‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 85 sur 116 · D E II · texte numérisé non relu

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sèche, transparente, hygroscopique. et qui semble êlrc lejir squelette membraneux, dépouillé de ses surs. Telles sont les tuniques fines et membraneuses des feuilles radicales de certaines Liliacées; tels sont aussi les calices dégénérés en aigrettes des Synanlhérées. Ces Dégénérescences sont le plus souvent produites par la pression des organes voisins. Enfin les parties membraneuses des plantes peuvent devenir charnues, quand, pardes causes particulières, elles reçoivent une plus grande quantité de sucs qu'elles n'en exhalent, ou qu'elles en laissent évaporer une moindre qu'elles n’en absorbent. C'est le cas naturel des piaules grasses, c'est le cas accidentel des végétaux qui croissent dans les lieux maritimes.

DÉGLUTITION, zool. F. Digestion et Nutrition.

DÉGON. xoll. Nom donné par Adanson à une petite espèce de Céritbe , qui pourrait bien n'élre qu'une variété du Cérilhe ponctué de Bruguière, dont elle ne diffère que par un rang de plus de petits tubercules.

DEGRÉS CORDÉS, moll. Syn. vulgaire de Murex Cutaceutn, L. F. Triton.

DÉGUÉLIE. Deguclia. bot. Auhlel a décrit et figuré (Guîan. 4, p. 750, t. 300), sous le nom de Dcguelia Guiannensia, un arbrisseau grimpant, qui croit sur le bord des fleuves, et forme un genre particulier dans la famille des Légumineuses, et dans la Diadelphie Décandrie. Son tronc est élevé de trois à quatre pieds, et se divise en un grand nombre de rameaux sarmenleux, qui s’enroulent autour des arbres voisins; les feuilles sont alternes, imparipinnées, munies de deux stipules à leur base; les folioles, au nombre de cinq, sont opposées, ovales, acuminées, aigues, entières; le pédoncule commun est un peu pubescenlà sa base; les fleurs sont blanches, papilionacées, formant de longs épis qui naissent plusieurs ensemble de l’aisselle des feuilles, et sont plus courts que ces dernières; le pédoncule commun de ces épis est pubescent et ferrugineux ; le calice est court, évasé, à quatre dents peu marquées, formant deux lèvres : Tune supérieure et unideuLée. l’autre inférieure et tridentée ; le pétale supérieur ou éleudard est le plus grand, et embrasse les quatre autres ; il est obeordé et redressé; les ailes sont étroites, plus longues que la carène qui se compose des deux pétales inférieurs soudés ; les dix étamines sont diadelpbes et renfermées dans l’intérieur de la carène; l'ovaire est globuleux, arrondi, surmonté d’un style redressé ; le fruit est, selon Aublet, une gousse roussàlre. épaisse, sphérique, s’ouvrant en deux valves et contenant une seule graine globuleuse, enveloppée d'une substance amitacée.

Richard a recueilli à la Guiane une plante absolument semblable pour le port, la figure des feuilles, et la structure des fleurs, à celle décrite et figurée par Aublel; mais elle en diffère par un point essentiel : son ovaire est falciforme, allongé, étroit, et renferme plusieurs ovules. Peut-être pourrail-on soupçonner que le fruit assigné par Aublet à son Deguelia Guianttenaia, appartenait à une autre plante. Cet auteur a, comme on le sait, commis plus d'une erreur de ce genre.

DEHAAS1E. Dchaasia. bot. Genre de la famille des Thymélées, établi par le docteur Blutne dans son JRumphia , 101, t. 44 à 47. Caractères : fleurs hcrmaphro-

dites ou monoïques par avortement ; périgoue à six divisions inégales : les trois extérieures plus petites ; neuf à douze étamines disposées sur trois ou quatre rangs: neuf extérieures fertiles, et lorsqu'il y en a plus elles soûl intérieures et stériles; ces dernières ont à leur base des glandes géminées, sessiles. placées de chaque côté, un peu extérieurement; anthères arrondies, bioccllées, déhiscentes un peu latéralement par des valvules qui s'enlèvent de bas en haut : celles du premier et du second rang sont introrses, celles du troisième rang sont extrorses : les anthères stériles sont triangulaires et sessiles; ovaire uniloculaire, uniovulé; stigmate discoidco-lriangulaire. Le fruit consiste en une baie monosperroe, portée sur un pédicelle épais. Les Dehaasies sont des arbres de l'Archipel de l’Inde, à feuilles alternes, penninervées cl réticulées; les fleurs sont groupées en panieule terminale, et d'une couleur verdâtre.

DÉHISCENCE. Dehiacenlia. bot. Oit appelle ainsi le mode d'après lequel s’effectue l'ouverture des anthères, au moment où elles répandent leur pollen, ou celle des fruits, quand leurs graines sont mises â nu. C'est ordinairement par toute la longueur du sillon longitudinal qui règne sur chacune des deux loges qui forment une anthère, que la Déhiscence a lieu, ainsi qu'on l'observe dans la Tulipe, l'Œillet, etc. D'autres fois, c'est par des trous ou des sortes de valvules, que le pollen s'échappe. Ainsi, dans les Erica , \e& Solarium, les Cyaticlta, etc., c'est par le moyen de deux petits trous placés au sommet de chaque loge; dans le genre Pyrola, au contraire, ces trous occupent la partie inférieure de chaque loge. Dans le genre Pyxidanthera, la moitié supérieure de l'anthère s'enlève comme un couvercle, au moyen d'une scissure circulaire ; enfin, dans le genre Lauriua et les genres qui forment la famille des Berbéridées , la Déhiscence s'opère par de petites valvules qui se soulèvcul de la partie inférieure vers la supérieure.

La Déhiscence des fruits n'est pas moins variable. Remarquons d'abord qu’il est certains péricarpes qui restent constamment clos, et que, pour celle raison, on nomme indéhiscents. Ainsi , presque tous les fruits charnus ne s’ouvrent pas. Il en est de même de quelques fruits secs. F.n général, tous les péricarpes secs, qui n'ont qu'une seule loge et qu'une seule graine, restent indéhiscents. Parmi les péricarpes qui s'ouvrent naturellement à l’époque de leur maturité, on remarque des différences qu'il est essentiel de signaler; ainsi, 1° certains péricarpes se rompent d'une manière irrégulière en un nombre de pièces, qui n'est ni bien déterminé ni constant. Ces péricarpes sont appelés péricarpes ruptilea , pour les distinguer de ceux qui sont véritablement dèhiscenta ; 2° dans quelques genres, tel que YAntirrhlnum , par exemple, la Déhiscence a lieu par des trous qui se forment au sommet du péricarpe, et par lesquels les graines sortent au dehors; 3° les fruits d’un grand nombre de Caryophyllées, de l'Œillet, des Silènes, s’ouvrent par de petites dents placées à leur sommet, et qui, d'abord rapprochées, s'écartent les unes des autres et forment une petite ouverture terminale; 4° enfin, le fruit peut s'ouvrir en un certain nombre de pièces ou panneaux qu'on nomme

valves. En général, ces valves sont placées longitudinalement : dans un petit nombre de genres, elles sont | superposées; ainsi, dans le Pourpier, le Mouron-Rouge, les différentes espèces de Lecythis, le fruit s'ouvre eu i deux valves superposées, de manière à représenter en j quelque sorte une boite s'ouvrant ail moyen d'un operi cule. Ce fruit porte le nom de Pyxide ou de Boite à I savonnette. La Déhiscence valvaire peut se faire de trois I manières différentes, relativement à la position respecj Cive des valves et des cloisons. !• Celle Déhiscence peut avoir lieu par le tpilieu des loges, c'est à-dire entre les cloisons , de manière que chaque valve emporte avec elle une cloison sur le milieu de sa face interne. C'est la Déhiscence toculicide. On l’ohserve dans la famille des Éricinées. 2° D'autres fois la Déhiscence se fait visà-vis les cloisons qu'elle partage le plus souvent en deux lames; on la nomme alors Déhiscence septicide, comme, par exemple, dans les Scrophularinées.les Rhodoracées, etc. 3“ Enfin on lui donne le nom de Déhiscence aeplifrngc , quand elle a lieu vers les cloisons qui restent libres et entières au centre du fruit, quand les valves s'en sont séparées. On observe ce mode de Déhiscence dans les genres Riynonia, Calluna, etc.

Le nombre des valves d’un péricarpe est fort variable; il est en général annoncé d'avance parle nombre des sutures que l'on remarque sur sa face extérieure. Ainsi, il y a des péricarpes à deux, à trois, à quatre, à cinq, ou à un grand nombre de valves; de là les noms de bivalve, trivalve. quadrivalve, quinquévalve, multivalve , etc. Pour ne pas se tromper sur le véritable nombre des valves, et en tirer des caractères utiles de classification, il est important de savoir que celles de certains fruits sont spontanément hiparlibles par suite de l'exsiccation, et qu'ainsi le nombre des valves sp trouve accidentellement doublé. Un péricarpe uniloculaire ne peut avoir plus de vraies valves qu’il n'a de stigmates ou de lobes stigmatiques; dans un péricarpe multiloculaire, le nombre des loges détermine exactement celui des valves, r. Futit.

DKIDAMIE. l)tidamia. rot. Genre fondé par Du Petit-Thouars (Histoire des Végétaux des Iles australes d'Afrique, p. fit), et ainsi caractérisé : calice à cinq ou six divisions profondes, ovales et pétaloïdes; corolle nulle . à moins qu'on ne regarde comme telle ce que Linné prenait pour lin nectaire, et qui se compose d'un rang de filets minces ; cinq étamines dont les filets sont réunis à leur base en une colonne très-courte, et les anthères attachées par le dos et s'ouvrant latéralement; ovaire simple, surmonté de trois ou quatre styles. Le fruit est une capsule pédicellée, ovale, lisse, à quatre valves déhiscentes et contenant autant de loges; dans chacune de celles-ci et sur le milieu des valves existe un placenta proéminent et donnant attache â un rang longitudinal de graines comprimées, ovales, un peu déchirées à leur sommet, munies d'un arille qui les recouvre en partie, et composées d’un test crustacé, fragile, d'un |>érisperme peu développé, et d’un embryon centrifuge à cotylédons foliacés. Ces caractères, tracés sur le vivant pour le fruit, et sur des échantillons secs, rapportés par Boronlia et trouvés à Paris dans l’Ilerbier de Lesmnnier, pour la fleur, ont permis à Du Petit-

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Tbotiars de rapprocher le genre Deidamia de» Passiflores dont il avait d'ailleurs tout le port, mais dont il différait surtout par ses fruits quadrivalves. Celte grande affinité, si même elle ne se convertit pas en identité, aurait dft empêcher l'auteur du Supplément de l’Encyclopédie de fixer la place de ce nouveau genre dans la famille des Câpriers, sur la foi de Noronha, voyageur estimable sans doute, mais qui n'avait point d’idées sur la théorie des affinités.

Déibamie aii.ée. Dcfdatnia alata , Pet. -Th., loc.cft.,

I. xx. Arbuste de Madagascar où les habitants le nomment l'ahing-Eitoma, c’est-à-dire Liane bonne à manger. Il est, en effet, grimpant; ses tiges sont anguleuses, comprimées, garnies de feuilles alternes, un peu écartée* cl ailées ou composées de cinq folioles, légèrement inégales, ovales et écbancrées au sommet. Les pétioles et péliolules sont parsemés de glandes urcéolées; à l’aisselle des premiers on trouve un pédoncule qui, souvent, dégénère en vrille. Le fruit est un peu plus petit qu’un œuf commun, ovale, marqué de quatre sillons par lesquels s'opère sa déhiscence; quoique d’une sub- ! stance sèche, il parait servir d’aliments aux Madécasscs, mais c'est probablement les graines et leur arille qui en forment la partie comestible.

DKILE. Deilus. ixs. Coléoptères lélramères, genre de la famille des Longicornes, tribu des Cérainbycins, établi par Audinet-Serville qui le caractérise ainsi : antennes un peu plus épaisses vers leur extrémité, plus courtes que le corps, n'atteignant pas l'extrémité des élytres, composées de onze articles cylindrico-coniques et tnuliques; palpes presque égales; tête aussi large que la partie antérieure du corselet; celui-ci arrondi latéralement, mulique, étroit, presque cylindrique, pht* long que large, déprimé en dessus; élytres étroites, linéaires, sensiblement déprimées, un peu écbancrées à l’extrémité; angle suturai armé d’une petite épine; écusson très-petit, arrondi au bout; corps étroit, presque linéaire ; pattes assez courtes et grêles; cuisses renflées en massue. Ce genre nouveau a pour type le Deile fugace, Callidium fugax, Fab.; il est d’un brun cendré. pubescent, avec l'écusson blanc et les jambes ferrugineuses. On le trouve au midi de l’Europe.

DE1LEPHILE. Deilephila. ixs. Lépidoptères; genre de la famille des Crépusculaires, tribu des Spbingites, institué par Ocbsenheimer, qui lui assigne pour caractères : palpes inférieures larges, très-fournies d’écailles, composées de trois articles contigus et paraissant épais à cause des écailles très denses, qui les recouvrent, le troisième très-petit, à peine visible; massue des antennes commençant près de leur milieu, simplement ciliée ou striée transversalement, en manière de râpe sur un côté; une langue distincte; cellule discoïdale des secondes ailes n’embrassant point leur centre et fermée postérieurement par une nervure en angle aigu, et d’où part un rameau longitudinal. Chenilles terminées antérieurement en forme de groin, susceptibles de se retirer sous le troisième anneau du corps. Outre les trois espèces européennes que nous allons décrire, ce genre en contient beaucoup d’autres répandues sur tous les points du globe.

Deilephile du Laurier-Rose. Deilephila Nerii ;

Sphinx Nerii, L.; God.. fbid., ut, 12, pl. 13. Vert ; des bandes ou des lignes angulaires les unes plus foncées, les autres blanchâtres, sur le dessus des supérieures; leur base ayant une tache de cette dernière couleur, avec un gros point verdâtre; leur milieu traversé obliquement par line bande rougeâtre; dessus des ailes inférieures noirâtre depuis leur base jusque vers le milieu, ensuite verdâtre; une raie blanchâtre séparant les deux teintes; vert du dessus de l'abdomen entrecoupé de jaunâtre. Chenille verte, poinlillée de blanc, avec les premiers anneaux d'un jaune pâle, et line tache oculaire bleue, bordée de blanc, avec du noir au centre, de chaque côté; une bande d'un blanc bleuâtre, s'étendant depuis le quatrième anneau jusqifà l'origine de la corne qui est jaunâtre. Sur le Laurier-Rose. De l’Ilede-France, de l'Italie, du département de Maine-et- Loire, et même, mais très-rarement, dans celui de la Seine.

Dkilepbile delaVigie, Deilephila Elpenos; Sphinx Elpenos, L.; God., ibid., in, 40, pl. 18, fig.3. Dessus du corps d'un vert olive, rayé longitudinalement de rouge; celui des supérieures mélangé de ces deux couleurs ; les inférieures rouges, bordées postérieurement de blanc, avec une bande noire et transverse près de la base. Chenille de couleur brune, entrecoupée de noir, avec six raies obliques, grisâtres et deux taches oculaires noires, offrant chacune une lunule d'ün brun olivâtre, bordée de blanc-violâtre, sur les quatrième et cinquième anneaux; corne noire, avec le sommet blanchâtre. Sur diverses sortes d'Épilobos, la Salicaire à épis, la Vigne, le Caillé-lait jaune et le Gralleron.

Deilephile petit Pourceau. Deilephila Porcella ; Sphinx Porcellus , L. ; God., ibid., m, 50, pl. 10, f. 1. Dessus du corps rosé, avec quelques lignes blanches, transverses, près de l’extrémité de l’abdomen; dessus des ailes d'un jaune verdâtre, avec une bande sur le limbe postérieur, une autre le long de la côte des ailes supérieures se dilatant et les traversant à son origine, roses; hase des inférieures noirâtre. Chenille ordinairement brune, ayant antérieurement de chaque côté trois taches oculaires noires, à prunelle blanche et à iris roussâlre;corne très-courte. Sur l'Épilobc à feuilles étroites et le Caille-lait.

Roisiluval.dnns la zoologie du Voyage de l’Astrolabe, en décrit quatre espèces nouvelles, prises les unes, Deilephila ardenia et Deilephila oldenlandiæ , au Cap; les autres. Deilephila scrofa et Deilephila Eras, à la Nouvelle-Hollande et aux Iles des Ainis.

DF.ILOSME. Dei/osma. bot. Andrzcjoski avait formé, sous cette dénomination, un genre dans la famille des Crucifères; mais ce genre n'ayant pas été adopté, le professeur De Candolle en a appliqué le nom à l'une des sections du genre liesperin , qui fait partie de cette famille.

DEINBOLLIF,. Deinbollia. bot. Dans la description des plantes recueillies dans leur voyage sur la côte de Guinée, les botanistes danois, conseiller d’État Thonaing et professeur Schumacher, ont institué ce genre nouveau, pour une plante de la Polyandrie Monogynie, qu'ils ont caractérisée de la manière suivante : calice ù cinq divisions; corolle à cinq pétales; baies coriaces.

suhgéminées , arrondies, remplies d'une pulpe muqueuse, et ne renfermant qu'une ('raine chacune ; fleurs polygames. Les auteurs n'indiquent qu'une seule espèce, et ils l’ont nommée Deinbollia pinnata.

DEINOSMOS. bot. Syn. ancien de Conyza squarrosa, L.

DEINOTHÉRION. Deinotberium. iax. ross. Genre antédiluvien de l’ordre des Pachydermes, établi par J. Kaup, d’après une mâchoire inférieure, trouvée à Eppelsheim, dans la Hesse. Cuvier connaissait déjà des restes fossiles de cet animal; il en avait une série de molaires, plusieurs molaires isolées, un radius, et il pensait que ces pièces pouvaient se rapporter à une antique espèce du genre Tapir, qui devait avoir la taille des plus grands Éléphants, d'où il a formé son Tapir gigantesque (Ossem. foss.,vol. 11, p. 165-177). Toutefois U a ajouté : « Il ne resterait maintenant qu’à découvrir les canines et les incisives, pour être en état de juger si la ressemblance de ces animaux avec le Tapir est complète, ce qui serait nécessaire pour décider avec certitude sur leurs affinités. En effet, le Tapir n’est pas le seul animal qui ait des collines transverses aux couronnes de ses molaires ; le Lamantin et le Kanguroo sont dans le même cas. » Cuvier avait raison de dire que la ressemblance des molaires n'enlralnait pas nécessairement l'identité du genre, puisque l’individu dont il s'occupait, devait un jour justifier sa remarque.

La pièce que Kaup décrit, consiste dans la moitié gauche de la mâchoire inférieure, dont il ne manque que l'apophyse coronoTde, et dans la partie antérieure de la moitié droite. Dans la moitié gauche se trouvent les deux dernières molaires et la canine qui est brisée dans le milieu ; dans le fragment du côté droit se trouve une canine entière. La forme de la mâchoire diffère notablement de celle des Tapirs et de tous les autres Pachydermes; cette mâchoire est presque toute droite dans sa partie postérieure , et au-devant des molaires elle forme une courbure dont la convexité est en bas; l’extrémité antérieure, où l'on ne remarque point de synchondrose, est extrêmement forte en proportion de la partie postérieure, qu'on pourrait appeler faible. Les canines, qui offrent ici un caractère si tranché, sont implantées dans l'extrémité interne de la mâchoire, et ont acquis un tel développement aux dépens des incisives qui ont disparu, que près de leur racine elles laissent à peine entre elles une distance de neuf lignes, espace dans lequel il ne peut pas même y avoir, dans le jeune âge, de rudiments d'incisives. Ces canines sont déprimées latéralement; leur section présente un ovale;, près de la racine elles sont presque droites, puis Clics éprouvent une légère courbure en haut, et se terminent par un sommet arrondi ; leur surface parfaitement égale et arrondie, montre clairement qu'aucune dent de la mâchoire supérieure n'agissait sur elles. Il est vraisemblable que les incisives supérieures ont aussi manqué, et que l'animal a été dépourvu de trompe, puisque l’écartement des deux canines n'aurait pas été suffisamment grand pour le passage de cet organe,

La longueur de toute la mâchoire est de quarantedeux pouces, et sa circonférence à la partie antérieure de vingt -sept pouces; la longueur de la canine dix-

sept pouces, sa circonférence treize pouces; longueur de la dernière molaire, trois pouces et demi.

Celte espèce ne peut donc plus appartenir au genre dans lequel Cuvier l’avait provisoirement placée; les caractères de ses canines en font un genre nouveau; mais en changeant de nom générique, elle peut conserver le nom spécifique «pie lui a imposé Cnvier, el ce sera alors Deivotiiebicx cigvxted*.

DEJANIRE. Dejanira. botam. Genre proposé par Sclilechtendal, dans la famille des Genlianées, Tétrandrie Monogynie, qu’il formerait aux dépens du genre Ejracum ou Geulianelle, pour trois espèces brésiliennes. parmi lesquelles est VEvacum tetragonnm de Roxburgh.

DEKINIE. Dekinfa. ixf. Ce genre de Microscopiques, proposé parleprofesseurMorren qui le forme aux dépens desCercatresà bouche armée d'appendices tentaculaires de Muller, a déjà été produit par Bory de SM'incent, sous le nom de Leiodina ; mais il parait que ec dernier naturaliste a confondu sous le même nom générique des animalcules qui, selon Morren, présentent les caractères de deux genres distincts. On sent qu'il est difficile de tout observer avec une rigoureuse exactitude, lorsque l’on décrit des espèces d’un vingt-cinquième de millimètre (et même beaucoup moins), que l'on n'aperçoil que l'oeil armé des plus fortes loupes. Nous nous dispenserons de nous prononcer sur les opinions émises par Bory et Morren, et nous nous contenterons de rapporter textuellement les caractères imposés par celui-ci â son genre De/rinia, et qui sont : animnlculum microscopicmn,musnilosum,sub.innulosum,e1ongatum vel conirutn vel cylindricum, s.rpius capitatum, sæpiusanticè truncatum, contractile; aperlura buccali variabili , prohoscidem binis forcipihus æqualitius , elongnlis. acutis, mohilihus conslitutum, retract ilem cmillenle; organo intérim vibratili vel nullo. vel vix conspicuo; si existai, quasi valvulis binis musctilosis fnfernè separalitibus (effeclo trans culein conspicuo ) versùs partem anteriorein munilum; poslicè cauda retraclili hiruspidata perforatutn et lerminalum. Morren admet comme espèces du genre Dekinia : 1° le Cercariu forci pat a de Mtlller, Leiodina forcipata, Bory; 2° le Cercaria termicularis , Mtlller, Leiodina vertniculari* , Bory, el trois espèces nouvelles, Dekinia calopodaria, minutula et compta, auxquelles on en ajoutera vraisemblablement beaucoup d'autres. Ces trois dernières vivent en très-grande abondance dans les étangs qui avoisinent Bruxelles.

DELA. bot. Adanson a séparé sous ce nom, dn genre sfthamnnllia, les espèces à fruits velus et sillonnés. Ce genre correspond au Libanotis de Haller et de Mcench.

DELARIE. Detaria. bot. Genre de la famille des Légumineuses, institué par Desvaux, qui le caractérise ainsi : calice à cinq dents, spalhacé; corolle papilionacée, avec son étendard grand et presque ouvert; dix étamines fertiles, persistantes, distinctes â leur base; ovaire sessile ou slipité; stigmate aigu ; légume allongé, oligosperme. Les Delaries sont des arbustes à feuilles alternes et simples. Desvaux en décrit deex espèces :

Dei.arie a f F.r ili.es ovales. Dclaria ovalifolia.

DEL

DEL

Caasia ai mplici folia-, DC. , Prod., 2, 505. Rameaux I puhescents, d'un roux brunâtre; feuilles subdisliques, courtement péliolées, obovales, obtuses, penninervées, puhcscrntes ; fleurs axillaires, au nombre de une à I rois, portées sur des pédoncules velus, qui atteignent la moitié de la longueur des feuilles; carène caduque; légumes sessiles, courbés en faux et terminés par une sorte de bec. Elle se trouve au Brésil.

Delarie a feuilles de Poirier. Velaria py ri folia. Rameaux glabres, bruns; feuilles portées sur de longs pétioles, largement ovales, mucronées et mucronulécs, coriaces, très-glabres et réticulées; fleurs axillaires, presque solitaires, plus courtes que le pétiole des feuilles, à deux bractées petites; ovaire pédonculé. De la côte de Guinée.

DELESSERIE. Delesseria. bot. Genre de la famille des Floridées, établi par Lamouroux qui l'a dédié à M. Benjamin Delessert. Ce genre offre pour caractères : des tubercules ronds, ordinairement comprimés, un peu gigartins, innés, sessiles ou pédoncules, situés sur les nervures, les rameaux et le bord des feuilles, ou épars sur leur surface. Le genre Delesserie est un des plus nombreux dans la classe des Uydrophytes, et Stackhouse, Agardh et Lyugbye y ont fait plusieurs coupes dont les unes sont bonnes à adopter, et les autres doivent être rejetées. Les genres Sarcophylla, Polytnoipha f f/ymcnopbj lia , /Ho ma lia , Epiphylla de Slackhouse ne peuvent être maintenus. Les genres Hydrophylia, Uypophj'lla du même auteur n'en forment qu'un seul. — Agardh a adopté la première section de ce genre, et des deux autres il a fait son geure Sphœrococcus auquel il a réuni les Gigartina, Gelidum , Ilypnca , /lalymenia , etc.— Lyngbye, comme Agardh, a conservé en partie le genre Delesseria, mais de l'autre partie, il en a fait ses genres Odonthalia et Sphœrococcus, et a placé le Delesseria palmata parmi ses L’ives. On pourrait en définitive le diviser de la mauière suivante :

Delesseria, Lainx. Ce genre renferme six espèces connues, savoir : les Delesseria sanguinea , sinuosa , rusci folia, a/ata, hypoglossa , cou ferla.

Odoivtiialia, Lyngb. Cinq espèces connues : Odonthalia dénia la, cirrhosa, uxillaris , dorycarpa et marchalocarpa ; ces deux dernières avec un point de doute.

Delisea, Lamx. Trois espèces : Dclisca funbriata , elegans, gai ica.

Vidalia, Lamx. Une espèce : f-'idalia spiralis.

Dawsonia. Lamx. Neuf espèces : Daursonia lobai a , platicarpa, G me Uni, prisloides, caulescens, rabais, nerrosa , lacerata, r cnosa.

Ualyxexia , Lyngb. Vingt et une espèces : Ilalymcnia oc e lia ta, ciliaris, bifula , palmetta, membranifolia , Brodtcei, renifonnis, lacera , palmata , edulis, corda ta, flaccida, ciljala, spermophora, cristala, filicina, striata, bracieata, corallorhiza , Lambert ii, boirycarpa.

Yolubilaria, Lamx. Une espèce : Folubilaria Méditer ranea.

Erinacea, Lamx. Trois espèces : Erinacea Capensis, crinita, ccrruculosa.

Telle est la distribution du genre Delesserie. En considérant les espèces en masse et sans distinction des nouveaux genres, leur organisation u’offre presque point de différence; les liges sont formées d'un tissu cellulaire, présentant trois modifications bien distinctes : une centrale, qui se borne quelquefois à une large lacune; une extérieure , très - mince, que l'on pourrait comparer à l'épiderme; et la troisième intermédiaire, presque égale et composant le corps principal des tiges. Dans les feuilles, la première modification manque toutes les fois que les feuilles sont dépourvues de nervures. Les tubercules varient dans leur grandeur et leur situation beaucoup plus que dans leur forme; dans beaucoup d'espèces , l'on trouve la double fructification; quelques-unes n’ont jamais de tubercules, et les capsules sont éparses sous l'épiderme. Plusieurs offrent des excroissances lubcrculifères, très -nombreuses et couvrant quelquefois les deux surfaces des feuilles; plus l'organisation des feuilles est uniforme, plus les tubercules sont rares sur leur surface; ils semblent relégués sur les bords, ou bien la fructification tuberculeuse manque et l'on ne trouve que la fructification capsulaire. — La couleur des Délesseries varie beaucoup : plus ('organisation est délicate, plus celte couleur est brillante, et plus elle multiplie ses nuances ou s'altère avec facilité. Dans les espèces d'une substance épaisse et charnue, les couleurs sont ternes cl résistent longtemps à l'action des fluides atmosphériques. En général, elles offrent toutes les nuances, depuis le rose et l'écarlate le plus vif jusqu'au brun foncé, en passant par le jaune, le vert. le violet et le pourpre. Jamais ces piaules ne sont olivâtres, jamais elles ne deviennent noires par leur exposition à l'air ou â la lumière. Elles s'altèrent promptement lorsqu'elles sont en contact avec certaines Fucacées, principalement avec les Desmaresties ; celle altération varie encore avec l'âge ci l'étal de ces plantes.

La plus grande partie des Délesseries habile les lieux que les marées ne découvrent jamais; souvent parasites. elles ornent les tiges des grandes Laminaires; d'autres se cachent sous les touffes épaisses du Fucus ser ratus ou tesiculosus, et de ses innombrables variétés; quelques-unes sc plaisent dans les lieux les plus exposés à la fureur des vagues, tandis que d'autres sont arrachées et deviennent le jouet des flots aussitôt qu'elles perdent leur abri ordinaire. Elles varient suivant la nature du corps auquel elles sont fixées; le climat, l'exposition , la profondeur, le voisinage des eaux douces, celui inéine de certaines Thalassiophyles, influent sur elles, et occasionne celte prodigieuse quantité de variétés que l'on observe dans quelques Délesseries ainsi que dans plusieurs autres Floridées. Elles sont très-rares et peu nombreuses en espèces dans les mers polaires; leur quantité augmente graduellement jusque vers le Irculccinquième degré de latitude nord; elle semble diminuer jusqu'à l'équateur; elles suivent le même ordre dans l'hémisphère austral hraucoup moins riche que le premier, à cause du peu de largeur de la zone tempérée dans celle partie du monde.

DELICRAM A. bot. Synonyme de Cornouiller Sanguin.

DEL1LIE. Dclilia. bot. Genre de la famille des Synanthérées eide la Syngénésie, Lin. , formé par Sprcngel

Dig

DEL

DEL

et dans lequel il n'admet qu'une seule espèce, le Delilia Berterii, qui n’est autre que le Milleria biflora de Linné, qui fait partie du genre Elyire de Cassini. V. ce mot.

DKLIME. Delima. bot. Genre de la famille des Dilléniacées. Caractères : un calice persistant formé de cinq sépales; une corolle composée de quatre A cinq pétales arrondis; des étamines très nombreuses et hypogynes; un ovaire arrondi, terminé par un style et par un stigmate simples. Le fruit est une capsule membraneuse, à une seule loge, contenant une ou deux graines arillées qui sont formées d*un endospertne cartilagineux et d’un embryon renversé. Ce genre se compose de six espèces dont trois croissent eu Asie et trois en Amérique. Ce sont des arbustes grimpants , à feuilles alternes, entières, dépourvues de stipules ; à fleurs quelquefois dioïques par avortement cl disposées en une panicule terminale. L’espèce la plus commune est la Df.Liie sarsextebse, Delima sarmenlosa, L. ,Sp., Lamk. , 111., t. 475; Tetracera sarmenlosa , Tahi et Witld. Cet arbuste croit à Ceylan. Ses feuilles soûl alternes. péliolées, ovales, aigues, profondément dentées en scie, coriaces et rudes au toucher. Les fleurs forment une panicule étalée, au sommet des ramifications de la lige.

DÉLIQU ESC ENC E . Deliquescc ni /‘a. Passage spontané d’un corps solide à l’état liquide par sa seule exposition au contact d’un air humide. Ce changement d’étal du corps dissous est dû à sa grande aflinilé pour la vapeur d'eau qu'il absorbe elcoudeuse jusqu’à ce qu'il en soit complètement saturé.

DELIQUESCENT, bot. Syn. d'Agaric atramenlaire; espèce dont le chapeau se résout promptement en eau gélatineuse et communément noirâtre.

DKI.ISÉE. Delisea. bot. Genre de Floridécs que Lainoitroux a établi aux dépens des Délesscries, et dédié à Delise, ancien militaire, botaniste zélé qui s'occupe d’un vaste travail sur la famille des Lichens. Ce genre a pour caractères : feuille frondiforene, linéaire ou presque filiforme, dicholomc ou rameuse, plane, profondément dentée, ou comme ciliée sur les bords; fructification double; la tuberculeuse comprimée, gigartine. située en général au sommet des divisions de la feuille. La fructification s’observe sur les dentelures de la partie supérieure de la fronde et de ses divisions. Les Üelisées diffèrent de toutes les autres Floridécs par la situation et la forme des fructifications, ainsi que par la forme des feuilles; elles présentent une régularité dans leurs divisions qui les rapproche beaucoup des Plocamics, et que l'on trouve rarement dans le groupe nombreux des Délesseries. Leur couleur est en général aussi brillante que celle des Céramics les plus élégantes ; elle éprouve les mêmes changements par l'action des fluides atmosphériques. Leur grandeur varie de cinq à dix pouces. Une espèce habile les bords de la Méditerranée; et les autres se trouvent sur les côtes de l'Auslraljsie : et parmi elles nous citerons la DEmsee èi.êgaxte , Delisea elegans, Lamx. Sa fronde est rouge ou brunâtre, dichotome, très-rameuse; épines latérales plus longues que le diamètre de la fronde.

DELlstLLE. Deli sella. bot. Genre de la famille des

Confervées. dont les caractères consistent dans des filaments cylindriques, articulés par sections, ayant leurs entre-nœuds marqués de deux ladies longitudinales de matière colorante bien distincte, et produisant extérieurement des capsules opaques, ovoïdes, suhpédicellécs, sans involucre et enveloppées d’une membrane transparente, qui les fait paraître comme entourées d'un anneau diaphane. Ce sont de petites plantes marines, d’un port fort élégant, dont les espèces principales sont le Delisel/a pentuila , Borv; Sf’hacciaria permuta, Lyngb., 7>w/.,p. 105. pl. 51; Con ferra pe final a des auteurs, et l'une des deux plantes que Lvngbye a reçues de Féroe, qu’il a figurée comme Fêlai sec de son Hulchinsia si rida et que üory appelle Dc/iseUa ciUata »

DI LISI.KA. bot. Même chose que Delilia. V. Ükulie.

DELIssËE. Dclissea. bot. Genre de la famille des Lobe I lacées, formé aux dépens des Lobélies. par Gaudichaud qui l’a dédié à Défisse de File de France, l'un des naturalistes qui faisaient partie de l’expédition française aux terres Australes. Caractères : calice persistant, étroitement uni à l'ovaire, avec son limbe libre, divisé en cinq dents; corolle tubuleuse, arquée, déciduc, avec son tube cylindracé, indivise, son limbe subbilabié, divisé eu cinq segments; cinq éLimines dont les filaments sont soudés et forment un tube libre; anthères cohérentes, dont deux inférieures et barbues ; stigmate bilnhé, entouré de poils; capsule en forme de baie, couronnée par le calice persistant, biloculaire, non déhiscente. Les espèces, au nombre de trois, décrites et figurées par Uaudichaud, dans la botanique du voyage de Freycinet, sous les noms de Delissea subconlata , pl. 77, Dclissea undulata , pl. 78, et Delissea acutninata, pl. 70, sont des plantes à liges ligneuses et lactescentes, à feuilles éparses, sans stipules, entières, â fleurs d'un blanc rosé, disposées en grappes axillaires, portées sur des pédicelles munis d’une bractée à leur base. Toutes trois appartiennent aux lies de la mer du Sud.

DELIVAIRE. bot. Même chose que Dilivaire.

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