DELIE
DEMETRIAS. bot. Synonyme ancien de Verveine.
DÉMÉTR1E. Demetrias. iss. Genre de Coléoptères Pentamères, établi par Bonelii aux dépeint des Lébies, dont il se distingue par un corselet longitudinal ou à diamètres presque égaux, par une tête étrécie, prolongée postérieurement, et par le pénultième article des tarses bilobé. Ce genre correspond ( Gener . Crusl. et lus. T. 1, p. 1(J2) à une division des Lébies, qui a pour type le Carabus alricapiUus de Linné, réuni d’abord aux Lébies par Latreille (Kèg. Anim. de Cuv.). Les Oémélries en ont été distingués (ilisl. nal. et Icon. des 1ns. Coléopl., lr«* llv., p. 77) conjointement avec les genres Cyminde, Droinie , etc. , qui tous ont des tarses dentelés en dessous, et appartiennent à la division des Carabiquc8 à étuis tronqués ( Truncalipennes ).
DEMI-AIGRETTE, ois. Synonyme de Héron bleuâtre, à ventre blanc.
DEMI- APOLLON, ivs. Espèce de Lépidoptère, qui appartient au genre Parnassien.
DEMI-BEC. pois. y. EsocecI IIékirampbe.
DEMI-DEITL. ms. (Engrauielle.) Synonyme de Papilio Galalhea, espèce de Lépidoptère du genre Satyre.
DEMI - DIABLE. ns. Nom vulgaire sous lequel Geoffroy a désigné une espèce d'JIéiniplère du genre Menibrace.
DEMIDIER. Demidium. bot. Genre de la famille des Synanlhérées, tribu des Senecionides, établi par le professeur De Candolle qui lui assigne pour caractères : capitule multiflore, monoïque; fleurs du rayon femelles, filiformes et placées sur plusieurs rangs; celles du disque en petit nombre, mâles, tubuleuses et à cinq dents; réceptacle plan, nu; involucre campanulé, formé d'ufie ou deux rangées d'écailles; akènes chauves : ceux du rayon ohlongs, tétragones, avec quelques poils trèspetits et disséminés; ceux du disque très-minces et avortés. Le Demidier filaginé, Demidium fdagineum, est une plante herbacée à plusieurs tiges très-courtes et très-mollement velues, ayant l'aspect de notre filage; ses feuilles sont alternes, linéaires, aigues; les capitules sont petits, bruns, presque sessilcs, ramassés au sommet des tiges ou dans leurs aisselles. On l’a trouvée à Madagascar.
DE.MIDOFIE. Demidofia. bot. y. Dicuoxdre.
DEMIDOVIE. Demidocia. bot. Le Paris incompleta de Marschall Rieberslein a été converti en un nouveau genre par Fischer de Gorenki, et nommé Demidocia potyphytta. y. P a risette.
DEMI-FLEl'RON. Semiflosculus. bot. Lorsque dans la vaste famitle des Synanlhérées, la corolle de chacune des petites fleurs est déjelée de côté, de manière à former mie languette latérale, tronquée et diversement dentée à son sommet, chacune de ces peliles fleurs prend le nom de Demi - Fleuron , par opposition à celui de Fleuron , qu'on donne à ces Ueurs lorsque leur corolle est tubuleuse. Dans la Chicorée, la Dent de Lion, etc., on a des exemples de Demi-Fleurons. Toutes les plantes ainsi composées uniquement de Demi- Fleurons, sont appelées Semi-Flosculeuses.
DEMI-FLEUROMNÉES. «oi. Synonyme lie Semi-Flo*culcuses.
DEMI-LUNE. ois. Synonyme vulgaire de Mouette cendrée. y. Mauve.
DEMI-LUNE. pois. Espèce du genre Spare.
DEMI-MÉTAUX, un. On donnait anciennement ce nom aux Métaux fragiles ou cassants, tels que l’Antimoine, le Manganèse, le Cobalt, qui se brisent au lieu de se laisser étendre sous le marteau, y. Métal.
DEMI- MUSEAU, rois. Synonyme vulgaire d’Ésocc petit Espadon.
DEMI-OPALE, min. y. Qcarte-Rémritk.
DEMI- PALMÉ, ois. Espèce du genre Bécasseau. Tringa semi-pa/mala. y. Bécasseau.
DEMI -PALMÉS. Les doigts des Oiseaux sont dits Demi Palmés, lorsqu'il n'y a que la moitié de leurs phalanges engagée dans une membrane.
DEMI-PAON. ns. Espèce du genre Smérintbe.
DEMOCÈKE. De m oce ru a. iss. Coléoptères tétrainères ; genre de la famille des Longicornes , tribu des i Lcplurêtes, établi par Dejean qui lui assigne pour eai ractères : palpes filiformes; dernier article des oiaxil-
laires presque cylindrique, el le même des labiales ovoïde; Je troisième des antennes et les deux suivants dilatés à leur angle externe, courbes et soyeux, particulièrement dans les mâles; corselet en forme de trapèze, sans tubercules ni pointes sur les côtés, avec les angles postérieurs avancés. On n'en connaît encore qu'une seule espèce.
DexocEre rleci. Democerus cyancus , Dejean; Slenecorus cyanems, Fab.; Rhagium cyaneum, Sehoon. Corps allongé, un peu conique, luisant, pointillé et chagriné; tète allongée, plane postérieurement, avec un sillon longitudinal ; corselet raboteux, tronqué, un peu convexe, avec une impression dorsale, d'un bleu azuré, de même que l'écusson et lesélytres; celles ci, vues â la loupe, sont finement chagrinées et parsemées de petits poils noirâtres; les pieds sont d'un noir luisant , ù rellels bleu violet. De l'Amérique du Nord.
DfcMOCKITKE. Democritea. bot. Genre de la famille des Jtubiacécs, établi par De Candolie qui lui a reconnu les caractères suivants : tube du calice turbiné, presque à cinq angles, le limbe divisé en cinq lobes lancéolés, aigus; fruit disperme, contenu dans le tube du calice et caché par le péricarpe membraneux qui lui est adhérent ; semences libres, planes sur une face, convexe sur l'autre. Le Democritea se rn soi des est un arbuste de la Chine, â feuilles opposées, dont les pétioles s'élèvent en quelque sorte d'une gaine ou d'un fourreau assez court. Les fleurs se trouvent en faisceaux au sommet des branches.
DEMOISELLE, ois. Nom vulgaire de la Mésange â longue queue; du Couroucou à ventre rouge, et du Troupiale doré.
DEMOISELLE DE NllMIDIE. ois. Espèce du genre Grue.
DEMOISELLE, rots. L’un des noms vulgaires du Squale Zigæne, employé aussi comme synonyme de Donzelle, de Cépolc et de Labrus Jolis. Kuyscli l’applique â plusieurs petits Poissons d'Amboine.
DEMOISELLES, ms. Nom vulgaire et collectif des Libellules.
DENDE. bot. Synonyme de Ricin commun.
DENDERA. rois. Geoffroy de Saint-Hilaire a donné ce nom â un Poisson du Nil , qui parait être le même que le Mormyre Anguilloïdc de Linné, y. Mormyrk.
DENDRAGATE. min. y. Arborisation.
DENDRKLLE. Demi relia, ixr. Genre de Psychodiée, de la famille des Yorliccllaires, établi par Bory aux dépens des Yorticelles de Muller. Caractères : corps conique, s'ouvrant antérieurement en une bouche ou orifice nu, c'est-à-dire dépourvu de cirrhes ou autres organes ciliés, et terminé postérieurement par un pédicule qui lient à un système ramifié, formé d'une famille de plusieurs individus. Les Dendrelles diffèrent donc principalement des Coiivallarincs en ce que leur corps au lieu d'ètre campaniforine, s'amincissant considérablement par sa base, imite un cône plus ou moins allo»gé,el parce qu'elles ne sont jamais solitaires. Elles forment conséquemment un passage plus marqué aux Polypiers sarcoldes. L'absence de cirrhes les distingue suffisamment des Yorticelles proprement dites. Comme clics on les voit à une certaine époque de leur vie se
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détacher de la sorte de petit arbuste dont elles sont provenues, et . s'échappant sous l’œil de l'observateur, nager librement dans la même eau qui les a vues longtemps comme prisonnières sur leurs liges. Chaque individu devient alors un véritable propagule vivant, qui va sans doute choisir la place sur laquelle il doit contribuer à la reproduction de l'espèce. Ces petits animaux habitent exclusivement les eaux; ils y sont parasites sur les Conferve». les Potamots, les Cératophylles el autres plantes aquatiques.
f Pédicules non contractiles.
Dendreli.e de Ltngbtb. Dendre/la Lyngbyi , ltory; E< hinelia geminala, Lyngb., 7 en/. A Ig. Dan., p.210, pi. 70, f. d. Celte espèce où les mouvements sont si obscurs que Lyngbye l’a prise pour une plante, a d'abord été découverte dans les ruisseaux de l'ile de Féroé où elle adhère entre les pierres des ruisseaux, en tuasses globuleuses de la grosseur d’un pois à celui d'une noix, et auxquelles le mucus d'un brun pâle qui les entoure donne un aspect Irémelli forme. Ses filaments , simples d'abord el se bifurquant ensuite, ne sont pas libres, mais confondus dans la mucosité qui les environne, s’y mêlent confusément, el n’y sont visibles qu’à l'aide du microscope. Dans cet étal rien n'y indique la vie. C'est lorsque les corpuscules qu'ils supportent, viennent à se détacher, que ceux-ci nagent librement dans les eaux quoiqu'avec lenteur, et sans qu'on puisse deviner par quel mécanisme, puisqu'on ne distingue aucun organe propre au mouvement. Avant de »c séparer des filaments qui les supportent, on distingue dans les petites urnes des points ou globules d’un brun tendre, qui sont quelquefois disposés de manière à imiter la figure d’un 8. Alors l’orifice de ces urnes, au lieu d’ètre tronqué et comme ouvert, est obtus et parait fermé.
DexdrellkGemikelle. Dendretla Geminella, Bory; yorticelta Pyraria , MUll., lnf., p. 324, pl. 4ü. tig. 1 ; Syst. Mal. xm, T. 1, pars 0, p. 3873; Vorlicclle conjugale, Lamk., Anim. sans vert., T. il, p. 50, n° 20; Encycl., Vers. 111., p. 74, pl. 25, fig. 1. Non-seulement cette espèce a été confondue par Muller avec la suivante, mais sa synonymie, mal établie par ce savant, a besoin d'être rétablie. L'espèce de Dallas qu'on lui rapporte ne peut être identique , puisque celle-ci est munie d’une paire de cirrhes de chaque côté de l'orifice. Celle de Roèsel n'y convient pas mieux, puisqu'elle a également son orifice cirrheux, que ses rameaux, fort nombreux, sont fasciculéa, que le corps n’est pas cylindrique, mais exactement pyriforme, et qu'elle habite sur des animaux vivants el non sur des plantes. En convenant que la Vorticelle de Roèsel ne convenait pas exactement à la sienne, Muller, qui n’a pu voir exactement dans son Pyraria des cirrhes qui n’y existent effectivement pas, n'en a pas moins maintenu ce faux rapprochement. La Dend relie Géminelle habile sur les Nyriophyllei, les Cératophylles et sur plusieurs Conferves; son pédicule, très-simple, assez long, libre et presque toujours solitaire, se fourche à l'extrémité, et supporte deux urnes dont le pédoncule propre égale à peu près la longueur, subcylindriqiics, ouvertes à leur extrémité qui est élargie en un orifice parfaitement rond et simple. Sa longueur totale est presque d'une ligne,
mais on ne peul cependant l'apercevoir à l'oeil nu. }
Dkxdrelle styilabioïde. Dendrella styllarioides , Bory; y orlicella Py varia, Mtlll., Inf., p. 325, pl. 40,
fig. 2, 4; Encycl., Vers. III., pl. 25, fig. 2, 4. Celle espèce confondue avec la précédente, quoique très-différente, liait! le aux mêmes lieux. Sa lige, filiforme, une ou deux fois dicholoinc, n'est pas toujours couverte de ces petits corpuscules qu'y ont figurés les auteurs, et dont on a prétendu tirer un caractère, l.es urnes sont géminées et scssiles à l'extrémité des bifurcations, un peu plus pyriformes que celles de l'espèce précédente; leur couleur est d'un jaunâtre un peu plus brun, et I on distingue une ligne transparente dans l'axe, avec une sorte d'étranglement engorgé près de l'ouverture jusqu'à l’époque ofi celle-ci prenant un plus grand développement, l’urne a l’aspect d'un cornet au milieu duquel a disparu l'axe diaphane, mais où l'on aperçoit distinctement une cloison valvulaire et transverse. Il eu existe des individus fort petits dont la tige simple ne porte qu'une paire d'urnes.
Dexdrellk de Molgeot. Dendrella Mougcolii, Bory. Celle espèce , beaucoup plus petite et plus commune que les doux précédentes, vit éparse sur les filaments des Conferves en grande quantité. Son stipe, simple, muni d'un rameau toul au plus, porte des urnes quelquefois solitaires, plus souvent géminées, sessiles et divergentes. Elles paraissent vers leur ouverture, formées de quatre pièces ou petites valves qui forment quatre dents obscurément arrondies à l’orifice. Le mouvement ne s'y développe qu'à la séparation des urnes qui alors nagent assez doucement au moyen d'un balancement. Celle Dendrelle semble se plaire à pénétrer, avec des Navicules et des Lunulineg, dans les masses muqueuses que forme le genre Chaos. C'est là que Lyngbye en observa une espèce en la rapportant au règne végétal, sous le nom d 'Echinclla olitacea *, Tent. A/g. Dan., p. 201), tab. 70, fig. c; espèce du même genre, qui a besoin d'être mieux examinée pour être exactement décrite. En s’insinuant dans le mucus du Chaos, les Dcudrelles y perdent tout mouvement , ainsi qu'il arrive aux autres animalcules dont ce végétal rudimentaire est si souvent rempli et coloré.
Deidbelle Berberixe. Dendrella herbe ri na , Bory ; y orlicella Herbe r ma, Encycl., Vers. III., p. 79, pl. 20, fig. 10-17 (d'après RoCsel); Lamk., Anira. sans vert., t. il, p. 51, n<‘ 28. y orlicella herberina, Guiel., Syst. Aat. xiu, 1. 1 , pars Q, p. 3870; y orlicella composita, L. , Syst. Aat. xn, t. il, p. 1319, n° 9; hrachionus berberiformis, Pall., Cl. Zoog., p. 103, n° 00 ; Paeudo- Po/ypus berberiformis. Roés., Inf-, m, p. 013,1.99. Animalcules de figure d'Epine-VineUe, Lederm., t. ii, p. 101, pl. 88, fig. Q-s. Celte élégante espèce qui avait échappé à Muller, que Koèscl a si bien figurée, et dont on a copié le dessin dans les ouvrages publiés depuis cet excellent observateur, croit dans les eaux des marais. Son pédicule, droit, simple, bifide, Irifidc, ou produisant plusieurs rameaux fascicules, s'élargit vers l'insertion des urnes qui ont en tout la forme de la baie du Yineltier. Ces capitules, parfaitement ovoïdes et tronqués, présentent un orifice arrondi, muni d'un rebord en forme d'anneau dépourvu de séries. Us pré-
sentent dans leur centre et à travers leur transparence jaunâtre un corpuscule blanchâtre, arrondi , d'autant plus distinct que le capitule plus avancé en âge est prêt ù se détacher du stipe qui le supporte. Ces capitules se détachent bientôt pour s’échapper et nager dans le fluide au milieu duquel ils ont végété. Les stipes demeurent alors abandonnés, élargis eu cornets pâles, qui conservent durant quelque temps l'aspect d'un duvet conferviforme, blanchâtre.
Dexdrelle de Baker. Dendrella Pakeri , Bory; Chat ring Polypes , Baker, Empl. Micr. , pars 2, p. 338, pl. 12, fig. G-7. Cette espèce forme dans les eaux douces de petits arbustes dont le tronc, montant, rigide et assez épais, se divise en petits rameaux dont chacun porte de quatre à six capitule* dont la forme est absolument celle d’une pipe; l’orifice est très-ouvert, muni d'un petit rebord en forme d'anneau. Au temps de la maturité ces capitules se détachent pour nager librement; ils prennent la forme d’un petit godet arrondi par la partie postérieure; leurs mouvements sont assez rapides. Dans cet étal on dirait un être tout différent dont on serait tenté de faire une Urcéolaire sans poils si on la trouvait isolée et loin de la lige qui la produisit, sous le porte-objet du microscope.
-j-f Pédicules subcontorliles.
Dexdrelle de Milles. Dendrella Mulleri , N. ; rorlicella racemosa , Muller, Inf., pag. 550, tab. 40, f. 10-11 ; Gmel.,Aÿ#/. Aat. xm, 1. i .pars 6, p. 5814; Vorlieelle en grappes, Encycl., Vers. 111., p. 75, pl. 25, f. IG, 17 ; Lamk., Aiiim. sans vert., I. it, pl. 51, n° 15. Celte élégante espèce, longue de plusieurs lignes, facile à distinguer, forme un duvet blanchâtre sur les corps inondés par l’eau douce des lacs du nord de l’Europe. Un la peul élever et conserver dans des vases; elle y présente alors, sous la lentille du microscope, l'un des plus élégants, spectacles que puisse prodiguer la nature à l'observateur émerveillé. Ses rameaux et ses pédicules s'étendent alors en partie ou tous à la fois; ils présentent la figure d’un élégant arbuste dont la tige simple, droite et rigide, se divise en petits rany;aux ressemblant à ces plumes frisées appelées marabouts. Les pédicules partiels sont réunis en petites grappes où chaque individu s’étend ou se contracte avec agilité; quelquefois tout le faisceau se contracte par un mouvement spontané en un globule brunâtre, qui ne larde pas à s'étendre de nouveau ; il arrive rarement que toute la famille se contracte simultanément pour renouveler ce jeu brillant. Muller a fort bien saisi la dispersion de ces êtres singuliers, dont chaque urne détachée' peut reproduire en peu d'heures un arbuste semblable à celui qui ne portail pas moins de trois ou quatre cents de ces petites urnes animées.
DEÎSDIIIE oo DEiNÜRiON. Dcndrium. bot. Ce genre, établi par Üesvaux, est le même que l’Ammyrsine de Pursh. y. LEiophyi le.
ÜKNDIUNE. Dendrina. bot. Genre de la famille des l rédinées ou des Champignons hyphomycèlcs de Link. caractérisé ainsi qu'il suit, par Fries: sporidics globuleuses, simples, composées de flocons distincts, qui paraissent comme des taches sur les tiges mortes où la plante sedévcloppe. Ces taches, vues à la loupe, sont le
résultat d'agglomérations de filaments cloisonnés, entre lesqurls on observe une poussière noire, dans laquelle consistent probablement les organes de la reproduction.
DENDR1TE. IIR. F. Arborisation.
DENDBITINES. ion., ross. Genre de Céphalopodes Fossiles, composé de très -petites Coquilles que l'on trouve en très -grande abondance, avec le» Caincrines, dans le calcaire coquitlier des environs de Paris, de Bordeaux, etc.
DENDHOBI W>E. Dendrobia *. ins. Coléoptères lélraraères; Genre de la famille des Longicornes, tribu des Cérambycins, établi par Audiuet-Serville, pour un insecte du Mexique que Klug, qui n’en avait vu que la femelle, avait rangé dans son genre Trachyderes. Caractères : antennes une fois plus longues que le corps dans les milles, de onze articles presque égaux, à partir du troisième : le premier obtus, le second très-petit, le dernier plus long; tète avancée, de grandeur moyenne, moins longue que les mandibules dans les milles, mais plus forte que celle des femelles; front vertical, celui des mâles creusé, ayant deux impressions longitudinales, assez profondes, entre les antennes; yeux fortement échancrés, palpes déprimées : les maxillaires dépassant à peine en longueur les labiales, avec le dernier article aussi long que les deux précédents réunis; mandibules des mâles très-avancées, grandes, épaisses, courbées obliquement en avant, bifides ù l’extrémité; elles sont très-courtes dans les femelles; menton entièrement corné, large, surtout dans les mâles, creusé transversalement et rebordé; corselet dilaté latéralement, noduleux, irrégulièrement excavé, presque aussi long que la tète et les mandibules réunies, armé de chaque côté d'une pointe médiane assez forte; disque offrant une élévation irrégulière et transversale ; écusson grand, large, triangulaire, avec quelques légères impressions; élylres médiocrement longues, un peu rétrécies vers l'extrémité qui est faiblement échancrée; pattes presque égales, simples, de longueur moyenne, avec les cuisses un peu renflées; yeux fortement échancrés pour recevoir l’insertion des antennes.
Denurodiaiie a mandibules. Dendrobias mandibularis i Trachyderes A-maculatus, Klug. Tète noire, ainsi que la base des antennes dont le quatrième article est, ainsi que les suivants, annelé de blanc; corselet noirâtre, finement chagriné; deux taches d'un jaune fauve sur chaque élylre. dont le bord latéral et le bord suturai sont etilourés de noir. La disposition des taches est sujette à de grandes variations surtout dans les femelles. Taille, de douze à quatorze lignes, non compris les mandibules.
DENDROB1E. Dendrobias. mai. Mayen a établi sous ce noin un genre de Rongeurs, qui appartient à la tribu des Ecureuils, et qui forme le passage entre ce type et celui des Rats. Caractères : incisives supérieures plus courtes que les inférieures, qui sont très-longues, aplaties en dedans, et un peu arrondies en avant; molaires au nombre de quatre partout : les supérieures presque triangulaires, les inférieures quadrangulaires et un peu échancrées en dedans et en dehors ; queue écailleuse, annelée et terminée par un bouquet de poils. L’espèce décrite par Mayen est le Dendrobius Degus, déjà
mentionné parMolina, sous le nom de Sciurus Degus. C'est un animal qui habite le Chili, et vil en grandes troupes; il grimpe très-bien sur les arbres, mais après s’élre assuré une retraite par des galeries qu’il creuse en terre. On assure qu’il se nourrit d’œufs et de petits oiseaux, aussi bien que de matières végétales; lorsqu'il mange, il se redresse sur ses pattes postérieures et sur sa queue. Son pelage est jaune-brunâtre, avec unebande noire sur la nuque, et des Caches noires sur le dos. Sa longueur est de cinq pouces et demi, sans la queue.
DENDUOBIKR. Dendrobium. mot. Genre de la famille des Orchidées, établi par Swartz, aux dépens des Kpidendres de Linné. Caractères : les cinq divisions du périanlhe étalées ; les doux divisions latérales externes, soudées à leur base avec l'onglet qui termine le labelle, de manière à former une sorte d'éperon; labelle tantôt supérieur, tantôt inférieur; son onglet est continu par sa base avec le gynoslème ; sa lame est, au contraire, articulée; anthère terminale s'ouvrant parle moyen d'une sorte d'opercule caduc; masses polliniqiics solides. Les espèces du genre Dendi obi uni sont nombreuses ; les unes sont parasites, les autres sont terrestres. Les fleurs, qui sont quelquefois très - grandes , offrent différents modes d'inflorescence. Los plus remarquables sont:
Dendrociek a longs tris. Dendrobium macrosta chyum, Lindl., liotunical regist 1805. Il a la lige flagelbforme, cylindrique, cannelée, articulée, pendante, d'un brun purpurescenl, longue de deux pieds et quelquefois plus; ses feuilles soûl ovales- lancéolées, à trois côtes bien sensibles, entre lesquelles ou distingue des stries longitudinales, qui leur sont parallèles; elles sont attachées aux articulations caulinaire»; leur consistance est membraneuse. Les fleurs, par leur réunion trois par trois sortant de chaque articulation du sommet de la tige, y forment un très-bel épi, long de plus d'un pied; chacune d'elles est portée sur un pédicelle grêle, allongé, muni à sa base de deux petites écailles hracléiformes.de meme couleur que la lige. Les sépales sont ovales, aigus, d'un jaune sale; les pétales leur ressemblent en tout si ce n’est qu’ils sont uu peu plus larges, surtout l’antérieur. Le labelle est en forme de capuchon, avec les bords latéraux repliés t'un sur l’autre, et ceux des limbes dentés ou ciliés; il est jaunâtre, veiné de brun pourpré. Le gynoslème est cylindrolde, terminal, portant l'anthère qui renferme, en deux loges, quatre masses polliniques, charnues. Du Brésil.
Dendrooier a fleurs cuivrées. Dendrobium cupreum, Wall., Bot. regist ., 1770. Celle espèce est originaire de l’Jnde où elle a été trouvée par le docteur Wallich. Sa lige est haute de trois à quatre pouces, cylindrique, comme articulée, enveloppée à sa base par des écailles engainantes, grisâtres, striées longitudinalement; elle est garnie de feuilles sessiles, lancéolées, obtuses, échancrées, marquées d'une côte intermédiaire, épaisse, d'un jaune verdâtre et accompagnée, de chaque côté, de trois stries peu apparentes. Les fleurs sont grandes, réunies en grappe lâche, qui prend naissance au sommet de la ligeel ù côté des feuilles; elles sont parlées chacune sur un pédicelle allongé, cylindrique, muni de deux bractées oblongues, linéaires, canali-
culées, acuminées el d'un bleu violet, très-pâle. Les sépales sont ovalaires, avec leurs bords repliés et un peu roulés au sommet qui est faiblement pointu : l'antérieur 1 est plus grand, les deux postérieurs sont accolés et concaves; les pétales sont d'un tiers plus grands, ovales, presque obtus : les uns et les autres ont une teinte jaunâtre, cuivreuse, nuancée et striée de pourpre. Le labelle est onguiculé, en forme de cuiller, avec sa lame ciliée el réfléchie au sommet : il est d’un ronge purpurin à sa base, varié de blanc el de jaunâtre ; il adhère à la partie inférieure du gynoslème, dont l'anthère est d’un rouge pourpré, terminale, s’ouvrant par un opercule caduc; les quatre masses polliniques sont parallèles.
Devdrobier ■ AG.viriQCE. Dendrobium pulchellumf Lodd., Bolan. Cab., 1935. Sa lige est grêle, cylindrique. déliée, d’un vert pâle vers l'extrémité, jaunâtre à son origine, où elle se renfle en une sorte de bulbe; les feuilles sont alternes, lancéolées, ovalaires, aigues, sessiles, presque scmi-euihrassanles, et d’un vert foncé, marqué de veines parallèles, longitudinales. Les fleurs, portées sur des pédoncules cylindriques, aussi longtemps qu'elles sont réunies au nombre de sept à huit, en grappe terminale, paraissent beaucoup plus grandes que les feuilles, blanches, nuancées de pourpre pâle el d’orangé; les cinq divisions du périanlhe sont étalées : les trois externes ou sépales sont linéaires, aigues et soudées h leur base avec l'onglet qui termine le labelle, de manière à former en quelque sorte un éperon ; les deux internes ou pétales sont plus larges, ovalaircslancéolécs; le labelle est presque rond, avec ses bords frangés et blancs; l’onglet, d’un jaune orange très-vif, est continu par sa base avec le gynoslèmc : sa lame est articulée.
Dexdrobier de Piérard. Dendrobium Picrardi, Roxb., Fi. ind. 3, 482; Hook, FL Exot ., I. 9, Bolan. tvgiil. , 1750. Le Deudrobier de Piérard , observé par le docteur Koxburgh, dans le Delta du Gange, fut ensuite recueilli par le docteur Wallich et transporté au jardin botanique de Calcutta , d'où il est parvenu en Europe. Sa lige est pendante, cylindrique, cannelée, articulée, verte, faiblement nuancée de pourpre, longue de deux pieds et plus, glabre, garnie de feuilles ovales-lancéolées, aigues, striées, sessiles et d’un vert luisant. Les fleurs sont réunies au sommet de la tige eu une grappe très longue et très-ample; chacune d’elles est portée sur un pédoncule cylindrique, contourné, et souvent l'on eu voit deux ou trois groupées, sortir de la même articulation; elles ont un pouce el demi d'étendue; les trois divisions extérieures du périanthe ou sépales sont étroites, lancéolées, aigues, d'un pourpre bleuâtre à l'extérieur, presque blanchâtres intérieurement avec quelques lignes longitudinales pourprées. Lesdivisions intérieures sont plus larges, presque ovales, pointues el blanches, nuancées de jaune el de violâtre. Le labelle est en forme de capuchon , terminé par un éperon obtus ; il est jaune avec quelques raies interrompues et d’un rouge foncé, qui traversent la partie extérieure de la base.
Derorodier a f le i rs SERRÉES. Dendrobium densiflorum, Wall., Cat. 2900; Lindl., Gen. et sp. Orchid. I
P. 1, p. 90; id., Bolan. regiêt., 1828. Le docteur Wallich a découvert celte belle Orchidée dans les forêts du Népaul et l’a cultivée dans le jardin de Calcutta d’où elle a été envoyée à la Société d’Horticulturede Londres en 1832. La tige ou plutôt le pseudo-bulbe se compose . d’une suite d'articulations en massue, comprimées, cannelées, à côtes arrondies, d’un verl agréable, enve- * loppées à leur base d’une sorte de spatjies membraneuses très-délicates, d'un blanc verdâtre; chacune d'elles est fendue el divisée d'un côté, prolongée du côté opposé, alterne d’une articulation â l’autre ; au sommet de cet organe s'élève de chacune des deux ou trois dernières divisions une feuille lancéolée, aigue, marquée de quelques stries très- fines et d’un verl intense. La tige est latérale, très-courte, portant une grappe magnifique composée de dix ou douze fleurs d'un beau jaune doré. Les pédicelles. cylindriques et verdâtres, ont à leur hase une bractée membraneuse, lancéolée, striée, réfléchie el jaunâtre. Les sépales el les pétales sont d’un jaune clair, striés d'une nuance plus foncée, ovales et entiers ; le labelle est d'un jaune orangé, orbiculaire, ovale, concave, avec les bords finement dentés ou frangés; il est échancré ail sommet, bilohé à sa base qui est articulée avec celle du gynoslème; cette dernière partie est rhomboldale, courte, décurrenle, rétuse et d’un jaune orangé h sa base. L’anthère est hémisphérique, attachée postérieurement au gynoslème par un filament arrondi.
Derdrobier agcrégé. Dendrobium aggregatum , Roxb., FL ind. 3, 477; Lindl., in Wallich. OzJ.7411; id. Bolan. reg ., 1095. Le Dcndrobier aggrégé est originaire des bords de la rivière de Chappudong, qui a son embouchure dans le golfe de Mariabaa, voisin de l’empire des Birmans. Il a été découvert par le docteur Roxburgb. Les pseudo-bulbes sont fusiformes, d'une grosseur double de celle du pouce , revêtus d’écailles membraneuses, pcllucides el grises ; il s'en élève une ou deux feuilles pl Usées, allongées, arrondies au sommet, engainantes à la base, marquées de cinq stries enfoncées, d*un verl obscur. La tige accompagne les feuilles; elle est d’un brun rougeâtre à sa naissance, et verte à l'extrémité où les fleurs, assez nombreuses, forment une grappe lâche el pendante. Les bractées sont très-petites, ovales et pourprées. Les pédicelles sont grêles, contournés et filiformes. Les sépales sont plans, ovales, rétrécis anlérieureinent, renflés en une sorte d'éperon vers la base, d'un jaune assez faible intérieurement, tirant sur le verdâtre à l'extérieur; les pétales sont ovales, plus larges du double que les sépales et d’un jaune plus décidé. Le labelle est grand, élargi, dilaté el plissé de manière que ses bords inférieurs recouvrent la moitié des pétales; son limbe est jaune, tirant à l’orangé vers la base qui se rétrécit el s’articule avec le gynoslème; celui-ci est petit, blanchâtre, avec un appendice charuu, squammi forme et replié; leciinandre est tridenté.
Deudrobier élégant. Dendrobium spccioeum , Smith, Exot. Bot. 1, p. 17, lab. 10. Originaire de la ftoiivelle-Galles du Sud , celte belle Orchidée se fait remarquer par ses liges dressées portant vers leur sommet deux ou trois feuilles orales, oblongues, plus courtes
Digitiz
DFN
que l*épi de fleurs, qui est te rminal et muKiflore. Cellesci sont rougeâtres; les divisions du périanlhe sont étroites; la lame du lahelle est plus large que longue.
Dexdrubier linguiforme. Dendrobium linguifortne, Smith, F. rot. Bot., i, t. 11. Cette espece croit, comme la précédente, à la Nouvelle-Hollande; ses liges sont rampantes; ses feuilles sont ovales, obtuses, déprimées, charnues, un peu plus courtes que la grappe de fleurs. Celles-ci ont leurs divisions linéaires, aiguës; le lobe moyen de leur labelle est ondulé et marqué de trois carénés.
Dexorobier de ls Barringtonie. Dendrobium Barringtoniœ , Swartz; Epidendrum Barringloniœ , Smith, Icon. Pict.t t. 25. Sa tige est bulbiforme, comprimée, surmontée de trois à quatre feuilles oblongues, acuminées, glabres, striées longitudinalement et pétiolées. Les fleurs sont solitaires au sommet d'une hampe radicale; quelquefois cependant on en trouve deux et même trois sur une même hampe. Le labelle est onduleux et frangé. Cette belle espèce est parasite sur les arbres delà Jamaïque.
Denorobier a grandes n.ECRs. Dendrobium grandi florum f Kunth, Nov. Gen. et Sp. pl.y p. 350, t. 88. Sa tige est bulbiforme ; ses feuilles sont lancéolées, aigues; sa hampe est uniflore, couverte d'écailles; les folioles de son calice sont ovales, oblongues, aiguës, les deux latérales sont réfléchies à leur sommet; la lame du labelle est un peu onduleuse. Celle espèce croit dans les Andes.
DENDROCALAMUS. eot. Sous ce nom, Nées d'Eisenbeck a établi { Linnea, ix. 4fifl) un genre qu’il a formé des Bambous dont toutes les fleurs sont complètes.
DENDROCH1LE. Dendrochilum. eot. Genre de la famille des Orchidées. Gynandrie Nonandrie. institué par Blume ( Bjrdrag . Fi. lnd.f 398)qui lui assigne pour caractères : cinq sépales à peu près égaux , les extérieurs légèrement unis à leur base; labelle entier, concave ou caréné à sa base, adhérent inférieurement au gynoslème; limbe ereclo étalé; anthère semi-bivalve, biloculaire; quatre masses polliniques. ovalaires, attachées au bec par des filets élastiques. Les six espèces décrites par Blume et qu’il divise en deux sections, sont des herbes parasites à tiges radiciformes ; les feuilles, linéaires lancéolées, sont uniques sur chaque bulbe; les fleurs, rassemblées en épis filiformes et latéraux, sont accompagnées de bractées imbriquées. De Java.
BENDROCITTE. Dendrocitla ois. Ordre des Omnivores; famille des Corvidées. de Vigors. Ce genre est proposé par Gould, pour un Oiseau qui lui a été envoyé récemment des parties orientales de l'Asie et qui présente tmc réunion de caractères, qui ne permet pas de le confondre avec les Pies, comme on a pu le faire de prime abord, pour une espèce fort analogue, la Pie vagabonde, Pica cagabunda, Wagl., que nous avons aussi placée dans le genre Corbeau, et qui devra naturellement être ramenée Ici. Ces Oiseaux se distinguent encore des Corbeaux par l'habitude qu'ils ont de rester constamment perchés sur les arbres et les taillis. Les caractères des Dendrociltes sont : bec plus court que la tête, en forme de couteau, large A sa base, avec l'arrête arquée et les bords latéraux un peu renflés ; narines
basales, recouvertes en partie, par de* plumes séfacées ; aile* médiocres : les cinquième et sixième rémiges les plus longues; queue allongée, cunéiforme, composée de reclrices spathulées; tarses courts, faibles; doigts médiocres ; ongles forts et recourbés. La Dkxdrocitte a v ext he blanc , Dendrocitla leucogastra, Gould. est noire, avec l'occiput, le cou, une bande transverse à la base des rémiges et l'abdomen blancs; les scapulaires et les tectrices caudales inférieures sont d'un brun marron foncé; les deux reclrices internes sont cendrées.
DENDROCOLAPTES. ois. Synonyme de Picucule.
DENDROCOLLE. Dendrocolla. bot. Genre de la famille des Orchidées, de la Gynandrie Monandrie, institué par Blume ( Bydrag . Fl. Ind ., n° G) qui en a décrit seize espèces, divisées en deux sections et toutes originaires de Java. Caractères : périanthe à sépales étalés, presque égaux : les latéraux extérieurs, attachés à un onglel du gynoslème, un peu plus bas que le labelle qui est divisé et éperonné inférieurement et biauriculé supérieurement. Le gynoslème est obtus, écbancré vers l'extrémité interne; l'anthère est terminale, biloculaire, à deux masses polliniques; la capsule est en forme de silique, presque cylindrique. Ces plantes sont parasites, caulescentcs, à feuilles alternes, roides ou épaisses; les fleurs sont en épi, portées sur des pédicclles et environnées de bractées.
DENDROCOPUS. ois. (Vieillot.) f'. Pificcle.
DENDRODOA. moll. Nom donné par Makleay à un genre de Mollusques acéphales, formé aux dépens du genre Ascidie, mais qui ne parait pas jusqu'ici devoir être adopté par les conchyliologistes.
DENDROIDE. Dendroides. ms. Genre de Coléoptères hétéromères, fondé par Latreille dans la famille des Tracbélides. Caractères : antennes branchues ou dont les articles jettent latéralement un long rameau en forme de filet; corselet conique, rétréci en devant; corps allongé, étroit, déprimé; pattes longues; crochets des tarses simples. Les Dendroides se distinguent des Apales par leurs antennes en panaches et par la division des articles de leurs tarses ; ils partagent ce caractère avec les Pyrochres dont ils diffèrent cependant par la forme du corps et du prothorax. Le genre dont il est question correspond à celui que Fischer (Mém. de la Soc. impér. des Natur. de Moscou) a désigné sous le nom de Pogonocère, Pogonocerus. Il a pour type le Dendroïde a Etois bleus, Dendroides cya ni/tennis de Latreille, originaire du Canada et appartenant A la collection de Bosc. On doit citer après celle espèce le Dendroïbe thohaciqce, Dendroides thoracicus , ou le Pogonocerus thoracicus de Fischer qui en a donné une très bonne figure dans le frontispice de l’ouvrage qu'il a publié en 1821 sous ce titre : Généra Ins. Syst. exposita et Analysi iconographicà instructa. Cette espèce a été trouvée dans la Russie méridionale sur des Orties.
DENDROIDE. Dendroides. bot. Roussel, dans sa Flore du Calvados , a proposé l'établissement de ce genre pour des plantes marines très-disparates, telles que les Fucus pumilus et lichenoides d'Esper : l’un est un Chondre, l’autre un Polypier; les Fucus pinastroides et pusillus : l'un est une Céramiaire, Pau-
trc un Cetidium, clc. Ce genre n’a point été adopté.
On applique, en général, l'épithète de Dendroïde aux plantes Cryptogames qui, dans leur organisation, présentent des ramifications semblables à celles des arbres, ce qui justifie l'étymologie grecque du mot Dendroïde formé de oevo o«, arbre, et uSot, forme.
DENDROIDES. polyp. ross. Plusieurs oryclographes ont donné ce nom à des Polypiers fossiles analogues à des branches d’arbre par leurs formes, leur grosseur ou leur grandeur.
DENDROLIR1ER. Dentlrolirium. bot. Genre de la famille des Orchidées, Gynandrie Monandrie, formé par lilume (Byd. Fl. /ni/., 3 13). Il a pour caractères: cinq sépales éreclo-élalés, les deux latéraux les plus extérieurs, prolongés obliquement à leur base, figurant une sorte d’éperon obtus; labellc concave â sa base, le limbe entier ou un peu lobé; anthère terminale, à deux loges fermées par une membrane s’ouvrant longitudinalement; masses poil iniques ordinairement au nombre de quatre, ovales, farinoso- pulpeuses, réunies par une membrane arachnoïde, élastique. Les Dendrolirierssont des plantes herbacées, parasites, à racines fibreuses; les feuilles sont distiques, appuyées contre le bulbe; les pédoncules sont simples, axillaires ou latéraux; les Heurs forment des épis garnis de bractées, et souvent les sépales extérieurs sont couverts de duvet. On les trouve dans Pile de Java.
DENDROL1THE. ross. V. Arborisation.
DENDROMÉCON. Dendronievon. bot. Genre delà famille des l'apavéracées, établi par Douglas, pour une plante qu'il a observée en Californie, et dont il a envoyé des exemplaires secs à la société d’Horticulture de Londres. Caractères : deux sépales caducs; quatre pétales; étamines nombreuses ; filaments filiformes; anthères linéaires; deux stigmates sessiles, courts, et un peu épais ; capsule allongée, siliquiforme, uniloculaire, bivalve, à valvules coriaces, fermées à leur base, déhiscentes au sommet; placentas marginaux, filiformes; semences nombreuses, assez grandes, pyriformes et lisses. Le Dendromêcon rigide. Dendromecon rigidum, est un petit arbrisseau glabre, chargé de feuilles nombreuses et rapprochées, lancéolées, aigues, dentelées, penninervées, vésiculées, rugueuses et roules. Les pédoncules sont axillaires, portant une seule fleur grande et jaune.
DENDROHYCES. bot. V. Battaræa.
DEINDKOPilACE. Dendrophagus. ins. Genre de Coléoptères lét rainé res. de la famille des Platysomes, institué par Gyllenhal pour un petit Insecte qui porte le ravage dans les herbiers, et que Fabricius avait rangé dans son genre Cucujus. Caractères : quatre palpes courtes, inégales, dont les intermédiaires plus épaisses, avec le dernier article conique, subacuminé, les postérieures très-courtes et en massue ; mandibules toujours saillantes; languette bifide; antennes filiformes, â articles cylindriques, allongés, le premier plus long que la tète, les second et troisième plus courts que les suivants; corps ohlong, aplati ; premier article des tarses inférieurs très petit. Gyllenhal ne décrit qu’une seule espèce : Dendrophaue cbênUÊ, Dendrophagus crenatus ; Cucujus suicatus, Fab. 11 est fort petit, dé-
primé et entièrement d’un brun de poix; les antennes et les pieds sont d’un roux lestacé, les côtés du corselet sinueux, et le disque marqué d'impressions plu» ou moins profondes; les élytres sont brunes, striées et ponctuées. On le trouve en Europe.
DENDROPIIIDE. Dendropltis. rept. Genre d’Ophidiens de la tribu des Serpents proprement dits, formé par Fitzinger, pour y placer toutes les Couleuvres qui, outre les caractères communs aux Dipsas de Laurenti, et qui consistent principalement dans une ligne d'écailles plus larges le long du dos, et des écailles plus étroites le long des flancs, offrent une (ële égale en lar- I geur ou moins large que le corps qui est très-grêle et j très -allongé; museau très-obtus. Fitzinger compose j son genre nouveau des Coluber aluelul/a, fit i forints, j (que nous avons jugé à propos de laisser dans le genre Couleuvre à cause des dimensions des écailles), de- ' corus, Shaw et catenutaris , Daud. Celle dernière 1 est d’un bai clair avec le dos orné d’une rangée longitudinale de taches triangulaires très- rapprochées, au nombre de plus de soixante, de couleur blanche, bordées d’un trait noir, et formant une sorte de chaîne élégante, les plaques abdominales sont d’un blanc jaunâtre, avec un petit point noir ou brun à leurs deux bouts; la tète est petite, ovale, obtuse, déprimée; la mâchoire supérieure est un peu plus longue que l’inférieure. On compte deux cent trente-sept plaques abdominalesel quatre-vingt dix-sept paires de sous-caudales. Taille, vingt pouces. Du Bengale.
Cuvier ajoute à ce genre la Couleuvre Sibon, Coluber Sibon , L. Elle a la tête blanche en dessus; sa teinte générale est le jaune clair, avec des taches rousses et rougeâtres; cent quatre-vingts plaques abdominales et quatre- vingt -cioq paires de plaques sous- caudales. Afrique.
DENDROPHORE et DENDROPHYTES. Syn. de Dendrite.
DENDROPHTHOB. Dendrophtboe. bot. Genre de la famille des Loranlhacées, établi par Marlius aux dépens du genre Loranthus. Caractères : fleurs hermaphrodites, accompagnées d’une bractée oblique; calice en forme de coupe ou de cloche, avec l’orifice entier ou denté; pétales linéaires-spalhulës, recevant chacun dans leur milieu l’insertion d’une étamine; anthères fixées par leur base, dressées et linéaires; style filiforme; stigmate en télé. Le fruit est une baie ovale ou elliptique. Marlius a compris dans cc genre une vingtaine d’espèces, parmi lesquelles on remarque les Dendrophlhoe / Fallichianus , Gaudichaudi , Schultesii, Leptanthus , etc., toutes originaires de l’Inde.
DENDRUI’HYLLIE. Dcndrophytlia. poi.yp. (fcnre de l’ordre des Caryopbyllaires. établi par Blainville, pour j certaines Caryophyllées arborescentes, cylindriques et tronquées à l’extrémité des rameaux et qui portent des ! étoiles isolées. Il est caractérisé de la manière suivante : animaux actiniformes, pourvus d’un grand nombre de tentacules, au milieu desquels est ta bouche, contenus et à peine saillants dans des loges profondes, rayonnées, ù lamelles nombreuses; Polypier largement fixé, comme tronqué, arborescent, strié en dehors, lacuneux intérieurement. DENDROPBYLUEROCGEATBE,/Jem/rop/l>7//a
rubeola, Quoy el Gayni., Zool. de l’Astrol., pl. 15. On trouve celle espèce à la Nouvelle-Zélande, par petits groupes irréguliers, dont les tubes, fort courts, longs ■te deux à trois lignes, sont cylindriques . légèrement cannelés, coupés net à leur extrémité. Le contour du limbe est linéaire el bien régulier; les étoiles sont coniques, à lamelles petites et grandes alternativement. Tout le Polypier est d’un rougeâtre clair. Les Polypes, qui ont nus» la même couleur, s'élèvent en bourrelet au-dessus des étoiles; leur disque est assez largement rayonné et marqué d’un cercle vert, fort étroit. Plus en dedans sont de petits tentacules grêles, du centre desquels sort une longue bouche en cône renversé , découpée dans son contour.
DKNDROPLEX. ois. Synonyme de Picuculc.
DENDROPLEX.Dem/ropf&r. ois. Ce genre, de l'ordre des Anisodactyles, formé par Swainson aux dépens du genre Certhia de Linné, a pour caractères distinctifs: bec très-droit; ailes médiocres el arrondies; troisième, quatrième el cinquième rémiges très-longues. On voit d’après cela que le genre nouveau diffère ppu du genre Dendrocolapte , trop peu même pour la plupart des ornithologistes qui ne l’ont point adopté.
DENDRORCU1S. bot. C'est ainsi que bu Petit-Thouars désigne un groupe d'Orchidées des îles australes d’Afrique, qujaorrespond au genre Dendrobium deSwartz.
DENlWoSÉRlDE. Demi roue ri*, bot. Genre delà famille del Synanlhérées, tribu des Chicoracées, institué par Don, pour une plante recueillie au Pérou par le docteur Gillie8. el à laquelle il a reconnu pour caractères distinctifs: réceptacle nu; involucre polyphylle, imbriqué , à folioles internes, allongées et disposées en rayons; ceux de l'aigrette scabres et caducs, formant un triple rang, bon a nommé la seule espèce connue jusqu'ici, Dendroseri a macrophylla.
DËNÉKIE. Denekia. bot. Genre de la famille des Synantbérées, Syngénésie superflue, établi par Thunberg ( Prodrom p. 155) qui l'a ainsi caractérisé : capitule radié dont le disque est formé de fleurs régulières el hermaphrodites, el les rayons de fleurs ligulées et femelles; écailles de l'involucre imbriquées, les intérieures scarieuses; réceptacle sans paillettes; akènes non couronnés d’aigrettes. Les renseignements imparfaits que l'on a sur ce genre ne suffisent pas pour préciser sa place dans la vaste famille dont il fait partie. De Candolle et Lagasca le rangent parmi les Labiatiflores ou Chæuanlophores anomales, près du Disparago et de P Onoseris. Selon Jussieu , il est voisin de VEthulio, du Halsamila et du Sjtargnnophorus. Enfin, Cassini se borne à conjeclurer qu'il pourrait appartenir ù sa tribu des Initiées. La Décrie or Cap. Denekia Capensisf Thunberg, a une tige herbacée, haute de cinq â six pouces, cylindrique, striée, (oinenteuse et ramifiée. Ses feuilles sont alternes, demi-amplexicaules, oblongues, lancéolées, obtuses- mucronées, ondulées, très-entières, cotonneuses en dessous, les supérieures progressivement plus courtes que les inférieures; les capitules sont disposés en une paniculc serrée et terminale.
DENGl’ENI. polyp. Ce nom, d'après Marsigli, a été donné au Miüepora trvncata par les pécheurs el les
marins des côtes d'Italie. C'est le Myriozoum de Donali. V. Mii.if.por k.
DENHAM1E. Denhatnia. butait Genre formé par Schotl. dans la famille des Aracées ou Aroïdées, pour le Caladium scondens de Ventenal, dont Palisot de Reauvois avait déjà fait une espèce de son genre Culcasia.
DENIRA. bot. Sous ce nom, Adanson a désigné le genre Ira de Linné.
DENISÆA. bot. Synonyme de Phryma dehiscens.
DKNNSTÆDT1A. bot. Nom donné par Bernhard à un genre nouveau ayant pour type le Dicksonia flaccidœa, Wilid. Il ne parait pas jusqu'ici que ce genre ait été adopté. VI Dicksome.
DENOPE. Denops. îxs. Coléoptères pentamères; genre de la famille des Clavicornes, établi par Fischer pour un Insecte du Caucase, qui offre les caractères suivants : palpes maxillaires suhulées; dernier article des palpes labiales très-allongé, oheonique, tronqué, droit ; antennes grossissant vers ^extrémité, dentées en scie, avec le dernier article ovofde et très-pointu. Le Dexope a long col, Denops longicollis , a trois lignes de longueur el une de largeur; sa tête, son corselet, la base des élylres et les pattes sont d’un rouge foncé; les élytres sont d'un noir luisant, avec une bande jaune dans leur milieu. Ce genre pourrait bien ne point différer assez du genre Tille, de Lalrcille, pour qu'on n'en opère pas la réunion.
DENSITÉ, atn. Quantité de matière contenue dans un corps sous un volume connu; les corps qui contiennent le plus de matière, sous un même volume, sont les plus denses. La Densité est exprimée par la pesanteur spécifique. V. ce mot.
DENT. Dens. zool. Corps de consistance dure, de forme conique ou polyédrique, plus ou moins allongé, toujours revêtu extérieurement, au moins à l'origine, d’une substance connue sous le nom d'émail , et intérieurement composé de couches concentriques d’une matière dite ivoire , exhalée à la surface d’un bulbe vasculaire el nerveux, appelée germe dentaire, lequel parait susceptible de se développer sur tous les points de l'enveloppe, soit extérieure soit intérieure, de l'animal. — L’on voit donc que les Dents ne sont pas des appendices liés nécessairement à la digestion, puisque, par leur position, elles peuvent être fort éloignées, soit de la bouche, soit du canal intestinal , el puisque, comme nous le verrons, beaucoup d'animaux sont tout à fait dépourvus de Dents. Par la nature même du siège où se développent les Dents, on voit aussi qu’elles ne sont pas exclusivement propres aux animaux vertébrés, et. dans ces animaux, à la cavité de la bouche. En effet, dans les animaux vertébrés, parleurs connexions primitives el immédiates, elles ne dépendent pas des os, mais des dépendances des replis de la peau ou des membranes muqueuses qui ont pénétré, dès l’origine, dans les fentes ou dans les trous des os.
D’après la définition précédente (Je la formation des Dents, on voit aussi qu'elles ne sont pas des os. Les os se développent à la -fois par tous les points de leur masse, actuellement vivants et susceptibles d'absorber la matière nutritive de leur accroissement ou de s’en
imbiber. Aucune des différentes couches de la Dent, au contraire, n'est vivante ni susceptible d'accroissement autrement que par juxtaposition extérieure de parties nouvelles. Les différents points d'une couche une fois formée , comme pour les ongles , les cornes des Vertébrés et les coquilles des Mollusques, n’ont plus aucune relation, soit avec la sensibilité, soit avec la circulation de l'animal.
D'après le siège, au moins primitif, qu’elles occupent sur les enveloppes de l'animal, on voit que les différentes sortes de Dents n’ont entre elles, dans tous les cas de leur existence, qu'une seule analogie, celle de la structure. On verra qu'elles n'ont d'analogie de position que dans une même classe. En les déterminant donc d'après leurs connexions ou d'après leurs rapports de position , ce qui est la même chose, il suit que telles Denis d'une classe de Vertébrés, par exemple, doivent nécessairement manquer d'analogues dans une autre classe, et réciproquement. A plus forte raison, d'un embranchement à l'autre du règne animal, ne peut-on chercher aux Dents d'autre analogie que celle de la structure. Cela posé , on voit qu’il n'y a pas lieu de confondre les Dents, soit avec les dentelures des os maxillaires eux-mêmes, soit avec les étuis cornés qui enveloppent les bords libres de ces os , chez les Oiseaux, les Chélonien*. les Lamproies, etc., soit encore avec les dentelures des mandibules latérales des Insectes, des Crustacés, des Mollusques et des Annélides, ces mandibules n’étant autre chose que des prolongements de la peau même, endurcie en ces différents endroits par la déposition de sels calcaires dans l'épaisseur de son tissu. Les seuls animaux où il existe des Dents sont la plupart de ceux appartenant aux Mammifères, Reptiles cl Poissons, et les Ëchinodermes parmi les Radiaires.
Structure des Dents.
Toute Dent, quelque part qu'elle soit placée sur l'animal , est formée par l'exhalation de couches concentriques. les unes aux autres et susceptibles d'une grande cohésion. L'organe de celte exhalation est une poche ou capsule membraneuse, fermée de toutes parts, et dont un fond est replié dans l’autre comme celui d'un bonnet de nuit. Le fond, ainsi replié, est beaucoup plus vasculaire que l'autre. Il forme, par la quantité de vaisseaux et de filets nerveux qui y sont entrelacés, une sorte de bulbe dont la figure primitive est bien déterminée cl représente exactement celle de la Dent qu’il doit former et dont il est le véritable moule. L’observation de cette correspondance de formes entre le bulbe et la Dent, peut se faire en tout temps sur les Dents de remplacement des Cyprins. Tous les contours, tous les reliefs que présente la surface extérieure de la Dent, tous ceux que manifestent ses coupes transversales et verticales, sont représentés par autant de contours, de reliefs à la surface du bulbe, et par autant de replis de la membrane de la ca|>sulo qui se prolonge dans les intervalles de ces reliefs du bulbe. Selon la saillie de ces reliefs ou prolongements du bulbe, étendus en lames plus ou moins longuet et larges, il se forme des replis plus ou moins profonds des différentes substances de la Dent; de telle sorte, que des coupes transversales montrent, selon les germes, ou bien une seule
substance inscrite dans une couche beaucoup plus mince d'une substance qui lui est extérieure, ou bien des ondes, des replis de la substance extérieure pénétrant dans la substance centrale dont elle se distingue par la couleur, ou bien encore ces mêmes replis des deux substances. se pénétrant sans sc mêler, enveloppés d'une 'troisième substance extérieure aux deux autres. Si la substance interne n’est nulle part pénétrée par l’externe qui ne fait que l'envelopper, cette sorte de Dent s'appelle simple; la surface triturante n’offre que de trèspelils reliefs . dans lesquels la substance extérieure seule de l’émail est intéressée : telles sont les Dents de l’Homme.
Les Dents composées offrent dans leur coupe transversale, à quelque hauteur qu'on fasse cette coupe, des cercles ou des anneaux d’une substance qui en renferme une autre; de sorte que le tube d’émail, plus ou moins comprimé, indiqué par ces cercles ou anneaux, représente à lui seul une Dent du genre des précédentes. Ces Dents composées s’observent dans les Éléphants, le Phacochœne, etc. Enfin, il y a des Dents demi-composées dont les replis ne pénètrent que jusqu'à une certaine profondcur,aii-deasous de laquelle les coupes transversales ne montrent qu'une seule substance centrale entourée par une extérieure; telles sont les Dents molaires des Ruminants, Solipèdcs, etc. — Os trife sortes de Dents s'observent chez les Mammifères ; il est essentiel de les faire connaître avant de parler de fa structure des Dents dans les autres classes.
Il peut donc y avoir jusqu'à trois substances dont les couches superposées constituent les Denis des Mammifères. Il y en a même une quatrième accidentelle dans certains animaux, et naturelle chez quelques autres. On nomme cette quatrième substance Poudingoîde. Voici l’ordre de celte superposition et la composition des couches qui la constituent.
Toute Dent, même composée, dans l'animal très-âgé, se divise en deux parties sous le rapport de la formé et de la structure : 1» la couronne ou le fût, plus ou moins saillante hors de la gencive, et plus ou moins prolongée dans l’alvéole; 2° la racine qui s'enfonce dans la partie profonde de l’alvéole. La racine est séparée du fût par une ligne dont le conlour marque la limite inférieure de l’émail. Quelquefois ce conlour est marqué d'un léger sillon. C'est ce contour qu'on nomme le collet de la Dent. On voit que les Dents qui n'ont pas de racines n'ont pas de collet. Dans toute Dent il y a donc au moins deux substances, l'ivoire et l'émail.
1° Toute la couronne ou le fût de la Dent est revêtue d'une substance vitreuse appelée émail, laquelle est beaucoup plus dure que l'ivoire, et quelquefois tnêino fait feu avec l’acier. A peine noircit-elle au feu, car elle ne contient pas de gélatine. L'émail ne jaunit pas par l'action de l'acide nitrique, il s'y dissout sans résidu; au feu. il éclate et se sépare ainsi de l'ivoire qui, au contraire, noircit et brûle comme les os, et en donnant la même odeur. Les fibres de l'émail sont dirigées per-, pendiculaircmenl à celles de l’ivoire. Ses filaments sonl juxtaposés comme ceux de l’Asbestc; de manière qu'en les supposant moins rapproché, ils revêtiraient la Dent d’une sorte de velours. Ces filaments ne sont pas tou-
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jours rectilignes. Souvent ils dessinent des courbes convexes du côté de la couronne, concaves du côté de la racine, chez les Ruminants par exemple. — L'épaisseur de l’émail varie beaucoup sur les Dents des Mammifères. Les deux extrêmes de cette dimension se voient dans tes Cachalots et dans les défenses des Éléphants, du Morse, du Dugong et des Sangliers. Dans les Cachalots, sur toute la hauteur du fût, l'épaisseur de l'émail varie du quart au cinquième du diamètre de la Dent. Dans les défenses des animaux en question , au contraire, l’épaisseur de l'émail n'est pas la cinquantième, quelquefois la centième partie du diamètre. Est-ce parce que ces Dents sont extérieures , et que le frottement userait l'émail? cela n’est pas probable, car ce frottement ne peut s'exercer sur tous les points de la surface; et alors l’épaisseur primitive subsisterait aux endroits préservés. Ce n’est pas non plus par l’action de l’air ou de l'eau; car l’Ilippopotame a la même proportion d’émail à ses défenses qu’à ses autres Dents. Celle inégalité de l'épaisseur de l’émail, dans les animaux ci-dessus mentionnés, tient donc à la proportion même de l'exhalation qui forme celte couche. — Les racines n’ont pas d’émail; on verra tout à l'heure pourquoi. Les Dents qui n’ont Jamais de racines, celles des Cachalots, les molaires des Morses, ont, au contraire, plus d'émail à leur extrémité alvéolaire qu'au sommet opposé.
2° L’ivoire . ou substance osseuse , forme la partie intérieure du fût et toute la racine de la Dent. Sa cassure est satinée. Ses fibres se contournent parallèlement aux surfaces extérieures de la Dent. Au centre de l’ivoire, au moins avant l’achèvement des racines, existe line cavité de la même forme, eu diminutif, que la Dent. Celte cavité communique au dehors par le petit canal de chaque racine, qui lui transmet les vaisseaux et les nerfs. Dans l'état frais, et surtout dans le commencement, cette cavité était remplie par un organe pulpeux, véritable entrelacement de vaisseaux et de nerfs, lequel a servi à la fois de moule et de producteur à la Dent. Cet ivoire est d'une dureté très-inégale chez les différents animaux. L'ivoire de l'Éléphant est le plus tendre; il présente aussi des variétés pour l'apparence de la surface de ses coupes. Ces différences peuvent même faire reconnaître de quel animal provient un ivoire ouvragé, et où l'on ne peut plus reconnaître la forme de la Dent. Par exemple la coupe de l’ivoire d'ÉléphaiU montre des losanges curvilignes très-régulièrement tracés et dont la plus grande diagonale est disposée dans le sens des diamètres de la Dent. Celui de l'liippopotame et du Phacochœne, plus dur et plus blanc, montre des stries d’une finesse et d'une régularité admirables; celui du Morse et du Dugong est d’un aspect compacte et homogène, ainsi que celui du Narval; celui du Cachalot est satiné comme dans l'ilomme.
3° Les Dents composées et une partie des demi-composées ont une troisième substance extérieure à l'émail, et qui S'emplit les intervalles des lobes ou des lames qui composent, par leur groupement, la Dent générale; c’est le cément. 11 est moins dur que i’ivoire cl l’émail, mais se dissout plus difficilement dans les Acides et noircit au feu plus promptement encore que l’ivoire. Dans l’Éléphant, le cément est non-seulement interposé
3 DICT. DEA SClKMCtS MAT.
entre les lames d’émail, mais il forme à la Dent entière une enveloppe générale. Dans le Cabiai il n’est qu’interposé aux lames ou lobes dont les arêtes d’émail sont à découvert sur les côtés de la Dent. Dans l’Éléphaul, le cément forme près de la moitié de la masse dentaire. Le cément, dans les Éléphants, les Chevaux et les Ruminants, n’a pas d’organisation apparente, et ressemble à un magma cristallisé sur la Dent, à peu prés comme la substance poudingolde que nous allons faire connaître. Néanmoins Cuvier lui a trouvé, dans le Cabiai, une multitude de pores régulièrement disposés. Tenon pensait que le cément n’était que l'enveloppe de la Dent ossifiée. Blake avait bien vu, comme Cuvier l’a vérifié, que le cément est déposé après l’émail et par la même membrane.
4° Intérieurement et concentriquement à l’ivoire, existe dans les Dents de plusieurs animaux, et entre autres de l’Homme, une quatrième substance que Berlin (Traité d’Osléologie ) dit remplir quelquefois la cavité qu’occupait le germe après la déposition de l’ivoire terminée, n’avoir pas quelquefois d’adhérence avec l'ivoire circonscrit, et qui quelquefois, au contraire, fait corps et se continue avec l'ivoire. C’est dans l’Homme que Berlin fit ces observations. En 1830, Em. Rousseau a renouvelé l’observation de Berlin sur l’Homme et sur plusieurs animaux. Il a trouvé ce magma cristallisé, coexistant avec la pulpe dans une molaire d’ailleurs parfaitement saine, devenue douloureuse sans doute par la compression qu’exerçait cette concrétion par son accroissement. Celle substance avait déjà été indiquée comme un obstacle au plombage des Dents. Or, dans toutes les Dents du Morse, moins les incisives, la couche d’ivoire circonscrit un espace conique, répondant au tiers environ du volume de la Dent. Cet espace central est rempli par un amas de petits grains ronds placés pêle-mêle dans une sorte de mortier ou de stalagmite; ou bien encore, c’est comme les cailloux dans la pierre appelée Poudingue. On n’a pas essayé la composition chimique de cette substance. Mais son aspect diffère au moins autant de celui de l’ivoire que celui-ci de l’émail, et que l'émail du cément : la ligne de contact et de séparation est tout aussi parfaitemeut prononcée. Il en est donc de celte quatrième substance intérieure à l’ivoire, par rapport au germe de la Dent, comme du cément extérieur à l’émail par rapport à la face interne de la membrane capsulaire dont nous allons parler.
Développement des Dents.
Chez les Mammifères, où ce développement est plus compliqué que dans les autres classes, le bord dentaire des os maxillaires est creusé, dans le fœtus, d'une rainure de profondeur variable, où s'introduit la membrane qui tapisse ie reste de la bouche. 11 n’y a non plus à celte époque sur la longueur de cette rainure aucune cloison transversale, qui marque la séparation ultérieure des alvéoles. Ce n’est que peu à peu que ces cloisons se forment ensuite et circonscrivent chaque Dent dans une cavité propre. Au bord du repli de la membrane buccale introduit dans le sillon dentaire des mâchoires s'attachent, par un pédicule étroit et plus ou moins allongé, selon que les Dents appartiendront à la pre-
mière ou A la seconde dentition, de petits sacs renfermant un liquide mucoso-gélalineux qui constitue alors la pulpe ou germe de la Dent. La membrane qui forme la matière dentaire, dit Em. Rousseau, est d'une nature fibreuse. Elle est composée par un lacis de vaisseaux qui, vus .après uue injection déliée, pourraient faire croire que cette membrane n'est qu'un réseau vasculaire. Mais si on lave une préparation ainsi injectée, et si ensuite on la laisse un peu macérer, bientôt la membrane prend une couleur à peu près semblable à celle de la couche qui se forme sur l'empois blanc, nouvellement fait. L'union du pédicule de la capsule dentaire avec le repli alvéolaire de la membrane buccale est si intime, que les deux tissus semblent se confondre, et qu'il est absolument impossible de les séparer sans rupture , quelque précaution qu’on prenne. La membrane de la capsule est donc une continuation de la membrane de la bouche. Néanmoins il n'est pas possible de trouver, dans ce pédicule, d’orifice de communication de la cavité du sac ou capsule avec la bouche. Un dentiste a indiqué, à la vérité, un procédé pour reconnaître cet orifice; mais Rousseau affirme que l’ouverture que l'on obtient ainsi n'est réellement que l'effet même de l'action du procédé. Quoi qu'il en soit, Rousseau a injecté, par le pédicule ainsi ouvert, le sac ou la capsule dentaire d’une incisive de remplacement chez un enfant de six ans. Ayant ensuite enlevé la (ablette postérieure de l'alvéole, la capsule s'offrit sous la forme d’une Poire d’Angleterre , dont la queue était représentée par le pédicule. La capsule était dilatée par l’injection, qui n'avait point pénétré dans la pulpe du germe. Il remarqua avec une forte loupe que de petites brides maintenaient la pulpe contre la membrane delà capsule. Les va:sseaux qui se rendent des canaux maxillaires A la hase de chaque capsule, sont visibles à l’œil nu. Ils se continuent sur la capsule qui en reçoit aussi des parois de l'alvéole. La membrane de la capsule présente, dans la moitié supérieure de sa face interne, une couche de petites glandules symétriquement disposées, et qui paraissent destinées A sécréter l'émail.
Hérissant avait déjà reconnu qu'il n'entre qu’une membrane à feuillet unique dans la composition de la capsule dentaire, cl que c'est celle membrane qui produit l'émail par sa face interne. Si on détache avec précaution, dit-il, cette membrane de dessus la couronne, et qu’on en examine au méine instant la surface interne avec une loupe de trois ou quatre lignes de foyer, on est sur-le champ frappé d'admiration A l'aspect d'une multitude infinie de très-petites vésicules qui, par leur transparence, sont assez semblables A celles dont la plante appelée Glaciale est couverte. Elles sont disposées avec beaucoup d’ordre par rangées étagées les unes sur les autres, et presque parallèles à la base de la Dent. Ces vésicules contiennent d'abord une liqueur claire et limpide , et plus tard laiteuse et plus épaisse. C’est, selon lui, la cristallisation de cette humeur qui forme l'émail. Rousseau, qui a vérifié tous les faits vus par Hérissant, pense que l’ivoire se forme après l'émail dans les Mammifères , et que par conséquent l'émail est d'abord déposé sur la surface membraneuse du germe, où il se moule sur les creux et les
reliefs qui représentent ceux de la Dent. C'est ainsi que cela se passe dans les Dents des Cyprins dont la couronne est aussi compliquée que celle de la plupart des Rongeurs, tels que les Agoutis et les Castors. Dans ces mêmes Dents, la calotte d'émail est pendant fort longtemps molle et flexible; ce n'est que lentement qu'elle prend de la consistance. On la voit très-bien se mouler sur les creux et les reliefs du germe qui a dès lors la forme définitive de la Dent, et qui remplit toute la capsule.
On voit qne tous ces faits s’éloignent beaucoup des idées généralement admises sur le mécanisme de la production des Dents. D'après ces idées, le germe ou bulbe de la Dent serait reçu dans le feuillet intérieur de la capsule, rentré lui-même dans le feuillet extérieur, comme la télé est reçue dans un bonnet de nuit, et ce serait entre la face externe de ce feuillet rentré et la surface du germe non continu A la capsule que le germe déposerait concentriquement, et le feuillet rentré de la capsule excentriquement, le premier les couches d’ivoire, le second les couches d'émail. Il ne sc formerait rien dans la cavité même de la capsule. Or. on voit, au contraire, que c'est dans cette cavité même que la Dent se forme, et que la capsule n'a qu'un seul feuillet qui vient se continuer au pourtour de la base du germe dont les vaisseaux se continuent dans la membrane. Celte disposition permet bien mieux d’expliquer, comme on va voir, l'absence d’émail sur les racines, l'impossibilité qu'il s’y forme de l'émail après la pousse des racines, et nu contraire l'existence de l’émail sur tout le pourtour du fût des Dents qui n’ont pas de racines, telles que celles des Rongeurs et des Éléphants jusqu'à l’époque où la Dent est sur le point iTc tomber.
Voici l’ordre successif des formations de la Dent : quand on ouvre une capsule dentaire encore enfermée dans son alvéole, si l'instant de l'observation correspond A la première époque de la formation de la Dent , on trouve une petite calotte nacrée , d’abord liquide, puis flexible, se concrétant et se durcissant peu A peu, et moulée sur la surface du germe qui l’a exhalée. Celte calotte ne commence A se former que sur les parties les plus saillantes du relief de la Dent, de sorte que, si la Dent doit présenter deux ou trois collines, c'est-à-dire deux ou trois tubercules, il n'y a, A celle première époque, quç deux ou (rois chapiteaux correspondants, isolés les uns des autres; car l'exhalation commence par les sommets du germe. Peu à peu d'autres couches de liquide sc déposent en dessous des premières, se soudent A elles, et lorsque l'exhalation s'est faite sur toute la surface, tous ces petits chapiteaux isolés se réunissent, et n'en forment plus qu’un seul, qui décide de la figure définitive de la Dent. La matière de celle exhalation est l'ivoire qui forme la substance la plus intérieure de la Dent, lorsqu’il ne doit pas y avoir de substance poudingolde. Peu A peu celte matière s’exhale aux surfaces latérales du bulbe, toujours eu se juxtaposant par une cohésion intime, aux couches déjà solidifiées, de sorte que bicniùl le bulbe est enclavé dans des couches d'ivoire de plus en plus prolongées vers sa base. Avant que le collet de la Dent soit formé, c'est-à-dire que les couches soient parvenues A la ligne où s'arrêtera
l'éruption de la Dent, une autre exhalation adéposé à la surface de l'ivoire une couche d’une autre substance qui lui est extérieure. Cette substance est l'émail, elle est exhalée par la face interne de la membrane de la capsule. Dans les Mammifères, l'émail se forme toujours après les couches superficielles de l'ivoire. Comme le feuillet de la capsule se replie pour se continuer avec le bulbe, on voit qu’il n’y a d'autre limite fixée de la hauteur où l'émail doit se déposer que celle même où se fait ce repli.
Lorsque le noyau ou bulbe de la Dent est appliqué sur le fond de l'alvéole, il ne se forme pas de racine , et alors, quelle que soit la longueur du fût de la Dent, comme ce fût est actuellement, ou a été en contact avec le feuillet de la capsule par toute l’étendue de sa surface, il peut être couvert d'émail sur toute sa longueur. C’est ce que l'on observe sur toute la longueur des Dents canines des Mammifères, des molaires des Rongueurs, des Éléphants , des Cachalots et Dauphins, des Oryctéropes, Dugongs, etc. Ounnd le bulbe est plus ou moins distant du fond de l'alvéole, et quand il adhère à ce fond par un ou plusieurs pédicules ou cordons de vaisseaux et de nerfs, alors le feuillet de la capsule, replié sur le contour de la base du bulbe, ne peut plus être en contact avec les couches qui s'exhalent à la surface de ces pédicules ou cordons vasculaires. Autant il y a de ces cordons, autant il se forme de racines par l'exhalation des couches qui se déposent à leur pourtour. Pour que l’ivoire qui se forme autour de ces cordons se continue avec celui de la couronne, il faut que le repli du feuillet circonscris au collet de la Dent disparaisse, ce qui arrive par la rupture qu'occasionne la pression exercée sur lui par le bord tranchant du chapiteau que représente la couronne de la Dent. L'accroissement de celte couronne est d’autant plus rapide que le bulbe est placé plus près de l'orifice de l’alvéole , et plus éloigné de son fond. Dès que le rebord de la couronne est arrivé au repli de la capsule dont la paroi interne a jusque-là déposé de l'émail, ce repli est coupé et déchiré, et avec lui les vaisseaux qui se rendaient dans la capsule. Dès lors si le noyau adhère par un seul pédicule , les lames continuent de se déposer autour, mais il ne peut plus s'y former de couches d'émail, puisque la membrane qui servait à l'exhalation de cette substance ne reçoit plus de vaisseaux. Tel est le cas des incisives de l'Homme. Si le noyau adhère par plusieurs pédicules, la transsudation de l'ivoire continue tout autour de chacun de ces pédicules, et à partir de la ligne sur le contour de laquelle s'est rompue la membrane externe de la capsule, il ne se dépose plus d'émail. La rupture du feuillet de la capsule à l'endroit de son repli sur le bulbe dentaire, la cessation de l'exhalation de l'émail à la surface de la couronne, enfin l'impossibilité que l'enveloppe d'émail se continue après cette rupture, au-dessous du contour du repli rompu, double conséquence de cette rupture, sont trois faits qui étaient entièrement inconnus jusqu'ici. — Aussi u'availon pu donner qu’une explication assez difficile à entendre de l'absence de l'émail sur les racines des Dents, et de la prolongation de cette enveloppe jusqu'au rebord inférieur des Dents qui n’ont pas de racines. Voici, par
exemple, l’explication que donnait Cuvier de la formation des racines. • Elle est duc à ce que le noyau pulpeux n'adhère pas au fond de la capsule par la totalité de sa base, mais seulement par certains endroits qui peuvent êjre dès lors considérés comme des pédicules très-courts. Les lames osseuses arrivées au bas du noyau se glissent entre ces pédicules, et les entourent eux-mémes d'une enceinte tubuleuse, qui, s'allongeant toujours, force aussi les pédicules pulpeux à s'allonger, et produit ainsi les racines. L’émail ne couvre point celles-ci parce que la lame interne de la capsule qui peut seule le produire, ne s’étend pas jusque là. »
Dans les Dents composées, quand la capsule a déposé l’émail, ajoute Cuvier, elle change de tissu; elle devient épaisse, spongieuse, opaque et rougeâtre pour donner ce cément. Celui-ci n'est point en naissant disposé par filets, mais comme par gouttes qu'on aurait jetées au hasard. La capsule ne produit pas toujours le cément par toute la surface qui a produit l'émail. Cela n'arrive que chez les Éléphants. Dans les Cahiais le cément n'est déposé que dans l'intervalle des lames d'émail , mais leurs bords prismatiques offrent l'émail à nu. De même, chez les Ruminants et les Chevaux , le cément ne se forme que dans les creux qui aboutissent à la base de la Dent.
On conçoit qu'aussitôt que l'accroissement de la Dent lui fait excéder la longueur de son alvéole, elle doit tendre â saillir au dehors par le côté qui oppose le moins de résistance. Et comme le fond de cette cavité est osseux, que l'os maxillaire où elle est creusée augmente en solidité à mesure que la Dent elle -même augmente en longueur, celle-ci doit se porter plutôt vers ta bouche, et percer la partie de la gencive, qui fermait l'alvéole, et même la lame osseuse quelquefois placée sous celle gencive.
Celte tendance à sortir de l’alvéole dure autant que la Dent; et dans les animaux herbivores dont les Dents s'usent par la mastication, l'accroissement continuel du fût et ensuite celui des racines font toujours sortir la Dent dans la même proportion qu'elle s'use, en sorte que la partie située hors de l'alvéole reste â peu prés de même longueur jusqu'à ce que les racines étant complètement formées , l'os maxillaire croit et les pousse au dehors. Enfin quand la Dent entière est usée, les racines elles -mêmes sont rejetées au dehors par l'accroissement de l’os qui finit par remplir et oblitérer la cavité de l’alvéole. Celle tendance à l'expulsion des Dents est d'autant plus puissante que le tissu osseux est plus compacte et plus solide, en même temps que la figure de la partie alvéolaire de la Dent représente davantage un cône qui serait enchâssé dans la mâchoire. Voilà pourquoi les incisives et les premières petites molaires tombent même de si bonne heure dans un grand nombre de Mammifères. C'est ce qui a pu causer des méprises en zoologie, au point de placer, dans des genres auxquels ils ne convenaient pas, plusieurs animaux dont les dents en question sont ainsi caduques, ou de faire plusieurs espèces d’une seule, lorsqu’on observait des individus d’âges différents et dont le nombre de Dents persistantes se trouvait ainsi différer.
Dans l'Homme et dans les animaux carnassiers où les Dents s'usent peu, la réjeclion de la Dent, et surtout celle des molaires mieux fixées que les autres par la divergence de leurs racines, n'arrive que dans une extrême vieillesse. Les plus grosses molaires ne peuvent môme pas être rejetées à cause de celle divergence même des racines ; car la poussée de l'alvéole ne fait que mieux les serrer contre ses bords.
Le mécanisme de l'évolution des Dents de remplacement ne diffère pas de celui de la première dentition. Mais, au lieu d'alvéoles fermées seulement par des gencives,c'est dans de» cavités entièrement osseuses, situées sous, entre ou derrière les racines des Dents de lait, que sont renfermés les germes de remplacement, semblables d'ailleurs à ceux de la première dentition. Ces germes et leur capsule tiennent aussi par un pédicule à la membrane de la gencive. Ce pédicule est transmis par un trou percé au sommet de la cavité osseuse. Rousseau a représenté ces pédicules naissant du sommet des capsules, pour les Dents molaires, canines et incisives de la deuxième dentition en position sous les Dents de lait, et pour les orifices de la table osseuse par où ces pédicules sont transmis aux gencives en dedans de l'arcade des Dents de lait. On aperçoit toutes ces parties bien longtemps avant l'époque de la seconde dentition; en sorte qu'il est à peu près certain que les deux séries de germes sc forment à la fois, puisque, dans toutes deux, les germes sont continus par leurs pédicules, à la membrane de la gencive. Or, celte continuité ne pourrait s'établir à travers la tablette osseuse, qui recouvre l'alvéole des Dents de la première série, si les germes de la seconde n'étaient pas formés en même temps. Cette continuité des germes de la seconde série avec la membrane de la bouche, à travers des trous osseux, maintenus, prouve donc l'unité du temps et du mécanisme de la formation de ces germes. Et comme on observe dans les germes de remplacement des Cyprins les plus adultes des étals stationnaires, qui peuvent durer toute la vie, et dont l'accélération ne s'opère que dans le cas où la Dent voisine vient à tomber, on conçoit que, pendant toute la durée des Dents de lait, les germes de remplacement restent inertes et sans produire aucunes couches. Il n'est donc pas nécessaire de supposer, comme on l'a fait, que les Dents de remplacement ont besoin d'un temps plus long, pour arriver à leur perfection. Rousseau a observé dans la première dentition le progrès de celte formation. Tous les cinquante jours, à partir du deuxième mois jusqu'au septième de la conception , il y a formation dans l'ilomme de quelques points de cristallisation d'une nouvelle Dent, et ce n'est que vers le commencement de ce dernier terme que les vingt couronnes dentaires deviennent enfin apparentes. On conçoit que les plus anciennes couronnes sont celles qui sortent les premières. L'ordre de leur chute est aussi le même que celui de l'éruption. Ver» six à sept ans les secondes Dents se forment avec rapidité; jusquelà leurs germes étaient restés à peu près inertes. Elles commencent à comprimer tellement les alvéoles des premières Dents, qu'elles privent celles-ci, en étranglant les nerfs et les vaisseaux qui s'y rendent , des fluides qui, jusque là, en avaient nourri la pulpe. La
résistance que la vie donnait aux premières Dents contre l'effort des secondes disparait donc, et soit que l'absorption contribue à user et la racine de ces Dents et les cloisons qui les séparent des secondes, soit que l'effort de celles-ci use ces cloisons et les racines des Dents de lait, ces dernières finissent par tomber sans quelquefois montrer un vestige de racines. — Les arrièremolaires qui n'ont point de Dents de lait à expulser, éprouvent un changement de direction : elles s'étaient entièrement développées dans l'angle postérieur des mâchoires, mais comme les os maxillaires grandissent, elles y trouvent de la place; elles avancent donc, et d’une position oblique qu'elles avaient d'abord, elles se redressent pour sortir, et se mettent en rang avec les autres.
C’est une règle générale, dit encore Cuvier, que les Dents molaires de remplacement ont une couronne moins compliquée que celles auxquelles elles succèdent; mais celte couronne compliquée se trouve reportée sur les molaires permauentes, qui viennent plus en arrière. Il arrive quelquefois que les Dents permanentes qui tombent par accident, sont remplacées par des Dents nouvelles; mais dans la règle, la deuxième série de Dents n'csl pas remplacée dans les Mammifères.
On avait cru que chez les Rongeurs, il n'y avait qu'une seule dentition permanente. Mais il parait que dans le plus grand nombre des espèces, les Dents de lait tombent si vile, que l'on a peine à les observer. Cuvier n'a suivi la succession des Dents que sur les Lapins. Parmi les incisives, il n'a vu changer, après la naissance, que les supérieures postérieqres ; car, chez la plupart des Rongeurs, il y a deux rangées simultanées de Dents incisives, l'une derrière l’autre, comme il arrive quelquefois, même chez l’Homme, par l’éruption simultanée des deux séries. Les Dents de lait demeurent quelque temps en place avec celles qui leur succèdent; et, pendant ce temps-là, les Lapins paraissent avoir six incisives en haut au lieu de quatre, qui est leur nombre permanent. Il résulte de ce triple rang d'incisives, en arrière l'un de l'autre, qu'il y a ici une rangée de germes surnuméraires, relativement au nombre des autres Mammifères. Quant aux molaires, il est certain qu’il y en a trois en haut sur six, et deux en bas sur cinq, qui sont remplacées par de secondes Dents venues dans la même direction verticale. Les trois postérieures, tant d'en haut que d’en bas, sont donc permanentes. Ainsi , pour les molaires, il en est à peu près de même des Lapins que des Chevaux et des Ruminants. Cuvier pense que dans les espèces qui n’ont que quatre molaires partout, il n’y a que l'antérieure qui change. 11 s'en est assuré sur le Castor, le Porc-Épic, l’Agouti, le Paca, le Cochon d’Inde. Mais pour voir la Dent de lait en place sur ce dernier, il faut y regarder quelques jours avant la naissance. Comme dans aucun Rongeur il u'a vu les incisives antérieures tomber après la naissance, il soupçonne qu'elles tombent aussi durant la vie utérine. Il ajoute que d’après cette |>erinauence des trois dernières molaires, dans les genres qui en ont plus de trois, il est vraisemblable que ceux qui n’en ont que trois, n’y éprouvent jamais aucun changement. Au moins ne lui a-t-il pas été possible d'observer de mutation dans les Rongeurs à trois