‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 84 sur 116 · PAU · texte numérisé non relu

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aplati, argenté, traversé par de légères bandes bleuâtres et dorées. Taille, dix pouces.

Cette Daurade a été observée par Cominorson dans le grand Océan équinoxial. Quelques navigateurs rappellent Capitaine blanc. Risso dit que, dans les mois de mars et de décembre, on la prend dans les rochers de la iner de Nice.

Daurade de Forstbr. Aurala Forsteri ; Sparus Forsteri , Sclineid. ; Sparus strialus, Forst. Teinte générale rouge; queue entière, sans taches; vingt raies de chaque côté du corps; une bande sur les lombes, et line ligne sur l'abdomen, noires; quatre dents incisives fortes et en crochet : museau obtus; cinq rayons à la membrane des branchies. Taille de neuf à dix pouces.

Ce Poisson a été découvert par Forsler, dans l’océan Pacifique, près de Pile de Tonga-Tabou.

Daurade ROUGIR. Aurala miniata; Sparus rniniahts, Forst. et Schncid. Corps ovale, jaunâtre, réticulé ; lèvres épaisses, charnues, doubles et rouges; museau allongé, aigu; quatre dents incisives, aigues, coniques, courbées; molaires larges, courtes, serrées, un peu aigues dans le voisinage des incisives; narines luhulées; yeux gros; six rayons à la membrane branchiale. Nageoires dorsale et anale séparées, en arrière du dos et de l’abdomen, par une membrane charnue et lâche; dorsale jaune, à sommet rouge; pectorales triangulaires , rougeâtres , marquées d’une tache de sang à leur hase; catopes appendiculés, avec une tache rouge â la base ; caudale rouge, presque bifide, obscure à la base.

De l’océan Pacifique. Chair savoureuse.

Dm rade Berda. Aurala Dénia ; Sparus Berda, Forsk., L. Quatre longues dents incisives â chaque mâchoire; molaires nombreuses, hémisphériques: les plus éloignées du museau plus grandes que les autres; lèvre supérieure avancée; écailles grandes et arrondies. Teinte générale blanchâtre ; une petite bande transversale brune sur le milieu de chacune des écailles latérales. l’nc sorte de barbillon très-court au-devant de chaque narine ; pectorales transparentes ; toutes les autres nageoires brunes. Taille, environ deux pieds.

Ce Poisson se nourrit de végétaux, dans la mer Rouge; il fréquente principalement les côtes des petites îles où croit l’arbre appelé Schoura, et dont Forskahl a fait un nouveau genre sous le nom de Saura. Les feuilles de cet arbre, qui tombent à la surface des eaux, sont la nourriture que le Berda préfère. Kisso dit qu’on le prend dans la mer de Nice, où il sc nourrit de petites Clupées.

Indépendamment du nom de Dénia, les Arabes lui donnent encore celui d 'Abon bas ul , ou de Père aux Oignons , probablement parce qu’il porte des petits bulbes à la base des aiguillons du dos.

Daurade grand- oeil. Aurala grundoculis ; Sparus grandocuUs, Lac.; Seiœna grundoculis , Forsk., L. Six incisives â chaque mâchoire; molaires larges, j plates et courtes; lèvre inférieure renflée; un tubercule entre les yeux; nageoire caudale écailleuse; yeux très-grands; teinte générale bleuâtre: nageoires dorsale cl anale lobées postérieurement ; nageoires violettes ou d’un rouge pâle; corps rayé.

Ce Poisson, de la mer d’Arabie, a élé décrit d’abord par Forskahl.

Dairade Harak. Aurala Harak ; Sparus Harak , Lacép. ; Seiœna Harak, Forsk. et Linn. Quatre incisives à chaque mâchoire; molaires émoussées sur un seul rang, les antérieures larges, les postérieures hémisphériques; des dents sétacées et nombreuses auprès de ces dernières; première pièce des opercules écailleuse. Teinte générale verdâtre; une tache noire et souvent bordée de brun de chaque côté ; nageoires rougeâtres.

Ce Poisson a aussi élé vu par Forskahl dans la mer Rouge.

Dairade Sarre. Aurala Sarba; Sparus Sarba, Lacép., Linn. Incisives serrées, coniques; molaires nombreuses el hémisphériques; seize à dix -sept raies longitudinales brunes, de chaque côté du corps ; pectorales blanchâtres. lancéolées el beaucoup plus courtes que les calopes, qui sont d’un beau jaune, de même que l’anale el la partie inférieure de la caudale.

Cette Daurade, dont la chair est fort agréable, se prend, au rapporlde Forskahl, sur les côtes de la mer Rouge, dans les endroits vaseux, sur les bancs de corail.

Dairade IIlrta. Aurala Hurla ; Sparus Hurla, L. ; Spare rubellion, Daubent. Corps et queue comprimés ; dorsale reçue dans un sillon longitudinal ; quatre incisives en haut, et trois seulement en bas; molaires globuleuses; des hnndes rouges transversales. Taille, dix pouces. De la mer Méditerranée.

Dairade annulaire. Aurala annulons; Sparus annutaris, Bloch, 271. Six incisives à chaque mâchoire; deux rangs de molaires en bas, quatre en haut. Cinq stries noires, transversales; une tache noire sur la queue; bord de la nageoire caudale noir. De la mer Méditerranée.

DAURADE. C’est aussi le nom d’uuc espèce de Corypiiéne. V. ce mot.

DAURADE, bot. Synonyme vulgaire de Cétérach.

DAUltAT. rois. Syn. vulgaire de Cyprin de la Chine.

DAUW. Max. Espèce du genre Cheval, Equus tnontanus, Burchell.

DAVALL1E. Darallia. bot. Genre de Fougères, caractérisé par sa fructification en forme de points presque ronds ou un peu allongés, situés presque sur les bords de la fronde et à sa partie supérieure, munis chacun d’une«nembrane ou tégument (indusium) en forme de cornet tronqué, et s’ouvranl verticalement par le côté extérieur.

Ce genre comprend environ quarante espèces exotiques, qui faisaient presque toutes partie des genres Adiantum et Trichomuncs de Linnæus. C’est à Smith que l’on doit son établissement.

Cavanilles l’avait également créé sous le nom de Humala ; mais les botanistes ont préféré celui de Dar allia, comme plus ancien. R. Brown fait observer que les espèces forment quatre groiqies assez naturels. Le premier renferme les espèces qui ont le port des Lindsea ; le deuxième contient les espèces qui ont le port des Dicksonia ; et le troisième offre les espèces qui ont le port des iïephrodinm. Quant au quatrième groupe ,

il s'éloigne des précédents par le port et par quelques ; considérations sur l’involucre : c’est le H'ibelia de Bernhardi. Voici l’indication de quelques-unes des espèces les plus intéressantes, ou les plus propres à donner l’idée de l’ensemble des Fougères de ce genre et des régions qu'elles habitent.

5 1. Frondes si nuées ou pinnntifiiles.

Davallie béterofrylle. Darallia hderophylta , Smith, Sw., AV. ; Humain ophioglossa , Cav. Frondes, les unes stériles, simples, ovales, pointues, entières; les autres fertiles, lancéolées, linéaires, sinuées, à lobes dentés en scie ; slipe rampant , liispide. ün trouve cette Fougère à Sumatra, et dans les Iles ISicobar et Maria net.

Davalme pédiaire. Darallia peilata, Smith, W.; Adiantum rejfens , L., Suppl. Fronde en cœur à la base, ù cinq angles dans son pourtour, mais ovalepiunalitide, à découpures ohlongu-linéaires. dentées en scie ù l'extrémité , et fructifères; découpures du bas plus grandes , sinueuses sur le côté supérieur, pinnatiiides sur le côté inférieur; stipe ou racine rampante, écailleuse. Celle jolie Fougère, qui n'a que deux ou trois pouces de haut, croit sur les vieux arbres, ù l'ile Bourbon.

$ 11. Frondes ternies.

Davallie DENTÉE. Daraltia serrata, W.; Huntafa trifoliala, Cav. Frondes lernées; chaque division pinnatit) Je ; découpures de» frondes stériles, linéaires, oblongues , obtuses, dentées en scie y découpures des frondes fertiles plus étroites, profondément dentées en scie; stipe rampant, écailleux. Celte espèce, voisine de la précédente et de la même grandeur, croit aux iles Mariancs.

§ III. Frondes ailées.

Davallie es per de faix. Darullia falcata, Sw., AV. Frondes ailées, lancéolées; frondules lancéolées, presque en forme de fer de faux, tronquées à la base, et munies d’une oreillette dirigée en haut; points fructifères, orales, toinenteiix. Celte Fougère, qui a deux pieds de haut, est portée par un slipe cylindrique. Elle croit dans les Inde» orientales.

§ IV. Frondes deux ou trois fois ailées.

Davallie élégante. Darallia elegnns , Sw., W. Frondes deux fois ailées ; frondules inférieures deux fois ailées, ù subdivisions cunéiformes a la hase, oblongucs-lancéolées, incisées, dentées, cl à dentelures ellesmêmes hidentées. Cette grande cl belte Fougère se trouve à Java, à Tranquebarcl à la Nouvelle-Hollande.

Davallie allonges. Darallia data, Sw., AVilld.; fFibelia data, Bernli., Schrad., Journ. 1801, 1, lab. 1, f. 2. Fronde trois fois ailée; frondules primaires, longuement acuminées; les petites frondules toutes oblongues, lancéolées, pointues, incisées-dentées, à dentelures des frondes fertiles, bidenlqes. Celle espèce croît dans les lies de la mer Pacifique. R. Brown présume qu'on pourra probablement en faire un genre distinct.

Davallie glalqce. Darallia glatira, Cav., Sw. Fronde glauque, trois fois ailée; frondules alternes, ù folioles linéaires, pinnalifides, pointues; fructification en points globuleux. Cette espèce croit dans les Andes du Pérou.

Davallie des Canaries. Darallia Canarien sis, Sw., AV. ; Trichomanes Canariensc, L. Fronde Lriparlite; chaque rameau trois fois ailé, à frondules pinnalifides ; Iaciniures stériles, lancéolées, presque tridentées; les fertiles presque tronquées et cunéiformes. Celte Fougère, qui s'élève à sept et huit pouces, croit en touffes aux Canaries et en Portugal. C’est la seule espèce européenne de ce genre; on la cultive dan» no» jardins botaniques, où elle se fait remarquer par le vert sombre et la multitude del découpures de son feuillage.

Davallie aigcillonnêe. Darallia aculeata , Sw., AVilld.; Adiantum acuteatum , L. Fronde trois fois ailée; premières frondules du bas elles-mêmes trois fois ailées; petites frondules cunéiformes, 3-5 fidps, à découpures lancéolées, dentées au sommet; rachis flexueux et aiguillonné. Cette Fougère, dont le feuillage rappelle celui du cerfeuil, croit ù la Jamaïque et à Saint-Domingue, dans les lieux secs et exposés au soleil.

DAME. Daria, bot. Genre de la famille des Mélastomarées, établi par De Candolle. Caractères calice campanule, le tube ovalaire-ohlong; dix ou douze dents au limbe qui est presque membraneux; cinq à six pétales; anthères en forme de bec à l’extrémité, se prolongeant en éperon à la hase; ovaire libre, globuleux ou ohlong, déprimé et glabre; style filiforme; capsule à cinq loges. Les Davies. dont quatre espèces sont maintenant connues, forment des arbrisseaux élevés ou des arbres; ils sont originaires du Brésil, du Pérou et de la Guiane; leurs feuilles sont pétiolées, ovales, nervurées, presque glabres ; les Heurs, réunies en corvjnbcs ou en panicule, sont d’un jaune assez pâle. Le Daria paniculata avait été placé par Marlius dans le genre Bhexia.

DAVIÉSIE. Duriesia. bot. Genre de la famille des Légumineuses, DécandrieMooogynic, constitué par Smitli. Caractères : calice anguleux, simple et quitiquéfide; corolle papilionacée; dix étamines libres; stigmate simple, aigu; légume comprimé et monosperme. En décrivant une belle espèce de ce genre, que AVilldenow avait rapportée ail genre Pullcnaa , également établi par Smith , Vrnlenal observe que la Dariesia a la plus grande affinité avec ce dernier genre et qu’il n’en diffère que par son calice nu ou sans appendice et par son fruit comprimé et â une seule graine. Les Daviésies sont de» arbustes à rameaux roides, à feuilles simples, terminées en pointe, et â petites fleurs jaunâtres. Elles ont pour pairie la Nouvelle Hollande, d'où quelquesunes ont été transportées dans les jardins d'Europe, telles que les Daviesiu de n udala, Veut.; Dariesia lati folia et Dariesia mimosoides, Brown. Smith a donné, dans le neuvième volume des Transactions de la Société Linnéemie de Londres, les descriptions fort détaillées de dix espèces, sous les noms de Dariesia aeicularis, Dariesia incrassata, Dariesia ulicina ( Dariesia ulici folia, Andr.), Dariesia reticulata , Dariesia s<ju arrosa , Dariesia utnbellulala , Dariesia cotymbosa , Dariesia cordata, Dariesia alata , et Dariesia juncea. Cette dernière est une toute autre plante que celle nommée ainsi par Persoon, et qui doit se rapporter à la Dariesia denudata décrite et figurée par Vcntenat {Choix des Plantes, p. cl t. 7). Smith (Annuls of Bol.,

vol. f,p. 507} distingue même celle-ci d’avec les Daviôsies et en forme le genre Viminaria.

Dwiëme oMLti.LÈK. Daciesia uinbellata, espèce postérieurement décrite par Smith, sous le nom de Daciesia umbe/lulata , et représentée dans la Flore de la Nouvelle Hollande de Labillardière , l. 107, avec t'analyse des organes fructifie.! leurs, qui donne une juste idée du caractère générique.

DAVILLE. Dacilla. bot. Genre de la famille des Dilléniacées, constitué par Vandelli (Ftor. Lusit. et hrasil. ProJr. 115, tab. 2, flg. 14). Caractères : étamines en nombre indéfini ; carpelle unique, teslacé. renfermé dans les deux sépales intérieurs du calice, qui se sont accrus et sont devenus concaves, opposés et semblables aux valves d’un fruit; une ou deux graines à peu près globuleuses. On n'en commit encore qu'une seule espèce, Dwiile Be£siiilxve, Dut ilia firasiliana, DC., arbre dont les feuilles sont alternes, oblongues et décurrentes, les fleurs vertes ou roussâtres. Par son port, il se rapproche beaucoup et il est pour ainsi dire intermédiaire entre le J'etracera et le Dclima, genres de la ménje famille.

Ou trouvait dans le Supplément de l'Encyclopédie Méthodique la description de celle plante sous le nom de Dacilla ntgosu. 11 est fâcheux que De Cnndulle n’ait pas adopté ce uotn , on n'aurait pas un synonyme de plus; mais il ne serait guère convenable de préférer maintenant celui-ci, puisque le nom de Dacilla lirasi ■ liana accompagne non seulement une bonne description générique et spécifique, mais encore une excellente figure publiée par M. Benjamin Delesserl ( Icônes Sc lectœ, vol. 1, t. 72).

Le genre Dacilla diffère du Tetracera en ce que ses fleurs sont hermaphrodites, son ovaire unique, son stigmate capilé et non aigu, enfin par la forme remarquable de ses deux sépales intérieurs.

DAMTË. mi v Ce minéral se trouve à Chiwachi, dans l’Amérique méridionale, près d’une source d’eau thermale, contenant de l'acide sulfurique en liberté. Il est en masses amorphes, blanches, vertes ou jaunâtres, d'une saveur nauséabonde, astringente et désagréable; exposé à l’action du chalumeau il commence par donner de l'eau, puis de l'acide sulfureux et sulfurique, et finit par se réduire en poudre blanche. La variété blanche donne à l'analyse : acide sulfurique 50; alumine 15; eau 57. La Davite n'esl donc que de l'alumine sulfatée, colorée accidentellement par de l’oxide de fer lorsqu’elle est jaune , par de l’oxide de cuivre lorsqu'elle est verte ou bleuâtre.

DAVYNE. iiv. Mon ticelli. dans sa Minéralogie du Vésuve, a donné le nom de Davyne à une substance minérale volcanique, qui lui a présenté pour caractères : forme primitive, l’hexaèdre régulier : les facettes qui remplacent les facettes du prisme hexagonal conduisent à un dodécaèdre bipyramidal , dont les angles dièdres terminaux sont de 151°, 10' et les angles latéraux de 51°, 47. La forme fondamentale est un rhomboèdre de 112“, 16'. Le clivage est très-net, parallèle aux faces principales du prisme. Lfs plans qu'il met a nu ont un éclat vif et perlé. Les cristaux sont blancs et transparents; ils sont fragiles; leur dureté est de 5,5; leur

pesanteur spécifique 2,4; ils sont souvent associés à du grenat brun dodécaèdre. La Davyne forme gelée avec l’acide nitrique; elle se boursoufle au chalumeau; son analyse chimique donne : silice 45; alumine 55; chaux 12, fer 01; eau 07; perte 04. Celte substance a été découverte au Vésuve.

DANVAN. bot. Ilumph décrit sous ce nom trois arbres des Moliiques, qui, selou Jussieu, paraissent avoir beaucoup d’affinité avec le genre Spotulias de la famille des I Térébinthacées. Lcnrs feuilles sont pinnées, à folioles • alternes ou opposées ; leurs fleurs, disposées en grappes terminales, sont très petites, et il leur succède des fruits de la forme et de la grosseur d'une balle de fusil, dont le brou contient un principe huileux.

DAWSON1E. Datcsonia. bot. Genre de la famille des Mousses, observé ù la Nouvelle-Hollande par Brown qui l’a décrit dans les Transact. Linn. T. x, p. 5IG. II lie renferme qu'une seule espèce qui a complètement le port d’un Polytric; sa tige est simple, roide; ses feuilles ainplexicaules sont longues, suhulées, dentées, et présentent supérieurement, comme celles des Polytrics, plusieurs crêtes saillantes, parallèles â ta nervure principale. Le pédicelle est terminal et unique ; la capsule est oblique, plane supérieurement, et convexe inférieurement; elle ressemble beaucoup, pour la forme, à celle du Busbaumia aphjrlla ; l'opercule est en forme de cloche; la coiffe est double; l’extérieure n'esl composée que de poils entre croisés; l'intérieure est fendue latéralement et tuberculeuse au sommet ; le périslome est formé de poils très-nombreux, longs, droits et simples, naissant également des parois de la capsule et de la columellc. Ce dernier caractère, unique dans la famille des Mousses, pourrait laisser quelque doute s'il n'avait été remarqué par un observateur aussi habile. Huoker a donné depuis une excellente figure de la même plante dans les Musci cxotici, et il a de nouveau observé ce caractère. C’est la première fois qu'on voit un périslome naître de la columelle; mais celte columelle, représentée comme très-grosse et renflée, est-elle bien la même chose que ce qu'on a décrit, sous ce nom, dans les autres Mousses? Ne serait-ce pas plutôt la membrane interne de la capsule séparée des parois de cette capsule? L'examen de la plante fraîche pourrait seul éclaircir ce fait.

DAWSONIE. Datcsonia. bot. Genre d'Hydropbylcs consacré à Dawson Turner par Palisot de Beauvois, mais dont il n'a fait connaître ni les caractères ni les espèces. Lamouroux a donné ce nom à un groupe de i Délesseries qui formaient la seconde section de ce genre I si nombreux; il offre pour caractères : des feuilles pla- I nés, parcourues par une ou plusieurs nervures longitudinales, simples ou rameuses, et ne sc prolongeant [ jamais jusqu’aux extrémités ni sur les bords; fruclifi- ! cation double : la tuberculeuse comprimée, gigartine,

! située dans le voisinage des nervures ou sur le bord des feuilles; la capsulaire éparse sur les feuilles et souvent presque invisible. Ce genre est composé de dixhuit à vingt espèces, la plupart nouvelles; Dawson Turner en a figuré plusieurs sous les noms de Fucus platicarpos, pristoides, caulescens, rubens , nerco- : sus et cenosus; les Deless. lobata et Gtnelini lui appartiennent également. La graudeur, la couleur et

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l'habitation des Dawsotiies n’offrent rien de particulier.

DAYENA oü DAYENIA. bot. Synonyme d'Ayénie.

DAYONOT. bot. Suivant Jussieu, le petit arbre qui porte aux Philippines le nom de Dayonol (Tugiis), parait avoir des caractères qui le rapprochent d’une part du llovhmeria dans la famille des l'rticées, de l’autre du Tragia dans les Kuphorbiacées.

DÉ A COUDRE, bot. Synonyme vulgaire d’Agaric campa nnlé.

DK P* A. SS VIRE. ots. Syn. vulgaire de Mésange Rcmiz.

DÉBORDANT. Marginaux, bot. On qualifie ainsi le nectaire quand il est sensiblement plus large que la base de l’ovaire.

DEDR/KA. bot. Ramier et Schultes ont substitué ce nom à celui à'Erisnia ; mais comme rien ne justifiait ropportuuité de celte substitution, les botanistes ne se sont pas empressés de l’accueillir, f'. Emma.

DKC lCANTHE. rois. Espèces des genres Luljan et Bodian, qui se distinguent par dix épines aux nageoires.

DÉCACÈRES. Decacerœ. moll. Céphalopborcs cryptodibranebes, qui ont cinq |iuires d’appendices tentaculaires, attachés sur la tétc.

DÉCACI1ÆTE. Decachœta. bot. Genre de la famille des Synantbérées, tribu des Eupatoriées. établi par De Candolle qui en a posé les caractères de la manière suivante : capitule mullifiore; involucrc ovale, imbriqué, formé de trois ou quatre rangs d’écailles subslriées et caduques : les externes ovales, entières, ohlongues et un peu obtuses; réceptacle presque convexe, à paillettes linéaires; corolles glabres; anthères incluses; styles rameux, allongés, exserles; akène aigu, pentagone et glabre; aréole terminale, convexe; aigrette consistant en une rangée de dix soies persistantes, un peu scabres à leur base, terminées eu massue. Ea seule espèce connue. Decachœta /lœnkcana, est un sousarbrisseau dressé, glabre, à rameaux cylindriques, à feuilles alternes, siibpétiolulées. oblougues-lancéolées, acuminées, dentées, penninervées et mollement réticulées. Les (leurs sont rassemblées en un tbyrse terminal. Cette plante eskoriginaire du Mexique.

DECACTIS. £cnix. E’on a donné ce nom aux Astéries fossiles; Knorr les a figurées pl. 1, lah. Il, fig. 4. Elles ont dix rayons. Lamarck n’en parle point dans son Histoire des Animaux sans vertèbres.

DÉCADtCTYLK. pois. Espètfe du genre Polynème.

DEÇA DIE. Decadia . bot. Genre de l'Icosandrie Monogynie, L., fondé par Loureiro. et ainsi caractérisé: calice inférieur à trois divisions persistantes, étalées et illégales; corolle à dix pétales dressés et plus longs que le calice; environ trente étamines presque égales aux pétales, et insérées à la base de ceux-ci, d'après Loureiro; un style filiforme et un stigmate épaissi; drupe ové et triloculaire. Le nom de Décadie vient de ses trois décades d'étamines, nombre toujours constant selon l'auteur cité. De Candolle place ce genre à la suite des Élæocarpées; mais il ajoute que si l’insertion des étamines est calicinale, et non telle que l’a décrite Loureiro, le Dccadia doit être rapporté aux Rosacées. L'unique espèce d4>nl ce genre se compose, Dccadia aluminosa, est un arbre d’une médiocre grandeur, dont le tronc est couvert d'une écorce lisse, les rameaux écartés, les

! feuilles lancéolées, dentées en scie, alternes, péliolées, i glabres cl verdoyantes. Les fleurs sont blanches, petites et disposées en grappes peu allongées, presque simples et terminales. Il croit dans les forêts de la Cochinchine où il est nommé Cay-Dcungse, et probablement dans plusieurs Iles de l'archipel Indien, rar Loureiro lui donne pour synonyme Y Arbor aluminosa de Uumph , (Herb. Amb., liv. v, lab. 100), et YArbov Itobn dicta de Burmann (Zeyl. pl. 20). Cet arbre est employé, par les habitants d'Ainboine, selon Rumph, pour teiudre eu rouge.

DÉCAFIDE. Organe quelconque découpé ou divisé au ' delà de moitié, en dix parties ou segments.

DÉCAFIDE. Deçà fui us. bot. Organe divisé en cinq dents ou partagé en cinq découpures.

DECAGONE, pois. Espèce du genre Colle.

DÉC AG Y NE. Dccagynus. bot. Fleur pourvue de dix I pistils.

DÊCAGYNIE. Dccagynia. bot. Dans le Système sexuel de Linné, où les caractères des premières classes sont fondés sur le nombre des étamines, ceux des ori dres sont tirés du nombre des styles ou des stigmates : distincts. La Décagynic est l’ordre qui renferme les végétaux ayant dix styles; tel est, par exemple, le j Phytolacca Decandra.

DÉCAISSÉE. Dvcaisnca. bot. Genre de la famille i des Orchidées, et de la Gynandrie Monandrie de Linné,

: institué par Rrongniard qui le caractérise ainsi : folioles du périgone presque égales, et soudées entre , elles par la base : les extérieures, posées sur le lahclle avec lequel elles adhèrent , sont renflées inférieure- 1 ment ; les intérieures sont plus larges et semblables au sépale intermédiaire; le labclle ressemble beaucoup . aux sépales comme aux pétales, aux latéraux desquels il est soudé par sa base; son limbe est libre, inclus, entier cl concave; le gynostème est court, comprimé, ! avec leclinandre membraneux postérieurement, et prolongé de chaque côté par un appendice oreilliforme; anthère terminale, operculaire, avec ses loges fermées, i contenant deux masses polliniqucs. attachées au sommet du stigmate. Les Decaisnées sont des plantes herbacées, originaires du Brésil; leurs racines sont fibreuses. d’inégale épaisseur; il en naît des feuilles ovales, membraneuses et nervurées, qui sont en fourreau à leur base ; celles de la tige sont lancéolées, squammi formes ; l'épi qui termine la tige est cylindrique, «erré, composé de fleurs petites, rassemblées quelquefois en plusieurs bouquets et garnies de bractées.

DELA M FUIE. Deçà tue ria. îxs. Hyménoptères; genre proposé dans la famille des Toutbrédines, par Lepelletier et Serville qui lui donnent pour caractères princi- ; paux: antennes de dix articles; ailes supérieures offrant | une cellule radiale et quatre cellules cubitales, dont la quatrième atteint l'extrémité de l'aile. Ce genre se com- I poserait de deux espèces exotiques, dont la patrie n'est ; pas exactement constatée.

dki.andullie. bot. y. caudollab.

DÉC ANDRE, bot. Fleur qui a dix étamines.

DÉCANDRIE. Decandria. bot. Dixième classe du ! Système sexuel de Linné, qui contient tous les végéi taux ayant dix étamines. Celle classe offre cinq ordres.

LjOC

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«avoir : 1» Monotonie ; 2° Digynie;3°Tryginie; 4® Pcntagynie ; 5» Décagynie.

DECANEURE. Decaneurum. bot. Genre de la famille de* Sv iia ni hél ées , Iribu des Vernoniées, établi par De Candollequi lui assigne pour caractères : capitule multiflore, homogame, à fleurs tubuleuses, hermaphrodites et quinquéfides ; réceptacle plan, alvéolé; involucre imhriqué, formé de plusieurs rangées d’écailles, ordinairement enveloppé de bractées foliacées, mais quelquefois nu : les écailles externes sont plus courtes, aristato-cuspidées; les internes n’ont point d'aréles et sont «curieuses au sommet; akène glabre, relevé de dix eûtes ou nervures saillantes ; aigrette consistant en une rangée de soies épaisses, roides et barbelées, disposées en anneau autour de la base, dans la jeunesse, puis décidues à mesure que la plante vieillit. Ce genre, voisin du Vernonia, s'en distingue très-bien, par son fruit à dix côtes saillantes, son aigrette sur un seul rang, et dé|>ourvtie de la petite rangée accessoire, propre aux Vcrnonies; il se compose de quatorze espèces de l'Inde, presque toutes inédites. Du reste ce genre n’est pas entièrement nouveau, mais il était peu connu et mal circonscrit; il se divise en deux sections qui ont l’une et l'autre été considérées comme genres, savoir : les espèces à grandes bractées foliacées, qui forment le genre Phylloccphalum de Diurne, et celles à involucre nu, qui peuvent garder le nom de Gymnanthemum , sou* lequel Ca»siui en a désigné une ou deux espèces, mais qu'il considère sous un tout autre rapport.

Decakecre frutescent. Decaneurum frutescet IS , De Cand.; Phyltocepbalum frutesccns , Blume. Tige un peu ligneuse, dressée, laineuse, garnie de feuilles | courlemcnl pèliolées, oblungues-lancéolées, cuspidées, dentées en scie, rugueuses, couvertes de poils laineux sur les deux face»; Heurs pédouculées, axillaires et terminales. Cette plante croit dans les localités humides des montagnes de la province de Krawang, à Java.

Decanrire fihbrili.ifêre. Decaneurum fimbrilliferum, De Cand. ; Gy mua nthem am fimbritliferum , , Cassini. Tige pubescenle, presque toinenteuse, striée; ! feuilles alternes, ovales- lancéolées, acuminées, étrécies j ù la base, en ferme de pétiole, bordées autour de leur | partie supérieure de quelques petites dents inégales et irrégulière», glabres en dessus, parsemées en dessous de points glanduleux et pubescents sur les nervures , qui sont pennées; calalbide» nombreuses, disposées en une grande panicule corymbiforme, terminale, trèsramifiéc, dépourvue de feuilles et de bractées ; chaque calathide est composée de trois ou quatre fleurs. Elle se trouve à l’ile de Bourbon.

DEÇA DETALE. bot. Périanlhe composé de dix pétales.

DÉCAPODES. Decapoda . crust. Premier ordre de la classe des Crustacés, ayant pour caractères : branchies I cachées sous les côtés du lest; deux yeux portés sur un pédicule mobile ; quatre antennes généralement sélacécs, dont les intermédiaires ont leur lige partagée en deux ou trois filets ou soies articulées; organe extérieur de l'ouïe situé à la base des autres; bouche composée 1

d'un labre, de deux mandibules patpigères, d’une languette, de deux paires de mâchoires multifides, de trois paires de pieds-mâchoires, accompagnés extérieurement d'un appendice en forme de palpe (flagrttm ), les deux dernières paires munies de branchies; dessus du corps recouvert, à l’exception de son extrémité postérieure ou du posl-ahdomen, d’une écaille ou test généralement dure, en grande partie calcaire; post-abdomen en forme de queue; dix pieds proprement dits, dont les deux antérieurs au moins terminés ordinairement en pince; organes sexuels doubles; ceux du mâle situés à l'article radical des deux derniers ; ceux de la femelle s'ouvrant soit nu même article des pieds de la troisième paire, soit sur l'espace pectoral compris entre eux; oeufs portés par de» appendices pédiformes et bifides, disposés par paires sous le post-abdomen ; forme des premiers différant souvent selon les sexes, Uu seul de ces caractères, la situation des branchies, distingue suffisamment cet ordre de Crustacés. Quoique ces organes soient réellement extérieurs ou situés à la surface du corps , ils sont néanmoins cachés jftnr les côtés du test qui se replient en dessous; l'eau qui les abreuve et leur fournil le fluide respiiable pénètre sous le repli du lest, au moyen d'un vide ou canal antérieur formé sur les côtés des pieds-mâchoires. Ainsi ces Crustacés sont, en quelque manière, des Cryplohranches, tandis queceux des autres ordres sont Gymnobranclies. Dans ceux-ci encore les quatre derniers pieds-mâchoires, ou même quelquefois les six, sont devenus des organes propres â la locomotion, et le nombre des pieds s'est accru en proportion. Mais dans les Décapodes, si l'on en excepte les dentiers genres, ces pieds-mâchoires, appliqués sur les organes de la manducation, semblent être uniquement destiné* à leur service, et coopèrent même quelquefois directement ù leurs fonctions. Le nombre de leurs pieds n'est donc que de dix. Cet ordre d'animaux sc compose du genre Cancer de Linné, moins quelques espèces à branchies découvertes, de ceux que Fabricius comprend dans sesetasses de Kleistagnaliies et d'Exochnales, sauf ceux de Lunule, de Squille et de Gammarus, et des Malacoslratés podoplitlialmes de Leach. Ce sont ces mêmes animaux que les anciens désignèrent plus particulièrement sous la dénomination de Crustacés, Crustala. Leur corps est en effet recouvert à moitié ou en majeure partie par une sorte de bouclier ou lest d'une seule pièce, et garanti inférieurement au moyen d'une sorte de plastron, divisé par des sutures en autant de segments transverses qu’il y a de paires de pieds propres et de pieds-mâchoires. L'extrémité postérieure ou ta queue ( post-abdomen ou urogastre ), est ellemême défendue supérieurement par une suite d'écailles transverses ou de tablettes , réunies inférieurement avec une membrane soutenue par un demi -anneau Iransverse et de la consistance des téguments supérieurs. Chacune de ces tablettes forme avec ces parties inférieures un segment complet, dont le nombre est toujours de sept dans les Décapodes à longue queue ou Macroures, mais un peu moindre dans plusieurs de ceux où celle queue est courte ou les firaebyurea, et variant même selon les sexes. Cette différence provient de la réunion de quelques-uns de ces anneaux; souvent

les vestiges «les sutures l’annoncent. Leach s’est servi avec avantage de celte disparité numérique pour diviser la famille des Brachyurcs; mais celte méthode est très-artificielle.

La substance des téguments est un mélange de Gélatine et de Sulfate de Chaux: une liqueur d’un beau rouge, qui passe par les pores d'une membrane très-mince, recouvrant le dessous du lest, lui communique, lorsqu'on l’expose au feu ou à l'action du soleil, une teinte analogue, mais ordinairement plus faible et un peu modifiée.

Quoique tous les Crustacés soient généralement carnassiers, il semble cependant que les Décapodes l'emportent â cet égard sur tous les autres, et, sans parler de la complication et de la force de leur appareil masticateur, les pièces osseuses et dentées, et au nombre de cinq, dont leur gésier est armé intérieurement, décèlent éminemment celle habitude. Celui des Squilles et des Limules offre bien des pièces destinées aux mêmes usages, mais beaucoup plus faibles et ne consistant même que dans un assemblage de cils ou de spinulcs.

Les yeux sont ordinairement situés ù l’extrémité d'un pédicule divisé en deux articles, inséré sur le test , et se logeant chacun dans une cavité particulière, pratiquée transversalemeut ù son bord antérieur. Dans plusieurs, notamment dans les Macroures, l’intervalle de ce lest compris entre eux se prolonge en une pointe souvent dentée, qu’on a nommée bec ou rostre; dans les autres, ce même espace qui répond au front ou à une portion du verlex, forme une sorte de chaperon. La longueur des antennes se divise naturellement en deux parties, le pédoncule et la tige. Le pédoncule est plus ou moins cylindrique, composé de trois articles. La lige a la forme d'une soie ou d'un fil, et se compose d'une quantité souvent considérable de très-petits articles. Celle des antennes latérales ou extérieures est toujours simple; mais à l'égard des intermédiaires, leur pédoncule se termine par deux ou trois filets; ce n'est cependant que dans les derniers genres de la famille des Macroures, où ce nombre s’élève à trois. Dans tous les Bracbyures, ccs deux tiges terminales sont courtes ou peu allongées et représentent une sorte de pince. Dans divers Branchiopodes, elles en font réellement les fonctions, et l'analogie nous montre que les mandibules des Aranéides sont leurs analogues. L’ou aperçoit sous la base des antennes latérales un petit corps en forme de tubercule, logé dans un enfoncement du lest, tantôt membraneux en devant, à l'exception de sOn pourtour (Bracbyures), tantôt entièrement pierreux (Macroures), et que l'on considère comme l’organe extérieur de l'ouïe; l’espace intermédiaire est l 'épistome. Le premier article des mêmes antennes est quelquefois soudé avec le lest et se confond même avec lui; c’est ce qui a lieu dans plusieurs de ces Bracbyures que l'on nomme vulgairement Araignées de mer. Les antennes intermédiaires sont presque toujours soudées et repliées sur elles-mêmes dans les Bracbyures ; mais au delà elles s'allongent ainsi que les deux autres, se redressent et s'avancent aussi en avaut. Ces modifications s'opèrent conjointement avec celles qu'èprouvenl les proportions du test et s'étendent aussi aux pieds et aux

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autres pièces analogues. Aussi les derniers pieds-mâchoires finissent-ils par ressembler à des palpes, à des antennes, et sont-ils même transformés en pieds dans la dernière tribu, celle des Schizopodes. C'est 0 ce rétrécissement progressif de la partie antérieure du corps qu’il faut attribuer d'une part le changement qui a lieu dans la situation relative des deux vulves de la femelle, et cette série de toges qui. dans la plupartdcs Macroures, partage le milieu de la cavité intérieure thoracique, et recevant les cordons médullaires. Cela n'a pas lieu dans les Bracbyures; leurs cavités cotyloïdrs étant moins rapprochées longitudinalement entre elles, le milieu de la surface intérieure du plastron est uni.

D'après Sa vigny, qui a fait une étude très -approfondie, générale et comparative des parties de la bouche de ces animaux, line pièce, en forme de cœur . vésiculeuse, comprimée sur les côtés, carénée dans le milieu de sa longueur et située entre les mandibules, représente le labre. Elle existe aussi dans les Aranéides (longuette sternale, Sav.). Les mandibules sont osseuses, fortes, transverses, élargies triangulaireinent ou en cuiller, tranchantes vers le côté interne, rétrécies et en forme de cône allongé à l'autre bout; la manière dont elles sont situées ne leur permet point de s’écarter beaucoup l'uuc de l'autre. Dans les derniers genres de l'ordre, elles se rétrécissent, s'allongent, prennent une forme arquée etse bifurquent même à leur extrémité intérieure. Sur leur dos est insérée une palpe de trois articles, couchée ordinairement sur lui, mais qui, dans quelques-uns de ces derniers genre» encore, est relevée. Le pharynx est situé entre clics et la languette ( labium , Fab.). Celle partie se compose de deux feuillets ovales, divergents et appliqués sur la face antérieure et inférieure de» mandibule». Les mâchoires ressemblent aussi à des feuillets, mais divisés en lanières ciliées ou velue» sur leurs bords; celle de la paire supérieure ( maxilla quarto , Fabr.) en offre trois, et celle de la paire suivante ( maxilia tertio, Fabr.) cinq, mais qu'on pourrait réduire essentiellement ù trois, eu considérant les deux intérieures comme bifides. Les pièces, au nombre de trois paires qui succèdent, en descendant, aux précédentes et les recouvrent graduellement, sont les piedsmâchoires, ou les mâchoires auxiliaires, dans la nomenclature de Savigny. La forme des deux supérieures (maxilia secundo, Fabr.), tient le milieu entre celle des mâchoires et celle des pieds-mâchoires suivants : ce sont en quelque sorte des mâchoires - pieds , qui , dans les Crustacés amphipodes et isopodes, forment une sorte de lèvre inférieure. Elles sont divisées en trois lobes, mais dont l'extérieur ressemble à une petite antenne sétacée, pluriarliculée, portée sur un pédoncule et faisant un angle avec clic. Fabricius l'a comparé à uu fouet (palpus f logelliformis ); c'est le Hagre de Savigny. Les quatre autres picds-màcboires se partagent dès leur hase en deux tiges, dont l’extérieure forme aussi un flagrc, et dont l'interne ressemble à un petit pied, composé de six articles et courbé à son extrémité supérieure. Ceux de la seconde paire ou les deux supérieurs de ces quatre, sont pour Fabricius, tantôt des palpes intermaxillaires (Bracbyures), tantôt des secondes palpes (Macroures), et, à l'égard des deux inférieurs ou

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derniers, là (Brachyures) , il les prend pour une mâchoire extérieure, terminée par une palpe, ici (Macroures ), pour des palpes extérieures. Tous ces pieds -mâchoires sont insérés sur les côtés de l'extrémité antérieure et allant en pointe du plastron sternal, mais dont les divisions ou sutures segmentaires ne sont pas toujours bien distinctes.

D’après les modifications progressives de toutes ces parties, les mâchoires ne sont elles -mêmes que des pieds -mâchoires ayant changé de forme et s'étendant en largeur (f\ les tarses postérieurs des Gyrins). Celles de la seconde paire, dans les Arachnides et les Scolopendres, les deux paires, dans les Iules, sont même transformées en pieds. On pourrait aussi citer à cet égard divers Branchiopodes. Les six pieds suivants de ces animaux, ainsi que ceux des Insectes hexapodes, ne seraient, dans cetteopinion,que les analogues des piedsmâchoires des Crustacés décapodes, de manière que le thorax des premiers ne répond qu'à l'extrémité antérieure de la partie du corps désignée ainsi dans les derniers. Ces considérations ramènent l'organisation extérieure de ces divers animaux à un type unique, mais ayant suhi des modifications.

Les deux pieds antérieurs, et quelquefois les deux ou quatre suivants, se terminent le plus souvent en manière de tenaille ou de main à deux doigts , dont le supérieur mobile et analogue au dernier article des pieds simples, et dont l'inférieur fixe est formé par un prolongement de l'angle correspondant de la main ou de l’avant-dernier article. Ce doigt recevra le nom d’index, et l'autre, ou le mobile , celui de pouce. L'article donnant naissance à la main est le carpe, et celui qui le précède est appelé bras. Les deux pieds antérieurs sont souvent désignés par l'expression de chefœ ou de serres; mais Linné ne parait l’appliquer qu'à la pince proprement dite. Dans les Décapodes nageurs ou pélagiens, le dernier article des deux pieds postérieurs et quelquefois même des précédents, à l'exception des serres, est élargi, comprimé en manière de lame ovale ou de nageoire. Quelquefois aussi ces deux pieds postérieurs, ou les quatre derniers, sont beaucoup plus petits. Les longueurs et les situations respectives de ces organes du mouvement présentent d'autres différences.

Les organes fécondateurs des mâles ne se montrent en dehors que sous l'apparence d'un mamelon percé d'uu trou et situé au premier article des deux pieds postérieurs. Le post- abdomen ou la queue est repliée sous la poitrine (Brachyures et quelques Macroures), ou simplement courbée en dessous (presque tous les Macroures), et ordinairement (du moins dans les Brachyures) plus large et plus arrondie dans les femelles, quelquefois même (Fortunes) autrement terminée dans les deux sexes. Quelquefois encore le nombre des segments dont elle est composée, et qui est ordinairement de sept, varie aussi dans ces deux sortes d’individus. Le dessous de cette partie du corps présente dans toutes les femelles quatre ou cinq paires d’appendices, disposés sur deux rangs longitudinaux, et que l’on peut considérer comme des pieds abdominaux. Ils se composent, en général, d’un article radical, servant de support à deux pièces en forme de filets barbus ou de lames fo-

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Racées, et dans ce dernier cas ils servent de nageoires. Les œufs sont attachés à ces appendices, en agglomérations plus ou moins volumineuses et toujours à nu. Dans les Brachyures mâles et quelques Macroures, ces pieds abdominaux sont, à l’exception des premiers, beaucoup plus petits proportionnellement ou même peu visibles. Les deux premiers ont la forme de cornes, mais ne sont point l’organe sexuel. L'auus est placé sous le dernier segment. L’avant-dernier, dans les Macroures, porte une petite nageoire composée de deux feuillets insérés à l'extrémité d'un article commun et basilaire; ces deux nageoires forment avec le dernier segment une nageoire commune, s’épanouissant en façon d'éventail (ê'. l'article Macroures).

Le système nerveux des Décapodes ne parait différer essentiellement de celui des Insectes que par l’encéphale composé de quatre ganglions ou tubercules, au lieu de deux, ou d'un seul et bilohé. non compris une partie centrale servant de point de réunion. L'estomac , ou plutôt le gésier, est soutenu par une sorte de squelette cartilagineux, armé à l'intérieur de ces pièces osseuses et dentées dont nous avons parlé plus haut et destinées à la trituration des aliments. On y voit aussi, dans le temps de la inné, qui arrive vers la fin du printemps, deux corps calcaires, arrondis, convexes d'un coté et plans de l'autre, qu’on nomme vulgairement yeux d'Écrevistes, et disparaissant lorsque la mue est achevée. Ils semblent fournir la matière propre au nouveau test ou contribuer à l’augmenter. Nous n’exposerons point ici la manière dont s'opère celle mue, ni les moyens que la nature emploie pour réparer les perles que ces animaux sont sujets à faire de quelques uns de leurs membres. Ces détails, ainsi que tous ceux qui ont pour objet les autres organes intérieurs, doivent trouver place soit à l'article Crustacés , soit plus spécialement à celui d'ÉcREVissE, deux espèces de ce genre, l'Écrevisse ordinaire et le Homard, ayant fourni presque exclusivement ces diverses observations. Les Crustacés décapodes et les Mollusques céphalopodes sont certainement à la tête de cette grande division zoologique, que l’on distingue communément sous le nom d’Animaux invertébrés. De quelle manière se rattachent -ils aux derniers animaux vertébrés? C'est une question qui, à raison de sa généralité et de son importance, mérite une attention spéciale, d'autant plus que cette distinction a été combattue par Geoffroy Saint-Hilaire, et défendue par Meckel. Ce sont aussi les animaux de la même série les plus remarquables sous le rapport de la grandeur et de la longévité. La plupart sont marins et littoraux. Quelques uns vivent dans les eaux douces et se tiennent même à une distance assez grande de la mer et dans des lieux élevés, comme dans les lacs situés au sommet des montagnes (f'. Ocypode, Toiri.ourou, Grapse, Tbelpiiise). D'autres, pour se procurer leur nourriture ou pour échapper à leurs ennemis, ont des habitudes particulières (f/. Droïie, Dorippe, PimomfcRK). Ces Crustacés peuvent, selon les circonstances , marcher de côté ou aller à reculons. 11 en est (Ocvpodes) dont la vitesse égale presque celle de nos meilleurs coursiers.

L’on trouve de ccs animaux sous toutes les latitudes;

mais, en général, ils sont plus abondants sous les tropiques, et la plupart des espèces fossiles de nos contrées n’ont d’analogie qu’avec celles qui habitent aujourd'hui exclusivement ces dernières localités. Il en est cependant quelques-unes qui paraissent être bien moins anciennes et se rapprocher de celles qui vivent actuellement dans nos mers. La chair des Custacés décapodes, quoique d’une digestion difficile, est cependant généralement recherchée. .Mais, pour éviter la corruption et les désagréments qui en résulteraient, il faut avoir la précaution de faire cuire vivants ces animaux. Pour conserver ces Crustacés dans les collections, il faut, après avoir enlevé les chairs, les priver, autant que possible. des sels dont ils sont imprégnés, en les mettant à cet effet dans de l’eau douce, et employer ensuite, comme dessiccatif, une lessive d’eau de Chaux.

Les uns ont la queue courte, appliquée sur la poitrine, sans nageoires ou appendices analogues à son extrémité. les branchies solitaires, et l’issue extérieure des organes sexuels féminins, située entre les pieds de la troisième paire. Ils constituent la famille des Décapodes ù courte queue ou celle des Rrvcbyures.

Dans les autres, celle queue est généralement aussi longue ou plus longue que le test, simplement courbée, munie latéralement à son extrémité de deux petites nageoires, en formant une générale et en éventail avec le dernier segment, les branchies rapprochées à leur hase par faisceaux, et les vulves situées au premier article de ces mêmes pieds ou de la troisième paire. Ils composeront la famille des Décapodes à longue queue ou celle des Mxcnocr.es.

DÊCAPTËRYGJENS. pois. Seconde classe de la Méthode ichthyologique de Schneider, caractérisée par le nombre des nageoires. Elle est divisée en trois ordres : les Apodes, les Thorachiqucs et les Abdominaux.

DËCASPERME. Decaspermtim. bot. Genre de la famille des Myrtacées, (cosandrie Alonogynie, établi par Forster ( Gênera , 37) et adopté par Gærtner qui en a changé le nom en celui de A'elitris. Linné fils, dans son Supplément , avait fait du genre de Forster line espèce de Goyavier sous le nom de Psidium Decaspermum. Ce genre, qui doit conserver le nom qui lui a été primitivement imposé par Forster, a pour caractères : un calice globuleux, adhérent avec l’ovaire infère, et dont le limbe est partagé en quatre ou cinq divisions; une corolle formée de quatre h cinq pétales; des étamines très- nombreuses, ayant leurs filets libres et leurs anthères ovoïdes et didymes. L’ovaire est à dix loges monospermes et surmonté d'un style et d’un stigmate simples. Le fruit est un nucutainc globuleux, couronné par le limbe du calice, et marqué de dix sillons peu profonds; il renferme dix nucules osseux, comprimés latéralement. Gærtner décrit ce genre comme ayant un fruit ù une seule loge, renfermant dix graines osseuses; mais d’après la figure et surtout le caractère, tracés par Forster, ce fruit est évidemment à dix loges qui se changent chacune en un noyau monosperme.

Le Decaspermitm fruticosum , Forster, ou Nelitris Jumbosclla , Gærtner, 1, p. 135, tah. 27, fig. 5, est un j arbuste originaire de Ceylan . qui a des feuilles ovales , ! acuminécs et planes, des fleurs solitaires, pédonculées i

et munies de deux petites bractées vers le sommet de leur pédoncule, des fruits charnus de la grosseur d’une Cerise.

DÉCASPORF,. Dccaspora. bot. Genre de la famille des Ëpncridées, fondé par Brown {P rot! rom. Flor. Nov.- Holland. f p.548) qui le caractérise ainsi : calice soutenu par deux bractées; corolle campanulée, dont le limbe est orné de poils épars; étamines saillantes; cinq squammules hypogynes, réunies par leur base; ovaire ù dix loges, se convertissant en une baie à dix graines osseuses. Deux espèces constituent ce genre : l’une avait été placée par Labillardière (Mot.- Holland. 1, p. 58, (ah. 82) dans son genre Cyalhotlcs, avec le noin spécifique de disticha ; mais il est juste de dire que ce botaniste en avait indiqué la séparation. L’autre a été nommée Dccaspora Ihy mi folia par Brown qui l’a trouvée dans la terre de Biémeii. Labillardière assigne la même patrie à l’espèce précédente. Ce sont de beaux arbrisseaux dont les feuilles sont éparses et pétiolées, les fleurs rouges, disposées en épis lehninaux et penchées, et les baies violettes.

DÉCEMFIDE. Decenifidus. bot. On dit d’un calice ou d'une corolle qu'ils sont Dècemfidcs lorsqu'ils sont partagés eu dix lobes peu profonds, par des incisions qui n’atteignent pas jusqu’au milieu de la hauteur de ces organes.

DF.CEMLOCL’L \IRE. Decenilocu laris. bot. A dix loges ou cavités séminifères.

DÉC1DU. Deciduu». bot. Celle expression s’emploie pour exprimer d'une manière comparative, l’époque à laquelle certains organes des végétaux se détachent et tombent. Ainsi caduc se dit d’un organe qui tombe peu de temps après son développement, et Décfdu de celui qui ne se détache que plus ou moins longtemps après son développement.

DKCKÈRE. Deckcra. bot. Genre de la famille des Synantliérées, établi par le docteur Schullx. et dédié au botaniste allemand Decker que la mort vient tout récemment de ravir à ses amis et à la science, dans une exploration botanique du centre de la Sicile. Les caractères du genre nouveau sont : réceptacle alvéolé-réliculé; cavité des akènes continue; ceux-ci égaux, insérés sur un bec médiocre, non fragile; aigrette persistante, garnie de ptumulex disposées en rayons dressés. Le genre Deckère renferme trois espèces bien constatées par Fauteur : 1» Deckcra nilotica, qui est le Picri s nilotica de Sieber; 2° Deckcra aculeata ; 3" Deckcra asplenioides. Les Pic ris sulphurea , Poir., et scabra, Forsk. , pourraient bien encore rentrer dans le genre Deckera.

DECLIEUX1E. Declieuxia. bot. Genre de la famille des Rubiacées,Télrandrie Monogynie, établi par Kunth. Caractères : calice adhérent à l’ovaire dont le limbe est libre et à quatre dents; corolle infuiidibuliforme, quadnfide et régulière : découpures du limbe étalées, réfléchies; gorge ornée de villosités; quatre étamines insérées à l'entrée de la corolle et saillantes, à filets capillaires cl à anthères linéaires, introrses et biloculaires; ovaire infère, presque rond et comprimé; un seul style et un stigmate bifide. Le fruit est une sorte de drupe à deux noyaux didyincs, comprimés , couronnés

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par le limite du calice persistant. Les noyaux sont mo* i nospermes et d'une consistance de parchemin.

Ce Renre a été dédié à la mémoire de l'honoralile Dfclieux , officier de la marine française, qui enrichit j les Antilles de la plante la plus précieuse entre toutes | les Kubiacées. On sait que ce navigateur, transportant quelques pieds de Cafeyers du Jardin des Plantes de Paris à la Martinique, manqua d’eau pendant la traversée, et qu'il partagea constamment avec ses chères j plantes , sa ration à peine suffisante pour éteindre la j soif ardente qui le dévorait pendant un aussi long voyage dans les climats équatoriaux. Le genre De- \ clieuxia a de l'affinité d’un côté avec le Canthi ttm et ! le Chiococca , et de l’autre avec le Psychotria. U s’en distingue cependant par la structure du fruit et le nombre des parties; en outre son stigmate bifide, ses étamines saillantes et un port particulier le différencient suffisamment. La seule espèce qui le constitue croit sur les bords de POrénoque. Kunth l’a nommée Declieuxia Chiococcoide s et a accompagné sa description d’une bonne figure (r«t Humboldt et Donpl. Aor. Gener. et Species Plant, œquinoct ., 3. p. 370, tab. 281). Willdenow Payant considérée comme une Houstonia , lui donna le nom de Houstonia fruticosa. C'est un arbrisseau élevé, à rameaux quadrangulaires , a feuilles opposées. très -entières, coriaces et munies de stipules [ entre leurs pétioles. Les fleurs sont blanches, disposées en corymbes terminaux, sessiles, et à pédoncules diebotomes.

DÉCLINÉ. Dcclinatus. bot. On dit que les étamines ou le style sont Déclinés quand ils se portent tous vers la partie inférieure de la fleur qui. dans ce cas, n'est jamais dressée, mais placée horizontalement.

DÉCODON. bot. Lue plante que Waller ( Flor . Carotin., p. 137) avait décrite tous le nom provisoire d'Anonymus aquaticus, était devenue pour Gmelin, (Syst. il, p. 077) le type du nouveau genre Decodon. Richard (in Mich. Ftor. h forçai. Amer.), Persoon et Willdenow se sont accordés à regarder celte plante comme identique avec le lythrum verticiUatum, L. y. Salicaike.

DÉCOMPTANT. Decumhens. bot. Lne lige qui s’élève d’abord directement, puis se replie vers la terre sur laquelle elle s’étale en partie, est Décomhante.

DÉCOMPOSÉ. Decompositus. bot. Les feuilles peuvent être composées à différents degrés. Lorsque le pétiole commun est simple, et qu’il porte immédiatement les folioles, la feuille est simplement composée. File est au contraire Décomposée quand le pétiole commun 6e divise en pétioles secondaires qui portent les folioles. On dit aussi d’une tige qu’elle est Décomposée quand, dès sa base, elle se divise en un grand nombre de ramifications.

DECOSTÊE. Decostea. bot. Les auteurs de la Flore du Pérou et du Chili ont établi ce genre pour une plante indigène de ce dernier pays, et lui ont assigné les caractères suivants : fleurs dioïques; les mâles ont un calice à cinq dents, une corolle à cinq pétales et cinq étamines; les femelles n’ont point de corolle ; il y a trois styles; un drupe monosperme, couronné par le calice et les styles persistants. La Decostee eux patte, Decos-

tea scandons , Ruiz et Pavon ( Syst. Veget. Flor. Périt r., p. 239), est un arbrisseau dont les tiges, volubiles, sont garnies de feuilles cordées, épineuses et dentées à leur base.

DÉCOUPÉ. Jncisus. bot. Un calice monosépale ou une corolle inonopétale , une feuille, sont Découpés quand leur limbe est partagé en un certain nombre de lobes par des incisions plus ou moins profondes. Suivant le nombre et la profondeur de ces incisions on dit de ces organes qu'ils sont bifides, Irifides, quadrifides, mullifides, si les découpures, au nombre de deux, trois, quatre, etc., ti’alleignenl au plus que jusqu'au milieu du limbe; si au contraire elles sont plus profondes, on dit alors biparti, triparti, quadriparli. inulliparti, etc. Cette distinction est importante, et fournit souvent de très-bons caractères.

DÉCOUPURE, ns. Espèce du genre Noctuelle. C’est aussi le terme (pie l’on emploie en botanique pour exprimer une division quelconque dans les bords d'un organe milice et flexible.

DÉCRÉPITATION. Mouvement particulier, accompagné de bruit, que l’on observe dans certaines substances que l'on dessèche promptement à l’aide du feu.

DÉCRESCENTE-P1NNÉE, bot. Nom donné à la feuille pinnée, dont les folioles diminuent graduellement de grandeur de la base du pétiole commun â sou sommet.

DÉCROISSEMENTS, snx. Lescrislaltographesse servent de ce mol pour exprimer les variations d'étendue que subissent les famés cristallines, à partir du noyau sur lequel elles se superposent, et qui consistent dans la soustraction régulière et uniforme d’une ou de plusieurs rangées de molécules. F. Cristallographie.

DELL MAIRE. Dec u maria, bot. Genre de la famille des Myrliuées , Dodécandrie Monogynie , établi par Linné. Caractères : calice supère, partagé en un nombre de divisions qui varie de huit à douze ; ces divisions sont très-courtes, épaisses à la base, blanchâtres ou colorées; corolle formée de huit à dix pétales; seize â vingt-cinq étamines insérées à la base du calice sur le bord du réceptacle, à filets plus longs que la corolle, et ayant des anthères didymes, presque globuleuses; l'ovaire infère et turbiné supporte un style persistant, que surmonte un stigmate globuleux, légèrement sillonné de huit à dix rainures; il se convertit en une capsule de inèrne forme, couronnée par les dents du calice et par le style persistant, à huit ou dix loges, s'ouvrant par des fentes â sa partie inférieure, marquée de stries longitudinales et saillantes; les loges sont séparées par de minces cloisons qui se déchirent à la maturité; elles contiennent chacune deux rangs de graines allongées, terminées par des membranes obtuses et attachées sur un réceptacle central, angulaire et fusiforme. Ce genre est particulier aux contrées méridionales des États Luis d'Amérique. La seule espèce que Linné ait fait connaître et nommée Decumuria barbara , fut postérieurement décrite par Waller (Flora Caroliniuna, p. 154 ) sous le nouveau nom générique de Forsythia, qui n'a pas été adopté. Rose (toc. cit., t. 15) donna une description détaillée et une lionne figure de la Dccumaria sarmentosa, qu’il a regardée comme distincte de la précédente, mais que Richard (in Michaux Flor. boreati

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Americana, p. 582) et Pcrsnon ont considérée tout i simplement comme line variété. Le premier de ces deux j auteurs a cru devoir substituer au nom spécifique imposé par Linné, celui de Fors/Z/u'a que portail le genre de Waller; cependant cette innovation n’a pas été admise. Quoi qu'il en soit de la réunion ou de la distinction de ces plantes, il suffira, pour s’en donner une idée exacte, de jeter les yeux sur la figure de la Decumaria sannaitosu de Bosc : c'est lin arbuste à tige ligneuse, sarment mise, genouillée, grêle, et dont les jeunes pousses portent seules des feuilles opposées, péliolées. dentées dans leurs parties supérieures, glabres et marquées de nervures; les inférieures sont cordées, tandis que les supérieures sont lancéolées.

DÉCURRKNT. Decurrens. bot. Lorsquele limbe d’une feuille, au lieu de s'arrêter au point même d'insertion de cet organe sur la tige, se prolonge sur celle-ci, de manière à former deux appendices saillants et en forme d'ailes longitudinales, celle feuille est appelée Décurrenlc.

DÉCCUSIVE-PINNÉE. bot. On le dit d’une feuille pinnée, dont les folioles sont décurrenlcs sur le pétiole commun.

DÉCliSSATIF. Dccussalicus. bot. Se dit d’un organe à paires croisées, comme les feuilles, par exemple; elles sont Décussatives lorsque les paires se croisent à angles droits.

DÉDALE. Dcdalœa. zoom. Genre de la famille des Médusaires, institué par Ouoy et Gaymard, dans la relation de leur voyage sur la corvette l'Astrolabe, pour un Zoophyte qu’ils oui trouvé fort abondamment dans le trou Fanfaron de l'Ile-de-France. Caractères : corps ovoïde, glandiforme, pourvu de tentacules simples, assez longs, disposés subradiairement , contenu dans des cellules de même forme, transparentes, fixées et réunies en groupes plus ou moins considérables, sur les côtés d'un axe commun, cylindrique, membraneux, anastomosé de manière à former une sorte de grand réseau irrégulier, fixé.

Dêivale de Maurice. DedaUva Mauritiana, Quoy et Gaym. Dans la iner.ee Dédale forme une masse de petits tubes cylindriques, longs de plusieurs pouces, de la grosseur d’une plume de Pigeon, embrouillés les uns dans les autres , anastomosés entre eux , composant des nœuds d’où parlent des groupes de quatre à cinq tuyaux, allant former avec d’autres une sorte de labyrinthe. Le long des liges, mais le plus souvent aux extrémités des rameaux, et de chaque côté, sont des Polypes plus ou moins nombreux, contenus dans des ampoules eu forme de gland, ridées à leur base, à ouverture rétrécie. L’animal a de huit à dix tentacules blancs, en plumet, recourbés vers la pointe; on y reconnaît, comme dans les Eschares, un œsophage, un estomac entouré d'un foie, et un viscère en communication avec lui, qui parait être l'ovaire. Les Polypes sont très-irritables, mais les branches ne donnent aucun signe de vie. Elles ont un canal central, avec lequel communiquent probablement les ampoules; au point de leur anastomose elles forment comme des nœud* qui paraissent articulés. La couleur du Polypier est un mélange de blanc et de roussâtre.

DÉDALÉE. bot. V. Doedalêe.

DEER1NGIE. Deeringia. bot. Genre de la famille des Ainaranlhacées , Peutandric Monogynie, Lin., fondé par Brown ( Prod . Aoc. - Holland. , p. 413) qui lui donne pour caractères : un périanthe à cinq divisions profondes; cinq étamines réunies à leur base en un urcéole édenté, et munies d'anthères hiloculaircg; style bipartite; péricarpe renflé, bacciformc et polysperme. Ce genre ne se compose que d’une seule espèce, la Deeringia celoiioides, à laquelle Brown donne pour synonyme la Celosia baccata, Retz (Observ.5, p. 23); cependant il observe que la plante de la Nouvelle-Hollande diffère de celle décrite par Retz, et qui croît dans l'Inde, par ses Heurs plus grandes et la pluralité de ses graines. Du reste, c’est un arbrisseau glabre, dont les tiges faibles s’appuient sur les autres arbres de la contrée. 11 a des feuilles alternes cl des fleurs soutenues par (rois bractées, et disposées en épis terminaux ou axillaires.

DÉFENSES, zool. On désigne généralement par ce mol celles de* dents de l'Éléphant, du Sanglier, du Babiroussa, etc., qui saillent hors de la bouche.

DÉFKLILLAISON. bot. Mot qui exprime vulgairement la période annuelle où la plupart de* végétaux ligneux se dépouillent de leur parure. L’époque de la Défeuillaisoti ou de la chute des feuilles varie pour le même végétal suivantles climats sous rinfluence'dcsquclsilvit.

DEFFORG1E. bot. Defforgia. V. ForgEsie.

DÉFINIES (Et a mi xts). Stamina de fi ni ta. bot. Cette expression n’est employée que par opposition à celle d'étamines indéfinies. Le nombre des étamines est défini jusqu'à douze; passé ce nombre, elles n'ont plus rien de fixe; elles sont indéfinies, y. SystExe sexuel de Linné.

DÉGÉNÉRATIOX. Ce motpeüt-il être admis dans l’histoire de la nature, où rien ne dégénère dans le sens véritable qu'on doit attribuer à ce mol? Les changements que subissent les êtres, soit qu'ils acquièrent de nouvelles parties par un développement plus ou moins favorisé , soit qu'au contraire ils s'appauvrissent par des privations quelconques, ne sont ni des perfectionnements ni des dégéiiéralions. y. Déuéxérescexces des oroaxes.

DÉGÉNÉRESCENCES DES ORGANES, bot. Ce mot, pri* dans son sens strictement littéral, exprimerait une altération dans les tissus des organes, et par suite une lésion de leurs fonctions physiologiques capable de produire des accidents toujours graves dans les diverses parties de l'individu affecté. Ce n’est pas ainsi qu'on doit l'entendre en histoire naturelle, car les conséquences du phénomène dont il s'agit, loin d'être constamment fâcheuses , comme celles des Dégénérescences morbides pour l'être organisé, lui sont le plus souvent profitables. L'expression de Dégénérescences signifiera donc toute modification dans la structure des organes, laquelle entraînant un changement notable dans leurs fonction*, peut faire illusion sur leur véritable nature et masquer la symétrie de leurs rapports. Le Règne animal fournit un grand nombre d'exemples de dégénérescences, qui, naturellement, devraient trouver leur place ici; mais il faudrait les isoler des généralités, des théo-

jogle

ries auxquelles ils appartiennent, et alors leur citation inopportune ferait perdre de vue le but d'utilité de ce Dictionnaire. On est donc forcé de renvoyer, pour tout ce qui concerne les Dégénérescence» animales, aux mots Analogies, Moxstres, etc. Il n’en est pas tout à fait de même quant à la Dégénérescence des organes végétaux; on peut, ainsi que l'a fait le professeur De Candolle, définir par ce mot les phénomènes de végétation, soit constants, soit accidentels, et toujours caractérisés par l'aspect insolite ou différent de celui que présentent naturellement les organes des plantes.

Si l'on réfléchit à la simplicité de l’organisation végégétale et à l'unité presque absolue de composition des tissus élémentaires, on ne sera pas étonné d'en trouver des exemples extrêmement nombreux et très-variés, car les plus légers changements dans la nature intime d'un organe sont capables de lui faire prendre l'apparence et les fonctions d’une autre partie- Les moindres variations des milieux dans lesquels il vit ont une influence marquée sur son développement ainsi que sur scs formes; el il peut arriver que sa transformation soit complète lorsque la nature des agents extérieurs est totalement intervertie. Ainsi, par exemple, rien n'est plus facile que de faire produire sur une tige des racines au lieu de brandies , el réciproquement des rameaux caulinaires sur des racines; el pourtant ce sera le même bourgeon, c’est à-dire un abrégé de parties similaires.-qui donnera, dans ces deux cas opposés, des organes aussi différents en apparence que la lige el la racine !

C'est encore au changement de milieux qu'il faut attribuer les métamorphoses que subissent un grand nombre de plantes amphibies, et qui sont tellement extraordinaires qu'elles oui donné lieu à de graves erreurs spécifiques. Si on observe, dans un marais desséché, la Itenonculc aquatique, Hanunvulus aqualili», L., d'abondantes feuilles dont le limbe est plan el bien développé couvrent sa lige, la longueur de celle-ci est peu considérable; en un mot elle offre des caractères précis que l'on peut définir aussi bien que ceux des autres espèces du même genre. Mais si on suit les développements de la même plante lorsque, par une cause quelconque, la surface du sol aura changé, on la verra bientôt s'allonger en raison de la moindre densité du terrain qui, en fournissant plus de sucs aux racines et opposant moins d'obstacles à leurs progrès, activera aussi l'augmentation des liges. (,)uc l’eau vienne à s'élever au-dessus du sol. alors le parenchyme des feuilles se détruira, et les nervures s'accroîtront de manière à devenir filiformes et désagrégées. Ainsi, au lieu de feuilles, on ne trouvera plus que des faisceaux de fibres dont les fonctions seront d'une toute autre nature, puisqu'elles n'auront ni leurs formes, ni leurs couleurs, ni leur consistance, puisque, vivant dans le fond des eaux, elles ne serviront pas, du moins comme les feuilles, à la décomposition de l'acide carbonique et à la production de l’oxigène.

Cette Dégénérescence complète de tous les organes de la végétation, dans la Renoncule aquatique, par suite de la différence des milieux qu'elle habite, se représente dans la plupart des plantes amphibies. On sait que

j la Fléchiêre , Sagitlaria sagittœ folia , est singularisée • par ses feuilles presque cylindriques ou cannelées in- ' lériouremcnt et terminée» en fer de flèche ; c’est ainsi qu’elle se présente sur le bord des rivières ou au milieu des eaux stagnante». Mais lorsqu'elle se trouve dans des courants rapide», ses feuilles, entraînées par les eaux, couchée» et submergées, s'allongent considérablement et ne forment que des ruban» très-étroit» dont les bord» sont parallèles jusque ver* leur» extrémités. En cet étal, il serait impossible de reconnaître à quelle plante elles appartiennent, cl il est probable qu'elles exécutent des fonctions toutes différentes de celles des feuilles ordinaires de Sagiltaria.

La nature du sol exerce une grande influence sur les organes de certains végétaux. Ceux-ci, transplantés d'un terrain dans un autre, indépendamment des mutations survenue» dans leurs dimensions, éprouvent des déformations réelles dans leurs diverses parties. Le* épines dont la nature a armé plusieurs plantes sauvage» s'évanouissent souvent par la culture; à leur place, on voit paraître des branches en tout semblables à celles qui sont habituelles à l’arbre. Ces métamorphoses que l'on voit s'opérer fréquemment dan» les Genêts, le Prunier épineux, le* Orangers, etc., indiquent assez qu’un terrain maigre et ingrat a transformé, dans la nature sauvage, en épines prolectrices de l'individu, les branche* qui. mieux nourries dans un sol fertile, auraient conservé leur organisation primordiale. Enfin, on doit compter au nombre des causes extérieures des Dégénérescences accidentelles, les grand* phénomènes météoriques de l'atmosphère. Lorsque des pluies ou de» brouillards épais font avorter les grappes de la Vigne, celles-ci se métamorphosent en vrilles qui servent alors au végétal de points d'attache, mais qui, trop souvent, se multiplient ail delà de ses besoins, et trompent l'espoir de l’agriculteur.

Une cause, plus importante que la précédente, puisqu'elle produit des transformations plus variées et qu'elle semble inhérente à l'organisation intime des ; plantes, c'est l'avortement des organes voisins qui force, j pour ainsi dire, l'organe dégénérescenl à revêtir des j forme» et à remplir des fonctions qui lui sont étrangères. Le propre avortement de l'organe lui même peut encore être tel qu'il en change les fonctions et occasionne une véritable Dégénérescence. Celle question a été eu partie traitée au mot Avortevext de ce Dictionnaire; mais c'est ici le lieu de la considérer spécialement et d’en développer les applications. Il est convenable de l’examiner dans les diverses parties des plantes, en commençant par les organes de la végétation.

La tige, celle partie centrale, base de tout le système épigé, est moins sujette que toulc autre aux métamor- | phoses. Cependant, soit qu'elle subisse un avortement complet par l'accroissement des organes circonvoisins, soit qu'elle se développe outre mesure par l'annihilation de ceux-ci , ou enfin par foute autre cause , on la voit tellement transformée que, sans la voie de l’analogie, j il serait impossible de la reconnaître. Les tiges des plantes bulbeuses, réduites à un mince plateau , offrent ! l'exemple d'une Dégénérescence complète par avorte-

ment de l’organe lui-même. On observe un phénomène analogue dans les liges de plusieurs piaules alpines. On est, en général, frappé de l'exiguïté de celles-ci relalivement à l'énormité des dimensions de leurs fleurs ; mais on n'a jamais observé qu'une grande quantité d'espèces ne sont mulliraiiles el herbacées que par suile j de l'oblitération de leur tige principale. Ainsi, le Gentiana glaciaiis , que I on décrit toujours comme mul- 1 ticaule. n’est réellement qu'unicaule, puisque chacune ! de ses prétendues tiges est un long pédoncule naissant des aisselles de plusieurs paires de feuilles extrêmement rapprochées et dont les entre-nœuds, réduits à leur minimum, constituent la lige dégénérée. Ces pédoncules, il est vrai, sont foliacés et ne semblent être que de simples rameaux; mais il parait évident, par la position de chacun d’eux, qu’ils doivent être assimilés aux pédoncules si minimes des autres espèces el que leur développement est dû à l'avortement de la souche ou tige principale.

Il arrive assez fréquemment que les liges prennent un accroissement plus considérable que celui qui leur est habituel; alors elles peuvent aussi changer de fonctions, el l'épithète de Dègénèrcscentes doit, à plus juste litre, leur être appliquée. Ces phénomènes sont tantôt produits par des causes accidentelles ou dépendantes de la volonté des hommes, tantôt ils résultent de l'organisation particulière de certaines plantes. Les tiges fasciées de la Chicorée , de l’Asperge , du Celosia cristata, sont des Dégénérescences accidentelles, tandis que les liges des A ytophylla , des Caciu », etc., sont constamment aplaties et foliformes, quelle que soit la nature du terrain où croissent ces végétadx. Ce qui vient d'étre dit des tiges, est applicable aux branches qui n'en sont que des subdivisions, ainsi qu'aux pétioles que l'on doit regarder comme des organes formés, de même que les tiges, de filtres longitudinalement appliquées; ainsi, l'histoire des Acacies hétérophylles, celle des feuilles de Duplecrum et de certaines Renoncules, s'expliquent facilement par les Dégénérescences des pétioles en lames foliacées, Dégénérescences occasionnées par l'avortement des folioles , lorsque les feuilles sont composées, et par celui du limbe, lorsque ce sont des feuilles simples. Ou a. selon De Candolle, un sûr moyen de reconnaître si les feuilles simples de ces plantes sont dues à l’accroissement des pétioles, c'est que leurs nervures sont toutes longitudinales, lors même qu’elles appartiennent à des familles de plantes où les nervures sont divergentes et ramifiées. Ce diagnostic est précieux; car si l’on réfléchit que les feuilles, proprement dites, ne sont autre chose que des libres écartées et entremêlées de (issu cellulaire el de matière verte, on pourrait se demander si, lorsque les pétioles, dont la nature est la même (puisqu'ils n'en diffèrent que par l’application des fibres et l'absence du parenchyme vert), viennent à étaler leurs fibres el à se colorer en vert, si alors ces pétioles ne sont pas les feuilles naturelles de la plante ; et si l'on arrivait à une conclusion affirmative, ne serait-on pas porté à signaler ce cas comme une exception à l’analogie de structure entre . les organes de la végétation dans le petit nombre de ! familles naturelles qui, sous ce rapport, ont fixé l’at* |

tenlion des observateurs? L'exemple que nous venons de citer est plus que suffisant pour démontrer combien l'étude des Dégénérescences est importante pour la classification.

Les Dégénérescences des feuilles sot* peu fréquentes. Puisqu'on effet, on n'entend par ce mot que -le changement simultané de formes et de fonctions, il est clair que. dans un organe qui revêt toutes les formes imaginables. la bizarrerie de celles-ci ne doit pas caractériser la Dégénérescence; el quant aux fonctions, elles ne peuvent guère être interverties par une cause inhérente à l'organisation. Il arrive seulement que les extrémités de leurs parties ou lobes, sont susceptibles de s’endurcir et de se transformer en épines, comme on en voit des exemples dans le Houx, le Ruscus acu/calus , les Ut ex, etc. Les bractées sèches et scarieuses du Tilleul, les enveloppes florales gluinncées des Graminées, celles dont les belles couleurs font l’ornement de Y Hortensia, des Gomphrena, etc , ou qui forment des houppes élégantes an sommet de l’épi du Salcia Iiortninum et du Lacanduln Stœchas, sont des exemples de Dégénérescences foliaires. Il serait permis peut être d’étendre l’acception du mot Dégénérescences à certains organes de la fleur même, à ceux que l’on regarde comme les plus importants (les valves de l'ovaire), parce qu'ils ne sont que des transformations constantes de la feuille; mais ce serait engager des discussions théoriques que ne comportent pas les bornes de ce Dictionnaire.

Les stipules ainsi que les folioles de l'involucre des Composées el des Orahellifères, ne diffèrent des feuilles que par leurs moindres dimensions. Aussi présententelles souvent les mêmes phénomènes : si elles avortent, les organes voisins prennent un accroissement plus considérable; si, au contraire, ce sont les feuilles qui s’annihilent, comme dans le Vicia Jphacu , par exemple, alors les stipules deviennent de véritables feuilles. Dans plusieurs espèces d' Acacias, les stipules sont converties en épines; elles le sont également dans quelques lierberis ; enfin tous les accidents qui arrivent aux feuilles ou à leurs pétioles, peuvent survenir aux organes dont il s'agit.

Avant de considérer les organes de la reproduction sous le rapport des Dégénérescences, il faut parler de leu» enveloppes. Le calice, par la forme de chacune de ses pièces, par leur couleur, par leur position sur la tige cl en dehors de la fleur, a la plus grande analogie avec les feuilles; ce n'esl le plus souvent qu’un verticillc de celles-ci, dont les formes sont à peine altérées. Ainsi, toutes les Dégénérescences propres aux feuilles, peuvent aussi bien modifier les calices; mais quelquefois ils changent tellement de couleur, de forme el de de consistance qu'on s'imaginerait voir de véritables pétales.

La corolle, cet assemblage si gracieux des parties les plus brillantes de la fleur, subit quelques Dégénérescences dans ses formes; elle en affecte alors de tellement bizarres que. sans la position relative de ses pièces, on ne reconnaîtrait pas que ce sont des pétales; c'est cc qui arrive dans les plantes de la famille des Renonculacées. Cn grand nombre de fleurs sont munies

DÉC

de pétales, dont Tétai rudimentaire masque, pour ainsi dire, l'existence. Telles sont celles de plusieurs Salicariées. Les pétales eux-mêmes ne sont que des étamines dégénérées, ainsi que le prouvent les fleurs doubles où la transformation de ces organes est si visible, ainsi que le présentent naturellement le rang intérieur des pétales des Nénuphars, les cornets des Ancolies, etc.

Ceci peut donner une idée exacte, quoique sommaire, de plusieurs phénomènes que. naguère. Ton confondait dans la série des faits désignés sous la dénomination insignifiante de monstruosités. Aujourd'hui qu'il est reconnu que la plupart de ces monstruosités sont plutôt des retours vers la nature primitive des organes, que des écarts de celte nature, on doit étudier les Dégénérescences comme moyens de distinguer les rapports des plantes, déguisés par ceux qui s'en tiennent seulement aux apparences extérieures. Voici l'exposé des diverses sortes de Dégénérescences admises par De Candoile. II les a considérées sous cinq points de vue différents, scion que les organes sont transformés, dans des circonstances données, en épines, en filets ou en vrilles, en membranes foliacée ou scarieusc, et en corps charnu.

Les Dégénérescences triNEiSLS, protectrices de l'individu, affectent toutes les parties des plantes, excepté celles qui, comme les racines, sont cachées sous terre, ou enveloppées par d'autres, comme les graines. Les organes d'une consistance fibreuse ou ligneuse y sont plus sujet» que ceux dont la texture est molle ou membraneuse. Ainsi les branches de certains Pruniers, les pétioles des Astragales Adraganls, les stipules de plusieurs Acacies, les folioles de i'involucre des Carduacées dégénèrent en épines presque constamment, tandis qu'il est rare de voiries pétales s'endurcir. On en trouve cependant un exemple dans le genre Cuciera.

Les Dégénérescences rii.AXEXTEi'SES, supports et points d'attache des plantes, surviennent aux organes exposés à l'air et formés de fibres longitudinales et serrées. Les pétioles des feuilles pinnées des Légumineuses. les pédoncules de la Vigne, les stipules des Smilax, s'allongent ou naturellement ou accidentellement en un filament flexible, contourné en spirale et connu sous le nom de vrille; les feuilles elles -mêmes peuvent se terminer en vrilles, comme on le voit dans les Flagellaria , et surtout dans les Nepeniliea , où la vrille a de plus la singularité de s'épanouir en un godet plein d’une liqueur rafraîchissante. Enfin, ce sont encore de véritables Dégénérescences filamenteuses, que les liges volubiles des Liserons, celles désignées par les voyageurs sous le nom collectif de Lianea, etc., puisqu'en s'endurcissant ces tiges perdent souvent leur aspect cirrhiforme, et deviennent semblables aux liges ordinaires.

Quant aux Dégénérescences mebbranedses ou foliacées, il n'est pas nécessaire de revenir sur l'explication de ce phénomène. Ses résultats sont des modifications dans l'aspect et les usages des organes, sans que leur rôle, dans la symétrie organique, soit changé.

Les Dégénérescences scariecses et cuarnces, inverses les unes des autres, n'attaquent que les parties naturellement membraneuses. Par l’effet des premières, les organes prennent l'apparence d'une membrane

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