‹ Dictionnaire classique des sciences naturelles presentant la definition, l'analyse et l'histoire de tous les etres qui composent les trois regnes (volume 3)Chapitre 90 sur 116 · DF. N · texte numérisé non relu

DF. N

Denis, tels que le Rat, etc. Or, il semble que, puisqu'il est bien constaté que les trois dernières molaires sont permanentes, il soit tout aussi présumable que les premières incisives le sont également. Il n'y a , en effet, aucune comparaison à faire pour la grandeur et la proportion d'émail, entre les premières incisives des Rongeurs et leur première molaire. On ne peut donc pas conclure de l'absorption de celle-ci dans l'utérus, à l’absorption de l'autre.

On vient de voir des Dents surnuméraires et même des séries surnuméraires dans les Lapins pour les incisives; il y a de même dans les Sarigues, pour la seconde dentition, des incisives surnuméraires au complet des autres animaux qui en ont le plus, savoir quatre incisives en haut et deux on bas. On sait que les incisives de tous les Rongeurs, et même les molaires de quelques animaux de cet ordre, malgré la continuelle détrition qu'elles subissent, restent, les premières toujours tranchantes, les autres toujours également calibrées, et que toutes conservent constamment la même longueur. Les incisives, sorties pointues de l'alvéole, croissent par l'extrémité alvéolaire, à mesure qu’elles s'usent par l’autre, et leur face de devant étant garnie d'un émail plus épais et plus dur, la détrition est constamment oblique en arrière, et en fait toujours des coins fort affilés.

Dans les espèces où les Dents ne se divisent jamais en racines, l’ivoire et l'émail continuent de sc produire, parce que le germe étant sessile au fond de l'alvéole, aucune exhalation ne peut se faire au-dessous de l’insertion de la capsule à la base du germe, et, comme d’autre part, la partie supérieure du fût s'use très-rapidement, la capsule ne peut se trouver comprimée ni coupée par le bord inférieur du fût. Ensuite, comme les vaisseaux du germe continuent de s’y porter, elle continue de déposer de l'émail sur les couches d’ivoire que le germe coutinue aussi de sécréter intérieurement. Cela s'observe, par exemple, sur les Dents des Cabiais, des Campagnols, etc. Chez les Cabiais, outre la déposition d'émail, il y a une déposition de cément. F.t comme l'émail et le cément sont étendus transversalement entre les lames d’ivoire, il faut que des cloisons transversales de la membrane de la capsule alternent avec les replis verticaux du germe qui ont formé l’ivoire. Dans les Eléphants, il y a une disposition pareille ; mais toutes les lames d'ivoire, d’émail et de cément d'une Dent d’Ëléphant, sont formées simultanément, et les feuillets producteurs ont bientôt disparu. Ici, au contraire, les feuillets producteurs, tant ceux du germe que ceux de la capsule, subsistent toute la vie.

La Dent, une fois formée, conserve à peu près sa figure dans l’Homme, les Singes, les Insectivores, les Carnassiers et les Cétacés. Les éminences en deviennent seulement un peu moins aigues et saillantes. Mais dans les Carnassiers uniquement carnivores, par exemple les espèces des genres Felii, Mustela, Fiverra, les Dents molaires ne s'usent pas, et conservent leurs pointes et leurs tranchants. Dans les Herbivores, au contraire, la vraie forme de la couronne, dit Cuvier, ne se conserve qu'aulant qu'elle est encore renfermée dans l'alvéole. A peine sortie, elle s’use, et toutes les inégalités dont

le plan est déterminé pour chaque espèce, sont remplacées par une surface plane où les contours et la place qu'occupaient les reliefs sur la couronne, sont dessinés par différentes lignes qui sont les coupes de l'émail, du cément et de l’ivoire. Les dessins que forment ces lignes étant en rapport avec les lobes ou lames dont ils ne sont que ta tranche, sont donc déterminés selon les espèces, et peuvent servir à les caractériser. Plus la Dent s’use, et plus on approche de la base de ses éminences ou de ses lobes, plus les espaces circonscrits par les lignes d'émail s’élargissent et se confondent, et l’on arrive enfin à une hauteur où la couronne n’offre plus qu’un seul espace enveloppé d’émail, comme si la Dent avait été simple. Mais cela n’arrive que dans les Dents demicomposées des Ruminants, des Solipèdes et de plusieurs genres de Rongeurs où le fût n’est pas sillonné de cannelures d’émail sur toute sa hauteur. Tels sont les Castors, les Agoutis, les Porcs-Épics, etc. {V. les coupes de toutes ces molaires de Rongeurs, dans Cuvier, Oss. foss. T. v, pl. ! à 2fi.)

Dans tous les animaux pourvus de Dents composées ou demi-composées, c’est-à-dire où la coupe transversale de la Dent offre à toutes les hauteurs du fût, ou seulement sur une hauteur plus ou moins prolongée du fût, l’émail seul ou accompagné de cément pénétrant en différents sens dans l'ivoire, l'articulation de la mâchoire inférieure avec le crâne, est telle que les mouvements de l’une sur l’autre peuvent se faire dans toutes les directions d’un plan horizontal, en avant, en arrière, à droite et à gauche, et dans les arcs qui réunissent ces directions. Selon que ces mouvements horizontaux s'exécutent davantage dans l’une de ces directions que dans l’autre, les plans affectés par les lames d'émail et de cément varient de manière à rester perpendiculaires ou au moins très-obliques à la direction du mouvement. Il en résulte que le déplacement que ce mouvement cause aux Dents de la mâchoire inférieure sur celles d’en haut, occasionne nécessairement le frottement des lames d’éinail d’une Dent sur toutes les autres lames de la dent opposée. El comme on a vu que ces lames sont inégalement dures et résistantes, on voit qu'elles doivent s'user inégalement, et que les surfaces correspondantes, par l'effet même de la trituration, sont entretenues dans un étal d’aspérité indispensable pour l'effet qu’elles doivent produire. Ainsi dans les Ruminants où les mouvements en avant ne sont pas nécessaires, puisqu’ils saisissent leur fourrage avec leurs lèvres, ou par le simple rapprochement des incisives d'en bas contre le bourrelet qui termine le palais, la direction des lignes sur la Dent usée, et des collines sur la Dent entière, est longitudinale. Or, les mouvements de broiement sont tous latéraux, et l'on verra ailleurs (F. .Mâchoires) que le condyle de la mâchoire, la surface où il s’articule, et les ligaments et les muscles qui déterminent et limitent les mouvements de la mâchoire, sont parfaitement combinés pour ce résultat. Dans les Rougeurs, au contraire, le chevauchement des incisives d‘en bas sur celles d’en haut, nécessitait les mouvements de la mâchoire en avant. Aussi chez eux le condytc est longitudinal, ainsi que la rainure dans laquelle il se meut; les muscles sont dirigés très- peu

obliquement sur l'axe de la tête, et les collines primitives, et par conséquent les lames ultérieures d'émail et de cément, qui se dessinent sur la couronne des Dents, sont transversales, c'est-à-dire perpendiculaires à la direction du mouvement.

Dans les Tatous et les Paresseux, les deux sortes de mobilité de la mâchoire se combinent d'une espèce à l'autre avec la même forme de Dents. Ces Dents sont toutes cylindriques, ou à peu près, sur la longueur de leur fût. Elles ne sont coniques que par la pointe, avant qu’elles aient commencé de s'user. Comme les incisives des Rongeurs, elles n’ont pas de racines, et leur croissance est permanente. Elles devaient donc s'user par l’extrémité libre comme celles des Ruminants, des Rongeurs, etc. Aussi la mâchoire est-elle susceptible, dans tous ces animaux, de mouvements horizontaux, aussi étendus que ceux des Ruminants et des Rongeurs. On conçoit, vu la figure de la tranche de ces Dents, que si, dans le cas de glissement en avant par exemple, les deux rangées supérieures et inférieures ne sont pas de largeur égale, la plus étroite creusera une rainure dans la plus large, et chaque Dent de cettè dernière rangée offrira un sillon dans lequel glisseront les Dents opposées. C’est ce qui arrive chez l’Al parmi les Paresseux. Dans celte espèce, la forme du condyle est celle des Rongeurs, et le principal mouvement de la mâchoire est un glissement en avant. Dans l’Unau, au contraire, I le glissement en avant est très-borné; la direction de l’articulation maxillaire est transversale comme chez les Ruminants, et les Dents s'usent sur une surface plane et partout unie. Il est probable que ces différences dans le mécanisme de la trituration en amènent dans le choix des substances alimentaires. Mais on manque encore d'observations à cet égard (y. Rkadype). — Parmi les Tatous, le Tatou Géanl offre, avec tous les autres, le même contraste que l'Aï par rapport à l’Unau. L'articulation de sa mâchoire est une coulisse longitudinale, plus étendue que dans aucun Rongeur; le moindre mouvement latéral n’est pas possible; et les rangées dentaires glissent l’une sur l’autre dans une juxtaposition parfaite, tout étroites qu’elles sont. Aussi s’usent-elles par une surface parfaitement plane (y. Cuv., Oss. foss. T. v, pl. 11, f. 2 et 3). Dans les autres Tatous, au contraire, l’articulation maxillaire est semblable à celle des Ruminants, et les mouvements ■ sont latéraux. Mais vu la figure cylindrique de la Dent , dont l’émail n'est que circulaire, l’usure est uniforme sur tous les points de la surface; et la tranche qui résulte de l'usure, suffit au régime frugivore de ces animaux. Au contraire dans les plus carnivores des Carnassiers, où chaque côté des mâchoires devait représenter une paire de ciseaux toujours capables de trancher et de diviser la proie, et se terminer en avant par une pince à double crochet doul les pointes sont formées par les énormes canines; par exemple chez les Chats, les Martes, les Chiens, etc., tout mouvement de latéralité ou de production en avaut, en froissant les pointes et les tranchants des rangées dentaires, les eût émoussées, et l'action de ces Dents en eût été d'autant cl plus promptement diminuée. Or, dans ces animaux, le condyle, toujours d’une obliquité variable selon le degré

I de carnivorilé. est enclavé dans une rainure dont l'entrée sur l’animal vivant est plus étroite que la cavité,

I de manière que le condyle y est fortement serré, comme un axe dans une charnière. Celte obliquité de l'axe du condyle, indépendamment de la fermeté de l'articulation, est un obstacle à la déduction latérale. Il en résulte que les mâchoires ne sont susceptibles que de mouvements verticaux, comme pour les branches d'une paire de ciseaux. L'on voit donc par quels rapports importants le nombre et la figure des Dents sont liés avec le régime , et par conséquent avec les mœurs et les instincts des animaux, cl combien la connaissance de ces faits et de leurs rapports est indispensable à l'histoire naturelle particulière des genres et des espèces. Celle connaissance ne l'est pas moins à la zoologie proprement dite, car il y a une telle corrélation entre les formes de certains organes cl les formes de tels autres organes, que les premières nécessitent les dernières et en excluent au contraire certaines autres. El comme c'est essentiellement par les formes que les animaux d'une classe diffèrent cotre eux, on voit de quel intérêt sont les formes qui en nécessitent ainsi de réciproquement déterminées dans le reste de l'organisation. Quoi qu'il eu soit de la cause initiale de ces réciprocités, ou, ce qui est la même chose, de ces rapports de subordination, et quel que soit le rang que les Dents occupent dans la chaîne de ces rapports, il est certain que les Dents, par leur nombre et leur figure, en sont l'expression la plus significative dans les Mammifères. Effectivement les caractères qu'elles fournissent, réunis à ceux que donne la forme de l'articulation maxillaire, suffisent pour composer les genres de la même manière que I peut les former l’ensemble des motifs de détermination ; de la méthode naturelle. Nous n’entrerons dans aucun détail à cet égard, ayant déjà donné ou devant en doni ner la preuve à l'article de chaque genre de Mammifères. — Dans cette dernière classe il y a trois sortes de i Dents caractérisées plutôt par l’os où elles s’implantent et par leur ordre de succession, que par la constance de leurs formes. Celles de la mâchoire supérieure j se distinguent en incisives implantées dans l’os inlermaxillaire, en canines toujours uniques de chaque côté, et les premières de l’os maxillaire; puis viennent les molaires proprement dites. A la mâchoire inférieure, elles ont reçu les mêmes noms selon leur correspondance avec leurs analogues d'en haut.

un a vu quel était le petit nombre des Dents chez plusieurs Rongeurs. Les Fourmiliers, les Pangolins, les Échidnés n’en ont point du tout : le Tatou Géanl en a quarante-huit en haut et quarante-quatre en bas, quatre-vingt-douze en tout : le Dauphin de Geoffroy en a de quatre-vingt-dix-huit à cent : le Dauphin du Gange en ! a cent vingt, le Dauphin de Péron cent soixante, cl dans ce Tatou et aucun de ces Dauphins, aucune de ces Dents n'apparlienl à rinlermaxillaire. Si, considérant les Mammifères comme un type d'organisation, on voulait y prendre une unité de nombre pour les Dents, on voit quej soit qu'on prit celte unité dans le plus, soit qu'on la prit dans le moins, elle ne pourrait être constante, et non seulement l’unité n'existe pas à cet égard dans la classe, mais elle n'existe même pasdans le genre,

puisque le Tatou Géant a quatre-vingt-douze Dents dans un genre où les autres espèces n'en ont pas plus de trente-six.

Les trois sortes de Dents qui manquent ou existent toutes ensemble dans les genres précités , peuvent manquer ou exister séparément dans différents autres genres. Les Narvals n'ont que des canines; les Tatous n'ont que des molaires. .

Dent s des Reptiles.

Les Mammifères n'ont de Dents qu'à deux os de la mâchoire supérieure , et ces Dents différent de forme d'un os à l'autre et sur le même os. Les Reptiles Sauriens, Ophidiens et Batraciens font à peu près le même emploi de leurs Dents que les Cétacés. Us ne mâchent ni ne broient leur nourriture. Les Dents ue leur servent qu'à saisir et retenir la proie et non à la diviser. De ce que leurs Dents ne peuvent broyer, il s'ensuit la nécessité de la carnivorilé, car aucun n'ayant d'estomac musculeux, les substances végétales ne pourraient subir une préparation convenable dans la digestion. Leurs Dents concordent cependant assez avec les genres et les sous-genres naturels. Les Dents des Reptiles se développent comme les plus simples des Dents des Mammifères, les incisives de l’Homme, par exemple, avec celte différence qu'elles n'ont jamais de racines. Le fût est, par là même, nécessairement formé seulement d'ivoire et d'émail. Ces Dents sont semblables, quelle que soit leur position sur les mâchoires; partout elles se soudent par la base de leur fût sur le bord de l'alvéole d'où elles sont sorties. Dès lors elles n'ont plus aucun rapport avec le bulbe et la capsule qui se trouvent ainsi dans le même cas que chez les Rongeurs à qui l'on aurait arraché une Dent sans la pulpe, laquelle alors reproduit une nouvelle Dent. Il ne se dépose qu'un petit nombre de couches d'ivoire dans ces Dents. Elles restent creuses et sont ainsi emboîtées l'une dans l'autre, de manière qu'à la chute de la Dent de service, celle de remplacement est là prête et se fixe aussitôt sur le bord de l'alvéole dont l'autre vient de se séparer. Ce mode «le remplacement ue nécessite donc pas deux séries collatérales de germes comme dans les Mammifères. — Il y a un autre mode de remplacement pour les Dents venimeuses des Serpents. Ces Dents sont fixées par soudure sur l'os maxillaire supérieur, lequel est articulé et mobile sur l'os plérygoldien externe. Oii peut compter jusqu'à onze Dents de remplacement, formées à différents degrés dans les Hydrophis ou Serpents d'eau , cinq ou six dans les Trigouocéphales et dans la Vipère de France. Ces Dents sont formées dans des capsules memliraueuses, couchées parallèlement les une» aux autres dans l'épaisseur de la membrane palatine. L'ordre de leur grandeur dépend de leur voisinage de la Dent de service. Quand celle-ci tombe, la première de remplacement dont la base est restée membraneuse se soude si bien sur la place même où était l’autre, que l'orifice de son canal se trouve juste vis-à-vis du conduit du venin.

Dans les trois ordres de Reptiles pourvus de Dents, il y en a sur tous les os de la bouche ; les Amphisbènes, seul* des Ophidiens, n'ont pas de Dents palatines.

Les Dents des Reptiles tombent sans régularité, soit

quant aux époques, soit quant à la situation respective. Les Crocodiliens aiusi que les Monitors n'ont de Dents qu'aux os maxillaires et intermaxillaires ; elles sont coniques dans les Crocodile»; de soixante-dix-huit à cent et plus en tout suivant les espèces. Parmi les Monitors proprement dits, les uns ont les Dents copiques, d'autres aigues et tranchantes, de quatre-vingt seize à cent vingt en tout. Les Dragones ont des Dents coniques à sommet plus mousse et presque sphérique en arrière. Les Lézards proprement dits, outre les Dents des os intermaxillaires et maxillaires, en ont encore aux palatins et ptérygnïdiens. Les Iguaniens ont aussi ces rangées surnuméraires, mais de plus leurs Dents sont tranchanles et plus ou moins dentelées sur le tranchant. Dans les Geckos les Dents sonl toutes égales , serrées , grêles cl pointues, au nombre de cent quarante à cent quarante-quatre en tout. Dans les Caméléons les Denis sont très -petites et trilobées. Les Batraciens ont tous des D nls au palais; en outre les Salamandres en ont aux deux mâchoires; les Grenouilles à la supérieure seulement; les Crapauds à aucune des deux. Dans tous les Ophidiens, moins les Amphisbènes , il y a quatre rangées de Dents à la mâchoire supérieure ; une sur chaque arcade maxillaire, une autre sur chaque arcade palatine. L'arcade palatine en porte quelquefois sur le palatin et sur le plérygoldien interne. Les Dents ou crochets canaliculés pour conduire le venin n'existent jamais que sur les maxillaires proprement dits; toutes les autres, soit de la mâchoire inférieure, soit de la supérieure, sont fermées à leur sommet, mais creuses intérieurement cl soudées, comme celles des Sauriens, sur le bord de leur alvéole.

Denis des Poissons.

11 y a plus de variation, et pour la structure et pour le développement des Dents, chez les Poissons que chez les autres classes; iU en offrent quatre genres sous ce rapport : 1° les composées que forment une infinité de tubes tous unis et terminés par une couche commune d'émail, telles sont les Denis en pavé des Baies ; 2° les simples qui ne tienucnl qu'à la gencive, comme celles des Squales ; 3° les simples qui naissent dans un alvéole, celles du plus grand nombre des Poissons osseux; et 4<> d'autre» également simples , mais dont la capsule n'est point enfermée dans un alvéole : ce sonl celles qui garnissent les os pharyngiens des Cyprins et desquelles nous avons déjà parlé. La structure et le mode de développement de celles-ci sont le mieux conçus. Enfin, si les boucles des Raies peuvent être prises pour des Dents, il y a un cinquième genre de Dents chez les Poissons. Desmoulins a examiné celles de la quatrième classe, chez les Cyprins. Voici ses observations à ce sujet : 1° leur capsule, au moins pour celles de remplacement , est contenue dans la gencive derrière le bord dentaire de l'os pharyngien. Cette capsule n'a d'autre pédicule que le cordon des vaisseaux qui pénètrent dans le bulbe avec lequel la capsule vient se continuer autour de l'insertion même du pédicule vasculaire. Ici donc, comme Rousseau l’a vu chez les Mammifères, il n'y a qu'un seul feuillet à la capsule, et c'est dans la cavité comprise entre ce feuillet et la surface du germe que se forme la Dent. Ici l'émail est d'abord

déposé sur le germe donl la figure sert de moule à la Dent. L'émail est-il déposé par le germe même ou par la membrane de la capsule? c'est ce que nous ne pouvons dire. Le chapiteau d'émail une fois formé, les couches d'ivoire se déposent dessous comme pour les Dents des Mammifères. Quand on observe une Dent en position, le côté de sa base qui regarde la Dent de remplacement est percé d'un trou. Le pédicule de la Dent de remplacement se porte vers ce trou, et comme ce pédicule est d'autant plus élastique que la Dent est plus avancée dans sa formation, on conçoit qu'il tire la Dent vers la place de celle qu'il doit remplacer. Comme ces Dents restent creuses, parce qu'à leur couronne l’ivoire est moins épais que l'émail, le bulbe n'a rien perdu de son volume quand le remplacement a lieu. A cette époque il n'y a que le chapiteau d'émail de formé. Le bulbe qui y adhère très-fortement, ne commence à déposer l'ivoire de la couronne et du fût qu’après avoir pris position dans la cavité sur les bords de laquelle le fût de la Dent précédente était soudé, et sur lesquels il soudera le sien même. On voit que ce mode de développement est le même que celui des Mammifères, et que le mécanisme du déplacement ressemble à celui des Dents venimeuses des Serpents. — 2° Les Dents donl les germes existent dans les alvéoles, chez les autres Poissons osseux, se forment de la même manière. Parvenues perpendiculairement sur les bords de l'alvéole, elles s'y soudent par la base de leur fût comme les précédentes et celles des Reptiles , et n'ont pas par conséquent de racines. Une fois soudées, le germe s’atrophie, et elles conservent toujours leurs cavités. — S° Les Dents simples des Squales diffèrent des précédentes, moins parce qu'elles ne s’implantent ordinairement pas sur des os, quoique cela arrive pour les Dents du Squalua priatia, où elles saillent à droite et à gauche de la grande lame qui se prolonge au-devant de la tête comme les dents d’une scie, que parce qu'elles croissent à la manière des os, c’est-à-dire que tout leur ivoire est d'abord tendre et poreux, qu’il se durcit uniformément jusqu'à ce qu'il ait partout une même solidité. On ne sait rien sur la formation de cet ivoire, non plus que sur le mécanisme et même l'existence de la capsule qui l'a probablement produit. —4° Les Dents composées, quelles qu’en soient la figure et la position, sont toujours divisées en deux couches superposées : la supérieure dense, osseuse, couverte d’une légère couche d'émail, l'inférieure marquée en dessous, c'est-à-dire à sa face contiguë, soit à la peau, soit au bulbe, de sillons trèsréguliers et très-rapprochés intérieurement. Celle couche est irrégulièrement traversée de pores qui s'ouvrent dans les sillons de la surface cutanée. Cuvier présume que ces sillons et ces pores transmettent des vaisseaux et des nerfs jusqu'à la couche supérieure. Celle-ci, quoique plus dense, est uniquement formée de tubes parallèles, tous immédiatement terminés à la surface émailleuse. Quelques Poissons osseux ont des Dents d'une structure très- analogue à celles-ci. Telles sont celles des Diodons et Tétrodons. Vue à l'intérieur, cette Dent ne présente que des sillons transverses; sciée ou brisée, on volt qu'elle est formée de lames dont les tranchants soudés par l'émail à la superficie restent

longtemps distincts à la racine. — 5° Les boucles des Raies se développent dans une capsule semblable à celles des Dents des Cyprins, et placée dans l’épaisseur de la peau comme celles-ci le sont dans l’épaisseur de la muqueuse de l'extrémité de l'œsophage. Anatomiquement parlant, ce sont de vraies Dents. Blainville en a, le premier, reconnu la nature. On ignore si elles sont susceptibles de remplacement. — 0° Enfin il existe un Poisson que Cuvier rapporte aux Spares, où les dents palatines se succèdent par devant, et où l'ensemble des rangées dentaires ainsi formées, représente par l'usure une surface très-semblable à la coupe des Dents d'Éléphanls. Qu'on se figure des Dents à peu près semblables aux incisives de l'Uomme disposées sur dix ou douze rangs, à quatre ou cinq Dents par rangées disposées de champ, comme dans l'Homme. Toutes ces rangées, distantes l'une de l'autre d'environ l'épaisseur d'une Dent, sont enclavées par un véritable cément, de sorte que par la détrilion, quand le tranchant des Dents est entamé (et il l’est d'autant plus profondément qu'elles sont plus postérieures), on voit des rangées de petits ovales d’émail très-allongés en travers, dont l'intérieur contient une face d'ivoire, et dont les intervalles sont remplis de cément. Les Dents de la première et de la seconde rangée, ont seules conservé leurs tranchants. La plaque de ces Dents est portée sur le voraer; une autre plaque correspond sans doute à la langue.

Quant au remplacement des Dents des Poissons, il n’est pas plus régulier pour la place et l'époque que chez les Reptiles. Dans les Poissons osseux, la série des Dents de remplacement est tantôt latérale : c’est le cas des Baudroies; tantôt elle est intérieure chez les Sargues; dans les Spares et les Sciènes, la série des Dents de remplacement est étagée au-dessus des Dents de service, et de plus en est séparée par un plafond que la Dent nouvelle doit traverser ou user pour se produire au dehors. Il existe quelquefois plusieurs étages de ces Dents dont le chapiteau d’émail est d'autant moins avancé qu’elles sont plus éloignées de la surface. Les Dents des Squales se remplacent à peu près comme celles des Cyprins et les crochets des Vipères, puisqu’elles ne sont point contenues dans des alvéoles. Derrière la rangée des Dents de service, se trouvent successivement et en retraite plusieurs autres rangées couchées et inclinées en arrière. Mais ces remplacements de Dents dans les Squales diffèrent des deux que nous en rapprochons, parce que ces rangées de Dents supplémentaires sont toutes à découvert dans la bouche, et que même les plus antérieures servent à saisir et retenir la proie. Cuvier dit que quand une Dent de la première rangée vient à tomber, celle de derrière se relève et prend sa place.

Par la position et la forme de toutes ces Dents, on voit que leur utilité est très-variable chez les Poissons. Tous ceux qui les ont aigues ne mâchent point, et il n'existe pas d'organe du goût dans leur bouche. Ceux qui en sont tout à fait dépourvus , comme les Muges, ! n'en ont pas non plus, mais ils ont un véritable gésier 1 plus robuste encore que celui des Gallinacés et qu'Aris- 1 tote a décrit il y a deux mille ans. Ceux qui ont des Dents triluranlès auraient tous un organe du goût, à en juger par les Cyprins. Les Poissons ont des Dents près-

>ole

que sur tous les os qui forment paroi dans ta bouche : intermaxillaires, maxillaires, dentaires, mandibuluires, et prémandibulairesde la mâchoire inférieure; vomer, palatins, plérygoïdiens, les différentes pièces de l'hyoïde et les pharyngiens. Enfin dans le Squale Scie les Dents, toutes extérieures, ne peuvent pas plus servir à agir sur les aliments que les aiguillons des Raies. Comme les aiguillons des Raies, c'est aussi dans le corps de la peau que sont placés les germes de ces Dents du Squale Scie, Dents dont personne ne contestera sans doute la nature.

Toute la classe des Oiseaux , tout l'ordre des Cbéloniens parmi les Reptiles, les Lamproies et l'Esturgeon parmi les Poissons cartilagineux, manquent de Dents; rien n'en tient lieu dans l'Esturgeon. Dans les Oiseaux et les Chéloniens, une corne fibreuse, absolument semblable à celle qui forme les ongles et les cornes proprement dites, se moule sur les mandibules osseuses des deux mâchoires. Les divers degrés de dureté et de configuration dont elle est susceptible, influent autant sur la nature des Oiseaux que le nombre et la figure des Dents sur celle des Mammifères, et même, comme on a vu, sur la nature des Poissons. V. Bec.

Parmi les Mammifères, les Échidnés ont aussi une enveloppe de corne à la mâchoire inférieure. Les Baleines n'ont pas de Dents non plus. Elles ont à la mâchoire supérieure des lames de corne fixées sur le maxillaire par une substance plus charnue, laquelle se change graduellement en fanon. Chaque fanon ou lame présente intérieurement une couehe de fibres cornées, revêtues de deux lames cornées aussi, mais plus minces, plus denses, et qui, un peu écartées parleur bord infime, laissent sortir les fibres internes en forme de franges.

Desmoulins a découvert dans la Lamproie un troisième genre d'appareil de remplacement des Dents. C'est un emboîtement de lames cartilagineuses ployées par leur milieu et denticulées sur le bord de leur repli. Toutes ces lames, d'une substance qui tient à la fois, pour l'aspect et la consistance, du cartilage et de la corne, enveloppent circulairement le bourrelet mandibulaire de ces animaux, le pourtour de l'œsophage, etc. On peut en déboîter ainsi cinq ou six de l’une dans l'autre. Elles sont évidemment le produit d’exsudation successive et n'adhèrent nullement entre elles. Toutes sont adhérentes par leur base au bourrelet de la mandibule. Elles semblent d'autant plus nombreuses que l'animal est plus âgé. A quelle époque tombe chaque rangée, en tombe-t-il plusieurs par an? on l'ignore. Quoi qu'il en soit , cet appareil n’a aucune analogie ni avec le bec des Oiseaux, ni avec celui des Tortues, ni avec les fanons des Baleines.

A l'autre extrémité du règne animal, les Ëcbinodermes, dans la classe des Radiaires, ont encore de véritables Dents, portées et mobiles sur un appareil trèscompliqué, dont on trouvera la description aux mots Ecbirodebmes et Ocnsin; ces Dents forment un long prisme triangulaire, dont les deux pans postérieurs forment des angles rentrants dans VEchi nus esculcntus . Dans V Echinuacidaris, c'est un demi-tube dont l'extrémité, usée obliquement, forme le cuilleron. Ces Dents ont au moins les deux tiers de la hauteur de l’animal. Très-

dures dans leur extrémité, libres par où elles convergent l'une vers l'autre comme un étau à plusieurs pinces, elles se ramollissent de plus en plus inférieurement, et forment une longue queue molle, flexible, qui se replie à l'extrémité comme un ruban. Celte partie molle a un éclat très-soyeux et même métallique, et se déchire par le moindre effort. Comme pour les incisives des Rongeurs, le fût de la Dent prend par en bas autant d’accroissement qu’il subit de diminution en haut par la détrilion. L'enroulement de la capsule subvieut à cette reproduction , et la capsule elle-même se reproduit par son extrémité pour y suffire. — Enfin, les Dents ou mandibules des Mollusques sont des pièces de consistance cornée ou quelquefois pierreuse, incrustées ou fichées dans une masse charnue, qui enveloppe la bouche. Dans les Céphalopodes, elles sont formées par une double lame d'une vraie corne très-épaisse et d'un brun foncé, dont les bords, opposés à la partie triturante, s'amincissent et se perdent dans la masse charnue.

Pour le nombre, la forme, l'agencement particulier de chaque espèce de Dents parmi les différents genres de Vertébrés, y. les articles de chacun de ces genres.

DENT. bot. L’urne, dans la famille des Mousses, a ses parois formées de deux membranes appliquées l’une sur l’autre et entièrement unies. Les Denis qui garnissent quelquefois le périslome ou l'ouverture de l'urne, sont tantôt fournies par la membrane externe , tantôt par l’interne. Dans le premier cas elles portent spécialement le nom de Dents, tandis qu'on les appelle Cils dans le second, y. Mocsses et PBiiistome.

DENT DE CHIEN, bot. Synonyme vulgaire de Erytkronium. V . Êrytbronieb.

DENT DE COCHON, mm. Nom donné vulgairement à la variété de Chaux carbonatée métastatique, qui n'offre que des sommets de Cristaux groupés.

DENT DE LION. bot. Même chose que Liondent. V. ce mol.

DENTAIRE. Dentaria. bot. Genre de la famille des Crucifères et de la Télradynamie siliqueuse, L. , fondé par Tournefort. Caractères : calice composé de sépales oblongs et connivenU; pétales plans et onguiculés; stigmates émarginés; silique lancéolée, à valves planes, sans nervures, se séparant le plus souvent avec élasticité, à placentas non ailés; cordons ombilicaux dilatés, supportant des graines ovées, non bordées et disposées sur une seule ligne. Les Dentaires sont en outre caractérisées par leurs racines ou plutôt leurs souches souterraines tuberculeuses et ayant la forme des dents molaires des Mammifères. Elles ont des Heurs très-grandes, proportionnellement à celles des autres Crucifères, blanches ou d'un pourpre légèrement violacé. Leurs feuilles sont divisées en lobes profonds, ou disposées comme les roliolcs des feuilles pennées.

De Candolle en décrit seize espèces partagées en trois sections : la première a des feuilles verlicillées, le style longuement saillant , les valves de la silique à peine acuminées vers la base du style. Elle se compose des Denturia polyphylla , Waldst. et Kit.; Dentana enncaphylla, L.; Dentana gland u/osa , Waldst. et Kit.; Dentaria laciniata , Mubl.; et Dentaria heterophylta ,

Nuit. La deuxième section, dont les feuilles caulinaires sont alternes et palmées à trois ou cinq segments, comprend les Dentaria tenella, Pursb; Dentaria diphylla, Michx.; Dentaria maxitna, Nuit.; Dentaria trifolia , Waldst. et Kit.; et Dentaria üigitata, Lamk . ou Dentaria pentaphytlo», L. Les espèces de la troisième section ont pour caractères communs - des Feuilles caulinaires alternes, composées de segments disposés à la manière des feuilles pennées. Ce sont les Dentaria pinnata , Lamk. ; Dentaria quinquefolia , Bieberst. ; Dentaria hypanica, Besser; Dentaria bulbifera, L. ; Dentaria microphytla, Willd.; et Dentaria tenuifolia , Ledebour.

Les plantes des deux premières sections sont indigènes principalement de la partie australe de l'Europe, et de l'Amérique du nord. Celles de la troisième habitent, ù l'exception de la Dentaria pinnata, les régions orientales de l'Asie et surtout la Sibérie ainsi que les environs du Caucase.

Dextaire oigitCc. Dentaria iligitata, Lamk. Espèce reinatquable par ses feuilles alternes, pétiolées et composées de cinq folioles unies par leur base, lancéolées et disposées en forme de digitations. Leurs fleurs, trèsgrandes, terminales, le plus souvent purpurines ou violettes, font un effet charmant dans les bois taillis des Alpes, du Jura et des montagnes des départements méridionaux de la France.

Dkxtaire ailée. Dentaria pinnata, Lamk., Dentaria lieptaphyltoa, Yillars. Celle espèce, longtemps confondue avec la précédente, s'en distingue par ses Feuilles pennées, à cinq ou sept folioles opposées deux à deux avec impaire, et non insérées toutes ensemble au sommet du pétiole. Ses Heurs sont ordinairement blanches, et bien rarement elles prennent la teinLe rose, qui caractérise celles de la précédente espèce. On la trouve aussi plus communément, et dans les moulagnes boisées d'une grande partie de la France.

DENTALE, rois. Syn. de Spams Dentcx. y. Dexté.

DENTALE. Dentalium, ax.xel. ? Genre peu connu, placé généralement dans la classe des Aunélides, et que plusieurs auteurs rapportent k celle des Mollusques. Cuvier (ltègn. Aniin. T. 11, p. 522) le range, non sans quelque doute, avec les Aunélides lubicoles, et lui assigne pour caractères : coquille en côue allongé, arquée, ouverte aux deux bouts; animal paraissant articulé et pourvu de soies latérales. Lamarck (llist. nat.dcs Anim. sans vert. T. v, p. 541 ) en fait aussi une Annélide de l'ordre des Sédentaires et de la famille des Maldonies. Ses caractères sont, suivant lui : corps lubicolaire trèsconfusémcnt connu , ayant son extrémité antérieure extensile eu boulon conique entouré d’une membrane en anneau; bouche terminale; extrémité postérieure dilatée, évasée orbiculairement, à limbe divisé en cinq lobes égaux; tube tcslacé, presque régulier, légèrement arqué, atténué insensiblement vers son extrémité postérieure, et ouvert aux deux bouts. — ■ Les coquilles des Dentales sont très-nombreuses en espèces; ce sont des tubes calcaires, solides, assez épais, ouverts aux deux extrémités, plus ou moins arqués, tantôt lisses, tantôt slriés à leur surface, et que l’on a comparés, en petit, à une défense d'Éléphanl. Lllcs contiennent un

animal dont l’organisation est fort peu connue. D’Argenville en a donné, *il est vrai, dans sa Zoomorphose, une figure et une description ; mais l'une est si peu précise et l'autre tellement incomplète, qu’on doit les considérer comme des indications assez vagues. Suivant les observât ions de Fleuriau de Belle- Vue, rapportées par Lamarck, l'animal des Dentales approche beaucoup par sa forme des Amphilriles et des Sahellaires; il a, de chaque côté du corps, une rangée de petits Faisceaux à * deux soies; mais il n'a pas les panaches branchiaux des Amphilriles. ni les paillettes en peigne des Saliellaires. Savigny (Sysl. des Annélidcs, p. Ü8), dont l'autorité est d'un grand poids, décrit d'une manière bien différente l'animal de la Dentale lisse. Dentalium Entali», qu'il a eu occasion d'observer, et ses observations, bien que faites k la hâte, le portent à rejeter le genre Dentale de la classe des Aunélides. «Mon sentiment, dit-il, à l'égard de ces tubes calcaires, est maintenant appuyé par un fait positif. J‘ai sous les yeux l'animal du Dentalium Entai is que M. Leach vient de m'envoyer, et je ne lut trouve pas à l’extérieur le moindre vestige d'articulations; il n'a certainement ni pieds ni soies. C’est un animal très-musculeux, de forme couiquc comme sa coquille, très-lisse et très-uni dans son contour, terminé postérieurement par une queue distincte, roulée en demi-cornet, au foud de laquelle est l’anus; la grosse extrémité du corps est tronquée , avec une ouverture voûtée assez semblable ù la bouche d'un Trochus, de laquelle sort un panache conique, produit par l'entrelacement d'une innombrable quantité de petits tentacules filiformes, très longs, terminés tous en massue. Voilà des points que je peux donner pour certains.

Je soupçonne en outre que l'animal est pourvu d’une trompe, et que, dans son développement complet, il déploie un luxe de tentacules beaucoup plus grand encore que celui que l'étal de contraction laisse d'abord supposer. Le tube intestinal qui descend entre deux énormes colonnes de muscles me parait aller droit à l'anus et n’ètre accompagné d'aucun viscère remarquable.»

On ne sait presque rien sur les habitudes des Dentales; elles se rcnconlrenbprincipalemenl sur les côtes sablonneuses des mers des pays chauds. 11 parait qu'elles vivent enfoncées plus ou moins dans la vase et que le test a une position verticale. Plusieurs naturalistes pensent que l'Animal n'est point fixé à sa coquille, et qu'il peut en sortir et y rentrer à volonté. On a aussi pensé qu'il changeait de place en emportant avec lui sa demeure; mais celle-ci est trop pesante pour qu'on puisse supposer la chose possible, si toutefois il est vrai qu'il ne lui adhère par aucun point de son enveloppe. Les Dentales vivantes actuellement dans nos mers sont assez nombreuses. On pourrait les diviser en deux ou trois sections fondées sur l'élal de la surface des tubes qui sont tantôt lisses, tantôt striés, d'autres fois anguleux ou polygones.

Dextale lisse. Dentalium Entalis, L., figurée par Gualtiéri ( Index-Test . Conchyl., tab. 10, fig. e). Un peu courbée, presque cylindrique, unie et blanche. Elle habite l’océan d'Europe, les mers de l'Inde et la Méditerranée.

Dextale polie. Dentalium polit um, L., représentée

par Gualtiéri et par Martini ( Cabinet , T. i, tab. 1 , fig. 3 a). Elle est plus pointue que l'espece précédente, lisse, souvent rose, avec des stries circulaires vertes. Elle vient de la mer des Indes et des côtes de la Sicile.

Dentale Dent. Dentalium dentalis des auteurs. Courbée, entièrement rouge ou rose, avec vingt stries. Elle vit dans les mers des Indes cl dans la Méditerranée.

Dentale fasciée. Dentalium fascialum, L., figurée par Martini ( loc . cit. T. i. tab. 1, fig. 3 b). Petite^in peu arquée, finement striée, grise, avec cinq à six bandes plus obscures. On la trouve dans les mers de l'Inde.

Dentale Élêpbantine. Dentalium Elephantium , Lamk., représentée par D'Argenville (Conch., tab. 3, fig. n, et Zoomorph., tab. 1 , fig. n ) et par Martini (loc. cit. T. I, tab. 1, fig. 4 a et 5 a). Un peu arquée et striée avec dix angles. Elle vit dans les mers de l'Europe et de l’Inde; on trouve son analogue à l’étal fossile.

Dentale Corne- de -Bote ou Sanglier. Dentalium Àprinumf Lamk. Elle ifesl peut-être qu'une variété de l’espèce précédente. On la rencontre avec elle.

Les Dentales ne se sont encore trouvées fossiles que dans des terrains nouveaux de l'Italie, de l'Angleterre et de la France. Leur nombre est assez considérable; parmi elles, les espèces les plus intéressantes sont :

Dentale sillonnée. Dentalium sulcatum , Lamk. Elle est légèrement arquée, très-aigue, sans fente au sommet; toute sa surface extérieure est chargée de sillons entre lesquels se trouvent quelques stries. Sa longueur est d'un pouce et demi à deux pouces.

Dentale tausse Entale. Dentalium pseudo-Entalis y Lamk. Celle-ci fait le passage entre les espèces à côtes et striées et celles qui sont lisses; elle ne diffère en effet de la précédente qu'en ce qu'elle n'est striée que postérieurement au lieu de l’étre sur toute la surface extérieure. Elle se distingue également par sa fente postérieure assez longue. Elle a d’ailleurs de bien plus grandes dimensions.

Dentale Ivojre. Dentalium Eburneum , L. , Lamk. Tuyau lisse, poli, brillant , qui présente une série d'anneaux plus ou moins serrés, obliques, soudés entre eux, marqués par une strie peu profonde; elle a jusqu'à deux pouces de longueur. Elle est arquée, subcylindrique et très-pointue lorsqu'elle est entière.

DEMALIN ES ou DENTAL1TES. moll. Synonyme de Dentales'fossiles.

DENTALIUM, annêl. V. Dentale.

DEMARIA, bot. V . Dentaire. Outre le genre dont ce nom est la désignation particulière, plusieurs plantes avaient été appelées Dent aria : celle de Matlhiole et de Ray est la Clandestine ordinaire; celle de Menlzel, la Tozzicdes Alpes; celle de Scopoli, la Tourrette glabre; enfin des Orchidées, des Orobanches et des Anémones ont également été appelés Denlaria.

DENTÉ. Denier, pois. Genre formé par Cuvier aux dépens des Spares de Linné. Caractères : une gueule très-fendue, avec les mâchoires armées en avant de j quelques crochets gros et longs, et sur les côtes d'une rangée de dents coniques, ou de petites dents en velours derrière les crochets de devant; sept rayons à la membrane des branchies; une seule dorsale. Il appartient à la famille des Percoldes. Les Dentés diffèrent des Pica-

relten ce qu'ils n'en ont pas les mâchoires protractiles; des Bogues, parce qu’ils n'ont pas leur denture disposée sur une seule rangée; des Cantlières, parce qu'ils ne sont pas pourvus seulement de dents en velours ; enfin des Spares du nombre desquels on les a distraits , parce qu'ils n'ont pas de dents en forme de pavé. Ils ne sauraient être confondus avec les Lutjans. les Diacopeset les Serrants, n'ayant point de dentelures au préopercule ou h l'opercule. L'espèce la plus connue se trouve particulièrement dans la Méditerranée.- Les autres sont pour la plupart des Poissons américains, qui se pèchent dans les mers des Antilles où leur chair est assez estimée.

Denté ordinaire. Denier vulgaris , Cuv. ; Sparus Denier , L., Bl., pl. 308. C'est le Cynodon de Rondelet* et des anciens, qu'il ne faut pas confondre avec le Cynodon de Bloch. Ce Poisson acquiert une assez grande (aille, particulièrement dans l'Adriatique, où , si Ton s'en rapporte à quelques auteurs, on en a pêché du poids de huit cents livres. Les individus qu'on prend sur les côtes de Provence et de Gênes en passent rarement une vingtaine. Les marchés de l'Italie, de la Sardaigne et de la Dalmalie en sont abondamment pourvus. On prend suffisamment de ce Poisson sur certains parages pour en faire des salaisons qui deviennent un objet de commerce. Il a été aussi trouvé dans les mers de l'Arabie et jusqu'au cap de Bonne-Espérance. Aristote avait déjà remarqué que le Denté vil en troupes nombreuses. Schneider a mentionnné sous le nom de Sparus pseudo • Denier , une belle variété de ce Poisson, qui a été pêchée près de Gènes et que distinguent la grandeur de ses dents tranchantes et la grande tache jaune, qui sc voit sur ses opercules, d. 00, r. 16, v. 0, a. 3/11, c. 15.

DENTÉ. Déniât us. bot. Ce mot s'emploie pour désigner tous les organes bordés de dents; ainsi on dit des feuilles Dentées, un calice Denté, etc. Les mots Dentelé et Denticulé n'en sont que des synonymes ou des diminutifs.

DENTELA1RE. Plutnbago. bot. Ce genre, fondé par Tournefort, est le ty|>e de la famille des Plumbaginées; il appartient à la Penlandrie Monogynie. Caractères : périgone double : l'extérieur tubuleux, hérissé et à ciuq dents; l'intérieur pélalolde, infundibulifornie, aussi tubuleux et à cinq segments égaux; cinq étamines hypogynes , dont les filets, élargis à leur base , entourent l'ovaire ; un seul style portant cinq stigmates; capsule s'ouvrant par le sommet en cinq valves; graine suspendue dans la capsule par un placenta filiforme, qui est attaché à la base de celle-ci, et se recourbe dans la loge. Dans son Généra Plantarum, Jussieu place ce genre, ainsique sa famille, parmi les Dycolylédoues apétales; cependant l'évidence de sa corolle a engagé plusieurs auteurs , et notamment Brown , à lui assigner un rang dans les Dicotylédones corollées. 11 se compose de plantes le plus souvent frutescentes, ayant leurs feuilles semi-amplexicaules, et leurs fleurs soutenues par trois bractées, disposées en épis terminaux, d’une couleur blanche, rose ou bleue. On ne compte qu'un petit nombre d'espèces. Elles onl pour patrie les contrées chaudes des deux hémisphères; uiic seule est européenne, les autres sont indigènes du Cap, des Indes et de l'Amérique australe.

La Dentelaibe européenne, Plumbago Europœa,\j.„ croit dans l’Europe méridionale. Sa tige, haute de vingt pouces , cylindrique, cannelée et branchue, porte des feuilles alternes, simples, entières, un peu onduleuses, ovales, oblongues et légèrement velues sur les bords; ses fleurs sont purpurines ou bleuâtres, et ramassées en bouquet au sommet des liges et des branches. Le calice est parsemé de tubercules visqueux et glanduleux, et les étamines% saillantes hors de la corolle, sont insérées sur des écailles qui remplissent le fond de la fleur. L’âcreté de cette plante, surtout lorsqu'elle est fraîche, réside principalement dans la racine. Comme elle augmente l'action des glandes salivaires, c'est un masticatoire assez énergique. On Fa même employée autrefois comme émétique, mais l'incertitude de son action en a fait depuis longtemps abandonner l'usage.

Les espèces le plus habituellement cultivées dans les serres chaudes, sont le Plumbago scandons et le Plumbago rosca. La première est remarquable par ses jolies fleurs d'un bleu pâle, ayant la forme et la grandeur de celles de certains Phlox. Dans la seconde, les fleurs, dont la couleur est d'un rose agréable, durent longtemps, s'ouvrent successivement et décorent les serres pendant une grande partie de l’année. Elles exigent, pour bien fleurir, les bords seulement de la tannée. Plantées dans une terre bonne et consistante, plutôt forte que trop légère, elles demandent des arrosements fréquents en été. Enfin, on ne doit les dépoter que lorsqu'elles ont entièrement tapissé leur vase.

DENTELÉ, bot. V. Dut*.

DENTELLARU. bot. Selon Adanson, c'est ainsi que Rai nommait le Fissadali il'Uermann ou le genre Knoxia de Linné. Ce mot a aussi été employé par plusieurs auteurs anciens pour désigner des plantes diverses. Ainsi , dans Gesner, il représentait VEn'geron acre, L.; c'était pour Daléchamp le Dentaria pinnata, L., et le Plumbago Europœa pour Rondelet.

DENTELLE, bkft. Espèce du genre Tortue.

DENTELLE. Dentella. bot. Genre établi par Forster dans la famille des Rubiacées. Une seule espèce le compose, c’est le Dentella repens , petite plante herbacée, rampante, originaire des lies de l'océan Pacifique. Elle parait être la même que YOldenlandia repens de Burrnann (Flor. lnd., p. 38, t. 15). Ses pédoncules sont axillaires, solitaires et uniflores. Leur calice est rétréci supérieurement où il présente cinq divisions. La corolle est infundibuliforme, velue intérieurement, à cinq lobes tridentés. Les étamines sontscssiles; leurs anthères sont oblongues et renfermées dans l'intérieur de la corolle. La capsule est pisiforme, couronnée par le limbe du calice; elle offre deux loges contenant chacune un tro phosperme saillant, auquel sont attachées un grand nombre de graines.

.DENTELLE DE MER. polyp. Des Millépores, des Eschares et des Flustres ont reçu ce nom.

DENTELLE DE VÉNUS, polyp. C’est Y Anadyomena (label lata.

DENTELURES, bot. Découpures aiguës, qui garnissent le bord des feuilles ou de tout autre organe mince et fort étendu.

DENTEX. pois. F. Denté.

DENT1CULË. bot. F. Desté.

DENT1D1E. Dentidia. bot. Genre de la famille des Labiées et de la Didynamie Gymnospermie , fondé par Loureiro qui le caractérise ainsi : calice bilabié, poilu et luisant, à cinq divisions dont les trois supérieures sont obtuses et denticulées, et les deux inférieures subulées et plus longues; corolle en gueule, ayant la lèvre supérieure divisée en quatre segments arrondis, dressés, et la lèvre inférieure plus grande, très-entière, courbée et réfléchie; filets des étamines plus courts que la corolle; anthères à deux loges distantes par un connectif situé â la base; style court, égal aux étamines; stigmate aigu et bifide; quatre akènes arrondis. Selon Brown, ce genre doit être réuni au Plectranthus de L'Héritier.

La Dentidie de Nankin, Dentidia Nankinensis , Lour., Dentidia purpurascens, Père., est une plante herbacée, haute de douze â quinze pouces, à feuilles réniformes dont le limbe est réfléchi, frangé, glabre et d’un pourpre violet, ainsi que les rameaux. Les fleurs sont rosées, disposées en épis prismatiques et axillaires. L’aspect de cette plante est agréable, et son odeur est semblable à celle de la Mélisse de Crète ; ces caractères, existant aussi chez les Plectranthes, doivent confirmer le rapprochement indiqué par Brown. Au surplus, la plante en question est indigène de Nankin, en Chine, et on la cultive comme plante d'ornement à Canton.

DKNTIROSTRES. ois. Nom d’une famille qui, dans la Méthode d'illiger, comprend les genres Momot et Calao.

DENTRIX. pois. Synonyme de Dentex. F. Denté.

DENTS DE SERPENT PÉTRIFIÉES. V. Glossopètbe.

DÉNUDÉ. Denudatus. Mol qui exprime un organe qui, devant être recouvert, se trouve accidentellement privé de son enveloppe accessoire.

DÉNUDÉS. Gymnonectes. crfst. Famille établie par Duméril dans l'ordre des Entomostracés.

DÉODAL1TE. «in. Nom donné par quelques minéralogistes à une variété de Feldspath.

DÉPAZÉE. Depuzea. bot. Depuis la formation de son genre teptostroma, Fries a proposé d’en distraire quatre ou cinq espèces auxquelles on ajouterait une ou deux Sphéries, pour en former un genre particulier, caractérisé par ses sporidies ou conceplacles irréguliers, dissemblables et peu écartés. Voici comment le professeur Kickx, de l’université de Gand, décrit les espèces de Dépazées qu’il a observées en Belgique.

Dépazée a deux faces. Depasea bifrons , Kic., Sphceria lichenoides, De Cand. Taches ovales ou arrondies, translucides, blanchâtres ou jaunâtres, non bordées; périthèces noirâtres, faisant saillie des deux côtés de la feuille; ascidies linéaires ou cylindriques, renfermant de cinq à neuf sporidies. Sur les feuilles des plantes vivaces.

Dépazée ltc.henoïdk. Sphieria lichenoides , DeCaud. Tache blanchâtre, arrondie ou oblougue, grande, souvent marginale, diaphane, bordée par une ligne ou bourrelet d'un brun rougeâtre, plus ou moins foncé; périthèces épiphylles, noirs; ascidies elliptiques ou ovoïdes, contenant de deux à cinq sporidies. Sur les feuilles de Lierre.

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