II. Fleurs terminales
Daphaé de la Cuise. Daphné Sinensis, ï.amk., Daphné odorata, Ait., Jacq., Dort. Schœn. T. m, p. 34, t. 351. Arbuste rameux; feuilles ovales, glabres et luisantes; fleurs réunies au sommet des rameaux où elles forment des capitules ; elles sont pédicellécs, rougeâtres, puhcscentes en dehors; elles répandent une odeur très-suave. On cultive celte plante en orangerie.
Daphs£Gnidiex. Daphné Gnidium, L. Arbuste commun dans le Midi. Tige de deux ù trois pieds, rameuse, garnie de feuilles très-rapprochées, lancéolées, étroites, molles et un peu puhescentes. Les fleurs forment une sorte de petit corymbe au sommet des ramifications des branches; elles sont petites, inodores, soyeuses en dehors, légèrement roses en dedans. Il leur succède de petits drupes secs, noirâtres, très-peu charnues. Cette espèce est la plus intéressante du genre. Son écorce est employée en médecine sous les noms de Garou ou de Saint-Bois. Elle est fibreuse, dure, résistante, grise en dehors, jaune en dedans. Sa saveur est amère, extrêmement âcre. Appliquée sur la peau, après avoir été ramollie dans du vinaigre pendant quelques heures, elle en détermine la rubéfaction et l'inflammation. Si on l’y laisse pendant plusieurs jours, en ayant soin de la renouveler, elle donne lieu à la formation d'ampoules
et, par suite, à un exutoire. On prépare aussi avec cette écorce une pommade épispastique. Cette propriété irritante du Garou existe non-seulement dans l'écorce, mais encore dans les feuilles et les fruits de toutes les autres espèces de ce genre, qui peuvent être employées comme le Garou.
Dapbié odorant. Daphné Cneorum, L., Bull. T. 121 ; Daphné odorata, Lamk., Fl. fr. Cette espèce, qui croit en France, s'élève à peine à uri pied. C'est un arbuste rameux. â feuilles éparses, sessiles, cunéiformes, lancéolées. très-entières, coriaces, persistantes, d’un vert foncé, luisantes en dessus. Les fleurs rougeâtres, presque sessiles, constituent une sorte de capitule terminal, et répandent une odeur extrêmement suave. Le fruit est un drupe ovoïde , soyeux et fort peu charnu. — On possède une variété à fleurs blanches. Le Daphné odorant se cultive en pleine terre.
Le Daphné Laghetta de Swarlz forme le genre Laghetta de Jussieu.
DAPHNES. moll. Poli (Test, des Deux-Sicilcs) donne ce nom aux animaux qui habitent les Arches.
DAPHNIE. Daphnia. crlst. Genre établi par Mtlller, et rangé par Latreille dans la famille des Lophyropcs. Caractères : test bivalve; tête apparente, avec deux antennes ; huit à dix pattes; un seul œil; une queue. Quoiqu'éludiées par un grand nombre de naturalistes, entre lesquels on remarque Schœfler, Swammerdam, Degéer, Muller, Dose et Cuvier, les Daphnies étaient jusque dans ces derniers temps très-peu connues sous le rapport de leurs mœurs. Straus (Mém. du Mus. d'Hist. naturelle, T. v, p. 380) et Jurine (Histoire des Monocles, p. 85) en ont donné une histoire très détaillée et fort complète. Il résulte particulièrement des travaux de Straus que les Daphnies diffèrent essentiellement des Cypris par leur système respiratoire, et qu'elles sont de véritables Branchiopodes, ainsi que les Lyncées, les Apus, les Limnadies, les Cyclopes, les Braticbipes, les Polyphèmes cl deux autres genres nouveaux qu’il se propose d'établir avec la Daphnia crislallina de Muller, et sa Daphnia setifera. Quant aux Cypris et aux Cythérées, il les place dans un ordre nouveau qu’il désigne sous le nom d’Ostrapodes. F. ce mol. Nous extrairons du Mémoire de Straus les faits relatifs à l'organisation du genre dont il est ici question, en faisant remarquer que ces observations ont été faites sur une ! des espèces les plus communes, la Daphnie Puce, Daph- ' nia Pulex. Le corps est comprimé, allongé, recouvert | par un lest bivalve, à la partie antérieure duquel on voit sortir la tète; les valves du lest sont réunies sur le dos , et formées d'une substance très-mince, flexible, incolore; leur circonférence est parfaitement lisse; I mais, vers leur centre, elles sont marquées de lignes enfoncées, formant entre elles un réseau à mailles carrées; la tête est très-distincte et couverte d’une écaille plus solide que celle du reste du corps; en dessous on i voit qu’elle sc prolonge en un bec très-prononcé, triangulaire, se dirigeant un peu en arrière en se rapprochant des valves; à la partie antérieure on remarque j intérieurement un point noir qui est l'œil unique de ces animaux ; sa forme est celle d’une sphère d’environ i un quart de millimètre de diamètre, et mobile sur son
centre; sa surface est garnie d'une vingtaine de cristallins parfaitement limpides, placés à de petites distances les uns des autres, et s'élevant en demi-sphère sur un fond noir formant la masse de l'œil. Ces cristallins, étant dirigés dans tous les sens, forment par leur réunion un œil composé semblable à peu près à ceux des Insectes; la tète présente, à l'extrémité du bec, les antennes ayant dans la femelle l’apparence de deux petits mamelons uniarliculés, et terminés par un faisceau de poils roides et courts accolés les uns aux autres, et simulant un second article; ces antennes sont à peine perceptibles dans la femelle du Daphnia Pulex; mais dans le Daphnia Macrupns , elles deviennent très-longues, principalement dans le mâle de la première espèce. La bouche est située à la partie inférieure du corps, immédiatement en dedaus du bord antérieur des valves, près de la base du bec; elle sc compose d'un labre recouvrant la bouche en dessus, de deux mandibules très-fortes, sans palpes, ni branchies, ni dentelures sur leur partie incisive, de deux mâchoires dirigées horizontalement en arrière, et présentant à leur extrémité postérieure un long disque aplati par les côtés. Ce disque porte à son bord supérieur quatre épines cornées, très -fortes, dont les trois antérieures se prolongent en longs crochets fortement recourbés en avant et en dedans.
La portion du corps des Daphnies, qui fait suite à la tête, est grêle, allongée et libre dans l'intérieur des valves; elle sc compose de huit segments. Le premier, beaucoup plu6 considérable que le suivant, donne seul attache aux deux valves; mais au second segment, le corps diminue subitement de diamètre vertical et laisse un fort talon en dessus; de manière que, dans le reste de son étendue, il demeure fortement écarté de la crête dorsale des valves, en ménageant entre elles cl lui un grand espace vide dans lequel la femelle porte ses œufs après la ponte. Le sixième segment supporte en dessus des mamelons coniques, dont le premier seul se prolonge en forme de languette et se recourbe en dessus et en avant pour venir s’appuyer contre la voûte que forment les valves, et fermer ainsi poslérieurcmcul l’espace vide destiné à recevoir les œufs; l'avant-dernier segment porte à son origine un mamelon à peu près semblable; enfin le dernier segment présente postérieurement un grand évasement longitudinal bordé de chaque côté par deux arcs dentelés ; c'est dans l'intervalle des deux premiers que vient s’ouvrir l'anus, et le segment se termine lui-inémc par deux grands crochets cornés, dirigés au-dessous; les segments antérieurs du corps supportent des organes locomoteurs, qui consistent en une paire de rames branchues, insérées latéralement sur la base de la tête. Muller a considéré ces rames comme des antennes ; Slraus pense qu'elles ne sont autre chose que la première paire de pieds. En arrière de ces deux appendices branclius , on trouve cinq paires de membres très-différents des rames et différant même beaucoup entre eux tant pour la forme que pour la grandeur et les fonctions. Les deux premières paires sont placées immédiatement en arrière de la bouche , sous le premier segment, tandis que les trois autres sont fixées aux trois segments suivants. Ces
membres , qui représentent les derniers pieds de l'animal, ne servent cependant plus en aucune manière à la locomotion, comme quelques auteurs l'ont avancé, mais se trouvent modifiés pour servir à d'autres fonctions, celles de la préhension et de la respiration; la locomotion s’exerçant exclusivement par le moyen des rames, l.es branchies qui, en général, tiennent plus ou moins immédiatement aux pieds et aux mâchoires dans les Crustacés, se trouvent dans les Daphnies tellement identifiées avec les membres qu’il est très -difficile de reconnaître si tout le membre s'est converti en branchies, ou si ces dernières n’en sont que des appendices, ces organes étant trop petits pour qu'ou puisse décider celte question en examinant leur organisation intime. Quoique la forme de ces membres ne ressemble plus à celle que les pieds ont habituellement chez les Crustacés, on y distingue néanmoins encore quatre principales parties qui semblent être les analogues de la hanche, de la cuisse, de la jambe et du tarse. Nous lie suivrons pas Straus dans la description détaillée qu’il fait de ces ap|>endices.
Le système nerveux, difficile à observer dans un animal aussi petit que la Daphnie, se compose d’un cerveau situé à la partie postérieure de la (été, en avant de l'œsophage , et formé «le deux lobes placés à côté l’un de l’autre; de la partie supérieure et antérieure de la commissure des deux lobes part le nerf optique, sous la forme d'un gros tronc fort court, se dirigeant vers l'œil et se renflant bientôt pour former un ganglion optique, d'où part un faisceau de petits nerfs qui se portent dans l’intérieur du globe de l'œil. *
Le système circulatoire consiste en un cœur situé dans le dos du premier segment, c'est une vésicule ovoïde, fixée par sou extrémité antérieure, où elle donne probablement naissance à une artère. Les contractions de ce cœur sont rapides cl isochrones. Straus a compté jusqu'à deux cent soixante pulsations dans une minute.
Le canal intestinal peut être divisé en deux parties: la première , ou ('œsophage, est uii canal très -court, étroit, légèrement arqué, s'étendant de la bouche, obliquement en avant et en haut, et qui pénètre dans la tête , pour venir se terminer immédiatement en arrière du cerveau. La seconde portion, ou l'intestin, a la forme d'un gros vaisseau diminuant légèrement de diamètre d'avant en arrière , se courbant dans ce sens et aboutissant à l’anus, sans avoir présenté de circonvolution ni de changement dans sou diamètre; près de son extrémité cardiaque, cet intestin offre de chaque côté un cœcuin. L'œsophage est agité par des contractions fort distinctes, et l'inlesliu éprouve des mouvements péristaltiques continuels.
Les femelles ont deux ovaires placés le long des côtés de l'abdomen , depuis le premier segment jusqu'au sixième où ils s’ouvrent chacun séparément sur le dos de l'animal. Les œufs en sortent et ils sont conservés pendant quelque temps, jusqu'à la ponte, dans la cavité qui existe entre la coquille et le corps. Muller cl d'autres flaturalisles, ayant trouvé les œufs accumulés ainsi vers ce point , avaient donné le nom d’ovaire à celte région. Celte parlie du tèt devient opaque à certaines époques de l’année, et parait composée d’ampoules ova-