‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 77 sur 116 · D AP · texte numérisé non relu

D AP

laires, transparentes, formant deux capsules. Son usage alors est de contenir les œufs et de les protéger, afin qu'ayant passé l'hiver, ils puissent se développer au printemps. Muller a donné à ces pièce» opaques le nom ù'Ephippiutn. Slraus a observé que les jeunes Daphnies éclosent dès la vingtième heure après la ponte, et ! que d'abord elles n'ont aucune forme qui puisse les caractériser; elles n'nffrenl alors qu'une masse arrondie et informe sur laquelle on remarque des rudiments d'appendices collés contre le corps. La tête n’est point apparente. Ce n’est que vers la quatre-vingt dixième heure ; que ces fœtus commencent à se mouvoir ; à la centième i heure, leurs mouvements sont déjà très-actifs. Enfin, vers la fin du cinquième jour, la queue qui termine les valves, dans le jeune âge, se débande comme un ressort ainsi que les soies du bras ; les membres branchifères commencent alors seulement à s'agiter; les jeunes étant capables de paraître au jour, la mère abaisse son abdomen , et les petits s'élancent au dehors. Jurine a principalement étudié les changements que l’embryon éprouve dans ce genre qui est assez nombreux en espèces.

Dapbxie PCCB. Daphnia Putcx, Latreille et Lamarck; Pu/ex arborcus, Swamincrtiuin ; Monoculus Pulcx, Linné et Jurine (/oc. cil., p. 85. pl. 8, 9, 10, 11); c'est aussi le Perroquet d’eau de Geoffroy. Elle est très-commune dans tous les étangs, et on doit la considérer comme le type du genre. K., pour les autres espèces , Straus ( loc . ci/.), Jurine (/oc. cil.). Muller ( Enlo iHostr. S. luscct. Teitacea, p. 79, pl. 12, 15. 14), etc.

DAPI1KIPHYLLE. Daphniphyllum. bot. Genre de la famille des Rhainnées, établi par Diurne ( Bydrag., Flor. Ind. 1152) qui lui assigne pour caractères : (leurs dioïques; calice infère, petit, crénelé; corolle nulle; Heurs mâles : six à dix étamines à filaments courts , connés à leur base; anthères dressées, létragones. Fleurs femelles : ovaire à deux loges renfermant chacune deux ovules ; stigmate sessile, bifide; drupe ovale, couronné par le stigmate, à noyau fibreux, monosperme. Le Dapiixiphylle glauque est un arbre à feuilles éparses, oblongues. lancéolées, très-entières, glabres, glauques en dessous et privées de stipules; les Heurs sont disposées en grappes simples et axillaires. De Java.

DAPHMTE. bot. Alcaloïde obtenu par Yauqtielin, de l'analyse des diverses espèces de Dapbnés ; il cristallise en prismes réunis en faisceaux incolores, transparents, brillants, très -solubles dans l'eau chaude, l'alcool et l'éther; il a une saveur âcre et persistante; il est trèsvolatile; H verdit les couleurs bleues végétales; il est décomposé par l'acide nitrique qui se convertit en même temps en acide oxalique.

DAPHN1TIS. bot. Le genre Laurophylla, de Tliunberg. laisse sans doute beaucoup à désirer dans sa constitution caractéristique; mais, comme depuis on n'a fait que changer son premier nom en celui de Daphnitis, la science n'y a gagné qu'une superfluité de no- . menclature. V, Lacropbyllb.

DAPUN01DES. bot. V. Thymêlées.

DAPHNOT. bot. V. Boxtia.

DAPSE. I)apsa. ms. Coléoptères trimères; genre de la famille des Fungicolcs, formé aux dépens des Eu-

I morphes. par Zieger qui lui donne pour caractères distinctifs : massue anlennaire étroite, allongée, â articles écartés latéralement, et dont le dernier est presque ovoïde; comme aux Euinorphrs, les palpes maxillaires sont filiformes et les deux derniers articles des labiales forment, réunis, une massue triangulaire; le pénultième article des tarses est profondément liilobé.

Dapse de Kirby. Dapsa Khbyana ; Eumorphus Kirbyanus, Lalr. D’un noir luisant; corselet un peu aplati, très-échancré antérieurement, presque aussi large que les élvtres, légèrement rebordé et marqué, vers les côtés, d’une ligne enfoncée; élvtres sans rebord, un peu convexes, ayant chacune deux taches irrégulières jaunes. $a taille est d'environ trois lignes. Il se trouve dans l’Inde, avec deux ou trois autres espèces.

DAPSILOPHYTES. Dapsilophytœ. bot. Keclttr emploie ce mot pour désigner les plantes qui ont un grand nombre d’étamines.

DAPTE. Daptus. ms. Coléoptères pentamères, genre de la famille des Carnassiers , tribu des Carabiques, établi par Fischer, pour quelques Insectes peu connus et que l’on avait disséminés dans les genres Àvinopun et Ditoma. Caractères : tête et extrémité antérieure du corselet aussi larges ou plus larges que l'abdomen ; paraglosses assez larges relativement à la languette propre, cl arrondis au bout; second article des antennes un peu plus gros que les suivants, les six derniers raonnliformes ; corselet rétréci brusquement à sa partie postérieure, vers ses angles qui se terminent en pointe; l'une des mandibules avancée et très-pointue; les quatre jambes antérieures, surtout chez les mâles, sont médiocrement épineuses.

Daptk bavé. Daplus viltatu», Geblcr; Daptuspictu*, Fischer. D’un jaune lestaré en dessus, avec une tache noirâtre, oblongue, au milieu de chaque élytre; yeux arrondis et saillants; corselet ridé transversalement , avec line impression arquée près des angles; écusson grand et triangulaire; dessous du corps d'un brun noirâtre ; antennes et pieds lestacés. Taille, quatre lignes. De la Russie méridionale. Dejean a nommé une autre espèce, Daplus invrassatus ; elle est de l'Amérique septentrionale.

DAPTR1US. ois. E. Ibibir.

DARADEL. bot. Synonyme vulgaire d'Alalerne, espèce du genre Nerprun. E. ce mot.

DARD. pois. Synonyme vulgaire d'Able Vaudoise.

DARD. rept. oph. Ce nom a été donné à plusieurs Serpents des genres Acontias, Couleuvre cl Vipère.

DARDANA. bot. E. Bardaxre. Dans Dioscoride, Dar- ■Alfis parait être synonyme de Cuscute.

DARKE. Darea. bot. Genre de Fougères, établi sous ce nom par Jussieu , et sous celui de Cœnopteris par Bergius et Swartz. Les espèces qui le composent sont caractérisées par leur fructification, disposée en petites lignes, près du bord de la fronde, couvertes chacune par un tégument né d'une veine marginale, et s'ouvrant en dehors. Les Darées. au nombre d'une vingtaine environ, sont toutes exotiques et ont généralement le port des Fougères d'Europe ( Athyrium et Polystichum). Rergius rapportait au genre Darea ou Cœnopleris , 1° le Darea furcata , Willdcnovv , jolie

petite Fougère que Jacquin place dans les Adiantum, et que le docteur Rlume a rétabli dans son genre primitif, d'après les observations qu’il a faites à Java, où il en a reconnu trois variétés qu’il a distinguées par les surnoms de elonguta , pallida et rigida ; 2" le Darea rulœfolia, W.; 3° le Darca cicutaria , W., que Swartz avait d'abord réuni aux Asplénium ; et 4° le Darea v iripara, W., dont Linnæus fils avait fait un Acrostichum.

Tbunberg et Swartz ont adopté le nom générique donné par Bcrgitis ; mais Smith cl Willdenow ont pris celui de Darea donné par Jussieu. II. Brown prétend que ce genre ne diffère pas de Y Asplénium. Voici l’indication de quelques espèces de Darea.

DarEe mollet. Darea flaccida , W.; Cœnopteris flaccida , Thunb., Not. Act. Pet., t. 9, D. F. 1, 20; Schkuhr. , Suppl., tab. 82; Asplénium / laccidum , Forst., Prod. Fronde ailée; frondules alternes, lancéolées; les stériles largement et irrégulièrement dentées; les fertiles presque ailées, à découpures entières, obtuses. Elle' croit à la Nouvelle -Zélande, où Forster l'a observée.

DarEe appexdicllEe. Darea appendiculata , W. ; Cœnopteris , Labill., Nov.-Holl 2, tab. 243. Fronde ailée; frondules alternes, presque ailées, appendiculées ù la base, et à découpures lancéolées, linéaires, obtuses ou bidenlées. Cette espèce a été observée au cap Van- Diemcn . à la Nouvelle-Hollande, par Labillardière , et dans l'île de Java par le docteur Itlume.

DarEe a peüilles de rle. Darea rulœfolia , W.; C«fnopteris rulœfolia , Berg., Act. Petr., 0, t. 7, f. a. Frondes deux fois ailées; frondules et petites frondules alternes ; de ces dernières, les inférieures sont pinnatifides, et les supérieures simples, linéaires, obtuses; rachis comprimé. Très-belle espèce qui croit au cap de Bonne-Espérance.

DarEe a pel illis de fcmeterre. Darea fumarioides , Humb. et Kuntb. Frondes deux fois ailées, à subdivisions alternes; frondules un peu pétiolées, linéaires, obtuses, partagées jusqu’à la base en deux languettes, également partagées en deux; celles de l'extrémité de la frondule entières. Les deux paires de frondules inférieures sont ailées, et offrent la même structure que les petites frondules des autres. Cette Fougère, dont les frondes sont longues de trois à cinq pouces et portées sur un stipe haut de six poucel, croit naturellement à Caracas, dans l’Amérique méridionale.

DarEe proliféré. Darea proliféra, W. Frondes deux fois ailées; frondules alternes, terminées par une foliole en queue. Les autres folioles sont linéaires, décurrentes, arquées, presque bidenlées au sommet; frondules inférieures deux fois ailées et à rachis prolifère. Celle Fougère a deux pieds de hauteur; scs frondes pendantes prennent racine par leur extrémité amincie. De l'ile de Bourbon.

DarRe sillefeoille. Darea myriophylla , W.; Cœnopteris myriophylla , Sw. Fronde trois fois ailée; frondules alternes, à folioles oblongues ou elliptiques, obtuses, confluentes; celles du bas lobées; rachis ailé. Cette espèce croit dans les fentes des rochers, à la Jamaïque.

Darée du Japov Darea Japonica, W.; Cœnopteris, Thunb., A'or. Act. Petr., 9, t.C., f. 2. Fronde trois fois ailée; frondules alternes, à folioles pétiolées, ohlougues, pointues, pinnalifldes.cl à découpures lancéolées, acuuiinées, trifldes ou entières. Celte Fougère croit sur les lieux monlueux, au Japon.

DARDS, rot. On donne ce nom aux poils qui sont trèspénétrants, comme ceux de l’Ortie, des gousses de quelques Dolics, etc.; ils laissent dans le tissu dermoïde une impression douloureuse, qui se prolonge plus ou moins longtemps, et que quelques physiologistes attribuent à un principe particulier, sécrété par le bulbe du poil.

DARINYPUYTES. Darinyphytes. bot. Plantes dont le fruit, sec. s'ouvre spontanément.

DARLINGTONIE. Darlingtonia. bot. Genre de la famille des Légumineuses, établi par De Camlolle aux dépens du genre Acacia de Willdenow, et qu'il a dédié au botaniste américain Darlingtori. Caractères : fleurs hermaphrodites ; cinq pétales distiucls ; cinq étamines ; légume bivalve, continu, sec, lancée la ire et oligosperme. Les Darliugtonies sont des plantes vivaces, glabres, à feuilles bipennées, dont les folioles sont plus ou moins nombreuses; à fleurs blanches, réunies en capitules axillaires, solitaires et pédoncules.

Darlinutoxie bracovlore. Darlingtonia brachv~ loba, DC. ; Acacia brachyloba , Willd. ; Mimosa itlinoensis , Midi. Plante herbacée, glabre, dépourvue d’épines; feuilles composées de six à huit paires de pinnules qui ont chacune de seize à vingt-quatre paires de folioles linéaires; capitules solitaires, axillaires et pédoncules; légume dressé et lancéolé. Amérique du Nord.

Darlisgtosie glaxdelecse. Darlingtonia gtandulosa, DC.; Acacia gtandulosa, Willd.; Mimosa glandttlosa, Midi. Plante herbacée, inemie, à feuilles composées de douze à quatorze paires de pcnnules, ayant chacune de vingt à trente paires de folioles linéaires, séparées par de |>elilcs glandules; capitules solitaires, axillaires, pédoncules; légume courbé en faux. Amérique septentrionale.

DARLL'CA. bot. Le genre établi, sous ce nom, par Raffinesque, dans sa famille des Yihurnidées, avait pour type YIxora A mérita na. Ce genre n'ayant pas été adopté par les botanistes, De Candolle en a fait une section de son genre Faramea de la famille des Rubiacées.

DARNAGASSE. ois. Syn. vulg. de Pie-Grièche grise.

DARNIDE. Durais, ns. Genre de l'ordre des Hémiptères, établi par Fabricius pour des espèces propres aux pays chauds, el particulièrement à ( Amérique méridionale. Latreille réunit ce petit genre aux Membraces. P. ce mot.

DARRY. geol. P. Toi rue.

DARTE. Darius, bot. Genre établi par Loureiro qui le caractérise ainsi : calice quinquéfide; corolle monopélaledonl le luise, plus long que lecalice, s'élargit en globe, el dont le limbe se partage en cinq lobes étalés, cinq étamines à anthères commentes , à tilets grêles, qui, insérés au milieu du tube, n'en dépassent pas la longueur; un style très-court ; un stigmate à cinq lobes; un ovaire lisse, qui devieul une baie uniloculaire et polysperme. Ce genre, qui semble se rapprocher des Solauées, ne comprend qu'une seule espèce. C’est un

Dioiti

r as

arbuste haut de six pieds environ, à Feuilles portées sur des pétioles routes et alternes, molles, ovales-arumtnées, dentées, tomenteuses à leur surface inférieure, à fleurs blanches disposées en grappes axillaires longues et grêles. Il croit dans la Cochinchine ainsi qu'à Ainboine où l‘a observé Ruinph qui le décrit et le figure (Hcrb. Amb.f iv, tome 57) sous le noin de Perlarius.

DARWIKIE. Darwfnia. bot. Genre de la Décandric Monogvnie, L., fondé par Rudgc en l'honneur de Darwin qui, dans un poème élégant, a célébré les amours des plantes. Caractères : calice nul; corolle monopétale, infumlibulifurme; tube élargi au-dessous de sa partie supérieure et un peu resserré vers l’entrée; limbe à cinq divisions ovales, aigues et se recouvrant par un de leurs bords; dix étamines à filets très-courts, insérés presque au sommet du tube, et disposés sur deux rangs ; anthères réniformes; ovaire supère, comprimé et comme unilatéral, surmonté d'un style du double plus long que la corolle; stigmate simple. Le Darwinia fasciculans est un arbrisseau de la Nouvelle-Hollande, dont la tige porte des rameaux rudes et nombreux , ainsi qu'un grand nombre de feuilles linéaires, disposées en faisceaux épais et parsemés de points glanduleux ; les fleurs sont terminales, glabres et réunies en capitules au sommet des liges.

DASAN. «oll. Synonyme de Palella ttimbosa, L. V. FlSSl BELLE.

DASClI.LK. Dascillus. irts. Genre de Coléoptères pentamères, établi par Latreille, dans la famille des Serricornes, tribu des Cébrionites. Ses caractères sont : antennes simples; mandibules peu saillantes, presque triangulaires, entièrement découvertes; dernier article des palpes tronqué ou très-obtus ; corps ovale. Le genre Dascille que Paykull, et depuis lui Fabricius, ont désigné sous le nom d * A topa , a beaucoup d'analogie avec les Cébrions et les Ëlodes; mais il diffère des premiers par les antennes, les mandibules et les tarses, et des autres par la forme du corps et les palpes. On n’en connaît encore qu'un petit nombre d’espèces ; la plus commune est le Dascille Cerf, Dascillus Cerrus, Latr., ou la Chrysomela Cercina, L.,qui est la même que VA topa Certina de Paykull. Cet Insecte est propre au nord de l’Europe.

DASE. Dasus. bot. Loureiro, sous le nom de Dasus tertici/latus , décrit un arbre de la Cochinchine, à feuilles lancéolées, entières, ondulées, tomenteuses sur leur surface inférieure; à fleurs blanches, disposées en verticilles axillaires; elles présentent un calice tubuleux, court, coloré, divisé en cinq lobes obtus et peu profonds; une corolle monopétale, supère, cainpanulée, revêtue de toutes parts de poils nombreux, et dont le limbe se partage en cinq parties deux fois plus longues que le calice. Vers sa base sont insérés cinq filets courts, portant des anthères biloculaires et dressées; l'ovaire, arrondi, fait corps avec le calice; il est surmonté d’un style filiforme, qui égale la longueur de la corolle et se termine par un stigmate quinquéfide; il devient une baie dont la forme est celle d’un sphéroïde comprimé, et qui renferme une seule graine globuleuse. Tels sont les caractères que rapporte Loureiro, et qui sont insuf- I

] fixants pour faire reconnaître la famille à laquelle celte plante doit être rap|K>rlée.

DASYATIS. rois. y. Raie.

DASYBATE. pois. y. Raie.

DASYCÈRE. Dasyccrus. ms. Genre de Coléoptères trimères, établi par Alex. Brongniart, dans la famille des Fungicoles. Caractères : antennes grêles, de la longueur de la moitié du corps, remarquables par deux gros articles à leur base, et quatre articles globuleux , hérissés de poils à leur extrémité; chaperon avancé, couvrant la bouche; corps ovale, convexe; corselet hexagone; tarses filiformes. Le Dasycère sillonné. Dosycèrus sulcatus, a été trouvé en 17Ü9 dans un Bolet de la forêt de Montmorency, près Paris; il a deux millimètres de long; il est d'un marron fauve; les antennes sont placées devant les yeux; elles sont composées de onze articles; les deux premiers gros et globuleux; les cinq intermédiaires sont si grêles qu'on ne pourrait les distinguer. si chacun n’était un peu renflé ù l’une de ses extrémités; les quatre derniers, globuleux, (rès-disliucts, vont en grossissant vers l’extrémité de l’antenne; ils sont garnis de poils très-longs, un peu divergents; les yeux , peu visibles, sont placés sous deux saillies latérales de la tête, en forme de sourcil; le corselet, transverse, plus large que la tête, plus étroit que les élytres, est distinctement hexagone; il présente deux côtes élevées, inégales; les élytres convexes embrassent l’abdomen; elles ont chacune un rebord relevé et trois côte* aiguës, très-distinctes; l’espace intermédiaire est masqué de deux rangées de points enfoncés, un peu confondus, qui le font paraître chagriné; il n’y a point d’ailes dessous; les pattes sont courtes et simples; il est trèsdifficile de compter les articles des tarses, même au microscope; il parait cependant qu'il y en a trois, deux fort petits dont le premier est même presque caché dans l'articulation, et un troisième beaucoup plus long, qui porte les ongles.

DASYCLADE. Dasycladus. bot. Genre de plantes Hydrophylcs de la famille des Trimelloïdes, tribu des Characées, établi par Agardli aux dépens du genre Coc cochions, dont il se distingue par des filaments articulés et d'un jaune brunâtre, qui composent sa masse; ces filaments sont garnis aux articulations, de rameaux verticillés horizontaux; ils présentent à leur extrémité un tubercule renflé, contenant une poussière noire, qui constitue vraisemblablement les éléments de la reproduction. Ce sont des plantes marines que l’on retrouve à presque toutes les latitudes

DASYCLONON. bot. Syn. A'Aspidium Filix-Mas.

DASY’E. Dasya. bot. Agardh a formé, sous ce nom, un genre d’ilydrophiles dont le type est le Chondria pedicellata que l'on trouve dans les mers Atlantique et Adriatique. Ces plantes se composent de filaments rameux, purpurins, continus, qui se ramifient en pinceaux articulés et diebotomes. Les conceptaclcs sont en bec, pédicellés et ohlongs, contenant des globules distincts, à bords transparents.

DASYE. Dasyus. ms. Coléoptères pentamères; genre institué par Lepelletier et Serville, dans la famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides, avec les caractères suivants : antennes de neuf articles : le premier

conique, renflé antérieurement, le second court et globuleux, les trois suivants cylindriques et égaux, le sixième petit et cupulaire, les trois derniers formant une massue ovale-allongée et velue; labre et mandibules cachés; dernier article des palpes maxillaires assez gros et ovale; palpes labiales peu apparentes; tête presque carrée, avec ses angles un peu arrondis; chaperon tronqué antérieurement et rebordé; corps un peu déprimé en dessus; bords latéraux et postérieur du corselet arrondis; écusson grand, plus large que long; élytres recouvrant des ailes, et laissant à nu l'extrémité de Vabdomen; pattes de longueur moyenne; jambes assez courtes: les antérieures n'ayant qu'une petite dent au coté extérieur; les quatre postérieures cylindriques, ! renflées; crochets des tarses égaux : les antérieurs bifides. les intermédiaires cl les postérieurs entiers. On ne connaît encore qu'une seule espèce de ce genre, c'est :

Disye a collier. Dasyua rollaris, Lep. et Serv. IF est long de quatre lignes environ, noir, luisant, velu, ponctué, avec les deux premiers articles des antennes ferrugineux, ainsi que le dessus du corselet et les crochets des tarses. On le trouve au Brésil.

DASYGASTRES. ms. /''. Apmires.

DASYLOME. Dasrloma. rot. Genre de la famille des Ombellifères, Penlnndrie Oigynic, institué par De Candolle qui le caractérise ainsi ombelles dépourvues d'invotuere; bords du calice découpés; slylopodes déprimés; styles courts; fruit ovale, cylindrique, marqué de cinq côtes celluleuses, dont trois dorsales plus petites I et deux latérales plus grandes, et d aulaut de Vaîléculcs rétrécies; semences presque triangulaires, un peu convexes vers le dos, anguleuses â la commissure. Les deux espèces connues sont des herbes à liges fisluleusps, à feuilles décomposées en lanières étroites, presque filiformes ; les ombelles sont opposées, à cinq ou six rayons. Elles sont originaires de l'Inde.

DASYNÈMK. Dasyncma. bot. Genre de la famille des Dillcniacées, établi par Schott qui le caractérise ^ ainsi : calice de quatre h huit sépales; corolle nulle; | étamines nombreuses, velues, insérées sur un réceptacle I également velu; anthères s'ouvrant longitudinalement; trois ou quatre styles; capsule garnie de poils roides, à > quatre valves monospermes; semence arillée. Ce genre, voisin du Tel race ra , se compose de deux espèces de I l'Amérique du Sud, qui forment des arbustes à feuilles lancéolées plus ou moins longuement pcliolées.

DASYOR.NE. Daxyorni ». ois. Yigors et llorsfield ont érigé ce genre pour un Oiseau qui habite les environs de Paramalta, à la Nouvelle-Galles du Sud, et qui a les | plus grands rapports avec ceux dont llorsfield a formé j son genre Titnalia. Caractères ■ bec fort, un peu arqué, surmonté d’une arête carénée; mandibule supérieure à peine, échancrée; narines basales, ovales, longitudi- | riales, en partie recouvertes par une membrane; ailes ' courtes, arrondies; première rémige assez courte; : deuxième, troisième et quatrième progressivement plus I longues; cinquième, sixième et septième très-longues et j presque égales, les antres graduellement plus courtes; queue allongée, étagée, pieds assez robustes, médiocres; I pouce fort, muni d’un ongle assez long et arqué; tarses I sculellés en avant, lisses en arrière; bouche garnie de |

soies prononcées et retombantes. î.e Diasorxe austral, Diaxornis aitslralis, est d’un brun fauve en dessus, d’un brun plus pâle en dessous, avec la gorge et le milieu du ventre blancs; rémiges et rectrices d'un brun roussâlre; lectrices inférieures d’un brun fauve; bec et pieds grisâtres. Taille, onze pouces. Vigors pense que letTûteur.desOiseauxd*AfriquedeLevaUlant,doit faire partie du genre Dasyorne.

DASVPHYI.EE. Dasyphyllum. bot. Genre établi par Kunlh {in Humb. Not. Gen. 4. p. 17). faisant partie de la famille des Synanthérées, section des Barnndésiées. II ne se compose que d’une espèce , Daxyphyllum argenfeum , Kunth, loc. cil., t. 508. C’est un arbuste qui croit aux environs de la ville de Quito au Pérou; ses rameaux sont blancs, argentés, hérissés d’épines géminées; ils portent des feuilles alternes trèsrapprochées . presque sessiles. elliptiques, oblongues, terminées en pointe épineuse à leur sommet ; les capitules sont presque globuleux, groupés et rapprochés au sommet des ramifications de la tige; l'involucre est composé d’écailles imbriquées, coriaces, aigués, roides. disposées sur plusieurs rangées; les extérieures sont plus courtes et plus larges que les intérieures; le réceptacle est plan et couvert d'une très-grande quantité de poils dorés ; toutes les fleurs sont flosculeuses. hermaphroditeset fertiles; la corolle, qui est légèrement puhescente en dehors, a son tube courte! cylindrique, son limbe à cinq lanières égales, linéaires et étalées ; le tube anthérifère est nu à sa base ; l’ovaire est oblong, comprimé, velu ; le style saillant, terminé par un stigmate simple; le fruit est oblong. comprimé, velu, couronné par une aigrette scssile. composée de poils plumeux.

Ce genre est voisin du genre IJornadexia , dont il diffère seulement par le limbe de sa corolle à cinq lanières égales entre elles, par scs étamines dont les filets i sont libres, et par son stigmate indivis. Il a également des rapports avec le genre Liatris ; mais son port et son stigmate simple l'en distinguent facilement.

DASYPHYLLE. Dasyphylla. bot. ( Hydrophyteê.) Genre proposé par Stackhousc dans la seconde édition de la Néréide Britannique. Il se compose du Gigartina Dasyphylla , qu'il nomme Dasyphylla lf'oodicardii9 des Gigartina orticulata, ovalix, sedoides et tenuissitna. Il lui donne pour caractères : fronde gélalinosocartilagineuse, presque diaphane, à rameaux comprimés, avec des feuilles oblongues. renflées, éparses; fructification innée et terminale. Ce caractère ne convenant point aux espèces citées, et quelques-unes de ces espèces n'ayant que peu de rapports avec les autres, nous n'avons pas cru devoir adopter ce genre de l’algologuc anglais.

DASYPODE. Dasypoda. ms. Genre d'Hyménoptères, établi par Latreille, aux dépens des Andrèncs de Fabricius, et rangé (Règne Anim. de Cuv.) dans la section des Porte- Aiguillons, famille des Mellifères. tribu des Andrcnètes. Caractères : mâchoires allongées et fléchies â leur extrémité; lèvre inférieure allongée, renfermée à sa base dans une gaine cylindrique, terminée en une sorte de languette longue, souvent en partie plumeuse, finissant insensiblement en pointe, repliée en dessus dans le repos; deux divisions laté-

raies Irès-petites; palpes maxillaires filiformes, courtes, de six articles; les labiales de quatre et allonges; mandibules arquées, pointues; antennes filiformes ou grossissant un peu et insensiblement, courtes, de douze à treize articles. Les Itasvpodes différent des Collèles et des Hylées. par la division intermédiaire de leur lèvre en forme de lance , elles parlaient ce caractère avec les genres Andrène, Sphécode, llalicle et Nomie ; mais elles diffèrent de chacun d’eux par des caractères assez tranchés. Leur tète est verticale, comprimée, moins haute et moins large que le thorax; les mandibules sont simples ou n'ont qu'une dent au plus; la division intermédiaire de la lèvre parait recourbée; les mâchoires sont fléchies au milieu de leur longueur ou plus bas, avec le lobe terminal aussi long ou plus long que leurs palpes. On remarque des yeux ovales, distants l'un de l'autre, et trois petits yeux lisses situés sur une ligne presque droite occupant le vertex ; le thorax, presque rond, obtus aux deux extrémités, supporte quatre ailes dont les supérieures présentent deux cellules sousmarginales; les pattes antérieures sont courtes cl les postérieures grandes, écartées, avec le premier article des tarses aussi long ou plus long que la jambe ; ces jambes et ces tarses sont garnis de poils longs et épais, formant dans les femelles une sorte de plumasseau. Ce caractère remarquable leur a valu le nom de Dasvpode, c’est-à-dire pattes très-velues. Les Insectes propres à ce genre ont un vol plus rapide que celui des Andrènes; ils pratiquent comme elles des trous en terre, pour y déposer leurs œufs, et placent à côté de ceux-ci une quantité de pollen , suffisante pour nourrir la larve. L'insecte parfait se trouve habituellement vers la fin de l’été sur les fleurs semi-flosculeuses. On peut considérer comme type du genre : La Dastpode Hirtipède, Dasypoda Hirtipes, Fabr., qui ne diffère pas de Dasypoda hirta ; la première étant la femelle, et la seconde le mâle. Panzer a donné une figure de chacun des sexes ( Faun. J ns. Germ. Fane. 55, t. 14 (le mâle), Fasc. 7, tab. 10, et Fane. 40, lab. 16 (la femelle). On la trouve, en automne, sur les fleurs qui croissent dans les lieux sablonneux. On cite encore quelques espèces : Datypoda plumipes de Panzer (/oc. cit., Fane. 09, tab. 15 (femelle), Datypoda tisnaga, Andrena vis - ' naga, Rossi, etc.

DASYPOGON. Dasypogon. ms. Genre de Diptères, établi par Meigen et l.atreille aux dépens des Asiles, dans la famille des Tanystnmes. Caractères : antennes de trois articles séparés jusqu'à la base, les deux premiers presque égaux, le dernier presque cylindrique, avec un petit stylet en forme d'article; tarses terminés par deux crochets et deux pelotes. Les Dasypogons diffèrent des Gonypes par les deux crochets et les deux pelotes de leurs tarses; ils partagent ce caractère avec les genres Dioctrie, Laphrie et Asile; mais ils s’éloignent du premier par leurs antennes séparées jusqu'à la base, et des deux autres par la longueur égale des deux premiers articles des antennes, ainsi que par la forme du dernier. Ces Insectes volent avec rapidité; leurs habitudes sont carnassières.

Dasypogon Teuton. Dasypogon Teutonus; Asila Teutonusàe Linné et Fahricius. On le trouve aux envi- 3 Dlf.T. DÉS SCIENCES NAT.

rons de Paris et dans le midi de la France. 11 fait la chasse à plusieurs Insectes, et les emporte vivants dans ses pattes.

Parmi le grand nombre d'espèces mentionnées par Meigen, on distingue le Dasyjwgon punctatus, Fab. Cet auteur a décrit le mâle sous le tiom de Dasypogon Diadema ; Panzer a confondu celte espèce sous les noms d 'Asilut Diadema y punctatus et ner cosus; le Dasypogon Sabaudus ou V Asilut Sabaudus de Fabri- ; citi8 ( k'ntom . Syst. T. iv, p. 385), qui est le même que la Diociria Sabauda du même {Syst. A ntl., pag. 150); le Dasypogon minutas; Asilus minutas, Fab. { Ent. Syst. T. îv, p. 300). ou son Dioctria minuta {Syst. Ann., p. 152). Meigen (tab. 20, fig 13) en a figuré le mâle.

DASYPOGON. bot. Genre de la famille des Joncées, que Brown caractérise ainsi : calice composé de six sépales : trois extérieurs soudés en tube dans leur plus grande partie, trois intérieurs demi -pélaloïdes, légèrement concaves; six étamines insérées au bas du calice dont les filets, épaissis à leur sommet, portent des anthères oscillantes; ovaire uniloculaire, contenant trois ovules dressés; style subulé, stigmate unique; capsule monosperme, renfermée dans le tube endurci du calice. La seule espèce, Dasypogon bromeliifolius, est un sousarbrisseau de la Nouvelle-Hollande, qui se rapproche par son port des Xérotes; sa lige, simple et cylindrique, est garnie de feuilles et couverte de poils roides, denticulés et renversés. De ces feuilles graininiforiucs, les radicales sont rapprochées en touffes; celles de la lige sont éparses, plus couiles, sessiles et toutes terminées par une pointe, glabres et dentées sur leur bord; les fleurs forment des capitules terminaux, solitaires, globuleux, qu'entourent des bractées subulées et étalées; elles sont sessiles, séparées par des paillettes lancéolées, entremêlées d’autres plus étroites.

DASYPOGON ËES. Dasypogoncœ. bot. Dumorlier, dans son analyse des familles des plantes, a institué celle dont nous traitons, et lui a donné pour caractères : système ligneux sans écorce; enveloppe florale double : l'intérieure polypélale, insérée sur le calice qui est tubulaire; pétales étalés; stigmate simple; ovaire supère , triovulé ; utricule monosperme ; fruit déhiscent. Celle famille se compose des genres Dasypogon et Ca tecta sia.

DASYPROCTA. xax. V. Chloroxyde.

DASYPROCTE. Dasyproctus. ins. Hyménoptères; genre de la famille des Fouisseurs, tribu des Crabronites, institué par Lepelletier et Brulé pour un insecte nouveau apporté du Sénégal. Caractères : antennes grossissant un peu vers l’extrémité; lèvre allongée, dilatée à l'extrémité; palpes plus courtes que les mâchoires; mandibules allongées, étroites; tète grosse, presque carrée; yeux très-grands; ocelles en ligne courbe; corselet ovale; prolhorax mu tique; abdomen plus long que le corselet, avec son premier segment pyriforme, aminci en pédicule â sa base, et fortement rétréci à son extrémité; anus creusé en gouttière en dessus, un peu acuminé, avec les côtés poilus; hanches des pattes postérieures plus courtes que les cuisses; jambes épineuses; appendice de la cellule radiale des ailes, à peine mar-

qité, mais paraissant recourbé en dedans à son extrémité.

Dasyfrocte a decxpoixts. Dasyproctus bipunctatus , Brulé. Il est noir avec la base des antennes, une ligne sur le prothorax, une autre sur l'écusson, un point calleux et une tache de chaque côté du deuxième serment de l'abdomen , les quatre jambes antérieures et tous les tarses d'un roux ferrugineux. La base des tarses postérieurs est rousse dans la femelle.

DASYPCS. ma». F. Tatoue.

DASYSPERME. Dasysperm um. bot. Genre fondé par Necker, dans la famille des Ombellifèrcs, et caractérisé par les pétales des fleurs centrales égaux et ceux des fleurs marginales plus grands que les autres, ainsi que par le fruit hispide ou muriqué. De tels caractères se présentent dans un grand nombre de genres de la même famille, ce qui rend peu naturel celui donné par Necker, et tend A rapprocher des plantes fort différentes; en effet, il se compose de plusieurs espèces de Conium , de Tordylium , d 'Ammi et de Scandix, L.

DASYSTACHYÉ. Dasyslachys. bot. Se dit de toute inflorescence en épis velus.

DASYSTEMON. Dasystemon. bot. Genre de la famille des Crassulacées, établi par De Candollc qui lui assigne pour caractères : calice composé de trois à sept sépales foliformes, inégaux, à peine réunis à leur base; trois à sept pétales dressés, un peu roulés à l'extrémité; trois à sept étamines alternes avec les pétales et plus courtes qu'eux; filaments épais; anthères droites; trois à cinq carpelles. Le Dasystemon calycinum est une plante herbacée de trois à cinq pouces de bailleur; la tige est un peu rameuse au sommet; elle est garnie de feuilles épaisses, planes ou un peu convexes, linéaires, opposées, connées; les fleurs sont d'un vert blanchâtre. Toute la plante est couverte de papilles écailleuses.

DASYSTEPUANE. Dasystephana. bot. C’est-à-dire Couronne de poils. Sous ce nom Reneaulme avait décrit et figuré anciennement une espèce de Gentiane. Les coupes formées par ecl auteur, à une époque où on ne savait pas ce que c'était qu'un genre, n'ayant pas été admises par Linné, le genre Dasvstephane avait disparu, lorsqu’Adanson et ensuite Borckausen [in flœmer Archic. fur die Dotanik. T. 1, p. 25) le rétablirent en lui donnant pour caractères : un calice à autant d’angles et de dents que de segments à la corolle; une corolle campanulée, à cinq ou sept divisions; des élamines à anthères libres et un stigmate bifide. Il y faisait entrer les Gentiana punctata, Genlianaasclepiadea, Lin.. Gentiana glauca , Gentiana triflora, Gentiana adscendens, Gentiana algida et Gentiana auriculafa de Pallas. Mais, outre que le caractère d'anthères libres n'est pas réel dans les Gentiana punctata et asclepiadca, ces espèces, nonobstant leur calice isopérimétrique, sont trop rapprochées de la Gentiana purpurea pour qu'on puisse les en éloigner, et conséquemment toutes les divisions du grand genre Gentiane, fondées •ur des différences qui s'évanouissent dans certaines espèces, ne sauraient être adoptées.

DASYTE. Dasytcs. ixs. Genre de Coléoptères pentamères, établi par Paykull aux dépens des Méiyres d'Olivier et des Lagrics de Fahriciui; Latreillc le place dans

la famille des Serricornes . tribu des Mélyrides, et lui assigne pour caractères : premier article des tarses trèsapparent et plus long que te suivant, les crochets du dernier ayant inférieurement un appendice membraneux ou une dent très-comprimée; corselet presque carré; antennes de la longueur de la tète et du corselet , Irès-écartéos à leur base et insérées au-devant des yeux. Point de vésicules rétractiles sur les côtés inférieurs du corps. Les Dasytcs ont des mâchoires qui offrent une division inférieure, avec de* palpes filiformes; la télé se rétrécit et s'avance un peu en devant, sous la figure d'un petit museau; le pénultième article des tarses est en forme de cône. On remarque parmi les trente-cinq espèces citées par Dejean :

Le Dasvte blecatre, Dasytcs c<rr«/eus de Fabricius; Olivier, Coléopt. T. il, n° 21, pi. 2, fig. 9; Panzer, Ins. Gertn. Fqsc ., 90, fig. 10. Europe.

Le Dasvte pi-omdè, Dasytes plumbeus, Olivier, pl. 2, fig. 12; Cicindèle plombée, Geoffroy. Europe.

DASYTRICHIE. Dasytrichia. bot. Genre de la famille des ilydrophytes, institué par Laraouroux qui lui assigne pour caractères : fronde ronde, coriace, pleine, épidermée, obscurément cloisonnée, garnie de filets verticillés, distinctement cloisonnés; des capsules pour fructification. Ce genre, assez naturel, comprend un petit nombre d'espèces dont les rapports ont la plus grande analogie avec les Gigartina. Une fronde coriace, due à une tige pleine, colorée par un épiderme continu, commence à être ceinte, à des intervalles réguliers, de cercles linéaires, obscurs, fixes, c'est-à-dire point susceptibles de s'enlr'oiivrir. qui indiquent des cloisons; mais l’organisation di-tuhulaire devient tout à fait décidée dans les ramulcs ou filets verlicillaires dont les cloisons sont, ainsi que la locule, très-caractérisées. La fructification, qui se rencontre sur peu d'espèces, consiste en capsules uniloculées. Toute* les espèces sont marines.

Dasytbicuie spoxgieüsr. Dasytrichia spongiosa ; Conferca spongiosa , Huds.; Fucus hirsutus, Linn. Fronde cartilagineuse, filiforme, comme tressée, rameuse ; rameaux alternes, recouverts ainsi que la fronde, de ramilles serrés, appliqués, plus longs que les segments.

Dasytbichie ex massce. Dasytrichia clacœformis ;* Conferca clacœformis, Roth ; Spongia cermicularis , Scop. Fronde simple, cartilagineuse, en forme de massue. résultant de la réunion de ramutes très-serrés, verticillés. Irifurqués, obtus.

DASYURE. Dasyurus. mai. C’est-à-dire queue relue. Genre de Mammifères carnassiers de la famille des Marsupiaux, caractérisé par six màchelièrcs à chaque mâchoire de chaque côté, dont les deux premières sont comprimées, tranchantes, et les quatre autres à couronne-hérissée de pointes; huit petites incisives à la mâchoire supérieure et six à l'inférieure. H y a quatre canines : en tout quarante-deux dents; cinq doigts â tous les pieds; ils sont tous longs, séparés et armés d'ongles crochus aux pieds de devant; le pouce des pied» de derrière est rudimentaire, sans ongle, très-élevé au | dessus des autres doigts, et n'est qu'un simple tuber- I cule. Une touffe de longs poils recouvre la dernière

phalange aux pieds de derrière, el se prolonge au delà des ongles; le scrotum est pendant, la verge est dirigée en arrière, le gland partagé en deux dans les mâles; la portée des femelles est de quatre ou cinq petits. — Ce défaut de pouce aux pieds de derrière, contrastant avec le pouce si complet , si facilement opposable des Didelphes, annonce d’ahord une différence très-grande dans les habitudes de ces deux genres. Les Dasyures aussi ne peuvent rien saisir d’une seule patte; ils ne peuvent non plus monter aux arhres dont les cimes font l'habitation des Didelphes. En outre leur queue est lâche. couverte de longs poils comme celte des .Mouffettes, tandis que celle des Sarigues est nue et préhensile presque sur toute la longueur. Les deux incisives qu'ils ont de moins â chaque mâchoire, raccourcissent un peu le museau, et leur donnent une physionomie moins disgracieuse et moins stupide qu’aux Sarigues. Enfin les oreilles qui sont larges, nues et membraneuses dans ces derniers, sont courtes et velues dans les Dasyures, et surmontent bien plus agréablement leur télé. En général . dit Geoffroy qui a établi ce genre (Ann. du Mus. T. ni), c’est- moins aux Didelphes qu’aux Geneltes et aux Fossanes que ressemblent les Dasyures pour la physionomie ; leur poil est doux et laineux, et non parsemé de soies comme celui de la plupart des Didelphes. D’après la structure de leurs pieds, les Dasyures ne peuvent donc monter aux arhres : ils vivent â la manière des Fouines et des Renards, se tiennent cachés pendant le jour dans le creux des rochers, chassant la nuit les petits nniinàux et les insectes. Gomme le gibier est peu nombreux dans l'Australasie, et comme ils ne peuvent guère attaquer que les Échidnés, l'Ornilhorinqtie et de petits Kanguroos. les deux premiers assez rares, les derniers très-rapides à la course, les Dasyures doivent se rabattre sur les cadavres, principalement sur ceux que leur apporte la mer. Ils sont tous très-voraces, s’introduisent dans les habitations où ils font le même dégât que les Fouines.

Des huit espèces connues, cinq sont particulières à la Nouvelle-Hollande; les trois autres sont de la terre de Piémen.

Dasyure Cynocéphale. Dasyuru» Cynocephalu» , Geoff.. Annal, du Mus., t. ô; Didelphis Cynocephala , Harris {Trama et. of the Linnean Societ. , t. 0, lah. SK)). Long de trois pieds dix pouces; queue de deux pieds ; un pied dix pouces au garrot ; un pied onze pouces à la croupe. Queue remarquable par sa forme comprimée sur les côtés; pelage doux et court, tirant sur le brun jaunâtre obscur, plus pâle en dessous et d'un gris foncé sur le dos; croupe couverte par seize bandes transversales, d'un noir de jais, desquelles deux se prolongent sur les cuisses. Ce Dasyure habile les cavernes et les fentes des rochers à des profondeurs im|>énétrables, de la terre de Diéinen; l’individu décrit par Harris, pris au piège, y était resté sans mouvement, avec un air stupide, et poussait avec peine un cri court et guttural. On lui trouva un Échidné dans l'estomac.

Dasyure I'rsin. Dasyuru» Ursinus, Geoff., ibid., et Harris, ibid., tab. 1î>. D'après Harris, il aurait huit incisives en haut et dix en bas; la queue serait légèrement prenante et nue en dessus; il est couvert de longs

• poils noirs, grossiers, qui lui ont valu le nom A' U r sinu»; il est irrégulièrement marqué d’une ou deux taches blanches, éparses sur la gorge, les épaules et la croupe. Harris en a longtemps conservé un couple. Ils se battaient presque continuellement, s’asseyaient sur le derrière, portaient à la bouche avec les deux inains ensemble. Leurs traces sur les bords de la mer firent ‘ penser qu'ils vivent autant de pèche que de chasse. La longueur du corps est de dix-huit pouces; celle de la queue de huit. Du nord-est de la (erre de Diémen.

Dasycre Naïr. Dasyuru» mini mus, Geoff., ibiü. Tout au plus de quatre pouces de long; sa queue n'a | que le tiers de cette longueur; elle est couverte de poils ras; son museau est assez exactement conique, ce qui | le fait plus ressembler aux Didelphes que les autres Da- ' syures. Il a aussi le pouce de derrière plus long que chez scs congénères; son poil, fort épais, est doux au 1 toucher, roux à la pointe. — Trouvé par Péron à la côte sud-ouest de la terre de Yan-Diéinen qui nourrit ainsi, dans deux contrées opposées, les deux espèces extrêmes du genre pour les dimensions.

Dasycre a longue queue. Dasyuru» macrouru» , Geoff., Annales du Musée, T. m; Tirerra maculata, Shaw, Yoy. de Péron ; Allas, pi. 33. Long d'un pied et demi ; sa queue en a presque autant ; les deux incisives, intermédiaires sont un peu plus espacées que dans les autres espèces; le poil, serré et bien moins doux au toucher que dans les autres Dasyures, est de la même teinte marron que la Loutre; le fond en est relevé par des taches d'un blanc pur, si petites sur le dos qu'on les distingue à peine, puis un peu plus grandes, et larges enfin, sur les flancs, de près d'un pouce; le ventre est d’un blanc sale; la tête d'un roux marron plus clairquele dos; les pattes de devant jaunâtres; la queue a les mêmes mouchetures que les côtés du corps; elle u’esl pas non plus aussi touffue. Des environs de Botany-Bay.

Dasycre Macgé. Dasyuru » Maugci, Geoff.. Quoy et Gaymard, Yoy.de Freycinet, autour du monde; Zool., pl. 4. Dédié à Maugé qui l'a découvert dans l’expédition de Baudin. Ce Dasyure est plus polit de quatre pouces que le précédent; d'un fond olivâtre en dessus, et j cendré en dessous; il est moucheté de blanc, mais les I mouchetures sont de grandeur uniforme et également l réparties sur tout le corps ; la queue est de la nuance du dos, quoique tirant plus sur le roux; les poils des mouchetures blanches y sont entièrement de cette couleur.

Gaymard en a conservé un vivant â bord de l’Uranie, pendant l’espace de cinq mois. Cet élégant petit ani- ; mal, dit -il, était très- franc, et ne cherchait point à J mordre, quelques tracasseries qu’on lui fil. Fuyant la lumière un peu trop vive et recherchant l'obscurité, il ! se plaisait beaucoup dans la niche étroite qu'on lui ! avait préparée. Lorsque, en doublant le cap Hom. on voulut la lui rendre plus chaude pour le préserver du froid, il arracha et rejeta au dehors les fourrures qui 1 la tapissaient. Il u’était pas méchant; mais on ne remarquait |>oint qu’il fût susceptible d'attachement pour fa personne qui le nourrissait et le caressait. Chaque ; fois qu’on le prenait, il paraissait effrayé et se cramj ponnait partout à l'aide de ses ongles assez aigus. L'in-

Digitizei

DAT

«tant de ses repas était une scène toujours curieuse pour nous; ne vivant que de viande crue ou cuite, il en saisissait les lambeaux avec voracité, et lorsqu'il en tenait un dans sa gueule, j| |c faisait quelquefois sauter en l’air et l’attrapait adroitement, apparemment pour lui donner une direction plus convenable. Il s'aidait aussi avec ses pattes de devant; et quand il avait achevé son repas, il s'asseyait sur le train de derrière et frottait longuement et avec prestesse ses deux pattes l'une contre l'autre (absolument comme lorsque nous nous frottons les mains), les passant sans cesse sur l’extrémité de son museau, toujours très -lisse, trèshumeclé et couleur de laque; quelquefois sur les oreilles et le sommet de la tète, comme pour en enlever les parcelles d'aliments qui auraient pu s'y attacher. Ces soins d'une excessive propreté, ne manquaient jamais d'avoir lieu après qu'il avait fini de mander.

Dasyire Vivkmiii. Dasyurus Fizcrrinus, Geoff., Ann. du Mus., T. ni. Il n'a que douze pouces de long; le fond est noir, parsemé de taches blanches; le ventre est gris; ses oreilles plus courtes et plus ovales qu’au précédent; la queue plus étranglée à la hase et plus touffue à la pointe.

Dasycre Taffa. Dasyurus Taffa , Geoff.; Tapoa Tafia, John Whlle, Voyag., tab. 2N1; Fiverrine Opossum , Shaw, Gen. Zool., t. 1, 2e part., pl. 5. Les deux noms donnés par Whitc sont indigènes; il n'en fait qu'une variété du précédent; elle est plus petite; son pelage est uniformément brun, ainsi que la queue qui est formée de longs poils. Celle espèce et la précédente se rencontrent aux environs de Tort-Jackson.

Dasyire a pixceac. Dasyurus j>eniciUalus, GcofF., ihid.; Didctphis pcnicillata de Shaw, pl. 113, publié par Shaw qui le décrit trop vaguement pour que Ton soit autorisé à en faire définitivement un Dasyure; car si l’on s'en rapportait plus au texte qu'à la planche du naturaliste anglais, l'animal aurait, comme les Thalangers, un repli de la peau, tendu de la cuisse au bras. D'après la figure de Shaw, cette espèce, qui est longue de huit pouces, a la tête plus ronde, le front plus élevé, les oreilles plus grandes et plus nues à proportion que les précédentes : aux deux mâchoires les deux incisives intermédiaires surpassent en grandeur leurs collatérales ; enfin la queue est couverte de poils qui deviennent plus gros, plus longs et plus roides vers la pointe. Le corps est couvert d'un poil touffu, laineux, gris cendré en dessus, et blanc sous le ventre; les soies de la queue sont ail contraire d'un noir foncé. Cette espèce est des environs de Port-Jackson.

DATHOLITE. mix. T. Datolithe.

DAT1N. bol!., F. Serpi i e.

DAT1SCA. Datisca. bot. Genre que Ton n'a pu encore rapporter à une des familles naturelles établies; les fleurs sont unisexuées et dioïques; les fleurs mâles ont un calice composé de cinq ou six sépales linéaires, pointus, inégaux, d'environ une quinzaine d'étamines, dont , les anthères sont scssiles et plus longues que le calice; les fleurs femelles ont l’ovaire infère, couronné par le limbe du calice qui offre six dents inégales; cet ovaire est trigonc et a une seule loge qui renferme un trèsgrand nombre d'ovules attachés à trois tropliospcrmes

r pariétaux , situés dans les angles de l'ovaire; les styles sont au nombre de trois; chacun d’eux est bifide, terminé par deux stigmates subulés; le fruit est une capsule oblongue, triangulaire, terminée par les dents du calice qui forment trois cornes. Celte capsule est uniloculaire et s'ouvre en trois valves; les graines sont petites, ovoïdes, allongées, un peu chagrinées; elles renferment un petit embryon cylindrique, dressé au centre d'un endosperme charnu. Le nom de Datisca, emprunté des anciens, désignait chez Dioscoride le Cafananche cœrutta.

Ce genre sc compose de deux espèces : Tune, Datisca cannabina , L.. Gærtn., Fruct. 1, t. 50, est une plante vivace, originaire de Tilc de Crète, qui, par son port, ressemble absolument au Chanvre dont elle diffère beaucoup par la structure de ses fleurs; ses tiges sont dressées. liantes de deux à trois pieds, glabres, portant des feuilles alternes imparipinnées, composées de neuf à onze folioles, glabres, lancéolées, aigtiés, dentées en scie, et dont la terminale est souvent trifide.Les fleurs sont petites, dioïques. disposées en grappes terminales. La seconde espèce, Datisca hirta, L.. est-originaire de l'Amérique septentrionale. Elle diffère de la première, parce qu'elle est plus grande, et que sa tige est hérissée de poils.

DATISCAGÉES. Datiscaceœ. bot. Dumorliera établi, sous ce nom, une famille qu'il place dans la classe des Gynosépalées (Analyse des Familles des plantes) avec les caractères suivants ; système ligneux recouvert par le système cortical; enveloppe florale unique’, sëpaloïde; sépales insérés sur l'ovaire; fruit polysperme, uniloculaire; trois styles bifides; placentaires pariétaux. Les genres Datisca et Tremales composent cette famille,

DATOLITUE. mix. Silico-korate de Cbaux. F. Cuaix

BORATEE SILICEUSE.

DATTE, bot. Fruit du Dattier.

DATTES, mou.. Ce nom vulgaire s'applique indistinctement à un assez grand nombre de Coquilles, soit univalves, soil bivalves; il suffit qu’elles aient, dans leur forme générale, quelque ressemblance avec le fruit du Dattier, pour qu'on le leur donne; c’est ainsi que les Olives, des Moules, des Modiolcs, des Cardiles et des Cypricardcs sont nommées par le vulgaire. Un donne plus particulièrement le noin de Dalle à une espèce remarquable de ce dernier genre. F. Cypricarde.

DATTIER oo MOINEAU DES DATTES, ois. F. Gros- Bec de Datte.

DATTIER. Phœnix. bot. Genre de la famille des Palmiers et de la Diœcic Hexandrie, L., qui ne se compose que d'un très-petit nombre d'espèces dont une seule mérite un grand intérêt. On reconnaît les Dattiers à leurs fleurs dioïques à leur calice double; dans les fleurs mâles, le calice extérieur est plus court, roonosépalr, en forme de soucoupe, à trois dents et à trois angles; l'intérieur est formé de trois sépales distincts, concaves, coriaces, terminés en pointe recourbée à leur sommet ; les élamincs sont au nombre de six, ayant les filets courts et les anthères très-longues; dans les fleurs femelles, les trois sépales du calice intérieur sont plus minces, plus larges, arroudis et très obtus; les pistils, au nombre de trois, sont sessilcs, immédiatement appli-

DAT

qués les uns contre les autres par leur colé interne où ils sont plans, tandis qu’ils sont très - convexes en dehors; chacun d'eux est uniloculaire et contient un seul ovule; le style est sous forme d’une |>elite pointe recourbée en dehors. En général, il n’y a qu’un seul des trois pistils qui soit fécondé, les deux autres avortent; cependant on peut toujours en retrouver les traces à la hase du fruit mûr; celui-ci est ovoïde, allongé, charnu, contenant une seule graine enveloppée d’un tégument mince et membraneux; son amande est extrêmement dure, marquée d’un sillon longitudinal très-profond, et contenant un embryon extrêmement petit, placé vers le milieu et du côté opposé à la rainure. Les fleurs forment de longues grappes ou des régimes d'abord contenus dans des spathes inonophylles, qui se fendent latéralement pour les laisser sortir au dehors.

Dattiek col mou. Phoenix Daclylifera , L., Latnk., III., t. 893, f. 1; Del., Égypl., p. 109, t. 02. Le Palmier- Dattier réunit l’élégance à la majesté. De sa racine, qui est fibreuse, s'élève une tige en colonne cylindrique, d’un pied à un pied et demi de diamètre> sur une hauteur de cinquante à soixante pieds, sans donner naissance à aucune ramification latérale ; le tronc ou stipe est aussi gros à son sommet qu'à sa base ; dans sa partie supérieure il offre des aspérités nombreuses, formées par la base des feuilles qui se sont successivement détachées de son sommet, ou que l’on en a enlevées. Les inégalités diminuent à mesure que l’on observe le tronc plus près de sa base où il est presque lisse. A son sommet , le Dattier est terminé par une vaste couronne de feuilles sous la forme de palmes, qui n'ont pas moins de huit à douze pieds de longueur ; la base de chaque feuille est élargie en une gouttière dont les bords sont minces, membraneux et cngainaqts; les feuilles sont pinnées et composées d’un très- grand nombre de folioles étroites, lancéolées, aigués, roides, d'uu vert clair, et plis8ées en deux dans le sens de leur largeur ; la base du pétiole est garnie sur scs bords d'épines acérées qui ne paraissent être antre chose que des folioles avortées et rudimentaires. C'est au milieu de ces feuilles étalées en tout sens, dont les plus intérieures sont dressées, tandis queles autres sont diversement infléchies, que uaissenl les fleurs; celles-ci sont dinïques, ainsi que nous l'avons dit précédemment, et avant leur épanouissement, de vastes spathes dures, coriaces, presque ligneuses, les renferment exactement et se fendent par un de leurs côtés pour les laisser s'échapper au dehors; ces fleurs forment de grandes panicules très- rameuses, que l'on désigne sous le nom de régimes; les fleurs mâles sont scssiles, plus grandes que les fleurs femelles, munies d’un double calice et de six étamines à filets courts et à anthères linéaires, allongées; les fleurs femelles portées sur d'aulres pieds offrent la même disposition : elles sont globuleuses et de la grosseur d'un petit pois; leur calice intérieur est formé de trois sépales plus larges et plus minces; leurs pistils sont au nombre de trois, dont en général un seul est fécondé; cependant quelquefois deux et même tous les trois se convertissent en fruits; ceux-ci sont des espèces de baies ovoïdes, allongées de la grosseur du pouce, environnées à leur base par le calice, d'une couleur jaune

dorée, quelquefois un peu rougeâtre; le péricarpe est charnu, mielleux, à une seule loge contenant une graine allongée, recouverte par un tégument propre, mince et sec; son amande est dure, cornée, terminée en pointe à scs deux extrémités, et creusée d’une rainure profonde sur l'une de ses faces.

Le Dattier est originaire d’Orient et du nord de l’Afrique. Il est extrêmement commun eu Égypte, en Arabie, et surtout en barbarie où il est l’objet d une culture fort étendue et très -soignée. Cet arbre a été successivement introduit dans toutes les contrées chaudes du globe. On le trouve dans les lies de l'archipel de la Grèce et dans celles de l’archipel Indien. Il existe aussi aux îles de France et de Mascareignc, aux Antilles et dans l'Amérique méridionale. L'Europe n'est pas entièrement privée de ce magnifique végétal ; il est en quelque sorte naturalisé dans le midi de l'Espagne, où ses fruits acquièrent une maturité parfaite. La ville de Elélie particulièrement, dans la partie méridionale du royaume de Valence, s’élève au milieu d'un si grand nombre de ces beaux arbres, qu'on s’y croirait transporté sur l'autre rive de la Méditerranée. Le Dattier croit même dans certains jardins de la Galice, et jusqu'à la Corogne et au Ferrol, entre les 42r et 43* degrés nord, seulement au voisinage des côtes; mais les fruits n'y mûrissent pas. Ce Palmier orne encore les jardins de Naples et de Païenne; il s’avance eu Italie jusque dans les États de Gênes, et enfin on en voit quelques pieds dans les provinces méridionales de la France.

De même que la plupart des autres arbres que nous cultivons aujourd'hui |»our l'excellence de leurs fruits, le Dattier, dans l'état sauvage, ne donne que des baies d'un goût Apre et détestable. C'est par les soins de l'homme et par suite d’uue longue culture, que ses fruits ont acquis un goût si agréable et des qualités si nourrissantes. Celle culture est facile et peu pénible. Lorsqu’on veut se procurer une plantation de Dattiers, deux moyens se présentent : le premier consiste à semer les graines et à repiquer les jeunes plants à une distance convenable; mais ce procédé est rarement mis en usage; en effet, comme il est important d'obtenir un nombre beaucoup plus considérable d’individus femelles, puisque ce soûl les seuls qui donnent des fruits, ou ne peut les reconuaitre, en suivant cette pratique, qu'a l'époque où ils commencent à fleurir; et pour cela, il faut attendre douze à quinze ans. On préfère donc généralement enlever les œilletons qui se développent au pied des individus déjà en plein rapport ou qui se forment à l'aisselle des feuilles; on est sûr alors du sexe des individus que l'on plante, et ils deviennent féconds au bout de huit à dix ans. Les jeunes pieds sont en général placés en quinconce, à douze pieds environ de distance les uns des autres; ils lie sont pas fort délicats sur la nature du terrain. On en trouve quelques-uns qui végètent parfaitement dans du sable presque pur; mais en général ils préfèrent les lieux un peu bas et humides, les vallons ou te voisinage des fleuves et des ruisseaux. Les soins à donner aux Dattiers lorsqu'ils sont développés, consistent simplement à bêcher la terre à deux ou trois pieds autour de leur tronc, et surtout à les arroser convenablement. Celle dernière

DAT

DAT

partie de la culture du Dattier est la plus importante; en effet, comme ces arbres végètent sous yn ciel brûlant et dans des contrées où la pluie tombe rarement, il est nécessaire de suppléer à ce manque d’humidité naturelle par des arrosements réguliers. Pour cela on pratique, au pied de chaque arbre, une sorte de petit bassin de trois à quatre pieds de diamètre et de six pouces environ de profondeur; tous ces bassins communiquent les uns avec les autres, au moyen de petites rigoles; en sorte qu'on peut, par des irrigations régulières, les arroser avec promptitude et facilité. En général, l’eau saumâtre de la mer est peu favorable à la végétation de cet arbre. Cependant en Égypte, en Barbarie, on en trouve des plantations au voisinage de la mer et des sources d’eau salée ; mais elles végètent en grande partie aux dépens de l'eau douce dont le sable est imbibé.

Dans l’état sauvage, les Dattiers qui croissent çà et là se fécondent réciproquement et sans aucune difficulté. La poussière légère qui forme leur pollen est facilement transportée par les vents, des individus mâles sur les individus femelles, et la fécondation a ainsi lieu à distance. 11 n’en est pas de même pour les Dattiers cultivés. Ils ne peuvent se féconder eux mêmes; il faut que l'homme vienne au secours de la nature et supplée à son impuissance. Quoiqti au milieu d’une plan* talion de Dattiers femelles il y ait un assez grand nombre de pieds mâles, qui chaque année sc couvrent de fleurs innombrables, les individus femelles ne noueraient point leurs fruits, si la fécoudation avait été abandonnée aux chances du hasard. Ce fait est connu dès la plus haute antiquité. Théophraste et Pline en parlent dans des termes non équivoques; ce qui semble annoncer que ces philosophes avaient déjà quelques connaissances des sexes et de la fécondation des végétaux. On pense bien que celte pratique importante Vesl point négligée dans les contrées où l’on cultive en grand le Palmier-Dattier. Ln Orient, dans l'Égypte et la Barbarie, quand ces Palmiers commencent à fleurir, les habitants recueillent avec soin les régimes de fleurs mâles avant qu’elles n'aient laissé échapper leur pollen. Ils montent jusqu’au sommet des pieds femelles, et là ils secouent les Heurs mâles sur les régimes de ceux-ci, et attachent ensuite des grappes des premières au milieu : des fleurs femelles. Par ce procédé, on féconde succès- j sivoinenl les diverses grappes d'un Dattier, qui fleurissent les unes après les autres. Les Dattiers, dit Üclilc dans sa Flore d’Égypte, ne donnèrent pas de fruits aux environs du Kaire, cii l'année 1800. parce qu'ils lie purent être fécondés comme de coutume. Les troupes ; françaises et musulmanes avaient été en guerre au , printemps, et s'étaient répandues dans la campagne où i les travaux de l'agriculture avaient manqué. Les grappes des Dattiers ayant fleuri, ne furent point artificiellement fécondées et restèrent sans fruits sur les arbres. La poussière des fleurs de quelques Dattiers mâles épars çà et là, chassée par les vents, n'avait rendu féconde aucune grappe de fleurs femelles. Cependant cette poussière légère , en volant fort loin , suffit pour féconder les Dattiers sauvages, dont les fruits, petits et acerbes, ne sont pas bons à manger. Celte fécondation peut même avoir lieu entre des individus fort éloignés les uns des

autres. Le poète Pontanus a orné des couleurs d’une poésie brillante l'histoire de deux Palmiers dont un, femelle, était cultivé à Otrante, et l'autre, mâle, à Brindes, c’est-à-dire à quinze lieues [dus loin. Ce dernier parvint à féconder le Dattier d’Olranle qui se couvrit de fruits délicieux. La fécondation avait eu lieu malgré cet énorme éloignement. Les vents s'étaient chargés de transporter ta poussière fécondante de l'individu mâle, qui avait fait pénétrer la vie et la fécondité dans les jeunes ovaires de l'arbre femelle. On possède plusieurs autres exemples analogues.

Quatre ou cinq mois après que la fécondation a élé opérée, les Dattiers commencent à fléchir sous le poids de* grappes de fruits mûrs. Le nombre de ces grappes varie beaucoup. On en compte généralement trois ou quatre sur un même pied. Quelques ïiicliv idus en présentent même jusqu'à dix et douze. Chacune de ces grappes pèse depuis vingt jusqu'à cinquante livres. Avant que les fruits n’aient acquis tout leur volume, on a soin de relever les régimes et de les attacher à la base des feuilles, pour empêcher qu’elles ne soient meurtries et froissées par la violence des vents. Les Dattes doivent toujours être cueillies un peu avant leur parfaite maturité, afin de pouvoir se conserver. En effet, celles que l'on destine à être mangées fraîches et que l’on cueille lorsqu'elles sont bien mûres, ne peuvent se conserver longtemps; elles finissent par fermenter. Lorsqu’on veut conserver les Battes, on les fait sécher au soleil en les étendant sur des nattes. Ce sont ces Dattes qu’on apporte en Europe du Levant et des États barharesques. Mais ces fruits, ainsi desséchés, ne donnent qu'une idée bien imparfaite de la saveur douce et agréable des Dattes fraîches et cueillies à leur parfaite maturité. On fait aussi avec ces fruits, une sorte de pâte que l’on presse fortement et que l’on conserve dans des paniers faits avec des feuilles de l'arbre. Celle pâle est surtout utile pour l'usage des caravanes.

Les Dalles forment la hase de la nourriture des peuples où le Dattier est l’objet d'une grande culture. Aussi est-ce le seul arbre que lés Égyptiens soignent et cultivent. En Europe et surtout dans la partie tempérée et septentrionale, elles ne sont guère employéesqitc comme médicament. Rangées parmi les fruits mucoso- sucrés, on les a prescrites en forme de décoction, dans les maladies de poitrine, la dyssenterie et toutes les maladies où l'usage des adoucissants est utile. On leur associe, en général, les Raisins secs, les Jujubes et les Figues, qui peuvent fort bien les remplacer. Mais dans les contrées brûlantes, que le Dattier décore et rafraîchit de son ombrage, toutes les parties de cel arbre rendent des services aussi importants que variés. Non-seulemenl ses fruits sont employés à la nourriture de l'homme, mais lorsqu'ils sont bien mûrs, on en extrait, par le moyen d'une forte pression , une sorte de sirop ou de miel épais qui sert soit ù conserver les Dattes fraîches ou d'autres fruit*, soit à préparer des gelées ou des pâtisseries d'un goût fort agréable. Les amandes contenues dans ces fruits, et qui sont d’une excessive dureté, peuvent être ramollies lorsqu’on les fait bouillir dans l'eau; on les emploie, dans cet état, à la nourriture des Bœufs. On fait avec les Dattes de fort bonne eau de-vie, en les

DAT

DAT

Page 1