèces. 11 est à présumer que les Crinoïdes se nourrissaient d'animaux moins solides qu’euxmêmes, probablement d’infusoires, de Polypes, de Méduses, etc. Ce qui rend la chose plus certaine, ce sont leurs nombreux doigts teutaculés, formant un admirable appareil rétiforme, pour saisir les corps les plus petits. Muller pense que les Crinoïdes ne se propageaient que par des œufs, leur structure organique, si compliquée, ne leur permettant pas de s'accroître parla séparation des parties de l'animal ou par des bourgeons. Les accidents multipliés auxquels sont exposées les nombreuses parties constituantes des Crinoïdes, font croire qu'ils possédaient la faculté de réparer leurs perles par la reproduction de ces mêmes parties, et l’échantillon du Pentacrinua caput Medusœ , que possède depuis peu John Tobin , semble en donner une preuve évidente.
La manière dont les nombreuses concrétions ossiculaires sont liées ensemble par une substance musculaire, gélatineuse, rend leur séparation après la mort de l'animal très-aisée à expliquer; elle démontre également pourquoi les échantillons parfaits sont si rares dans l'étal fossile.
Les animaux qui composent celte famille sont classés dans trois grandes sections, et répartis en neuf genres.
1. Crinoïdes artici i.ts : genres Apiocriniles, Pentacrinites, Encriniles.
2. Crinoïdes a déni articci.és : genres Potériocrinites, Cyathocririiles , Actinocriniles, Rhodocriniles, Plalycrinites.